Grande Bretagne (31) Croiseurs lourds (2)

Croiseurs lourds classe York

Toujours plus avec moins

Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, les britanniques avaient des besoins en croiseurs différents des américains et des japonais.
Là où Tokyo et Washington avaient besoin d’éclaireurs puissants pouvant participer à la bataille décisive imaginée du côté des Phillipines, Londres avait besoin d’un grand nombre de croiseurs pour couvrir ses lignes de communication qui s’étendaient sur le monde telle une toile d’araignée.
Voilà pourquoi les croiseurs lourds de classe County ne plaisaient guère aux amiraux britanniques qui les avaient construit plus pour répondre aux autres pays que pour satisfaire un besoin national.
A cela s’ajoutait des problèmes budgétaires qui rendaient délicat tout investissement dans le domaine militaire, le pacifisme étant aussi présent dans l’opinion britannique que dans l’opinion publique française.
Aussi après la construction des treize County (quinze étaient prévus à l’origine), la Royal Navy étudia des modèles plus petits, déplaçant 8500 tonnes au lieu de 10000 tonnes avec un armement réduit à six canons de 8 pouces au lieu de huit.
Sept croiseurs de ce type furent initialement prévus mais au final seulement deux furent construits, les HMS York et Exeter étant les derniers croiseurs lourds type Washington construits pour la marine britannique.

Carrière opérationnelle

Le HMS York

Le HMS York

-Le HMS York est mis sur cale aux chantiers navals Palmers Shipbuilding & Iron Company de Jarrow le 18 mai 1927 lancé le 17 juillet 1928 et mis en service le 1er mai 1930.
Après une brève affection au 2nd Cruiser Squadron de la Home Fleet, le York rejoint les Bermudes, base principale de l’American & West Indies Station où il intègre le 8th Cruiser Squadron en compagnie du Berwick.
Mis à part un déploiement méditerranéen en 1935/36 lors de la guerre entre l’Italie et l’Abyssinie, le croiseur reste déployé dans les Antilles jusqu’à la guerre de Pologne, période durant laquelle il couvre depuis Halifax les convois amenant troupes canadiennes, matériel et produits divers en Europe tout en chassant les raiders allemands.
Il retourne le conflit terminé aux Bermudes où il va rester déployé jusqu’en 1945 date à laquelle il rejoint Freetown et la West African Station.
Si le HMS Berwick est refondu en 1947/48 à Gibraltar, le York est transformé en 1945/46, travaux devant lui permettre de servir une dizaine d’années en plus.
Quand le second conflit mondial éclate, le York est prêt depuis la future capitale de la Sierra Léone à lancer des patrouilles anti-raiders, bien aidé par le porte-avions HMS Colossus.

Le HMS Exeter

Le HMS Exeter

-Le HMS Exeter est mis sur cale à l’Arsenal de Devonport le 1er août 1928 lancé le 18 juillet 1929 et mis en service le 27 juillet 1931.
Après avoir passé quatre ans au sein de l’Atlantic Fleet/Home Fleet intégré au 2nd Cruiser Squadron, le dernier croiseur lourd construit pour la Royal Navy est redéployé aux Antilles (American & West Indies Station) même si il effectue des incursions en Méditerranée en 1935/36 durant la guerre italo-ethiopienne qui faillit provoquer un conflit entre Rome et Londres.

Quand la guerre de Pologne éclate en septembre 1939, il appartient à une South American Division en compagnie du croiseur lourd HMS Cumberland et du croiseur léger HMS Ajax, cette division étant aussi connue sous le nom de 2nd Cruiser Squadron.
Il s’illustre durant la bataille du Rio de Plata quand l’Exeter associé à l’Ajax et au Leander de la marine néo-zélandaise (officiellement New Zealand Division of the Royal Navy, la RNZN ne voyant le jour qu’en 1944) affronte le cuirassé de poche Admiral Graf Spee. Le croiseur lourd est sévèrement endommagé et il va subir une très longue remise en état avant d’être à nouveau opérationnel.
Au printemps 1940, la force de croiseur est réorganisée. Un 11th Cruiser Squadron est formé par les croiseurs lourds Cumberland et Exeter. Cette division est stationnée aux Antilles aux Bermudes au sein de l’American & West Indies Station en compagnie du 8th Cruiser Squadron et jusqu’en 1945 quand le 8th CS est redéployé à Freetown au sein de la West African Station.
En septembre 1948, la composition du 11th Cruiser Squadron est différente avec l’Exeter, le Devonshire et le Sussex.
L’Exeter subit des travaux importants aux Bermudes en 1946/47, un renforcement de ses structures, une modernisation de sa propulsion, un renforcement de sa DCA et l’embarquement de radars.
Quand le conflit éclate le 5 septembre 1948, le croiseur est à la mer pour entrainement. Il rallie son port d’attache pour se ravitailler (carburant, vivres, munitions) puis reprend la mer dès le 7 pour sa première patrouille anti-raiders du conflit.

HMS York schéma
Caracteristiques Techniques
Déplacement : standard 8500 tonnes (8390 pour l’Exeter) pleine charge 10350 tonnes (10410 tonnes)
Dimensions : longueur hors tout 175.25m (164.6m entre perpendiculaires) largeur 17.67m tirant d’eau 6.17m
Propulsion : turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par huit chaudières Amirauté dévellopant 80000ch et entrainant quatre hélices
Performances : vitesse maximale 32.25 noeuds distance franchissable 10000 miles nautiques à 14 noeuds
Protection : ceinture 76mm pont inférieur environ 25mm soutes à munitions 102mm tourelles 20 à 40mm
Armement : six canons de 203mm en trois tourelles doubles (deux avant une arrière), quatre canons de 102mm antiaériens en affûts simples, huit affûts quadruples de 12.7mm remplacés ensuite par vingt-quatre canons de 20mm en affûts doubles et six tubes lance-torpilles en deux plate-formes triples.
Aviation : une catapulte avec un ou deux hydravions
Equipage : 623 officiers et marins (630 pour l’Exeter)
Croiseurs lourds classe Admiral

Finalement de nouveaux croiseurs lourds

Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, le croiseur lourd type Washington n’était pas en odeur de sainteté dans les bureaux de l’état-major de la marine britannique qui le trouvait trop gros pour ses besoins.

Es-ce pour cela que les County étaient considérés comme les moins bien réussis de tous les croiseurs lourds à canon de 203mm ?

En tout cas, à la fin des années trente, la marine britannique s’est faite sa religion sur le sujet. No more heavy cruiser plus de croiseurs lourds. Place au croiseur léger à canon de 152mm jugé plus économique et tout aussi efficace.
Ce choix n’est pas incensé (les premiers RETEX du conflit montrant que l’obus de six pouces avait une efficacité proche de celui de huit pouces) mais face à une marine allemande construisant de nombreux croiseurs lourds (sans compter l’apport à la défense de la Méditerranée contre l’Italie et de l’Extrême-Orient contre le Japon), il n’est pas concevable d’abandonner le Heavy Cruiser.
Mieux après avoir tenté le concept du petit croiseur lourd avec six canons de huit pouces, la Royal Navy rallie les nouveaux standards du croiseurs lourds que l’on peut classer dans la troisième génération avec les Baltimore américains, les Graf Spee allemands et les Saint Louis français.
Les croiseurs lourds de classe Admiral vont ainsi déplacer 17000 tonnes, filer à 33 noeuds avec un armement principal composé de neuf canons de 203mm semi-automatiques en trois tourelles triples (deux avant et une arrière), seize canons de 102mm en affûts doubles, une DCA légère, des tubes lance-torpilles, des radars et toujours une catapulte avec deux hydravions.
Quatre navires sont initialement prévus, des navires baptisés Cornwallis Blake Albemarle Hawke qui sont tous en service en septembre 1948. Quatre autres s’ajoutent (Raleigh Drake Malborough Blenheim) mais seuls les deux premiers sont en service, les deux derniers étant en achèvement à flot.
Aucun croiseur lourd n’est prévu dans les programmes de guerre, le délai d’achèvement étant jugé trop long pour rendre rentable la construction de croiseurs de ce type.
Carrière opérationnelle
-Le HMS Cornwallis est mis sur cale au Portsmouth Royal Dockyard le 4 septembre 1943 lancé le 14 mars 1945 et admis au service actif le 8 juillet 1946.
Dès sa mise en service, il est affecté à la Home Fleet au sein du 10th Cruiser Squadron qu’il forme à Rosyth en compagnie de ses sister-ship Blake et Albermale.
Quand le second conflit éclate, le croiseur est immobilisé au Rosyth Royal Dockyard pour son premier grand carénage.
Mis au sec depuis mai 1948, il ne devait pas être disponible avant le printemps mais en raison du conflit, les travaux non urgents sont reportés et le croiseur est remis en service à la fin du mois de septembre. Il ne tarde pas à être engagé en Norvège dans la première campagne du conflit.
-Le HMS Blake est mis sur cale au Rosyth Royal Dockyard le 17 octobre 1943 lancé le 8 mai 1945 et mis en service le 2 septembre 1946.
Affecté au 10th CS, le croiseur était disponible le 5 septembre 1948. Il reçoit l’ordre d’appareiller le plus rapidement possible pour trouver et détruire tous les navires allemands civils et militaires.
-Le HMS Albemarle est mis sur cale au Devonport Royal Dockyard le 4 novembre 1943 lancé le 17 juin 1945 et mis en service le 8 novembre 1946.
Avec sa mise en service, le 10th CS est au complet dans sa nouvelle composition. Le 5 septembre 1948, le croiseur lourd effectuait une école à feux dans les Orcades.
A l’annonce des bombardements allemands, l’entrainement est annulé, le croiseur se ravitaille en mer auprès d’un pétrolier de la Royal Fleet Auxiliary, charge vivres et munitions à Rosyth avant de prendre la mer pour traquer les navires allemands qu’ils soient de guerre ou de commerce.
-Le HMS Hawke est mis sur cale au Chatham Royal Dockyard le 8 décembre 1943 lancé le 2 septembre 1945 et mis en service le 14 février 1947.
A la différence des trois premiers Admirals, le Hawke est déployé en Méditerranée au sein du 1st Cruiser Squadron en remplacement du Devonshire qui va rallier le 11th CS dans les Antilles.
Basé à Alexandrie, le croiseur lourd était en patrouille au large des côtes de l’Afrique Septentrionale Italienne (actuelle Libye) quand le second conflit mondial éclate. Il reçoit des consignes de vigilances avant de se ravitailler le lendemain et de patrouiller dans le golfe de Syrte, attendant de régler son attitude sur celle des italiens.
-Le HMS Raleigh est mis sur cale au Portsmouth Royal Dockyard le 4 mai 1945 lancé le 10 novembre 1946 et mis en service le 14 mars 1948.
Il rallie dès sa mise en service la Méditerranée où il remplace au sein du 1st Cruiser Squadron le Shropshire qui rejoint Freetown et la West African Station.
Au 5 septembre 1948, le croiseur lourd était amarré à Alexandrie. Il devait relever le Hawke à la fin de sa patrouille prévue le 10 mais avec le conflit, le croiseur lourd est mis en alerte en attendant de savoir quelle attitude Mussolini allait adopter.
-Le HMS Drake est mis sur cale au Rosyth Royal Dockyard le 4 juillet 1945 lancé le 22 décembre 1946 et mis en service le 2 mai 1948.
Il rejoint ses sister-ship Hawke et Raleigh en Méditerranée au sein du 1st Cruiser Squadron où il relève le Sussex qui rejoint les Antilles au sein du 11th Cruiser Squadron.Le 5 septembre 1948, il à quai en compagnie du Raleigh. Mis en alerte, il se tient prêt à toute éventualité.

-Le HMS Marlborough est mis sur cale au Devonport Royal Dockyard le 14 octobre 1945 lancé le 8 septembre 1947. Il était en achèvement à flot quand le conflit éclate. Initialement il était prévu de l’affecter en Extrême-Orient mais avec le début de la guerre en Europe, il est probable qu’il restera affecté à la Home Fleet.
-Le HMS Blenheim est mis sur cale au Chatham Royal Dockyard le 2 décembre 1945 lancé le 20 novembre 1947. Il était en achèvement à flot quand le conflit éclate. Initialement il était prévu de l’affecter en Extrême-Orient mais avec le début de la guerre en Europe, il est probable qu’il restera affecté à la Home Fleet.

Carrière opérationnelle
Déplacement : standard 15000 tonnes Pleine Charge : 18000 tonnes

Dimensions : longueur : 205m largeur : 20m Tirant d’eau : 5.80m

Propulsion : 4 turbines Parson alimentées par 8 chaudières Amirauté suralimentées dévellopant une puissance totale de 130000 ch et actionnant 4 hélices

Performances : Vitesse maximale : 34 noeuds Distance Franchissable : 9800 miles nautiques à 15 noeuds

Protection : Ceinture 185mm Pont supérieur 85mm Pont inférieur 50mm Tour 90mm
Blockaus 215mm Tourelles : 95mm pour la face 70mm pour le toit et les côtés

Electronique : un radar de veille aérienne lointaine, un radar de veille surface, deux radars pour la conduite de tir de l’artillerie principale, deux radars de conduite de tir pour l’artillerie secondaire
différents systèmes de transmission

Armement : neuf canons de 8 pouces (203mm) Mark X groupés en trois tourelles triples Mark III (deux avant et une arrière), seize canons de 102mm QF Mark IV en huit affûts doubles, seize canons Bofors de 40mm en quatre affûts quadruples, vingt-quatre canons Oerlikon de 20mm en affûts simples, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples

Aviation : une catapulte et deux hydravions Supermarine Walrus

Equipage : 780 officiers et marins

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24-Armée de l’air (39)

Zone Aérienne Militaire Maroc (ZAM-Maroc)

-Base aérienne 206 de Meknès

-Base aérienne 207 de Marrakech

-La base aérienne 208 de Guelmine est aménagée en 1947 pour mieux surveiller le sud marocain voir le Sahara espagnol

Zone Aérienne Militaire Algérie (ZAM-Algérie)

-Base aérienne 201 de Blida

-Base aérienne 202 d’Oran

-Base aérienne 203 d’Alger

Zone Aérienne Militaire Tunisie (ZAM-Tunisie)

-Base aérienne 204 de Tunis

-Base aérienne 205 de Sidi-Ahmed

-La base aérienne 209 de Sfax est créée en 1946 pour surveiller le Golfe de Syrte. Cette base va être utilisée également par l’Aviation navale.

Zone Aérienne Militaire du Levant (ZAM-Levant)

-Base aérienne 139 de Rayak

-Base aérienne de Damas-Mezzé qui reçoit le numéro 210 en 1944

-Base aérienne de Beyrouth qui reçoit le numéro 211 en 1944

Zone Aérienne militaire de l’Afrique Occidentale Française (ZAM-AOF)

-Base aérienne de Dakar-Ouakam qui reçoit le numéro 212 en 1944

-Base aérienne de Thiès qui reçoit le numéro 213 en 1944

Zone Aérienne Militaire de l’Afrique Equatoriale Française (AEF)

-District Aérien Militaire de l’AEF

-Base aérienne de Fort Lamy au Tchad qui reçoit le numéro 214 en 1944.

-Des terrains de secours sont sommairement aménagés dans le nord du Tchad pour une éventuelle offensive aérienne contre l’Africa Septentrionale Italiana (ASI), la Libye actuelle.

Cela se limite à des pistes balisées et des terrassements mais pour rendre ses terrains opérationnels, il faudra du matériel qui ne pourrait venir que d’Afrique du Nord ou de Métropole.

-District Aérien Militaire de Djibouti

-Base aérienne de Djibouti qui reçoit le numéro 215 en 1944

-District Aérien Militaire de Madagascar-La Réunion

-Base aérienne d’Ivato (Madagascar) qui reçoit le numéro 216 en 1944

-Une deuxième base aérienne est installée à Mahajanga en 1945 avec le numéro 217

Zone Aérienne Militaire Tonkin-Laos

-District aérien militaire du Tonkin

-Base aérienne de Tong qui en 1945 reçoit le numéro 218

-Base aérienne de Do-Son qui en 1945 reçoit le numéro 219

-Base aérienne de Kien-An qui en 1945 reçoit le numéro 220

-District Aérien Militaire du Laos

-Base aérienne de Viangchan qui en 1945 reçoit le numéro 221

Zone Aérienne Militaire du Cambodge

-Base aérienne de Pursat qui en 1945 qui reçoit le numéro 222

Zone Aérienne Militaire Annam-Cochinchine

-District Aérien Militaire de Cochinchine

-Base aérienne de Tan-Son-Nhut près de Saigon (c’est aujourd’hui l’aéroport international de la 2ème ville du pays) qui en 1945 reçoit le numéro 223

-District Aérien Militaire d’Annam

-Base aérienne de Dong-Hoï qui en 1945 reçoit le numéro 224

-Base aérienne de Tourane/Da Nang qui en 1945 reçoit le numéro 225

Zone Aérienne Militaire du Pacifique (ZAM-Pacifique)

-Base aérienne de Nouméa-Tantouta qui hérite à sa création du numéro 226

-Projet non concrétisé d’une base aérienne à Tahiti

 Zone Aérienne Militaire des Antilles (ZAM-Antilles)

-Base aérienne de Fort de France installée à proximité de la base aéronavale à tel point que la BA 227 et la BAN de Fort de France-Schoelcher sont jointes

-Base aérienne de Point-à-Pitre installée sur l’aérodrome civil, base aérienne recevant le numéro 228

-Base aérienne de Cayenne qui reçoit le numéro 229

17-Aviation navale (46)

Bloch MB-175T

Bloch MB-175T

Bloch MB-175T

A la fin 1936, une équipe d’ingénieurs de la SNCAO issus de la compagnie «Avions Marcel Bloch» commença à travailler sur un projet de bimoteur bi ou triplace pouvant mener plusieurs missions et destinés à occuper l’espace séparant les avions type B4 (bombardiers quadriplaces comme l’Amiot 351 ou le Lioré et Olivier Léo 451), les bimoteurs légers C3 (chasseurs triplaces comme le Potez 631) et les avions d’assaut et de bombardement type AB2 (comme le Bréguet 691).

C’est l’acte de naissance du MB-170 dont deux prototypes furent réalisés, le premier effectuant son premier vol le 15 février 1938 mais fût perdu le 17 mars 1938, le second restant seul en piste, un second prototype à la configuration modifiée (suppression de la coupole ventrale notamment).

Les besoins officiels ayant changé, les projets MB-171/172/173 ne dépassèrent pas le stade la planche à dessin et seul resta en piste, le MB-174 conçu pour la reconnaissance stratégique, le premier prototype quittant le plancher des vaches la première fois le 5 janvier 1939.

Seuls cinquante MB-174 furent construits, l’armée de l’air préférant mise sur le Bloch MB-175 plus adapté à la mission de bombardement avec notamment une soute à bombes agrandie qui lui fit prendre quinze centimètres.

En septembre 1939, les plans officiels prévoyaient pour l’armée de l’air la commande de 814 MB-175 et de 323 MB-176. Ce dernier modèle était identique en tout point au MB-175. La seule différence était cependant de taille : les Gnome Rhône 14N très employés sur les chasseurs de l’époque cédaient la place aux Pratt & Whitney Twin Wasp. Ce plan fût revisé en février 1940 avec 660 MB-175 et 1550 MB-176 à livrer entre avril 1940 et juillet 1941.

Et la marine dans tout ça ? Cherchant un avion de reconnaissance et d’attaque maritime performant, elle s’intéressa d’abord au Bréguet 693 puis au Potez 631 avant de jeter son dévolu sur le Bloch MB-175 suite au rapport favorable d’un pilote de la marine détaché au sein de l’armée de l’air dans le cadre de la coopération interarmées.

Elle commanda deux prototypes d’une version de reconnaissance et d’attaque maritime qui effectuèrent leur premier vol en février 1940, respectivement les 2 et 12 février.

Satisfaite des modifications _traitement anti-corrosion, radios plus performantes, soute aménagée pour une torpille……_, la marine décida de passer commande. En juillet 1940, la SNCAO reçoit une commande de soixante-douze Bloch MB-175T destinés à équiper six escadrilles de douze appareils.

Ces appareils sont livrés entre septembre 1940 et mai 1941 et à cette première commande succède une deuxième en novembre 1941 pour trente-six appareils destinés à servir de volant de fonctionnement. Cette commande est honorée en février et juillet 1942.

Enfin, en juillet 1948, une troisième commande de 36 appareils est passée à la SNCAO, les premiers appareils étant livrés en octobre 1948, la commande étant totalement honorée en mars 1949.

-La première unité équipée de ce rutilant bimoteur est l’escadrille 6B de la 2ème flottille d’aviation navale. Basée à Fréjus-Saint Raphaël, elle dispose de douze Bloch MB-175T et est considérée comme opérationnelle sur sa nouvelle monture à la mi-décembre après six semaines d’entrainement intensif.

Ces appareils sont chargés de la surveillance de la Méditerranée et en cas de conflit contre l’Italie de s’attaquer à la navigation italienne dans le Golfe de Gênes à l’aide de bombes, de torpilles et nouveauté de roquettes air-sol particulièrement efficaces contre les navires marchands, les navires auxiliaires et les petites unités peu ou pas protégés.

Le 31 août 1948, l’unité dispose toujours de douze bimoteurs MB-175T même si sur ces douze appareils, quatre sont des appareils de remplacement, deux ayant été perdus au cours d’exercice et deux ayant été réformés suite à des problèmes récurrents de moteurs et une usure prononcée de certaines pièces vitales.

Dès le lendemain 1er septembre, l’unité maintien en vol au dessus de la Méditerranée une patrouille de deux MB-175T, chacun armés de deux bombes de 250kg pour une mission de reconnaissance armée.
Ce dispositif est maintenu jusqu’au 12 septembre 1948 _date de sa suppression_, l’Italie ne bougeant pas (encore ?).

-L’Escadrille 5T de la 5ème FAN basée à Lorient-Lann Bihoué est la deuxième unité à recevoir ce nouvel appareil. Les douze Bloch MB-175T de sa dotation organique lui sont livrés en février et mars 1941, la 5ème escadrille de torpillage étant déclarée opérationnelle sur ce nouvel appareil le 3 mai 1941.

Sa mission est de surveiller le Golfe de Gascogne et d’interdire cette «mer intérieure» aux forces navales et sous-marines de l’ennemi pour ainsi protéger les accès aux ports militaires (Brest et Lorient) et civils (Quimper, Saint-Nazaire et Nantes, La Rochelle-La Pallice, Bordeaux, Biaritz, Bayonne, Hendaye………..).

Ces appareils sont toujours en service le 1er septembre 1948 même si sur les douze appareils du lot d’origine, deux ont été perdus en mer et un à l’atterrissage, appareils remplacés par des appareils stockés à Orly.

Mise sur le pied de guerre, l’escadrille 5T va multiplier les patrouilles dans le Golfe de Gascogne pour empêcher tout mouvement ennemi qu’il soit allemand ou espagnol même si le premier est plus crédible que le second.

-L ‘Escadrille 10B voit officiellement le jour le 13 juillet 1941 au sein de la toute nouvelle 4ème flottille d’aviation navale (4ème FAN) qui regroupe les avions terrestres destinés à appuyer depuis la base de Sidi-Ahmed, les unités de la 6ème Escadre Légère. Comme ses cinq autres consoeurs, la 10ème escadrille de bombardement reçoit douze Bloch MB-175T.

Trois appareils ont été perdus durant l’utilisation de cet appareil mais fort heureusement sans perte en vies humaines.

Le 31 août 1948, l’unité est mise en alerte et voit ses effectifs complétés par le rappel de réservistes et d’anciens de l’unité qui se portent volontaires. L’escadrille 10B reçoit pour mission de surveiller le Golfe de Syrte et pour plus d’efficacité, un détachement avancé est établit à Gabès pour multiplier les patrouilles dans cette région.

-L’Escadrille 1B jadis équipée de bombardiers en piqué Vought 156F est transformée sur Bloch MB-175T, douze bimoteurs remplaçant en septembre 1942 sur la base aéronavale de Calais-Marck neuf bombardiers en piqué monomoteurs.

En cas de conflit, la mission de cette unité est d’interdire à la flotte allemande l’accès à la Manche et d’appuyer à la fois l’ELN mais également si ils le souhaitent, le Corps Naval Belge et la marine néerlandaise.

Trois appareils sont perdus au cours de ces six années d’utilisation : un en mer en mars 1944 (équipage disparu présumé mort), un à atterrissage en septembre 1945 (équipage sauf) et un autre en mer en mai 1947 (équipage récupéré par un Potez-CAMS 143 de l’escadrille 5E)

A partir de juin 1945, cette escadrille bénéficie du renfort de l’escadrille 15T équipée de douze bombardiers-torpilleurs Lioré et Olivier Léo 456, les MB-175T pouvant pister un ou plusieurs navires ennemis et déclencher sur eux la foudre avec les bombadiers-torpilleurs de cette nouvelle escadrille.

A partir du 1er septembre 1948, les Bloch MB-175T de la 1B vont multiplier les patrouilles dans le détroit du Pas de Calais et en mer du Nord, patrouilles qui prennent une autre importance et une autre saveur avec les raids aériens allemands et l’invasion de la Norvège et du Danemark.

-L’escadrille 15B est la dernière à recevoir (avant guerre) le nouveau bimoteur. Créée le 21 septembre 1941 à Than-Son-Nut avec douze Martin 167F.

En novembre 1943, les dix Martin 167F sont remplacés par douze Bloch MB-175T de reconnaissance et d’attaque maritime.

Cette escadrille basée sur ce qui n’est pas encore l’aéroport international de Saïgon doit donner de l’allonge aux FNEO en lui permettant d’affaiblir et d’amoindrir les forces navales adverses avant qu’elles n’entrent en contact avec les forces amies. Sa capacité de bombardier horizontal sera également précieuse pour appuyer les troupes au sol défendant l’Indochine.

En septembre 1945, l’unité intègre la 12ème flottille d’aviation navale et déménage à Cam-Ranh d’où elle mène ses missions de reconnaissance armée.

Au 1er septembre 1948, l’unité peut fièrement afficher un taux d’attrition nul _en dépit d’une utilisation intensive des bimoteurs MB-175T_ et à partir du 5 septembre 1948 renforce sa présence au dessus des flots au cas où le Japon aurait eut un plan concerté avec l’Allemagne.

Caractéristiques Techniques du Bloch MB-175T

Type : bimoteur d’attaque et de reconnaissance maritime

Poids : à vide 5600kg maximale 7150kg

Dimensions : Envergure 17.80m Longueur 12.15m Hauteur 3.50m

Motorisation : deux moteurs radiaux Gnôme-Rhône 14N-48 (G)/49 (D) 14 cylindres en étoile refroidis par air dévellopant 1140ch et entrainant des hélices tripales

Performances : vitesse maximale 530 km/h autonomie maximale 1800km plafond pratique 11000m

Armement : deux mitrailleuses MAC 34 de 7.5mm dans les ailes alimentées à 1000 coups chacune, deux mitrailleuses de 7.5mm en un affût double en poste arrière, une puis trois mitrailleuses en poste de défense arrière.

Soute aménagée pour pouvoir emporter une torpille de 400mm (poids : 674kg). Points d’appui sous les ailes pour deux bombes de 125kg sous chaque aile ou pour un total de six roquettes de 130mm.

Equipage : pilote, observateur _dirige les mitrailleuses du poste inférieur arrière par une pédale_ et un mitrailleur en poste arrière

17-Aviation navale (26)

Escadrille 6B

L’escadrille B-4 devait être armée à l’automne 1939 au cours de la guerre de Pologne mais le conflit s’achevant plus rapidement que prévu, cette escadrille est mise en sommeil en février 1940 tout en étant administrativement intégrée à la 2ème flottille d’aviation navale basée à Fréjus-Saint Raphaël à partir du 15 septembre 1940.

C’est toujours en unité fantôme que l’escadrille B-4 devient l’escadrille 6B le 1er octobre 1940 mais pour peu de temps puisque quelques jours après sont livrés les premiers Bloch MB-175T.

Douze de ces bimoteurs de reconnaissance et d’attaque maritime sont ainsi livrés à l’unité qui après un entrainement intensif est déclarée pleinement opérationnelle sur le nouvel avion à la fin du mois de décembre 1940.

Ces appareils sont chargés de la surveillance de la Méditerranée et en cas de conflit contre l’Italie de s’attaquer à la navigation italienne dans le Golfe de Gênes à l’aide de bombes, de torpilles et nouveauté de roquettes air-sol particulièrement efficaces contre les navires marchands.

Le 31 août 1948, l’unité dispose toujours de douze bimoteurs MB-175T même si sur ces douze appareils, quatre sont des appareils de remplacement, deux ayant été perdus au cours d’exercice et deux ayant été réformés suite à des problèmes récurrents de moteurs et une usure prononcée de certaines pièces vitales.

A partir du 1er septembre 1948, l’unité maintien en vol au dessus de la Méditerranée une patrouille de deux MB-175T, chacun armés de deux bombes de 250kg pour une mission de reconnaissance armée. Ce dispositif est maintenu jusqu’au 12 septembre 1948 quand il est supprimé, l’Italie ne bougeant pas.

Escadrille 7B

Le 12 mai 1941 est créée sur la base de Lann-Bihoué près de Lorient, l’escadrille 7B, une escadrille de bombardiers-torpilleurs équipée d’abord de seize Lioré et Olivier Léo 451 identiques à ceux mis en oeuvre par l’armée de l’air.

Ces bombardiers bimoteurs bien qu’efficace ne sont pas totalement adaptés aux opérations navales mais cette situation est temporaire et progressivement, ces appareils au cours de grande visite sont mis au standard Léo 456 qui lui répond parfaitement aux désideratas de la marine.

En décembre 1942, le remplacement est totalement achevés mais si douze appareils sont bien des appareils d’origine, quatre sont des appareils produits neufs comme des Léo 456 remplaçant des appareils perdus avant de pouvoir être transformés ou trop endommagés pour qu’il soit jugé profitable de les réparer.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 date à laquelle l’escadrille est mise en alerte pour faire face à toute éventualité.

Le 5 septembre 1948, à l’annonce des bombardements allemands sur le Danemark et la Norvège, elle reçoit l’ordre de faire mouvement vers le Nord de la France et l’aérodrome de Lille-Lesquin, première étape vers soit un déploiement avancé en Belgique ou en Grande Bretagne.

Escadrille 8B

En septembre 1939, l’escadrille B-1 est basée sur l’Etang de Berre avec pour équipement quatorze hydravions de bombardement Lioré et Olivier H257bis. A la mobilisation, elle rallie Port Lyautey pour mener en Méditerranée comme dans l’Atlantique des patrouilles anti-sous-marines.

Après la fin de la guerre de Pologne, l’unité reste déployée à Port-Lyautey et intègre le 15 septembre 1940 la 6ème flottille d’hydravions qui regroupe tous les hydravions basés au Maroc. Un mois plus tard, l’escadrille B-1 devient l’escadrille 8B avec toujours ces vénérables biplans comme équipement.

En mars/avril 1941, les dix appareils encore en état de vol sont remplacés par douze hydravions bimoteurs Bloch MB-481 nettement plus moderne.

Depuis sa base marocaine, la 8B va effectuer des patrouilles de surveillance dans l’Atlantique mais également parfois en Méditerranée, s’entrainant également avec les navires de passage dans les eaux marocaines (nombreux car Casablanca était une escale quasi-obligée des navires ralliant la Méditerranée depuis les ports de la Manche et de l’Atlantique).

Ces appareils (dix appareils du lot d’origine, deux de remplacement) sont encore en service le 31 août 1948 et vont maintenir une présence permanente au dessus des convois entre Brest et Casablanca, se relayant avec des unités du CAAN à partir du 5 septembre 1948 tout en surveillant la possible irruption sur les côtes marocaines de raiders ou de navires allemands pour une démonstration semblable à celle du Goeben en 1914 en Algérie, cette crainte avait d’ailleurs été indirectement à l’origine de la perte du Pluton.

Escadrille 9B

Cette escadrille de bombardement en piqué est une escadrille embarquée sur le porte-avions Painlevé et donc appartenant à la 7ème flottille d’aviation navale qui est créée en même temps que le 9B à savoir le 1er juin 1943.

Cette flottille est équipée de neuf bombardiers en piqué monoplaces Loire-Nieuport LN-401 destinés à attaquer aussi bien les batteries côtières que les navires de guerre, ce mode d’attaque étant jugé plus efficace que le bombardement horizontal contre une cible mobile et de taille souvent réduite.

L’escadrille effectue ses premiers mouvements aviation à bord du Painlevé du 1er juin au 8 juillet 1944 au cours de la deuxième campagne d’essais du porte-avions, l’escadrille 9B perdant un appareil qui se crashe sur le pont d’envol (pilote tué).

C’est donc à seulement huit appareils que l’escadrille participe à la traversée longue durée du porte-avions qui quitte Brest le 15 juillet direction les Antilles et rentre à Brest le 18 août.

Reconstituée à neuf appareils, l’unité s’entraine depuis la terre lors de l’immobilisation du porte-avions pour les démontages et les modifications après la TLD (20 août au 12 septembre) avant de reprendre les opérations embarquées dès la disponibilité de la plate-forme mise en service le 18 août 1944, presque seize mois après le Joffre.
A chaque sortie du porte-avions, l’escadrille 9B menait les mêmes opérations que les autres escadrilles embarquées de la marine nationale : formation pratique de jeunes pilotes, validation de l’expérience et des acquis des pilotes confirmés, entrainement aux missions de guerre, exercices avec l’armée de l’air et d’autres unités de la Flotte de l’Atlantique.

Du 22 juillet 1946 au 14 mars 1947, le Painlevé subit son premier grand carénage. Cela laisse la 7ème flottille d’aviation navale sans plate-forme mais cela permet à l’escadrille 9B de changer de monture.

En effet, le Loire-Nieuport LN-420 remplace le LN-401 (sept appareils encore en état de vol à l’époque). Bien qu’il y ait un air de famille entre les deux appareils, le LN-420 est un nouvel appareil, un biplace remplaçant un monoplace, l’expérience des exercices ayant montré l’utilité d’un mitrailleur arrière pour protéger l’avion de la chasse ennemie lors de la phase délicate du piqué vers sa cible.

La navalisation de l’unité _privée de porte-avions depuis huit mois_ à lieu lors de la remise en condition du porte-avions au large de Dakar du 11 avril au 27 mai avec la participation de l’armée de l’air.

Du 2 au 21 novembre 1947, le Painlevé participe à un exercice avec les cuirassés Normandie et Lorraine, le porte-avions léger Alienor d’Aquitaine accompagnés par huit torpilleurs d’escadre et le PRE La Seine. L’escadrille 9B se frotte en particulier aux novices de l’escadrille 11B embarquée sur le porte-avions léger.

Après un entrainement du 1er au 5 septembre, en mer d’Iroise, l’escadrille 9B et les autres escadrilles embarquées sur le Painlevé se préparent à mener des missions de guerre suite à l’attaque allemande en Norvège et au Danemark.

A quai, le porte-avions est ravitaillé en carburant, vivres, pièces détachées et munitions de guerre (pour recompléter les stocks) pendant que les avions sont révisés à bord, certains jugés trop usés sont remplacés par des appareils neufs venus de Lanvéoc-Poulmic où _sage précaution_, quelques appareils des modèles embarqués sur le Painlevé avaient été stockés. L’escadrille 9B change ainsi trois de ces neufs bombardiers en piqué.

Escadrille 10B

Cette escadrille est activée le 13 juillet 1941 au sein de la toute nouvelle 4ème flottille d’aviation navale (4ème FAN) qui regroupe les avions terrestres destinés à appuyer depuis la base de Sidi-Ahmed, les unités de la 6ème Escadre Légère.

La 10B est ainsi équipée de douze rutilants bimoteurs Bloch MB-175T de reconnaissance armés, capables de patrouiller de longues heures au dessus des flots mais également capable de déclencher le feu de Wotan sous la forme de raids de bombardement, de torpillage et d’attaque à l’aide de roquettes air-sol.

Trois appareils ont été perdus durant l’utilisation de cet appareil mais fort heureusement sans perte en vies humaines.

Le 31 août 1948, l’unité est mise en alerte et voit ses effectifs complétés par le rappel de réservistes et d’anciens de l’unité qui se portent volontaire. L’escadrille 10B reçoit pour mission de surveiller le Golfe de Syrte et pour plus d’efficacité, un détachement avancé est établit à Gabès pour multiplier les patrouilles dans cette région.

13-Sous-marins (28) sous-marins classe Rolland Morillot (5)

L’Aber Wrach

L'Aber Wrach est un fleuve côtier et non une île

L’Aber Wrach est un fleuve côtier et non une île

-L’Aber Wrach  est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand le 7 juillet 1944 lancé le 14 mars 1946 et mis en service le 5 septembre 1947.

Le sous-marin dont l’achèvement avait été réalisé comme tous les sous-marins par l’Arsenal de Cherbourg quitte la Basse Normandie le 6 septembre 1947 en compagnie du mouilleur de mines Pollux qui va l’escorter jusqu’à Bizerte. Les deux navires font escale à Casablanca du 11 au 14 septembre puis rallient la Tunisie et Bizerte où ils arrivent le 21 septembre 1947.

Placé hors rang au sein de la 3ème FSM, il forme une nouvelle 10ème DSM à partir du 7 octobre 1947, jour de l’admission au service actif de l’Ile de Batz qui était encore à Cherbourg à l’époque.

La 10ème DSM devient donc une réalité seulement le 24 octobre 1947 quand l’Ile de Batz arrive à Bizerte et atteindra son format définitif à la fin du mois de décembre avec l’arrivée en Tunisie du Tromelin.

Du 5 au 15 janvier 1948, les sous-marins Aber Wrach et Tromelin sortent pour un exercice commun avec les croiseurs légers de la 2ème DC et l’armée de l’air, les sous-marins pourchassant les croiseurs avec l’appui ou l’opposition de l’armée de l’air dont la mobilisation permet également d’entrainer les sous-marins et les croiseurs à la défense aérienne à la mer.

Le 5 septembre 1948, l’Aber Wrach venait de rentrer d’une patrouille de trois semaines en Adriatique. Il n’est pas en mesure d’appareiller avant dix jours le temps que le navire soit révisé, ses approvisionnements recomplétés et son équipage reposé.

L’Ile de Batz

Ile de Batz

Ile de Batz

-L’Ile de Batz  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Seine-Maritime (ACSM) au Trait le 12 septembre 1944 lancé le 14 août 1946 et mis en service le 7 octobre 1947.

Le 8 octobre 1947, il quitte Cherbourg en compagnie de l’Engageante, une ancienne canonnière utilisée depuis comme ravitailleur d’hydravions. Les deux navires font escale à Casablanca du 15 au 17 octobre puis rallient Bizerte le 24 octobre 1947 dans la soirée, permettant à la 10ème DSM d’avoir une existence concrète.

Le 5 septembre 1948, le sous-marin Ile de Batz était déployé en Adriatique, ayant relevé l’Aber Wrach. Il reçoit l’ordre de surveiller le nord de l’Adriatique et notamment les ports de Venise et de Trieste.

L’Ile de Porquerolles

Carte de l'Ile de Porquerolles

Carte de l’Ile de Porquerolles

-L’Ile de Porquerolles est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand  le 15 octobre 1945 lancé le 20 septembre 1947 et mis en service le 17 mars 1948.

Sa mise en service permet l’activation de la 11ème DSM, l’une des divisions de la 3ème flottille de sous-marine placée sous l’autorité de la 6ème Escadre Légère, division qu’il forme avec L’Ile de Molène.

Le 18 mars 1948, il quitte Cherbourg en compagnie de l’Engageante, les deux navires faisant escale à Casablanca du 22 au 24 mars avant de rallier Bizerte le 31. La 11ème DSM n’atteindra son format définitif qu’à la fin du mois de juillet avec la mise en service du Clipperton.

Le 5 septembre 1948, l’Ile de Porquerolles était à la mer pour un entrainement. Cet entrainement est annulé et il rallie sa zone de patrouille en l’occurence le Golfe de Syrte pour avoir un œil sur le port de Benghazi en Libye italienne.

L’Ile d’If

Chateau de l'île d'If

Château de l’île d’If

-L’Ile d’If est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Seine-Maritime (ACSM) le 2 février 1944 lancé le 14 mars 1946 et mis en service le 15 septembre 1947.

Affecté à la 5ème DSM, l’Ile d’If permet à la division d’atteindre son format définitif à quatre sous-marins.

Le 5 septembre 1948, L’Ile d’If est à quai. Il appareille dans la nuit du 5 au 6 septembre pour prendre position au niveau du Cap Corse.

13-Sous-marins (21) sous-marins classe Saphir

G-Sous-marins mouilleurs de mines classe Saphir

Avant-propos

Apparue au 19ème siècle et longtemps confondue avec la torpille, la mine marine ne tarda pas à montrer sa redoutable efficacité au cours du premier conflit mondial notamment le 27 octobre 1914 quand le cuirassé britannique Audacious est coulé par une mine allemande.

A la fin du premier conflit mondial, les alliés mouillèrent un gigantesque champ de mines en mer du Nord pour empêcher les sous-marins allemands de gagner l’Atlantique en contournant les îles britanniques.

Si ces champs de mines pouvaient être mis en place par des navires de surface spécialisés ou adaptés, le mouillage de champs de mines offensifs est bien plus délicat car sous la menace aérienne et navale de l’ennemi.

D’où l’idée de sous-marins spécialisés pour larguer des bouchons de mines capables de gêner voir de paralyser les mouvements de la flotte ennemie.

La marine française qui à perdu un cuirassé suite à des mines (le Bouvet aux Dardanelles, plus le Gaulois gravement endommagé) comprend l’intérêt de posséder une bonne capacité de mouillage de mines en surface (mouilleur de mines Pluton puis croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin) et sous-marine.

Six variantes du projet O sont dévellopées à partir de 1923 et c’est l’ultime variante (O6) qui est choisie. Deux sous-marins baptisés Saphir et Turquoise sont financés à la tranche 1925, un troisième baptisé Nautilus est financé à la tranche 1926 et un quatrième baptisé Rubis à la tranche 1927.
Le Saphir

Le Saphir

Le Saphir

-Le Saphir est mis sur cale à l’Arsenal de Toulon le 25 mai 1926 lancé le 20 décembre 1928 et mis en service le 30 septembre 1930.

En septembre 1939, le Saphir appartient à la 20ème DSM en compagnie de ses sister-ships Turquoise Nautilus et Rubis, division formant la 4ème Escadrille avec la 17ème DSM, la 4ème ESM dépendant tout comme la 5ème Escadrille de la 4ème flottille placée sous l’autorité du préfet de la 4ème région maritime mais opérant souvent avec la 4ème Escadre Légère.

La réorganisation de septembre 1940 rattache la 20ème DSM à la 3ème flottille de sous-marins qui devient la composante sous-marine de la 6ème Escadre Légère.

Du 1er novembre au 10 décembre 1942, le Saphir est échoué sur le dock flottant pour sous-marins de l’Arsenal de Sidi-Abdallah afin d’y subir un grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 26 décembre 1942. Les essais officiels ont lieu du 27 au 29  et la remise en condition du 2 au 14 janvier 1942.

A la différence des sous-marins d’attaque, les sous-marins mouilleurs de mines n’effectuaient pas de patrouilles à proprement parler même si ils naviguaient régulièrement dans des eaux qu’ils pourraient avoir à miner en cas de conflit. Le Golfe de Syrte devint famillier au Saphir et à ses compères de la 20ème DSM.

Il jouait également le rôle de plastron pour des exercices ASM notamment lors des manoeuvres «Harmattan» du 12 mai au 10 juin 1944 en compagnie de son sister-ship Nautilus mais également des sous-marins de moyenne patrouille L’Arethuse et La Vestale.

Du 11 décembre 1945 au 15 janvier 1946, le Saphir est à nouveau échoué sur le dock-flottant pour un nouveau grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 26 janvier 1946. Il réalise ses essais officiels les 27 et 28 janvier 1946 et sa remise en condition du 30 janvier au 12 février 1946.

Quand la guerre éclate le 5 septembre 1948, le Saphir est à La Valette pour une escale de courtoisie sur invitation du commandant des sous-marins de la Mediteranean Fleet. A l’annonce des bombardements, il ravitaille en carburant et appareille pour Bizerte afin de charger ses mines pour une  mission de mouillage au large de Benghazi.

Le Turquoise

Le Turquoise

Le Turquoise

-Le Turquoise est mis sur cale à l’Arsenal de Toulon le 20 octobre 1926, lancé le 16 mai 1929 et mis en service le 10 septembre 1930

En septembre 1939, le Turquoise appartient à la 20ème DSM en compagnie de ses sister-ships  Saphir Nautilus et Rubis, division formant la 4ème Escadrille avec la 17ème DSM, la 4ème ESM dépendant tout comme la 5ème Escadrille de la 4ème flottille placée sous l’autorité du préfet de la 4ème région maritime mais opérant souvent avec la 4ème Escadre Légère.

La réorganisation de septembre 1940 rattache la 20ème DSM à la 3ème flottille de sous-marins qui devient la composante sous-marine de la 6ème Escadre Légère.

Du 21 septembre au 30 octobre 1942, le Turquoise est échoué sur le dock flottant de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour un grand carénage.
Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 13 novembre 1942. Les essais réglementaires ont lieu du 14 au 16  puis la remise en condition est menée du 18 au 30 novembre.

Si Le Saphir se familiarise avec le Golfe de Syrte, le Turquoise lui devient familier du Golfe de Tarente où il doit jouer au chat et à la souris avec les patrouilleurs et torpilleurs italiens. Ils participent tous les deux à des exercices ASM, le Turquoise et le Nautilus servant de plastron pour l’entrainement ASM de la 7ème DCT du 12 au 21 mars 1945.

Le sous-marin Turquoise subit un nouveau grand carénage sur le dock flottant de l’Arsenal de Sidi-Abdallah du 7 novembre au 10 décembre 1945. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 20 décembre, exécutant ses essais officiels du 21 au 23 et réalisant sa remise en condition du 1er au 12 janvier 1946.

Du 23 au 30 juin 1947, il participe avec son compère Rubis à l’entrainement ASM des contre-torpilleurs Le Terrible Le Triomphant et L’Indomptable.

Le 5 septembre 1948, le Turquoise était à quai à Bizerte et à l’annonce des bombardements est mis en alerte pour un éventuel appareillage.

Le Nautilus

-Le Nautilus est mis sur cale à l’Arsenal de Toulon le 8 août 1927 lancé le 20 mars 1930 et mis en service le 15 juillet 1931.

En septembre 1939, le Nautilus appartient à la 20ème DSM en compagnie de ses sister-ships  Saphir Turquoise et Rubis. Cette division est stationnée à Bizerte en compagnie des autres unités de sous-marins appelés à opérer au profit de la 4ème Escadre Légère.

La réorganisation de septembre 1940 rattache la 20ème DSM à la 3ème flottille de sous-marins qui devient la composante sous-marine de la 6ème Escadre Légère.

Du 11 décembre 1942 au 20 janvier 1943, le Nautilus est échoué sur le dock flottant pour sous-marins de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour grand carénage. Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 2 février. Les essais réglémentaires ont lieu les 3 et 4 février et sa remise en condition du 6 au 17 février.

Si Le Saphir se familiarise avec le Golfe de Syrte et le Turquoise le Golfe de Tarente où il doit jouer au chat et à la souris avec les patrouilleurs et torpilleurs italiens, le Nautilus s’intéresse notamment au canal d’Otrante dont l’obstruction provoquerait bien des déboires à la marine italienne.

Le Nautilus sert aussi de plastron pour les entrainements anti-sous-marins des navires de surface comme du 21 février au 1er mars 1944 quand le Nautilus et le Rubis s’entrainent avec les contre-torpilleurs Le Triomphant et L’Indomptable ou encore lors des manoeuvres Harmattan du 12 mai au 10 juin, le Nautilus y participant en compagnie du Saphir, de La Vestale et de L’Arethuse voir du 12 au 21 mars 1945 quand le Nautilus et le Turquoise sont engagés dans l’entrainement ASM de la 7ème DCT.

Du 16 janvier au 25 février 1946, le Nautilus est échoué sur le dock flottant pour un nouveau grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 7 mars, réalisant ses essais réglementaires les 8 et 9 mars et sa remise en condition du 11 au 26 mars 1946.

Quand le second conflit mondial éclate le 5 septembre 1948, le Nautilus était en entretien à flot à Bizerte. Il accélère aussitôt ses travaux pour pouvoir appareiller le plus rapidement possible.

Le Rubis

Le sous-marin mouilleur de mines Rubis

Le sous-marin mouilleur de mines Rubis

-Le Rubis est mis sur cale à l’Arsenal de Toulon le 3 avril 1929 lancé le 30 septembre 1931 et mis en service le 4 avril 1933.

En septembre 1939, le Rubis appartient à la 20ème DSM en compagnie de ses sister-ships  Saphir Turquoise et Nautilus, division formant la 4ème Escadrille avec la 17ème DSM, la 4ème ESM dépendant tout comme la 5ème Escadrille de la 4ème flottille placée sous l’autorité de Premar IV mais opérant souvent avec la 4ème Escadre Légère.

La réorganisation de septembre 1940 rattache la 20ème DSM à la 3ème flottille de sous-marins qui devient la composante sous-marine de la 6ème Escadre Légère.

Du 21 janvier au 28 février 1943, le sous-marin Rubis est échoué sur le dock-flottant de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 10 mars, réalisant ses essais officiels les 11 et 12 mars et sa remise en condition du 14 au 28 mars.

Des quatre sous-marins de la 20ème DSM, le Rubis à probablement la mission la plus dangereuse puisqu’en temps de guerre, il à pour mission rien de moins que d’interdire avec ses mines le détroit de Messine entre la Sicile et la péninsule italienne.

Du 21 février au 1er mars 1944, le Nautilus et le Rubis participent à l’entrainement ASM des contre-torpilleurs Le Triomphant et L’Indomptable de la 10ème DCT (4ème escadre Mers-El-Kébir).

Le Rubis subit au printemps 1946 un nouveau grand carénage. Pour cela, il est échoué sur le dock-flottant du 26 février au 30 mars. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 10 avril. Les essais réglementaires ont lieu les 11 et 12 avril et sa remise en condition du 14 au 26 avril 1946.

Du 23 au 30 juin 1947, le Rubis accompagné du Turquoise participe à l’entrainement ASM des contre-torpilleurs de la 10ème DCT.

Victime d’une avarie de batterie le 3 septembre 1948,  le Rubis était indisponible quand éclate le second conflit mondial mais les travaux sont accélérés pour permettre au submersible de reprendre la mer et de prendre part au combat le plus rapidement possible.

Classe Saphir

Caractéristiques Techniques de la classe Saphir

Déplacement : surface 669 tW en plongée 925 tW

Dimensions : longueur 65.90m largeur 7.10m tirant d’eau 4.1m

Propulsion : deux moteurs diesels Normand-Vickers de 650ch et deux moteurs électriques de 550ch entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale en surface 12 noeuds en plongée 9 noeuds Rayon d’action 4000 miles nautiques à 12 noeuds en surface et 80 miles nautiques à 4 noeuds en plongée. Immersion : 80m

Armement :

-Un canon de 75mm modèle 1897-15 puis 1928; une mitrailleuse de 13.2mm et deux mitrailleuses de 8mm puis deux mitrailleuses de 13.2mm

-32 mines stockées par paires dans seize puits latéraux extérieurs;

-Deux tubes lance-torpilles de 550mm à l’étrave, une plate-forme axiale avec un tube de 550mm et deux de 400mm

Equipage : 40 officiers et marins

13-Sous-marins (2) Classe Requin (1)

A-Sous-marins de grande patrouille de classe Requin (projet C4)

Genèse

Après plusieurs années de réflexion, de «digestion» des leçons du premier conflit mondial, le projet de sous-marin de grande patrouille arrive à maturité au printemps 1920 et est définitivement adopté le 30 juin 1920, définissant un sous-marin de 1100 tonnes, dix tubes lance-torpilles et un canon de 100mm.

Neuf sous-marins de grande patrouille de «1100 tonnes» vont ainsi être construits, six financés à la tranche 1922 (Requin Souffleur Morse Narval Marsouin Dauphin) et trois au contingent 1923 (Caïman Phoque Espadon).

Le Requin

Le sous-marin Requin

Le sous-marin Requin

-Le Requin (numéro constructeur : Q-115) est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 14 juin 1922 lancé le 19 juillet 1924 et mis en service le 28 mai 1926.

Effectuant toute sa carrière en Méditerranée, le premier sous-marin «moderne» de notre marine connait un certain nombre de problèmes techniques qui nécessitent une importante refonte, exécutée aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) de La Seyne sur Mer du 20 février 1936 au 6 janvier 1938.

Quand éclate la guerre de Pologne le 1er septembre 1939, le Requin appartient à la 11ème Division de Sous-Marins (11ème DSM) en compagnie de ses sister-ships Marsouin et Narval, division déployée au Levant pour assurer la défense des mandats et la surveillance du Dodécanèse alors possession italienne.

La réorganisation de septembre 1940 relocalise la 11ème DSM à Bizerte, intégrant la 3ème flottille de sous-marins, composante sous-marine de la 6ème Escadre Légère chargée de mordre les mollets italiens.
Le Requin subit un grand carénage à Bizerte du 20 octobre au 10 décembre 1940, sortant pour essais du 11 au 13 décembre puis pour remise en condition du 15 au 30 décembre.

Il reprend ensuite ses patrouilles au large des côtes italiennes et libyennes, surveillant le trafic commercial italien mais également les manoeuvres de la Regia Marina en surface et en plongée, devant jouer avec l’agressivité des patrouilleurs italiens, plusieurs abordages sont évités de justesse contre les navires italiens chargés de protéger Tarente et Benghazi.

Le Requin est mis en position de complément le 5 juin 1942 et mouillé dans le lac de Bizerte en attendant qu’une décision soit prise. Il passe sur le dock flottant pour sous-marins pour inspection du 15 au 20 juillet 1942, inspection qui révèle un état matériel médiocre.

Le Requin est officiellement désarmé le 22 juillet 1942 et condamné le 4 août 1942, retrouvant son numéro constructeur soit le Q-115.

Le Souffleur

Sous-marins Requin et Souffleur lors de la revue navale de Cherbourg en 1925

Sous-marins Requin et Souffleur lors de la revue navale de Cherbourg en 1925

-Le Souffleur est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 2 octobre 1922 lancé le 1er novembre 1924 et mis en service le 10 août 1926.

Effectuant toute sa carrière en Méditerranée, le premier sous-marin «moderne» de notre marine connait un certain nombre de problèmes techniques qui nécessitent une importante refonte, exécutée aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Saint-Nazaire du 28 octobre 1935 au 26 novembre 1937.

Quand éclate la guerre de Pologne le 1er septembre 1939, le Souffleur appartient à la 9ème DSM composée également des sous-marins Caïman et Morse, division de la 3ème flottille intégrée à la 4ème Escadre Légère.

Du 15 mars au 21 mai 1940, il subit à Bizerte un grand carénage sur le dock flottant, sortant pour essais du 22 au 25 mai et pour remise en condition du 27 mai au 10 juin 1940, reprenant ensuite ses patrouilles.

La réorganisation de septembre 1940 ne change pas la situation du Souffleur (mis à part le fait que la 4ème EL est devenue la 6ème EL) qui multiplie les patrouilles avec une préférence pour le Golfe de Syrte même si parfois certaines patrouilles le conduisit jusqu’au Dodécanèse voir en Adriatique, des escales de ravitaillement discrètes ayant eu lieu à Kotor.

Le Souffleur est mis en position de complément le 14 mars 1942 et mouillé sur le lac de Bizerte en attendant qu’une décision soit prise. Il passe sur le dock-flottant du 5 au 15 juin pour inspection, inspection qui montre un bon état matériel.

Il est décidé de l’utiliser comme sous-marin expérimental au profit du GASM à Toulon. Il garde son nom et passe sur le dock flottant du 21 au 30 juillet, le sous-marin ne conservant que deux tubes lance-torpilles à l’avant et deux à l’arrière.

Il sort pour essais du 1er au 4 août puis pour remise en condition du 6 au 13 août, arrivant à Toulon le lendemain 14 août 1942. Rattaché au GASM, il va être utilisé pour des tests de moteurs, d’armement, de  systèmes «électroniques»………. .

Utilisé intensivement, il est victime d’une grave avarie de moteur le 14 juin 1946. Il est désarmé le lendemain  puis condamné le 27 juin 1946 sous le numéro Q-116.

Mouillé au cimetière naval du Bregaillon, il est vendu à la démolition à un chantier de La Ciotat le 4 septembre 1946, remorqué le 10 septembre et démantelé entre le 11 septembre et le 20 octobre 1946.

Le Morse

-Le Morse est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 12 février 1923 lancé le 11 novembre 1925 et mis en service le 10 février 1928.

Comme ses sister-ships, le Morse va subir une refonte aux Ateliers et Chantiers de Saint-Nazaire-Penhoët du 15 novembre 1935 au 26 novembre 1937.

Quand éclate la guerre de Pologne le 1er septembre 1939, le sous-marin Morse appartient à la 9ème DSM en compagnie de ses sister-ships Caïman et Souffleur, division de la 3ème Flottille de Sous-Marins, la composante sous-marin de la 4ème Escadre Légère, devenue 6ème EL en septembre 1940.

Du 23 août au 19 octobre 1940, il est immobilisé sur le dock flottant pour le dernier grand carénage de sa carrière, sortant pour essais du 21 au 23 octobre et pour remise en condition du 25 octobre au 8 novembre 1940.

Il va comme ses compères de la 9ème DSM mener d’incessantes patrouilles ayant pour principales zones de patrouilles le canal d’Otrante, le golfe de Syrte, le golfe de Tarente, les ports de Sicile.

Le Morse est mis en position de complément le 21 mars 1942 ce qui entraine la dissolution de la 9ème DSM. Il passe sur le dock flottant du 15 au 22 mai pour inspection, inspection qui révèle un état matériel très détérioré en raison notamment d’un échouage à proximité des côtes libyennes.

Le sous-marin Morse est officiellement désarmé le 24 mai 1942 et condamné le 4 juin 1942 redevenant le Q-117. Mouillé sur le lac de Bizerte, il y reste jusqu’au 17 septembre 1945 quand il est remorqué en haute mer pour servir de cible à l’aéronavale, la coque de l’ancien sous-marin encaissant deux torpilles et quatre bombes avant de couler.

Le Narval

Le Narval à la mer

Le Narval à la mer

-Le Narval est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 19 mars 1923 lancé le 9 mai 1925 et mis en service le 23 juillet 1926.

Comme ses huit sister-ships, il est refondu aux Anciens Chantiers Dubigeon de Nantes du 22 novembre 1935 au 8 février 1938.

Quand éclate la guerre de Pologne le 1er septembre 1939, le Narval appartient à la 11ème Division de Sous-Marins (11ème DSM) en compagnie de ses sister-ships Marsouin et Requin, division déployée au Levant pour assurer la défense des mandats et la surveillance du Dodécanèse alors possession italienne.

La réorganisation de septembre 1940 relocalise la 11ème DSM à Bizerte, intégrant la 3ème flottille de sous-marins, composante sous-marine de la 6ème Escadre Légère chargée de mordre les mollets italiens.
Après avoir enchainé les patrouilles en Méditerranée orientale et en Adriatique _allant jusqu’à Venise_ , le Narval subit un grand carénage sur le dock  flottant de Bizerte du 6 mars au 15 juin 1941, sortant pour essais du 16 au 18 juin puis pour remise en condition du 20 juin au 3 juillet 1941.

Le Narval est mis en position de complément le 15 juin 1942 ce qui entraine la dissolution de la 11ème DSM, laissant le Marsouin hors rang.

Il passe sur le dock flottant pour inspection du 15 au 22 août, inspection qui révèle un bon état matériel. Il est décidé de le confier au GASM comme sous-marin d’essais et d’expérimentation. Il subit pour cela des travaux du 5 au 15 septembre 1942, sortant pour essais du 16 au 18 septembre puis pour remise en condition du 20 septembre au 4 octobre, date à laquelle il rallie Toulon.

Il va être utilisé en compagnie du Souffleur pour tester des armes, des systèmes mais également de nouvelles tactiques et jusqu’au 15 juin 1948 quand la mise en service du Roquebert entraine son désarmement. Mouillé au cimetière naval de Bregaillon (DNM), l’ancien Narval est toujours présent en septembre 1948, le début de la guerre retardant sa vente à la démolition.

Le Marsouin

Le Marsouin à quai

Le Marsouin à quai

-Le Marsouin est mis sur cale à l’Arsenal de Brest le 4 novembre 1922 lancé le 17 décembre 1924 et mis en service le 7 septembre 1927.

Comme ses huit sister-ships, il subit au milieu des années trente une refonte pour résoudre les faiblesses les plus criantes de ces sous-marins. Il est ainsi en travaux aux Anciens Chantiers Dubigeon de Nantes du 3 février 1936 au 4 décembre 1937.

Quand éclate la guerre de Pologne le 1er septembre 1939, le Marsouin appartient à la 11ème Division de Sous-Marins (11ème DSM) en compagnie de ses sister-ships Narval et Requin, division déployée au Levant pour assurer la défense des mandats et la surveillance du Dodécanèse alors possession italienne.

La réorganisation de septembre 1940 relocalise la 11ème DSM à Bizerte, intégrant la 3ème flottille de sous-marins, composante sous-marine de la 6ème Escadre Légère chargée de mordre les mollets italiens.

Le Marsouin subit un grand carénage sur le dock flottant de Bizerte du 11 décembre 1940 au 5 mars 1941, sortant pour essais du 6 au 9 mars avant remise en condition du 11 au 26 mars 1941.

Il reprend ensuite ses nombreuses patrouilles, ayant le Golfe de Tarente, le canal d’Otrante et l’Adriatique.

Le 15 juin 1942, le Narval est mis en position de complément, laissant le Marsouin hors rang au sein de la 3ème flottille.

Suite à une avarie mécanique, le Marsouin est mis en position de complément le 15 août 1942 et mouillé dans le lac de Bizerte. Il passe sur le dock flottant du 16 au 20 septembre et l’inspection montre un état matériel très dégradé.

Le Marsouin est officiellement désarmé le 21 septembre 1942 et condamné le 1er octobre, retrouvant son numéro constructeur le Q-119. Il est mouillé dans le lac de Bizerte jusqu’au 15 septembre 1943 quand il est pris en remorque pour rallier Toulon mais une voie d’eau entraine le naufrage du Q-119 au large du cap Corse.