Etats Unis (63) navires légers (2)

Dragueurs de mines

Avant-propos

A l’origine, mines et torpilles partagent une origine commune avant de bifurquer, la torpille devenant automobile après avoir été porté sur une hampe qui rendait la mission périlleuse. La mine resta elle inchangée tel un monstre préhistorique parvenu jusqu’à notre époque.

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11-Torpilleurs d’escadre (1)

11°) TORPILLEURS D’ESCADRE

En guise d’introduction………..

La loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 provoque en France la naissance d’une presse moderne et agressive, s’arrogeant de parler et de débattre de tout y compris des questions navales et militaires, dans un contexte où l’on surveille avec intérêt et inquiétude la «ligne bleue des Vosges» dans l’espoir d’une hypothétique revanche.

Amiral Théophile Aube (1826-1890) chef de file de la "Jeune Ecole"

Amiral Théophile Aube (1826-1890) chef de file de la « Jeune Ecole »

Un mouvement de pensée apparaît alors. Appelé «Jeune Ecole» (en référence aux Jeunes Turcs réformateurs ?), il est incarné par l’amiral Aube et son gendre, le journaliste Gabriel Charmes qui vouent aux gémonies le cuirassé et vénèrent le navire léger rapide appelé torpilleur qu’il soit de surface ou submersible (le futur sous-marin).

Ce mouvement va pousser les ministres de la marine successifs à ralentir la construction des cuirassés au profit de torpilleurs bien souvent incapables de naviguer et de combattre en haute mer, ce sont les fameux «numérotés» qui n’allaient pas tarder à encombrer les ports français.

Torpilleur de défense mobile n°86

Torpilleur de défense mobile n°86

Cette école dont les dernières traces d’influence s’estompent au début du 20ème siècle à certes permis à la France de s’équiper de sous-marins et de torpilleurs mais ces derniers étaient bien plus petits que leurs congénères étrangers.

Résultat quand la Royale rentre en guerre en août 1914, elle ne dispose d’aucun torpilleur digne de ce nom capable d’escorter en haute mer un corps de bataille qui retrouvait des couleurs avec les Courbet et les Bretagne.

L'Aventurier ex-Mendoza

L’Aventurier ex-Mendoza construit à l’origine pour la marine argentine

Faisant feu de tout bois, elle doit donc réquisitionner des torpilleurs en construction pour l’Argentine, des torpilleurs de 1100 tonnes mais également des navires d’une taille semblable destinés à la Grèce.

Le torpilleur L'Arabe construit au Japon

Le torpilleur L’Arabe construit au Japon

Les chantiers et arsenaux français s’étant tournés vers la production de munitions et de matériels au profit de l’armée de terre, la Royale doit même faire construire douze torpilleurs de 800 tonnes au Japon pour compenser la pénurie de navires de ce type.

Si le premier conflit mondial est vierge de toute construction, la réflexion théorique et technique progresse à grand pas, la France se ralliant aux canons étrangers, les torpilleurs britanniques de classe V&W de 1200 tonnes constituant l’exemple à suivre.

En attendant la construction de navires neufs, la marine française récupère des torpilleurs ayant appartenu aux marines allemandes et austro-hongroises en l’occurence neuf torpilleurs ayant appartenu à la Kaiserliche Marine dont le S113 (rebaptisé Amiral Sénès) dont le déplacement (2400 tonnes) et l’armement (quatre canons de 150mm et quatre tubes lance-torpilles de 500mm en deux affûts doubles) annonce les contre-torpilleurs et huit autres plus petits d’environ 1150 tonnes  avec un armement composé de trois canons de 105mm (un avait trois canons de 88mm) et de six tubes lance-torpilles de 500mm qui annonce les torpilleurs d’escadre.

Le torpilleur Matelot Leblanc ex-Dukla de la marine austro-hongroise

Le torpilleur Matelot Leblanc ex-Dukla de la marine austro-hongroise

Un torpilleur autrichien, le Dukla rebaptisé Matelot Leblanc (deux canons de 100mm, six canons de 66mm, quatre tubes lance-torpilles de 450mm en deux affûts axiaux puis deux canons de 100mm et six canons de 65mm) est également acquis.

Le torpilleur Bourrasque dans sa configuration d'origine

Le torpilleur Bourrasque dans sa configuration d’origine

Les tests des navires étrangers et les études menés par le STCN aboutissent à la constitution d’une imposante flotte de torpilleurs de 1455/1500 tonnes, vingt-six navires que l’on repartit généralement en deux classes : les douze Bourrasque (Bourrasque Orage Ouragan Cyclone Mistral Trombe Simoun Tempête Siroco Typhon Tramontane Tornade) et les quatorze L’Adroit (L’Adroit L’Alcyon Le Mars Le Fortuné La Palme La Railleuse Brestois Boulonnais Basque Bordelais  Forbin Frondeur Fougueux Foudroyant).

Le torpilleur d'escadre L'Adroit durant ses essais

Le torpilleur d’escadre L’Adroit durant ses essais

Ces navires ne sont pas une totale réussite. Rapides mais fragiles et peu endurants, leur armement peut être difficile à mettre en oeuvre par mer formée sans parler du fait qu’ils ne disposent pas au moment ou éclate la guerre de Pologne d’une DCA correcte et d’une capacité ASM suffisante pour mener avec efficacité des missions d’escorte.

L’apparition du cuirassé de poche Deutschland obligea la France à relancer la construction de cuirassés. Il était impératif pour la Royale de s’équiper d’un navire de ligne rapide, cette volonté débouchant sur la construction des croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg.

Le torpilleur Le Hardi, une silhouette en rupture avec ses devanciers Bourrasque et L'Adroit

Le torpilleur Le Hardi, une silhouette en rupture avec ses devanciers Bourrasque et L’Adroit

Ces deux unités modernes devaient être protégées des attaques des torpilleurs ennemis et le STCN lança en 1932 l’étude d’un nouveau modèle de torpilleur d’escadre en tirant les leçons des problèmes rencontrés par les torpilleurs de classe Bourrasque et L’Adroit notamment leur stabilité à la mer, leur faible rayon d’action. Les Le Hardi intègrent également de nouvelles techniques de construction comme la soudure à leur construction, les superstructures sont en alliage léger

Tout cela aboutit à un torpilleur de 1772 tonnes Washington (1797 tonnes métriques) à la silhouette élégante avec un long gaillard d’avant, des superstructures réduites et deux cheminées, le projet étant validé le 10 août 1934.

L’armement principal se compose de six canons de 130mm en trois tourelles doubles (une avant et deux arrières) ce qui permet de limiter la hauteur du navire, un atout précieux dans le combat de nuit à une époque où le radar n’existe pas encore.

Si l’armement antisurface est bon (six canons de 130mm et sept tubes lance-torpilles), la DCA légère est insuffisante tout comme l’armement ASM alors que la mission principale de ces navires est l’escorte.

Néanmoins et en dépit de ses défauts (commun aux navires français de l’époque), les Le Hardi apportent un grand nombre d’améliorations. Leur construction est mieux adaptée à une économie de guerre, ils peuvent tenir une vitesse très élevée (34-35 noeuds), une stabilité plus importante, une coque plus résistante, des passerelles plus confortables, une nouvelle conduite de tir et un champ de battage améliorée pour les tubes lance-torpilles…………. .

Le premier navire baptisé Le Hardi est financé à la tranche 1932. Il est suivit par deux navires à la tranche 1935 (Fleuret et Epée), trois navires à la tranche 1936 (Mameluk Casque Lansquenet), deux navires à la tranche 1937 (Le Corsaire et Flibustier).

Cette classe de huit navires est suivit par la classe Intrépide qui ne se distingue extérieurement des Le Hardi que par des points de détail mais quand on s’approche de plus près, ces navires se distinguent par une artillerie principale à double-usage.

Pas moins de vingt-trois torpilleurs de classe Intrépide vont ainsi être construits, leur financement étant entre la tranche 1938 (trois navires), la tranche 1938bis (un) au décret-loi du 1er avril 1940 (trois), à la tranche 1941 (quatre), à la tranche 1942 (trois), à la tranche 1943 (trois) et à la tranche 1944 (six).
Ces navires baptisés L’Intrepide Le Téméraire L’Opiniâtre L’Aventurier L’Eveillé L’Alerte L’Inconstant Durandal Dague Bouclier Cimeterre Rapière Hallebarde Arquebuse Mousquet Bombardier Sabre Claymore Hussard Spahi Tirailleur Voltigeur et Goumier sont mis en service en 1941 (quatre), en 1942 (deux), en 1943 (quatre), en 1944 (deux), en 1945 (deux), en 1946 (cinq) et en 1947 (quatre) complètent les torpilleurs de 1500 tonnes puis les remplacent peu à peu.

A ces vingt trois torpilleurs succèdent douze navires de classe Empire, navires financés aux tranches 1945, 1946 et 1948, les quatre navires de la dernière tranche étant construits dans un chantier américain en l’occurence les chantiers Ingalls de Pascagoula dans le Mississippi.

Ces quatre navires entreront cependant en service après le début de la guerre en Europe et qu’un temps, l’US Navy envisagea de les racheter. Seuls un armement non conforme préserva ces navires d’une carrière américaine au lieu d’une carrière française.

Ces navires se distinguent par une construction encore simplifiée par rapport aux Intrépide et surtout par un rouf continu qui facilite la circulation d’un bord à l’autre du navire en cas notamment de mauvais temps.

Ces douze navires baptisés de noms de maréchaux napoléoniens (Ney Lannes Murat Berthier Augereau Davout Soult Massena Bernadotte Kellerman Bessière et Jourdan) sont mis en service en 1946 (un) en 1947 (deux), en 1948 (cinq) et en 1950 (quatre) soit bien après le début du conflit.