21-Armée de terre (36)

1ère Division Légère de Cavalerie

En mars 1945, un imposant convoi italien quitte Tarente pour Benghazi. Solidement escorté par la Regia Marina, il entraine la mise en alerte des Forces Armées de Tunisie qu’il s’agisse des unités de l’armée de terre, de l’armée de l’air ou de la marine, la 6ème Escadre Légère se tennant prête à repousser un raid amphibie sur Bizerte, en attendant le soutien de la 2ème et de la 4ème Escadre.

En fait, ce convoi n’est pas le précurseur d’une attaque italienne contre la Tunisie mais l’arrivée en ASI (Africa Setentrionale Italiana) de la 132ème division blindée (Divisione Corzatta) Ariete  qui rallie ensuite Tripoli où elle va être stationnée.

Cette arrivée bouscule le rapport des forces entre la France et l’Italie, les FAT ne disposant que de bataillons de chars de combat et d’unités de cavalerie partiellement motorisées. Le haut commandement en Tunisie réclame donc l’envoi dans le protectorat d’une unité à base de chars.

Le général Villeneuve étudie un temps l’envoi de la toute nouvelle 6ème DLM mais préfère finalement transformer en unité motomécanique, la 4ème brigade de cavalerie d’Afrique et ses trois régiments en l’occurence le 4ème régiment de chasseurs d’Afrique déjà partiellement motorisé, le 4ème régiment de spahis tunisiens et le 1er régiment étranger cavalerie.

Le 5 septembre 1945, la 4ème brigade de cavalerie d’Afrique devient la 1ère Division Légère de Cavalerie (1ère DLC) avec l’organisation suivante :

-Un état-major divisionnaire

-Un régiment de découverte, le 4ème régiment de spahis tunisiens équipé principalement d’AMX-42

-Un régiment de combat, le 1er régiment étranger de cavalerie équipé de Somua S-40

-Un régiment de chasseurs portés, le 4ème régiment de chasseurs d’Afrique équipé de Lorraine 39L

-Un régiment d’artillerie, le 78ème régiment d’artillerie tout terrain tracté avec un état-major, une batterie hors rang et deux groupes de 105mm modèle 1935B tractés par des Lorraine 39L

-Une batterie antichar divisionnaire (BDAC) avec des canons de 47mm modèle 1939 tractés par des Lorraine 39L

-Une batterie antiaérienne divisionnaire avec des canons de 25mm portés sur Lorraine 39L pour coller au train des chars

-Le 1er bataillon de génie d’Afrique à trois compagnies

-Une compagnie radio

-Une compagnie télégraphique

-Un bataillon de réparations divisionnaires

-317ème compagnie automobile de quartier général

-417ème compagnie automobile de transport

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

-Le 25ème Escadron de réparation divisionnaire

-Le 51ème bataillon sanitaire divisionnaire

Le Groupement Mécanisé Colonial (G.M.C)/2ème Division Légère de Cavalerie

A partir du milieu de la décennie 1940, la France se préoccupe enfin de moderniser ses forces déployées en Indochine. Cette modernisation n’est pas destinée à rendre la colonie inexpugnable face aux menées japonaises mais de rendre la conquête indigeste.

De plus la France se sent des devoirs vis à vis des autres puissances coloniales dans la région, les troupes japonaises immobilisées pour la conquête de l’Indochine ne seront engagées ni contre la Chine du Kuomintang, ni contre les Phillipines, la Malaisie, la Birmanie, Singapour ou les Indes Néerlandaises.

Les unités d’infanterie nettement renforcées avec pas moins de six D.L.I déployées en Indochine mais ces unités manquent de chars. Or le Japon même si ses unités de cavalerie ont connu une sensible amélioration ne privilégie pas la mécanisation de son armée, estimant que le théâtre d’opération si prète peu.

La France décide de déployer en Indochine des chars modernes en l’occurence des Somua S-35 qui en voie de déclassement en Europe sont largement à la hauteur de leur mission dans cette lointaine colonie.

Le 1er septembre 1945, le groupement mécanisé colonial est officiellement créé à Hanoï avec l’arrivée des premiers véhicules en Indochine : des Somua S-40, des Panhard AMD-178 et des Laffly S20T, des canons de 75mm TAZ modèle 1939………. .

Ce groupement mécanisé colonial va être organisé selon un schéma qui va s’inspirer  de celle de la 1ère D.L.C avec un état-major, un régiment de découverte, un régiment de combat, un régiment de dragons portés coloniaux, un régiment d’artillerie motorisée, des unités antichars et antiaériennes ainsi que des services.

Pour bien montrer la spécificité de cette unité, les régiments de cavalerie sont baptisés RCI pour Régiment de Cavalerie Indochinoise (R.C.I).

-Un état-major de division

-Le 1er RCI équipé de Panhard AMD-178 et de fusiliers motocyclistes

-Le 2ème RCI équipé de Somua S-40 avec pas moins de quatre escadrons à cinq pelotons de six véhicules soit un total de 120 chars

-Le 1er régiment de dragons portés coloniaux (1er RDPC) avec trois bataillons dont un de mobilisation

-Le 79ème régiment d’artillerie tout-terrain tractée équipé de canons de 75mm TAZ modèle 1939 et d’obusiers de 105C modèle 1935B, tous remorqués.

-Une batterie antichar divisionnaire équipé de canons de 47mm modèle 1937 remorqués par tracteurs

-Une batterie antiaérienne divisionnaire équipé de canons de 25mm modèle 1939 remorqués par camions

-Un bataillon du génie à trois compagnies

-Une compagnie radio

-Un escadron de réparations divisionnaire

-Une compagnie de transport automobile

-Un groupe sanitaire divisionnaire

A la déclaration de guerre de septembre 1948, le GMC est rebaptisé 2ème Division Légère de Cavalerie.

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21-Armée de terre (6)

Les Divisions d’Infanterie Nord-Africaine (D.I.N.A)

Les Divisions d’Infanterie Nord-Africaine ou D.I.N.A sont des unités semblables aux D.I type Nord-Est mais leur recrutement est comme leur nom l’indique issu de l’Afrique du Nord, les régiments d’infanterie étant ici des régiments de tirailleurs marocains, algériens et tunisiens ainsi que de zouaves. Comme les D.I.C, ils connaissent une motorisation partielle notamment de l’artillerie mais leurs capacités de transport sont inférieures aux D.I.C rendant ces divisions moins manoeuvrantes.

On trouve en septembre 1939, quatre divisions d’infanterie nord-africaine puis à la suite de la mobilisation, leur nombre est porté à sept avec les 5ème, 6ème et 7ème DINA dont l’existence est brève puisqu’elles ne survivent pas à la démobilisation.

La 1ère DINA est stationnée à Lyon (du moins pour son état-major), la 2ème DINA à son état-major est à Toul, la 3ème DINA est à Poitiers et la 4ème DINA est à Epinal. Elles sont organisées de la façon suivante :

-Elements de Quartier Général

-Trois régiments d’infanterie à trois bataillons. Ce sont des régiments de tirailleurs et non des régiments d’infanterie.

La 1ère DINA dispose d’un régiment de tirailleurs marocains, d’un régiment de tirailleurs algériens et d’un régiment de tirailleurs tunisiens.  La 2ème DINA dispose d’un régiment de zouaves et de deux régiments de tirailleurs algériens. La 3ème DINA dispose elle de deux régiments de tirailleurs algériens et d’un régiment de zouaves (avant de retrouver le 28ème RTT) alors que la 4ème DINA dispose de deux régiments de tirailleurs algériens et d’un régiment de zouaves.

-Un Régiment d’Artillerie Nord-Africaine équipé de deux groupes de canons de 75mm, deux groupes de 105 et un de 155mm à traction hippomobile puis automobile.

-Un batterie antichar de division équipé de pièces tractées

-Un bataillon antiaérien de division équipé de pièces tractées et de pièces motorisées, les premières plus destinées à la protection de l’arrière, les pièces motorisées pour la protection de l’avant

-Une compagnie de pionniers

-Une Compagnie de sapeurs mineurs

-Une compagnie radio

-Une compagnie télégraphique

Ces quatre dernières compagnies forment en 1944 un bataillon du génie comme dans toutes les DI.

-Un Groupe d’exploitation divisionnaire (intendance)

-Un Groupe sanitaire divisionnaire

-Un groupement de transport du train pour le transport de l’infanterie

-Une Compagnie automobile de transport pour le transport du matériel
-Une compagnie automobile de quartier général qui contrairement à ce que son nom indique regroupe  les éléments du train du QG (secrétaires, plantons…), des formations de santé et d’intendance, une section sanitaire auto, et un détachement de circulation routière.

En temps de guerre, le R.A.N.A doit être subdivisé entre un R.A.N.A équipé des pièces de 75mm et un R.A.L.N.A. équipé des canons de 105 et de 155mm. Un GRDI est rattaché pour emploi à la division tout comme pourrait l’être un Bataillon de Chars de Combat (B.C.C.)

A la mobilisation d’août 1948, quatre nouvelles divisions d’infanterie nord-africaine sont mises sur pied :

-La 5ème DINA dispose du 8ème régiment de tirailleurs algériens, des 10ème et 11ème régiments de tirailleurs marocains

-La 6ème DINA dispose des 9ème et 10ème régiments de tirailleurs algériens et du 12ème régiment de tirailleurs marocains

-La 7ème DINA dispose du 5ème régiment de tirailleurs tunisiens ainsi que des 12ème et 16ème régiments de tirailleurs algériens

-La 8ème DINA dispose du 17ème régiment de tirailleurs algériens ainsi que des 6ème et 7ème régiments de tirailleurs tunisiens.

Les Divisions d’Infanterie d’Afrique (D.I.A) et les Divisions Marocaines (D.M)

Ces deux type de divisions sont des unités de souveraineté. En septembre 1939, ces unités sont pour la plupart des grandes unités médiocres, tout juste capables d’assurer la défense des colonies, à réprimer le brigandage mais certainement pas de participer à un conflit moderne en Europe.

Avant la mobilisation d’août/septembre 1939, le dispositif français en Afrique du Nord (puisque c’est la région la plus concernée) est le suivant :

Algérie

Dans la seule colonie de peuplement, on trouve le 19ème Corps d’Armée d’Alger avec trois divisions territoriales, des divisions qui sont circonscriptions territoriales disposant de brigades d’infanterie.

La Division d’Alger dispose d’une 1ère brigade d’infanterie algérienne à deux régiments d’infanterie (9ème régiment de zouaves et 13ème régiment de tirailleurs sénégalais), de la 5ème brigade d’infanterie algérienne à trois régiments de tirailleurs algériens (1er, 5ème et 9ème RTA) .

La Division d’Oran dispose comme son homologue d’Alger de deux brigades et d’un régiment d’artillerie, la 2ème brigade d’infanterie algérienne alignant le 1er REI (jusqu’à son intégration à la 4ème DLI basée au Maroc), le 2ème régiment de zouaves et le 13ème régiment de tirailleurs sénégalais, la 4ème brigade d’infanterie algérienne dispose des 2ème et 6ème régiments de tirailleurs algériens.

La Division de Constantine dispose elle de la 3ème brigade d’infanterie algérienne avec le 3ème régiment de zouaves et le 15ème régiment de tirailleurs sénégalais, de la 7ème brigade d’infanterie algérienne avec les 3ème, 7ème et 11ème régiments de tirailleurs algériens.

Tunisie

Le protectorat tunisien dispose de deux divisions territoriales, celles de Tunis et celle de Sousse qui alignent les moyens suivants :

-La Division de Tunis dispose du 4ème régiment de zouaves, des 4ème et 8ème régiments de tirailleurs tunisiens.

-La Division de Sousse dispose de trois régiments d’infanterie, les 5ème, 10ème et 18ème régiments de tirailleurs sénégalais.

Maroc

Les troupes territoriales marocaines pour ce qui concerne l’infanterie comprennent dix régiments et un bataillon autonome.

Si les zouaves n’ont qu’un régiment (le 1er), les tirailleurs marocains ont quatre régiments (les 1er  2ème et 4ème à quatre bataillons, le 7ème à trois bataillons), la Légion Etrangère dispose de trois régiments étrangers d’infanterie, les 2ème 3ème et 4ème REI (Le 2ème REI intégrant ultérieurement la 4ème DLI), les tirailleurs sénégalais des 3ème et 6ème RTS, le dispositif étant complété par un bataillon autonome d’infanterie coloniale.

Levant

On trouve dans les mandats une demi-brigade algéro-marocaine qui aligne le 4ème bataillon du 6ème RTA, le 4ème bataillon du 7ème RTA, le 5ème bataillon du 1er régiment de tirailleurs marocains, le 16ème régiment de tirailleurs tunisiens et le 17ème régiment de tirailleurs sénégalais.

On trouve également le bataillon de marche d’infanterie coloniale du Levant et le groupement de la Légion Etrangère du Levant avec les 1er, 4ème et 6ème bataillons du 1er REI ainsi que le 2ème bataillon du 2ème REI. Le 1er octobre 1939, ce groupement est dissous et les différents bataillons forment le 6ème Régiment Étranger d’Infanterie.

Lorsqu’elle éclate la guerre de Pologne on trouve douze Divisions d’Infanterie d’Afrique ou DIA et  deux Divisions Marocaines ou DM répartis de la façon suivante  :

-En métropole, la 87ème DIA

-Au Maroc, les 2ème et 3ème Divisions Marocaines
-En Algérie : les 81ème, 82ème 85ème, 181ème, 182ème et 183ème DIA

-En Tunisie, les 83ème, 84ème, 88ème

-Au Levant dans les mandats, les 86ème, 191ème et 192ème DIA (ex-191ème et 192ème DI)

-La 1ère Division Marocaine dispose ainsi de trois régiments de tirailleurs recrutés dans le royaume chérifien en l’occurence, les 1er, 2ème et 7ème RTM.

-La 81ème DIA est issue de la transformation de la 5ème brigade d’infanterie algérienne de la Division d’Alger et aligne d’abord trois régiments de tirailleurs algériens, les 1er, 5ème et 9ème RTA avant que le 5ème RTA ne soit transférer à la 180ème DIA et remplacé par le 218ème RI formé en France.

-La 82ème DIA est mise sur pied par la Division d’Oran et aligne trois régiments d’infanterie, le 1er régiment de zouaves, le 4ème régiment de tirailleurs marocains et le 6ème régiment de tirailleurs algériens.

-La 83ème DIA est l’ancienne 7ème brigade d’infanterie algérienne de la Division de Constantine avec les 3ème, 7ème et 11ème régiments de tirailleurs algériens qui à son arrivée en Tunisie troque le 11ème RTA contre le 344ème RI.

-La 84ème DIA est l’ancienne Division de Tunis alignant trois régiments, le 4ème régiment de zouaves et deux régiments de tirailleurs tunisiens, les 4ème et 8ème régiments.

-La 85ème DIA est issue elle aussi de la Division de Constantine et dispose de trois régiments d’infanterie, le 3ème régiment de zouaves ainsi que les 11ème et 19ème régiments de tirailleurs algériens.

-La 86ème DIA est formée à Alger le 30 août 1939 avec deux régiments de zouaves (3ème et 9ème régiment) ainsi qu’un régiment de tirailleurs tunisiens, le 20ème RTT. Sa composition aurait du évoluer mais au final, cette division resta en l’état et fût envoyée au Levant.

-La 87ème DIA devait être formée du 9ème régiment de zouaves et des 17ème et 18ème régiments de tirailleurs algériens mais au final lors de son envoi en métropole en octobre, elle ne dispose que des deux RTA, le 9ème zouave restant au sein de la 86ème DIA.

-La 88ème DIA est l’ancienne division de Sousse alignant à l’origine, les 5ème, 10ème et 18ème régiments de tirailleurs sénégalais puis le 10ème RTS, le 18ème RTS et enfin le 257ème régiment d’infanterie

-La 181ème DIA aligne le 29ème régiment de zouaves, le 11ème régiment de tirailleurs sénégalais et le 13ème régiment de tirailleurs sénégalais

-La 182ème DIA aligne le 1er régiment étranger d’infanterie, le 22ème zouave et deux bataillons sénégalais détachés en Afrique occidentale.

-La 183ème DIA aligne le 23ème régiment de zouaves, le 15ème régiment de tirailleurs sénégalais et un bataillon de marche sénégalais.

-La 191ème DIA est stationnée au Levant avec deux régiments de tirailleurs tunisiens (12ème et 16ème RTT) ainsi que le bataillon mixte d’infanterie coloniale qui devient ensuite le 24ème régiment mixte d’infanterie coloniale puis le 24ème RIC.

-La 192ème DIA est stationnée au Levant avec le 6ème REI et le 17ème régiment de tirailleurs sénégalais

-La 2ème division marocaine aligne les 2ème et 4ème régiments étrangers d’infanterie ainsi que le 3ème régiment de tirailleurs sénégalais. C’est une division de protection chargée de la défense du Maroc contre un éventuel coup de force espagnol.

-La 3ème division marocaine aligne le 3ème régiment étranger d’infanterie, le 21ème régiment de zouaves et le 6ème régiment de tirailleurs sénégalais.

Démobilisation et réorganisation

Le général Villeneuve se préoccupe de renforcer ces divisions, d’améliorer leur équipement et leur entrainement pour en faire des divisions aptes si nécessaires à s’inserrer dans une manoeuvre moderne en Europe.

Pour cela, les D.I.A et les deux Divisions Marocaines sont réorganisés selon le même schéma organisationnel que les Divisions Légères d’Infanterie ce qui donne le schéma suivant :

-Éléments de QG

-Deux régiments d’infanterie à trois bataillons (quatre pour les régiments de tirailleurs), ces régiments organisés selon le même modèle que les R.I type Nord-Est sont de recrutement local avec un encadrement européen.

-Un Régiment d’Artillerie Divisionnaire à trois groupes de trois batteries de 75mm modèle 1897 (et parfois de rares TAZ modèle 1939) et un groupe de trois batteries de quatre canons de 155mm Schneider modèle 1917, ce régiment étant hippomobile sauf pour les D.I.A de Tunisie de type automobile.

-Une compagnie antichar avec des pièces remorquées de 25 et de 47mm (respectivement une batterie de six et deux batteries de quatre)

-Une compagnie antiaérienne avec des pièces remorquées de 25mm

-Une compagnie de pionniers

-Une Compagnie de sapeurs mineurs

-Une compagnie mixte de transmissions

Ces trois compagnies forment bataillon à partir de 1946.

-Un Groupe d’exploitation divisionnaire (intendance)

-Un Groupe sanitaire divisionnaire

-Un groupe de transport du train de type réduit
-Une Compagnie automobile de transport

-Une compagnie automobile de quartier général

La démobilisation s’accompagne partout d’une réduction du nombre de grandes unités, des régiments et des divisions sont dissous après qu’un tri sévère eut été fait entre soldats, sous-officiers et officiers pour ne pas perdre des éléments brillants. A l’issue de la démobilisation, on trouve ainsi les unités suivantes :

Maroc

-La 1ère Division Marocaine aligne deux régiments de tirailleurs marocains avec le 1er et le 7ème RTM, le 2ème RTM étant dissous

-La 2ème Division Marocaine aligne le 2ème régiment étranger d’infanterie et le 4ème régiment étranger d’infanterie, le 3ème régiment de tirailleurs sénégalais étant dissous.

-La 3ème Division Marocaine est elle dissoute mais si le 21ème régiment de zouaves et le 6ème régiment de tirailleurrs sénégalais sont dissous, le 3ème REI est préservé, étant déployé dans le Sud marocain.

Algérie

-La 81ème DIA remplace la Division d’Alger et aligne pour cela le 1er et le 9ème RTA, le 218ème RI étant lui dissous.

-La 82ème DIA remplace la Division d’Oran avec le 1er régiment de zouaves et le 6ème régiment de tirailleurs algériens, le 4ème RTM étant lui dissous

-La 83ème DIA remplace la Division de Constantine avec le 3ème et le 7ème régiments de tirailleurs algériens, le 11ème RTA étant dissous (avec la 85ème DIA) tout comme le 344ème régiment d’infanterie.

-La 87ème DIA fût un temps menacée de dissolution mais elle est préservée avec ses 17ème et 18ème régiments de tirailleurs algériens et déployée dans le sud Algérien.

-La 181ème DIA déployée en Algérie est dissoute en compagnie de ses trois régiments (29ème zouave, 11ème et 13ème régiment de tirailleurs sénégalais)

-La 182ème DIA est maintenue après avoir été un temps menacée de dissolution et aligne le 1er régiment étranger d’infanterie ainsi que le 22ème régiment de zouaves. En septembre 1944, elle quitte l’Algérie pour le Maroc avec les 22ème et 23ème régiments de zouaves, le 1er REI ayant rejoint la 4ème DLI.

-La 183ème DIA qui aligne le 23ème régiment de zouaves, le 15ème régiment de tirailleurs sénégalais et un bataillon de marche sénégalais est dissoute avec deux de ses trois grandes unités, le 23ème zouaves étant transféré à la 182ème DIA.

Tunisie

-Le 84ème DIA remplace la Division de Tunis avec le 4ème régiment de zouaves et le 8ème régiment de tirailleurs tunisiens, le 4ème régiment de tirailleurs tunisiens après avoir été menacé de dissolution est finalement affecté à la place de Bizerte.

-La 85ème DIA et ses deux régiments (11ème et 19ème RTA) est dissoute

-La 88ème DIA remplace la Division de Sousse et aligne deux régiments de tirailleurs sénégalais, les 10ème et 18ème RTS.

Levant

-La 86ème DIA déployée au Levant est dissoute avec ses trois régiments (3ème et 9ème zouaves, 20ème régiment de tirailleurs tunisiens).

-La 191ème DIA stationnée au Levant aligne le 12ème régiment de tirailleurs de tunisiens et le 24ème régiment mixte d’infanterie coloniale puis 24ème régiment d’infanterie coloniale, le 16ème RTT étant dissous.

-La 192ème DIA est dissoute en septembre 1940.

A la mobilisation d’août/septembre 1948, il est décidé de maintenir ces dix divisions sur place en attendant que la situation géopolitique s’éclaircisse.

Pour ne pas être pris au dépourvu, il est même décidé de réactiver en Afrique deux divisions dissoutes en septembre 1940 et par la même occasion, des régiments mis en sommeil huit ans plus tôt.

-La 3ème Division Marocaine est réactivée le 4 septembre 1948 avec deux régiments, le 2ème régiment de tirailleurs marocains et le 21ème régiment de zouaves. Elle est déployée en Corse et va connaître son baptême du feu au moment d’une certaine opération Merkur.

-La 85ème Division d’Infanterie d’Afrique est réactivée le 3 septembre 1948 avec le 3ème régiment de tirailleurs sénégalais et le 20ème régiment de tirailleurs tunisiens.

Elle est ensuite déployée en Tunisie pour renforcer les moyens du commandement des Forces Armées de Tunisie (et non Forces Armées Tunisiennes comme on l’écrit parfois, ce nom désignant les troupes terrestres de la Tunisie indépendante) qui dispose alors de trois division puis d’une quatrième avec le transfert de la 87ème DIA.

Au Levant, la 86ème DIA est réactivée avec deux régiments d’infanterie, les 3ème et 9ème régiments de zouaves.

16-Navires auxiliaires (4)

D-Cargos rapides type Oranie

Avant-propos

Voulant améliorer ses capacités de transport logistique, la marine étudie à partir du printemps 1940 l’achat de cargos appartenant à des armateurs français et étrangers.

Ne trouvant pas son bonheur parmi les navires existants, elle décide de faire dessiner un modèle de cargo rapide (20 noeuds) par le STCN et sous-traiter sa construction à des chantiers privés.

Le STCN dessine un navire de 8000 tonnes, filant à 20 noeuds maximum (18 noeuds en pratique) disposant d’importantes capacités de levage, de cales bien conçus.

Détail intéressant, on prévoit déjà la possibilité de les transformer en navires spécialisés pour le soutien logistique voir pour d’hypothétiques opérations amphibies.

Deux navires sont financés à la tranche 1944 et deux autres à la tranche 1945 dans le cadre du programme naval du 14 mai 1941 et enfin deux autres à la tranche 1947. Ces navires sont baptisés du nom de villes de l’Oranie : Mers-El-Kébir, Oran, Sidi-Bel-Abbès, Tlemcen, Mostaganem et Chelif.

La construction est attribuée à trois chantiers privés, les deux premiers doivent voir le jour aux Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) installés à Port-Bouc, les deux suivants aux Ateliers et Chantiers Maritimes du Sud-Ouest & Bacalan réunis de Bordeaux et les deux derniers aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët de Saint Nazaire.

Le Mers-El-Kébir

-Le Mers-El-Kébir est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) de Port-Bouc le 12 septembre 1943 lancé le 12 mai 1944 et admis au service actif le 25 novembre 1944.

Il quitte son chantier constructeur le 25 novembre pour rallier Toulon le lendemain 26 novembre pour recevoir son armement en l’occurence deux canons de 90mm et six canons de 37mm en trois affûts doubles.

Affecté à Brest, il quitte le Var le 5 décembre 1944, fait escale à Casablanca du 9 au 12 décembre où il décharge du matériel avant de rallier Brest le 17 décembre 1944.

Il va assurer des missions de transport de matériel militaire entre les ports de la façade atlantique et Brest mais également entre les ports anglais et les ports de la côte est des Etats Unis. Il va également assurer au mouillage des missions de ravitaillement au profit de la 1ère et de la 3ème escadre.

Du 3 décembre 1947 au 16 janvier 1948, il est échoué dans le bassin n°3 pour son premier grand carénage destiné à le remettre totalement en état. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 26 janvier 1948, sortant pour essais le 27 janvier avant remise en condition du 28 janvier au 3 février 1948.

Le 5 septembre 1948, le Mers-El-Kébir rentrait de New-York avec un chargement de munitions produites par des usines françaises installées aux Etats Unis. Il débarque ce chargement dans le port de commerce de Brest puis prépare aussitôt à assurer le ravitaillement du CEFAN en chargeant plusieurs tonnes de munitions pour les troupes françaises.
L’Oran

-L’Oran  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) de Port-Bouc le 12 septembre 1943 lancé le 4 juin 1944 et mis en service le 7 janvier 1945.

Il quitte son chantier constructeur le 8 janvier 1945 pour rallier Toulon où il reçoit son armement et quelques travaux non réalisés par les ACP. Affecté à Bizerte, il quitte le Var le 19 janvier pour rallier la Tunisie le 22 janvier.

Il va assurer des missions de ravitaillement au cours des exercices en transférant à couple et à flot du matériel et des munitions. Il va aussi effectuer des missions de transport de matériel entre la métropole et la Tunisie.

Du 21 février au 23 mars 1948, il est échoué dans le bassin n°1 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour son premier grand carénage. Il succède ainsi au Joffre et précède le cuirassé Bourgogne. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 4 avril 1948, sortant pour essais le 5 avril puis pour remise en condition du 7 au 17 avril 1948.

Le 3 septembre 1948, il quitte Bizerte pour rallier Toulon sans escorte afin de charger des munitions et du matériel au profit des Forces Armées de Tunisie (FAT).

Arrivé à Toulon le 5 septembre dans la journée, il est retenu à Toulon, chargeant obus de 105 et de 155mm, moteurs de chars et équipements militaires mais son appareillage est retardé, le cargo rapide devant être escorté pour rallier Bizerte.

Le Sidi-Bel-Abbès

-Le Sidi-Bel-Abbès est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers Maritimes du Sud-Ouest & Bacalan réunis sis à Bordeaux le 24 juin 1944 lancé le 12 mars 1945 et mis en service le 4 novembre 1945.

Il quitte son chantier constructeur, rallie Brest le 7 novembre pour recevoir son armement puis quitte le port breton avec un chargement de munitions direction Toulon où il doit être  basé. Il fait escale à Casablanca du 13 au 17 novembre puis rallie Toulon le 22 novembre 1945.

Comme ses cinq sister-ships, il va être utilisé comme transport de munitions et de matériel militaire sensible entre Toulon, l’Afrique du Nord voir le Levant. Il va également servir au mouillage de ravitailleur au profit des unités de combat de la 2ème Escadre.

Le Sidi-Bel-Abbès va également participer à un exercice d’entrainement à la défense de convois en janvier 1947.

Le 5 janvier 1947, les contre-torpilleurs Aigle et Albatros vont mouiller aux salins d’Hyères où ils sont rejoints trois jours plus tard par le transport-caboteur Golo et les cargos rapides Sidi-Bel-Abbès et Tlemncen.

Ces trois navires  vont simuler un convoi mouillant dans une baie et menacée par les forces navales ennemies. La 5ème DCT va assurer la protection contre les torpilleurs légers de la 1ère DT. Au cours d’une série de douze duels du 9 au 21 janvier, les torpilleurs ne parviendront à atteindre les trois transports qu’à quatre reprises.

Le Golo, le Tlmecen et le Sidi-Bel-Abbès appareillent le 22 janvier de Toulon pour livrer du matériel à  Bizerte. Ils sont escortés par les deux contre-torpilleurs et les quatre torpilleurs légers qui doivent néanmoins recompléter leurs soutes à Ajaccio le 23 janvier, les trois cargos mouillant en baie d’Ajaccio, attendant leurs protecteurs.

Le petit convoi bien protégé arrive à Bizerte le 28 janvier 1947 au matin. Les deux contre-torpilleurs et les quatre torpilleurs se ravitaillent puis mouillent  au centre du lac en attendant que les trois cargos soient vidés de leurs munitions, de leurs moteurs d’avions, de leurs vivres et de matériels divers.

Les trois cargos repartent avec leurs escorteurs le 30 janvier, rentrant directement à Toulon le 2 février 1947.

Le 5 septembre 1948, le Sidi-Bel-Abbès était en entretien à flot à Toulon. Les travaux sont accélérés pour lui permettre de prendre le plus vite un rôle opérationnel notamment le transport en métropole de matériel et de troupes venues d’Afrique du Nord.

Le Tlemcen

-Le Tlemcen est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers Maritimes du Sud-Ouest & Bacalan réunis sis à Bordeaux  le 4 octobre 1944 lancé le 7 août 1945 et mis en service le 2 mars 1946.

Il quitte son chantier constructeur le lendemain 3 mars 1946 et rallie Brest le 4 mars pour recevoir son armement et subir quelques travaux complémentaires et ce du 5 au 12 mars 1946.

Affecté à Toulon, il quitte la Bretagne le 13 mars, fait escale à Casablanca du 17 au 21 mars avant de rallier le Var le 25 mars 1946.

Comme ses cinq sister-ships, il va être utilisé comme transport de munitions et de matériel militaire sensible entre Toulon, l’Afrique du Nord voir le Levant. Il va également servir au mouillage de ravitailleur au profit des unités de combat de la 2ème Escadre.

Le Tlemcen va également participer à un exercice d’entrainement à la défense de convois en janvier 1947 en compagnie de la 5ème DCT, du transport-caboteur Golo et de son sister-ship Sidi-Bel-Abbès et ce du 9 au 21 janvier 1947

Le Golo, le Tlmecen et le Sidi-Bell Abbès appareillent le 22 janvier de Toulon pour livrer du matériel à  Bizerte. Ils sont escortés par les deux contre-torpilleurs et les quatre torpilleurs légers qui doivent néanmoins recompléter leurs soutes à Ajaccio le 23 janvier, les trois cargos mouillant en baie d’Ajaccio, attendant leurs protecteurs.

Le petit convoi bien protégé arrive à Bizerte le 28 janvier 1947 au matin. Les deux contre-torpilleurs et les quatre torpilleurs se ravitaillent puis mouillent  au centre du lac en attendant que les trois cargos soient vidés de leurs munitions, de leurs moteurs d’avions, de leurs vivres et de matériels divers.

Les trois cargos repartent avec leurs escorteurs le 30 janvier, rentrant directement à Toulon le 2 février 1947.

Le 5 septembre 1948, le Tlemcen était à quai à Toulon. Il va alors charger des munitions de 130, de 100, de 37 et de 25mm et gagner les salins d’Hyères où il doit servir de base avancée de ravitaillement en cas d’opérations de haute intensité contre l’Italie.
Le Mostaganem

-Le Mostaganem est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët sis à Saint Nazaire le 1er mars 1947 lancé le 8 octobre 1947 et mis en service le 5 avril 1948.

Affecté à Brest, il rallie son port d’affectation dès le 6 avril même si il subit des travaux complémentaires du 7 au 14 avril avant d’être pleinement opérationnel.

Il effectue sa première mission opérationnelle en ralliant New York afin de charger des pièces détachées au profit des avions américains en service dans l’armée de l’air et dans la marine. Quittant Brest le 16 avril, il rallie New York le 25 avril, charge les 26 et 27 avril, repartant le 28 avril pour rentrer à Brest le 7 mai 1948.

Le 5 septembre 1948, le Mostaganem était à quai à Brest.

Le Chelif

-Le Chelif  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët sis à Saint Nazaire le  4 novembre 1947 et lancé le 24 juin 1948.

Encore en armement à flot le 5 septembre 1948, il devait être normalement affecté à Mers-El-Kébir mais avec le début du conflit, ce planning pourrait être chamboulé sachant que sa mise en service n’est prévu que pour la fin de l’année au plus tard printemps 1949.

Caractéristiques Techniques des cargos rapides de classe Oranie

Déplacement : standard 8000 tW pleine charge 21000 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 144.50m longueur entre perpendiculaire 140m largeur 21m tirant d’eau à pleine charge 8.5m

Propulsion : deux groupes diesels SNM développant une puissance totale de 9700ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 20 noeuds (18 noeuds dans la pratique) distance franchissable 7000 miles nautiques à 8 noeuds 3500 miles nautiques à 15 noeuds

Electronique : un radar de navigation

Armement : deux canons de 90mm modèle 1926 en affûts simples (un à la poupe et un à la proue) et  six canons de 37mm Schneider modèle 1941 en trois affûts doubles

Capacités : quatre cales pouvant contenir un total de 13000 tonnes de charge. Manutention assurée par deux mats de charge

Equipage : 62 hommes (marins civils sous contrat de la marine nationale et canonniers pour le service de l’armement)