Le Conflit (75) Europe Occidentale (41)

Sur le sol de France : des combats violents et sans pitié

Le 18 juin 1949 après cinq semaines de combats éreintants en Belgique les troupes allemandes franchissent la frontière française. Pour les historiens c’est le début d’une phase appelée Bataille aux frontières. Celle-ci va durer près de deux mois puisqu’elle s’achève le 8 août 1949 quand le Groupe d’Armées n°1 se replie en bon ordre sur la Somme.

Es-ce le début de la fin pour les alliés ? Pas vraiment car les allemands sont épuisés mais surtout parce que le rôle des Heeresgruppe A et B est de provisoirement fixer le maximum de troupes alliées pour faciliter la future opération TIGER qui doit être lancée par le Heeresgruppe C (voir ci-après) et dont l’état-major allemand attend beaucoup trop peut être.

Quand l’opération TIGER est déclenchée le 22 juin 1949 les combats reprennent à nouveau sur la frontière. Les allemands vont multiplier les coups de sonde pour fixer les troupes alliées et surtout éviter le transfert de divisions du front nord au front est.

Pour cela ils vont multiplier les attaques locales et surtout laisser l’artillerie lourde (le déploiement de la EisenBahn Artillerie envisagée à été abandonné car logistiquement trop compliquée) et l’aviation mener des frappes d’interdiction contre les ponts, les routes, les ouvrages d’arts, les nœuds ferroviaires. Cela va entrainer une série de combats aériens absolument homériques où les deux camps se rendent coup pour coup. Les premiers héros de cette campagne sont largement mis en avant par la propagande.

Les combats déjà violents en Belgique vont l’être encore plus sur le sol de France. Non seulement les Furieux savent qu’ils défendent leur terre, leur pays, la terre de leurs ancêtres mais en plus parce qu’ils savent qu’ils ont infligé de lourdes pertes à l’ennemi.

Cette violence va se traduire par des pertes élevées mais aussi hélas par des exactions sur les civils et les prisonniers de guerre. On compte ainsi plusieurs cas de prisonniers sommairement exécutés, de blessés laissés volontairement sans soins ou encore de civils exécutés.

Si l’essentiel de ses exactions sont l’oeuvre de l’envahisseur, les alliés ont eut également leur part dans ces crimes.

Si après guerre les criminels de guerre allemands furent poursuivis par les justices françaises, britanniques et belges, en revanche pour le cas des soldats alliés ayant maltraité des civils et des prisonniers, les poursuites ont été plus que timides.

Quand la bataille de France va commencer en cette fin du mois de juin les alliés alignent au sein du GA n°1 un total de quarante et une Grandes Unités, trente-deux divisions d’infanterie et neuf divisions motomécaniques (deux divisions blindées britanniques, quatre divisions légères mécaniques et trois divisions cuirassées). A cela s’ajoute des divisions au repos ou en reconstitution à savoir onze grandes unités.

En face les Heeresgruppe A et B alignent quarante-six grandes unités dont sept Panzerdivision avec pas moins de quatorze divisions d’infanterie au repos.

Ce nombre important est critiqué au sein du haut commandement allemand mais pour les généraux engagés sur le front de l’ouest il s’agit de ménager un outil qui n’est pas extensible à l’infini d’autant que certaines unités doivent surveiller l’ancien allié soviétique et qu’ils sont au courant au moins dans les grandes lignes qu’une offensive dans les Balkans est prévue moins pour aider l’allié italien embourbé en Grèce que pour sécuriser le flanc méridional de la future opération BARBAROSSA.

En apparence donc les allemands ont une supériorité évidente. En apparence seulement car certaines divisions ont été très entamées par les rudes combats en Belgique, que certaines divisions sont composées de jeunes recrues et que le dispositif allié s’appuie dans certains secteurs sur les troupes de forteresse qui apportent un soutien évident aux troupes de campagne.

C’est surtout le cas pour le Groupe d’Armées n°2 qui couvre la frontière française entre Longwy et la frontière suisse.

C’est là que sont rassemblés les ouvrages les plus puissants de la Ligne Maginot qui en ses heures sombres va devoir prouver que les milliards investis étaient pleinement justifiés et non un gaspillage qui à empêché une motorisation et une mécanisation plus poussée de l’armée française.

De plus le GA n°2 n’à pas été entamé par les combats de mai et possède donc toutes ses capacités de combat.

A cela s’ajoute le fait que les leçons des premiers combats ont été vite transmises sans compter que les divisions de campagne déployées derrière la Ligne Maginot brûlent d’en découdre et les deux divisions polonaises ne sont pas les moins motivées, ayant quelques comptes à régler avec les teutons.

Au moment où l’opération TIGER est déclenchée, les alliés déploient au sein du GA n°2 un total de trente-quatre grandes unités dont six unités motomécaniques (trois DLM et trois Divisions Cuirassées) et donc vingt-huit divisions d’infanterie avec quatre divisions britanniques, deux divisions polonaises, une division tchèque et vingt et une divisions françaises.

En face le Heeresgruppe C ne dispose que de vingt-sept grandes unités dont trois divisions blindées (deux Panzerdivision et une S.S Panzerdivision) plus quatre divisions d’infanterie en réserve d’armée.

Ce qui va faire la différence ce sont les fameuses «Réserves Stratégiques» avec côté allié le fameux dispositif NorBourg (Normandie-Bourgogne) puisque les corps d’armée non intégrés aux armées étaient déployés grosso modo suivant un arc de cercle allant de la Normandie à la Bourgogne.

Suite aux combats en Belgique trois corps d’armée ont été «débloqués» pour soutenir le GA n°1, deux corps d’armée français (14ème et 32ème CA) et le 1er Corps d’Armée polonais. Les autres restent en réserve pour faire face aux prochains combats sur le sol de France.

Cela représente au total dix-huit grandes unités dont deux divisions motomécaniques, deux divisions blindées polonaises. A cela s’ajoute cinq divisions d’infanterie polonaises, quatre divisions d’infanterie coloniale, trois divisions d’infanterie nord-africaine et quatre divisions d’infanterie de ligne.

De leur côté les allemandes possèdent également des réserves stratégiques mais leur rôle est plus ambigu moins clair que pour les réserves stratégiques alliées. Il est probable que leur engagement répondra uniquement à une situation gravissime par exemple une menace d’invasion du Vaterland par les troupes alliées.

Mettons de côté les divisions prévues pour l’opération MARITSA visant la Yougoslavie et la Grèce, ces divisions étant au nombre de trois divisions blindées (1. PzD 5.PzD 12.PzD), d’une division d’infanterie de montagne (1. Gebirgsjäger), d’une division parachutiste (3. Fliegerdivision) et de sept divisions d’infanterie (3.ID 9.ID 14.ID 25.ID 31.ID 35.ID 5. Leichte Division) soit un total de douze grandes unités.

Les véritables réserves stratégiques sont placées sous l’autorité de la 2. Armee avec un corps d’armée, le 24.AK qui dispose de trois divisions d’infanterie, les 20. 21. et 24.ID et le 5.Panzerkorps qui regroupe deux divisions blindées en formation les 13. et 14.PzD

En revanche les unités S.S qui ne sont pas engagées à l’ouest ne sont pas placées sous l’autorité de la 2ème armée probablement pour des raisons politiques.

On trouve le bataillon Valkyria, l’équivalent S.S des commandos Brandebourgeois de l’armée, un bataillon dirigé par Otto Skorzeny, bataillon spécialisé dans les coups tordus.

On trouve également une brigade parachutiste S.S, la S.S-Fallschirmjagerbrigade qui est également en cours de montée en puissance, montée en puissance contrariée discrètement mais contrariée tout de même par la Luftwaffe peut désireuse de voir l’Ordre Noir empiéter sur ses plates-bandes.

-De nouvelles divisions S.S sont également mises sur pied en l’occurence une division de montagne S.S la 9. S.S Division «Prinz Eugen» et la 10. S.S Division «Florian Geyer».

Ces unités créées en janvier 1949 sont encore loin d’être opérationnelles quand les allemands attaquent, ces deux divisions devant attendre les suites des opérations dans les Balkans pour connaître leur baptême du feu ce qui sort du cadre de ce tome.

-Parlons également de l’équivalent allemand de la Réserve Générale la Heeres-Artillerie à savoir un regroupement de régiments d’artillerie lourde, des régiment destinés à un rôle plus stratégique que tactique c’est à dire d’obtenir la percée à la travers la «Muraille de France».

En septembre 1948, on trouve ainsi seize régiments d’artillerie lourde, un régiment disposant de canons de 356mm, deux régiments disposant de canons de 240mm, huit régiments disposant de canons de 170mm et cinq régiments disposant de cinq mortiers de 210mm.

A cela s’ajoute deux régiments d’artillerie lourde sur voie ferrée disposant de seize canons de 280mm K5 et de huit canons de 406mm K6.

Ces pièces lourdes vont rallier soit les côtes soit les frontières allemandes en vue par exemple de forcer la Ligne Maginot, d’éviter un débarquement allié ou de dissuader les soviétiques d’attaquer.

Faute de débarquement allié, l’ALVF va se concentrer sur la Ligne Maginot, les fortifications tchèques semblables dans leur conception servant de cobaye pour de nouvelles tactiques et de nouveaux obus à effet renforcé (explosif et de souffle).

Initialement les allemands voulaient noyer les ouvrages Maginot sous une pluie de bombes et d’obus mais cette stratégie qui connu ses heures de gloire au cours du premier conflit mondial avait montré ses limites notamment à Verdun où les allemands avaient été désagréablement surpris de trouver encore des unités françaises en état de combattre.

Il faut donc trouver des tactiques plus subtiles. On envisage des coups de main aéroportés mais les exemples belges ont déçu les allemands sans parler des pertes lors de l’opération MERKUR qui ont refroidit le haut commandement allemand sur l’utilité des opérations aéroportées.

Les allemands vont reprendre la tactique utilisée à la fin du premier conflit mondial, celle des Stosstruppen, de groupes d’assaut armés d’armes automatiques, de grenades, de lance-flammes pour s’emparer des ouvrages le tout couvert par l’artillerie et des canons d’assaut.

Une fois les principaux ouvrages neutralisés et/ou isolés, les allemands espèrent insérer leurs chars pour déboucher en terrain libre et foncer sur Paris en espérant prendre à revers les troupes déployées au nord contre les Heeresgruppe A et B.

Bien entendu et comme souvent ces plans grandioses dessinés sans tenir compte de la friction et de la réaction de l’ennemi sont largement fantasmagoriques.

Et si ces plans là avaient marché ? Si les alliés avaient réagit comme l’OKW l’avait voulu qu’auraient fait les allemands ? Conquérir la totalité de la France ? Se contenter de par exemple border la Loire et la côte Atlantique pour ne laisser qu’un nouveau Royaume de Bourges ? Nul ne le sait faute d’archives qui pour beaucoup ont disparu dans les bombardements.

Comme je l’ai dit à plusieurs reprises les allemands franchissent enfin la frontière franco-belge le 18 juin 1949. Enfin une avancée fulgurante ? Hélas pour eux non puisque les troupes alliées se replient en bon ordre sans panique. Elles sont certes affaiblies mais elles conservent vigueur et combativité bien aidées par l’arrivée de troupes fraiches. Les allemands en connaissaient l’existence mais ne pensaient pas que les alliés allaient les engager si vite.

De toute façon les allemands n’insistent guère, se contentant de titiller le dispositif allié pour le fixer, le maintenir sous pression pour empêcher un éventuel redéploiement pour repousser le plan TIGER.

Ce «Plan Tigre» doit être le coup décisif de l’offensif à l’ouest en forçant la ligne Maginot. Comme souvent dans l’art militaire allemand, le plan est simple avec une double pince pour aboutir à l’encerclement des troupes alliées.

Naturellement ils vont éviter les secteurs les plus puissants pour ceux moins bien protégés moins bien fortifiés. Ils décident d’axer leur effort sur le Secteur Défensif de la Sarre et sur le Secteur Fortifié d’Altkirch.

Es-ce à dire que le reste de la Ligne Maginot est épargnée ? Non bien sur les allemands adoptant la stratégie classique de «fixer et déborder».

Plusieurs assauts vont être menés après une intense préparation d’artillerie, intense non pas par sa durée mais par sa puissance et sa brutalité.

Du canon de 150mm au canon de 406mm en passant par des lance-roquettes multiples l’artillerie allemande tente de broyer les ouvrages pour faciliter le passage des groupes d’assaut. On à même envisager l’emploi de gaz de combat avant d’y renoncer probablement pour éviter une terrible et terrifiante escalade.

Ces derniers ont été mis sur pied avec les meilleurs éléments des InfanterieDivision qui ont bénéficié d’un entrainement spécifique mené par des vétérans des Stosstruppen. Ces derniers leur ont appris à manœuvrer, à utiliser de la manière la plus efficace les grenades, les armes automatiques et les lance-flammes.

Ils sont couvert par des Sturmgeschütz III des canons d’assaut disposant de canons de 75mm long tirant des obus explosifs mais aussi des obus fumigènes.

En face on trouve les unités de forteresse, les équipages d’ouvrages et les troupes d’intervalle soutenues par les troupes de campagne du GA n°2.

Face à cette agressivité allemande les français vont tenter de trouver la parade, la riposte la mieux adaptée.

Ils vont rappeler aux allemands leur maitrise de l’artillerie et surtout exploiter la furia francese en menant des raids pour perturber l’assaut à l’aide des corps francs qui avaient déjà mené une «petite guerre» entre septembre 1948 et mai 1949.

Les allemands vont mener plusieurs assauts les 22, 25, 28, 30 juin et 1er juillet 1949 avec des pertes assez élevées mais les divisions vont rester en ligne faute de pouvoir compter sur un nombre illimité de G.U en réserve. On verra même des recrues à peine instruites envoyées au sein des unités ! Pour faire l’amalgame on à connu mieux.

Plusieurs ouvrages sont pris et totalement neutralisés. Certains sont repris par les «fantassins du béton» qui justifient leur statut d’infanterie d’élite et surtout le lourd investissement consentit depuis la fin des années vingt.

Après quinze jours de très violents combats, les allemands ont obtenu deux têtes de pont l’une au nord et l’autre sud. Ils pourraient en théorie lancer deux pinces pour croquer le GA n°2 mais non seulement les allemands n’ont pas les moyens de leurs ambitions mais surtout le Groupe d’Armées n°2 ne va pas se laisser faire et va entamer un repli méthodique en tentant de tenir le plus longtemps possible les différentes villes. De leur côté les «fantassins du béton» ont pour consigne dans leurs ouvrages de tenir le plus longtemps possible avant d’évacuer ou de se rendre.

Le 7 juillet 1949 le jour même du lancement de l’opération MARITSA contre la Yougoslavie, les allemands relancent leur action sur le front nord. Depuis le 22 juin le front était non pas gélé mais les opérations avaient au ralenti au point que par endroit les alliés ont repris une partie du terrain perdu.

Les combats sont très violents non seulement parce que certaines unités ont des contentieux à régler mais aussi et peut être surtout parce que les Furieux défendent comme les Poilus leur pays, leurs villages, leurs fermes, leurs hameaux.

La violence des combats est telle qu’il semble avéré que le haut-commandement allemand à envisagé l’arrêt de MARITSA pour redéployer des unités sur le front occidental. Il semble que cette hypothèse à été abandonnée pour des raisons logistiques (on ne déplace pas une division sur plusieurs milliers de kilomètres d’un claquement de doigt, élément que les allemands oublieront deux ans plus tard lors de l’opération AVALANCHE) et de propagande (ne pas alimenter le fait que la machine de guerre allemande n’est pas si puissante que cela).

Nda j’entrerai dans les détails de l’opération TIGER dans la partie idoine

Du 9 au 14 juillet à lieu la Bataille de Lille. Elle oppose côté allié trois divisions : la 1st Infantry Division britannique, la 1ère division canadienne/1st Canadian Division et la 3ème Division d’Infanterie Motorisée (3ème DIM) associées à des éléments de forteresse du Secteur Fortifié de Lille, des éléments motomécaniques (14ème GRCA, 6ème GRDI, Un groupement de marche fournit par la 1ère division blindée britannique, la 1ère DLM) et des éléments d’appui avec des unités d’artillerie britanniques, le 125ème RALT, des éléments du génie.

En face les allemands ont engagé trois divisions, deux divisions d’infanterie (55 et 266.ID), une division blindée (1ère division blindée S.S), des éléments de reconnaissance, d’artillerie et du génie.

Surnomée The French (Division), la 1ère division britannique était restée en France après la guerre de Pologne, devenant la première unité étrangère stationnée en France en temps de paix depuis 1815 et la fin des guerres napoléoniennes.

Parfaitement intégrée à la vie lilloise, les soldats britanniques ont fait souche en se mariant avec des filles du cru avec descendance à la clé. De 1940 à 1948 il y eut 450 mariages franco-britanniques et 950 naissances.

Tous ne restaient pas à Lille même si le symbole faisait que les mouvements au sein de la division étaient rares, certains refusant une promotion pour rester à Lille où la vie était plutôt agréable.

Le lance corporal Edgar Brown s’était engagé dans l’armée britannique en septembre 1946 avec l’ambition de rejoindre cette division pas comme les autres. Son père avait combattu sur la Somme en 1916 où il avait été blessé. Une blessure salvatrice puisqu’il rencontra à l’hôpital son épouse et donc la mère d’Edgar Brown.

Arrivé en France en mars 1947, il se fond dans le décor, rencontrant une jeune lilloise Thérèse Ducroux qu’il épouse en mars 1948. En mai 1949 il devient père pour la première fois, son épouse donnant naissance à un fils prénommé Jean. Juste le temps de le saluer et le caporal Brown est partit en Belgique après l’invasion allemande.

Au cours des violents combats, il est blessé et fait prisonnier mais parvient à échapper à la vigilance des soldats allemands pour rejoindre son unité et combattre pour SA ville. Il était d’autant plus motivé qu’il savait sa femme et son fils à l’abri en Bretagne loin des combats.

Pour la postérité il va être connu sous le nom de «Mad Dog» (chien fou) pour son comportement lors de la bataille de Lille. Promu sergent suite aux combats en Belgique, il dirigeait un groupe de combat, une bande plus qu’une unité au point que la hiérarchie s’en ait inquiété.

Il faut dire que Edgar Brown et ses gars n’étaient pas vraiment fan de la discipline militaire et du règlement avec cette maxime «Si c’est pas interdit c’est autorisé, si c’est pas fixé pas surveillé et que tu en as besoin c’est à toi».

Ce qui est certain c’est que les allemands ont appris à redouter le sergent Brown. Celui-ci se spécialisa dans la patrouille offensive, le coup de main qui mit les allemands sur les dents. Encore aujourd’hui les forces spéciales britanniques considèrent le sergent Brown comme l’un de leurs «Pères Fondateurs».

Devenu un héros habilement mis en valeur par la propagande alliée, il à combattu jusqu’à la fin de la Campagne de France mais ne vit pas la fin du conflit, étant tué en Belgique en mars 1952, laissant une femme et deux orphelins, Jean et Marie.

Le premier suivit les traces de son père en s’engageant dans la Légion Etrangère en 1967 («Etant franco-britannique c’était un moyen de ne pas choisir entre Papa et Maman» dira-t-il avec humour) alors que sa sœur devint officier de marine au sein de La Royale, les enfants Brown se sentant plus français que britanniques.

Revenons à la Bataille de Lille. L’objectif des troupes françaises est de tenir le plus longtemps possible pour user l’outil militaire allemand.. il n’est pas forcément prévu de contre-attaquer mais le général Villeneuve n’exclut pas de «lâcher les chevaux» pour renvoyer les allemands d’abord en Belgique puis chez eux.

Si Lille à été fortifiée par Vauban ces fortifications sont davantage muséales qu’efficaces. Certes des travaux ont été menés notamment par les britanniques mais rien qui ne se rapproche de la Ligne Maginot.

Dans un premier temps les allemands ont espéré pouvoir dépasser Lille et la laisser avec une division en surveillance mais très vite le dispositif allié rendait cette solution impossible à choisir.

Non il fallait monter une opération de combat en bonne et due forme. Les combats commencent le 9 juillet soit deux jours après la relance des opérations sur le front nord alors que l’opération TIGER n’à pas obtenue les résultats escomptés et espérés.

Le premier jour les affrontements sont l’apanage des unités motomécaniques alliées comme ennemies, le 6ème GRDI engageant ses chars légers FCM-42, ses automitrailleuses puissantes et ses fusiliers motocyclistes contre leurs homologues allemands. L’artillerie alliée et l’artillerie allemande se lancent dans une série de duels homériques.

Le 10 juillet 1949 à l’aube l’aviation allemande se déchaine, la capitale de la Flandre française est sévèrement endommagée avec plusieurs centaines de morts. Ce raid de terreur ne fait que renforcer la détermination des défenseurs qu’ils soient britanniques, canadiens ou français.

Même des civils sont prêts à prendre les armes ! (Bon soyons honnête il s’agit de la minorité la plus décidée, nombre d’entre-eux ont légitiment préféré fuir ou se terrer dans les abris pour échapper aux affres de l’aviation et de l’artillerie).

Si la 1ère division britannique doit tenir la ville stricto sensu, les deux autres divisions couvrent la ville l’une à l’ouest (3ème DIM) et l’autre à l’est (1ère division canadienne), couverture d’autant plus capitale que comme nous allons le voir la ville de Dunkerque est tombée aux mains des allemands le 9.

Les allemands lancent deux attaques en ce 10 juillet mais elles sont repoussées avec de lourdes pertes des deux côtés. Le 11 le mauvais temps empêche toute action majeure des deux camps qui contentent de «tâter» le dispositif ennemi, prélude à de nouvelles opérations.

Le 12 juillet 1949 à la grande surprise des allemands les alliés lancent leurs unités motomécaniques dans une offensive destinée à alléger la pression allemande. Cette contre-attaque rempli parfaitement ses objectifs mais hélas ce n’est que reculer pour mieux sauter.

Les allemands repassent l’assaut le 13 juillet. Pendant que la division Panzer S.S fixe la 3ème DIM, les deux autres divisions d’infanterie s’occupe de la division britannique et de la division canadienne.

Les ouvrages de la place Vauban sont emportés mais les alliés décident de combattre dans les rues de Lille, aggravant encore les dégâts causés par l’aviation et par l’artillerie allemande.

Les combats sont violents se faisant à courte distance davantage avec le pistolet mitrailleur, le poignard, la grenade que le fusil. Cela ne veut pas dire que les autres armes ne sont pas engagées que ce soit le mortier, le fusil mitrailleur, la mitrailleuse et le fusil antichar utilisé contre toutes les cibles sauf celle pour laquelle il à été conçu.

Le lendemain pour le Bastille Day (14 juillet 1949) les troupes alliées évacuent en bon ordre la ville de Lille mais les allemands usés par de violents combats ne peuvent les poursuivre.

Tout juste l’aviation, l’artillerie et les éléments en pointe de la 1ère division blindée S.S reçoivent l’ordre de maintenir la pression pendant que les 55ème et 266ème DI pardon les 55 et 266.ID sont chargées de nettoyer la ville des éléments alliés isolés encore présent car ne pouvant ou ne voulant évacuer.

Six jours plus tôt donc la ville de Jean Bart Dunkerque était tombée aux mains des allemands. Cela n’était pas une surprise la ville formant une des pointes de feu la Poche d’Ostende où les soldats belges avaient combattu jusqu’à l’extrême limite de leurs forces.

Logiquement, normalement cette ville qui fût successivement espagnole, anglaise puis française aurait du tomber dans la foulée sauf que ce ne fût pas le cas pour deux raisons principales : l’épuisement des allemands et la présence des fortifications de la Station Navale de Dunkerque.

Ces fortifications sont un mélange de forts construits à la fin du 19ème siècle quand on était pas certain de l’attitude britannique et de fortifications construites durant la Pax Armada. Cela doit permettre à Dunkerque de devenir un véritable «hérisson» pour appuyer la manœuvre AUSTERLITZ et servir de «récif» sur lequel pourrait se briser un assaut allemand.

Pour ne pas alourdir inutilement le récit je vais rester dans les grandes lignes avec une première ligne s’appuyant sur les forts de Zuydcoote et du Mardyck et une seconde ligne composée de deux petits forts construits durant la Pax Armada.

Ces forts s’appuient sur d’autres ouvrages construits par l’armée de terre avec naturellement fossés, champs de mines et barbelés.

Si la puissance de feu des ouvrages terrestres reposent essentiellement sur des mitrailleuses et des canons antichars de 47mm, les défenses côtières disposent de pièces plus lourdes de 90, 138 et 194mm toutes modifiées pour tirer contre terre.

A cela s’ajoute une DCA correcte pour l’époque avec à la fois des pièces dépendant des ouvrages (canons de 25mm) mais aussi des pièces dépendant de la marine (1ère Batterie Anti-Aérienne de Marine avec canons de 90mm), de l’armée de terre (une batterie mixte de campagne du 7ème GAAC avec canons de 37mm et canons de 75mm) et de l’armée de l’air (Défense Antiaérienne du Territoire avec deux batteries légères de 25mm et une batterie lourde de 90mm).

Qui dit ouvrages dit garnison avec deux compagnies de fusiliers marins (1ère et 2ème) qui ne vont pas tarder à montrer aux «terriens» qu’un marin peut aussi combattre sur la terre ferme.

En ce qui concerne les troupes terrestres la 25ème DIM (Division d’Infanterie Motorisée) est chargée de défendre la ville en liaison avec le 5ème GRDI et le 43ème BCC. La 21ème DI et le 27ème GRDI sont chargés de couvrir le repli éventuel de la division hors de Dunkerque. A cela s’ajoute des éléments du génie et de l’artillerie avec notamment le 101ème Régiment d’Artillerie Lourde à Tracteurs (101ème RALT).

Côté allemand on trouve deux divisions d’infanterie (10. et 261.ID), un PanzerGruppe de la 2.PzD ainsi que des unités d’artillerie et de soutien.

Tout comme dans les villes belges et bientôt Lille les allemands espèrent s’emparer sans trop de difficultés de l’ancienne cité corsaire à croire qu’ils ignoraient la présence des fortifications défendant la place forte de Dunkerque. Tout comme à Liège en 1914 ils tentent un coup de main nocturne dans la nuit du 6 au 7 juillet mais sont sèchement repoussés par la garnison et par la 25ème DIM.

Le 7 juillet 1949 le 43ème BCC (30 Renault R-40) et le 5ème GRDI (16 Hotchkiss H-39 et 16 AM modèle 1940P) lancent une contre-attaque, bousculant la 10ème division d’infanterie allemande mais face à l’intervention des Panzer et de l’aviation le groupement motomécanique doit se replier à Dunkerque.

Les allemands attaquent en fin d’après midi pénétrant dans la nuit dans la ville de Jean Bart. Ils rechignent cependant à pénétrer plus en avant préférant attendre le lendemain pour reprendre leur avancée.

Le 8 juillet 1949 les combats reprennent avec une violence digne de la Campagne de Belgique, violence liée intrinséquement aux combats urbains mais aussi à la géographie.

En effet la ville est très compartimentée imposant un combat à une distance particulièrement réduite et augmentant donc encore les pertes et l’impact de la puissance de feu, les deux camps découvrant que l’artillerie et l’aviation rendaient davantage service au défenseur en créant de nouveaux fortins, de nouveaux obstacles. A cela s’ajoute à Dunkerque l’incendie des dépôts pétroliers (par sabotage et par la Luftwaffe). Comme le reconnaît le caporal Desnoler de la 25ème DIM l’atmosphère devenait parfois irrespirable.

«Parfois l’atmosphère était tellement irrespirable qu’on devait mettre notre masque à gaz. On ne voyait pas à dix mètres et parfois ont tombait sur l’ennemi de manière totalement fortuite. Celui qui frappait le plus fort gagnait l’autre mourait. Vraiment la guerre urbaine quelle saloperie à part pour quelques fondus travaillant à la dynamite !».

Dans la nuit du 8 au 9 juillet 1949 les troupes alliées présentes dans la ville reçoivent l’ordre de décrocher. Une poignée de volontaires acceptent de donner le change en faisant croire que la ville était encore solidement tenue et pour cela les Furieux de la 25ème DIM ne manquèrent pas d’imagination.

Quand les allemands hissent leur sinistre drapeau frappé de la svatiska la ville de Jean Bart est détruite à 85%. Aucun quartier n’est épargné, les immeubles encore debout sont rares. Nombre d’habitants ont tenté de fuir vers la Belgique ou d’embarquer à bord de quelques navires évacuant les militaires blessés.

Le port est encombré d’épaves plus ou moins volontaires, les chantiers navals ont été méthodiquement sabotés que ce soit les navires sur cale, les grues, les ateliers une fois vidés de leurs machines quand celles-ci étaient évacuables bien sur.

Les allemands ont espéré relancer l’industrie dunkerquoise mais ils vont très vite déchanter tant cela aurait nécessité d’investissements bien plus utiles ailleurs. Quelques entreprises vont relancer leur production davantage pour permettre aux ouvriers de survivre que par adhésion au nouvel occupant. D’ailleurs le premier fusillé dunkerquois pour faits de résistance est Léon Morel un patron d’une entreprise de BTP le 14 décembre 1949.

En ce qui concerne les unités ayant combattu à Dunkerque côté allié la 25ème DIM est considérée comme détruite mais sera reconstituée sous la forme d’une division…..parachutiste.

Ce choix répond à la volonté de placer sous de glorieux auspices la première division parachutiste de l’armée de terre surtout que comme nous le savons ce transfert à tout sauf été apprécié par les premiers concernés qui voulaient rester sous l’autorité de l’armée de l’air.

Le 5ème GRDI ne sera pas reconstitué directement mais comme la 5ème DIM va être maintenue avec un Groupement de Reconnaissance, ce dernier va prendre en charge les traditions et l’histoire de feu le 5ème GRDI. Le 43ème BCC sera lui aussi reconstitué pour être intégré à la 1ère Division Blindée (ex-1ère Division Cuirassée).

Coté allemand les différentes unités ont certes subit des pertes sensibles mais elles restent en ligne signe que la machine de guerre allemande est bien limitée en terme de Grandes Unités et d’effectifs disponibles.

Après la chute de Dunkerque et de Lille, les unités du GA n°1 doivent se replier en tiroir sur la Somme pour ne pas être enveloppés.

Cela va entrainer également le repli du GA n°2 mais par étapes sans panique, chaque ville formant autant de «forteresses» pour éviter la débandade des troupes alliées et pour éviter que les allemands ne prennent les alliés de vitesse.

Comme souvent ce sont les unités montées qui couvrent le repli des unités d’infanterie, repli accéléré par la mobilisation de tout le parc automobile disponible. Ce repli est couvert par l’artillerie française et par l’aviation.

NdA plus de détails dans la partie liée à l’opération TIGER.

Le Conflit (56) Europe Occidentale (22)

Septembre 1948-Mai 1949 : à l’ouest rien de nouveau (ou presque)

Mobilisation

Dès le mois de juillet, la France commence à préparer une future mobilisation générale qui n’est qu’une question de temps de semaine au pire de moins.

Le comité de démobilisation mis sur pied en 1940 est réactivé, toujours sous la direction du général Doumenc, devenant naturellement le comité de planification de la mobilisation ou CPM même si à l’époque il était connu dans les textes sous le nom de Comité X et son chef sous le nom d’Oscar. Tous les documents concernant le CPM ont été déclassifiés en 2005.

L’expérience de la mobilisation partielle de 1938 et de la mobilisation de 1939 fait qu’il y à peu de problèmes pour regrouper les hommes, les véhicules et le matériel.

Installé au château de Vincennes, il va faire passer ses consignes auprès des gouverneurs militaires des dix-sept régions militaires qui correspondent au tracé des provinces françaises.

Des réservistes sont discrètement rappelés dès le 15 juillet 1948 notamment des spécialistes de la logistique, des transmissions et du train pour mettre sur pied l’infrastructure de la mobilisation.

On fait également le point sur les parcs des véhicules, en préparant la réquisition du matériel de la SNCF.

Dans les usines, la production des véhicules militaires et de soutien qui continuait à cadence réduite pour constituer des stocks (l’équipement des unités ayant été privilégié et les stocks purgés de tout matériel obsolète non sans que certains s’en offusquent !) s’accélère pour réduire au maximum le nombre d’unités mobilisées équipées de matériel ancien ou ayant un déficit de matériel moderne.

En dépit des efforts de tout le monde, au 10 mai 1949 tout les objectifs ne seront pas atteints mais dans l’ensemble c’est confiantes que les unités françaises attendent les allemands, une confiance dans leurs capacités, une confiance dans le sens de la mission, une confiance dans le matériel à leur disposition et une confiance en leur chef.

La mobilisation entre dans sa phase active le 23 août quand les réservistes des classes 1940 à 1944 (conscrits ayant réalisé leur service militaire entre 1940 et 1942 pour la classe 1940, 1941 à 1943 pour la classe 1941, 1942 à 1944 pour la classe 1942, 1943 à 1945 pour la classe 1943 et 1944 à 1946 pour la classe 1944) sont rappelés.

Le 5 septembre 1948 suite à l’attaque allemande contre la Norvège et le Danemark, les réservistes de la classe 1945 sont rappelés (service militaire effectué de 1945 à 1947) tandis que les conscrits de la classe 1946 qui devaient être libérés sont maintenus sous les drapeaux tout comme la classe 1947 qui libérable durant l’année 1949 voit son service prolongé jusqu’à la fin de la guerre sauf exemptions strictement limitées.

«Sus aux planqués !» aurait ainsi dit le général Villeneuve au cours d’une de ses colères légendaires.

Cela n’empêche pas de nombreux volontaires de 18 et 19 ans appelables seulement en 1950 et 1951 de devancer l’appel et de s’engager.

Il faut rappeler qu’à cette époque, la France est baignée _au grand dam des pacifistes et des internationalistes_ dans une ambiance de patriotisme échevelé rappelant 1914 et le départ pour une guerre qu’on imagine fraiche et joyeuse.

Néanmoins, les jeunes soldats partant au front sont conscients des risques. Comme l’écrit un jeune soldat du 65ème RI de Nantes «Père, Mère, nous vous faites pas de soucis pour moi. Je connais les risques que nous allons courir, je sais que comme l’oncle Fernand et l’oncle Achille tombés à Verdun et dans les Dardanelles je risque d’y rester mais cela me stimule plus qu’autre chose. Cette fois pas question de s’arrêter sur le Rhin comme en 1918 c’est Berlin ou rien……..».

Alors que depuis le 1er septembre, les Divisions Cuirassées et les Divisions Légères Mécaniques ont rejoint leurs zones de rassemblement pour faire face à une attaque brusquée de l’Allemagne, les divisions d’infanterie d’active rejoignent la frontière pendant qu’à l’arrière les Centres Mobilisateurs mettent sur pied des unités de réserve de type A (réservistes de 35 à 42 ans) puis des unités de réserve de type B (42 à 48 ans).

Les réservistes agés de plus de 48 ans servent au sein des régments territoriaux (NdA ces régiments vont jouer un rôle clé pour sécuriser les villes au sud de La Seine au moment de l’offensive allemande, soulageant les unités d’active) pour garder les points sensibles, les installations stratégiques en compagnie de jeunes recrues à l’instruction, le début de la guerre ayant entrainé l’appel anticipé de la classe 1949 (conscrits nés en 1929).

L’expérience acquise de 1939, l’ambiance de patriotisme échevelé et un trio Villeneuve-Doumenc-Ganelon huilé fait qu’en à peine plus de quinze jours, on peut considérer que l’armée de terre à été mise sur le pied de guerre et capable de contrer une offensive allemande et surtout de pouvoir si nécessaire passer à l’offensive bien plus rapidement que neuf ans plus tôt.

Un chef à la tête des alliés : Pierre Harcourt de Villeneuve

En septembre 1939 le généralissime des armées alliées est le général Maurice Gamelin qui heureusement pour la France n’eut jamais à mener les armées françaises au combat. En septembre 1948 le général Villeneuve est un chef d’une toute autre trempe.

Comme le dira le colonel Hartelon son aide de camp pour l’armée de terre «Je respectai Gamelin parce qu’il était mon chef mais je respectai et j’admirai le général Villeneuve, je l’aurais suivit sur le terrain sans hésiter sans me poser de question».

Né le 14 septembre 1883 dans une famille d’avocats et de juge, Pierre Harcourt de Villeneuve de petite noblesse normande n’à jamais ressentit d’appétence pour le droit. Initié à l’histoire militaire par un oncle vétéran de la guerre de 1870 et par un grand-père ayant combattu en Crimée, il décida que l’armée serait sa vie.

Sortit de Saint-Cyr en 1909 (promotion du Centenaire), il sert d’abord dans la cavalerie mais dès le début de la première guerre mondiale il demande sa mutation dans l’infanterie, convaincu que la cavalerie à cheval appartenait au passé (sans pour autant que ce constat ne lui fasse vraiment plaisir).

Il est de toutes les offensives, rechignant à obtenir un poste à l’arrière en dépit des efforts de sa famille bien introduite dans les milieux officiels. Il participe aux offensives d’Artois et de Champagne mais aussi à Verdun, au Chemin des Dames et à l’offensive des 100 jours.

Il termine le conflit décoré de la Croix de Guerre, de la Légion d’Honneur et de la Médaille Militaire. Il compte également plusieurs citations à l’ordre du jour.

Protégé du général Estienne (auquel il rendra hommage en baptisant le char lourd ARL-44), il vante l’offensive ce qui lui vaut une réputation de boucher. Lui s’en défend en disant que l’offensive doit être menée de manière méthodique mais sans se priver d’une naturelle agressivité pour exploiter ce qu’on appelle la furia francese.

Suivant son mentor, le futur «Général Tornade» vante l’utilisation combinée du char et de l’aviation pour éviter l’enlisement. Inutile de préciser qu’il est réservé vis à vis de la ligne Maginot estimant que ce n’est pas «en coulant du béton qu’on gagne une guerre».

Il ne néglige pas la fortification mais préférait des fortifications de type tactique et non une «Muraille de Chine» qui endormirait le pays en le berçant d’un faux sentiment de sécurité.

Sa carrière stagne, ne devenant général de brigade qu’en 1934 à l’âge de 51 ans et général de division en 1937. Il songe même après cette ultime promotion à quitter les armes mais enfin le destin se montre généreux en lui offrant en juin 1940 le poste de chef d’état-major de l’Armée et futur généralissime des forces français en temps de guerre.

Ce choix imposé par Paul Reynaud («le seul acte de caractère de toute sa carrière politique» diront ses adversaires) est loin de faire l’unanimité notamment à gauche chez les radicaux qui voit en Pierre Harcourt de Villeneuve un disciple de Boulanger. Il faudra du temps pour que cette peur soit à ranger aux oubliettes.

Une fois aux commandes, il fait souffler un vent que dis-je une tempête, un ouragan sur une armée française qui avait certes commencé à se moderniser mais qui peinait à suivre le rythme imposé par l’Allemagne.

Le contraste est saisissant avec Gamelin, un bon général certes mais prudent et réservé. Tout le contraire avec son successeur, un colosse fort en gueule dont les colères homériques font trembler les murs du château de Vincennes qui en ont pourtant vu en plusieurs siècles d’histoire. Il épuise ses collaborateurs qui pourtant lui restent fidèles car il est aussi exigeant avec eux qu’avec lui même.

Au château de Vincennes il fait réaménager son bureau et ses appartements privés, des locaux confortables mais loin d’être aussi luxueux que l’ont prétendu ses ennemis. De toute façon le général Villeneuve en profite peu tant il veut être partout à la fois.

A la différence de son prédécesseur reclus à Vincennes, le général Villeneuve se démultiplie entre les réunions d’état-major, les réunions interalliés, les rencontres politiques et surtout ce qu’il préférait par dessus tout les visites aux unités où il était extrêmement populaire.

Au début du conflit son emploi du temps était très routinier avec les lundi et mardi consacrés aux réunions à Vincennes, le mercredi consacré aux réunions à Paris (qu’elles soient politiques et militaires), les jeudi, vendredi et samedi aux visites aux corps de troupes avant le dimanche chômé.

Craignant un attentat mené par les allemands, la Sureté demanda au «Général Tornade» d’être plus imprévisible dans son emploi du temps.

Restant à Vincennes jusqu’au 10 mai 1949, le «Général Tornade» va rallier un PC avancé situé à proximité d’Amiens. Baptisé ATLANTIDE, cette zone souterraine à été construite entre 1944 et 1946 avec logements, salles de réunion, terminal téléphonique….. .

Il y restera jusqu’à son évacuation en raison de l’approche allemande, le site étant soigneusement dynamité pour ne pas être réutilisé par les allemands. Le site abandonné est pour ainsi dire oublié sauf dans les souvenirs des gens qui y ont travaillé. Redécouvert dans les années quatre-vingt, il est resté en l’état, trop dangereux pour être ouvert au public, seuls quels amateurs d’Urbex s’y risquant.

Le général Villeneuve se montre à la hauteur des épreuves et si il y eut des moments de doute, il faut faire un sort à la légende d’un Villeneuve s’effondrant nerveusement alors que les allemands s’approchent de Paris.

A plusieurs reprises ses adversaires ont tenté de le remplacer mais sa popularité auprès de la troupe et de l’opinion publique lui servit de bouclier, bouclier encore renforcé en septembre 1952 quand il devient Maréchal de France.

En dépit de menus problèmes de santé, il va rester à la tête des forces armées alliées jusqu’à la fin du conflit et comme il s’y était engagé il est remplacé au lendemain de la capitulation japonaise par le général Juin à la tête des armées françaises et par le général Bradley à la tête des forces alliées.

Il se retire de la vie publique, voyageant à l’étranger où il est accueillit quasiment comme un chef d’état. Il donne des conférences sur les leçons du conflit puis commence à rédiger ses mémoires dont le premier tome est publié dès 1957, trois autres tomes suivront en 1959, 1961 et 1963.

C’est un véritable succès d’édition par l’érudition dont fait preuve le général Villeneuve par sa plume vive et alerte mais surtout parce qu’il n’hésite pas à admettre ses erreurs, trempant le fer dans la plaie ce qui n’est pas toujours le cas, les personnes écrivant leurs mémoires ayant tendance à se donner le beau rôle, à enjoliver les succès et à passer sous licence leurs échecs et leurs erreurs.

Devenu écrivain à succès avec des romans (Prix Nobel en 1966 pour Les Immortels du Rhin) et des livres d’histoire (il devient un spécialiste reconnu des guerres du Second Empire notamment de la guerre de Crimée), il est élu à l’Académie Française en 1968, devenant donc un Immortel.

Le général Villeneuve est décédé le 17 juillet 1981 à l’âge de 97 ans. Il est enterré aux Invalides aux côtés notamment de Foch, de Turenne et de Vauban. En bonne compagnie donc.

Sa mémoire est célébrée par une promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint Cyr (promotion 1981-83) et surtout par un char de combat, l’AMX-90 Villeneuve, un char de 55 tonnes à canon de 120mm automatique et un équipage de trois hommes, char toujours en service trente-deux ans après sa mise en service (1990) car régulièrement modernisé.

Des rues et des places sont également présents sur tout le territoire national mais aussi en Belgique et aux Pays-Bas. Une statue en pied est présente sur les Champs Elysées et une autre dans la cour du château de Vincennes le représentant à cheval, l’épée pointée vers l’avant.

Dominions (20) Canada (20)

ROYAL CANADIAN ARMY (RCA) ARMEE ROYALE CANADIENNE

Une histoire militaire du Canada

Quelques considérations préliminaires

Coloniser un territoire c’est une action qui n’est pas à la portée du premier venu. Il faut une dose de courage voir d’inconscience pour se lancer dans une telle épreuve. Même quand la décision est prise, il faut un temps d’adaptation.

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URSS (41) Navires amphibies et troupes de marine

NAVIRES AMPHIBIES ET TROUPES DE MARINE

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Fin du conflit pour les fusiliers marins soviétiques qui posent pour la photo sur les hauteurs de Port Arthur

Avant-propos

Si vous demandez à une personne lambda quand sont apparues les débarquements, les opérations amphibies, il y à de grandes chances pour qu’il vous réponde la seconde guerre mondiale.

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