22-Armée de terre : armement et matériel (36)

K-Automitrailleuses et véhicules de combat à roues

Préambule

L’apparition de l’automobile ne tarde à attirer le regard des militaires ou plutôt de certains penseurs qui y voient un nouveau moyen de combat capable de succéder au cheval. Evidement, comme souvent, ces précurseurs ne sont guère en odeur de sainteté au sein des état-majors et des ministères plus conservateurs pour des raisons de choix comme de raison.

En 1907, le général Gillain commandant de la 1ère Division de Cavalerie écrit que «la mitrailleuse automobile constitue bien une bouche à feu légère, excessivement mobile,toujours en batterie et prête à ouvrir le feu, tout à fait apte à suivre, sans être un impedimenta, une troupe de cavalerie. Elle est appelée à former ainsi l’arme des surprisees et des coupsde mains de l’avenir.»

Arme plutôt conservatrice, la cavalerie perçoit néamoins l’intérêt d’intégrer des véhicules motorisés à ses forces qui vont rester majoritairement composés de chevaux. Une première automitrailleuse, la CGV (Charron Girardot et Voigt) est expérimenté en 1903 mais non adopté malgré des essais concluants en raison d’un poids élevé (3 tonnes) et d’un prix qui ne l’est pas moins.

Après ce premier essais, deux chemins semblent s’ouvrir : celle de l’automobile blindée armée et protégée par blindage et celle de la «mitrailleuse automobile» qui en réalité une voiture de tourisme modifiée pour un usage militaire, sans blindage, usant de sa vitesse pour échapper aux cavaliers ennemis.

Aucune commande n’est passée et quand éclate le premier conflit mondial, aucune auto-mitrailleuse n’est en service en métropole, les seules étant au Maroc pour faire de la police coloniale contre des tribus remuantes.

On improvise donc différents modèles d’auto-mitrailleuses composées d’un chassis tourisme, armées soit d’une mitrailleuse Saint Etienne modèle 1907 ou d’une Hotchkiss modèle 1914 avec un blindage plus ou moins important.

C’est donc le triomphe de l’automitrailleuse blindée et armée sur la mitrailleuse automobile, la vitesse ne remplaçant les plaques de blindage.

Aux automitrailleuses armées de mitrailleuses vont bientôt s’ajouter des «torpilleurs à roulette», des auto blindées armées de canons de 37 et de 47mm issus des stocks de la marine pour lutter contre des auto blindées allemandes puissantes dont la présence était certifiée par des rapports alarmants faisant état de la présence au front de plusieurs milliers de ces engins………. .

C’est l’acte de naissance des AMAC (Automitrailleuses de Cavalerie) qui vont participer aux opérations de l’été et l’automne 1914 jusqu’à ce que la boue des tranchées révèlent l’impossibilité pour un véhicule à roues de manoeuvrer en terrain bouleversé, ouvrant la voie à l’utilisation de la chenille au sein de l’Artillerie d’Assaut qui comme son nom l’indique dépend de l’artillerie.

La guerre terminée, certains posent même l’idée même de l’existence de la cavalerie comme arme constituée. Son poids social lui permet de survivre à une disparition pure et simple.

En dépit de la présence de cavaliers s’opposant farouchement au moteur, la seule issue pour la cavalerie est de se motoriser, d’adopter le moteur, d’en faire un outil de combat pour compléter les chevaux car il est impensable en 1919 que la cavalerie abandonne ses nobles destriers pour des montures nettement moins glamour.
Dans la première décennie qui suit la fin du premier conflit mondial, la cavalerie se cherche, tâtonne et il faut attendre le plan général de motorisation de juillet 1930 pour que le brouillard s’éclaircisse et dix-huit mois de plus pour la cavalerie mette bon ordre en définissant trois catégories de véhicules de combat.

Si le domaine de la Reconnaissance et du Combat vont être sauf rarissimes exceptions être l’apanage des véhicules chenillés, le domaine de la Découverte va être lui dominé par la roue.

Véritable reconnaissance stratégique, elle doit éclairer les divisions loin devant. Devant aller vite et loin, la roue en dépit des progrès de la chenille se justifie parfaitement. Légèrement armées (canon de 25 et de 47mm pour les plus récentes, mitrailleuses pour les plus anciennes), elles ne doivent pas rechercher le combat avec l’ennemi jouant sur la vitesse, la surprise et l’esquive.

Ces AMD symbolisées par la célèbre AMD 178 «Pan Pan» vont équiper les régiments de découverte des Division Légère Mécanique ainsi que les GRDI/GRCA, les premiers étant pour certains préservés après la démobilisation alors que les autres sont dissous en raison de l’inexistence des corps d’armée en temps de paix.

En février 1940, le général Gamelin réorganise totalement ce triptyque à la lumière des leçons de la guerre de Pologne («j’estime de la façon la plus formelle qu’il ne peut plus être question de construire des véhicules de combat et reconnaissance faiblement blindés, l’expérience de la campagne de Pologne me paraît des plus nettes à ce sujet» [……])

Les catégories AMR et AMD fusionnent ainsi en AMP pour Automitrailleuses Puissantes symbolisées par un véhicule à roues, l’AM 40P ou Panhard 201 et par un char léger, l’Hotchkiss H-39 en attendant d’autres engins de conception nouvelle fournis par AMX et les FCM comme nous l’avons vu plus haut.

White TBC

Cette automitrailleuse peut être considérée comme la première automitrailleuse moderne de l’armée française après des années de talonnements et d’essais plus ou moins réussis. Elle est l’œuvre du capitaine de Castelbajac qui reprend à zéro un projet plus ancien sur un chassis de camionnette.

Pour construire cette nouvelle automitrailleuse, il choisit le chassis du camion léger de 2 tonnes White TBC sur lequel est installé une caisse blindée.

Cette automitrailleuse de 5700kg peut filer sur route à 40 km/h avec une vitesse moyenne de 18 à 20 km/h avec un armement monté en tourelle, un canon de 37mm semi-automatique avec 200 obus et une mitrailleuse de 8mm avec 6000 cartouches monté en opposition, la mitrailleuse de rechange pouvant être utilisée en position antiaérienne. Quant à l’équipage, il se compose de quatre hommes dont deux tourelles.

230 exemplaires de cette automitrailleuse sont mis en service à partir d’octobre 1918, trop tard pour participer à un conflit qui à quitté les tranchées pour la guerre de mouvement.

Le 29 juin 1916, les dix-sept GAMAC _Groupes d’Automitrailleuses et d’Autocanons_ sont rattachés à la cavalerie à raison de deux par division de cavalerie puis un dix-septième en réserve.

Le nombre de divisions de cavalerie est réduit ensuite à six mais le nombre de GAMAC n’est réduit qu’à seize, les autres étant réaffectés. Le nombre de GAMAC est réduit en 1919 à onze qui deviennent Escadrons d’Automitrailleuses de Cavalerie (EAMC) le 1er novembre 1922.
Les onze EAMC  sont regroupés en cinq groupes d’escadrons d’automitrailleuses de cavalerie (GEAMC) soit un par division de cavalerie, tous à deux escadrons sauf celui de la 3ème DC de Paris qui disposent de trois EAMC.

De 1922 à 1931-32, l’automitrailleuse White est la seule automitrailleuse en service en France avant que des véhicules plus modernes ne commencent à la remplacer en l’occurence des automitrailleuses semi-chenillées Schneider P16.

Ces automitrailleuses disparaissent peu à peu des unités de cavalerie même si par un tour de passe-passe, des caisses White vont être montées sur un nouveau chassis, permettant à l’armée de se doter à peu de frais d’automitrailleuses plus modernes. Des White allégées (sans tourelles) ont terminé leur carrière au Maroc pour pourchasser les bandes incontrôlées dans le Sud marocain.

Caractéristiques Techniques des AMC White TBC

Poids en ordre de combat : 5700kg

Dimensions : longueur 5.45m largeur 1.95m hauteur 2.50m

Motorisation : moteur White 4 cylindres dit «30 HP»

Performances : vitesse instantanée 40 km/h vitesse moyenne 18 à 20 km/h Autonomie : 200 à 250km avec 100 litres de carburant à bord

Blindage : 8mm

Armement : tourelle biplace avec un canon de 37mm semi-automatique armé de 200 obus et une mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914 de 8mm avec 6000 cartouches

Equipage : quatre hommes

Automitrailleuse semi-chenillée Schneider P 16

AMC Schneider P16

AMC Schneider P16

En 1923/24, la cavalerie s’interroge sur les futurs véhicules de combat et lance deux programmes baptisés AMC n°1 (approuvé en avril 1923 voiture de 4 tonnes, quatre hommes, 12mm de blindage, sur route et chemins avec une vitesse de 55 km/h) et AMC n°2 (approuvé en août 1924, voiture de 7.5 tonnes à trois hommes dont deux en tourelles, 20mm de blindage, pouvant circuler à travers champs avec une vitesse sur route de 30 km/h), annonçant l’AMD pour le premier et l’AMC pour le second.

On trouve ainsi des Citroën P 4 T et P 7 T qui restent à l’état de prototypes ou commandés en petite série (seize exemplaires  pour la P 4T), servant de véritables démonstrateurs technologiques en attendant de véritables véhicules de série en l’occurence le Schneider P 16.

Ce véhicule ne répond ni au programme AMC n°1 ni au programme AMC n°2  mais est commandée en série, étant assimilée à une AMC, un pseudo char de cavalerie en attendant l’entrée en service du Somua S-35.

La commande en série est envisagée dès novembre 1925 mais ce n’est qu’en 1928 que quatre exemplaires de pré-série sont commandés suivis de 96 véhicules de série utilisés encore en 1939  comme AutoMitrailleuse de Reconnaissance (AMR) une fois le «char de cavalerie» en service.

Durant la guerre de Pologne, elles équipent encore le 1er et le 6ème GRDI issus respectivement du 7ème régiment de chasseurs à cheval et du 6ème groupe d’automitrailleuses. Ces deux GRDI sont rééquipés avec des Panhard AMD 178 au printemps 1940,  marquant la fin de carrière de cette automitrailleuse semi-chenillée.

Caractéristiques Techniques de la Schneider P16

Poids en ordre de combat : 6300kg

Dimensions : longueur 4.815m largeur 1.75m hauteur 2.475m

Motorisation : un moteur Panhard PK 4E 3 16 CV, 4 cylindres développant 60ch à 2700 tr/minute

Vitesse maximale : 47 km/h vitesse moyenne sur route 30 km/h Autonomie : 250km (125 litres d’essence à bord)

Blindage : 11.5mm maximum

Armement : tourelle monoplace avec un canon de 37mm semi-automatique alimenté à 100 obus et une mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm (3000 cartouches)

Equipage : chef de voiture en tourelle, conducteur et inverseur dans la caisse

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22-Armée de terre : armement et matériel (35)

FCM F1

Maquette en bois du char de forteresse FCM F1

Maquette en bois du char de forteresse FCM F1

Suite à la construction de la ligne Maginot, l’Allemagne nazie riposta en construisant la ligne Siegfried que la propagande nazie éleva au rang de muraille invulnérable, bien plus puissante que la ligne Maginot ce qui était loin d’être le cas.

En cas de conflit avec l’Allemagne, la France n’avait guère le choix pour prendre l’offensive. Violer la neutralité belge (graduellement allégée avec le temps jusqu’à la signature d’un traité secret d’alliance en 1947) et la neutralité suisse étant hors de question, la seule façon d’envahir l’Allemagne était une attaque frontale sur le Rhin.

Il fallait forcer la ligne Siegfried d’où le maintien d’une Artillerie Lourde sur Voie Ferrée et l’idée de construire des chars de forteresse, puissants et bien armés.

En 1934, les chars FCM 2C avaient été déclassés et deux ans plus tard, un programme de chars de 45 tonnes fût lancé, programme qui aurait aboutit en réalité à des chars de 50 ou 60 tonnes.

Ce programme lancé le 12 novembre 1936 donne naissance en 1937 à des projets proposés par les FCM, ARL et AMX. Ces projets évoluent vers des chars d’attaque des fortifications dépassant 100 tonnes avec un blindage et un armement conséquent. Ces chars pouvaient se décomposer en deux éléments pour son transport par voie ferrée.

Deux prototypes sont commandés à AMX pour un char de 101 tonnes baptisé AMX «tracteur C», deux prototypes sont commandés à ARL dits «Char C» de 145 tonnes et deux prototypes aux FCM.

AMX et ARL occupés avec d’autres projets abandonnent le projet, laissant le champ libre aux Forges et Chantiers de la Méditerranée qui présentent en mars 1941 deux prototypes d’un char de 140 tonnes avec un canon de 90mm modèle 1939 en tourelle arrière et un canon de 47mm SA modèle 1937 en tourelle avant.

Les tests sont menés entre avril et novembre 1941 sans qu’une décision soit prise, beaucoup d’officiers estimant superflu un tel char. Les rumeurs persistantes d’un char superlourd allemand (rumeurs au final infondées) pousse la France à relancer l’étude pour un char lourd d’attaque de fortifications.

Le FCM F1 est commandé à quatorze exemplaires en mars 1943, commande réduire à dix puis huit exemplaires livrés entre février et novembre 1944  au sein du 51ème Bataillon de Chars de Forteresse avec sept chars en ligne et un char utilisé pour les tests et l’instruction.

La mise en service de l’ARL-44 armé lui aussi d’un canon de 90mm semblait rendre superflu un tel char qui n’avait de différent avec l’Estienne que son poids.

Ces chars de forteresse vont recevoir un canon de 105mm en remplacement du canon de 90mm dans une tourelle de conception nouvelle. Ces chars sont toujours en service en septembre 1948, prêts à forcer la ligne Siegfried.

Caractéristiques Techniques du FCM F1

Poids en ordre de combat : 140 tonnes

Dimensions : longueur 11.30m largeur 3.90m hauteur maximale 4.80m

Motorisation : (prototype) deux moteurs Renault de 550ch puis deux moteurs de 600ch

Blindage : maximal 120mm

Performances : vitesse maximale 28 km/h pente 80% Autonomie 230km sur route

Armement : tourelle avant avec un canon de 47mm semi-automatique modèle 1937 avec 116 obus associé à une mitrailleuse de 7.5mm MAC 34 alimentée à 2500 cartouches et tourelle arrière avec un canon de 90mm modèle 1939 alimenté à 72 obus associé à une mitrailleuse de 7.5mm MAC 34 alimentée à 2500 cartouches. Deux mitrailleuses latérales disposant chacune de 1500 cartouches.

Equipage : neuf hommes (un chef de char, deux tireurs, deux chargeurs, un radio, deux mécaniciens  et un chargeur en caisse)

Séries limitées, Projets et prototypes

Outre les chars cités plus haut, de nombreux projets de chars lourds ont été envisagés, certains n’allant pas plus loin que la planche à dessin, d’autres connaissant la joie d’atteindre le stade du prototype mais l’infortune de ne pas connaître celui de la série.

Durant le premier conflit mondial, les chars français mis à part le petit Renault FT étaient de véritables mastodontes, atteignant les 23 tonnes. Ils furent accompagnés par des chars de construction étrangère.

Char lourd interallié Mk VIII Liberty

Char lourd interallié Mk VIII Liberty

Si le Mark VIII Liberty (37 tonnes, 16mm de blindage, deux canons de 6 livres et quatre mitrailleuses, 8.45 km/h) ne dépassa le stade du projet, la France reçu 100 exemplaires du Mark V* (80 en version mâle armé de canon et 20 en version femelle avec mitrailleuse), un char de 32.5 tonnes, blindé à 12mm, jamais engagé au combat et feraillés en 1930.

La firme Saint Chamond eut également en projet un char de type Mark. Un prototype est commandé en juillet 1917 et la production de 300 exemplaires est espéré mais ce projet ne dépasse l’étape de l’étude d’intention.

Au début des années trente, nous trouvons trace de projets de chars de bataille, alternative à la poursuite du B1 :

Le premier est un char B2 de 35.5 tonnes (le B1 pèse 27195kg) blindé à 50mm, un équipage de 4 hommes avec un canon de 75mm puissant et un canon de 47mm en tourelle.

Le second est un char B3 de 45 tonnes blindé à 50mm, un équipage de 6 hommes avec l’obusier de 75mm du B1 et un 47 puissant en tourelle.

Le troisième est un char BB de 50 tonnes blindé à 60mm, un équipage de 8 hommes avec deux 75 puissants.

Le projet B-40 était un projet de char lourd destiné à succéder au B1bis et ter. Deux constructeurs proposaient des projets : l’Atelier de Construction de Rueil avec un moteur Talbot surcomprimé et une transmission assuré par un système Naeder amélioré et simplifié alors que l’Atelier de construction d’Issy-les-Moulineaux proposait un char propulsé par un diesel avec une transmission électrique Alsthom.

Le blindage est celui du B1ter mais avec des parois droites comme sur le B1bis. Quand à l’armement, si le canon de 47mm en tourelle est conservé avec une tourelle au chemin de roulement plus important, l’obusier de 75mm est remplacé par un canon de 105C en casemate.

Le poids en ordre de combat atteint 45 tonnes avec un rapport poids puissance de 12 à 15 ch (moteur de 675ch) et une vitesse de 40km/h. Comme nous l’avons vu, ce programme ne dépassa pas le stade du prototype en raison d’un changement de priorité.

D’autres projets étaient à l’étude au printemps 1948 : une version améliorée du FCM F1 à canon de 155mm en casemate sans canon de 47mm mais avec un tourelleau armé d’un canon de 25mm et d’une mitrailleuse et une version surblindée de l’ARL-44. Aucun de ces deux projets n’était rendu au stade où la production du prototype aurait pu être rapidement entreprise.

22-Armée de terre : armement et matériel (25)

Renault R-40

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40

Le Renault R-35 était un char correct mais il était largement perfectible notamment en terme de tenue en tout terrain. La meilleure façon est de remplacer la suspension à ciseaux d’origine par une meilleure suspension.

Des tests sont menés avec plusieurs modèles. Il suffit de peu que le R-35 reçoive une suspension à poutres avec neuf galets porteurs, pas moins de huit cent exemplaires sont ainsi commandés mais aucune suspension de ce type sera construite suite au choix fait en janvier 1940 de la suspension AMX (Atelier d’Issy les Moulineaux issu de la nationalisation de l’atelier de montage des chars et chenillettes de Renault) qui verticale est moins sensible aux mines.

Les derniers R-35 sortent de chaine à la fin du mois d’avril et aussitôt, le Renault R-40 prend le relais. Cette désignation n’à été officialisée ou du moins tolérée que tardivement, la désignation officielle du nouveau char étant le char léger modèle 1940R.

Comme son ainé, le Renault R-40 va équiper des Bataillons de Chars de Combat stationnés en métropole et en Corse. Dans un premier temps, il va remplacer au sein des B.C.C le Renault FT avant de remplacer des Renault R-35.

Une première vague de production va permettre d’équiper trois Bataillons de Chars de Combat en l’occurence le 30ème BCC stationné à Bastia avec 45 chars, le 40ème BCC _dissous au cours de la démobilisation_ et ultérieurement le 16ème BCC qui reçoit ses chars fin 1941.

A cette époque, 90 chars sont en ligne et 65 stockés. La production est suspendue en septembre 1942 alors que les 12ème et 17ème BCC ont reçu 45 blindés neufs, portant le total de blindés en ligne à 180 chars plus 80 blindés en réserve et 24 utilisés pour des tests et l’écolage soit un total de  284 chars produits pour la France.

A ces 284 produits pour la France s’ajoute également des chars exportés en l’occurence 64 pour la Belgique, 16 pour les Pays Bas  et 64 pour l’armée polonaise en France (deux bataillons plus un volant de réserve) soit un total de 428 chars produits.

Quand la production est suspendue, on trouve donc quatre bataillons équipés de ce char soit un total de 180 Renault R-40 en ligne. En juin 1943, le 20ème BCC reçoit 45 Renault R-40 issus des stocks portant le nombre de chars en ligne à 225 blindés laissant «seulement» 59 blindés en stock.

Si la production du char est suspendu, celle du chassis se poursuit, le canon automoteur de 105mm des divisions cuirassées disposant de ce chassis.

En mars 1946, décision est prise de rouvrir la chaine de fabrication pour équiper trois BCC maintenu en temps de paix en l’occurence le 1er BCC équipé en septembre 1946, les 2ème et 6ème BCC recevant leurs blindés en mars 1947 soit un total de 135 chars neufs livrés directement aux unités.

Le nombre de chars en ligne atteint 360 Renault R-40 plus 239 en stock dont 180 qui vont servir à l’automne 1948 à armer quatre BCC de mobilisation créés avec des véhicules plus anciens, des R-35 et des FCM-36.

La production continue va permettre l’équipement de deux autres bataillons de Renault R-40 portant le total à quatorze BCC répartis entre différents groupements de bataillons de chars de combat.

-La 1ère armée dispose au sein du groupement de bataillons de chars 501 du 1er BCC équipé de 45 Renault R-40.

-La 2ème armée dispose au sein du groupement de bataillons de chars 502 des 2ème et 35ème BCC  équipés chacun de 45 Renault R-40.

-La 4ème armée dispose au sein du groupement de bataillons de chars 504 des 12ème et 23ème BCC équipés chacun de 45 Renault R-40.

-La 6ème armée dispose au sein du groupement de bataillons de chars 506 des 6ème et 20ème BCC équipés chacun de 45 Renault R-40.

-La 7ème armée dispose au sein du groupement de bataillons de chars 507 des 17ème et 43ème équipés chacun de 45 Renault R-40.

-La 8ème armée dispose au sein du groupement de bataillons de chars 508 du 48ème BCC qui dispose de 45 Renault R-40.

-La 9ème armée dispose au sein du groupement de bataillons 509 des 16ème, 29ème et 39ème BCC qui disposent chacun de 45 Renault R-40.

A cela s’ajoute le 30ème BCC basé en Corse et qui ne dépend que du commandement local.

Avec quatorze bataillons, on trouve donc en ligne 630 Renault R-40 plus 215 en réserve (volant de fonctionnement) et 12 pour tests et essais variés soit un total de 857 véhicules en ligne.

La ligne de production est maintenu après la mobilisation générale même si le rythme de production est notablement réduit, le R-40 étant en voie d’obsolescence rapide comme la majorité des chars légers français de l’époque du moins dans le domaine du combat char à char, la reconnaissance et l’appui de l’infanterie étant encore à leur portée.

Caractéristiques Techniques du char léger modèle 1940 R

Poids total : 11.6 tonnes

Dimensions : Longueur totale 4.30m sans la queue Largeur totale 2.01m Hauteur totale 2.15m (1.37m sans tourelle)

Motorisation : un moteur Renault 447 4 cylindres dévellopant 85ch à 2200 tours/minute alimenté par 166 litres

Vitesse maximale : 20 km/h  Pente : 75%  Autonomie : 130km  

Blindage : 40mm maximum

Armement : un canon de 37mm SA modèle 1938 alimenté à 110 obus et une mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm approvisionnée à 2400 cartouches

Equipage : un mécanicien pilote et un chef de char, le premier en caisse et le second en tourelle

FCM-36

Char léger modèle 1936FCM dit FCM-36

Char léger modèle 1936FCM dit FCM-36

Ce char léger est issu du même programme que le Renault R-35 et le Hotchkiss H-35, le programme pour un char léger de six tonnes lancé le 2 août 1933 et modifié en mai 1934, programme destiné à remplacer le Renault FT.

Le char produit par les Forges et Chantiers de la Méditerranée se distingue des autres modèles par des solutions techniques audacieuses notamment un blindage laminé-soudé et un moteur diesel lui donnant une autonomie remarquable de 16 heures. Quand à l’armement, il est identique aux autres chars en l’occurence le canon de 37mm SA modèle 1918.

Ce char est testé entre avril 1935 et mai 1936 avant que l’adoption ne soit prononcée officiellement le 25 juin 1936, le projet des FCM devenant le char léger modèle 1936 FCM.

Une première commande de 100 exemplaires est passée, les chars en question étant livrés entre le 2 mai 1938 et le 13 mars 1939, équipant le 1er bataillon du 503ème RCC de Versailles _futur 4ème BCC_ et le 1er bataillon du 502ème RCC d’Angoulême _futur 7ème BCC_ .

Le solde de dix chars est stocké en dépôts et dans les écoles, sept chars sont concernés par ce premier cas dont quatre à l’École des Chars de Combat de Versailles, les trois derniers étant disponibles à l’entrepôt de réserve générale du matériel de Gien.

Ce char aurait pu être produit à trois cents exemplaires mais quand éclate la guerre de Pologne, ces commandes sont annulées pour rationaliser la production de chars et permettent aux FCM de se concentrer sur la production du B1bis.

En dépit de ces qualités, le FCM-36 avait aussi ses défauts notamment au niveau des chenilles, des embrayages et de la boite de vitesse. De plus, les tests menés avec le canon de 37mm SA modèle 1938 avait montré un certain nombre de faiblesses au niveau des soudures.

Cela n’empêchera pas les FCM de partir de leur modèle 1936 pour développer le FCM-42, un dérivé direct du FCM-36 à canon de 47mm.

Quand au FCM-36, il restera en service jusqu’en juin 1948, manquant de peu de participer au second conflit mondial.

Ces chars vont néanmoins être utilisés par des bataillons de mobilisation avant que des chars modernes et en plein état ne les remplace, les FCM-36 retrouvant les stocks pour un éventuel réemploi par exemple pour l’instruction ou pour rééquiper en urgence des unités aguerries.

Caractéristiques Techniques du char léger modèle 1936 FCM

Poids total : 12.35 tonnes

Dimensions : Longueur totale 4.46m  Largeur totale 2.14m Hauteur totale 2.20m

Motorisation : un moteur diesel Berliet (licence Ricardo) 4 cylindres dévellopant 91ch Boite à quatre vitesses et une marche arrière

Vitesse maximale : 24 km/h  Pente : 80%  Autonomie : 225km  

Blindage : 40mm maximum
Armement : un canon de 37mm SA modèle 1918 alimenté à 102 obus et une mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm approvisionnée à 3000 cartouches

Equipage : un mécanicien pilote et un chef de char, le premier en caisse et le second en tourelle

20-Ordre de bataille et programme de guerre (4)

Contre-torpilleurs

Si il y à bien un domaine où la France peut être fière de sa flotte, c’est bien celui-ci. Ces contre-torpilleurs sont sans équivalent dans le monde en terme de puissance propulsive, de puissance de feu. Ils ne sont pas exempts de défauts même si les défauts les plus criants ont pour ainsi dire été tous corrigés enttre 1939 et 1948.

Quand le second conflit mondial éclate en septembre 1948, la marine nationale dispose de 35 contre-torpilleurs répartis entre les six Aigle, les cinq Vauquelin (perte du Maillé-Brézé en 1940), les 6 Le Fantasque, les 2 Mogador et leurs demi-frères, les 4 contre-torpilleurs de classe Hoche, les 6 puissants contre-torpilleurs de classe Bayard et les 6 contre-torpilleurs de classe Bruix.

Six autres contre-torpilleurs sont en construction quand éclate le conflit, les six navires de classe Guépratte ( Guépratte Ronar’ch Maillé Brézé D’Estaing Vautreuil et Aumale) quasiment identiques aux Bayard et aux Bruix ce qui fait dire à certains que la classe Bayard compte dix-huit navires.

Théoriquement, les Guépratte devaient remplacer les Aigle qui avaient été pourtant modernisés notamment avec le remplacement des canons de 138mm par des 130mm DP. Le déclenchement du conflit fait qu’ils vont remplacer les navires perdus.

Au large de la Norvège, les contre-torpilleurs Vautour et Kersaint sont coulés par l’aviation allemande ce qui va entrainer une réorganisation des divisions de contre-torpilleurs dont l’existence même est remise en cause.

La construction des Guépratte est accélérée mais aucun autre contre-torpilleur va être commandé, la marine nationale préférant réorganiser ses catégories de navires. En fusionnant les catégories «contre-torpilleurs» et «torpilleurs d’escadre», la marine invente l’escorteur d’escadre qui va être le futur maitre-étalon de la force de combat de la marine nationale.

Le programme de guerre de janvier 1949 voit la commande de huit escorteurs d’escadre de classe Surcouf baptisés Surcouf Kersaint Bouvet Dupetit-Thouars D’Estrées Du Chayla Duperré et Forbin, des navires de 3500 tonnes à pleine charge, filant à 33 noeuds, mesurant 132.50m de long avec un armement composé de six canons de 130mm en trois tourelles doubles (une avant et deux arrière), seize canons antiaériens de 37mm en huit affûts doubles, huit canons de 25mm en affûts simples ou doubles, douze tubes lance-torpilles de 550mm en quatre plate-formes triples latérales et deux grenadeurs de sillage pour la lutte ASM.

La construction des huit escorteurs d’escadre est repartie entre les ACF (Surcouf), les ACH (Kersaint Bouvet Dupetit-Thouars), les FCM du Havre (D’Estrées), les ACSM du Trait (Du Chayla), l’Arsenal de Brest (Duperré) et l’Arsenal de Lorient (Forbin)

Torpilleurs d’escadre

Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, la marine nationale dispose de 39 torpilleurs d’escadre plus quatre encore en construction aux Etats Unis.

Ces torpilleurs d’escadre répartis entre la classe Le Hardi (8), la classe Intrepide (23) et la classe Empire (8+4 en construction) sont chargés pour leur majorité de protéger les treize cuirassés et les cinq porte-avions soit un besoin minimal 36 navires.

Trois sont déployés à Dunkerque comme navires d’attaque au sein de l’ELN, les quatre navires en construction aux Etats Unis devaient normalement être affectés au Levant (2) et en Indochine (2).

Durant la campagne de Norvège, la marine nationale perd les torpilleurs Le Téméraire et L’Arquebuse. Elle décide donc que les quatre torpilleurs en construction aux Etats Unis seront déployés en Europe.

Elle s’interroge sur la nécessité de construire de nouveaux TE de classe Empire pour compenser les pertes inévitables.

Comme les TE et les CT ont été fusionnés en une seule classe d’EE, aucun TE ainsi nommé ne va être commandé mais il manque un navire léger bon à tout faire pouvant escorter des convois, combattre les navires légers ennemis, faire de la présence.

Torpilleurs légers

En septembre 1948, la marine nationale dispose de 28 torpilleurs légers de classe Le Fier/Colonie répartis en sept divisions de quatre navires, six divisions étant déployés en Europe et la septième en Indochine.

Ces navires vont se montrer efficaces et vont donner du fil à retordre aux allemands, italiens et même aux japonais.

Le programme de guerre de janvier 1949 décide de commander de nouveaux Navires Légers de Combat (NLC) capable de mener des missions de combat et d’escorte. Prévoyant de lourdes pertes, elle commande seize NLC qui seront ultérieurement reclassés Escorteurs Rapides.
Ces navires qui reprennent les noms des Bourrasque et des Adroit sont d’élégants navires de 1300 tonnes, filant à 30 noeuds avec un armement théorique composé d’une tourelle double de 100mm à l’avant, une DCA légère composée de canons de 37mm et un armement ASM composé de deux grenadeurs de sillage et d’un projecteur de fusées ASM installé à l’avant.

Cette première version ne satisfait pas la marine qui le juge sous-armée. Une nouvelle version voit donc le jour, les quatre premiers navires sont modifiés in-extremis selon les nouvelles caractéristiques

Cette deuxième version du NLC est ainsi armée de deux tourelles doubles de 100mm (une avant et une arrière), une DCA légère composée de huit canons de 37mm en quatre affûts doubles, quatre tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes doubles latérales, deux grenadeurs de sillage et un projecteur de fusées ASM.

Les seize NLC commandés aux Arsenaux et aux chantiers privés sont jugés aptes à la lutte ASM mais leur capacité antiaérienne pourrait être améliorée. La marine décide de lancer des études pour un ER-AA pour compléter les ER (ex-NLC), aucune commande n’est cependant encore passée, le projet étant encore dans les limbes.

Avisos, escorteurs et patrouilleurs

Si il y à bien un domaine où la marine nationale ne manque pas de moyens, c’est bien dans cette catégorie. Outre les aviso-coloniaux aux capacités limités dans ce domaine, elle peut aligner les treize aviso-dragueurs de classe Elan, les vingt-quatre aviso-dragueurs coloniaux de classe Gazelle et les trente deux corvettes classe La Malouine soit 69 navires d’escorte plus quels patrouilleurs.

En dépit de ce nombre important, la marine souhaite commander de nouveaux navires anti-sous-marins pour anticiper les pertes que l’on craint lourdes sous les coups de l’aviation et des sous-marins allemands, italiens voir japonais.

Le programme de guerre voit ainsi la commande de douze patrouilleurs ASM. Ces patrouilleurs sont d’une simplicité biblique.

Une coque simple, des superstructures réduites au maximum, la généralisation de la soudure, une propulsion par machine alternative à triple expansion ou diesel et un armement basique et pas moins efficace avec un canon de 100mm à l’avant (le 75mm était jugé trop faible), quelques pièces de DCA légère, des mitrailleuses et surtout des grenades ASM en grand nombre.

Ces petits patrouilleurs doivent essentiellement escorter des convois côtiers ou des convois méditerranéens, déchargeant ainsi les escorteurs océaniques de leur protection. Ils doivent aussi pouvoir protéger une escadre au mouillage.

Sous-marins

Entre le 5 septembre et le 27 octobre 1948 _durée de la campagne de la Norvège même si il y eut encore quelques combats sporadiques jusqu’au 1er novembre_, la Royale va perdre sept sous-marins appartenant à l’ELN et à la 5ème Escadre sous les coups des sous-marins ennemis, de l’aviation et de navires de surface.

Certes la sous-marinade française peut se consoler en se disant qu’elle à coulé le 9 septembre 1948 le croiseur lourd Blücher (quatre torpilles cadeau du Casabianca), endommagé le Oldenburg le 27 septembre (Rolland Morillot deux torpilles) et coulé plusieurs navires marchands mais avec sept sous-marins perdus en sept semaines, la force sous-marine française s’inquiète.

Quand le conflit éclate, quatre submersibles sont en construction mais même en accélérant la construction, la Royale craint d’être sur la corde raide. D’où la commande de vingt-quatre sous-marins de type Phenix jugés plus maniables et plus aisés à construire que les Rolland Morillot.

19-Marine marchande (10)

Compagnie de navigation des Chargeurs Réunis

La Compagnie de navigation des Chargeurs Réunis est créée en 1872 au Havre par un banquier parisien Jules Vignal. Sa zone d’activité est essentiellement Atlantique en direction de l’Amérique du Sud (Brésil et Argentine notamment), des Antilles (d’où la présence de bananiers) et de l’Afrique occidentale française.

Rachetée par la compagnie de navigation Fabre en 1927, les Chargeurs Réunis retrouvent leur indépendance en 1937 et disposent en 1939/40 d’une flotte importante ainsi composée :

un Bananier des Chargeurs Réunis

un Bananier des Chargeurs Réunis

-Bananier Kakoulima (1933) 3723 TJB

-Bananier Katiola (1935) 3891 TJB

-Bananier Kilissi (1933) 3723 TJB

-Bananier Kolente (1933) 3723 TJB

-Bananier Kita (1936) 3894 TJB

-Cargo Aden (1918) 8033 TJB

-Cargo Aïn El Turk (1925) 2477 TJB (appartient à l’Etat Français, placé en gérance dans cette compagnie)

-Cargo Ango (1913) 7110 TJB

-Cargo Bangkok (1919) 8040 TJB

-Cargo Baoulé (1921) 5874 TJB

-Cargo Bougainville (1913) 7110 TJB

-Cargo Bougaroni (1919) 3050 TJB (appartient à l’Etat Français, placé en gérance dans cette compagnie)

-Cargo Casamance (1921) 5817 TJB

-Cargo Dalny (1914) 6672 TJB

-Cargo Dahomey (1921) 5851 TJB

-Cargo D’Entrecasteaux (1922) 7291 TJB

-Cargo Dupleix (1914) 7135 TJB

-Cargo Forbin (1922) 7291 TJB

-Cargo Fort Archambault (1918) 5549 TJB

-Cargo Fort Binger (1919) 5250 TJB

-Cargo Fort de Douamont (1919) 5266 TJB

-Cargo Fort de Souville (1918) 5229 TJB

-Cargo Fort de Troyon (1919) 5026 TJB

-Cargo Fort de Vaux (1919) 5186 TJB

-Cargo Fort Lamy (1919) 5234 TJB

-Cargo Fort Médine (1919) 5234 TJB

-Cargo Gravelines (1925) 2477 TJB

-Cargo Linois (1907) 7473 TJB

-Cargo Lipari (1922) 9954 TJB

-Cargo Sainte Louise (ex allemand Trifels) (1922) 6198 TJB

-Paquebot Cap Padaran (1922) 8009 TJB

-Paquebot Saint Jacques (1922) 8009 TJB (sister-ship du précédent)

-Paquebot Asie (1914) 8561 TJB

-Paquebot Aurigny (1918) 9589 TJB

-Paquebot Belle Isle (1918) 9591 TJB

-Paquebot Brazza (1923) 10387 TJB

-Paquebot Cap Tourane (1923) 8009TJB
-Paquebot Cap Varella (1921) 8009 TJB

-Paquebot Désirade (1921) 9645 TJB

-Paquebot Formose (1921) 9975 TJB

-Paquebot Foucauld (1922) 11028 TJB

-Paquebot Groix (1922) 9975 TJB

-Paquebot mixte Jamaïque(1922) 10123 TJB

-Paquebot mixte Kerguelen (1922) 10123 TJB

Comme vous pouvez le constater, une partie non négligeable de la flotte commence à accuser le poids des ans et son remplacement devient nécessaire d’autant qu’on ne construit pas un navire en quelques mois et qu’il faut plusieurs années entre la prise de décision et l’arrivée effective du navire dans la flotte.

La priorité est donnée aux navires de charge et notamment ceux construits avant 1921, une date choisit de façon totalement arbitraire. La compagnie d’origine havraise va commander six cargos type Commission et deux paquebots-mixte de 23500 tonnes, des navires construits pour les cargos aux Etats-Unis et pour les paquebots construits en France.

Le chantier américain sélectionné est le chantier de la Ingalls Shipbuilding Corporation de Pascagoula dans le Mississippi qui plus tard construira plusieurs torpilleurs type Empire pour la marine nationale. Les six cargos sont officiellement commandés en décembre 1942 et comme souvent à cette époque au sein des armateurs français, ils reprennent les noms des navires désarmés.

-Le Linois est mis sur cale le 14 mai 1943 lancé le 8 juillet 1944 et mis en service le 14 janvier 1945.

-L’Ango est mis sur cale le 17 mai 1943 lancé le 10 juillet 1944 et mis en service le 15 janvier 1945.

-Le Dalny est mis sur cale le 15 juillet 1944 lancé le 4 octobre 1945 et mis en service le 12 mars 1946

-Le Bougainville est mis sur cale le 17 juillet 1944 lancé le 6 octobre 1945 et mis en service le 20 mars 1946

-Le Dupleix est mis sur cale le 13 octobre 1945 lancé le 21 décembre 1946 et mis en service le 28 mars 1947

-L’Aden est mis sur cale le 21 octobre 1945 lancé le 2 janvier 1947 et mis en service le 13 avril 1947.

Les Chargeurs Réunis envisagèrent la commande de nouveaux navires (4 à 6 selon les sources) mais la guerre ayant éclaté en septembre 1948, cette commande fût reportée sine die.

Quant aux deux paquebots mixtes, les Chargeurs Réunis passèrent commande des deux navires aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët qui venaient d’achever le paquebot Bretagne, le nouveau fleuron de la «Transat»
-L’Ile de Houat est mis sur cale le 8 octobre 1943 lancé le 17 septembre 1945 et mis en service sur une ligne Le Verdon-Vigo-Lisbonne-Casablanca-Dakar à partir du 8 septembre 1946.

-L’Ile d’Auray est mis sur cale le 8 novembre 1945 lancé le 27 octobre 1947 et mis en service le 8 juillet 1948 sur une ligne Le Verdon-Rio de Janeiro-Buenos Aires-Dakar-Lisbonne-La Corogne mais pour fort peu de temps.

Ces deux navires remplacent les trois plus anciens paquebots de la compagnie à savoir le paquebot Asie (1914) , l’Aurigny (1918) et le Belle Isle (1918).

Compagnie Auxiliaire de Navigation

Cette compagnie fondée en 1912 par Henri Desprez s’est spécialisée dans le transport du pétrole et dispose au moment de la guerre de Pologne de la flotte suivante :

-Pétrolier Ophélie (1922) 6477 TJB

-Pétrolier Monique (1922) 7011 TJB

-Pétrolier Melpomène (1923) 7011 TJB

-Pétrolier Beauce (1925) 4870 TJB (appartenant au gouvernement français mais géré par cette compagnie)

-Pétrolier Pallas (1925) 5260 TJB

-Pétrolier Rhéa (1928) 7813 TJB

-Pétrolier Roxane (1928) 7813 TJB

-Pétrolier Henry Desprez (1932) 9895 TJB

-Pétrolier Shéhérazade (1935) 13647 TJB

-Pétrolier Théodora (en construction au Danemark) 10500 TJB

-Pétrolier Salomé (en construction à Dunkerque) 13000 TJB

Comme on le voit la flotte est plutôt moderne avec deux unités en construction. Le Théodora est mis en service en septembre 1941 et le Salomé en octobre 1941. Les pétroliers Shéhérazade Henry Desprez Roxane Rhéa Pallas et Beauce sont jugés aptes à tenir encore quelques années.

L’«Auxinavi» passe commande de quatre pétroliers type Commission aux chantiers de Normandie à Grand Quevilly pour remplacer ces unités les plus anciennes qui ne sont pas démolies mais restent au port, attendant un éventuel réarmement en cas de brusque besoin de capacité de transport.

-Le Zoé  est mis sur cale le 12 septembre 1942 lancé le 8 janvier 1944 et mis en service le 13 juillet 1944

-L’Euphrosyne est mis sur cale le 12 janvier 1944 lancé le 13 mars 1945 et mis en service le 21 septembre 1945

-L’Irène  est mis sur cale le 4 avril 1945 lancé le 2 septembre 1946 et mis en service le 8 mars 1947

-Le Pulchérie  est mis sur cale le 12 septembre 1946 lancé le 18 décembre 1947 et mis en service le 8 juin 1948.

Compagnie des Affréteurs Français

Cette compagnie à été créée en 1924 avec des navires d’occasion. En 1939/40, elle dispose des navires suivants :

-Cargo Cérès (1918) 3073 TJB

-Cargo Mars (1918) 721 TJB

-Cargo Rabelais (1921) 4999 TJB

Cette compagnie conserve ces trois navires en bon état et passe commande de deux cargos de type Commission, commande passée aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) de Dunkerque.

-Cargo type Commission Gargantua mis sur cale le 8 janvier 1945 lancé le 10 février 1946 et mis en service le 8 juillet 1946

-Cargo type Commission Pantagruel  mis sur cale le 13 août 1945 lancé le 8 octobre 1946 et mis en service le 7 février 1947.

Compagnie Africaine d’Armement

Cette compagnie à été créée en 1920 par la Compagnie Auxiliaire de navigation, la compagnie de Saint Gobain et la banque Vernes  pour le transport de minerais et de charbon entre la France, l’Espagne et l’Afrique du Nord, la Compagnie africaine d’armement se reconvertit en 1934 dans le transport pétrolier, principalement entre les pays d’Amérique latine et la raffinerie de Berre.

-Elle dispose à l’époque d’un seul navire, le pétrolier Mérope (1923) 7011 TJB mais songe à augmenter sa flotte en commandant pour compléter le Mérope un grand pétrolier type PC et trois pétroliers PPC. Le premier devait transporter du brut d’Amérique Latine, du Mexique ou du Texas en direction de la raffinerie de l’Etang de Berre appartenant à la compagnie Saint Gobain et les trois autres doivent ramener en métropole le brut non raffiné des puits du Sahara.

-Le pétrolier Sisyphe est mis sur cale aux chantiers navals d’Ostende le 8 mai 1943 lancé le 10 septembre 1944 et mis en service le 7 mars 1945.

Les trois pétroliers type PPC sont commandés respectivement aux FCM du Havre et aux ACSM du Trait pour les deux derniers

-Pétrolier type PPC Etoile du Désert  mis sur cale le 12 novembre 1942 lancé le 8 octobre 1943 et mis en service le 17 septembre 1944

-Pétrolier type PPC Etoile du Sahel  mis sur cale le 8 janvier 1943 lancé le 17 mars 1944 et mis en service le 5 septembre 1944.

-Pétrolier type PPC Etoile du Rif  mis sur cale le 8 janvier 1943 lancé le 17 mars 1944 et mis en service le 5 septembre 1944.
Compagnie des Bateaux à vapeur du Nord

La CBVN (Compagnie des Bateaux à Vapeur du Nord) est créée en 1853 pour relier Dunkerque à Cronstadt, le port de mer de Pétrograd, la capitale de l’Empire russe. Cette nouvelle compagnie ouvre des lignes sur l’Afrique du Nord en 1873, devenant en 1892, la Compagnie Générale des Bateaux à Vapeur à Hélices du Nord. Rachetée par la Société Anonyme de Gérance et d’Armement (SAGA) en 1927, elle garde cependant son autonomie de gestion et sa propre identité. Elle dispose en 1939 des navires suivants :

-Cargo Algérie (1910) 3386 TJB

-Cargo Alsacien (1923) 3819 TJB

-Cargo Amienois (1932) 3713 TJB

-Cargo Artésien (1921) 3152 TJB

-Cargo Cambraisien (1921) 3151 TJB

-Cargo Champenois (1921) 3482 TJB

-Cargo Douaisien (1920) 2954 TJB

-Cargo Lillois (1910) 3681 TJB

-Cargo Lorrain (1923) 3819 TJB

-Cargo Nancéen (1929) 2895 TJB

-Cargo Rémois (1932) 3713 TJB

-Cargo Roublaisien (1921) 3152 TJB

-Cargo Sainte Madeleine (ex-norvégien Batavia) (1922) 962 TJB (appartient au gouvernement français)

-Cargo Strasbourgeois (1929) 2895 TJB

-Cargo Tourquennois (1909) 2953 TJB

La CBVN va bénéficier pleinement de la politique de la CNM en étant sélectionné pour affréter trois cargos financés à 100% par la Commission Nationale Maritime.

Ils reprennent les noms des trois navires les plus anciens dont ils reprennent les noms : Algérie Lillois et Tourquennois. Ces trois navires sont construits aux ACSM au Trait.

-L’Algérie est mis sur cale le 8 septembre 1942 lancé le 14 décembre 1943 et mis en service le 8 juin 1944

-Le Lillois est mis sur cale le 21 décembre 1943 lancé le 8 mars 1945 et mis en service le 12 septembre 1945

-Le Tourquennois est mis sur cale le 18 mars 1945 lancé le 7 septembre 1945 et mis en service le 8 mars 1946.

Compagnie Côtière de l’Annam

Cet armement à été créé en 1923 par la Maison Denis Frères fondée en 1862 à Saïgon. Elle dispose en 1939/40 des navires suivants :

-Cargo Francis Garnier (1903) 1243 TJB

-Caboteur Jean Dupuis (1910) 682 TJB

-Cargo Song Gang (1922) 1065 TJB

-Cargo Kontum (1923) 1565 TJB

-Cargo Tran Minh (1928) 1463 TJB

Elle décide de remplacer ses deux plus anciens cargos par deux cargos neufs de type Commission se tournant vers les chantiers Kaiser de Vancouver (Etat de Washington) pour passer commande de deux cargos en septembre 1943.

-Le Courlis est mis sur cale le 7 novembre 1943 lancé le 8 janvier 1944 et mis en service le 14 juillet 1944.

-Le Petrel est mis sur cale le 17 novembre 1943 lancé le 21 janvier 1944 et mis en service le 1er août 1944

Ces deux navires vont servir sur une ligne reliant Saïgon à la Chine et au Japon avec parfois des rotations sur l’Australie et les Philippines. Les autres navires restent en service après des travaux plus ou moins poussés.

Compagnie Commerciale de l’Afrique Equatoriale (Delmas-Viellejeux)

Cette compagnie dispose en 1939 d’un seul navire, le cargo Mécanicien Principal Carvin datant de 1921 et déplaçant 4281 TJB. Cette situation ne change pas d’ici 1948.

Compagnie Daher

Cette compagnie à été créée en 1863 et dispose en 1939 des navires suivants :

-Cargo Baalbeck (1923) 2115 TJB

-Cargo Vigor (1921) ? TJB

-Cargo Sainte Marguerite II (1921) 1854 TJB

-Cargo Tibériade (1909) 2696 TJB

-Caboteur Lacydon (1910) 840 TJB

Pour remplacer le cargo Tibériade et le caboteur Lacydon, la compagnie Daher passe commande en septembre 1942 de deux cargos de type Commission, commande passée aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) de Saint Nazaire.

-Cargo type Commission Judée  est mis sur cale le 8 octobre 1942, mis à flot le 14 février 1944 et mis en service le 7 juillet 1944

-Cargo type Commission Samarie  est mis sur cale le 21 février 1944 mis à flot le 8 juin 1945 et mis en service le 10 octobre 1945

Les autres navires sont encore tous en service en septembre 1948 même si sans le déclenchement du conflit, ils auraient probablement été désarmés.

Compagnie de Navigation D’Orbigny

Cette compagnie rochellaise à été créée en 1865. Dissoute en 1899, elle est reconstituée en 1905 et huit ans plus tard, le siège social est transféré à Paris. Quand éclate la guerre de Pologne, la Compagnie de Navigation D’Orbigny dispose des navires suivants :

-Cargo Arijon (1938) 4374 TJB

-Cargo Criton (1927) 4564 TJB

-Cargo Fauzon (1938) 4376 TJB

-Cargo Gazcon (1932) 4131 TJB

-Cargo Lyon (1940) 5000 TJB

-Cargo Mâcon (ex-Point Ancha EUA/Panama) (1919) 5141 TJB (appartient au gouvernement français)

-Cargo Moron (1930) 4128 TJB

-Cargo Myson (1927) 4564 TJB

-Cargo Pavon (1930) 4128 TJB

-Cargo Platon (1925) 4550 TJB

-Cargo Solon (1925) 4550 TJB

-Cargo Strabon (1938) 4572 TJB

La flotte étant moderne, la Compagnie de Navigation d’Orbigny ne passe pas commande de nouveaux navires avant le second conflit mondial.

16-Navires auxiliaires (8)

Les remorqueurs du programme naval

Avant le programme naval du 14 mai 1941, la marine nationale dispose de 39 remorqueurs de 2000, de 1000 et de 600cv. En dépit de ce nombre confortable, la marine estime la carence à 18 remorqueurs médians : un pour Cherbourg, deux pour Brest, trois pour Toulon, un pour Mers-El-Kébir, deux pour Bizerte,  un pour Djibouti, trois pour l’Indochine (Saïgon en attendant Cam-Ranh), deux pour Fort de France, un pour Dakar et deux pour Dunkerque.

Le STCN décide de dessiner un remorqueur médian plus puissant qu’un 600ch mais incapable de réaliser ce que font un 2000ch. Ces navires sont également destinés à servir éventuellement de patrouilleur côtier et de dragueur, une façon de maximiser l’investissement.

Quatre navires sont financés à la tranche 1941, quatre navires sont financés à la tranche 1942, quatre à la tranche 1943, quatre à la tranche 1944 et enfin deux à la tranche 1945. Ils reçoivent des noms de plantes, d’arbres et d’arbustes.

La construction est repartie entre six chantiers français. Les Ateliers et Chantiers de France (ACF) reçoivent la construction des remorqueurs Crocus Tulipe et Edelweis; les Ateliers et Chantiers du Havre (ACH) doivent construire les remorqueurs Narcisse Lotus Aconit et Amarante; les Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) doivent construire sur leur site du Havre les remorqueurs Garance et Genièvre.

Les Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) de Bordeaux doivent construire les remorqueurs Glaieul Jasmin et Lavande; les Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) à Port de Bouc doivent construire les remorqueurs Lys et Myositis. Enfin les Anciens Chantiers Dubigeon de Nantes ont la charge de la construction des remorqueurs Pivoine Romarin Baobab et Bruyère.

-Le Crocus est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) à Dunkerque le 4 juillet 1941 lancé le 12 août 1942 et mis en service le 4 mars 1943. Il est affecté à Cherbourg.

-Le Narcisse est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers du Havre (ACH) au Havre le 12 juillet 1941 lancé le 5 août 1942 et mis en service le 17 mars 1943. Il est affecté à Brest.

-Le Tulipe est mis sur cale aux  Ateliers et Chantiers de France (ACF) à Dunkerque le 10 avril 1942 lancé le 15 mai 1943 et mis en service le 21 novembre 1943. Il est affecté à Toulon.

-Le Lotus est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers du Havre (ACH) au Havre le 5 mars 1942 lancé le 19 avril 1943 et mis en service 12 octobre 1943. Il est affecté à Brest.

-L’Aconit est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers du Havre (ACH) au Havre le 5 mars 1942 lancé le 19 avril 1943 et mis en service le 12 octobre 1943. Il est affecté à Toulon.

-L’Amarante est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers du Havre (ACH) au Havre le 13 août 194é lancé le 4 septembre 1943 et mis en service le 20 février 1944. Il est affecté à Mers-El-Kébir.

-L’Edelweiss  est mis sur cale aux  Ateliers et Chantiers de France (ACF) à Dunkerque le 5 octobre 1942 lancé le 14 novembre 1943 et mis en service le 12 mai 1944. Il est affecté à Toulon.

-Le Garance est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) sur leur site du Havre le 12 novembre 1942 lancé le 20 décembre 1943 et mis en service le 5 juin 1944. Il est affecté à Bizerte.

-Le Genièvre est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) sur leur site du Havre le 12 novembre 1942 lancé le 20 décembre 1943 et mis en service le 5 juin 1944. Il est affecté à Bizerte

-Le Glaieul est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) à Bordeaux le 5 avril 1943 lancé le 17 mai 1944 et mis en service le 21 novembre 1944. Il est affecté à Djibouti.

-Le Jasmin est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) à Bordeaux le 5 avril 1943 lancé le 17 mai 1944 et mis en service le 21 novembre 1944. Il est affecté à Cam-Ranh

-Le Lavande  est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) à Bordeaux le 10 avril 1943 lancé le 20 mai 1944 et mis en service le 2 décembre 1944. Il est affecté à Dunkerque.

-Le Lys est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) à Port de Bouc le 12 juin 1943 lancé le 21 juillet 1944 et mis en service le 12 janvier 1945. Il est affecté à Cam-Ranh.

-Le Myosotis  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) à Port de Bouc le 12 juin 1943 lancé le 21 juillet 1944 et mis en service le 12 janvier 1945. Il est affecté à Dunkerque.

-Le Pivoine est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon de Nantes le 15 mars 1944 lancé le 24 avril 1945 et mis en service le 3 novembre 1945. Il est affecté à Cam-Ranh.

-Le Romarin  est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon de Nantes le 15 mars 1944 lancé le 24 avril 1945 et mis en service le 3 novembre 1945. Il est affecté à Dakar.

-Le Baobab  est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon de Nantes le 8 décembre 1945 lancé le 20 décembre 1946 et mis en service le 7 juillet 1947. Il est affecté à Fort de France

-Le Bruyère  est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon de Nantes le 8 décembre 1945 lancé le 20 décembre 1946 et mis en service le 7 juillet 1947. Il est affecté à Fort de France.

Caractéristiques Techniques des remorqueurs de classe Crocus

Déplacement : standard 400 tonnes pleine charge 530 tonnes

Dimensions : longueur hors tout : 37,50 longueur entre perpendiculaires 34,30m largeur :8,55m  Tirant d’eau : 4,15m  

Propulsion : une machine alternative à triple expansion SPCN alimentée par une chaudière Prudhon Capus développant 750 CV et entrainant une hélice.

Vitesse maximale : 12 noeuds Autonomie : 900 miles à 10 noeuds

Equipements : – 2 mâts – H : 14,00 AV -11,00 AR – écartement : 10,00 m – 1 corne de charge de 3 t – 2 ancres Marell de 450 kg – 1 ancre à jas de 175 kg – 2 youyous de 5 m – 1 drague type DC –  1 pompe d’épuisement de 200 t/h – 1 pompe incendie de 20 t/h. et 1 de 400 t/h

Armement : en temps de guerre, il pourront recevoir une DCA légère et des mitrailleuses

Equipage : 14 hommes

16-Navires auxiliaires (6)

F-Remorqueurs et pontons

Une fable de la fontaine dit qu’on à toujours besoin d’un plus petit que soit. C’est le cas dans le domaine naval car sans remorqueurs, les cuirassés, les croiseurs et tous les navires en général seraient bien embarassés pour quitter ou rejoindre le quai. Voilà pourquoi la marine nationale dispose d’un certain nombre de remorqueurs pour faciliter la manoeuvre de ses navires au port.

Au lendemain de l’espèrée mais vaine «Der des Ders», notre marine dispose d’une importante flotte de remorqueurs, certains achetés sur le marché de l’occasion et d’autres construits comme patrouilleurs ou dragueurs et reconvertis en remorqueurs une fois le conflit terminé. Nombre d’entre-eux rapidement usés doivent être remplacés.

Certains vont être remplacés par un certain nombre de navires construits en Allemagne au titre des réparations en l’occurence trente-six remorqueurs (un de 2000cv, un de 1000ch, seize de 600ch, 12 de 300ch et 6 de 110ch),  quatre citernes à eau, une grue flottante et quatre chalands de mer.

Le Laborieux

-Le Laborieux est construit par le chantier  Deutsche Schiffe und Machinenbau A.G. Werk Seebeck à Brême. Connu d’abord sous le numéro R-17, il est rebaptisé Laborieux et affecté à Toulon à partir du 1er décembre 1930. Il est toujours en service en septembre 1948 après avoir été caréné à plusieurs reprises pour suivre la modernisation de la flotte. Il à ainsi été refondu pour la chauffe mazout en 1945.

Déplacement : standard 888 t

Dimensions  : longueur 47,30 largeur 9,10m tirant d’eau 5,80 m

Propulsion :  2 machines alternatives totalisant 2000 CV  alimentées en vapeur par 2 chaudières Schult marchand au charbon (240 t) jusqu’en 1945.

Performances : vitesse maximale  12 nds  Autonomie : 2400 milles à 12 nds

Capacités :  2 mâts – 1 corne de charge de 1,5 t + 1 de 2 t – 1 cale de 123,365 m3 – 1 projecteur de 30 cm et 1 de 60 cm – 2 baleinières de 7 m – 1 youyou de 4 m – 2 installations pour scaphandre rigide avec chambre de recompression 2 pompes d’épuisement de 500 t/h – 1 pompe incendie de 30 t/h

Armement : 1/75 Mle 1897 sur affût Mle 17 (132 coups) et 1 mitrailleuse de 8 mm  rails pour mouillage de mines. La mitrailleuse de 8mm à été remplacée par deux mitrailleuses de 7.5mm Darne en 1945.  

Classe Buffle

-Le Buffle est commandé pour le port de Dakar le 16 septembre 1936. Sa construction est attribuée aux Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) sis à Nantes et mis en service au printemps 1940. Il était toujours en service en septembre 1948. Comme le Laborieux, il était armé d’un canon de 75mm et d’une mitrailleuse de 8mm remplacée ultérieurement par deux mitrailleuses de 7.5mm Darne.

Le Buffle va être suivit par cinq autres navires identiques baptisés Elephant Ours Taureau Sanglier et Belier, navires commandés par le décret-loi du 1er avril 1940. Leur construction est attribuée aux ACB mais les chantiers nantais surchargés sous-traitent la construction aux Chantiers Navals Français de Caen.

-L’Elephant est mis sur cale le 5 septembre 1940 lancé le 12 mars 1941 et mis en service le 6 juin 1941. Armé à Cherbourg, il quitte la Normandie le 8 juin et rallie en fin de journée Brest son port d’affectation. Il était toujours en service en septembre 1948.

-L’Ours est mis sur cale le 10 septembre 1940 lancé le 20 mars 1941 et mis en service le 1er juillet 1941. Armé à Cherbourg, il quitte la Normandie le 3 juillet, fait escale à Brest du 4 au 7 juillet, à Casablanca du 15 au 18 juillet avant de rallier Mers-El-Kébir son port d’affectation le 22 juillet 1941. Il était toujours en service en septembre 1948.

-Le Taureau est mis sur cale le 4 avril 1941 lancé le 10 octobre 1941 et mis en service le 12 février 1941. Affecté à Saïgon, il quitte la métropole et Cherbourg le 15 février, entamant un long périple qui doit le conduire jusqu’en Indochine.

Il fait escale à Casablanca du 22 au 25 février, à Bizerte du 1er au 3 mars, à Alexandrie du 7 au 9 mars, franchit le canal de Suez les 10 et 11 février.

Après une escale à Djibouti du 15 au 18 février, le remorqueur traverse l’Océan Indien, étant à Aden du 21 au 24 février, à Alor Setar du 27 février au 2 mars, à Singapour du 5 au 8 mars avant de rallier Saïgon le 15 mars 1941. Il est basé à Cam-Ranh à partir de septembre 1944 et est toujours en service en septembre 1948.

-Le Sanglier est mis sur cale le 2 avril 1941 lancé le 15 octobre 1941 et mis en service le 22 février 1942 à Cherbourg son port d’armement qui est également son port d’affectation. Il est toujours en service en septembre 1948.

-Le Belier est mis sur cale le 21 octobre 1941 lancé le 5 mai 1942 et mis en service le 12 septembre 1942.

Affecté à Bizerte, il quitte Cherbourg son port d’armement le 15 septembre, fait escale à Casablanca du 22 au 25 septembre et arrive enfin à son port d’affectation le 1er octobre 1942. Il était toujours en service en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques des remorqueurs de classe Buffle

Déplacement : standard 950 tonnes pleine charge 1300 tonnes

Dimensions  : longueur 52,50m largeur 11,40m tirant d’eau 6,40 m

Propulsion :  2 turbines à engrenages Parson dévellopant 3500 CV  alimentées en vapeur par 2 chaudières Penhöet et entrainant une hélice

Performances : vitesse maximale  14 noeuds  Autonomie : 2700 milles à 12 nds

Capacités :  2 mâts – 1 corne de charge de 3,5 t + 1 de 2 t – 1 cale de 130 mètres cubes  1 projecteur de 30 cm et 1 de 60 cm – 2 baleinières de 7 m – 1 youyou de 4 m – 2 installations pour scaphandre rigide avec chambre de recompression 2 pompes d’épuisement de 500 t/h – 1 pompe incendie de 30 t/h

Armement : un canon de 90mm modèle 1926 à l’avant, quatre canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en deux affûts doubles (1945) et deux mitrailleuses de 7.5mm

Equipage : inconnu

Les remorqueurs de 1000ch

-Le Valeureux : construit en Allemagne (chantiers Jos Meyer de Papenburg) au titre des réparations du premier conflit mondial, il est mis en service le 1er septembre 1930. Affecté en Indochine en compagnie des «300ch» Nha Dé et Donnaï _eux aussi construits en Allemagne au titre des réparations_, il était toujours en service en septembre 1948 quand la guerre éclate à nouveau en Europe.

Déplacement  : 600/672 t

Dimensions : longueur hors tout 37,80m longueur entre perpendiculaires 35,00m largeur : 8,50 tirant d’eau 3,31m à l’avant 4,35m à l’arrière

Propulsion : une machine alternative à triple expansion et deux chaudières dévellopant 1000ch et entrainant une hélice
 
Performances :Vitesse maximale 8.5 noeuds distance franchissable 3000 miles nautiques à 8 noeuds.

Armement : un canon de 65mm et deux mitrailleuses de 8mm

Equipage : 33 hommes

-Le Champion est commandé aux Ateliers et Chantiers Maritimes du Sud-Ouest sis à Bordeaux le 22 juin 1935. Destiné à l’origine à être basé à Toulon, il est finalement destiné à Brest. Sa construction connait un retard très important et il n’est mis en service qu’en mars 1938 avec presque deux années de retard ! Ce quasi-sister ship du Valeureux est toujours en service en septembre 1948.
-L’Appliqué est commandé aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) à Bordeaux mais comme le Champion il n’est mis en service qu’à la fin 1938 avec plus d’un an de retard. Un temps il devait être basé à Lorient, il est finalement basé à Brest puis à Dakar durant la guerre de Pologne avant de revenir à Brest au printemps 1940. Il est toujours en service en septembre 1948.

-L’Attentif est lui aussi commandé aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) et connait lui aussi de sérieux retards de construction. Lancé le 18 janvier 1938, il est mis en service à l’automne 1939 à Brest. Il est toujours en service en septembre 1948.

-Le Cotentin est commandé pour servir à Cherbourg le 6 octobre 1936. Construit aux Anciens Chantiers Dubigeon à Nantes, il est mis en service à la fin 1938 et affecté d’abord à Cherbourg puis finalement à Mers-El-Kébir. Il est toujours en service en septembre 1948.

-Le Cépet est lui aussi construit aux Anciens Chantiers Dubigeon à Nantes. Admis au service actif le 16 mai 1939, il est affecté à Toulon. Il est toujours en service en septembre 1948.

-Le Tébessa est construit aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) à La Seyne sur Mer pour Bizerte. Il est admis au service actif le 23 février 1940 et est toujours en service en septembre 1948.

-L’Actif est commandé le 15 juin 1938 aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) de Saint Nazaire pour servir à Lorient. Il est lancé le 20 juin 1940 et mis en service en janvier 1941. Il est toujours en service en septembre 1948.

-Le Haleur est commandé le 1er mars 1939 pour servir à Toulon. Le Haleur est mis sur cale en même temps que l’Efficient aux chantiers navals de La Ciotat le 7 septembre 1940 lancé le 14 mars 1941 et admis au service actif le 2 juillet 1941. Il est toujours en service en septembre 1948.

-L’Efficient est mis sur cale en même temps que Le Haleur aux chantiers navals de La Ciotat le 7 septembre 1940 lancé le 14 mars 1941 et admis au service actif le 2 juillet 1941. Il est affecté à Dakar. Il est toujours en service en septembre 1948.

-L’Acharné est mis sur cale le 5 juin 1940 lancé le 9 décembre 1940 et mis en service le 17 juin 1941. Il devait être originellement affecté à Oran mais il est finalement basé à Brest. Il est toujours en service en septembre 1948.