17-Aviation navale (65)

Commandement du Levant de l’Aviation Navale (CLAN) (Tripoli du Liban)

-Escadrille 10R : six Loire 130.

-Escadrille 14T : huit Latécoère Laté 298.

-Escadrille 14B : six CAO-700M et huit Lioré et Olivier Léo 456.

-Escadrille de chasse 10C : douze Grumman G-36A.

Total : six Loire 130, huit Latécoère Laté 298, six CAO-700M, huit Lioré et Olivier Léo 456, douze Grumman G-36A soit un total de quarante appareils (quatorze hydravions et vingt-six avions)

Commandement Antilles-Guyane de l’Aviation Navale (CANGAN)

-Escadrille 7R : : huit Loire 130C dont un détaché à Cayenne et sept basés à Fort de France-Schoelcher

-Escadrille 19T (Fort de France-Schoelcher) : douze Bloch MB-481.

-Escadrille d’Aviation Navale des Antilles (EANA) (Fort de France-Schoelcher) : six Grumman G-36A, quatre CAO-700M et huit Lioré et Olivier Léo 456.

Total : huit hydravions Loire 130, douze Bloch MB-481, six Grumman G-36A, quatre CAO-700M et  huit Lioré et Olivier Léo 456 soit un total de trente-huit appareils (vingt hydravions et dix-huit avions)

Commandement Pacifique de l’Aviation Navale (CPAN)

-Escadrille 9R (Papeete) : quatre Latécoère Laté 298.

-Escadrille 23C : huit Dewoitine HD-780, escadrille qui constitue la seule composante de chasse de la Polynésie.

-Escadrille 13E (Nouméa-Tantouta ) : douze Consolidated Catalina.

-Escadrille 24E (Nouméa-Tantouta) : huit CAO-700M et de huit Lioré et Olivier Léo-456.

-Escadrille 25C (Nouméa-Tantouta) : douze Dewoitine D-520.

A la déclaration de guerre, les escadrilles 9R et 23C forment une 13ème flottille d’hydravions alors que les escadrilles stationnées en Nouvelle-Calédonie forment une 2ème flottille mixte d’aviation navale.

Total : quatre Latécoère Laté 298, douze Consolidated Catalina, huit Dewoitine HD-780, huit CAO-700M, huit Lioré et Olivier Léo 456 et douze Dewoitine D-520 soit un total de cinquante six appareils (vingt-huit hydravions et de vingt-huit avions)

Commandement Indochine de l’Aviation Navale (CIAN) (Cam-Ranh)

9ème flottille d’aviation navale (porte-avions léger Alienor d’Aquitaine)

-Escadrille 13C : six Dewoitine D-795.

-Escadrille 15C : six Dewoitine D-795.

-Escadrille 17T : six Latécoère Laté 299-5.

-Escadrille 11B : quatre Loire-Nieuport LN-420.

-Section d’Entrainement et de Servitude avec quatre Morane-Saulnier MS-474 et deux Dewoitine D-720M

Total : douze Dewoitine D-795, six Latécoère Laté 299-5, quatre Loire-Nieuport LN-420, quatre MS-474 et deux Dewoitine D-720  soit un total de 28 appareils

11ème flottille d’hydravions

-Escadrille 11R (Cam-Ranh): douze Consolidated PBY-5 Catalina.

-Escadrille d’Hydravions de l’Indochine (EHI (Cam-Ranh) : quatre Dewoitine HD-731. Appareils toujours en service en décembre 1947. Détachés pour emploi à bord du Tourville et du Duguay-Trouin.

-Escadrille 23T : douze Bloch MB-481.

Total : douze Consolidated Catalina, quatre Dewoitine HD-731 et douze Bloch MB-481 soit un total de vingt huit appareils

12ème flottille d’aviation navale

-Escadrille 13R (Cam-Ranh) :douze CAO-700M.

-Escadrille 15B (Cam-Ranh):  douze Bloch MB-175T.

-Escadrille 12C (Cam-Ranh): douze Dewoitine D-520.

-Escadrille 24T (Haïphong) : douze Lioré et Olivier Léo 456.

Total : douze CAO-700M, douze Bloch MB-175T, douze Dewoitine D-520 et douze Lioré et Olivier Léo 456 soit un total de quarante-huit appareils.

Le CIAN dispose le 31-08-1948 de 104 appareils (vingt-huit hydravions et soixante-seize avions)

Commandement AEF de l’Aviation Navale (CAEFAN)

-Escadrille 17E (Diego Suarez) : six Potez CAMS 141.

-Escadrille 18E (Djibouti) :quatre CAO-700M et huit Lioré et Olivier Léo 456.

-Escadrille 9T (Djibouti) :  six Bloch MB-481.

-Escadrille 13T (Diego-Suarez) : six Bloch MB-481.

-Escadrille 11C (Djibouti) : douze Grumman G-36A.

-Détachement Aviation croiseur léger Primauguet (Diego-Suarez) : deux Dewoitine HD-731.

Total : six Potez CAMS 141, douze Bloch MB-481, quatre CAO-700M, huit Lioré et Olivier Léo 456 deux Dewoitine HD-731 et douze Grumman G-36A soit un total de quarante-quatre appareils (vingt hydravions et vingt-quatre avions)

Au 5 septembre 1948, l’Aviation Navale dispose de 1358 appareils (574 hydravions, 760 avions et 12 autogires)

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17-Aviation Navale (1)

17°) L’AVIATION NAVALE

Cocarde de l'Aviation Navale

Cocarde de l’Aviation Navale

Avant-propos

Si on retient souvent le nombre de cuirassés pour mesurer l’expansion de la Royale entre 1939 et 1948 (sept navires de ligne dont seulement deux modernes en service en 1939, treize cuirassés modernes en service en septembre 1948), l’aéronavale est sûrement l’arme qui connait la plus grande expansion qu’elle soit quantitative ou qualitative.

En 1939, l’aéronavale est le parent pauvre d’une flotte où domine les surfaciers qui ne croient pas au porte-avions comme l’amiral Darlan. Elle dispose d’avions et d’hydravions souvent dépassés, les appareils modernes se faisant rares et n’étaient pas exempts de défauts.

Le porte-avions Béarn

Le porte-avions Béarn

Son unique porte-avions le Béarn est par sa lenteur bien incapable d’accompagner les rutilants croiseurs et contre-torpilleurs et un transport d’hydravions baptisé Commandant Teste ne vaut pas un véritable «pont plat».

La transformation est donc spectaculaire puisque quand éclate le second conflit mondial, l’Aviation Navale dispose de trois porte-avions d’escadre, deux porte-avions légers avec des groupes aériens modernes et bien entrainés.

A terre, des avions de patrouille maritime et des avions antinavires se chargent de surveiller les approches de nos bases et de nos ports, aidés en cela par des hydravions bien plus modernes que ceux utilisés pour la guerre de Pologne.

1-Evolution générale de l’Aviation Navale

A-Organisation

Plaque à la mémoire de Jean Lartigue apposée au ministère de la Marine lors de sa mort dans un accident d'avion en 1968

Plaque à la mémoire de Jean Lartigue apposée au ministère de la Marine lors de sa mort dans un accident d’avion en 1968

En septembre 1939, l’Aéronautique Navale est dirigée par le contre-amiral Lartigue qui porte le titre de Chef du Service Central de l’Aéronautique Navale. Il est responsable de la formation, de l’entrainement et de la préparation opérationnelle des différentes escadrilles.

Les escadrilles basées à terre qu’elles soient équipées d’avions ou d’hydravions sont placées sous l’autorité de l’amiral préfet maritime commandant la Région Maritime où l’escadrille est stationnée via un officier supérieur (généralement un capitaine de vaisseau) qui porte le titre de Commandant de l’aéronautique de la ……. région»

En septembre 1939, il existe quatre régions maritimes : la 1ère dont le préfet est installé à Cherbourg, la 2ème dont le préfet est installé à Brest, la 3ème dont le préfet est installé à Toulon et la 4ème dont le préfet est installé à Bizerte. Une 5ème région maritime sera activée à Lorient.

Les rares formations détachées outre-mer, aux Antilles, en Océanie ou en Indochine dépendent du vice-amiral ou du contre-amiral commandant les forces navales françaises, cet officier supérieur disposant d’un officier aéronautique.

Les escadrilles du Béarn et du Commandant Teste dépendent elles du commandant de l’escadre tout comme les escadrilles de l’hydraviation embarquée appelée également Aviation d’Escadre.

Il existe également des formations de support, des sections d’entrainement, de liaison, de servitude dépendant soit d’une école soit des bases aéronavales.

Le nombre de formations augmente durant la guerre de Pologne avec la mobilisation des réservistes et l’activation des bases auxiliaires pour disperser les forces afin d’augmenter leur rayon d’efficacité et pour éviter qu’un raid aérien chanceux n’ampute l’aéronavale d’une part importante de ses maigres moyens.

L’unité de base est l’escadrille qui dispose normalement de douze appareils en ligne plus un volant de fonctionnement de quatre à six appareils. Unité autonome, l’escadrille dispose de ses propres mécaniciens et reçoit à la mobilisation un détachement de protection (pièces légères de DCA et fusiliers marins)

Plusieurs escadrilles forment une flottille, ces flottilles sont soient spécialisés ou alors comme c’est le cas du Béarn et du Commandant Teste polyvalentes.

Cette dernière configuration ne tarde pas à disparaître  avec la mise à terre du groupe aérien du Béarn puis son démantèlement pour permettre la montée en puissance des flottilles du Joffre et du Painlevé. La situation est identique pour la flottille du Commandant Teste qui est mis à terre au début du conflit, le transport d’hydravions effectuant des missions de transport d’avions avant d’être transformé en navire-atelier pour l’Indochine.

Les hydravions embarqués sur les cuirassés et les croiseurs forment des groupements d’Aviation d’Escadre, groupements qui ont une base géographique et spécialisée. Ces groupements sont informels, les détachements à bord des croiseurs et des cuirassés étant pleinement intégrés à l’équipage du bâtiment.

Les sections de support dépendent soit des écoles soit des bases aéronavales, cette situation ne change pas avec la déclaration même si ces unités montent en puissance avec le rappel des réservistes et l’incorporation de jeunes recrues.

Les unités sont identifiées par un code alphanumérique à deux caractères pour les unités basées à terre et de trois caractères pour les unités embarquées. Les chiffres pairs sont réservés aux unités déployées au dessus de l’Atlantique et les chiffres impairs aux unités déployées au dessus de la Méditerranée.

Les unités dépendant des préfets maritimes disposent donc de deux chiffres et d’une lettre : le premier chiffre désigne la région maritime (1 à 4), la lettre la spécialité (S pour Surveillance C pour chasse B pour bombardement T pour torpillage……) et le deuxième chiffre le rang de l’unité.

Les sections de surveillance déployées aux Antilles et à Tahiti reçoivent le préfixe 5 puis celui de 8 en octobre 1939 quand ces deux sections deviennent des escadrilles et que deux nouvelles formations sont créés à Dakar et à Tripoli.

Les flottilles sont désignées par un code alphanumérique de trois caractère : le F de flottille, un chiffre désignant le rang et une lettre de spécialité (A pour aviation embarquée, H pour hydraviation embarquée………..)

En février 1940, l’Aéronautique Navale réduit la voilure suite à la fin deux mois plus tôt de la Guerre de Pologne. Des unités sont dissoutes ou mises en sommeil, les réservistes démobilisés et un grand nombre de bases auxiliaires sont désaffectés ou rendu à leur usage civil antérieur.

Il faut cependant attendre septembre 1940 pour voir la mise en œuvre d’une véritable réorganisation de l’Aéronautique Navale.

Le 15 septembre 1940, le contre-amiral Lartigue est promu au grade d’amiral. Il cesse d’être commandant de l’Aéronautique Navale pour devenir commandant de l’Aviation Navale. Il dépend directement du Grand Amiral de la Flotte, François Darlan.

Son état-major installé à Paris à  autorité sur des commandements régionaux dirigés par des contre-amiraux. Ces commandements régionaux sont chargés de la préparation opérationnelle des unités et de leur soutien logistique. Ils sont au nombre de…… :

-Commandement Nord de l’Aviation Navale (CNAN) (QG Cherbourg Chantereyne) : ce commandement est chargé d’appuyer la marine en Manche et en mer du Nord. Son rôle va clairement s’accroitre avec la création prévue d’une escadre de la Manche et de la Mer du Nord (future ELN).

-Commandement Atlantique de l’Aviation Navale (CAAN) (QG Lanvéoc-Poulmic) : ce commandement est chargé d’appuyer la flotte de l’Atlantique et devrait avoir fort à faire si la marine allemande se lance comme durant le premier conflit mondial dans la guerre sous-marine à outrance.

-Commandement Nord-Méditerranée de l’Aviation Navale (CNMAN) (QG Hyères-Le Palyvestre) : ce commandement doit appuyer les unités de la 2ème Escadre de la Flotte de la Méditerranée basées à Toulon.

-Commandement Sud-Méditerranée de l’Aviation Navale (CSMAN) (QG Karouba) : ce commandement est chargé d’appuyer les unités de la 6ème Escadre Légère basée à Bizerte et celles de la 4ème Escadre basée dans la nouvelle base de Mers-El-Kébir.

-Commandement du Levant de l’Aviation Navale (CLAN)  (QG Tripoli du Liban) : ce commandement assure l’appui de la Division Navale du Levant (DNL) chargée de la défense des mandats syriens et libanais.

-Commandement Antilles-Guyane de l’Aviation Navale (CANGAN) : ce commandement assure l’appui des Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA) encore modestes à l’époque mais qui comme les autres forces de souveraineté ne vont pas tarder à prendre du muscle.

-Commandement AEF de l’Aviation Navale (CAEFAN) : ce commandement de taille fort réduite assure le soutien des forces navales françaises déployées dans l’Océan Indien depuis Djibouti et Diego-Suarez.

-Commandement Pacifique de l’Aviation Navale (CPAN) : ce commandement est l’un des plus grands géographiquement parlant puisque concernant aussi bien la Nouvelle Calédonie que la Polynésie.

-Commandement Indochine de l’Aviation Navale (CIAN) : comme son nom l’indique, ce commandement assure l’appui aérien des Forces Navales  en Extrême Orient (FNEO).

Pour leur emploi, ils sont mis à la disposition des différentes escadres et/ou flottes, l’amiral de la flotte, le vice-amiral ou le contre-amiral disposant d’un adjoint commandant les unités déployés dans sa zone de responsabilité.

Après plusieurs hésitations, on décide de regrouper les escadrilles en flottilles «régionales», une flottille étant (théoriquement) rattachée à une base. Ces flottilles portent des numéros impairs pour la Flotte de l’Atlantique et des numéros pairs pour la Flotte de la Méditerranée

En octobre 1940, la désignation des escadrilles est également changé pour simplifier la désignation et donner plus de libéralité.

Désormais les escadrilles sont désignés par un chiffre ou un nombre avec une lettre de spécialité : E pour exploration, C pour chasse, B pour bombardement, T pour torpillage, R pour reconnaissance…… .