15-Pétroliers et ravitailleurs rapides (10)

Le Liamone

-Le Liamone est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) de Dunkerque le 4 avril 1940 lancé le 15 janvier 1942 et mis en service le 10 mars 1943 à Cherbourg son port d’armement.

Il quitte Cherbourg le 12 mars 1943, charge du mazout, du gazole et du matériel à Brest le 13 mars puis reprend la mer le 15.

Le Liamone fait escale à Casablanca du 20 au 23 mars avant de rallier Toulon le 28 mars 1943, intégrant la 2ème Escadre pour soutenir notamment les cuirassés et le porte-avions Joffre comme le 21 mars 1945 quand il ravitaille successivement le Provence, le Joffre et leurs quatre torpilleurs d’escadre ou encore le 29 août 1945.

Du 16 au 22 septembre 1945, le Provence sert de plastron au groupe aérien du Joffre, étant ravitaillés à plusieurs reprises par le Liamone. Les cinq navires font escale à Tunis du 23 au 27 septembre avant de tous rentrés à Toulon le 29 septembre 1945.

Du 26 février au 7 avril 1946, Le PRE Liamone est échoué dans le bassin Vauban n°7 pour son premier grand carénage. Outre une remise en état complète, il reçoit un radar et un complément de DCA. Armé pour essais le 15 avril, il sort pour essais les 16 et 17 avril puis pour remise en condition du 19 au 30 avril 1946.

Le 5 mai 1946, le PRE Liamone quitte Toulon en compagnie du cargo rapide Tlemcen et des contre-torpilleurs Desaix Marceau et Kléber (12ème DCT) pour un entrainement de division délocalisé à Dakar et dans le Golfe de Guinée.

Les cinq navires arrivent le 15 mai 1946 à Dakar. Après quelques jours de relache pour réparer le matériel et reposer les hommes, la 12ème DCT entame son cycle d’exercice par une école à feux du 18 au 21 mai avant d’enchainer par un exercice de défense aérienne à la mer du 23 au 27 mai puis un exercice de défense et d’attaque de convois du 29 mai au 5 juin au cours duquel le Tlemcen et le Liamone sont alternativement protégés par deux contre-torpilleurs et attaqué par le troisième.

Après une nouvelle escale à Dakar du 6 au 9 juin, les trois contre-torpilleurs accompagnés du cargo et du pétrolier ravitailleur quittent la capitale de l’AOF le 10 juin puis rallient Abidjan le 15 juin après un transit marqué par une série d’exercices.

Alors que le Tlemcen est mouillé dans la lagune pour servir de base mobile, la 12ème DCT et le pétrolier-ravitailleur reprennent la mer pour une nouvelle série d’exercice ayant pour thème la protection d’un cargo rapide et ce du 17 au 25 juin. La petite escadre fait ensuite escale à Conakry du 27 au 30 juin, à Libreville du 2 au 6 juillet et à Pointe-Noire du 8 au 11 juillet.

Ils rallient le Tlemcen au large d’Abidjan le 14 juillet et les cinq navires entament le transit retour en direction de Toulon, faisant escale à Dakar du 17 au 20 juillet, Casablanca du 24 au 27 juillet avant de rallier Toulon le 1er août 1946.

Le 8 septembre 1947, le pétrolier-ravitailleur d’escadre Liamone quitte Toulon en compagnie des contre-torpilleurs Bayard Du Guesclin Turenne (2ème DCT) Aigle Albatros Gerfaut (5ème DCT) pour un entrainement de division au large du Levant. Les six contre-torpilleurs effectuent ainsi la traversée sans escale Toulon-Beyrouth, étant ravitaillés deux fois par le PRE avant d’arriver à destination le 16 septembre 1947.

Le cycle d’entrainement commence le 19 septembre par une école à feu qui s’achève le 27 septembre 1947. Après une escale à Lattaquié du 28 septembre au 1er octobre, les deux divisions s’affrontent dans un exercice de défense et d’attaque de convois, convoi symbolisé par l’aviso colonial La Grandière et le pétrolier-caboteur Ardèche, les deux divisions assurant tour à tour la défense et l’escorte du convoi sans parler des périodes où les deux divisions sont recomposées.

Après un ravitaillement auprès du Liamone le 10 octobre, les deux divisions de contre-torpilleurs effectuent un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 20 octobre quand ils rallient le port de Beyrouth.

La 2ème et la 5ème DCT accompagnés du PRE quittent le Levant le 25 octobre, relachent à Bizerte du 30 octobre au 4 novembre avant de rentrer à Toulon le 7 novembre 1947 au matin.

Le 5 septembre 1948, le pétrolier-ravitailleur Liamone était à quai à Toulon, en entretien. Il accélère sa remise en condition pour être prêt à mener des missions de guerre.   

Le Rhône

-Le Rhône est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) sis à Bordeaux le 12 septembre 1944 lancé le 12 mars 1946 et mis en service le 4 octobre 1946 à Brest son port d’armement.

Affecté en Indochine, il quitte Brest dès le 1er octobre soit avant sa mise en service pour rallier son port d’attache. Il traverse l’Atlantique à bonne vitesse, se ravitaillant à Fort de France le 9 octobre et arrivant à l’entrée du canal de Panama le 12 octobre. Il franchit le canal interocéanique les 13 et 14 octobre.

Après un bref ravitaillement à Balboa le 15 octobre avant de traverser le Pacifique direction Pearl Harbor où ils font escale du 19 au 21 octobre avant de reprendre leur route, faisant escale à Guam du 26 au 28 octobre, à Subic Bay du 5 au 8 novembre avant de rallier Cam-Ranh le 11 novembre 1946.

Du 13 au 30 novembre 1946, Le Rhône est échoué dans la forme n°1 de l’Arsenal de Cam-Ranh pour inspection et travaux après une longue traversée. Il sort pour essais les 1er et 2 décembre puis remise en condition du 4 au 10 décembre 1946.

Du 4 au 20 février 1947, Le PRE Le Rhône participe à la remise en condition du croiseur lourd Tourville en compagnie du croiseur léger Duguay-Trouin.

Le 24 février, un incident frontalier oppose des légionnaires français à des soldats thaïlandais pour quelques arpents de terre disputés entre la France et la Thaïlande. La France bien décidée à ne pas se laisser se marcher sur les pieds décide d’effectuer une démonstration navale.

Dès le lendemain, une petite escadre appareille de Cam-Ranh, escadre composée des croiseurs Tourville et Duguay Trouin ainsi que du PRE Le Rhône, bientôt rejoints par l’aviso colonial Amiral Charner venu de Saïgon pour une démonstration dans le Golfe de Thaïlande, démonstration à laquelle ne répond pas la marine thaïlandaise.

Cette démonstration s’achève le 4 mars quand les trois navires français mettent cap sur Cam Ranh où ils arrivent le 7 mars 1947, l’amiral Charner lui ralliant Saïgon.

Du 23 octobre au 15 novembre, le pétrolier-ravitailleur d’escadre Le Rhône soutien le croiseur lourd Tourville pour une mission de surveillance dans le Golfe de Thaïlande, relayé par des avions et des hydravions pour pister les unités de la marine thaïlandaise.

Du 24 février au 6 mars 1948, Le Rhône sort pour un entrainement en compagnie du porte-avions léger Alienor d’Aquitaine, du croiseur léger Duguay-Trouin et du croiseur lourd Tourville.

Le 5 septembre 1948, Le Rhône est à quai à Cam-Ranh, s’apprêtant à sortir pour des exercices communs à tous les navires des FNEO.

La Garonne

-Le Garonne est mis sur cale aux Forges et Chantiers de Gironde (FCG) le 4 octobre 1944 lancé le 4 avril 1946 et mis en service le 12 novembre 1946 à Brest, son port d’armement.

Affecté à Diego-Suarez, il quitte Brest le 15 novembre, font escale à Casablanca du 20 au 23 novembre, franchit les colonnes d’Hercules le 24 novembre pour pénétrer en Méditerranée.

La Garonne fait escale à Bizerte du 28 au 30 novembre, est à Alexandrie du 5 au 8 décembre avant de franchir le canal de Suez les 9 et 10 décembre. Il est à Djibouti du 15 au 18 décembre avant de rallier Diego-Suarez le 26 décembre 1946.

Bien que classé PRE, La Garonne va servir autant de ravitailleur rapide pour les navires des FNAEF mais également de transport pétrolier, chargeant à Adaban (Iran) et à Basrah (Irak) du mazout et du gazole pour alimenter les dépôts de Djibouti et de Diego-Suarez.

Le 24 août 1948, il quitte Diego-Suarez en compagnie de la corvette La Rouennaise pour rallier Adaban afin de charger du mazout pour les dépôts de Diego Suarez. Les deux navires arrivent à destination le 2 septembre, chargeant du mazout les 3 et 4 septembre, appareillant dans la nuit du 4 au 5 septembre pour rentrer à Diego Suarez le 14 septembre 1948.

Caractéristiques Techniques des PRE de classe La Seine

Déplacement : standard 8490 tW pleine charge 21200 tonnes 14800 tonnes de port en lourd

Dimensions : longueur hors tout 160m longueur à la flottaison 158m longueur entre perpendiculaires 153m largeur 22m tirant d’eau 9m pleine charge

Propulsion : deux groupes de turbines Parson alimentées par trois chaudières dévellopant 14750ch entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 18 noeuds (14 noeuds en service courant) rayon d’action inconnu

Electronique : un radar de navigation

Capacités : douze citernes pour le transport de mazout (huit citernes), de gazole (deux citernes), de carburant aviation (deux citernes) soit 12000 tonnes de mazout, quatre soutes pour vivres et pièces détachées (170 tonnes au total).

Le ravitaillement à lieu à couple avec quatre postes pour combustible et un en flèche. Deux grues de 25 tonnes pour le transfert à couple et à flot de charges lourdes.

Armement : deux canons de 100mm modèle 1925 et huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 en quatre affûts doubles. Des mitrailleuses de 7.5mm sont embarquées au moment de l’entrée en guerre.  

Equipage : 140 officiers et marins

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15-Pétroliers et Ravitailleurs Rapides (5)

L’Elorn

L'Elorn

L’Elorn

-L’Elorn est mis sur cale aux chantiers Deutsche Werft de Hambourg, lancé le 31 octobre 1930 et admis au service actif le 24 août 1931. Les années qui le sépare de la guerre de Pologne sont occupées à des missions de transport entre la France et les bassins de production (Amérique Latine Caucase) mais à partir de septembre 1939, il va servir de ravitailleur en étant basé à Toulon.

Du 5 septembre au 25 octobre 1941, il est échoué dans le bassin Vauban n°7 pour un grand carénage qui permet une remise en état complète du pétrolier. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 12 novembre, sortant pour ses essais réglementaires les 13 et 14 novembre puis pour remise en condition du 16 au 27 novembre 1941.

Le 7 janvier 1942, L’Elorn quitte Toulon en compagnie du cuirassé Richelieu, des torpilleurs d’escadre Le Corsaire et Le Flibustier et du croiseur léger Jean de Vienne venu de Bizerte, tous ces navires formant la Division Navale Française (DNF) (CA de Penvers) chargée d’une mission de propagande en Amérique du Sud.

La Division Navale Française (DNF) quitte donc Toulon le 7 janvier 1942 sous le commandement du contre-amiral François de Penvers, faisant escale à Casablanca le 13 janvier avant de traverser l’Atlantique, arrivant à Rio de Janeiro le 21 janvier. Ouverts au public, les cinq navires remportent un très grand succès auprès des brésiliens qu’il s’agisse de simples visites ou de réceptions.

La DNF repart le 28 janvier direction Montevideo où elle fait escale du 29 janvier au 5 février 1942 avant de gagner le même jour Buenos Aires où la division reste mouillée jusqu’au 17 février 1942 quand elle appareille pour Valparaiso au Chili, arrivant à destination le 1er mars après une escale de deux jours les 20 et 21 février à Port Stanley, l’Elorn connaissant quelques ennuis mécaniques vite réparés.

La DNF fait escale dans la principale base chilienne du 17 au 29 mars 1942 avant une brève escale à Callao au Pérou du 30 mars au 2 avril puis à Guyaquil (Equateur) du 5 au 7 avril.

Elle franchit le canal de Panama le 9 avril et après une escale de ravitaillement à Fort de France les 14 et 15 avril, elle rentre à Toulon le 25 avril, le Jean de Vienne rentrant ensuite à Bizerte le 28 avril 1942. La DNF est dissoute le lendemain 29 avril 1942.

Le 22 septembre 1942, le pétrolier Elorn quitte Toulon en compagnie de la 1ère DT (torpilleurs légers Le Fier L’Entreprenant Le Farouche et L’Agile), de la 5ème DCT (Aigle Albatros Gerfaut) et des sous-marins de la 1ère DSM pour une série d’exercices menés jusqu’au 5 novembre, la petite force navale rentrant à Toulon le 6 novembre 1942.

Équipé d’un système de ravitaillement à la mer à l’été 1943, il participe aux tests du système de ravitaillement installé sur le contre-torpilleur Guépard (7 octobre 1943).

Du 10 novembre au 26 décembre 1943, l’Elorn est à la mer en compagnie de la 2ème DCT (Guépard Lion Bison) et de la 1ère DT pour une série d’exercice, le pétrolier ravitaillant à plusieurs reprises les trois contre-torpilleurs et les quatre torpilleurs légers.

Le 4 mars 1944, il ravitaille le Strasbourg et ses torpilleurs d’escadre Lansquenet et Fleuret engagés dans une série d’exercices pour leur permettre d’éviter la panne sèche avant de rentrer à Toulon le lendemain 5 mars 1944.

Du 21 juin au 12 août 1944, il est à nouveau échoué au bassin Vauban n°7 pour une remise en état générale doublée d’une modernisation avec l’embarquement d’un radar de navigation, d’une nouvelle DCA et de travaux sur le système de ravitaillement à la mer.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 30 août 1944, sortant pour essais les 31 août et 1er septembre et pour remise en condition du 3 au 17 septembre 1944.

Du 2 au 12 mars 1945, il participe à un entrainement commun avec le croiseur lourd Henri IV, le croiseur de classe Saint Louis assurant la protection antiaérienne du pétrolier.

Le 9 novembre 1945, l’Elorn quitte Toulon en compagnie du cuirassé Provence et du porte-avions Joffre, le cuirassé et le porte-avions étant escortés par leurs torpilleurs d’escorte Mameluk Casque L’Inconstant et le Lancier.

Après une escale à Bizerte du 12 au 16 novembre, la petite escadre manoeuvre dans le bassin oriental du 17 au 30 novembre avant une escale à Beyrouth, le port libanais accueillant un cuirassé, un porte-avions, un pétrolier et quatre torpilleurs.

Reprenant la mer le 1er décembre, le porte-avions lance des raids simulés contre Beyrouth, Tyr et Sidon protégés par le cuirassé qui repousse au cours de cet exercice la riposte de l’armée de l’air et l’exercice terminé le 12 décembre, l’escadre fait escale à Haïfa du 13 au 17 décembre, à Tunis du 19 au 22 décembre avant de rentrer à Toulon le 24 décembre 1945. L’Elorn assure lui ravitaillement des navires engagés pour leur éviter un retour au port.

Le 22 septembre 1946, l’Elorn quitte Toulon en compagnie de la 1ère DCT (Bruix D’Assas La Tour d’Auvergne) pour un entrainement de division au large des côtes africaines entre le Maroc et le Golfe de Guinée.

Après un ravitaillement au large du cap Juby le 27 septembre, les trois contre-torpilleurs effectuent une école à feux du 27 septembre au 1er octobre avant de rallier Dakar le 4 octobre après un nouveau ravitaillement auprès de l’Elorn.

Le Bruix, le D’Assas et le La Tour d’Auvergne effectuent un entrainement à l’escorte et à l’attaque de convois du 5 au 12 octobre. A tour de rôle, un contre-torpilleur protégeait l’Elorn contre l’attaque de deux contre-torpilleurs.

Après une escale à Dakar du 13 au 15 octobre, la 1ère DCT accompagnée par l’Elorn gagnent le Golfe de Guinée pour poursuivre leur entrainement. Le transit en direction de Conakry (où les quatre navires arrivent le 20 octobre) est l’occasion d’un entrainement à la défense aérienne à la mer.

Après donc une escale à Conakry (20 au 23 octobre), les trois contre-torpilleurs et le pétrolier font escale à Libreville du 25 au 28 octobre, à Pointe Noire du 30 octobre au 2 novembre, à Abidjan du 5 au 8 novembre, à Dakar pour ravitaillement le 12 novembre, à Casablanca du 16 au 21 novembre avant de rallier Toulon le 25 novembre 1946 après plus de deux mois loin de leur port d’attache.

Du 3 au 10 mars 1947, le pétrolier Elorn participe à un entrainement préparatoire à un exercice entre la Flotte de la Méditerranée et la Mediterranean Fleet en compagnie du cuirassé Alsace, du porte-avions Joffre, du croiseur lourd Henri IV, des croiseurs légers De Grasse et Jean de Vienne, des contre-torpilleurs Desaix Kléber et Marceau de la 12ème DCT, des torpilleurs d’escadre L’Inconstant Lancier Mousquet et Bombardier, les sous-marins Nivôse  Floréal Ile de Brehat ainsi que le PRE Liamone.

Le 12 mars, cette escadre baptisée force T quitte Toulon pour rallier La Valette afin de participer à «Cordial Agreement». A cette occasion, les britanniques mobilisent les cuirassés Nelson et Rodney, le porte-avions Indomitable, les croiseurs légers Belfast et Newcastle, six destroyers et quatre sous-marins.

Cet exercice bilatéral à lieu du 16 au 20 mars avant que les deux escadres ne rallient le lendemain 21 mars les atterrages de la Tunisie, des îlots désertiques de la côte tunisienne servant de cible aux canons de 406,380, 203,152,130 et 120mm dans un bruyant concert sans parler des avions embarqués qui utilisent bombes et roquettes.

Les trois cuirassés, les deux porte-avions, les quatre croiseurs légers, le croiseur lourd, les neuf destroyers, les pétroliers et les sous-marins font ensuite escale à Bizerte où ils sont passés en revue par le résident général en Tunisie avant de se séparer le lendemain 22 mars, les navires français rentrant à Toulon le 24 mars 1947 au matin  sauf le Jean de Vienne resté à Bizerte son port d’attache.

Le 3 mai 1947, le pétrolier Elorn quitte Toulon en soutien de la 9ème DCT (Le Fantasque L’Audacieux et Le Malin) pour un entrainement de division au large du Sénégal.

Les trois contre-torpilleurs effectuent ainsi la traversée Toulon-Dakar sans escale, arrivant à destination le 12 mai pour un entrainement de division exécuté du 15 mai au 30 juin 1947, les trois contre-torpilleurs et le pétrolier quittent Dakar le 1er juillet, se ravitaillent le 5 à Casablanca avant de rentrer à Toulon le 10 juillet 1947.

Du 12 juillet au 30 août 1947, l’Elorn est échoué dans le bassin n°3 du Missiessy pour un nouveau grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 16 septembre, sortant pour essais les 17 et 18 septembre puis pour remise en condition du 20 septembre au 3 octobre 1947.

Le 2 mars 1948, l’Elorn quitte Toulon en compagnie du cuirassé Richelieu, des torpilleurs d’escadre Corsaire et Flibustier, des croiseurs légers de la 6ème DC ( De Grasse Chateaurenault Guichen) et  des contre-torpilleurs Le Fantasque L’Audacieux et Le Malin de la 9ème DCT. L’entrainement occupe les navires concernés du 2 mars au 4 mai, la petite escadre faisant escale à Bizerte du 5 au 12 mai 1948 avant de rentrer à Toulon le 15 mai 1948.

Le 5 septembre 1948, le pétrolier Elorn était à quai à Toulon.

Le Var

Le Var

Le Var

Le Var  est construit dans le même chantier que l’Elorn à savoir les chantiers Deutsche Werft de Hambourg. Lancé le 17 mars 1931, il est armé à Cherbourg et admis au service actif le 15 novembre 1931 entamant les rotations entre la France et les puits de pétrole notament ceux du Caucase. Il subit un grand carénage à Cherbourg du 15 juillet au 10 novembre 1939, manquant donc une grande partie de la guerre de Pologne

En septembre 1940, il est basé à Brest, soutenant la Flotte de l’Atlantique notamment la 1ère Escadre et la 3ème Escadre Légère, ravitaillant les navires à flot et à couple en attendant de pouvoir le faire à couple, en route et en haute mer.

Du 25 juin au 5 septembre 1942, le Var est échoué dans le bassin n°4 du Salou pour un grand carénage qui combine remise en état complète et modernisation avec l’installation d’un système de ravitaillement à la mer. Armé pour essais le 15 septembre, il effectue ses essais réglementaires les 16 et 17 septembre puis sa remise en condition du 19 au 30 septembre 1942.
Le 12 octobre 1942, les trois croiseurs légers de la 4ème DC franchissent le Goulet de la rade de Brest pour gagner la haute mer en compagnie du Var qui ravitailla à trois reprises La Gloire, le Georges Leygues et le Montcalm entre le 12 et le 29 octobre. Il assura également à nouveau leur ravitaillement durant leur deuxième phase d’entrainement du 4 au 17 novembre.

Le 20 février 1943, le Var quitte Brest en compagnie du Jean Bart et des torpilleurs d’escadre L’Opiniâtre et l’Aventurier pour une croisière en Amérique Centrale sur le modèle de celle de la DNF en Amérique du Sud un an plus tôt.

La petite escadre traverse l’Atlantique, faisant escale à Jacksonville en Floride du 28 février au 2 mars, à La Havane du 5 au 8 mars, à Kingston du 9 au 14 mars, à Veracruz (Mexique) du 21 au 25 mars et Colon (Panama) du 27 mars au 2 avril. La petite escadre prend alors le chemin du retour, faisant escale à Fort de France les 8 et 9 avril avant de rallier Brest le 16 avril 1943.

Le 14 juillet 1943, le Var participe à une revue navale au large de Saint-Malo en compagnie des trois croiseurs légers de la 4ème DC. Ils rallient ensuite Le Havre pour une escale du 16 au 21 juillet avant une série d’exercices du 22 juillet au 5 août, le pétrolier participant aux exercices tout en assurant le ravitaillement en mazout des trois «7600 tonnes». Après une nouvelle au Havre du 6 au 10 août, la petite escadre rentre à Brest le 12 août 1943.

Du 2 au 12 septembre 1943, le croiseur léger La Gloire s’entraine dans le Golfe de Gascogne et bénéficie du soutien du Var qui délivre les tonnes de mazout nécessaires au bon fonctionnement des chaudières. Les deux navires font escale à Saint-Nazaire du 13 au 16 septembre avant de rentrer à Brest le 17.

Le 29 septembre 1943, le Var quitte Brest et le lendemain ravitaille le croiseur léger La Gloire et les contre-torpilleurs Jaguar Léopard Chacal de la 1ère DCT. Du 13 au 15 octobre, il mouille en baie de Douarnenez où il sert de station service flottante au profit de la 1ère DCT et de la 4ème DC. Il rentre à Brest le lendemain 16 octobre 1943.

le 1er février 1944, le Var quitte Brest en compagnie des contre-torpilleurs Milan Epervier et Vautour de la 6ème DCT pour un entrainement aux Antilles. Ce choix était dicté par la volonté de sortir les équipages de la routine de la mer d’Iroise et du Golfe de Gascogne. Les quatre navires arrivent à Fort de France le 9 février et y retrouvent l’aviso colonial Bougainville et le pétrolier Loing.

Le Var et la 6ème DCT s’entrainent avec ses deux navires du 11 février au 4 mars. Les navires venus de Brest quittent la Martinique le 5 mars pour rallier Cayenne le 9 mars, effectuant un exercice commun avec l’aviso-colonial Lapérouse du 10 au 17 mars.

Après une nouvelle escale à Cayenne du 18 au 21 mars, les quatre navires venus de Brest traversent l’Atlantique direction Dakar où ils arrivent le 27 mars pour une école à feu à Rufisque du 29 mars au 7 avril, le pétrolier en profitant pour recompléter ses soutes. Ils quittent Dakar le 8 avril, font escale à Lisbonne du 12 au 15 avril avant de rentrer à Brest le 18 avril 1944.

Du 13 mars au 20 avril 1945, il est échoué dans le bassin n°3 de l’Arsenal de Brest pour un nouveau grand carénage.

Outre une remise en état complète, il reçoit enfin une DCA moderne. Après des travaux complémentaires à quai, le Var est armé pour essais le 1er mai, effectuant ses essais réglementaires les 2 et 3 mai puis sa remise en condition du 5 au 17 mai.

Le 15 octobre 1946, le Var quitte Brest pour prendre position dans le Golfe de Gascogne afin de soutenir la 4ème DC, les 3ème (Bugeaud du Chayla Dupetit-Thouars) et 6ème DCT (Vautour Epervier Milan) engagés du 16 au 27 octobre dans une série de joutes nautiques.

Le pétrolier les ravitaille à la mer avant de recompléter ses soutes au Verdon où d’autres pétroliers souvent civils déchargeaient du mazout venu des Etats-Unis à moins que le mazout ait été produit en France. Le Var va également ravitailler les navires sus-nommés lors d’une nouvelle phase d’entrainement du 28 octobre au 21 novembre, tous les navires rentrant à Brest le lendemain 22 novembre 1946.

Le 28 février 1947 et à nouveau le 11 mars, les trois contre-torpilleurs de la 3ème DCT se ravitaillent auprès du Var.

Le 18 juin 1947, le pétrolier Var ravitaille à la fois les croiseurs légers Georges Leygues et Montcalm engagés dans un raid amphibie contre l’île d’Ouessant puis le cuirassé Gascogne et ses torpilleurs d’escorte Durandal et Dague.

Du 1er février au 4 mars 1948, le Var est échoué au bassin n°3 de l’Arsenal de Brest pour un nouveau grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 22 mars, sortant pour essais les 23 et 24 mars puis pour remise en condition du 26 mars au 4 avril 1948.

Le 5 septembre 1948, il au mouillage en rade de Brest, prêt à appareiller au sein du convoi transportant le CEFAN. Il doit assurer le ravitaillement des navires de transport et des escorteurs.

Caractéristiques Techniques de la classe Mékong

Déplacement : standard 5482 tW pleine charge 15150 tonnes 9600 tonnes de port en lourd

Dimensions : longueur hors tout 148.58m longueur entre perpendiculaires 139m largeur 18.81m tirant d’eau : 7.92m

Propulsion : deux diesels Burmeister & Wain 6300P 4 temps et 6 cylindres développant 4850ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 13.5 noeuds autonomie 11500 miles nautiques à 13.5 noeuds

Capacités : 24 citernes pouvant embarquer 11169 mètres cubes, citernes réparties entre 6 tanks transversaux divisés en 3 citernes. Deux pompes à vapeur pouvant absorber 300 tonnes par heure.

Armement : deux canons de 100mm modèle 1925; deux canons de 37mm modèle 1925 et 2 mitrailleuses de 8mm (1939-40) deux canons de 100mm modèle 1925 et huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 en quatre affûts doubles (1948)

Equipage : 6 officiers et 72 hommes en temps de paix, 8 officiers et 87 hommes en temps de guerre

14-Navires légers (38) Corvettes classe La Malouine (7)

La Lyonnaise

-La Lyonnaise est mise sur cale aux chantiers navals Smith’s Dock de Middlesborough le 4 mars 1943 lancée le 4 janvier 1944 et mise en service le 12 août 1944.

La 25ème corvette de classe La Malouine quitte son chantier constructeur le 16 août pour rallier Dakar, son port d’attache. Elle fait escale à Brest du 21 au 25 août, à Casablanca du 29 au 31 août avant de rallier Dakar le 6 septembre 1944.

Le 11 décembre 1944, la corvette L’Oranaise arrive à Dakar. Son arrivée permet l’activation de la 7ème DEO en attendant les corvettes La Sablaise et La Servanaise qui doivent la compléter.

La 7ème DEO basée dans la capitale de l’AOF à pour mission de traquer les submersibles dans l’Atlantique Sud et dans le Golfe de Guinée mais également d’assurer des missions d’escorte atlantique notamment depuis Fort de France et Cayenne.

Du 5 septembre au 22 octobre 1947, la 25ème corvette de classe La Malouine est échouée dans la forme n°2 du port de Dakar, une forme qui semble écraser la corvette puisque la forme de radoub mesure 260m de long et 30m de large pour pouvoir si nécessaire soutenir un cuirassé de classe Alsace en opérations dans la région mais également pensée pour l’après guerre et le radoub de navires marchands dont la taille ne cessait d’augmenter.

Après des travaux complémentaires à quai, la corvette est armée pour essais le 3 novembre 1947, sortant pour essais le 4 et le 5 novembre puis pour remise en condition du 7 au 21 novembre, la corvette reprennant un service courant le 22 novembre.

Le 5 septembre 1948, la corvette La Lyonnaise était en patrouille anti-sous-marine au large de Dakar en compagnie de La Sablaise.

L’Algéroise

-L’Algeroise est mise sur cale aux chantiers navals Harland & Wolff de Belfast le 7 juillet 1943 lancée le 15 avril 1944 et mise en service le 20 novembre 1944.

Affectée à Dunkerque, la corvette quitte son chantier constructeur le 22 novembre, fait escale à Cherbourg du 24 au 27 novembre avant de rallier Dunkerque le 28 novembre 1944, ralliant l’Escadre Légère du Nord (ELN) où il est placé hors rang en attendant la mise en service de L’Aixoise.

Le 13 janvier 1945, la corvette L’Aixoise arrive à Dunkerque ce qui permet donc l’activation de la 8ème DEO, cette division devant mener des missions de lutte ASM en Manche et mer du Nord ainsi que des escortes de convois notamment ceux transportant les troupes britanniques appelées à se déployer sur le Continent.

Le 12 août 1947, la corvette L’Algéroise quitte Dunkerque pour Cherbourg afin de subir son premier grand carénage. Elle est échouée dans le bassin n°2 de l’Arsenal de Cherbourg du 15 août au 1er octobre 1947 pour une remise en état générale et une mise à jour des radars et de l’Asdic.

Après des travaux complémentaires à quai, la corvette est armée pour essais le 15 octobre, effectuant ses essais réglementaires les 16 et 17 octobre puis sa remise en condition du 19 au 31 octobre, la corvette ralliant Dunkerque le 1er novembre 1947.

Le 5 septembre 1948, la corvette était en patrouille anti-sous-marine dans le détroit du Pas de Calais en compagnie de l’Aixoise.

L’Oranaise

-L’Oranaise est mise sur cale aux chantiers navals Harland & Wolff de Belfast le 7 juillet 1943 lancée le 15 avril 1944 et mise en service le 20 novembre 1944.

Elle quitte l’Ulster le 22 novembre, fait escale à Brest du 25 au 28 novembre pour charger des munitions, recompléter sa cambuse et ses soutes à carburant avant de reprendre la mer, faisant une brève escale à Casablanca du 2 au 4 décembre avant d’arriver à Dakar le 11 décembre 1944.

Son arrivée permet l’activation de la 7ème DEO qu’elle forme avec son sister-ship La Lyonnaise en attendant les corvettes La Sablaise et La Servanaise.

La 7ème DEO basée dans la capitale de l’AOF à pour mission de traquer les submersibles dans l’Atlantique Sud et dans le Golfe de Guinée mais également d’assurer des missions d’escorte atlantique notamment depuis Fort de France et Cayenne.

Du 25 octobre au 2 décembre 1947, la corvette est échouée dans le bassin n°1 du port de Dakar pour une remise en état complète et une mise à jour de ses radars et de l’Asdic.

Après des travaux complémentaires à quai, l’Oranaise est armée pour essais le 16 décembre, sortant pour essais les 17 et 18 décembre puis pour remise en condition du 20 décembre 1947 au 2 janvier 1948.

Le 5 septembre 1948, l’Oranaise est à quai à Dakar et se prépare à assurer des patrouilles anti-sous-marines et des escortes de convois.

L’Aixoise

-L’Aixoise est mise sur cale aux chantiers navals Harland & Wolff de Belfast le 12 août 1943 lancée le 21 mai 1944 et mise en service le 5 janvier 1945.

Elle quitte Belfast le 7 janvier 1945, fait escale à Cherbourg du 9 au 12 janvier avant de rallier Dunkerque le lendemain.

Son arrivée permet l’activation de la 8ème DEO qui doit encore accueillir ses sister-ships La Quimperoise et La Cherbourgeoise.

Cette division devant mener des missions de lutte ASM en Manche et mer du Nord ainsi que des escortes de convois notamment ceux transportant les troupes britanniques appelées à se déployer sur le Continent.

Le 23 janvier 1948, la 28ème corvette de classe La Malouine quitte Dunkerque pour rallier Cherbourg le lendemain 24 janvier 1948. Il est échoué au bassin n°3 26 janvier au 3 mars 1948 pour un grand carénage.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 18 mars, sortant pour essais les 19 et 20 mars puis pour remise en condition du 22 mars au 3 avril 1948. Il quitte Cherbourg le 4 avril pour rallier Dunkerque en fin de journée.

Le 5 septembre 1948, la corvette était en patrouille anti-sous-marine dans le détroit du Pas de Calais en compagnie de l’Algéroise.

14-Navires légers (3) avisos coloniaux classe Bougainville (2)

Le Dumont d’Urville

Survivant au conflit, le Dumont d'Urville reçut comme tous les avisos des marques de coque très visibles

Survivant au conflit, le Dumont d’Urville reçut comme tous les avisos des marques de coque très visibles (photographie Marius Bar)

-Le Dumont d’Urville est mis sur cale aux Chantiers Maritimes du Sud Ouest de Bordeaux le19 novembre 1929 lancé le21 mars 1931 et admis au service actif le 4 juin 1932.

Il passe les années du temps de paix en Extrême Orient, rattaché aux FNEO soit en Indochine ou en Chine à Shangaï.

Au printemps 1939, il est redéployé à Papeete au sein des Forces Navales Françaises du Pacifique (FNFP) jusqu’en septembre 1940 quand la grande réorganisation le redéploie à Dakar où il arrive le 15 octobre 1940.

Du 16 octobre au 20 décembre 1940, il est échoué au bassin à Dakar pour une remise en condition complète après la longue traversée depuis Papeete. Armé pour essais le 6 janvier 1941, il effectue ses essais les 7 et 8 janvier et sa remise en condition du 10 au 25 janvier 1941.

Comme ses autres sister-ships, le Dumont d’Urville sert de navire de souveraineté, surveillant les approches du port de Dakar mais également des régions plus éloignées comme le Golfe de Guinée.

Le 5 mars 1943, le patrouilleur (ex-torpilleur) La Bombarde arrive à Dakar et va relayer l’action de l’aviso colonial notamment la surveillance du polygone de Rufisque.

Du 20 octobre au 30 décembre 1944, il subit un nouveau grand carénage à Dakar, une remise en état complète et une modernisation de ses capacités militaires avec la perte des capacités d’hydravion et le renforcement de la DCA avec le remplacement des quatre canons de 37mm modèle 1925 et des six mitrailleuses de 13.2mm en trois affûts doubles par quatre canons de 37mm modèle 1941 en deux affûts doubles et six canons de 25mm modèle 1939-40 en trois affûts doubles.

Armé pour essais le 12 janvier 1945, il sort pour ses essais officiels les 13 et 14 janvier et pour remise en condition du 16 au 30 janvier 1945.

Le 15 octobre 1945, le torpilleur Frondeur et les aviso-dragueurs  L’Impétueuse, La Capricieuse, La Batailleuse et La Boudeuse arrivent à Dakar pour un exercice commun avec l’aviso colonial Dumont d’Urville et le patrouilleur La Bombarde.

Après une école à feux du 15 au 22 octobre, les quatre aviso-dragueurs protègent le Dumont d’Urville qui simule un cargo rapide contre le Frondeur et la Bombarde du 24 au 30 octobre, les différents navires font relâchent à Dakar du 1er au 5 novembre avant un entrainement à la défense aérienne à la mer du 6 au 13 novembre, le Frondeur et la 3ème DEL quittant Dakar le 17 novembre pour rentrer à Brest.

Du 5 janvier au 15 mars 1948, le Dumont d’Urville subit un nouveau grand carénage à Dakar. Après des travaux complémentaires à flot, l’aviso-colonial est armé pour essais le 1er avril, sortant pour essais du 2 au 4 avril puis pour remise en condition du 6 au 20 avril 1948.

Quand éclate le second conflit mondial le 5 septembre 1948, le Dumont d’Urville était à la mer pour une nouvelle patrouille de surveillance.

Il reçoit l’ordre d’accentuer ses patrouilles dans les zones où les raiders pourraient frapper. Il bénéficie pour cela du soutien de l’aviation basée à Dakar en l’occurence la 1ère Flottille mixte d’aviation (1ère FMAN).

13-Sous-marins (10) sous-marins classe Pascal (6)

Le Tonnant

Le Tonnant en achèvement à flot à La Seyne sur Mer

Le Tonnant en achèvement à flot à La Seyne sur Mer

-Le Tonnant est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) à La Seyne sur Mer le 10 janvier 1931 lancé le 15 décembre 1934 et mis en service le 1er juin 1937.

Le Tonnant l’un des quatre submersibles de la 1ère DSM (3ème escadrille 1ère FSM 2ème Escadre Flotte de la Méditerranée) subit un grand carénage en compagnie de son compère Conquérant, les deux «1500 tonnes» étant échoués au bassin n°4 du Castigneau pour une remise en état complète du 5 août au 10 novembre 1940.

Les deux submersibles sont armés pour essais le 21 novembre, effectuant leurs essais réglementaires du 22 au 24  puis sortant pour remise en condition du 26 novembre au 5 décembre 1940, se préparant alors à repartir en patrouille ce que le Conquérant fait le 15 décembre 1940.

Le 22 septembre 1942, la rade de Toulon s’anime quand appareillent successivement les torpilleurs légers de la 1ère DT, le pétrolier Elorn, les contre-torpilleurs de la 5ème DCT  et donc la 1ère DSM pour une importante phase d’entraînement jusqu’au 6 novembre.

Du 1er Décembre 1943 au 7 février 1944, les sous-marins Le Tonnant et Le Conquérant subissent un grand carénage dans le même bassin qu’en 1940, les deux sous-marins subissant une remise en état complète et une modernisation de leurs capacités militaires (appareil d’écoute, tubes lance-torpilles de 400mm débarqués et DCA renforcée).

Armés pour essais le 15 février, les deux submersibles exécutent leurs essais réglementaires du 16 au 18  puis sortent pour remise en condition du 20 février au 2 mars, date à laquelle rentrés à Toulon, ils préparent une nouvelle patrouille.

Du 6 au 13 juin 1944, Le Tonnant participe à l’entrainement ASM des torpilleurs d’escadre L’Inconstant et Lancier,  les trois navires faisant escale à Calvi du 14 au 19 juin avant de rentrer à Toulon le lendemain, le sous-marin se ravitaillant pour repartir dans la foulée en patrouille.

Du 1er au 13 juillet 1945, Le Tonnant participe à l’exercice ASM «Némo» en compagnie de son compère Le Glorieux, des sous-marins de la 3ème DSM la Réunion et Le Crozet et des sous-marins Antigone et Aurore de la 13ème DSM, les six sous-marins ayant des plastron et des prédateurs de luxe en l’occurence le cuirassé Provence, le porte-avions Joffre, leurs torpilleurs d’escorte Mameluk Casque L’Inconstant et Lancier sans oublier le PRE La Saône auxquels s’ajoutent les avions et les hydravions embarqués ainsi que l’aviation basée à terre.

Du 17 au 27 mars 1946, Le Tonnant et Le Conquérant participent à un entrainement ASM avec les contre-torpilleurs Bruix D’Assas et La Tour d’Auvergne de la 1ère DCT. Six mois plus tard, les même sous-marins servant cette fois de plastron aux contre-torpilleurs de la 5ème DCT (Aigle Albatros Gerfaut) et ce du 9 au 17 septembre 1946.

Du 23 février au 30 Mai 1947, Le Tonnant et Le Conquérant sont échoués sur le slipway du Mourillon pour un grand carénage destiné à prolonger de trois à quatre ans leur carrière opérationnelle soit jusqu’en 1950.

Totalement remis en état, les deux submersibles sont armés pour essais le 10 juin, exécutant leurs essais réglementaires du 11 au 13 puis leur remise en condition du 15 au 25 juin 1947, ralliant Toulon dans la foulée pour préparer une nouvelle patrouille.

Du 25 octobre au 2 novembre 1948, Le Tonnant effectue un entrainement ASM avec les torpilleurs d’escadre Mameluk et Casque.

Quand éclate le second conflit mondial, Le Tonnant rentrait d’une patrouille au large de la Sicile. A l’annonce des bombardements sur la Norvège, le sous-marin se ravitaille en vivres, carburant et munitions, procède à une relève d’une partie de l’équipage et reprend la mer pour prendre position en compagnie du Conquérant au large de Nice au cas où………. .

L’Agosta

L'Agosta

L’Agosta

-L’Agosta (Q-178) est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 2 février 1931 lancé le 30 avril 1934 et mis en service le 1er février 1937.

Le premier sous-marin de la tranche 1930 forme en septembre 1939 la 8ème Division de Sous-Marins en compagnie de ses sister-ships Bévéziers Ouessant et Sidi-Ferruch, division de la 4ème Escadrille, composante sous-marine de la 1ère Escadre.

Du 14 mai au 20 août, l’Agosta est échoué dans le bassin n°2 de l’Arsenal de Cherbourg en compagnie du Ouessant pour un grand carénage destiné à une remise en état complète après un long déploiement aux Antilles durant la guerre de Pologne et prolongé jusqu’au printemps 1940.

Armés pour essais le 1er septembre, les deux submersibles sortent pour leurs essais réglementaires du 2 au 4 septembre puis pour leur remise en condition du 6 au 20 septembre, date à laquelle ils rentrent à Brest pour préparer leur future patrouille.

Du 27 novembre au 2 décembre 1942, l’Agosta sert de plastron pour l’entrainement ASM du  cuirassé Jean Bart et de ses torpilleurs d’escorte L’Opiniâtre et L’Aventurier. Le sous-marin à pour cible le cuirassé mais doit échapper aux torpilleurs _l’un généralement assurant la protection rapprochée du cuirassé et l’autre servant de voltigeur_ et aux hydravions du cuirassé.

Du 2 Septembre au 7 novembre 1943, l’Agosta et l’Ouessant sont échoués dans le bassin n°3 de l’Arsenal de Cherbourg pour un grand carénage combinant remise en état complète (moteurs, auxiliaires, coque, hélices…….) et modernisation avec le débarquement des deux tubes de 400mm, le renforcement de la DCA (un affût double de 25mm) et la modernisation de l’appareillage d’écoute et des optiques.

Armés pour essais le 15 novembre, ils exécutent leurs essais officiels du 16 au 18  et pour remise en condition du 20 novembre au 2 décembre 1943, date à laquelle ils rallient Brest pour préparer leur future patrouille de guerre.

Le 5 janvier 1945, les sous-marin Agosta et Béveziers quittent Brest en compagnie du ravitailleur Jules Verne, du pétrolier ravitailleur La Seine et des contre-torpilleurs Vautour Milan et Epervier de la 6ème DCT.

Alors que les sous-marins et le ravitailleur vont mouiller dans l’estuaire de la Loire, les trois contre-torpilleurs vont assurer l’escorte du PRE qui simule un convoi entre Brest et Casablanca. Du 6 au 11 janvier, les deux sous-marins vont tenter d’intercepter le convoi, pourchassé par deux contre-torpilleurs, le troisième assurant l’escorte rapproché du pétrolier qui parvient à arriver avec ses contre-torpilleurs à Casablanca le 13 janvier 1945.

Les deux sous-marins effectuent un entrainement en duo du 18 au 25 janvier, se ravitaillant à Casablanca le 26 janvier avant de rallier les autres navires engagés dans cet exercice pour une escale commune à Bordeaux du 1er au 7 février, tous les navires rentrant à Brest le lendemain 8 février 1945.

Le 8 juin 1945, la 8ème DSM au complet appareille pour Dakar où elle arrive le 13 juin 1945 en vue de participer à un exercice ASM contre les contre-torpilleurs Aigle Albatros Gerfaut de la 5ème DCT. Les deux divisions s’affrontent du 15 au 27 juin puis rentrent ensemble à Brest le 12 juillet, les contre-torpilleurs ne passant que quelques heures à Brest pour se ravitailler avant de rentrer à Toulon.
Du 23 octobre au 4 novembre 1945, l’Agosta entraine le contre-torpilleur Guépard à la lutte ASM en mer d’Iroise.

Du 8 Décembre 1946 au 13 février 1947, les sous-marins Agosta et Ouessant sont échoués au bassin n°2 de l’Arsenal de Cherbourg pour un grand carénage destiné à les remettre totalement en état.

Ils sont armés pour essais le 21 février, exécutant leurs essais réglementaires du 22 au 24  puis leur remise en condition opérationnelle du 26 février au 6 mars, date de leur retour à Brest pour préparer leur nouvelle patrouille.

Le 8 février 1948, l’Agosta quitte Brest pour Dakar où il arrive le 14 février afin de participer à un entrainement ASM contre les contre-torpilleurs de la 11ème DCT (Mogador Volta Hoche) venue de Bizerte et ce du 18 au 23 février.

L’Agosta effectue une période d’entretien à flot à Dakar jusqu’au 3 mars 1948, quittant l’AOF le 5 mars en compagnie de la 11ème DCT pour rallier Brest où ils arrivent le 15 mars 1948.

Le 25 août 1948, la 8ème DSM quitte Brest pour rallier Dakar afin d’être prête en cas d’éclatement du conflit. Les quatre submersibles arrivent à Dakar en compagnie du Jules Verne le 2 septembre 1948, le ravitailleur débarquant du matériel pour renforcer la base sous-marine de Dakar avant de revenir à Brest en solitaire.

L’Agosta est le premier à appareiller pour une patrouille opérationnelle dans l’Atlantique Sud le 5 septembre 1948 avec pour mission de traquer les raiders allemands qu’il s’agisse de navires de guerre et de croiseurs auxiliaires.

Le Bévéziers

Le Bévéziers à la mer

Le Bévéziers à la mer

-Le Bévéziers est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 4 janvier 1932 lancé le 14 octobre 1935 et mis en service le 4 juin 1937.

Le deuxième sous-marin de la tranche 1930 forme en septembre 1939 la 8ème Division de Sous-Marins en compagnie de ses sister-ships Agosta Ouessant et Sidi-Ferruch, division de la 4ème Escadrille, composante sous-marine de la 1ère Escadre.

La réorganisation de septembre 1940 ne change pas grand chose pour la situation du Bévéziers qui reste intégré à la 8ème DSM qui désormais dépend de la 5ème Escadre, la composante sous-marine de la Flotte de l’Atlantique.

Du 21 septembre au 30 décembre 1940, il est échoué au bassin n°2 de l’Arsenal de Cherbourg en compagnie de son compère Sidi-Ferruch pour une remise en état complète.

Les deux sous-marins sont armés pour essais le 7 janvier 1941, exécutant leurs essais réglementaires du 8 au 10 et pour remise en condition du 12 au 26 janvier 1941, date de leur retour à Brest pour préparer leur future patrouille opérationnelle

Du 26 novembre 1943 au 2 janvier 1944, les sous-marins Béveziers et Sidi-Ferruch sont échoués au bassin n°2 de l’Arsenal de Cherbourg pour un grand carénage combinant remise en état complète (moteurs, auxiliaires, coque, hélices…….) et modernisation avec le débarquement des deux tubes de 400mm, le renforcement de la DCA (un affût double de 25mm) et la modernisation de l’appareillage d’écoute et des optiques.

Armés pour essais le 10 janvier, le Béveziers et le Sidi-Ferruch exécutent leurs essais officiels du 11 au 13 et pour remise en condition du 15 au 29 janvier 1944, ralliant Brest le lendemain pour préparer leurs futures patrouilles opérationnelles.

Du 15 au 22 mai 1944, les sous-marins Bévéziers et Ouessant participent à un entrainement ASM avec les contre-torpilleurs de la 3ème DCT.

Le 5 janvier 1945, les sous-marin Béveziers et Agosta quittent Brest en compagnie du ravitailleur Jules Verne, du pétrolier ravitailleur La Seine et des contre-torpilleurs Vautour Milan et Epervier de la 6ème DCT.

Alors que les sous-marins et le ravitailleur vont mouiller dans l’estuaire de la Loire, les trois contre-torpilleurs vont assurer l’escorte du PRE qui simule un convoi entre Brest et Casablanca.

Du 6 au 11 janvier, les deux sous-marins vont tenter d’intercepter le convoi, pourchassé par deux contre-torpilleurs, le troisième assurant l’escorte rapproché du pétrolier qui parvient à arriver avec ses contre-torpilleurs à Casablanca le 13 janvier 1945.

Les deux sous-marins effectuent un entrainement en duo du 18 au 25 janvier, se ravitaillant à Casablanca le 26 janvier avant de rallier les autres navires engagés dans cet exercice pour une escale commune à Bordeaux du 1er au 7 février, tous les navires rentrant à Brest le lendemain.

Le 8 juin 1945, la 8ème DSM au complet appareille pour Dakar où elle arrive le 13 juin 1945 en vue de participer à un exercice ASM contre les contre-torpilleurs Aigle Albatros Gerfaut de la 5ème DCT. Les deux divisions s’affrontent du 15 au 27 juin puis rentrent ensemble à Brest le 12 juillet, les contre-torpilleurs ne passant que quelques heures à Brest pour se ravitailler avant de rentrer à Toulon.

Du 1er au 9 février 1947, le sous-marin Béveziers participe à l’entrainement ASM des contre-torpilleurs Milan et Epervier de la 6ème DCT.

Du 14 février au 21 mai 1947, les sous-marins Béveziers et Sidi-Ferruch sont échoués au bassin n°2 de l’Arsenal de Cherbourg pour une remise en état complète.

Les deux submersibles sont armés pour essais le 1er juin, exécutant leurs essais officiels du 2 au 4  et pour remise en condition du 6 au 20 juin, date de leur retour à Brest pour préparer leurs futures patrouilles.

Du 5 au 13 décembre 1947, les sous-marins Béveziers et Sidi-Ferruch participent à l’entrainement ASM des contre-torpilleurs de la 6ème DCT (Milan Epervier Vautour).

Le 25 août 1948, la 8ème DSM quitte Brest pour rallier Dakar afin d’être prête en cas d’éclatement du conflit. Les quatre submersibles arrivent à Dakar en compagnie du Jules Verne le 2 septembre 1948, le ravitailleur débarquant du matériel pour renforcer la base sous-marine de Dakar avant de revenir à Brest en solitaire. Le Béveziers appareille ainsi pour sa première patrouille de guerre le 9 septembre 1948.

L’Ouessant
-L’Ouessant est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 30 janvier 1932 lancé le 30 novembre 1936 et mis en service le 1er janvier 1939.

Le troisième sous-marin de la tranche 1930 forme en septembre 1939 la 8ème Division de Sous-Marins en compagnie de ses sister-ships Bévéziers Agosta et Sidi-Ferruch, division de la 4ème Escadrille, composante sous-marine de la 1ère Escadre.

Du 14 mai au 20 août, l’Ouessant est échoué dans le bassin n°2 de l’Arsenal de Cherbourg en compagnie de l’Agosta pour un grand carénage destiné à une remise en état complète après un long déploiement aux Antilles durant la guerre de Pologne et prolongé jusqu’au printemps 1940.

Armés pour essais le 1er septembre, les deux submersibles sortent pour leurs essais réglementaires du 2 au 4 septembre puis pour leur remise en condition du 6 au 20 septembre, date à laquelle ils rentrent à Brest pour préparer leur future patrouille.

Du 2 Septembre au 7 novembre 1943, le Ouessant et l’Agosta sont échoués dans le bassin n°3 de l’Arsenal de Cherbourg pour un grand carénage combinant remise en état complète et modernisation.

Armés pour essais le 15 novembre, ils exécutent leurs essais officiels du 16 au 18  et leur remise en condition du 20 novembre au 2 décembre 1943, date à laquelle ils rallient Brest pour préparer leurs futures missions

Du 15 au 22 mai 1944, les sous-marins Ouessant et Bévéziers participent à un exercice ASM avec les contre-torpilleurs de la 3ème DCT (Tigre Panthère et Lynx).

Du 28 janvier au 4 février 1945, l’Ouessant et son compère Sidi-Ferruch participent à l’entrainement ASM  avec les contre-torpilleurs Tigre Panthère et Lynx (3ème DCT).

Le 8 juin 1945, la 8ème DSM au complet appareille pour Dakar où elle arrive le 13 juin 1945 en vue de participer à un exercice ASM contre les contre-torpilleurs Aigle Albatros Gerfaut de la 5ème DCT. Les deux divisions s’affrontent du 15 au 27 juin puis rentrent ensemble à Brest le 12 juillet, les contre-torpilleurs ne passant que quelques heures à Brest pour se ravitailler avant de rentrer à Toulon.

Du 24 juillet au 4 août 1946, le Ouessant sert de plastron pour un exercice ASM au profit du cuirassé Clemenceau accompagné de ses torpilleurs d’escadre Rapière et Hallebarde et du pétrolier ravitailleur Liamone.

Du 8 Décembre 1946 au 13 février 1947, les sous-marins Ouessant et Agosta sont échoués au bassin n°2 de l’Arsenal de Cherbourg pour un grand carénage destiné à les remettre totalement en état.

Ils sont armés pour essais le 21 février, exécutant leurs essais réglementaires du 22 au 24 puis leur remise en condition opérationnelle du 26 février au 6 mars, date de leur retour à Brest pour préparer leur prochaine patrouille.

Le 25 août 1948, la 8ème DSM quitte Brest pour rallier Dakar afin d’être prête en cas d’éclatement du conflit. Les quatre submersibles arrivent à Dakar en compagnie du Jules Verne le 2 septembre 1948, le ravitailleur débarquant du matériel pour renforcer la base sous-marine de Dakar avant de revenir à Brest en solitaire.
L’Ouessant reste au port pour quelques travaux suite à des avaries lors de la traversée, n’appareillant pour sa première patrouille que le 15 septembre 1948 direction le Golfe de Guinée où un croiseur auxiliaire allemand le Thor s’était signalé en détruisant un pétrolier canadien et un petit caboteur français.