URSS (84) Armée de l’Air (1)

ARMEE DE L’AIR

Histoire générale de la composante aérienne des forces armées russes et soviétiques

L’Imperatorsky Voemo Vozidusnyz flot

Le 12 août 1912 est créé le service aéronautique impérial russe. C’est la première composante aérienne de l’histoire militaire russe, succédant à plusieurs années d’essais et d’expérimentation en tout genre.

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Grande Bretagne (79) Armée de terre (4)

Fusil-mitrailleurs

Avant-Propos

Membre du terrifiant tryptique MTB (Mitrailleuse-Tranchées-Barbelés) qui coûta la vie à des millions d’hommes durant le premier conflit mondial, la mitrailleuse avait pourtant été à l’origine conçue pour épargner des vies, les vies de ses hommes et non de l’ennemi.

En réduisant le nombre d’hommes sous les drapeaux, on espérait limiter les pertes au combat mais également les pertes liées à la maladie, la majorité des pertes au combat jusqu’au 20ème siècle étaient davantage causées par les épidémies ou des soins inadaptés plutôt que du fait de l’ennemi.

Cette noble intention fût vite jetée aux oubliettes et l’arrivée de la mitrailleuse marqua l’entrée de la guerre dans une phase industrielle où la quantité prime sur la qualité.

Utilisée en position fixe, la mitrailleuse pouvait certes appuyer une offensive mais elle était davantage une arme défensive capable de briser un assaut ennemi.

Pour couvrir un assaut, la légèreté est une donnée essentielle. Aussi germa rapidement l’idée d’un mitrailleuse légère capable d’accompagner les groupes d’assaut.

C’est l’acte de naissance du fusil-mitrailleur, l’arme d’appui par excellente, utilisant le plus souvent un chargeur de 25 à 32 coups plutôt qu’alimentation par bande.

Si l’Allemagne s’illustra en adoptant une mitrailleuse polyvalente capable d’être à la fois mitrailleuse et fusil-mitrailleur, d’autres pays comme la France et la Grande-Bretagne préféraient conserver le diptyque fusil-mitrailleur/mitrailleuse moyenne.

Si le Bren était l’arme dominante au sein de l’infanterie britannique, d’autres fusils mitrailleurs comme le Vickers-Berthier furent mis en oeuvre en plus ou moins grand nombre.

Bren Light Machine Gun

Bren Light Machine Gun Mk I

Bren Light Machine Gun Mk I

Au sortir du premier conflit mondial, l’infanterie britannique dispose de deux armes d’appui, la mitrailleuse Vickers et la mitrailleuse légère Lewis à l’origine mise au point pour l’aviation. La première arme était trop lourde et la seconde était plus légère mais surtout son canon ne pouvait être remplacé en cas de surchauffe ce qui pouvait poser problème sur le champ de bataille.

En 1922, le Small Arms Comitee (Comité des Armes Légères) lança un appel à candidature pour un fusil-mitrailleur. Ce comité évalua le fusil-mitrailleur danois Madsen, le fusil automatique Browning (Browning Automatic Rifle BAR), un projet Hotchkiss, un projet proposé par Beardmore-Farquhar et la Lewis.

L’adoption du BAR fût recommandée mais en raison de problèmes financiers et de la présence d’un grand nombre de Lewis, aucune suite concrète ne fût donnée.

Régulièrement de nouveaux modèles furent étudiés comme la SIG Neuhausen KE7, le Vickers-Berthier ou le ZB vz.27, le second modèle cité étant adopté par l’armée indienne.

En 1935, la Grande-Bretagne adopta un dérivé du vz.27, le ZB vz.26. Une licence de production fût acquise pour produire une arme adaptée aux besoins britanniques, la principale modification étant le changement du calibre, au 7.92mm tchèque, la nouvelle arme préféra le 7.7mm (0.303) britannique. Cette nouvelle arme fût baptisée Bren (BRno ENfield).

Le Bren fonctionne par emprunt de gaz, dispose d’un chargeur de trente-deux cartouches avec un canon facilement remplaçable en cas de surchauffe.

Au sein de l’armée britannique, le Bren était utilisé au niveau de la section du peloton de combat qui est organisé en un état-major avec un mortier de 51mm (2-inch mortar), des équipes antichars équipés de PIAT et trois sections (groupes en français) avec sept fusiliers et un fusil-mitrailleur Bren servit par un trio (tireur, pourvoyeur, chef de pièce) ce qui donne trois Bren par peloton et neuf au niveau de la compagnie.

Au niveau de la compagnie de combat, l’Admin Platoon dispose de trois Bren supplémentaires ce qui porte le nombre de Bren par compagnie à douze armes.

Le Carrier Platoon qui dispose de chenillettes Universal Carrier qui sont armées d’un fusil-mitrailleur Bren pour l’auto-défense mais également pour l’appui des troupes transportées.

Si le Bren ne pouvait être employé comme arme coaxiale dans les tourelles blindées en raison de son mode d’alimentation, le fusil-mitrailleur britannico-tchèque pouvait être utilisée comme arme antiaérienne soit sur un tripode ou sur les tourelles des chars et des automitrailleuses. Dans ce rôle, un chargeur de 100 coups était utilisé.

La production du Bren Mark I s’arrêta en septembre 1942 et lui succéda le Mark II plus simple à produire. Cette version était toujours en production en septembre 1948, des commandes régulières permettant d’augmenter les stocks et de remplacer les armes détruites ou trop endommagées pour être réparées.

Suite à la création à l’automne 1948 de la 1st Airborne Brigade (devenue ensuite division), une version allégée désignée Mark III est produite.

Le Bren fût largement exporté en Australie (où une chaine de montage fût installée à Canberra), en Bulgarie (en calibre 7.92mm), en Chine (en calibre 7.92mm), en Grèce, en Irlande, au Canada (une chaine de montage), en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud.

Caractéristiques Techniques du Light Machine Gun Bren

Calibre : 0.303 (7.7mm) Longueur totale 1156mm Longueur du canon 635mm Poids (à vide) 10.35kg (chargé) 11.25kg Portée maximale (pratique) 550m (maximale théorique) 1690m Cadence de tir : 500/520 coups par minute Alimentation : chargeurs de 30 ou de 100 coups

Vickers-Berthier Light Machine Gun

Vickers-Berthier Light Machine Gun

Vickers-Berthier Light Machine Gun

A l’origine de fusil-mitrailleur figure un projet de mitrailleuse pour avion développé par la célèbre firme Hotchkiss. Ce projet n’à pas abouti mais en 1925 la firme Vickers acquis la licence pour produire cette arme en remplacement de la mitrailleuse Lewis.

Dans la longue marche vers l’adoption d’un fusil-mitrailleur moderne, le Vickers-Berthier fût évalué par l’armée britannique mais cette dernière préféra une arme tchèque qui “britannisée” devint le célèbre Bren.

En 1932, l’armée indienne évalua le Vickers-Berthier et le Bren pour s’équiper d’un fusil mitrailleur, choisisant le premier nommé, une chaine de montage étant établit à l’Ishapore Rifle Factory.

Extérieurement le Vickers-Berthier était semblable au Bren mais il était un peu plus long, un plus lourd mais avec une cadence de tir plus élevée. La seule vraie qualité du Vickers-Berthier par rapport au Bren était sa fabrication plus facile.

Outre l’Inde, le fusil-mitrailleur Vickers-Berthier fût vendu en Lettonie. Un dérivé appelé Vickers K fût utilisé comme mitrailleuse d’aviation.

Caractéristiques Techniques du Vickers-Berthier Mk 3

Calibre : .303 (7.7mm) Poids (à vide) 9.41kg (chargé) 11.1kg Longueur totale 1156mm Longueur du canon 607mm Portée maximale : nc Cadence de tir : 450/600 coups par minute Alimentation : chargeurs de trente coups

Autres fusils-mitrailleurs

Browning Automatic Rifle (BAR)

Browning Automatic Rifle (BAR)

-En septembre 1939, des Browning Automatic Rifle (BAR) furent acquis en urgence. Ces armes furent confiés à la Territorial Army avec l’incovénient d’un calibre différent du calibre utilisé par le Bren.

Mitrailleuses

Avant-propos

Si les américains avec la Gatling et les français avec la Reynie mirent en oeuvre les premières mitrailleuses, il fallut attendre Hiram Maxim, un inventeur britannique d’origine américaine pour aboutir à la mitrailleuse moderne.

En utilisant le recul émis par un premier tir, il pouvait le répéter à l’infini. Sa mitrailleuse fût produite par la firme Vickers-Maxim, des licences furent également vendues à l’Allemagne, donnant naissance à la MG-08.

La Vickers-Maxim modèle 1912 allait devenir la mitrailleuse standard de l’armée britannique. Elle était toujours en service en septembre 1948 car donnant entière satisfaction.

La seule autre mitrailleuse utilisée fût la mitrailleuse BESA mais cette arme d’origine tchèque était utilisée sur véhicules blindés en calibre 7.92 et de 15mm qui cohabitait avec la Vickers .50, une version 12.7mm de la mitrailleuse standard de l’armée britannique.

Vichers Machine Gun model 1912

mitrailleuse Vickers modèle 1912 mise en oeuvre en ambiance chimique

mitrailleuse Vickers modèle 1912 mise en oeuvre en ambiance chimique

C’est le 26 novembre 1912 que l’armée britannique adopta la mitrailleuse Vickers-Maxim comme mitrailleuse standard.

Durant le premier conflit mondial, la mitrailleuse Lewis remplaça la Vickers comme mitrailleuse d’infanterie. Les Vickers modèle 1912 ne furent pas retirées du service mais furent transférées au Machine Gun Corps (Corps des Mitrailleuses).

Si cette entité fût dissoute à la fin du premier conflit mondial, le principe de concentrer les mitrailleuses moyennes au sein d’unités spécialisées persista. C’est ainsi qu’au sein des divisions d’infanterie on trouvait un bataillon disposant de trois compagnies de mitrailleuses et d’une compagnie de mortiers lourds (mortiers de 107mm).

Cette unité qui existait toujours en septembre 1948 n’était pas engagée en blocs mais détachait des mitrailleuses et des mortiers aux trois brigades d’infanterie de la division. Cette arme fût également embarquée sur des avions.

Une variante calibre .50 fût également produite initialement pour la défense antiaérienne des navires de la Royal Navy ainsi que pour les chars légers. Cette arme fût ensuite au cours du conflit par l’infanterie qui l’utilisa notamment depuis ses Universal Carrier.

Cette mitrailleuse fût produite sous licence aux Etats-Unis sous le nom de Colt M.1915 et si cette mitrailleuse n’était plus en service en 1939, elle l’était aux Philippines et aux Indes Néerlandaises.

La Vickers modèle 1912 connu un très grand succès à l’exportation puisqu’elle fût utilisée par l’Albanie, l’Australie, la Belgique, la Bolivie, le Canada, la Chine nationaliste, la Tchécoslovaquie, l’Egypte, la France (uniquement sur ses chasseurs SPAD IX et XIII), en Inde, en Irlande, en Italie, au Luxembourg, au Mexique, au Népal, en Nouvelle-Zélande, en Inde, au Paraguay, au Portugal, en Afrique du Sud.

Caractéristiques Techniques de la Vickers modèle 1912

Calibre : .303 (7.7mm) Poids total : 11 à 14kg Poids du tripode 18 à 23kg Longueur du canon 1120mm Portée maximale 4100m Cadence de tir 450 à 600 coups/minute Alimentation : bandes souples de 250 cartouches

Lewis Automatic Machine Gun

Des Marines américains utilisant la mitrailleuse Lewis, une arme reconnaissable entre toutes

Des Marines américains utilisant la mitrailleuse Lewis, une arme reconnaissable entre toutes

A l’origine de cette mitrailleuse au look inimitable figure le colonel Isaac Newton Lewis de l’US Army qui échouant à faire adopter son arme dans son pays d’origine quitta les Etats-Unis en 1913 et s’installa en Belgique pour commercialiser une arme de son invention, une mitrailleuse à refroidissement par air fonctionnant par emprunt de gaz.

L’armée belge commanda un petit nombre de ces armes et la firme Birmingham Smalls Arms Company (BSA) finit par acquérir la licence en 1914, la production massive de l’arme mettant le colonel Lewis à l’abri du besoin.

Le déclenchement du premier conflit mondial entraina une production importante notamment pour les forces armées britanniques qui adoptèrent la BSA Model 1914 sous le nom de Gun Lewis .303-cal. Outre la firme de Birmingham, l’entreprise Savage Arms la produisit aux Etats-Unis pour l’armée américaine.

D’abord utilisée comme mitrailleuse d’infanterie en remplacement de l’efficace mais lourde Vickers, elle fût ensuite utilisée comme mitrailleuse d’aviation.

Quand éclate la guerre de Pologne, la Lewis à largement été remplacé par le Bren dans l’infanterie et par la Vickers K pour l’aviation. Quelques mitrailleuses furent ressorties des stocks à la mobilisation liée à la guerre de Pologne mais retournèrent vite dans les magasins.

La Royal Air Force (RAF) l’utilisa comme arme de défense antiaérienne rapprochée pour protéger ses terrains des mitraillages à très basse altitude, un rôle semblable fût attribué aux Lewis utilisés par la Royal Navy.

En septembre 1948, la Lewis n’est plus en service au sein des forces armées britanniques mais elle l’est encore dans les forces armées des Dominions et dans d’autres pays qui l’ont acquis.

En effet l’arme à été utilisée par l’Australie, la Belgique, le Canada, le Chili, la République de Chine, la Colombie, la Tchécoslovaquie, l’Estonie, la Finlande, la Géorgie, l’Allemagne (quelques exemplaires capturés durant le premier conflit mondial), le Honduras, l’Irlande, l’Italie, le Japon (qui la copia sous le nom de Type 92), le Mexique, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, Terre-Neuve (qui fût un dominion jusqu’en 1937), les Philippines, la Pologne, le Portugal, la Russie Imperial, la Yougoslavie et la Lettonie.

Caractéristiques Techniques

Calibre: .303 (existe aussi en .30 et en 7.92mm) Longueur totale 1280mm Longueur du canon 670mm Poids total : 13kg Cadence de tir pratique 500/600 coups par minute Portée maximale 800m (pratique) 3200m (théorique) Alimentation : chargeurs tambours de 47 ou 97 cartouches chargeurs type Bren de 30 cartouches

BESA Machine Gun

mitrailleuse Besa

mitrailleuse Besa

La mitrailleuse Vickers et le fusil-mitrailleur Bren étaient d’excellentes armes mais absolument pas adaptées à l’utilisation dans une tourelle de char ou de véhicule blindée.

La British Small Arms Company (BSA) avait signé un accord avec la Ceskoslovenska Zbrojovka pour la production en Grande-Bretagne de la mitrailleuse ZB-53 en calibre 7.92mm. La mitrailleuse est commandée en 1938 et la production commençe en 1939 après un certain nombre de modifications.

Curieusement le calibre resta celui d’origine et ne fût pas modifié en .303. L’imminence du conflit et le coût dissuada le War Office de retarder la production. Même la Pax Armada ne remit pas en cause ce choix.

Non seulement cela aurait compliqué davantage le ravitaillement en munitions mais en plus l’utilisation du calibre 7.92mm permettrait l’utilisation des stocks ennemis capturés.

La Besa Mk I céda la place à la Mk II en septembre 1942, cette dernière se distinguait par un sélecteur de tir permettant de choisir deux cadences de tir, une élevée (800 coups/minute) et une basse (500 coups/minute) suivit d’une Mk III au design simplifiée pour permettre la production de masse, la production de la Mk III commençant en mars 1947.

Cette mitrailleuse de 7,92mm fût utilisée comme arme coaxiale par tous les blindés britanniques qu’il s’agisse des autos blindées ou des chars de combat.

Outre la mitrailleuse moyenne en calibre 7.92mm, les britanniques produisirent une version en 15mm. Là aussi il s’agissait d’une version “britannisée” d’une mitrailleuse tchèque, la ZB vz60.

Cette mitrailleuse fût utilisée sur le char léger Mk VIC et des autos blindés comme la Humber Armoured Car Mk I, II et III. Elle fût également utilisé comme arme antiaérienne à basse altitude après la mise en place de bandes souples en remplacement des bandes métalliques de 25 cartouches.

Caractéristiques Techniques de la BESA Machine Gun

Calibre : 7.92x57mm ou 15x104mm Poids à vide 21kg (57kg pour la mitrailleuse 15mm) Longueur totale (7.92mm) 1100mm Longueur du canon (7.92mm) 740mm Cadence de tir maximale : 500 à 800 coups/minute Alimentation: bandes de 225 cartouches pour la 7.92mm, lamelles métalliques de 25 cartouches puis bandes de 150 cartouches pour la mitrailleuse de 15mm.

22-Armée de terre : armement et matériel (6)

B-Armement de l’infanterie (2) : armement collectif

Fusils-mitrailleurs

Préambule : du Chauchat au Châtellerault

Inventé durant le premier conflit mondial pour fournir aux troupes d’assaut une «mitrailleuse mobile», le fusil-mitrailleur à connu une première réalisation en France sous la forme du fusil-mitrailleur CSRG modèle 1915 plus connu sous le nom de Chauchat, du colonel Chauchat considéré comme son inventeur.

Malheureusement pour les poilus, cette arme se révéla une calamité liée à une mauvaise fabrication (trop de tolérance le rendant vulnérable à la boue des tranchées) et à l’inadaptation de la cartouche à bourelet de 8mm au tir automatique. Les français pouvaient se consoler en se disant que la version américaine chambrée à la .30 était encore plus mauvaise.

Le fusil mitrailleur Chauchat

Le fusil mitrailleur Chauchat

Quelques Chauchat furent ressortis des magasins pour équiper certaines unités de mobilisation, des unités d’artillerie et de cavalerie qui n’eurent pas à l’utiliser au combat. Dès le printemps 1940, les Chauchat retrouvèrent d’autres armes au musée des antiquités militaires.

Dès 1920, l’état-major signe l’arrêt de mort du Chauchat («ne donne pas satisfaction en raison de son fonctionnement défectueux et ne paraît pas susceptible d’améliorations») et pose les jalons d’une nouvelle arme dont il définit les futures caractéristiques : une arme légère, portative, tirant une munition meurtrière, facile à construire, à utiliser et à démonter.

Quand à l’alimentation, on envisage un temps la bande souple avant de finalement se rabattre sur le chargeur droit à la fois en raison de la volonté de remplacer rapidement le Chauchat et sous l’influence du FM BAR (Browning Automatic Rifle) qui aurait été massivement livré des Etats-Unis en cas de reprise du conflit avec l’Allemagne à moins que la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne (MAS) ne produise une version sous licence baptisée MAS modèle 1922 qui ne fût pas produit en série.

Le fusil mitrailleur BAR (Browning Automatic Rifle) M1918

Le fusil mitrailleur BAR (Browning Automatic Rifle) M1918

En novembre 1922, on lance l’expérimentation de plusieurs modèles de fusils-mitrailleurs qu’il s’agisse du Madsen, le premier FM de l’histoire, le Berthier jadis rejeté par l’état-major tout comme un modèle de la maison Hotchkiss qui connu un sort plus enviable outre-manche ainsi que la copie du BAR proposée par la MAS.

A la suite de cette évaluation, l’armée française aurait pu adopter le BAR mais cela aurait conduit une formidable perte en devises dans un pays ruiné par la guerre. Ce fût en réalité un mal pour un bien car surgissant du diable vauvert, un fusil-mitrailleur mis au point par la Manufacture d’Armes de Châtellerault (MAC) va coiffer tous ses concurrents au poteau.

Le fusil-mitrailleur modèle 1924 mod. 1929

Le fusil-mitrailleur modèle 1924/29

Le fusil-mitrailleur modèle 1924/29

Le seul fusil-mitrailleur en service dans l’armée de terre française est donc le Châtellerault, le nom populaire du fusil-mitrailleur modèle 1924/29 et de sa version améliorée appelée modèle 1924/42.

Ce fusil mitrailleur connu d’abord sous le nom de MAC type 23 est mis en production dès 1924 et les livraisons commencent au sein des unités dès 1925, un signe évident de l’urgence du besoin d’un fusil-mitrailleur.

Les premiers fusils-mitrailleurs étaient prévus pour utiliser la cartouche de 7.5x58mm qui provoqua quelques incidents liés apparemment à la rupture du culot.

La mise au point de la cartouche modèle 1929C (7.5x54mm) entraine la modification en cours de fabrication du FM mais les premières armes produites ne furent pas modifiées étant utilisées jusqu’à l’usure totale des armes et l’épuisement du stock de munitions, épuisement survenu courant 1942.

En 1932, une cartouche de 7.5mm modèle 1929D est adoptée. Il s’agit d’une balle alourdie pesant 12.35 grammes contre 9g pour la cartouche d’origine.

Cette cartouche est destinée aux fusils mitrailleurs destinés à la ligne Maginot en l’occurence 2512 FM (le nombre à accru par la suite mais le chiffre exact n’à pas été retrouvé) qui reçurent un canon rayé au pas de 235mm, un nouveau cylindre à gaz et une nouvelle planche de hausse.

Quand éclate la guerre de Pologne, 84000 fusils-mitrailleurs de ce type sont en service sur un total jugé nécessaire _volant compris_ de 94500 exemplaires vite produits avec une cadence de 3500 fusils-mitrailleurs puis 5700 exemplaires par mois pour équiper de nouvelles unités et notamment les troupes polonaises et tchèques mais également l’armée turque et l’armée britannique.

Une version légère baptisée SE MA 38 est mise au point par l’armée de l’air, une arme à la mise au point capricieuse et très longue qui se révélera finalement très bonne, étant mise en service en septembre 1942 au sein des deux groupes d’infanterie de l’air.

Quand éclate la seconde guerre mondiale, le fusil-mitrailleur modèle 1924 modifié 29 est toujours en service à raison d’une arme par groupe de combat soit un total de trois par section, 36 par bataillon (plus neuf en réserve) et 112 par régiment d’infanterie. A noter que les dragons et les chasseurs portés disposent eux de deux armes par groupe de combat.

Caractéristiques techniques du fusil mitrailleur modèle 1924 mod. 29

Calibre : 7.5mm Longueur de l’arme 1070mm Longueur du canon 500mm Poids à vide (avec béquille) 9.590kg Poids chargé (avec béquille) 10.490kg  Cadence de tir : 450 coups/minute Portée pratique à la hausse de combat 600m Portée utile maximale : 1200m Chargeurs de 25 cartouches