Japon (47) Aéronavale (1)

AERONAVALE

Avant-propos

Longtemps la vision du combat naval s’est limité à l’œil humain parfois aidé par des instruments optiques. Aussi performants soit-ils ces capteurs étaient limités par l’horizon terrestre. L’apparition de capteurs aériens laissa augurer la possibilité de voir au delà de la colline ou de l’horizon.

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Japon (12) Marine Impériale (5)

Navires de soutien

Comme nous l’avons vu plus haut, la logistique est méprisée au sein des forces armées japonaises, c’est une chose non noble, sans aucune valeur, méprisable, honteuse. Pourtant la marine japonaise ne peut totalement se passer de navires de soutien puisqu’il faut ravitailler les navires en combustible, les réparer, leur fournir des munitions, des vivres pour l’équipage.

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Japon (6) Géopolitique (1)

GEOPOLITIQUE DU JAPON

Avant-Propos

En septembre 1948, quand le second conflit mondial éclate en Europe, le Japon est la puissance majeure en Asie du Nord-Est et même en Asie en général.

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Etats Unis (2) Histoire (1)

HISTOIRE DES ETATS-UNIS

Les prémices : colonisation et indépendance

C’est au 17ème siècle que le peuplement de l’Amérique du Nord commença sous l’impulsion de l’Angleterre. Les premières implantations ont lieu dans l’actuelle Virginie (terre ainsi nommée en l’honneur de la reine vierge Elisabeth 1ère) et la première colonie Jamestown (en référence à King James I, Jacques 1er de Grande-Bretagne) est fondée en 1607 treize ans avant l’épopée des pèlerins du Mayflower, apport symboliquement fort mais anecdotique sur le plan pratique.

Le Mayflower

Les colonies se développent sur la côte est, les Appalaches formant à l’époque une barrière infranchissable, une véritable frontière.

Peu à peu en dépit d’une communauté de culture avec la Grande-Bretagne, les treize colonies prennent conscience de leur spécificité, de leur singularité.

Les treize colonies ne sont pas identiques, elles peuvent être divisées en trois groupes avec du nord au sud la Nouvelle-Angleterre (New Hampshire, Massachusetts Connecticut Rhode Island) puritaine et plutôt «démocratique» au sein de communautés aux particularismes importants, un espace intermédiaire sans identité forte (New-York New Jersey Delaware Pennsylvanie) et un sud aristocratique où une minorité blanche gère ses plantations peuplées d’esclaves (Maryland Virginie, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Georgie).

L’élément déclencheur c’est la question de la représentation. Les treize colonies n’envoient aucun représentant à Westminster ce qui n’empêche pas Londres de taxer les colonies et de les empêcher de se livrer au commerce avec tous les pays.

La révolte éclate sous les cris de «pas d’impôts sans représentation.», marquant le début d’une guerre de huit ans qui aboutit à l’indépendance des treize colonies.

La guerre éclate le 19 avril 1775 avec une première victoire à Lexington, les milices des Etats parvenant à s’opposer et à vaincre des détachements britanniques faibles en nombre. Boston est prise le 17 mars 1776 et le 4 juillet, le Congrès réunit à Philadelphie proclame l’indépendance des treize colonies.

Tableau représentant la déclaration d’indépendance américaine

Les britanniques réagissent et envoie l’élite de l’armée britanniques qui débarque dès le mois de juin, s’emparant de New York et enchaînant les victoires au point de démoraliser profondément l’armée continentale (Continental Army), sapant l’autorité de George Washington. La victoire de Trenton contre les hessois n’est qu’une brève parenthèse dans un océan de défaites.

George Washington, commandant en chef de la Continental Army et futur premier président des Etats-Unis

En 1777, l’arrivée du marquis de La Fayette marque le début de l’engagement français, engagement timide et clandestin avec essentiellement de la fourniture d’armes. Les victoires britanniques pourtant s’enchainent, Philadelphie étant prise en juin mais en octobre, la victoire américaine à Saratoga encourage la France à s’engager clairement dans la guerre.

Après le terrible hivernage à Valley Forge, l’arrivée promise des premiers soldats français allait rétablir un certain équilibre bien que l’entraînement mené par La Fayette et le baron prussien Von Steuben améliora considérablement le niveau de la Continental Army.

Le Marquis de La Fayette futur « Héros des Deux Mondes »

En dépit de ces renforts et de l’action de la Royale contre la Royal Navy, la guerre resta longtemps indécise, les franco-américains échouant à s’emparer de Savannah et son battus à Camden après la prise de Charleston par les britanniques.

Von Steuben

Le 11 juillet 1780, le corps expéditionnaire français dirigé par Rochambeau débarque à Newport, la guerre prenait clairement la tournure d’un conflit conventionnel avec deux armées de métier face à face.

Au printemps 1781, la flotte française dirigée par le comte De Grasse et venue des Antilles reçoit l’ordre de Washington et de Rochambeau d’assurer le blocus de la baie de Chesapeake en Virginie où se trouvaient concentrée l’armée du général Cornwallis bientôt assiégé à Yorktown.

Lord Cornwallis se rend marquant la fin de la guerre d’indépendance américaine

Après la victoire de la flotte française en baie de Chesapeake le 5 septembre, Cornwallis compris qu’il ne pourrait recevoir de renforts et c’est la mort dans l’âme qu’il capitule le 19 octobre, marquant un tournage majeur de la guerre qui aboutit au traité de Paris du 3 septembre 1783 reconnaissant l’indépendance des treize colonies sous le nom des Etats-Unis d’Amérique.

Ce traité offre au nouvel état (qui adopte une constitution fédérale en 1787) des territoires à l’ouest des Appalaches jusqu’au Mississippi, des territoires que l’Etat fédéral va se charger de mettre en valeur. C’est le début de la conquête de l’ouest, du Far West, de l’ouest sauvage mythifié au cinéma, marquant la naissance du mythe du pionnier et de la Frontière.

Les Etats-Unis ou les Etats désunis ?

Jeune nation, les Etats-Unis apprennent à gérer les querelles politiciennes sur l’avenir du pays tout en gérant des querelles extérieures comme la Quasi-Guerre avec la France (1797-1801) ou plus grave la guerre de 1812 (18 juin 1812-18 février 1815) contre la Grande-Bretagne, ce conflit méconnu en France étant souvent considéré comme une deuxième guerre d’indépendance.

En dépit d’un conflit armé, les relations entre Washington et Londres se normalisèrent rapidement en raison d’une communauté culturelle entre les deux nations et les maladresses de la France révolutionnaire qui débouchèrent sur la Quasi-Guerre, un conflit non déclaré entre 1799 et 1802.

Cela n’empêcha pas les pommes de discorde entre les deux pays notamment la question frontalière entre les Etats-Unis et la colonie britannique du Canada, la gêne au commerce américain entrainé par les guerres napoléoniennes et l’enrolement forcé de marins américains dans la Royal Navy.

Ce conflit se déroula sur mer avec un affrontement acharné entre corsaires recrutés par les deux camps, dans la région des Grands Lacs et dans le sud des Etats-Unis dans ce qui fût jadis la Louisiane Française.

Ce conflit se termina par le traité de Gand signé en 1815 qui marqua la fin des tentatives américaines d’annexer les colonies britanniques du Canada et une meilleure délimitation de la frontière entre les Etats-Unis et ce qui n’est pas encore le Commonwealth du Canada.

En effet, la Louisiane n’était plus française («Ils sont américains elles sont américaines la faute à qui donc la faute à Napoléon»), l’immense territoire conquis par Cavalier de La Salle au 17ème siècle ayant été vendu pour 15 millions de dollars en 1803, doublant la superficie du jeune état.

En 1819,la Floride espagnole est acquise et quatre ans plus tard la doctrine Monroe balise les bornes de la politique extérieure américaine qui s’interdit de participer aux affaires européennes, interdisant aux puissances européennes de se mêler aux affaires américaines alors que les colonies portugaises et espagnoles avaient fraîchement acquis leur indépendance.

La conquête de l’Ouest commence vraiment après 1830, le Missouri est franchit dès 1840. C’est alors qu’apparait le terme de «destinée manifeste», les Etats-Unis sont destinés à s’étendre jusqu’au Pacifique au détriment du Mexique, la guerre americano-mexicaine se termine en 1848 par l’annexion de vastes territoires qui devinrent les états d’Arizona, du Colorado, de la Californie, du Nevada, du Nouveau Mexique et de l’Utah.

Alors que les Etats-Unis ont triplé leur superficie passant à 7 millions de kilomètres carrés sur la période 1803/1853, les dissensions internes commencent leur action dissolvante. Si la question de la répartition des pouvoirs était globalement tranchée, l’esclavage était un véritable abcès qui formait une séparation de plus en plus nette entre un Nord industriel et un Sud à l’économie de plantations, économie basée sur l’esclavage.

Cette querelle concernait moins les états constitués que les nouveaux territoires, chaque camp esclavagiste contre abolitioniste voulant faire basculer ces territoires de leur côté.

L’élection du républicain Abraham Lincoln en novembre 1860 met le feu aux poudres. Réputé pour être un abolitionniste enragé, il fait craindre aux états sudistes qu’il n’abolisse l’esclavage alors que les états abolitionnistes étaient devenus majoritaires.

Dès le mois de décembre 1860, la Caroline du Nord fait secession suivit de nombreux autres états, le conflit démarrant en avril 1861 quand l’artillerie confédérée ouvre le feu contre Fort Sumter le 12 de ce mois.

Sur le papier, le Nord doit tout écraser, il est plus peuplé, dispose des principaux ports, de l’industrie face à un Sud trois fois moins peuplé (9M contre 25).

La guerre s’annonce rapide mais le Sud qui se bat pour la survie de son mode de vie se montre un adversaire redoutable. Les militaires du sud ne sont pas forcément meilleurs que les généraux nordistes mais les premiers semblent se battrent pour une cause, leurs hommes sont motivés alors qu’au nord les généraux sont choisis pour des raisons politiques et que les milices ne semblent guère motivées pour se battre longtemps.

Peu à peu le poids du Nord va faire la différence. Le Sud manque d’industries, est de plus étranglé par le blocus nordiste, les exploits du CSS Albama et d’autres forceurs de blocus sont de véritables victoires à la Pyrrhus.

Avec des chefs comme Sherman et Grant, les nordistes disposent enfin de généraux à la hauteur des généraux sudistes. La chute de La Nouvelle Orléans le 1er juillet 1862 prive le Sud du Mississippi. La bataille de Gettysburg en juillet 1863 n’est pas décisive mais le Sud comprend qu’il ne pourra pas gagner la guerre.

Le 9 avril 1865, Lee capitule à Appomatox. 175000 hommes se rendent. 620000 hommes sont morts dans les deux camps, majoritairement de maladie comme les guerres de jadis bien que la guerre civile américaine soit le premier conflit industriel avec l’utilisation massive du télégraphe, du chemin de fer, le premier combat entre cuirassés, le sous-marin….. .

Le Sud ravagé est soumis à une véritable occupation militaire par le nord, provoquant un traumatisme qui marque encore le sud aujourd’hui. L’esclavage est aboli mais les noirs doivent attendre encore pour être considérés comme égaux aux Blancs.

Industrialisation Conquête de l’Ouest et Colonisation

Dès 1868, le Nord se désintéresse du sud et jette son regard vers l’ouest. C’est le début réel de la conquête de l’Ouest, du Far West magnifié par la littérature et le cinéma. Dès 1869, le chemin de fer permet de relier la côte ouest à la côte est. Cette conquête se fait au détriment des indiens, massacrés puis rassemblés dans des réserves. La conquête s’achève en 1890.

Parallèlement à la conquête de l’ouest, les Etats-Unis connaissent une formidable industrialisation notamment du Nord-Est longtemps le poumon économique avec la sidérurgie puis l’automobile, les chantiers navals et le textile.

Ce dévellopement continu s’appuie sur une formidable immigration, 14 millions d’Irlandais, d’Italiens, de Polonais, de Tchèques, de Russes…. s’installent aux Etats-Unis entre 1860 et 1900.

Comme précédement en Europe, les conditions de vie du prolétariat sont misérables. Il faudra attendre 1886 pour que soient créées les premiers syndicats.

Pays jeune et vigoureux, les Etats-Unis se cherchent désormais un but, une mission maintenant que la Frontière à été atteinte.

Comme beaucoup de pays, Washington se tourne vers l’outre-mer et la conquête de colonies, la guerre de 1898 contre l’Espagne étant un tournant dans l’histoire américaine.

Elle marque l’entrée des Etats-Unis d’Amérique dans le concert des nations. C’est le résultat également de la modernisation de l’US Navy qui passe du 12ème rang mondial en 1883 au 6ème en 1906.

Face à elle l’Espagne en déclin, disposant de moyens militaires insuffisants, une guerre rapide qui aboutit à la mise sous protectorat de Cuba, la conquête des Phillipines, de Guam, de Porto Rico.

La même année, Hawai est annexée aux Etats-Unis mais il faudra attendre le 20ème siècle pour qu’Hawai comme l’Alaska (achetée à la Russie en 1867) deviennent des Etats à part entière.

Les Etats-Unis resteront cependant des impérialistes coloniaux modestes car la révolte aux Phillipines (1899-1902) refroidit bien des va-t-en-guerre. En 1903, il favorise la sécession du Panama de la Colombie pour permettre l’achèvement du canal transocéanique de Panama et en 1917 les Iles Vierges danoises sont achetées au Danemark.

En 1935, décision est prise d’accorder d’ici 1942 l’indépendance aux Phillipines. La date est repoussée en 1945.

Le Commonwealth of Phillipines est proclamé le 14 mars 1945. Les Etats-Unis disposent cependant de pouvoirs importants et assurent la défense du pays. Théoriquement en 1950, les troupes américaines devaient partir à l’exception des bases aériennes et des bases navales de Subic et de Cavite mais comme le second conflit mondial à éclaté entre-temps, ce départ est repoussé sine die.

Cuba reste un protectorat américain à l’indépendance toute relative, Guam et Porto-Rico des territoires.

Les Etats-Unis au vingtième siècle (1) (1900-1919)

Théodore Roosevelt

-Durant cette période, quatre présidents se succèdent, William McKinley (1897-1901, troisième président américain assassiné après Garfield et Lincoln), Théodore Roosevelt (1901-1909), William Taft (1909-1913) et Woodrow Wilson (1913-1921), les trois premiers sont républicains, le dernier démocrate.

-Période d’expansion coloniale et industrielle

-La vie politique est dominée par les républicains puisqu’ils occupent la Maison Blanche pendant plus de quinze ans, l’élection du démocrate Wilson marquant le retour des démocrates au pouvoir suprème.

-1903 : Fidèle à sa théorie du Big Stick (gros baton) Théodore Roosevelt favorise en sous-main la sécession du Panama faute d’accord avec la Colombie sur la reprise des travaux du canal interocéanique dont les travaux initiés par Ferdinand de Lesseps déclenchèrent par ricochet le scandale de Panama.

-Deux ans plus tard, Théodore «Teddy» Roosevelt joue les médiateurs dans le conflit russo-japonais mettant en branle sans le savoir le mécanisme qui allait conduire quatre décennies plus tard au volet américano-nippon du second conflit mondial, une partie des élites japonaises estimant que les américains les ont privés des fruits politiques et économiques d’une victoire militaire incontestable.

-Passionné de grands espaces, le 26ème président des Etats-Unis favorise les premières mesures écologiques comme la création de parcs naturels. Il favorise aussi la puissance navale américaine en faisant voter les financements nécessaires à la constitution d’un puissant corps de bataille.

L’épopée de la «Grande Flotte Blanche» (The Great White Fleet) (1907-1909) qui effectue un tour du monde est à mettre à son crédit faisant comprendre au monde que l’US Navy était désormais une force avec laquelle il fallait compter.

The Great White Fleet

-1912 : les territoires de l’Arizona et du Nouveau-Mexique deviennent des Etats à part entière, les 47ème et 48ème, cinq ans après l’Oklahoma et seize ans après l’Utah. Il faudra attendre plus de quarante pour que de nouveaux états accèdent à l’Union, l’Alaska et Hawaï devant attendre la fin du second conflit mondial pour devenir des états à part entière.

-Quand éclate le premier conflit mondial en août 1914, les américains réaffirment leur neutralité, refusant de prendre partie entre la Triplice et la Triple Entente, entre les Alliés et les Empires Centraux.

-Attachés à la liberté du commerce, ils pestent et protestent contre les restrictions imposées par le blocus britannique contre l’Allemagne. Ils ne vont cependant pas jusqu’à déclarer la guerre à leur ancienne puissance tutélaire.

-Après son échec (victoire tactique et défaite stratégique) au Jutland, l’Allemagne abandonne la guerre navale traditionnelle celle des grandes escadres au profit de la guerre sous-marine, mettant tout le poids de l’économie dans la fabrication de sous-marins et décident la guerre sous-marine à outrance (janvier 1917).

-Le 23 février 1917 alors que la guerre sous-marine fait rage depuis un mois, le ministre des affaires étrangères britanniques lord Balfourd communique au président Wilson le contenu d’un télégramme envoyé par le ministre des affaires étrangères allemand, Zimmerman à son ambassadeur à Mexico.

Ce dernier autorise son représentant dans la capitale mexicaine à négocier une alliance politique et militaire promettant de faire la guerre et la paix ensemble, un soutien financier et surtout un soutien pour la reconquête des territoires perdus lors de la guerre mexicano-américaine.

Le 2 avril 1917, Woodrow Wilson demande au Congrès de reconnaître l’état de guerre entre l’Allemagne et les Etats-Unis ce qui est chose faite le 6 avril 1917.

-Cette entrée en guerre parachève un engagement de plus en plus prononcé depuis 1914 avec non seulement les commandes de l’Entente mais également l’engagement de volontaires dans l’armée britannique ou française, cinquante américains intégrant la Légion Etrangère sans oublier la fameuse Escadrille Lafayette.

-Malgré sa puissance industrielle, les Etats-Unis qui ne disposaient à l’époque que d’une armée de taille réduite ont besoin de plusieurs mois pour jeter tout leur poids dans la bataille. On se souvient de la phrase du général Pétain qui déclara «J’attends les américains et les chars».

-Les allemands aussi, tentant au printemps 1918 le tout pour le tout en lançant leur offensive de printemps qui est en passe d’obtenir la victoire. Son échec et le début de l’offensive des 100 jours marque le début de la fin pour l’Allemagne qui allait aboutir à l’Armistice de Rethondes.

-Le 8 janvier 1918, Woodrow Wilson propose les bases d’un réglement du conflit (les quatorze points) avec notamment le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ce qui enterre les derniers espoirs d’un maintien en état de l’Autriche-Hongrie.

-La première division arrive en France en juin 1917 en l’occurence la 1st Infantry Division (The Big Red One) suivit de cinquante-huit autres, vingt à partir de l’armée d’active, dix-sept à partir de la Garde Nationale et vingt-deux à partir de la mobilisation.

Quand à l’United States Army Air Service créé le 24 mai 1918, il va mettre en œuvre 45 squadron et 740 appareils.

-L’US Navy n’est pas en reste participant à la protection des convois contre les sous-marins allemands, déployant une division de cuirassés au sein de la Home Fleet, la 9th Battleship Division (USS New York,USS Florida, USS Delaware et USS Wyoming) qui permet aux anglais de désarmer des cuirassés anciens et de libérer des équipages expérimentés pour la protection des convois.

Le premier engagement à lieu dès le mois de novembre 1917 mais il faut attendre le printemps 1918 pour que le poids américain se fasse sentir. Si les Marines s’illustrent dans le Bois de Belleau (6 au 22 juin), les unités de l’Armée de terre s’illustrent surtout dans la seconde bataille de la Marne.

-Sans l’Armistice de novembre 1918, les forces armées américaines auraient mené avec les troupes françaises une offensive majeure en Lorraine, l’American Expeditionnary Force ayant Metz _ville natale de La Fayette_ pour objectif.

-Au final, les forces armées américaines ont mobilisé durant le premier conflit mondial 4.3 millions d’hommes. 126000 ont été tués (combat et la grippe espagnole), 234000 blessés, 4526 portés disparus et 2450 faits prisonniers.

-Tout comme la France, les Etats-Unis choisissent un soldat inconnu qui enterré dans le cimetière national d’Arlington (Virginie) symbolise le sacrifice des Sammies, la cérémonie officielle ayant lieu en octobre 1921 à Chalons sur Marne, le corps étant inhumé en Virginie le 11 novembre 1921, cet homme ayant été rejoint depuis par un soldat inconnu de chaque conflit auxquels ont participé les Etats-Unis (second conflit mondial, première et deuxième guerre du Vietnam).

-Le coût est bien évidement financier, les Etats-Unis deviennent les créanciers du monde, la France et la Grande-Bretagne ayant massivement emprunté pour financer un conflit toujours plus coûteux.

Ces dettes vont empoisonner les relations entre américains et européens, Washington poussant dans le sens d’un assouplissement des réparations, oubliant un peu vite que les français notamment comptaient sur ses réparations (132MM de mark-or) pour rembourser les américains.

Selon une étude récente, la première guerre mondiale aurait coûté 551 milliards de $ au cours actuel (33MM au cours de 1918) et la dette est passée de 3.6 milliards en 1914 à 27 milliards en 1918.

-Si les américains font partie des vainqueurs, ils échouent à sortir de leur isolationisme. Suite à un vote hostile du Sénat, on aboutit à un paradoxe amer : le pays promotteur de la SDN (Société des Nations) refuse d’y participer ce qui d’entrée affaiblit grandement l’organisme.

Grande-Bretagne (39) destroyers (2)

Destroyer HMS Amazone et Ambuscade

Les prototypes des Fleet Destroyer

Si la Royale ou la Regia Marina durent construire dès la fin du premier conflit mondial de nouveaux torpilleurs, de nouveaux contre-torpilleurs/destroyers en raison d’une flotte usée par le premier conflit mondial et de l’arrêt des constructions majeures durant la guerre, la Royal Navy comme l’USNavy n’avait pas ce besoin en raison d’une flotte pléthorique.
On connait le cas des Flush-decker américains dont certains furent mis en réserve dès l’achèvement, passant toute leur carrière en réserve. Si certains furent réarmés au profit des gardes-côtes ou cédés à des marines de la région, beaucoup ne connurent jamais le service actif et furent rapidement envoyés à la démolition.
Le cas de la Royal Navy n’était pas aussi compliqué mais la présence de nombreux destroyers type V&W rendait illusoire la construction de nouveaux destroyers.
Néanmoins les V&W avaient été conçus au cours du premier conflit mondial, les technologies évoluaient vite et il fallait éviter que les destroyers de la Royal Navy soient déclassés.
Aussi en novembre 1923, l’Amirauté lança un appel à projet auprès des principaux chantiers navals britanniques pour de nouveaux modèles de destroyers. Loin de choisir la rupture technologique, l’armement devait se composer de quatre canons de 120mm et de six tubes lance-torpilles comme les V&W, l’amélioration était attendue au niveau de la vitesse et de la distance franchissable.
Ce sont les chantiers historiques Yarrow et Thornycroft qui l’emportent, construisant chacun un navire, ces navires allant servir de prototypes aux futurs Fleet Destroyer, les neuf flottilles (A à I) construites jusqu’aux Tribal soit un total de soixante dix-sept navires. Si le premier construisit le HMS Ambuscade, le second lança et acheva le HMS Amazone.

Carrière opérationnelle

HMS Ambuscade

HMS Ambuscade

-Le HMS Ambuscade (D38) est mis sur cale aux chantiers navals Yarrow le 8 décembre 1924 lancé le 15 janvier 1926 et mis en service le 9 avril 1927.
Il effectue une partie de sa carrière dans l’Atlantic Fleet (ex et future Home Fleet) mais va être essentiellement déployé en Méditerranée jusqu’en mars 1931 quand il est mis en réserve jusqu’en juin 1932. De décembre 1932 à février 1937, il sert de navire d’essais et d’expérimentation.
Immobilisé par un grand carénage entre février 1937 et mai 1940 (avec notamment le remplacement des turbines en mauvais état et source de soucis quasi-permaents), l’Ambuscade est remis en service comme stationnaire à Halifax jusqu’en septembre 1943 quand il rejoint à Portsmouth son demi-frère Amazone pour des taches de formation et d’entrainement au sein du Training Squadron.
Quand le conflit éclate, l’Ambuscade est immobilisé pour un petit carénage. Après un temps d’hésitation, il est décidé de le transformer en escorteur à long rayon d’action.

Le Douro de la Marinha Portuguesa

Le Douro de la Marinha Portuguesa

A noter que le modèle de l’Ambuscade à été choisit par la marine portugaise (Marinha Portuguesa) qui commanda cinq navires, les deux premiers étant revendus à la Colombie avant achèvement et remplacés par deux nouveaux navires.

HMS Amazon

HMS Amazon

-Le HMS Amazon (D39) est mis sur cale aux chantiers navals Thornycroft le 29 janvier 1925 lancé le 27 janvier 1926 et mis en service le 5 mai 1927. De 1936 à 1939, il est en réserve avant d’être réarmé au profit de l’école des torpilleurs installée à bord du HMS Venom.
Durant la guerre de Pologne, il sert d’escorteur au sein de la 18th Destroyer Flottilla avant que la fin du conflit ne le renvoie à sa mission d’entrainement des torpilleurs et d’essais de nouveaux projectiles.
Navire-école à partir de juin 1942 au sein du Training Squadron, il est transformé en escorteur océanique en septembre 1948. Stationné à Devonport, il forme un groupe occasionnel avec les destroyers type N de la marine polonaise libre et des chalutiers armés, assurant la protection de convois côtiers voir des missions de chasse au submersible en appui d’un convoi.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1370 tonnes (Amazon) standard 1192 tonnes pleine charge 1610 tonnes (Ambuscade)

Dimensions : (Amazon) longueur hors tout 95.02m largeur 9.60m tirant d’eau 2.90m (Ambuscade) longueur hors tout 98.15m longueur entre perpendiculaires 93.57m largeur 9.45m tirant d’eau 2.59m

Propulsion : (Amazon) deux groupes de turbines Brown-Curtiss alimentées en vapeur par trois chaudières développant 42000ch et entrainant deux hélices (Ambuscade) turbines à engrenages [modèle inconnu] alimentées en vapeur par trois chaudières Yarrow développant 35500ch et entrainant deux hélices

Performances : (Amazon) vitesse maximale 37 noeuds distance franchissable 3400 miles nautiques à 15 noeuds 5340 miles nautiques à 12.5 noeuds (Ambuscade) vitesse maximale 37 noeuds distance franchissable 3310 miles nautiques à 15 noeuds
Armement : quatre canons de 120mm (4.7 pouces) en quatre affûts simples sous masque, deux Pom-Pom antiaériens et six tubes lance-torpilles en deux plate-formes triples
Equipage : 138 officiers et marins

Destroyer classe A

Les premiers Fleet Destroyer

Comme nous venons de le voir, après une pause dans la construction de destroyer, l’Amirauté avait fait construire deux prototypes, deux démonstrateurs technologiques comme nous disons aujourd’hui pour savoir sur quel corpus technique s’appuyer.

Plutôt que de choisir un modèle plutôt qu’un autre, la Royal Navy mixa les deux modèles proposés _qui étaient de toute façon très proches_ mais par rapport aux HMS Amazone et Ambuscade, des améliorations vont être apportées :
-des canons à tir rapide (Quick Fire au lieu des Breech Loading des deux démonstrateurs)
-la pièce n°2 avec un angle élévé (+60°)
-Des plate-formes lance-torpilles quadruples au lieu des triples
-Des équipements anti-sous-marins (Asdic et grenades ASM) ainsi que la possibilité
de mener des missions de dragage de mines
-Une amélioration de la propulsion
-Des diesels alternateurs pour éviter d’utiliser les chaudières pour produire de la vapeur à des fins d’électricité.
Au final, l’affût à angle élévé n’est pas installé tout comme l’Asdic et les grenades ASM. Le projet pesait 200 tonnes de plus. Quand à la vitesse annoncée de 35 noeuds, elle ne fût jamais atteinte, les type A ne pouvant filer à pleine charge qu’à 31 noeuds. L’Acheron expérimenta les chaudières à haute pression mais les résultats étant décevants, il faudra attendre les destroyers du programme de guerre pour intégrer cette technologie.
Huit destroyers sont commandés suivis d’un neuvième baptisé Codrington, plus long avec un cinquième canon pour pouvoir servir de leader de flottille. Deux navires sont commandés par la Royal Canadian Navy (RCN), des navires quasi-identiques aux A de la Royal Navy avec néanmoins une coque renforcée pour naviguer dans les glaces.

Paradoxalement, ils étaient légèrement plus courts et d’un déplacement inférieur.

Carrière opérationnelle

Le HMS Codrington, flottilla-leader des type A

Le HMS Codrington, flottilla-leader des type A

-Le HMS Codrington (D65) est mis sur cale aux chantiers navals Swan Hunter & Wigham Richardson installés à Wallsend le 20 juin 1928 lancé le 7 août 1929 et mis en service le 4 juin 1930.

HMS Acasta

HMS Acasta

-Le HMS Acasta (H09) est mis sur cale aux chantiers navals John Brown & Company installés à Clydebank le 13 août 1928 lancé le 8 août 1929 et mis en service le 11 février 1930.

-Le HMS Active (H14) est mis sur cale aux chantiers navals Hawthorn Leslie & Company de Hebbum le 10 juillet 1928 lancé le 9 juillet 1929 et mis en service le 9 février 1930.

-Le HMS Antelope (H36) est mis sur cale aux chantiers navals Hawthorn Leslie & Company de Hebbum le 11 juillet 1928 lancé le 27 juillet 1929 et mis en service le 20 février 1930.

-Le HMS Anthony (H40) est mis sur cale aux chantiers navals Scotts Shipbuilding & Engineering Company de Greenock le 30 juillet 1928 lancé le 24 avril 1929 et mis en service le 14 février 1930.

HMS Ardent

HMS Ardent

-Le HMS Ardent (H41) est mis sur cale aux chantiers navals Scotts Shipbuilding & Engineering Company de Greenock le 30 juillet 1928 lancé le 26 juin 1929 et mis en service le 14 avril 1930.

-Le HMS Arrow (H42) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrongs de Barrow-in-Furness le 20 août 1928 lancé le 22 août 1929 et mis en service le 14 avril 1930.
-Le HMS Acheron (H48) est mis sur cale aux chantiers navals John I. Thornycroft & Company de Woolston le 20 août 1928 lancé le 22 août 1929 et mis en service le 14 avril 1930.

En septembre 1939, ils forment la 18th Destroyer Flottilla chargée de patrouilles dans les Western Approaches, dépendant de la Channel Force jusqu’en septembre 1944 quand ces navires sont réaffectés à la Home Fleet et redéployés à Rosyth.
Leur mission principale est l’escorte des grandes unités de la Home Fleet _cuirassés et porte-avions_ sans oublier la protection du trafic commercial et l’attaque des lignes de communication ennemies au canon et à la torpille.
Le Codrington victime d’une avarie est désarmé le 12 septembre 1945, l’Acasta et l’Active sont désarmés respectivement les 4 et 24 octobre 1945, l’Antelope est désarmé le 2 décembre, l’Anthony le 21 décembre, l’Ardent quitte le service actif le 4 janvier 1946 suivit de l’Arrow le 8 février et de l’Acheron le 21 mars 1946. Ils sont remplacés par huit destroyers type O.

Les neuf navires sont mis en réserve, mouillés dans le Loch Ewe. Ils sont entretenus par des équipes de gardiennage pour un éventuel réarmement, un réarmement plus aisé que pour des cuirassés ou des porte-avions.

Quand le conflit mondial éclate en septembre 1948, décision est prise de réarmer les type A et B comme escorteurs. Une inspection révèle le mauvais état du Codrington, de l’Active et de l’Anthony qui sont définitivement désarmés le 4 octobre 1948 et cannibalisés au profit des six autres qui sont transformés en escorteurs à long rayon d’action.

Ils perdent une partie de l’appareil évaporatoire pour augmenter leurs réserve en mazout, deux canons de 120mm (A et X) sont conservés, la DCA légère renforcée tout comme l’armement ASM, un Asdic étant également embarqué.

Caracteristiques Techniques (destroyers)

Déplacement : standard 1224 tonnes

Dimensions : longueur 98m largeur 9.8m tirant d’eau 3.7m

Propulsion : turbines à engrenages alimentées en vapeur par des turbines Amirauté (Thornycroft pour l’Acheron, Yarrow pour l’Anthony et l’Arden) dévellopant 34000ch et entrainant deux hélices.

Performances : vitesse maximale 35 noeuds distance franchissable 4080 miles nautiques à 15 noeuds

Armement : quatre canons de 4.7 pouces (120mm) en quatre affûts simples sous masque (deux avant superposés A et B, deux arrière superposés X et Y), deux affûts antiaériens Pom-Pom et huit tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes quadruples

Equipage : 138 officiers et marins

Caracteristiques Techniques (HMS Codrington)

Déplacement : standard 1540 tons pleine charge 2012 tons

Dimensions : longueur 105m largeur 10,29m tirant d’eau 3.76m

Propulsion : turbines à engrenages alimentées en vapeur par des turbines Amirauté dévellopant 39000ch et entrainant deux hélices.

Performances : vitesse maximale 37 noeuds distance franchissable 5000 miles nautiques à 15 noeuds

Armement : cinq canons de 4.7 pouces (120mm) en quatre affûts simples sous masque (deux avant superposés A et B, deux arrière superposés X et Y plus un entre les deux cheminées désigné Q), deux affûts antiaériens Pom-Pom et huit tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes quadruples

Equipage : 185 officiers et marins

Destroyers type B

Avant-propos

Suite à la construction des type A, les britanniques poursuivent sur la même voie en prévoyant au 1928 Naval Estimates la construction d’une nouvelle flottille de neuf destroyers. Logiquement, ils sont désignés comme des destroyers type B.

Entre les A et les B, les différences sont minimes à l’exception du leader flottilla. Comme on l’à vu le HMS Codrington était plus grand mais cela rendait son utilisation avec ses huit “subordonnés” délicates. Le HMS Keith avait la même taille que les huit autres type B mais cela l’empêchait d’accueillir tout l’état-major nécessitant l’utilisation d’un autre navire en l’occurence le Blanche.

Carrière opérationnelle

Le HMS Keith

Le HMS Keith

-Le HMS Keith est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 1er octobre 1929 lancé le 10 juillet 1930 et mis en service le 20 mars 1931.

-Le HMS Basilisk est mis sur cale aux chantiers navals John Brown & Company implantés à Clydebank le 18 août 1929 lancé le 6 août 1930 et mis en service le 4 avril 1931.

-Le HMS Beagle est mis sur cale aux chantiers navals John Brown & Company implantés à Clydebank le 11 octobre 1929 lancé le 29 septembre 1930 et mis en service le 9 avril 1931.

HMS Blanche

HMS Blanche

-Le HMS Blanche est mis sur cale aux chantiers navals Hawthorn Leslie & Company le 29 juillet 1929 lancé le 29 mai 1930 et mis en service le 14 février 1931.

-Le HMS Boadicea est mis sur cale aux chantiers navals Hawthorn Leslie & Company le 11 juillet 1929 lancé le 23 septembre 1930 et mis en service le 7 avril 1931.

-Le HMS Boreas est mis sur cale aux chantiers navals Palmers Shipbuilding & Iron Company installés à Yarrow le 22 juillet 1929 lancé le 18 juillet 1930 et mis en service le 20 février 1931.
-Le HMS Brazen est mis sur cale aux chantiers navals Palmers Shipbuilding & Iron Company le 22 juillet 1929 lancé le 25 juillet 1930 et mis en service le 8 avril 1931.

-Le HMS Brilliant est mis sur cale aux chantiers navals Swan Hunter de Wigham le 8 juillet 1929 lancé le 9 octobre 1930 et mis en service le 21 février 1931.

-Le HMS Bulldog est mis sur cale aux chantiers navals Richardson de Wallsend le 10 août 1929 lancé le 6 décembre 1930 et mis en service le 6 avril 1931.

Quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939, les neuf destroyers de type B sont affectés à la 19th Destroyer Flottilla, flottille basée à Douvres et dont la mission principale est l’escorte des convois et la lutte contre les sous-marins allemands.

Le 13 novembre 1939 au matin, le HMS Blanche escortait le mouilleur de mines Adventurer quand les deux navires pénétrent dans un champ de mines posé dans la nuit par des destroyers allemands. Si l’Adventurer est endommagé mais s’en sort, le Blanche après avoir heurté une mine chavire avec la mort d’un marin tandis que douze sont blessés.

Les huit autres navires sont progressivement désarmés au cours de l’année 1946. le Bulldog est désarmé le 2 mars, le Brilliant l’est le 14 avril, le Brazen est retiré du service le 5 mai, le Boreas l’est le 14 juin, le Boadicea le 5 juillet, le Beagle le 17 août, le Basilisk le 14 septembre et enfin le Keith le 8 novembre 1946.

Comme les destroyers de type A, les huit type B survivants sont mis en réserve, mouillés dans l’estuaire de la Clyde, dans une partie de la base de Faslane.

A la différence des type A, il n’est pas décidé de les réarmer comme escorteurs même si il est probable que ces navires encore en bon état ne vont pas tarder à reprendre du service pour protéger la navigation commerciale des sous-marins allemands.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1380 tonnes pleine charge 1820 tonnes 1442 et 1850 tonnes pour le Keith

Dimensions : longueur 98.5m largeur 9.8m tirant d’eau 3.7m

Propulsion : deux turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par trois chaudières Amirauté dévellopant 34000ch et entrainant deux hélices.

Performances : vitesse maximale 35 noeuds distance franchissable 4800 miles nautiques à 15 noeuds
Electronique : un ASDIC type 119

Armement : quatre canons de 4.7 pouces (120mm) en affûts simples sous masque, deux Pom-Pom simples de 2 pouces (40mm), deux plate-formes quadruples lance-torpilles de 533mm, vingt grenades ASM avec un rail de mouillage et deux projecteurs latéraux.

Equipage : (temps de guerre) 142 officiers et marins (Keith) 175 pfficiers et marins

Destroyers type C

Une brève carrière pour seulement cinq navires

Bien que les destroyers de type C ne soient plus en service en septembre 1939 mais déployés au sein de la marine canadienne, il est plus qu’utile pour la compréhension de l’histoire des destroyers britanniques d’en parler.

Les type C partent des plans du type B, sont élargis pour recevoir un canon antiaérien de 3 pouces (76mm) et si aujourd’hui le sonar/ASDIC est indispensable pour les navires médians de combat que sont les corvettes, frégates et destroyers, à l’époque ce n’était pas le cas, l’Amirauté alternant entre l’équipement ASM et de dragage de mines.

Les type A ayant reçu l’équipement de dragage de mines et les type B l’équipement ASDIC/grenades ASM, les type C reçurent le même équipement auxiliaire que les type A, embarquant seulement six grenades ASM.

Ils sont également plus lourds et plus longs avec une puissance propulsive supérieure pour maintenir une vitesse élevée, la vitesse étant considérée comme un moyen de protection en se dérobant aux coups de l’ennemi.

A l’origine il était prévu neuf navires pour constituter une flottille complète mais suite à la crise économique de 1929 et en signe de bonne volonté, le gouvernement d’union nationale de Ramsay MacDonald ne commanda jamais les quatre derniers navires.

Leur carrière dans la Royal Navy fût d’ailleurs brève, les cinq navires étant transférés à la marine canadienne en 1937/38 même si ils vont opérer avec d’autres destroyers de la marine britannique.

Carrière opérationnelle

HMS Kempenfelt

HMS Kempenfelt

-Le HMS Kempenfelt (D18) est mis sur cale aux chantiers navals J. Samuel White de Cowes le 18 octobre 1930 lancé le 29 octobre 1931 et mis en service le 30 mai 1932. Il est transféré à la marine canadienne en 1939 où il devient le HMCS Assiniboine.

-Le HMS Comet (H00) est mis sur cale au Portsmouth Royal Dockyard le 12 septembre 1930 lancé le 30 septembre 1931 et mis en service le 2 juin 1932. Transféré à la marine canadienne en 1938, il devient le HCMS Restigouche.

-Le HMS Crusader (H60) est mis sur cale au Portsmouth Royal Dockyard le 12 septembre 1930 lancé le 30 septembre 1931 et mis en service le 2 mai 1932. Il est transféré à la marine canadienne en 1938 et devient le HMCS Ottawa.

-Le HMS Cygnet (H83) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 1er décembre 1930 lancé 29 septembre 1931 et mis en service le 15 avril 1932. Cinq ans plus tard en 1937, il est transféré à la Royal Canadian Navy (RCN) où il devient le HMCS St. Laurent.

HMS Crescent

HMS Crescent

-Le HMS Crescent (H48) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 1er décembre 1930 lancé le 29 septembre 1931 et mis en service le 1er avril 1934. Trois ans plus tard, il est transféré à la marine canadienne où il devient le HMCS Fraser.

Pour leur carrière canadienne, je renvoie au tome consacré au Canada. Sachez simplement chers lecteurs qu’ils participent à la guerre de Pologne dans les Indes occidentales (les Antilles) en compagnie de deux destroyers type A et qu’ils sont toujours en service en septembre 1948 après avoir subit une évolution de leurs senseurs (embarquement d’un Asdic et débarquement de l’équipement de guerre des mines, renforcement de la DCA, embarquement de radars au détriment d’une plate-forme lance-torpilles).

Caractèristiques Techniques

Déplacement : standard 1397 tonnes pleine charge 1920 tonnes

Dimensions : longueur 100.3m largeur 10.1m tirant d’eau 3.8m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par trois chaudières Amirauté dévellopant 36000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 36 nœuds distance franchissable 5870 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : quatre canons de 120mm (4.7 pouces) en affûts simples sous masque (deux avant «A» inférieur avant et «B» supérieure avant; et deux arrière, «X» supérieur arrière et «Y» inférieur arrière), un canon de 3 pouces (76mm) antiaérien entre les deux cheminées remplacé en 1937/38 par deux Pom-Pom simples, huit mitrailleuses de 12.7mm en deux affûts quadruples, deux plate-formes quadruples lance-torpilles de 533mm et six grenades ASM.

Equipage : 145 officiers et marins

Destroyers type D

Avant-propos

A la différence des type C, les type D sont toujours en service en septembre 1948 quand le second conflit mondial éclate (A quelques mois près, ils auraient été remplacés par les type Q) et contrairement au Comet et à ses sister-ships, le type D à été construit sur le schéma standard de huit navires plus un leader/conducteur de flottille.

Sur le plan technique, il y à peu de changements. Néanmoins, ils recoivent eux un Asdic et de nombreuses grenades ASM pour protéger à la fois des navires militaires mais également des navires marchands.

Carrière opérationnelle

HMS Duncan

HMS Duncan

-Le HMS Duncan (D99/I99) est mis sur cale au Portsmouth Royal Dockyard le 25 septembre 1931 lancé le 7 juillet 1932 et mis en service le 31 mars 1933.

-Le HMS Dainty (H53) est mis sur cale aux chantiers navals Fairfield de Govan le 20 avril 1931 lancé le 3 mai 1932 et mis en service le 22 décembre 1932.

-Le HMS Daring (H16) est mis sur cale aux chantiers navals Thornycroft de Woolston le 18 juin 1931 lancé le 7 avril 1932 et mis en service le 25 novembre 1932.
-Le HMS Decoy (H75) est mis sur cale aux chantiers navals Thornycroft de Woolston le 25 juin 1931 lancé le 7 juin 1932 et mis en service le 17 janvier 1933.

-Le HMS Defender (H07) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 22 juin 1931 lancé le 7 avril 1932 et mis en service le 31 octobre 1932.

-Le HMS Delight (H38) est mis en service aux chantiers navals Fairfield de Govan le 22 avril 1931 lancé le 2 juin 1932 et mis en service le 31 janvier 1933.

-Le HMS Diamond (H22) est mis en service aux chantiers navalss Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 29 septembre 1931 lancé le 8 avril 1932 et mis en service le 3 novembre 1932.

-Le HMS Diana (H49) est mis sur cale aux chantiers navals Palmers de Yarrow le 12 juin 1931 lancé le 16 juin 1932 et mis en service le 21 décembre 1932.

-Le HMS Duchess (H64) est mis sur cale aux chantiers navals Palmers de Yarrow le 12 juin 1931 lancé le 19 juin 1932 et mis en service le 27 janvier 1933.

A leur mise en service, ces neuf destroyers forment la 1st Destroyer Flottilla déployée en Méditerranée, effectuant une incursion dans le Golfe Persique et en mer Rouge (autonme 1933).

Après un carénage en Grande-Bretagne, les neuf type D sont redéployés à Hong-Kong (China Station), devenant la 8th Destroyer Flottilla.

Quand la guerre de Pologne éclate, la flottille moins le Diamond en carénage est déployée en Méditerranée. Devenue la 21th Destroyer Flottilla, le type D perd le Duchess le 12 décembre 1939 suite à une collision avec le cuirassé Barham.

Le conflit terminé, la 21ème flottille de destroyer reste en Méditerranée. Basée à Alexandrie, elle assure des missions de patrouille, d’escorte du trafic commercial voir des navires de guerre sans oublier l’attaque des lignes de communication ennemies au canon et à la torpille. Seule exception, le Dainty qui assure avec le Grafton la protection du Rodney.

Le 5 septembre 1948, la flottille est dispersée entre le Diana en escale à Haïfa avec sa compagnie de débarquement effectuant une mission de police, le Diamond en escale de courtoisie à Limassol, les Delight et Defender en entretien (le premier en carénage, le second en entretien à flot), le Duncan en exercice en mer, les trois derniers (Decoy Daring Dainty) étant à quai.

Les trois navires opérationnels à quai sont mis en alerte pendant que les navires en escale reçoivent ordre de rallier leur base pour ravitaillement, les travaux sur les Delight et Defender étant accélérés.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1397 tonnes pleine charge 1920 tonnes

Dimensions : longueur 100.3m largeur 10.1m tirant d’eau 3.8m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par trois chaudières Amirauté dévellopant 36000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 36 nœuds distance franchissable 5870 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : quatre canons de 120mm (4.7 pouces) en affûts simples sous masque (deux avant «A» inférieur avant et «B» supérieure avant; et deux arrière, «X» supérieur arrière et «Y» inférieur arrière), un canon de 3 pouces (76mm) antiaérien entre les deux cheminées remplacé en 1937/38 par deux Pom-Pom simples, huit mitrailleuses de 12.7mm en deux affûts quadruples, deux plate-formes quadruples lance-torpilles de 533mm et vingt grenades ASM.

Quand la seconde guerre mondiale éclate, les canons de 4.7 pouces sont toujours là mais les Pom-Pom et les mitrailleuses de 12.7mm ont été remplacés par huit canons de 20mm Oerlikon.

Equipage : 145 officiers et marins

Grande Bretagne (29) Porte-avions (4)

Porte-avions lourds classe Malta

Architecture britannique ? Architecture américaine ? Non Architecture atlantique

Comme nous l’avons vu plus haut, le porte-avions blindé était sécurisant pour la survie du navire mais le coût était très élevé notamment en terme de groupe aérien de taille réduite pour un navire dépassant 20000 tonnes.

De plus la moindre modification et la moindre évolution des appareils embarqués rendaient les travaux coûteux. Déjà l’Ark Royal connaissait des limites avec ses ascenseurs étroits.

Outre ces réflexions purement britanniques, il faut ajouter les informations venant de pays comme les Etats-Unis, le Japon et la France.

Ces trois puissances utilisaient leurs porte-avions de façon similaire (France) ou différente (Etats-Unis et Japon) de la Grande-Bretagne mais le retour d’expérience était pour le moins intéressant.

Une vitesse supérieure à 30 noeuds était plus que nécessaire pour faciliter notamment les opérations de vol. Un porte-avions d’escadre lent était à proscrire.

A la différence de la Royal Navy qui abritait tous ces avions dans le hangar, les trois autres pays n’hésitaient pas à laisser sur le pont d’envol une partie des appareils, les appareils descendants dans le hangar étant ceux qui avaient besoin de réparations.

Toutes ces réflexions alimentèrent le projet de porte-avions destiné à succédé aux Illustrious (qui devaient d’abord être six avant que les deux derniers soient suffisamment différents pour former une classe différente), les futurs Malta.

Prévoyant l’avenir, les ingénieurs britanniques dessinèrent un navire très grand, déplaçant 45000 tonnes soit plus que les Essex américains.

Le pont d’envol blindé était conservé mais son épaisseur était plus légère (55 contre 76mm), les protections du hangar étaient également allégées, seul l’appareil à gouverner, les soutes à mazout et à munitions étaient toujours aussi solidement protégées.

L’ilot était conçu dès l’origine pour recevoir des radars et l’armement était identique aux Illustrious avec seize canons de 114mm en huit tourelles doubles plus des canons de 20 et de 40mm.

Quand au groupe aérien, il était porté à 64 appareils même si en théorie 80 avions pouvaient prendre place à bord des Malta.

Cette architecture à mi-chemin entre le choix britannique et le choix américain reçut le nom d’architecture atlantique.

Quatre navires sont commandés. Ils sont baptisés dans un premier temps Malta Gibraltar Africa et New Zealand mais les deux derniers sont rebaptisés Hermes et Furious.

Ces navires sont mis en service avant le début du conflit, un en Méditerranée (Furious), les trois autres au sein de la Home Fleet (Malta Gibraltar Hermes).

Deux navires modifiés en tenant compte de l’utilisation de leurs ainés sont commandés dans le cadre du programme de guerre. Ils sont baptisés Courageous et Glorious. Achevés à la fin de la guerre, ils seront rapidement transformés avec piste oblique et catapultes à vapeur.

Carrière opérationnelle

-Le HMS Malta (D93) est mis sur cale aux chantiers navals John Brown de Clydebank le 4 mars 1942 lancé le 8 juin 1944 et mis en service le 2 septembre 1946.

Il est affecté à la Home Fleet dès sa mise en service avec pour base Faslane sur la côte occidentale de l’Ecosse, base créée pour désengorger Rosyth son pendant oriental.

En septembre 1948, le porte-avions était en service et pleinement opérationnel. Le 5, il effectuait un entrainement en mer d’Irlande. Il reçoit aussitôt l’ordre de rallier son port d’attache pour se ravitailler en carburant, munitions et vivres. Dès le 8, il appareille pour rejoindre Scapa Flow et de là être engagé contre les cibles allemands en Norvège.

-Le HMS Gibraltar (D68) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Newcastle-upon-Tyne le 12 septembre 1942 lancé le 21 décembre 1944 et mis en service le 30 mai 1947.

Affecté lui aussi à la Home Fleet,il était stationné à Faslane sur la Clyde mais à la différence du Malta, il était immobilisé pour entretien à flot le 5 septembre 1948. Les travaux sont cependant accélérés pour permettre au navire d’être disponible le plus rapidement possible.

-Le HMS Hermes (D06) est mis sur cale aux chantiers navals Fairfield Shipbuilding de Govan sous le nom d’Africa le 14 janvier 1944. Lancé le 8 juin 1946, il est mis en service le 30 mars 1948 sous le nom d’Hermes, le changement ayant été officialisé le 4 janvier 1947, trois mois après le désarmement du premier porte-avions baptisé ainsi.

Affecté lui aussi à la Home Fleet, il est stationné avec ses deux sister-ship à Faslane dans l’estuaire de la Clyde.

Le 5 septembre 1948, il était à quai. Il est mis en alerte à l’annonce des bombardements allemands puis appareille le lendemain pour se mettre en position dans le nord-ouest des îles britanniques afin d’intercepter d’éventuels raiders allemands cherchant à passer dans l’Atlantique.

-Le HMS Furious (D43) est mis sur cale aux chantiers navals Cammerll Laird de Birkenhead le 8 juin 1943 sous le nom de New Zealand.

Rebaptisé Furious le 19 mars 1944 (deux jours après le désarmement du premier porte-avions britannique), il est lancé 17 juillet 1945 et mis en service le 8 décembre 1947, l’admission au service actif ayant été retardé par un incendie survenu le 8 octobre 1946.

A la différence de ses trois sister-ship, il est affecté à la Mediterranean Fleet et basé à Alexandrie en compagnie de l’Indomitable.

Le 5 septembre 1948, le porte-avions était à quai à Alexandrie. A l’annonce des bombardements allemands, il est mis en alerte prêt à appareiller pour un raid contre les positions italiennes (Libye, Dodécanèse voir plus audacieux contre l’Italie péninsulaire ou l’Albanie) ou pour couvrir le corps de bataille (1st Battle Squadron).

Ecorché sommaire de la classe Malta

Ecorché sommaire de la classe Malta

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 45000 tons (40000 tonnes métriques) pleine charge 52000 tons (47000 tonnes métriques)

Dimensions : longueur hors tout 275m largeur 31.5m tirant d’eau 9.5m

Propulsion : quatre groupes de turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par huit chaudières Amirauté développant 200000ch et entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 33 noeuds distance franchissable 12500 miles nautiques à 10 noeuds

Protection : ceinture 114mm pont d’envol 55mm bulkheads 55mm appareil à gouverner 50mm soutes à munitions 52mm

Electronique : un radar d’altimétrie type 277, un radar de veille aérienne type 279, un radar de veille aérienne type 281, six radars de conduite de tir type 282 (artillerie légère) et quatre radars de conduite de tir type 285 (artillerie de 114mm)

Armement : huit tourelles doubles de 114mm en quatre groupes de deux (bâbord avant tribord avant tribord arrière bâbord arrière), 32 canons de 40mm Bofors en huit affûts quadruples et 24 canons de 20mm Oerlikon en affûts simples

Installation d’Aviation/Groupe aérien :

-Pont d’envol de 275m de long sur 31.5m de large équipé de deux catapultes hydrauliques, de neufs brins d’arrêt et de trois barrières pour retenir un avion ayant manqué les brins.

-Deux ascenseurs axiaux, un ascenseur avant de 15m de long sur 12m et un ascenseur arrière de 15m sur 8m.

-Hangar unique de 198m de long sur 22m de large et une hauteur de 5.20m

-470000 litres de carburant

Le Blackburn Buccaneer n'est autre qu'une copie du SNCAO CAO-600 même si les britanniques prétendent toujours le contraire 70 ans après

Le Blackburn Buccaneer n’est autre qu’une copie du SNCAO CAO-600 même si les britanniques prétendent toujours le contraire 70 ans après

-Groupe aérien composé de 72 appareils avec trente-deux Supermarine Seafire, huit Blackburn Buccaneer de reconnaissance, d’observation et de torpillage, seize Fairey Barracuda de torpillage et seize Douglas Dauntless. S’ajoute des appareils de servitude qui n’embarquent pas sur le navire sauf pour une courte durée

Equipage : 2800 officiers et marins

Porte-avions légers classe Colossus

La quantité plutôt que la qualité ?

Avant le second conflit mondial, le porte-avions est vu comme un brillant auxiliaire, un excellent second destiné à soutenir les cuirassés dans leur recherche frénétique de la bataille finale. L’idée même que le porte-avions puisse faire seul la décision est rejetée avec hauteur et dédain par les amiraux surfaciers.

Pourtant il n’est pas un mal-aimé, les constructions se multipliant notamment au sein de la marine britannique.
Néanmoins le choix du porte-avions blindé associé à des chantiers aux méthodes de construction vieillissantes (le rivetage est privilégié par rapport à la soudure) rend fort lente la construction de ces ponts plats qu’aucune marine majeure (ou se prétendant ainsi) ne peut négliger.

Emerge l’idée d’un porte-avions économique, pas forcément rapide (entre 25 et 30 noeuds), sans protection ou presque avec une DCA légère.

Des méthodes de construction novatrices (préfabrication, soudure) pouvant permettre une construction bien plus rapide que les Fleet Carrier et permettrait de laisser ces grands porte-avions se consacrer sur les missions principales en laissant à leurs petits frères le transport d’avions, l’entrainement et la formation des pilotes, la protection rapprochée du trafic commercial…. .

Un temps la conversion de paquebots, pétroliers et cargos est étudiée mais les navires marchands rapides sont rares et précieux. De plus leurs capacités sont jugées insuffisantes pour des missions de combat.

Un projet est présenté par Vickers en juin 1942. Paradoxalement la première marine intéressée est la Royale, la marine française qui cherchait à s’équiper de deux porte-avions légers, l’un pour couvrir ses forces en Indochine et un second pour des missions secondaires comme la formation des pilotes.
Le contrat signé par la France en mars 1943 fait figure d’électrochoc pour la fibre patriotique britannique et en juin, deux porte-avions identiques (à l’exception des catapultes, des brins d’arrêts, de la DCA et de l’électronique) sont commandés par la Royal Navy, des navires baptisés Colossus et Glory.

Le Guillaume d'Orange, premier porte-avions de la marine néerlandaise

Le Guillaume d’Orange, premier porte-avions de la marine néerlandaise

La marine néerlandaise est également intéressée pour couvrir ses croiseurs de bataille déployés aux Indes Néerlandaises. Deux navires sont un temps envisagé mais au final une seule unité est commandée, la construction étant menée aux Pays-Bas, aux chantiers RDM de Rotterdam sous licence Vickers.
Ce modèle de porte-avions d’abord dédaigné par la Royal Navy devient un véritable succès avec la commande de deux navires par le Canada et d’un navire par l’Australie.

Il est probable que sans le déclenchement du conflit d’autres commandes auraient pu aboutir notamment en Amerique du Sud où seule l’Argentine avait acquis un porte-avions baptisé Independencia, le Brésil et le Chili un temps intéressé ne donnèrent pas suite à une commande pour respectivement deux et un navire avant le déclenchement du second conflit mondial. Ce seront finalement les américains qui remporteront la timbale avec leurs Independence souvent considérés comme des « American Colossus ».

Cela nous donne un total de huit navires commandés avant septembre 1948. Sur ces huit, six sont en service (les deux français, les deux britanniques, le néerlandais et le premier canadien), le deuxième porte-avions destiné à la Royal Canadian Navy est en achèvement à flot tout comme le porte-avions léger destiné à la marine australienne (Royal Australian Navy).
Comme souvent le déclenchement des hostilités libère les énergies et les résistances du temps de paix où on renacle à l’investissement.
Pas moins de seize porte-avions économiques sont commandés, huit identiques aux Colossus et huit d’une version améliorée appelée Majestic mais ceci est une autre histoire.
Carrière opérationnelle

HMS Colossus

HMS Colossus

-Le HMS Colossus est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Newcastle-upon-Tyne le 8 mars 1944 lancé le 12 septembre 1945 et mis en service le 8 mars 1947.

Il est affecté à Freetown où il est le principal navire de la West African Station, une escadre chargée de surveiller l’Atlantique Sud et notamment de traquer les raiders allemands s’attaquant au commerce britannique.
En septembre 1948, il venait de revenir de Gibraltar où le porte-avions subissait un carénage destiné à le remettre en état.
Quand le conflit éclate, le porte-avions prend la mer pour entamer un long cycle de patrouille pour répérer des navires allemands engagés dans une guerre au commerce.

Le HMS Glory à Malte

Le HMS Glory à Malte

-Le HMS Glory est mis sur cale aux chantiers navals Harland & Wolf de Belfast le 2 septembre 1944 lancé le 22 février 1946 et mis en service le 30 septembre 1947.
Il est affecté à l’India Station avec pour base Aden dans la péninsule arabique. Sa mission est de montrer la White Ensign dans la région, de mener des missions de police coloniale face aux remuantes tribus d’Arabie et en cas de conflit de protéger le trafic commercial, les navires isolés mais également les convois amenant en Europe, les troupes venues des dominions d’Océanie.
En septembre 1948, le porte-avions est à la mer avec ses escorteurs pour traquer les navires allemands dans la région tout en surveillant les forces italiennes de la mer Rouge.
Caracteristiques Techniques
Déplacement : standard 14000 tonnes pleine charge 17000 tonnes

Dimensions : longueur 211.25m largeur (flottaison) 24.50m tirant d’eau (en charge) 7.15m

Propulsion : turbines à engrenages Parson alimentées par quatre chaudières type Amirauté développant une puissance totale de 40000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 25 noeuds distance franchissable 12000 miles nautiques à 14 noeuds

Armement : 48 canons de 40mm Bofors en vingt-quatre affûts doubles

Installations aéronautiques et Groupe aérien : Une catapulte à l’avant Deux ascenseurs axiaux Hangar de 135.63×15.84×5.33m Dix brins d’arrêt.

Le groupe aérien se compose de douze Grumman Martlet Mk III, six Fairey Albacore et quatre Douglas Dauntless.

Equipage : 42 officiers et 777 officiers mariniers et quartiers maitres et matelots pour la conduite du navire et environ 200 hommes pour le groupe aérien

Grande-Bretagne (11) Royal-Navy (3)

La guerre de Pologne

Ordre de bataille de la Royal Navy en septembre 1939

-Comme en 1914, la majorité des moyens navals britanniques sont rassemblés en mer du Nord pour faire face à l’Allemagne, Londres n’ayant plus les moyens de maintenir deux puissantes flottes en mer du Nord et en Méditerranée, laissant la garde de la Mare Nostrum à la Royale qui doit faire face à l’Italie qui restera neutre dans le conflit qui s’ouvre.

Home Fleet

Comme en 1914, la Home Fleet se rassemble à Scapa Flow dans les Orcades. Elle se compose des moyens suivants :

-Le 2nd Battle Squadron avec les cuirassés Nelson Rodney Royal Oak Royal Sovereign Ramillies

-Le Battlecruiser Squadron avec les croiseurs de bataille Hood et Repulse

-Le porte-avions Ark Royal

-18th Cruiser Squadron : croiseurs légers classe Town Newcastle Sheffield Edimburgh Belfast

-12th Cruiser Squadron : croiseurs légers Effingham Emerald Enterprise Cardiff Delhi Dunedin

-7th Cruiser Squadron : croiseurs légers Diomede Dragon Calypso Caledon

-Croiseur antiaérien Calcutta

-Poseur de filet Guardian

-Croiseur Aurora qui sert de navire de commandement pour les destroyers
-Deux flottilles de destroyers, la 6th Destroyer Flottilla avec huit navires et la 8th Destroye Flottilla avec neuf navires.

-navire-dépôt Greenwich

-1st Minesweeping Flotilla avec sept dragueurs océaniques

Le reste des moyens de la Home Fleet sont basés à Rosyth avec le porte-avions Furious qui ne sert plus que de porte-avions d’entrainement, à Dundee où se trouve la 2nd Submarine Flottilla (navire-dépôt Forth et quatorze sous-marins, à Blyth avec la 6th Submarine Flottilla (navire-dépôt Titania et sept sous-marins) et surtout dans l’estuaire de la Humber avec la Humber Force.

Cette force stationnée dans l’estuaire formé par les rivières Ouse et Trente est destinée à empêcher les raids allemands sur la côte est de la Grande-Bretagne. Elle dispose des moyens suivants :

-2nd Cruiser Squadron : croiseurs légers Southampton et Glasgow

-7th Destroyer Flottilla avec neuf destroyers

-Deux dragueurs de mines

Channel Force

Cette “Force de la Manche” est distincte de la Home Fleet. Elle est chargée de la défense de La Manche en liaison avec la Flotte de l’Atlantique et de l’Escadre Légère du Nord (ELN), deux formations de notre marine nationale. Elle dispose des moyens suivants :

-Cuirassés Resolution et Revenge

-Porte-avions Courageous et Hermes

-Croiseurs légers Ceres Caradoc Cairo (ce dernier est antiaérien)

-18th Destroyer Flottilla : neuf destroyers

Home War Organisation

Cette organisation mise en place au moment du déclenchement de la guerre de Pologne répartit dans des différents ports des flottilles de destroyers pour la défense locale et la couverture des convois.

-A Devonport sont stationnées deux flottilles de destroyers, le 11ème avec dix destroyers et la 17ème avec huit destroyers

-A Portland (comté de Dorset), la 12th Destroyer Flottilla dispose de six destroyers

-A Portsmouth, la 16th Destroyer Flottilla dispose de dix navires dont quatre attachés

-A Rosyth et Milford Haven, la 15th Destroyer Flottilla dispose de huit destroyers

-A Douvres, la 19th Destroyer Flottilla

Home Command

Sous ce commandement se trouvent des moyens d’escorte et de protection :

-Le Nore Command dispose à Douvres de trois dragueurs, dans l’Estuaire de la Tamise de douze dragueurs dont neuf chalutiers.

-Le Portsmouth Command dispose de huit dragueurs dont quatre chalutiers et de cinq chalutiers anti-sous-marins

-Le Western Approaches Command aligne six escorteurs, trois chalutiers ASM et trois chalutiers-dragueurs, tous stationnés à Devonport

-Enfin le Rosyth Command dispose de huit escorteurs

Mediterranean Fleet

Cette flotte chargée de couvrir la Méditerranée et le passage de convois en direction de l’Extrême-Orient via le détroit de Gibraltar et le canal de Suez dispose de moyens assez importants mais ses bases sont inadaptées soit parce qu’elles sont trop proches de l’ennemi (Malte), manquent d’infrastructures (Alexandrie) ou trop éloignée (Gibraltar).

La priorité de la Royal Navy sera d’ailleurs d’arracher les crédits pour améliorer les infrastructures égyptiennes de la marine britannique, une lutte de longue haleine qui finira par payer par l’installation d’une base moderne créée ex-nihilo à proximité d’Alexandrie.

En attendant en septembre 1939, elle dispose des moyens suivants :

-1st Battle Squadron avec les cuirassés Warspite Barham Malaya

-Porte-avions Glorious

-1st Cruiser Squadron : croiseurs lourds Devonshire Shropshire Sussex

-3rd Cruiser Squadron : croiseurs légers Arethusa Penelope Coventry (CLAA)

-Le commandement des destroyers est assuré par le croiseur léger Galatea et le navire-dépôt Woolwich. Sous leur autorité, on trouve quatre flottilles destroyers, les 1ère, 2ème, 3ème et 4ème avec respectivement, 9, 5, 9 et 8 navires mais la 2nd Destroyer Flottilla ne va pas tarder à rejoindre l’Angleterre.

-Quatre navires d’escorte

-1st MTB Flottilla avec le navire-dépôt Vulcan et douze vedettes lance-torpilles

-Poseur de filets Protector

-Mouilleur de mines Medusa

-3rd Minesweeping Flottilla avec cinq dragueurs

-Navire-atelier Resource

China Station

La Station de Chine dispose de moyens importants en raison de la menace japonaise. Elle s’appuie sur une base installée à Hong Kong ainsi que sur le “Gibraltar de l’Extrême-Orient”, Singapour, la base d’Alor Setar en Malaisie _vitale pour verrouiller le détroit de Malacca_ ainsi que les ports des dominions _Australie et Nouvelle-Zélande_ .

Les ports indiens peuvent servir de base mais ils sont mal équipés et surtout bien trop éloignés pour être utiles.

Durant la période de Pax Armada, la coopération avec les autres puissances coloniales de la région se dévellope et la China Station peut espérer s’appuyer sur les bases françaises (Haiphong, Saïgon et surtout Cam-Ranh _la base la mieux équipée de la région_), américaines (Manille et son arsenal de Cavite) et néerlandaises, la marine néerlandaise étant la seule déployant à titre permanent des navires de ligne.

Une base tactique de ravitaillement (sans installations de carénage) est installée sur l’île de Borneo à Kuching

En septembre 1939, cette force aligne les moyens suivants :

-5th Cruiser Squadron avec les croiseurs lourds Kent Cornwall Dorsetshire ainsi que le croiseur léger Birmingham

-Porte-avions Eagle

-21st Destroyer Flottilla (appelée en Méditerranée) avec neuf destroyers

-Cinq navires d’escorte

-4th Submarine Flottilla avec le navire-dépôt Medway, un destroyer et quinze sous-marins

-Cinq destroyers affectés à la défense de Hong-Kong

-Mouilleur de mines Redstart

-2nd Motor TorpedoBoat Flottilla (2nd MTB Flottilla) avec six vedettes lance-torpilles

-Vingt canonnières fluviales

-Monitor Terror

South Atlantic Commandand (Freetown, actuelle Sierra Leone)

-6th Cruiser Squadron avec le croiseur léger Neptune

-9th Cruiser Squadron avec les croiseurs légers Despatch Dauntless Danae Durban
-4th Destroyer Division (2nd Destroyer Flottilla) avec quatre navires

-Porte-hydravions Albatros

-Quatre navires d’escorte

-Deux sous-marins

North Atlantic Command (Gibraltar)

-Croiseurs Colombo et Capetown

-13th Destroyer Flottilla avec neuf destroyers

-Deux sous-marins

-Deux dragueurs de mines

American and West Indies Station (Halifax et Bermudes)

-8th Cruiser Squadron avec les croiseurs lourds Berwick et York ainsi que les croiseurs légers Orion et Perth (ce dernier appartenant à la marine australienne).

-Deux navires d’escorte

Autres formations

-En Inde est déployé le 4th Cruiser Squadron avec les croiseurs légers Gloucester Liverpool Manchester en compagnie de sept navires d’escorte dont cinq appartenant à la Royal Indian Navy.

-Des navires sont en réserve ou servant pour l’entrainement :

-Croiseurs lourds Hawkins et Frobisher

-Porte-avions Argus

-Croiseur mouilleur de mines Adventure

-Cinq destroyers

-Dix dragueurs de mines

-Porte-hydravions Pegasus

-La 5th Submarine Flottilla assure la formation des sous-mariniers avec un navire-dépôt
et huit sous-marins d’entrainement

-Croiseur-école Vindictive

-1st Flottilla Anti-Submarine Boat avec cinq vedettes anti-sous-marines

-Il ne faut pas oublier la participation des dominions qui en septembre 1939 disposent de moyens limités :
-Canada : six destroyers

-Australie : croiseurs lourds Canberra et Australia croiseurs légers Sydney Hobart Adelaïde trois destroyers et deux navires d’escorte

-Nouvelle-Zélande : croiseurs légers Leander et Achilles plus deux navires d’escorte

Si les deux premières disposent de marines indépendantes, la dernière n’en dispose pas encore, il faudra attendre 1944 pour que ce soit le cas.

En septembre 1939, d’autres navires sont en refonte ou en entretien et donc non opérationnels :

-Cuirassés Queen Elizabeth et Valiant

-Croiseur de bataille Renown

-Croiseurs lourds Suffolk London Norfolk

-Croiseurs légers antiaériens Curlew Curacoa Carlisle.

-Un navire d’escorte et quatorze destroyers

La Royal Navy dans la guerre de Pologne

Quand éclate le conflit le 3 septembre 1939, la priorité pour la marine britannique est de couvrir le passage en France du Corps Expéditionnaire Britannique (British Expeditionnary Force BEF) en France en les protégeant contre l’aviation et les sous-marins allemands. Une mission réussie.

Elle met en place comme en 1914 le blocus des côtes allemandes pour empêcher le trafic commercial allemand et forcer la Kriegsmarine à accepter un combat en haute-mer. Cette dernière bien inférieure en nombre et en puissance se dérobera toujours à cet affrontement espéré.

Naufrage du HMS Courageous sous les coups du U-29

Naufrage du HMS Courageous sous les coups du U-29

Plusieurs sous-marins allemands sont coulés durant ce bref conflit mais les U-Boot prennent leur revanche en détruisant le porte-avions HMS Courageous le 17 septembre 1939 (U-29) puis le cuirassé HMS Royal Oak par le U-47 du commandant Gunther Prien qui se glisse dans la nuit du 13 au 14 octobre 1939 dans la rade réputée inviolable de Scapa Flow pour détruire au mouillage le vénérable cuirassé.

La chasse aux raiders allemands est peu fructueuse mais marquée par la destruction du cuirassé de poche Admiral Graf Spee le 17 décembre 1939. Ce dernier réfugié à Montevideo doit se saborder, les alliés ayant refusé un sauf-conduit pour permettre au cuirassé de rentrer en Allemagne.

Quand le conflit se termine, la marine britannique à donc perdu un porte-avions, un cuirassé et plusieurs sous-marins.

20-Ordre de Bataille et programme de guerre (1)

20°) ORDRE DE BATAILLE et PROGRAMME DE GUERRE

A-Ordre de bataille de la Marine Nationale le 1er septembre 1948

En guise d’introduction

En septembre 1948, la marine nationale est au sommet de sa puissance. La politique menée depuis près d’un quart de siècle avec constance par les politiques et les marins à permis à la Royale de n’avoir à rougir ni de son allié, ni de ses ennemis. La flotte est équilibrée et la majorité des carences constatées durant la Guerre de Pologne ont été corrigées.

L’organisation est celle adoptée en septembre 1940 avec deux flottes principales (Atlantique et Méditerranée) subidivisées en escadres puis en flottilles et en division plus des forces de souveraineté déployées sur toute la surface du globe.

La situation de l’Escadre Légère du Nord (ELN) est particulière, c’est une escadre indépendante mais pas une réelle force de souveraineté comparable aux FNEO ou aux FNAEF. Sa mission est davantage de porter le fer en mer du Nord que de défendre les côtes de la Manche.

Les régions maritimes sont toujours là et comme depuis septembre 1940, elles assurent des missions de soutien, gérant les bases et les arsenaux, les seuls navires sous leurs ordres étant ceux en refonte ou en réparations longues.

Comme il est peu probable que les escadres soient engagées en bloc, il est prévu la création de groupements occasionnels désignés par les lettres de l’Alphabet.

Sur le plan technique, la flotte est jeune avec peu de faiblesses évidentes, la DCA ayant été notablement renforcée tous comme l’électronique embarquée qu’il s’agisse de radars ou de sonars.

Voici donc maintenant l’ordre de bataille de la marine nationale le 1er septembre 1948, quatre jours avant le début de la deuxième conflagration mondiale.

Flotte de l’Atlantique (QG : Brest) navire-amiral : cuirassé Gascogne

1ère escadre

Groupement de Ligne : cuirassés Gascogne et Normandie; torpilleurs d’escadre  Durandal et Dague (chargés de la protection du cuirassé Gascogne) et les torpilleurs d’escadre Sabre et Claymore (chargés de la protection du cuirassé Normandie)

Groupement Aéronaval : porte-avions Painlevé et Henriette de France cuirassé Lorraine torpilleurs d’escadre L’Intrépide et Le Téméraire (protection du cuirassé Lorraine), Arquebuse Cimeterre (protection du Painlevé) Ney et Murat (protection du Henriette de France)

3ème Escadre Légère

Groupement des croiseurs de l’Atlantique : croiseurs lourds Foch et Colbert (3ème DC), croiseurs légers La Gloire Georges Leygues et Montcalm (4ème DC), croiseur-école Jeanne d’Arc (appelé à être déployé aux Antilles)

Groupement des contre-torpilleurs de l’Atlantique : Contre-torpilleurs Bugeaud Du Chayla Dupetit-Thouars (3ème DCT) Vautour Milan Epervier (6ème DCT)
Hors rang :  vedettes lance-torpilles des 1ère ELA (VTB-11 et 12) et 2ème ELA (VTB-16 18 20 et 22) basées à Lorient.

5ème Escadre

-Ravitailleur de sous-marins Jules Verne navire-amiral de l’Escadre

-Sous-marins Casabianca Sfax Centaure L’Espoir (2ème DSM)

-Sous-marins Rolland Morillot La Praya La Martinique et Ile de France (4ème DSM)

-Sous-marins Ile de Ré Ile d’Yeu Kerguelen et La Guadeloupe (6ème DSM)

-Sous-marins  Agosta Bévéziers Ouessant et Sidi Ferruch (8ème DSM)

1ère flottille de surveillance et d’escorte de l’Atlantique (1ère FSEA)

-Torpilleurs légers  L’Algérien Le Sénégalais L’Arabe Le Marocain (classe Kabyle) formant la 6ème DT basée à Lorient

-Aviso-dragueurs L’Impétueuse, La Capricieuse, La Batailleuse et La Boudeuse (3ème DEL) basée à Brest Aviso-dragueurs Enseigne Balande La Trompeuse L’Ambitieuse et La Sérieuse (7ème DEL) basée à Casablanca

-Chalutiers ASM L’Havraise et La Nantaise à Lorient, L’Algéroise L’Oranaise à Cherbourg

-Corvettes anti-sous-marines La Malouine La Dieppoise La Remoise La Versaillaise (1ère DEO) à Brest;  La Nimoise La Calvaise La Rennaise et L’Agenaise (3ème DEO) basé à Lorient; La Bastiaise La Paimpolaise La Dunkerquoise (2ème DEO) à Casablanca

-Patrouilleur ASM/navire-école L’Heureux (P-28) et Patrie (P-36)

-Chasseurs de sous-marins : CH-7 et 8 CH-53 et 54 à Brest, CH-11 et 12 à Lorient, CH-17 18 et 19 à Casablanca.

-Patrouilleur anti-sous-marin L’Incomprise  et  Jutland (P-37)

Les navires suivants sont détachés à Dakar :

-Aviso colonial Dumont d’Urville

-Patrouilleur (ex-torpilleur) La Bombarde

-Aviso-dragueurs coloniaux  La Précieuse L’Amiral Duperré La Rieuse et l’Amiral Gourdon  (10ème DEL)

-Corvettes La Lyonnaise L’Oranaise La Sablaise et La Servannaise (7ème DEL)

Groupement de soutien de la Flotte de l’Atlantique (GSFA)

-Pétrolier Le Var

-Pétrolier Ravitailleur d’Escadre La Seine

-Ravitailleurs Rapides Lot et La Charente

-Pétrolier-caboteur La Lèze

-Cargos rapides Mostaganem et Mers-El-Kébir

-Avisos Amiens et Arras utilisés comme auxiliaires
-Ravitailleur d’hydravions Sans Souci et Calais utilisé comme ravitailleur d’hydravions

-Aviso hydrographe Beautemps-Beaupré

-Navire école Notre Dame de France (P-95)

-Dragueurs de mines Avranches et Pornic

-Voiliers-école L’Etoile et La Belle Poule

-Remorqueur de haute mer Elephant et Mastodonte

-Remorqueurs Champion  L’Appliqué L’Attentif et L’Acharné  L’Actif  (ce dernier est basé à Lorient) (1000cv)

-Remorqueurs Narcisse et Lotus (750cv)

-Remorqueurs  Penfeld Plougastel Portzic et Provençal Morbihan (ce dernier est basé à Lorient) (600cv)

-Remorqueur de 600cv Lavandou basé à Casablanca

-Navire-hydrographe Cormoran

-Gabares Le Titan La Résistante La Prévoyante et la Victorieuse

Les navires suivants sont détachés à Dakar :

-Remorqueur de haute mer Buffle

-Remorqueurs de 600cv L’Efficient et Cap Vert

-Remorqueur de 750cv Romarin

-Gabare La Patiente

Flotte de la Méditerranée (QG : Toulon) navire-amiral : croiseur lourd Algérie

Le magnifique croiseur lourd Algérie

Le magnifique croiseur lourd Algérie, navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée

2ème Escadre (Toulon)

1er Groupement de Ligne de la Méditerranée (1er GLM) :

-Cuirassés Richelieu et Clemenceau (3ème DL) Alsace et Flandre (5ème DL)

-Cuirassé Provence

-Porte-avions Joffre

-Torpilleurs d’escadre Corsaire et Flibustier (protection du cuirassé Richelieu) Rapière et Hallebarde (protection du cuirassé Clemenceau) Mousquet et Bombardier (protection du cuirassé Alsace)  Voltigeur et Goumier (protection du cuirassé Flandre) Mameluk Casque (protection du cuirassé Provence)  L’Inconstant et Lancier (protection du porte-avions Joffre)

Groupement de croiseurs de la 2ème Escadre

-Croiseur lourd Algérie

-Croiseurs lourds Suffren Dupleix (1ère DC) Saint Louis Charlemagne Henri IV (5ème DC)

-Croiseurs légers De Grasse Chateaurenault Guichen (6ème DC)

Groupement des contre-torpilleurs de la 2ème Escadre

-Contre-torpilleurs Bruix D’Assas La Tour d’Auvergne (1ère DCT)  Bayard Du Guesclin Turenne (2ème DCT)  Aigle Albatros Gerfaut (5ème DCT) Le Fantasque L’Audacieux Le Malin (9ème DCT)
Desaix Kléber et Marceau (12ème DCT)

1ère flottille légère de la Méditerranée (1ère FLM) :

-Vedettes lance-torpilles VTB  41 43 45 47 et 49 formant la 1ère ELM

-Vedettes lance-torpilles  VTB-23 24 25 26 27 28 formant la 4ème ELM

-Vedettes lance-torpilles VTB-56 57 58 59 60 61 formant la 6ème ELM

-Vedettes lance-torpilles  VTB-15, 17, 19 et 21 de la 3ème Escadrille Légère de la Méditerranée (3ème ELM) déployée à  Ajaccio

1ère flottille de sous-marin :

-3ème escadrille de sous-marins (3ème ESM)  1ère DSM : Le Glorieux Le Heros Le Conquerant Le Tonnant 3ème DSM La Réunion Crozet Ile d’Oleron Belle Ile et 5ème DSM  Ile de Brehat, Saint Marcouf Ile d’Aix Ile d’If

-5ème escadrille de sous-marins (5ème ESM) 13ème DSM : Aurore, Créole, Antigone et La Bayadère 15ème DSM : Venus Iris Pallas 19ème DSM : L’Astrée La Favorite La Gorgone et L’Africaine et 21ème DSM : Diamant et Perle

-1ère flottille de surveillance et d’escorte de la Méditerranée (1ère FSEM) :

-Torpilleurs légers Le Fier L’Agile L’Entreprenant Le Farouche (1ère DT)

-Torpilleurs légers  Annamite Hova Somali Touareg (4ème DT)

-Chalutiers ASM La Cancalaise et La Lorientaise

-Aviso-dragueurs Elan, Commandant Dominé et de La Capricieuse (1ère DEL)

-Aviso-dragueurs  La Gracieuse et La Moqueuse (4ème DEL) (en temps de guerre, doit être détachée à Ajaccio)

-Chasseurs de sous-marins CH-9 CH-10 CH-49 et CH-50 +  CH-43 et CH-44 (ces deux derniers déployés à Ajaccio)

-1er Groupement de Soutien de la Méditerranée (1er GSM) :

-Pétroliers ravitailleurs d’escadre La Saône et Le Liamone

-Pétroliers Elorn et Sèvre

-Ravitailleur Rapide L’Adour

-Aviso (devenu auxiliaire) Somme

-Mouilleur de mines Vauquois

-Mouilleur de mines Castor

-Mouilleur de filets Gladiateur

-Ravitailleurs d’hydravions (ex-canonnière) Diligente et Sans Peur

-Dragueurs de mines Ouistreham et Saint Brieuc

-Cargos rapides Sidi-Bel-Abbès et Tlemcen

-Remorqueurs Goliath Le Laborieux Cépet Haleur Efficient  Corse Faron et Mont Caume Tulipe Aconit Edelweis

-Bâtiment-cible L’Impassible

-Navires-hydrographes La Chimère Mouette Ibis

-Gabares  L’Endurante, La Persévérante,  La Prudente, La Persistante, L’Epuisante

——–

4ème Escadre (QG : Mers-El-Kébir) navire-amiral : cuirassé Jean Bart

2ème Groupement de Ligne de la Méditerranée (2ème GLM)

-Croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg (1ère DL)

-Cuirassé Jean Bart (hors-rang)

-Cuirassé Bourgogne (hors-rang)

-Cuirassé Bretagne (hors rang)

-Porte-avions Commandant Teste

-Torpilleurs d’escadre Le Hardi L’Epée (chargés de la protection du Dunkerque), Le Lansquenet et Le Fleuret (chargés de la protection du Strasbourg),  L’Eveillé et L’Alerte (chargés de la protection du Bretagne), Hussard et Spahi (chargés de la protection du Commandant Teste), L’Opiniâtre et L’Aventurier (chargés de la protection du Jean Bart) Lannes et Augereau (chargés de la protection du cuirassé Bourgogne)

Groupement léger de la 4ème Escadre

-Croiseurs légers Latouche-Treville  Condé et Gambetta (8ème DC)

-Contre-torpilleurs Magon  Dunois et  La Hire (4ème DCT) Le Terrible  Le Triomphant et  L’Indomptable (10ème DCT)

2ème flottille de sous-marins

-Sous-marin Minerve  Junon et Cerès (12ème DSM)

-Sous-marin L’Hermione  Clorinde et L’Andromède (14ème DSM)

-Sous-marin L’Andromaque  L’Amirde  L’Artemis et La Cornélie (18ème DSM)

-Sous-marins mouilleurs de mines Emeraude  Corail  Escarboucle et Agate (7ème DSM)

2ème flottille de surveillance et d’escorte de la Méditerranée (2ème FSEM) :

-Aviso-dragueurs Commandant Bory, du Commandant Delage, du Commandant Duboc et du Commandant Rivière (2ème DEL)

-Torpilleurs légers  Kabyle Tonkinois Sakalave Bambara (2ème DT)

-Chalutiers armés La Toulonnaise et La Sétoise

-Chasseurs de sous-marins CH-13 et CH-14

2ème Groupement de Soutien de la Méditerranée (2ème GSM)

-Ravitailleur rapide Tarn

-Ravitailleur rapide La Baïse

-Pétrolier-ravitailleur d’escadre La Medjerda

-Pétrolier-caboteur Aube

-Ravitailleur d’hydravions Sans Reproche

-Aviso mouilleur de mines Les Eparges

-Remorqueur de haute-mer L’Ours

-Remorqueur de 1000ch Cotentin

-Remorqueur de 600ch Esterel Palmier Tatihou

-Remorqueur de 750ch Amarante

-Gabares L’Ardente et La Performante

——–

6ème Escadre Légère (QG : Bizerte) navire-amiral : croiseur léger Emile Bertin

-Groupement des croiseurs : croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin, croiseurs légers La Galissonnière Jean de Vienne La Marseillaise (2ème DC)

-Groupement léger d’attaque : Contre-torpilleur Vauquelin  Chevalier Paul et Tartu (7ème DCT)  Mogador  Volta et Hoche (11ème DCT) Torpilleurs légers  L’Alsacien Le Breton Le Corse et Le Tunisien (3ème DT)

3ème flottille de sous-marins (3ème FSM)

-Sous-marins Phenix Ventôse Frimaire Prairial (9ème DSM)

-Sous-marins Aber Wrach Ile de Batz Tromelin (10ème DSM)

-Sous-marins Ile de Molêne Clipperton et Porquerolles (11ème DSM)

-Sous-marins Vendémiaire Nivôse Floréal Messidor (17ème DSM)

-Sous-marins mouilleurs de mines Turquoise Saphir Nautilus Rubis (20ème DSM)

3ème flottille de surveillance et d’escorte de la Méditerranée (3ème FSEM) :

-Aviso-dragueurs Chamois Gazelle Surprise et Rageot de La Touche (5ème DEL)

-Aviso-dragueurs La Joyeuse La Furieuse La Malicieuse et l’Enseigne Bisson (8ème DEL)

-Chalutiers armés L’Ajacienne et La Bônoise
-Chasseurs de sous-marins CH-15 CH-16 CH-51 et CH-52

-Vedettes lance-torpilles VTB 40 42 44 46 et 48 (2ème ELM)

-Vedettes lance-torpilles VTB 29 30 31 32 33 34  (5ème ELM)

3ème Groupement de Soutien de la Méditerranée (3ème GSM)

-Ravitailleur rapide La Mayenne

-Pétrolier Mékong

-Transport littoral Golo

-Navire hydrographe Pelican

-Cargo rapide Oran

-Ravitailleur d’hydravions L’Engageante et Sans Pareil

-Aviso (utilisés comme auxiliaires) Tahure et Epinal

-Remorqueur de haute-mer Rhinoceros et Belier

-Remorqueur de 1000ch Tebessa Fort Tenace

-Remorqueurs de 600ch Kairouan et Sousse

-Remorqueurs de 750ch Garance et Genièvre

-Gabares L’Antée  La Puissante La Servante et La Mordante

Escadre Légère du Nord (ELN) (QG : Dunkerque) croiseur léger antiaérien Waldeck-Rousseau

-Croiseur léger antiaérien Waldeck Rousseau

-Contre-torpilleurs Kersaint et Cassard (8ème DCT)

-Torpilleurs d’escadre Davout Soult Massena formant la Flottille des Torpilleurs du Nord (FTN)

-Torpilleurs légers Le Normand Le Parisien Le Provençal Le Saintongeais (5ème DT)

-Corvettes anti-sous-marines  L’Algeroise L’Aixoise La Quimperoise et La Cherbougeoise (8ème DEO)

-Sous-marins Fructidor Brumaire Pluviose (16ème DSM)

-Chasseurs de sous-marins CH-41 et CH-42

-Chasseurs de sous-marins CH-5 et CH-6 à Cherbourg

-1ère flottille légère du Nord (1ère ELN) avec la 1ère ELM (VTB 50 à 55) et la 2ème ELM (VTB 35 à 40)

-la canonnière L’Yser (classe Aisne) utilisée comme navire de sûreté

-Patrouilleur ASM L’Atlantique (P-33)

-le pétrolier-caboteur Blavet.

-Remorqueurs de haute mer Mamouth et Sanglier à Cherbourg

-Remorqueurs Lavande et Myosotis

-Remorqueurs côtiers Elan II Barfleur  Roule Crocus à Cherbourg

-Navire hydrographe Bengali

-Aviso-hydrographe Amiral Mouchez à Cherbourg

-Navire hydrographe Goeland à Cherbourg

-Gabares Girafe Fidèle Entrainante à Cherbourg

Division Navale du Levant (DNL) (QG : Beyrouth) navire-amiral : aviso colonial La Grandière

-Aviso La Grandière

-Chasseurs de sous-marins CH-20 et CH-21

-Pétrolier-caboteur L’Ardèche

-Gabare La Vaillante

Forces Navales en Afrique Equatoriale Française (FNAEF) QG : Diego-Suarez

Le croiseur léger Primauguet, navire-amiral des FNAEF

Le croiseur léger Primauguet, navire-amiral des FNAEF

-Croiseur léger Primauguet _navire-amiral des FNAEF_ Diego-Suarez

-Aviso colonial D’Entrecasteaux Diego-Suarez

-Corvettes anti-sous-marines La Rouennaise La Nancéenne La Lilloise et La Clermontoise (6ème DEO) Diego-Suarez

-Aviso colonial Savorgnan de Brazza Djibouti

-Canonnière La Tapageuse Djibouti

-Patrouilleur (ex-torpilleur) La Melpomène Djibouti

-Aviso-dragueurs coloniaux La Généreuse La Victorieuse L’Heureuse et  Alfred de Courcy (9ème DEL) Djibouti

-Remorqueur de 750ch Glaïeul Djibouti

-Transport du littoral (ex-aviso) Ypres (ex-Dunkerque) Diego-Suarez

-Pétrolier Ravitailleur d’Escadre La Garonne Diego-Suarez

Forces Navales en Extrême Orient (FNEO) QG : Cam-Ranh

Les navires suivants sont basés à Cam-Ranh :

Le croiseur lourd Tourville

Le croiseur lourd Tourville

-Flottille légère d’Indochine : Croiseur lourd Tourville _navire-amiral des FNEO_ hors rang associé au Croiseur léger Duguay Trouin, au porte-avions léger  Alienor d’Aquitaine et à ses escorteurs, les torpilleurs d’escadre Berthier et Tirailleur

-Flottille Légère d’Attaque et d’Escorte (FLAI): Torpilleurs légers Le Niçois Le Savoyard Le Béarnais et Le Catalan (7ème DT), Canonnières La Dedaigneuse et La Lurone et les aviso-dragueurs Chevreuil Annamite Matelot Leblanc et Amiral Sénès (6ème DEL)

-Groupement de soutien d’Indochine (GSI) : Pétrolier Niger, Pétrolier ravitailleur d’Escadre Rhône, Remorqueur de haute mer Taureau,  Remorqueur de 1000ch Le Valeureux, Remorqueurs de 750ch Jasmin Lys Pivoine, Remorqueur de 600ch Padaran, les remorqueurs de 300ch Nha Dé et Donnaï ainsi que la Gabare L’Entreprenante

Les navires suivants sont basés à Saïgon, ils forment une Flottille Côtière du Sud (FCS) mise en place officiellement courant septembre 1948 comme pendant de la FCN. La FCS dispose des navires suivants :

-Aviso colonial Amiral Charner

-Patrouilleur Branlebas

-Canonnière Marne

-Cannonières My Tho Tourane Francis Garnier et Song Do

-Chasseurs de sous-marins CH-45 et CH-46

Sont basés à Haïphong les navires suivants :

-Aviso Nancy stationnaire ne prenant plus la mer depuis juin 1947. Son désarmement à été repoussé par le début du conflit en Europe. En cas d’attaque, servirait de batterie flottante avec son canon de 138mm, son canon de 75mm, ses deux canons de 37mm et ses mitrailleuses.

-Patrouilleur La Cordelière. Cet ancien torpilleur de classe La Melpomène devient à son arrivée en Indochine navire-amiral de la Flottille Côtière du Nord (FCN) chargée de missions de souveraineté avec pour équipement six jonques armées, quatre patrouilleurs de construction locale et deux canonnières fluviales, la canonnière Bassac à Hué sur la rivière des Parfums et le Tonle Sap sur le fleuve Rouge

-Aviso Lassigny utilisé comme ravitailleur de sous-marins

-Sous-marins Germinal et Thermidor (23ème DSM)
Forces Navales Françaises du Pacifique (FNFP)

Forces de souveraineté, la FNFP déploie ses forces à Nouméa sur le Caillou et à Papeete sur l’île de Tahiti. Elle dispose en septembre 1948 des navires suivants :

Sont basés à Nouméa les navires suivants :

Aviso colonial Rigault de Genouilly, navire-amiral des FNFP

Aviso colonial Rigault de Genouilly, navire-amiral des FNFP

-Aviso colonial Rigault de Genouilly _navire-amiral des FNFP_

-Patrouilleur La Poursuivante

-Canonnière L’Audacieuse

-Chasseurs de sous-marins CH-47 et CH-48

Sont basés à Papeete les navires suivants :

-Aviso colonial D’Iberville

-Patrouilleur La Bayonnaise

-Canonnière L’Etourdi

Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA) QG Fort de France

Aviso colonial Bougainville

Aviso colonial Bougainville

-Avisos coloniaux Bougainville et Lapérouse (ce dernier est détaché en permanence à Cayenne)

-Patrouilleur Baliste

-Pétrolier Le Loing

-Remorqueur de 600ch Lamentin

-Remorqueurs de 750ch Baobab et Bruyère

18-Bases et arsenaux (1)

18°) BASES & ARSENAUX

Avant-propos

Complexe Naval de Cam-Ranh, la base française la plus moderne en 1948 mais également la plus menacée

Complexe Naval de Cam-Ranh, la base française la plus moderne en 1948 mais également la plus menacée

Le grand théoricien américain Alfred Mahan disait «une marine sans ailes _c’est à dire sans bases_ appartient au passé». De fait l’apparition de la propulsion vapeur à rendu les marines encore plus dépendantes de leur bases que du temps de la marine à voile.

La France l’à bien compris et va effectuer un effort important au cours de la décennie quarante, effort qui il est vrai ne fait que rattraper vingt années de négligence, négligence liée plus à un manque de moyens financiers qu’à une réelle de volonté de faire n’importe quoi.

Il s’agit d’augmenter le rayonnement de la marine à travers le monde, d’assurer la défense de l’Empire et de montrer le pavillon sur tous les océans du globe. Plus prosaïquement, il s’agit de permettre à n’importe quel navire de la Royale de pouvoir opérer à distance raisonnable d’une base bien équipée pour le ravitailler et le réparer.

Les bases historiques subissent des travaux plus ou moins importants en fonction de leur été à l’orée de la décennie quarante mais d’autres bases qui n’existaient pas ou peu voient le jour notamment Mers-El-Kébir en Algérie ou Cam-Ranh en Indochine.

Qui dit bases dit défense côtière. Cette dernière qui avait été également négligée durant pratiquement vingt ans sauf à de rares exceptions comme Bizerte bénéficie enfin de crédits pour moderniser les batteries mais comme le dira un officier chargé de superviser les travaux «Vu l’état duquel nous sommes partie, cela revenait presque à construire de nouvelles défenses».

Le 1er mars 1941, est créé le Comité pour l’Organisation de la Défense des Côtes (CODC), une sorte de réminiscence du CORF  ou Comité pour l’Organisation des Régions Fortifiées qui avait été à l’origine de la Ligne Maginot. Il reçoit le mandat suivant :

-Inspection des fortifications présente

-Propositions pour la modernisation et la construction de nouvelles fortifications

Ce comité se réunit la première fois le 7 mars 1941, cette première réunion mettant au jour des divergences entre plusieurs membres du comité. Globalement, trois écoles apparurent.

La première réclamait une sanctuarisation du territoire national et la réalisation de Dunkerque à la frontière italienne d’une véritable «Ligne Maginot».

Le projet absolument dément aurait réclamé tellement de béton, d’acier et de main d’œuvre qu’on à du mal à croire que ses partisans étaient sérieux en défendant cette idée. Peut être fallait-il y voir une tactique habile : réclamer beaucoup pour obtenir au final moins sans avoir l’air de perdre la face.

La deuxième école tout aussi radicale estimait inutiles les fortifications côtières ce qui n’empêchait pas ses partisans de participer au comité pour empêcher tout projet de modernisation, estimant plus utile d’investir dans d’autres secteurs notamment dans l’aéronavale et la lutte anti-sous-marine.

C’est au final la troisième école qui l’emporta, à mi-chemin entre les deux précédentes, estimant nécessaires des fortifications tactiques destinées à assurer la protection rapprochée des bases navales, de certains ports, bref d’endroits sensibles et susceptibles d’être la cible de débarquement ennemis.

Douze réunions eurent lieu de mars à juin 1941 pour envisager différentes hypothèses de travail, hypothèses qui ne pouvaient qu’être vérifiées que par une inspection sur le terrain en vue de la rédaction d’un rapport d’étape.

De juillet à novembre 1941, le CODC se scinda en plusieurs équipes d’inspecteurs pour accélérer les procédures. Si la Métropole fût la principale cible de ces inspecteurs, les défenses d’Afrique du Nord, d’Afrique Noire, du Levant, de l’Océan Indien, du Pacifique et de l’Indochine furent également inspectées.

Le rapport d’étape est ainsi rendu à l’amiral Darlan et au ministre de la marine Jules Belley le 14 mars 1942 suivit d’un rapport définitif en septembre 1942.

Ce rapport de 700 pages énumérait précisément la situation des fortifications côtières et préconisait des remèdes.

L’état général est jugé lamentable. Si les places et autres forts encore sous le contrôle de la marine pourraient être rapidement remises en état et réarmées (trois à neuf mois, un an tout au plus), les places et fortins déclassés sont tout bonnement à raser : les parties béton ou pierre sont souvent sur le point de s’écrouler et les masses de métal ont fait le bonheur des ferrailleurs.

Outre un audit global, le CODC préconise des solutions pour chaque région. Sachant que les budgets bien qu’en extension ne sont pas illimités, le CODC limite largement ses ambitions en recourant largement à la récupération de matériel déclassé notamment les pièces d’artillerie issue de navires désarmés.

Sur un plan général, tous les travaux prévus ne sont pas achevés en septembre 1948 mais la marine entre dans le second conflit mondial avec des bases modernes bien outillées et capables de ravitailler à l’abri une flotte nombreuse.

A-Station Navale de Dunkerque

Schéma approximatif de la Station navale de Dunkerque

Schéma approximatif de la Station navale de Dunkerque

Verrouiller le pas de Calais et agir en mer du Nord

Si La Manche à été le théâtre de nombreuses batailles entre la Royale et la Royal Navy, les ports de la région n’ont jamais été de grands ports militaires. Cherbourg construit pour permettre à notre flotte de disposer d’un point d’appui et d’une rade protégée n’accueillit jamais la majeure partie des unités de notre marine, Brest et surtout Toulon étant les deux principales bases de la Royale.

Il y eut bien des escadres du Nord à intervalles réguliers mais après la fin du premier conflit mondial, les navires de notre marine déployés en Manche étaient peu nombreux, le gros de notre flotte étant basé à Toulon, Brest accueillant des navires anciens ou des navires de seconde main.

Soucieux de crédibiliser le soutien aux Pays Bas et à la Belgique, la marine songe très fortement à redéployé une escadre en Manche et la future Escadre Légère du Nord (ELN) (créée officiellement en mars 1942) à besoin d’un vrai point d’appui.

Il existe bien Cherbourg mais l’Arsenal est déjà fort occupé avec les constructions et l’entretien et est jugé trop éloigné du détroit du Pas de Calais pour être efficace.

Après avoir étudié les sites du Havre, de Boulogne et de Calais, la marine décide d’implanter une station navale à Dunkerque.

Par station navale, il faut entendre que cette base est dépourvue d’installations d’entretien et si le port de Dunkerque dispose de deux formes de radoub, il est prévu que les grands carénages des unités de l’ELN se fassent à Cherbourg.

La future station navale de Dunkerque est donc une base de ravitaillement, disposant de dépôts de carburant et de munitions, d’hangars stockant pièces détachées et vivres pour ravitailler les navires qui y sont basés mais également les navires de passage.

Cette base qui va disposer de solides défenses côtières va bénéficier également de la présence de la base aéronavale de Calais-Marck, base qui abrite la 1ère flottille d’aviation navale.

Description

Le site choisit se situé à l’ouest du port de commerce de Dunkerque, la station navale étant séparé par une zone tampon de 1.5km, zone tampon qui à été absorbé après guerre par la croissance d’un port reconstruit après les lourds dommages de la guerre.

Cette absorption posant d’autant moins de problèmes qu’à l’issue du conflit, la marine abandonna l’idée d’une base autre que Cherbourg sur les côtes de la Manche, les anciennes stations de l’ELN étant reconverties en port pour les passagers de lignes transmanches.

Les premiers travaux sont lancés au printemps 1941. Ils consistent en la construction de 3500m de linéaire de quai et de deux jetés de 200m fermant un plan d’eau artificiel capable d’accueillir au mouillage un groupe occasionnel composé d’un porte-avions, d’un ou deux cuirassés et de leurs torpilleurs d’escorte.

Ces deux jetés sont séparées en leur milieu par en apparence un seul accès mais en réalité cet accès est double, un plot de séparation affleurant à la surface de lot. Il sert en temps de guerre à accrocher les filets anti-sous-marins destinés à protéger cette rade.
A terre, trois réservoirs pétroliers alimentés par un oléoduc depuis le terminal pétrolier de Dunkerque alimentent directement à quai les navires. Un dépôt de munitions souterrain est également construit et des hangars abritent  des stocks de vivres et de pièces détachés.

Des ateliers pour un entretien minimal sont également construits tout comme un poste de commandement souterrain. Des logements pour les équipages et pour les navires de passage voient également le jour.

Défense côtière

Le fort de Zuydcoote en 1914

Le fort de Zuydcoote en 1914

La défense d’une telle position est soignée. Elle l’est d’autant plus que la ville de Dunkerque est appelée à servir de point d’appui fortifié en cas d’invasion de la Belgique par l’Allemagne ou d’un déploiement avancé des troupes alliées dans le «Plat pays» et nous ne parlons même pas d’une invasion du territoire national.

En septembre 1939, la défense de Dunkerque et de ses approches directes est assurée par différents forts et positions fortifiées. Dans cette catégorie, je vais parler à la fois des batteries de Dunkerque même mais également celles de Calais et de Boulogne.

A l’est de Dunkerque, nous trouvons le fort de Bray-Dunes (14km de Dunkerque) qui dispose alors de trois canons de 164mm modèle 1887. Il est assisté par deux positions de Zuydcoote situées à 9km (sémaphore) et à 6.7km (fort) qui dispose de 2 canons de 95mm pour le premier et de quatre canons de 194mm et de trois canons de 95mm pour le second.

La défense des approches de Dunkerque est assurée par des bastions plus légèrement armés avec 4 canons de 105mm pour le bastion 29/31 et deux de 95mm pour le bastion 28. quand à la batterie couvrant la jetée ouest, elle dispose de quatre canons de 75mm modèle 1897.

On trouve également des canons de 37mm destinés à empêcher la mise à terre d’une compagnie de débarquement comme du temps des «descentes» de la marine à voile.

A l’ouest, on trouve la batterie du Mardyck qui dispose de quatre canons de 194mm modèle 1902 ainsi que l’ouvrage de Petit-Fort Philippe qui dispose de quatre canons de 95mm.

Pour les travaux de modernisation, l’effort va être porté sur Zuydcoote et Mardyck, les autres ouvrages étant peu à peu déclassés, l’armement obsolète ferraillé. Cela reste néanmoins des emplacements militaires.

En direction de la mer, les forts de Zuydcoote et du Mardyck sont donc sérieusement modernisés avec de nouvelles pièces d’artillerie, une véritable DCA et des blockhaus d’infanterie.

Le fort de Zuydcoote situé à 6.7km à l’est de Dunkerque et à seulement 1.5km de l’emprise de la station navale dispose en 1940 de quatre canons de 194mm modèle 1902 sur affûts modèle 1934 et de trois canons de 95mm modèle 1888.

Si les canons de 194mm sont maintenus jusqu’en 1948, les trois canons de 95mm modèle 1888 sont remplacés par quatre canons de 90mm modèle 1926 en deux affûts doubles utilisables aussi bien pour le tir contre la mer, contre la terre et contre avions puisque montées sur un affût circulaire permettant un angle de débattement de 360° et un débattement en site de -10° à +90°.

Huit canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 sont installés dans le fort de Zuydcote en quatre affûts doubles.

La défense terrestre de Zuydcoote devient crédible avec la construction de deux blockhaus légers d’infanterie armés par une compagnie de fusiliers marins, la 1ère Compagnie de Fusiliers-Marins, chacun de ces blockhaus disposant d’une cloche d’observation, d’une cloche mitrailleuse avec deux Darne de 7.5mm et deux affûts jumelant un canon antichar de 47mm et une mitrailleuse de 7.5mm.

Le fort de Mardyck pendant occidental de Zuydcoote disposait lui en 1940 de quatre canons de 194mm modèle 1902 et de 4 canons de 95mm modèle 1888.

Les canons de 194mm sont maintenus mais leurs emplacements sont améliorés alors que comme à Zuydcotte, les canons de 95mm ont été remplacés par quatre canons de 90mm modèle 1926 en deux affûts doubles. Une véritable DCA avec huit canons de 25mm en quatre affûts doubles à également été installée.

La défense en direction de la terre est assurée par une compagnie de fusiliers marins, la 2ème CFM  qui arme en particulier deux blockhaus légers d’infanterie dont le format et l’armement est identique à ceux installés à Zuydcoote.

Les autres défenses de la place de Dunkerque ayant été déclassées en 1930, la marine fait construire en 1946/47 deux petits forts à 2km de Dunkerque, permettant une défense totale en direction de la terre à condition que des ouvrages de campagne soient également construits pour accueillir des unités de l’armée de terre par exemple pour pouvoir défendre le port en vue d’une potentielle évacuation vers le sud ou vers l’Angleterre.

Ces deux petits forts inspirés des ouvrages de la ligne Maginot disposent chacun de deux canons de 138mm modèle 1910 _issus des Courbet désarmés ou des Bretagne reconstruits_ en affûts simples sous masque, de quatre canons de 90mm modèle 1939 en deux affûts doubles pour principalement le tir antiaérien et de trois créneaux jumelant un canon de 47mm et deux mitrailleuses de 7.5mm.

La DCA n’est pas oubliée avec quatre canons de 25mm Hotchkiss en affûts simples.  Chaque fort  est armé par une compagnie d’équipage d’ouvrage (CEO)

A la mobilisation, des travaux complémentaires doivent être réalises : tranchées, pose de mines, barbelés, ouvrage de campagnes dont l’armement doit être assuré par l’armée de terre.

Côté mer, des pièces légères de 37 ou de 47mm doivent être installés pour empêcher une compagnie de débarquement de ravager par un raid audacieux les installations de la station navale de Dunkerque.

La défense antiaérienne de la place-forte de Dunkerque est assurée par la 1ère Batterie Anti-Aérienne de Marine (1ère BAAM) qui dispose de huit canons de 90mm implantés sur des encuvements en acier et en béton mais pouvant être tractés et de douze canons de 25mm Hotchkiss en affûts doubles.

Cette défense antiaérienne peut être renforcée en temps de guerre par le déploiement d’unités relevant de la Défense Aérienne du Territoire (D.A.T) ou d’unités en campagne déployées dans la région en l’occurence celle de la 7ème Armée.

Les autres ports de la région qui pourraient relayer l’action de Dunkerque (par exemple en le désengorgeant) sont également protégés.

La défense de la place de Calais est assurée par de petites positions fortifiées comme le bastion II équipées de trois canons de 194mm et de canons de 37mm, le Fort de l’Estran qui dispose de quatre canons de 75mm, le bastion XII qui dispose de quatre canons de 120mm modèle 1878 et de quatre canons de 164mm modèle 1893 modifié 1896, du Fort Lapin équipé de quatre canons de 164mm et du poste de défense du Gris-Nez qui dispose de quatre canons de 100mm.

Ces fortifications sont modernisées entre 1940 et 1948 avec le maintien des canons de 75, de 164 et de 194mm mais la suppression des canons de 120mm et de 100mm obsolètes et aux stocks de munitions réduits. Si les canons de 120mm ne sont pas remplacés, ceux de 100mm sont remplacés par quatre canons de 90mm modèle 1939 en deux affûts doubles.

La défense en direction de la terre est prévue par la construction d’ouvrages de campagne semblables à la ligne CEZF au total quatre petits ouvrages (PO) équipés chacun d’un affût avec un canon de 47mm et une mitrailleuse, une cloche GFM (Guet et Fusil-mitrailleur) et une cloche à mitrailleuses.

La défense antiaérienne du port de Calais est assurée par……les anglais. Calais étant avec Boulogne le principal port de débarquement (puis du ravitaillement du BEF), sa protection antiaérienne est sérieuse avec deux batteries de quatre canons de 94mm et deux batteries de six canons Bofors de 40mm.

Le port de Boulogne est défendu par le Fort de Crèche qui dispose de quatre canons de 194mm et deux canons de 95mm, du Mont de Couple avec 4 canons de 138mm ainsi que de batteries de circonstance, installées durant la guerre de Pologne à savoir une batterie défendant la digue Carnot avec deux canons de 75mm, une batterie défendant le bassin Loubet avec quatre canons de même calibre et enfin une batterie implantée au Sémaphore de Cayeux avec deux canons de 95mm.

Après la fin de la guerre de Pologne, les batteries de circonstance sont démantelés. Le Fort de la Crèche est modernisé avec le maintien des canons de 194mm et le remplacement des canons de 95mm par des canons de 90mm.

Quand éclate la seconde guerre mondiale, le Fort de Crèche et le fort Mont de Couple ont reçut une DCA sous la forme chacun de quatre canons de 25mm ainsi que des mitrailleuses de 7.5mm pour la défense contre les attaques d’infanterie.

Les batteries de circonstance sont réarmés avec des canons de 75mm et des mitrailleuses. Des fortins pour la défense terrestre commencent à être construits, devant être occupés par des territoriaux qui devront mettre en œuvre les canons de 47mm et les mitrailleuses.

La défense antiaérienne du port est assurée par une batterie de la D.A.T déployée début septembre, une batterie équipée de douze canons de 40mm Bofors.

Navires stationnés au 5 septembre 1948

-Croiseur léger antiaérien Waldeck-Rousseau, navire-amiral de l’ELN

-Contre-torpilleurs Kersaint et Cassard (classe Vauquelin) formant la 8ème DCT

-Torpilleurs d’escadre Davout Soult Massena (classe Empire) formant la Flottille des Torpilleurs du Nord (FTN)

-Torpilleurs légers Le Normand Le Parisien Le Provençal Le Saintongeais (classe Le Fier) formant la 5ème DT

-Corvettes anti-sous-marines  L’Algeroise L’Aixoise La Quimperoise et La Cherbougeoise formant la 8ème DEO

-Sous-marins Fructidor Brumaire Pluviose (classe Phenix) formant la 16ème DSM

-Chasseurs de sous-marins CH-41 et CH-42

-Une flottille de vedettes lance-torpilles, la 1ère flottille légère du Nord (1ère ELN) avec la 1ère ELM (VTB 50 à 55) et la 2ème ELM (VTB 35 à 40)

-la canonnière L’Yser (classe Aisne) utilisée comme navire de sûreté

-Patrouilleur ASM L’Atlantique (P-33)

-le pétrolier-caboteur Blavet.

-Remorqueurs Lavande et Myosotis

-Navire hydrographe Bengali

17-Aviation Navale (1)

17°) L’AVIATION NAVALE

Cocarde de l'Aviation Navale

Cocarde de l’Aviation Navale

Avant-propos

Si on retient souvent le nombre de cuirassés pour mesurer l’expansion de la Royale entre 1939 et 1948 (sept navires de ligne dont seulement deux modernes en service en 1939, treize cuirassés modernes en service en septembre 1948), l’aéronavale est sûrement l’arme qui connait la plus grande expansion qu’elle soit quantitative ou qualitative.

En 1939, l’aéronavale est le parent pauvre d’une flotte où domine les surfaciers qui ne croient pas au porte-avions comme l’amiral Darlan. Elle dispose d’avions et d’hydravions souvent dépassés, les appareils modernes se faisant rares et n’étaient pas exempts de défauts.

Le porte-avions Béarn

Le porte-avions Béarn

Son unique porte-avions le Béarn est par sa lenteur bien incapable d’accompagner les rutilants croiseurs et contre-torpilleurs et un transport d’hydravions baptisé Commandant Teste ne vaut pas un véritable «pont plat».

La transformation est donc spectaculaire puisque quand éclate le second conflit mondial, l’Aviation Navale dispose de trois porte-avions d’escadre, deux porte-avions légers avec des groupes aériens modernes et bien entrainés.

A terre, des avions de patrouille maritime et des avions antinavires se chargent de surveiller les approches de nos bases et de nos ports, aidés en cela par des hydravions bien plus modernes que ceux utilisés pour la guerre de Pologne.

1-Evolution générale de l’Aviation Navale

A-Organisation

Plaque à la mémoire de Jean Lartigue apposée au ministère de la Marine lors de sa mort dans un accident d'avion en 1968

Plaque à la mémoire de Jean Lartigue apposée au ministère de la Marine lors de sa mort dans un accident d’avion en 1968

En septembre 1939, l’Aéronautique Navale est dirigée par le contre-amiral Lartigue qui porte le titre de Chef du Service Central de l’Aéronautique Navale. Il est responsable de la formation, de l’entrainement et de la préparation opérationnelle des différentes escadrilles.

Les escadrilles basées à terre qu’elles soient équipées d’avions ou d’hydravions sont placées sous l’autorité de l’amiral préfet maritime commandant la Région Maritime où l’escadrille est stationnée via un officier supérieur (généralement un capitaine de vaisseau) qui porte le titre de Commandant de l’aéronautique de la ……. région»

En septembre 1939, il existe quatre régions maritimes : la 1ère dont le préfet est installé à Cherbourg, la 2ème dont le préfet est installé à Brest, la 3ème dont le préfet est installé à Toulon et la 4ème dont le préfet est installé à Bizerte. Une 5ème région maritime sera activée à Lorient.

Les rares formations détachées outre-mer, aux Antilles, en Océanie ou en Indochine dépendent du vice-amiral ou du contre-amiral commandant les forces navales françaises, cet officier supérieur disposant d’un officier aéronautique.

Les escadrilles du Béarn et du Commandant Teste dépendent elles du commandant de l’escadre tout comme les escadrilles de l’hydraviation embarquée appelée également Aviation d’Escadre.

Il existe également des formations de support, des sections d’entrainement, de liaison, de servitude dépendant soit d’une école soit des bases aéronavales.

Le nombre de formations augmente durant la guerre de Pologne avec la mobilisation des réservistes et l’activation des bases auxiliaires pour disperser les forces afin d’augmenter leur rayon d’efficacité et pour éviter qu’un raid aérien chanceux n’ampute l’aéronavale d’une part importante de ses maigres moyens.

L’unité de base est l’escadrille qui dispose normalement de douze appareils en ligne plus un volant de fonctionnement de quatre à six appareils. Unité autonome, l’escadrille dispose de ses propres mécaniciens et reçoit à la mobilisation un détachement de protection (pièces légères de DCA et fusiliers marins)

Plusieurs escadrilles forment une flottille, ces flottilles sont soient spécialisés ou alors comme c’est le cas du Béarn et du Commandant Teste polyvalentes.

Cette dernière configuration ne tarde pas à disparaître  avec la mise à terre du groupe aérien du Béarn puis son démantèlement pour permettre la montée en puissance des flottilles du Joffre et du Painlevé. La situation est identique pour la flottille du Commandant Teste qui est mis à terre au début du conflit, le transport d’hydravions effectuant des missions de transport d’avions avant d’être transformé en navire-atelier pour l’Indochine.

Les hydravions embarqués sur les cuirassés et les croiseurs forment des groupements d’Aviation d’Escadre, groupements qui ont une base géographique et spécialisée. Ces groupements sont informels, les détachements à bord des croiseurs et des cuirassés étant pleinement intégrés à l’équipage du bâtiment.

Les sections de support dépendent soit des écoles soit des bases aéronavales, cette situation ne change pas avec la déclaration même si ces unités montent en puissance avec le rappel des réservistes et l’incorporation de jeunes recrues.

Les unités sont identifiées par un code alphanumérique à deux caractères pour les unités basées à terre et de trois caractères pour les unités embarquées. Les chiffres pairs sont réservés aux unités déployées au dessus de l’Atlantique et les chiffres impairs aux unités déployées au dessus de la Méditerranée.

Les unités dépendant des préfets maritimes disposent donc de deux chiffres et d’une lettre : le premier chiffre désigne la région maritime (1 à 4), la lettre la spécialité (S pour Surveillance C pour chasse B pour bombardement T pour torpillage……) et le deuxième chiffre le rang de l’unité.

Les sections de surveillance déployées aux Antilles et à Tahiti reçoivent le préfixe 5 puis celui de 8 en octobre 1939 quand ces deux sections deviennent des escadrilles et que deux nouvelles formations sont créés à Dakar et à Tripoli.

Les flottilles sont désignées par un code alphanumérique de trois caractère : le F de flottille, un chiffre désignant le rang et une lettre de spécialité (A pour aviation embarquée, H pour hydraviation embarquée………..)

En février 1940, l’Aéronautique Navale réduit la voilure suite à la fin deux mois plus tôt de la Guerre de Pologne. Des unités sont dissoutes ou mises en sommeil, les réservistes démobilisés et un grand nombre de bases auxiliaires sont désaffectés ou rendu à leur usage civil antérieur.

Il faut cependant attendre septembre 1940 pour voir la mise en œuvre d’une véritable réorganisation de l’Aéronautique Navale.

Le 15 septembre 1940, le contre-amiral Lartigue est promu au grade d’amiral. Il cesse d’être commandant de l’Aéronautique Navale pour devenir commandant de l’Aviation Navale. Il dépend directement du Grand Amiral de la Flotte, François Darlan.

Son état-major installé à Paris à  autorité sur des commandements régionaux dirigés par des contre-amiraux. Ces commandements régionaux sont chargés de la préparation opérationnelle des unités et de leur soutien logistique. Ils sont au nombre de…… :

-Commandement Nord de l’Aviation Navale (CNAN) (QG Cherbourg Chantereyne) : ce commandement est chargé d’appuyer la marine en Manche et en mer du Nord. Son rôle va clairement s’accroitre avec la création prévue d’une escadre de la Manche et de la Mer du Nord (future ELN).

-Commandement Atlantique de l’Aviation Navale (CAAN) (QG Lanvéoc-Poulmic) : ce commandement est chargé d’appuyer la flotte de l’Atlantique et devrait avoir fort à faire si la marine allemande se lance comme durant le premier conflit mondial dans la guerre sous-marine à outrance.

-Commandement Nord-Méditerranée de l’Aviation Navale (CNMAN) (QG Hyères-Le Palyvestre) : ce commandement doit appuyer les unités de la 2ème Escadre de la Flotte de la Méditerranée basées à Toulon.

-Commandement Sud-Méditerranée de l’Aviation Navale (CSMAN) (QG Karouba) : ce commandement est chargé d’appuyer les unités de la 6ème Escadre Légère basée à Bizerte et celles de la 4ème Escadre basée dans la nouvelle base de Mers-El-Kébir.

-Commandement du Levant de l’Aviation Navale (CLAN)  (QG Tripoli du Liban) : ce commandement assure l’appui de la Division Navale du Levant (DNL) chargée de la défense des mandats syriens et libanais.

-Commandement Antilles-Guyane de l’Aviation Navale (CANGAN) : ce commandement assure l’appui des Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA) encore modestes à l’époque mais qui comme les autres forces de souveraineté ne vont pas tarder à prendre du muscle.

-Commandement AEF de l’Aviation Navale (CAEFAN) : ce commandement de taille fort réduite assure le soutien des forces navales françaises déployées dans l’Océan Indien depuis Djibouti et Diego-Suarez.

-Commandement Pacifique de l’Aviation Navale (CPAN) : ce commandement est l’un des plus grands géographiquement parlant puisque concernant aussi bien la Nouvelle Calédonie que la Polynésie.

-Commandement Indochine de l’Aviation Navale (CIAN) : comme son nom l’indique, ce commandement assure l’appui aérien des Forces Navales  en Extrême Orient (FNEO).

Pour leur emploi, ils sont mis à la disposition des différentes escadres et/ou flottes, l’amiral de la flotte, le vice-amiral ou le contre-amiral disposant d’un adjoint commandant les unités déployés dans sa zone de responsabilité.

Après plusieurs hésitations, on décide de regrouper les escadrilles en flottilles «régionales», une flottille étant (théoriquement) rattachée à une base. Ces flottilles portent des numéros impairs pour la Flotte de l’Atlantique et des numéros pairs pour la Flotte de la Méditerranée

En octobre 1940, la désignation des escadrilles est également changé pour simplifier la désignation et donner plus de libéralité.

Désormais les escadrilles sont désignés par un chiffre ou un nombre avec une lettre de spécialité : E pour exploration, C pour chasse, B pour bombardement, T pour torpillage, R pour reconnaissance…… .