23-Armée de terre ligne Maginot (40)

Corse

-Pour la défense des plages, on trouve un point fortifié autour de Porto-Vecchio avec deux casemates d’artillerie (L’Aréna et Saint Cyprien) dont les feux se recoupent pour défendre la rade et deux casemates d’infanterie pour défendre les plages, l’un étant implanté à Georges-Ville et l’autre à Ziglione.

-Une casemate d’infanterie isolée interdisant la baie de Santa-Giulia

-Un point fortifié interdisant le Golfe de Santa-Manza avec une casemate d’artillerie à Santa-Manza appuyant les casemates de Rondinara, Capo Bianco Nord et Capo Bianco Sud

-Un point fortifié défendant la plage de Ventilegne et la route Sartène-Bonifacio avec une casemate d’infanterie à Ventilegne et un autre à Catarello.

Casemate de Spinella près de Bonifaccio

Casemate de Spinella près de Bonifaccio

-Pour la défense du front de terre de Bonifacio est organisé un barrage de route entre Porto-Vecchio et Bonifaccio, barrage s’appuyant sur les fortifications de Ventilègne et de Santa-Manza ainsi que sur deux casemates d’infanterie (Spinella est et ouest)

-Pour la défense de Pertusato, on trouve un point fortifié sur le plateau du même nom avec deux casemates d’infanterie (Pertusato I et V), cinq abris (Pertusato II III IV VI et VII) et deux batteries côtières disposant de quatre canons de 138mm modèle 1893 et six canons de 164mm, l’ensemble ayant été construit en 1928.

-Durant la guerre de Pologne et jusqu’à la démobilisation de l’été/automne 1940, sont construits d’autres ouvrages pour compléter le dispositif de défense de la Corse.

Le nord de l’île jusque là négligé voit la construit de deux casemates doubles sur les plages de Saint Florent et de l’Arinella près de Bastia plus deux petits blockhaus.

La plateau de Corbo au sud est également mis en état de défense. C’est ainsi qu’entre les casemates de Spinella et de Catarello, trente-cinq créneaux pour arme automatique et quinze abris enterrés sont réalisés, le tout étant baptisé «Ligne Mollard» du nom du commandant supérieur de la défense de l’île.

La construction de la base aérienne de Solenzara sur la plaine orientale entraine également la construction par la CEZF d’ouvrages destinés à protéger ce véritable porte-avions pointé directement sur l’Italie.

L’entrée terrestre de la base est protégée par deux casemates type STG avec deux créneaux, un créneau équipé d’un jumelage de mitrailleuses de 7.5mm et un créneau combinant un canon antichar de 47mm et une mitrailleuse de 7.5mm.

La défense depuis la plage est assurée par six petits casemates armés d’un jumelage de mitrailleuses de 7.5mm.

Tunisie

Si depuis le début, la défense des côtes tunisiennes à été prise en compte, ce n’est pas le cas des défenses terrestres qui vont rester longtemps, très longtemps négligées. Il faut en effet attendre 1928 pour qu’un programme défensif soit lancé avec quatre points :

-Organisation défensive de Bizerte

-Organisation antiaérienne de Tunis

-Organisation défensive du Sud-Tunisien

-Organisation de barrages défensifs

La priorité est donné à Bizerte dont l’emplacement stratégique en fait une cible naturelle pour les italiens qui pourraient être tentés d’y mener un raid amphibie pour s’emparer ou au moins neutraliser la base, opération qui rappelerait les «descentes» du temps de la marine à voile.

Secteur Fortifié de Bizerte : organisation et équipement

Position de Remel-Menzel-Djemil

Cette position couvre l’isthme séparant le lac de Bizerte et la mer à l’est de la ville de Bizerte. Elle dispose pour cela des constructions suivantes :

-Quatre blockhaus armés de deux mitrailleuses

-Trois blockhaus armés de deux fusils-mitrailleurs

-Un observatoire

-Trois abris

-Les deux points forts de cette position sont representés par les blockhaus de Zarzouna et de Reme qui disposent de trois mitrailleuses dont une sous coupole pour le tir frontal et de deux FM.

-Entre 1944 et 1948, la MOM réalisé quatre blockhaus plus spécifiquement orientés antichars avec un créneau muni d’un canon de 47mm modèle 1937, un créneau disposant de deux mitrailleuses et une cloche GFM.

Canon de 47mm modèle 1937

Canon de 47mm modèle 1937 utilisé également sous casemate pour la défense antichar

Position de l’Oued Gareck

Cette position défend l’accès oriental à Ferryville et dispose pour cela des ouvrages suivants :

-Sept blockhaus armés de deux mitrailleuses

-Un blockhaus armé d’une mitrailleuse et d’un fusil-mitrailleur

-En 1944, deux blockhaus antichars semblables à ceux décrits plus hauts sont construits.

Position de Metline-Zebib

Cette position est situé sur le cap Zebib couvre à l’est la position de Remel-Menzel-Djemil avec pour cela sept blockhaus, cinq étant armés de deux mitrailleuses, un étant armé d’une mitrailleuse et d’un FM et le dernier étant muni de deux mitrailleuses et d’un FM.

On trouve également un poste de commandement, un observatoire mais surtout le blockhaus de Béni-Ata disposant de cinq mitrailleuses dont une sous coupole pour le tir frontal.

En 1945, trois blockhaus antichars (un créneau AC/47, un créneau JM à deux mitrailleuses et une cloche GFM) sont construits

Place de Bizerte

Sous-secteur Est

Le môle de résistance du Djebel Hakima-Djerissa situé à trois kilomètres au NE d’El Atia dispose de cinq blockhaus armés de deux mitrailleuses, quatre blockhaus armés de trois FM, trois blockhaus disposant d’une unique mitrailleuse, trois postes de commandement et deux observatoires.

Le môle de résistance du Djebel Touiba-Kechabta dispose de cinq blockhaus armés de deux mitrailleuses dont deux équipés d’un observatoire ainsi que deux postes de commandement.

Canon antichar de 47mm en position. Le canon est mobile, pouvant être remplacé si nécessaire par un JM

Canon antichar de 47mm en position. Le canon est mobile, pouvant être remplacé si nécessaire par un JM

-Quatre blockhaus antichars (un créneau AC/47, un créneau JM à deux mitrailleuses et une cloche GFM) sont construits entre 1944 et 1946, deux au niveau du mole et deux au niveau du village d’El Alia.

Sous-secteur Ouest

Le môle de résistance du Djebel Soumeur et de l’oued Damous est composé d’un blockhaus armé de quatre mitrailleuses, de trois blockhaus disposant de deux mitrailleuses et de deux FM, trois disposant de deux mitrailleuses et d’un fusil-mitrailleur, de deux blockhaus disposant d’une mitrailleuse sous coupole de tir frontal, un poste de commandement et un observatoire.

Les deux gros morceaux sont cependant les ouvrages de Sidi Salem et de Bir Kerba armés pour le premier de trois mitrailleuses (dont une en coupole de tir frontal) et d’un FM et le second de trois mitrailleuses (dont une en coupole de tir frontal) et de deux FM.

Le Mole de Cheniti-Ouitina est réalisé seulement en 1946 avec trois blockhaus disposant de deux mitrailleuses et d’un FM et un blockhaus antichar (un créneau AC/47, un créneau JM à deux mitrailleuses et une cloche GFM)

Sous-secteur Sud :

Le mole de Dekounia-Berna est construit seulement en 1945 avec quatre blockhaus disposant de deux mitrailleuses et d’un FM et un blockhaus antichar (un créneau AC/47, un créneau JM à deux mitrailleuses et une cloche GFM).

Les barrages défensifs

Le projet approuvé en janvier 1931 et se limite au stockage du matériel destiné à la réalisation de défenses pour barrer la route de Bizerte à des forces ennemies ayant débarqué dans le Golfe de Tunis et pour barrer la route de Tunis à des forces ayant débarqué dans le golfe d’Hammamet.

Golfe de Tunis-Sousse

sous-secteur de Tunis : Neuf points d’appui sont construits pour protéger Tunis, points d’appui armés de canons antichars de 25 et de 47mm ainsi que de mitrailleuses :

PA 1 et 2 : un canon de 47mm et un groupe de mitrailleuses

PA 4 : un canon de 47mm et deux groupes de mitrailleuses

PA 6 : deux canons de 47mm et un groupe de mitrailleuses

PA7 et PA 8: deux canons de 47mm et deux groupes de mitrailleuses

PA 9 : deux canons de 47mm et trois groupes de mitrailleuses

PA 5 : un canon de 25mm et un groupe de mitrailleuses

PA 3 : deux groupes de mitrailleuses

sous-secteur d’Hammamet : cinq points d’appuis armés de groupes de mitrailleuses ainsi que quatre groupes équipés chacun d’un canon de 75mm, canons mis en oeuvre par la 2ème batterie du 162ème régiment d’artillerie d’Afrique (162ème RAA)

sous-secteur de Sousse : cinq points d’appui équipés de mitrailleuses et une section équipée de deux canons de 75mm (2ème batterie 162ème RAA)

La défense de Sfax

Elle est assurée par huit points d’appui équipés de groupes de mitrailleuses et par des positions d’artillerie, des canons de 75mm de la 3ème batterie du 162ème RAA et par la batterie mobile de marine équipée de Schneider 155L.

La défense de Gabès et la ligne Mareth

Défense de Gabès

Elle est assurée par une ceinture fortifiée entourée la ville avec dix blockhaus équipés de mitrailleuses (un créneau JM et une cloche GFM), un observatoire et ultérieurement, quatre blockhaus destinés à la lutte antichar avec un créneau AC 47, un créneau JM et une cloche GFM.

La ligne Mareth

La Ligne Mareth n’à qu’à une apparence lointaine avec la ligne Maginot. On dénombre deux lignes avec une Ligne Principale de Résistance (LPR) disposant d’ouvrages numérotés P1 à P28 et une Ligne d’arrêt disposant d’ouvrages numérotés A1 à A20 avec un A12bis.

L’ensemble représente 45 blockhaus d’infanterie (quarante dans la plaine et cinq dans la partie montagneuse), 28 postes de commandement (vingt-six dans la plaine et deux en montagne) et huit casemates à canon. L’armement antichar est assuré par des canons de 75mm ou de 47mm de marine soit sous des emplacements bétonnés (27) ou dans des emplacements à ciel ouvert.

Les points d’appui disposent de deux types d’équipement avec d’abord le matériel de position avec des fusils-mitrailleurs modèle 1924 modifié 29, la mitrailleuse Hotchkiss de 8mm modèle 1914, le canon de 47mm de marine modèle 1885 ou 1902, le canon de 47mm modèle 1937, le canon de 75mm modèle 1897, le canon de 80mm modèle 1877, le canon de 90M modèle 1916 et le canon de 75mm sous tourelle C2 et ensuite le matériel mobile à savoir des canons de 25mm antichar modèle 1934, le canon de 37TR modèle 1916 et le 47mm modèle 1937.

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22-Armée de terre : armement et matériel (64)

Harnachement de la cavalerie

En métropole

Le harnachement de la cavalerie métropolitaine équipe les montures des régiments non motorisés de cuirassiers, dragons, chasseurs à cheval et hussards, ainsi que les escadrons à cheval des GRDI et des GRCA.

-On trouve une selle modèle 1874 modifié, une garniture de tête modèle 1874, un mors de bride modèle 1908. On trouve des couverture de cheval pour protéger le noble destrier de la selle, on trouve également des sacoches installées de part et d’autre de la selle.

-En septembre 1939, il existe trois modèles de monosacs en service. Tous sont munis de bretelles qui permettent au cavalier de le porter comme un havresac d’infanterie pour le combat à pied. En tenue de campagne à cheval, il est fixé sur la courroie de panneau amovible à l’arrière de la selle, à la place qu’occupait la poche à fer.

On trouve un modèle 1925 en toile cachou renforcé de cuir fauve, un modèle 1930 confectionné en deux épaisseurs de toile entrecollées le rendant le plus profond que son prédécesseur, un modèle 1916 transformé en modèle 1930 et un monosac modèle 1930/34.

-Les colliers à cartouches servent à transporter un supplément de munitions et se bouclent normalement sur l’encolure du cheval. Ils peuvent être portés en bandoulière par le cavalier pour le combat à pied.

On trouve un modèle 1916 qui dispose de 18 alvéoles en toile écrue pour contenir deux chargeurs de trois coups pour mousqueton Berthier, un modèle 1918 adapté aux chargeurs de cinq coups de mousqueton ce qui réduit le nombre d’alvéoles à neuf qui peuvent contenir les chargeurs du MAS 36 et un modèle 1929 adapté au FM modèle 1924/29 qui peut contenir quinze cartouches de 7.5mm modèle 29C dans six grandes pochettes en cuir.

-En ce qui concerne l’armement, pour le protéger on trouve un étui pour mousqueton, un étui pour fusil MAS 36, une botte pour fusil mitrailleur modèle 1924 et un fourreau en cuir pour le sabre modèle 1822 devenu l’arme blanche standard de la cavalerie le 14 août 1937.

-Pour les soins de la monture, on trouve des éperons à la chevalière avec bride et sous-pieds modèle 1900, une musette-mangeoire, le surfaix pour fixer la couverture sur le cheval en absence de celle, une musette de pansage et une sacoche de maréchal-ferrant pour les soins.

 

En campagne, le cavalier métropolitain embarque le paquetage suivant :

-Autour de l’encolure : longe et collier à cartouches

-Sur le devant des sacoches : toile de tente roulée

-Sur la sacoche droite : un outil fixé par les courroies de sacoches prises dans les passants de l’étui et un seau en toile pour deux hommes

-Sur la sacoche gauche : pelle-pioche fixées par les courroies de sacoche, la courroie inférieure passant dans l’oeil de l’outil placé pointe en bas. On peut également y trouver la lanterne pliante

-Dans la sacoche gauche, on trouve deux kilogrammes d’avoine dans une musette-mangeoire, le surfaix, le bouchon et l’éponge

-Le monosac gauche : gamelle, repas froid, cuiller, fourchette, un jour de vivres de réserve et deux rations de chocolat, bonnet de police et étui-musette modèle 1861

-Le monosac droit : brosse, serviette et effets de toilette, sac à distribution vide, corde à fourrage et trousse garnie

-A l’anneau de selle : (côté opposé au sabre si le sabre est porté à l’anneau) : cisaille renforcée suspendue par son boucleteau

-Sur le troussequin (partie arrière de la selle) : le manteau roulé à la longueur de 1,10m afin d’affleurer les monosacs. En hiver, le couvre-pieds est placé sous le manteau.

-Le sabre est porté à gauche comme dans la cavalerie d’Afrique mais certains corps de cavalerie continuent de porter le sabre à droite.

-Les sous-officiers, les trompettes et les autres cavaliers portant déjà quelque chose dans le dos portent le mousqueton dans l’étui modèle 1913 suspendu à l’anneau gauche de la selle. Le tireur FM peut emporter son arme dans une botte spécifique installée à gauche ou à droite.

-Dans le but d’allègement, une partie des effets du cavalier est placée dans le «colis individuel» transporté sur la voiture.

Ce colis prend place dans un étui-musette modèle 1861 et embarque un mouchoir, une cravate, une chemise, un caleçon, une serviette, une paire de chaussettes, une paire de chaussures de réserve, une étrille et une brosse à cheval.

Les sous-officiers emportent en plus les ciseaux de pansage. Les détenteurs du bourgeron et du pantalon de treillis fixent ces deux effets à l’extérieur de l’étui-musette.

-Pour le combat à pied, les cavaliers emportent le monosac à sac gauche sur le dos tout comme le collier à cartouches qui est réglementairement porté à la ceinture, par-dessus les cartouchières, la courroie fixant le collier à la salle étant en bandoulière sur l’épaule droite. En pratique, il est porté en sautoir.

Si le manteau est emporté, il doit être fixé en arrière du chapelet, posé sur la partie supérieure des bretelles.

Les cavaliers de l’escouade FM qui portent les havresac porte-munitions ne peuvent emporter le monosac et en transfèrent donc le contenu dans un étui-musette porté en sautoir.

Les spahis

L’harnachement des spahis comprend un arçon muni de sa garniture et de divers accessoires. La couverture de cheval est remplacée par un tapis de selle en feutre. L’arçon en bois recouvert de peau parcheminée repose sur le tapis et est fixé au cheval à l’aide d’une sangle particulière munie d’une passe dans laquelle s’engage le surfaix lui aussi spécifique. Un poitrail évite le recul de l’arço. Ce dernier est ensuite muni d’une chemise qui le recouvre entièrement. Il existe en trois tailles d’arçon.

L’avant de l’arçon se nomme karbous et la palette gueddah. La poche à fers est spécifique aux spahis, une poche se trouvant à droite et une poche à gauche. Le poitrail est en cuir quadrillé rouge et au niveau du karbous est fixée la courroie à boucle du porte-sabre et à l’arrière de la gueddah se trouve trois dés pour dixer le paquetage.

Le tapis de feutre se compose de deux épaisseurs de feutre, deux blanches et quatre bleues. Sur le dessus sont cousus des renforts en filali rouge ou en chèvre façon filali. Les feuilles de feutre sont réunies par une seule couture centrale. Une lanière permet de fixer le tapis au karbous.

Les étriers sont en acier doux et leur semelle est percée de onze trous dont deux carrés, le dessus et le dessous de la semelle sont vernis en noir ainsi que l’intérieur des bords relevés. Les étrivières possèdent dix trous au lieu de huit pour la cavalerie métropolitaine ainsi qu’un passant en cuir cousu vers la boucle.

La besace se compose de deux poches en toile à voile cachou réunies par une pièce centrale percée d’une fente permettant de l’enfiler sur la gueddah. Chaque poche ferme par deux sanglons en cuir.

L’arrière et les côtés des poches sont renforcés de cuir, la poche de droite recèle un étui en cuir pour pétard de mélinite.

En campagne, les spahis embarquent le paquetage suivant :

-Autour de l’encolure : longe et collier à cartouches

-Sur la selle, arrimés au karbous, on trouve à gauche le sabre dans sa gaine, le bidon et le quart et à droite, la musette en cuir contenant la chaine d’attache, l’entrave, le piquet de cavalerie et un mors de bridon. Usuellement, le mousqueton est porté au côté droit du karbous, la crosse vers l’avant alors que réglementairement, le mousqueton est porté dans le dos.

-Sur le siège, en période froide, se place le couvre-pieds maintenu par le surfaix

-Dans les besaces, on trouve à droite trois kg d’avoine dans la musette-mangeoire, une serviette, les effets de toilette, la trousse garnie, une brosse (un jeu complet pour trois hommes), un bouchon, l’éponge et la corde à fourrage alors qu’à gauche, on trouve contenus dans deux étuis-musette modèle 1861, la gamelle avec repas froid, la cuillère, la fourchette, un jour de vivres de réserve, deux rations de chocolat, la chéchia, une chèche (pour les cavaliers français uniquement) et le pétard (les détonateurs sont aux mains des sous-officiers).

-Sur les besaces, on trouve à droite un outil et le seau en toile et à gauche la pelle-pioche et le cas échéant la lanterne pliante.

-Dans les poches à fer, on trouve une demi-ferrure, des clous, des crampons et une clef à crampons

-Derrière la gueddah, le manteau et la toile de tente renfermant les piquets roulés en deux ballots séparés, le manteau en dessous et la toile de tente au dessus. Eventuellement, la cisaille renforcée pour les cavaliers qui en sont porteurs.

L’équipement des spahis est différent de la cavalerie métropolitaine car inspiré de celui utilisé par les troupes sahariennes notamment le baudrier porte-cartouches et le ceinturon porte-cartouches. A noter que parfois, les spahis mêlent des attributs propres à leur arme et des équipements standards.

Pour le combat à pied, les spahis prennent sur eux les deux étuis-musette contenant les vivres, les munitions et les effets de la besace gauche. Ces étuis sont placés en sautoir l’un à droite et l’autre à gauche. Le bidon se porte sur la hanche gauche. Les hommes munis du sac à chargeurs n’emportent qu’un étui-musette contenant les vivres. Les colliers à cartouches font l’objet des mêmes mesures que dans la cavalerie métropolitaine.

Harnachement et paquetage des officiers montés (toutes armes)

La selle utilisée est une selle modèle 1884 différente du modèle 1874 et de finition plus soignée que celle destinée à la troupe.

En campagne, les officiers de cavalerie doivent emporter le paquetage suivant :

-Sur le cheval, on trouve une selle complète, une bride avec licol et longe de corde, une couverture de cheval, une longe poitrail, un étui porte-avoine, une musette mangeoire, un surfaix, un sabre dans un fourreau avec gaine, un sac de campagne, un bonnet police, un manteau roulé comme celui de la troupe qui peut être protégé facultativement dans un étui en toile kaki ou en drap de la couleur du manteau, cartouches du revolver ou du pistolet, repas froid, vivre de réserve et éventuellement, chaussures de repos, linge de rechange et trousse de toilette.

-Sur le cheval de main, on trouve une selle complète, un bridon, un licol et une longe, une couverture de cheval, une musette mangeoire, un surfaix, deux demi-ferrures, clous et crampons, un seau en toile, une toile de tente et éventuellement, chaussures de repos, linge de rechange et trousse de toile.

22-Armée de terre : armement et matériel (63)

Étuis pour armes de poing et équipement associé au fusil-mitrailleur

Comme dans les autres domaines, il existe différent type d’étuis pour arme de poing, certains récents, d’autres plus anciens sans oublier les anciens modèles adaptés à une nouvelle arme ou au nouvel équipement modèle 1935.

On trouve l’étui de pistolet automatique modèle 1916 _spécialement conçu pour le pistolet Ruby_, l’étui de pistolet automatique modèle 1916 modifié 1937 (pour s’adapter au grand équipement modèle 1935) et l’étui de pistolet automatique modèle 1937 _conçu pour les PA modèle 1935 A et S_.

Pour ce qui est des révolvers, on trouve un étui modèle 1893 modifié 1909 destiné à toutes les armes sauf la cavalerie qui utilise un étui modèle 1916. Ces étuis sont modifiés pour s’adapter à l’équipement modèle 1935.

Des cartouchières destinées aux pistolets mitrailleurs sont également mises au point.

La mise au point de l’équipement modèle 1935 permet d’unifier l’équipement au niveau du groupe de combat quelque soit la fonction du combattant au sein du groupe de combat.

Auparavant, des effets spécifiques sont mis au point pour adapter tant bien que mal l’équipement ancien modèle au fusil-mitrailleur modèle 1924 modifié 1929 et pour quelques rares unités encore équipées du Chauchat.

Pour le fusil mitrailleur modèle 1915 (nom officiel du Chauchat), on voit l’introduction d’une musette porte-cartouches fabriquée dans le même matériau que celui utilisé pour le havresac en l’occurence de la forte toile. Elle peut contenir quatre chargeurs et une trousse ou huit chargeurs.

On trouve également un havresac pour fusil mitrailleur (BO du 25 mai 1917) qui peut contenir huit chargeurs et une trousse de 64 cartouches ou douze chargeurs. Comme pour la musette décrite plus haut, ce matériel existe en une version pour le Châtellerault modèle 1924 modifié 1929.

Pour le fusil-mitrailleur de la Manufacture d’Armes de Châtellerault, on trouve un havresac modèle 1924 porté par le chargeur de l’arme avec un total de huit chargeurs et par les trois pourvoyeurs qui emportent quatre chargeurs chacun alors que la musette modèle 1924 est portée par le caporal adjoint ou chef de groupe, par le tireur et par le chargeur avec deux ou trois chargeurs dans la musette.

Les cavaliers et les dragons portés utilisent une cartouchière modèle 1924 pouvant transporter deux chargeurs de FM avec les balles vers le bas.

 

On trouve pour toutes les armes des musettes porte-grenades apparues durant le premier conflit mondial. Chaque groupe de combat disposent de deux musettes par groupe de combat d’infanterie, transportées dans les voiturettes à munitions et 80 musettes par régiment de cavalerie, transportées sur la voiture à grenades régimentaire.

Les outils

Devant vivre sur le terrain, les fantassins et les cavaliers embarquent des outils pour creuser, couper et aménager le terrain surtout à une époque où la guerre des tranchées est dans toutes les têtes et où l’un des premiers réflexes du combattant est de s’enterrer. Quand aux hommes du génie, les outils sont leur raison de vivre.

Parmi les outils individuels on trouve la pelle ronde portative modèle 1916, la pioche portative d’infanterie modèle 1916 (qui remplace un modèle antérieur plus petit), la pelle-pioche modèle 1909, le pic à tête portatif, la bêche portative emmanchée, la hache portative à main emmanchée, la hache portative ordinaire emmanchée, la serpe portative et le coupe-coupe sénégalais.

On trouve également une scie égoïne portative, une scie égoïne modèle 1929, une scie articulée modèle 1879 et plusieurs modèles de cisailles portatives.

Le génie utilise un pic à tête, une pioche portative ordinaire, une pelle ronde portative, une hache de parc, une pince à main, un exploseur boulanger et enfin une trousse d’artificier avec tout le nécessaire pour manipuler les explosifs.

Les différents outils sont répartis de la façon suivante au sein de l’infanterie, de la cavalerie et du génie :

-Au sein du groupe de combat d’infanterie, le sergent-chef de groupe dispose d’une cisaille renforcée, le caporal adjoint une hache portative à main, le grenadier VB (puis un voltigeur) une pelle pioche, les quatre voltigeurs disposent de chacun d’une pelle, le tireur FM une bêche, le chargeur une pelle pioche et les trois pourvoyeurs disposent de deux bêches et une serpe.

-Au niveau de la section, l’agent de transmission dispose d’une bêche, l’observateur d’une pelle-pioche et le caporal VB une scie égoïne et un mètre pliant en cuivre.

-Au niveau de la section de commandement de compagnie, le sergent transmissions/renseignements dispose d’une scie égoïne, le sergent comptable dispose d’une cisaille renforcée, le caporal comptable d’une cisaille à main, les quatre agents de transmissions se partagent deux bêches et deux pelles-pioches, un signaleur à une pelle modèle 1916 et son collègue une hache portative à main, un observateur à une pelle modèle 1916 et son collègue une hache portative à main, le caporal d’ordinaire dispose d’une serpe, les quatre cuisiniers se partagent deux pelles modèle 1916, une pioche modèle 1916 et une hache portative ordinaire, le tailleur, le coiffure et l’ordonnance d’un officier monté ont une pelle modèle 1916, le cordonnier une pioche modèle 1916.

-Au niveau de la section de commandement du régiment, les sous-officiers de liaison possèdent
chacun une cisaille à main portative, le sergent téléphoniste une scie égoïne, les quatre caporaux téléphonistes se partagent deux serpes et deux cisailles renforcées.

Les vingt téléphonistes se partagent huit bêches, huit pelles-pioches et quatre haches portatives à main, le sergent radio dispose d’une scie égoïne, les trois caporaux radio se partagent deux serpes et une cisailles renforcée et les onze radios se partagent quatre bêches, quatre pelles-pioches et trois haches portatives à main.
Le sous-officier renfort transmissions dispose d’une cisaille renforcée, les deux caporaux renfort transmissions disposent chacun d’une serpe et les vingt-six soldats renfort transmissions se partageaient onze bêches, onze pelles-pioches et quatre haches portatives à main.

Le sergent signaleur dispose d’une cisaille renforcée, le caporal signaleur une serpe et les quatre signaleurs se partagent deux pelles modèle 16, une pioche modèle 16 et une hache portative à main.

Les deux colombophiles disposent d’une bêche ou d’une pelle-pioche, le sous-officier adjoint OR dispose d’une cisaille renforcée, le sergent observateur dispose d’une cisaille renforcée, le caporal observateur dispose d’une serpe, les quatre soldats observateurs disposent de deux pelles modèle 16, une pioche modèle 16 et une hache portative à main, les six ordonnances d’officier montés se partageant trois pelles modèle 16 et trois pioches modèle 16.

-Au niveau de la section de commandement du bataillon, le caporal adjoint dispose d’une cisaille à main portative, le caporal téléphoniste dispose d’une cisaille renforcée, les cinq téléphonistes se partagent deux bêches, deux pelles-pioches et une hache portative à main.

Le caporal radio dispose d’une serpe, les trois radios se partagent une bêche, une pelle-pioche et une hache portative à main; les quatre signaleurs, les deux colombophiles et les deux coureurs se partagent deux pelles modèle 16, une pioche modèle 16, deux bêches, deux pelles-pioches et une hache portative à main.

Le sergent renseignement dispose d’une cisaille renforcée, les quatre observateurs se partagent deux pelles modèle 16, une pioche modèle 16 et une hache portative à main; les deux cuisiniers disposent pour l’un une pelle modèle 16 et une hache portative ordinaire; le caporal manutentionnaire dispose d’une serpe, les quatre manutentionnaires se partagent trois pelles modèle 16 et une pioche modèle 16; les quatre sous-officiers en réserve disposent chacun d’une cisaille renforcée et les dix caporaux en réserve se partagent cinq haches portatives à main et cinq pioches modèle 16.

-au sein du groupe de combat (monté) de cavalerie, tous les cavaliers possèdent une pelle-pioche, quatre hommes disposant d’un second outil.

Le brigadier chef d’escouade disposent d’une cisaille à main ou d’une pince universelle; l’un des pourvoyeurs dispose d’une serpe, le brigadier chef de l’escouade d’éclaireurs dispose d’une scie articulée modèle 1879 et l’un des trois éclaireurs dispose d’une cisaille renforcée.

Des pelles portatives du génie, des haches portatives à main et des pioches portatives petites sont transportées dans les voitures et peuvent transportées attachés à la selle, les autres outils sont fixés sur le ceinturon au côté droit pour le combat à pied. Les chasseurs d’Afrique et les spahis disposent également de coupe-coupe sénégalais.

-La compagnie de sapeurs mineurs dispose au total de 24 haches portative ordinaire, 16 scies articulées, 8 cisailles portatives modèle 1930, 4 pinces à pied de biche de 0.60m, 48 pelles rondes portative, 48 pioche portative ordinaire, 8 pic à tête portatif modèle 1929, 4 hache à main d’ouvrier en bois, 12 scies égoïnes modèle 1929, 8 tarières, 4 marteaux et tenailles de charpentier, 4 clés à molette de 30mm d’ouverture et pince universelle, 4 masses à tranche avec burin et 4 trousses d’artificier.

-La compagnie de mineurs artificiers dispose au total de 24 haches portatives ordinaires, 1é scies articulées, 8 cisailles portatives modèle 1930, 4 pinces à pied de biche de 0.60m, 4 pistolets de mine de 0.70 et curette de 0.70m, 44 pelles rondes portatives, 44 pioches portatives ordinaires, 8 pic à tête portatif modèle 1929, 4 hache à main d’ouvrier en bois, 12 scies égoïne modèle 1929, 8 tarières, 4 marteau et tenaille de charpentier, 4 clé à molette de 30mm d’ouverture et pince universelle, 4 masses à tranche avec burin et 12 trousses d’artificier.

-La compagnie de sapeurs pontonniers dispose au total de 24 haches portatives ordinaires, 1é scies articulées, 8 cisailles portatives modèle 1930, 4 pinces à pied de biche de 0.60m, 40 pelles rondes portatives, 40 pioches portatives ordinaires, 8 pic à tête portatif modèle 1929, 8 hache à main d’ouvrier en bois, 16 scies égoïne modèle 1929, 12 tarières, 8 marteau et tenaille de charpentier, 8 clé à molette de 30mm d’ouverture et pince universelle, 4 masses à tranche avec burin et 4 trousses d’artificier.

Le matériel de campement

A part l’équipement apparu avec le modèle 1935, tous les effets décrits dans ce chapitre étaient déjà en service avant 1914, ou depuis la fin de la première guerre mondiale pour la boite à vivres.

Outre le matériel individuel, on trouve du matériel collectif comme une gamelle de campement (deux par groupe de combat), une marmite de campement (deux par groupe de combat), un sceau en toile (deux par groupe de combat), un moulin à café (un par section), une lanterne pliante (une par section), un couteau à conserves (un pour trois hommes), une brosse à habits, une brosse à laver et une brosse à chaussures pour trois hommes.

-On trouve ainsi des sacs et sachets pour vivres en différents modèles plus ou moins grand avec un sac à distribution, un sachet à vivres collectifs (artillerie), un sachet à pain de guerre et un sachet pour vivres de réserve.

-On trouve également une serviette (60x70cm), un seau en toile apparu en 1876 avec une hauteur de 30cm pour un diamètre extérieur de 23cm. Pour le campement, on trouve des lanternes pliante système Montjardet fabriquée en fer blanc et lucarnes en mica.

-Pour le campement, les hommes disposent d’un morceau de tente individuelle modèle 1897. Cela permet de réaliser un abri de fortune mais pour réaliser une vraie tente pour six soldats, il faut six toiles (quatre pour le toit et deux pour les portes). Une tente individuelle apparaît en 1935 mais ce nouveau modèle est quasiment identique à son devancier.

-Les soldats bénéficient également d’une demi-couverture de campement (couvre-pieds) est destiné à protéger la partie de l’homme qui n’est pas abritée par la capote d’où le nom de couvre-pieds. Elle mesure 180 sur 135cm en laine marron.

-Pour les repas, les hommes disposent de gamelle individuelle modèle 1852 _remplacée progressivement par une gamelle modèle 1935_, un quart ou tasse modèle 1865 qui accompagne le bidon de deux litres modèle 1877 et le quart modèle 1935 qui accompagne la marmite modèle 1935.

-Pour boire, le bidon de deux litres modèle 1877 défini pour les troupes d’Afrique et généralisé pour tous en 1915. Un nouveau bidon modèle 1935 apparaît avec le nouvel équipement pour remplacer son ainé.

-On trouve la gamelle et marmite pour quatre hommes (bouthéon) et un moulin à café filtre klepper modèle 1866 et une boite à vivres de réserve apparue en 1918.
Cette dernière contient la ration de réserve qui se compose 450 grammes de pain de guerre, 80 grammes de sucre, 36 grammes de café torréfié en tablettes, 175 grammes de chocolat en tablette type commerce, 20 grammes de tabac et deux boites de 300g de viande stockée au fond du havresac. On trouve également un peu d’alcool (thé pour les nord-africains, café et sucre pour les indigènes).

L’allocation normale est de deux rations sauf dans l’infanterie qui reçoit une ration et un repas composé de 200 grammes de pain de guerre, 300 grammes de viande en conserve et 125 grammes de chocolat.

-Les soldats bénéficient également d’une trousse garnie pour des travaux de couture, un sac de petite monture pour les travaux de cirage avec tout le matériel nécessaire.

22-Armée de terre : armement et matériel (6)

B-Armement de l’infanterie (2) : armement collectif

Fusils-mitrailleurs

Préambule : du Chauchat au Châtellerault

Inventé durant le premier conflit mondial pour fournir aux troupes d’assaut une «mitrailleuse mobile», le fusil-mitrailleur à connu une première réalisation en France sous la forme du fusil-mitrailleur CSRG modèle 1915 plus connu sous le nom de Chauchat, du colonel Chauchat considéré comme son inventeur.

Malheureusement pour les poilus, cette arme se révéla une calamité liée à une mauvaise fabrication (trop de tolérance le rendant vulnérable à la boue des tranchées) et à l’inadaptation de la cartouche à bourelet de 8mm au tir automatique. Les français pouvaient se consoler en se disant que la version américaine chambrée à la .30 était encore plus mauvaise.

Le fusil mitrailleur Chauchat

Le fusil mitrailleur Chauchat

Quelques Chauchat furent ressortis des magasins pour équiper certaines unités de mobilisation, des unités d’artillerie et de cavalerie qui n’eurent pas à l’utiliser au combat. Dès le printemps 1940, les Chauchat retrouvèrent d’autres armes au musée des antiquités militaires.

Dès 1920, l’état-major signe l’arrêt de mort du Chauchat («ne donne pas satisfaction en raison de son fonctionnement défectueux et ne paraît pas susceptible d’améliorations») et pose les jalons d’une nouvelle arme dont il définit les futures caractéristiques : une arme légère, portative, tirant une munition meurtrière, facile à construire, à utiliser et à démonter.

Quand à l’alimentation, on envisage un temps la bande souple avant de finalement se rabattre sur le chargeur droit à la fois en raison de la volonté de remplacer rapidement le Chauchat et sous l’influence du FM BAR (Browning Automatic Rifle) qui aurait été massivement livré des Etats-Unis en cas de reprise du conflit avec l’Allemagne à moins que la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne (MAS) ne produise une version sous licence baptisée MAS modèle 1922 qui ne fût pas produit en série.

Le fusil mitrailleur BAR (Browning Automatic Rifle) M1918

Le fusil mitrailleur BAR (Browning Automatic Rifle) M1918

En novembre 1922, on lance l’expérimentation de plusieurs modèles de fusils-mitrailleurs qu’il s’agisse du Madsen, le premier FM de l’histoire, le Berthier jadis rejeté par l’état-major tout comme un modèle de la maison Hotchkiss qui connu un sort plus enviable outre-manche ainsi que la copie du BAR proposée par la MAS.

A la suite de cette évaluation, l’armée française aurait pu adopter le BAR mais cela aurait conduit une formidable perte en devises dans un pays ruiné par la guerre. Ce fût en réalité un mal pour un bien car surgissant du diable vauvert, un fusil-mitrailleur mis au point par la Manufacture d’Armes de Châtellerault (MAC) va coiffer tous ses concurrents au poteau.

Le fusil-mitrailleur modèle 1924 mod. 1929

Le fusil-mitrailleur modèle 1924/29

Le fusil-mitrailleur modèle 1924/29

Le seul fusil-mitrailleur en service dans l’armée de terre française est donc le Châtellerault, le nom populaire du fusil-mitrailleur modèle 1924/29 et de sa version améliorée appelée modèle 1924/42.

Ce fusil mitrailleur connu d’abord sous le nom de MAC type 23 est mis en production dès 1924 et les livraisons commencent au sein des unités dès 1925, un signe évident de l’urgence du besoin d’un fusil-mitrailleur.

Les premiers fusils-mitrailleurs étaient prévus pour utiliser la cartouche de 7.5x58mm qui provoqua quelques incidents liés apparemment à la rupture du culot.

La mise au point de la cartouche modèle 1929C (7.5x54mm) entraine la modification en cours de fabrication du FM mais les premières armes produites ne furent pas modifiées étant utilisées jusqu’à l’usure totale des armes et l’épuisement du stock de munitions, épuisement survenu courant 1942.

En 1932, une cartouche de 7.5mm modèle 1929D est adoptée. Il s’agit d’une balle alourdie pesant 12.35 grammes contre 9g pour la cartouche d’origine.

Cette cartouche est destinée aux fusils mitrailleurs destinés à la ligne Maginot en l’occurence 2512 FM (le nombre à accru par la suite mais le chiffre exact n’à pas été retrouvé) qui reçurent un canon rayé au pas de 235mm, un nouveau cylindre à gaz et une nouvelle planche de hausse.

Quand éclate la guerre de Pologne, 84000 fusils-mitrailleurs de ce type sont en service sur un total jugé nécessaire _volant compris_ de 94500 exemplaires vite produits avec une cadence de 3500 fusils-mitrailleurs puis 5700 exemplaires par mois pour équiper de nouvelles unités et notamment les troupes polonaises et tchèques mais également l’armée turque et l’armée britannique.

Une version légère baptisée SE MA 38 est mise au point par l’armée de l’air, une arme à la mise au point capricieuse et très longue qui se révélera finalement très bonne, étant mise en service en septembre 1942 au sein des deux groupes d’infanterie de l’air.

Quand éclate la seconde guerre mondiale, le fusil-mitrailleur modèle 1924 modifié 29 est toujours en service à raison d’une arme par groupe de combat soit un total de trois par section, 36 par bataillon (plus neuf en réserve) et 112 par régiment d’infanterie. A noter que les dragons et les chasseurs portés disposent eux de deux armes par groupe de combat.

Caractéristiques techniques du fusil mitrailleur modèle 1924 mod. 29

Calibre : 7.5mm Longueur de l’arme 1070mm Longueur du canon 500mm Poids à vide (avec béquille) 9.590kg Poids chargé (avec béquille) 10.490kg  Cadence de tir : 450 coups/minute Portée pratique à la hausse de combat 600m Portée utile maximale : 1200m Chargeurs de 25 cartouches