15-Pétroliers et Ravitailleurs rapides (3)

C-Pétrolier Le Loing

Le Loing à la mer

Le Loing à la mer

L’après guerre marque la généralisation progressive mais inexorable de la chauffe nécessitant plus que jamais une importante flotte de pétroliers.

Après la construction de quatre petits pétroliers de classe Aube, une loi votée le 5 août 1924 autorise non seulement l’achat du pétrolier Bakou réfugié à Bizerte avec les autres navires de la Flotte blanche (Devenu le La Loire, il sera utilisé jusqu’en juin 1928 quand elle est mise en réserve. Utilisé comme citerne à Brest puis à Alger de 1932 à 1946 date de sa vente à la démolition) mais également la construction d’un pétrolier de 6000 tonnes baptisé Le Loing.

-Le Loing est mis sur cale aux chantiers Worms du Trait le 21 août 1925 lancé le 4 avril 1927 et admis au service actif le 1er octobre 1927. Il assure à la fois des transports de pétrole entre la France ,l’Empire et les sites d’exploitation et le ravitaillement des navires opérationnels au cours de manoeuvre.

Il est affecté en Indochine de 1935 à 1938, ravitaillant le 1er février 1938 au cap Saint Jacques les croiseurs de la 4ème DC effectuant un tour du monde. A la fin de 1938, il est relevé par le Niger et rallie les Antilles où il va à la fois chargé du mazout et du gazole au Texas pour ravitailler les Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA).

Une note du 7 mars 1939 anticipant sur les commandes à passer entre 1940 à 1946 prévoit la commande d’un transport pétrolier de 8600 tonnes en 1943 pour le remplacer.

Ayant besoin de réparations, il quitte Fort de France le 25 avril 1940 pour rallier La Rochelle le 7 mai 1940. Il va subir des travaux aux chantiers Delmas & Vieljeux de La Rochelle, travaux concernant les chaudières et les citernes à mazout. Les travaux se terminent le 20 juillet 1940 et peut sortir pour essais les 21 et 22 juillet puis pour remise en condition du 24 au 31 juillet 1940.

Le Loing quitte La Pallice le 1er août, va charger du gazole et du mazout à Lorient les 2 et 3 août avant de traverser l’Atlantique à 11 noeuds de moyenne, ralliant Fort de France le 16 août 1940 à l’aube, réintégrant les FNFA.

Du 15 juin au 21 août 1943, le Loing est échoué au bassin à Fort de France pour un grand carénage bien mérité. Il subit une remise en état complète, profitant de l’amélioration des capacités industrielles de la Martinique. Il reçoit notamment un système de ravitaillement à la mer.

Armé pour essais le 25 août, il sort pour essais le 26 et le 27 août puis pour remise en condition du 29 août au 5 septembre 1943. Il appareille le lendemain 6 septembre pour Aruba où il charge du mazout le 8 septembre pour rentrer à Fort de France le 12 septembre 1943.

Comme tous les autres pétroliers français de l’époque, le Loing à une double casquette, servant à la fois de transport pétrolier de produits finis (mazout, gazole, essence d’aviation) entre le Venezuela, Curacao, le Mexique, le Texas et Fort de France voir Pointe à Pitre pour recompléter les dépôts civils et militaires et de ravitailleur de navires militaires au cours des différents exercices.

Ces exercices concernent principalement les navires des FNFA mais également des navires venus de métropole comme la 6ème DCT (Milan Epervier Vautour) venue de Brest en compagnie du Var pour un entrainement commun avec l’aviso colonial Bougainville, le principal navire de combat des FNFA, les «métropolitains» arrivant à Fort de France le 9 février 1944.

Du 28 février au 4 mars 1944, le Loing et le Var simulent un convoi protégé par la 6ème DCT contre le Bougainville qui simule un croiseur auxiliaire allemand comme ceux du premier conflit mondial

Du 1er au 12 septembre 1945, il soutien le croiseur léger Primauguet qu’il ravitaille en mer et en route à l’aide d’un système plus efficace que celui installé au cours du grand carénage de l’été 1943 et alors que le croiseur léger est à Pointe à Pitre du 13 au 16 septembre, le pétrolier rallie Aruba pour charger du mazout, du gazole et du carburant aviation.

Du 11 au 30 janvier 1946, il soutient le Primauguet engagé dans un entrainement intensif dans la région des Petites Antilles.

A l’origine, il était prévu de le désarmer en 1946 mais au final, il est décidé de le prolonger trois ans ce qui nécessite un grand carénage étoffé. Pour cela, il est échoué au bassin du 1er juin au 12 août 1946 pour une remise en état complète.

Après des travaux complémentaires à quai, le pétrolier Le Loing est armé pour essais le 1er septembre, effectuant ses essais réglementaires les 2 et 3 septembre puis sa remise en condition du 5 au 15 septembre, reprenant le surlendemain son activité opérationnelle quand il appareille pour le Texas afin de charger du mazout et du gazole, ce dernier servant notamment à alimenter la centrale électrique alimentant la Martinique.

Le 7 avril 1948, après un entrainement au combat de nuit des deux croiseurs, le pétrolier Le Loing ravitaille les croiseurs légers Gloire et Montcalm pour leur permettre de rallier Cayenne sans avoir à faire escale.

Le 5 septembre 1948, le Le Loing était à Aruba, chargeant du mazout et du gazole. Il rallie quelques jours plus tard la Martinique.

Caractéristiques Techniques du Loing

Déplacement : standard 3481 tW pleine charge 10138 tonnes 9915 tonnes de port en lourd

Dimensions : longueur hors tout 122.75m longueur entre perpendiculaires 117.84m largeur 15.51m tirant d’eau 7.45m au déplacement en charge

Propulsion : deux diesels Burmeister & Wain dévellopant 4100ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 13.96 noeuds (13 noeuds en service courant) rayon d’action 6000 miles nautiques à 13 noeuds

Capacités : 8 citernes (6550 mètres cubes) et 10 citernes d’été (1306 mètres cubes)

Armement : (1939-40) deux canons de 100mm modèle 1917, deux canons de 75mm antiaériens

En septembre 1948, le pétrolier Le Loing dispose toujours de deux canons de 100mm mais les deux canons de 75mm ont été remplacés par six canons de 37mm modèle 1941 en trois affûts doubles.

Equipage : 6 officiers et 70 hommes en temps de paix; 8 officiers et 76 hommes en temps de guerre.

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14-Navires légers (11) avisos-coloniaux classe Bougainville (10)

Le Lapérouse

-Le Lapérouse est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) à Bordeaux le 7 juin 1940 lancé le 14 septembre 1940 et mis en service  le 8 janvier 1942.

Armé à Lorient (où il est arrivé le 14 septembre 1941), l’aviso colonial quitte le Morbihan le 9 septembre 1942 pour rallier Cayenne où il arrive le 19 septembre après dix jours de mer.

Dans la seule colonie française d’Amérique du Sud, l’aviso colonial aura pour mission d’y faire respecter notre souveraineté et de montrer le pavillon dans l’Atlantique Sud.

Comme ses autres sister-ships, il va effectuer des exercices avec des navires français de passage dans la région. C’est ainsi que du 10 au 17 mars 1944, il manoeuvre avec la 6ème DCT (Vautour Milan Epervier) venue de Brest en compagnie du pétrolier Var. Les quatre navires venus de Brest effectuent une escale à Cayenne du 18 au 21 mars avant de quitter la colonie française pour poursuivrent leurs exercices.

Du 12 au 19 mars 1945, il effectue un exercice commun avec le croiseur léger Primauguet navire-amiral des FNFA.

Le 30 mars, le Lapérouse quitte Cayenne pour rallier Fort de France le 6 avril 1945 afin de subir son premier grand carénage. Il est mis au bassin du 8 avril au 12 juin 1945 pour remise en état et modernisation de ses capacités militaires selon des travaux identiques à ceux menés sur ses sister-ships.
Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 22 juin, effectuant ses essais du 23 au 25 juin puis sa remise en condition  du 27 juin au 12 juillet. Il quitte la Martinique le 13 juillet pour rallier Cayenne le 21 juillet 1945.

Du 26 au 29 novembre 1946, l’aviso Lapérouse effectue un exercice commun avec le croiseur-école Jeanne d’Arc et le destroyer brésilien Jurua.

Du 17 au 22 avril 1948, il effectue un exercice commun avec les croiseurs légers Gloire et Montcalm.

Le Lapérouse quitte Cayenne le 26 avril pour rallier Fort de France le 3 mai 1948. Il est mis au bassin du 5 mai au 15 août pour remise en état complète. Armé pour essais le 21 août, il sort pour essais les 22 et 23 août puis effectue sa remise en condition du 24 août au 4 septembre 1948 date de son retour à Cayenne.

Apprenant le début des combats en Norvège et au Danemark, il reprend aussitôt la mer pour patrouiller, guidé par le Loire 130 en attendant l’arrivée de moyens aériens supplémentaires pour renforcer la surveillance de l’Atlantique Sud.

Classe Bougainville CT

Caractéristiques Techniques de la classe Bougainville

Déplacement : standard 1969 tW 2126 tonnes en charge normale 2600 tonnes à pleine charge

Dimensions : longueur hors tout 103.70m entre perpendiculaires 98m largeur 12.70m tirant d’eau 4.50m

Propulsion : deux diesels Sulzer deux temps (Dumont d’Urville Savorgnan de Braa D’Iberville) ou Burmeister & Wain quatre temps (les autres) développant 3200ch et entrainant 2 hélices

Performances : vitesse maximale 15.5 noeuds rayon d’action 13000 miles nautiques à 8.5 noeuds 7600 miles nautiques à 14 noeuds

Electronique : projet d’embarquer un radar de navigation et un Asdic non réalisés avant guerre

Installations d’hydraviation : une grue et un emplacement pour un hydravion type Potez 452 ou Gourdou-Lesseure GL.832HY. Les hydravions ont été mis à terre en 1943/44 lors des grands carénages

Armement : trois canons de 138mm modèle 1927 sous masque (deux avant et un arrière), quatre canons de 37mm modèle 1925 en affûts simples (ou en affûts doubles modèle 1933) et six mitrailleuses de 13.2mm en affûts doubles et jusqu’à 50 mines

En 1948, les Bougainville dispose toujours de trois canons de 138mm mais leur DCA à été nettement renforcée avec quatre canons de 37mm Schneider modèle 1941 et six canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en affûts doubles

Equipage : 13 officiers 21officiers-mariniers et 89 quartiers-maitres et matelots

14-Navires légers (7) avisos coloniaux classe Bougainville (6)

L’Amiral Charner

L'Amiral Charner en mer, son Potez 452 embarqué

L’Amiral Charner en mer, son Potez 452 embarqué

-L’Amiral Charner est mis sur cale aux Chantiers Maritimes du Sud Ouest de Bordeaux le 27 mai 1931 lancé le 1er octobre 1932 et admis au service actif le 20 avril 1934.

A sa mise en service, l’Amiral Charner est affecté à Saïgon au sein des FNEO où il arrive en août mais il est rapidement affecté à Nouméa et ce de novembre 1934 à septembre 1935 quand il rallie à nouveau Saïgon et l’Indochine où il va rester déployé, étant le seul des avisos coloniaux à n’être jamais revenu en métropole après sa mise en service.

Avec le retour des croiseurs légers Lamotte-Picquet et Primauguet et du croiseur lourd Suffren en métropole, l’aviso colonial devient le plus grand navire des FNEO et donc navire-amiral. Il reste basé à Saïgon et la réorganisation de septembre 1940 ne change rien à sa situation opérationnelle.

Du 15 mars au 30 mai 1941, l’Amiral Charner est échoué dans l’unique bassin de l’Arsenal d’Indochine à Saïgon. Il y subit une remise en état complète de sa coque et son appareil propulsif sans oublier l’armement et les locaux-vie.

Armé pour essais le 15 juin 1941, il sort pour essais du 16 au 18  puis pour remise en condition du 20 juin au 4 juillet date à laquelle il est de nouveau disponible.

Le 21 mars 1944, il assiste à l’arrivée à Saïgon du patrouilleur Branlebas. A noter qu’en dépit de l’ouverture de la base de Cam-Ranh, l’aviso colonial et le patrouilleur vont rester basés à Saïgon.

L’Amiral Charner est échoué au bassin de l’Arsenal d’Indochine à Saïgon du 10 au 27 juin 1944 pour remise en état et modernisation de ses capacités militaires avec le débarquement de ses installations d’hydraviation et la modernisation de la DCA (quatre canons de 37mm modèle 1941 et six canons de 25mm modèle 1939-40 en affûts doubles).

Armé pour essais le 10 juillet 1944, il réalise ses essais réglementaires du 11 au 13 j puis sa remise en condition du 15 au 29 juillet 1944, étant de nouveau disponible le lendemain.

Du 18 au 29 août 1945, l’Amiral Charner participe avec les torpilleurs légers Niçois et Savoyard à la remise en condition du croiseur léger Duguay Trouin qui venait de connaître une période d’indisponibilité accidentelle.

Le 24 février 1947, un incident frontalier oppose des légionnaires français à des soldats thaïlandais pour quelques arpents de terre disputés entre la France et la Thaïlande au Cambodge. La France bien décidée à ne pas se laisser  marcher sur les pieds décide d’effectuer une démonstration navale.

C’est ainsi que l’Amiral Charner retrouve en mer après avoir appareillé de Saïgon le croiseur lourd Tourville, le croiseur léger Duguay-Trouin et le pétrolier-ravitailleur Rhône  pour une démonstration dans le Golfe de Thaïlande, démonstration à laquelle ne répond pas la marine thaïlandaise.

Cette démonstration s’achève le 4 mars quand les trois navires français mettent cap sur Cam-Ranh où ils arrivent le 7 mars 1947, l’Amiral Charner lui poursuivant sa mission de surveillance jusqu’au 10 mars date de son retour à Saïgon.

Du 27 septembre au 4 octobre 1947, l’Amiral Charner participe à la remise en condition du croiseur lourd Tourville, les deux navires faisant escale à Haïphong du 5 au 12 octobre où les compagnies de débarquement des deux navires sont mises à terre pour réprimer de violentes émeutes entre viets et chinois.
Du 10 octobre au 27 décembre 1947, l’Amiral Charner est échoué au bassin de l’Arsenal d’Indochine pour un nouveau grand carénage. Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 7 janvier 1948, sortant pour essais du 8 au 10 puis pour remise en condition du 12 au 26 janvier 1948. Il est de nouveau disponible le 30 janvier et reprend sa mission de présence et de patrouille.

Il alterne entre le Golfe de Siam et le Golfe du Tonkin, bénéficiant pour ses patrouilles du soutiens des avions et hydravions de l’aéronavale qu’il s’agisse des appareils de la 11ème flottille d’hydravions (Catalina et Bloch MB-481) ou les avions de la 12ème FAN (CAO-700M, MB-175T et Léo 456) et intensifie ses patrouilles à l’automne 1948 notamment dans le Golfe du Tonkin.

14-Navires légers (5) avisos coloniaux classe Bougainville (4)

Le D’Entrecasteaux

Le D'Entrecasteaux à Beyrouth

Le D’Entrecasteaux à Beyrouth

-Le D’Entrecasteaux est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Provence de Port de Bouc le  29 janvier 1930 lancé le 21 juin 1931 et admis au service actif le 6 mai 1933.

A son admission au service actif, le quatrième aviso colonial construit est affecté à la Division Navale de l’Atlantique (DNA), l’ancêtre des FNFA avec pour base Fort de France même si durant la campagne de pêche sur les grands bancs, il gagnait St Pierre et Miquelon pour assister les chalutiers sur les bancs de Terre Neuve.

Après un carénage à Lorient de mai à octobre 1935, le D’Entrecasteaux est renvoyé aux Antilles avec toujours Fort de France comme port d’attache. Il subit un nouveau carénage à Lorient de juillet à novembre 1937 puis de juillet à septembre 1939.

Durant la guerre de Pologne, il est affecté aux Forces Navales stationnées au Maroc pour des patrouilles entre Casablanca et Dakar ainsi que des escortes de convois.

La réorganisation de septembre 1940 affecte l’aviso colonial à Diego-Suarez au sein des Forces Navales d’Afrique Equatoriale Française (FNAEF) pour des missions de souveraineté dans la grande île mais également dans tout l’océan Indien en liaison avec le Savorgnan de Brazza.

Le 30 mars 1941, le D’Entrecasteaux débarque ses munitions et vidange ses soutes. Il est échoué au bassin n°1 du 1er avril au 5 juillet 1941 pour une remise en état complète. Armé pour essais le 21 juillet 1941, il sort pour essais du 22 au 24  puis pour remise en condition du 26 juillet au 10 août 1941.

Il subit un nouveau grand carénage trois ans plus tard, étant échoué au bassin n°1 de l’Arsenal de Diego-Suarez du 12 avril au 3 juillet 1944 où remise en état coïncide avec une modernisation qui voit le débarquement des installations d’hydraviation et le renforcement de la DCA avec quatre canons de 37mm et six canons de 25mm en trois affûts doubles.

Armé pour essais le 15 juillet 1944, il sort pour essais du 16 au 18  et pour remise en condition du 20 juillet au 3 août 1944.

Du 2 au 12 février 1947, le D’Entrecasteaux sort pour un entrainement commun avec le croiseur léger Primauguet.  les deux navires font escale à La Réunion du 13 au 18 février puis à Port Louis (Ile Maurice) du 19 au 25 février avant de rentrer à Diego-Suarez le 28 février 1947.

Du 6 au 21 septembre 1947, il participe à la remise en condition du croiseur léger Primauguet qui sortait d’une période d’indisponibilité. L’aviso colonial et le croiseur léger ressortent pour un exercice de combat de nuit, exercice mené du 24 au 29 septembre 1947, exercice qui se termine par un abordage sans gravité du croiseur par l’aviso.

Du 18 janvier au 1er août 1948, il est navire amiral des FNAEF en remplacement du Primauguet alors en grand carénage à Diego-Suarez.

Du 2 août au 15 octobre 1948, il est échoué au bassin n°1 pour un nouveau grand carénage. Armé pour essais le 1er novembre, il sort pour essais les 2 et 3 novembre puis pour remise en condition du 5 au 17 novembre 1948.

Il peut alors reprendre ses patrouilles anti-raiders aidé pour cela par les moyens aériens stationnés dans la grande île.

14-Navires légers (2) avisos coloniaux classe Bougainville (1)

B-Avisos coloniaux classe Bougainville

Montrez le pavillon aux quatre coins de l’Empire

Notre marine ressort du premier conflit mondial épuisée. Tout est à refaire, il faut restaurer des infrastructures, une flotte et des équipages. La priorité est donnée à la reconstruction d’unités légères type croiseurs, contre-torpilleurs, torpilleurs et sous-marins.

La police dans l’Empire Colonial à également besoin de navires modernes spécialement adaptés, des navires appelés «avisos pour campagnes lointaines» bien vite rebaptisés «avisos coloniaux» baptisés du nom de grands explorateurs. La vitesse étant sacrifiée, les avisos coloniaux sont propulsés par des moteurs diesels, une première pour des navires de ce tonnage ce qui leur donne une vitesse faible (19 nœuds) mais un appréciable rayon d’action (13000 miles nautiques à 8.5 nœuds).

Dix unités au total vont être construites. Les deux premiers sont financés par la tranche 1927, les deux suivant à la tranche 1929, deux à la tranche 1930, un à la tranche 1931, deux à la tranche 1937 et le dixième à la tranche 1938bis. Tous affectés dans l’empire sauf une unité déployée à Brest comme navire hydrographique.

Etudiés par l’ingénieur Antoine, le chef de la Section des petits bâtiments du Service Technique des Constructions Navales (STCN), les avisos coloniaux sont des navires de 2000 tW, des navires élégants, élégance liée aux passavents qui prolongent la teugue.

Navires de présence, la vitesse est sacrifiée au profit de l’autonomie d’où le choix d’une propulsion diesel. Bien armés, ils reçoivent des installations pour la mise en oeuvre d’un hydravion mais cette capacité vue comme un progrès se révéléra difficile à mettre en oeuvre.

Le Bougainville

Le Bougainville

Le Bougainville

-Le Bougainville est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) à Bordeaux le 25 novembre 1929 lancé le 21 avril 1931et admis au service actif le 15 février 1933.

A sa mise en service, le premier aviso-colonial est affecté en Indochine au sein des Forces Navales  en Extrême Orient (FNEO) mais en 1934/35 il est détaché dans l’Océan Indien (Station Navale de l’Océan Indien SNOI) avant de rallier la Division Navale du Levant en 1935/36.

De retour en Indochine en 1936/37, il passe deux ans au sein de la SNOI jusqu’en septembre 1939 quand il rallie les Antilles pour intégrer le dispositif allié des West Indies avec pour port d’attache Fort de France.

Il devient en septembre 1940 le navire-amiral des Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA), une force de souveraineté ayant pour mission la protection des Antilles françaises.

Depuis la station navale de Fort de France, il rayonnait dans toutes les Caraïbes à la fois pour des missions de souveraineté mais également des missions de représentation dans les ports étrangers de la région.

Du 14 mai au 2 août 1941, il est échoué au bassin à Fort de France pour un premier grand carénage destiné à le remettre totalement en état. Il était prévu de moderniser la DCA et de débarquer les installations d’hydraviation mais ces travaux sont reportés sine die. Le Potez 452 est de toute façon de moins en moins souvent embarqué (il est remplacé courant 1943 par un Loie 130C non rembarquable).

Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 17 août, sortant pour essais les 17 et 18  avant remise en condition du 19 au 31 août 1941.

Le 1er mai 1942, le patrouilleur (ex-torpilleur) Baliste arrive à Fort de France pour renforcer les moyens des FNFA.

L’aviso colonial Bougainville participe également à des exercices avec des navires venus de métropole. Par exemple du 19 au 24 janvier 1944, l’aviso colonial effectue un exercice bilatéral avec le contre-torpilleur Desaix qui effectuait sa traversée de longue durée avant son affectation en Méditerranée.

Le 9 février 1944, le Bougainville et le pétrolier Loing accueillent à Fort de France les contre-torpilleurs Milan Epervier et Vautour de la 6ème DCT accompagnés du pétrolier Var, les quatre navires venant de Brest.

Après un entrainement de base du 11 au 15 février, l’aviso colonial et la 6ème DCT subissent un entrainement de défense aérienne à la mer du 16 au 23 février, faisant ensuite escale à Pointe à Pitre du 24 au 27 février.

Ils enchainent par un exercice de protection, les trois contre-torpilleurs devant protéger le Loing et le Var contre le Bougainville qui symbolisait un croiseur auxiliaire allemand et ce du 28 février au 4 mars 1944. La 6ème DCT et le Var quittent Fort de France le 5 mars pour Cayenne (Guyane).

Le 26 mai 1944, le croiseur léger Primauguet devient navire-amiral des Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA) avec Fort de France comme port d’attache remplaçant le Bougainville. L’aviso colonial participe à la remise en condition du Primauguet du 9 au 25 juin, faisant escale à Pointe à Pitre du 26 au 30 juin 1944.

L’exercice de défense aérienne à la mer exécuté du 1er au 8 juillet 1944 permet au Bougainville d’étrenner sa nouvelle DCA. Aux quatre canons de 37mm modèle 1925 et aux six mitrailleuses de 13.2mm en trois affûts doubles, le Bougainville à préféré quatre canons de 37mm modèle 1941 en deux affûts doubles et six canons de 25mm modèle 1939-40 en trois affûts doubles.

Après une nouvelle escale à Pointe à Pitre du 9 au 12 juillet, les deux navires rentrent le lendemain à Fort de France. Le 14 juillet 1944, une mini-revue navale est organisée au large de Fort de France avec le croiseur léger, l’aviso colonial et le pétrolier qui dans la foulée prend la mer pour le Texas afin de charger du mazout.

Le Bougainville est mis au bassin du 15 juillet au 5 août 1944 pour un nouveau grand carénage qui voit le navire être totalement remis en état (changement des hélices notamment), les installations d’hydraviation débarquées et la DCA installée précédemment revue et corrigée notamment au niveau de l’emplacement des pièces.
Armé pour essais le 20 août 1944, le Bougainville effectue ses essais officiels du 21 au 23 août puis sa remise en condition du 25 août au 8 septembre 1944, faisant escale à Miami du 9 au 12 septembre et à La Havane du 14 au 20 septembre avant de rentrer à Fort de France le 22 septembre 1944.

Du 11 au 30 janvier 1945, le Bougainville participe à un entrainement avec le croiseur léger  puis participe à la remise en condition du Primauguet du 21 juillet au 3 août, les deux navires faisant ensuite escale à Oranjestad (Aruba) du 4 au 8 août, à Wilhelmstad (Curacao) du 9 au 14 août, à Caracas (Venezuela) du 16 au 19 août avant de rentrer à Fort de France le 22 août 1945.

Le Bougainville subit un nouveau grand carénage à Fort de France, étant échoué du 1er juillet au 15 septembre 1947. Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 1er octobre, effectuant ses essais officiels du 2 au 4 octobre avant remise en condition du 6 au 20 octobre 1947.

Le 21 décembre 1947, le cuirassé Gascogne et ses torpilleurs d’escorte Durandal et Dague arrivent à Fort de France, faisant escale cinq jours avant un exercice avec l’aviso colonial du 27 décembre 1947 au 2 janvier 1948.

Le 2 mars 1948 arrivent à Fort de France les croiseurs légers Gloire et Montcalm venus de Brest qui font escale jusqu’au 8 mars avant de reprendre la mer pour exercices de surveillance, de manoeuvre aviation, de bombardement littoral et d’escorte/attaque de convois en compagnie de l’aviso-colonial Bougainville qui joue alternativement le rôle d’un cargo rapide à  protéger ou d’un croiseur auxiliaire. Les croiseurs légers font escale à Fort de France du 24 au 27 mars 1948 avant de quitter la Martinique.

Quand éclate le second conflit mondial le 5 septembre 1948, le Bougainville est à la mer. Il reçoit l’ordre d’augmenter sa vigilance contre de possibles raiders allemands dans les Caraïbes et dans l’Atlantique en liaison notamment avec le Lapérouse basé à Cayenne en attendant le croiseur léger Jeanne d’Arc.