Etats Unis (7) US Navy (3)

La montée en puissance dans les années trente

Paradoxalement c’est la crise économique consécutive au choc boursier d’octobre 1929 qui va être à l’origine de la modernisation de l’US Navy via notamment le National Industry Recovery Act qui injecte 3.3 milliards de dollars au profit des forces armées US.

Carl Vinson

C’est aussi l’action d’élus particulièrement concernés par la chose navale comme Carl Vinson qui avec son collège du sénat Park Trammell, le Vinson-Trammell Act voté en 1934 est considéré comme le texte décisif qui va permettre à l’US Navy d’entrer en guerre relativement bien préparée.

Dans l’impossibilité de construire des cuirassés, l’US Navy concentre ses efforts sur le dévellopement du porte-avions. Après avoir fait ses gammes en transformant le charbonnier Jupiter en porte-avions sous le nom de Langley, la marine américaine transforme deux croiseurs de bataille en porte-avions, les Lexington et Saratoga plus grands porte-avions du monde jusqu’à l’apparition des United States.

Ces deux porte-avions sont vus comme trop grands mais à l’usage, ce surdimensionnement se révélera bénéfique puisqu’il pourront acceuillir des avions toujours plus gros et toujours plus puissants.

Elle passe ensuite à l’étape de la construction neuve, hésitant entre quelques grosses unités et beaucoup (tout est relatif) de petites.

USS Ranger (CV-4), une demi-réussite

Le premier porte-avions construit dès l’origine comme tel se révélant un semi-échec ou une demi-réussite (le USS Ranger CV-4), les américains réalisent des navires plus gros, les deux premiers Yorktown (Yorktown CV-5 Enterprise CV-6) qui impose l’architecture américaine du porte-avions où le hangar est un supplément au navire et non une part du tout comme pour les anglais.

USS Essex (CV-9)

Ces deux porte-avions sont suivis _respect des traités oblige_ par une version plus petite, le USS Wasp (CV-7) qui se révèle là encore une demi-réussite à la différence du troisième Yorktown baptisé Hornet et frappé de la marque de coque CV-8.

Les Essex qui ne sont pas en service quand éclate la guerre de Pologne sont une évolution des Yorktown mais il serait réducteur d’imaginer les Essex comme des Yorktown plus gros.

Dans le domaine des cuirassés, les américains hésitent et tâtonnent. La course au cuirassé rapide, la course au «35000 tonnes» à été lancée par la réponse italienne aux Dunkerque et Strasbourg sous la forme de la construction des Littorio et des Vittorio Veneto.

Les français qui doivent contrôler la Méditerranée riposte en mettant également en chantier deux 35000 tonnes, les futurs Richelieu et Jean Bart entrainant l’Italie dans la construction de deux nouveaux cuirassés baptisés Impero et Roma.

Les autres pays majeurs ne tardent pas à suivre, la Grande-Bretagne commençant la construction de cinq King George V, l’Allemagne de deux Bismarck et le Japon de deux Yamato qui se révéleront bien plus gros que les autres 35000 tonnes puisqu’à pleine charge ils en déplacent le double avec un armement bien plus puissant à savoir neuf canons de 460mm en trois tourelles triples.

Les américains sont les derniers à partir dans cette course au cuirassé rapide, synthèse entre le cuirassé «classique» lent, bien protégé et bien armé et le croiseur de bataille rapide, bien armé mais peu protégé, concept qui sera encore présent dans l’US Navy sous la forme des Large Cruiser de classe Alaska.

USS North Carolina (BB-55)

L’US Navy va d’abord mettre en œuvre les deux North Carolina et les quatre South Dakota parmi les plus lents des «35000 tonnes». Songeant à combattre les Kongo et surtout à accompagner leurs porte-avions, les américains franchissent un cap avec quatre Iowa qui peuvent filer à 30 nœuds (la rumeur de cuirassés filant à 35 nœuds se révélant infondée).

Aucun de ces cuirassés n’est service en septembre 1939 (d’ailleurs aucun 35000 tonnes n’est en service quand éclate la guerre de Pologne), la Pax Armada voyant un sérieux renouvellement du corps de bataille avec la mise en service des cinq Montana armés de douze canons de 406mm en quatre tourelles triples.

Les quatre premiers Iowa

Deux autres Iowa sont commandés peu avant le début du second conflit mondial mais si leur construction est menée à bien, ils ne seront achevés qu’à la fin de la guerre, manquant les affrontements majeurs.

Un mot sur les Large Cruiser ou croiseurs de bataille de classe Alaska. Ces derniers sont construits pour contrer à la fois les cuirassés de poche allemands et les projets de croiseurs-tueurs japonais qui révéleront bien moins redoutables une fois achevés.

Six navires sont envisagés mais seulement quatre sont construits armés de canons de 356mm britanniques. Ces canons étaient une version produite sous licence du 14 Inch Gun Mk VII conçu pour les King George V pour pouvoir armer le Suleiman, le cuirassé commandé par la Turquie pour remplacer le Yavuz ex-Goeben.

Ces canons qui vont aussi réarmer les cuirassés brésiliens et argentins vont finalement armer les Alaska qui à la place de trois tourelles triples de 305mm vont recevoir trois tourelles doubles de 356mm.

Comme ces navires ne sont pas vraiment des cuirassés mais plus des croiseurs lourds, comme les noms d’Etats sont réservés aux premiers et que les noms de villes le sont pour les seconds, les Alaska vont recevoir des noms de territoires en l’occurence Alaska Guam Hawai Puerto Rico (le nom de Phillipines lui à été d’abord attribué mais comme le pays est devenu indépendant, il à été rebaptisé). Les deux derniers ne seront jamais baptisés ce qui prouve que dès le début leur sort était en suspens.

Dans le domaine des croiseurs, les croiseurs cuirassés sont désarmés au début des années vingt à la fois à cause de l’usure, du déclassement technique et de la nécessité de «faire de la place» pour l’enfant du traité de Washington à savoir le croiseur lourd ironiquement appelé Thinclad Battleship ou cuirassé en papier d’étain.

USS Pensacola (CA-24)

Plus ou moins bien protégés, les classes de croiseurs lourds se succèdent avec les Pensacola, les Northampton, les Portland, les New Orleans et le Wichita en attendant la construction des Baltimore considérés en septembre 1948 comme les meilleurs croiseurs lourds du monde en compagnie des Saint Louis français.

Aux côtés des croiseurs lourds, on trouve les croiseurs légers. Les Omaha construits dans le cadre du programme de guerre de 1916 pour accompagner des cuirassés et des croiseurs de bataille morts nés sont rapidement dépassés et déclassés, étant désarmés au cours des années quarante et rapidement démolis, aucun pays n’ayant montré un intérêt pour leur récupération.

USS Brooklyn

Les premiers croiseurs légers construits sont les Brooklyn, une réponse aux Mogami japonais avec leurs quinze canons de 152mm qui sont suivis par les Saint Louis _étroitement dérivés des Brooklyn_ en attendant les Cleveland qui ne disposent que de douze canons de 152mm sur une coque courte ce qui posera des problèmes de stabilité au cours du conflit à la manière des Crown Colony britanniques. Les classes suivantes reviendront à seulement neuf canons de 152mm sur une coque allongée et élargie avec une DCA plus importante.

La classe Atlanta à inspiré le projet CLAA français

On trouve également dans les croiseurs légers les Atlanta armés de canons de 127mm, des navires destinés à la défense antiaérienne mais également au commandement des flottilles de destroyers.

Dans le domaine des destroyers, l’abondance de biens nuit contrairement à ce que veut la sagesse populaire. Les nombreux flush-decker bloquent études et constructions. Il faut attendre les années trente pour l’US Navy mette en œuvre de nouveaux destroyers avec la classe Farragut.

Ils sont suivis par de nombreuses classes de navires qui apportent des amélioration en terme de puissance de feu, les derniers destroyers construits avant guerre atteignant un tonnage proche des contre-torpilleurs français (2300-2500 tonnes) avec un armement composé de six canons de 127mm en trois tourelles doubles. Des projets de destroyer-leader à huit canons de 127mm n’aboutissent pas.

Même chose dans le domaine des sous-marins où la flotte évolue avec la mise en service de classes successives qui apportent une amélioration par rapport à la précédente. A noter que la différence d’autres marines,l’US Navy ne renouvèle pas l’expérience du croiseur sous-marin ou du sous-marin croiseur préférant une flotte plus standard, plus de navires plutôt qu’une poignée de très grands submersibles dont la perte pourrait être préjudiciable pour la stratégie d’ensemble.

Dans le domaine des navires légers, la géographie rend les besoins de l’US Navy moindre que dans les autres marines. Ainsi pendant longtemps la marine américaine avait préféré la canonnière aux torpilleurs.

La mise en service des torpilleurs légers type Le Fier côté français, des Hunt côté britannique montrent l’utilité de ce type de navires, plus puissant que les escorteurs type PC/PCE mais soulageant les destroyers de missions de secondaire.

Des navires appelés Destroyer Light puis Destroyer Escort vont ainsi être construits, des navires de 1500 tonnes armés de deux ou trois canons de 127mm, de deux plate-formes triples lance-torpilles, d’une DCA légère et de grenades ASM.

Ils sont peu nombreux en septembre 1948 mais leur nombre va augmenter suite aux premières pertes dans l’Atlantique sous les coups des sous-marins allemands, les sous-marins japonais préférant (généralement) les navires de guerre aux navires de transport.

Les canonnières, les dragueurs de mines et les vedettes lance-torpilles ne sont pas oubliées, les premiers et les troisièmes étant surtout destinés à l’Asie du Sud-Est et notamment les Philippines, l’utilisation des vedettes lance-torpilles étant envisagée pour la protection de la baie de Manille où se trouve la base stratégique de Cavite.

La logistique n’est pas oubliée, les immenses distances du Pacifique imposant un solide train d’escadre. Comme le dira un amiral américain «Tu peux plus facilement perdre une bataille dans le Pacifique à cause de la logistique et du climat qu’à cause des coups de l’ennemi».

Outre les navires de soutien strictement militaires, l’US Navy peut s’appuyer sur une marine marchande qui à remonté la pente grâce notamment au travail de la Maritime Commission qui réussit à préserver un tonnage suffisant alors que la crise faisait rage et qui surtout à standardisé un certain nombre de composants et de plans pour faciliter la montée en puissance lorsque la guerre éclatera.

Dans le domaine de l’Aéronavale, on assiste à une montée en puissance qualitative et quantitative avec la modernisation logique du parc aérien et son augmentation liée notamment à la mise en service de nouveaux porte-avions, chaque porte-avions disposant de son groupe aérien auxquels il faut ajouter deux groupes aériens de réserve composés à 40% d’actifs et 60% de réservistes. Cette augmentation concerne également les unités d’hydravions et les unités de la PatMar.

Enfin dans le domaine des bases, les changements sont peu nombreux, les bases existantes sont modernisées, celles d’outre-mer mieux outillées mais il n’y à pas la construction de nouvelles bases comme pour la France (Mers-El-Kébir, Cam-Ranh) ou la Grande-Bretagne (Alor Setar, Kuching).

Grande Bretagne (35) croiseurs légers (5)

Croiseurs légers classe Arethusa

A la recherche du croiseur économique

Tout comme son ancêtre la frégate, le croiseur avait parmi ses missions de défendre les lignes de communication et le commerce face aux attaques ennemies de surface, la menace était principalement matérialisée par le raider soit un navire marchand armé (croiseur auxiliaire ou Armed Merchant Cruiser) ou un véritable navire de guerre.

Face à d’immenses besoins, la Royal Navy cherchait le croiseur économique, un navire efficace mais suffisamment économique pour être construit en grand nombre.

Alors que la crise économique frappait durement la Grande-Bretagne l’heure n’était pas aux dépenses militaires somptuaires mais comment faire plus avec toujours moyens.
Les nouveaux croiseurs allaient être des versions réduites des Leander avec seulement six canons de 152mm en trois tourelles doubles.

Six croiseurs furent initialement prévus mais seuls quatre furent construits, les deux derniers baptisés Polyphemus et Minotaur étant transformés en Southampton et Newcastle, les deux premiers croiseurs de type Town, des navires destinés à répondre aux Mogami japonais.

Carrière opérationnelle

Le HMS Arethusa

Le HMS Arethusa

-Le HMS Arethusa est mis sur cale au Chatham Dockyard le 25 janvier 1933 lancé le 6 mars 1934 et admis au service actif le 23 mai 1935.

Il est d’abord affecté en Méditerranée au sein du 3rd Cruiser Squadron. Cette division de croiseurs basée à La Valette était composée de l’Arethusa, du Penelope et du Coventry, un croiseur de type C.

Sa participation à la guerre de Pologne est inexistante, son déploiement dans l’Atlantique Sud n’ayant pu avoir lieu avant la fin de cette guerre.

Suite à la réorganisation de la Royal Navy, les croiseurs sont regroupés dans des divisions homogènes. Pour les Arethusa (Arethusa Penelope Galatea Aurora), c’est le 3rd Cruiser Squadron toujours stationné à Malte.

Le 5 septembre 1948, l’Arethusa était en entretien à flot dans le port de La Valette. Son appareillage n’était pas possible dès le début du second conflit mondial.

Le HMS Galatea

Le HMS Galatea

-Le HMS Galatea est mis sur cale aux chantiers navals Scotts Shipbuilding & Engineering Company installés à Greenock sur la Clyde le 2 juin 1933 lancé le 9 août 1934 et admis au service actif le 14 août 1935.

A son admission au service actif, le nouveau croiseur léger de Sa Majesté fût affecté à la Mediterranean Fleet comme navire-amiral au profit du contre-amiral commandant les destroyers de cette flotte. Lors de la guerre d’Espagne, il effectua quelques patrouilles de neutralité en compagnie ironie de l’histoire de navires allemands et italiens.

Quand la guerre de Pologne éclate, le croiseur léger Galatea était toujours le navire-amiral de la force de destroyers déployée à Malte.

Remplacé dans ce rôle par le HMS Royalist (classe Dido), le Galatea intègre avec l’Aurora le 3rd Cruiser Squadron où se trouvaient déjà ses sister-ship Arethusa et Penelope.

Le 5 septembre 1948, le navire était disponible pour des missions d’interdiction et d’attaque des lignes de communication italiennes notamment entre la péninsule et la Sicile, la péninsule et l’Afrique du Nord.

HMS Penelope

HMS Penelope

-Le HMS Penelope est mis sur cale aux chantiers Harland & Wolff de Belfast (Irlande du Nord) le 30 mai 1934 lancé le 15 octobre 1935 et admise au service actif le 13 novembre 1936.

Déployé en Méditerranée au sein du 3rd Cruiser Squadron, le troisième croiseur léger de classe Arethusa était stationné à Malte. Son activité fût réduite durant la guerre de Pologne en raison de la neutralité italienne.

En septembre 1948, le croiseur léger était à la mer pour entrainement.

Le HMS Aurora

Le HMS Aurora

-Le HMS Aurora est mis sur cale au Portsmouth Dockyard le 27 juillet 1935 lancé le 20 août 1936 et admis au service actif le 12 novembre 1937.

A son admission au service actif, le croiseur est admis au service actif au sein de la Home Fleet, passant les années d’avant guerre à manoeuvrer en mer du Nord, dans la Manche et dans l’Atlantique. Alternant entre Portland et Rosyth, le croiseur gagne Scapa Flow en août 1939 alors que la guerre est iminente.

Quand la guerre éclate, il devient le navire-amiral de la force des destroyers de la Home Fleet, menant des missions de chasse en mer du nord et après la destruction du cuirassé Royal Oak, le croiseur léger Aurora quitte Scapa Flow pour le Loch Ewe.

Suite à la réorganisation des divisions de croiseurs, l’Aurora est transféré en Méditerranée et affecté à Malte au 3rd Cruiser Squadron.

En septembre 1948, il était à Gibraltar pour un grand carénage et ne pourra être disponible avant plusieurs semaines même en accélérant les travaux.

Classe-Arethusa_1

Caractéristiques Techniques

Déplacement : Standard 5354 tonnes Pleine Charge : 6771 tonnes (Arethusa Galatea) 6822 tonnes (Penelope Aurora)

Dimensions : longueur hors tout : 154.22m longueur entre perpendiculaires 146.3m largeur 15.54m tirant d’eau 5.03m

Propulsion : 4 groupes de turbines à engrenages Parson alimentées en vapeur par quatre chaudières Amirauté développant 64000ch et entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 32.25 noeuds distance franchissable 5300 miles nautiques à 13 noeuds

Protection : soutes à munitions : 1 à 3 pouces (26 à 76mm) ceinture 2.25 pouces (57mm) tourelles ponts et bulkheads 26mm

Electronique : un radar de veille aérienne type 279, un radar de veille combinée type 286, un radar de conduite de tir type 284 (canons de 152mm), un radar de conduite de tir type 285 pour les canons de 102mm, un radar de conduite de tir type 282 pour l’artillerie légère.

Armement : 6 canons de 152mm (6 pouces) BL Mark XXIII groupés en trois tourelles doubles Mark XXI (deux avant et une arrière), 4 canons de 102mm (Arethusa et Galatea) et 8 pour les Aurora et Penelope, 8 mitrailleuses de 12.7mm en deux affûts quadruples remplacées ultérieurement par huit canons de 40mm Bofors et douze canons de 20mm Oerlikon, les premiers en affûts doubles, les seconds en affûts simples, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples.

Aviation : une catapulte et un hydravion Supermarine Walrus sauf pour l’Aurora qui ne l’embarqua jamais.

Equipage : 500 officiers et marins en temps de paix

Croiseurs légers classe Town

Répondre aux Mogami avec ses moyens

Durant le premier conflit mondial, alors que le Japon est peu et les Etats-Unis pas du tout engagés dans ce qui aurait du être la der des Ders, les deux pays s’engagent dans une course aux armements rappelant à l’échelle réduite la concurrence anglo-allemande avant le début de la première guerre mondiale.
Tokyo et Washington multiplient les mises sur cale de cuirassés, de croiseurs de bataille _seize chacuns_ sans compter tout l’environnement nécessaire avec les destroyers et les croiseurs.
Ce programme très coûteux menace d’épuiser les forces des deux concurrents notamment du Japon dont l’industrie n’est pas aussi développée que celle des américains.
Dans l’après guerre marqué par la crise économique et le pacifisme, une telle débauche pour l’armement choque, obligeant les gouvernements à se restreindre au travers du traité de Washington.
Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, ce dernier donne naissance au croiseur lourd dit croiseur type Washington, un navire de 8 à 10000 tonnes armés d’un nombre variable de canons de 203mm de six pour les Exeter britanniques à dix pour les Salt Lake City américains.
Chaque pays reçoit un quota à ne pas dépasser même si mis à part les britanniques, le respect des limitations des poids n’était pas toujours des plus scrupuleux.
Problème le Japon atteint rapidement les limites du contingent attribué en février 1922 et décide de contourner un traité que Tokyo n’à accepté que contraint et forcé, traité que le gouvernement japonais sera le premier à dénoncer fin 1934 peu avant la France.
Elle met sur cale des navires présentés comme des croiseurs légers, les Mogami armés non pas de huit, de neuf ou de douze canons de 155mm mais de quinze pièces en cinq tourelles triples, la place étant prévue pour remplacer ces cinq tourelles triples par cinq tourelles doubles de 200mm et transformer ces croiseurs légers en croiseurs lourds, transformation effectuée entre 1942 et 1946.
Face à ces constructions, les anglo-saxons doivent réagir. Les américains construisent les sept Brooklyn et les deux Saint Louis, des navires armés de quinze canons de 152mm en cinq tourelles triples.
Les britanniques qui n’ont pas les moyens de leur ancienne colonie doivent se contenter de navires plus “modestes” mais qui doivent être capables de faire bonne figure en cas de combat contre les Mogami.
Reprendre le design des Arethusa était impensable, ces navires étaient bien trop légers aussi les ingénieurs navals britanniques repartirent pour ainsi dire de zéro, dessinant un modèle de croiseur destiné non pas à la protection des convois et des lignes de communication contre les raiders et les croiseurs auxiliaires mais destinés à combattre au sein de l’Escadre.

Ils dessinèrent des navires bien plus longs que les Arethusa, mieux protégés, plus rapides et mieux armés avec douze canons de 152mm en quatre tourelles triples (deux avant et deux arrières).

L’apparition du Mogami bouscula les prévisions des autorités britanniques qui avaient envisagé pour les Naval Estimates 1933-34 un Leander modifié et trois Arethusa. La demande fût ensuite modifiée avec deux Leander modifié et deux Arethusa puis avec trois de ces nouveaux croiseurs.

Au final, le budget 1933-34 finança la construction du quatrième et dernier Arethusa baptisé Aurora et la construction de deux nouveaux croiseurs, un temps connu sous les noms de Polyphemus et Minotaur avant d’être rebaptisé Southampton et Newcastle.

Au total, dix croiseurs furent construits, dix navires pouvant être repartis en trois sous-classes. Le type I ou classe Southampton (Southampton Newcastle Birmingham Glasgow et Sheffield), le type II ou classe Liverpool (Liverpool Manchester Gloucester) et le type III ou classe Belfast (Belfast Edinburgh). Si les deux premières classes étaient semblables, le type Belfast se distinguait par une coque plus longue de sept mètres.

Carrière opérationnelle

Le HMS Southampton

Le HMS Southampton

-Le HMS Southampton est mis sur cale aux chantiers navals John Brown de Clydebank le 21 novembre 1934 lancé le 10 mars 1936 et admis au service actif le 6 mars 1937.

Affecté à sa mise en service au 2nd Cruiser Squadron en compagnie de son sister-ship Glasgow, le croiseur léger intègre au moment de la guerre de Pologne la Humber Force, un groupement occasionnel destiné depuis l’estuaire formé par l’Ouse et la Trent à empêcher les navires allemands de bombarder la côte orientale de l’Angleterre.

Suite à la réorganisation de la Home Fleet, la Humber Force est dissoute en juin 1944 et le 2nd Cruiser Squadron renforcé un an plus tard du Belfast rejoint le Light Squadron, l’Escadre Légère de la Home Fleet avec pour base Rosyth 584km plus au nord.

Quand le second conflit mondial éclate, le Southampton est immobilisé pour un grand carénage et même en accélérant les travaux, le croiseur léger ne sera pas disponible avant plusieurs semaines.

Le HMS Newcastle

Le HMS Newcastle

-Le HMS Newcastle est mis sur cale aux chantiers navals Vickers Armstrong de Newcastle-upon-Tyne le 4 octobre 1934 sous le nom de Minotaur, lancé sous un nouveau nom le 23 janvier 1936 et admis au service actif le 5 mars 1937.

Il manque le début de la guerre de Pologne car achevant un grand carénage à Devonport. Ce n’est que le 7 septembre qu’il rejoint à Scapa Flow le 18th Cruiser Squadron composé également de ses sister-ship Sheffield Edimburg et Belfast.

Suite à la réorganisation de la Home Fleet, il intègre le Light Squadron toujours au sein du 18th CS qui perd le Belfast en 1945, le HMS Belfast rejoignant le 2nd Cruiser Squadron.

En septembre 1948, le Newcastle est opérationnel. Mis en alerte, il prend la mer le 6,quittant sa base de Devonport pour une première patrouille contre les croiseurs auxiliaires et autres raiders.

Le HMS Sheffield

Le HMS Sheffield

-Le HMS Sheffield est mis sur cale aux chantiers navals Vickers Armstrong de Newcastle-upon-Tyne le 31 janvier 1935 lancé le 23 juillet 1936 et admis au service actif le 25 août 1937 au sein de la 2ème division de croiseurs, Home Fleet.

Quand éclate la guerre de Pologne, le troisième croiseur de classe Town appartient au 18th Cruiser Squadron de la Home Fleet, sa mission principale étant la traque des raiders allemands.

A noter qu’après la destruction du Royal Oak, toute la Home Fleet se redéploie dans le Loch Ewe et jusqu’en mars 1940, le temps que le mouillage soit à nouveau sécurisé.
Le 5 septembre 1948, le Sheffield achève un grand carénage et ne peut donc prendre immédiatement la mer.

Le HMS Glasgow

Le HMS Glasgow

-Le HMS Glasgow est mis sur cale aux chantiers navals Scotts Shipbuilding & Engineering Company de Greenock le 16 avril 1935 lancé le 20 juin 1936 et admis au service actif le 9 novembre 1937.

En mai 1939, le croiseur léger escorte le paquebot Empress of Australia qui enmène au Canada le roi George VI.

Quand éclate la guerre de Pologne, le croiseur appartient à la 2ème division de croiseurs en compagnie de son sister-ship Southampton, division renforcée en 1945 par le Belfast, cette division à la dissolution de la Humber Force (juin 1944) ralliant la base navale de Rosyth au sein du Light Squadron (Escadre Légère) de la Home Fleet.

Neuf ans plus tard, en septembre 1948, le croiseur léger est à la mer pour un exercice afin de parfaire sa mise en condition. A l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège, il met cap au large pour tenter d’intercepter les convois allemands et ce en compagnie de son sister-ship Belfast qui appareille de Rosyth dès le 5 septembre à 10h.

Le HMS Birmingham

Le HMS Birmingham

-Le HMS Birmingham est mis sur cale à l’Arsenal de Devonport le 18 juillet 1935 lancé le 1er septembre 1936 et admis au service actif le 18 novembre 1937.

En septembre 1939, le Birmingham est affecté en Extrême-Orient au sein de la China Station, le croiseur léger formant le 5th Cruiser Squadron en compagnie des croiseurs lourds Kent Cornwall et Dorsetshire.

En septembre 1943, il rentre à Devonport, son berceau pour subir jusqu’en octobre 1944 une refonte avec une remise en état complète, une inspection de la propulsion (avec les réparations nécessaires), l’embarquement de radar et le renforcement de la DCA. On envisage un temps de débarquer la tourelle X (supérieure arrière) mais on y renonce de peur d’affaiblir la puissance de feu du croiseur.

Une fois remis en service, il est réaffecté hors rang au sein du Light Squadron, servant pour des missions spéciales. En septembre 1948, le croiseur léger est à quai à Rosyth. Il va être chargé d’escorter les convois transportant les troupes françaises, britanniques et polonaises en Norvège.

Le HMS Liverpool

Le HMS Liverpool

-Le HMS Liverpool est mis sur cale aux chantiers navals Fairfield Shipbuilding & Engineering Company de Govan en Ecosse le 17 février 1936 lancé le 24 mars 1937 et admis au service actif le 2 novembre 1938.

Quand la Grande Bretagne entre en guerre le 3 septembre 1939, le Liverpool est déployé au Moyen Orient au sein du 4th Cruiser Squadron qu’il forme avec ses sister-ship Gloucester et Manchester. Il est basé à Aden pour intercepter les forceurs de blocus et les raiders allemands.

Le 14 novembre, décision est prise de le transférer à la China Station avec Hong Kong pour port d’attache. Le Liverpool arrive à destination le 10 décembre et commence sa mission à partir du 14 décembre 1939 et jusqu’au mois d’avril 1940 alors que le conflit est terminé depuis presque cinq mois.

Suite à la réorganisation de la marine britannique, le Liverpool et les deux autres croiseurs du 4th CS sont redéployés au sein de la Home Fleet avec Portland (sud de l’Angleterre) comme pour d’attache.

Disponible le 5 septembre 1948, le Liverpool appareille dès le lendemain pour traquer dans l’Atlantique les raiders allemands notamment ceux voulant s’attaquer aux convois transatlantiques au départ d’Halifax.

Le HMS Manchester

Le HMS Manchester

-Le HMS Manchester est mis sur cale aux chantiers navals Hawthorn Leslie de Hebburn (sur la rivière Tyne) le 28 mars 1936 lancé le 12 avril 1937 et admis au service actif le 4 août 1938.

A son admission au service actif, le Manchester est affecté à la 4ème division de croiseurs en Inde, division qu’il forme avec ses sister-ship Gloucester et Liverpool.

Il ne participe qu’au premier mois de la guerre de Pologne, rentrant fin novembre à Portsmouth pour subir un petit carénage. Initialement, il devait être affecté au 18th Cruiser Squadron de la Home Fleet mais au final il va retourner au Moyen-Orient avec ses sister-ships.

Ce n’est qu’en 1944 que le Manchester est réaffecté à la Home Fleet, toujours au sein du 4th Cruiser Squadron qui est cette fois basé à Portland dans le sud de l’Angleterre même si le 5 septembre 1948, le croiseur léger est immobilisé pour carénage, ne devant être opérationnel qu’à la fin du mois d’octobre.

Le HMS Gloucester

Le HMS Gloucester

-Le HMS Gloucester est mis sur cale à l’Arsenal de Devonport le 22 septembre 1936 lancé le 19 octobre 1937 et admis au service actif le 19 janvier 1939.

A sa mise en service, il est donc déployé à Aden au sein du 4th Cruiser Squadron dans une mission de protection du trafic commercial, une mission défensive qui se double d’une mission offensive à savoir la destruction des raiders allemands qu’il s’agisse de navires de guerre comme les cuirassés de poche ou des navires marchands armés comme les croiseurs auxiliaires.

Mis à part un carénage à Simonstown (Afrique du Sud) entre juin 1941 et septembre 1942, le croiseur léger reste déployé dans l’Océan Indien jusqu’en juin 1944 quand il rejoint avec ses sister-ships Liverpool et Manchester la base navale de Portland et la Home Fleet.

Le HMS Belfast

Le HMS Belfast

-Le HMS Belfast est mis sur cale aux chantiers navals Harland & Wolff de Belfast le 10 décembre 1936 lancé le 17 mars 1938 et admis au service actif le 5 août 1939.

Quand la guerre de Pologne éclate, le HMS Belfast fait partie de la 18th Cruiser Squadron en compagnie de ses sister-ship Newcastle, Sheffield et Edinburgh.

Comme tous les croiseurs de la Royal Navy, le Belfast va assurer des missions de protection du trafic commercial et des patrouilles d’interceptions des navires allemands tentant de rentrer au pays et les raiders.

Le 9 septembre 1939, il capture le paquebot allemand Cap Norte (13000 CRT) qui sera le plus gros navire marchand allemand capturé durant le conflit. Il l’escorte jusqu’aux Shetlands puis reprend sa patrouille après que le croiseur Delhi eut repris son rôle de chien de garde. Le paquebot sera interné à Devonport jusqu’en janvier 1940 quand il sera rendu à son légitime propriétaire.

Le 21 novembre 1939, il est gravement endommagé par une mine magnétique allemande. Il fallut pas moins de dix-huit mois de réparations avant que le navire soit à nouveau opérationnel toujours au sein du 18th CS (mai 1941).

En juin 1945, le Belfast quitte le 18th CS et Devonport pour rallier Rosyth et le 2nd dont il dépend désormais.

En septembre 1948, le croiseur était opérationnel. Le 5 de ce mois, il était amarré à Rosyth et est mis en alerte à l’annonce des premiers bombardements allemands sur la Norvège et le Danemark.

Le HMS Edinburgh en juillet 1939

Le HMS Edinburgh en juillet 1939

-Le HMS Edinburgh est mis sur cale aux chantiers navals Swan Hunter & Wigham Richardson de Newcastle-Upon-Tyne le 30 décembre 1936 lancé le 31 mars 1938 et admis au service actif le 31 juillet 1939.

Quand la guerre de Pologne éclate, le HMS Edinburgh appartient à la 18ème division de croiseurs qu’il forme avec ses sister-ships Newcastle Sheffield et Belfast.

Depuis Scapa Flow, il mène des patrouilles d’interception et des escortes de convois pour les protéger des raiders allemands. Le 26 septembre, il participe à l’opération de récupération du sous-marin Spearfish échoué sur le Horns Reef.

Le conflit terminé, le croiseur reprend ses missions habituelles, ses patrouilles de surveillance entrecoupées d’exercices et de périodes d’entretien, un grand carénage doublé de travaux de renforcement structurel ayant lieu de mars 1940 à janvier 1941. Un nouveau grand carénage à lieu de mars à septembre 1944 puis de mai à novembre 1947, le dernier avant l’éclatement du conflit.

Suite à la réorganisation de la Royal Navy en 1944, le 18th CS à été redéployé à Devonport sur la côte sud de l’Angleterre.

Le 5 septembre 1948, l’Edinburgh est en exercice pour amariner les nouveaux marins embarqués.

HMS Gloucester 1940 (3)
Caractéristiques Techniques

Déplacement : (Southampton) standard 9100 tonnes pleine charge 11730 tonnes (Liverpool) standard 9300 tonnes pleine charge 12120 tonnes (Edinburgh) standard 10000 tonnes pleine charge 13386 tonnes

Dimensions : longueur hors tout (Southampton et Liverpool) 180.320m (Edinburgh) 187.025m largeur (Southampton) 18.99m (Liverpool et Edinburgh) 19.78m tirant d’eau : (Southampton) 6.1m (Liverpool) 6.28m (Edinburgh) 6.89m

Propulsion : quatre groupes de turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par quatre chaudières Amirauté à trois tubes dévellopant 75000ch (82500ch pour les Liverpool et Edinburgh) et entrainant quatre hélices.

Performances : vitesse maximale 32 noeuds distance franchissable 5300 miles nautiques à 13 noeuds capacité carburant 12020 tonnes de mazout.

Protection : ceinture 114mm pont blindé 51mm tourelles 25 à 63.5mm bloc-passerelle 102mm

Electronique : Après plusieurs périodes où l’équipement radar était différent, les différents croiseurs sont tous équipés de la même suite radar pour des raisons d’efficacité et de gestion de la ressource humaine.

Les croiseurs légers type Town disposent d’un radar de veille aérienne type 279, d’un radar de veille combinée type 290, d’un radar d’acquisition de cibles type 273, d’un radar de conduite de tir type 285 (artillerie secondaire), un radar de conduite de tir type 282 pour l’artillerie légère et d’un radar de conduite de tir type 284 pour l’artillerie principale.

Armement :

-12 canons de 152mm (6 pouces) Mak XXIII en quatre tourelles triples XXII (Southampton et Liverpool) ou XXIII (Edinburgh) (deux avant et deux arrières).

-Huit (douze sur les Edinburgh) canons de 102mm en quatre ou six affûts doubles

-Deux affûts quadruples Pom-Pom Mark VIII et 8 mitrailleuses de 12.7mm Vickers en deux affûts quadruples pour les Southampton et les Liverpool, deux affûts octuples Pom-Pom Mark VIII et 8 mitrailleuses de 12.7mm Vickers en deux affûts quadruples pour les Edinburgh.

En septembre 1948, la DCA légère se compose de seize canons de 40mm Bofors en deux affûts quadruples et quatre affûts doubles ainsi que douze canons de 20mm Oerlikon en affûts simples.

-6 tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples.

Aviation : une catapulte et deux hydravions Supermarine Walrus

Equipage : 850 officiers et matelots

Grande Bretagne (31) Croiseurs lourds (2)

Croiseurs lourds classe York

Toujours plus avec moins

Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, les britanniques avaient des besoins en croiseurs différents des américains et des japonais.
Là où Tokyo et Washington avaient besoin d’éclaireurs puissants pouvant participer à la bataille décisive imaginée du côté des Phillipines, Londres avait besoin d’un grand nombre de croiseurs pour couvrir ses lignes de communication qui s’étendaient sur le monde telle une toile d’araignée.
Voilà pourquoi les croiseurs lourds de classe County ne plaisaient guère aux amiraux britanniques qui les avaient construit plus pour répondre aux autres pays que pour satisfaire un besoin national.
A cela s’ajoutait des problèmes budgétaires qui rendaient délicat tout investissement dans le domaine militaire, le pacifisme étant aussi présent dans l’opinion britannique que dans l’opinion publique française.
Aussi après la construction des treize County (quinze étaient prévus à l’origine), la Royal Navy étudia des modèles plus petits, déplaçant 8500 tonnes au lieu de 10000 tonnes avec un armement réduit à six canons de 8 pouces au lieu de huit.
Sept croiseurs de ce type furent initialement prévus mais au final seulement deux furent construits, les HMS York et Exeter étant les derniers croiseurs lourds type Washington construits pour la marine britannique.

Carrière opérationnelle

Le HMS York

Le HMS York

-Le HMS York est mis sur cale aux chantiers navals Palmers Shipbuilding & Iron Company de Jarrow le 18 mai 1927 lancé le 17 juillet 1928 et mis en service le 1er mai 1930.
Après une brève affection au 2nd Cruiser Squadron de la Home Fleet, le York rejoint les Bermudes, base principale de l’American & West Indies Station où il intègre le 8th Cruiser Squadron en compagnie du Berwick.
Mis à part un déploiement méditerranéen en 1935/36 lors de la guerre entre l’Italie et l’Abyssinie, le croiseur reste déployé dans les Antilles jusqu’à la guerre de Pologne, période durant laquelle il couvre depuis Halifax les convois amenant troupes canadiennes, matériel et produits divers en Europe tout en chassant les raiders allemands.
Il retourne le conflit terminé aux Bermudes où il va rester déployé jusqu’en 1945 date à laquelle il rejoint Freetown et la West African Station.
Si le HMS Berwick est refondu en 1947/48 à Gibraltar, le York est transformé en 1945/46, travaux devant lui permettre de servir une dizaine d’années en plus.
Quand le second conflit mondial éclate, le York est prêt depuis la future capitale de la Sierra Léone à lancer des patrouilles anti-raiders, bien aidé par le porte-avions HMS Colossus.

Le HMS Exeter

Le HMS Exeter

-Le HMS Exeter est mis sur cale à l’Arsenal de Devonport le 1er août 1928 lancé le 18 juillet 1929 et mis en service le 27 juillet 1931.
Après avoir passé quatre ans au sein de l’Atlantic Fleet/Home Fleet intégré au 2nd Cruiser Squadron, le dernier croiseur lourd construit pour la Royal Navy est redéployé aux Antilles (American & West Indies Station) même si il effectue des incursions en Méditerranée en 1935/36 durant la guerre italo-ethiopienne qui faillit provoquer un conflit entre Rome et Londres.

Quand la guerre de Pologne éclate en septembre 1939, il appartient à une South American Division en compagnie du croiseur lourd HMS Cumberland et du croiseur léger HMS Ajax, cette division étant aussi connue sous le nom de 2nd Cruiser Squadron.
Il s’illustre durant la bataille du Rio de Plata quand l’Exeter associé à l’Ajax et au Leander de la marine néo-zélandaise (officiellement New Zealand Division of the Royal Navy, la RNZN ne voyant le jour qu’en 1944) affronte le cuirassé de poche Admiral Graf Spee. Le croiseur lourd est sévèrement endommagé et il va subir une très longue remise en état avant d’être à nouveau opérationnel.
Au printemps 1940, la force de croiseur est réorganisée. Un 11th Cruiser Squadron est formé par les croiseurs lourds Cumberland et Exeter. Cette division est stationnée aux Antilles aux Bermudes au sein de l’American & West Indies Station en compagnie du 8th Cruiser Squadron et jusqu’en 1945 quand le 8th CS est redéployé à Freetown au sein de la West African Station.
En septembre 1948, la composition du 11th Cruiser Squadron est différente avec l’Exeter, le Devonshire et le Sussex.
L’Exeter subit des travaux importants aux Bermudes en 1946/47, un renforcement de ses structures, une modernisation de sa propulsion, un renforcement de sa DCA et l’embarquement de radars.
Quand le conflit éclate le 5 septembre 1948, le croiseur est à la mer pour entrainement. Il rallie son port d’attache pour se ravitailler (carburant, vivres, munitions) puis reprend la mer dès le 7 pour sa première patrouille anti-raiders du conflit.

HMS York schéma
Caracteristiques Techniques
Déplacement : standard 8500 tonnes (8390 pour l’Exeter) pleine charge 10350 tonnes (10410 tonnes)
Dimensions : longueur hors tout 175.25m (164.6m entre perpendiculaires) largeur 17.67m tirant d’eau 6.17m
Propulsion : turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par huit chaudières Amirauté dévellopant 80000ch et entrainant quatre hélices
Performances : vitesse maximale 32.25 noeuds distance franchissable 10000 miles nautiques à 14 noeuds
Protection : ceinture 76mm pont inférieur environ 25mm soutes à munitions 102mm tourelles 20 à 40mm
Armement : six canons de 203mm en trois tourelles doubles (deux avant une arrière), quatre canons de 102mm antiaériens en affûts simples, huit affûts quadruples de 12.7mm remplacés ensuite par vingt-quatre canons de 20mm en affûts doubles et six tubes lance-torpilles en deux plate-formes triples.
Aviation : une catapulte avec un ou deux hydravions
Equipage : 623 officiers et marins (630 pour l’Exeter)
Croiseurs lourds classe Admiral

Finalement de nouveaux croiseurs lourds

Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, le croiseur lourd type Washington n’était pas en odeur de sainteté dans les bureaux de l’état-major de la marine britannique qui le trouvait trop gros pour ses besoins.

Es-ce pour cela que les County étaient considérés comme les moins bien réussis de tous les croiseurs lourds à canon de 203mm ?

En tout cas, à la fin des années trente, la marine britannique s’est faite sa religion sur le sujet. No more heavy cruiser plus de croiseurs lourds. Place au croiseur léger à canon de 152mm jugé plus économique et tout aussi efficace.
Ce choix n’est pas incensé (les premiers RETEX du conflit montrant que l’obus de six pouces avait une efficacité proche de celui de huit pouces) mais face à une marine allemande construisant de nombreux croiseurs lourds (sans compter l’apport à la défense de la Méditerranée contre l’Italie et de l’Extrême-Orient contre le Japon), il n’est pas concevable d’abandonner le Heavy Cruiser.
Mieux après avoir tenté le concept du petit croiseur lourd avec six canons de huit pouces, la Royal Navy rallie les nouveaux standards du croiseurs lourds que l’on peut classer dans la troisième génération avec les Baltimore américains, les Graf Spee allemands et les Saint Louis français.
Les croiseurs lourds de classe Admiral vont ainsi déplacer 17000 tonnes, filer à 33 noeuds avec un armement principal composé de neuf canons de 203mm semi-automatiques en trois tourelles triples (deux avant et une arrière), seize canons de 102mm en affûts doubles, une DCA légère, des tubes lance-torpilles, des radars et toujours une catapulte avec deux hydravions.
Quatre navires sont initialement prévus, des navires baptisés Cornwallis Blake Albemarle Hawke qui sont tous en service en septembre 1948. Quatre autres s’ajoutent (Raleigh Drake Malborough Blenheim) mais seuls les deux premiers sont en service, les deux derniers étant en achèvement à flot.
Aucun croiseur lourd n’est prévu dans les programmes de guerre, le délai d’achèvement étant jugé trop long pour rendre rentable la construction de croiseurs de ce type.
Carrière opérationnelle
-Le HMS Cornwallis est mis sur cale au Portsmouth Royal Dockyard le 4 septembre 1943 lancé le 14 mars 1945 et admis au service actif le 8 juillet 1946.
Dès sa mise en service, il est affecté à la Home Fleet au sein du 10th Cruiser Squadron qu’il forme à Rosyth en compagnie de ses sister-ship Blake et Albermale.
Quand le second conflit éclate, le croiseur est immobilisé au Rosyth Royal Dockyard pour son premier grand carénage.
Mis au sec depuis mai 1948, il ne devait pas être disponible avant le printemps mais en raison du conflit, les travaux non urgents sont reportés et le croiseur est remis en service à la fin du mois de septembre. Il ne tarde pas à être engagé en Norvège dans la première campagne du conflit.
-Le HMS Blake est mis sur cale au Rosyth Royal Dockyard le 17 octobre 1943 lancé le 8 mai 1945 et mis en service le 2 septembre 1946.
Affecté au 10th CS, le croiseur était disponible le 5 septembre 1948. Il reçoit l’ordre d’appareiller le plus rapidement possible pour trouver et détruire tous les navires allemands civils et militaires.
-Le HMS Albemarle est mis sur cale au Devonport Royal Dockyard le 4 novembre 1943 lancé le 17 juin 1945 et mis en service le 8 novembre 1946.
Avec sa mise en service, le 10th CS est au complet dans sa nouvelle composition. Le 5 septembre 1948, le croiseur lourd effectuait une école à feux dans les Orcades.
A l’annonce des bombardements allemands, l’entrainement est annulé, le croiseur se ravitaille en mer auprès d’un pétrolier de la Royal Fleet Auxiliary, charge vivres et munitions à Rosyth avant de prendre la mer pour traquer les navires allemands qu’ils soient de guerre ou de commerce.
-Le HMS Hawke est mis sur cale au Chatham Royal Dockyard le 8 décembre 1943 lancé le 2 septembre 1945 et mis en service le 14 février 1947.
A la différence des trois premiers Admirals, le Hawke est déployé en Méditerranée au sein du 1st Cruiser Squadron en remplacement du Devonshire qui va rallier le 11th CS dans les Antilles.
Basé à Alexandrie, le croiseur lourd était en patrouille au large des côtes de l’Afrique Septentrionale Italienne (actuelle Libye) quand le second conflit mondial éclate. Il reçoit des consignes de vigilances avant de se ravitailler le lendemain et de patrouiller dans le golfe de Syrte, attendant de régler son attitude sur celle des italiens.
-Le HMS Raleigh est mis sur cale au Portsmouth Royal Dockyard le 4 mai 1945 lancé le 10 novembre 1946 et mis en service le 14 mars 1948.
Il rallie dès sa mise en service la Méditerranée où il remplace au sein du 1st Cruiser Squadron le Shropshire qui rejoint Freetown et la West African Station.
Au 5 septembre 1948, le croiseur lourd était amarré à Alexandrie. Il devait relever le Hawke à la fin de sa patrouille prévue le 10 mais avec le conflit, le croiseur lourd est mis en alerte en attendant de savoir quelle attitude Mussolini allait adopter.
-Le HMS Drake est mis sur cale au Rosyth Royal Dockyard le 4 juillet 1945 lancé le 22 décembre 1946 et mis en service le 2 mai 1948.
Il rejoint ses sister-ship Hawke et Raleigh en Méditerranée au sein du 1st Cruiser Squadron où il relève le Sussex qui rejoint les Antilles au sein du 11th Cruiser Squadron.Le 5 septembre 1948, il à quai en compagnie du Raleigh. Mis en alerte, il se tient prêt à toute éventualité.

-Le HMS Marlborough est mis sur cale au Devonport Royal Dockyard le 14 octobre 1945 lancé le 8 septembre 1947. Il était en achèvement à flot quand le conflit éclate. Initialement il était prévu de l’affecter en Extrême-Orient mais avec le début de la guerre en Europe, il est probable qu’il restera affecté à la Home Fleet.
-Le HMS Blenheim est mis sur cale au Chatham Royal Dockyard le 2 décembre 1945 lancé le 20 novembre 1947. Il était en achèvement à flot quand le conflit éclate. Initialement il était prévu de l’affecter en Extrême-Orient mais avec le début de la guerre en Europe, il est probable qu’il restera affecté à la Home Fleet.

Carrière opérationnelle
Déplacement : standard 15000 tonnes Pleine Charge : 18000 tonnes

Dimensions : longueur : 205m largeur : 20m Tirant d’eau : 5.80m

Propulsion : 4 turbines Parson alimentées par 8 chaudières Amirauté suralimentées dévellopant une puissance totale de 130000 ch et actionnant 4 hélices

Performances : Vitesse maximale : 34 noeuds Distance Franchissable : 9800 miles nautiques à 15 noeuds

Protection : Ceinture 185mm Pont supérieur 85mm Pont inférieur 50mm Tour 90mm
Blockaus 215mm Tourelles : 95mm pour la face 70mm pour le toit et les côtés

Electronique : un radar de veille aérienne lointaine, un radar de veille surface, deux radars pour la conduite de tir de l’artillerie principale, deux radars de conduite de tir pour l’artillerie secondaire
différents systèmes de transmission

Armement : neuf canons de 8 pouces (203mm) Mark X groupés en trois tourelles triples Mark III (deux avant et une arrière), seize canons de 102mm QF Mark IV en huit affûts doubles, seize canons Bofors de 40mm en quatre affûts quadruples, vingt-quatre canons Oerlikon de 20mm en affûts simples, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples

Aviation : une catapulte et deux hydravions Supermarine Walrus

Equipage : 780 officiers et marins

20-Ordre de bataille et programme de guerre (2)

Bilan : la marine nationale en septembre 1948

NdA : le tonnage est celui à pleine charge ou approchant

Cuirassés :  13 navires en service, 2 en construction et 1 dont la mise sur cale n’à pas encore eut lieu

-Cuirassés classe Bretagne : Bretagne Provence Lorraine 75000 tonnes

-Croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg 62320 tonnes

-Cuirassés classe Richelieu Richelieu Jean  Bart Clemenceau 126177 tonnes

-Cuirassé Gascogne 40657 tonnes

-Cuirassés classe Alsace Alsace Normandie Flandre Bourgogne 168 400 tonnes

Les treize cuirassés en service représentent un tonnage cumulé de 472 464 tonnes

-Les trois cuirassés de classe Languedoc (Languedoc Moselle sur cale plus un troisième non nommé dont la mise sur cale n’à pas encore eut lieu quand éclate le second conflit mondial) doivent déplacer théoriquement 48000 tonnes.

Porte-Avions : Cinq navires en service, aucun sur cale mais des projets dans les cartons

-Porte-avions d’escadre classe Joffre Joffre et Painlevé 48400 tonnes

-Porte-avions lourd Commandant Teste 26200 tonnes

-Porte-avions léger classe Alienor d’Aquitaine Alienor d’Aquitaine et Henriette de France 17000 tonnes

Les cinq porte-avions en service répresentent un tonnage de 91600 tonnes

Croiseurs lourds : neuf croiseurs lourds en service plus un en construction

-Croiseur lourd classe Duquesne : le Tourville 12200 tonnes

-Croiseurs lourds classe Suffren Suffren Colbert Foch Dupleix 51120 tonnes

-Croiseur lourd Algérie 14341 tonnes

-Croiseurs lourds classe Saint Louis Saint Louis Henri IV Charlemagne 56280 tonnes

-Le quatrième Saint Louis baptisé Charles Martel est légèrement différent ce qui pourrait entrainer une augmentation de son déplacement à pleine charge.

Les neuf croiseurs lourds en service répresentent un déplacement total de 133941 tonnes

Croiseurs légers : dix sept croiseurs légers en service et trois en construction

-Croiseurs légers classe Duguay-Trouin Duguay-Trouin et Primauguet 17520 tonnes

-Croiseur-école Jeanne d’Arc 7893 tonnes

-Croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin 6530 tonnes

-Croiseurs légers classe La Galissonnière La Galissonnière, Jean de Vienne,La Marseillaise, Montcalm,La Gloire et Georges Leygues 46320 tonnes

-Croiseurs légers classe De Grasse De Grasse Chateaurenault Guichen Gambetta Condé Latouche-Treville 48000 tonnes

-Croiseur léger antiaérien Waldeck-Rousseau 7500 tonnes

-En construction : les trois croiseurs légers Dupuy de Lôme

Les dix-sept croiseurs légers représentent un déplacement de 133763 tonnes

Contre-torpilleurs :  35 navires en service et 6 en construction

-Classe Aigle : Aigle Gerfaut Vautour Albatros soit 10640 tonnes

-Classe Milan : Milan Epervier soit 5320 tonnes

-Classe Vauquelin : Vauquelin Tartu Chevalier-Paul Kersaint Cassard soit 13170 tonnes

-Classe Le Fantasque : Le Fantasque L’Audacieux Le Malin Le Terrible Le Triomphant L’Indomptable soit 17040 tonnes

-Classe Mogador : Mogador et Volta soit 8036 tonnes

-Classe Hoche : Hoche Desaix Kléber Marceau soit 16072 tonnes

-Classe Bayard :  Bayard Du Guesclin Turenne Bugeaud Du Chayla et Dupetit-Thouars soit 24804 tonnes

-Classe Bruix :  Bruix D’Assas La Tour d’Auvergne Magon Dunois et La Hire soit 24804 tonnes

-Les six unités de classe Guépratte ( Guépratte Ronar’ch Maillé Brézé D’Estaing Vautreuil et Aumale) qui devaient théoriquement remplacer les Aigle sont sur cale quand débute le second conflit mondial. Ils représenteront un 25344 tonnes.

Les trente-cinq contre-torpilleurs en service en septembre 1948 répresentent un tonnage de 119886 tonnes

Torpilleurs d’escadre :  39 en service et 4 en construction

-Classe Le Hardi :  Le Hardi, Le Fleuret, L’Epée, Le Mameluk, Le Casque, Le Lansquenet, Le Corsaire et Le Flibustier soit huit navires représentant 14376 tonnes

-Classe Intrépide : L’Intrepide,Le Téméraire,L’Aventurier,L’Opiniâtre,L’Inconstant,L’Eveillé,l’Alerte
La Rapière, L’Hallebarde,Le Bouclier, Le Cimeterre, Le Durandal, La Dague, L’Arquebuse, Le Sabre, Le Voltigeur, Le Claymore, Le Bombardier, Le Mousquet, Le Goumier, Le Hussard, Le Spahi et Le Tirailleur soit vingt-trois navires répresentant 41469 tonnes

-Classe Empire : Les huit navires en service en septembre 1948 (Le Berthier, Le Murat, Le Ney, Le Lannes, Le Davout et L’Augereau) représentent 14424 tonnes

Les torpilleurs d’escadre en service sont au nombre de trente-neuf navires en septembre 1948 pour un tonnage global de 70269 tonnes

Quatre autres sont en construction aux Etats-Unis (Bernadotte Kellerman Bessières Jourdan) pour un tonnage global de 7212 tonnes

Sous-marins : 82 sous-marins en service et 4 en construction

-Sous-marins classe Redoutable (type 1500 tonnes) douze encore en service :  Casabianca Sfax Centaure, L’Espoir, Agosta, Bévéziers, Ouessant, Sidi Ferruch, Le Glorieux, Le Heros, Le Conquerant, Le Tonnant représentant donc 18000 tonnes

-Sous-marins classe Rolland Morillot/La Praya (1800 tonnes) Rolland Morillot,La Praya,La Martinique,La Guadeloupe,La Réunion, Ile de France, Ile de Ré, Ile d’Yeu, Kerguelen, Crozet, Belle-Ile, Ile d’Oleron, Ile de Brehat, Ile d’Aix, Saint Marcouf; Ile de Molène; Aber Wrach; Ile de Batz; Ile de Porquerolles, Ile d’If, Mayotte,Nouvelle Calédonie,Tromelin Wallis et Futuna,Clipperton,St Pierre et Miquelon soit 26 submersibles représentant 46800 tonnes

-Sous-marins de 600 tonnes : six encore en service  : Venus Iris Pallas Minerve  Junon et Cerès réprésentant un tonnage de 3600 tonnes

-Sous-marins classe Aurore (800 tonnes) : Aurore, Créole, Antigone,La Bayadère, L’Astrée,La Favorite, La Gorgone,L’Africaine, l’Hermione,La Clorinde,L’Andromède, L’Andromaque, L’Amirde,L’Artemis,La Cornélie soit un total de quinze navires et 12000 tonnes

-Sous-marins classe Phenix (925 tonnes) : Phenix, Ventôse,Frimaire,Prairial, Vendémiaire, Nivôse,floréal,Messidor,Fructidor,Brumaire,Pluviose,Germinal et Thermidor soit treize navires représentant un tonnage de 12025 tonnes

-Sous-marins mouilleur de mines classe Saphir : Saphir Turquoise Nautilus Rubis soit quatre navires représentant 2676 tonnes

-Sous-marins mouilleur de mines classe Emeraude : Emeraude Agate Corail L’Escarboucle soit quatre navires représentant 3448 tonnes

-Sous-marins d’essais et d’expérimentation, les Roquebert et Laubeuf représentant un tonnage de 3400 tonnes

Les sous-marin en service sont au nombre de quatre-vingt deux pour un déplacement global de 101949 tonnes

-Quatre sous-marins sont en construction, quatre Rolland Morillot modifiés, des navires baptisés Jean Autric Jean Corre Rene Audry et Trinite Schillemans représentant un tonnage de 7600 tonnes

Avisos et canonnières

-Quelques avisos et canonnières anciennes sont encore en service en septembre 1948, généralement pour des missions secondaires (combat ou soutien) en l’occurence trois unités de classe Aisne (Marne Somme Yser) soit 1698 tonnes, cinq de classe Agile (L’Audacieuse La Dédaigneuse La Lurone L’Etourdi La Tapageuse) soit 1750 tonnes, deux de classe Diligente (La Diligente L’Engageante) soit 700 tonnes et onze avisos de classe Amiens (Amiens Arras Calais Coucy Ypres Lassigny Tahure Epinal Vauquois,Les Eparges et Nancy) représentant 9350 tonnes soit un total de vingt et navire et un déplacement de 13498 tonnes

-Dix avisos-coloniaux de classe Bougainville (Bougainville, Dumont d’Urville, Savorgnan de Brazza, D’Entrecasteaux, Rigault de Genouilly, Amiral Charner, D’Iberville, La Grandière, Beautemps-Beaupré, Lapérouse) représentant un tonnage global de 26000 tonnes.

-Treize avisos-dragueurs classe Elan (Elan Commandant Bory Commandant Delage Commandant Duboc Commandant Rivière L’Impétueuse La Curieuse La Batailleuse La Boudeuse La Gracieuse La Moqueuse La Capricieuse Le Commandant Dominé) qui représentent un déplacement de 11635 tonnes

-Vingt-quatre aviso-dragueurs coloniaux classe Chamois (Chamois Chevreuil Gazelle Laotien Surprise _ex-Bambara_ Matelot Leblanc Rageot de la Touche Amiral Sénès Enseigne Ballande La Joyeuse La Trompeuse et La Furieuse Ambitieuse, Malicieuse, Sérieuse, Enseigne Bisson, Généreuse, Précieuse,Victorieuse, Amiral Duperré, Heureuse, Rieuse Alfred de Courcy et Amiral Gourdon) qui représentent un déplacement de 15528  tonnes.

-Chalutiers ASM : quatre de classe La Cancalaise ( La Cancalaise La Lorientaise L’Havraise La Nantaise ) répresentant un déplacement total de 2950 tonnes et la classe L’Ajacienne ( L’Ajacienne La Sétoise  La Toulonnaise La Bônoise) représentant un déplacement de 3600 tonnes

-Chalutiers armés (réquisitionnés en septembre 1939 mais ultérieurement achetés par la marine nationale) : L’Heureux Jutland L’Atlantique Patrie Notre Dame de France représentant un tonnage total de 6222 tonnes

Dans cette catégorie, nous trouvons donc 81 navires représentant un tonnage de 79433 tonnes

Canonnières, corvettes et vedettes lance-torpilles

-Canonnières fluviales : deux unités de classe My-Tho (My-Tho et Tourane) représentant 220 tonnes, la Francis Garnier qui déplace 690 tonnes, quatre unités de classe Ill (Ill Thur Emne Reuss) répresentant un déplacement de 3400 tonnes alors que celle de classe Son Hong (Song Hong Bassac Tonle Sap Song Do) plus petites ne représentent que 3200 tonnes. Le total atteint 7510 tonnes

-Corvettes : trente deux unités classe La Malouine ( La Malouine La Bastiaise La Dieppoise La Paimpolaise La Remoise La Dunkerquoise La Versaillaise L’Antillaise La Nimoise La Calaisienne La Calvaise La Troyenne La Rennaise La Rochellaise La Agenaise La Paloise La Parisienne La Rouennaise La Messine, La Nancéenne, La Strasbourgeoise La Lilloise La Caennaise La Clermontoise La Lyonnaise L’Algéroise L’Oranaise L’Aixoise La Sablaise La Quimperoise La Servannaise et La Cherbourgeoise.) représentant un tonnage total de 37120 tonnes.

-Chasseurs de sous-marins : 31 navires de différents types répresentant 4130 tonnes

-Vedettes lance-torpilles : Deux vedettes de 28 tonnes _utilisées pour le secours en mer_ , dix navires type 40K soit un tonnage total de 300 tonnes, huit vedettes type 23 tW représentant un déplacement total de 184 tonnes, dix-huit vedettes MTB représentant un déplacement de 882 tonnes et douze vedettes MTB améliorées représentant un déplacement de 600 tonnes soit un total de 50 navires et de 2022 tonnes.

-Dragueurs de mines : Douze navires de classe Ouistreham sont commanfés aux Etats-Unis mais seulement quatre (Ouistreham Avranches Pornic Saint-Brieuc) sont en service pour un déplacement total de 3480 tonnes. Huit autres sont à différents stades de fabrication (Frejus Menton Port-Vendres Sartène Arcachon Quimperlé Zuydcotte Porticcio)

Les navires en service dans cette catégorie sont au nombre de 122 pour un déplacement total de  54262 tonnes

Navires de soutien

-Pétroliers : Vingt-trois pétroliers sont en service en septembre 1948 répartis entre cinq pétroliers caboteurs (L’Aube de 2830 tonnes et les quatre de classe Nièvre _Nièvre Ardèche Lèze Blavet représentant un tonnage global de 10000 tonnes soit un total de 12830 tonnes ), Six pétroliers (Le Loing de 10138 tonnes, les quatre de classe Mékong _Mékong Niger Var Elorn_ représentant un tonnage global de 60600 tonnes et le Sèvre _ex-Nivôse_ de 16500 tonnes), six Pétroliers Ravitailleurs d’Escadre de classe La Seine (La Seine La Saône Le Liamone La Medjerda,Le Rhône La Garonne) représentant un tonnage global de 127200 tonnes et enfin six Ravitailleurs Rapides de classe L’Adour (L’Adour Le Lot La Charente La Mayene La Baïse Le Tarn) qui représentent un tonnage total de 72750 tonnes.

Les vingt-trois pétroliers de la Marine Nationale représentent un tonnage global 300018 tonnes

-Ravitailleur de sous-marins Jules Verne qui déplace 6340 tonnes

-Est en construction un deuxième ravitailleur de sous-marins L’Atlantide qui doit déplacer à terme 8150 tonnes

-Ravitailleurs d’hydravions classe Sans Souci (Sans Souci Sans Peur Sans Pareil Sans Reproche) oit un tonnage global de 8400 tonnes

-Cargos rapides classe Oranie (Mers-El-Kebir, Oran, Sidi-Bel-Abbès, Tlemcen Mostaganem  plus le Chelif en armement à flot le 5 septembre 1948) soit un tonnage de 105000 porté ensuite à 126000 tonnes.

-Mouilleur de filets Gladiateur 2293 tonnes

-Goelettes écoles Etoile et Belle-Poule soit 450 tonnes

-Cotre Mutin de 57 tonnes

-Transport littoral Golo 2239 tonnes

-Aviso-hydrographe Amiral Mouchez 719 tonnes

-Bâtiment-cible L’Impassible 2410 tonnes

-Hydrographes Astrolabe et Octant de 920 tonnes  La Perouse, La Chimère de 700 tonnes

-Navire-école et navire hydrographe Président Théodore Tissier de 1307 tonnes

-Hydrographes classe Goeland  (Goéland Pélican Cormoran Mouette Ibis Bengali) de 840 tonnes chacun soit un déplacement total de 5040 tonnes

La catégorie des navires de soutien regroupe au total de 51 navires pour un déplacement total de 436593 sans compter les navires en construction ou en achèvement en l’occurence un ravitailleur de sous-marin et un cargo rapide (29150 tonnes)

En septembre 1948, la marine nationale dispose de 454 navires de combat et de soutien représentant un tonnage de 1694160 tonnes.

8-Croiseurs lourds (10)

Le Charlemagne

Charlemagne, roi des francs et empereur d'Occident

Charlemagne, roi des francs et empereur d’Occident

Le Charlemagne est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) sis à Dunkerque sur la cale n°4 (longue de 220m de long) inaugurée juste un mois avant la mise sur cale du croiseur lourd soit en septembre 1943 puisque les premiers éléments de coque sont mis en place le 27 octobre 1943

Il est lancé le 15 décembre 1944 dans un état d’avancement assez prononcé comme de coutume pour les chantiers dunkerquois. Le lancement est cependant assez périlleux, le navire pressé de rejoindre son élement commençant à glisser de la cale avant même la fin du discours du ministre de la Marine  qui prendra cela avec humour.

Le Charlemagne est armé pour essais le 25 mai 1945 à Dunkerque même mais après une première sortie contractuelle du 27 au 30 mai destinée à vérifier le respect du contrat signé entre la marine et les ACF, il quitte Dunkerque pour Cherbourg, son port d’armement officiel où il arrive le 2 juin 1945.

Après un passage au bassin dans la forme du Hornet du 5 au 15 juin, il entame ses essais officiels par un premier cycle du 17 au 24 juin suivit d’un second du 27 juin au 5 juillet et enfin d’un troisième du 12 au 17 juillet. Il repasse au bassin dans la forme du Hornet du 18 juillet au 12 août pour régler un problème de vibration constaté à grande vitesse en eaux peu profondes.

Il reprend ses essais par un quatrième cycle du 20 août au 5 septembre et du 12 septembre au 2 octobre avant un troisième passage au bassin du 8 au 28 octobre pour d’ultimes modifications ce qui fera dire à l’ingénieur général Dousserant _responsable du programme Saint Louis_ que «Le Charlemagne est probablement le croiseur de la Flotte le mieux préparé au combat au moins sur le plan technique».

Après ce dernier passage au bassin, le croiseur lourd quitte Cherbourg le 1er novembre 1945 pour Brest où il arrive le 3 novembre, l’extinction d’une chaudière l’obligeant à naviguer à vitesse réduite (17 noeuds) jusqu’au grand port du Ponnant où il subit une période d’entretien jusqu’au 10 novembre 1945.

Le 12 novembre 1945, la ville de Saint Denis célèbre pour avoir accueilli la nécropole des rois de France devient la ville marraine du croiseur lourd.

Après avoir chargé des munitions et du matériel, le croiseur lourd quitte Brest le 13 novembre pour sa traversée de longue durée doublée d’un entrainement au tir à Rufisque. Il traverse l’Atlantique en direction des Antilles, faisant escale à Fort de France du 19 au 23 novembre puis à Pointe à Pitre du 25 au 30 novembre.

Le Charlemagne reprend la mer le 1er décembre 1945 direction Kingston en Jamaïque où il fait escale du 4 au 8 décembre, se ravitaille à Guantanamo le 10 décembre avant de mouiller au large de Port au Prince du 11 au 14 décembre.

Il reprend la mer le 15 décembre 1945 direction Dakar où il arrive le 22 décembre. Il passe au bassin jusqu’au 25 décembre puis subit des essais rapides le 27 décembre. Il entame son stage d’entrainement au tir dès le 30 décembre 1945 pour roder ses canonniers qui n’ont jusque là tiré qu’à de rares reprises (sûrement trop rares à leur goût), stage qui s’achève le 13 janvier 1946.

Il quitte Dakar le lendemain 14 janvier, fait une rapide escale de ravitaillement à Casablanca le 17 janvier avant de continuer sa route en direction de son port d’attache qu’il atteint le 22 janvier, escorté par son sister-ship Henri IV.

Le croiseur lourd Charlemagne est admis au service actif le 24 janvier 1946 au sein de la 5ème division de croiseurs, 2ème escadre avec pour port d’attache Toulon.

Avec ces trois croiseurs lourds, 14000 tonnes, 33 noeuds et neuf canons de 203mm, la 5ème DC mérite plus que toute autre son surnom de «Division de Fer».

Après une période d’entretien à flot jusqu’au 15 février, le Charlemagne ressort pour s’entrainer intensivement avec ou sans ses deux congénères, les entretiens et autres missions rendant fort hypothétique la réunion des trois croiseurs de la division. Il est ainsi à la mer du 17 au 20 février, du 22 au 25 février et du 28 février au 4 mars, faisant escale du 5 au 8 mars à La Ciotat.

Le 20 mars 1946, le Charlemagne et l’Algérie appareillent pour une mission de présence en Afrique du Nord et au Proche Orient pour montrer aux citoyens de l’Empire la puissance toujours plus grande de la Royale.

Les deux croiseurs franchissent le détroit de Gibraltar le 26 mars avant de faire escale à Tanger du 27 au 31 mars puis à Casablanca du 3 au 7 avril et à Agadir du 8 au 12 avril, profitant ensuite de sa situation pour surveiller le renforcement des positions de l’armée espagnole aux Canaries.

Les deux croiseurs repassent le détroit de Gibraltar le 16 avril pour gagner l’Algérie, faisant escale successivement à Oran du 18 au 21 avril, à Alger du 22 au 27 avril, à Skikda du 29 avril au 2 mai avant de s’intéresser à la Tunisie pour escales à Bizerte le 4 mai (ravitaillement), à Tunis du 5 au 8 mai, à Sfax du 9 au 11 mai et à Gabès du 12 au 15 mai 1946.

L’Algérie et le Charlemagne traverse le bassin oriental de la Méditerranée à une vitesse élevée (27 nœuds de moyenne) direction Lattaquié où ils font escale du 20 au 25 mai avant une escale à Beyrouth du 27 mai au 2 juin. Les deux croiseurs rentrent ensuite directement à Toulon le 9 juin 1946  après une escale de ravitaillement à Bizerte.

Après une période d’indisponibilité du 10 juin au 15 juillet 1946, le Charlemagne reprend la mer pour essais du 16 au 21 juillet avant un entrainement du 25 juillet au 22 août, exercices variés entrecoupés d’escales à La Ciotat (30 juillet au 2 août) et à Nice (10 au 13 août) et suivis par un mouillage en rade de Villefranche du 23 août au 1er septembre, le croiseur lourd rentrant à Toulon le 3 septembre 1946.

Après une période d’indisponibilité accidentelle jusqu’au 15 septembre (problème de chaudières), le croiseur lourd ressort pour essais du 16 au 20 septembre avant une longue série d’exercices qu’il s’agisse d’un exercice de défense aérienne à la mer (21 au 30 septembre), un exercice d’attaque et de défense de convois (2 au 9 octobre), une escale à Marseille du 10 au 15 octobre, un exercice d’attaque de nuit du 20 au 27 octobre (avec des mouillages diurnes aux salins d’Hyères) et un exercice de bombardement littoral contre les défenses de Toulon du 30 octobre au 6 novembre.

Rentré à son port d’attache le 7 novembre, il sort pour entrainement aviation du 12 au 18 novembre et un entrainement de défense aérienne à la mer du 20 au 24 novembre. Le 25 novembre, il appareille pour une mission de surveillance au large de la Libye italienne bien qu’officiellement, le croiseur se rendre en Égypte.

Il fait une rapide escale de ravitaillement à Bizerte le 29 novembre puis entame sa mission qui le voit naviguer dans le Golfe de Syrte, s’éloignant dès qu’un navire ou un aéronef italien s’approchait du navire.

Réponse du berger à la bergère : Marine Tunisie et Marine Corse signaleront à l’Amirauté l’accroissement de l’activité navale italienne au large des côtes sous leur responsabilité notamment en ce qui concerne les sous-marins.

Le croiseur lourd achève sa mission «spéciale» le 20 décembre puis fait escale à Alexandrie du 23 décembre au 2 janvier, permettant ainsi à l’équipage de passer ses fêtes de fin d’année dans un pays étranger et pour ainsi dire exotique.

Après un exercice avec la marine britannique, le croiseur lourd Charlemagne quitte l’Egypte le 7 janvier 1947, fait escale à Malte du 11 au 13 janvier, à Tunis du 16 au 19 janvier avant de rentrer à Toulon le 22 janvier 1947.

Après une période d’entretien à flot (avec tout de même une visite des hélices par les plongeurs du bord) du 23 janvier au 7 février, le Charlemagne participe du 15 février au 5 mars à la remise en condition du Saint Louis après une période d’indisponibilité.

Le Charlemagne s’entraine ensuite seul ou avec les unités légères de la 2ème escadre (torpilleurs légers de la 1ère DT et contre-torpilleurs la 1ère DCT Bruix D’Assas et La Tour d’Auvergne) du 15 mars au 10 avril avec une série d’exercices comme un exercice de défense aérienne à la mer (15 au 23 mars), protection et attaque de convois (27 mars au 2 avril) et raid amphibie (4 au 10 avril) avant des escales à Nice (12 au 17 avril), Bastia (18 au 24 avril), Ajaccio (25 au 30 avril) et Bonifaccio (2 au 7 mai) avant de rentrer à Toulon le 9 mai 1947 dans la matinée.

Le croiseur lourd Charlemagne sort pour entrainement aviation du 12 au 19 mai 1947 au profit de son détachement aviation composé de deux Dewoitine HD-731.

Le 21 mai 1947, le Charlemagne quitte Toulon pour une mission de transport rapide en direction du Liban avec à son bord des ingénieurs, des soldats et du matériel pour inspecter et renforcer les défenses côtières du port de Beyrouth.

Arrivé sur place le 25 mai, le croiseur lourd reste sur zone jusqu’au 17 juin quand il met cap sur Toulon où il arrive le 24 juin. Il est indisponible jusqu’au 10 juillet.

Le Saint Louis, le Henri IV et le Charlemagne participent à la revue navale du 14 juillet 1947, présidée par le président Reynaud à bord du cuirassé Richelieu. La 5ème DC fait ensuite escale à Ajaccio du 15 au 20 juillet avant de manoeuvrer ensemble du 21 juillet au 12 août, rentrant à Toulon le 14 août 1947.

Le Henri IV ressort du 22 au 27 août pour un exercice d’entrainement au combat de nuit puis du 30 août au 7 septembre pour un série d’exercices avec et contre les sous-marins basés à Toulon. Tantôt, le croiseur lourd est le chassé, tantôt le chasseur à la tête d’un groupe anti-sous-marin à moins qu’il ne soit le commandant des sous-marins.

Le Henri IV sort pour entrainement aviation du 10 au 15 septembre avec lancement et récupération de ces Dewoitine HD-731 qui effectuent des entrainements à l’observation, au combat aérien, à la lutte ASM et au bombardement.

Après une dernière sortie d’entrainement du 12 au 21 septembre, l’Algérie qui doit subir un grand carénage cesse d’être le navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée, remplacé durant cette période par le croiseur lourd Charlemagne, le changement étant effectif le 25 septembre 1947.

On pourrait s’attendre à ce que le Charlemagne ne s’éloigne guère de la Méditerranée et pourtant, il est décidé de l’envoyer avec le Henri IV en croisière au large de l’Amérique Latine.

La technique en décidera autrement, une avarie de chaudière voyant le navire-amiral de la Flotte indisponible du 2 au 10 octobre avant des essais satisfaisants jusqu’au 13 octobre 1947. Le Charlemagne va rester navire-amiral de la flotte de la Méditerranée jusqu’au 1er juillet 1948 quand il repassera le pavillon à l’Algérie.

En cet automne 1947, le Charlemagne va alterner entre exercices et mission de représentation en raison de son rôle de navire-amiral de la Flotte qui en fait un ambassadeur de notre diplomatie.

Il sort ainsi pour exercices du 20 au 27 octobre et du 2 au 7 novembre, exercices entrecoupée d’escales à Barcelone du 27 au 30 octobre et à Valence les 1er et 2 novembre. Le Charlemagne est de retour à Toulon le 10 novembre, participant le lendemain aux célébrations du 11 novembre.

Il ressort encore pour cette année 1947 du 15 au 25 novembre pour exercices avant une escale à Tanger du 27 novembre au 1er décembre, à Almeria du 3 au 5 décembre et à Palma de Majorque du 8 au 12 décembre. Après une ultime exercice de défense aérienne à la mer du 15 au 23 décembre, le Charlemagne reste à Toulon pour Noël et la Saint Sylvestre.

La première sortie de l’année 1948 à lieu le 10 janvier 1948 quand la 5ème DC sort au complet pour exercices avec les contre-torpilleurs de la 2ème escadre soit la 5ème DCT (Aigle Albatros Gerfaut) et la 2ème DCT (avec les seuls Du Guesclin et Turenne  , le Bayard étant immobilisé pour carénage) du 10 au 20 janvier avec une escale à Bastia pour les croiseurs, à Calvi (5ème DCT) et à l’Ile Rousse (2ème DCT) pour les contre-torpilleurs (21 au 27 janvier). Les huit navires sont de retour à Toulon le 28 janvier 1948.

Le Charlemagne quitte Toulon en compagnie du Saint Louis le 7 février 1948 pour un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 12 février avant un mouillage aux Salins d’Hyères jusqu’au 15 février.

Les deux croiseurs enchainent par un exercice de combat de nuit du 16 au 21 février, les croiseurs mouillant la journée aux salins d’Hyères. Après une escale à Port Vendres du 23 au 27 février, les deux navires rentrent à Toulon le 1er mars 1948.

Le Charlemagne ressort du 7 au 13 mars pour un entrainement combiné au large de Marseille dans le cadre d’une véritable opération de relation publique, le croiseur faisant escale à Marseille du 13 au 16 mars avec un bureau de recrutement à bord du croiseur lourd. Il est de retour à Toulon le 17 mars 1948.

Le 20 mars, le Henri IV et le Charlemagne appareillent de Toulon pour une mission de surveillance des côtes marocaines précésé d’un entrainement au large du Sénégal.

Ils font escale à Casablanca du 25 au 28 mars avant de rallier Dakar le 31 mars pour une école à feu à Rufisque du 2 au 22 avril avant de faire une escale technique et de ravitaillement à Dakar du 23 au 30 avril.

Les deux croiseurs lourds effectuent une mission de surveillance des Canaries et des côtes marocaines du 3 au 27 mai, se ravitaillant à Rabat ou à Agadir.

Après une escale à Casablanca du 28 mai au 1er juin, les deux croiseurs se séparent : le Charlemagne rentre à Toulon alors que le Henri IV gagne Bizerte pour subir un grand carénage. Le dernier des croiseurs lourds français arrive à Toulon le 7 juin 1948.

A cette époque, le Charlemagne est le seul croiseur de sa division disponible, ces deux sister-ship étant en carénage à cette époque.

Il ressort du 15 au 25 juin pour une mission de surveillance dans le golfe de Gênes avant une escale à Bastia jusqu’au 1er juillet date à laquelle il rentre à Toulon où à lieu la cérémonie de transfert du pavillon de commandement, le Charlemagne cessant d’être navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée.

Le 12 juillet 1948, il passe au régime de guerre avec l’embarquement de réservistes, l’équipage passant de 780 à 950 hommes soit 170 hommes de plus.

Il ressort du 13 au 25 juillet pour un entrainement combiné suivit d’une escale à Ajaccio du 26 au 30 juillet puis à Bastia du 1er au 8 août avant de rentrer à Toulon le lendemain.

Après une période d’entretien à flot du 10 au 25 août 1948, il ressort pour essais les 26 et 27 août avant de manoeuvrer en compagnie de plusieurs divisions de contre-torpilleurs plus précisément les 1ère (Bruix D’Assas La Tour d’Auvergne) et les 2ème DCT (Bayard Du Guesclin Turenne) du 28 août au 4 septembre.

Le 5 septembre 1948 alors qu’il était en mer pour un exercice de défense aérienne à la mer, il apprend l’attaque allemande contre la Norvège et le Danemark.

Il reçoit aussitôt l’ordre d’interrompre l’exercice et de rentrer à Toulon pour se ravitailler en carburant et en munitions pour être paré à toute éventualité……….. .

Le Charles Martel

Charles Martel à la bataille de Poitiers

Charles Martel à la bataille de Poitiers

A l’origine les Saint Louis devaient remplacer les Duguay-Trouin mais ils vont finalement renforcer les positions de la marine nationale en Méditerranée ce qui décide l’Italie à commander en 1942 trois nouveaux croiseurs lourds baptisés Ragusa (Raguse auj. Dubrovnik) Nissa (Nice) et Napoli (Naples).

En 1944, un quatrième croiseur baptisé Ravenna (Ravenne) est commandé obligeant la marine nationale à riposter en votant dans la tranche 1946, un Saint Louis amélioré baptisé Charles Martel et dont la construction attribuée à l’Arsenal de Lorient était encore en cours lors du début de la guerre.

Le Charles Martel est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient dans la forme de Lanester le 12 juillet 1947. Le croiseur est lancé le 25 juillet 1948.

La guerre ayant éclaté le 5 septembre 1948, la construction est accélérée et il est armé pour essais le 29 décembre 1948. Les essais à la mer sont menés au pas de charge tout comme la mise en condition. Le Charles Martel sera admis au service actif le 25 mars 1949, formant avec le Charlemagne la 7ème DC basée à Toulon, la 5ème DC étant réduite aux Saint Louis et Henri IV.

Différents schémas de la classe Saint Louis

Différents schémas de la classe Saint Louis

Caractéristiques Techniques de la classe Saint Louis

Déplacement : standard 15500 tonnes Pleine Charge : 18760 tonnes

Dimensions : longueur : 202m largeur : 20m Tirant d’eau : 5.80m

Propulsion : 4 turbines Parson alimentées par 6 chaudières Indret suralimentées dévellopant une puissance totale de 130000 ch et actionnant 4 hélices

Performances : Vitesse maximale : 34 noeuds Distance Franchissable : 9800 miles nautiques à 15 noeuds

Protection : Ceinture 185mm Pont supérieur 85mm Pont inférieur 50mm Tour 90mm
Blockaus 215mm Tourelles :  95mm pour la face 70mm pour le toit et les côtés

Electronique : un radar de veille aérienne lointaine, un radar de veille surface, deux radars pour la conduite de tir de l’artillerie principale, deux radars de conduite de tir pour l’artillerie secondaire
différents systèmes de transmission

Armement : 9 canons de 203mm modèle 1937 en trois tourelles triples (deux avant une arrière) 16 canons de 100mm modèle 1930 en huit affûts doubles modèle 1931. 12 canons de 37mm Schneider modèle 1935 automatiques en six affûts doubles. 16 canons de 25mm Hotchkiss modèle 1938 automatiques en huit affûts doubles et 6 tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-forme triples.

Aviation : une catapulte et deux hydravions Dewoitine HD-731

Equipage : 780 hommes

8-Croiseurs lourds (9)

Le Henri IV

Henri IV roi de France et de Navarre

Henri IV roi de France et de Navarre

Le Henri IV est mis sur cale sur la cale n°1 des Ateliers et Chantiers du Havre (ACH) au Havre le 8 janvier 1942. Il est lancé le 15 mars 1943 et remorqué au quai d’armement pour être achevé.

Le Henri IV est armé pour essais le 17 décembre 1943. Il subit ses essais constructeurs du 18 au 21 décembre avant de gagner Cherbourg où il est pris en charge par la marine nationale le 24 décembre 1943.

Les essais à la mer officiels ont lieu du 12 janvier au 20 février 1944 avant un passage au bassin à Cherbourg du 21 février au 5 mars.

Remis à flot, il subit des essais complémentaires du 6 au 9 mars avant de quitter le Cotentin le 10 mars 1944 direction Brest où il arrive le surlendemain, 12 mars pour charger des munitions et du matériel.

Il quitte la Bretagne le 14 mars pour sa traversée de longue durée, faisant escale à Casablanca du 16 au 20 mars avant de gagner Dakar le 23 mars. Il effectue ensuite une Ecole à feu du 24 mars au 2 avril avant de quitter le Sénégal dans la soirée du 3 pour gagner Toulon.

Le 9 avril 1944, il retrouve au large des Baléares son sister-ship Saint Louis et les deux navires rentrent à Toulon le 12 avril 1944.

Le 12 avril 1944, le croiseur lourd Henri IV est admis au service actif, affecté à la 2ème Escadre de la Flotte de la Méditerranée, Toulon étant son port base.

Le même jour, la 5ème DC composée des croiseurs lourds Duquesne et Tourville est dissoute, les deux vétérans devant être redéployés outre mer. Cette division est reconstituée le lendemain, 13  avril 1944 avec le Saint Louis et le Henri IV.

La 5ème DC appareille le 22 avril pour un exercice commun dans le Golfe de Guinée afin de profiter notamment des installations du polygone de Rufisque. Ils font escale à Mers-El-Kebir du 27 au 30 avril pour réparer quelques problèmes techniques et se ravitailler en carburant.

Le Saint Louis et le Henri IV franchissent le détroit de Gibraltar le 4 mai 1944 et font escale à Casablanca du 6 au 11 mai avant de faire d’une traite le dernier voyage jusqu’à Dakar où il arrive le 15 mai dans la nuit.

Les deux croiseurs lourds effectuent un stage d’entrainement au tir au polygone de Rufisque du 17 mai au 2 juin avant une période d’entretien à flot à Dakar jusqu’au 12 juin quand les deux croiseurs appareillent pour une croisière en Afrique Noire.

Les deux croiseurs font escale à Freetown du 14 au 17 juin, à Monrovia du 18 au 21juin, Abidjan du 23 au 27 juin, à Douala du 29 juin au 2 juillet et à Libreville du 4 au 8 juillet.

Ils rentrent ensuite en métropole, faisant escale à Dakar du 12 au 16 juillet et à Casablanca du 19 au 21 juillet, franchissant le détroit de Gibraltar le 23 juillet avant de rentrer à Toulon le 28 juillet 1944 après plus de trois mois loin du port.

Le Henri IV est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 29 juillet au 16 août 1944 avant d’effectuer de petites sorties à la mer à des fins d’essais et d’entrainement notamment au profit des nouveaux appelés et des nouveaux membres de l’équipage. Il est ainsi en mer du 20 au 24 août, du 27 au 31, du 3 au 6 et du 8 au 10 septembre.

Le 5 septembre 1944, la ville de Pau devient marraine du navire, la capitale du Béarn étant la ville natale du premier roi de la dynastie des Bourbons.

Le Henri IV reprend la mer pour exercices du 12 au 28 septembre 1944, un exercice à dominante antisurface (attaque et protection de convois) en compagnie des croiseurs lourds Algérie et Dupleix,  sans oublier l’intervention de l’aviation et de sous-marins. Il fait ensuite escale à Alger du 29 septembre au 3 octobre avant de rentrer à Toulon le 5 octobre 1944.

Après une période d’indisponibilité accidentelle du 5 au 15 octobre, le Henri IV une fois réparé effectue une sortie d’essais du 16 au 21 octobre avant de faire escale à Ajaccio du 22 au 25 octobre, à Tunis du 27 au 30 octobre, à Oran du 1er au 4 novembre, à Port-Vendres du 7 au 10 novembre avant de rentrer à Toulon le lendemain 11 novembre 1944.

Le Henri IV effectue un exercice de défense aérienne à la mer du 20 au 25 novembre suivit d’un exercice de défense de convois du 28 novembre au 4 décembre. De retour à Toulon le 5 décembre, le croiseur lourd sort à nouveau pour une croisière d’entrainement au profit d’officiers de réserve de la région du 12 au 21 décembre avec une escale à Ajaccio du 13 au 15 et à Tunis du 17 au 19 décembre avant de rentrer à Toulon le 21 décembre 1944.

Le Henri IV ressort avec son sister-ship Saint Louis pour entrainement du 7 au 20 janvier 1945, les deux croiseurs jouant entre la Corse et le continent au chat à la souris, jouant tour à tour le navire corsaire et l’intercepteur. Ils sont de retour à Toulon le 21 janvier 1945.

Le croiseur lourd Henri IV ressort pour entrainement du 27 janvier au 12 février avant une escale à Port-Vendres du 13 au 17 février puis à Barcelone du 18 au 24 février 1945. Il est de retour à Toulon le 27 février 1945.

Le Henri IV ressort encore du 2 au 12 mars pour un entrainement combiné avec sous-marins et aviation.

Dans un premier temps, il est guidé dans sa mission de surveillance par l’aviation basée à terre (avions et hydravions) avant de démontrer ses capacités antiaériennes en protégeant le pétrolier Elorn des avions torpilleurs.

Dans un second temps, il assure le commandement d’un détachement de sous-marins, les Acheron et Protée de la 3ème DSM chargés de tendre une embuscade à une flotte ennemie cherchant à quitter le Golfe de Gênes pour gagner l’ouest de la Méditerranée. Il est de retour à Toulon le 13 mars à l’aube.

Le Henri IV et l’Algérie quittent Toulon le 29 mars pour une croisière en Afrique du Nord et au Moyen Orient.

Ils  traversent le bassin occidental de la Méditerranée jusqu’à Bizerte où arrivés le 2 avril, ils se ravitaillent en carburant avant de traverser à vie allure le bassin oriental de la Mare Nostrum direction Lattaquié où les deux navires font escale du 8 au 12 avril 1945.

Ils font ensuite escale à Beyrouth du 13 au 17 avril, à Haïfa du 18 au 21 avril, à Alexandrie du 23 au 27 avril, à Tunis du 3 au 7 mai, à Alger du 12 au 15 mai, à Tanger du 19 au 22 mai et à Casablanca du 24 au 30 mai avant de rentrer dans la foulée sur Toulon le 5 juin 1945.

Après une période d’indisponibilité du 6 juin au 4 juillet, le croiseur lourd reprend la mer, unique membre de la 5ème DC car le Saint Louis est en grand carénage et le Charlemagne achève son armement et prépare ses essais à la mer.

Il sort du 7 au 13 juillet pour un entrainement combiné, célèbre le 14 juillet à Calvi au pied de la citadelle, subit un entrainement de défense aérienne à la mer du 15 au 21 juillet avant de faire escale à Ajaccio du 22 au 30 juillet, rentrant à Toulon le lendemain 1er août 1945.

Le Henri IV ressort du 7 au 20 août pour un nouvel entrainement combiné avec notamment un exercice d’attaque nocturne du 12 au 16 août. A l’issue de cette période d’exercices, le croiseur lourd fait escale à Marseille du 21 au 28 août avant de rentrer à Toulon le 30 août 1945.

Après une période d’entretien à flot du 1er au 16 septembre, le croiseur lourd sort pour essais du 17 au 21 septembre avant de mouiller aux salins d’Hyères du 22 au 29 septembre.

Il enchaine par une mission de surveillance des Baléares où la présence de nombreux navires battant pavillon italien laissait craindre l’établissement d’une base «secrète» italienne.

Le Henri IV quitte donc Toulon le 1er octobre et va naviguer au large de l’archipel espagnol jusqu’au 17 octobre, mission entrecoupée d’une escale à Port-Vendres du 7 au 11 octobre pendant lequel le relais est pris par les sous-marins. Il rentre à Toulon le 20 octobre 1945.

Il ressort du 4 au 10 novembre pour un entrainement à l’escorte et à l’attaque de convois avant de participer aux célébrations du 11 novembre 1918 à Nice où il est en escale jusqu’au 18 novembre, date de son départ pour un exercice d’entrainement aux raids amphibies dans le nord de la Corse, exercice qui à lieu du 19 au 30 novembre avant une escale à Calvi du 1er au 4 décembre et à Ajaccio du 6 au 13 décembre. Il rentre à Toulon le 14 décembre 1945 et ne ressort plus avant les fêtes de fin d’année.

Après deux sorties en solitaire du 5 au 10 janvier et du 12 au 20 janvier, le Henri IV accueille au large de Toulon le 22 janvier 1946 le croiseur lourd Charlemagne qui dès son admission au service actif (effective le 24 janvier) rejoindra la 5ème DC, la «Division de Fer» de la marine nationale avec ses trois puissants croiseurs.

Le Henri IV et le Saint Louis ressortent ensemble du 28 janvier au 5 février 1946, accueillant le 4 février, une force navale soviétique composée d’un cuirassé, d’un croiseur lourd et de quatre destroyers.

Les deux croiseurs lourds font escale à Ajaccio du 18 au 22 février et à Alger du 24 au 28 février avant un entrainement avec la 4ème escadre jusqu’au 12 mars 1946 quand les deux croiseurs rentrent à Toulon. Ils sont ouverts au public du 5 au 8 février avant de repartir le 15 février après des exercices avec la marine française.

Les deux croiseurs lourds font escale à Ajaccio du 18 au 22 février et à Alger du 24 au 28 février avant un entrainement avec la 4ème escadre jusqu’au 12 mars 1946 quand les deux croiseurs rentrent à Toulon.

Le Henri IV est déclaré indisponible le 20 mars 1946, débarquant ses munitions et vidangeant ses soutes pour subir son premier grand carénage. Il est échoué le 25 mars dans le bassin n°2 du Missiessy dans lequel il est en travaux jusqu’au 29 septembre 1946.

Après des travaux complémentaires à flot du 30 septembre au 7 octobre, le Henri IV subit des essais poussés du 12 au 25 octobre avant un stage de remise en condition du 28 octobre au 4 novembre 1946. Il est déclaré disponible le lendemain 5 novembre mais va encore subir une Ecole à feu à Rufisque.

Il quitte Toulon le 6 novembre 1946, fait escale à Casablanca du 12 au 15 novembre avant de rallier Dakar où il arrive le 19 novembre 1946 dans la soirée. Victime d’avaries techniques à répétition, il doit passer au bassin jusqu’au 27 novembre pour régler des problèmes de vibration sur le gouvernail tribord.

Remis à flot, il subit deux jours d’essais satisfaisants les 28 et 29 novembre avant de rallier Rufisque le 30 novembre pour trois semaines d’entrainement intensif soit jusqu’au 21 décembre 1946 quand il regagne Dakar où il va passer le reste de l’année. Il quitte la capitale de l’AOF le 3 janvier 1947, fait escale à Port-Etienne du 5 au 9 janvier, à Casablanca du 11 au 13 janvier, franchit le détroit de Gibraltar le 14 janvier avant de rentrer à Toulon le 19 janvier 1947.

Le Henri IV est de nouveau à la mer pour une mission de présence en Méditerranée occidentale avec à son bord un détachement de fusiliers marins (80 hommes) pour un essai d’embarquement d’un détachement permanent à bord d’un navire de guerre.

Il quitte Toulon le 27 janvier pour une première patrouille jusqu’au 10 février avant une escale à Alger jusqu’au 15 février où il débarque ses fusiliers marins qui vont nomadiser sur les hauteurs de la capitale de l’Algérie.

Le croiseur lourd reprend la mer pour une nouvelle patrouille entre la Sardaigne et la Tunisie jusqu’au 27 février quand il fait de nouveau escale à Alger jusqu’au 2 mars, le détachement de fusiliers marins étant rembarqué puis débarqué à Ajaccio où le croiseur lourd fait escale le 3 mars 1947 avant de retrouver les navires appelés à participer à un exercice franco britannique.

Du 3 au 10 mars 1947, il va donc s’entrainer de manière intensive avant de quitter Toulon le 12 mars  en compagnie du porte-avions Joffre, du cuirassé Alsace, des croiseurs légers De Grasse et Jean de Vienne, des contre-torpilleurs de la 12ème DCT (Desaix Kléber Marceau), de quatre torpilleurs d’escadre, de trois sous-marins et de deux pétroliers Elorn et Liamone.

Cette escadre baptisée Force T va participer à des exercices avec la Mediterranean Fleet sur le modèle des exercices Entente Cordiale qui engage la flotte de l’Atlantique et la Home Fleet. Cet exercice est baptisé «Cordial Agreement» en guise de clin d’oeil

Pour cette première, la flotte britannique de la Méditerranée à mobilisé les cuirassés Nelson et Rodney, le porte-avions Indomitable, les croiseurs légers Belfast et Newcastle, six destroyers et quatre sous-marins.

L’exercice commence par un exercice à terre le 16 mars pour s’accorder sur les règles lors des exercices et faire travailler la théorique. Les choses sérieuses commence le lendemain 17 mars par un exercice de lutte ASM.

Les sous-marins anglais et français vont ainsi tenter des attaques contre les navires français anglais selon plusieurs scénarios : soit des attaques contre des navires naviguant seuls ou des groupes occasionnels par exemple celui formé par les porte-avions Joffre et Indomitable, le cuirassé Alsace, les croiseurs légers De Grasse Jean Vienne et Belfast et plusieurs destroyers.

Le 18 mars, c’est un exercice de défense aérienne à la mer avec le matin, les deux groupes nationaux attaqués par des chasseurs bombardiers Supermarine Spitfire et des bombardiers torpilleurs Bristol Beaufort basés à Malte mais l’après midi, la force navale britannique attaque avec des bombardiers en piqué Douglas Dauntless et des avions torpilleurs Fairey Albacore les navires français.

Les 19 et 20 mars, c’est un combat d’escadre qui oppose la force T à son homologue britannique, à tour de rôle les deux forces cherchant à défendre Malte d’un raid amphibie. Le 21 mars, les deux escadres gagnent la Tunisie, des îlots désertiques de la côte tunisienne servant de cible aux canons de 406,380, 203,152,130 et 120mm dans un bruyant concert sans parler des avions embarqués.

Les trois cuirassés, les deux porte-avions, les quatre croiseurs légers, le croiseur lourd, les neuf destroyers, les pétroliers et les sous-marins font ensuite escale à Bizerte où ils sont passés en revue par le résident général en Tunisie avant de se séparer le lendemain 22 mars, les navires français rentrant à Toulon le 24 mars 1947 au matin sauf le Jean de Vienne resté à Bizerte son port d’attache.

Le Henri IV sort pour entrainement du 31 mars au 5 avril, mouille aux salins du 6 au 12 avril avant un nouvel exercice au large de Toulon du 13 au 21 avril. Il est de retour à Toulon le lendemain 22 avril.

Le Henri IV va ensuite subir une inspection technique du 23 au 25 avril avant une évaluation opérationnelle du 27 avril au 2 mai. Il effectue ensuite un exercice à double détente contre les sous-marins de la 2ème escadre du 5 au 15 mai, le croiseur lourd simulant d’abord un navire corsaire cherchant à franchir un barrage sous-marin entre la Corse et le continent avant de servir de navire de commandement à une flottille de sous-marins chargés d’intercepter une escadre. Il rentre à Toulon le 19 mai après une escale à Nice du 16 au 18 mai 1947.

Il ressort pour un exercice de combat de nuit du 25 au 29 mai avant de mouiller aux salins d’Hyères jusqu’au 4 juin quand il reprend la mer pour un entrainement au bombardement littoral contre les défenses de Toulon du 5 au 12 juin. Après une escale à Port de Bouc du 13 au 16 juin et à La Ciotat du 17 au 21 juin, le Henri IV rentre au port le lendemain, 22 juin 1947.

Indisponible pour avarie du 27 juin au 2 juillet, il ressort pour essais après réparations du 4 au 9 juillet avant de participer le 14 juillet 1947 à la revue navale au large de Toulon en compagnie de ses sister-ship Saint Louis et Charlemagne. La 5ème DC fait ensuite escale à Ajaccio du 15 au 20 juillet avant de manoeuvrer du 21 juillet au 12 août avant de rentrer à Toulon le 14 août 1947.

Le Henri IV et le Charlemagne ressortent ensemble pour exercices du 30 août au 20 septembre, cette longue séquence étant entrecoupée de deux escales à Port-Vendres du 5 au 8 septembre et à Calvi du 11 au 13 septembre. Ils rentrent à Toulon le 25 septembre après une escale à Bastia du 21 au 24 septembre 1947.

Après une période d’entretien à flot du 25 septembre au 5 octobre 1947, le Henri IV quitte Toulon pour une croisière en Amérique du Sud renouant avec les mannes de la DNF de 1942. Le Charlemagne aurait du l’accompagner mais victime d’une sérieuse avarie de chaudière, le dernier né des croiseurs lourds doit déclarer forfait.

Le Henri IV ne part pas seul puisqu’il est accompagné du croiseur léger Guichen et du pétrolier ravitailleur La Saône. La petite escadre quitte Toulon le 7 octobre 1947, se ravitaille à la mer ce qui lui permet de traverser la Méditerranée et l’Atlantique jusqu’à Dakar où elle arrive le 14 octobre.

L’escadre française quitte l’AOF le 17 octobre, manoeuvre ensemble jusqu’au 21 octobre, durant le transit jusqu’à Fortaleza où les navires tricolores font escale jusqu’au 24 octobre.

Les deux croiseurs et le pétrolier sont ensuite à Rio de Janeiro du 27 au 31 octobre, à Montevideo du 4 au 7 novembre, à Buenos Aires du 8 au 12 novembre avant que les trois navires ne rentrent en métropole, traversant l’Atlantique jusqu’à Dakar où la division fait escale du 17 au 25 novembre pour ravitaillement et entretien.

Ils sont à Port-Etienne du 27 au 30 novembre, à Casablanca du 2 au 7 décembre, à Alger du 10 au 15 décembre avant de rentrer à Toulon le 17 décembre. Il est indisponible jusqu’à la fin de l’année.

La première sortie de l’année 1948 à lieu le 10 janvier 1948 quand la 5ème DC sort au complet pour exercices avec les contre-torpilleurs de la 2ème escadre soit la 5ème DCT (Aigle Albatros Gerfaut ) et la 2ème DCT (avec les seuls Du Guesclin et Turenne  , le Bayard étant immobilisé pour carénage) du 10 au 20 janvier avec une escale à Bastia pour les croiseurs, à Calvi (5ème DCT) et à l’Ile Rousse (2ème DCT) pour les contre-torpilleurs (21 au 27 janvier). Les huit navires sont de retour à Toulon le 28 janvier 1948.

Le Henri IV ressort du 10 au 17 février pour un exercice de défense aérienne à la mer avant une escale à La Ciotat du 18 au 21 février avant un exercice de protection et d’attaque de convois du 22 février au 3 mars avant une escale à Marseille du 4 au 9 mars suivit d’un retour à Toulon le 13 mars après deux jours de mouillage aux salins d’Hyères.

Le 20 mars, le Henri IV et le Charlemagne appareillent de Toulon pour une mission de surveillance des côtes marocaines précésé d’un entrainement au large du Sénégal.

Ils font escale à Casablanca du 25 au 28 mars avant de rallier Dakar le 31 mars pour une école à feu à Rufisque du 2 au 22 avril avant de faire une escale technique et de ravitaillement à Dakar du 23 au 30 avril.

Les deux croiseurs lourds effectuent une mission de surveillance des Canaries et des côtes marocaines du 3 au 27 mai, se ravitaillant à Rabat ou à Agadir. Après une escale à Casablanca du 28 mai au 1er juin, les deux croiseurs se séparent : le Charlemagne rentre à Toulon alors que le Henri IV gagne Bizerte pour subir un grand carénage.

Arrivé dans le grand port tunisien le 4 juin 1948, il débarque ses munitions et est échoué dans le bassin n°1 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah le 6 juin, succédant au cuirassé Alsace. Il est en travaux jusqu’au 5 octobre 1948, subissant ses essais à la mer du 12 au 15 octobre suivit d’une remise en condition accélérée du 16 au 27 octobre 1948. Il rentre à Toulon le 29 octobre 1948.

8-Croiseurs lourds (8)

D-Croiseurs lourds classe Saint Louis

Les deux alternatives du projet C5 : avec ou sans aviation

Les deux alternatives du projet C5 : avec ou sans aviation

Genèse

Après la mise au point du croiseur lourd Algérie, la flotte de croiseurs français s’enrichit de deux classes de croiseurs légers à savoir les six classe La Galissonnière suivit des trois classe De Grasse, la version améliorée des précédents.

A la fin des années trente, la Royale est à la croisée des chemins, devant à la fois renforcer ses escadres contre les marines italiennes et allemandes mais également remplacer les navires construits juste après le premier conflit mondial notamment les trois croiseurs légers de classe Duguay Trouin.

Ces derniers devaient donc être remplacés par des navires plus modernes d’où le lancement du projet C5, un projet de croiseur lourd. La fin des traités permet ainsi aux ingénieurs navals français de voir large, de concevoir de manière plus aisée un navire rapide, bien armé et bien protégé.

Un projet C5 est présenté le 12 mai 1939 en deux versions avec ou sans aviation, déplaçant 10349 ou 10246 tW avec pour armement principal 9 canons de 203mm en trois tourelles triples et un armement secondaire de 10 à 14 canons de 100mm. Comme souvent le projet prend du poids atteignant 14770 tW en avril 1940 quand un décret daté du 1er avril autorise la construction de trois navires.

Sur le plan technique, ces navires sont assez proche de l’Algérie qui peut être considéré comme un véritable prototype avec une coque à pont ras cependant plus longue passant de 194 à 202m. La soudure est généralisée, seuls quelques éléments sensibles (notamment aux vibrations) sont encore rivetés.

Le choix de la soudure plus celui de matériaux légers pour les structures internes permet d’augmenter la protection qui fait des nouveaux croiseurs français des quasi croiseurs cuirassés. Les superstructures sont quasiment identiques à celle de l’Algérie mais le mat arrière est remplacé par une nouvelle superstructure pour abriter une plate-forme destinée à la DCA légère.

Au niveau de l’armement, les croiseurs C5 marquent une rupture avec neuf canons de 203mm en trois tourelles triples (deux avant et une arrière) et seize canons de 100mm en huit affûts doubles alors que la DCA était composée de six affûts doubles de 37mm ACAD modèle 1935 plus seize canons de 25mm Hotchkiss en affûts doubles.

Le 15 mai 1940, une circulaire propose les noms suivants pour les trois croiseurs : Saint Louis Brennus Henri IV Charles Martel Charlemagne et Vercingetorix. Le ministre de la Marine choisit les noms de Saint Louis Henri IV et Charlemagne.

La construction du Saint Louis est attribuée à l’Arsenal de Lorient, celle du Henri IV aux Ateliers et Chantiers du Havre (ACH) et celui du Charlemagne aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) à Dunkerque.

Alors qu’à l’origine ces navires devaient remplacer les Duguay-Trouin, ils vont finalement renforcer les positions de la marine nationale en Méditerranée ce qui décide l’Italie à commander en 1942 trois nouveaux croiseurs lourds.

En 1944, un quatrième croiseur est commandé obligeant la marine nationale à riposter en obtenant dans la tranche 1946, un Saint Louis amélioré baptisé Charles Martel et dont la construction attribuée à l’Arsenal de Lorient était encore en cours lors du début de la guerre.

Le Saint Louis

Statue de Louis IX dit Saint Louis à Aigues-Mortes ville qu'il fonda pour s'embarquer pour les croisades

Statue de Louis IX dit Saint Louis à Aigues-Mortes ville qu’il fonda pour s’embarquer pour les croisades

Le 2 juillet 1941, le croiseur léger De Grasse est mis à flot à Lorient, quittant la forme de Lanester pour rejoindre le quai d’armement et recevoir son artillerie, ses radars, ses tubes lance-torpilles, bref  devenir un véritable navire de combat.

Le croiseur de 8000 tonnes s’était à peine amarré au quai d’armement que déjà les portes de la forme avaient été refermées et que les pompes vidaient la forme.

La forme vide, de nouveaux tains furent mis en place pour permettre la construction du premier croiseur lourd de type C5.

Le Saint Louis est mis sur cale le 9 juillet 1941 et la construction progresse rapidement grâce à l’utilisation de la préfabrication et de la soudure.

Il est mis à flot le 13 août 1942 en présence des plus hautes autorités de la marine et remorqué au quai d’armement pour recevoir la fin de ses superstructures, l’artillerie et les radars.

Le Saint Louis est armé pour essais le 12 mai 1943 et effectue des essais statique au mouillage du 14 au 21 mai. La première sortie à la mer à lieu le 25 mai 1943 mais est rapidement interrompue en raison de problèmes techniques.

Après une période de travaux du 26 mai au 2 juin 1943, le Saint Louis reprend la mer pour de nouveaux essais du 7 au 21 juin et du 28 juin au 12 juillet, le croiseur passant la nuit au mouillage en baie de Douarnenez, à Quiberon ou à Lorient même.

La clôture d’armement est prononcée le 14 août 1943 et le croiseur lourd quitte Lorient le jour même pour Brest où il passe au bassin pour quelques travaux jusqu’au 24 août. Le 25 août 1943, il charge ses munitions (obus de 203, de 100mm, cartouches de 25 et de 37mm, torpilles) avant d’appareiller le 27 août pour Dakar où il arrive le 1er septembre 1943.

Il effectue une Ecole à feu à Rufisque du 2 au 5 septembre 1943 avant de mettre le cap sur Toulon où il arrive le 12 septembre 1943, la traversée Dakar-Toulon étant considérée comme sa traversée de longue durée.

Le croiseur lourd Saint Louis est admis au service actif le 15 septembre 1943 et affecté à la 2ème Escadre avec Toulon comme port d’attache. Il est placé hors-rang.

Le nouveau fleuron de la marine nationale en Méditerranée effectue sa première sortie à la mer du 2 au 20 octobre pour parfaire sa condition opérationnelle  qu’il s’agisse d’un entrainement à la défense aérienne à la mer, d’une escorte et d’une attaque de convois ou d’un entrainement au bombardement littoral.

Rentré à Toulon le 21 octobre 1943, il ressort pour entrainement individuel du 30 octobre au 7 novembre avant une escale à Marseille du 8 au 12 novembre et Nice du 14 au 21 novembre, rentrant à Toulon le 23 novembre 1943.

Indisponible du 24 novembre au 10 décembre 1943, le Saint Louis ressort du 15 au 24 décembre pour un entrainement au large du cap Corse avant de passer les fêtes de fin d’année à Bastia puis de rentrer à Toulon le 2 janvier 1944.

Le croiseur le plus moderne de la flotte ressort du 7 au 15 janvier pour un entrainement à la défense aérienne à la mer en collaboration avec l’armée de l’air avant de faire escale à Ajaccio du 16 au 24 janvier.

Rentré à Toulon le lendemain 25 janvier 1944, il est au mouillage jusqu’au 2 février avant de reprendre la mer pour s’entrainer au bombardement littoral avec pour plastron la défense côtière du secteur de Toulon du 3 au 12 février, le croiseur mouillant la nuit à Toulon ou aux salins d’Hyères avant de s’amarrer au quai Noël le 13 février 1944.

Le Saint Louis ressort pour entrainement individuel du 18 au 25 février 1944 avant un entrainement de nuit avec les contre-torpilleurs de la 2ème escadre du 26 février au 3 mars 1944 en l’occurrence les 9ème ( Le Fantasque L’Audacieux et Le Malin) et 12ème DCT (Desaix Marceau en attendant le Kléber).

Le 7 avril 1944, le Saint Louis appareille de Toulon et accueille en haute mer son sister-ship Henri IV le 9 avril au large des Baléares. Les deux navires manœuvrent ensemble avant de s’amarrer côte à côte au quai Noël le 12 avril 1944.

Le même jour, la 5ème DC composée des croiseurs lourds Duquesne et Tourville est dissoute, les deux vétérans devant être redéployés outre mer, l’un en Indochine et l’autre dans l’Océan Indien. Cette division est reconstituée le lendemain, 13  avril 1944 avec le Saint Louis et le Henri IV.

La 5ème DC appareille le 22 avril pour un exercice commun dans le Golfe de Guinée afin de profiter notamment des installations du polygone de Rufisque. Ils font escale à Mers-El-Kebir du 27 au 30 avril pour réparer quelques problèmes techniques et se ravitailler en carburant.

Le Saint Louis et le Henri IV franchissent le détroit de Gibraltar le 4 mai 1944 et font escale à Casablanca du 6 au 11 mai avant de faire d’une traite le dernier voyage jusqu’à Dakar où il arrive le 15 mai dans la nuit.

Les deux croiseurs lourds effectuent un stage d’entrainement au tir au polygone de Rufisque du 17 mai au 2 juin avant une période d’entretien à flot à Dakar jusqu’au 12 juin quand les deux croiseurs appareillent pour une croisière en Afrique Noire.

Les deux croiseurs font escale à Freetown du 14 au 17 juin, à Monrovia du 18 au 21juin, Abidjan du 23 au 27 juin, à Douala du 29 juin au 2 juillet et à Libreville du 4 au 8 juillet. Ils rentrent ensuite en métropole, faisant escale à Dakar du 12 au 16 juillet et à Casablanca du 19 au 21 juillet, franchissant le détroit de Gibraltar le 23 juillet avant de rentrer à Toulon le 28 juillet 1944 après presque trois mois loin du port.

Le Saint Louis est indisponible du 29 juillet au 15 août avant de reprendre la mer pour essais les 16 et 17 août suivit d’une sortie du 20 au 25 août pour une démonstration de ses capacités au profit de délégations militaires étrangères avant de mener un exercice de protection et d’attaque de convois du 27 août au 6 septembre 1944. Il rentre à Toulon le 11 septembre après une escale à Nice du 7 au 10 septembre.

Le Saint Louis aurait du participer à un exercice antisurface en compagnie de son sister-ship Henri IV, de l’Algérie et du Dupleix mais victime d’une avarie technique, le Saint Louis doit tristement regarder ses congénères prendre la mer alors que lui reste immobilisé au port.

Réparé, il effectue une sortie d’essais du 25 au 30 septembre avant de sortir pour entrainement du 2 au 27 octobre.
Après une période à quai à Toulon, le Saint Louis effectue une mission de surveillance en Méditerranée orientale en solitaire du 4 au 21 novembre séparée en deux par une escale à Bizerte du 10 au 13 novembre. Il est de retour à Toulon le 25 novembre et indisponible du 25 novembre au 5 décembre 1944.

Le Saint Louis termine l’année par de petites sorties d’entrainement individuelles du 10 au 14 décembre, du 17 au 24 décembre et du 27 au 31 décembre 1944.

Le Saint Louis ressort avec son sister-ship Henri IV pour entrainement du 7 au 20 janvier, les deux croiseurs jouant entre la Corse et le continent au chat à la souris, jouant tour à tour le navire corsaire et l’intercepteur. Ils sont de retour à Toulon le 21 janvier 1945.

Le croiseur lourd Saint Louis ressort pour s’entrainer avec la 2ème escadre du 27 janvier au 12 février avant une escale à Port Vendres du 13 au 17 février puis à Barcelone du 18 au 24 février 1945. Il est de retour à Toulon le 27 février 1945.

Le Saint Louis ressort le 7 mars 1945 en compagnie du Dupleix et du Suffren. Les trois croiseurs lourds vont effectuer une mission de présence en Adriatique, un an après celle du Joffre qui avait tellement enthousiasmé les marins yougoslaves que ceux-ci songèrent à en commander un avant de revenir à de plus sages dispositions.

Les trois croiseurs lourds quittent donc Toulon à l’aube le 7 mars, font escale à Ajaccio le 8 pour quelques heures (débarquement de matériel pour la base d’Aspretto), se ravitaillent à Bizerte le 9 mars puis gagne l’Adriatique faisant escale à Corfou du 11 au 13 mars avant de pénétrer dans l’Adriatique, faisant escale à Kotor du 14 au 21 mars, à Split du 22 au 27 mars et à Zadar du 28 au 31 mars 1945.

Les trois croiseurs lourds participent à un exercice avec la marine yougoslave, exercice suivit attentivement par des avions et des sous-marins officiellement non identifiés mais que tout le monde sait italiens.

L’exercice qui se déroule du 1er au 12 avril voit les croiseurs simuler des bombardements contre la terre, des raids amphibies (mise à terre des compagnies de débarquement soit environ 200 hommes), de la défense aérienne à la mer, de protection et d’attaque de convois………… .

L’exercice terminé, la division navale Adriatique franchit le canal d’Otrante et met cap à l’est, direction la Grèce. Elle fait escale à Patras du 14 au 20 avril, contourne la péninsule du Péloponnèse et arrive au Pirée le 23 avril et y restant jusqu’au 28 avril quand il appareille pour Thessalonique, le grand port du nord où la division fait escale du 29 avril au 4 mai. Pour ne pas mécontenter les turcs, la division fait escale à Istanbul du 5 au 9 mai, à Izmir du 10 au 12 mai et à Antalya du 13 au 16 mai.

La division navale Adriatique mène ensuite une mission de surveillance du Dodécanèse alors sous souveraineté italienne du 17 au 27 mai (ce qui suscite une protestation officielle de l’ambassade d’Italie à Paris), un exercice avec la Division Navale du Levant (DNL) du 28 mai au 4 juin avant une escale à Alexandrie du 4 au 7 juin, le roi d’Égypte Farouk 1er visitant les trois croiseurs français en escale, se montrant impressionné par la modernité du Saint Louis. La division quitte l’Egypte le 7 juin, fait escale à Bizerte du 9 au 11 juin avant de rentrer à Toulon le 13 juin 1945.

Le Saint Louis est déclaré indisponible le 14 juin, débarquant ses munitions et vidant ses soutes pour entrer en petit carénage. Il est échoué dans le bassin n°2 du Missiessy le 20 juin 1945 et va y rester jusqu’au 5 octobre, date à laquelle il quitte le bassin.

Après des travaux complémentaires à quai du 6 octobre au 7 novembre, le croiseur lourd est armé pour essais le 8 novembre et effectue ses essais à la mer du 10 au 21 novembre avant sa remise en condition opérationnelle du 27 novembre au 20 décembre 1945, restant à quai pour les fêtes de fin d’année.

Il sort pour la première fois du 5 au 12 janvier 1946 pour un exercice en solitaire, une évaluation de ses capacités avant une escale à Ajaccio jusqu’au 25 janvier où sa compagnie de débarquement manœuvre avec les troupes déployées au Corse alors que ses techniciens soutiennent la station navale d’Aspretto pour des travaux destinés à effacer les dégâts provoqués par une violente tempête en début du mois. Le croiseur lourd est de retour à Toulon le 26 janvier 1946.

Le Saint Louis et le Henri IV ressortent ensemble du 28 janvier au 5 février 1946, accueillant le 4 février, une force navale soviétique composée du cuirassé Sovetskaya Ukrainia (59150 tonnes, 29 noeuds, 9 canons de 406mm en trois tourelles triples), le croiseur lourd Kirov (7780 tonnes,35 noeuds et 9 canons de 180mm en trois tourelles triples) et quatre destroyers. Ils sont ouverts au public du 5 au 8 février avant de repartir le 15 février après des exercices avec la marine française.

Les deux croiseurs lourds font escale à Ajaccio du 18 au 22 février et à Alger du 24 au 28 février avant un entrainement avec la 4ème escadre jusqu’au 12 mars 1946 quand les deux croiseurs rentrent à Toulon.

Quelques semaines plus tard, la France rend la pareille à l’URSS. Le cuirassé Alsace appareille le 20 mars 1946 en compagnie du croiseur lourd Saint Louis, de deux torpilleurs d’escadre, de deux sous-marins et du pétrolier ravitailleur Liamone .

La petite force navale fait escale à Bizerte le 23 mars, en baie de La Sude le 26 mars, franchit le détroit des Dardanelles le 29 mars, le Bosphore le lendemain 30 mars avant de mettre cap sur Sébastopol où la petite escadre arrive le 4 avril 1946.

Elle va participer à des exercices avec la marine soviétique du 7 au 25 avril 1946 avant de faire escale en Turquie, à Trabzon du 27 au 30 avril et Istanbul du 2 au 5 mai. Il retrouve la Méditerranée, fait escale au Pirée du 8 au 11 mai, à Haïfa du 12 au 14 mai, Bizerte du 16 au 19 mai avant de rentrer à Toulon le 21 mai 1946 après deux mois loin du port.

Indisponible du 22 mai au 15 juin, le Saint Louis ressort pour essais à la mer du 17 au 21 juin avant un stage de remise en condition du 24 juin au 7 juillet. Le 3 juillet 1946, la ville d’Aigues-mortes fondée par Louis IX devient la ville marraine du croiseur lourd.

Le Saint Louis appareille ensuite pour une croisière dans l’Océan Indien et en Extrême Orient pour montrer ses capacités à renforcer rapidement les forces navales déployées sur zone. Le croiseur lourd subit un rapide entretien technique du 9 au 20 juillet 1946.

Le croiseur lourd appareille de Toulon le 22 juillet, se ravitaille à Bizerte le 27 juillet et à Port Saïd le 2 août avant de franchir le canal de Suez le lendemain.

Le croiseur lourd arrive à Djibouti le 6 août et reste en escale du 7 au 12 août 1946. Il reprend la mer le 13 août pour Diego Suarez où il arrive le 19 août pour une escale d’une semaine.

Le 27 août 1946, le Saint Louis quitte Diego-Suarez, manœuvre avec les forces déployées dans la région avant de traverser l’Océan Indien en direction de Singapour où le croiseur lourd fait escale du 5 au 10 septembre.

Quittant le «Gibraltar de l’Extrême-Orient» le 11 septembre 1946, le Saint Louis met cap sur l’Indochine, arrivant à Saïgon le 16 septembre pour quatre jours d’escale.

Reprenant la mer le 21 septembre, il fait escale à Cam-Ranh du 23 au 30 septembre, subissant un période d’entretien sans passage au bassin (même si les hélices sont inspectées par les plongeurs du bord qui pratiquent un rapide nettoyage) puis gagne Haïphong où il fait escale du 6 au 11 octobre 1946. Durant le transit, il manœuvre avec la 7ème DT (torpilleurs Le Niçois, Le Savoyard, le Béarnais et le Catalan _classe Le Fier_).

A l’origine, il était prévu que le croiseur fasse demi-tour pour rentrer par le canal de Suez mais au final, on décide de lui faire traverser le Pacifique, permettant au Saint Louis de réaliser un véritable tour du monde.

Il quitte l’Indochine le 12 octobre, fait escale à Guam du 19 au 23 octobre, à Hawaï du 29 octobre au 2 novembre, à San Diego du 8 au 12 novembre, franchit le canal de Panama le 19 novembre, fait escale à Fort de France du 25 au 28 novembre avant de traverser l’Atlantique et de faire escale à Casablanca du 5 au 8 décembre. Le Saint Louis rentre à Toulon le 14 décembre 1946.

Indisponible du 15 décembre 1946 au 2 février 1947, le Saint Louis ressort pour essais du 3 au 12 février avant une remise en condition opérationnelle en compagnie de son sister-ship Charlemagne _récemment arrivé à Toulon et qui était devenu le troisième navire de la 5ème DC_ du 15 février au 5 mars 1947.

Alors que le Charlemagne effectue une croisière en Afrique du Nord en compagnie de l’Algérie et que le Henri IV prépare un exercice franco-britannique, le Saint Louis sort pour entrainement du 12 au 21 mars et du 25 mars au 4 avril, mouillant aux salins d’Hyères du 5 au 12 avril avant de rentrer à Toulon le lendemain 13 avril.

Le Saint Louis sort pour un entrainement au combat de nuit du 20 au 27 avril puis un entrainement au combat antisurface avec lancement de torpilles du 29 avril au 3 mai avant de rentrer à Toulon le 4 mai pour se ravitailler.

Le Saint Louis ressort pour s’entrainer seul du 5 au 15 mai avant une escale à Bastia du 16 au 22 mai et à Nice du 23 mai au 1er juin, le croiseur lourd rentrant à Toulon le 3 juin 1947. Il est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage jusqu’au 12 juillet.

Le Saint Louis, le Henri IV et le Charlemagne participent à la revue navale du 14 juillet 1947, présidée par le président Reynaud à bord du cuirassé Richelieu. La 5ème DC fait ensuite escale à Ajaccio du 15 au 20 juillet avant de manoeuvrer du 21 juillet au 12 août  avant de rentrer à Toulon le 14 août 1947.

Le Saint Louis quitte Toulon le 27 août pour une mission de représentation dans l’Atlantique et en Manche. Il fait escale à Casablanca du 2 au 5 septembre, à Lisbonne du 7 au 11 septembre, à Vigo du 14 au 17 septembre, à Hendaye du 19 au 22 septembre, à Bordeaux du 25 au 30 septembre, à La Pallice du 1er au 5 octobre, à Saint-Nazaire du 6 au 10 octobre et à Lorient du 11 au 15 octobre.

A Brest où il arrive le 16 octobre, il est victime d’une avarie technique qui retarde de deux jours son départ du grand port du Ponnant. Il quitte donc Brest le 22 octobre, fait escale à Cherbourg du 23 au 27 octobre, au Havre du 29 octobre au 2 novembre et à Dunkerque du 5 au 11 novembre 1947.

Pour le vingt-neuvième anniversaire de l’Armistice de 1918, le croiseur tire vingt-neuf coups de canon et sa compagnie de débarquement défile à Dunkerque en compagnie de détachements britanniques (Royal Marines) et belges.

Le Saint Louis quitte le grand port du nord de la France le lendemain 12 novembre, fait une escale de ravitaillement à Brest le 14 novembre, à Casablanca du 18 au 20 novembre avant de rentrer à Toulon le 26 novembre. Il est indisponible jusqu’au 15 décembre, ne sortant qu’une fois d’ici la fin de l’année du 20 au 24 décembre 1947.

La première sortie de l’année 1948 à lieu le 10 janvier 1948 quand la 5ème DC sort au complet pour exercices avec des contre-torpilleurs de la 2ème escadre soit la 5ème DCT (Aigle Albatros, Gerfaut) et la 2ème DCT (avec les seuls Du Guesclin et Turenne  , le Bayard étant immobilisé pour carénage) du 10 au 20 janvier avec une escale à Bastia pour les croiseurs, à Calvi (5ème DCT) et à l’Ile Rousse (2ème DCT) pour les contre-torpilleurs (21 au 27 janvier). Les huit navires sont de retour à Toulon le 28 janvier 1948.

Le Saint Louis quitte Toulon en compagnie du Charlemagne le 7 février 1948 pour un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 12 février avant un mouillage aux Salins d’Hyères jusqu’au 15 février.

Ce mouillage est suivi par un exercice de combat de nuit du 16 au 21 février, les croiseurs mouillant la journée aux salins d’Hyères. Après une escale à Port-Vendres du 23 au 27 février, les deux navires rentrent à Toulon le 1er mars 1948.

Le 9 mars 1948, Le croiseur Saint Louis appareille pour Malte en compagnie du porte-avions Joffre, du cuirassé Provence et de quatre torpilleurs d’escadre pour participer à un exercice avec la marine britannique qui engage dans cet exercice le cuirassé Rodney, le porte-avions Indomitable, le croiseur léger Belfast et six destroyers.

La force S arrive à Malte le 13 mars 1948, mouillant dans le port de La Valette. L’exercice binational commence le 15 mars avec un exercice d’état-major à bord du cuirassé Provence suivit le lendemain 16 mars par un exercice ASM.

A la lutte contre les submersibles succède un exercice de défense aérienne à la mer les 17 au 18 mars, un exercice d’assaut amphibie le 19 qui voit l’Indomitable défendre La Valette contre le Joffre avant la belle du lendemain 20 mars 1948. Les manœuvres bilatérales se terminent par un exercice de synthèse du 22 au 26 mars 1948. La force S rentre à Toulon le 30 mars 1948.

Le 12 avril 1948, le croiseur Algérie sort du bassin du Missiessy n°2 après six mois au sec et remorqué au quai pour des travaux complémentaires. Le Saint Louis est à son tour échoué dans le bassin le 15 avril pour un nouveau grand carénage.

Les travaux devaient se terminer le 15 octobre 1948 mais la guerre ayant éclaté le 5 septembre 1948, les travaux au bassin sont accélérés et le navire est remis à l’eau dès le 7 septembre avec deux semaines d’avance.

Les essais à la mer sont réduits à leur plus simple expression (du 15 au 17 septembre) avant une remise en condition du 18 au 24 septembre, le Saint Louis étant de nouveau disponible le 25 septembre avec un équipage renforcé de réservistes, une peinture plus sombre et une discrétion lumineuse accrue.