Dominions (40) Afrique du Sud (5)

LA ROYAL SOUTH AFRICAN NAVY

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Drapeau de la RSAN

Histoire

Le 15 novembre 1921 voit le jour le South African Naval Service, un corps naval destiné à l’Afrique du Sud pour des missions que nous qualifierons aujourd’hui de paramilitaires. Ce n’est pas la première fois que l’Afrique du Sud voit la création d’une «marine».

En effet en 1885 à été créé le Natal Naval Volunteers suivit vingt ans plus tard du Cape Naval Volunteers. Ces deux entités fusionnent le 1er juillet 1913 pour donner naissance à la South African Division of the Royal Naval Volunteer Reserve [RNVR (SA)].

Durant le premier conflit, 412 sud-africains participent au premier conflit mondial, 164 au sein de la Royal Navy et 248 sur la base navale de Simonstown, une base stratégique pour les alliés.

Trois navires servent au sein du SANS, un navire hydrographique le HMSAS Protea et deux chalutiers dragueurs de mines (trawler minesweeper), les HMSAS Sonneblom et Immortelle. Ces navires sont rendus en 1933/34 en raison de coupes budgétaires drastiques imposées par les conséquences de la Grande Dépression.

En septembre 1939, le SANS est virtuellement inexistant avec six hommes et bien entendu aucun navire. Le déclenchement de la guerre de Pologne entraîne un projet de revitalisation du SANS mais ce projet ne voit pas le jour avant la fin du conflit à la mi-décembre 1939.

Une commission dirigée par le contre-amiral Guy Hallifax, un officier de la Royal Navy retraité et installé en Afrique du Sud propose que le SANS deviennent une véritable marine capable de défendre le pays avec ou sans le concours de la Royal Navy.

La South African Naval Commission (SANC) travaille de novembre 1939 à mars 1940. Elle publie ses recommandations en septembre 1940 qui prévoit un projet ambitieux avec un croiseur léger, quatre destroyers, six corvettes, des vedettes lance-torpilles, un pétrolier, un cargo et des hydravions de patrouille maritime.

Ce projet est ambitieux, trop même pour l’Afrique du Sud. Le rapport fait même scandale car il suggère de ne pas réserver les rangs d’une marine sud-africaine aux blancs. Ce rapport est donc enterré et le contre-amiral Hallifax écarté de toute fonction. Menacé par des afrikaners extrémistes, il finira par quitter le pays pour l’Australie.

L’échec cuisant du rapport Hallifax ne dissuade pas le gouvernement de Pretoria de revitaliser le famélique SANS qui en 1941 aligne une soixantaine d’officiers, d’officiers mariniers et de matelots qui sont détachés au sein de la Royal Navy pour des tâches administratives, de recherche et de prospection.

Les effectifs augmentent peu à peu passant à 180 hommes en 1942 et 640 hommes en 1943 mais toujours sans aucun navire. Outre des tâches de bureau, les hommes du South African Naval Service assurent des tâches logistiques à la base navale de Simonstown et arment des pièces de défense côtière pour protéger le littoral sud-africain.

En mars 1944, un rapport précise que les côtes sud-africaines sont défendues par six batteries, deux défendant Simonstown avec chacune deux canons de 120mm, deux défendant Durban avec chacune deux canons de 152mm et deux Port Elizabeth avec deux canons de 120mm chacune.

La Royal South African Navy (RSAN) est officiellement créée le 17 juin 1945 au cours d’une cérémonie organisée à Simonstown. Outre le personnel du SANS, s’ajoute des réservistes de la division sud-africaine du RNVR mais aussi des sud-africains qui servaient au sein de la RN et qui ont obtenu l’autorisation de rejoindre une nouvelle marine.

Tout reste cependant à faire, personne ne le nie. Il faut entraîner du personnel pour armer des navires modernes. Quatre chalutiers-dragueurs sont acquis auprès d’armateurs privés. Ces navires sont baptisés Trawler n°1 à n°4. Il s’agissait de navires de 150 tonnes, pouvant naviguer à 10 nœuds avec pour armement un canon de 102mm, deux canons de 20mm, deux mitrailleuses de 7.7mm, des charges de profondeur et un équipement de dragage de mines mécanique.

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Un sloop classe Grimsby

Parallèlement des installations terrestres sont aménagées à Simonstown, des installations distinctes de celles de la Royal Navy qui déployait avant guerre deux sloops (HMS Londonderry et HMS Auckland de classe Grimsby et Egret respectivement), deux vedettes anti-sous-marines et deux canonnières.

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HMS Wakeful

Le 4 septembre 1947, deux vieux destroyers de la Royal Navy sont transférées à la marine sud-africaine, les HMS Wakeful et Wryneck. Ces deux destroyers appartenaient au type V&W mis en service à la fin du premier conflit mondial.

Ces navires devenus les HMSAS Wakeful et Wryneck doivent initialement servir pour l’entrainement des marins destinés à servir sur des navires plus modernes. Ces deux destroyers qui venaient de Devonport (18th Destroyer Flottilla) subissent une remise en état complète avant leur transfert à leurs nouveaux propriétaires.

Outre une remise en état complète, les deux destroyers voient leur armement modifié avec deux canons de 120mm, un canon antiaérien de 3 pouces (76.2mm), quatre canons de 20mm Oerlikon, une plate-forme triple lance-torpilles de 533mm et des charges de profondeur.

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HMS Brecon (L-76)

En septembre 1948, trois jours avant le début du second conflit mondial, l’Afrique du Sud passe commande de quatre destroyers légers type Hunt IV. Un tel délai (un an) s’explique par les hésitations sur les navires à commander.

A ces quatre navires commandés le 2 septembre 1948 vont s’ajouter à l’automne 1948 la commande de deux destroyers type S, de seize vedettes lance-torpilles, d’un pétrolier, d’un ravitailleur et d’hydravions Consolidated PBY Catalina.

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Consolidated Catalina britannique approchant de l’île de Malte

Finalement les quatre destroyers type Hunt IV sont quatre unités initialement commandées par la Royal Navy et que cette dernière va rétrocéder à la marine sud-africaine. Ces navires vont être mis en service fin 1949/début 1950 pour relever les deux destroyers type V&W usés par des patrouilles intensives.

A noter que dès le début du conflit, Londres soucieux de s’attirer les bonnes grâces de Pretoria avait placé sous les ordres de la RSAN les moyens britanniques déployés à Simonstown.

Ces navires vont mener des patrouilles de sécurité pour couvrir le passage entre l’Océan Atlantique et l’Océan Indien.

D’autres moyens vont être déployés depuis Simonstown notamment des sous-marins et de plus grosses unités qui trouvaient là un point d’appui pour se ravitailler sans compter des escales de repos pour l’équipage.

Les quatre destroyers légers type Hunt IV sont baptisés du nom de batailles de l’histoire sud-africaine, deux de la deuxième guerre anglo-boer et deux des guerres zoulous.

Le HMSAS Magersfontein est mis en service en octobre 1949 arrivant avec un convoi venu de Liverpool via Brest, Gibraltar, Casablanca, Dakar, Freetown et Pointe-Noire en compagnie Stormberg mis en service en même temps que le premier.

A ces deux navires portant des noms de bataille de la deuxième guerre anglo-boer s’ajoutent les HMSAS Kambula et Ulundi, deux victoires britanniques lors de la guerre anglo-zoulou. Ces navires sont mis en service en février 1950, arrivant eux aussi en escorte d’un convoi venu de Liverpool.

L’arrivée de ces quatre destroyers légers permet le retrait du service actif des vieux destroyers transférés par la Royal Navy en septembre 1947. Ces deux navires sont ramenés à Simonstown où privés de leur armement sont transformés en ponton-caserne (Wryneck) et ponton-atelier (Wakeful).

Les quatre destroyers type Hunt IV sont renforcés par l’acquisition de deux destroyers type S. A la différence des canadiens qui récupèrent des destroyers commandés par la Navy, les deux type S destinés aux Antipodes sont construits spécifiquement pour la marine sud-africaine.

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HMS Swift (G-46)

Baptisés Transvaal et Natal, ces deux navires sont mis en service en juin 1950. Ils vont opérer en compagnie des Hunt IV pour des couvertures de convois en renfort des escortes des convois proprement dits même si parfois certains navires sud-africains se rendaient jusqu’en Inde ou jusqu’à Freetown.

Seize vedettes lance-torpilles sont également commandées. Initialement elles devaient être construites en Grande-Bretagne mais devant la surcharge des chantiers prévus, l’Afrique du Sud s’est lancée dans une construction indigène.

La firme britannique Thornycroft à vendu une licence de fabrication pour un modèle de vedette inspiré de la série Fairmile mais plus robuste. Un petit chantier naval est installé près de Durban en mars 1949. Les seize vedettes sont construites à l’automne 1949 et au printemps 1950.

Déplaçant 95 tonnes et pouvant filet à 40 nœuds, elles étaient armées d’un canon de 40mm Bofors, de deux canons de 20mm Oerlikon et de quatre torpilles de 533mm. Elles ne portent pas de nom mais deux lettres SV signifiant Ster Vinnig pour «vedette rapide» en afrikaan suivit d’un numéro (1 à 16).

Le pétrolier destiné à ravitailler ces navires est un pétrolier d’une compagnie marchande sud-africaine.

Le Louis Botha à été mis sur cale à Belfast en septembre 1947 lancé en août 1948 et mis en service en novembre 1948. La RFA tente de le récupérer mais son armateur parvient à le faire racheter par la RSAN qui en échange cède son pétrolier sur cale à la Royal Fleet Auxiliary.

Il arrive en Afrique du Sud en janvier 1949 et va servir de ravitailleur au profit des navires de combat de la marine sud-africaine.

Le ravitailleur est lui construit dès l’origine pour la RSAN. Baptisé Drakensberg, il est mis sur cale en janvier 1949 lancé en septembre de la même année et mis en service en mai 1950. Il rallie l’Afrique du sud au début du mois de juillet.

En ce qui concerne l’aéronavale, seize Consolidated PBY-6 Catalina sont commandés en novembre 1948. Les appareils sont livrés entre mars et septembre 1949, formant deux unités, l’une stationnée au Cap pour couvrir l’Atlantique (squadron 11) et une seconde pour couvrir l’Océan Indien depuis Durban (squadron 13).

Ces hydravions sont rejoints au printemps 1949 par vingt-quatre Bristol Beaufort, des bombardiers-torpilleurs bimoteurs qui forment deux nouvelles unités, les squadrons 12 et 14 opérant essentiellement dans l’Océan Indien.

Après avoir couvert des convois allant venant par le cap de Bonne Espérance, la marine sud-africaine adopte une posture plus agressive au printemps 1950 en vue de l’opération GIDEON, la grande offensive alliée contre l’Africa Orientale Italiana (AOI) qui regroupe les territoires qui correspondent actuellement à l’Erythrée, l’Ethiopie et une partie de la Somalie.

Les vedettes lance-torpilles sont transportées dans le plus grand secret à Mombassa au Kenya pour opérer contre la Somalie italienne et notamment le port de Mogadiscio.

Le destroyer Transvaal et les destroyers légers Magersfontein et Ulundi rallient également la colonie britannique pour de futures opérations en compagnie de navires britanniques, français et mêmes belges.

Des Consolidated Catalina sont déployés à Diego-Suarez sur l’île de Madagascar tandis que des Bristol Beaufort sont déployés au Kenya.

Les unités de surface vont assurer le blocus des côtes de la Somalie italienne, coulant plusieurs navires marchands et de petites unités de surface. Sous la couverture de la chasse alliée (dont des unités sud-africaine), la petite escadre va également bombarder des cibles à terre.

La campagne terminée fin 1950, la marine sud-africaine va opérer dans des missions de traque contre les croiseurs auxiliaires allemands dans l’Océan Indien.

Elle va déployer l’essentiel de ses moyens depuis Aden sous l’autorité de la British Eastern Fleet qui ne put empêcher le déferlement japonais sur la Malaisie et Singapour pour ne citer que les colonies d’Insulinde.

Si plusieurs alertes sont envoyées, aucun croiseur auxiliaire allemand ne sera coulé par la marine sud-africaine qui va participer à l’été 1952 à l’opération VAMPYR, la reconquête de la Birmanie.

Les deux destroyers type S et les quatre destroyers type Hunt IV sont engagés en compagnie de huit vedettes lance-torpilles , ne laissant comme unités de combat en Afrique que les deux sloops, deux canonnières, deux vedettes anti-sous-marine et quatre vedettes lance-torpilles (quatre perdues lors de GIDEON).

La RSAN connait ses premières pertes. Le HMSAS Transvaal est coulé au large de Rangoon le 7 août 1952. Alors qu’il couvrait un raid mené par le 2nd South African, Royal Marines Bataillon, le navire est surpris par des bombardiers japonais. En dépit d’une DCA furieuse et de l’intervention de chasseurs britanniques, le destroyer est frappé par trois bombes. Cassé en trois, il coule si rapidement qu’une poignée de survivants seulement est récupérée.

Il est suivit une semaine plus tard par le HMSAS Ulundi qui est lui victime d’un sous-marin japonais qui place une torpille qui lui arrache la proue jusqu’au niveau de la pièce avant de 102mm. Alors que le navire allait être pris en remorque, une gigantesque explosion casse le navire en deux qui sombre rapidement ne laissant que fort peu de survivants.

Pour remplacer ces navires perdus, la marine britannique va céder à la marine sud-africaine,deux destroyers type W en achèvement en Grande-Bretagne en l’occurrence les Wessex et Whelp rebaptisés Transvaal et Rhodesia.

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Un destroyer type W

Ces navires arrivent à Aden en décembre 1952 où ils sont pris en charge par les marins sud-africains qui se retrouvent avec trois destroyers d’escadre (Natal, Transvaal ex-Wessex, Rhodesia ex-Whelp) et trois destroyers type Hunt IV (Magersfontein, Stormberg Kambula).

Cette petite escadre retourne en Afrique du Sud au printemps 1953 officiellement pour sécuriser les lignes de communication alliées en réalité pour calmer le mécontentement des afrikaners extrémistes qui ne supportaient pas de voir leurs navires combattre sous commandement britannique.

Jusqu’à la fin du conflit en Europe (avril 1954), la marine sud-africaine va escorter des convois et traquer les forceurs de blocus. Elle participe ensuite non pas aux opérations dans le Pacifique mais à l’opération GIDEON II, la mise en place d’une administration de transition dans l’ancienne AOI.

Le Transvaal accompagné du Magersfontein va escorter des transports déployant une brigade sud-africaine. Cette brigade la 1st Mobile Brigade va opérer en Somalie italienne et ce jusqu’en 1960 quand la Somalie italienne et le Somaliland sont réunis pour former la République de Somalie.

Sur les seize vedettes lance-torpilles construites à Durban, quatre sont perdues lors de l’opération GIDEON et quatre autres lors de l’opération VAMPYR réduisant la flotte à huit unités. Le nombre remonte à seize puis est porté à vingt-quatre par des constructions complémentaires.

Sur ces vingt-quatre vedettes seulement seize sont lance-torpilles, quatre en canonnière et quatre vedettes de transport et de combat.

Ces vedettes vont opérer d’abord dans le Golfe d’Aden contre les italiens puis dans le Golfe du Bengale contre les japonais.

Si le Louis Botha survit au conflit, le Drakensberg est torpillé par un U-Boot lors d’un transit entre Aden et Rangoon fin mars 1952.

A la fin du conflit en septembre 1954, la Royal South African Navy dispose de trois destroyers, trois destroyers légers, douze vedettes, deux sloops et un pétrolier.

Durant le conflit deux bataillons d’infanterie de marine sont mis sur pied, les 1st et 2nd South African Royal Marines Bataillon.

Organisés en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, une compagnie d’armes lourdes et trois compagnies d’infanterie, ces deux bataillons vont opérer sur des fronts très éloignés.

Le 1er bataillon rallie l’Egypte dès septembre 1949 pour mener des raids contre le Dodécanèse et ainsi garder les italiens sous pression en attendant une opération d’ampleur. Elle opère comme une unité commando, frappant vite et fort.

Le Dodécanèse occupé par les alliés (et officiellement cédé à la Grèce), le bataillon rallie la Crète puis le Péloponnèse en menant toujours des raids commandos mais aussi des missions d’aide à la résistance (entrainement, encadrement et conseils) en Grèce occupée. L’unité participe également à des raids en Italie.

Le conflit terminé en Europe, le bataillon rentre en Afrique du Sud où il est dissous en mars 1955 tout comme le 2ème bataillon. Ce 2ème bataillon opère lui en Afrique orientale italienne lors de l’opération GIDEON puis en Asie du Sud-Est notamment en Birmanie lors de l’opération VAMPYR.

L’unité contrairement au reste de le marine sud-africaine reste déployée dans la région, effectuant des opérations coup de poing en Malaisie et même à Singapour, sabotant des navires japonais, détruisant des pièces d’artillerie de défense côtière.

Ils participent à l’opération OVERLORD (offensive en direction de la Thaïlande et de la Cochinchine mars-octobre 1953) puis à l’opération ZIPPER (libération de la Malaisie, de Singapour et des Indes Néerlandaises (novembre 1953-août 1954). Le bataillon rentre en Afrique du Sud puis est dissous en mars 1955. Il faudra attendre 1970 pour que des unités de Marines soient recréées.

Des plans ambitieux de croissance de la marine sud-africaine sont envisagés mais n’aboutiront pas faute de moyens financiers mais aussi également humains, la RSAN refusant de casser la «barrière des races» en offrant à des noirs et des métis compétents des postes à responsabilité au sein de la marine. Jusqu’à la fin de l’apartheid, la marine restera une arme quasi-exclusivement blanche à la différence d’autres armées plus ouvertes (même si tout est relatif).

Les trois destroyers d’escadre vont rester en service jusqu’à la fin des années soixante après avoir été modernisés à plusieurs reprises avec de nouveaux radars, un nouveau sonar, une DCA plus moderne, un armement plus orienté ASM que ASF.

Ils vont être remplacés par des frégates de conception et de fabrication britannique, quatre unités de classe President (President Kruger, President Steyn,President Pretorius, President Smuts) qui vont également remplacer les trois destroyers type Hunt IV désarmés en 1959 (Mogersfontein), en 1961 (Stormberg) et 1963 (Kambula).

Les vedettes qu’elles soient lance-torpilles ou non seront remplacés par seize vedettes lance-torpilles de conception et de fabrication nationale, des vedettes de 150 tonnes filant à 35 nœuds avec pour armement deux canons de 40mm Bofors, deux canons de 20mm Oerlikon, deux mitrailleuses de 12.7mm et quatre tubes lance-torpilles de 533mm.

A la fin des années soixante, une partie de ces vedettes sont modernisées et transformées en vedettes lance-missiles avec une tourelle simple de 57mm à l’avant, quatre missiles surface-surface et une tourelle double de 35mm.

Le Louis Botha est remplacé par un pétrolier de conception et de fabrication américaine, un pétrolier baptisé Pretoria mis en service en 1970 tandis qu’un transport/ravitailleur rapide baptisé Drakensberg est mis en service en 1965.

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Martin PBM Mariner

En ce qui concerne l’aéronavale, les Consolidated Catalina sont remplacés en 1962 par des Martin PBM-6 Mariner ayant appartenus à l’aéronavale américaine tandis que les Bristol Beaumont sont remplacés par des Lockheed Neptune.

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Grande Bretagne (70) Bases navales (2)

Les autres bases de la Royal Navy

Simonstown

Implantée à False Bay sur la face orientale de la péninsule du Cap, la ville de Simonstown et sa base navale jouent un rôle non négligeable pour la marine britannique, lui permettant de contrôler le Cap de Bonne Espérance. Son rôle à été réduit par l’ouverture du canal de Suez en 1869 mais il n’est pas nul pour autant.

Entre 1940 et 1948, des travaux sont menés pour augmenter les capacités d’accueil des navires, les capacités d’entretien et de ravitaillement.

Les navires stationnés à demeure sont peu importants puisqu’on ne trouve que deux sloops, le HMS Londonderry de classe Grimsby et le HMS Auckland de classe Egret ainsi que deux vedettes ASM et deux cannonières.

Quand le conflit éclate, Simonstown va devenir une escale importante pour certains convois de fret et de troupes mais également la base de la nouvelle Royal South African Navy (RSAN) qui voit le jour en 1945.

Longtemps sans véritables navires, elle se contente de détacher du personnel sur des navires de la Royal Navy ou de la RFA, d’armer des pièces de défense côtière, d’effectuer des taches administratives.

En septembre 1947, elle reçoit deux destroyers type V&W (les HMS Wakeful et Wryneck) pour former des équipages pour des navires de combat avant de mettre en oeuvre quatre Hunt IV commandés seulement en septembre 1948.

C’est donc à bord de navires de la RN que la marine sud-africaine va participer aux premières opérations du second conflit mondial.

Si elle renonce à armer un porte-avions léger type Colossus en l’occurence le Triumph, elle décide de commander quatre Hunt IV supplémentaires et deux destroyers type R pour former une petite mais efficace marine, efficacité augmentée par l’acquisition d’un pétrolier, d’un ravitailleur, de vedettes lance-torpilles et d’hydravions Consolidated Catalina.

Freetown

L’actuelle capitale de la Sierra Leone et son port en eau profonde à été fondée en 1792 par des esclaves affranchis par les abolitionnistes britanniques.

C’est la principale base navale britannique en Afrique noire et c’est de la que partent la majorité des convois venant d’Afrique et ralliant Liverpool.

Le rôle de Freetown augmente avec le déploiement d’un porte-avions léger, le HMS Colossus, véritable navire-amiral de la West African Station qui dispose de moyens importants pour protéger les convois et traquer les raiders allemands.

Comme dans nombre de ports coloniaux, point de base mais l’utilisation du port de commerce avec tout de même des dépôts mais pas de forme de radoub, les grands travaux devant être réalisées chez les froggies à Dakar ou sur le rocher à Gibraltar.

Ce n’est qu’après le début du conflit qu’un dock-flottant commandé aux Etats-Unis sera installé pour permettre de menus travaux.

En septembre 1948, les navires suivants sont stationnés à Freetown :

-Porte-avions léger HMS Colossus

-8th Cruiser Squadron (8th CS) avec les croiseurs lourds type County HMS Shropshire et Berwick ainsi que le croiseur lourd HMS York

-5th Destroyer Flottilla 2nd Division avec les destroyers type K HMS Khartoum Kelvin Kipling Kimberley

-11th Patrol Flottilla : chalutiers armés HMS Bern, Biggal, Blackbird, Bressay, Brora, Bruray Bryher et Burra

-Deux vedettes anti-sous-marines et deux dragueurs de mines légers

-Pétroliers RFA Belgol (classe Belgol) et RFA War Bharata (classe War)

-Le navire-atelier HMS Resource et la 3rd Submarine Flottilla accompagné du ravitailleur de sous-marins HMS Andaman rejoignent le site après le déclenchement du conflit.

Bermudes

Découvert en 1515 par le navigateur espagnol Bermudez (qui lui donna son nom),l’Archipel des Bermudes qui appartient encore aujourd’hui à la Grande-Bretagne (avec néanmoins une grande autonomie) à rapidement attiré l’oeil de Londres qui voyait là une zone stratégique pour le contrôle de l’Atlantique.

La première implantation britannique date de 1609 mais il faut attendre 1684 pour que cette colonisation soit officialisée.

Il faut cependant attendre 1795 pour que soit créé le Royal Navy Dockyard Bermuda destiné à remplacer les bases d’Amérique perdues suite à l’indépendance des treize colonies. En 1818, il devient le siège du commandement de la North American & West Indies Station en remplacement d’Halifax.

Cette base associée à une base de la FAA était toujours active en septembre 1948 pour pouvoir participer à la protection de la navigation commerciale dans l’Atlantique.

Les installations d’entretien sont améliorées. Le terrain ne se prêtant pas à la construction de formes en dur, les travaux sont menés depuis trois dock flottants, un de 250m, un de 170m et un troisième de 120m.

Sont augmentées la capacité des dépôts tandis que les défenses côtières sont régénérées pour éviter un coup de main ennemi.

Plus qu’une occupation en bonne et due forme, on craint un raid comparable aux descentes du temps de la marine à voile. Voilà pourquoi la garnison déployée par la British Army est également renforcée en qualité et en quantité.

En septembre 1948, les navires suivants sont stationnés aux Bermudes :

-8th Escort Flottilla avec quatre frégates classe River (quatre en construction) avec les HMS Annan Avon Awe et Braid en attendant si les projets sont suivis les HMS Cam Deveron Dovey et Fal

-Sloop HMS Wellington classe Grimsby

-10th Patrol Flottilla : chalutiers armés Ailsa Craig, Annet, Anticosti, Arran, Baffin, Balta, Bardsey, Benbecula,

-Deux vedettes anti-sous-marines, Deux canonnières, deux dragueurs de mines légers

-Pétroliers RFA Abeydale et Broomdale (classe Dale)

-Citerne à eau RFA Freshet

Gibraltar

En 711, un chef berbère converti à l’islam prénommé Tarik franchit les Colonnes d’Hercules prend pied en Europe marquant le début de sept-cent quatre-vingt une années de domination arabe sur la péninsule ibérique, les différents régimes occupant jusqu’à 2/3 des territoires actuels de l’Espagne et du Portugal.

L’endroit où le conquérant berbère débarqua fût alors connu sous le nom de Djebel-Tarik (“le rocher de Tarik”) qui de déformation en déformation devint Gibraltar.

Sous contrôle castillan de 1309 à 1333, il redevient espagnol en 1492, cette zone stratégique est conquise par les britanniques durant la guerre de succession d’Espagne en 1704. La propriété mais non la souveraineté est reconnue par le traité d’Utrecht en 1714. L’Espagne tente de récupérer le Rocher entre 1779 et 1781 mais échoue.

Zone stratégique, Gibraltar est un point d’appui capital pour la Royal Navy aussi bien pour la longue traversée en direction des Indes que pour ses opérations en Méditerranée.

Sa position stratégique est encore renforcée avec l’ouverture du canal de Suez en 1869 qui permet à la Grande-Bretagne de contrôler les accès est et ouest de la Mare Nostrum.

La base est implantée à l’ouest du rocher, cette base étant baptisée HMS Rooke du nom du général ayant conquis le rocher alors que la base aéronavale qui sert également de base pour la RAF est baptisé HMS Cormoran.

Déjà bien outillée en 1939, elle subit que peu de travaux jusqu’en septembre 1948 (l’autre raison c’est le site très contraint). Tout juste améliore-t-on la capacité des dépôts, les moyens de levage et les équipements d’entretien.

En septembre 1948, les navires déployés à Gibraltar dépendent du Gibraltar Command, un commandement autonome dépendant directement du commandement de la marine britannique.

Ce commandement à pour mission principale la couverture des convois Le Cap-Freetown-Liverpool ainsi que la sécurisation de l’accès à la Méditerranée en liaison avec la marine française qui dispose de forces non négligeables dans son protectorat marocain.

Si aucune unité majeure (cuirassé, croiseur,porte-avions) n’est stationnée à Gibraltar, les forces du Gibraltar Command ne sont pas négligeables :

-9th Destroyer Flottilla : huit destroyers type L, les HMS Laforey Lightning Lookout Loyal à canon de 120mm, les HMS Lance Larne Lively Legion à canon de 102mm

-13th Destroyer Flottilla : six destroyers légers type Hunt I, les HMS Fernie Garth Hambledon Holderness Cotswold et Cottesmore

-6th Escort Flottilla avec six frégates de classe River, les HMS Tay Test Teviot Trent Tweed Waveney en attendant les Wear et Aire.

-5th Minesweeping Flottilla avec des dragueurs de mines de classe Bangor, les HMS Brixham Clacton Cromarty Dormoch Dunbar Greenock Hartlepool et Harwich

-9th Minesweeping Flottilla équipée de chalutiers-dragueurs de mines classe Isle, les HMS Bute Cailiff Caldy Campobello Copinsay Crowlin Cumbrae et Damsay

-Deux canonnières, deux patrouilleurs anti-sous-marins, une vedette de sauvetage et 4 HDML

-Pétroliers RFA Oligarch (classe Ol) RFA Darkdale (classe Dale) et RFA Brown Ranger (classe Ranger)