15-Pétroliers et Ravitailleurs rapides (3)

C-Pétrolier Le Loing

Le Loing à la mer

Le Loing à la mer

L’après guerre marque la généralisation progressive mais inexorable de la chauffe nécessitant plus que jamais une importante flotte de pétroliers.

Après la construction de quatre petits pétroliers de classe Aube, une loi votée le 5 août 1924 autorise non seulement l’achat du pétrolier Bakou réfugié à Bizerte avec les autres navires de la Flotte blanche (Devenu le La Loire, il sera utilisé jusqu’en juin 1928 quand elle est mise en réserve. Utilisé comme citerne à Brest puis à Alger de 1932 à 1946 date de sa vente à la démolition) mais également la construction d’un pétrolier de 6000 tonnes baptisé Le Loing.

-Le Loing est mis sur cale aux chantiers Worms du Trait le 21 août 1925 lancé le 4 avril 1927 et admis au service actif le 1er octobre 1927. Il assure à la fois des transports de pétrole entre la France ,l’Empire et les sites d’exploitation et le ravitaillement des navires opérationnels au cours de manoeuvre.

Il est affecté en Indochine de 1935 à 1938, ravitaillant le 1er février 1938 au cap Saint Jacques les croiseurs de la 4ème DC effectuant un tour du monde. A la fin de 1938, il est relevé par le Niger et rallie les Antilles où il va à la fois chargé du mazout et du gazole au Texas pour ravitailler les Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA).

Une note du 7 mars 1939 anticipant sur les commandes à passer entre 1940 à 1946 prévoit la commande d’un transport pétrolier de 8600 tonnes en 1943 pour le remplacer.

Ayant besoin de réparations, il quitte Fort de France le 25 avril 1940 pour rallier La Rochelle le 7 mai 1940. Il va subir des travaux aux chantiers Delmas & Vieljeux de La Rochelle, travaux concernant les chaudières et les citernes à mazout. Les travaux se terminent le 20 juillet 1940 et peut sortir pour essais les 21 et 22 juillet puis pour remise en condition du 24 au 31 juillet 1940.

Le Loing quitte La Pallice le 1er août, va charger du gazole et du mazout à Lorient les 2 et 3 août avant de traverser l’Atlantique à 11 noeuds de moyenne, ralliant Fort de France le 16 août 1940 à l’aube, réintégrant les FNFA.

Du 15 juin au 21 août 1943, le Loing est échoué au bassin à Fort de France pour un grand carénage bien mérité. Il subit une remise en état complète, profitant de l’amélioration des capacités industrielles de la Martinique. Il reçoit notamment un système de ravitaillement à la mer.

Armé pour essais le 25 août, il sort pour essais le 26 et le 27 août puis pour remise en condition du 29 août au 5 septembre 1943. Il appareille le lendemain 6 septembre pour Aruba où il charge du mazout le 8 septembre pour rentrer à Fort de France le 12 septembre 1943.

Comme tous les autres pétroliers français de l’époque, le Loing à une double casquette, servant à la fois de transport pétrolier de produits finis (mazout, gazole, essence d’aviation) entre le Venezuela, Curacao, le Mexique, le Texas et Fort de France voir Pointe à Pitre pour recompléter les dépôts civils et militaires et de ravitailleur de navires militaires au cours des différents exercices.

Ces exercices concernent principalement les navires des FNFA mais également des navires venus de métropole comme la 6ème DCT (Milan Epervier Vautour) venue de Brest en compagnie du Var pour un entrainement commun avec l’aviso colonial Bougainville, le principal navire de combat des FNFA, les «métropolitains» arrivant à Fort de France le 9 février 1944.

Du 28 février au 4 mars 1944, le Loing et le Var simulent un convoi protégé par la 6ème DCT contre le Bougainville qui simule un croiseur auxiliaire allemand comme ceux du premier conflit mondial

Du 1er au 12 septembre 1945, il soutien le croiseur léger Primauguet qu’il ravitaille en mer et en route à l’aide d’un système plus efficace que celui installé au cours du grand carénage de l’été 1943 et alors que le croiseur léger est à Pointe à Pitre du 13 au 16 septembre, le pétrolier rallie Aruba pour charger du mazout, du gazole et du carburant aviation.

Du 11 au 30 janvier 1946, il soutient le Primauguet engagé dans un entrainement intensif dans la région des Petites Antilles.

A l’origine, il était prévu de le désarmer en 1946 mais au final, il est décidé de le prolonger trois ans ce qui nécessite un grand carénage étoffé. Pour cela, il est échoué au bassin du 1er juin au 12 août 1946 pour une remise en état complète.

Après des travaux complémentaires à quai, le pétrolier Le Loing est armé pour essais le 1er septembre, effectuant ses essais réglementaires les 2 et 3 septembre puis sa remise en condition du 5 au 15 septembre, reprenant le surlendemain son activité opérationnelle quand il appareille pour le Texas afin de charger du mazout et du gazole, ce dernier servant notamment à alimenter la centrale électrique alimentant la Martinique.

Le 7 avril 1948, après un entrainement au combat de nuit des deux croiseurs, le pétrolier Le Loing ravitaille les croiseurs légers Gloire et Montcalm pour leur permettre de rallier Cayenne sans avoir à faire escale.

Le 5 septembre 1948, le Le Loing était à Aruba, chargeant du mazout et du gazole. Il rallie quelques jours plus tard la Martinique.

Caractéristiques Techniques du Loing

Déplacement : standard 3481 tW pleine charge 10138 tonnes 9915 tonnes de port en lourd

Dimensions : longueur hors tout 122.75m longueur entre perpendiculaires 117.84m largeur 15.51m tirant d’eau 7.45m au déplacement en charge

Propulsion : deux diesels Burmeister & Wain dévellopant 4100ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 13.96 noeuds (13 noeuds en service courant) rayon d’action 6000 miles nautiques à 13 noeuds

Capacités : 8 citernes (6550 mètres cubes) et 10 citernes d’été (1306 mètres cubes)

Armement : (1939-40) deux canons de 100mm modèle 1917, deux canons de 75mm antiaériens

En septembre 1948, le pétrolier Le Loing dispose toujours de deux canons de 100mm mais les deux canons de 75mm ont été remplacés par six canons de 37mm modèle 1941 en trois affûts doubles.

Equipage : 6 officiers et 70 hommes en temps de paix; 8 officiers et 76 hommes en temps de guerre.

14-Navires légers (36) Corvettes classe La Malouine (5)

La Parisienne

-La Parisienne est mis sur cale aux chantiers J. Lewis & Sons Ltd d’Aberdeen le 14 janvier 1942 lancée le 20 novembre 1942 et mise en service le 30 juillet 1943.

La dix-septième corvette construite pour la marine nationale quitte l’Ecosse et ses frimats pour des latitudes plus clémentes. Appareillant du grand port d’Ecosse le 3 août, elle fait escale à Brest du 7 au 14 août avant de traverser l’Atlantique, direction Fort de France son nouveau port d’attache où elle arrive le 22 août. Il est placé hors rang au sein des FNFA.

Cette situation est éphémère car le 21 septembre, son sister-ship La Messine arrive à Fort de France ce qui permet l’activation de la 5ème DEO dont la mission en temps de guerre est de participer à la sécurisation des Antilles contre les sous-marins ennemis et à escorter de probables convois FFC (Fort de France Casablanca), des convois de troupes et de produits tropicaux nécessaires à une économie nord-africaine en pleine expansion voir des convois FFB (Fort de France Brest), des convois qui seraient essentiellement composées de transport de troupes.

Du 13 août au 27 septembre 1946, la corvette La Parisienne est échouée dans la forme de radoub de la base de Fort de France pour son premier grand carénage qui comporte une remise en état complète et une modernisation des radars et de l’Asdic.

Après des travaux complémentaires à quai, la corvette est armée pour essais le 15 octobre, sortant pour ses essais réglementaires le 16 et le 17 octobre puis pour remise en condition du 19 au 31 octobre, date à laquelle elle peut reprendre ses missions.

Quand éclate le second conflit mondial, La Parisienne est à la mer pour entrainement en compagnie de son sister-ship La Messine. L’exercice est annulé et les deux corvettes rentrent au port pour se ravitailler et se tenir prête à toute éventualité.

La Rouennaise

-La Rouennaise est mis sur cale aux chantiers J. Lewis & Sons Ltd d’Aberdeen le 21 janvier 1942 lancée le 1er décembre 1942 et mise en service le 12 août 1943.

La Rouennaise quitte son chantier constructeur en même temps que son sister-ship La Nancéenne pour une véritable odysée puisque les deux corvettes doivent rallier Diego-Suarez, la grande base française dans l’Océan Indien.

Appareillant d’Ecosse le 13 août, les deux corvettes font escale à Brest du 17 au 21 août, à Casablanca du 25 au 30 août, franchissent les colonnes d’Hercules le 31 avant de pénétrer en Méditerranée, se ravitaillant à Bizerte le 5 septembre avant une nouvelle escale à Alexandrie du 8 au 11 septembre.

La Rouennaise et La Nancéenne franchissent le canal de Suez les 12 et 13 septembre, sont à Djibouti du 17 au 20 septembre avant de rallier Diego-Suarez le 29 septembre après un mois et demi de mer. Leur arrivée dans la Grande Ile permet l’activation de la 6ème DEO qui doit encore accueillir La Lilloise et La Clermontoise.

La mission principale de la 6ème Division d’Escorte Océanique est de lutter contre les sous-marins italiens déployés dans la région depuis notamment l’Eyrthrée et la Somalie italienne et d’escorter les convois transitant par cet océan, ceux pouvant ravitailler et renforcer l’Indochine ou la Nouvelle Calédonie mais ceux également transportant en Europe les troupes indiennes, australiennes et néo-zélandaises.

Du 21 août au 1er octobre 1946, la corvette est échouée dans le bassin n°1 de Diego-Suarez pour un premier grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, La Rouennaise est armée pour essais le 13 octobre, sortant pour essais officiels les 14 et 15 octobre puis pour remise en condition du 17 au 30 octobre 1946.

Le 24 août 1948, il quitte Diego-Suarez en compagnie du pétrolier La Garonne pour rallier Adaban afin de charger du mazout pour les dépôts de Diego-Suarez. Les deux navires arrivent à destination le 2 septembre, chargeant du mazout les 3 et 4 septembre, appareillant dans la nuit du 4 au 5 septembre pour rentrer à Diego-Suarez le 14 septembre 1948.

La Messine

-La Messine est mis sur cale aux chantiers J. Lewis & Sons Ltd d’Aberdeen le 28 janvier 1942 lancée le 10 décembre 1942 et mise en service le 25 août 1943.

La dix-neuvième corvette de classe La Malouine quitte l’Ecosse le 30 août, fait escale à Brest du 5 au 12 septembre avant de rallier Fort de France le 21 septembre 1943, son arrivée permettant l’activation de la 5ème DEO qui atteindra son format définitif avec les mises en service de La Strasbourgeoise et de la Caennaise.

Après de nombreux exercices et patrouilles, La Messine est échouée au bassin de la base navale de Fort de France du 28 septembre au 4 novembre 1946 pour son premier grand carénage.

Après des travaux complémentaires à quai, la corvette est armée pour essais le 18 novembre, sortant pour essais les 19 et 20 novembre puis pour remise en condition du 22 novembre au 7 décembre 1946, date à laquelle la corvette est déclarée disponible.

Quand éclate le second conflit mondial, La Messine est à la mer pour entrainement en compagnie de son sister-ship La Parisienne. L’exercice est annulé et les deux corvettes rentrent au port pour se ravitailler et se tenir prête à toute éventualité.

La Nancéenne

-La Nancéenne est mis sur cale aux chantiers J. Lewis & Sons Ltd d’Aberdeen le 24 janvier 1942 lancée le 2 décembre 1942 et mise en service le 14 août 1943.

La Nancéenne quitte son chantier constructeur en même temps que son sister-ship La Rouennaise pour une véritable odysée puisque les deux corvettes doivent rallier Diego-Suarez, la grande base française dans l’Océan Indien.

Appareillant d’Ecosse le 13 août, les deux corvettes font escale à Brest du 17 au 21 août, à Casablanca du 25 au 30 août, franchissent les colonnes d’Hercules le 31 avant de pénétrer en Méditerranée, se ravitaillant à Bizerte le 5 septembre avant une nouvelle escale à Alexandrie du 8 au 11 septembre.

La Nancéenne et La Rouennaise franchissent le canal de Suez les 12 et 13 septembre, sont à Djibouti du 17 au 20 septembre avant de rallier Diego-Suarez le 29 septembre après un mois et demi de mer. Leur arrivée dans la Grande Ile permet l’activation de la 6ème DEO qui doit encore accueillir La Lilloise et La Clermontoise.

Du 15 septembre au 30 octobre 1946, la vingtième corvette est échouée au bassin n°2 pour une remise en état complète. Après des travaux complémentaires à quai, elle est armée pour essais le 13 novembre, sortant pour ses essais réglementaires les 14 et 15 novembre puis pour sa remise en condition du 17 au 30 novembre, date à laquelle la corvette est de nouveau disponible.

Le 5 septembre 1948, La Nancéenne était à quai à Diego-Suarez. Elle est mise en alerte à l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège (comme l’ensemble des forces navales françaises) mais bien vite va prendre part à des missions plus «routinières» : l’escorte de convois de transport de troupes entre Fremantle et Suez, relevant l’escorte australienne avant de passer le relais à l’entrée du canal en mer Rouge à des navires britanniques ou australiens détachés auprès de la Royal Navy.

14-Navires légers (11) avisos-coloniaux classe Bougainville (10)

Le Lapérouse

-Le Lapérouse est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) à Bordeaux le 7 juin 1940 lancé le 14 septembre 1940 et mis en service  le 8 janvier 1942.

Armé à Lorient (où il est arrivé le 14 septembre 1941), l’aviso colonial quitte le Morbihan le 9 septembre 1942 pour rallier Cayenne où il arrive le 19 septembre après dix jours de mer.

Dans la seule colonie française d’Amérique du Sud, l’aviso colonial aura pour mission d’y faire respecter notre souveraineté et de montrer le pavillon dans l’Atlantique Sud.

Comme ses autres sister-ships, il va effectuer des exercices avec des navires français de passage dans la région. C’est ainsi que du 10 au 17 mars 1944, il manoeuvre avec la 6ème DCT (Vautour Milan Epervier) venue de Brest en compagnie du pétrolier Var. Les quatre navires venus de Brest effectuent une escale à Cayenne du 18 au 21 mars avant de quitter la colonie française pour poursuivrent leurs exercices.

Du 12 au 19 mars 1945, il effectue un exercice commun avec le croiseur léger Primauguet navire-amiral des FNFA.

Le 30 mars, le Lapérouse quitte Cayenne pour rallier Fort de France le 6 avril 1945 afin de subir son premier grand carénage. Il est mis au bassin du 8 avril au 12 juin 1945 pour remise en état et modernisation de ses capacités militaires selon des travaux identiques à ceux menés sur ses sister-ships.
Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 22 juin, effectuant ses essais du 23 au 25 juin puis sa remise en condition  du 27 juin au 12 juillet. Il quitte la Martinique le 13 juillet pour rallier Cayenne le 21 juillet 1945.

Du 26 au 29 novembre 1946, l’aviso Lapérouse effectue un exercice commun avec le croiseur-école Jeanne d’Arc et le destroyer brésilien Jurua.

Du 17 au 22 avril 1948, il effectue un exercice commun avec les croiseurs légers Gloire et Montcalm.

Le Lapérouse quitte Cayenne le 26 avril pour rallier Fort de France le 3 mai 1948. Il est mis au bassin du 5 mai au 15 août pour remise en état complète. Armé pour essais le 21 août, il sort pour essais les 22 et 23 août puis effectue sa remise en condition du 24 août au 4 septembre 1948 date de son retour à Cayenne.

Apprenant le début des combats en Norvège et au Danemark, il reprend aussitôt la mer pour patrouiller, guidé par le Loire 130 en attendant l’arrivée de moyens aériens supplémentaires pour renforcer la surveillance de l’Atlantique Sud.

Classe Bougainville CT

Caractéristiques Techniques de la classe Bougainville

Déplacement : standard 1969 tW 2126 tonnes en charge normale 2600 tonnes à pleine charge

Dimensions : longueur hors tout 103.70m entre perpendiculaires 98m largeur 12.70m tirant d’eau 4.50m

Propulsion : deux diesels Sulzer deux temps (Dumont d’Urville Savorgnan de Braa D’Iberville) ou Burmeister & Wain quatre temps (les autres) développant 3200ch et entrainant 2 hélices

Performances : vitesse maximale 15.5 noeuds rayon d’action 13000 miles nautiques à 8.5 noeuds 7600 miles nautiques à 14 noeuds

Electronique : projet d’embarquer un radar de navigation et un Asdic non réalisés avant guerre

Installations d’hydraviation : une grue et un emplacement pour un hydravion type Potez 452 ou Gourdou-Lesseure GL.832HY. Les hydravions ont été mis à terre en 1943/44 lors des grands carénages

Armement : trois canons de 138mm modèle 1927 sous masque (deux avant et un arrière), quatre canons de 37mm modèle 1925 en affûts simples (ou en affûts doubles modèle 1933) et six mitrailleuses de 13.2mm en affûts doubles et jusqu’à 50 mines

En 1948, les Bougainville dispose toujours de trois canons de 138mm mais leur DCA à été nettement renforcée avec quatre canons de 37mm Schneider modèle 1941 et six canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en affûts doubles

Equipage : 13 officiers 21officiers-mariniers et 89 quartiers-maitres et matelots

14-Navires légers (5) avisos coloniaux classe Bougainville (4)

Le D’Entrecasteaux

Le D'Entrecasteaux à Beyrouth

Le D’Entrecasteaux à Beyrouth

-Le D’Entrecasteaux est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Provence de Port de Bouc le  29 janvier 1930 lancé le 21 juin 1931 et admis au service actif le 6 mai 1933.

A son admission au service actif, le quatrième aviso colonial construit est affecté à la Division Navale de l’Atlantique (DNA), l’ancêtre des FNFA avec pour base Fort de France même si durant la campagne de pêche sur les grands bancs, il gagnait St Pierre et Miquelon pour assister les chalutiers sur les bancs de Terre Neuve.

Après un carénage à Lorient de mai à octobre 1935, le D’Entrecasteaux est renvoyé aux Antilles avec toujours Fort de France comme port d’attache. Il subit un nouveau carénage à Lorient de juillet à novembre 1937 puis de juillet à septembre 1939.

Durant la guerre de Pologne, il est affecté aux Forces Navales stationnées au Maroc pour des patrouilles entre Casablanca et Dakar ainsi que des escortes de convois.

La réorganisation de septembre 1940 affecte l’aviso colonial à Diego-Suarez au sein des Forces Navales d’Afrique Equatoriale Française (FNAEF) pour des missions de souveraineté dans la grande île mais également dans tout l’océan Indien en liaison avec le Savorgnan de Brazza.

Le 30 mars 1941, le D’Entrecasteaux débarque ses munitions et vidange ses soutes. Il est échoué au bassin n°1 du 1er avril au 5 juillet 1941 pour une remise en état complète. Armé pour essais le 21 juillet 1941, il sort pour essais du 22 au 24  puis pour remise en condition du 26 juillet au 10 août 1941.

Il subit un nouveau grand carénage trois ans plus tard, étant échoué au bassin n°1 de l’Arsenal de Diego-Suarez du 12 avril au 3 juillet 1944 où remise en état coïncide avec une modernisation qui voit le débarquement des installations d’hydraviation et le renforcement de la DCA avec quatre canons de 37mm et six canons de 25mm en trois affûts doubles.

Armé pour essais le 15 juillet 1944, il sort pour essais du 16 au 18  et pour remise en condition du 20 juillet au 3 août 1944.

Du 2 au 12 février 1947, le D’Entrecasteaux sort pour un entrainement commun avec le croiseur léger Primauguet.  les deux navires font escale à La Réunion du 13 au 18 février puis à Port Louis (Ile Maurice) du 19 au 25 février avant de rentrer à Diego-Suarez le 28 février 1947.

Du 6 au 21 septembre 1947, il participe à la remise en condition du croiseur léger Primauguet qui sortait d’une période d’indisponibilité. L’aviso colonial et le croiseur léger ressortent pour un exercice de combat de nuit, exercice mené du 24 au 29 septembre 1947, exercice qui se termine par un abordage sans gravité du croiseur par l’aviso.

Du 18 janvier au 1er août 1948, il est navire amiral des FNAEF en remplacement du Primauguet alors en grand carénage à Diego-Suarez.

Du 2 août au 15 octobre 1948, il est échoué au bassin n°1 pour un nouveau grand carénage. Armé pour essais le 1er novembre, il sort pour essais les 2 et 3 novembre puis pour remise en condition du 5 au 17 novembre 1948.

Il peut alors reprendre ses patrouilles anti-raiders aidé pour cela par les moyens aériens stationnés dans la grande île.

14-Navires légers (2) avisos coloniaux classe Bougainville (1)

B-Avisos coloniaux classe Bougainville

Montrez le pavillon aux quatre coins de l’Empire

Notre marine ressort du premier conflit mondial épuisée. Tout est à refaire, il faut restaurer des infrastructures, une flotte et des équipages. La priorité est donnée à la reconstruction d’unités légères type croiseurs, contre-torpilleurs, torpilleurs et sous-marins.

La police dans l’Empire Colonial à également besoin de navires modernes spécialement adaptés, des navires appelés «avisos pour campagnes lointaines» bien vite rebaptisés «avisos coloniaux» baptisés du nom de grands explorateurs. La vitesse étant sacrifiée, les avisos coloniaux sont propulsés par des moteurs diesels, une première pour des navires de ce tonnage ce qui leur donne une vitesse faible (19 nœuds) mais un appréciable rayon d’action (13000 miles nautiques à 8.5 nœuds).

Dix unités au total vont être construites. Les deux premiers sont financés par la tranche 1927, les deux suivant à la tranche 1929, deux à la tranche 1930, un à la tranche 1931, deux à la tranche 1937 et le dixième à la tranche 1938bis. Tous affectés dans l’empire sauf une unité déployée à Brest comme navire hydrographique.

Etudiés par l’ingénieur Antoine, le chef de la Section des petits bâtiments du Service Technique des Constructions Navales (STCN), les avisos coloniaux sont des navires de 2000 tW, des navires élégants, élégance liée aux passavents qui prolongent la teugue.

Navires de présence, la vitesse est sacrifiée au profit de l’autonomie d’où le choix d’une propulsion diesel. Bien armés, ils reçoivent des installations pour la mise en oeuvre d’un hydravion mais cette capacité vue comme un progrès se révéléra difficile à mettre en oeuvre.

Le Bougainville

Le Bougainville

Le Bougainville

-Le Bougainville est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) à Bordeaux le 25 novembre 1929 lancé le 21 avril 1931et admis au service actif le 15 février 1933.

A sa mise en service, le premier aviso-colonial est affecté en Indochine au sein des Forces Navales  en Extrême Orient (FNEO) mais en 1934/35 il est détaché dans l’Océan Indien (Station Navale de l’Océan Indien SNOI) avant de rallier la Division Navale du Levant en 1935/36.

De retour en Indochine en 1936/37, il passe deux ans au sein de la SNOI jusqu’en septembre 1939 quand il rallie les Antilles pour intégrer le dispositif allié des West Indies avec pour port d’attache Fort de France.

Il devient en septembre 1940 le navire-amiral des Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA), une force de souveraineté ayant pour mission la protection des Antilles françaises.

Depuis la station navale de Fort de France, il rayonnait dans toutes les Caraïbes à la fois pour des missions de souveraineté mais également des missions de représentation dans les ports étrangers de la région.

Du 14 mai au 2 août 1941, il est échoué au bassin à Fort de France pour un premier grand carénage destiné à le remettre totalement en état. Il était prévu de moderniser la DCA et de débarquer les installations d’hydraviation mais ces travaux sont reportés sine die. Le Potez 452 est de toute façon de moins en moins souvent embarqué (il est remplacé courant 1943 par un Loie 130C non rembarquable).

Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 17 août, sortant pour essais les 17 et 18  avant remise en condition du 19 au 31 août 1941.

Le 1er mai 1942, le patrouilleur (ex-torpilleur) Baliste arrive à Fort de France pour renforcer les moyens des FNFA.

L’aviso colonial Bougainville participe également à des exercices avec des navires venus de métropole. Par exemple du 19 au 24 janvier 1944, l’aviso colonial effectue un exercice bilatéral avec le contre-torpilleur Desaix qui effectuait sa traversée de longue durée avant son affectation en Méditerranée.

Le 9 février 1944, le Bougainville et le pétrolier Loing accueillent à Fort de France les contre-torpilleurs Milan Epervier et Vautour de la 6ème DCT accompagnés du pétrolier Var, les quatre navires venant de Brest.

Après un entrainement de base du 11 au 15 février, l’aviso colonial et la 6ème DCT subissent un entrainement de défense aérienne à la mer du 16 au 23 février, faisant ensuite escale à Pointe à Pitre du 24 au 27 février.

Ils enchainent par un exercice de protection, les trois contre-torpilleurs devant protéger le Loing et le Var contre le Bougainville qui symbolisait un croiseur auxiliaire allemand et ce du 28 février au 4 mars 1944. La 6ème DCT et le Var quittent Fort de France le 5 mars pour Cayenne (Guyane).

Le 26 mai 1944, le croiseur léger Primauguet devient navire-amiral des Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA) avec Fort de France comme port d’attache remplaçant le Bougainville. L’aviso colonial participe à la remise en condition du Primauguet du 9 au 25 juin, faisant escale à Pointe à Pitre du 26 au 30 juin 1944.

L’exercice de défense aérienne à la mer exécuté du 1er au 8 juillet 1944 permet au Bougainville d’étrenner sa nouvelle DCA. Aux quatre canons de 37mm modèle 1925 et aux six mitrailleuses de 13.2mm en trois affûts doubles, le Bougainville à préféré quatre canons de 37mm modèle 1941 en deux affûts doubles et six canons de 25mm modèle 1939-40 en trois affûts doubles.

Après une nouvelle escale à Pointe à Pitre du 9 au 12 juillet, les deux navires rentrent le lendemain à Fort de France. Le 14 juillet 1944, une mini-revue navale est organisée au large de Fort de France avec le croiseur léger, l’aviso colonial et le pétrolier qui dans la foulée prend la mer pour le Texas afin de charger du mazout.

Le Bougainville est mis au bassin du 15 juillet au 5 août 1944 pour un nouveau grand carénage qui voit le navire être totalement remis en état (changement des hélices notamment), les installations d’hydraviation débarquées et la DCA installée précédemment revue et corrigée notamment au niveau de l’emplacement des pièces.
Armé pour essais le 20 août 1944, le Bougainville effectue ses essais officiels du 21 au 23 août puis sa remise en condition du 25 août au 8 septembre 1944, faisant escale à Miami du 9 au 12 septembre et à La Havane du 14 au 20 septembre avant de rentrer à Fort de France le 22 septembre 1944.

Du 11 au 30 janvier 1945, le Bougainville participe à un entrainement avec le croiseur léger  puis participe à la remise en condition du Primauguet du 21 juillet au 3 août, les deux navires faisant ensuite escale à Oranjestad (Aruba) du 4 au 8 août, à Wilhelmstad (Curacao) du 9 au 14 août, à Caracas (Venezuela) du 16 au 19 août avant de rentrer à Fort de France le 22 août 1945.

Le Bougainville subit un nouveau grand carénage à Fort de France, étant échoué du 1er juillet au 15 septembre 1947. Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 1er octobre, effectuant ses essais officiels du 2 au 4 octobre avant remise en condition du 6 au 20 octobre 1947.

Le 21 décembre 1947, le cuirassé Gascogne et ses torpilleurs d’escorte Durandal et Dague arrivent à Fort de France, faisant escale cinq jours avant un exercice avec l’aviso colonial du 27 décembre 1947 au 2 janvier 1948.

Le 2 mars 1948 arrivent à Fort de France les croiseurs légers Gloire et Montcalm venus de Brest qui font escale jusqu’au 8 mars avant de reprendre la mer pour exercices de surveillance, de manoeuvre aviation, de bombardement littoral et d’escorte/attaque de convois en compagnie de l’aviso-colonial Bougainville qui joue alternativement le rôle d’un cargo rapide à  protéger ou d’un croiseur auxiliaire. Les croiseurs légers font escale à Fort de France du 24 au 27 mars 1948 avant de quitter la Martinique.

Quand éclate le second conflit mondial le 5 septembre 1948, le Bougainville est à la mer. Il reçoit l’ordre d’augmenter sa vigilance contre de possibles raiders allemands dans les Caraïbes et dans l’Atlantique en liaison notamment avec le Lapérouse basé à Cayenne en attendant le croiseur léger Jeanne d’Arc.

9-Croiseurs légers (5)

B-Croiseur-école d’application Jeanne d’Arc

Croiseur école Jeanne d'Arc Portsmouth 1937 2

Une Ecole flottante

La formation des futurs officiers ne peut être que théorique, elle doit comprendre une formation pratique à la mer. Au sein de la marine nationale avant la construction des magnifiques bâtiments de l’Ecole Navale à Brest, les futurs officiers étaient formés sur le «Borda», un ancien navire à voile transformé en ponton école avant un stage à la mer sur le croiseur école Duguay Trouin, l’un des navires qui abritait l’Ecole d’application créée par le décret du 12 octobre 1964.

En 1912, on décide de confier la tâche de navire-école au croiseur cuirassé Jeanne d’Arc. Le choix de ce dernier n’est pas innocent : la «Pucelle d’Orléans» symbolise le patriotisme français de ce début de siècle et l’étendard de la revanche pour récupérer les provinces perdues.

Ce croiseur cuirassé dont les plans avaient été dessinés par un certain Emile Bertin est mis sur cale à l’Arsenal de Toulon le 24 octobre 1896 lancé le 8 juin 1899 et admis au service actif le 19 mai 1903.

Il est d’abord affecté à l’Escadre du Nord puis à l’Escadre de la Méditerranée à partir de juillet 1906 puis de nouveau à l’Escadre du Nord.

Placé en réserve en 1909, il est désigné en mars 1912 pour servir d’école d’application des aspirants jusqu’au 27 juillet 1914, inaugurant ainsi la tradition de placer le navire école de la Royale sous le saint patronnage de la «Bergère de Domremy».

Il participe à la première guerre mondiale en Méditerranée orientale avant de reprendre son rôle de croiseur école de décembre 1919 à 1928. Rayée le 15 février 1933 et condamnée le 21 mars, elle est vendue à la démolition aux chantiers de la Seyne sur Mer le 9 juillet 1934.

Dès le début des années vingt, la marine s’interroge sur le successeur à donné à la Jeanne d’Arc usé par un service intensif notamment durant le premier conflit mondial. On envisage plusieurs hypothèses, la première consistant en la conversion d’un navire de guerre ancien, la second consistant en l’achat et en la conversion d’un paquebot.

Ces deux hypothèses sont rapidement écartées : la première est séduisante sur le papier mais elle coûte cher surtout que la marine nationale ne dispose d’aucun navire qu’elle pourra sacrifier pour une mission secondaire par rapport aux missions de combat alors que la seconde est couteuse à l’achat comme à l’aménagement.

Il faut donc construire un navire neuf. La tranche 1926 financée le 4 août 1926 prévoit ainsi la  construction d’un croiseur lourd (le futur Colbert), de trois contre-torpilleurs de classe Guépard, des quatre derniers torpilleurs d’escadre de classe L’Adroit, du sous marin croiseur Surcouf, de cinq sous marins de 1ère classe, d’un sous marin mouilleur de mines, du ravitailleur de sous marins Jules Verne, deux pétroliers de type Mékong et d’un «croiseur à déplacement réduit» spécifiquement conçu pour l’écolage mais qui est avant tout un véritable navire de guerre.

La mise en service de ce navire est prévue pour 1931 mais la «Jeanne à six tuyaux» alias «l’étui à cigarettes» est dans un état matériel tel qu’il ne peut attendre et doit donc être remplacé. La solution intérimaire choisie est la conversion d’un croiseur cuirassé, l’Edgar Quinet.

Croiseur cuirassé Edgar Quinet 1911
Ce dernier effectue une première croisière en 1928 mais lors de la seconde croisière, il s’échoue sur une roche inconnue de la côte algérienne au large du Cap Blanc le 4 janvier 1930 et ne peut être sauvé, il se casse en deux et coulera quatre jours plus tard.
Comme le Jeanne d’Arc n’est pas encore prêt à accueillir ses élèves, la croisière d’application 1930-1931 aura lieu à bord des croiseurs lourds Duquesne Tourville et Suffren qui se partageront la promotion 1928.

Carrière opérationnelle

Le croiseur école Jeanne d'Arc

Le croiseur école Jeanne d’Arc en 1936

-La Jeanne d’Arc est mise sur cale par la Société des Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët dans ses chantiers de Saint-Nazaire le 7 août 1928. Lancé le 14 février 1930, le croiseur est armé pour essais le 15 décembre 1930.

Il subit un premier armement définitif le 1er avril 1931, reprenant ses essais à partir du 25 juin après la fin des travaux. La clôture d’armement est prononcée le 14 septembre 1931.

Le 6 octobre 1931, le croiseur-école d’application Jeanne d’Arc est admis au service actif avec Brest pour port d’attache

Durant toute la première décennie de sa carrière opérationnelle, le croiseur-école va effectuer une croisière annuelle d’octobre à juillet, passant les semaines le séparant d’une nouvelle croisière en entretien.

La première croisière voit le croiseur-école être absent de son port d’attache Brest du 10 octobre 1931 au 4 juillet 1932 avant de subir un premier carénage de juillet à septembre 1932 avant une deuxième croisière d’application du 5 octobre 1932 au 5 juillet 1933, effectuant un véritable tour du monde.

La troisième croisière école d’application voit le croiseur s’absenter de Brest du 5 octobre 1933 au 6 juillet 1934 alors que la quatrième à lieu du 5 octobre 1934 au 4 juillet 1935. La cinquième croisière école d’application à elle lieu du 5 octobre 1935 au 4 juillet 1936.

Durant ces croisières, la Jeanne d’Arc outre la formation des élèves officiers embarqués va manoeuvrer avec des navires français présents su zone mais également servir d’outil de diplomatie navale.

La sixième campagne à lieu du 5 octobre 1936 au 4 juillet 1937 alors que la septième à lieu du 4 octobre 1937 au 2 juillet 1938 et que la huitième voit «La Jeanne» s’absenter de son port d’attache du  5 octobre 1938 au 16 avril 1939.

Les préparatifs de la neuvième croisière école d’application sont interrompus le 23 août 1939 avec l’imminence de la guerre.

Comme il était prévu, le croiseur-école devenu pour l’occasion croiseur léger, est affecté aux Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA) pour des missions de patrouille et d’interception des raiders allemands en action dans l’Atlantique. Il va également assurer des missions de transport d’avions et d’or entre la métropole, les Antilles et le Canada.

Bien que la guerre de Pologne s’achève dès le 15 décembre 1939, la Jeanne d’Arc va rester déployer aux Antilles jusqu’au mois de juin 1940 quand les besoins en encadrement d’une marine en expansion pousse l’Amirauté à reprendre les croisières d’application.

Les arsenaux métropolitains étant saturés, l’Amirauté décide de faire subir des travaux dans un chantier étranger, Fort de France pouvant assurer l’entretien régulier, les petits carénages mais point des travaux de plus grande ampleur.
Le choix se porte sur un chantier américain en l’occurence le Charleston Naval Shipyard en Caroline du Sud. Le croiseur léger quitte les Antilles le 21 juin 1940 et arrive aux Etats Unis le 26 juin 1940. A noter qu’il à débarqué avant son départ de la Martinique, ses hydravions CAMS 37 et ses munitions.

Il est échoué au bassin dès le 28 juin pour une remise en état complète à laquelle participe des ouvriers américains mais également une équipe de l’Arsenal de Brest notamment pour familiariser les ouvriers «yankees» aux côtes métriques.

Le croiseur subit une remise en état complète : changement des hélices et des gouvernails, réalésage des lignes d’arbre, refonte des locaux vie et des locaux d’instruction, grattage et peinture de la coque…… . Il faut noter que les travaux d’armement seront réalisés à Brest.

Remis à flot le 14 août 1940, il subit des essais à la mer du 15 au 24 août avant une période de travaux complémentaires à flot jusqu’au 4 septembre 1940.

Le lendemain, 5 septembre 1940, le croiseur école quitte Charleston arborant le pavillon tricolore mais également le Stars & Stripes, cadeau des ouvriers de l’Arsenal. Il traverse l’Atlantique et rentre à Brest le 11 septembre 1940.

Il subit ensuite une période de travaux notamment en ce qui concerne l’armement : si les canons de 75mm sont maintenus tout comme les quatre tourelles de 155mm, la DCA légère est modifiée avec le débarquement des deux canons de 37mm modèle 1925 et son remplacement par deux affûts doubles en attendant la disponibilité de pièces plus modernes.

Après une nouvelle période d’essais à la mer du 21 au 24 septembre 1940, le croiseur-école prépare sa neuvième croisière école d’application. Embarquant 160 élèves (dont deux roumains et deux yougoslaves), le croiseur école quitte Brest le 4 octobre 1940.

Considéré comme un navire-école, il va être le seul navire de la Royale à faire régulièrement escale en Italie au moins jusqu’en 1946 quand les tensions diplomatiques deviennent telles que l’Italie interdit ses ports à des navires militaires français alors que les navires marchands sont soumis à de multiples restrictions qui ressemblent souvent des mesquineries pathétiques.

Il fait escale à Bordeaux du 7 au 9 octobre, à Vigo du 11 au 14 octobre, à Lisbonne du 16 au 20 octobre, à Casablanca du 22 au 25 octobre, à Gibraltar du 26 au 29 octobre, à Palma de Majorque du 1er au 4 novembre, à Bastia du 6 au 9 novembre, à La Spezia du 10 au 14 novembre, à Civitavecchia du 16 au 19 novembre, à Naples du 20 au 23 novembre, à Tunis du 25 au 27 novembre et à Alexandrie du 29 novembre au 2 décembre.

Après avoir franchit le canal de Suez, le 4 décembre 1940, le croiseur-école file directement vers Djibouti où il arrive le 8 décembre. Il va manoeuvrer avec l’aviso colonial Savorgnan de Brazza du 9 au 13 décembre avant de reprendre sa croisière école.

Il fait escale à Aden du 14 au 18 décembre, à Mascate du 20 au 22 décembre avant de passer Noël à Bombay où la Jeanne d’Arc fait escale du 23 au 27 décembre.

Il reprend la mer le 28 décembre, direction Cochin où il fait escale du 30 décembre 1940 au 2 janvier 1941. Il fait ensuite escale à Diego Suarez pour ravitaillement et quelques réparations du 7 au 13 janvier avant de manoeuvrer avec le D’Entrecasteaux du 14 au 18 janvier.

Le croiseur école est à Durban du 24 au 28 janvier, à Simonstown du 31 janvier au 4 février avant de traverser l’Atlantique et de faire escale à Buenos Aires du 7 au 10 février, à Montevideo du 11 au 15 février, à Rio de Janeiro du 18 au 22 février, à Dakar du 26 février au 1er mars, à Cadix du 5 au 8 mars, à Porto du 11 au 16 mars, à Bordeaux du 19 au 22 mars avant de rentrer à Brest le 25 mars 1941 après presque six mois en mer.

Il subit un petit carénage du 2 avril au 8 mai, étant échoué dans le bassin n°3 du 2 au 20 avril pour inspection des œuvres vives et des hélices comme après chaque campagne. Il reçoit également une DCA moderne : les canons de 37mm modèle 1933 et les mitrailleuses de 13.2mm sont remplacés par six canons de 37mm Schneider modèle 1941 en affûts simples et quatre canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40, également en affût simple. Un temps, on envisagea d’installer une catapulte avant d’y renoncer à nouveau.

Après une période d’essais à la mer du 10 au 15 mai, le croiseur léger qui à renouvelé une part non négligeable de son équipage subit un stage de remise en condition du 20 au 31 mai avant de gagner  Rufisque pour une école à feux.

Il quitte Brest le 5 juin 1941, fait escale à Casablanca du 10 au 12 juin avant d’arriver à Dakar le 16 juin. L’entrainement au tir à lieu du 18 juin au 7 juillet. Après une escale à Dakar jusqu’au 10 juillet, le croiseur école rentre à Brest le 15 juillet 1941. Il est indisponible jusqu’au 20 août avant de reprendre la mer pour essais du 21 au 27 août avant un entrainement individuel du 30 août au 4 septembre 1941.

Le 10 septembre 1941, il quitte Brest avec un chargement d’or direction Halifax où le précieux chargement est débarqué le 17 septembre. Il rentre dans la foulée pour Brest où il arrive le 23 septembre.

Le 24 septembre 1941, la ville d’Orléans devient ville-marraine du croiseur-école pour des raisons historiques qui n’est pas utile de préciser.

La dixième campagne école d’application commence le 3 octobre 1941 quand le croiseur quitte Brest pour traverser l’Atlantique et arrive à Halifax le 10 octobre pour quatre jours d’escale avant de reprendre la mer, direction Boston pour trois jours d’escale du 15 au 20 octobre.

Après une escale à New York du 22 au 25 octobre et à Philadelphie du 27 au 30 octobre, le croiseur école fait escale à Charleston du 4 au 8 novembre, à Miami du 12 au 16 novembre, à La Havane du 19 au 22 novembre, à Veracruz du 24 au 28 novembre, à Colon du 2 au 6 décembre.

Après avoir traversé le canal de Panama, il fait escale à Acapulco du 11 au 15 décembre, à San Diego du 20 au 25 décembre, à Seattle du 29 décembre au 3 janvier et à Vancouver  6 au 11 janvier 1942.

Après une mouillage à Clipperton du 17 au 22 janvier, le croiseur école repasse le canal de Panama le 27 janvier avant une escale à Carthagène du 2 au 7 février, à Caracas du 10 au 14 janvier, à Fort de France du 17 au 21 janvier.

Il traverse l’Atlantique, direction Dakar où il arrive le 26 janvier. Victime d’une avarie, il rester dans la capitale de l’AOF jusqu’au 12 février. Après une sortie d’essai le 13 février, il reprend sa croisière école d’application qui se poursuit par une boucle en Afrique du Nord.

Il fait escale à Casablanca du 18 au 21 février, à Tanger du 23 au 26 février, à Oran du 28 février au 2 mars, à Alger du 3 au 7 mars et à Tunis du 10 au 14 mars. Il enchaine par une escale à Cagliari du 16 au 19 mars, à Valence du 22 au 25 mars, à Gibraltar du 29 mars au 2 avril, à Lisbonne du 6 au 10 avril, à La Rochelle du 14 au 19 avril avant de rentrer à Brest le 21 avril 1942 après près de six mois de mer.

Le croiseur école subit une période d’entretien à flot du 25 avril au 5 juin. Il reçoit notamment une catapulte rendant l’utilisation de son hydravion bien plus facile. Le reste de l’armement ne change pas mais un radar de navigation est installé à la fois pour la conduite du navire mais également pour la formation des élèves.

Après une série d’essais à la mer du 7 au 15 juin, le croiseur subit un entrainement individuel du 16 au 21 juin avant d’être indisponible jusqu’au 15 juillet 1942 afin de permettre à l’équipage de prendre ses permissions.

Le croiseur école effectue des sorties d’entrainement individuel du 16 au 21 juillet, du 25 au 28 juillet et du 4 au 7 août pour entrainement de l’équipage, parfois renforcés de réservistes de la 2ème région maritime.

Il est indisponible pour une avarie sur une chaudière du 12 au 20 août avant de sortir pour essais du 21 au 25 août puis pour entrainement du 27 août au 5 septembre, entrainement en mer d’Iroise suivit d’une escale à Dublin du 7 au 12 septembre, avant un retour à Brest le 14 septembre 1942

Alors que la onzième campagne est sur le point de commencer, l’Amirauté s’interroge sur l’utilité de campagnes aussi longues alors que les promotions de l’École Navale sont de plus en plus importantes en termes d’effectifs et certains de proposer des campagnes plus courtes afin d’en réaliser deux voir trois par an. Dans l’immédiat, cette idée n’est pas retenue mais l’idée n’est pas oubliée.

Le 24 septembre 1942, le croiseur école quitte Brest avec 164 élèves officiers à bord pour une croisière centrée davantage sur l’Afrique et le Proche Orient. La Jeanne d’Arc fait escale à Lisbonne du 28 au 30 septembre avant de manoeuvrer jusqu’au 3 octobre avec la marine portugaise.

Le détroit de Gibraltar franchit le 5 octobre, il fait escale à Oran du 7 au 10 octobre puis à Tunis du 12 au 15 octobre. Après un exercice avec les navires de la 6ème escadre légère (dont le navire-amiral est le croiseur léger mouilleur de mines Émile Bertin), la Jeanne d’Arc fait escale à Tripoli du 19 au 21 octobre, à Lattaquié du 24 au 27 octobre puis à Beyrouth du 29 octobre au 2 novembre.

Il franchit le canal de Suez le 5 novembre, fait escale à Djibouti du 9 au 12 novembre, à Aden du 14 au 16 novembre, à Diego Suarez du 18 au 21 novembre, à Maputo du 24 au 29 novembre, au Cap du 3 au 7 décembre, à Luanda du 10 au 12 décembre, à Recife du 14 au 17 décembre, escale suivit d’exercices avec la marine brésilienne puis d’une longue escale à Cayenne jusqu’au 2 janvier 1943.

La Jeanne d’Arc reprend la mer le 5 janvier et fait escale à Georgetown du 6 au 11 janvier puis à Port of Spain (Trinidad et Tobago) du 14 au 17 janvier. C’est ensuite Fort de France où le croiseur subit un arrêt technique du 18 janvier au 24 février, les élèves officiers suivant des cours à terre.

Reprenant la mer après essais le 27 février, le croiseur-école fait escale à San Juan de Porto rico du  1er au 4 mars, à Nassau (Bahamas) du 6 au 9 mars, à Miami du 10 au 13 mars, à Charleston du 15 au 18 mars et à New York du 20 au 25 mars 1943.

Traversant l’Atlantique, il fait escale à La Corogne du 29 mars au 4 avril avant de rentrer directement sur Brest le 6 avril 1943.

Le croiseur-école subit un petit carénage du 12 avril au 14 septembre 1943, étant échoué au bassin n°3 du 14 avril au 25 août. Il subit ensuite des travaux au quai d’armement jusqu’au 14 septembre.

Les essais à la mer ont lieu du 15 au 22 septembre avant remise en condition et préparation de la douzième campagne école d’application du 24 septembre au 5 octobre 1943.

Le 7 octobre 1943, le croiseur-école appareille pour une nouvelle campagne. Après un exercice en mer d’Iroise avec des unités de la Flotte de l’Atlantique, la Jeanne d’Arc gagne l’Irlande, faisant escale à Dublin du 9 au 11 octobre avant de gagner Belfast où il est en escale du 13 au 16 octobre.

Traversant la mer d’Irlande, le croiseur fait escale à Glasgow du 19 au 22 octobre puis contourne l’Écosse pour faire escale à Aberdeen du 27 au 30 octobre puis à Newcastle du 2 au 5 novembre avant de franchir la mer du Nord pour plusieurs escales en Scandinavie.

Il fait escale à Bergen du 8 au 12 novembre, à Stavanger du 14 au 17 novembre, à Oslo du 19 au 21 novembre, à Göteborg du 22 au 24 novembre, à Copenhague du 25 au 28 novembre puis à Stockholm du 30 novembre au 2 décembre puis à Helsinki du 4 au 8 décembre, devant être accompagné d’un brise-glaces pour sortir du port.

Le croiseur-école quitte la Baltique, franchit l’Oresund, le Kattegat et le Skagerak le 12 décembre 1943, faisant escale à Rotterdam du 18 au 26 décembre puis à Londres du 27 au 30 décembre avant de traverser la Manche, direction Brest où il arrive le 4 janvier 1944.

Après une escale pour ravitaillement et entretien (quelques avaries causées par les eaux froides de la Baltique), le croiseur-école reprend la mer le 16 janvier pour une tournée nord-américaine qui commence par le Canada.

Il fait escale à Saint John (Terre-Neuve) du 22 au 26 janvier, à Saint Pierre et Miquelon du 27 au 30 janvier, à Halifax du 2 au 7 février 1944, à Boston du 10 au 14 février, à New York du 16 au 19 février et enfin à Washington dans la rivière Potomac du 21 au 25 février 1944.

Il fait ensuite escale à Miami du 28 février au 2 mars, à La Havane du 4 au 8 mars, à Kingston (Jamaïque) du 10 au 13 mars, à Saint Domingue du 15 au 18 mars, à Fort de France du 20 au 27 mars, à Dakar du 1er au 5 avril, à Port-Etienne du 7 au 9 avril, à Casablanca du 11 au 14 avril, à Cadix du 16 au 19 avril, à Lisbonne du 21 au 24 avril, à Saint-Nazaire du 27 avril au 1er mai avant de rentrer à Brest le lendemain 2 mai 1944.

Le croiseur est en entretien à flot du 3 au 27 juin 1944 avant une campagne d’essais à la mer du 28 juin au 5 juillet avant une remise en condition du 7 au 20 juillet.

Il appareille de Brest le 22 juillet pour Dakar où il arrive le 26 juillet. Il effectue une école à feu à Rufisque du 28 juillet au 12 août avant de rentrer à Brest le 16 août. Il est indisponible jusqu’à la fin du mois pour permettre à l’équipage de prendre ses permissions.

Il reprend la mer pour des sorties locales du 3 au 10 septembre (escale à Cherbourg du 11 au 13 septembre) et du 15 au 20 septembre pour un exercice en mer d’Iroise. Il prépare ensuite une nouvelle campagne qui sera cette fois un véritable tour du monde.

Le 24 septembre 1944, le croiseur-école quitte Brest, fait escale à Lisbonne du 28 septembre au 2 octobre puis après un exercice avec la marine portugaise, franchit le détroit de Gibraltar, fait escale à Tanger du 5 au 7 octobre puis à Valence du 9 au 11 octobre.

Après une escale à Marseille du 13 au 15 octobre, le croiseur-école est à Civitavecchia du 18 au 21 octobre puis à Tarente du 23 au 27 octobre avant un arrêt technique à Bizerte du 28 octobre au 5 novembre.

Reprenant la mer, il fait escale à Alexandrie du 8 au 12 novembre avant de franchir le canal de Suez le 13 novembre pour une escale à Djibouti du 17 au 20 novembre puis à Aden (22 au 25 novembre), à Mascate (26 au 29 novembre), à Bombay (1er au 4 décembre), à Cochin (6 au 8 décembre), à Colombo (10 au 13 décembre) et à Singapour du 14 au 18 décembre 1944.

Après un exercice avec les marines britanniques et néerlandaises, le croiseur-école fait escale à Batavia du 26 au 30 décembre puis à Saïgon du 3 au 8 janvier et à Manille du 11 au 14 janvier 1945.

Après un exercice avec l’Asiatic Fleet, la Jeanne d’Arc fait escale à Yokohama du 21 au 26 janvier puis à Pearl Harbor du 1er au 5 février et à Vancouver du 10 au 14 février. Le croiseur-école fait ensuite escale à Seattle du 16 au 20 février, à San Diego du 23 au 27 février avant de mouiller à Clipperton du 28 février au 5 mars.

Au cours de ce mouillage, un équipe d’ingénieurs étudie l’atoll pour éventuellement implanter en cas de conflit un aérodrome/hydrobase mais rapidement, cette possibilité est écartée.

Le croiseur-école reprend la mer le 6 mars, faisant escale à Acapulco du 9 au 12 mars avant de franchir le canal de Panama le 15 mars pour déboucher en mer des Caraïbes. Il file vers Kingston où il fait escale du 19 au 22 mars avant de gagner La Havane pour une escale du 24 au 27 mars.

Comme quasiment à chaque croisière, le croiseur-école fait escale à La Nouvelle Orléans du 30 mars au 3 avril puis à Miami du 6 au 10 avril et aux Bermudes du 13 au 16 avril. Il fait escale à Dakar du 21 au 25 avril puis à Casablanca du 28 avril au 3 mai.

Après une escale à Cadix du 5 au 8 mai 1945, le croiseur est à Porto du 11 au 14 mai, à Bordeaux du 17 au 20 mai avant de rentrer à Brest le 22 mai 1945.

Le croiseur-école entre alors en petit carénage dès le lendemain 23 mai. Il échoué au bassin n°3 du 27 mai au 14 août 1945 avec à la clé grattage et peinture de la coque, changement des hélices, modernisation des auxiliaires, installation de nouveaux radars, renforcement de la DCA (huit canons de 37mm Schneider en quatre affûts doubles et douze canons de 25mm Hotchkiss en six affûts doubles).

Remis à flot, il subit des travaux à quai jusqu’au 31 août. Il sort pour essais du 1er au 8 septembre avant remise en condition et préparation de la quatorzième croisière école d’application et ce jusqu’au 21 septembre 1945.

Le 25 septembre 1945, le croiseur-école quitte Brest pour sa nouvelle campagne école d’application centrée sur une circumnavigation autour du continent américain. Il traverse l’Atlantique en direction d’Halifax où il arrive le 1er octobre pour une escale jusqu’au 5 octobre avant un exercice avec la marine canadienne jusqu’au 8 octobre.

Il reprend ensuite la mer pour une escale à New York du 9 au 13 octobre puis à Norfolk du 16 au 19 octobre, à Miami du 22 au 25 octobre, à Veracruz du 28 au 31 octobre et après un exercice avec la marine mexicaine, le croiseur-école fait escale à La Havane du 4 au 9 novembre puis à Carthagène du 12 au 15 novembre, à Caracas du 18 au 20 novembre et à Cayenne du 22 au 25 novembre 1945.

Après un exercice avec l’aviso colonial Lapérouse et un destroyer brésilien, le croiseur-école fait escale à Belem du 30 novembre au 3 décembre puis à Rio de Janeiro du 7 au 12 décembre. C’est ensuite Montevideo qui accueille le croiseur-école du 14 au 16 décembre, embarquant quatre élèves-officiers uruguayens pour entrainement du 17 au 23 décembre avant que le croiseur-école ne passe les fêtes de fin d’année à Buenos Aires du 24 décembre au 2 janvier.

Après un exercice avec la marine argentine du 3 au 7 janvier, le croiseur-école fait escale à Mar del Plata du 10 au 14 janvier puis à Port Stanley du 17 au 20 janvier, le commandant du croiseur esquivant poliment les questions des journalistes anglais et argentins sur le devenir de l’archipel.

Il franchit ensuite le détroit de Magellan dans des conditions de mer difficiles ce qui fait que l’escale à Valparaiso du 1er au 5 février à des allures d’arrivée au paradis. Après un exercice avec la marine chilienne, le croiseur fait escale à Antofagasta du 12 au 15 février, à Lima du 19 au 22 février, à Guayaquil du 25 février au 1er mars avant de franchir le canal de Panama le 4 mars pour rentrer en métropole.

Il fait escale à San Juan de Porto Rico du 8 au 11 mars, à Fort de France du 13 au 17 mars puis après un exercice avec les FNFA, le croiseur-école traverse l’Atlantique direction Casablanca où il arrive le 22 mars.

Reprennant la mer le 27 mars, il fait escale à Gibraltar du 28 mars au 2 avril puis à Cadix du 4 au 8 avril, à Lisbonne du 12 au 17 avril, à Bordeaux du 20 au 24 avril, à Plymouth du 28 avril au 2 mai avant de rentrer à Brest le 5 mai 1946.

Après une période d’entretien à flot du 6 mai au 20 juin et une indisponibilité (permissions de l’équipage) jusqu’au 13 juillet, le croiseur léger sort pour essais du 15 au 22 juillet avant un stage de remise en condition en compagnie d’unités de la 2ème escadre du 23 juillet au 12 août 1946.

Il sort pour entrainement d’officiers de réserve du 21 au 27 août avec escale à Cherbourg jusqu’au 30 août. Rentré à Brest le lendemain 1er septembre, il sort pour entrainement au combat de nuit du 4 au 9 septembre, manquant de peu de s’échouer à l’entrée du goulet.

Rentré à Brest, il est indisponible du 12 au 18 septembre avant de sortir pour essais du 19 au 22 septembre puis de préparer la quinzième croisière école d’application.

Il quitte Brest le 27 septembre,fait escale à Vigo en Galice du 30 septembre au 2 octobre puis à Lisbonne du 4 au 7 octobre, escale délicate en raison d’une bagarre entre marins français et jeunes portugais pour apparemment une vulgaire histoire de fille.

Reparti le 7 octobre avec vingt-quatre heures d’avance, il fait escale à Casablanca du 9 au 12 octobre puis à Tanger du 13 au 15 octobre avant de franchir le détroit de Gibraltar le 16 octobre, direction Malaga où le croiseur-école fait escale du 18 au 21 octobre.

Le périple espagnol continu par une escale à Carthagène du 23 au 27 octobre, l’escale suivante à Valence du 1er au 5 novembre, étant précédé d’un exercice avec la marine espagnole (ce sera d’ailleurs le dernier du genre avant le conflit).

Après une escale à Barcelone du 6 au 10 novembre, le croiseur-école fait escale à Gênes du 12 au 15 novembre, à Naples du 18 au 21 novembre, à Patras du 23 au 26 novembre, au Pirée du 29 novembre au 2 décembre, à Thessalonique du 5 au 8 décembre, à Istanbul du 10 au 13 décembre et à Izmir du 15 au 18 décembre.

Après une exercice avec la DNL, la Jeanne d’Arc fait escale à Beyrouth du 23 au 27 décembre puis à Haïfa du 29 décembre 1946 au 3 janvier 1947 avant de franchir le canal de Suez et de gagner Djibouti où il fait escale du 10 au 15 janvier.

Le croiseur-école fait ensuite escale à Monbassa du 21 au 25 janvier, à Maputo du 29 janvier au 2 février, à Durban du 5 au 9 février, à Simonstown du 12 au 16 février puis à Luanda du 19 au 23 février 1947.

La Jeanne d’Arc franchit ensuite l’Atlantique Sud direction l’Argentine, faisant escale à Buenos Aires du 28 février au 3 mars, à Montevideo du 4 au 8 mars, à Rio de Janeiro du 12 au 15 mars, à Recife du 18 au 22 mars, à Cayenne du 25 au 28 mars, à Port of Spain du 30 mars au 2 avril, à Nassau du 6 au 8 avril, à Norfolk du 11 au 14 avril et à Boston du 17 au 21 avril. Après une ultime escale à Halifax du 25 au 30 avril, le croiseur-école franchit l’Atlantique et arrive à Brest le 5 mai 1947.

Le Jeanne d’Arc est échoué au bassin n°3 pour un petit carénage du 10 mai au 10 juillet 1947, un petit carénage qui voit surtout une remise en état des œuvres vives et des parties non accessibles à mer ou à flot.

Remis à flot le 10 juillet, il subit des travaux à flot jusqu’au 25 août. Il est en essais du 27 août au 4 septembre avant remise en condition et préparation de la seizième campagne du 6 au 18 septembre 1947.

Il appareille le 25 septembre 1947 direction le Canada, faisant escale à Halifax du 1er au 4 octobre puis après un exercice avec la marine canadienne, le croiseur-école fait escale à New York du 12 au 15 octobre puis à Philadelphie du 17 au 21 octobre et à Miami du 25 au 30 octobre.

Après une escale à Port au Prince du 3 au 7 novembre, le croiseur-école est à Kingston du 9 au 14 novembre puis à Colon du 16 au 19 novembre avant de franchir le canal de Panama le lendemain.

Dans le Pacifique, il mouille à Clipperton du 22 au 27 novembre avant de mettre cap au nord, faisant escale à Acapulco du 2 au 7 décembre puis à San Diego du 10 au 14 décembre, à San Francisco du 16 au 19 décembre, à Seattle du 22 au 27 décembre puis à Vancouver du 29 décembre 1947 au 4 janvier 1948.

Il met ensuite cap au sud, faisant escale à Los Angeles du 8 au 12 janvier puis franchit le canal de Panama le 19 janvier pour retrouver la mer des Caraïbes. Il fait escale à Carthagène du 23 au 27 janvier puis à Fort de France du 1er au 7 février.

Traversant l’Atlantique, il fait escale à Dakar du 12 au 16 février  puis à Casablanca du 19 au 22 février avant d’effectuer une boucle en Méditerranée. Franchissant le détroit de Gibraltar le 24 février 1948, la Jeanne d’Arc fait escale à Oran du 27 février au 1er mars puis à Tunis du 4 au 9 mars, à Ajaccio du 12 au 16 mars puis à Marseille du 17 au 21 mars.

Après une ultime escale à Nice du 23 au 27 mars, le croiseur-école reprend le chemin de Brest, faisant escale à Gibraltar du 2 au 5 avril puis à Bordeaux du 9 au 12 avril avant de rentrer à Brest le 16 avril.

Le croiseur Jeanne d’Arc est indisponible du 17 avril au 24 mai pour permettre à l’équipage de prendre ses permissions et au navire de subir un entretien à flot destiné à améliorer ses capacités militaires, la guerre étant jugé tellement proche que certains s’interrogent sur la pertinence de maintenir la dix-septième campagne d’application.

Après une sortie d’essais du 27 mai au 4 juin, le croiseur léger subit un stage de remise en condition du 8 juin au 2 juillet, enchainant par une école à feu sur le polygone de Rufisque. Il quitte pour cela Brest le 5 juillet et arrive à Dakar le 10 juillet. Le stage d’entrainement à lieu du 11 juillet au 15 août. Après une escale à Port-Etienne du 17 au 20 août, il rentre à Brest le 25 août 1948.

Alors qu’il préparait la dix-septième campagne, le croiseur-école reçoit l’ordre le 30 août de passer aux effectifs de guerre. La campagne école est annulée et comme huit ans plutôt, la Jeanne d’Arc est affecté aux Antilles pour une mission de présence, de surveillance et d’interception de navires allemands.

Il appareille à l’aube le 3 septembre, deux jours avant l’attaque allemande contre le Danemark et la Norvège que le croiseur apprend alors qu’il était en plein Atlantique. Il arrive à Fort de France le 10 septembre 1948 et ressort dès le lendemain pour une première patrouille dans les Petites Antilles avec pour mission de traquer les raiders allemands dont on soupçonnait la présence notamment suite à des interceptions radio.

Croiseur école Jeanne d'Arc 1940 schéma

Caractéristiques du croiseur-école Jeanne d’Arc

Déplacement :  standard théorique 6600 tonnes en charge normale 7893 tonnes le déplacement Washington est de 6496 tW.

Dimensions :  longueur hors tout 170m longueur entre perpendiculaires 160m largeur maximale 17.53m (17.50m à la flottaison) tirant d’eau en charge normale 5.85m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par quatre chaudières à petits tubes de type Du Temple dévellopant 32500ch et entrainant deux lignes d’arbres terminées par des hélices tripales.

Performances :  Théoriquement, le croiseur-école doit pouvoir dévelloper 32500ch à 300 tours/minute soit une vitesse de 25 noeuds mais au courant des essais, la Jeanne d’Arc à pu filer à 27.035 noeuds (puissance maximum normale PMN) et 27.86 noeuds à feux poussées (43600ch) au déplacement moyen de 6600 tonnes

La distance franchissable est de 6670 miles nautiques à 11 noeuds, 5600 miles nautiques à 16 noeuds, 3500 miles nautiques à 22 noeuds, 2900 miles nautiques à 24 noeuds et 2300 miles nautiques à 27 noeuds.

«Protection» :  autour des groupes avant et arrière des soutes à munitions, entre la cale et le premier faux pont, l’épaisseur des cloisons est portée à 20mm. Autour du blockaus la carapace à 30mm en deux plans de 15mm. Autour du tube reliant le blockaus aux postes centraux, la paroi à 20mm. Aucune protection horizontale.

Armement : 8 canons de 155mm modèle 1921 en quatre tourelles doubles, 4 canons de 75mm modèle 1922 en quatre affûts simples, deux canons de 37mm modèle 1925 en deux affûts contre-avions simples (CAS), huit mitrailleuses de 13.2mm en quatre affûts doubles, deux mitrailleuses Hotchkiss de 8mm et deux tubes simples modèle 1926 avec un champ de batttage allant de 40 à 140° pour le tube tribord et de 320 à 220°.

La DCA légère à été sensiblement modifiée, les canons de 37mm et les mitrailleuses ont été remplacés par huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 et douze canons de 25mm modèle 1939-40 en affûts doubles

Aviation : Une catapulte pour un hydravion (à partir de 1942)

Equipage :  26 officiers, 105 officiers-mariniers et 351 quartiers maitres et matelots soit 482 hommes plus 156 officiers-élèves, ces derniers étant répartis entre six postes de douze et six postes de quatorze

9-Croiseurs légers (4)

Le Primauguet

Le croiseur léger Primauguet

Le croiseur léger Primauguet

-Le Primauguet est mis sur cale à l’Arsenal de Brest le 16 août 1923 lancé le 21 mai 1924, armé pour essais le 1er février 1926, armé définitivement le 1er octobre 1926 et admis au service actif au sein de la 3ème division légère avec ses deux sister-ship en avril 1927.

Le troisième croiseur léger de classe Duguay-Trouin est le premier navire français à recevoir une catapulte pour hydravions de type Penhoët. D’août à octobre 1927, le Primauguet est déployé en Extrême Orient pour une croisière qui le conduit jusqu’au Japon.

Il effectue une autre mission de représentation en septembre 1928 avant de rallier Toulon, allant aux Antilles avec le Lamotte-Picquet début 1930 avant de retourner en Extrême Orient de mai 1932 à janvier 1936 et de novembre 1937 à juillet 1939, l’intermède étant occupé par une remise en état à Lorient.

Il passe les trois mois de la guerre de Pologne (septembre-décembre 1939) à Dakar pour patrouiller contre les raiders allemands écumant l’Atlantique.

Il reste déployé dans le port ouest-africain jusqu’au printemps 1940 avant de subir une période d’entretien au bassin du 4 juin au 2 septembre 1940. Après essais et remise en condition du 3 septembre au 1er octobre, il est détaché à Casablanca pour sécuriser le détroit de Gibraltar en liaison avec les britanniques alors qu’il dépendait déjà de la 6ème DC.

Le 4 novembre 1940, le Primauguet venu de Casablanca arrive à Toulon pour retrouver la 6ème DC qui atteint donc son format définitif à trois croiseurs.

La division ressort au complet pour exercices du 12 au 24 novembre avant une escale à Ajaccio du 25 au 30 novembre, à Tunis du 2 au 7 décembre, à Oran du 9 au 14 décembre avant de rentrer à Toulon le 15 décembre 1940 dans la soirée.

L’Amirauté décide de détacher à tour de rôle un «8000 tonnes» au Levant pour renforcer les moyens de la Division Navale du Levant (DNL). Le Primauguet est le premier à y être détaché à savoir de décembre 1940 à avril 1941.

Le croiseur léger va effectuer des missions de surveillance, de présence au large des mandats, de transports de troupes et d’appui-feu quand les patrouilles tombaient dans des embuscades. Le 16 avril 1941, le Duguay-Trouin arrive à Beyrouth et relève le Primauguet qui devient au passage navire-amiral de la 6ème DC et rentre à Toulon le 20 avril 1941.

Après une période d’entretien à flot jusqu’au 2 mai, il sort en compagnie du Lamotte-Picquet pour entrainement du 3 au 12 mai 1941 avant une escale commune à Alger jusqu’au 16 mai 1941. Après un exercice de bombardement littoral pour entrainer les défenses côtières du secteur d’Alger du 17 au 24 mai, les deux croiseurs font escale à Tunis du 26 au 30 mai, sont en entretien à flot à Bizerte du 31 mai au 8 juin 1941 avant de rentrer à  Toulon le 10 juin 1941.

Le 15 juin 1941, la ville de Brest devient ville-marraine du croiseur léger, Hervé de Potzmorguer dit Primauguet ayant périt dans cette ville au cours d’un combat contre les anglais.

Le Primauguet et le Lamotte-Picquet reprennent la mer pour des exercices avec deux divisions contre-torpilleurs de la 2ème escadre du 20 juin au 2 juillet 1941 en l’occurrence les  4ème DCT (contre-torpilleurs Tigre Lynx Panthère) et 7ème DCT contre-torpilleurs (Vautour Albatros Gerfaut) , les croiseurs servant d’abord de plastron aux contre-torpilleurs avant de pourchasser les lévriers des mers. Le groupe occasionnel (deux croiseurs et six contre-torpilleurs) fait escale à Nice du 3 au 10 juillet avant de rentrer à Toulon le 13 juillet 1941.

Le 21 juillet 1941, Port-Vendres inaugure sa nouvelle gare maritime pour les liaisons avec le Maroc et l’Algérie. Le Primauguet comme navire-amiral de la 6ème DC représente la marine pour la cérémonie d’inauguration, restant dans le port occitan jusqu’au 25 juillet quand il reprend la mer pour rentrer à Toulon le 28 juillet 1941. Il est indisponible du 28 juillet au 13 août 1941, reprenant la mer pour essais du 14 au 19 août avant remise en condition du 20 au 27 août 1941.

Le Duguay-Trouin reprend la mer pour essais du 16 au 18 septembre avant de s’entrainer avec le Primauguet qui lui rétrocède le pavillon de navire-amiral de la la 6ème DC. Les deux croiseurs sont à la mer du 21 septembre au 12 octobre, faisant escale à La Ciotat du 28 au 30 septembre et à Marseille du 13 au 16 octobre avant de rentrer à Toulon le 18 octobre 1941.

Les deux croiseurs sont de nouveau à la mer pour exercice du 20 au 30 octobre avant une escale à Nice du 1er au 4 novembre, le Primauguet et le Duguay-Trouin rentrant à Toulon le 6 novembre 1941.

Le 13 novembre 1941, le Primauguet arrive à Beyrouth pour relever son sister-ship. Après deux jours d’exercices en commun, le Lamotte-Picquet quitte le Levant le 16 novembre, ce dernier rentrant à Toulon le 25 novembre.

Le Primauguet comme lors de son premier séjour (décembre 1940-avril 1941) va effectuer des missions de surveillance et de présence au large des côtes de Levant, va surveiller les positions italiennes dans le Dodécannese ainsi que de missions d’entrainement et de maintien de l’ordre via notamment sa compagnie de débarquement ou en transportant des troupes.

Le 22 mars 1942, le Duguay-Trouin arrive à Beyrouth pour relever le Primauguet qui quitte Beyrouth le jour même, gagnant Bizerte. A noter qu’il fait le voyage à vide, ayant débarqué ses munitions à Beyrouth (obus de 155 et de 75mm, torpilles, grenades ASM) avant d’appareiller.

Arrivé le 25 mars à l’aube en Tunisie, il traverse le canal de Bizerte et mouille dans le lac avant d’être échoué dans le bassin n°3 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour une véritable modernisation dont le contenu est identique à celle qu’à subit le Duguay-Trouin.

Les hélices sont inspectées puis changées, la coque est grattée et repeinte, les principaux travaux concernent surtout l’électronique et l’armement. En effet, plusieurs radars sont installés, l’armement en torpilles est allégé avec les seules douze torpilles en poste dans les tubes et la DCA est changée.

Les 4 canons de 75mm modèle 1922 sont remplacés par 4 canons de 90mm modèle 1926 en affûts simples et les 6 affûts doubles de 13.2mm sont remplacés par 8 canons de 37mm Schneider modèle 1941 en affûts doubles. La catapulte est maintenue mais le Gourdou-Lesseure GL.832 est remplacé par un Loire 130 plus moderne et plus efficient.

Il est remis à flot le 27 novembre puis conduit au quai d’armement pour des travaux complémentaires jusqu’au 15 décembre avant des essais à la mer au large de la Tunisie du 16 au 21 décembre suivit d’un stage de remise en condition avec école à feu du 22 décembre 1942 au 7 janvier 1943 avant de rentrer à Toulon le 12 janvier 1943.

A cette époque, le Primauguet est le seul croiseur léger de la 6ème DC disponible, le Lamotte-Picquet étant en travaux à Bizerte alors que le Duguay-Trouin avait déjà quitté la 6ème DC pour gagner l’Indochine et être affecté aux FNFEO dont il va devenir au mois de mai le navire-amiral.

Le Primauguet ressort pour entrainement du 21 au 28 janvier avant une escale à Nice du 29 janvier au 4 février suivit d’un entrainement au combat de nuit du 5 au 9 février. Après une escale à Bastia du 10 au 15 février et en rade de Villefranche du 16 au 19 février, il rentre à Toulon le 21 février 1943.

Après une indisponibilité accidentelle mise à profit pour embarquer huit canons de 25mm Hotchkiss modèle 1940-41 en affûts doubles du 2 au 15 mars, le croiseur léger sort pour essais au large de Toulon du 16 au 20 mars avant de reprendre l’entrainement en servant de plastron aux défenses côtières du secteur de Toulon et ce du 22 mars au 2 avril. Il mouille aux Salins d’Hyères du 3 au 9 avril avant de rentrer à Toulon le lendemain 10 avril 1943.

Le 15 avril 1943, il quitte Toulon chargé de matériels, de techniciens et d’ouvriers militaires qu’il débarque à Casablanca le 19 avril 1943. Ses soutes complétées, le Primauguet arrive à Dakar le 23 avril pour un stage au polygone de tir de Rufisque du 25 avril au 8 mai 1943. Après une escale à Port-Etienne du 9 au 15 mai et à Casablanca du 17 au 21 mai, il rentre à Toulon le 26 mai 1943 dans la soirée.

Le Primauguet sort à nouveau du 4 au 12 juin pour un entrainement de défense aérienne à la mer où sa DCA doit défendre le navire contre des avions torpilleurs Bloch MB-175T, des bombardiers horizontaux Bréguet Br695 et des bombardiers en piqué Douglas SBD-3 Dauntless. Après une escale à Nice du 13 au 20 juin, le croiseur léger rentre à Toulon le 22 juin.

Le Primauguet participe du 2 au 13 juillet à la remise en condition de son sister-ship le Lamotte-Picquet, les deux croiseurs rentrant le lendemain à Toulon, les compagnies de débarquement défilant à Toulon pour la fête nationale.

Le 10 octobre 1943, Le Lamotte-Picquet sort de Toulon pour accueillir le Chateaurenault. Ce dernier avait été construit à La Seyne sur Mer  mais venait de réaliser sa traversée de longue durée en Amérique du Sud suivit d’une école à feu à Rufisque.

Le Primauguet aurait du faire de même mais il est immobilisé pour une avarie technique jusqu’au 5 octobre. Réparé, il sort pour essais du 6 au 10 octobre avant un entrainement combiné du 11 au 18 octobre, rentrant à Toulon le lendemain.

Le 19 octobre 1943, la 6ème DC est dissoute mais reconstituée dès le lendemain avec le De Grasse et le Chateaurenault en attendant le Guichen. Le Primauguet est lui placé hors rang en attendant son redéploiement outre-mer.

Le Primauguet ressort pour un exercice avec deux division de contre-torpilleurs de la 2ème Escadre du 21 au 31 octobre en l’occurence les 2ème DCT (Guépard Lion Bison) et 5ème DCT (Aigle Albatros Gerfaut) plus le contre-torpilleur Marceau chargés d’intercepter plusieurs cargos «ennemis» symbolisés par des cargos affrétés durant cette période par la marine. Le croiseur léger, les torpilleurs et les contre-torpilleurs rentrent à Toulon le soir même.

Après un entrainement aviation du 1er au 5 novembre, le croiseur léger subit une période d’entretien à flot du 6 au 12 novembre avant les essais à la mer réglementaires du 13 au 16 novembre et la remise en condition du 18 au 30 novembre 1943. Après une escale à Bastia du 1er au 5 décembre, il rentre à Toulon le 7 décembre à l’aube.

Le 12 décembre 1943, le croiseur léger Guichen arrive à Toulon. Le troisième croiseur léger de classe De Grasse avait été construit à Bordeaux et venait d’être admis au service actif après son départ de Dakar. A son arrivée à Toulon, il est affecté à la 6ème DC qui atteint son format définitif à trois bâtiments.

Le Primauguet va rester déployé en métropole jusqu’au printemps 1944 le temps que le Guichen prenne ses marques et que son équipage soit rodé. Comme un passage de témoin, le Primauguet va sortir avec le Guichen du 15 au 24 décembre 1943 pour un entrainement combiné dans le Golfe du Lion.

Il est décidé de l’affecter aux Antilles aux sein des Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA) dont la base principale est Fort de France en Martinique. Avant de rejoindre son nouveau théâtre d’opérations, le croiseur léger va subir un petit carénage à Toulon.

Il est déclaré indisponible le 27 décembre 1943, débarque ses munitions et vidange ses soutes. Il est échoué le 2 janvier dans le bassin n°2 du Missiessy pour deux mois de travaux jusqu’au 15 mars 1944 quand il est remis à flot et remorqué au quai d’armement pour des travaux complémentaires.

Armé pour essais le 6 avril 1944, il sort en mer du 7 au 15 avril puis du 18 au 25 avril avant de refaire le plein de munitions et d’embarquer son nouvel hydravion, un Dewoitine HD-731 flambant neuf mais l’appareil qui lui est destiné s’abime à l’amerrissage.

Après un stage de remise en condition au large de Toulon du 28 avril au 12 mai 1944, le croiseur léger quitte le Var le 14 mai, fait escale à Casablanca le 19 mai puis traverse l’Atlantique en direction de Fort de France où il arrive le 25 mai 1944.

Le 26 mai 1944, le croiseur léger Primauguet devient navire-amiral des Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA) avec Fort de France comme port d’attache

Le nouveau navire-amiral à une vaste zone de responsabilité correspondant à l’actuelle Zone Maritime Antilles-Guyane (ZMAG) avec comme principaux navires deux avisos coloniaux, le Bougainville stationné à Fort de France et le Lapérouse déployé à Cayenne en Guyane française puis le pétrolier Loing chargé de ravitailler les dépôts carburants depuis les gisements vénézuéliens, mexicains et texans. Le reste est composée d’une véritable poussière navale fait de navires construits sur place ou des unités de seconde main, plusieurs chalutiers notamment.

Après une période d’indisponibilité jusqu’au 9 juin 1944, le croiseur léger ressort pour entrainement avec le Bougainville, un exercice de défense et d’attaques de convois du 12 au 25 juin avant une escale à Pointe à Pitre jusqu’au 30 juin.

Les deux navires ressortent pour un exercice de défense aérienne à la mer du 1er au 8 juillet 1944, l’aviso colonial inaugurant sa nouvelle DCA. Aux quatre canons de 37mm modèle 1925 et aux six mitrailleuses de 13.2mm en trois affûts doubles, le Bougainville à préféré quatre canons de 37mm modèle 1941 en deux affûts doubles et six canons de 25mm modèle 1939-40 en trois affûts doubles.

Après une nouvelle escale à Pointe à Pitre du 9 au 12 juillet, les deux navires rentrent le lendemain à Fort de France. Le 14 juillet 1944, une mini-revue navale est organisée au large de Fort de France avec le croiseur léger, l’aviso colonial et le pétrolier qui dans la foulée prend la mer pour le Texas afin de charger du mazout.

Le croiseur léger Primauguet ressort pour un exercice combiné du 20 juillet au 8 août 1944 avant de rentrer le lendemain à Fort de France. Il est indisponible jusqu’à la fin du mois d’août avant de ressortir pour essais du 1er au 5 septembre et du 7 au 12 septembre avant de reprendre l’entrainement par une série d’exercices (défense aérienne à la mer, bombardement littoral, défense et attaque de convois, raids amphibies) du 15 septembre au 18 octobre 1944.

Le 25 octobre 1944, le croiseur léger quitte Fort de France pour une croisière de représentation dans sa zone de déploiement. Il fait escale à Caracas (Venezuela) du 27 au 30 octobre, à Port of Spain (Trinité et Tobago) du 2 au 4 novembre et à Cayenne du 7 au 13 novembre 1944. Il repart le lendemain, faisant escale à Belem (Brésil) du 15 au 20 novembre avant de remontrer vers le nord direction Georgetown (Guyana) où le croiseur fait escale du 24 au 28 novembre.

Il mouille ensuite à San Juan (Porto Rico) du 4 au 8 décembre, à Kingston (Jamaïque) du 11 au 15 décembre avant de rentrer à Fort de France le 19 décembre et d’être indisponible jusqu’à la fin de l’année pour réparations et entretien courant, toujours l’occasion d’améliorations diverses et variées.

Après une sortie d’essais du 3 au 10 janvier 1945, le croiseur léger ressort pour entrainement avec le Bougainville du 11 au 30 janvier avant de faire escale à Basse Terre du 1er au 4 février puis de rentrer le lendemain à Fort de France.

Le 5 février 1945, le croiseur léger quitte Fort de France pour le Sénégal, arrivant à Dakar le 11 février 1945, faisant trois jours escale jusqu’au 14. Il assure une Ecole à feu à Rufisque du 15 février au 3 mars avant de revenir dans le port de Dakar.

Il embarque un bataillon de 600 tirailleurs sénégalais et appareille le 5 mars pour Cayenne où il arrive le 9 mars. Il débarque ce bataillon destiné à renforcer la défense de la Guyane française suite à plusieurs attaques de postes par des éléments non identifiés.

Le croiseur léger reprend la mer le 11 mars 1945, manoeuvre avec l’aviso colonial Lapérouse du 12 au 19 mars avant de regagner Fort de France le 27 mars 1945.

Après une période d’entretien à flot du 28 mars au 15 avril, le croiseur léger est à la mer pour essais du 16 au 20 avril avant un exercice combiné avec l’armée de l’air, le croiseur s’entrainant contre les chasseurs Dewoitine D-520 basés à Fort de France et contre les bombardiers moyens Douglas DB-7 du 25 avril au 2 mai 1945.

Rentré à Fort de France le 3 mai 1945, il appareille en urgence le 5 mai avec à son bord une compagnie de gendarmes mobiles qu’il transporte à Pointe à Pitre secouée par de violentes émeutes liés à la mort d’un leader indépendantiste peu après son arrestation. La présence du croiseur est dissuasif pour éviter l’extension des émeutes qui vont néanmoins secouer la Guadeloupe jusqu’à la mi-mai.

Elles servent d’électrochoc et accélère le vote du statut d’autonomie de la colonie qui devient une généralité _un statut à mi-chemin entre le département et la province_ tout comme la Martinique, la Guyane mais également la Réunion.

Le Primauguet rembarque les gendarmes mobiles le 20 mai 1945 et rentre à Fort de France le 22 mai. Il ressort pour un exercice de combat de nuit du 24 au 28 mai avant une escale à Castries (Saint Lucie) du 29 mai au 5 juin. Il rentre à Fort de France le lendemain 6 juin 1945.

Le 12 juin 1945, le Dewoitine HD-730 n°1 s’abime peu après son catapultage au large de Fort de France alors que le croiseur menait un exercice de surveillance et de protection de la Martinique mais son équipage est récupéré après ce bain renforcé.

Le deuxième appareil est interdit de vol mais l’enquête montre que c’est la catapulte qui est en cause et celle-ci est débarquée, une autre est commandée en métropole. En attendant sa livraison, le Dewoitine HD 730 n°2 va être mis à l’eau par la grue mais ne sera pas récupéré, rentrant directement à l’hydrobase de Fort de France.

L’exercice interrompu est repris sans catapulte le 18 juin et s’achève le 25 juin, le navire-amiral des FNFA rentrant à Fort de France le lendemain 26 juin avant une période d’indisponibilité jusqu’au 15 juillet 1945.

Il reprend la mer pour essais du 16 au 20 juillet avant remise en condition avec l’aviso colonial Bougainville du 21 juillet au 3 août. Les deux navires font escale font ensuite escale à Oranjestad (Aruba) du 4 au 8 août, à Wilhelmstad (Curaçao) du 9 au 14 août, à Caracas (Venezuela) du 16 au 19 août avant de rentrer à Fort de France le 22 août 1945.

Il sort à nouveau pour entrainement du 1er au 12 septembre 1945, se ravitaillant à la mer au pétrolier Loing équipé depuis peu d’un système de ravitaillement à la mer à couple. Après une escale à Pointe à Pitre (Guadeloupe) du 13 au 16 septembre, le croiseur léger rentre à Fort de France le lendemain 17 septembre 1945.

Le 21 septembre 1945, le cargo Victor Schoelcher arrive à Fort de France. A bord, des obus de 138mm, de 155mm et de 90mm, plusieurs radars en pièces détachées et surtout une catapulte hydraulique Penhoët et trois Dewoitine HD-731 flambants neufs, les 7ème, 11ème et 13ème appareils de série

Le Primauguet est en travaux du 22 au 27 septembre pour recevoir sa nouvelle catapulte toujours sur la plage arrière, catapulte essayée sans appareils puis en mer avec un Dewoitine HD-731 du 28 au 30 septembre. Il effectue un exercice de surveillance du 1er au 12 octobre avant une escale à Port of Spain du 14 au 19 octobre avant de rentrer à Fort de France le 21 octobre 1945.

Il effectue un exercice de défense aérienne à la mer du 25 au 30 octobre puis un exercice de bombardement littoral du 2 au 8 novembre, guidé par les Dewoitine D-720 de coopération de l’armée de l’air.

Le 12 novembre 1945, il quitte Fort de France pour une Ecole à feu à Rufisque. Il arrive à Dakar le 19 novembre et entame son entrainement le 21 novembre.

Il tire contre la terre du 21 au 25 novembre, en mer du 26 au 30 novembre avant de servir de plastron aux défenses côtières du secteur de Dakar du 2 au 8 décembre.

Après une ultime escale dans la capitale de l’AOF du 9 au 11 décembre, le croiseur rentre à Fort de France le 18 décembre et reste indisponible jusqu’à la fin de l’année.

Après une sortie d’essais du 4 au 10 janvier 1946, il sort pour un entrainement en solitaire, restant en mer non stop du 11 au 30 janvier, ravitaillé à la mer par le Loing.

Il enchaine successivement par un exercice de défense aérienne à la mer (11 au 15 janvier), de bombardement littoral (16 au 21 janvier), de raid amphibie (22 au 25 janvier) et de couverture de la navigation commerciale (26 au 30 janvier) avant de rentrer le lendemain à Fort de France.

Il est indisponible pour avarie du 2 au 20 février 1946, passant au bassin du 3 au 15 février. Il sort pour essais du 21 au 25 février avant remise en condition du 26 février au 5 mars 1946. Il ressort à nouveau pour un exercice de protection des lignes de navigation du 12 au 21 mars avant de rentrer à Fort de France le lendemain 22 mars.

Le 25 mars 1946, il appareille pour une mission de présence dans le sud de sa zone de responsabilité. Il fait escale à Port of Spain (Trinidad et Tobago) du 28 au 31 mars, à Georgetown du 2 au 6 avril et à Cayenne du 9 au 14 avril. Il fait une escale à Belem (Brésil) du 16 au 21 avril avant de rentrer à Fort de France le 27 avril.

Après un exercice de combat de nuit du 1er au 6 mai 1946, le Primauguet transporte une compagnie d’infanterie coloniale entre Fort de France et Pointe à Pitre pour une simulation de raid amphibie couvert par des tirs simulés et des tirs d’obus fumigènes et ce du 8 au 15 mai. Il rentre à Fort de France le lendemain 16 mai 1946.

Le désarmement du Lamotte-Picquet entraine une réorganisation du dispositif français dans l’Océan Indien. On envisage un temps de déployer une division de contre-torpilleurs avant de finalement choisir de déployer à Djibouti le croiseur léger Primauguet. La décision est officiellement prise le 17 mai 1946.

Le Primauguet subit un petit carénage à Fort de France du 24 mai au 12 juillet 1946 pour une remise en état complète, un changement des hélices, une visite des turbines, des chaudières, un grattage de la coque et une nouvelle peinture.

La DCA est renforcée portée à 12 canons de 25mm en six affûts doubles, le nombre de canons de 37mm reste identique (huit en quatre affûts doubles).

Après essais réglementaires du 13 au 25 juillet, le Primauguet appareille le 28 juillet de la Martinique, fait escale à Dakar du 7 au 9 août, Douala au Cameroun du 12 au 15 août, Simonstown (Afrique du Sud) du 22 au 24 août, Diego-Suarez du 27 au 29 août avant de gagner Djibouti le 4 septembre 1946.

Le Primauguet déployé à Djibouti effectue une mission de surveillance dans le Golfe d’Aden du 12 au 20 septembre avant une escale à Aden du 21 au 27 septembre suivit d’une nouvelle mission de présence et de surveillance du 28 septembre au 4 octobre. Il rentre à Djibouti le 6 octobre 1946. Il sort à la mer pour un exercice de défense aérienne du 10 au 15 octobre avant d’être de retour au port le lendemain, 16 octobre 1946.

Le 10 septembre 1946, le croiseur lourd Duquesne s’échoue au Cap Saint-Jacques en Indochine. A l’issue de longs et coûteux travaux de renflouage, le Duquesne est récupéré mais jugé irrécupérable et désarmé le 4 octobre puis condamné le 9 octobre 1946.

Dès le 12 octobre 1946, décision est prise de transférer le Tourville en Indochine et de relocaliser le Primauguet à Diego-Suarez.

Le croiseur léger reste cependant pour l’instant à Djibouti, sortant pour une mission de surveillance dans le Golfe d’Aden et au large de la Somalie italienne du 20 au 30 octobre.

A cette occasion, on frôle d’ailleurs l’incident diplomatique, le Dewoitine HD-731 du croiseur est intercepté par un chasseur italien qui probablement dissuadé par sa hierarchie renonce à obliger l’hydravion à amerrir en Somalie. Le croiseur léger rentre à Djibouti le 4 novembre.

Il passe au bassin du 5 au 20 novembre pour inspection suite à des vibrations à grande vitesse et les travaux terminés, il sort pour essais du 22 au 27 novembre avant d’enchainer par un entrainement avec l’aviso colonial Savorgnan de Brazza du 28 novembre au 4 décembre 1946.

Le 11 décembre 1946, après seulement deux mois à Djibouti, le croiseur léger quitte le territoire de la Côte Française des Somalis pour Madagascar. Le 17 septembre 1946 à 50 miles de Diego-Suarez, il croise le croiseur lourd Tourville en route pour l’Indochine. Le Primauguet s’amarre au quai Gallieni le lendemain 18 décembre 1946.

Le 20 décembre 1946, le croiseur léger Primauguet devient navire-amiral des Forces Navales en Afrique Equatoriale Française (FNAEF).

Après une période d’entretien à flot du 21 décembre 1946 au 8 janvier 1947, le croiseur léger sort pour essais du 9 au 12 janvier avant un entrainement au large de Diego-Suarez du 13 au 22 janvier.

Il ressort le 2 février 1947 pour un exercice avec l’aviso colonial D’Entrecasteaux jusqu’au 12 février, les deux navires faisant escale à La Réunion du 13 au 18 février puis à Port Louis (Ile Maurice) du 19 au 25 février avant de rentrer à Diego Suarez le 28 février 1947.

Après une période d’indisponibilité accidentelle du 2 au 20 mars, le croiseur léger ressort pour essais du 21 au 25 mars avant remise en condition du 26 mars au 5 avril 1947. Il enchaine par un exercice de défense aérienne à la mer du 9 au 15 avril puis par un exercice de bombardement littoral du 17 au 23 avril 1947. Il est de retour à Diego Suarez le 30 avril après une escale à Port-des-Galets à La Réunion du 24 au 28 avril.

Le 5 mai 1947, le croiseur léger appareille pour une vaste tournée dans l’Océan Indien. Il fait escale à Maputo, capitale du Mozambique portugais  du 9 au 14 mai, à Dar-es-Salam (Tanzanie) du 17 au 21 mai, à Zanzibar du 22 au 25 mai, à Monbassa du 26 au 29 mai, à Mogadiscio (Somalie italienne) du 31 mai au 2 juin (et ce en dépit des tensions entre Paris et Rome), à Djibouti du 5 au 8 juin, à Aden du 10 au 13 juin, à Mascate du 15 au 18 juin, à Karachi du 20 au 23 juin, à Bombay du 26 au 28 juin, à Cochin du 30 juin au 2 juillet puis à Colombo du 4 au 7 juillet. Il reprend ensuite le chemin du retour, faisant escale à Mahé du 9 au 11 juillet, à La Réunion du 13 au 15 juillet avant de rentrer à Diego Suarez le 18 juillet 1947.

Après une période d’indisponibilité du 19 juillet au 30 août 1947, le Primauguet ressort pour essais du 1er au 4 septembre avant remise en condition en compagnie du D’Entrecasteaux du 6 au 21 septembre 1947.

Le croiseur léger et l’aviso colonial ressortent pour un exercice de combat de nuit, exercice mené du 24 au 29 septembre 1947, exercice qui se termine par un abordage sans gravité du croiseur par l’aviso mais mis à part un enfoncement à tribord et quelques trous, il n’y à rien à signalé.

Le croiseur léger effectue ensuite un transport rapide, celui d’une compagnie de tirailleurs malgaches à La Réunion pour compléter la garnison désormais organisée autour du bataillon mixte d’infanterie malgache (BMIM) quittant pour cela Madagascar le 2 octobre et arrive le 5 octobre à Port-des-Galets.

Il sert ensuite de plastron aux nouvelles batteries côtières récemment aménagées du 7 au 12 octobre avant de rentrer à Diego Suarez le 14 octobre 1947.

Du 2 au 8 novembre 1947, le Primauguet est à la mer pour un exercice de défense aérienne à la mer avant de gagner Port Louis (Ile Maurice) pour une escale du 10 au 15 novembre, prétexte à une célébration franco-britannique de la fin du premier conflit mondial. Après une escale à La Réunion du 17 au 22 novembre, le croiseur léger rentre à Diego Suarez le 24 novembre.

Après une période d’indisponibilité du 25 novembre au 4 décembre, le croiseur léger sort pour essais du 5 au 8 décembre avant de s’entrainer intensivement du 9 au 13 décembre et du 17 au 23 décembre, passant les fêtes de fin d’année à La Réunion jusqu’au 3 janvier quand il reprend la mer pour rentrer à Diego-Suarez le 5 janvier 1948.

Après une sortie au large du Cap d’Ambre du 10 au 16 janvier 1948, le croiseur léger rentre à Diego-Suarez le lendemain. Il transfert le pavillon de navire-amiral à l’aviso D’Entrecasteaux le 18 janvier puis débarque ses munitions et vidange ses soutes.

Il est échoué dans le bassin n°1 le 20 janvier 1948 et reste au sec jusqu’au 24 juin. La coque est grattée et repeinte, les hélices et les gouvernails inspectées, l’électronique remise à jour, l’artillerie modernisée.

Remis à flot le 24 juin, il passe au quai d’armement jusqu’au 12 juillet quand il est armé pour essais, essais réalisés du 13 au 17 juillet avant remise en condition opérationnelle du 18 au 30 juillet 1948.

Le 2 août 1948, le croiseur léger redevient navire-amiral des FNAEF en remplacement du D’Entrecasteaux qui à son tour va entrer en carénage.

Le croiseur léger sort pour exercices du 5 au 12 août (défense aérienne à la mer). Au cours de cet exercice, le Dewoitine D-720 du GCRO (Groupe Colonial de Reconnaissance et d’Observation) chargé de surveiller le déroulement de l’exercice est abattu accidentellement par la DCA du croiseur mais fort heureusement, l’équipage parvient à sauter en parachute avant que l’avion ne s’abime en mer. Inutile de vous dire que les canonniers à la gâchette un peu trop facile ont entendu parlé du pays……….. .

Après un exercice de bombardement littoral du 13 au 18 août, le croiseur léger s’entraine à la navigation et au combat de nuit du 21 au 26 août, mouillant le jour dans différents lieux de la côte malgache.

Rentré à Diego-Suarez le 27 août 1948, il sort encore pour un exercice de surveillance et d’attaque antinavire du 29 août au 3 septembre, rentrant à Diego-Suarez le 7 septembre après une escale à Port Louis.

Le Primauguet en 1939

Le Primauguet en 1939

Caractéristiques Techniques de la classe Duguay-Trouin

Déplacement :  charge normale 8760 tonnes surcharge 9656 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 181.03m longueur à la flottaison : 175m largeur maximum à la flottaison : 17.2m Tirant d’eau maximum 5.86m

Propulsion : 4 groupes de turbines Parson alimentées par 8 chaudières Guyot du Temple dévellopant une puissance totale de 102000 ch et actionnant quatre hélices quadripales

Performances : Vitesse maximale : 34 nœuds Distance Franchissable : 3600 miles nautiques à 14 noeuds

Protection : Pont principal 10mm premier pont 20mm Tourelles 30mm Blockhaus 30mm

Électronique :  radars installés au cours de la décennie quarante essentiellement un radar de veille surface, un radar de veille aérienne, deux radars de conduite de tir pour l’artillerie principale.

Armement d’origine :  8 canons de 155mm modèle 1921 en quatre tourelles doubles; 4 canons de 75mm modèle 1922 en quatre affûts simples. Ce canon de 50 calibres tir des obus de 6 kilos à 15000m avec un plafond de 7500m à raison de 12 coups par minute

-12 mitrailleuses de 13.2mm en six affûts doubles  

-12 tubes lance-torpilles de 550mm en quatre plate-formes triples avec un stock de 24 torpilles. La torpille standard est la 23DT qui porte à 9000m à 39 noeuds et 13000m à 35 noeuds.

-15 grenades ASM de 35kg

Aviation :  une catapulte installée à la poupe avec un hydravion généralement un Gourdou-Lesseure GL-832, un Loire 130 puis un Bréguet Br790 ou un Dewoitine HD-731.

Equipage :  27 officiers 102 officiers mariniers et 452 matelots.