Mitteleuropa Balkans (145) Yougoslavie (33)

Canons d’assaut, canons automoteurs et chasseurs de chars

Tanketa T-32

La Tanketa T-32 était un chasseur de char léger conçu et construit en Tchécoslovaquie chez la désormais très connue firme Skoda.

C’était un véhicule léger biplace armé d’un canon de 37mm et d’une mitrailleuse de 7.92mm en superstructure ce qui lui permettait d’être particulièrement discret.

Seulement huit véhicules ont été acquis par l’armée royale yougoslave, formant un escadron rapide de véhicules blindés ou Eskadron brzih bornih kola. Cette unité dépendait de l’Ecole de Cavalerie de Zemun et devait expérimenter l’utilisation des blindés à plus grande échelle.

Cette unité existait toujours en septembre 1948 mais la mécanisation des forces armées yougoslaves n’avait pas énormément progressée.

Ces huit tankettes furent engagées au combat durant l’opération MARITSA où six d’entre-elles après quelques coups d’éclats furent détruites, laissant deux véhicules qui furent capturés par les allemands avant que ces derniers les envoient à la casse car n’ayant pas l’utilité de tels véhicules.

La Tanketa T-32 était un véhicule blindé biplace pesant 5.8 tonnes mesurant 3.58m de long sur 1.76m de large pour une hauteur de 1.95m. Motorisé par un moteur diesel Skoda, elle pouvait atteindre la vitesse maximale de 41km/h sur route et de 15km/h en tout-terrain avec une distance franchissable sur route de 260km.

Ce véhicule était protégé par un épaisseur de blindage allant de 5 à 22mm. Si le plancher n’était protégé que par 5mm de blindage, le toit de la caisse et le toit du compartiment de combat était protégé par 8mm, les côtés et l’arrière de la caisse par 12mm tout comme les côtés et l’arrière du compartiment de combat. Si l’avant de la caisse était protégé par 15mm d’acier à blindage, le mantelet du canon et l’avant du compartiment de combat bénéficiait de 22mm de blindage.

L’armement se composait d’un canon de 37mm Skoda A3J alimenté à 42 obus et d’une mitrailleuse de 7.92mm Vz.26 disposant de 1000 cartouches, les armes solidaires pouvant pointer en site de -10° à +25° et en azimut sur 15° de chaque côté de l’axe.

Somua Sau-40

Somua Sau 40

A la base le char avait été conçu comme véhicule d’appui pour l’infanterie mais avec le temps il devint évident que le principal adversaire du char allait être son compère du camp d’en face. Les différentes infanteries du monde entier résistèrent, firent des pieds et des mains mais cela semblait être dans le cour des choses.

L’appui-feu de l’infanterie restait cependant une question majeure et cela aboutit dans plusieurs pays sur la mise au point de canons d’assaut. La France allait ainsi mettre au point deux modèles, le Somua Sau-40 et l’ARL V-39. Si le premier était destiné aux DLM le second était destiné aux Divisions Cuirassées.

Dans un premier temps, il est prévu un groupe de deux batteries à quatre pièces soit un total de huit canons par DLM, un chiffre rapidement jugé insuffisant et un deuxième groupe est rapidement adjoint portant le total à seize canons d’assaut par DLM. En septembre 1942, chaque groupe passe à douze canons d’assaut, une troisième batterie étant créée dans chaque groupe.

D’abord placés sous le commandement direct du commandant de division, les groupes de canons d’assaut vont ensuite être placés sous le commandement des Brigades Légères Mécaniques (BLM) suite à la création en mars 1943 de la 6ème DLM et de la réorganisation des cinq premières sur ce modèle qui servit aussi pour les 7ème et 8ème DLM.

Quand éclate le second conflit mondial, un total de 208 Somua Sau40 sont en service au sein des DLM plus précisément 192 canons automoteurs et 16 véhicules de commandement, laissant 59 véhicules en réserve.

Dès avant septembre 1948, la France décide d’arrêter la fabrication pour se concentrer sur un canon automoteur à canon de 105mm sur châssis Renault R-40 (Somua S-45 pour les unités de l’ancienne cavalerie) en attendant d’utiliser celui du Renault G-1R.

De plus des projets de réutilisation des châssis disponibles ont été étudiés par l’Entrepôt de Réserve Générale du Matériel (ERGM) implanté à Gien dans le Loiret. Ces projets sont baptisés GPM (Gien Projet Militaire) et combinent un canon puissant sur un châssis de char déclassé par l’arrivée de blindés modernes.

Peu à peu un certain nombre de Somua Sau-40 sont disponibles et c’est ainsi que la nouvelle armée yougoslave à pu récupérer des véhicules entièrement remis en état par la France.

La nouvelle armée yougoslave va équiper chaque régiment d’infanterie portée d’un bataillon de canons d’assaut, chaque bataillon disposant de trois compagnies de quinze véhicules soit un total de 90 canons d’assaut pour l’ensemble de la division blindée.

Ces canons d’assaut vont montrer leur efficacité en collant à l’infanterie portée désormais montée sur half-track. A la fin du conflit ces véhicules usés vont être retirés du service et le bataillon dissous laissant l’infanterie portée sans moyen d’appui-feu direct.

Le Somua Sau40 était un canon d’assaut de conception et de fabrication française pesant 21.6 tonnes en ordre de combat, mesurant 5.90m de long pour 2.51m de large et une hauteur de 2.60m.

Motorisé par un moteur Somua de 190ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 35km/h sur route et franchit toujours sur le bitume 280km.

Protégé par un blindage maximal de 40mm, il était armé d’un canon de 75mm APX de 30 calibres (longueur du tube : 2.25m) en casemate approvisionné à 100 obus et une mitrailleuse de 7.5mm MAC-31 installée en tourelle pour l’autodéfense. L’équipage était de 5 hommes.

M-10 Tank Destroyer

C’est au printemps 1942 que l’US Army lance un appel à projet pour un tank destroyer (chasseur de chars) équipé d’une tourelle armé d’un canon antichar et non un canon installé en superstructure comme on l’avait envisagé pour les premiers projets de «destructeur de chars».

Le développement est rapide puisque s’appuyant sur des armes existantes : un canon de 3 pouces et un chassis très voisin de celui du M4 Sherman. Résultat, le M-10 est mis en service dès le mois de juin 1944 après deux ans de développement.

Surnommé «Wolverine», ce véhicule disposait d’une tourelle ouverte ce qui le rendait vulnérable aux éclats d’obus mais cette vulnérabilité était considérée comme acceptable. Son puissant canon de 76.2mm lui aurait permis de détruire la quasi-totalité des chars allemands rencontrés.

Hélas pour lui, au printemps 1948, son remplacement par le M-18 Hellcat commence, un véhicule plus rapide et muni d’un canon de 76mm à haute vitesse initiale plus efficace. Néanmoins quand le second conflit mondial se termine en septembre 1954, quatre Tank Destroyer Batallion sont encore équipés de Wolverine.

Engagé en Europe, il se montra efficace contre les Panzer III et IV. Il rencontrait plus de difficultés face au Panzer V Panther. Face au Panzer VI Tigre, il était largement surclassé par le blindage et l’allonge du char lourd allemand.

Avec la fin du conflit, le nombre de TDB décroit de manière importante et logiquement, les quatre bataillons équipés de M10 sont les premiers à être dissous.

Outre les Etats-Unis, le M10 à été utilisé par la Grande-Bretagne et la France en petit nombre (essentiellement à des fins d’évaluation opérationnelle), le Canada, l’Egypte, l’Italie (après guerre), la Pologne, la Chine, l’URSS et la Yougoslavie.

La Yougoslavie reçoit des véhicules de seconde main puisqu’en 1949/50 la production du Wolverine à cessé. Comme pour le Sherman, la Yougoslavie aurait préféré un autre véhicule en l’occurence le M-18 Hellcat mais ce véloce chasseur de char ne servira sous les couleurs yougoslaves qu’une fois le second conflit mondial terminé.

En ce qui concerne le M-10, il va équiper un bataillon de 45 véhicules de la division blindée et l’escadron d’éclairage et d’appui de chaque régiment de char soit cinq véhicules. Cela fait un total de 55 véhicules en ligne auxquels il faut ajouter quelques véhicules pour l’entrainement.

Au combat ce véhicule ne fût ni décevant ni exceptionnel, honnête dirions nous. Comme nous l’avons vu plus haut le Wolverine à été remplacé par le Hellcat une fois le second conflit mondial terminé plus précisément en 1957.

Le 3 Inch Gun Motor Carriage M10 (M10 Tank Destroyer) était un chasseur de chars de conception et de fabrication américiane pesant 29 tonnes en ordre de combat, mesurant 5.97m de long pour une largeur de 3.05m et une hauteur de 2.89m.

Motorisé par un moteur diesel de 450ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 51km/h sur route et parcourir toujours sur route 260 à 300km.

Protégé par 9.5 à 57.2mm de blindage, il était armé d’un canon de 3 pouces (76.2mm) M7 sur affût M5 avec 54 coups et d’une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2HB avec 300 coups L’equipage se composait de cinq hommes à savoir le chef de char, le tireur, le chargeur, le conducteur et l’assistant-conducteur)

M-7 Priest

Connu officiellement sous le nom de 105mm Howitzer Motor Carriage M-7 Priest, c’est le canon automoteur standard de l’armée américaine. Il combine un châssis de char moyen M-3 avec une superstructure abritant un obusier de 105mm. La présence d’un tourelleau avec une mitrailleuse de 12.7mm lui donna son surnom puisque cela ressemblait à une chaire d’Eglise d’où le surnom de Priest (prêtre).

Six prototypes sont commandés en mars 1945, prototypes intensivement testés avant qu’il ne soit officiellement adopté en janvier 1946. Au sein de l’US Army il va être utilisé par l’artillerie des Armoured Division (Divisions Blindées) et au sein de groupes de réserve. Si l’artillerie des AD assure l’appui direct des chars par des tirs de barrage, de contrebatterie ou par une préparation préliminaire, les Priest de l’artillerie de réserve ont un rôle plus stratégique.

Les trois divisions de cavalerie et les seize divisions blindées regroupent au total soixante-seize groupes équipés de M7 Priest soit un total de 912 pièces auxquelles il faut ajouter 432 M7 de la «Réserve Générale» soit un total de 1344 automoteurs.

Prévoyant des pertes élevées, les américains vont commander pas moins de 5700 M7 Priest produits en trois variantes, la M7A1 produite à 2100 exemplaires, la M7A2 produite à 1800 exemplaires et la M7A3 produite à 1800 exemplaires également.

Outre les Etats-Unis, cet automoteur à été utilisé par la Grande-Bretagne (qui allait le remplacer rapidement par le Sexton), la Belgique, les Pays-Bas, la Pologne et la Tchécoslovaquie, la Norvège et le Danemark _ces quatre pays occupés par les allemands disposaient néanmoins d’unités en exil combattant sous commandement français pour les deux premiers, sous commandement britanniques pour les deux suivants_, la Yougoslavie, le Brésil, l’Argentine, le Mexique, la Chine, l’Inde, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Une fois le conflit terminé, le M7 Priest à été rapidement remplacé par de nouvelles pièces automotrices de 105 et de 155mm. Les unités de Réserve et de la Garde Nationale l’ont utilisé jusqu’au milieu des années soixante.

Comme dans beaucoup d’autres moments, des pays ont profité des surplus américains pour s’équiper en canons automoteurs à un prix défiant toute concurrence soit pour renouveler leur parc ou pour reconstituer leurs forces.

C’est ainsi que des M7 Priest ont été cédés au Portugal, à l’Espagne, à l’Italie, aux armées des Nouveaux Pays Allemands, à la Grèce, à la Turquie, à l’Iran, à la Thaïlande, à la Birmanie et au Japon.

Il n’y à pas eu de variantes dédiées du M7. Certains Priest ont perdu leur canon pour servir de ravitailleur d’artillerie, de dépanneur, de véhicule de dépannage ou de transport de troupes mais il s’agissait d’improvisations sur le terrain et non de variantes mises au point à l’arrière et bénéficiant donc d’une appelation officielle.

Théoriquement c’est la Grande-Bretagne qui devait fournir l’artillerie de la nouvelle armée yougoslave. Seulement voilà à l’époque le Sexton n’est pas encore disponible pour les alliés et le gouvernement yougoslave en exil va choisir le Priest. Nul doute que si le conflit avait duré, les M-7 auraient été remplacés par des Sexton pour une question de communauté logistique puisque l’artillerie yougoslave utilisait comme pièce d’artillerie tractée le canon-obusier de 25 calibres.

Au sein de la nouvelle armée yougoslave il équipe le régiment d’artillerie de la 1ère Division Blindée yougoslave. Ce régiment est organisé sur le même modèle que les régiments d’artillerie tractée à savoir un état-major, une batterie de commandement et de soutien, deux groupes à trois batteries de quatre pièces soit vingt-quatre bouches à feu et une batterie de reconnaissance et de conduite de tir.

La Yougoslavie va recevoir un total de 40 Priest, vingt-quatre en ligne et seize comme volant de fonctionnement et pour l’entrainement. Comme nous l’avons vu plus haut si la guerre s’était prolongée, les Priest auraient été remplacés par des Sexton ce qui ne sera pas le cas. Les Priest sont restés en service dans l’armée yougoslave jusqu’en 1962 quand ils sont remplacés par des canons automoteurs de conception et de fabrication soviétique.

Le M-7 Priest était un canon automoteur de conception et de fabrication américaine pesant 21.1 tonnes en ordre de combat, mesurant 5.7m de long sur 2.7m de large pour une hauteur sans mitrailleuse de 2.5m.

Motorisé par un moteur en étoile Wright R975C1 de 400ch, il pouvait atteindre une vitesse maximale de 40km/h avec un rayon d’action de 230km.

Protégé par un blindage d’une épaisseur maximale de 51mm à l’avant, il était armé d’un obusier de 105mm approvisionné à 57 coups (42 coups supplémentaires dans une remorque M-8) et d’une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2HB avec 300 coups assure la défense rapprochée.

L’équipage se compose de sept hommes.

Benelux (62) Belgique (23)

Chasseurs de chars Canons d’assaut et canons automoteurs
Avant-propos

L’apparition du char de combat ne solutionna pas tous les problèmes posés par la glaciation du front occidental. En effet une fois la percée obtenue, il fallait exploiter c’est-à-dire aller suffisamment vite pour empêcher l’ennemi de se rétablir correctement.

A plusieurs reprises y compris avant l’apparition du char, la percée avait été obtenue mais l’exploitation se révélant impossible, les allemands ont pu faire venir des troupes fraîches et rétablir un front continu et cohérent.

Deux problèmes majeurs se posaient : le transport de l’infanterie et son appui-feu. A pied le fantassin était encore vulnérable et l’artillerie atteignait rapidement sa portée maximale ce qui nécessitait son déplacement. Aucune solution vraiment satisfaisante ne fût trouvée avant l’armistice même si les ingénieurs alliés touchaient au but.

En effet, certains tanks Mark britanniques avaient été modifiés en transport de troupes (mais des conditions telles que les soldats étaient moins fringants que si ils avaient suivis les chars à pied) et les premières pièces automotrices étaient produites en France.

La période de paix ne permis pas de développer vraiment des moyens de transport et d’appui-feu modernes, tout juste des briques partielles. C’est ainsi que la plupart des armées avaient en service ou en projet des canons d’assaut, des canons automoteurs et des chasseurs de chars.

La Belgique elle ne possédait en septembre 1939 que des chasseurs de char en l’occurrence le T-13 armé d’un canon de 47mm. En septembre 1948, même situation, aucun projet de canon automoteur et de chasseur de chars puissant voir de canon d’assaut n’ayant vu le jour visiblement pour ne pas «provoquer» l’Allemagne.

Bien entendu une fois la guerre entamée et la Belgique occupée, toutes les limites sautent permettant à la Belgique de disposer de canons d’assaut, de chasseurs de chars et même des canons automoteurs.

T-13

T-13

En septembre 1939, le seul véhicule militaire d’appui en service en nombre au sein de l’armée belge est le T-13, un chasseur de chars léger combinant un châssis fournit par Vickers (jusqu’à la version B-3) avec une superstructure abritant un canon de 47mm qui était largement suffisant pour détruire les chars allemands alors en service.

Durant la période 1919-1939, les militaires belges étaient conscients de la nécessité d’équiper leur armée de chars ou du moins de véhicules blindés de combat. Cette prise de conscience n’était cependant pas partagée par la classe politique qui craignait de provoquer les allemands ou les refusaient pour des raisons idéologiques.

Le T-13 est un compromis acceptable puisque c’est un véhicule léger, peu protégé et disposant d’un canon en superstructure ce qui en faisait clairement un chasseur de chars et non un véritable char de combat. Autre chose qui trahissait cette volonté d’apaisement : le refus d’utiliser le mot «char».

Après avoir acquis des tracteurs d’artillerie pour motoriser leur artillerie américaine, les belges décident d’expérimenter l’artillerie portée en compagnie un châssis Carden-Lloyd et un canon de 47mm de la FRC, le tout sous bouclier. Ce concept se montre efficace et va aboutir à la commande de trente-deux T-13B1 suivis par le T-13B2 produit entre 1935 et 1937 et enfin par le T-13B3 produit entre 1938 et 1940. La production totale est de 375 exemplaires.

Les T-13 formaient des compagnies déployées au sein des divisions d’infanterie, des divisions de chasseurs ardennais et des divisions de cavalerie.

Au printemps 1940, neuf DI disposaient d’une compagnie de douze T-13 en l’occurence les 1ère, 2ème,3ème,4ème,7ème,8ème,9ème,10ème et 11ème DI soit un total de 108 véhicules auxquels il faut ajouter 56 T-13 au sein des deux divisions de chasseurs ardennais (trente-deux et vingt-quatre respectivement) et 33 au sein des divisions de cavalerie avec vingt et un pour la première et douze pour la seconde.

On trouve également une compagnie au niveau du 3ème Corps d’Armée et deux escadrons de Réserve Générale, le premier à Namur et le second à Liège.

Ce véhicule est toujours en service en mai 1949 en dépit du fait qu’il soit clairement déclassé. Il équipe ainsi dix divisions d’infanterie à raison d’une compagnie de douze véhicules soit 120 T-13 en ligne, essentiellement des T-13B3 plus récents et surtout plus fiables.

Ces véhicules vont appuyer l’infanterie belge, servant de réserve antichar mobile par exemple pour stopper des infiltrations de chars allemands sur les arrières. Les rares tentatives d’utilisation offensive lors des contre-attaques se transformant en véritables fiascos.

Quand la Belgique capitule, il ne reste sous les couleurs belges qu’une poignée de véhicules. Un recensement effectué en octobre 1949 liste en dépôt près de Caen un total de huit T-13B1, quatre T-13B2 et vingt-cinq T-13B3 soit seulement trente-sept véhicules alors que la production à dépassé les trois cents exemplaires.

Les allemands vont en récupérer une centaine, les utilisant généralement pour l’entrainement, le maintient de l’ordre ou comme tracteurs d’artillerie. Fort peu de T-13 ont survécu au conflit, un exemplaire peut être aujourd’hui admiré au Musée de l’Armée à Bruxelles.

Caractéristiques Techniques :

Type : chasseur de chars légers

Masse 4.5 tonnes

Dimensions : longueur 3.65m largeur 1.76m (1.83m pour les B-3) hauteur 1.69m (1.84m pour les B-3)

Motorisation : un moteur essence Meadows de 60ch

Performances : vitesse maximale 40 km/h (41 km/h pour le B-3) distance franchissable 240km (400km pour le B-3)

Protection : 6 à 12mm (13mm pour le B-3)

Armement : un canon antichar de 47mm modèle 1931 et un fusil-mitrailleur FN M1918 BAR

Equipage : chef char/tireur/pourvoyeur et conducteur

M-18 Hellcat

M-18 Hellcat
Quand le gouvernement belge installé à Caen décide de reconstituer une armée autonome, l’obsession est de renforcer les capacités antichars de ses unités de combat. Pour cela l’adoption d’un chasseur de chars est une nécessité, les nouveaux tableaux d’organisation prévoyant une compagnie de tank destroyer au sein du bataillon antichar et antiaérien prévu pour les trois DI, les deux DLI et l’unique DB.

Ce bataillon disposait d’un état-major, d’une compagnie de commandement et de soutien, de deux compagnies antichars (une de chasseurs de chars et une de canons antichars remorqués) et deux compagnies antiaériennes avec des canons antiaériens de 40mm Bofors et de 25mm Hotchkiss.

La compagnie de chasseurs de chars est organisé en un état-major, un peloton de commandement et de soutien, trois pelotons de quatre chasseurs de chars et un peloton d’autos blindées (reconnaissance et protection) soit un total de quatorze chasseurs de chars pour la compagnie.

Pour satisfaire le besoin pour 84 chasseurs de chars, les belges essentiellement pour des raisons politiques choisissent un véhicule américain, le 76mm Gun Motor Carriage M-18 plus connu sous le nom de M-18 Tank Destroyer «Hellcat».

Tout en mettant au point le M-10 Wolverine, le Tank Destroyer Command étudia un nouveau modèle de chasseur de char mettant davantage encore en avant la vitesse et l’armement sur la protection.

Après plusieurs projets infructueux, les ingénieurs travaillant sur ce projet aboutirent à un véhicule d’un peu moins de 18 tonnes, filant à plus de soixante-dix kilomètres par heure avec un armement composé d’un canon de 76mm à haute vitesse initiale qui permettait de détruire tous les chars allemands y compris le Tigre même si pour ce dernier, il fallait se rapprocher à moins de 500m.

Deux prototypes sont commandés au printemps 1946, évalués à l’automne 1946 puis adoptés après quelques modifications au printemps 1947 sous le nom de 76mm Gun Motor Carriage M-18 même si la troupe utilisait davantage le surnom de Hellcat pour désigner leur véhicule.

Quand le second conflit mondial éclate en Europe, seulement huit bataillons sur 36 sont équipés de ce formidable véhicule. Leur nombre augmente progressivement à la fois pour remplacer les M10 mais également pour équiper de nouveaux TDB.

A son apogée, Hellcat équipait 40 bataillons de chasseurs de chars sur les 54 dont disposait le Tank Destroyer Command à sa propre apogée. Ce nombre va être légèrement réduit puisqu’en septembre 1954, «seulement» trente-six bataillons sont équipés de M18.

Quand le Tank Destroyer Command est dissous en septembre 1955, il ne restait que 24 bataillons dont quatorze étaient équipés de M-18 Hellcat. Le nombre d’unités ne cesse de décroître mais le dernier bataillon dissous le 1er septembre 1961 était encore équipé de Hellcat.

Des véhicules encore en bon état sont soit stockés pour une réutilisation éventuelle mais la plupart sont feraillés ou cédés à des pays étrangers comme la Malaisie, l’Indonésie, Singapour, la Yougoslavie, la Turquie, Chypre ou encore l’Uruguay et la Bolivie.

Aux côtés du M18 figure le M39, une version utilitaire sans canon utilisée pour le transport de matériel, de troupes et le remorquage de pièces d’artillerie.

Des projets de variante à canon de 105mm et amphibie (au profit des Marines) furent étudiées mais abandonnées en cours de développement probablement pour limiter la dispersion des efforts et rationaliser production et soutien logistique.

La Belgique va recevoir au total près de 140 Hellcat. Si les M-18 déployés en Europe furent utilisés pour leur cœur de mission à savoir la lutte antichar, les M-18 de la Force Publique furent utilisés davantage pour le soutien de l’infanterie alors que le menace char était inexistante après la première phase de l’opération GIDEON.

Les Hellcat sont restés en service dans l’armée belge jusqu’en 1956, l’armée d’outre-quievrain abandonnant rapidement le concept du chasseur de chars en préférant investir dans le char de combat et notamment le char de combat principal, le Main Battle Tank (MBT). Au Congo, les M-18 sont restés en service jusqu’au début des années quatre-vingt quand le manque de pièces détachées rendit impossible tout maintien en service.

Caractéristiques techniques du M-18 Hellcat

Type : chasseur de char

Poids : 17.7 tonnes

Dimensions : longueur totale 6.60m (5.28m pour la coque) largeur 2.87m hauteur 2.57m

Motorisation : un moteur Continental R-975-C1 de 400ch

Performances : vitesse maximale 76 km/h distance franchissable 160km

Blindage : 4.8 à 25mm

Armement : un canon de 76mm avec 45 coups, une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2HB avec 800 coups

Equipage : cinq hommes (chef de char, tireur, chargeur, conducteur et assistant-conducteur)

Canon d’assaut modèle 1950

Pour améliorer l’appui-feu de l’infanterie, l’armée belge décide d’équiper ses trois divisions d’infanterie d’un bataillon de canons d’assaut organisé en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies de canons d’assaut (un peloton de commandement et de soutien, trois pelotons de cinq canons d’assaut et un peloton d’autos blindées) et une compagnie de reconnaissance équipée d’autos blindées.

Somua Sau40

Canon d’assaut Somua Sau40

A la fin des années trente, l’armée française avait mis au point deux modèles de canons d’assaut, le Somua Sau40 sur châssis Somua S-40 pour la cavalerie, l’ARL V 39 sur un châssis spécifique pour l’infanterie (plus précisément les Divisions Cuirassées).

ARLV39

ARL V-39

Dès avant septembre 1948, la France décide d’arrêter la fabrication pour se concentrer sur un canon automoteur à canon de 105mm sur châssis Renault R-40 (Somua S-45 pour les unités de l’ancienne cavalerie) en attendant d’utiliser celui du Renault G-1R.

De plus des projets de réutilisation des châssis disponibles ont été étudiés par l’Entrepôt de Réserve Générale du Matériel (ERGM) implanté à Gien dans le Loiret. Ces projets sont baptisés GPM (Gien Projet Militaire) et combinent un canon puissant sur un châssis de char déclassé par l’arrivée de blindés modernes.

Ces projets ont été initiés par le général Villeneuve et le ministre de l’Armement, Raoul Dautry pour anticiper sur une potentielle perte des industries du Nord-Est comme durant le premier conflit mondial.

Comme les blindés sont indispensables à la guerre moderne, il faut pouvoir anticiper et faire appel au «système D», domaine où les français ne sont pas les moins maladroits.

Dans le domaine des chasseurs de chars notons le projet GPM-1 d’un chassis de Renault R-35 avec un canon de 47mm SA modèle 1941 en superstructure, d’un GPM-3 combinant un chassis de Somua S-35 avec un canon de 75mm TAZ modèle 1939 en superstructure, d’un GPM-5 combinant un chassis d’AMX-42 avec un canon de 90mm Schneider modèle 1939 adapté à l’antichar.

Dans le domaine des canons d’assaut, notons le projet GPM-2 combinant le chassis de Renault R-35 avec un canon de 75mm en superstructure _plus simple à produire que les canons d’assaut Somua SA u 40 ou ARL V-39_ , le projet GPM-4 combinant un chassis de Hotchkiss H-39 avec un obusier de 105C modèle 1935B et enfin le projet GPM-6 combinant un chassis Renault G1 avec un canon de 155mm modèle 1946.

Tous ces projets n’existent qu’à deux ou trois exemplaires mais pourraient vite se multiplier en raison de la présence d’un nombre conséquent de chars déclassés ou stockés pour servir de volant de fonctionnement.

Après les premiers combats en France, le front se stabilise sur la Seine, entraînant la perte d’une partie de la capacité industrielle du pays. Néanmoins avec la politique de déconcentration et de décentralisation industrielle ainsi que l’évacuation de certaines usines au sud de la Loire, la perte est limitée.

Les projets GPM sont-ils destinés à ne faire qu’ultérieurement les délices des historiens ? Non puisque certains vont être produits en série pour la France mais aussi pour la Belgique qui cherche un canon d’assaut pour améliorer la puissance de feu de ces divisions d’infanterie.

Une délégation militaire belge visite ainsi l’ERGM de Gien et assiste à la démonstration des différents véhicules des projets GPM. Elle s’intéresse surtout aux canons d’assaut puisque pour les chasseurs de chars, la Belgique à déjà choisit le Hellcat américain.

Le GPM-2 est vite écarté et l’hésitation est importante entre le GPM-4 et le GPM-6. Finalement la Belgique choisit le GPM-4 en ayant l’assurance que ces véhicules seront vite disponibles en raison de l’abondance du nombre de véhicules.

Le 17 mai 1950, le GPM-4 est adopté par la Belgique sous la désignation de Canon d’assaut modèle 1950. Chaque bataillon disposant de 51 véhicules, la Belgique va recevoir rien que pour ces unités de première ligne 153 véhicules, la France elle choisissant un autre véhicule en combinant le châssis du Renault G-1 avec un obusier de 105C modèle 1935B.

Le canon d’assaut modèle 1950 était un véhicule à la conception soignée. Sur le châssis renforcé du H-39, la caisse d’origine et la tourelle ont fait place à une superstructure très enveloppante abritant un obusier de 105mm à l’avant droit, le pilote se trouvant à gauche. Juste en arrière on trouve le compartiment de combat plutôt confortable pour les trois hommes y opérant avec le chef de char situé derrière le pilote, le tireur et le pourvoyeur se trouvant naturellement derrière le canon.

Les belges reçoivent leurs premiers véhicules à l’automne 1950. Ils ont donc tout le temps pour le prendre en main et ainsi essuyer les plâtres de ces véhicules d’occasion. Quelques problèmes sont relevés mais vite résolus.

Les canons d’assaut modèle 1950 vont assurer l’appui-feu des troupes belges, l’obusier de 105mm se montrant efficace pour détruire blockhaus et maisons dans des combats particulièrement violents.

C’est cependant clairement un véhicule amené à vite disparaître des rangs de l’armée belge et c’est effectivement ce qui se passe puisque le canon d’assaut modèle 1950 est retiré du service dès 1957, la plupart des véhicules feraillés.

Caractéristiques Techniques du Canon d’assaut modèle 1950

Poids total : 15.8 tonnes

Dimensions : longueur totale 4.40m largeur totale 1.85m hauteur totale : 2.50m

Motorisation : un moteur Hotchkiss 6 cylindres de 120ch à 2800 tours/minute

Vitesse maximale : 30 km/h Pente : 75% sur sol dur Autonomie : environ 130km (réservoir de 207 litres)

Blindage : 40mm maximum

Armement : un obusier de 105C modèle 1935B en superstructure avec 32 obus, une mitrailleuse de 7.65mm pour l’autodéfense

Equipage : un pilote, un chef de char, un tireur et un pourvoyeur

M-7 Priest

M-7 Priest 65

-Pour équiper le régiment d’artillerie de la Division Cuirassée, la Belgique choisit le 105mm Howitzer Motor Carriage M-7 «Priest» surnommé «Priest» en raison de la forme du tourelleau du mitrailleur qui ressemble à la chaire d’un prêtre.

L’obusier automoteur américain est issue d’une longue période de réflexions, réflexion qui allait aboutir au choix d’un châssis chenillé qui permet à l’obusier de suivre les chars pour assurer leur appui-rapproché mais également pour réaliser des tirs d’interdiction pour empêcher l’arrivée de renforts ennemis.

Un temps on semble vouloir créer un châssis chenillé avant de finalement choisir celui du char moyen M-3 qui est renforcé pour permettre d’encaisser le recul de l’obusier de 105mm.

On débat sur la position de l’obusier. On envisage d’abord une installation en coque pour obtenir le véhicule le plus pas possible puis en tourelle alors qu’une troisième école préconise la construction d’une superstructure au dessus de la coque du char. C’est cette troisième école qui triomphe des deux autres et donne naissance au M-7.

Six prototypes sont commandés en mars 1945 et intensivement testés pour permettre son acceptation en janvier 1946. les américains vont équiper les trois divisions de cavalerie et les seize divisions blindées regroupant au total soixante-seize groupes équipés de M-7 Priest soit un total de 912 pièces auxquelles il faut ajouter 432 M7 de la «Réserve Générale» soit un total de 1344 automoteurs.

Prévoyant des pertes élevées, les américains vont commander pas moins de 5700 M7 Priest produits en trois variantes, la M-7A1 produite à 2100 exemplaires, la M-7A2 produite à 1800 exemplaires et la M-7A3 produite à 1800 exemplaires également.

Outre les Etats-Unis, cet automoteur à été utilisé par la Grande-Bretagne (qui allait le remplacer rapidement par le Sexton), la France, la Belgique, les Pays-Bas, la Pologne et la Tchécoslovaquie, la Norvège,le Danemark, le Brésil, l’Argentine, le Mexique, la Chine, l’Inde, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Sexton (25 Pdr SPG)

Sexton

Une fois le conflit terminé, le M7 Priest à été rapidement remplacé par de nouvelles pièces automotrices de 105 et de 155mm. Les unités de Réserve et de la Garde Nationale l’ont utilisé jusqu’au milieu des années soixante.

Comme dans beaucoup d’autres moments, des pays ont profité des surplus américains pour s’équiper en canons automoteurs à un prix défiant toute concurrence soit pour renouveler leur parc ou pour reconstituer leurs forces.

C’est ainsi que des M7 Priest ont été cédés au Portugal, à l’Espagne, à l’Italie, à l’Allemagne, à la Yougoslavie, à la Grèce, à la Turquie, à l’Iran, à la Thaïlande, à la Birmanie et au Japon.

Il n’y à pas eu de variantes dédiées du M7. Certains Priest ont perdu leur canon pour servir de ravitailleur d’artillerie, de dépanneur, de véhicule de dépannage ou de transport de troupes mais il s’agissait d’improvisations sur le terrain et non de variantes mises au point à l’arrière et bénéficiant donc d’une appellation officielle.

Le régiment d’artillerie de la division cuirassée était organisé en un état-major, un groupe de commandement et de soutien, trois groupes de tir et un groupe de reconnaissance équipé d’autos blindées M-8 Greyhound.

M-8 Greyhound 30

M-8 Greyhound

 

Les trois groupes de tir disposent d’une batterie de commandement et de soutien et de trois batteries de six canons automoteurs soit un total de cinquante-quatre Priest pour l’ensemble du régiment.

Ces automoteurs vont être employés pour l’appui-feu des chars de combat, pour effectuer un tir de barrage, pour opérer des tirs de contre-batterie. Il y eu également des cas où les Priest ont effectué des tirs directs à hausse 0° contre des bâtiments voir pour bloquer une brusque irruption de fantassins ou de chars allemands.

Les M-7 Priest belges ont été remplacés en 1959 par un canon automoteur de 155mm d’un nouveau modèle.

Caractéristiques Techniques du 105mm Howitzer Motor Carriage M7

Type : obusier automoteur

Poids : à vide 19.4 tonnes en ordre de route 21.1 tonnes

Dimensions : longueur 5.7m largeur 2.7m hauteur (sans mitrailleuses) 2.5m

Motorisation : un moteur en étoile Wright R975C1 de 400ch

Performances : vitesse maximum 40 km/h rayon d’action 230km

Blindage : 51mm à l’avant

Armement : un obusier de 105mm avec 57 coups dans le véhicule. Une remorque M8 permet d’embarquer 42 coups supplémentaires. Une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2HB avec 300 coups assure la défense rapprochée.

Equipage : sept hommes

22-Armée de terre : armement et matériel (26)

Hotchkiss H-35

Quand naissent les années trente, le char léger standard est le Renault FT, un char ayant déjà une quinzaine d’années d’existence. Comme nous l’avons vu plus haut, le programme de remplacement à été lancé en août 1933 et modifié en mai 1934.

Le prototype de la firme de Levallois est testé intensivement de janvier à septembre 1935 avant d’être adopté en novembre 1935 sous le nom de char léger modèle 1935 H.

Il va ainsi être livré à la cavalerie à partir de juillet 1936 et jusqu’en 1938 pour accélérer la constitution des DLM faute d’une production suffisante de Somua S-35. Ce n’est que dans un second temps que l’infanterie va recevoir le H-35.

En septembre 1939, le Hotchkiss H-35 équipe des unités de l’infanterie et de la cavalerie  sachant que sa production à été stoppée à 400 exemplaires en raison de nombreuses insuffisances techniques notamment un moteur asmathique (rapport de 7.5 ch par tonne, loin des 10 ch par tonne exigées par les autorités militaires) et des performances médiocres en tout terrain, la vitesse sur route ayant été privilégiée à tout autre considération.

Quand éclate la guerre de Pologne, le char léger Hotchkiss modèle 1935 H équipe deux BCC de l’infanterie ainsi que trois DLM où il complète le Somua S-35 faute de mieux. A noter que le Conseil Consultatif de l’Armement avait demandé de ne pas mettre en service ces chars en attendant la disponibilité d’une version nettement améliorée, le H-39.

-Le 13ème BCC est mis sur pied par le centre mobilisateur 505 de Vannes. Il dispose de 45 chars type H-35 remplacés en mars 1942 par des H-39 toujours en service en septembre 1948 quand éclate le second conflit mondial.

-Le 38ème BCC est mis sur pied par le centre mobilisateur 509 installé à Maubeuge puis à Meucon et disposant comme le 13ème BCC de 45 Hotchkiss H-35. Il est dissous en août 1940 et son matériel stocké même si sa réutilisation est improbable.

A ces 90 chars s’ajoutent sept chars en dépôts, en école ainsi qu’un char à la disposition de l’ERGM de Gien portant le total à 98 chars.

La cavalerie à elle reçut 292 chars Hotchkiss H-35 pour équiper ses trois DLM, faute de mieux, le petit blindé étant tout sauf adapté à la mission de ces divisions.

La 1ère DLM dispose ainsi de 92 Hotchkiss H-35 répartis à part égale entre le 4ème régiment de cuirassiers et le 18ème régiment de dragons à raison de deux escadrons de vingt-trois blindés.

La 2ème DLM dispose également de 92 Hotchkiss H-35 répartis à part égale entre le 13ème et le 29ème régiment de dragons.

Les trois divisions de cavalerie disposent également chacune d’un escadron équipé de Hotchkiss H-35 soit 48 chars auxquels s’ajoute un escadron de la 3ème DLM (vingt-trois chars) ainsi qu’un escadron du 1er régiment de chasseurs d’Afrique à seize chars soit un total de 271 chars en ligne au printemps 1940 laissant vingt et un en réserve et en dépôts.

En additionant la cavalerie et l’infanterie on aboutit à un total de 390 chars, le solde de dix chars ayant apparemment été retourné chez le constructeur pour servir de banc d’essais, de véhicule d’expérimentation, deux H-35 ayant apparemment servis à valider les solutions techniques choisis pour transformer un vilain petit canard en magnifique cygne.

A partir de l’été 1940, le Somua S-40 commence à sortir des chaines de production permettant à la cavalérie d’homogénéiser l’équipement de ses DLM qui font disparaître peu à peu les différentes divisions de cavalerie. Les derniers H-35 des quatre DLM à équipement mixte quittent le service actif  en juillet 1942 quand la 3ème DLM achève son rééquipement avec le S-40.

Le H-35 quitte progressivement la cavalerie pour rejoindre les dépôts même si il est encore en service au sein du 1er RCA au Maroc, seule unité de cavalerie encore équipée de ce char décidément pas né sous une bonne étoile quand éclate le second conflit mondial et qui au cours du conflit le remplacera par quelques S-40.

Caractéristiques du char léger modèle 1935 H

Poids total : 10.6 tonnes

Dimensions : longueur totale 4.22m largeur totale 1.85m hauteur totale : 2.133m (1.38m sans tourelle)

Motorisation : un moteur Hotchkiss 6 cylindres de 75ch à 2700 tours/minute

Vitesse maximale : 27.8 km/h  Pente : 75% sur sol dur  Autonomie : 130km (réservoir de 180 litres)

Blindage : 40mm maximum

Armement : un canon de 37mm SA modèle 1918 alimenté à cent obus et une mitrailleuse MAC 31 alimentée à 2400 cartouches

Equipage : un chef de char en tourelle, un mécanicien-pilote en caisse

Hotchkiss H-39

char léger modèle 1935 M.39 dit Hotchkis H-39

char léger modèle 1935H  M.39 dit Hotchkiss H-39

Comme nous venons de le voir, le H-35 à été un échec technique, la faute notamment à un moteur insuffisamment puissant. La firme Hotchkiss qui avait anticipé sur le programme aurait pu ne jamais s’en relever mais au final, elle développa un nouveau char léger, dérivé du H-35 dont il reprenait la ligne générale mais avec de sérieuses modifications.

Un moteur plus puissant (120ch au lieu de 75) lui donnait le rapport poids/puissance réclamé par l’infanterie (en l’occurence 10 ch/tonne), un canon de 37mm SA modèle 1938 lui donnait une véritable capacité antichar (à partir du 480ème exemplaire de série, monté en rattrapage par la suite) et une queue passe-tranchée lui donnait une aisance en terrain difficile.

Les essais du prototype sont menés en 1937/38 et c’est fin 1938 qu’il est adopté sous le nom de char léger modèle 1935 H M. 39. Comme son devancier, il va équiper l’infanterie et la cavalerie et comme son ainé raté, si il est adapté aux demandes de l’infanterie, il l’est beaucoup moins à celles de la cavalerie mais faute de mieux…….. .

Au printemps 1940, il équipe six bataillons de 45 chars, bataillons de chars de combat qui sont intégrés aux trois premières divisions cuirassées :

-Les 25ème BCC et 26ème BCC sont intégrés à la 1ère Division Cuirassée

-Les 14ème et 27ème BCC sont intégrés à la 2ème Division Cuirassée

-Le 42ème et le 45ème BCC sont intégrés à la 3ème Division Cuirassée.

Ces six bataillons alignent donc un total de 270 chars Hotchkiss H-39. Deux autres bataillons sont ensuite équipées de ce char pour former une demi-brigade blindée de la 4ème Division Cuirassée en l’occurence le 19ème BCC qui troque ses D2 contre des H-39 et le 44ème BCC qui troque ses Renault R-35 contre d’autres H-39 les deux bataillons étant transformés entre mars et septembre 1941, portant le total de chars en ligne à 360 chars.

Des BCC non endivisionnés reçoivent également ce petit char biplace comme le 13ème BCC mis sur pied avec le H-35 et qui reçoit des H-39 en mars 1942 et le 22ème BCC remplace ses Renault R-35 par des Hotchkiss H-39 en septembre 1942.

Si les BCC des quatre premières divisions cuirassées remplacent leurs Hotchkiss H-39 par des Renault G1, les 13ème et 22ème BCC conservent leurs H-39 quand éclate le second conflit mondial, ce char pouvant très bien assurer le soutien de l’infanterie. L’infanterie va disposer au total de 450 chars plus 225 chars en réserve.

La cavalerie va également disposer de Hotchkiss H-39 au sein de la 3ème DLM (140 chars utilisés comme AMR), au sein des deux divisions de cavalerie restant en l’occurence les 2ème et 3ème Divisions de Cavalerie (32 chars) et au sein des GRDI en l’occurence les 2ème et 5ème GRDI mis sur pied à la mobilisation sans automitrailleuses et qui reçoivent donc des H-39 au printemps 1940 avec quinze puis vingt chars de ce type.

Suite à la démobilisation, les GRDI préservés sont tous motorisés, le Hotchkiss H-39 va ainsi équiper d’abord les GRDI type monté puis remplacer les AMR 33 et 35 au sein des GRDI motorisés, équipant au final les  2ème, 5ème, 15ème, 18ème, 23ème, 32ème, 71ème, 74ème et 93ème GRDI soit un total de 180 chars, toujours en service en septembre 1948. La cavalerie va disposer de 352 chars en ligne plus 176 en stock et dans les écoles.

En septembre 1945, douze chars sont sortis des stocks pour équiper le Groupement Motorisé de Corse auxquels s’ajoutent un nombre équivalent de véhicules en volant de fonctionnement réduisant le stock et le parc en école à 152.

Le H-39 à également été exporté d’abord à dose homéopathique, trois à la Pologne et deux à la Turquie puis de manière plus massive avec deux bataillons pour l’armée polonaise libre (90 chars), trois bataillons à la Grèce (135 chars), deux pour les Pays Bas (90 chars) deux à la Yougoslavie (90 chars) et 32 pour la Grande Bretagne qui les utilisa pour perfectionner ses chars Cruiser.

Au final le Hotchkiss H-39 va être produit à 1640 exemplaires jusqu’en mai 1947 quand la chaine de montage fermée mais pour peu de temps car dès le mois de septembre 1947, elle va à nouveau fabriquer ce char à faible cadence (huit chars par mois) pour permettre un équipement rapide des GRDI/GRCA de mobilisation, la cadence passant à douze chars par mois dès le mois de juin 1948.

Caractéristiques Techniques du char léger modèle 1935 H M. 39

Poids total : 12 tonnes

Dimensions : longueur totale 4.22m largeur totale 1.85m hauteur totale : 2.133m (1.38m sans tourelle)

Motorisation : un moteur Hotchkiss 6 cylindres de 120ch à 2800 tours/minute

Vitesse maximale : 36.5 km/h  Pente : 75% sur sol dur  Autonomie : environ 150km (réservoir de 207 litres)

Blindage : 40mm maximum

Armement : un canon de 37mm SA18 alimenté à cent obus et une mitrailleuse MAC 31 alimentée à 2400 cartouches. Le canon de 37mm SA modèle 1938 remplace le SA modèle 1918 à partir du 480ème char environ avant d’être installé en rattrapage sur les autres.

Equipage : un chef de char en tourelle, un mécanicien-pilote en caisse

22-Armée de terre : armement et matériel (24)

Renault D1

Renault D1

Renault D1

Genèse

Bien qu’étant pour l’époque un excellent char, le Renault FT n’est pas exempt de défauts notamment un manque de mobilité stratégique. D’où le lancement peu après la fin du conflit de différentes études destinées à remédier à ce problème.

C’est ainsi que vingt-neuf Renault FT sont transformés en Renault NC-1 par l’installation de propulseurs Kergresse, une partie d’entre-eux participant à la pacification du Rif.

Cette expérimentation est suivie par d’autres, aboutissant notamment au NC-2 qui n’est pas commandé par l’armée française mais connait un succès d’estime à l’étranger puisqu’un exemplaire est vendu à la Suède, un deuxième à la Pologne et surtout vingt-trois exemplaires au Japon.

Ces derniers exemplaires connus sous le nom de NC-3 vont aboutir au char Renault D1 qui peut donc être considéré comme un descendant du Renault FT même si contrairement à son illustre ancêtre, il est triplace et non biplace, un troisième homme étant embarqué pour servir aux transmissions.

Ce Renault D1 est l’aboutissement d’un programme lancé par la demande du STCC (Section Technique des Chars de Combat)  de janvier-février 1927 réclamant un char dérivé du type NC mais mieux protégé et mieux armé puisqu’il doit embarquer un canon de 47mm et une mitrailleuse et non un canon ou une mitrailleuse comme le FT ou les NC.

Baptisé dans un premier temps char NC modifié 1928, il est ensuite baptisé D1. Le prototype est intensivement testé en 1928-1929, son adoption officielle datant d’octobre 1929, la production des 160 exemplaires ayant lieu entre 1931 et 1934 pour une réception s’échelonnant d’octobre 1931 à mai 1935.

Cette production ne sera pas poursuivie, un projet d’achat par la Belgique n’aboutissant pas, le plat-pays se tournant vers des modèles plus légers.

Situation de ce char en septembre 1939

Quand éclate la guerre de Pologne, le char D1 n’équipe aucune unité en métropole, seulement huit chars s’y trouvent dans les dépôts en l’occurence quatre à l’Ecole des Chars de Combat (ECC) de Versailles et trois  au Centre Pratique de Tir et d’Instruction des Chars de Combat (CPTICC).

Les seules unités équipées le sont en Tunisie en l’occurence trois bataillons de chars de combat, les 61ème, 65ème et 67ème BCC soit un total de 135 chars (45 par bataillon) plus dix-sept en école et dans les dépôts.

Ces trois bataillons ont été mis sur pied non pas la mobilisation mais en temps de paix pour permettre aux forces stationnées en Tunisie de répondre aux gesticulations italiennes, le régime mussolinien considérant la Tunisie comme une terre irrédente.

Le 61ème BCC à ainsi été créé à partir du 508ème RCC de Lunéville et envoyé en Tunisie en mars 1938, le 65ème BCC à été créé à partir du 510ème RCC de Nancy et envoyé en Tunisie en avril 1938 alors que le 67ème BCC à été créé à partir du 507ème RCC de Metz et envoyé en Tunisie en janvier 1939.

Ces chars sont remplacés entre mars et octobre 1945 par l’AMX-42, un char léger biplace à canon de 47mm SA modèle 1937. Les chars D1 retirés du service sont pour la plupart feraillés mais une poignée d’exemplaires (une vingtaine) ont été préservés pour l’instruction.

Caractéristiques Techniques du Renault D1

Poids total : 14 tonnes

Dimensions : longueur 4.706m (5.30m avec la queue passe tranchée) largeur 2.18m hauteur 2.50m (caisse 1.50m)

Motorisation : un moteur Renault 4 cylindres développant 74 ch à 2000 tours minutes. Boite à six vitesse + une marche arrière. Réservoir de 165 litres d’essence

Vitesse maximale 18.56 km/h Pente 60% Autonomie : 120km

Blindage : 30mm maximum

Armement : un canon de 47mm semi-automatique modèle 1934 en tourelle alimentée à 112 obus accompagné par une mitrailleuse MAC modèle 31 de 7.5mm. Une mitrailleuse identique est installée en caisse, ces deux armes disposant au total de 4500 cartouches.

Equipage : 3 hommes avec un chef de char en tourelle, un mécanicien pilote et un radio-télégraphiste en caisse

Renault R-35

char léger modèle 1935R dit Renault R-35

char léger modèle 1935R dit Renault R-35

Genèse

Avec plus de 3000 chars légers FT maintenus en service à l’issue du premier conflit mondial, il est évident que le dévellopement d’un char léger plus moderne est tout sauf une priorité surtout qu’un éventuel dévellopement se heurte à de nombreux écueils : budgets limités, pacifisme de l’opinion et opposition totale au char léger d’un sommité comme le général Estienne.

Au début des années trente, il devient évident que les FT sont totalement incapables de mener un conflit moderne, leur remplacement devient de plus en plus nécessaire. Un programme pour un char léger de 6 tonnes à deux hommes, 40mm de blindage et armement mixte (canon et mitrailleuses) est officiellement lancé le 2 août 1933. A ce programme répondent Renault, Batignolles-Châtillon, Hotchkiss, FCM (Forges et Chantiers de la Méditerranée), APX et Delaunay-Belville.

Entre-temps, l’inspecteur général de l’infanterie, le général Duffieux à tiré la sonnette d’alarme «[Les FT] ne peuvent plus _il faut le proclamer franchement_ être utilisés , en attendant mieux que comme chars d’accompagnement de l’infanterie, derrière des chars plus rapides, plus blindés, mieux armés, capables de reconnaître et d’attaquer. Ils ne peuvent être que très inférieurs en face d’un ennemi qui par la force des choses (NdA : il s’agit de l’Allemagne) n’aura que des chars modernes. Leur remplacement rapide s’impose à bref delai».

Le concours lancé le 2 août 1933 est modifié le 22 mai 1934 aboutissant à la construction de prototypes par tous les constructeurs sauf Delaunay-Belville.

La firme de Billancourt propose un char biplace de 11 tonnes armé d’un canon de 37mm SA modèle 1918 (le même que le FT) et une mitrailleuse. Le prototype va être testé à partir d’août 1934 et adopté le 25 juin 1936 sous le nom de char léger modèle 1935R tout comme ses concurrents FCM et Hotchkiss.

Situation en septembre 1939 et évolution ultérieure

Quand éclate la guerre de Pologne, pas moins de dix-sept bataillons de chars de combat sont équipés de Renault R-35 soit un total de 765 chars, le total étant porté à 900 chars au printemps 1940, à l’apogée de la puissance des forces armées françaises avant que la démobilisation ne soit enclenchée pour soulager une économie en souffrance.

-Le 1er BCC conserve ses Renault R-35 jusqu’en septembre 1946 quand ils sont remplacés par des Renault R-40 plus efficaces

-Le 2ème BCC conserve ses Renault R-35 jusqu’en mars 1947 quand ils sont remplacés par des Renault R-40.

-Les 3ème et 5ème BCC  eux conservent ses Renault R-35 jusqu’en août 1948, des chars qui sont néanmoins modernisés avec le canon de 47mm SA modèle 1935 en remplacement du canon de 37mm SA modèle 1918, leur donnant un punch supplémentaire et salvateur.

-Le 6ème BCC était à l’origine un bataillon de réserve qui est pérennisé après la démobilisation et qui conserve ses Renault R-35 jusqu’en mars 1947 quand ils sont remplacés par des Renault R-40.

-Les 9ème et 10ème BCC conservent leurs Renault R-35 respectivement jusqu’à l’automne 1945 et au printemps 1946 quand ils sont remplacés par des FCM-42.

-Le 11ème BCC est un bataillon de réserve mis sur pied comme nous l’avons vu avec des vénérables Renault FT qui sont remplacés fin 1939 par des Renault R-35 toujours en service en août 1948 avec un canon de 47mm SA modèle 1935.

-Le 12ème BCC conserve ses Renault R-35 jusqu’en mars 1942 quand ses engins à bout de souffle sont remplacés par des Renault R-40 qui équipent encore le bataillon en août 1948.

-Le 16ème BCC est équipé de Renault R-35 jusqu’à la fin 1941 quand ils sont remplacés par des Renault R-40.

-Le 17ème BCC est équipé de Renault R-35 jusqu’en mars 1942 quand il les remplace par des Renault R-40 qui équipent toujours le bataillon en août 1948 avec un canon de 47mm SA modèle 1935.

-Le 20ème BCC équipé de Renault R-35 les remplace à partir de juin 1943 par des Renault R-40  toujours en service en août 1948 mais avec un canon de 47mm SA modèle 1935.

-Le 21ème BCC est équipé de Renault R-35 mais ce bataillon de réserve est dissous en août 1940 et son matériel stocké.

-Le 22ème BCC est équipé de Renault R-35 et ce jusqu’en septembre 1942 quand ils sont remplacés par des Hotchkiss H-39 jugés plus efficaces qui équipent toujours le bataillon en août 1948.

-Le 23ème BCC est équipé de Renault R-35 mais ce bataillon de réserve est dissous et son personnel démobilisé en août 1940, son matériel étant stocké.

-Le 24ème BCC est équipé de Renault R-35 jusqu’en mars 1944 quand ce bataillon reçoit des FCM-42 dont il dispose toujours en septembre 1948.

-Le 32ème BCC équipé à la mobilisation de Renault FT, reçoit ensuite des R-35 mais cela ne l’empêche pas d’être dissous et son personnel démobilisé en juin 1940.

-Les 34ème, 35ème, 39ème et 43ème BCC équipés de Renault R-35 sont dissous et leur personnel démobilisé en juin 1940

Un 44ème BCC est créé au printemps 1940 avec des Renault R-35 mais ces chars sont rapidement remplacés par des Hotchkiss H-39, ce bataillon intégrant à sa création la 4ème Division Cuirassée.

On trouve également des R-35 dans les dépôts avec un maximum de 98 chars à la fin du mois de septembre (dont 39 à l’ECC et 10 au CPTICC), six chars d’instruction dans les bataillons de mobilisation (40ème, 44ème et 48ème BCC, seul le 44ème étant transformé sur R-35, les deux autres l’étant sur R-40), soixante chars sont disponibles à l’ERGM (Entrepôt de réserve générale du matériel) installé à Gien dans le Loiret et six en réparation.

Le Renault R-35 équipe également des unités dans l’Empire avec deux compagnies du 62ème BCC stationné au Maroc et deux bataillons stationnés au Levant, les 63ème et 68ème BCC, un rééquipement d’opportunité avec pour le 68ème, des chars initialement destinés à la Pologne.

Un certain nombre de chars ont également été exportés essentiellement pour des raisons diplomatiques, cinquante envoyés en Pologne en juillet 1939, quarante envoyés en août-septembre 1939 en Roumanie et cent en Turquie en février et en mars 1940. Un deuxième lot aurait du être envoyé à la Pologne mais il va équiper comme nous venons le voir le 68ème BCC.

La production cesse à la fin du mois d’avril quand le R-40 prend le relais. Au total 1460 chars sont sortis des chaines de montage.

Après la démobilisation, quatorze bataillons de chars de combat restent stationnés en métropole avec ce Renault R-35 soit un total de 630 chars en service.

A ces chars s’ajoute ceux déployés dans l’Empire au sein des 62ème et 66ème BCC stationnés au Maroc et au sein du 64ème BCC stationné en Algérie soit un total de 135 chars auxquels s’ajoutent les deux BCC du Levant, portant le total à 225 chars.

Cela nous donne un total de 855 chars plus les 190 chars exportés et 120 utilisés pour l’expérimentation, les tests, l’instruction soit un total en ligne en France de 975, le reliquat soit 295 étant stockés.
Ces stocks vont servir à rééquiper la section de chars de Madagascar (huit blindés en ligne plus six en réserve soit un total de quatorze véhicules) ainsi que les deux compagnies de chars d’Indochine soit un total de trente chars en ligne plus quinze en réserve soit un total de quarante-cinq blindés sortis des stocks.

Cela nous laisse donc un total dans les stocks de 236 Renault R-35. Ce nombre va en réalité augmenter car un certain nombre de bataillons vont remplacer ces blindés par des chars plus modernes, ne laissant que trois BCC équipés de Renault R-35 soit un total en ligne de 135 chars, laissant un stock confortable de 631 exemplaires.

Du moins officiellement car en toute discrétion, un bataillon à été livré à l’armée portugaise (45 chars + 21 en réserve) et un autre à l’armée espagnole (45 chars +21 en réserve) soit un total corrigé de 599 chars disponibles plus les 120 cités soit 719 chars.

Ces chars vont participer à la mise sur pied de BCC de mobilisation, treize (sur quinze, les deux autres recevant des FCM-36)  recevant ces chars soit un total de 585 chars qui ne vont équiper ces BCC que le temps que des chars plus modernes soient disponible en l’occurence le R-40 _dont la production avait été relancée pour équiper six bataillons_, le FCM-42 pour quatre et l’AMX-44 pour cinq autres.

Cela n’empêcha pas le R-35 d’être en ligne en métropole avec trois BCC, le 11ème BCC intégré au groupement de bataillons de chars 501 et placé sous l’autorité de la 1ère Armée, le 3ème BCC intégré au groupement de bataillons de chars 503 et placé sous l’autorité de la 3ème Armée et le 5ème BCC intégré au groupement de bataillons de chars 509 et placé sous l’autorité de la 9ème Armée.

En ajoutant les BCC d’outre-mer (225 + 69 = 294) et les chars placés dans les dépôts pour l’écolage et les essais (75), on trouve un total de 504 Renault R-35 en service et 1089 disponibles.

Caractéristiques Techniques du char léger modèle 1935R

Poids total : 11 tonnes

Dimensions : Longueur totale 4.02m Largeur totale 1.85m Hauteur totale 2.13m (1.37m sans tourelle)

Motorisation : un moteur Renault 447 4 cylindres développant 85ch à 2200 tours/minute alimenté par 166 litres
Vitesse maximale : 20 km/h  Pente : 75%  Autonomie : 130km  

Blindage : 40mm maximum

Armement : (configuration initiale) un canon de 37mm SA modèle 1918 puis SA38 alimenté à 100 obus et une mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm approvisionnée à 2400 cartouches (configuration modernisée) un canon de 47mm SA35 alimenté à 90 obus et une mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm approvisionnée à 2400 cartouches

Equipage : un mécanicien pilote et un chef de char, le premier en caisse et le second en tourelle