Japon (18) Cuirassés et Croiseurs de bataille (2)

Croiseurs de bataille classe Kongo

Kongo (1913) 2

En guise d’avant-propos

En 1904, l’amiral Fisher devient premier lord de l’amirauté. Arrivé à la tête d’une belle endormie, d’une marine consciente de sa puissance mondiale (britannia rules the waves), le bouillant lord Fisher ru dans les brancards, mettant de nombreux navires à la retraite et surtout innovant dans de nombreux domaines, imposant par exemple la turbine.

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Japon (8) Marine Impériale (1)

HISTOIRE ET EVOLUTION DE LA MARINE JAPONAISE

Avant-Propos

La Dai-Nippon Teikoku Kaigun ou Nihon Kaigun voit le jour en 1869, trois ans après la renaissance impériale et le début de l’ère Meiji. Cette marine connait une rapide évolution tant qualitative que quantitative.

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Etats Unis (91) OdB et Programme de guerre (1)

ORDRE DE BATAILLE ET PROGRAMME DE GUERRE

Ordre de bataille

Avant-propos

L’organisation de l’US Navy quand la guerre embrase l’Europe est classique avec trois flottes, une dans l’Atlantique, une seconde dans le Pacifique et une troisième pour couvrir l’Asie même si en pratique l’Asiatic Fleet s’occupe surtout de défendre les Philippines.

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Etats Unis (74) Aéronavale (1)

AERONAVALE

Avant-Propos

L’homme est ainsi fait, il est d’un naturel curieux et cherche toujours à savoir ce qui se passe derrière la colline ou pour l’océan au delà de l’horizon. Dès le début, des vigies furent installées au somment du ou des mats pour repérer l’ennemi mais leur action était limitée par le temps et la ligne d’horizon.

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Grande Bretagne (28) Porte-Avions (3)

Porte-avions HMS Ark Royal

HMS Ark Royal en 1939

HMS Ark Royal en 1939

Enfin un porte-avions moderne et efficace pour la Royal Navy ?

En 1918, la fusion du Royal Naval Air Service (RNAS) et du Royal Flying Corps (RFC) pour donner naissance à la Royal Air Force (RAF) fût un rude coup pour l’aéronavale britannique. Avec des budgets faméliques et une domination des terriens, les pilotes de la marine britannique devaient se contenter d’avions dépassés.
La création de la Fleet Air Arm of Royal Air Force en 1924 n’apporta guère d’évolution. Non seulement les budgets étaient toujours aussi faméliques mais les projets de porte-avions n’aboutissaient pas.
En 1923, on prévoyait la construction d’un porte-avions neuf avec 300 avions mais ce plan n’est pas mené à bien tout comme la construction prévue à partir de 1930 de quatre porte-avions de 17000 tonnes.

En 1931, l’ingénieur W.A.D Forbes lance une série d’études pour la construction d’un porte-avions dérivé des Glorious avec un double hangar et un pont d’envol inférieur sur l’avant. Cette configuration doit permettre l’emport de 60 appareils et d’augmenter les capacités de carburant et de munitions.

En 1934, est dessiné le futur Ark Royal. L’idée d’un pont inférieur est abandonné au profit d’un pont d’envol unique. La conception s’inspire de celle des Lexington américain avec une coque et un pont blindé, conception qui allait influencer tous les porte-avions britanniques à venir notamment la classe Illustrious et la classe Implacable.

Le choix d’un pont blindé s’explique par l’engagement du porte-avions dans des mers refermés (Mer du Nord, Méditerranée) où l’esquive était difficile imposant de devoir encaisser au lieu d’éviter.

C’est l’architecture britannique à l’opposée de l’architecture américaine qui protégeait davantage le flotteur que le hangar sans pont blindé, situation qui évoluera avec les porte-avions de classe United States qui succèdent aux Essex.

Le nouveau porte-avions baptisé Ark Royal (arche royale) reçoit deux catapultes, trois ascenseurs et un armement orienté vers la défense antiaérienne avec huit tourelles doubles de 114mm plus des canons antiaériens légers.

Carrière opérationnelle

Le futur HMS Ark Royal paré au lancement

Le futur HMS Ark Royal paré au lancement

-Le HMS Ark Royal (91) est mis sur cale aux chantiers Carmmell Laird de Birkenhead le 16 septembre 1935 lancé le 13 avril 1937 et admis au service actif le 16 décembre 1938.

Quand la guerre de Pologne éclate le 3 septembre 1939, l’Ark Royal basé à Scapa Flow fût chargé de missions de chasse aux sous marins dans le but de protéger le trafic maritime des îles britanniques. La destruction du paquebot Athena par l’U-30 le 3 septembre, montra la réalité de la menace.

Trois «Hunter-Killer Group» furent ainsi mis sur pied autour des porte-avions Ark Royal, Hermes et Courageous. Les avions augmentaient le rayon d’action des opérations de recherche mais faisaient des porte-avions des cibles de choix pour les torpilles allemandes.
Le 14 septembre 1939, l’Ark Royal manque d’être torpillé par le U-39 alors que son groupe de chasse traquait le U-30. Suite à la destruction du Courageous trois jours plus tard, les porte-avions sont retirés de la chasse aux submersibles.

Après avoir participé à l’opération de sauvetage du sous-marin Spearfish (25 septembre) et d’avoir le lendemain abattu un hydravion Dornier Do-18, il se lance dans la chasse aux raiders allemands, quittant Scapa Flow pour Freetown. Il va opérer jusqu’à la fin du conflit en compagnie du croiseur de bataille Renown et de quatre destroyers au sein de la force K.

Après la destruction du Graf Spee, l’Ark Royal regagna la Grande Bretagne, escortant le croiseur lourd Exeter endommagé à l’arsenal de Devonport où il arriva en février 1940.

Le HMS Ark Royal subit un grand carénage à l’Arsenal de Devonport de septembre 1940 à octobre 1941. Il subit une remise en état complète, l’embarquement de radars et le renforcement de la DCA légère.

De nouveau opérationnel en janvier 1942, il va rester déployé au sein de la Home Fleet jusqu’en juillet 1945 quand décision est prise de le redéployè en Méditerranée avec Malte pour port d’attache (en dépit de la vulnérabilité de l’île à des bombardements italiens).

Il quitte Rosyth le 8 juillet, fait escale à Douvres du 11 au 14 juillet, à Devonport du 15 au 17 juillet, à Lisbonne du 20 au 23, à Gibraltar du 25 au 28, franchit les colonnes d’Hercules le lendemain pour rallier Malte le 2 août 1945.

Il relève le Glorious qui est désarmé le 14 septembre 1945 à Malte. Durant ces cinq semaines, le groupe aérien du Glorious s’entraine à bord de l’Ark Royal pour prendre ses marques et intégrer de nouvelles unités.

L’Ark Royal était toujours déployé en Méditerranée en septembre 1948. A l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège, il appareille de La Valette en compagnie de son escorte, retrouvant au nord-est des croiseurs de la flotte de la Méditerranée.

Il reçoit pour mission d’assurer la défense aérienne de l’île en liaison avec la RAF et de se tenir prêt à d’éventuelles attaques comme la flotte italienne ainsi que sa marine marchande.

Le futur HMS Ark Royal à rejoint son élément

Le futur HMS Ark Royal à rejoint son élément

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 22000 tonnes pleine charge 27720 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 240m (ligne de flottaison) 220m largeur : 28.9m tirant d’eau 8.5m

Propulsion : 3 turbines à engrenages Parson alimentées par 6 chaudières Admiralty à trois tubes le tout dévellopant 102000ch et actionnant 3 hélices

Performances : vitesse maximale : 30 noeuds distance franchissable : 7600 miles nautiques à 20 noeuds 4600 à 4673 tonnes de carburant

Protection : ceinture 114mm pont blindé 64mm salle des machines et stocks de munitions 89mm

Armement : 16 canons de 114mm (4.5 inch) en huit tourelles doubles installés en quatre groupes de deux : deux à tribord et deux à babord, 32 canons de 2 livres en quatre affûts octuples et 32 mitrailleuses de 12.7mm en huit affûts quadruples.

La DCA est ultérieurement renforcée avec le remplacement des mitrailleuses de 12.7mm par douze canons de 20mm Oerlikon en affûts simples.

Installations aéronautiques : Un hangar de 139.5m de long sur 18.9m relié au pont d’envol par deux ascenseurs axiaux Une catapulte axiale et Six brins d’arrêt

Groupe aérien

En théorie un maximum de 72 appareils mais dans la pratique 50 à 60 appareils. Le groupe aérien embarqué en septembre 1948 était composé de chasseurs Supermarine Seafire, de bombardiers en piqué Douglas Dauntless, d’avions-torpilleurs Fairey Barracuda et d’un petit nombre de Blackburn Buccaneer, un bimoteur inspiré du CAO-600 français qui parfois cédaient la place à des Fairey Fulmar.

Equipage : 1600 officiers et marins
Porte-avions d’escadre classe Illustrious

Des porte-avions blindés
Jusqu’à la classe Malta qui marqua un relatif changement, les britanniques furent fidèles à un type particulier de porte-avions, le porte-avions blindé doté d’une architecture à l’anglaise.
Cette architecture voyait le hangar intégré pleinement à la structure du porte-avions et non comme une pièce rapportée. A ce fait était associé une solide protection.
Cette protection s’explique par les théâtres d’opérations où les porte-avions britanniques sont le plus susceptibles d’opérer à savoir la Méditerranée et la Mer du Nord, des mers resserées aux possibilités d’esquives peu nombreuses. Il faut donc encaisser à défaut d’esquiver.
Cette protection se révélera efficace mais se paiera au prix d’une construction longue et couteuse sans oublier un groupe aérien de taille réduite.
On peut aussi voir cette protection comme un investissement préventif montrant le déclassement de la Grande Bretagne. Là où les américains disposent de porte-avions en très grand nombre, les britanniques savent qu’ils ne pourront compter rapidement sur ces navires puisqu’il faut quatre à cinq ans pour construire un tel porte-avions.
Après l’Ark Royal, quatre porte-avions de ce type sont construits, des navires formant la classe Illustrious (Illustrious Formidable Victorious Indomitable), des navires qui seront suivis de la classe Implacable (Implacable Indefatigable) qui marqueront le début de la fin pour les porte-avions blindés avec une protection graduellement allégée pour faciliter constructions et réparations sans oublier d’augmenter le groupe aérien.
Paradoxalement au moment où les britanniques vont abandonner le pont blindé, les japonais avec leurs Taiho et les américains avec leurs United States vont s’y rallier même si la protection ne sera pas aussi épaisse que sur les Illustrious.
Carrière opérationnelle

Le HMS Illustrious à Devonport en 1940

Le HMS Illustrious à Devonport en 1940

-Le HMS Illustrious (87) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness (Cumbria) le 27 avril 1937 lancé le 5 avril 1939 et admis au service actif le 14 septembre 1940.
Affecté à la Home Fleet, il est basé à Rosyth avec de fréquents déploiements à Scapa Flow, un mouillage forain utilisé pour être mieux à même d’affronter la Kriegsmarine qui à par un clin d’oeil de l’histoire à resuscité la Hochseeflot.
Quand le conflit éclate le 5 septembre 1948, le porte-avions était immobilisé depuis mars pour carénage. Les travaux sont accélérés pour permettre au porte-avions d’être disponible le plus rapidement possible.

Lancement du HMS Formidable

Lancement du HMS Formidable

-Le HMS Formidable (67) est mis sur cale aux chantiers navals Harland & Wolf de Belfast (Ulster) le 17 juin 1937 lancé le 17 juin 1939 et admis au service actif le 21 juin 1941.
Comme son sister-ship Illustrious, il est affecté à la Home Fleet avec Rosyth et Scapa Flow pour bases.
Quand éclate le second conflit mondial, le Formidable est à la mer pour entrainer de jeunes pilotes et maintenir à niveau les pilotes confirmés. A l’annonce de l’attaque allemande, l’entrainement est annulé et le porte-avions reçoit l’ordre de prendre position en mer du nord avec son escorte.
Dès le 6 après ravitaillement à la mer, il lance les premières opérations de reconnaissance pour retrouver la flotte allemande.

Le HMS Victorious

Le HMS Victorious

-Le HMS Victorious (38) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Wallsend (North Tyneside) le 4 mai 1937 lancé le 14 septembre 1939 et mis en service le 4 octobre 1941.
Affecté à la Home Fleet, le “victorieux” était immobilisé pour entretien à flot le 5 septembre 1948, entretien accéléré pour lui permettre de prendre la mer et de venir renforcer le Formidable.

Le HMS Indomitable

Le HMS Indomitable

-Le HMS Indomitable (92) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness (Cumbria) le 10 novembre 1937 lancé le 26 mars 1940 et mis en service le 12 janvier 1942.
A la différence de ces trois sister-ship, il est affecté en Méditerranée avec Alexandrie comme port d’attache. C’est le deuxième porte-avions affecté à demeure dans la Mare Nostrum avec le Glorious qui sera remplacé par l’Ark Royal avant qu’en mai 1947, le HMS Furious de classe Malta ne rejoignent l’Ark Royal et l’Indomitable.
Le 5 septembre 1948, le porte-avions était à quai à Alexandrie en compagnie du Furious (qui lui achevait un petit carénage). Il appareille pour se positionner au large de l’Egypte prêt à frapper la Libye au cas où l’Italie s’engagerait immédiatement dans le conflit.

HMS Illustrious schéma
Caractéristiques Techniques 

Déplacement : standard 23000 tonnes pleine charge 25000 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 225.6m longueur à la flottaison 216.4m largeur 29.2m tirant d’eau 8.8m
Propulsion : trois groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par six chaudières Amirauté dévellopant 111000ch et entrainant trois hélices
Performances : vitesse maximale 30.5 noeuds distance franchissable 10700 miles nautiques à 10 noeuds
Protection : ceinture blindée 114mm pont d’envol 76mm Bulkheads 114mm Parois latérales du hangar 114mm Soutes à munitions 76 à 114mm. L’Indomitable à sa ceinture et les parois du hangar limitées à 68mm
Armement : seize canons de 114mm en huit tourelles doubles, installées par groupes de deux (babord avant et arrière, tribord avant et arrière) et six Pom-Pom de 40mm.
Installations aéronautiques/Groupe aérien
-Un hangar de 139.5m de long sur 18.9m de large relié au pont d’envol par deux ascenseurs axiaux 

-Une catapulte axiale

-Six brins d’arrêts

-Groupe aérien de 36 appareils en 1940 avec quinze Fairey Fulmar, dix-huit Fairey Swordfish et trois Blackburn Skua.

En septembre 1945, le nombre d’avions est porté à 44 avec seize Supermarine Seafire, seize Fairey Albacore ou Swordfish de torpillage et douze Douglas Dauntless de bombardement en piqué.

Trois ans plus tard, quand le conflit éclate, le groupe aérien se compose de Supermarine Seafire, de Fairey Barracuda de torpillage et de Douglas Dauntless en attendant soit des Curtiss Helldiver, des Blackburn Firebrand voir des LN.420 français.

Equipage : 1229 officiers et marins
Porte-avions blindés classe Implacable

A trop blindé mal emporté…..

L’Ark Royal avait intégré le concept du porte-avions très protégé à la marine britannique. Ce porte-avions unique peut être considéré comme le prototype des porte-avions de classe Illustrious, encore mieux protégés que leur ainé.
Ces porte-avions blindés démontrèrent durant le conflit leur résistance aux bombes et aux torpilles mais dès le temps de paix, les britanniques comprirent que leur obsessions de la protection avait eu pour conséquence de réduire drastiquement la taille du groupe aérien.
Sur le papier, trente-six appareils, ce nombre paraissait suffisant pour mener des opérations de reconnaissance, d’observation, de bombardement, de torpillage et de chasse. Dans la pratique de nombreux exercices contre la RAF et contre la marine française démontrèrent le contraire.
D’où la volonté de modifier rapidement les Implacable en construction. Les changements sur ces deux navires déjà sur cale ne pouvaient être que limités mais cette volonté d’augmenter le groupe aérien allait être pleinement appliqué sur les futurs Malta.
Sur les Implacable, la coque plus renflée permet l’emport d’un quatrième groupe propulsif augmentant sa vitesse, un plus dans les opérations aériennes. La protection est allégée permettant de porter le groupe aérien à sa mise en service à 48.
Carrière opérationnelle

Le HMS Implacable à la mer

Le HMS Implacable à la mer

-Le HMS Implacable (R86) est mis sur cale aux chantiers navalsFairfieldShipbuilding & Engineering Co sis à Govan le 21 mars 1939 lancé le 10 décembre 1942 et mis en service le 8 juin 1944.
Il est d’abord affecté à la Home Fleet avec pour base Portsmouth dans le sud de l’Angleterre. Cette affectation est provisoire car à terme, il doit être déployé avec son sister-ship Indefatigable en Extrême-Orient au sein de la British Eastern Fleet qui succède à la China Station en septembre 1947.
En janvier 1945, les deux porte-avions quittent l’Angleterre avec leurs destroyers d’escorte et deux pétroliers, direction Singapour.
Appareillant de Portsmouth le 12 janvier, ils font escale à Lisbonne du 17 au 19 janvier, franchissent le détroit de Gibraltar le 21, font escale à Malte du 24 au 26 janvier, à Alexandrie du 30 janvier au 2 février avant de franchir le canal de Suez les 3 et 4 février et de rallier Aden le 8 février 1945.
Ils traversent l’Océan Indien direction Triconmalee (Ceylan) où ils font escale du 13 au 17 février, histoire de réparer quelques avaries survenues sur l’Implacable. Ils reprennent ensuite la mer direction Singapour, arrivant à destination le 27 février après six semaines de mer.
Les deux porte-avions vont renforcer la future British Eastern Fleet en intégrant le 3rd Battle Squadron composé de trois cuirassés de classe Queen Elizabeth, cette force étant jugée suffisante pour dissuader le Japon de s’attaquer aux colonies britanniques en Extrême-Orient.
En septembre 1948, l’Implacable était immobilisé pour un grand carénage à l’Arsenal de Singapour et ne pouvait donc pas reprendre immédiatement la mer. Son groupe aérien à terre est cependant mis en alerte, prêt à défendre la colonie contre une attaque japonaise.

Le HMS Indefatigable

Le HMS Indefatigable

-Le HMS Indefatigable (R10) est mis sur cale aux chantiers navals John Brown & Company sis à Clydebank le 3 novembre 1939 lancé le 8 décembre 1942 et mis en service le 14 septembre 1944.
Affecté à la Home Fleet en compagnie de l’Implacable, les deux porte-avions ne tardent pas à quitter la Métropole pour rallier l’Extrême-Orient et Singapour où ils arrivent en février 1945.
Ces deux navires sont chargés avec trois cuirassés de classe Queen Elizabeth de dissuader le Japon de s’attaquer aux colonies britanniques de la région à savoir la Malaisie, Singapour et l’Inde.
Cette force respectable au moins sur le papier peut aussi s’appuyer sur les trois croiseurs de bataille et le porte-avions léger de la Koninklijke Marine (marine néerlandaise), sur l’Asiatic Fleet américaine (qui dispose d’un porte-avions et de deux croiseurs lourds) et sur les FNEO ou Forces Navales en Extrême-Orient.
En septembre 1948, l’Indefatigable était en service et opérationnel. A l’annonce des bombardements allemands, il reçoit l’ordre d’appareiller de Singapour pour prendre position au nord-est de l’ile aux Lions, se tenant prêt à toute éventualité, des patrouilles de chasse composée de Supermarine Seafire étant catapultées tout comme deux Blackburn Buccaneer chargés de trouver une possible flotte japonaise.
Après une semaine intense, les japonais n’ayant pas bougé, le porte-avions reçoit l’ordre de rentrer à Singapour.
Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 26000 tonnes pleine charge 32630 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 233.6m longueur à la flottaison 222.5m largeur 29.2m tirant d’eau 8.9m

Motorisation : quatre groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par huit chaudières Amirauté développant 148000ch entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 32.5 noeuds distance franchissable 12000 miles nautiques à 10 noeuds

Protection : ceinture 114mm pont d’envol 76mm Bulkheads 51mm parois latérales du hangar 51mm soutes à munitions 76 à 114mm

Electronique : un radar d’altimétrie type 277, un radar de veille aérienne type 279, un radar de veille aérienne type 281, six radars de conduite de tir type 282 (artillerie légère) et quatre radars de conduite de tir type 285 (artillerie de 114mm)

Armement : huit tourelles doubles de 114mm en quatre groupes de deux (bâbord avant tribord avant tribord arrière bâbord arrière), un affût quadruple Pom-Pom et cinq affûts octuples et vingt-quatre canons de 20mm en douze affûts doubles.
Installation d’Aviation/Groupe aérien :
-Pont d’envol de 231.6m de long sur 27.4m de large équipé d’une catapulte hydraulique, de neufs brins d’arrêt et de trois barrières pour retenir un avion ayant manqué les brins.
-Deux ascenseurs axiaux, un ascenseur avant de 13.7m de long sur 10.1m et un ascenseur arrière de 13.7m sur 6.7m, le premier ne déservant que le hangar supérieur, le second les deux hangars.
-Hangar supérieur mesure 139.6m de long et le hangar inférieur de 63.4m de long, leur largeur est identique avec 18.9m et une hauteur de 4.3m.
-430000 litres de carburant
-Groupe aérien d’avant guerre composé de 48 appareils, des chasseurs Supermarine Seafire MkV (vingt-quatre), des avions torpilleurs Fairey Barracuda (huit), de quatre Blackburn Buccaneer et des bombardiers en piqué Douglas Dauntless (douze).

Equipage : 1800 officiers et marins

22-Armée de terre : armement et matériel (102) ordre de bataille (36)

Les troupes alliées : un bref aperçu

Préambule

Dans cette partie, je vais aborder dans les grandes lignes (sauf exceptions) le rôle des forces étrangères dans le dispositif français essentiellement en Europe occidentale mais parfois dans certaines contrées exotiques et éloignées.

Je vais successivement aborder la place du Corps Expéditionnaire Britannique (British Expeditionnary Force), de l’armée néerlandaise, de l’armée belge, d’unités tchècoslovaques et de l’Armée Polonaise en France.

Si je détaillerai le plus possible l’APF, les autres parties seront plus succinctes et la question sera largement étudié dans les chapitres correspondant aux différents pays.

British Expeditionnary Force (BEF)

-Le BEF première version : 1939

Comme vous le savez, la Grande Bretagne à déclaré la guerre à l’Allemagne en même temps que la France suite à des accords de défense passés avec la Pologne.

Ces accords prévoyant le déploiement de forces armées sur le continent, l’armée britannique arrive en France avec tout d’abord cinq divisions d’active puis avec l’aide de la conscription rétablie pour l’occasion six grandes unités supplémentaires sont envoyées en France.

La British Expéditionnary Force (BEF) est cependant loin d’être opérationnelle, son commandant, le général Lord Gort n’arrivant au Mans que le 14 septembre, ville qui deviens son état-major jusqu’au 22 septembre quand il s’installe à Arras.

Avec une hâte toute britannique, les deux premiers corps d’armée s’installent en octobre suivis d’un troisième corps en novembre alors que le conflit à pris une tournure étrange après l’assassinat du chancelier Hitler le 9 novembre 1939 dans le célèbre Attentat de la Brasserie.

Suite à la fin du conflit décrété unilatéralement par le Kaiser Guillaume II, deux écoles s’opposent en Grande Bretagne : ceux partisan d’un retour immédiat des soldats britanniques au pays et ceux partisan d’un maintien d’une force conséquente sur le continent pour dissuader l’Allemagne d’attaquer à nouveau en Europe.

Finalement, le BEF va rester sur le pied de guerre jusqu’au 1er juin 1940 même si dans le cadre de cas bien particuliers, des soldats ont regagné leur pays.

Au total, ce sont pas moins de treize divisions d’infanterie plus des unités blindées qui vont être déployées en France :

-Cinq Divisions d’active : 1st Infantry Division 2nd Infantry Division 3rd Infantry Division 4th Infantry Division et 5th Infantry Division

-Cinq divisions issues de la mobilisation : 42nd « East Lancashire Division », 44th «Home Counties Division», 48th « South Midland Division » 50th «Northumbrian Division» et 51th «Highland Division»

-Trois divisions de travailleurs : 12th «Eastern Division» , 23rd «Northern Division» et 46th «North Midland Division »

A ces divisions d’infanterie ou assimilées s’ajoute une division blindée, la 1st Armoured Division qui dispose de deux brigades blindées à trois régiments de chars plus des unités de soutien.

Au niveau du quartier général du BEF, on trouve un Royal Tank Corps qui dispose des moyens suivants :

-La 1st Armoured Brigade avec trois régiments de chars

-La 1st Cavalry Brigade

-La 2nd Cavalry Brigade

-Cinq régiments de reconnaissance issus de la cavalerie

-L’artillerie britannique déploie en France sept régiments d’artillerie légère, neuf régiments d’artillerie moyenne, trois régiments d’artillerie lourde, trois régiments d’artillerie super lourde et enfin deux régiments et deux batteries antichars.

-La défense antiaérienne est assurée par cinq brigade dont une fournie par la RAF auxquelles s’ajoute une brigade de projecteurs.

-Le génie royal déploie plusieurs compagnies notamment des unités comparables aux unités Z françaises

-On trouve également sept bataillons de pionniers et six bataillons de mitrailleurs

-Le BEF deuxième version (1948)

Suite à la démobilisation, la quasi-totalité des unités britanniques rentrent en Grande Bretagne à l’exception de la 1st Infantry Division qui reste déployée dans la région de Lille suite à un accord entre Paris et Londres. C’est la première fois depuis 1815 que des troupes britanniques sont stationnées de manière permanente en France.

La présence d’une division britannique dans le nord de la France va permettre un déploiement plus aisé des troupes britanniques, la 1ère division étant tout autant une division de combat qu’une unité de travailleurs, aménageant dès le mois d’août les installations nécessaires au transfert sur le continent des nombreuses divisions britanniques.

Le BEF nouvelle version est nettement plus musclé avec douze divisions déployées au sein du Groupe d’Armée n°1 comme son devancier mais auxquelles s’ajoutent quatre divisions placées sous contrôle opérationnel français, divisions regroupées en deux corps d’armée, le 4th British Corps déployé au sein de la 3ème armée et le 5th British Corps déployé au sein de la 4ème armée.

-L’Etat-major du BEF est installé à Lille et dispose d’unités qui lui sont directement rattachées en l’occurrence une réserve conséquente d’artillerie (six régiments d’artillerie légère, quatre régiments d’artillerie de campagne et quatre régiments d’artillerie lourde), des unités antiaériennes et antichar (cinq brigades AA et trois régiments antichars), deux régiments de cavalerie pour la reconnaissance et diverses unités de soutien.

-Les unités de combat sont réparties en cinq corps d’armée pour l’infanterie et un corps d’armée blindé regroupant les deux divisions blindées, corps blindé pouvant pourquoi pas opérer avec les CAC et les CC français.

-1st British Corps : trois divisions d’infanterie : 1st Infantry Division 1st Canadian Infantry Division et 44th «Home Counties Division»

-2nd British Corps : trois divisions d’infanterie : 2nd Infantry Division 3rd Infantry Division et 48th « South Midland Division

-3rd British Corps : trois divisions d’infanterie : 4th Infantry Division 6th Infantry Division et 50th «Northumbrian Division

-La 46th Nort Midland Division est une division de travailleurs mais aussitôt transformée en division d’infanterie ce qui explique qu’elle est en réserve, ne devant rejoindre le front qu’une fois bien entrainée.

-1st British Armoured Corps avec la 1st Armoured Division et la 2nd Armoured Division

-4th British Corps (3ème armée) : deux divisions d’infanterie, les 51th Highland Division et la 48th Northumberland Division

-5th British Corps (4ème armée) : deux divisions d’infanterie, les 5th Infantry Division et d’une division territoriale, la 42nd East Lancashire Division.

Six autres divisions furent déployées dans le Sud-Est de l’Angleterre à la fois pour défendre le territoire national mais également renforcer le dispositif allié sur le continent.

Armée néerlandaise

En 1939, l’armée néerlandaise est loin d’être la plus puissante d’Europe. Si La Haye est une puissance coloniale avec les Indes Néerlandaises, elle est loin sans faut une puissance militaire de premier plan, n’ayant plus participé à un conflit majeur depuis les années 1830 et sa volonté d’empêcher l’indépendance du futur royaume de Belgique.

Quand éclate la guerre de Pologne, l’armée néerlandaise comporte 270000 hommes répartis en quatre corps d’armée soit un total de huit divisions d’infanterie de ligne (numérotées 1 à 8), une unité de cavalerie baptisée une division légère (1ère division légère) et quatre divisions de réserve (A, B, G et Peel) auxquelles on peur ajouter une brigade du génie et une brigade de défense contre avions plus des positions fortifiées.

En dépit de sa neutralité, les Pays Bas décident de moderniser leur outil militaire surtout après qu’un officier antinazi ait transmis à l’attaché militaire néerlandais à Berlin, des documents prouvant que les Pays Bas devaient être envahis contrairement au premier conflit mondial.

Si le développement de la marine est le plus spectaculaire (Elle à envoyé aux Indes Néerlandaises deux croiseurs de bataille, un porte-avions légers de type Colossus, deux croiseurs légers, six destroyers, six sous-marins plus un train d’escadre laissant à Den Helder un croiseur léger, huit destroyers, douze torpilleurs légers, six sous-marins et des navires de soutien) et que l’armée de l’air aligne des chasseurs et des bombardiers performants, l’armée de terre se modernise également.

Les huit divisions d’infanterie sont mieux équipées en matière de moyens de transport sans pour autant être totalement motorisées comme les DIM françaises ou les Infantry Division britanniques.

char léger modèle 1935 M.39 dit Hotchkis H-39, principal char de l'armée néerlandaise en 1948

char léger modèle 1935 M.39 dit Hotchkis H-39, principal char de l’armée néerlandaise en 1948

La division légère, l’unique unité de cavalerie est motorisée avec à la fois des véhicules de conception nationale mais également des chars français en l’occurence des Hotchkiss H-39 à raison 90 exemplaires répartis en deux bataillons de trente-deux véhicules, le reste étant stocké.

Les seize Renault R-40 livrés aux Pays Bas vont servir à mettre au point un char néerlandais, le gevechtstank modèle 1944 à canon de 47mm, char produit à vingt-quatre exemplaires qui irons renforcer les forces déployées aux Indes Néerlandaises en compagnies de leurs cousins français.

Quand aux fortifications, elles sont renforcées pour permettre aux néerlandais d’user les pointes allemandes, de canaliser leur avancée et de tenir en attendant l’arrivée de renforts français et britanniques.
Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, les Pays Bas réaffirment leur neutralité tout en assurant la mobilisation générale pour aligner en métropole un total de douze divisions d’infanterie, une division de cavalerie et diverses d’unités d’artillerie, du génie et de soutien.

En toute discrétion cependant, des officiers de liaison rejoignent les différents état-majors alliés notamment celui du général Villeneuve à Vincennes ou celui des forces britanniques du Sud-Est à Douvres.

Armée Belge

La fraternité d’armes franco-belge scellée durant le premier conflit mondial fût confirmée après celle qui aurait du être la «Der des ders» par un traité défensif en 1920 qui intégrait la Belgique au système défensif français.

A l’époque, la stratégie belge est une stratégie de défense totale qui prévoit de défendre la totalité du territoire, défense s’appuyant notamment sur une série de fortifications allant de l’abri de campagne aux puissants forts de Liège, d’Anvers et de Namur, forts de 1914 modernisés ou construction neuves comme le fort d’Eben Emael.

Craignant d’être engagée dans un conflit dont elle ne veut pas, la Belgique de Léopold III déclare unilatéralement sa neutralité au grand dam de la France qui perd là une option stratégique de premier plan et à la grande satisfaction de l’Allemagne qui divise là ses adversaires potentiels.

La guerre de Pologne s’achève sans que la Belgique n’ait été attaqués et certains de se féliciter du choix belge de la neutralité qui avait préservé le pays d’une nouvelle invasion.

Cette position triomphaliste fût brusquement refroidie quand le gouvernement néerlandais transmis par des voix encore aujourd’hui inconnues le plan d’attaque allemand à l’ouest (Fall Gelb Plan Jaune) prévoyant une redite de la manœuvre Schlieffen.

Ce plan suscita un débat passionné entre «neutralistes» et «engagistes», les premiers défendant la position du roi et les seconds voulant revenir à celle défendue par le père du roi actuel, le roi chevalier Albert 1er à savoir celle d’une alliance avec la France.

Sans renier la neutralité imposée en 1936, la Belgique se rapproche de la France, une neutralité bienveillante vis à vis des alliés avec l’envoi d’observateurs aux manœuvres de l’autre pays, l’échange d’officiers, la transmission de plans et d’informations.

Le général Villeneuve aurait aimé organiser de véritables manœuvres franco-belges pour préparer le plan Dyle-Breda mais cela fût impossible, Bruxelles craignant de provoquer le courroux de Berlin et précipiter une nouvelle invasion comme en 1914.

Au moment où éclate la guerre de Pologne, la Belgique mobilise et aligne une armée très importante par rapport à sa population soit 600000 hommes pour une population de dix huit millions d’habitants.

L’armée de terre aligne ainsi un total de vingt-deux divisions : dix-huit divisions d’infanterie, deux de cavalerie et deux de chasseurs ardennais.

Les unités de combat sont réparties entre sept corps d’armée, le 5ème installé sur la Position Fortifiée d’Anvers avec les 13ème et 17ème DI, le 4ème (12ème et 15ème DI), le 2ème (9ème et 6ème DI), le Corps de Cavalerie (14ème DI et 1ère DI) et le 1er Corps d’Armée (4ème et 7ème DI) sur le Canal Albert.

Si la 18ème DI est chargée de la défense des canaux frontières dans une optique de retardement, la Position Fortifiée de Liège est défendue par le 3ème CA (3ème et 2ème DI), la Position Fortifiée de Namur l’est par le 7ème Corps d’Armée composée de la 2ème division de chasseurs ardennais et la 8ème division d’infanterie.

La défense de la «Position Avancée» au sud de la Meuse et de l’Amblève est assurée par le Groupement K composé de la 1ère Division de Cavalerie et la 1ère Division de chasseurs ardennais.

Enfin, en réserve de GQG, nous trouvons la 2ème division de cavalerie, la 11ème division d’infanterie et le 6ème CA qui dispose de la 5ème, de la 10ème et de la 16ème DI.

Le niveau matériel est relativement bon. L’artillerie n’à rien à envier à celles de ses voisins mais elle manque de pièces antiaériennes. Les chars belges ne sont que de petits blindés mal protégés, bien inférieurs à leurs homologues français.

Suivant une politique semblable à celle de son voisin néerlandais, la Belgique continue son effort de modernisation de ses unités militaires en tentant d’effacer les lacunes aperçues en 1939/40 qu’il s’agisse de l’entrainement de l’infanterie, de la DCA et des chars.

Pour la défense contre-avions, elle reçoit des canons de 90mm Schneider modèle 1939 et commande d’autres Bofors de 40mm pour la défense des armées en campagne.

Char T-13

Char T-13

En ce qui concerne les chars, elle décide de commander des blindés plus puissants et se tourne vers la France pour remplacer ses ACG-1 et ses chasseurs de chars T-13 et T-15 en commandant soixante-quatre Renault R-40 répartis entre les deux divisions de cavalerie (1ère et 2ème divisions) à raisons de deux bataillons de douze par division soit un total de quarante-huit chars en ligne plus seize en réserve.

Obtenant la licence de fabrication, l’usine Cockerill produisit un dérivé belge du Renault R-40, un char plus rapide car combinant la suspension Christie à la caisse du R-40 avec un canon de 47mm de la Fonderie Royale de Canon. Baptisé T-17, ce véhicule est produit à soixante-quatre exemplaires pour compléter les R-40.

Quand la tension devient extrême en Europe, la Belgique mobilise discrètement puis de manière plus visible à partir de la fin du mois d’août et le 5 septembre 1948, la Belgique rallie officiellement le camp allié par échange d’officiers de liaison suscitant la protestation écrite de Berlin.

Sur le plan du dispositif, il est semblable à celui de 1939 à la différence que les chasseurs ardennais sont regroupés dans les Ardennes en un corps d’armée autonome et que le Corps de Cavalerie regroupe les deux divisions de cavalerie, corps placé en arrière du front en soutien des sept autres corps d’armée déployés à la frontière.

6-Cuirassés et croiseurs de bataille (5)

C-Croiseurs de bataille classe Dunkerque

 Des cuirassés modernes pour la Royale

Bien que le traité de Washington de 1922 eut imposé un moratoire sur la construction des cuirassés jusqu’en 1936, la France avait obtenu la possibilité de mettre sur cale des cuirassés pour remplacer des unités perdues au traité de Londres en 1930 or en 1922, le France avait été perdu sur une roche près de Quiberon.

Elle n’exploita pas dans un premier temps cette possibilité, préférant renouveler et augmenter ses forces légères qu’il s’agisse des contre-torpilleurs ou des croiseurs lourds, entammant une course aux armements avec les italiens.

L’apparition du Deutschland fût en partie à l’origine des croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg

L’apparition du cuirassé de poche Deutschland fit office d’une véritable électrochoc pour la marine nationale. Ce nouveau navire était trop faible pour affronter des cuirassés conventionnels mais surclassait n’importe quel des croiseurs Washington qui étaient tous moins bien armés (8 à 10 canons de 203mm) et moins bien protégés.

L’Etat Major de la marine rappela certaines évidences qu’avec 70000 tonnes, la France pouvait construire seulement deux cuirassés de 35000 tonnes, trois de 23333 tonnes et quatre de 17500 tonnes mais seuls les deux derniers étaient réellement réalisables, le premier demandant de trop grands investissements en matière d’infrastructure.

Le 10 juillet 1931, le Parlement vota une nouvelle tranche du statut naval de 1924 (ce projet ne fût au plan du strict point de vue juridique voté mais de facto, le Parlement pris l’habitude de voter chaque année une tranche de construction neuves), tranche qui comprénait deux croiseurs type La Galissonnière, quatre torpilleurs légers classe Melpomène, un aviso colonial de classe Bougainville, un pétrolier et un chasseur de sous marins et surtout un bâtiment de ligne.

Avant-projet d’un croiseur de bataille type Dunkerque

Le projet n’était cependant pas encore fixé, des divergences étaient encore perceptibles notament au niveau de la protection et de l’armement. Finalement, le projet final fût validé par le STCN au début de 1932 et les caractéristiques techniques approuvées officiellement le 27 avril 1932.

Le premier navire est baptisé Dunkerque suivit d’un second financé à la tranche 1934 et baptisé Strasbourg, la construction du premier étant attribué à l’Arsenal de Brest et le second aux Ateliers et Chantiers navals de Saint Nazaire-Penhoët.

 Le Dunkerque

Le croiseur de bataille Dunkerque en 1938

-Le Dunkerque est mis sur cale à l’Arsenal de Brest dans le bassin n°4 au Salou le 24 décembre 1932 et mis à flot le 2 octobre 1935. Il est ensuite reéchoué dans le bassin n°9 du Laninon pour achever le montage de la coque et d’assurer l’armement du navire.

Il est armé pour essais le 1er février 1936 mais n’effectua sa première sortie à la mer que le 18 avril 1936 à 15h00. Les essais officiels eurent lieu du 22 mai au 9 octobre 1936, interrompus par deux passages au bassin pour modifications.

Le croiseur de bataille appareilla de Brest pour la traversée longue durée le 20 janvier à 15h00, cap à l’ouest direction Fort de France (Martinique) où il arriva le 31 janvier pour cinq jours d’escale jusqu’au 4 février 1938. Il gagna alors les îles Saintes où il resta jusqu’au 15 février effectuant une brève escale à Fort de France le 16 février avant de traverser l’Atlantique direction l’Afrique Occidentale Française (AOF).

Mouillant en baie de Rufisque du 22 au 25 février 1938, le Dunkerque gagne le port de Dakar le 25 février et y reste jusqu’au 1er mars date de son départ pour la France. Après une rapide traversée de l’Atlantique, il arrive à Brest le 6 mars 1938.

Le 1er septembre 1938, le Dunkerque est officiellement admis au service actif et devient le même jour, le navire amiral de l’Escadre de l’Atlantique, portant la marque du vice-amiral Gensoul.

Le 20 juin 1939, la marine française se réorganisa et l’escadre de l’Atlantique devint la 1ère escadre formant avec la 5ème escadre, la Flotte de l’Atlantique. Cette 5ème escadre est composée des cuirassés Courbet et Paris dédiés à l’instruction, le croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin et des torpilleurs.

La guerre se précisant, les amirautés britanniques et françaises se coordonèrent en décidant du partage des zones de responsabilité. La marine française reçut pour mission de protéger le trafic commercial allié entre le Golfe de Guinée et la Manche.

Cette mission était du ressort des Forces Maritimes de l’Ouest (F.M.O) mais il fallait prévoir une force capable de traquer les raiders que les allemands n’allaient pas manquer d’envoyer. C’est la mission de la Force de Raid que le Dunkerque intègre en compagnie du Strasbourg.

Le Dunkerque reste déployé dans l’Atlantique jusqu’en janvier 1940 quand on prend la décision d’affecter les deux cuirassés français les plus modernes en Méditerranée et c’est ainsi que le 20 janvier 1940, le Dunkerque appareille en compagnie du Strasbourg  pour Toulon.

Les deux croiseurs de bataille font escale à Casablanca le 25 janvier, à Oran le 27 janvier où les deux navires sont ouverts au public avant d’appareiller pour Toulon le 28 janvier, arrivant dans le grand port varois le 1er février 1940.

Le Dunkerque effectue de nombreux exercices pour parfaire sa condition opérationnelle qu’il s’agit d’écoles à feu, d’exercices de défense aérienne à la mer, d’alerte anti-sous-marine. Le 4 juin 1940, il appareille pour Rufisque où il arrive le 12 juin afin d’assurer une campagne de tir du 13 au 20 juin avant de regagner Toulon le 27 juin 1940.

C’est ensuite une tournée en Méditerranée orientale, le Dunkerque appareillant de Toulon le 8 juillet 1940, faisant escale à Bastia (au mouillage faute de place dans le port) le 10 juillet. Il repart le 11 pour Oran où il arrive le 15 juillet. Il repart le lendemain pour Toulon où il arrive le 18 juillet, subissant une indisponibilité pour entretien avec passage au bassin (Vauban n°7) du 23 juillet au 27 août 1940.

Il repart le 29 août, effectuant sa remise en condition au large du Var jusqu’au 5 septembre en compagnie de ses torpilleurs d’escadre Le Hardi et L’Epée, les trois navires filant plein sud pour gagner Alexandrie où il fait escale du 8 au 13 septembre avant une nouvelle escale à Haïfa du 16 au 19 septembre puis à Beyrouth du 21 au 25 septembre et Istanbul du 27 septembre au 2 octobre 1940 où monte à bord le président turc Ismet Inönu.

Le croiseur repart le 3 octobre 1940, faisant escale au Pirée du 6 au 9 octobre, Bizerte du 13 au 16 octobre, Ajaccio (au mouillage) du 18 au 21 octobre avant un retour à Toulon le 23 octobre 1940.

Après une période d’entretien à flot du 24 octobre au 8 novembre, le croiseur de bataille sort pour essais du 9 au 12 novembre puis pour remise en condition du 14 au 30 novembre, en compagnie à chaque fois de ses torpilleurs d’escorte, les trois navires faisant escale à Marseille du 1er au 5 décembre, rentrant le lendemain à Toulon le 6 décembre 1940.

Après plusieurs exercices avec la Flotte de la Méditerranée (du 15 janvier au 5 mars avec des escales à Marseille du 27 janvier au 2 février et à Nice du 17 au 24 février au cours desquelles, il faillit entrer en collision avec le Suffren), le Dunkerque est immobilisé au bassin Vauban n°7 à partir du 14 mai 1941.

Tableau représentant le Dunkerque à la mer, une puissance majestueuse n’est-il pas ?

Il débarque la totalité de sa DCA légère et reçoit enfin la DCA prévu à l’origine à savoir cinq affûts doubles ACAD modèle 1935 de 37mm qui sont installés pour deux d’entre-eux de part et d’autre de la tourelle II de 330mm, deux autres au niveau de la cheminée et un cinquième derrière la tourelle quadruple axiale de 130mm.

Il devait recevoir aussi des canons de 25mm mais ces canons n’étant pas encore disponibles, le Dunkerque rembarque au final ses mitrailleuses de 13.2mm en l’occurence deux affûts quadruples au niveau du bloc-passerelle et deux affûts doubles au niveau du pare-lames sur la plage avant.

Le navire qui à aussi bénéficié de travaux sur son appareil propulsif et ses équipements de conduite de tir à également reçu un détecteur électromagnétique est remis à flot le 4 septembre 1941.

Il est armé pour essais le 25 septembre 1941, le croiseur de bataille sortant pour essais du 26 au 30 septembre et du 3 au 10 octobre avant remise en condition au large de Toulon du 12 au 25 octobre.

Le Dunkerque accompagné par ses torpilleurs d’escorte effectue ensuite une école à feux à Rufisque du 8 au 18 novembre, rentrant à Toulon le 30 novembre 1941. Le Dunkerque termine l’année par une école à feux du 7 au 17 décembre 1941 en compagnie de ses deux torpilleurs d’escadre, rentrant à Toulon le 18 décembre et passant le reste de l’année à quai.

Il reprend son service actif début 1942 quand il appareille pour entrainement en Méditerranée et dans l’Atlantique, effectuant une école à feux du 7 au 17 janvier avant une tournée dans la péninsule ibérique. En compagnie de ses deux torpilleurs d’escorte, le croiseur de bataille est à Barcelone du 20 au 23 janvier, à Carthagène du 24 au 27 janvier, à Cadix du 28 janvier au 1er février,  à Lisbonne du 3 au 6 février, à Porto du 7 au 9 février avant de rallier Brest pour une croisière en Amerique du Nord.

Il gagne Brest le 12 février 1942 pour des travaux jusqu’au 27 février quand il traverse l’Atlantique en compagnie du croiseur lourd Foch, quittant le port du Ponant le 3 mars direction New York où il mouille dans l’enceinte du Brooklyn Naval Shipyard avant d’accueillir au large le 7 mars le paquebot Normandie.

Il repart de New York le 10 mars pour Brest où il arrive le 15 mars, subissant quelques travaux jusqu’au 19 mars quand il appareille pour rentrer à Toulon, faisant escale à Saint Nazaire du 23 au 25 mars, au Ferrol du 28 mars au 2 avril, à Porto du 4 au 6 avril, à Casablanca du 9 au 13 avril avant de rentrer à Toulon le 19 avril 1942, étant ensuite indisponible jusqu’au 21 mai 1942.

Il sort pour essais du 23 au 30 mai, essais suivit d’une période de modifications à flot du 31 mai au 8 juin avant une nouvelle phase d’essais du 9 au 16 juin 1942. Il effectue sa remise en condition dans le golfe du Lion du 17 au 30 juin.

Le 4 juillet 1942, il appareille pour Dakar, faisant escale à Casablanca du 9 au 13 juillet avant d’arriver à Dakar le 17 juillet. L’Ecole à feu à lieu du 19 au 31 juillet avant une escale à Dakar du 1er au 4 août.

Il reprend la mer le 5 août pour un exercice de défense aérienne jusqu’au 14 août, faisant une ultime escale à Dakar du 15 au 18 août avant d’appareiller avec ses deux torpilleurs d’escadre le lendemain 19 août, faisant escale à Casablanca du 23 au 27 août, à Mers-El-Kébir du 29 août au 2 septembre avant de rentrer à Toulon le 5 septembre 1942.

Après de nouvelles manoeuvres avec la flotte de la Méditerranée (12 au 25 septembre), il termine l’année par un petit carénage du 10 octobre au 23 décembre 1942, recevant en remplacement de ses douze mitrailleuses de 13.2mm (six affûts doubles), douze canons Hotchkiss modèle 1939-40 de 25mm, installés de part et d’autre du bloc-passerelle en six affûts doubles.

Il sort ensuite pour essais du 24 au 27 décembre avant remise en condition au large du cap Corse du 29 décembre 1942 au 7 janvier 1943.

Après des exercices sur les côtes nord-africaines du 17 janvier au 23 mars 1943 (attaques de nuit, défense aérienne à la mer, écoles à feux), le Dunkerque quitte Toulon le 4 avril 1943 pour se rendre dans la ville éponyme en compagnie du croiseur léger De Grasse. Il font escale à Oran le 10 avril où est débarqué un officier-marinier victime d’une crise d’appendicite, à Casablanca du 13 au 15 avril, Brest du 20 au 22 avril avant de filer directement à Dunkerque où il arrive le 2 mai 1943.

Ils passent une semaine à quai, étant ouverts au public, recevant le maire de Dunkerque, le préfet du département…… . Le succès public est au rendez-vous, les dunkerquois étant particulièrement fiers d’avoir un croiseur de bataille portant le nom de leur ville (on le serait à moins) et le croiseur léger est un navire flambant neuf. La charte de parrainage entre la ville et le croiseur de bataille est signée le 5 mai 1943.

Ils quittent Dunkerque le 10 mai, direction la Grande Bretagne, faisant escale à Newcastle du 15 au 18  mai, à Inverness du 19 au 22 mai, à Glasgow du 24 au 27 mai, Liverpool du 29 mai au 2 juin, Brest du 4 au 7 juin, Lisbonne du 10 au 15 juin, Casablanca du 17 au 23 juin et enfin Toulon où ils rentrent le 28 juin après plus de deux mois loin de leur port d’attache.

Il entre ensuite en grand carénage, étant échoué dans le bassin Vauban n°7 le 7 juillet 1943 pour près de dix mois de travaux, puisqu’il n’est remis à flot le 1er mai 1944.

La coque est grattée et repeinte, les hélices remplacées, les canons de 330 et de 130mm retubées, l’électronique modernisée,et la DCA est portée à six affûts doubles de 37mm ACAD modèle 1935 et huit affûts doubles de 25mm soit 12 canons de 37mm et 16 canons de 25mm.

Il est remorqué au quai Vauban pour des travaux complémentaires du 2 mai au 7 juin 1944 et subit des essais statiques au mouillage du 10 au 15 juin, étant armé pour essais le 16 juin. Il sort en mer du 17 au 28 juin, du 2 au 8 juillet et du 13 au 18 juillet 1944.

Les essais achevés, le cuirassé charge des munitions et complète ses soutes pour un stage de remise en condition dans le Golfe du Lion et au large du Cap Corse et ce du 22 juillet au 4 août 1944. Il se ravitaille à Toulon le 5 août avant de quitter le Var le 6 août pour Dakar afin de subir un entrainement.

Il fait escale à Casablanca du 10 au 14 août avant de gagner Dakar où il arrive le 19 août 1944. Il commence par une Ecole à feu à Rufisque du 21 août au 11 septembre avant une nouvelle escale à  Dakar du 12 au 16 septembre.

Après une entrainement de défense aérienne à la mer du 17 au 30 septembre, le croiseur de bataille et ses deux torpilleurs d’escadre mouillent à Dakar du 1er au 4 octobre avant de reprendre la mer pour rentrer à Toulon. Il fait escale à Casablanca du 8 au 12 octobre avant de rentrer à Toulon le 15 octobre 1944.

Le Dunkerque sort à nouveau pour un entrainement de son détachement aviation (deux Dewoitine HD-731) du 20 au 27 octobre avant une escale à Nice du 28 octobre au 4 novembre. Il reprend la mer pour un entrainement de défense aérienne à la mer du 5 au 13 novembre avant un mouillage à Bastia du 14 au 19 novembre. Il rentre à Toulon le lendemain 20 novembre 1944.

Victime d’une indisponibilité accidentelle du 21 novembre au 5 décembre (problème d’alimentation en mazout chaudière n°1), le Dunkerque sort pour essais du 6 au 13 décembre avant remise en condition du 14 au 26 décembre 1944, restant à Toulon jusqu’à la fin de l’année alors que son sister-ship est toujours en réparations.

Le croiseur de bataille Dunkerque sort pour la première fois en 1945 du 4 au 11 janvier pour un entrainement de base avant une escale à Port Vendres du 12 au 15 janvier.

Reprennant la mer, le croiseur de bataille effectue un entrainement de son détachement aviation du 16 au 25 janvier, le croiseur faisant relâche à Marseille du 26 janvier au 3 février. Après un entrainement de défense aérienne à la mer du 4 au 16 février, le croiseur de bataille relâche à Bastia du 17 au 22 février avant de rentrer à Toulon le lendemain 23 février 1945.

Après une période d’entretien à flot du 25 février au 15 mars, le Dunkerque sort pour essais du 16 au 19 mars mais victime d’une nouvelle avarie, il doit rentrer à Toulon le 20 mars pour des réparations achevées le 28 mars 1945. Les essais ont lieu du 30 mars au 8 avril 1945 avant un stage de remise en condition au large de la Corse du 10 au 27 avril 1945.

Après s’être ravitaillé à Toulon le 28 avril, le Dunkerque et ses deux torpilleurs d’escorte Le Hardi et L’Epée quittent leur port d’attache le 29 avril, font escale à Mers-El-Kébir du 1er au 4 mai, franchissent le détroit de Gibraltar le 6 mai avant d’arriver à Dakar le 11 mai 1945.

Le Dunkerque effectue une Ecole à feu à Rufisque du 15 mai au 2 juin avant de relâcher à Dakar jusqu’au 7 juin quand il sert de plastron aux défenses du secteur de Dakar récémment modernisées pour rendre ce point d’appui inexpugnable, la marine nationale craignant une tentative comparable à celle menée contre Papeete par les croiseurs cuirassés Scharnhorst et Gneiseneau le 22 septembre 1914.

Cet exercice se termine le 15 juin 1945 et après un ravitaillement à Dakar, le croiseur de bataille et les torpilleurs d’escadre subissent un entrainement de défense aérienne à la mer du 17 au 25 juin avant une escale à Dakar du 26 au 30 juin.

Cette importante phase d’entrainement se termine par un exercice de combat antisurface, les deux torpilleurs d’escadre  simulant des lancements de torpilles contre le Dunkerque et ce du 1er au 8 juillet quand les trois navires reviennent à Dakar pour escale et un repos bien mérité du 9 au 15 juillet 1945.

Le Dunkerque et ses deux anges-gardiens quitte la capitale de l’Afrique Occidentale Française (AOF) le 16 juillet, font escale à Casablanca du 20 au 25 juillet, avant de rentrer à Toulon le 29 juillet 1945.

Après une période d’indisponibilité du 30 juillet au 12 août, le croiseur de bataille sort pour essais du 13 au 17 août avant de reprendre l’entrainement par un stage intensif dans le Golfe du Lion du 19 au 30 août 1945.

Le 3 septembre 1945, il appareille pour sa ville-marraine, faisant escale à Casablanca pour ravitaillement le 7 septembre. Il remonte la péninsule ibérique et les côtes du Golfe de Gascogne, se ravitaillant à nouveau à Brest le 11 septembre avant de mettre cap sur Dunkerque où il arrive le 12 septembre 1945.

Pendant huit jours, le croiseur de bataille est ouvert au public, effectuant une sortie à la mer les 18 et 19 septembre 1945 au profit d’une délégation d’officiels menée par le maire Auguste Waeteraere, des écoliers de la ville de Dunkerque, des ouvriers des ACF……….. .

Le Dunkerque quitte sa ville marraine le 20 septembre, fait escale à Casablanca pour se ravitailler le 24 septembre avant de rentrer à Toulon le 28 septembre, enchainant aussitôt avec la remise en condition de son sister-ship, le Strasbourg.

Du 30 septembre au 15 octobre 1945, le croiseur de bataille Dunkerque s’entraine avec son sister-ship Strasbourg, les croiseurs légers De Grasse Chateaurenault Guichen (6ème DC) et des contre-torpilleurs  Bayard Du Guesclin Turenne de la 2ème DCT.

Alors que le Chateaurenault va s’entrainer avec le Richelieu, les autres navires après une escale à Mers-El-Kébir du 16 au 20 octobre, gagnent Dakar le 25 octobre pour une école à feu à Rufisque du 26 octobre au 12 novembre, rentrant tous à Toulon le 19 novembre 1945.

Le Dunkerque sort pour l’entrainement de son détachement aviation du 25 novembre au 7 décembre, faisant escale à Marseille du 8 au 12 décembre avant de reprendre l’entrainement par un entrainement de défense aérienne à la mer du 13 au 20 décembre, rentrant à Toulon le 24 décembre après une escale à La Ciotat du 21 au 23 décembre 1945.

La première sortie de l’année 1946 voit le Dunkerque et le Strasbourg effectuer un entrainement au combat de nuit du 8 au 17 janvier avant de mouiller au large de Port Vendres du 18 au 23 janvier pour une «amicale» pression vis à vis de l’Espagne qui venait de réaliser en Catalogne, les plus importantes manoeuvres militaires depuis la victoire des nationalistes dans la guerre d’Espagne. Ils rentrent à Toulon le 25 janvier 1946.

Victime d’une avarie de turbine, le Dunkerque est indisponible du 26 janvier au 12 février, les réparations achevées, le Dunkerque sort pour essais du 13 au 18 février avant remise en condition du 19 février au 2 mars, rentrant à Toulon le 9 mars après mouillage aux salins d’Hyères du 3 au 8 mars 1946.

Le 4 mars 1946, décision est prise de redéployer la 1ère DL à Mers-El-Kébir. Le 12 mars 1946, les croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg appareillent de Toulon pour rallier leur nouvelle base nord-africaine en compagnie donc du Le Hardi de L’Epée, du Lansquenet et du Fleuret.

Ce transit s’effectue comme en temps de guerre. Les deux croiseurs de bataille naviguent en ligne de file séparés par par un demi-mile nautique (environ 900m) avec un torpilleur au poste avant, un torpilleur en serre-file à l’arrière et deux chiens de garde à tribord et à babord, le tout sous le couvert de l’aviation basée à Toulon et en Corse.

La petite escadre fait d’ailleurs escale à Ajaccio du 13 au 15 mars avant de reprendre la mer le lendemain 16 mars dans la soirée pour arriver à Mers-El-Kébir le 17 mars 1946.

A cinquante miles nautique de Mers-El-Kébir, quatre Dewoitine D-520 de la 14C et deux CAO-700M de la 22E prennent contact avec les deux croiseurs de bataille et les quatre torpilleurs et assurent leur couverture aérienne jusqu’à leur arrivée à Mers-El-Kébir.

Le Dunkerque ressort avec le Strasbourg du 22 au 31 mars 1946 pour un exercice de combat entre l’Algérie et la Sardaigne avant une escale à Tunis du 1er au 6 avril suivit d’un exercice de défense aérienne à la mer du 7 au 17 avril, les deux croiseurs de bataille rentrant à Mers-El-Kébir le 20 avril 1946.

Le 29 avril 1946, la 1ère Division de Ligne quitte Mers-El-Kébir en compagnie des torpilleurs d’escadre Le Hardi, L’Epée, le Lansquenet et Le Fleuret, du croiseur léger Latouche-Tréville et de la 10ème DCT composés des contre-torpilleurs Le Terrible Le Triomphant et L’Indomptable.

La petite escadre mouille au large de Tanger du 1er au 4 mai puis est à Casablanca du 6 au 9 mai avant d’entamer un exercice au large des Canaries, exercice suivit avec attention par la marine espagnole, plusieurs sous-marins probablement espagnols étant aperçus à bonne distance de l’escadre.

Cet exercice commence par un combat antisurface du 11 au 23 mai, les deux croiseurs de bataille cherchant à échapper au croiseur et aux contre-torpilleurs. Après une escale de ravitaillement à Casablanca les 24 et 25 mai, le Strasbourg prend la tête des contre-torpilleurs pour affronter le Dunkerque et le Latouche-Tréville du 26 mai au 2 juin.

La petite escadre fait escale à Dakar du 3 au 7 juin avant une école à feu à Rufisque du 8 au 24 juin, la petite escadre rentrant à Mers-El-Kébir dans la foulée soit le 3 juillet 1946.

Après une période d’indisponibilité du 4 au 17 juillet, il sort pour essais du 18 au 21 juillet avant un entrainement combiné en compagnie de son sister-ship Strasbourg du 23 juillet au 7 août. Après une escale à Tunis du 8 au 14 août, les deux croiseurs de bataille rentrent à Mers-El-Kébir le 16 août 1946.

Du 18 au 27 août 1946, le Dunkerque sort en compagnie de la 8ème DC composée des croiseurs légers Latouche-Treville et Gambetta pour un dernier exercice avant un nouveau grand carénage à Toulon. Il rentre à Mers-El-Kébir le 29 août.

Le 3 septembre 1946, le Dunkerque quitte l’Afrique du Nord pour un nouveau grand carénage, arrivant à Toulon le 5 septembre à l’aube. Il débarque ses munitions et vidange ses soutes avant d’être échoué au bassin Vauban n°7 le 8 septembre.

Les travaux concernent essentiellement une remise en état complète avec changement des hélices, grattage et peinture de la coque, inspection complète des turbines, retubage des chaudières. L’électronique est modernisée tout comme l’armement.

Remis à flot le 17 mai 1947, il subit une période de travaux à quai jusqu’au 4 juillet avant essais à la mer du 5 au 11 juillet suivit d’une remise en condition du 13 au 31 juillet. Il gagne Mers-El-Kébir le 1er août, chargeant ses munitions à la Pyrotechnie de la base puis recomplétant ses soutes.

Appareillant le 2 août 1947, il franchit le détroit de Gibraltar le 6 août et arrive à Dakar le 10 août 1947. Après une escale jusqu’au 15 août, le croiseur de bataille effectue une Ecole à feu à Rufisque du 16 août au 4 septembre. Il reprend la mer le 8 septembre après une escale à Dakar, faisant escale à Casablanca du 12 au 17 septembre avant de rentrer à Mers-El-Kébir le 21 septembre 1947.

Du 27 septembre au 2 octobre 1947, la 1ère DL sort en compagnie de la 8ème DC qui avec l’arrivée du Condé avait atteint son format définitif soit trois croiseurs légers. Les deux divisions vont effectuer un exercice de combat antisurface avant une escale à Ajaccio du 3 au 7 octobre.

Le Strasbourg, le Dunkerque et les trois croiseurs légers reprennent la mer le 8 octobre, retrouvant en mer la 6ème DC au grand complet. Le Strasbourg prend la tête de la 6ème DC (parti Rouge) alors que le Dunkerque devient le chef de la 8ème DC (parti Bleu) pour un exercice à double dérente jusqu’au 18 octobre, exercice suivit par une escale commune à Tunis du 19 au 25 octobre 1947. La 6ème DC rentre ensuite à Toulon  alors que la 1ère DL et le 8ème DC rentrent à Mers-El-Kebir le 27 octobre.

Après une période d’indisponibilité du 28 octobre au 14 novembre (entretien à flot notamment), le Dunkerque sort pour essais du 15 au 20 novembre avant remise en condition du 25 novembre au 17 décembre 1947 entre Mers-el-Kébir, Bizerte et la Corse. Il rentre à Toulon le 23 décembre après une escale à Nice du 18 au 22 décembre 1947.

Le croiseur de bataille sort pour entrainement aviation du 7 au 17 janvier, faisant escale à Marseille du 18 au 22 janvier avant d’enchainer par un exercice de défense aérienne du 23 au 30 janvier. Il rentre à Toulon le 8 février après une escale à ajaccio du 31 janvier au 6 février 1948

Le Dunkerque sort pour entrainement en solitaire du 15 au 27 février 1948 avant une escale à Port Vendres du 28 février au 2 mars, l’escale se faisant au mouillage, le croiseur de bataille ayant un tirant d’eau trop important pour ce port.

Reprennant la mer le 3 mars, il retrouve la 4ème DCT composé des contre-torpilleurs Magon Dunois La Hire, trois puissants navires de classe Bruix pour un exercice en commun jusqu’au 18 mars, les quatre navires faisant escale à Ajaccio jusqu’au 22 mars.

Reprennant la mer, le croiseur de bataille Dunkerque, les deux torpilleurs d’escadre et les contre-torpilleurs retrouvent le Strasbourg pour un exercice jusqu’au 1er avril avec un affrontement entre croiseurs de bataille et contre-torpilleurs puis un exercice d’interception, le Dunkerque et le Strasbourg étant alternativement le chasseur et le gibier, les contre-torpilleurs et les torpilleurs étant les rabatteurs. Tous les navires rentrent à Mers-El-Kébir le 4 avril 1948.

Le Dunkerque sort pour un entrainement au combat de nuit en compagnie du croiseur léger Latouche-Tréville du 8 au 17 avril avant une escale à Alger du 18 au 23 avril. Après un exercice de défense aérienne à la mer du 24 avril au 3 mai, le croiseur de bataille et le croiseur léger font escale à Tunis du 4 au 10 mai avant de rentrer à Mers-El-Kébir le 13 mai 1948.

Du 20 mai au 2 juin, le Dunkerque s’entraine au large d’Oran, d’Alger et de Tunis en compagnie des croiseurs légers Gambetta et Condé (le Latouche-Tréville était à l’époque indisponible) avant une escale à Bizerte du 3 au 8 juin. Ils rentrent tous à Mers-El-Kébir le 10 juin 1948.

Après une période d’entretien à flot du 11 juin au 5 juillet 1948, le croiseur de bataille sort pour essais du 6 au 10 juillet avant remise en condition du 13 juillet au 2 août. Il rentre à Mers-El-Kébir le 8 août après une escale à Tunis du 3 au 5 août.

Le 15 août 1948, il est placé au régime de guerre avec le rappel de réservistes. Il sort pour entrainement du 18 au 25 août et du 29 août au 3 septembre 1948.

Le 5 septembre 1948, le croiseur de bataille était à quai à Mers-El-Kébir en alerte à 6 heures prêt à appareillé au moindre mouvement de la flotte italienne.