Dominions (40) Afrique du Sud (5)

LA ROYAL SOUTH AFRICAN NAVY

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Drapeau de la RSAN

Histoire

Le 15 novembre 1921 voit le jour le South African Naval Service, un corps naval destiné à l’Afrique du Sud pour des missions que nous qualifierons aujourd’hui de paramilitaires. Ce n’est pas la première fois que l’Afrique du Sud voit la création d’une «marine».

En effet en 1885 à été créé le Natal Naval Volunteers suivit vingt ans plus tard du Cape Naval Volunteers. Ces deux entités fusionnent le 1er juillet 1913 pour donner naissance à la South African Division of the Royal Naval Volunteer Reserve [RNVR (SA)].

Durant le premier conflit, 412 sud-africains participent au premier conflit mondial, 164 au sein de la Royal Navy et 248 sur la base navale de Simonstown, une base stratégique pour les alliés.

Trois navires servent au sein du SANS, un navire hydrographique le HMSAS Protea et deux chalutiers dragueurs de mines (trawler minesweeper), les HMSAS Sonneblom et Immortelle. Ces navires sont rendus en 1933/34 en raison de coupes budgétaires drastiques imposées par les conséquences de la Grande Dépression.

En septembre 1939, le SANS est virtuellement inexistant avec six hommes et bien entendu aucun navire. Le déclenchement de la guerre de Pologne entraîne un projet de revitalisation du SANS mais ce projet ne voit pas le jour avant la fin du conflit à la mi-décembre 1939.

Une commission dirigée par le contre-amiral Guy Hallifax, un officier de la Royal Navy retraité et installé en Afrique du Sud propose que le SANS deviennent une véritable marine capable de défendre le pays avec ou sans le concours de la Royal Navy.

La South African Naval Commission (SANC) travaille de novembre 1939 à mars 1940. Elle publie ses recommandations en septembre 1940 qui prévoit un projet ambitieux avec un croiseur léger, quatre destroyers, six corvettes, des vedettes lance-torpilles, un pétrolier, un cargo et des hydravions de patrouille maritime.

Ce projet est ambitieux, trop même pour l’Afrique du Sud. Le rapport fait même scandale car il suggère de ne pas réserver les rangs d’une marine sud-africaine aux blancs. Ce rapport est donc enterré et le contre-amiral Hallifax écarté de toute fonction. Menacé par des afrikaners extrémistes, il finira par quitter le pays pour l’Australie.

L’échec cuisant du rapport Hallifax ne dissuade pas le gouvernement de Pretoria de revitaliser le famélique SANS qui en 1941 aligne une soixantaine d’officiers, d’officiers mariniers et de matelots qui sont détachés au sein de la Royal Navy pour des tâches administratives, de recherche et de prospection.

Les effectifs augmentent peu à peu passant à 180 hommes en 1942 et 640 hommes en 1943 mais toujours sans aucun navire. Outre des tâches de bureau, les hommes du South African Naval Service assurent des tâches logistiques à la base navale de Simonstown et arment des pièces de défense côtière pour protéger le littoral sud-africain.

En mars 1944, un rapport précise que les côtes sud-africaines sont défendues par six batteries, deux défendant Simonstown avec chacune deux canons de 120mm, deux défendant Durban avec chacune deux canons de 152mm et deux Port Elizabeth avec deux canons de 120mm chacune.

La Royal South African Navy (RSAN) est officiellement créée le 17 juin 1945 au cours d’une cérémonie organisée à Simonstown. Outre le personnel du SANS, s’ajoute des réservistes de la division sud-africaine du RNVR mais aussi des sud-africains qui servaient au sein de la RN et qui ont obtenu l’autorisation de rejoindre une nouvelle marine.

Tout reste cependant à faire, personne ne le nie. Il faut entraîner du personnel pour armer des navires modernes. Quatre chalutiers-dragueurs sont acquis auprès d’armateurs privés. Ces navires sont baptisés Trawler n°1 à n°4. Il s’agissait de navires de 150 tonnes, pouvant naviguer à 10 nœuds avec pour armement un canon de 102mm, deux canons de 20mm, deux mitrailleuses de 7.7mm, des charges de profondeur et un équipement de dragage de mines mécanique.

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Un sloop classe Grimsby

Parallèlement des installations terrestres sont aménagées à Simonstown, des installations distinctes de celles de la Royal Navy qui déployait avant guerre deux sloops (HMS Londonderry et HMS Auckland de classe Grimsby et Egret respectivement), deux vedettes anti-sous-marines et deux canonnières.

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HMS Wakeful

Le 4 septembre 1947, deux vieux destroyers de la Royal Navy sont transférées à la marine sud-africaine, les HMS Wakeful et Wryneck. Ces deux destroyers appartenaient au type V&W mis en service à la fin du premier conflit mondial.

Ces navires devenus les HMSAS Wakeful et Wryneck doivent initialement servir pour l’entrainement des marins destinés à servir sur des navires plus modernes. Ces deux destroyers qui venaient de Devonport (18th Destroyer Flottilla) subissent une remise en état complète avant leur transfert à leurs nouveaux propriétaires.

Outre une remise en état complète, les deux destroyers voient leur armement modifié avec deux canons de 120mm, un canon antiaérien de 3 pouces (76.2mm), quatre canons de 20mm Oerlikon, une plate-forme triple lance-torpilles de 533mm et des charges de profondeur.

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HMS Brecon (L-76)

En septembre 1948, trois jours avant le début du second conflit mondial, l’Afrique du Sud passe commande de quatre destroyers légers type Hunt IV. Un tel délai (un an) s’explique par les hésitations sur les navires à commander.

A ces quatre navires commandés le 2 septembre 1948 vont s’ajouter à l’automne 1948 la commande de deux destroyers type S, de seize vedettes lance-torpilles, d’un pétrolier, d’un ravitailleur et d’hydravions Consolidated PBY Catalina.

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Consolidated Catalina britannique approchant de l’île de Malte

Finalement les quatre destroyers type Hunt IV sont quatre unités initialement commandées par la Royal Navy et que cette dernière va rétrocéder à la marine sud-africaine. Ces navires vont être mis en service fin 1949/début 1950 pour relever les deux destroyers type V&W usés par des patrouilles intensives.

A noter que dès le début du conflit, Londres soucieux de s’attirer les bonnes grâces de Pretoria avait placé sous les ordres de la RSAN les moyens britanniques déployés à Simonstown.

Ces navires vont mener des patrouilles de sécurité pour couvrir le passage entre l’Océan Atlantique et l’Océan Indien.

D’autres moyens vont être déployés depuis Simonstown notamment des sous-marins et de plus grosses unités qui trouvaient là un point d’appui pour se ravitailler sans compter des escales de repos pour l’équipage.

Les quatre destroyers légers type Hunt IV sont baptisés du nom de batailles de l’histoire sud-africaine, deux de la deuxième guerre anglo-boer et deux des guerres zoulous.

Le HMSAS Magersfontein est mis en service en octobre 1949 arrivant avec un convoi venu de Liverpool via Brest, Gibraltar, Casablanca, Dakar, Freetown et Pointe-Noire en compagnie Stormberg mis en service en même temps que le premier.

A ces deux navires portant des noms de bataille de la deuxième guerre anglo-boer s’ajoutent les HMSAS Kambula et Ulundi, deux victoires britanniques lors de la guerre anglo-zoulou. Ces navires sont mis en service en février 1950, arrivant eux aussi en escorte d’un convoi venu de Liverpool.

L’arrivée de ces quatre destroyers légers permet le retrait du service actif des vieux destroyers transférés par la Royal Navy en septembre 1947. Ces deux navires sont ramenés à Simonstown où privés de leur armement sont transformés en ponton-caserne (Wryneck) et ponton-atelier (Wakeful).

Les quatre destroyers type Hunt IV sont renforcés par l’acquisition de deux destroyers type S. A la différence des canadiens qui récupèrent des destroyers commandés par la Navy, les deux type S destinés aux Antipodes sont construits spécifiquement pour la marine sud-africaine.

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HMS Swift (G-46)

Baptisés Transvaal et Natal, ces deux navires sont mis en service en juin 1950. Ils vont opérer en compagnie des Hunt IV pour des couvertures de convois en renfort des escortes des convois proprement dits même si parfois certains navires sud-africains se rendaient jusqu’en Inde ou jusqu’à Freetown.

Seize vedettes lance-torpilles sont également commandées. Initialement elles devaient être construites en Grande-Bretagne mais devant la surcharge des chantiers prévus, l’Afrique du Sud s’est lancée dans une construction indigène.

La firme britannique Thornycroft à vendu une licence de fabrication pour un modèle de vedette inspiré de la série Fairmile mais plus robuste. Un petit chantier naval est installé près de Durban en mars 1949. Les seize vedettes sont construites à l’automne 1949 et au printemps 1950.

Déplaçant 95 tonnes et pouvant filet à 40 nœuds, elles étaient armées d’un canon de 40mm Bofors, de deux canons de 20mm Oerlikon et de quatre torpilles de 533mm. Elles ne portent pas de nom mais deux lettres SV signifiant Ster Vinnig pour «vedette rapide» en afrikaan suivit d’un numéro (1 à 16).

Le pétrolier destiné à ravitailler ces navires est un pétrolier d’une compagnie marchande sud-africaine.

Le Louis Botha à été mis sur cale à Belfast en septembre 1947 lancé en août 1948 et mis en service en novembre 1948. La RFA tente de le récupérer mais son armateur parvient à le faire racheter par la RSAN qui en échange cède son pétrolier sur cale à la Royal Fleet Auxiliary.

Il arrive en Afrique du Sud en janvier 1949 et va servir de ravitailleur au profit des navires de combat de la marine sud-africaine.

Le ravitailleur est lui construit dès l’origine pour la RSAN. Baptisé Drakensberg, il est mis sur cale en janvier 1949 lancé en septembre de la même année et mis en service en mai 1950. Il rallie l’Afrique du sud au début du mois de juillet.

En ce qui concerne l’aéronavale, seize Consolidated PBY-6 Catalina sont commandés en novembre 1948. Les appareils sont livrés entre mars et septembre 1949, formant deux unités, l’une stationnée au Cap pour couvrir l’Atlantique (squadron 11) et une seconde pour couvrir l’Océan Indien depuis Durban (squadron 13).

Ces hydravions sont rejoints au printemps 1949 par vingt-quatre Bristol Beaufort, des bombardiers-torpilleurs bimoteurs qui forment deux nouvelles unités, les squadrons 12 et 14 opérant essentiellement dans l’Océan Indien.

Après avoir couvert des convois allant venant par le cap de Bonne Espérance, la marine sud-africaine adopte une posture plus agressive au printemps 1950 en vue de l’opération GIDEON, la grande offensive alliée contre l’Africa Orientale Italiana (AOI) qui regroupe les territoires qui correspondent actuellement à l’Erythrée, l’Ethiopie et une partie de la Somalie.

Les vedettes lance-torpilles sont transportées dans le plus grand secret à Mombassa au Kenya pour opérer contre la Somalie italienne et notamment le port de Mogadiscio.

Le destroyer Transvaal et les destroyers légers Magersfontein et Ulundi rallient également la colonie britannique pour de futures opérations en compagnie de navires britanniques, français et mêmes belges.

Des Consolidated Catalina sont déployés à Diego-Suarez sur l’île de Madagascar tandis que des Bristol Beaufort sont déployés au Kenya.

Les unités de surface vont assurer le blocus des côtes de la Somalie italienne, coulant plusieurs navires marchands et de petites unités de surface. Sous la couverture de la chasse alliée (dont des unités sud-africaine), la petite escadre va également bombarder des cibles à terre.

La campagne terminée fin 1950, la marine sud-africaine va opérer dans des missions de traque contre les croiseurs auxiliaires allemands dans l’Océan Indien.

Elle va déployer l’essentiel de ses moyens depuis Aden sous l’autorité de la British Eastern Fleet qui ne put empêcher le déferlement japonais sur la Malaisie et Singapour pour ne citer que les colonies d’Insulinde.

Si plusieurs alertes sont envoyées, aucun croiseur auxiliaire allemand ne sera coulé par la marine sud-africaine qui va participer à l’été 1952 à l’opération VAMPYR, la reconquête de la Birmanie.

Les deux destroyers type S et les quatre destroyers type Hunt IV sont engagés en compagnie de huit vedettes lance-torpilles , ne laissant comme unités de combat en Afrique que les deux sloops, deux canonnières, deux vedettes anti-sous-marine et quatre vedettes lance-torpilles (quatre perdues lors de GIDEON).

La RSAN connait ses premières pertes. Le HMSAS Transvaal est coulé au large de Rangoon le 7 août 1952. Alors qu’il couvrait un raid mené par le 2nd South African, Royal Marines Bataillon, le navire est surpris par des bombardiers japonais. En dépit d’une DCA furieuse et de l’intervention de chasseurs britanniques, le destroyer est frappé par trois bombes. Cassé en trois, il coule si rapidement qu’une poignée de survivants seulement est récupérée.

Il est suivit une semaine plus tard par le HMSAS Ulundi qui est lui victime d’un sous-marin japonais qui place une torpille qui lui arrache la proue jusqu’au niveau de la pièce avant de 102mm. Alors que le navire allait être pris en remorque, une gigantesque explosion casse le navire en deux qui sombre rapidement ne laissant que fort peu de survivants.

Pour remplacer ces navires perdus, la marine britannique va céder à la marine sud-africaine,deux destroyers type W en achèvement en Grande-Bretagne en l’occurrence les Wessex et Whelp rebaptisés Transvaal et Rhodesia.

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Un destroyer type W

Ces navires arrivent à Aden en décembre 1952 où ils sont pris en charge par les marins sud-africains qui se retrouvent avec trois destroyers d’escadre (Natal, Transvaal ex-Wessex, Rhodesia ex-Whelp) et trois destroyers type Hunt IV (Magersfontein, Stormberg Kambula).

Cette petite escadre retourne en Afrique du Sud au printemps 1953 officiellement pour sécuriser les lignes de communication alliées en réalité pour calmer le mécontentement des afrikaners extrémistes qui ne supportaient pas de voir leurs navires combattre sous commandement britannique.

Jusqu’à la fin du conflit en Europe (avril 1954), la marine sud-africaine va escorter des convois et traquer les forceurs de blocus. Elle participe ensuite non pas aux opérations dans le Pacifique mais à l’opération GIDEON II, la mise en place d’une administration de transition dans l’ancienne AOI.

Le Transvaal accompagné du Magersfontein va escorter des transports déployant une brigade sud-africaine. Cette brigade la 1st Mobile Brigade va opérer en Somalie italienne et ce jusqu’en 1960 quand la Somalie italienne et le Somaliland sont réunis pour former la République de Somalie.

Sur les seize vedettes lance-torpilles construites à Durban, quatre sont perdues lors de l’opération GIDEON et quatre autres lors de l’opération VAMPYR réduisant la flotte à huit unités. Le nombre remonte à seize puis est porté à vingt-quatre par des constructions complémentaires.

Sur ces vingt-quatre vedettes seulement seize sont lance-torpilles, quatre en canonnière et quatre vedettes de transport et de combat.

Ces vedettes vont opérer d’abord dans le Golfe d’Aden contre les italiens puis dans le Golfe du Bengale contre les japonais.

Si le Louis Botha survit au conflit, le Drakensberg est torpillé par un U-Boot lors d’un transit entre Aden et Rangoon fin mars 1952.

A la fin du conflit en septembre 1954, la Royal South African Navy dispose de trois destroyers, trois destroyers légers, douze vedettes, deux sloops et un pétrolier.

Durant le conflit deux bataillons d’infanterie de marine sont mis sur pied, les 1st et 2nd South African Royal Marines Bataillon.

Organisés en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, une compagnie d’armes lourdes et trois compagnies d’infanterie, ces deux bataillons vont opérer sur des fronts très éloignés.

Le 1er bataillon rallie l’Egypte dès septembre 1949 pour mener des raids contre le Dodécanèse et ainsi garder les italiens sous pression en attendant une opération d’ampleur. Elle opère comme une unité commando, frappant vite et fort.

Le Dodécanèse occupé par les alliés (et officiellement cédé à la Grèce), le bataillon rallie la Crète puis le Péloponnèse en menant toujours des raids commandos mais aussi des missions d’aide à la résistance (entrainement, encadrement et conseils) en Grèce occupée. L’unité participe également à des raids en Italie.

Le conflit terminé en Europe, le bataillon rentre en Afrique du Sud où il est dissous en mars 1955 tout comme le 2ème bataillon. Ce 2ème bataillon opère lui en Afrique orientale italienne lors de l’opération GIDEON puis en Asie du Sud-Est notamment en Birmanie lors de l’opération VAMPYR.

L’unité contrairement au reste de le marine sud-africaine reste déployée dans la région, effectuant des opérations coup de poing en Malaisie et même à Singapour, sabotant des navires japonais, détruisant des pièces d’artillerie de défense côtière.

Ils participent à l’opération OVERLORD (offensive en direction de la Thaïlande et de la Cochinchine mars-octobre 1953) puis à l’opération ZIPPER (libération de la Malaisie, de Singapour et des Indes Néerlandaises (novembre 1953-août 1954). Le bataillon rentre en Afrique du Sud puis est dissous en mars 1955. Il faudra attendre 1970 pour que des unités de Marines soient recréées.

Des plans ambitieux de croissance de la marine sud-africaine sont envisagés mais n’aboutiront pas faute de moyens financiers mais aussi également humains, la RSAN refusant de casser la «barrière des races» en offrant à des noirs et des métis compétents des postes à responsabilité au sein de la marine. Jusqu’à la fin de l’apartheid, la marine restera une arme quasi-exclusivement blanche à la différence d’autres armées plus ouvertes (même si tout est relatif).

Les trois destroyers d’escadre vont rester en service jusqu’à la fin des années soixante après avoir été modernisés à plusieurs reprises avec de nouveaux radars, un nouveau sonar, une DCA plus moderne, un armement plus orienté ASM que ASF.

Ils vont être remplacés par des frégates de conception et de fabrication britannique, quatre unités de classe President (President Kruger, President Steyn,President Pretorius, President Smuts) qui vont également remplacer les trois destroyers type Hunt IV désarmés en 1959 (Mogersfontein), en 1961 (Stormberg) et 1963 (Kambula).

Les vedettes qu’elles soient lance-torpilles ou non seront remplacés par seize vedettes lance-torpilles de conception et de fabrication nationale, des vedettes de 150 tonnes filant à 35 nœuds avec pour armement deux canons de 40mm Bofors, deux canons de 20mm Oerlikon, deux mitrailleuses de 12.7mm et quatre tubes lance-torpilles de 533mm.

A la fin des années soixante, une partie de ces vedettes sont modernisées et transformées en vedettes lance-missiles avec une tourelle simple de 57mm à l’avant, quatre missiles surface-surface et une tourelle double de 35mm.

Le Louis Botha est remplacé par un pétrolier de conception et de fabrication américaine, un pétrolier baptisé Pretoria mis en service en 1970 tandis qu’un transport/ravitailleur rapide baptisé Drakensberg est mis en service en 1965.

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Martin PBM Mariner

En ce qui concerne l’aéronavale, les Consolidated Catalina sont remplacés en 1962 par des Martin PBM-6 Mariner ayant appartenus à l’aéronavale américaine tandis que les Bristol Beaumont sont remplacés par des Lockheed Neptune.

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Etats Unis (112) Armée de terre (2)

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Pacifique

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Grande-Bretagne (64) Fleet Air Arm (4)

Tactiques et stratégie

Considérations générales

Quand le second conflit mondial, la Royal Navy dispose de treize porte-avions, onze porte-avions d’escadre et deux porte-avions légers.

La répartition de ces navires aux capacités encore imparfaitement reconnues trahit les priorités de la Royal Navy.

Avec six porte-avions (trois Illustrious et trois Malta soit théoriquement 348 appareils), la Home Fleet dispose du plus grand nombre de ponts plats.

Cette situation s’explique à la fois par son statut métropolitain qui en fait la flotte la plus prestigieuse (ce qui ne fût pas toujours le cas, la Mediterranean Fleet lui disputant longtemps ce statut) mais également par la puissance nouvelle de la Kriegsmarine et de ces quatre porte-avions (deux porte-avions d’escadre et deux porte-avions légers).

En cas de nouvelle bataille du Jutland, les Illustrious et les Malta disputeront au Graf Zeppelin et aux trois autres porte-avions allemands la suprématie aérienne

En cas de nouvelle bataille du Jutland, les Illustrious et les Malta disputeront au Graf Zeppelin et aux trois autres porte-avions allemands la suprématie aérienne

Souhaitant ou redoutant une nouvelle bataille du Jutland, les amiraux britanniques avaient intégré la présence des porte-avions dans leur stratégie générale pour couvrir la flotte et ralentir la ligne de bataille allemande, les escadres brito-françaises et allemandes étant composées de cuirassés rapides.

La Mediterranean Fleet ne dispose que de trois porte-avions paradoxalement plus que la France qui est la nation dominante de la Mare Nostrum. Ces trois porte-avions ont des rôles différents en fonction de leur stationnement.

Le HMS Ark Royal premier porte-avions moderne (ou digne de ce nom) de la Royal Navy stationné à Malte à pour mission de couvrir l’ile forteresse contre les bombardements italiens et plus généralement de participer à la couverture des convois passant par le détroit de Sicile qu’il s’agisse des convois ravitaillant le Moyen-Orient (Egypte, Chypre, Levant) ou l’Extrême-Orient, le passage par la Méditerranée leur évitant l’éreintant passage par le Cap de Bonne Espérance.

Les HMS Indomitable et Furious stationnés à Alexandrie ont un rôle plus lié au corps de bataille de la Mediterranean Fleet (1st Battle Squadron) composé de trois divisions de cuirassés, la 6th Battleship Division avec les vénérables cuirassés Nelson et Rodney, la 7th Battleship Division qui met en oeuvre les modernes Prince of Wales et Duke of York alors que la 8th Battleship Division dispose des Barham et Valiant.

Ils doivent assurer la couverture aérienne, l’éclairage de la flotte et comme leurs homologues de la Home Fleet doivent ralentir la ligne de bataille italienne qui pourrait également être attaquée par les deux porte-avions français, le Joffre basé à Toulon et le Commandant Teste à Mers-El-Kébir.

Ils pourraient également être engagés dans la couverture de convois, d’opérations de bombardement sur les côtes libyennes ou du Dodécanèse voir le transport d’avions en direction de Malte.

Le stationnement de deux porte-avions à Singapour au sein de la British Eastern Fleet nous parait être aujourd’hui une évidence mais à l’époque ce fût l’occasion de vifs débats.

Si l’envoi des vétérans Queen Elizabeth Warspite Malaya était acquise, l’envoi de deux porte-avions pour en assurer éclairage, appui et protection fût l’objet de débats, certains ne voyant pas l’utilité de disperser la flotte de ponts plats.

Ces deux porte-avions doivent appuyer les cuirassés, en assurer l’éclairage en liaison avec les hydravions des cuirassés et des croiseurs, l’appui avec les bombardiers en piqué et les avions torpilleurs et la couverture avec leurs chasseurs Seafire.

La construction de porte-avions d’escadre prennant du temps, émergea comme on l’à vu l’idée de porte-avions économiques, quasi-consommables pouvant être construits par des chantiers habitués à construires cargos et pétroliers.

Après la commande de deux porte-avions par la France, la Royal Navy sauta également le pas en passant commande des Colossus et Glory.

Ces deux navires furent déployés respectivement à Freetown et Aden étaient chargés en temps de guerre de couvrir les convois passant dans leurs zones de responsabilité, le premier couvrant les convois Liverpool-Freetown-Le Cap (avec des branches vers Casablanca et Dakar) alors que le second couvrait l’Océan Indien et le passage en Méditerranée des convois venus d’Océanie et d’Extrême-Orient et inversement, convois transportant des marchandises, du pétrole mais également des troupes venues d’Australie et de Nouvelle-Zélande.

La menace était ici le sous-marin mais également le raider soit un croiseur auxiliaire ou un véritable navire de guerre, le porte-avions guidant sur sa cible les croiseurs voir les cuirassés qui pourraient être engagés dans cette mission.

Tactiques

Bien qu’ayant inventé le porte-avions, la Royal Navy ne se montra guère inventive dans le domaine tactique la faute à un sous-investissement lié à un manque d’intérêt, un manque de débouchés pour les brillants officiers et un manque de croyance dans ce navire.

Grâce à un investissement nettement plus important dans la période 1939/48 (six porte-avions en service en septembre 1939 dont certains dépassés et obsolètes, treize ponts plats opérationnels en septembre 1948), la Royal Navy pu prendre en compte le facteur porte-avions dans sa stratégie.

Sur le plan tactique, impossible d’imaginer le porte-avions au coeur de la stratégie navale comme de nos jours. L’Aircraft Carrier est un auxiliaire destiné à appuyer les cuirassés véritables capital ship.

Le porte-avions est en premier lieu une plate-forme de reconnaissance. Pas étonnant que le premier porte-avions britannique à pont continu fût baptisé Argus, le gardien aux 100 yeux de la mythologie grecque (c’est aussi un rappel de la bataille du Jutland dont les résultats mitigés étaient en partie lié à un manque de renseignement sur la flotte allemande).

Pourtant à la différence des américains qui développèrent le concept de Scout Bomber (à la fois bombardier en piqué et avion de reconnaissance ce qui permettait de mener des attaques d’opportunité), les britanniques tardèrent à disposer d’un avion de reconnaissance.

Oh certes il y avait bien les Fairey Swordfish et Albacore officiellement TSR (Torpedo Scout Reconnaissance) mais ils étaient bien davantage des avions torpilleurs que des éclaireurs.

Ce manque fût compensé par la présence de bombardiers en piqué Doublas SBD Dauntless et comblé par la mise en service sur certains porte-avions de Blackburn Buccaneer, des bimoteurs de reconnaissance inspirés des CAO-600 français.

Une fois la flotte ennemie repérée, il faut la ralentir pour permettre aux cuirassés amis de la rattraper et de la détruire.

Là encore, la Fleet Air Arm fait preuve de classicisme avec l’emploi de bombardiers en piqué pour amoindrir les défenses et d’avions-torpilleurs qui doivent porter le coup de grace, l’estocade avant que n’entre en jeu les canons des cuirassés.

L’avion étant vu comme une menace, il faut aussi couvrir la flotte et protéger les avions d’attaque, les chasseurs sont très présents sur les ponts des porte-avions. Certes, on pense qu’une escadre disposant d’une solide DCA peut tenir dans des eaux où l’ennemi à acquis le contrôle des cieux (ce que la campagne de Norvège se chargera de démentir) mais la présence d’un porte-avions est un plus indéniable.

Grumman Martlet Mk I

Grumman Martlet Mk I

Outre l’escorte des avions d’attaque ainsi que la riposte à un raid ennemi, les chasseurs embarqués sur les porte-avions britanniques (Grumman Martlet mais surtout Supermarine Seafire) effectuent des Combat Air Patrol (CAP), des patrouilles ou des patrouilles doubles (deux ou quatre avions) qui surveillent un secteur précis pour anticiper une attaque ennemie ou abattre des éclaireurs.

13-Sous-marins (37) sous-marins classe Phenix (1)

N-Sous-marins de moyenne patrouille classe Phenix (type Y4)

Schéma de la classe Phenix

Schéma de la classe Phenix

En guise d’avant propos

Le 15 juin 1939, le sous-marin Phenix (classe Pascal) disparaît accidentellement au large de Cam-Ranh en Indochine.

Dès le 24 juin 1939, un décret-loi autorise la commande d’un sous-marin pour le remplacer numériquement et décision est prise de développer une version «tropicalisée» des Aurore ce qui implique une augmentation de poids dont on profite pour ajouter deux tubes lance-torpilles portant leur nombre à dix tubes, tous de calibre 550mm.

Au Phenix s’ajoutent douze sous-marins de moyenne patrouille dont la construction est décidée par le décret-loi du 29 décembre 1939. Ces sous-marins sont baptisés du nom des mois du calendrier révolutionnaire.

Le Phenix

-Le Phenix est mis sur cale à l’Arsenal de Toulon le 7 novembre 1940 lancé le 14 janvier 1943 et mis en service le 15 juillet 1944.

Il quitte Toulon le 16 juillet 1944 en compagnie de l’Engageante avec laquelle il rallie Bizerte le 19 juillet 1944. Il est placé hors rang au sein de la 3ème flottille de sous-marins, composante sous-marine de la 6ème Escadre Légère. La mise en service simultanée le 12 mars 1945 des Ventôse Frimaire et Prairial permet la réactivation de la 9ème DSM.

Du 5 au 12 février 1947, le sous-marin Phenix accompagné de son sister-ship Frimaire participe à l’entrainement anti-sous-marin des contre-torpilleurs Magon Dunois et La Hire de la 4ème DCT.

Du 22 au 30 mai, le Phenix sert de plastron pour l’entrainement anti-sous-marin des contre-torpilleurs Mogador et Hoche de la 11ème DCT.

Du 5 août au 20 septembre 1947, Le Phenix est échoué sur le dock-flottant de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour son premier grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 4 octobre 1947.

Ses essais réglementaires ont lieu du 5 au 7 octobre et sa remise en condition est réalisée du 9 au 24 octobre. Sa première patrouille post-carénage est réalisé du 1er au 23 novembre en Méditerranée orientale.

Quand le second conflit mondial éclate, le Phenix est à la mer en patrouille quelque part en Méditerranée orientale.

-Le Vendémiaire

-Le Vendémiaire est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand du Havre le 4 avril 1941 lancé le 12 juin 1943 et mis en service à Cherbourg le 7 mai 1945.

Il quitte Cherbourg le 8 mai 1945 en compagnie de l’Engageante, les deux navires faisant escale à Casablanca du 15 au 17 mai avant de rallier Bizerte le 23 mai 1945 à l’aube. Il est placé hors rang au sein de la 3ème FSM en attendant que la mise en service du Nivôse en juin 1945 n’active la 28ème DSM qui sera ensuite complétée par le Floréal et le Messidor.
Du 19 au 26 décembre 1946, les sous-marins Vendémiaire et Messidor participent à l’entrainement anti-sous-marin des contre-torpilleurs de la 7ème DCT Vauquelin Tartu et Chevalier Paul.

Trois mois plus tard, en mars 1947, la 28ème DSM est renumérotée 17ème DSM, la précédente DSM à portée ce numéro ayant été dissoute en septembre 1946.

Du 21 septembre au 30 octobre 1947, le Vendémiaire est échoué sur le dock flottant de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour son premier grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 15 novembre 1947.

Les essais officiels ont lieu du 16 au 18 novembre et sa remise en condition du 20 novembre au 3 décembre 1947. Il effectue sa première patrouille post-carénage du 10 décembre 1947 au 2 janvier 1948.

Quand le second conflit mondial éclate le 5 septembre 1948, le Vendémiaire venait de rentrer d’une patrouille au cours duquel il avait connu plusieurs problèmes techniques. Il est donc indisponible et ne peut appareiller même après une remise en condition accélérée (il appareilla finalement le 17 septembre).

-Le Ventôse

-Le Ventôse est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Seine-Maritime (ACSM) du Trait le 22 septembre 1941 lancé le 4 novembre 1943 et mis en service le 12 mars 1945.

Accompagné de ses compères Frimaire et Prairial, il quitte Cherbourg le 13 mars en compagnie du mouilleur de mines Pollux.

Les quatre navires font escale à Casablanca du 20 au 22 mars avant de rallier Bizerte le 27 mars 1945. Les trois sous-marins sus-nommés et le Phenix forment alors la 9ème DSM, l’une des divisions de la 3ème FSM, composante sous-marine de la 6ème Escadre Légère.

Du 10 mars au 30 avril 1948, le Ventôse est échoué sur le dock flottant où il subit son premier grand carénage.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 12 avril 1948. Il réalise ses essais officiels du 13 au 15 avril puis sa remise en condition du 17 au 30 avril. Sa première patrouille post-carénage à lieu du 7 au 24 mai 1948.

Quand la seconde guerre mondiale éclate, le Ventôse est en escale à Beyrouth après une patrouille orientée dans la surveillance du Dodécannèse alors possession italienne. Il se ravitaille en vivres et en carburant et reprend la mer pour surveiller notamment le canal d’Otrante.