Allemagne (74) Armée de l’Air (7)

Junkers Ju-87

Junkers Ju-87B en formation au dessus de la Pologne

Junkers Ju-87B en formation au dessus de la Pologne

Si le bombardement horizontal est adapté au traitement des cibles larges et étendues, il l’est beaucoup moins pour des cibles de taille réduite comme les batteries d’artillerie ou les navires de guerre.

Voilà pourquoi les premières expérimentations de bombardement en piqué furent menés par les pays développant une aéronavale, les Etats-Unis et le Japon faisant figure de pionniers.

L’Allemagne qui avait développé une aviation d’assaut à la fin du premier conflit mondial comprend l’intérêt du bombardement en piqué pour l’appui-rapproché des troupes au sol.

Après le Sofort-programme (programme d’urgence) qui avait donné naissance au Hs123, un nouveau programme est lancé en janvier 1935.

Ce Sturzbomber-Programm est censé être une compétition ouverte entre Junkers, Arado, Heinkel et la Hamburger Flugzeugbau mais en réalité, les demandes ont été littéralement calquées sur le projet de Junkers.

Heinkel He-118

Heinkel He-118

Le futur Junkers Ju-87 s’oppose à l’Arado Ar81 _seul biplan de la compétition_ , au Heinkel He118 _un monoplan conventionnel_ et le Blohm & Voss (Hamburger Flugzeugbau) Ha137 qui reprenait la même configuration en aile en W que le futur Stuka.

Le Junkers Ju-87 effectue son premier vol le 17 septembre 1935 mais est perdu le 21 janvier 1936 entrainant la mort du pilote et de son observateur. C’est le second prototype qui effectue son premier vol en mars 1936 qui prend le relais et qui affronte en finale le Heinkel He118 et l’emporte.

Après un troisième prototype qui décolle en novembre 1936, la production en série est lancée avec d’abord dix appareils de pré-production suivis des appareils de série qui entrèrent en service en 1937.

Comme le Hs123, le Ju-87 est testé lors de la guerre d’Espagne, une poignée d’appareils y étant envoyés pour être évalués et pour affiner les tactiques de mise en œuvre.

La carrière du Ju-87A est courte, ses performances étant fort modestes en raison d’un aérodynamisme douteux. Il est rapidement remplacé par le Ju-87B aisément identifiable par un train d’atterrissage fixe redessiné pour améliorer l’aérodynamisme.

En septembre 1939, quatre escadres de bombardement en piqué équipées de Junkers Ju-87A et B sont en service au sein de la Luftwafe avec 366 exemplaires en service. 31 exemplaires sont perdus durant le conflit.

Junkers Ju-87 "Caësar" les ailes repliées

Junkers Ju-87 « Caësar » les ailes repliées

Au printemps 1940, les derniers Ju-87A sont remplacés par les premiers “Dora”, le Ju-87D (le -C désignant la variante embarquée du Stuka), une version améliorée avec un armement défensif renforcé (quatre mitrailleuses dans les ailes et deux mitrailleuses dans le poste arrière), une meilleure protection de l’équipage.

Chaine de montage du Junkers Ju-87 "Dora"

Chaine de montage du Junkers Ju-87 « Dora »

En septembre 1948, deux escadres sont équipées de Ju-87D, une de Ju-87B et la quatrième de Ju-87R, une version à long rayon d’action.

Les Ju-87A et B retirés du service furent revendus à la Hongrie et au Japon (ce dernier pays pour l’évaluation), l’Italie commandant également des Ju-87B.

La production du Junkers Ju-87 continue dans sa version R ainsi que dans une variante embarquée du modèle R.

Le Ju-87G est une variante destinée à l’exportation mais qui ne connu pas de succès, le Ju-87H une version d’entrainement qui elle à été produite en petit nombre.

Junkers Ju-87B-2

Caracteristiques Techniques du Junkers Ju-87D

Type : bombardier en piqué biplace

Masse à vide équipé 3900kg maximale au décollage 6600kg

Dimensions : envergure 13.80m longueur 11.50m hauteur 3.90m

Motorisation : un moteur en ligne Junkers Jumo 211J-1 de 1400ch

Performances : vitesse maximale 410 km/h à 3840m vitesse de croisière 320 km/h à 5090m Distance franchissable 1535km Plafond pratique 7290m

Armement : quatre mitrailleuses MG-81 de 7.92mm avec 800 coups chacun et deux mitrailleuses MG-81Z en affût double en poste arrière avec 2000 cartouches 1800kg de bombes sous le fuselage et les ailes

Allemagne (69) Armée de l’Air (2)

Les avions en service (1) : chasse

Messerschmitt Me-109

-Faut-il dire Bf109 ou Me-109 ?

Willy Messerschmitt travaille pour la firme Bayerische Flugzeugwerke AG à partir de 1927, firme qui devient la Messerschmitt AG en septembre 1938.

Il faut donc désigner les appareils conçus avant cette date avec le préfixe Bf et les appareils conçus après avec le préfixe Me ce qui donne Bf109A,B,C et D mais Me 109E.

L’origine du Bf/Me-109 remonte à 1933 et le lancement du programme Rüstungflugzeug III qui demandait un chasseur monoplace destiné à équiper la future Luftwafe qui ne vera le jour qu’en 1935.

-Quatre compagnies se proposèrent : Arado, Heinkel, Focke-Wulf et la Bayerische Flugzeugwerke qui comme son nom l’indique viens de Bavière.

Messerschmitt Me109B

Messerschmitt Me109B

Le Bf109 V1 effectua son premier vol en mai 1935 propulsé par un moteur anglais, un Rolls-Royce Kestrel, le moteur allemand prévu (Junkers Jumo puis Daimler Benz DB 600) n’étant pas encore prêt. Le deuxième prototype qui décolla en octobre 1935 était lui propulsé par un Junkers Jumo. Le troisième prototype qui était armé décolla seulement en mai 1936.

Arado Ar80, l'un des concurrents du Bf/Me109

Arado Ar80, l’un des concurrents du Bf/Me109

Le Bayerische Flugzeugwerke Bf109 fût opposé aux Arado Ar80, Heinkel He112 et Focke-Wulf Fw159. Si les deux premiers étaient des monoplans à aile baisse, le Fw159 était un monoplan à aile haute avec un train rétractable.

Dans un premier temps, le Bf109 ne fût guère apprécié par les pilotes d’essais en raison d’un train étroit et fragile et d’un cockpit à la vision limitée vers l’avant.

Heinkel He112

Heinkel He112 sous les couleurs roumaines

Finalement, il triompha du Heinkel He112 _produit en petite série_ et fût officiellement sélectionné en mars 1936 à l’époque où l’Angleterre commandait le Supermarine Spitfire ce qui accéléra la décision des opérationnels allemands.

Les quatre premières versions du Me109 (A B C et D) ne laissèrent pas un souvenir impérissable dans les annales en raison d’un moteur asmathique et la première version réellement efficace fût le Me109E, l’Emil ayant connu son baptême du feu au sein de la Legion Condor lors de la guerre d’Espagne.

Durant la guerre de Pologne, si quelques « Dora » étaient encore utilisés, l’immense majorité des Me-109 utilisés étaient donc des « Emil » plus modernes avec un moteur plus puissant.

A l’apogée de l’histoire opérationnelle du Me-109, sept escadres vont être équipées de cet appareil.

A l’Emil succède en 1943 le Friedrich qui voit l’appareil recevoir un moteur plus puissant, une cellule redéssinée et un armement plus puissant.

Les Gustav (Me-109G) et Herbert (Me-109H) poursuivent cette amélioration même si à terme l’architecture de l’appareil limite les évolutions potentielles.

Le Karl (Me-109K) n’est pas encore en service en septembre 1948, la production venant de démarrer pour remplacer les Me-109E.

Quand les allemands déclenchent l’opération Weserübung, neuf Geschwader de 90 appareils sont équipés de Me-109 soit 810 appareils. Deux sont encore équipés de Me-109E, Cinq sont équipées de Me-109F, une équipée de Me-109G et une équipée de Me-109H.

L’appareil à également été exporté, à la fois des appareils neufs mais également des appareils utilisés par la Luftwafe, retirés du service et revendus après reconditionnement, ces appareils étant souvent utilisés pour l’entrainement et l’instruction plus que pour le combat.

La Finlande, la Roumanie, la Bulgarie, la Slovaquie, la Hongrie, la Suisse, la Yougoslavie et l’Espagne ont utilisé cet appareil.

Messerschmitt Me109G-5

Caractéristiques Techniques du Messerschmitt Me-109G

Type : chasseur-intercepteur monoplace

Masse à vide 22247kg en charge 3148kg maximale au décollage 3400kg

Dimensions : longueur 8.95m envergure 9.92m hauteur 2.60m

Motorisation : un moteur en ligne douze cylindres Daimler-Benz DB 605A-1 de 1475ch entrainant une hélice tripale de 3m de diamètre

Performances : vitesse maximale 620 km/h à 6300m Vitesse de croisière 580 km/h Distance franchissable 850km (1000km avec des réservoirs supplémentaires) Plafond opérationnel 12000m

Armement : deux mitrailleuses de 13mm synchronisées avec 300 coups par arme, un canon de 20mm dans le nez avec 200 coups, deux canons de 20mm peuvent être installés dans les ailes. 250kg de bombes ou un réservoir supplémentaire.