22-Armée de terre : armement et matériel (25)

Renault R-40

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40

Le Renault R-35 était un char correct mais il était largement perfectible notamment en terme de tenue en tout terrain. La meilleure façon est de remplacer la suspension à ciseaux d’origine par une meilleure suspension.

Des tests sont menés avec plusieurs modèles. Il suffit de peu que le R-35 reçoive une suspension à poutres avec neuf galets porteurs, pas moins de huit cent exemplaires sont ainsi commandés mais aucune suspension de ce type sera construite suite au choix fait en janvier 1940 de la suspension AMX (Atelier d’Issy les Moulineaux issu de la nationalisation de l’atelier de montage des chars et chenillettes de Renault) qui verticale est moins sensible aux mines.

Les derniers R-35 sortent de chaine à la fin du mois d’avril et aussitôt, le Renault R-40 prend le relais. Cette désignation n’à été officialisée ou du moins tolérée que tardivement, la désignation officielle du nouveau char étant le char léger modèle 1940R.

Comme son ainé, le Renault R-40 va équiper des Bataillons de Chars de Combat stationnés en métropole et en Corse. Dans un premier temps, il va remplacer au sein des B.C.C le Renault FT avant de remplacer des Renault R-35.

Une première vague de production va permettre d’équiper trois Bataillons de Chars de Combat en l’occurence le 30ème BCC stationné à Bastia avec 45 chars, le 40ème BCC _dissous au cours de la démobilisation_ et ultérieurement le 16ème BCC qui reçoit ses chars fin 1941.

A cette époque, 90 chars sont en ligne et 65 stockés. La production est suspendue en septembre 1942 alors que les 12ème et 17ème BCC ont reçu 45 blindés neufs, portant le total de blindés en ligne à 180 chars plus 80 blindés en réserve et 24 utilisés pour des tests et l’écolage soit un total de  284 chars produits pour la France.

A ces 284 produits pour la France s’ajoute également des chars exportés en l’occurence 64 pour la Belgique, 16 pour les Pays Bas  et 64 pour l’armée polonaise en France (deux bataillons plus un volant de réserve) soit un total de 428 chars produits.

Quand la production est suspendue, on trouve donc quatre bataillons équipés de ce char soit un total de 180 Renault R-40 en ligne. En juin 1943, le 20ème BCC reçoit 45 Renault R-40 issus des stocks portant le nombre de chars en ligne à 225 blindés laissant «seulement» 59 blindés en stock.

Si la production du char est suspendu, celle du chassis se poursuit, le canon automoteur de 105mm des divisions cuirassées disposant de ce chassis.

En mars 1946, décision est prise de rouvrir la chaine de fabrication pour équiper trois BCC maintenu en temps de paix en l’occurence le 1er BCC équipé en septembre 1946, les 2ème et 6ème BCC recevant leurs blindés en mars 1947 soit un total de 135 chars neufs livrés directement aux unités.

Le nombre de chars en ligne atteint 360 Renault R-40 plus 239 en stock dont 180 qui vont servir à l’automne 1948 à armer quatre BCC de mobilisation créés avec des véhicules plus anciens, des R-35 et des FCM-36.

La production continue va permettre l’équipement de deux autres bataillons de Renault R-40 portant le total à quatorze BCC répartis entre différents groupements de bataillons de chars de combat.

-La 1ère armée dispose au sein du groupement de bataillons de chars 501 du 1er BCC équipé de 45 Renault R-40.

-La 2ème armée dispose au sein du groupement de bataillons de chars 502 des 2ème et 35ème BCC  équipés chacun de 45 Renault R-40.

-La 4ème armée dispose au sein du groupement de bataillons de chars 504 des 12ème et 23ème BCC équipés chacun de 45 Renault R-40.

-La 6ème armée dispose au sein du groupement de bataillons de chars 506 des 6ème et 20ème BCC équipés chacun de 45 Renault R-40.

-La 7ème armée dispose au sein du groupement de bataillons de chars 507 des 17ème et 43ème équipés chacun de 45 Renault R-40.

-La 8ème armée dispose au sein du groupement de bataillons de chars 508 du 48ème BCC qui dispose de 45 Renault R-40.

-La 9ème armée dispose au sein du groupement de bataillons 509 des 16ème, 29ème et 39ème BCC qui disposent chacun de 45 Renault R-40.

A cela s’ajoute le 30ème BCC basé en Corse et qui ne dépend que du commandement local.

Avec quatorze bataillons, on trouve donc en ligne 630 Renault R-40 plus 215 en réserve (volant de fonctionnement) et 12 pour tests et essais variés soit un total de 857 véhicules en ligne.

La ligne de production est maintenu après la mobilisation générale même si le rythme de production est notablement réduit, le R-40 étant en voie d’obsolescence rapide comme la majorité des chars légers français de l’époque du moins dans le domaine du combat char à char, la reconnaissance et l’appui de l’infanterie étant encore à leur portée.

Caractéristiques Techniques du char léger modèle 1940 R

Poids total : 11.6 tonnes

Dimensions : Longueur totale 4.30m sans la queue Largeur totale 2.01m Hauteur totale 2.15m (1.37m sans tourelle)

Motorisation : un moteur Renault 447 4 cylindres dévellopant 85ch à 2200 tours/minute alimenté par 166 litres

Vitesse maximale : 20 km/h  Pente : 75%  Autonomie : 130km  

Blindage : 40mm maximum

Armement : un canon de 37mm SA modèle 1938 alimenté à 110 obus et une mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm approvisionnée à 2400 cartouches

Equipage : un mécanicien pilote et un chef de char, le premier en caisse et le second en tourelle

FCM-36

Char léger modèle 1936FCM dit FCM-36

Char léger modèle 1936FCM dit FCM-36

Ce char léger est issu du même programme que le Renault R-35 et le Hotchkiss H-35, le programme pour un char léger de six tonnes lancé le 2 août 1933 et modifié en mai 1934, programme destiné à remplacer le Renault FT.

Le char produit par les Forges et Chantiers de la Méditerranée se distingue des autres modèles par des solutions techniques audacieuses notamment un blindage laminé-soudé et un moteur diesel lui donnant une autonomie remarquable de 16 heures. Quand à l’armement, il est identique aux autres chars en l’occurence le canon de 37mm SA modèle 1918.

Ce char est testé entre avril 1935 et mai 1936 avant que l’adoption ne soit prononcée officiellement le 25 juin 1936, le projet des FCM devenant le char léger modèle 1936 FCM.

Une première commande de 100 exemplaires est passée, les chars en question étant livrés entre le 2 mai 1938 et le 13 mars 1939, équipant le 1er bataillon du 503ème RCC de Versailles _futur 4ème BCC_ et le 1er bataillon du 502ème RCC d’Angoulême _futur 7ème BCC_ .

Le solde de dix chars est stocké en dépôts et dans les écoles, sept chars sont concernés par ce premier cas dont quatre à l’École des Chars de Combat de Versailles, les trois derniers étant disponibles à l’entrepôt de réserve générale du matériel de Gien.

Ce char aurait pu être produit à trois cents exemplaires mais quand éclate la guerre de Pologne, ces commandes sont annulées pour rationaliser la production de chars et permettent aux FCM de se concentrer sur la production du B1bis.

En dépit de ces qualités, le FCM-36 avait aussi ses défauts notamment au niveau des chenilles, des embrayages et de la boite de vitesse. De plus, les tests menés avec le canon de 37mm SA modèle 1938 avait montré un certain nombre de faiblesses au niveau des soudures.

Cela n’empêchera pas les FCM de partir de leur modèle 1936 pour développer le FCM-42, un dérivé direct du FCM-36 à canon de 47mm.

Quand au FCM-36, il restera en service jusqu’en juin 1948, manquant de peu de participer au second conflit mondial.

Ces chars vont néanmoins être utilisés par des bataillons de mobilisation avant que des chars modernes et en plein état ne les remplace, les FCM-36 retrouvant les stocks pour un éventuel réemploi par exemple pour l’instruction ou pour rééquiper en urgence des unités aguerries.

Caractéristiques Techniques du char léger modèle 1936 FCM

Poids total : 12.35 tonnes

Dimensions : Longueur totale 4.46m  Largeur totale 2.14m Hauteur totale 2.20m

Motorisation : un moteur diesel Berliet (licence Ricardo) 4 cylindres dévellopant 91ch Boite à quatre vitesses et une marche arrière

Vitesse maximale : 24 km/h  Pente : 80%  Autonomie : 225km  

Blindage : 40mm maximum
Armement : un canon de 37mm SA modèle 1918 alimenté à 102 obus et une mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm approvisionnée à 3000 cartouches

Equipage : un mécanicien pilote et un chef de char, le premier en caisse et le second en tourelle

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21-Armée de terre (37)

Les Bataillons de Chars de Combat (B.C.C.)

Le 23 août 1939 en vertu de décisions antérieures, les douze régiments de chars de combat sont dissous pour donner naissance à des bataillons de chars de combat. Les état-majors des régiments dissous forment autant de centres mobilisateurs auxquels s’ajoute un treizième créé ex-nihilo. Cette dissolution va ainsi permettre la formation de vingt-trois B.C.C d’active et seize Bataillons de Chars de Combat de réserve soit un total de trente-neuf bataillons selon le schéma suivant :

Le "char de la victoire" Renault FT en version canon de 37mm

Le « char de la victoire » Renault FT en version canon de 37mm. Nombre de B.C.C mobilisés en septembre 1939 le furent sur ce vénérable engin en attendant la disponibilité de chars modernes

-Le centre mobilisateur 501 de Tours issu du 501ème RCC met sur pied quatre bataillons,deux bataillons d’active les 1er et 2ème BCC équipés de Renault R-35 et deux bataillons de réserve, les 30ème et 31ème équipés de vénérables Renault FT.

-Le centre mobilisateur 502 d’Angoulême issu du 502ème RCC met sur pied deux bataillons d’active, le 4ème BCC équipé de FCM-36, le 5ème et le 6ème BCC équipés de R-35 ainsi qu’un bataillon de réserve, le 32ème BCC équipé de Renault FT.

-Le centre mobilisateur 503 de Versailles issu du 503ème RCC met sur pied deux bataillons d’active, le 3ème BCC équipé de R-35 et le 7ème BCC équipé de FCM-36

-Le centre mobilisateur 504 de Valence issu du 504ème RCC met sur pied deux bataillons d’active équipés de R-35 (10ème et 12ème bataillon) et deux bataillons de réserve équipés de chars FT (l1ème BCC et Bataillon Colonial de Chars de Combat).

-Le centre mobilisateur 505 de Vannes issu du 505ème RCC met sur pied deux bataillons d’active équipés de H-39, les 14ème et 27ème BCC ainsi que deux bataillons de réserve, le 13ème BCC équipé de H-35 et le 35ème BCC équipé de R-35.

-Le centre mobilisateur 506 de Besançon issu du 506ème RCC met sur pied deux bataillons d’active équipés de R-35 (16ème et 17ème BCC) ainsi que deux bataillons de réserve équipés de chars FT, les 18ème et 36ème BCC.

-Le centre mobilisateur 507 de Metz (puis de Vannes) issu du 507ème RCC met sur pied deux bataillons d’active, le 19ème BCC équipé de chars moyens D2 et le 20ème BCC équipé de R-35 ainsi que deux bataillons de réserve, les 21ème et 34ème BCC équipés de R-35.

-Le centre mobilisateur 508 de Lunéville puis Aradon issu du 508ème RCC met sur pied deux bataillons d’active, le 8ème BCC équipé de B1bis et le 24ème BCC équipé de R-35

-Le centre mobilisateur 509 installé à Maubeuge puis à Meucon et issu du 509ème RCC met sur pied deux bataillons d’active équipés de H-39 (25ème et 26ème BCC) ainsi que deux bataillons de réserve, le 38ème BCC équipé de H-35 et le 39ème BCC équipé de R-35.

-Le centre mobilisateur 510 installé à Nancy puis à Coëtquidan et issu du 510ème RCC met sur pied le 15ème BCC équipé de B1bis et qui intègre la 2ème Dcr et le 22ème BCC équipé de Renault R-35.

-Le centre mobilisateur 511 installé à Verdun puis à Bourges et issu du 511ème RCC met sur pied, trois bataillons d’active, le 9ème BCC équipé de R-35, le 37ème BCC équipé de B1 et le 51ème BCC équipé de FCM 2C.

-Le centre mobilisateur 512 de Chalons sur Marne issu du 512ème RCC met sur pied un bataillon d’active, le 28ème BCC équipé de B1bis et un bataillon de réserve, le 23ème BCC équipé de Renault R-35.

-Le centre mobilisateur 513 de Rouen met sur pied deux bataillons de réserve équipés de Renault FT, les 29ème et 33ème BCC.

Entre la mobilisation et la fin de la guerre de Pologne, l’équipement des BCC évolue notamment ceux équipés de Renault FT qui auraient eu bien du mal à se mesurer aux chars allemands. Ces BCC forment des groupements mis à la disposition des différentes armées.

-La 1ère armée dispose de deux groupements de bataillons de chars, le groupement de bataillons de chars 515 composé du 13ème BCC équipé de 45 chars légers H-35 et du 35ème BCC équipé de 45 chars légers R35 et le groupement de bataillons de chars 519 qui dispose du 38ème BCC équipé de 45 chars légers H-35 et de 45 chars légers R35.

-La 2ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 503 qui dispose de trois bataillons, le 3ème BCC équipé de R35 ainsi que les 4ème et 7ème BCC équipés de FCM36.

-La 3ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 511 composé des 5ème et 12ème BCC équipés de Renault R35, le groupement de bataillons de chars 513 composé du 29ème BCC équipé de Renault FT puis de Renault R40 et du 51ème BCC puis 51ème BCF équipé de chars de forteresse FCM 2C puis FCM F1, le groupement de bataillons de chars 520 composé du 23ème BCC équipé de R35 et du 30ème BCC équipé de Renault FT puis de Renault R40 et le groupement de bataillons de chars 532 composé de l’unique 43ème BCC équipé de Renault R-35.

-La 4ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 502 composé des 20ème et 24ème bataillons de chars de combat équipé de Renault R35 et du groupement de bataillons de chars 504 composé des 10ème et 11ème BCC,le premier équipé de Renault R35 et le second de Renault FT puis des derniers R35 produits avant que le R40 ne le remplace sur les chaines de montage.

-La 5ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 501 composé des 1er et 2ème BCC équipé de Renault R35 ainsi que du 31ème BCC initialement équipé de Renault FT puis rééquipé début 1940 avec des R35. La 5ème armée dispose également du groupement de bataillons de chars 508 composé des 21ème et 34ème BCC équipé de Renault R35. Le groupement de bataillons de chars 517 est composé de l’unique 19ème BCC équipé de chars moyens D2 qui va à terme intégré la 4ème division cuirassée.

-La 7ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 510 composé des 9ème et 22ème bataillon de chars de combat équipé de Renault R35.

-La 8ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 506 composé des 16ème et 36ème BCC, le premier équipé de R35 et le second de Renault FT puis de R40 ainsi que du groupement de bataillons de chars 516 composé des 17ème et 18ème BCC équipé respectivement de Renault R35 et de Renault FT puis des Renault R40.

-Le 9ème armée dispose du groupement de bataillons de chars 518 composé des 6ème et 32ème BCC équipés de Renault R35 ainsi que du 33ème BCC équipé de Renault FT puis de R40.

En Afrique du Nord, la situation n’évolue qu’au niveau du matériel, les 62ème et 66ème BCC stationnés au Maroc et le 64ème BCC stationné en Algérie troquent leurs Renault FT contre des Renault R35, les 61ème, 65ème et 67ème BCC stationnés en Tunisie conservent leurs chars D1 jusqu’à une date assez tardive avant de recevoir des AMX-42 plus légers mais plus modernes. Au Levant, les 63ème et 68ème BCC conservent ses Renault R-35.