13-Sous-marins (5) Sous-marins classe Pascal (1)

C- Sous-marins de 1500 tonnes classe Pascal (projet M6)

Avant propos

Le redémarrage de la constrution des sous-marins en France avait été des plus laborieux en l’absence de construction durant le premier conflit mondial qui avait entrainé une baisse de compétences des Arsenaux et de l’Industrie (la construction navale privée).

En dépit du retour d’expérience accumulé durant le premier conflit mondial et l’étude des sous-marins allemands récupérés, les Requin (projet C4) n’étaient pas pour ainsi dire des sous-marins réussis nécessitant une refonte au milieu des années trente pour remédier aux défauts les plus criants.

Résultat, la série s’arrête après neuf submersibles et le Conseil Supérieur de la Marine décide de passer au projet M mais là encore le cinquième projet de cette catégorie (M5) est insuffisant et la construction de ce modèle s’arrête pour une version améliorée.

Baptisée «M6», cette version dispose de la même coque mais pas de groupe électrogène. La puisance des moteurs va régulièrement augmentée permettant de maintenir une vitesse en surface élevée avec une puissance inférieure à celle des C4/M5.

Pas moins de trente sous-marins de type M6 vont être financés aux tranches 1925 (sept submersibles), 1926 (cinq submersibles), 1927 (cinq submersibles), 1929 (six submersibles) 1930 (six submersibles) mais un (Le Promethée) est perdu avant même sa mise en service et un second (Le Phenix) est perdu en Indochine le 15 juin 1939, laissant vingt-huit submersibles en service mais seulement douze sont encore en service en septembre 1948 (Casablanca Sfax Le Centaure L’Espoir Agosta Béveziers Ouessant Sidi-Ferruch Le Heros Le Glorieux Le Conquerant Le Tonnant).

Le Pascal

Le sous-marin Pascal

Le sous-marin Pascal

-Le Pascal (Q-138) est mis sur cale à l’Arsenal de Brest le 8 juin 1926 lancé le 19 juillet 1928 et mis en service le 10 septembre 1931.

Au moment où éclate la guerre de Pologne, il forme la 4ème DSM (Division de Sous-Marins) en compagnie de ses sister-ships Argo Henri Poincaré et Le Centaure, division dépendant de la 4ème Escadrille qui elle même dépendait de la 1ère Escadre, un des éléments de la Flotte de l’Atlantique.

Cette division est cependant détachée au Maroc pour patrouiller dans l’Atlantique Sud mais également au large des côtes espagnoles et portugaises.

La réorganisation de septembre 1940 ne change pour ainsi dire rien à la situation du Pascal qui reste intégré à la 4ème DSM même si la 4ème Escadrille est devenue la 5ème Escadre, mettant son commandant à égalité avec les commandants de la 1ère Escadre et de la 3ème Escadre Légère.

Du 5 mars au 15 juin 1941, il est indisponible, passant au bassin n°1 de l’Arsenal de Cherbourg pour un grand carénage bien mérité.

Outre une remise en état complète, il est succinctement modernisé, perdant ses deux tubes lance-torpilles de 400mm. Si son canon de 100mm est maintenu, le canon de 37mm et les deux mitrailleuses de 13.2mm sont remplacés par un affût double de 25mm.

Il sort pour essais du 22 au 25 juin au large de Cherbourg puis pour remise en condition en Manche et dans le Golfe de Gascogne du 27 juin au 12 juillet, rentrant à Brest le 13 juillet et reprenant un service courant à partir du 17 juillet quand il appareille pour une patrouille dans l’Atlantique.

Il participe également à un entrainement à la lutte ASM en l’occurence du 10 au 17 décembre 1941 quand il sert de plastron aux torpilleurs d’escadre Mistral et Siroco récemment équipés d’un Asdic avant de se servir des deux torpilleurs d’escadre comme cibles.

Après douze années de bons et loyaux service, le sous-marin Pascal est mis en position de complément le 5 septembre 1943 puis désarmé le 25 septembre 1943. Il est reste mouillé un temps en Penfeld avant de rallier le 15 octobre 1943 le DNA à Landevennec, jour où étant condamné, il n’est plus connu que sous son numéro constructeur, le Q-138.

Le Pasteur

Le Pasteur à la mer

Le Pasteur à la mer

-Le Pasteur (Q-139) est mis sur cale à l’Arsenal de Brest le 5 juillet 1926 lancé le 19 août 1928 et mis en service le 1er septembre 1932.

Durant la guerre de Pologne, le Pasteur est l’un des quatre sous-marins de la 6ème DSM, les trois autres étant ses sister-ships Ajax Poncelet et Archimède. Cette division de la 4ème Escadrille dépendant de la 1ère Escadre à été particulièrement chargé de missions de surveillance en mer du Nord notamment au large des ports allemands de la mer du Nord.

Du 7 mai au 11 août 1940, il est échoué au bassin n°1 de l’Arsenal de Cherbourg en même temps que son sister-ship Achille pour une remise en état complète mais pas de réelle modernisation même si ses tubes lance-torpilles de 400mm sont supprimés.

La réorganisation de septembre 1940 ne change rien pour le Pasteur qui reste intégré à la 6ème DSM, division qui dépend de la 5ème Escadre qui regroupe tous les sous-marins basés à Brest.

Il participe également à plusieurs exercices ASM, servant de plastron au profit de navires de surface qui sont à leur tour des cibles pour ses torpilles comme lors de l’entrainement ASM de la 6ème DTE  (Cyclone Mistral Siroco classe Bourrasque) du 1er au 6 mai 1942, entrainement qu’il réalise en compagnie de son sister-ship et compère de division Archimède.

Du 10 septembre au 25 novembre 1943, le sous-marin Pasteur est immobilisé au bassin n°2 de l’Arsenal de Cherbourg pour un nouveau grand carénage. Il subit une remise en état complète et une modernisation, le canon de 37mm et les mitrailleuses de 13.2mm étant remplacés par un affût double de 25mm.

Du 20 septembre au 15 octobre 1944, le Pasteur est impliqué dans l’exercice Prométhée, un exercice de la flotte de l’Atlantique qui voit la participation du porte-avions Painlevé, du cuirassé Gascogne, des trois croiseurs légers de la 4ème DC (Gloire Montcalm Georges Leygues) et de quatre torpilleurs d’escadre ainsi que donc des sous-marins Pasteur et Ajax chargé d’entrainer les torpilleurs d’escadre mais également les avions du porte-avions à la lutte ASM.

L’année suivante, le Pasteur va participer à l’exercice franco-britannique «Entente Cordiale 45» en compagnie des sous-marins  Ajax   Antiope  et Sibylle mais également des cuirassés Gascogne et Alsace; du porte-avions Painlevé, des contre-torpilleurs de la 6ème DCT (Vautour Milan Epervier), ainsi que du pétrolier-ravitailleur La Seine sans oublier les torpilleurs d’escadre d’escorte.

L’exercice «Entente Cordiale 1945» commence le 5 mai 1945et s’achève le 15 mai, le tout au large des Shetlands, les sous-marins français et leurs homologues britanniques attaquant Scapa Flow le 11 mai 1945.

Du 22 au 30 septembre 1945, le Pasteur participe avec l’Ajax à l’entrainement ASM de la 6ème DCT, les deux sous-marins tendant des embuscades aux contre-torpilleurs simulant un convoi rapide Brest-Lorient avant que les contre-torpilleurs ne traquent les sous-marins.

Le désarmement de l’Ajax en octobre 1945 entraine la dissolution de la 6ème DSM, laissant le Pasteur hors rang au sein de la 5ème Escadre de sous-marins.

Le Pasteur est mis en position de complément le 15 juin 1946 et officiellement désarmé le 7 septembre 1946. Mouillé dans la rade-abri, il est remorqué le 12 octobre 1946 à Landevennec, jour qui coïncide avec sa condamnation.

Le Q-139, victime d’une tempête dans la nuit du 13 au 14 décembre 1947 rompt ses amarres et s’échoue à l’entrée du Goulet. L’épave est alors remorqué au large et coulée comme cible par l’aéronavale le 18 décembre 1947.

Le Henri Poincaré

-Le Henri Poincaré est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 1er mars 1927 lancé le 10 avril 1929 et mis en service le 23 décembre 1931.

Au moment où éclate la guerre de Pologne, il forme la 4ème DSM (Division de Sous-Marins) en compagnie de ses sister-ships Argo Pascal et Le Centaure, division dépendant de la 4ème Escadrille qui elle même dépendait de la 1ère Escadre, un des éléments de la Flotte de l’Atlantique.

Cette division est cependant détachée au Maroc pour patrouiller dans l’Atlantique Sud mais également au large des côtes espagnoles et portugaises.

La réorganisation de septembre 1940 ne change pour ainsi dire rien à la situation du Pascal qui reste intégré à la 4ème DSM même si la 4ème Escadrille est devenue la 5ème Escadre, mettant son commandant à égalité avec les commandants de la 1ère Escadre et de la 3ème Escadre Légère.

Du 16 juin au 30 septembre 1941, le Henri Poincaré est échoué au bassin n°1 de l’Arsenal de Cherbourg pour un grand carénage et une modernisation de ses capacités militaires. Il perd ses tubes lance-torpilles de 400mm et si son canon de 100mm est maintenu, le canon de 37mm et les mitrailleuses de 13.2mm sont remplacés par un affût double de 25mm.

Il sort pour essais du 12 au 14 octobre puis pour remise en condition du 16 au 31 octobre, reprennant son cycle opérationnel le 7 novembre 1941 quand il appareille pour une patrouille en mer du Nord.

Du 16 au 23 novembre 1943, le sous-marin Henri Poincaré effectue un entrainement singulier avec le Lynx, le contre-torpilleur traquant le submersible et le sous-marin se servant du contre-torpilleur comme but rapide pour ses torpilles.

Mis en position de complément le 12 janvier 1944, le Henri Poincaré est désarmé le 31 janvier 1944 avant d’être mouillé à Landevennec au DNA. Condamné le 17 février 1944, il redevient le Q-140 qui est toujours mouillé dans le cimetière marin de la rade de Brest.

Le Poncelet

-Le Poncelet (Q-141) est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 3 mars 1927 lancé le 10 avril 1929 et mis en service le 1er septembre 1932.

Durant la guerre de Pologne, le Poncelet est l’un des quatre sous-marins de la 6ème DSM, les trois autres étant ses sister-ships Ajax Pasteur et Archimède. Cette division de la 4ème Escadrille dépendant de la 1ère Escadre à été particulièrement chargé de missions de surveillance en mer du Nord notamment au large des ports allemands de la mer du Nord.

La réorganisation de septembre 1940 ne change rien pour le Poncelet qui reste intégré à la 6ème DSM qui dépend néanmoins désormais de la 5ème Escadre qui regroupe tous les sous-marins de la Flotte de l’Atlantique.

Du 5 au 20 décembre 1941, le Poncelet est échoué au bassin n°2 de l’Arsenal de Cherbourg en compagnie de l’Archimède, les deux sous-marins subissant une remise en état et une modernisation de ses capacités militaires : débarquement de ses tubes lance-torpilles de 400mm, remplacement de la DCA légère d’origine par un affût double de 25mm.

Ils sortent pour essais du 21 au 23 décembre et pour remise en condition du 26 décembre 1941 au 9 janvier 1942, les deux sous-marins ralliant Brest le 10 janvier, reprenant leur cycle opérationnel le 15.

Du 17 au 24 juin 1942, il participe avec son sister-ship Ajax à un entrainement ASM des torpilleurs d’escadre de la 2ème DTE (Fougueux Frondeur L’Adroit).

Du 1er au 27 juin 1943, il est immobilisé pour un petit carénage au bassin n°2 de l’Arsenal de Cherbourg en compagnie de l’Archimède, un petit carénage destiné à lui permettre de tenir jusqu’à son désarmement prévu à l’été 1944.

Les deux sous-marins sortent pour essais du 5 au 7 juillet 1943 puis pour remise en condition du 9 au 23 juillet 1943, reprennant leur cycle opérationnel à partir du 1er août.

Mis en position de complément le 17 juin 1944, le Poncelet est officiellement désarmé le 30 juin 1944 et condamné le 15 juillet 1944, retrouvant son numéro de constructeur, le Q-141.

Mouillé à Landevennec à partir du 21 juillet 1944, il est vendu à la démolition le 5 septembre 1946 à un chantier de démolition implanté au Havre. Remorqué jusqu’au port normand, il y arrive le 20 septembre et y est démantelé du 23 septembre au 15 octobre 1946.

13-Sous-marins (4)

B- Sous-marins de 1500 tonnes classe Redoutable (projet M5)

Avant propos

Dès leur lancement, les sous-marins de classe Requin affichent de sérieuses limites en terme de vitesse et d’endurance. Le Conseil Supérieur de la Marine décide d’arrêter la production de ce modèle de sous-marins après la construction de neuf submersibles et de privilégier un nouveau modèle, le projet «M» dont le premier projet est présenté en 1923.

La cinquième variante est adoptée le 1er juillet 1924 d’où le nom de M5 attribué au projet mais seulement deux sous-marins seront construits, financés à la tranche 1924 et baptisés Redoutable et Vengeur, ce modèle étant abandonné en raison d’une vitesse en surface insuffisante.

Le Redoutable

Le Redoutable à la mer

Le Redoutable à la mer

-Le Redoutable est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 1er juillet 1925 lancé le 24 février 1928 et mis en service le 10 juillet 1931.

Formant la 7ème DSM en compagnie de son sister-ship Vengeur, Le Redoutable effectue de nombreuses patrouilles (généralement d’une quinzaine de jours) en mer Tyrrhénienne avec pour principale mission la surveillance des ports italiens notamment celui de La Spezia dans le Golfe de Gênes.

Du 5 janvier au 4 mars 1940, il est échoué au bassin n°2 du Missiessy pour subir le dernier grand carénage de sa carrière puisque son désarmement est prévu pour 1942. Il sort ensuite pour essais du 8 au 11 mars 1940 puis pour remise en condition du 13 au 27 mars 1940, reprenant ensuite ses patrouilles avec un élargissement de son terrain de jeu, le Redoutable devenant un habitué des Bouches de Bonifaccio.
La réorganisation de septembre 1940 ne change rien à la composition de la division (pour des raisons évidentes de communauté logistique) mais la 7ème DSM passe des forces de région (3ème région maritime) à la 1ère flottille de sous-marins qui regroupe tous les submersibles de la 2ème escadre, sous-marins répartis entre les 3ème et 5ème escadrille.

Mis en position de complément le 7 septembre 1942 (ce qui entraine la dissolution de la division), le Redoutable est officiellement désarmé le 15 octobre 1942 et mouillé au Dépôt Naval de la Méditerranée au Bregaillon jusqu’au mois de décembre 1946 quand il est vendu à la démolition à un chantier de Villefranche qui démantèle le sous-marin entre janvier et mars 1947.

Le Vengeur

Le Vengeur, sister-ship du Redoutable

Le Vengeur, sister-ship du Redoutable

-Le Vengeur est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 11 janvier 1926 lancé le 1er septembre 1928 et mis en service le 18 décembre 1931.

Durant la guerre de Pologne (1er septembre-15 décembre 1939), le Vengeur va relayer l’action de son sister-ship de la 7ème DSM, Le Redoutable en effectuant de nombreuses patrouilles (généralement d’une quinzaine de jours) en mer Tyrrhénienne avec pour principale mission la surveillance des ports italiens notamment celui de La Spezia dans le Golfe de Gênes.

Du 5 mars au 7 juin 1940, Le Vengeur subit un grand carénage au bassin n°2 du Missiessy, sortant pour essais du 14 au 17 juin pour remise en condition du 19 juin au 4 juillet, reprenant ensuite ses patrouilles dans le bassin occidental de la Méditerranée.

Mis en position de complément le 12 septembre 1942, le sous-marin Le Vengeur est désarmé le 25 octobre 1942. Passant au bassin du 26 octobre au 10 novembre, il subit une inspection en règle et des travaux pour être transformé en sous-marin école.

Il va effectuer sa mission de formation de nouveaux sous-mariniers jusqu’au 15 novembre 1946 quand il s’échoue sur l’île de Porquerolles. Jugé trop endommagé pour être remis en état en raison de son age, il est désarmé le 22 novembre, condamné le 27 novembre 1946 et démantelé sur place.

Classe Redoutable

Caractéristiques Techniques de la classe Le Redoutable

Déplacement : surface 1384 tW plongée 2084 tW

Dimensions : longueur 93.20m largeur 8.16m

Propulsion : deux moteurs diesels Sulzer de 3000ch et deux moteurs électriques de 1000ch entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 17 noeuds en surface 10 noeuds en plongée distance franchissable 10000 miles nautiques à 10 noeuds en surface 100 miles nautiques à 5 noeuds Immersion : 80m

Armement : un canon de 100mm modèle 1925, un canon de 37mm modèle 1925 et deux mitrailleuses de 13.2mm en affût double; neuf tubes lance-torpilles de 550mm et deux tubes lance-torpilles de 400mm

Equipage : 64 officiers et marins

13-Sous-marins (1)

13°) SOUS-MARINS

En guise d’introduction……..

Avec un ingénieur de la trempe de Maxime Laubeuf, la France peut être légitimement considérée comme une nation pionnière dans le domaine du sous-marin ou plutôt du torpilleur submersible.

Notre pays à en effet été le premier à croire dans ce drôle d’engin qui faisait ce qu’un navire ne doit jamais faire à savoir couler………. .

Néanmoins et jusqu’au second conflit mondial, le véritable sous-marin n’existe pas, la présence d’un ou de plusieurs canons de moyen calibre sur le pont indiquant clairement que le navire combat aussi bien en surface qu’en plongée sans oublier que la fiabilité des torpilles à été longtemps un problème épineux pour nos sous-marins comme ceux des pays étrangers.

La Jeune Ecole si elle eut quelques lubies fumeuses crut dès le début dans le torpilleur submersible/sous-marin et en dévellopa clairement l’usage au sein de la Royale.

Sous-marins Germinal et Ventôse à quai

Sous-marins Germinal et Ventôse à quai

Quand le premier conflit mondial éclate, notre marine dispose de 45 sous-marins, 28 en construction et 9 en voie d’achèvement soit une flotte de 82 sous-marins mais si certains étaient modernes, d’autres fonctionnaient encore à la vapeur (18). Le début du premier conflit mondial stoppe net le programme de 1912 qui prévoyait la construction de 25 sous-marins de haute mer et 69 sous-marins défensifs.

Au final, notre marine à engagé 66 sous-marins bien loin de la marine allemande (373) et de la marine britannique (200) mais avec un taux de perte de 20% bien inférieur à celui des anglais (33%) et des allemands (54%).

Le premier conflit mondial avait clairement montré l’efficacité du sous-marin et son utilisation dans une grande variété de mission. Le fait que plusieurs unités de premier rang aient été coulé par des sous-marins (cuirassés Gaulois Suffren Danton sans oublier le croiseur cuirassé Léon Gambetta) fût un argument massue pour convaincre l’état-major de laisser une place de choix aux sous-marins dans la marine de l’après guerre.

Les premières études furent esquissées dès 1916 mais le début officiel des études est fixé au 21 février 1917 quand l’état-major de la marine demanda à la Direction Militaire des Services de Travaux l’étude et la mise en chantier de quatre catégories de sous-marins : un sous-marin garde-côte de 300 tonnes, un sous-marin d’escadre de 2000 tonnes et de 25 noeuds (la vitesse maximale des cuirassés à cette époque était de 20-21 noeuds), un sous-marin de haute-mer de 1000 tonnes et un sous-marin mouilleur de mines de 1200 tonnes.

Le 28 juillet, une Commission d’études Pratiques du sous-marin (CEPSM) est créée pour centraliser les expériences de la guerre et les demandes des commandants.

Sur le plan numérique, le Statut Naval de 1912 prévoyait un total de 94 sous-marins mais il n’y avait 75 en service et 11 à remplacer ce qui nous laissait un déficit de trente submersibles, chiffre qui passait à 50 en tenant compte du délai entre la décision de construction et la mise en service.

Le 22 septembre 1917, l’amiral de Bon, chef d’état-major de la marine demandait la construction de 50 sous-marins en dix ans répartis en trois catégories : deux sous-marins «conventionnels» à canons et torpilles et une troisième catégorie, une classe de sous-marins mouilleur de mines.

Le CEPSM va donc orienter ses recherches autour d’un sous-marin de grande patrouilles (1000 tonnes 15 noeuds 10 tubes lance-torpilles et un canon de 120mm), un sous-marin de petite patrouille (500 tonnes, 13 noeuds, 6 tubes et 1 canon de 100mm), un sous-marin mouilleur de mines (500 tonnes 11 noeuds 4 tubes 1 canon de 100mm et 18 mines) et enfin un sous-marin d’escadre (2500 tonnes, 25 noeuds, 15 tubes et 2 canons de 138mm).

Dans le cas d’un programme de 94 sous-marins, le CEPSM recommandait 12 sous-marins mouilleur de mines, 25 de grande patrouille, 55 de petite patrouille.

Le Jean Autric ex-U 105

Le Jean Autric ex-U 105

Les projets se multiplièrent et pour faire la jonction entre sous-marins anciens et sous-marins encore dans les limbes des mesures transitoires furent prises comme la modernisation des sous-marins existants et la remise en service de sous-marins saisis en Allemagne et en Autriche-Hongrie.

C’est ainsi qu’en 1922, notre marine nationale disposait de 48 sous-marins : quatorze anciens non refondus (cinq type Verrier cinq type Atalante, deux de type Clorinde et deux mouilleurs de mines, les Maurice Callot et Pierre Chailley), dix-sept sous-marins refondus ou en cours de refonte (deux de type Neréide, deux de type Fulton quatre de type Lagrange, deux type Sané, trois type Atalante et trois type Gorgone et Daphné), six sous-marins en construction pour l’étranger réquisitionnés au début de la guerre et enfin onze sous-marins ex-allemands.

Les différents projets arrivèrent à maturité au printemps 1920 et le 1er avril 1920, le Conseil supérieur de la Marine décida de faire procéder immédiatement à la construction de 12 sous-marins, la construction de ses submersibles étant intégré au projet 171.

Le Requin

Le Requin

Sur ces douze unités, six étaient des sous-marins de grande patrouille de type Requin (projet C4) et six des sous-marins de moyenne patrouille de type Ondine, les premiers étant construits par les Arsenaux et les seconds par l’Industrie.

Cette première commande fût suivie de beaucoup d’autres. Ne pouvant construire de nombreux cuirassés en raison des traités, notre pays vit dans le sous-marin un moyen se doter d’une puissante marine, suffisamment dissuasive vis à vis de l’Italie, notre principal adversaire qui avait obtenu la parité à Washington en 1922.

Dans la catégorie des sous-marins de grande patrouille, la classe Requin composée de neuf sous-marins financés à la tranche 1922 et au contingent de 1923 furent complétés par l’imposante série des «1500 tonnes» soit trente et une unités que l’on peut répartir entre la classe Redoutable (M5) composée de deux unités financée à la tranche 1925 et la classe Pascal (M6) composée de vingt-neuf unités dont le financement s’est étalé sur  les tranches 1925 (sept) 1926 (cinq) 1927 (cinq) 1929 (six) et 1930 (six) mais deux ont été perdus avant le 1er septembre 1939 : le Promethée en 1932 au large de Cherbourg et le Phenix en 1939 au large de l’Indochine.

Le Casabianca, un sous-marin de 1500 tonnes type Pascal

Le Casabianca, un sous-marin de 1500 tonnes type Pascal

Aux trente-huit sous-marins de grande patrouille s’ajoutèrent des sous-marins de deuxième classe répartis en trois classes différentes :

-La classe Ondine/Sirène composée de douze sous-marins financés à la tranche 1922 (six) et     au contingent 1923 (six)

-La classe Argonaute composée de seize sous-marins financés au titre de la défense des côtes     aux contingents 1926, 1927, 1928 et 1929.

Le sous-marin Ceres de classe Minerve

Le sous-marin Ceres de classe Minerve

-La classe Amirauté (ou Minerve) composée de six sous-marins financés au contingent 1930     (quatre) et au contingent 1936 (deux).
Enfin, nous trouvons deux classes de sous-marins mouilleur de mines, la classe Saphir (six navires) financés à la tranche 1925 (deux), à la tranche 1926  1927 1929 et 1930 (un chacun) et classe Émeraude financé pour le premier d’entre-eux à la tranche 1937 et pour les trois autres à la tranche 1938 bis.

Le croiseur sous-marin Surcouf resta unique en son genre et sa mise au point interminable fût probablement à l’origine de l’abandon d’un nouveau type de sous-marin croiseur aux capacités plus réalistes (projet W) au profit de sous-marins plus «conventionnels».

Quand éclate la guerre de Pologne, notre marine nationale dispose de 77 sous-marins en service alors que de nombreux autres sont en construction pour remplacer les unités les plus anciennes comme les Requin et les Sirène.

Pour remplacer les Requin, les Redoutable et les premiers Pascal, avait été développé le projet Z2, un sous-marin à coque épaisse soudée de 1810 tonnes en surface soit trois cents tonnes de plus que les M5/6 et 700 de plus que les C4.

Ces nouveaux sous-marins de grande patrouille sont financés à la tranche 1934 (Rolland Morillot), au contingent 1937 (La Praya), à la tranche 1938 (La Martinique) et à la tranche 1938 bis (La Guadeloupe La Réunion).

Le renouvellement s’accélère avec le décret-loi du 1er avril 1940 qui finance la construction de six nouveaux submersibles (Ile de France Ile de Ré Ile d’Yeu Kerguelen Crozet Belle-Ile).

L’impulsion est encore accélérée avec le programme naval de 1941 qui finance à  la tranche 1943 trois submersibles ( Ile d’Oleron Ile de Brehat Ile d’Aix), la tranche 1944 finance six autres submersibles (Saint Marcouf; Ile de Molène; Aber Wrach; Ile de Batz; Ile de Porquerolles et Ile d’If) et la tranche 1945 six nouveaux «1800 tonnes» (Mayotte Nouvelle Calédonie Tromelin Wallis et Futuna Clipperton et St Pierre et Miquelon)

26 submersibles de type Rolland Morillot sont donc commandés auxquels s’ajoutent un total de quatre sous-marins d’un type approchant mais dont les différences sont suffisamment grandes pour justifier l’existence d’une classe autonome.

En effet, la tranche 1947 des constructions navales finance la construction de quatre sous-marins de grande patrouille de type Rolland Morillot mod. Ils reprennent les noms des anciens submersibles allemands récupérés en 1920 et portant le nom de marins morts durant le premier conflit mondial (Jean Autric Jean Corre René Audry Trinité Schillemans).

A ces trente sous-marins de grande patrouille s’ajoutent deux sous-marins expérimentaux reprenant la coque des Rolland Morillot et destinés à des essais et des expérimentations mais pouvant si nécessaires mener des missions de guerre.

Financés à la tranche 1945, les Laubeuf  et Roquebert vont être les fleurons du Groupe d’Action Sous-Marine (GASM) créé en 1943 et destiné à mener à grande échelle des expérimentations techniques et tactiques.

En temps de guerre, le GASM doit récupérer le retour d’expérience des commandants pour proposer des solutions tactiques ou résoudre des problèmes techniques relevés durant les patrouilles de guerre.

Le sous-marin Aurore type Y3

Le sous-marin Aurore type Y3

Le remplacement des 600 tonnes est prévu par de nouveaux sous-marins. Comme pour les 1500 tonnes, les remplaçant des Ondine, Argonaute et Minerve étaient plus gros avec un déplacement standard de 800 tonnes.

Un premier sous-marin baptisé Aurore est financé à la tranche 1934. Il est suivi par quatre autres submersibles financés à la tranche 1937 (La Créole La Bayadère La Favorite L’Africaine), quatre autres submersibles sont financés à la tranche 1938 (L’Astrée L’Andromède L’Antigone L’Andromaque).

Deux submersibles sont financés par la tranche 1938bis (L’Artemis L’Armirde) et ces deux sous-marins sont suivis par quatre autres sous-marins financés à la tranche 1938ter (Hermione Gorgone Clorinde Cornelie)

Le 24 juin 1939, un décret autorise la construction d’un sous-marins pour remplacer le Phenix perdu en Indochine. Le modèle choisit est le Y4, une version tropicalisée du Y3. Il reprend le nom du sous-marin perdu au large de Cam-Ranh Le 29 décembre 1939, un nouveau décret finance la construction de douze submersibles qui seront du type Y4.

C’est ainsi que quand la seconde guerre mondiale éclate, notre marine dispose de 84 sous-marins soit une augmentation quantitative mais également qualitative de notre sous-marinade.