24-Armée de l’air (45)

Commandement Stratégique d’Action (CSA)

Le Commandement Stratégique d’Action (CSA) regroupe sous son autorité les unités non placées sous l’autorité opérationnelle de l’armée de terre. Les unités de chasse couvrent le territoire, traquent les avions de reconnaissance et les bombardiers ennemis alors que les unités de bombardement sont chargées de matraquer les cibles allemandes et italiennes.

Le CSA aligne au total sept escadres de chasse (trois de jour et quatre de chasse de nuit), quatre escadres de bombardiers moyens, deux escadres de bombardement lourd, quatre groupes indépendants d’appui rapproché et onze groupes groupes de reconnaissance (sept GR et quatre GIR).

Chasse

La majorité des unités de chasse sont déployées au sein des Groupement d’Aviation des armées pour protéger les troupes au sol mais le CSA dispose encore d’un certain nombre d’unités pour mener à bien ses missions :

-Trois escadres de chasse de jour :

Bloch MB-157

Bloch MB-157

-La 9ème Escadre de Chasse chargée de couvrir le Sud-Ouest dispose de trois groupes déployés pour deux d’entre-eux sur la BA 106 de Bordeaux-Merignac ( GCI/9 et GC II/9) et pour le troisième à Toulouse-Perignon sur la BA 153 (GC III/9), cette unité disposant de Bloch MB-157 et de Bréguet Br700C2

-La 17ème Escadre de Chasse chargée de couvrir le Sud-Est est stationnée sur la BA-164 de Cannes-Mandelieu, ses trois groupes étant équipés de Bloch MB-159, version améliorée du précédent et probablement le meilleur chasseur français disponible en 1948. Elle dispose également de chasseurs bimoteurs biplaces Bréguet Br700C2.

-La 18ème Escadre de Chasse chargée elle aussi de couvrir le Sud-Est est stationnée sur la BA 166 implantée à Avignon, ses trois groupes étant équipés comme la 17ème EC de Bloch MB-159 et de Bréguet Br700C2.

-Quatre Escadres de Chasse de Nuit

L'élégant Hanriot NC-600

L’élégant Hanriot NC-600

Sur les quatre ECN existantes en septembre 1948, seules trois sont déployées en Métropole, la quatrième étant stationnée en Afrique du Nord.

-La 24ème Escadre de Chasse stationnée à Melun-Villaroche (BA 137) est issue de l’ECN 1/13 et comme les autres unités de chasse de nuit dispose de trois groupes de trois escadrilles de neuf Hanriot NC-600 soit un total de 81 chasseurs.

-La 25ème Escadre de Chasse stationnée à Metz-Chambières est issue de l’ECN 2/13 et elle aussi dispose de 81 Hanriot NC-600.

-La 26ème Escadre de Chasse de Nuit est stationnée à Istres (BA 125) pour couvrir le Sud-Est avec ses 81 Hanriot NC-600. Elle est issue de l’ECN 3/13

-La 27ème Escadre de Chasse de Nuit issue de l’ECN 4/14 assure la couverture de l’Afrique depuis sa base d’Oran (BA 202)  même si à partir d’août 1948, un groupe est déployée à Tunis pour couvrir la Tunisie contre de possibles raids aériens italiens.

-Un groupement indépendant, le GC I/20 équipé de Dewoitine D-555 de chasse lourde, ce groupe est stationné sur la Base Aérienne 119 de Nanterre

Bombardement Moyen

L'élégant Lioré et Olivier Léo 451

 Lioré et Olivier Léo 451

En retirant les groupes affectés aux armées, le CSA conserve en métropole quatre escadres de bombardement moyens dont la mission est de détraquer la machine de guerre allemande en s’en prenant à ses industries et à ses voies de communication.

-La 31ème Escadre de Bombardement Moyen équipée de Lioré et Olivier Léo 451 est stationnée à Coulommiers-Voisin

-La 38ème Escadre de Bombardement Moyen équipée de Lioré et Olivier Léo 451 est stationnée à Laon-Chambry sur la base aérienne 148.

-La 23ème Escadre de Bombardement Moyen équipée de Lioré et Olivier Léo 451 est stationné à Marignane (BA 108). Un groupe est régulièrement déployé à Calvi-Sainte Catherine sur la base aérienne 167

-La 47ème Escadre de Bombardement Moyen équipée d’Amiot 356 (deux groupes) et d’Amiot 357 (un groupe) est stationnée à Troyes-Barberey sur la BA 152.

-Le GB I/49 équipé de Lioré et Olivier Léo 457 de bombardement à haute altitude est stationné à Persan-Beaumont (BA 139)

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24-Armée de l’air (21)

H-Les avions de l’armée de l’air (5) : les bombardiers lourds

Préambule

Après plusieurs années d’hésitation, l’armée de l’air décida de constituer une importante force de bombardiers stratégiques, un outil de représailles pour peser sur Berlin, Rome voir Madrid et Lisbonne.

Ce choix ne se fit pas sans mal, les plus pacifistes estimant que c’était un signe négatif vis à vis des autres capitales alors que les plus réalistes craignant les représailles sur les bassins miniers et industriels du Nord-Est.

Trois escadres de 81 appareils vont être mises sur pied, la première étant basée dans le nord-ouest, la seconde basée dans le sud-est et la troisième en Tunisie. Si la 15ème EBL est entièrement équipée de Consolidated modèle 32F Géant (francisation du «Giant»), les 17ème et 27ème EBL sont équipées de plusieurs modèles de bombardiers lourds français.

Durant les années précédent le second conflit mondial, l’armée de l’air chercha à rationnaliser son parc en limitant le nombre de modèles à l’exception du domaine des bombardiers lourds.

Cette exception s’explique par les limites atteintes à l’industrie aéronautique française qui si elle pouvait fabriquer en grande série des monoteurs de chasse et des bimoteurs de reconnaissance et de combat avait beaucoup plus de mal pour les bombardiers multimoteurs.

Pas moins de cinq modèles de bombardiers lourds furent mis en ligne en compagnie du quadrimoteur américain : le Bloch MB162, le Bréguet Br482, les CAO-700 et 710 ainsi que l’Amiot 415 qui à la différence des quatre précédents était un hexamoteur dont une poignée d’exemplaires seulement fût construite et mise en ligne avant le début du conflit plus pour répondre au Ta400 que pour répondre à un besoin précis de l’armée de l’air.

Farman F-222

Farman F-221

Farman F-221

En 1929, l’Aéronautique Militaire lance un programme de bombardier nocturne quadriplace (BN4) destiné à remplacer le Léo 20. Habituée des avions géants (elle avait construit à la fin du premier conflit mondial, le Farman Goliath, un bombardier lourd qui n’eut pas le temps d’être engagé mais participa aux premiers pays de l’aviation commerciale), la firme Farman mis au point le Farman F.211 qui après un premier vol le 19 octobre 1931 resta à l’état de prototype.

Farman n’avait cependant pas travaillé pour rien car dans le cadre du programme BN5 (bombardier nocturne cinq membres d’équipage), elle reçut commande deux prototypes le 31 janvier 1930.

Le premier baptisé Farman F.220 effectua son premier vol le 26 mai 1932 mais là encore, point de carrière de bombardier.

Transformé en avion postal, il servit au sein de la compagnie Air France jusqu’en juin 1936 quand il est mis à la retraite après avoir été piloté par des sommités comme Mermoz ou Guillaumet.

Le second prototype baptisé Farman F-221 effectua son premier vol durant l’été 1933, étant commandé le 24 décembre 1934 à quatorze exemplaires baptisés Farman F-221BN5 mais au final seulement dix exemplaires furent mis en service dans l’armée de l’air et leur carrière fût assez courte.

Ils furent rapidement suivis par trente-six appareils de type Farman F-222 en plusieurs versions, les F-222.1 et 222.2, le dernier appareil sortant des chaines de montage en mai 1938, équipant la 15ème Escadre basée à Avord avant qu’en juillet 1939, trois appareils ne gagnent le Sénégal avec Thies comme base pour mener des missions de reconnaissance maritime notamment pour traquer les corsaires allemands.

Aux F-222 succédèrent 25 F-223 qui furent livrés au printemps 1940 peu avant la fermeture des chaines de montage qui eurent le temps de produire des avions de transport en l’occurence six Farman F-224.

Le Farman F-223 resta en service au sein de la 15ème escadre de bombardement jusqu’à l’automne 1942.

Si il ne fût jamais employé pour des opérations de guerre, son apport à l’histoire aéronautique militaire nationale fût primordiable en formant nombre de pilotes, de navigateurs et de mitrailleurs qui donnèrent corps à deux des trois Escadres de Bombardement Lourd (EBL) équipées de différents modèles d’avions français (CAO-700 et 710, Bréguet Br482 Bloch MB-162).

Caractéristiques Techniques du Farman F-221

Type : Bombardier lourd nocturne quadrimoteur à cinq hommes d’équipage (BN5)

Poids : à vide 8775kg maximal 15200kg

Dimensions : Envergure 36.00m Longueur : 21.52m Hauteur 5.15m

Motorisation : Quatre moteurs Gnôme-Rhône 14Kbrs 14 cylindres refroidis par air

Performances : vitesse maximale : 280 km/h distance franchissable : nc Plafond opérationnel : nc

Armement : trois mitrailleuses de 7.5mm MAC 34 (une en tourelle dorsale, une en tourelle avant et une en cuve ventrale. 4200 kg de bombes en soute

Caractéristiques Techniques du Farman F-222

Type : Bombardier lourd nocturne quadrimoteur à cinq hommes d’équipage (BN5)

Poids : à vide 11000kg maximal 18700kg

Dimensions : Envergure 36.00m Longueur : 21.57m (22.57m pour le 222.2) Hauteur 5.15m

Motorisation : Quatre moteurs Gnôme-Rhône 14Kdrs 14 cylindres refroidis par air pour le 222.1, le 222.2 disposant de moteurs Gnôme-Rhône 14 Kirs de 950ch

Performances : vitesse maximale : 325km/h (360 km/h pour le 222.2) distance franchissable : nc Plafond opérationnel : nc

Armement : trois mitrailleuses de 7.5mm MAC 34 (une en tourelle dorsale, une en tourelle avant et une en cuve ventrale. 4200 kg de bombes en soute

Bloch MB-162

Bloch MB-162

Bloch MB-162

Le 12 janvier 1939, le quadrimoteur Bloch MB-135 effectua son premier vol. Cet appareil ne fût jamais construit en série en raison de la priorité donné à la fabrication des Amiot 351/354 et des LéO 451. Ce n’était que partie remise pour la firme de Courbevoie qui dévellopa un autre bombardier quadrimoteur.

Le Bloch MB-162 était une version militarisée, une transformation en bombardier du MB-160, un avion de ligne qui avait également donné naissance à une version tropicalisée, le MB-161 qui allait équiper les unités de transport de l’armée de l’air tout comme sa version améliorée baptisée MB-165.

Il effectua son premier vol le 1er juin 1940 et des performances intéressantes poussèrent l’armée de l’air à commander huit prototypes, tous livrés entre juin 1941 et mars 1943 pour des essais intensifs qui débouchèrent sur la commande de 120 appareils pour équiper la 17ème Escadre de Bombardiers Lourds basée à Lyon-Bron (81 appareils en ligne répartis entre les GB I/17 II/17 et III/17, les autres étant stockés). Ces appareils furent tous livrés entre novembre 1943 et mai 1945.

A noter que deux prototypes d’une version de reconnaissance maritime baptisée Bloch MB-163 furent mis au point mais ne débouchèrent pas sur une commande de série, ces deux appareils étant transformés en appareils de transport et de liaison sous le nom de Bloch MB-164 et utilisés par les hautes autorités.

Caractéristiques Techniques du Bloch MB-162

Type : bombardier quadrimoteur multiplaces

Poids : à vide 11850kg maximal 18980kg

Dimensions : Envergure 32.35m Longueur 21.76m Hauteur : 3.73m

Motorisation : Quatre moteurs Gnôme-Rhône 14N-48/49 14 cylindres en étoile refroidis par air dévellopant 1100ch au décollage

Performances : vitesse maximale 550 km/h à 5000m Autonomie maximale 1400km Plafond pratique 9000m

Armement : une mitrailleuse de 7.5mm dans le nez, un canon de 20mm en position dorsale et en position ventrale un canon de 20mm et une mitrailleuse de 7.5mm. 3600 kg de bombes en soute.

Bréguet Br482

Bréguet Br482

Bréguet Br482

En décembre 1936, l’armée de l’air lança le programme A21. Ce programme demandait un bombardier quadrimoteur avec pour motorisation, des Gnôme-Rhône. Dans les faits, en raison du retard du programme B4 de 1934 (qui donna naissance aux remarquables Amiot 351 et Lioré et Olivier Léo 451), ce programme fusionna avec son devancier.

Dans un premier temps, ce programme ne déboucha pas sur une production en série. En effet, l’armée de l’air cherchant à rationnaliser sa flotte et faciliter la production, elle préféra limiter le nombre de modèles à produire.

Cette politique eut raison du Bloch MB-135 qui ne dépassa pas le stade du prototype à la différence du Bréguet Br482.

Ce dernier était issu d’avions de raids, le Bréguet Br481 et le Bréguet Br482 qui ne dépassèrent pas le stade du projet. La désignation Br482 fût reprise pour un bombardier quadrimoteur à aile médiane propulsée par des Hispano-Suiza 12 Y-20/21 (50/51 sur les versions de série)

Deux prototypes furent commandés le 12 mai 1938 et livrés au printemps 1940, volèrent pour la première fois respectivement les 7 juillet et 23 août 1940 avant de subir des test intensifs qui justifièrent la commande de 40 appareils en décembre 1940, appareils livrés en raison de problèmes industriels seulement entre janvier et septembre 1942, équipant le 1er groupe de la 27ème EBL basée à Tunis (27 appareils en ligne seulement et 13 en volant de réserve).

Caractéristiques Techniques du Bréguet Br482

Type : bombardier quadrimoteur quadriplace

Poids : à vide 9456kg maximal 16000kg

Dimensions : Envergure 24.20m Longueur 18.75m Hauteur : 4.40m

Motorisation : quatre moteurs en ligne Hispano-Suiza 12Y-51 12 cylindres en ligne refroidis par liquide dévellopant 1100ch

Performances : vitesse maximale 525 km/h à 4000m Autonomie maximale 1600km Plafond pratique 12000m

Armement : une mitrailleuse MAC 34 de 7.5mm dans le nez, un canon de 20mm Hispano-Suiza en position dorsale et deux MAC 34 de 7.5mm en deux affûts ventraux séparés. 2500 kg de bombes en soute