14-Navires légers (2) avisos coloniaux classe Bougainville (1)

B-Avisos coloniaux classe Bougainville

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Notre marine ressort du premier conflit mondial épuisée. Tout est à refaire, il faut restaurer des infrastructures, une flotte et des équipages. La priorité est donnée à la reconstruction d’unités légères type croiseurs, contre-torpilleurs, torpilleurs et sous-marins.

La police dans l’Empire Colonial à également besoin de navires modernes spécialement adaptés, des navires appelés «avisos pour campagnes lointaines» bien vite rebaptisés «avisos coloniaux» baptisés du nom de grands explorateurs. La vitesse étant sacrifiée, les avisos coloniaux sont propulsés par des moteurs diesels, une première pour des navires de ce tonnage ce qui leur donne une vitesse faible (19 nœuds) mais un appréciable rayon d’action (13000 miles nautiques à 8.5 nœuds).

Dix unités au total vont être construites. Les deux premiers sont financés par la tranche 1927, les deux suivant à la tranche 1929, deux à la tranche 1930, un à la tranche 1931, deux à la tranche 1937 et le dixième à la tranche 1938bis. Tous affectés dans l’empire sauf une unité déployée à Brest comme navire hydrographique.

Etudiés par l’ingénieur Antoine, le chef de la Section des petits bâtiments du Service Technique des Constructions Navales (STCN), les avisos coloniaux sont des navires de 2000 tW, des navires élégants, élégance liée aux passavents qui prolongent la teugue.

Navires de présence, la vitesse est sacrifiée au profit de l’autonomie d’où le choix d’une propulsion diesel. Bien armés, ils reçoivent des installations pour la mise en oeuvre d’un hydravion mais cette capacité vue comme un progrès se révéléra difficile à mettre en oeuvre.

Le Bougainville

Le Bougainville

Le Bougainville

-Le Bougainville est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) à Bordeaux le 25 novembre 1929 lancé le 21 avril 1931et admis au service actif le 15 février 1933.

A sa mise en service, le premier aviso-colonial est affecté en Indochine au sein des Forces Navales  en Extrême Orient (FNEO) mais en 1934/35 il est détaché dans l’Océan Indien (Station Navale de l’Océan Indien SNOI) avant de rallier la Division Navale du Levant en 1935/36.

De retour en Indochine en 1936/37, il passe deux ans au sein de la SNOI jusqu’en septembre 1939 quand il rallie les Antilles pour intégrer le dispositif allié des West Indies avec pour port d’attache Fort de France.

Il devient en septembre 1940 le navire-amiral des Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA), une force de souveraineté ayant pour mission la protection des Antilles françaises.

Depuis la station navale de Fort de France, il rayonnait dans toutes les Caraïbes à la fois pour des missions de souveraineté mais également des missions de représentation dans les ports étrangers de la région.

Du 14 mai au 2 août 1941, il est échoué au bassin à Fort de France pour un premier grand carénage destiné à le remettre totalement en état. Il était prévu de moderniser la DCA et de débarquer les installations d’hydraviation mais ces travaux sont reportés sine die. Le Potez 452 est de toute façon de moins en moins souvent embarqué (il est remplacé courant 1943 par un Loie 130C non rembarquable).

Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 17 août, sortant pour essais les 17 et 18  avant remise en condition du 19 au 31 août 1941.

Le 1er mai 1942, le patrouilleur (ex-torpilleur) Baliste arrive à Fort de France pour renforcer les moyens des FNFA.

L’aviso colonial Bougainville participe également à des exercices avec des navires venus de métropole. Par exemple du 19 au 24 janvier 1944, l’aviso colonial effectue un exercice bilatéral avec le contre-torpilleur Desaix qui effectuait sa traversée de longue durée avant son affectation en Méditerranée.

Le 9 février 1944, le Bougainville et le pétrolier Loing accueillent à Fort de France les contre-torpilleurs Milan Epervier et Vautour de la 6ème DCT accompagnés du pétrolier Var, les quatre navires venant de Brest.

Après un entrainement de base du 11 au 15 février, l’aviso colonial et la 6ème DCT subissent un entrainement de défense aérienne à la mer du 16 au 23 février, faisant ensuite escale à Pointe à Pitre du 24 au 27 février.

Ils enchainent par un exercice de protection, les trois contre-torpilleurs devant protéger le Loing et le Var contre le Bougainville qui symbolisait un croiseur auxiliaire allemand et ce du 28 février au 4 mars 1944. La 6ème DCT et le Var quittent Fort de France le 5 mars pour Cayenne (Guyane).

Le 26 mai 1944, le croiseur léger Primauguet devient navire-amiral des Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA) avec Fort de France comme port d’attache remplaçant le Bougainville. L’aviso colonial participe à la remise en condition du Primauguet du 9 au 25 juin, faisant escale à Pointe à Pitre du 26 au 30 juin 1944.

L’exercice de défense aérienne à la mer exécuté du 1er au 8 juillet 1944 permet au Bougainville d’étrenner sa nouvelle DCA. Aux quatre canons de 37mm modèle 1925 et aux six mitrailleuses de 13.2mm en trois affûts doubles, le Bougainville à préféré quatre canons de 37mm modèle 1941 en deux affûts doubles et six canons de 25mm modèle 1939-40 en trois affûts doubles.

Après une nouvelle escale à Pointe à Pitre du 9 au 12 juillet, les deux navires rentrent le lendemain à Fort de France. Le 14 juillet 1944, une mini-revue navale est organisée au large de Fort de France avec le croiseur léger, l’aviso colonial et le pétrolier qui dans la foulée prend la mer pour le Texas afin de charger du mazout.

Le Bougainville est mis au bassin du 15 juillet au 5 août 1944 pour un nouveau grand carénage qui voit le navire être totalement remis en état (changement des hélices notamment), les installations d’hydraviation débarquées et la DCA installée précédemment revue et corrigée notamment au niveau de l’emplacement des pièces.
Armé pour essais le 20 août 1944, le Bougainville effectue ses essais officiels du 21 au 23 août puis sa remise en condition du 25 août au 8 septembre 1944, faisant escale à Miami du 9 au 12 septembre et à La Havane du 14 au 20 septembre avant de rentrer à Fort de France le 22 septembre 1944.

Du 11 au 30 janvier 1945, le Bougainville participe à un entrainement avec le croiseur léger  puis participe à la remise en condition du Primauguet du 21 juillet au 3 août, les deux navires faisant ensuite escale à Oranjestad (Aruba) du 4 au 8 août, à Wilhelmstad (Curacao) du 9 au 14 août, à Caracas (Venezuela) du 16 au 19 août avant de rentrer à Fort de France le 22 août 1945.

Le Bougainville subit un nouveau grand carénage à Fort de France, étant échoué du 1er juillet au 15 septembre 1947. Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 1er octobre, effectuant ses essais officiels du 2 au 4 octobre avant remise en condition du 6 au 20 octobre 1947.

Le 21 décembre 1947, le cuirassé Gascogne et ses torpilleurs d’escorte Durandal et Dague arrivent à Fort de France, faisant escale cinq jours avant un exercice avec l’aviso colonial du 27 décembre 1947 au 2 janvier 1948.

Le 2 mars 1948 arrivent à Fort de France les croiseurs légers Gloire et Montcalm venus de Brest qui font escale jusqu’au 8 mars avant de reprendre la mer pour exercices de surveillance, de manoeuvre aviation, de bombardement littoral et d’escorte/attaque de convois en compagnie de l’aviso-colonial Bougainville qui joue alternativement le rôle d’un cargo rapide à  protéger ou d’un croiseur auxiliaire. Les croiseurs légers font escale à Fort de France du 24 au 27 mars 1948 avant de quitter la Martinique.

Quand éclate le second conflit mondial le 5 septembre 1948, le Bougainville est à la mer. Il reçoit l’ordre d’augmenter sa vigilance contre de possibles raiders allemands dans les Caraïbes et dans l’Atlantique en liaison notamment avec le Lapérouse basé à Cayenne en attendant le croiseur léger Jeanne d’Arc.

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11-Torpilleurs légers (8)

Le Baliste

Le torpilleur léger Baliste

Le torpilleur léger Baliste

-Le Baliste est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) sis à Dunkerque le 21 septembre 1934 lancé le 17 mars 1937 et admis au service actif le 27 juin 1938 au sein de la 13ème DT à Toulon en compagnie de ses sister-ships La Poursuivante Bombarde et La Bayonnaise jusqu’en juin 1939 quand la Bombarde rallie Lorient et la 14ème DT.

Durant les trois mois de la guerre de Pologne (3 septembre-15 décembre 1939), les trois torpilleurs vont effectuer des patrouilles au large de Toulon et de la Corse, des escortes de convois _bien qu’ils ne soient pas les mieux équipés pour cette tache_ et surtout se préparent à mener des raids surprises dans le Golfe de Gênes contre la navigation italienne.

La Baliste commence l’année 1940 par un entraînement de division du 5 au 23 janvier avant d’enchainer par un entraînement commun avec la 7ème DT du 31 janvier au 18 février, les deux divisions mouillant aux salins d’Hyères du 19 au 25 février avant de rentrer le lendemain à Toulon.

Les trois torpilleurs légers de la 13ème DT enchainent ensuite deux entraînements de division, le premier du 3 mars au 2 avril et le second du 11 au 30 avril, les trois torpilleurs effectuant une escale à Menton du 1er au 5 mai et à La Ciotat du 6 au 9 mai avant de rallier Toulon le lendemain.

La Baliste sort pour une école à feux du 17 au 27 mai, mouillant aux salins d’Hyères du 28 mai au 1er juin, date à  laquelle il rentre à Toulon.

Il est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 2 au 23 juin, sortant pour essais du 24 au 26 juin et pour remise en condition du 28 juin au 12 juillet en compagnie de La Poursuivante, les deux torpilleurs disponibles de la 13ème DT sortant pour les essais (16 au 18 juillet) et pour la remise en condition (20 juillet au 2 août) de leur compère La Bayonnaise.

La 13ème Division de Torpilleurs participent ensuite à la remise en condition du contre-torpilleur Mogador du 5 au 17 août, les quatre navires ralliant les salins d’Hyères le lendemain. Après six jours d’entraînement au mouillage, la 13ème DT et le Mogador sortent en compagnie du Volta pour la remise en condition de ce dernier du 25 août au 13 septembre 1940, les différents navires rentrant dans la foulée à Toulon.

La 13ème DT et la 6ème DCT vont effectuer un nouvel entraînement de division commun dans le Golfe du Lion du 23 septembre au 10 octobre. Les deux divisions vont mouiller aux salins d’Hyères du 11 au 17, sont à Marseille du 18 au 21, à Sète du 22 au 25 et à Port-Vendres du 26 au 30 octobre avant de rentrer ensemble à Toulon le lendemain.

Les trois torpilleurs de la 13ème DT terminent l’année par un entraînement de division du 8 novembre au 10 décembre 1940, rentrant à Toulon le lendemain et restant à quai jusqu’à la fin de l’année.

La Baliste exécute un entrainement de division du 7 janvier au 3 février, la 13ème DT rentrant à Toulon le 8 après une escale à Oran. Un nouvel entrainement divisionnaire à lieu du 15 février au 22 mars suivit par un entrainement au mouillage du 1er au 8 avril avant un nouvel entrainement à la mer du 9 au 28 avril, rentrant le lendemain à Toulon.

Du 3 au 10 mai, la 13ème DT effectue un entraînement commun avec les deux contre-torpilleurs de la 6ème DCT, les trois torpilleurs légers et les deux contre-torpilleurs effectuant une escale  commune à Nice du 11 au 15 mai, rentrant ensemble à Toulon le lendemain.

La 13ème DT enchaine par un entraînement commun avec la 12ème DT du 23 mai  au 12 juin, les six torpilleurs faisant une escale de représentation à Nice du 13 au 17 juin avant de se séparer, la 13ème DT rentrant à Toulon le lendemain.

La Baliste sort pour un entraînement au combat antisurface du 25 juin au 6 juillet, rentrant à Toulon le lendemain. Il est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 10 au 31 juillet 1941, recevant une DCA moderne avec deux canons de 37mm Schneider modèle 1941 en affûts simples en remplacement des affûts doubles de 13.2mm.

Il sort ensuite pour essais (1er au 3 août) et pour remise en condition (5 au 19 août) en compagnie de La Poursuivante, les deux torpilleurs disponibles de la 13ème DT participant aux essais (23 au 25 août) et à la remise en condition (27 août au 10 septembre) de La Bayonnaise, les trois navires rentrant à Toulon le lendemain.

La Baliste exécute encore deux entraînements de division avant la dissolution de la 13ème DT, le premier du 20 septembre au 30 octobre, faisant escale à Ajaccio du 31 octobre au 3 novembre avant de rentrer le lendemain à Toulon, le deuxième du 12 novembre au 12 décembre, ralliant Toulon le lendemain.

Le 16 décembre 1941, quatre torpilleurs légers flambants neufs arrivent à Toulon. Ces navires baptisés  Le Fier L’Agile L’Entreprenant Le Farouche de classe Le Fier forment une 1ère DT qui va remplacer la 13ème DT au sein de la 2ème Escadre.

Pour passer symboliquement le témoin, la 1ère et la 13ème DT sortent pour un exercice commun du 18 au 24 décembre, rentrant à  Toulon le lendemain.

Le 26 décembre 1941, la 13ème DT est dissoute et les trois torpilleurs reclassés patrouilleurs. Ils vont alors subir un petit carénage pour les adapter à leur nouveau rôle.

Alors que La Poursuivante est immobilisé pour un grand carénage, les patrouilleurs Baliste et La Bayonnaise sortent pour entraînement du 5 au 27 janvier, mouillant aux salins d’Hyères avant de rentrer à Toulon le 5 février.

La Baliste subit un petit carénage du 11 février au 20 mars, subissant les même travaux que La Poursuivante et généralement tous les Melpomène notamment la modification de l’armement.

Il sort pour essais du 27 au 30 mars puis pour remise en condition du 1er au 12 avril date à laquelle il rentre à Toulon.

Il quitte Toulon le 15 avril, fait escale à Casablanca du 19 au 22 avril avant de traverser l’Atlantique direction Fort de France où il arrive le 1er mai 1942. Il va assurer des missions de souveraineté dans les Antilles françaises en liaison avec les aviso coloniaux déployés dans la région.

La Baliste y est toujours déployée en septembre 1948.