24-Armée de l’air (10)

Arsenal VG-33

Arsenal VG-33

Arsenal VG-33

Le Dewoitine D-520 était un excellent appareil mais il avait le «défaut» d’être fabriqué en métal, des matériaux stratégiques dont la fourniture pourrait être perturbé par le conflit.

D’où l’idée de construire des avions en bois et de revenir ainsi aux origines de l’aviation où le bois et la toile étaient prépondérant.

Outre la facilité à se procurer le bois nécessaire, elle nécessitait une main d’oeuvre moins qualifiée et les avions plus légers que leurs équivalents métals pouvaient se contenter de moteurs moins puissants et dieu sait que la puissance n’était pas le point fort des moteurs français de l’époque.

Une société baptisée «Arsenal de l’Aéronautique» avait été chargée d’étudier en profondeur ce concept, études menée sous la houlette d’un duo d’ingénieurs, Michel Vernisse et Jean Galtier dont sont issus les initiales VG.

Après un premier essais avec le VG-20, les deux ingénieurs mirent au point le VG-30, un chasseur jugé suffisamment prometteur pour pouvoir être produit en série avec une commande de deux cent exemplaires mais aucun VG-30 ne sortit des chaines, la priorité ayant été donné à des variantes jugées plus prometteuses.

Si le VG-31 ne fût jamais réalisé, le VG-32 apparu après le VG-33 car propulsé par un moteur américain, ne dépassa pas le stade du prototype.

Le VG-33 fût le premier appareil dont la conception fût menée à son terme, effectuant son premier vol le 25 avril 1939.

Il répondait à un programme lancé en 1937 destiné à pourvoir au remplacement du MS-406 qui à l’époque effectuait à peine ses premiers vols mais à l’époque, la conception des avions ressemblait à une partie d’échecs, il fallait jouer avec deux ou trois coups d’avance.

A ce programme répondirent le Dewoitine D-520, l’Arsenal VG-33, le CAO-200 et le Morane Saulnier MS-450 mais seuls les deux premiers furent construits, les deux autres restant à l’état de prototype moins en raison de performances insuffisantes que dans la volonté de l’armée de l’air de rationnaliser sa flotte.

Propulsé par un moteur en ligne Hispano-Suiza 12 Y-31 de 860ch, le VG-33 atteignait pourtant la vitesse de 558 km/h à 5200m soit une marge de 30 km/h avec le D-520 pourtant propulsé par un moteur plus puissant, prouesse permise par un mode de construction particulière en l’occurence une cellule en bois et contreplaqué marouflé (bois recouvert de toile vernie et peinte), seul le capot moteur étant construit en métal.

La première commande de série est passée le 12 septembre 1939 pour 220 exemplaires pour des machines devant être livrées entre janvier et avril 1940, un calendrier pour le moins optimiste puisqu’au printemps 1940 (chiffres arrêtés au 1er juin 1940), seulement dix avions bons de guerre avaient acceptés par l’armée de l’air auxquelles s’ajoutaient cinquante appareils prêts à voler mais pas encore recettés.

En mars 1940, 500 exemplaires furent commandés portant le total d’appareils à construire à 720 mais ce chiffre fût bien vite réduit à 450 exemplaires avec 216 appareils en ligne, un nombre équivalent stockés comme volant de fonctionnement et 18 utilisés pour des essais d’armement et pour la patrouille d’Etampes, une patrouille acrobatique de l’armée de l’air qui disposa de sept appareils, les derniers livrés en septembre 1942.

Sur le plan opérationnel, l’Arsenal VG-33 va équiper un total de huit groupes de chasse, deux escadres complètes les 1ère et 2ème EC et la 14ème EC avec deux groupes.

Si les GC I/1 et II/1 ainsi que les GC I/2 et II/2 étaient équipés de MS-406 et transformés sur le nouveau fleuron de la chasse française (juin 1940 à mars 1942), les GC III/1 et GC III/2 sont des créations ex-nihilo (respectivement en avril et mai 1942) tout comme les trois groupes de la 14ème Escadre, les GC I/14 et II/14 étant équipés de VG-33, les GC III/14 recevant le VG-36, les trois Groupes de Chasse de la 14ème Escadre ayant été créés en mars, en mai et en juillet 1942.

Ces huit groupes de chasse étant encore équipés de cet appareil en septembre 1948, un appareil qui avait encore toute sa place sur le théâtre d’opérations européen.

Caractéristiques Techniques de l’Arsenal VG-33

Type : chasseur monomoteur monoplace

Poids : à vide 2050kg en charge 2896kg

Dimensions : envergure 10.80m longueur 8.55m hauteur 3.35m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 12 Y-31 douze cylindres en ligne dévellopant 860ch et entrainant une hélice Chauvière tripale de 3.75m de diamètre

Performances : vitesse maximale 558 km/h à 5200m Autonomie maximale 1200km Plafond pratique 10900m

Armement : un canon Hispano-Suiza HS 404 de 20mm tirant à travers le moteur avec soixante coups et quatre mitrailleuses de 7.5mm MAC modèle 1934 M 39 alimentée à 500 coups chacune

Arsenal VG-36

Arsenal VG-36

Arsenal VG-36

Dès la conception du VG-30, ses concepteurs envisagèrent de tirer toute une famille de chasseurs propulsés par différents modèles de moteurs, une façon de sécuriser le dévellopement de l’appareil et de se prémunir contre la défaillance d’un fournisseur de moteurs qu’il soit français ou américain.

Nous venons de voir que le VG-31 n’avait pas été construit et que le VG-32 était resté à l’état de prototype.

Ce fût également le cas du VG-34, un appareil combinant une cellule de VG-33 avec un moteur Hispano-Suiza 12Y-45 de 910cv et du VG-35, une version restée à l’état de projet qui aurait vu le dernier rejeton de la famille VG-30 recevoir un Hispano-Suiza de 1100ch finalement installé dans le VG-36.

Le prototype du VG-36 effectua son premier vol le 25 mai 1940 depuis l’aérodrome de Villacoublay où l’Arsenal de l’Aéronautique disposait d’une usine. Par rapport au VG-33, le VG-36 se distinguait par un radiateur ventral plus petit et par la partie arrière du fuselage réhaussée.

Cette version fût jugée suffisamment bonne pour être produite en série et équiper au final trois groupes de chasse, un au sein de la 14ème Escadre, le GC III/14 créé en juillet 1942 et deux groupes de la 15ème Escadre, les GC I/15 et II/15 créés en janvier et mars 1943.

Outre les 81 appareils en ligne au sein des GC, nous trouvons six Escadrilles Régionales de Chasse (ERC), les ERC 501, 503, 505, 507, 509 et 511 soit un total de soixante-douze appareils portant le nombre d’avions en ligne à 153 auxquels il faut ajouter un nombre équivalent d’appareils en réserve soit un total de 300 Arsenal VG-36 produits et disponibles en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques de l’Arsenal VG-36

Type : chasseur monomoteur monoplace

Poids : à vide 2050kg en charge 2900kg

Dimensions : envergure 10.80m longueur 8.55m hauteur 3.30m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 12 Y-51 douze cylindres en ligne dévellopant 1100ch et entrainant une hélice Chauvière tripale de 3.75m de diamètre

Performances : vitesse maximale 590 km/h à 7000m Autonomie maximale 1200km Plafond pratique 10900m

Armement : un canon Hispano-Suiza HS 404 de 20mm tirant à travers le moteur avec soixante coups et quatre mitrailleuses de 7.5mm MAC modèle 1934 M 39 alimentée à 500 coups chacune

 Arsenal VG-39

Comparaison en l'Arsenal VG-36 (haut) et l'Arsenal VG-39 (bas)

Comparaison en l’Arsenal VG-36 (haut) et l’Arsenal VG-39 (bas)

Suite au VG-36 que nous venons de voir, il était envisagé deux nouveaux descendants au VG-30 : le VG-37 équipé d’un Hispano-Suiza de 1000cv (en somme une sorte de version intermédiaire entre le VG-33 et le VG-36) et le VG-38 équipé d’un Hispano-Suiza 77 suralimenté au moyen de deux compresseurs Brown Boveri.

C’est finalement le VG-39 qui fût dévellopé jusqu’à la production en série. C’est un appareil plus long et plus fin que ses prédecesseurs, l’installation de l’Hispano-Suiza 89ter de 1280cv ayant imposé cette modification de silhouette.

Ce moteur étant très demandé par les avionneurs, l’Arsenal VG-39 faillit être propulsé par un moteur américain de la firme Allison mais au final cet appareil fût 100% français. Le prototype effectua son premier vol en mai 1940 mais la production en série ne demarra qu’en septembre 1941 pour équiper pas moins de sept groupes de chasse répartis ainsi :

-La 10ème Escadre de Chasse déployée en Afrique du Nord et plus précisément en Tunisie dispose de trois groupes équipés de cet avion, recevant ses appareils entre janvier 1942 et mars 1943.

-La 15ème Escadre de Chasse dispose d’un groupe équipé d’Arsenal VG-39, groupe équipé entre avril et juin 1943

-La 16ème Escadre de Chasse dispose de trois groupes équipé de cet avion, les trois groupes recevant leur monture entre septembre 1943 et novembre 1944.

On trouve également quatre Escadrilles Régionales de Chasse (ERC) équipées de cet avion, les ERC 512 et 514 déployées au Maroc ainsi que les ERC 513 et 515 déployées en Algérie, escadrilles équipées entre janvier et juillet 1947.

Au final, un total de 237 Arsenal VG-39 sont en ligne en septembre 1948 plus 240 en réserve et 15 utilisés pour entrainement, essais et formations des mécaniciens soit un total de 492 appareils.

Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, le VG-39 est toujours en service mais la reprise de sa production un temps envisagée ne fût pas réalisée, l’armée de l’air préféra une version améliorée baptisée VG-39bis puis VG-40, un appareil en apparence identique mais propulsé par un moteur plus puissant (1650ch) et disposant d’ailes interchangeables permettant de varier l’armement avec trois versions : une avec six mitrailleuses, une deuxième avec huit mitrailleuses et une troisième avec deux canons de 20mm et trois mitrailleuses.

250 VG-40 sont ainsi commandés en juin 1948 pour une guerre que l’on préssent iminente mais quand le conflit éclate en septembre 1948, seulement une poignée d’appareils est sortie des chaines et réceptionnés par l’armée de l’air qui les utilisa pour mettre sur pied de nouvelles unités dont certaines étaient composées de pilotes tchèques,polonais voir venant de pays neutres comme l’Irlande, la Suisse et la Suède et engagés à la Légion Etrangère.

Caractéristiques Techniques de l’Arsenal VG-39

Type : chasseur monomoteur monoplace

Poids : à vide 2100kg en charge 3000kg

Dimensions : envergure 10.80m longueur 8.60m hauteur 3.30m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 89ter douze cylindres en ligne dévellopant 1250ch et entrainant une hélice Chauvière tripale de 3.75m de diamètre

Performances : vitesse maximale 624 km/h à 7000m Autonomie maximale 1200km Plafond pratique 11200m

Armement : un canon Hispano-Suiza HS 404 de 20mm tirant à travers le moteur avec soixante coups et quatre mitrailleuses de 7.5mm MAC modèle 1934 M 39 alimentée à 500 coups chacune

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24-Armée de l’air (9)

Dewoitine D-520

Le Dewoitine D-520 est au printemps 1940 le chasseur le plus moderne de l'armée de l'air

Le Dewoitine D-520 est au printemps 1940 le chasseur le plus moderne de l’armée de l’air

En juin 1936, l’armée de l’air lança un nouveau programme de chasseur C1 (monoplace) inspiré par l’apparition outre-Manche des Spitfire et des Hurricane.

Ce programme demandait un chasseur monoplace pouvant atteindre 500 km/h à 4000m avec pour armement soit un canon et deux mitrailleuses ou deux canons.

Rapidement, la vitesse maximale fût portée à 520 km/h pour éviter qu’un appareil bon au moment de sa conception soit périmé au moment de sa mise en service.

Emile Dewoitine associé aux ingénieurs Robert Castello et Jacques Henrat proposa un appareil qui ne fût accepté dans le cadre du programme technique A23 que le 12 janvier 1937. Le Dewoitine D-520 fût confronté au Morane-Saulnier MS-450, le Loire-Nieuport 60 (futur CAO-200), le Caudron-Renault 780 et bientôt le Bloch MB-152/MB-155 et l’Arsenal VG-33.

Suite aux nationalisations du Front Populaire, les usines Dewoitine furent intégrées à la Société Nationale des Constructions Aéronautiques du Midi (SNCAM) en mars 1937. Deux prototypes furent commandés le 3 avril 1938, le premier prototype décollant pour la première fois à Toulouse-Francazal le 2 octobre 1938 suivit à la fin du mois de janvier par le prototype n°2 et par le prototype n°3 le 5 mai 1939.

Les débuts furent difficiles mais le destin fût favorable au D-520 car au moment où il termine ses essais au CEMA de Villacoublay, le VG-33 et le MS-450 n’ont pas encore volés, le MB 151/152 se révèle très décevant et le Caudron-Renault 780 à été tout simplement abandonné.

En mars 1939, une première commande de 200 appareils est passée suivit rapidement d’une deuxième commande pour 510 appareils supplémentaires portant le nombre d’appareils à livrer à 710.

D’autres commandes vont porter le nombre d’appareils produits à 1000, les derniers D-520 étant produits à l’automne 1942, les appareils en question étant des D-520 et des D-790 _sa variante embarquée_ destinée à la Marine.

Schéma du Dewoitine D-790, version navalisée du D-520

Schéma du Dewoitine D-790, version navalisée du D-520

Au printemps 1940, seul le GC I/3 _précédement équipé de MS-406_ était effectivement opérationnel sur ce nouvel appareil, les GC II/3 et GC II/7 étant en cours de transformation sur Dewoitine D-520.

Ultérieurement, cinq groupes de chasse équipés de MS-406 vont recevoir le D-520 portant le nombre de groupes équipés à huit :

-Le GC III/3 est transformé entre juin et septembre 1940

-Le GC III/6 est transformé entre octobre et décembre 1940

-Le GC II/6 est transformé entre janvier et mars 1941

-Le GC III/7 est transformé entre avril et juin 1941

-Le GC I/6 est transformé entre juillet et septembre 1941

-Un GC I/7 est recré en janvier 1942 avec le Dewoitine D-520 portant le nombre de groupes équipés à neuf.

Ces unités étaient toujours équipés de cet appareil en septembre 1948 bien que leur conversion sur D-551 était prévue mais perturbée par le déclenchement du second conflit mondial. A noter cependant que des améliorations a minima ont été apportés à l’appareil avec un nouveau capot d’hélice, des radiateurs assurant un meilleur refroidissement……. .

A ces 243 appareils stationnés en métropole s’ajoute également des unités déployées dans l’Empire et des appareils mis en oeuvre par l’Aviation Navale.

Le Groupe Régional de Chasse de Corse (GRC appelé également GC I/13) disposant de 36 Dewoitine D-520 répartis en quatre escadrilles (deux à Solenzara et deux à Campo del Oro) reçoit ses appareils entre décembre 1941 et janvier 1942.

Le GC I/12 déployé à Than-Son-Nhut près de Saïgon reçoit ses appareils au printemps 1944 en remplacement de ses Curtiss H-75.

Ses 36 appareils sont rejoints par 72 autres appareils opérationnels pour équiper les GC II/12 stationné à Hanoï et le GC III/12 stationné à Tourane soit un total de 108 appareils pour l’Indochine sans compter un nombre équivalent comme volant de fonctionnement, l’éloignement et le climat ayant convaincu le commandement de prévoir une réserve d’attrition très importante.

Quand à l’Aéronavale, elle disposait de soixante appareils répartis en cinq escadrilles de douze appareils plus soixante-douze appareils de réserve.

Cela nous donne donc au total 387 appareils en service dans l’armée de l’air plus 60 en service dans la marine auxquels il faut ajouter les trente-deux D-790, sa version embarquée soit un total de 479 appareils en ligne plus 180 appareils de réserve immédiate, portant le total à 759, laissant 241 stockés sous cocon (ce qui signifie qu’il faudrait une à deux semaines pour les rendre opérationnels) soit un total général et définitif de 1000 appareils.

Caractéristiques Techniques du Dewoitine D-520

Type : chasseur monoplace monomoteur

Poids : à vide 2123kg en charge 2677kg

Dimensions : envergure 10.20m longueur 8.60m hauteur 2.56m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 12Y45 12 cylindres en ligne dévellopant 935ch au décollage entrainant une hélice tripale

Performances : vitesse maximale 529 km/h à 4000m autonomie maximale 998km plafond pratique 11000m

Armement : un canon Hispano-Suiza HS 404 de 20mm alimenté à soixante obus tirant dans l’axe de l’hélice et deux mitrailleuses de 7.5mm MAC34 dans chaque aile avec 675 coups chacune

Morane-Saulnier MS-406

Morane-Saulnier MS-406

Morane-Saulnier MS-406

Chasseur le plus important numériquement parlant en septembre 1939, le Morane-Saulnier MS-406 est issu du programme C1 envoyé aux avionneurs en juillet 1934.

Il demandait un chasseur allant à 400 km/h avec un armement composé d’un canon et deux mitrailleuses ou de deux canons voir encore de quatre mitrailleuses pour remplacer les Dewoitine D-371, Dewoitine D-500 et Loire 46.

Le Dewoitine D-500 et ci-dessous le Loire 46 furent deux des avions remplacés par le Morane-Saulnier MS-406

Le Dewoitine D-500 et ci-dessous le Loire 46 furent deux des avions remplacés par le Morane-Saulnier MS-406

Loire 46

Le projet fût amendé par deux fois au cours de l’année 1934 avant d’être définitivement gelé en novembre 1935, le programme réclamant cette fois un chasseur allant à 450 km/h, l’autonomie accrue tout comme le plafond fixé à 11500m.

De nombreux projets sont présentés comme le Dewoitine D-513, le Loire 250, le Nieuport 161, le Romano 130, le Bloch MB-150 et le Morane-Saulnier MS-405 mais seuls les deux derniers seront réalisés et surtout produits en série.

Le premier prototype du MS-405 effectue son premier vol le 8 août 1935 et après des essais satisfaisants est acheté par l’Etat en novembre 1936, s’illustrant au salon aéronautique de Bruxelles en juin 1937 ce qui suscita l’intérêt de la Chine, de la Suisse et de la Turquie.

Aux deux prototypes et aux quinze appareils de pré-série (fabriqués entre février et juin 1938) succédèrent des appareils de série connus sous le nom de MS-406, le MS-405 n°4 servant de prototype de cette version. Ces appareils étant produits par trois usines, principalement Puteaux, Tarbes et Bouguenais après la nationalisation.

La première commande est passée en avril 1937, 50 MS-405 étant commandés puis transformés ultérieurement en MS-406. Les commandes succedèrent ensuite tant était lamentable l’état de la chasse française.

Quand la guerre de Pologne éclate, 600 exemplaires ont été produits, chiffre qui passe à 1000 exemplaires en juin 1940 et enfin 1100 exemplaires quand la production est arrêtée en septembre 1940.

Cet appareil connu comme le «meilleur chasseur du monde» est rapidement dépassé par les progrès fulgurants de l’aviation et l’armée de l’air prend rapidement la décision de le remplacer par des appareils plus modernes.

A son apogée, le Morane-Saulnier MS-406 équipait treize groupes de chasse :

-Le GC III/3 ultérieurement transformé sur le Dewoitine D-520

-Le GC II/2 ultérieurement transformé sur Arsenal VG-33

-Le GC III/2 ultérieurement transformé sur Arsenal VG-33

-Le GC III/1 ultérieurement transformé sur Arsenal VG-33

-Le GC I/2 est ultérieurement transformé sur Arsenal VG-33

-Le GC II/6 est ultérieurement transformé sur Dewoitine D-520

-Le GC III/7 est ultérieurement transformé sur Dewoitine D-520

-Le GC III/6 est ultérieurement transformé sur Dewoitine D-520

-Le GC II/7 est ultérieurement transformé sur Dewoitine D-520

-Le GC I/6 est ultérieurement transformé sur Dewoitine D-520

-Le GC II/3 est ultérieurement transformé sur Dewoitine D-520

-Le GC I/10 déployé en AFN est ultérieurement transformé sur Arsenal VG-39

-Le GC I/7 (ultérieurement baptisé GC I/11) et déployé au Levant remplace ses MS-406 par des Curtiss H-75. (Un GC I/7 est ultérieurement recréé sur D-520 pour permettre à la 7ème EC d’avoir trois groupes homogènes).

Le remplacement des MS-406 est achevé en janvier 1943 mais tous ne sont pas feraillés. En effet, 500 appareils sont transformés en MS-410.

Par rapport au MS-406, le «nouvel appareil» reçoit une alimentation en bandes rechauffés pour éviter les pannes liées au givre, le remplacement du collimateur, l’installation d’un radiateur fixe, l’installation de pipes d’échappement à effets propulsifs, l’installation d’une hélice Ratier ce qui augmenta la vitesse de 40 km/h.

Ces appareils vont équiper les douze Escadrilles Régionales de Chasse (ERC) déployées en métropole avec 144 exemplaires sur les 500 transformés. 200 furent conservés comme volant de fonctionnement et les 156 restants furent revendus à des pays étrangers comme la Suisse et la Turquie. Les MS-410 furent retirés du service à l’automne 1946.

Caractéristiques Techniques du Morane-Saulnier MS-406

Type : chasseur monoplace monomoteur

Poids : à vide 1895kg maximal 2540kg

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 12Y-31 12 cylindres dévellopant 860ch au décollage entrainant une hélice Chauvière de 3m de diamètre

Performances : vitesse maximale 486 km/h à 5000m Autonomie maximale 1100km Plafond pratique 9400m

Armement : un canon Hispano-Suiza HS-9 de 20mm tirant à travers l’axe de l’hélice avec soixante obus et deux mitrailleuses MAC-34 de 7.5mm dans chaque aile