21-Armée de terre (18)

Bataillons de chasseurs alpins

Le 24 décembre 1888, douze bataillons de chasseurs à pied deviennent alpins. Ces bataillons sont ceux stationnés au sein des 14ème (Lyon) et 15ème (Nice) régions militaires soit pour la 14ème RM, les 11ème, 12ème, 13ème, 14ème, 22ème, 28ème et 30ème bataillons alors que pour la 15ème RM, on trouve les 6ème, 7ème, 23ème, 24ème et 27ème bataillons.

Conservant la  tenue bleue des chasseurs, ils adoptent cependant rapidement une coiffure propre à savoir la tarte, le grand béret montagnard pendant que leur uniforme s’adapte aux contraintes du combat en montagne.

Au début du premier conflit mondial, comme pour les chasseurs à pieds, les chasseurs alpins crééent de nouvelles unités, sept bataillons de chasseurs alpins territoriaux sont ainsi créés ainsi que des bataillons de réserve, chaque bataillon de réserve portant le numéro de son corps d’origine augmenté de quarante (par exemple le 11ème BCA active le 51ème BCA).

La «Der des ders» terminée, les bataillons de réserve et les bataillons territoriaux sont dissous, ne laissant en ligne que les douze bataillons de chasseurs alpins historiques dont certains participent aux opérations de pacification du Rif, région montagneuse du Maroc où ils ne se sentent guère dépaysés.

Quand éclate la guerre de Pologne, les bataillons de chasseurs alpins sont au nombre de douze comme à leur création avec les stationnements suivants :

-Le 6ème bataillon de chasseurs alpins (6ème BCA) est stationné à Grenoble

-Le 7ème BCA est à Albertville

-Le 9ème BCA à Antibes

-Le 11ème BCA à Gap

-Le 13ème BCA à Chambéry

-Le 15ème BCA à Barcelonnette

-Le 18ème BCA à Grasse

-Le 20ème BCA à Antibes

-Le 22ème BCA à Nice

-Le 24ème BCA à Villefranche-sur-Mer

-Le 25ème BCA à Menton

-Le 27ème BCA à Annecy

Ces bataillons organisés comme les RI type Nord-Est sont répartis au sein de deux des trois divisions d’infanterie alpine ou DIAlp.

-La 27ème Division d’Infanterie Alpine (E.M à Grenoble) dispose de la 5ème demi-brigade de chasseurs alpins qui regroupe les 7ème, 13ème et 27ème bataillons, demi-brigade qui forme la 53ème brigade d’infanterie alpine en compagnie du 99ème régiment d’infanterie alpine (99ème RIA).

Toujours au sein de la 27ème division, on trouve la 7ème demi-brigade de chasseurs alpins qui regroupe les 6ème, 15ème et 23ème bataillons, demi-brigade qui forme la 54ème brigade d’infanterie alpine en compagnie du 159ème RIA.

-La 29ème DIAlp dispose de deux demi-brigades de chasseurs alpins, la 6ème demi-brigade  composée des 22ème, 24ème et 25ème bataillons, demi-brigade qui forme avec le 3ème RIA la 57ème brigade d’infanterie alpine.

La 2ème demi-brigade est formée des 9ème, 18ème et 20ème bataillons qui forment avec le 141ème RIA, la 58ème brigade d’infanterie alpine.

A la mobilisation liée à la guerre de Pologne sont mis sur pied le 199ème bataillon de chasseurs de montagne dont les cadres sont fournis par l’Ecole de Haute Montagne de Chamonix ainsi qu’un total de huit bataillons de chasseurs alpins de série A et douze bataillons alpins de série B, portant le total à trente-six.

Les bataillons de série A prennent le numéro de leurs corps d’origine augmenté de quarante ce qui nous donne les 47ème, 49ème, 53ème, 60ème, 62ème, 64ème, 65ème et 67ème BCA qui sont donc respectivement créés par le 27ème, 29ème, 13ème,20ème,22ème,24ème,25ème et 27ème BCA.

Les bataillons de série B prennent le numéro de leur corps d’origine augmenté de quatre-vingt ce qui nous donne les 86ème, 87ème, 89ème, 91ème, 93ème, 95ème, 98ème, 100ème, 102ème, 104ème 105ème et 107ème mis sur pied depuis les 6ème, 7ème, 9ème, 11ème, 13ème,15ème, 18ème,20ème, 22ème, 24ème, 25ème et 27ème BCA.

Ces vingt bataillons qui sont organisés comme les BCA d’active (un état-major, une compagnie hors rang, trois compagnies de combat, une compagnie d’accompagnement et une section d’éclaireurs skieurs) et les trente six BCA sont répartis en douze demi-brigades de chasseurs alpins :

-La 2ème DBCA regroupe les 9ème, 20ème et 49ème BCA et est rattachée à la 30ème DI

-La 5ème DBCA regroupe les 13ème, 27ème et 67ème BCA puis les 13ème, 53ème et 67ème BCA et est rattachée à la 28ème DIAlp

-La 6ème DBCA regroupe les 24ème, 25ème et 65ème BCA et est rattachée à la 29ème DIAlp

-La 7ème DBCA regroupe les 11ème, 15ème et 28ème BCA et est rattachée à la 27ème DIAlp

-La 22ème DBCA regroupe les 18ème, 23ème et 60ème BCA et est rattachée à la 30ème DIAlp

-La 25ème DBCA regroupe les 7ème, 47ème et 53ème BCA puis les 7ème, 27ème et 47ème BCA, demi-brigade rattachée à la 28ème DIAlp.

-La 26ème DBCA regroupe les 22ème, 62ème et 64ème BCA et est rattachée à la 29ème DIAlp

-La 27ème DBCA regroupe les 6ème, 12ème et 14ème DBCA et est rattachée à la 27ème Division d’Infanterie Alpine.

-La 42ème DBCA regroupe les 89ème, 98ème et 100ème BCA et est intégrée à la 65ème division d’infanterie

-La 45ème DBCA regroupe les 87ème, 93ème et 107ème BCA et est intégrée à la 64ème division d’infanterie

-La 46ème DBCA regroupe les 102ème, 104ème et 105ème BCA et est intégrée à la 65ème division d’infanterie

-La 47ème DBCA regroupe mes 86ème, 91ème et 95ème BCA, cette demi-brigade étant elle aussi placée sous l’autorité de la 65ème DI.

Suite à la démobilisation, les bataillons mobilisés en août 1939 sont dissous, le nombre de BCA retombe donc à douze bataillons de chasseurs alpins

Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, les trois divisions alpines sont toujours en position.

Dès l’été (fin juin-début juillet), des frontaliers et des réservistes avaient été discrètement rappelés pour former des bataillons destinés non pas à être engagés en bloc mais pour préparer une montée en puissance plus rapide en cas de déclenchement du second conflit mondial qui semblait une question de mois voir pire de semaines.

Selon une directive militaire du 17 juillet 1948, il est décidé de mettre sur pied quatre demi-brigade indépendantes de chasseurs alpins à trois bataillons de chasseurs alpins chacun plus une demi-brigade à trois bataillons qui doit rejoindre la 31ème DIAlp de Montpelier qui ne disposait que de deux régiments d’infanterie alpine soit un total de quinze bataillons de chasseurs alpins.

Comme en août 1939, sont d’abord créés les huit bataillons de série A qui ajoutent quarante à leur corps d’origine donnant naissance aux  47ème, 49ème, 53ème, 60ème, 62ème, 64ème, 65ème et 67ème BCA qui sont donc respectivement créés par le 7ème,9ème, 13ème,20ème,22ème,24ème,25ème et 27ème BCA.

A la différence de septembre 1939, seuls sept bataillons de série B sont mis sur pied pour compléter une DBCA indépendante qui regroupe deux bataillons de série A et un bataillon de série B, pour armer complètement la quatrième DBCA indépendante (trois bataillons) et pour armer la demi-brigade appelée à rejoindre la 31ème DIAlp.

C’est ainsi que sont mis sur pied les 86ème, 87ème, 89ème, 91ème, 93ème, 95ème, 98ème BCA,  mis sur pied depuis les 6ème, 7ème, 9ème, 11ème, 13ème,15ème et 18ème BCA.

Cela nous donne le dispositif suivant :

-La 27ème DIAlp regroupe la 5ème DBCA (7ème, 13ème 27ème BCA) ainsi que la 7ème DBCA (6ème 15ème et 23ème BCA)

-La 29ème DIAlp regroupe la 6ème DBCA (22ème 24ème et 25ème) et la 2ème DBCA (9ème 18ème 20ème BCA)

-La 22ème DBCA regroupe ainsi le 47ème, le 53ème et 62ème BCA

-La 25ème DBCA regroupe le 49ème, 60ème et 64ème BCA

-La 26ème DBCA regroupe les 65ème, 67ème et 86ème BCA

-La 27ème DBCA regroupe les 87ème, 91ème et 95ème BCA

-La 42ème DBCA regroupe les 89ème 93ème et 98ème BCA.

Les quatre premières demi-brigade sont déployées dans les Alpes, alors que la 42ème DBCA rallie la région de Montpelier pour renforcer la 31ème DIAlp qui doit dissuader l’Espagne de toute menée hostile à notre égard.

L’invasion allemande de la Norvège entraine la mise en place d’un corps expéditionnaire franco-anglo-polonais. Naturellement, allez combattre dans un pays froid sans les chasseurs alpins serait inconcevable et les hommes à la tarte sont de la partie.

Une Brigade de Haute Montagne (BHM) est ainsi mise sur pied avec la 2ème et la 5ème DBCA qui sont remplacés respectivement au sein de leurs divisions par la 22ème et la 25ème DBCA. La BHM rallie aussitôt les ports de Caen, de Rouen et du Havre pour embarquer à bord de navires réquisitionnés qui rejoindront en mer le gros du convoi parti de Brest.

Quand à la 26ème DBCA elle rejoint ultérieurement la 30ème DIAlp, laissant la 27ème DBCA au sein de la 17ème DI pour peu de temps car dès novembre 1948, elle rallie la Corse pour renforcer les défenses de l’Ile de Beauté assurée par des forces de souveraineté mais également par la 3ème Division Marocaine réactivée à la mobilisation.

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21-Armée de terre (10)

Régiments d’infanterie type Nord-Est motorisé

Généralités

Après un temps où l’organisation d’un régiment de ce type était légèrement différente d’un régiment de type Nord-Est, les régiments motorisés rejoignent l’organisation décrite ci-dessus mais avec une différence de taille : le régiment est totalement motorisé avec ses propres véhicules organiques ce qui lui permet d’être particulièrement mobile.

Dans le détail

Le groupe de combat

Le groupe de combat est l’unité élémentaire de l’infanterie. Au plan tactique, le groupe de combat de se subidivse en deux demi-groupes, le demi-groupes de fusiliers et le demi-groupe de voltigeurs, le premier étant l’élément feu et le second étant l’élément mouvement.

Le groupe de combat dispose d’un véhicule, un Laffly S-20 TL-12 qui comme son nom l’indique peut embarquer douze hommes, un chauffeur et onze hommes du groupe de combat, un remorque à deux roues pouvant servir au transport de l’équipement.

Le groupe de combat dispose donc de onze hommes. Sur le plan de l’armement, tous les hommes possèdent un pistolet automatique, leur arme de base auxquels s’ajoutent donc neuf fusils MAS-36 ou MAS-40, un fusil-mitrailleur modèle 1924/29 et deux pistolets mitrailleurs MAS-38 ou MAT-42.

Chaque groupe de combat est désigné au sein de la section par les lettres A,B  ou C.

La section de combat

Chaque section se compose de trois groupes de combat et d’un «groupe» de commandement avec l’officier commandant, d’un sous-officier adjoint, d’un agent de transmissions, d’un observateur et d’une équipe lance-grenades avec trois binômes de lance-grenades de 50mm soit dix hommes.

Si les trois binômes lance-grenades disposent dans les RI des DIM d’un Laffly V 15T, les autres membres du groupe de commandement sont transportés dans un Laffly S 20TL sauf l’agent de transmission qui dispose d’une moto side-car lui permettant de transporter l’observateur ou un passager pour une liaison.

La compagnie de combat

L’effectif de la compagnie de combat est d’environ quatre officiers et cent quatre-vingt hommes et celle-ci s’organise en une section de commandement et quatre sections de combat.

La section de commandement dispose d’un groupe de commandement avec treize hommes, d’un groupe de ravitaillement avec douze hommes et deux véhicules, un véhicule d’allègement qui remorque la cuisine roulante.

Le groupe de commandement dispose comme véhicule d’un Laffly S 20 TL de commandement, d’un camion d’allègement et de deux motos pour les liaisons

La section de commandement dispose également d’un groupe de mortiers de 60mm avec deux pièces servies par huit hommes, chaque pièce étant transportée par un Laffly V15T.
Tous les hommes de la section de commandement disposent d’un pistolet automatique, d’un pistolet mitrailleur pour les servants de mortier et les chauffeurs, d’un fusil pour les autres soit un total de 34 hommes, 34 pistolets automatiques, 10 pistolets mitrailleurs et 24 fusils.

La section de combat dispose donc d’un groupe de commandement et de trois groupes de combat tel que nous venons de le voir.

La compagnie d’accompagnement

Comme son nom l’indique cette unité accompagne les unités de combat en lui fournissant l’appui-feu nécessaire pour ses missions qu’il s’agisse de mortiers, de mitrailleuses ou de canons antichars.

Elle est organisée en une section de commandement, quatre sections de mitrailleuses et une section d’engins.

Section de commandement

Elle se compose d’un  groupe de commandement avec un groupe du capitaine (huit soldats et un sergent chef de groupe) et un groupe de ravitaillement avec quatre véhicules et quinze hommes.

Le groupe de commandement dispose d’un Laffly S 20 TL pour le commandement et de deux motos  pour les liaisons.

Le groupe de ravitaillement dispose de quatre camions tout-chemin

Section de mitrailleuses

La compagnie d’engins dispose de quatre sections de ce type toutes organisées de la même façon à savoir deux groupes de deux pièces.

Chaque groupe dispose donc de deux équipes de deux pièces, chaque équipe disposant d’une camionette Hotchkiss (Laffly) W15T pour le transport des pièces, des servants et des munitions.

Le sergent-chef et le mitrailleur mécanicien utilisent un tracteur léger Latil M71

Section d’engins

L’aspirant qui commande la section d’engins dispose d’un Latil M71 comme véhicule de commandement, les deux agents de transmission qui l’accompagne disposant de deux motos side-car.

Le groupe mortiers de 81mm dispose d’un Latil M71 pour le chef de groupe et son adjoint, chaque mortier de 81mm disposant d’une chenillette Renault UE transportant l’arme et les munitions et les servants, chaque chenillette disposant d’une remorque.

La mise en service du mortier de 120mm entraine l’apparition d’une troisième chenillette Renault UE pour transporter la réserve de munitions. Néanmoins à partir de septembre 1943, le groupe mortier de 120mm disposait le plus souvent de deux tracteurs d’artillerie 6X6 Latil M7.

Le groupe antichar est équipé de deux canons de 25mm, chaque pièce mise en œuvre par cinq hommes avec un sergent-chef de pièce, un caporal tireur, un chargeur, deux pourvoyeurs et un conducteur tous armés d’un mousqueton puis d’un fusil.
Conformément à la décision de motoriser toutes les unités antichars, le groupe antichar disposera à partir de la fin 1940 de deux chenillettes Renault UE pour le remorquage des pièces, le transport des munitions et des servants, ultérieurement remplacés par des Latil M7 T1.

Ultérieurement, dans les unités métropolitaines, le canon de 25mm est remplacé par un canon de 47mm plus apte à contrer les chars allemands.

Au niveau des munitions, la compagnie d’accompagnement dispose de 5362 cartouches par mitrailleuses, 150 coups par mortier de 81mm réduit ensuite à 120 par mortier de 120mm et 156 obus de 25mm par canon, nombre réduit à 140 obus de 47mm.

Bataillon d’infanterie

Le bataillon d’infanterie est organisé en un état-major, une section de commandement, trois compagnies de combat et une compagnie d’accompagnement.

L’état-major comprend onze hommes avec le chef du bataillon, le capitaine adjudant-major, un officier de renseignement, un médecin-lieutenant ou sous-lieutenant, un sergent secrétaire, un secrétaire, trois cyclistes, un mototyclistes et un chauffeur automobile.

Le commandement est assuré depuis un Laffly S20 TL-12 modifié pour le commandement, trois vélos, une moto side-car et un camion d’allègement.

La section de commandement dispose d’un groupe de transmission (un adjudant et vingt hommes), d’un groupe de ravitaillement avec un adjudant-chef, un adjudant et une dizaine de conducteurs, un groupe sanitaire avec un médecin auxiliaire, quatre infirmiers et seize brancardiers.

Le groupe de transmission dispose d’un véhicule de commandement Laffly S20 TL, de deux véhicules radios et de deux motos

Le groupe de ravitaillement dispose d’un V15R de commandement (adjudant-chef et adjudant) et de huit camions pour le ravitaillement.

Le groupe sanitaire dispose de quatre véhicules sanitaires Laffly S20 TL adaptés à leur usage.

La compagnie régimentaire d’engins

La CRE est aux bataillons ce que la compagnie d’accompagnement est aux compagnies de combat, une réserve d’appui-feu pour la manoeuvre.

La section de commandement dispose d’un adjudant, de quatre sous-officiers  et de vingt hommes (un sous-officier chargé du renseignement, un sous-officier des équipages, trois agents de transmissions, deux observateurs, deux télémétreurs, un motocycliste et un cycliste).

Sur le plan des véhicules, le principal véhicule est un Laffly S20 TL auxquels s’ajoute un camion d’allègement, un Laffly V10 pour les deux observateurs et les deux télémétreurs, une moto side-car, un vélo soit un quatre véhicules.

-La CRE dispose également de trois sections antichars équipées de canons de 25mm. Chaque section dispose d’un Laffly V10 de commandement, de neuf Latil M71 pour le remorquage des canons de 25mm (ainsi que le transport des servants et des munitions) et trois chenillettes Renault UE transportant les munitions.

Comme au sein de la compagnie d’accompagnement, les canons de 25mm de la CRE sont progressivement remplacés par des canons de 47mm modèle 1937 ou modèle 1939.

-Le groupe de mortiers de 81mm dispose d’un sous-officier et d’un télémétreur et surtout de deux pièces servies par un caporal et sept servants auxquels s’ajoutent deux conducteurs.

Au plan des véhicules, on trouve un Laffly V10 de commandement (le sous-officier et le télémétreur) et deux Laffly W 15 T qui transporte le mortier, les servants et les munitions.

La compagnie de commandement

Cette compagnie dispose de douze officiers et deux cents hommes. Elle est organisée en une section de services, une section d’état-major, une section de transmissions, une section de pionniers et une section d’éclaireurs motocyclistes.

La section d’éclaireurs motocyclistes _seul réel élément de combat de la compagnie_ est placée sous le commandement direct du chef de corps. Elle dispose d’un officier, de trois sous-officiers, quatre caporaux et dix-huit éclaireurs.

La section est divisée en deux groupes de deux escouades de quatre éclaireurs avec un fusil-mitrailleur et trois mousquetons remplacés ensuite par un fusil (quand l’unité à laquelle elle était rattachée recevait le tant attendu MAS 36).

Dans les régiments d’infanterie motorisés type NE, tout le personnel de la section est sur moto side-car.

Et pour finir le régiment……… .

Le RI motorisé type Nord-Est commandé par un colonel dispose de trois bataillons d’infanterie, d’une compagnie de commandement, d’une compagnie régimentaire d’engins et d’une compagnie hors-rang (six officiers et deux cent hommes). Le régiment d’infanterie dispose au final de 80 officiers et environ 3000 hommes.

Liste des régiments d’infanterie type Nord-Est motorisés

On trouve à l’été 1939, les régiments d’infanterie type Nord-Est motorisés suivants :

-La 1ère division d’infanterie motorisée (Lille) dispose de trois régiments d’infanterie motorisée, le 1er RI de Cambrai, le 43ème RI de Lille et le 110ème RI de Dunkerque.

-La 3ème division d’infanterie motorisée (Amiens) dispose de trois régiments d’infanterie motorisée, le 51ème RI d’Amiens, le 67ème RI de Soissons et le 91ème RI de Mézières.

-La 5ème division d’infanterie motorisée (Caen) dispose de trois régiments d’infanterie motorisée, le 8ème RI de Cherbourg, le 39ème RI de Rouen et le 129ème RI du Havre.

-La 9ème division d’infanterie motorisée (Bourges) dispose de trois régiments d’infanterie motorisée, le 13ème RI de Nevers, le 95ème RI de Bourges et le 131ème RI d’Orléans.

-La 12ème division d’infanterie motorisée (Chalons sur Marne) dispose de deux régiments d’infanterie motorisée, le 106ème RI de Chalons sur Marne et le 150ème RI de Verdun.

-La 15ème division d’infanterie motorisée (Dijon) dispose de trois régiments d’infanterie motorisée, les 4ème RI d’Auxerre, 27ème RI de Dijon et le 134ème RI de Châlons sur Saône.

-La 25ème division d’infanterie motorisée (Clermont-Ferrand) dispose de trois régiments d’infanterie motorisée, le 38ème RI de Saint-Etienne, le 92ème RI de Clermont-Ferrand et le 121ème RI de Montluçon.

On trouve donc au début de la guerre de Pologne, vingt régiments d’infanterie motorisés et non 21, la 12ème DIM disposant du 8ème régiment de zouaves. Les RI type Nord-Est motorisés qui sont complètement motorisés passent de vingt à vingt-deux avec la motorisation de la 11ème DI de Nancy (qui dispose d’une demi-brigade de chasseurs à pied).

21-Armée de terre (9)

Organisation d’un régiment d’infanterie

Régiment d’infanterie type Nord-Est

Généralités

-La Compagnie de Commandement dispose d’un PC, de moyens de transmissions, de renseignement, des éclaireurs motocyclistes et des sapeurs pionniers

-Trois bataillons d’infanterie

-Un Etat-major et une section de commandement

-Une Compagnie d’accompagnement avec une section de commandement, quatre sections de quatre mitrailleuses MAC-36 et une section d’engins avec deux canons de 25 puis de 47mm et deux mortiers de 81mm puis de 120mm.

-Trois compagnies de fusiliers-voltigeurs avec une section de commandement avec un puis deux mortiers de 60mm et quatre sections de combat à trois groupes de combat.

-La Compagnie Régimentaire d’Engins (CRE) dispose de deux mortiers de 81mm puis 120mm ainsi que de 6 canons de 25mm puis 47mm

-La Compagnie Hors-Rang est chargé du ravitaillement, de l’approvisionnement, du dépannage et du soutien sanitaire

Dans le détail

Le groupe de combat

Le groupe de combat est l’unité élémentaire de l’infanterie. Au plan tactique, le groupe de combat de se subidivse en deux demi-groupes, le demi-groupes de fusiliers et le demi-groupe de voltigeurs, le premier étant l’élément feu et le second étant l’élément mouvement.

Le demi-groupe de fusiliers comprend le sergent chef de groupe armé d’un fusil, le caporal _adjoint au chef de groupe_ lui aussi armé d’un fusil, le tireur FM qui outre son fusil-mitrailleur dispose d’un pistolet retiré en 1940 et remplacé par un pistolet mitrailleur, un chargeur FM lui aussi armé d’un pistolet mitrailleur et trois pourvoyeurs armés d’un fusil.

Le demi-groupe de voltigeurs comprend un premier voltigeur armé d’un fusil. Meilleur tireur du groupe, il dispose généralement d’un fusil à lunette. Il est accompagné de trois autres voltigeurs armés d’un fusil qui peuvent utiliser des grenades à fusil antichars et antipersonnelles.

Le groupe de combat dispose donc de onze hommes. Sur le plan de l’armement, tous les hommes possèdent un pistolet automatique, leur arme de base auxquels s’ajoutent neuf fusils, un fusil-mitrailleur et deux pistolets mitrailleurs.

Chaque groupe de combat est désigné par les lettres A,B  ou C.

La section de combat

Chaque section se compose de trois groupes de combat et d’un «groupe» de commandement avec l’officier commandant, d’un sous-officier adjoint, d’un agent de transmissions, d’un observateur et d’une équipe lance-grenades avec trois binômes de lance-grenades de 50mm soit dix hommes.

La compagnie de combat

L’effectif de la compagnie de combat est d’environ quatre officiers et cent quatre-vingt hommes et celle-ci s’organise en une section de commandement et quatre sections de combat.

La section de commandement dispose d’un groupe de commandement avec treize hommes, d’un groupe de ravitaillement avec douze hommes et deux véhicules, un véhicule d’allègement qui remorque la cuisine roulante.

La section de commandement dispose également d’un groupe de mortiers de 60mm avec deux pièces servies par huit hommes.

Tous les hommes de la section de commandement disposent d’un pistolet automatique, d’un pistolet mitrailleur pour les servants de mortier et les chauffeurs, d’un fusil pour les autres soit un total de 34 hommes, 34 pistolets automatiques, 10 pistolets mitrailleurs et 24 fusils.

La section de combat dispose donc d’un groupe de commandement et de trois groupes de combat tel que nous venons de le voir.

La compagnie d’accompagnement

Comme son nom l’indique cette unité accompagne les unités de combat en lui fournissant l’appui-feu nécessaire pour ses missions qu’il s’agisse de mortiers, de mitrailleuses ou de canons antichars.

Elle est organisée en une section de commandement, quatre sections de mitrailleuses et une section d’engins.

Section de commandement

Elle se compose d’un  groupe de commandement avec un groupe du capitaine (huit soldats et un sergent chef de groupe) et un groupe de ravitaillement avec quatre véhicules et quinze hommes.

Section de mitrailleuses

La compagnie d’engins dispose de quatre sections de ce type toutes organisées de la même façon à savoir deux groupes de deux pièces.

Le groupe est commandé par un sergent-chef armé d’un mousqueton puis d’un fusil, d’un mitrailleur-mécanicien et de deux équipes de pièces avec un caporal-chef de pièce armé d’un mousqueton puis d’un fusil ou d’un pistolet-mitrailleur, un chargeur, un tireur et deux pourvoyeurs tous armés d’un mousqueton puis d’un PM. On trouve également deux conducteurs par voiturette, chaque voiturette transportant deux armes (à cel s’ajoute une voiturette porte-munitions par groupe).

Section d’engins

La section d’engins est placée sous le commandement d’un aspirant (voir d’un adjudant-chef ou d’un adjudant) dispose de deux agents de transmission et de deux groupes pour un effectif de cinq sous-officiers, quatre caporaux et trente-deux hommes avec sept voiturettes.

Le groupe mortiers dispose de deux mortiers de 81mm servies par vingt-deux hommes dont un sergent chef de groupe armé d’un mousqueton puis d’un fusil ou d’un pistolet-mitrailleur, un télémétreur adjoint au chef de groupe armé d’un pistolet automatique puis d’un pistolet-mitrailleur et deux équipes dee dix hommes pour le service des mortiers (un caporal-chef de pièce, un pointeur et un chargeur _armés d’un fusil_, un artificier, quatre pourvoyeurs et deux conducteurs armés d’un pistolet mitrailleur).

La mise en service du mortier de 120mm entraine la mise en place permanente à l’échelle du groupe de deux chenilettes Renault UE pour le remorquage des pièces, le transport des munitions et d’une partie des servants.

Le groupe antichar est équipé de deux canons de 25mm, chaque pièce mise en oeuvre par cinq hommes avec un sergent-chef de pièce, un caporal tireur, un chargeur, deux pourvoyeurs et un conducteur tous armés d’un mousqueton puis d’un fusil.

Conformément à la décision de motoriser toutes les unités antichars, le groupe antichar disposera à partir de la fin 1940 de deux chenilettes Renault UE pour le remorquage des pièces, le transport des munitions et des servants.

Ultérieurement, dans les unités métropolitaines, le canon de 25mm est remplacé par un canon de 47mm plus apte à contrer les chars allemands.

Au niveau des munitions, la compagnie d’accompagnement dispose de 5362 cartouches par mitrailleuses, 150 coups par mortier de 81mm réduit ensuite à 120 par mortier de 120mm et 156 obus de 25mm par canon, nombre réduit à 140 obus de 47mm.

Bataillon d’infanterie

Le bataillon d’infanterie est organisé en un état-major, une section de commandement, trois compagnies de combat et une compagnie d’accompagnement.

L’état-major comprend onze hommes avec le chef du bataillon, le capitaine adjudant-major, un officier de renseignement, un médecin-lieutenant ou sous-lieutenant, un sergent secrétaire, un secrétaire, trois cyclistes, un mototyclistes et un chauffeur automobile.

La section de commandement dispose d’un groupe de transmission (un adjudant et vingt hommes), d’un groupe de ravitaillement avec un adjudant-chef, un adjudant et une dizaine de conducteurs, un groupe sanitaire avec un médecin auxiliaire, quatre infirmiers et seize brancardiers.

Le transport d’un bataillon nécessite un train (cinquante wagons) et soixante camions soit un convoi de trois kilomètres.

La compagnie régimentaire d’engins

La CRE est aux bataillons ce que la compagnie d’accompagnement est aux compagnies de combat, une réserve d’appui-feu pour la manoeuvre.
La section de commandement dispose d’un adjudant, de quatre sous-officiers  et de vingt hommes (un sous-officier chargé du renseignement, un sous-officier des équipages, trois agents de transmissions, deux observateurs, deux télémétreurs, un motocycliste et un cycliste).

-La CRE dispose également de trois sections antichars équipées de canons de 25mm. Chaque section est organisée de la même façon avec un groupe de commandement (un lieutenant ou un adjudant-chef commandant la section, un sous-officier adjoint, trois agents de transmissions et un conducteur) et trois pièces de 25mm servies par sept hommes.

Ultérieurement, les canons de 25mm sont motorisés avec un tracteur léger d’artillerie Latil M71 ou une chenillette Renault UE. Comme au sein de la compagnie d’accompagnement, les canons de 25mm de la CRE sont progressivement remplacés par des canons de 47mm modèle 1937 ou modèle 1939.

-Le groupe de mortiers de 81mm dispose d’un sous-officier et d’un télémétreur et surtout de deux pièces servies par un caporal et sept servants auxquels s’ajoutent deux conducteurs.

La compagnie de commandement

Cette compagnie dispose de douze officiers et deux cents hommes. Elle est organisée en une section de services, une section d’état-major, une section de transmissions, une section de pionniers et une section d’éclaireurs motocyclistes.

La section d’éclaireurs motocyclistes _seul réel élément de combat de la compagnie_ est placée sous le commandement direct du chef de corps. Elle dispose d’un officier, de trois sous-officiers, quatre caporaux et dix-huit éclaireurs.

La section est divisée en deux groupes de deux escouades de quatre éclaireurs avec un fusil-mitrailleur et trois mousquetons remplacés ensuite par un fusil (quand l’unité à laquelle elle était rattachée recevait le tant attendu MAS 36).

Dans les régiments d’infanterie type NE, tout le personnel de la section est sur moto solo sauf le chef de section en side-car (dans les régiments motorisés, toute la section est sur side-car).

Et pour finir le régiment……… .

Le RI type Nord-Est commandé par un colonel dispose de trois bataillons d’infanterie, d’une compagnie de commandement, d’une compagnie régimentaire d’engins et d’une compagnie hors-rang (six officiers et deux cent hommes).

Le parc de véhicules est conséquent avec en 1939 cinquante voitures hippomobiles, six chenilettes pour le ravitaillement et le remorquage des canons (ce parc augmenta avec la décision de motoriser toutes les unités antichars quelque soit l’échelon).

Le régiment d’infanterie dispose au final de 80 officiers et environ 3000 hommes, deux cents voiturettes ou voitures hippomobiles, une cinquantaine d’automobiles et neuf chenilettes.

Quand à l’armement collectif, il se compose de cent-douze fusils mitrailleurs, quarante huit mitrailleuses, trente-si lance grenades de 50mm, de neuf puis dix-huit mortiers de 60mm, huit mortiers de 81mm et douze canons de 25mm puis de 47mm.

Liste des unités d’active

Avant la mobilisation d’août 1939 qui multiplia les régiments d’infanterie de ce type, on trouvait les régiments d’active suivant :

-La 10ème division d’infanterie (Paris) dispose ainsi du 5ème R.I de Courbevoie, du 24ème R.I et du 46ème R.I tous les deux encasernés à Paris

-La 11ème division d’infanterie (Nancy) dispose du 26ème régiment d’infanterie de Jarville la Malgrange et du 170ème R.I installé à Epinal

-La 13ème division d’infanterie (Besançon) dispose du 21ème régiment d’infanterie de Chaumont et du 60ème régiment d’infanterie de Lons le Saunier.

-La 14ème division d’infanterie (Colmar) dispose du 35ème régiment d’infanterie de Belfort et du 152ème R.I qui lui est installé à Chaumont.

-Le 19ème divisions d’infanterie (Rennes) dispose de trois régiments d’infanterie avec le 41ème R.I de Rennes, le 71ème R.I de Mamers et le 117ème R.I du Mans.

-La 21ème division d’infanterie (Nantes) dispose du 48ème régiment d’infanterie de Fontenay le Comte, le 65ème régiment d’infanterie de Nantes et le 137ème régiment d’infanterie de Lorient

-La 23ème division d’infanterie (Tours) dispose des 32ème R.I d’Angers, du 107ème R.I d’Angoulème et du 126ème R.I de Brive.

-La 36ème divisions d’infanterie (Bayonne) dispose du 14ème régiment d’infanterie de Toulouse, du 18ème régiment d’infanterie de Bayonne et du 57ème régiment d’infanterie de Bordeaux

-La 42ème division d’infanterie (Metz) dispose de deux régiments d’infanterie, le 94ème RI de Bar le Duc et le 151ème RI de Commercy.

-La 43ème division d’infanterie (Strasbourg) dispose d’un seul régiment d’infanterie type Nord-Est en l’occurence le 158ème R.I d’Obernai.

On trouve donc 24 régiments d’infanterie type Nord-Est, chiffre qui tombera à 22 après la transformation de la 11ème DI de Nancy en Division d’Infanterie Motorisée.