24-Armée de l’air (5)

B-Tactiques de combat et stratégie générale

Avant-propos

L’armée de l’air se modernise sur le plan matériel mais également sur le plan doctrinaire car pour tirer la quitescence de ces avions dont la modernité et l’efficacité n’à rien à envier aux réalisations tant ennemies qu’alliées, il faut une doctrine d’emploi, des tactiques.

Il à également fallut définir une stratégie générale, une attitude précise contre tel ou tel pays qu’il soit ennemi ou simplement neutre.

La chasse : une attitude agressive

Selon une directive du 17 juin 1945, le Commandement de la Défense Aérienne du Territoire (CDAT) à les missions suivantes :

-Défense aérienne du territoire et des installations sensibles de jour et de nuit

-Couverture des troupes au sol

-Escorte des bombardiers et des avions d’assaut

-Missions de chasse libre sur les arrières de l’ennemi

-La Défense aérienne du territoire est assurée d’abord par les escadrilles régionales de chasse, des unités de défense locale généralement équipées d’appareils en voie de déclassement mais jugés encore bon pour cette mission.
Elles peuvent être secondées par les escadres de chasse de jour et de nuit dans le cadre d’une offensive aérienne majeure de l’ennemi où les distinctions entre le front et la défense locale s’effacent.

La Défense Antiaérienne du Territoire (D.A.T) à naturellement son rôle à jouer, assurant un rôle passif notamment de nuit car en dépit du dévellopement de la chasse de nuit, certains aviateurs font plus confiance à l’artillerie antiaérienne qu’à la chasse nocturne.

-La Couverture des troupes au sol est le rôle assigné aux escadres de chasse notamment aux monomoteurs plus maniables que les bimoteurs. La directive du 17 juin 1945 prévoit une couverture aérienne permanente par des patrouilles doubles (deux avions) ou triples (trois avions).

Ces patrouilles sont destinés à détruire aussi bien les avions d’observation que les bombardiers en piqué voir de mener des raids de chasse libre juste en arrière du front en mitraillant des concentrations de troupes, des véhicules isolés.

Dans cette configuration, il est prévu que les appareils engagés soient équipés d’un réservoir supplémentaire pour leur permettre de tenir de longues heures au dessus du front voir à la place des conteneurs de bombes légères pour des raids de harcèlement contre des cibles peu ou pas protégées.

-L’Escorte des bombardiers et des avions d’assaut est également une mission importante pour la chasse bien que certains théoriciens partisans de Douhet estiment qu’un groupe de bombardiers par le feu croisé de ses mitrailleuses peut empêcher des chasseurs même mordants et agressifs d’abattre des avions ou perturber le raid.

Bien qu’elle ait un temps été séduite par les théories du général italien (confere le programme BCR), l’armée de l’air estime nécessaire pour ses bombardiers de disposer d’une escorte de chasse soit une escorte fixe ou alors une escorte mobile où les chasseurs utiliseraient les bombardiers comme appâts.

-La Mission de chasse libre sur les arrières de l’ennemi n’est que tardivement intégrée au panel de missions de la chasse française suite aux manoeuvres de l’été 1947 où certains pilotes audacieux, contournant la règle filèrent au dessus des état-majors et effectuèrent des passages à basse altitude qui rendirent furieux les officiers présents mais fit réfléchir tout le monde sur l’efficacité d’une poignée de chasseurs lancés sur les arrières de l’ennemi.

Bien que cette mission soit davantage taillée pour des bimoteurs agiles et puissants, les monomoteurs munis d’un réservoir supplémentaire peuvent envisager de roder sur les arrières ennemis et de détruire camions, plots logistiques, postes de commandement voir de perturber le décollage des avions ennemis.

Bombardement horizontal ou bombardement en piqué ? Les deux mon général !

Dans le même décret traduisant en faits concrets la mission de la chasse, on trouve également plusieurs pages sur les missions des unités d’attaque qu’il s’agisse des groupes d’appui rapproché, des unités de bombardement en piqué, des unités d’assaut, des unités de bombardiers légers, les unités de bombardement moyen et les unités de bombardement lourd.

A la différence de la chasse où toutes les unités peuvent mener toutes les missions précitées, les unités de bombardement sont nettement plus spécialisées.

-Les groupes d’appui-rapproché équipés de Potez 640 sont les sentinelles du champ de bataille en compagnie des avions de coopération Dewoitine D-720. Si ces derniers doivent esquiver et louvoyer pour échapper à l’ennemi, les Potez 640 peuvent y aller franco en utilisant un blindage épais pour encaisser les coups en étant capable de les rendre.

Avec son canon de 25mm à haute vitesse initiale, il peut frapper les chars ennemis pour faciliter la percée mais également certains blockaus et certains obstacles.

-Les unités de bombardement en piqué peuvent opérer avec les Potez 640 et les Dewoitine D-720 pour notamment neutraliser les positions d’artillerie et les objectifs difficiles à détruire par un bombardement horizontal mené par exemple par les unités d’assaut.

Avion d'assaut Bréguet Br693

Avion d’assaut Bréguet Br693

-Les unités d’assaut équipées de Bréguet 693/695/696 sont destinées à accompagnés les unités de combat, de leur permettre de repousser l’ennemi en bénéficiant d’un solide appui de feu. Ils doivent attaquer en vol horizontal ou en semi-piqué sur le front et dans ses arrières immédiats.

-Les unités de bombardiers légers peuvent compléter l’action des précédents même si étant souvent déployés dans l’Empire (quatre escadres sur sept), ils les remplacent dans ces conditions notamment en cas d’intervention contre l’ASI voir une conquête du Maroc espagnol ou une intervention dans les Balkans depuis le Levant.

-Les unités de bombardiers moyens peuvent appuyer les troupes au sol sur la ligne de front mais leur mission principale est de frapper les arrières ennemis, de frapper les axes de communication routiers et ferroviaires, les ponts, les dépôts voir l’industrie, utilisant leur vitesse à moyenne altitude pour échapper à la chasse et à la DCA ennemie même si une escorte de chasse est prévue.

L'élégant Lioré et Olivier Léo 451

L’élégant Lioré et Olivier Léo 451 était l’un des bombardiers moyens

-Les unités de bombardiers lourds ont une mission stratégique. Ils doivent frapper l’industrie ennemie, déranger la production de guerre et perturber la montée des renforts vers le front.

Reconnaissance et observation

Les unités du Commandement de Reconnaissance et de Coopération (CRC) ont des unités adaptées à chaque type de mission.

-La reconnaissance stratégique à haute altitude est menée par des avions spécialement adaptés des Bloch MB-178 (qui peuvent également servir de bombardiers) chargés de surveiller des cibles stratégiques en utilisant leur plafond élevé pour échapper à l’interception.

-La reconnaissance tactique est menée sur le front et dans un rayon de 50 à 200km derrière ce dernier avec pour mission quasi-exclusive de surveiller les mouvements de troupes, les convois militaires, la construction de dépôts et de fortifications.

-L’observation et la coopération sur le champ de bataille est destinée à opérer sur le front même de servir de sentinelle, d’yeux pour les unités de reconnaissance et les unités de pointe. C’est la mission clé des GAO rattachés aux corps d’armée.

Transport

La mission des unités de transport de l’armée de l’air sont les suivantes :

-Ravitaillement des têtes de pont

-Ravitaillement des troupes encerclées

-Soutien aux Groupes d’Infanterie de l’Air (qui disposaient à l’originee de leurs propres avions)

-Dans l’Empire, les Groupes Légers de Transport (GLT) sont chargés de ravitailler les postes isolés quand les routes sont trop peu sures.

La Stratégie générale

Le document qui planifie la stratégie de combat de l’armée de l’air vis à vis de ses ennemis à été promulgué le 14 septembre 1946 après un an et demi de travail, d’hésitations et de revirements.

-Contre l’Allemagne, c’est une stratégie agressive qui est choisie. Dès que le conflit s’ouvre, des missions de reconnaissance stratégique sont menés suivis de bombardement sur la ligne Siegfried pour faire croire à l’Allemagne qu’une offensive franco-britannique est iminente sur le Rhin.

Ces missions d’attaque sont menés par les bombardiers moyens et doivent être doublés par les bombardiers stratégiques qui eux doivent frapper les ports, les gares, les embranchements ferroviaires pour paralyser l’effort de guerre allemand.

-Contre l’Italie, c’est une stratégie attentiste qui est choisit, la France privilégiant un affrontement avec l’Allemagne plutôt qu’avec l’Italie.

Si l’Italie attaque ou se montre trop agressive, la riposte est prévue, une riposte prenant la forme de bombardements sur l’industrie du Nord de l’Italie ainsi que la neutralisation de l’aviation déployée en Sardaigne, en Sicile et en ASI qui doit être l’objet d’une conquête en bonne et due forme.

-Contre le Japon, c’est une stratégie défensive qui est choisie, l’aviation française ne devant frapper que si le Japon attaque. Les bombardiers français stationnés en Indochine devant s’en prendre aux bases japonaises en Chine, attaquer la flotte japonaise en mer et couvrir les forces au sol.

14-Navires légers (12) avisos-dragueurs classe Elan (1)

C-Aviso-dragueurs classe Elan

Remplacer les anciens

La flotte disparate d’avisos et de canonnières héritée du premier conflit mondial vieillissant inexorablement, son remplacement devient nécessaire si possible avec une certaine standardisation.

Deux types d’aviso-dragueurs vont donc être construits : des avisos dits de 640 tW et d’autres avisos dits «aviso-dragueurs coloniaux» de 64 tW.

Les premiers de classe Elan vont être au nombre de treize et sont financés par le contingent 1934  (Elan), le contingent 1936 (Commandant Bory Commandant Delage Commandant Duboc Commandant Rivière) et le contingent 1937 (L’Impétueuse La Curieuse La Batailleuse La Boudeuse La Gracieuse La Moqueuse La Capricieuse Le Commandant Dominé).

Leur aspect extérieur est caractéristique avec une plage avant si basse qu’elle leur donne l’aspect d’un sous-marin trop chargé dans les hauts. Formant des Division d’Escorteurs Légers (DEL), ils sont chargés de missions d’escorte et de dragage de mines au large des côtes de la métropole, les colonies devant être théoriquement le terrain de jeu des vingt-quatre navires de classe Chamois qui bénéficient eux d’une plage avant plus orthodoxe.

Ces avisos sont répartis en Division d’Escorteurs Legers (DEL). La 1ère DEL se compose de l’Elan, du Commandant Dominé et de La Curieuse et basée à Toulon, la 2ème DEL basée à Mers el Kebir se compose du Commandant Bory, du Commandant Delage, du Commandant Duboc et du Commandant Rivière, la 3ème DEL basée à Brest se compose de L’Impétueuse, La Capricieuse, La Batailleuse et La Boudeuse tandis que la 4ème DEL basée à Ajaccio se compose des avisos La Gracieuse et La Moqueuse.

classe Elan

L’Elan

-L’Elan est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient en août1936 lancé le 27 juillet 1938 et mis en service le 20 octobre 1939.

Il quitte le port de Lorient le 21 octobre 1939, se ravitaille à Casablanca le 25 octobre puis rallie Toulon le 30 octobre 1939 au matin.

Formant la 1ère DEL en compagnie de ses sister-ships Commandant Dominé et La Capricieuse mis en service en décembre 1939, l’Elan va effectuer de nombreuses missions d’escorte y compris après la fin de la guerre de Pologne notamment quand il s’agissait de transports sensibles.

La liberté de navigation revenue, les Elan vont s’entrainer inlassablement à l’escorte mais également au dragage de mines, l’Amirauté craignant que l’Italie ne lance une opération massive de mouillage de mines sous la forme de vastes champs de mines pour interdire un détroit ou une voie d’eau mais également sous la forme de bouchons de mines plus vicieux et plus paralysant.

Du 15 septembre au 20 octobre 1942, l’Elan est échoué au bassin Vauban n°6 pour son premier grand carénage. Outre une remise en état totale (hélices, turbines, chaudières, coque, locaux-vie), il voit son armement modernisé, les huit mitrailleuses antiaériennes de 13.2mm (un affût quadruple à l’avant et deux affûts doubles) sont remplacés par six canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en trois affûts doubles.

Armé pour essais le 2 novembre 1942, il sort pour essais les 3 et 4 novembre puis pour remise en condition du 6 au 16 novembre date à laquelle il est de nouveau disponible pour des missions de patrouille, d’escorte et de dragage de mines sans parler des exercices incessants.

Il subit un deuxième grand carénage fin 1945, étant échoué au bassin du 21 novembre au 30 décembre 1945 pour une remise en état complète. Armé pour essais le 10 janvier 1946, il réalise ses essais réglementaires les 11 et 12 janvier puis sa remise en condition du 14 au 25 janvier date à laquelle il est de nouveau disponible.

Le 28 mai 1947, l’Elan quitte Toulon, se ravitaille à Casablanca le 1er mai puis rallie Cherbourg le 6 juin 1947 en vue d’escorter à Toulon le sous-marin Saint Marcouf. Les deux navires quittent Cherbourg le 8 juin, font escale à Casablanca du 14 au 17 juin puis rallient Toulon le 21 juin 1947 à l’aube.

Le 5 septembre 1948, il était en mer en escorte d’un convoi de transport de troupes entre Alger et Marseille en compagnie de ses compères de la 1ère DEL.

Le Commandant Bory

Le Commandant Bory

Le Commandant Bory

-Le Commandant Bory est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) de Dunkerque en novembre 1936 lancé le 26 janvier 1939 et mis en service le 20 octobre 1939.

Armé à Brest, l’aviso-dragueur quitte la Bretagne le 25 octobre 1939, se ravitaille à Casablanca le 30 octobre puis rallie la base de Mers-El-Kébir  le 4 novembre 1939.

Comme ses sister-ships Commandant Delage,Commandant Duboc et Commandant Rivière de la 2ème DEL, le Commandant Bory va effectuer des missions de patrouille, d’escorte et de dragage de mines sans oublier les nombreux exercices pour maintenir l’équipage en capacité de soutenir un conflit.

Du 12 mai au 15 juin 1942, l’aviso-dragueur est échoué sur le dock-flottant de Mers-El-Kébir pour son premier grand carénage limité à une remise en état complète, la modernisation de la DCA ne devant être réalisé que plus tard.

Armé pour essais le 27 juin 1942, il sort pour essais réglementaires les 28 et 29 juin 1942 et pour remise en condition du 1er au 13 juillet 1942.

Sa DCA d’origine _huit mitrailleuses de 13.2mm en un affût quadruple et deux affûts doubles_ est finalement remplacée au cours d’une immobilisation accidentelle du 13 juin au 4 juillet 1943 (avarie de chaudière) et le Commandant Bory reçoit six canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en trois affûts doubles.

Du 5 août au 30 septembre 1945, il subit un nouveau grand carénage, toujours sur le dock-flottant de la base oranaise. Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 12 octobre 1945, sortant pour essais les 13 et 14 octobre et pour remise en condition du 16 au 27 octobre 1945 date à laquelle il est à nouveau disponible.

Le 5 septembre 1948, le Commandant Bory était à quai à Mers-El-Kébir. Il est mis en alerte, devant se tenir prêt à appareiller en cas de besoin.

Le Commandant Delage

-Le Commandant Delage est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) sis à Dunkerque en novembre 1936 lancé le 25 février 1939 et mis en service le 15 décembre 1939.

Armé à Brest, il quitte le port du Ponnant le 16 décembre, se ravitaille à Casablanca le 20 décembre et rallie Mers-El-Kébir le 24 décembre permettant à l’équipage d’y fêter Noël.

Intégré à la 2ème DEL, il va effectuer comme ses compères Commandant Bory,Commandant Duboc et Commandant Rivière des missions de patrouille, d’escorte et de dragage plus des exercices nombreux et variés.

Du 17 juin au 25 juillet 1942, il est échoué sur le dock-flottant de Mers-El-Kébir pour son premier grand carénage.

Comme le Commandant Bory, il devra attendre pour recevoir une DCA convenable (ce sera chose faite à la fin de 1943 quand ses mitrailleuses de 13.2mm seront remplacés par des canons de 25mm). Armé pour essais le 4 août 1942, il sort pour essais les 5 et 6 août puis pour remise en condition du 8 du 20 août, date à laquelle il est de nouveau disponible.

Il subit un nouveau du 2 octobre au 10 novembre 1945, toujours sur le dock flottant de Mers-El-Kébir pour une remise en état totale et complète.

Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 23 novembre, sortant pour essais les 24 et 25 novembre puis pour remise en condition du 27 novembre au 10 décembre 1945, date à laquelle il est de nouveau disponible.

Le 5 septembre 1948, le Commandant Delage était à quai à Mers-El-Kébir. Il est mis en alerte, devant se tenir prêt à appareiller en cas de besoin.