9-Croiseurs légers (9)

Le Jean de Vienne

Le croiseur léger Jean de Vienne en 1937

Le croiseur léger Jean de Vienne en 1937

Le Jean de Vienne est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient dans la Forme de Lanester le 20 décembre 1931, remplaçant le ravitailleur de sous marins Jules Verne. Il y est construit en très bonne compagnie puisqu’au même moment l’Arsenal de Lorient construit les contre-torpilleurs Le Fantasque et L’Audacieux.

Les travaux ne commencent cependant réellement que le 2 août 1933 et si la coque flotte pour la première fois le 15 mars 1934 lors de la mise à flot des deux contre-torpilleurs, la mise à flot du deuxième croiseur de 7600 tonnes n’ à lieu que le 31 juillet 1935.

Armé pour essais le 1er février 1936, il effectue sa première sortie à la mer le 2 avril 1936. Les  essais officiels commencent le 30 avril et s’achèvent par l’entrée au bassin pour démontage le 1er juillet.

Entré en armement définitif le 1er septembre 1936, les démontages sont achevés le 1er octobre et après d’ultimes vérifications, la clôture d’armement du croiseur est prononcée le 10 février 1937.

Le 9 mars 1937, le Jean de Vienne quitte son port constructeur pour Brest. La croisière d’endurance à cependant lieu depuis Lorient, le croiseur quittant le Morbihan le 2 avril, fait escale à Tanger du 4 au 6 avril avant d’arriver à Toulon le 7 avril jour de son admission au service actif.

L’arrivée de deux croiseurs légers entrainent une réorganisation des divisions de croiseurs de l’Escadre de la Méditerranée le 2 novembre 1937. La 1ère DC se compose désormais des croiseurs lourds Algérie Dupleix Foch et Colbert, la 2ème DC se compose désormais des croiseurs lourds Duquesne Tourville et Suffren et enfin la 3ème DC composée des croiseurs légers La Marseillaise (Amiral) Jean de Vienne et La Galissonnière.

A l’été 1939, la 3ème DC quitte Toulon pour Bizerte afin de faire pression sur les italiens dont on ignore à l’époque les desseins.

Le 1er juillet 1939 est formée la 4ème escadre composée de la 3ème DC et de contre-torpilleurs. Au printemps 1940, la 3ème DC devient 2ème DC en raison du choix de donner des numéros pairs aux divisions de croiseurs légers et des numéros impairs aux divisions de croiseurs lourds

Suite à d’importants mouvements de la Regia Marina au printemps 1940 avec notamment quatre convois fortement escortés en direction de la Libye, un dispositif de surveillance des côtes tunisiennes est mise en place avec l’aide d’avions et d’hydravions basés à terre, de poste de guêts alors qu’au large les unités de la 6ème Escadre Légère sont chargés de la surveillance hauturière.

Ce dispositif lourd et contraignant, inspiré de celui mis en place durant la Guerre d’Espagne voit la 2ème DC patrouiller dans un triangle Malte-Tunisie-frontière libyenne, les trois croiseurs se relayant jusqu’au 25 septembre 1940 quand ce dispositif est allégé puis supprimé le 31 décembre 1940.

Le Jean de Vienne effectue ainsi une mission de surveillance du 17 juin au 2 juillet 1940 avant une période d’indisponibilité du 3 au 14 juillet pour entretien et permissions de l’équipage.

Après quelques essais à la mer les 15 et 16 juillet, le croiseur relève son sister-ship La Marseillaise pour une nouvelle mission de surveillance du 19 juillet au 4 août suivit d’une seconde mission du même genre du 25 août au 6 septembre.

Entre ses deux missions, il reste à Bizerte où sort à proximité de son  port d’attache pour des entrainements en solitaire ou en compagnie de La Galissonnière du 7 au 15 septembre pour un entrainement au combat de nuit puis un entrainement de défense aérienne à la mer du 18 au 25 septembre. La dernière mission de surveillance du Jean de Vienne à lieu du 22 octobre au 14 novembre en relève de La Galissonnière.

Après une période d’entretien à flot du 15 novembre au 20 décembre 1940, le Jean de Vienne sort pour essais du 21 au 26 décembre avant une remise en condition du 28 décembre 1940 au 5 janvier 1941.

Le 7 janvier 1941, la 2ème DC sort au grand complet, le Jean de Vienne navire-amiral de la 6ème EL étant le premier navire à enbouquer le canal reliant le lac de Bizerte à la mer suivit par La Galissonnière _navire-amiral de la division_ et par La Marseillaise.

Les trois croiseurs font escale à Mers-El-Kebir pour se ravitailler du 10 au 12 janvier (même si les travaux de la base sont loin d’être encore achevés), franchit le détroit de Gibraltar puis gagne Brest où la division arrive le 16 janvier 1941.

La 2ème DC retrouve la 4ème DC composée des croiseurs légers Gloire Montcalm et Georges Leygues.

Les deux divisions vont manoeuvrer ensemble et avec une partie des contre-torpilleurs basés à Brest en l’occurence la 2ème DCT au complet (Jaguar Chacal et Léopard) et une partie seulement des 8ème DCT (Le Triomphant et Le Malin, l’Indomptable étant indisponible pour grand carénage) et 10ème DCT (Le Fantasque seul disponible, le Le Terrible étant en travaux à flot et L’Audacieux subissant une indisponibilité accidentelle).

Les six croiseurs et les six contre-torpilleurs appareillent de Brest le 18 janvier pour un exercice en mer d’Iroise. Tout commence par un exercice de combat antisurface, les contre-torpilleurs attaquant les croiseurs puis les croiseurs tentant d’intercepter des torpilleurs cherchant à gagner La Manche (18 au 25 janvier).

Après un ravitaillement auprès du pétrolier Nièvre mouillé en baie de Douarnenez (26 au 29 janvier), la 2ème DC se retrouve à attaquer la 4ème DC et les contre-torpilleurs avant que la 2ème DCT, La 8ème DCT et le 10ème DCT ne s’allie aux croiseurs «tunisiens» contre les croiseurs «brestois» (30 janvier au 9 février).

Après un mouillage en rade de Brest jusqu’au 16 février, la 2ème DC quitte la Bretagne, fait escale à Lorient du 18 au 21 février, à Saint Nazaire du 22 au 25 février, à Hendaye du 27 février au 1er mars, à Lisbonne du 3 au 7 mars, à Casablanca du 9 au 12 mars, franchit le détroit de Gibraltar le 14 mars avant de rentrer à Bizerte le 18 mars 1941.

Après une période d’indisponibilité du 19 au 30 mars, le Jean de Vienne sort pour essais du 1er au 4 avril avant de sortir pour entrainement en compagnie de La Marseillaise du 5 au 21 avril, faisant escale à La Valette du 22 au 27 avril, à Nicosie du 30 avril au 2 mai, à Lattaquié du 3 au 7 mai et à Beyrouth du 8 au 12 mai.

Le 21 mars 1941, la ville de Besançon devient ville-marraine du croiseur léger, Jean de Vienne premier amiral de France étant né à Dole dans la Jura à  proximité de Besançon.

Après un entrainement avec le Duguay-Trouin du 13 au 30 mai 1941, les deux croiseurs légers font escale à Alexandrie du 31 mai au 4 juin avant de rentrer à  Bizerte le 7 juin 1941.

Victime d’une avarie, le Jean de Vienne est en indisponibilité imprévue du 10 juin au 7 juillet avant des essais à la mer du 8 au 13 juillet suivis d’un entrainement en solitaire du 17 juillet au 4 août avant un retour à Bizerte le 7 août 1941.

Il sort avec son sister-ship La Marseillaise pour un entrainement combiné du 12 août au 7 septembre 1941, les deux navires ne passant que quelques heures dans le port de Sfax pour se ravitailler.

Ils enchainent successivement un entrainement au combat de nuit (12 au 20 août), un entrainement à la défense aérienne à la mer (22 au 28 août) et un entrainement au bombardement littoral suivi de la mise à terre des compagnies de débarquement pour la prise d’un ilôt désertique au large de Djerba (30 août au 7 septembre). Les deux navires sont de retour à Bizerte le 15 septembre après une escale à La Valette du 8 au 12 septembre 1941.

Le 25 septembre, le croiseur léger Jean de Vienne était au mouillage en alerte à 4h pour simuler un appareillage suite à une alerte au bombardement aérien, l’Amirauté voulant à tout prix éviter un embouteillage du lac suite à un bombardement ennemi (sous entendu italien) massif.

La base navale de Bizerte reçoit alors un SOS d’un hydravion de grande patrouille Bréguet Bizerte en difficulté au large du cap Bon. Le croiseur léger reçoit l’ordre d’appareiller le plus rapidement possible ce qu’il fait une heure et demi après la réception du SOS.

Après plusieurs heures de recherche (avec lancement de son hydravion Loire 130), le croiseur léger retrouve le Bréguet Bizerte et son équipage. Une remorque est passée mais alors que  l’on pensait pouvoir ramener le biplan trimoteur à sa base, le temps se dégrade et la remorque casse.

Pour éviter que l’épave ne soit une gêne pour la navigation, l’épave retrouvée le lendemain matin au large de Tunis est détruite à la mitrailleuse par un Bloch MB-175.

Rentré à Bizerte le 26 septembre 1941 dans la soirée, le Jean de Vienne ressort avec son sister-ship La Marseillaise du 4 au 21 octobre pour une série d’exercices avec tirs réels de 152mm contre terre et en mer sans oublier des lancement de torpilles contre un vieux cargo saisi par les Douanes. Ils sont de retour à Bizerte le 23 octobre 1941.

Après une période d’entretien à flot du 24 octobre au 12 novembre 1941, le Jean de Vienne ressort pour essais du 13 au 18 novembre avant une remise en condition effectuée en compagnie de son sister-ship La Marseillaise du 21 novembre au 12 décembre. Il sort encore une fois du 15 au 23 décembre pour un entrainement au combat de nuit.

Le 7 janvier 1942, le cuirassé Richelieu appareille pour une mission de représentation en Amérique du Sud, territoire où l’influence française n’était pas absente mais qui était tenté par un régime autoritaire de type fascisant.

Pour montrer le pavillon de façon convaincante, la France met les petits plats dans les grands avec une escadre composée du cuirassé Richelieu, du croiseur léger Jean de Vienne (venu pour l’occasion de Bizerte), les torpilleurs d’escadre Le Corsaire et Le Flibustier et le pétrolier Elorn, chargé de ravitailler tout ce petit monde.

La Division Navale Française (DNF) quitte donc Toulon le 7 janvier 1942 sous le commandement du contre-amiral François de Penvers, faisant escale à Casablanca le 13 janvier avant de traverser l’Atlantique, arrivant à Rio de Janeiro le 21 janvier.

Ouverts au public, les cinq navires remportent un très grand succès auprès des brésiliens qu’il s’agisse de simples visites ou de réceptions officielles. La DNF repart le 28 janvier direction Montevideo où elle fait escale du 29 janvier au 5 février 1942 avant de gagner le même jour Buenos Aires où la division reste mouillée jusqu’au 17 février 1942 quand elle appareille pour Valparaiso au Chili, arrivant à destination le 1er mars après une escale de deux jours les 20 et 21 février à Port Stanley, l’Elorn connaissant quelques ennuis mécaniques.

Le pétrolier L'Elorn

Le pétrolier L’Elorn

La DNF fait escale dans la principale base chilienne du 17 au 29 mars 1942 avant une brève escale à Callao au Pérou du 30 mars au 2 avril puis à Guyaquil (Équateur) du 5 au 7 avril. Elle franchit le canal de Panama le 9 avril et après une escale de ravitaillement à Fort de France les 14 et 15 avril, elle rentre à Toulon le 25 avril. La DNF est dissoute le lendemain. Le Jean de Vienne rentre dans la foulée à Bizerte  où il arrive le 27 avril à temps pour son grand carénage.

Le Jean de Vienne est échoué au bassin n°1 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah du 2 mai au 17 décembre 1942 pour une remise en état complète et une modernisation de ses capacités militaires. La coque est grattée et repeinte, les hélices sont changées. La catapulte un temps menacée est finalement conservée.

Un premier radar de veille surface est installé tandis que la DCA est modernisée : les 8 mitrailleuses de 13.2mm en quatre affûts doubles sont remplacés par huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 en quatre affûts doubles et douze canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en six affûts doubles.

Après des travaux à quai du 18 décembre 1942 au 4 janvier 1943, le croiseur léger est armé pour essais le 5 janvier. Il sort du 7 au 12 janvier pour essais en solitaire avant d’effectuer sa remise en condition en compagnie de son sister-ship La Galissonnière alors que La Marseillaise  à remplacé le Jean de Vienne dans le processus de grand carénage (26 décembre 1942 au 5 juin 1943).

La remise en condition du croiseur léger à lieu du 14 au 25 janvier 1943 avant une période complémentaire de travaux à flot jusqu’au 2 février date à laquelle le Jean de Vienne est (enfin selon certains) disponible.

La 2ème DC sort le 7 février 1943 pour accueillir au large de Bizerte le contre-torpilleur Hoche. Construit à Nantes, le puissant contre-torpilleur complète la 11ème DCT composée du Mogador et du Volta.

A noter que ces deux derniers sont encore armés de huit canons de 138mm en quatre pseudo-tourelles doubles et non de huit canons de 130mm en quatre pseudo-tourelles doubles comme le Hoche même si les travaux sont prévus sous peu.

Le contact est pris le 8 février, les deux croiseurs légers et le contre-torpilleurs manœuvrant ensemble jusqu’au 13 février quand ils retrouvent à Sfax les Mogador et Volta. Après un entrainement de la 11ème DCT (15 au 18 février), la 11ème DCT va affronter la 2ème DC du 21 au 27 février avant que les deux divisions ne rentrent ensemble à Bizerte le 1er mars 1943.

Le Jean de Vienne sort à nouveau pour un entrainement du 5 au 9 mars avant un déploiement au Levant toujours dans le but de dissuader l’Italie de toute menée hostile vis à vis de nos mandats.

Il arrive à Tartous en Syrie le 13 mars, faisant escale pendant cinq jours. Reprenant la mer le 18 mars, le croiseur fait escale à Beyrouth du 19 au 24 mars avant un exercice avec les forces de souveraineté présentes sur place et ce du 25 mars au 3 avril.

Rentré à Bizerte le 6 avril, il se ravitaille rapidement et ressort du 7 au 21 avril pour un exercice commun avec son sister-ship La Galissonnière, les deux croiseurs rentrant à Bizerte le 25 avril 1943 après une escale à Tunis du 22 au 24 avril 1943.

Le Jean de Vienne sort pour un entrainement au combat de nuit du 2 au 7 mai avant une escale à Sfax du 8 au 11 mai.

Reprenant la mer, il s’entraine à la surveillance aéromaritime, lançant à l’aube le 12 mai son Loire 130 et guidant plusieurs avions et hydravions sur des zones définies à l’avance. L’exercice se termine le 15 mai et le croiseur léger rentre à Bizerte le 17 mai 1943.

Après une période au mouillage dans le lac de Bizerte jusqu’au 22 mai, le croiseur léger sort pour un entrainement à la défense aérienne à la mer du 23 au 30 mai.

Le lendemain 1er juin, la 2ème DC (croiseurs légers La Galissonnière et Jean de Vienne) quittent Bizerte et participent du 2 au 12 juin 1943 à une partie des importantes manoeuvres menées par les 2ème et 4ème escadre depuis le 17 mai et jusqu’au 4 juillet. Les deux croiseurs rentrent à Bizerte  le 15 juin1.

Le Jean de Vienne est indisponible pour avarie du 15 juin au 5 juillet, une pollution du circuit d’alimentation en mazout ayant provoqué de sérieux dégâts sur au moins une chaudière que l’Arsenal de Sidi-Abdallah devra entièrement retuber. Après des essais à la mer convainquants du 6 au 12 juillet, le croiseur sort pour remise en condition du 13 au 30 juillet 1943.

Le Jean de Vienne sort pour un entrainement à la défense aérienne à la mer du 5 au 12 août suivit d’un entrainement au combat de nuit du 13 au 16 août. Du 17 au 30 août 1943, la 2ème DC sort pour entrainement avec notamment un spectaculaire tir de nuit dans le golfe de Gabès des 27 canons de 152mm de la division qui tirent un total de 270 obus de 152mm et des obus de 90mm. La 2ème DC rentre à Bizerte le 3 septembre 1943.

Après une période d’entretien à flot du 4 au 25 septembre, le Jean de Vienne sort pour essais du 26 au 30 septembre suivit d’un entrainement en solitaire du 1er au 10 octobre. Le 12 octobre, le Jean de  Vienne qui Bizerte pour Sfax le 14 octobre. Il y retrouve ses deux sister-ships de la 2ème DC et quatre torpilleurs de la 3ème DT.

Après une escale jusqu’au 18 octobre, la 2ème DC et la 3ème DT appareillent pour une série d’exercice : défense aérienne à la mer du 18 au 22 octobre, ravitaillement à la mer le 23 octobre, combat de nuit du 24 au 27 octobre, escorte et attaque de convois du 29 octobre au 5 novembre. Ils rentrent tous à Bizerte le 9 novembre.

Le 11 novembre 1943 pour le vingt-cinquième anniversaire de l’armistice à lieu une revue navale sur le lac de Bizerte, le résident général de Tunisie, Hugues de Puylaurent passe en revue à bord du croiseur La Galissonnière, le reste de la 2ème DC, la 3ème DT, les 7ème et 11ème DCT ainsi que plusieurs sous-marins.

Un défilé militaire à lieu également en ville avec des unités de l’armée de terre et des détachements des navires de la 6ème Escadre Légère y compris l’Emile Bertin alors en grand carénage. L’armée de l’air survole la ville avec les avions basés en Tunisie.

Le 14 novembre, le Jean de Vienne quitte Bizerte pour un entrainement au large du Sénégal. Il se ravitaille à Casablanca le 19 novembre puis arrive à Dakar le 22 novembre. Il s’entraine au tir à Rufisque du 25 novembre au 12 décembre avant un exercice combiné du 14 au 20 décembre 1943.

Il repart le lendemain 21 décembre, fait escale à Mers-El-Kebir du 27 au 30 décembre avant de rentrer à Bizerte le 3 janvier 1944.

La première sortie de l’année 1944 à lieu du 7 au 15 janvier quand la 2ème DC au complet sort pour un entrainement suivit d’une escale à La Valette du 16 au 24 janvier puis d’un déploiement dans les mandats libanais et syriens. La division est à Lattaquié en Syrie du 27 au 30 janvier puis à Beyrouth au Liban du 2 au 7 février avant de rentrer à Bizerte le 10 février 1944.

Du 14 février au 2  mars, les croiseurs de la 2ème DC par roulement participe à la remise en condition de l’Emile Bertin après son grand carénage. La Galissonnière sert de nounou du 14 au 21 février avant que le Jean de Vienne ne prenne sa place du 22 au 28 février alors que La Marseillaise ne ferme la marche du 29 février au 2 mars.

Le Jean de Vienne quitte Bizerte le 7 mars pour un essai de nouvelles torpilles, essais interrompus dès le 4 mars en raison de problèmes de chaudières qui font que le croiseur est indisponible du 5 mars au 12 avril. Après des essais satisfaisants du 13 au 20 avril, le croiseur léger est de nouveau déclaré disponible le 21 avril 1944.

Il sort pour un entrainement au combat de nuit du 22 au 26 avril puis un entrainement à la défense aérienne à la mer du 27 avril au 2 mai avant une escale à Sfax du 3 au 8 mai 1944.

Le 12 mai 1944 débutent les manoeuvres Harmattan destinés à répondre à des manoeuvres italiennes en Libye voisine. La 6ème Escadre Légère va y participer tout comme des unités des Forces Armées de Tunisie (FAT) et des unités de l’armée de l’air basés dans le protectorat.

Durant ces vingt-quatre jours d’exercices intensifs simulant une attaque de la ligne Mareth puis un raid sur les côtes tunisiennes, le Jean de Vienne et La Marseillaise vont aussi bien participer à des exercices de bombardement littoral en appui de troupes au sol, des exercices de combat de nuit, d’escorte et d’attaque de convois, de défense aérienne à la mer et même de mouillage de mines en protection de l’Emile Bertin. Les deux croiseurs rentrent à Bizerte le 10 juin après une escale à La Valette en compagnie de l’Emile Bertin.

Le 21 juin 1944, le Jean de Vienne appareille pour une nouvelle mission de présence au Levant, mission doublée d’une (discrète) mission de surveillance du Dodécannèse alors possession italienne.

Il fait escale à Lattaquié du 25 au 28 juin avant d’entamer sa mission de présence et de surveillance par une première patrouille du 30 juin au 12 juillet avant une escale au Pirée en Grèce du 13 au 17 juillet, une délégation d’officiers de la marine grecque visitant le croiseur pour la fête nationale française à savoir le 14 juillet.

Le croiseur léger effectue une nouvelle mission de surveillance et de présence du 18 juillet au 2 août, suivi à distance par un croiseur italien, le Pompeo Magno (classe Capitani Romani), les deux navires jouant au jeu du chat et de la souris. Après une ultime escale à Beyrouth du 2 au 9 août, le croiseur léger rentre  à Bizerte le 13 août et est indisponible jusqu’au 2 septembre 1944.

Il ressort pour essais du 3 au 7 septembre avant un entrainement de remise en condition du 8 au 16 septembre. De retour à Bizerte le 19 septembre, il sort pour un entrainement au combat de nuit en compagnie du contre-torpilleur Hoche et des torpilleurs de la 3ème DT du 25 septembre au 2 octobre.

Le Jean de Vienne ressort pour un entrainement à la défense aérienne à la mer du 12 au 20 octobre avant de préparer la remise en condition de son sister-ship La Galissonnière. Les deux croiseurs légers ne se quittent plus du 27 octobre au 12 novembre 1944, enchainant les entrainements à la navigation et au combat pour habituer un équipage qui dans le cas de La Galissonnière à été largement renouvelé.

Cette mise en condition à certes vu quelques écoles à feu mais pour un entrainement grandeur nature si l’on peut dire, mieux vaut aller à Rufisque près de Dakar pour

Les deux croiseurs légers quittent Bizerte le 14 novembre, font escale à Mers-El-Kebir pour se ravitailler le 17 novembre avant d’arriver à Dakar le 23 novembre. La traversée s’est déroulée à vitesse soutenue sans avaries mécaniques majeures.

Le stage à lieu du 24 novembre au 12 décembre avant de rentrer en Tunisie le 23 décembre après une escale de ravitaillement à Mers-el-Kebir le 18 décembre. Durant ce stage,  le Jean de Vienne à tiré un total de 180 obus de 152mm et 240 obus de 90mm. Le Jean de Vienne ne ressort plus jusqu’à la fin de l’année 1944.

La première sortie de l’année 1945 à lieu du 5 au 17 janvier pour une série de manoeuvres en compagnie de ses deux sister-ships La Galissonnière et La Marseillaise. Les trois croiseurs vont s’entrainer au combat de nuit, au lancement de torpilles, à l’utilisation de leur hydraviation, à la défense aérienne à la mer. La division fait ensuite escale à Sfax du 18 au 23 janvier puis à Alexandrie du 25 janvier au 1er février.

Les trois croiseurs légers vont manoeuvrer avec des unités de la Mediterranean Fleet basés au pays des Pharaon du 2 au 12 février avant une nouvelle escale à Alexandrie du 13 au 18 février. La 2ème DC fait ensuite escale à Beyrouth du 20 au 25 février avant de rentrer à Bizerte le 28 février.
Le Jean de Vienne est déclaré indisponible le 5 mars et commence à vidanger ses soutes et à débarquer ses munitions. On profite pour commencer à démonter ce qui doit être modifié comme la catapulte, les radars, les grues……….. .

Il est échoué au bassin n°3 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah le 20 mars pour un grand carénage. Il s’agit essentiellement de travaux de maintenance avec grattage et peinture de la coque, changement des hélices, retubage des chaudières, remplacement de plusieurs diesels-alternateurs.

Les canons de 152mm et de 90mm sont retubés, les pièces légères de DCA sont changées et des radars plus modernes installés. Un temps, on envisagea de débarquer la catapulte mais au final elle fût conservée.

Remis à flot le 4 septembre 1945, il est remorqué au quai d’armement pour des travaux complémentaires, notamment tout ce qui pouvait être réalisé hors du bassin. L’augmentation de la flotte mettait la pression sur les infrastructures notamment sur les bassins de carénage.

Armé pour essais le 21 septembre, le croiseur léger subit ses essais réglementaires du 23 au 28 septembre avant remise en condition du 29 septembre au 15 octobre en compagnie de ses deux sister-ship. La 2ème DC rentre au complet à Bizerte le 21 octobre après une escale à La Valette du 16 au 19 octobre 1945.

Les croiseurs légers Jean de Vienne et La Galissonnière sortent de Bizerte le 27 octobre et gagnent Mers-El-Kebir le 30 octobre. Du 1er au 9 novembre, elle vont servir de plastron aux défenses côtières du secteur d’Oran qui ont été totalement modernisées pour assurer une défense efficace de la base de la 4ème escadre ainsi que du port d’Oran à proximité qui est parfois utilisé par la marine.

Après un ravitaillement en carburant le 10 novembre, les deux croiseurs légers embarquent des hommes et du matériel pour la base aéronavale/station navale d’Ajaccio-Aspretto et quittent l’Afrique du Nord le 12 novembre pour la Corse où ils arrivent à l’aube le lendemain 13 novembre.

Le matériel débarqué, ils s’entrainent au large des îles Sanguinaires du 15 au 18 novembre avant une escale à Bonfiaccio du 19 au 23 novembre suivi d’un retour à Bizerte le 26 novembre 1945 à l’aube.

Du 7 au 15 décembre, la 2ème DC sort au complet pour un exercice de combat antisurface suivit d’une escale à Sfax du 16 au 22 décembre avant de rentrer à Bizerte le 24 décembre et de rester au port jusqu’à la fin de l’année 1945.

Le Jean de Vienne sort pour la première fois de l’année du 15 au 25 janvier 1946 pour un entrainement au large de Sfax où le croiseur léger fait escale du 26 janvier au 4 février avant de ressortir pour un nouvel entrainement du 5 au 17 février avant un retour à Bizerte le 25 février après une escale à La Valette sur l’île de Malte du 19 au 23 février.

Après une période d’entretien à flot (radars et artillerie) du 26 février au 4 mars, le Jean de Vienne ressort en compagnie de son sister-ship La Galissonnière pour entrainement du 14 au 23 mars 1946.

En escale à Sfax du 24 au 29 mars, les deux croiseurs légers y retrouvent le 30 mars les contre-torpilleurs de la 7ème DCT (Vauquelin Tartu et Chevalier Paul) pour un exercice en commun.

Tout commence par un affrontement entre les deux divisions du 1er au 7 avril avant un ravitaillement au dépôt pétrolier de Gabès (8 et 9 avril).

Du 10 au 16 avril 1946, La Galissonnière prend la tête de la 7ème DCT pour tenter d’intercepter le Jean de Vienne qui simulait un raider cherchant à intercepter des navires marchands et du 18 au 25 avril, c’est La Galissonnière qui devient le «méchant» poursuivit par le Jean de Vienne et les contre-torpilleurs. La 2ème DC et la 7ème DCT rentrent à Bizerte le 27 avril 1946.

Le Jean de Vienne ressort pour un entrainement au combat de nuit du 30 avril au 7 mai, mouillant la journée en baie de Gabès. Après un ravitaillement mouvementé (début d’incendie provoqué par la rupture d’un manche souple) le 8 mai, le croiseur léger ressort du 9 au 15 mai pour un entrainement de défense aérienne à la mer suivit après un nouveau ravitaillement à Gabès le 16 mai par un entrainement à l’escorte et à l’attaque de convois du 17 au 27 mai.

De retour à Bizerte le 30 mai 1946, le croiseur léger est indisponible du 1er au 24 juin (entretien courant et permissions de l’équipage) avant de sortir pour essais du 25 au 30 juin avant de reprendre l’entrainement par une sortie au large de Tunis du 2 au 13 juillet 1946.

Du 22 au 31 juillet 1946, le Jean de Vienne sort avec son sister-ship La Galissonnière pour un entrainement combiné avant une escale commune à La Valette du 2 au 8 août. Les deux croiseurs sont de retour à leur port d’attache le 10 août.

Le Jean de Vienne sort pour un entrainement aviation du 12 au 20 août, le croiseur effectuant de nombreux lancements de ses deux hydravions Dewoitine HD-731, des lancements simples, des lancements de nuit, des lancements avec charge militaire suivit de la délicate phase de récupération à la grue puisque le système de tapis d’amerrissage _théoriquement une bonne idée_ s’était révélée ingérable dans la pratique. Le croiseur léger rentre le 21 août à l’aube à Bizerte.

Après un exercice avec son sister-ship La Galissonnière du 30 aoû au 5 septembre, la 2ème DC va participer à la remise en condition du croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin.

C’est ainsi que du 9 au 21 septembre, la 2ème DC (La Galissonnière et Jean de Vienne) sort en compagnie de la 3ème DT pour participer à la remise en condition de l’Emile Bertin qui sortait de grand carénage et qui le 22 septembre redevint navire-amiral de la 6ème Escadre Légère en remplacement du contre-torpilleur Mogador qui avait assuré l’intérim.

Du 27 septembre au 3 octobre, les croiseurs légers Jean de Vienne et La Galissonnière sortent pour un entrainement commun avant de retrouver à la mer leur sister-ship La Marseillaise sortant de son grand carénage le lendemain, 4 octobre.

Les trois croiseurs vont s’entrainer de manière intensive jusqu’au 16 octobre qu’il s’agisse de la navigation de combat, de la défense aérienne à la mer, lancement de torpilles, tir de jour et de nuit…….. . Après un ravitaillement en baie de Gabès le 17 octobre, la division s’entraine jusqu’au 5 novembre (avec plusieurs ravitaillement à la mer) avant de rentrer à Bizerte le 8 novembre 1946.

La 2ème Division de Croiseurs sort au complet du 12 au 25 novembre avant une nouvelle croisière en direction du Levant, toujours dans le but de maintenir la pression sur l’Italie qui occupait le Dodécanèse.

Quittant Bizerte le 27 novembre, les trois croiseurs embouquent le canal de Bizerte (dans l’ordre : Jean de Vienne, La Galissonnière et La Marseillaise), contournent le cap Bon puis traversent le bassin oriental de la Méditerranée à grande vitesse jusqu’à Lattaquié où ils font escale du 2 au 8 décembre. Ils sont ensuite à Beyrouth du 9 au 15 décembre, à Haïfa du 16 au 19 décembre, à Alexandrie du 21 au 26 décembre avant de rentrer à Bizerte le 30 décembre 1946.

Les croiseurs légers La Galissonnière et Jean de Vienne sortent pour entrainement du 5 au 17 janvier avant une escale à Sfax du 18 au 23 janvier. Retrouvant à la mer le croiseur léger La Marseillaise le 24 janvier, la division au complet manoeuvre au large de la Tunisie jusqu’au 10 février, rentrant à Bizerte le 13 février 1947.

Le Jean de Vienne sort pour une mission spéciale du 14 au 21 février, apportant du matériel militaire à Aspretto, la base navale de la marine nationale en Corse. Au lieu de rentrer à Bizerte, le croiseur léger après une période au mouillage en Corse (22 au 28 février) gagne Toulon où  il arrive le 2 mars 1947

Ayant été choisit pour participer à un exercice franco-britannique, le Jean de Vienne va s’entrainer du 3 au 10 mars avec les autres navires choisis pour cet exercice : le porte-avions Joffre, le cuirassé Alsace, le croiseur lourd Henri IV, le croiseur léger De Grasse, les trois contre-torpilleurs de la 12ème DCT (Desaix Kleber Marceau), quatre torpilleurs d’escadre, trois sous-marins et deux pétroliers Elorn et Liamone.

Cette escadre baptisée Force T appareille de Toulon le 12 mars et arrive à La Valette le 15 mars  pour  participer à des exercices avec la Mediterranean Fleet sur le modèle des exercices Entente Cordiale qui engage la flotte de l’Atlantique et la Home Fleet. Cet exercice est baptisé «Cordial Agreement» en guise de clin d’oeil

Pour cette première, la flotte britannique de la Méditerranée à mobilisé les cuirassés Nelson et Rodney, le porte-avions Indomitable, les croiseurs légers Belfast et Newcastle, six destroyers et quatre sous-marins.

Inutile de vous dire que le vieux port de La Valette était largement embouteillé et les quais ouverts au public noirs de monde pour admirer cette magnifique escadre franco-britannique. Par courtoisie, les navires de chaque marine arboraient en plus de leur pavillon national, le pavillon de l’autre marine.

L’exercice commence par un exercice à terre le 16 mars pour s’accorder sur les règles lors des exercices et faire travailler la théorique. Les choses sérieuses commence le lendemain 17 mars par un exercice de lutte ASM.

Les sous-marins anglais et français vont ainsi tenter des attaques contre les navires français anglais selon plusieurs scénarios : soit des attaques contre des navires naviguant seuls ou des groupes occasionnels par exemple celui formé par les porte-avions Joffre et Indomitable, le cuirassé Alsace, les croiseurs légers De Grasse Jean Vienne et Belfast et plusieurs destroyers.

Le 18 mars, c’est un exercice de défense aérienne à la mer avec le matin, les deux groupes nationaux attaqués par des chasseurs bombardiers Supermarine Spitfire et des bombardiers torpilleurs Bristol Beaufort basés à Malte mais l’après midi, la force navale britannique attaque avec des bombardiers en piqué Douglas Dauntless et des avions torpilleurs Fairey Albacore les navires français.

Les 19 et 20 mars, c’est un combat d’escadre qui oppose la force T à son homologue britannique, à tour de rôle les deux forces cherchant à défendre Malte d’un raid amphibie.

Le 21 mars, les deux escadres gagnent la Tunisie, des îlots désertiques de la côte tunisienne servant de cible aux canons de 406,380, 203,152,130 et 120mm dans un bruyant concert sans parler des avions embarqués.

Les trois cuirassés, les deux porte-avions, les quatre croiseurs légers, le croiseur lourd, les neuf destroyers, les pétroliers et les sous-marins font ensuite escale à Bizerte où ils sont passés en revue par le résident général en Tunisie avant de se séparer le lendemain 22 mars, les navires français rentrant à Toulon le 24 mars 1947 au matin sauf le Jean de Vienne resté à Bizerte son port d’attache.

Après une période d’indisponibilité pour entretien du 23 mars au 7 avril, le Jean de Vienne sort pour essais du 8 au 15 avril puis pour remise en condition en compagnie de son sister-ship La Marseillaise du 17 avril au 5 mai, les deux croiseurs faisant escale à Tunis du 6 au 9 mai, à La Valette du 10 au 15 mai avant de rentrer à Bizerte le 17 mai 1947.

Le Jean de Vienne et La Marseillaise sortent de nouveau pour exercice du 27 mai au 4 juin avant une escale à Sfax du 5 au 10 juin. Les deux croiseurs manœuvrent à nouveau ensemble du 11 au 30 juin avant de rentrer à Bizerte le 3 juillet 1947.

Le 7 juillet, le Jean de Vienne appareille pour le Levant, arrivant à Beyrouth le 11 juillet et restant à quai jusqu’au 17 juillet quand le croiseur léger appareille pour des manoeuvres avec la Division Navale du Levant jusqu’au 30 juillet quand il arrive à Lattaquié pour une escale qui s’achève le 5 août, date de son départ pour Bizerte où il arrive le 10 août 1947.

La 2ème DC (Jean de Vienne et La Marseillaise) ressortent du 17 au 28 août pour un exercice combiné entre Bizerte et Tunis suivit après un ravitaillement rapide le 29 août par un entrainement à la défense aérienne à la mer du 30 août au 7 septembre puis un entrainement au combat de nuit du 8 au 15 septembre. Les deux croiseurs rentrent à Bizerte le 17 septembre 1947 à l’aube.

Après une période d’entretien à flot du 18 septembre au 5 octobre, le Jean de Vienne sort pour entrainement du 8 au 15 octobre avant de gagner Tunis où il retrouve le 19 octobre, son sister-ship La Galissonnière dont il va assurer la remise en condition.

Quittant Tunis le 20 octobre, les deux croiseurs manœuvrent au large des côtes de l’Afrique du Nord jusqu’au 29 octobre quand ils font escale à Mers-El-Kébir pour ravitaillement et ce jusqu’au 31 octobre. Reprenant la mer, les deux croiseurs légers vont gagner le polygone de tir de Rufisque pour entrainement au tir.

Ils arrivent à Dakar le 7 novembre 1947 et s’entrainent au polygone de Rufisque du 9 au 27 novembre avant une escale à Port-Etienne du 29 novembre au 3 décembre. Reprenant la mer, ils font une escale rapide à Mers-El-Kébir le 7 décembre avant de rentrer à Bizerte le 10 décembre 1947.

Le 12 décembre, La Galissonnière redevient navire-amiral de la 2ème DC et sort deux fois pour entrainement à savoir du 13 au 18 décembre et du 20 au 26 décembre 1947 en compagnie du Jean de Vienne.

La première sortie de la 2ème DC au complet à lieu du 5 au 15 janvier 1948 quand les trois croiseurs légers s’entrainent dans le sud tunisien en compagnie de plusieurs sous-marins et de l’armée de l’air qui tente de couler les trois croiseurs qui font mieux que se défendre.

Après une escale à Sfax du 16 au 19 janvier, les trois croiseurs légers retrouvent à la mer les torpilleurs légers de la 3ème DT mais également de la 1ère DT ( Le Fier L’Agile L’Entreprenant Le Farouche) venue de Toulon pour un entrainement du 20 janvier au 2 février avant un mouillage dans le Golfe de Gabès pour ravitaillement et repos jusqu’au 9 février 1948.

Les trois croiseurs et les huit torpilleurs légers vont ensuite s’entrainer au combat de nuit du 10 au 15 février avant de gagner le Levant pour une escale à Lattaquié (18 au 21 février), à Tartous (22 au 25 février) , à Beyrouth (26 février au 2 mars), Haïfa (4 au 7 mars) avant de rentrer à Bizerte le 11 mars 1948.

Le Jean de Vienne vidange alors ses soutes et débarque ses munitions avant d’être échoué au bassin n°3 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah le 15 mars pour des travaux jusqu’au 8 août 1948.

La coque est grattée, sablée et repeinte, les hélices changées, les chaudières retubées, les locaux-vie sont modernisés. L’électronique est remise à niveau, les canons  de 152 et de 90mm sont retubés et la DCA renforcée avec douze canons de 37mm Schneider modèle 1941 en trois affûts quadruples et seize canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en huit affûts doubles. La catapulte est débarquée pour réduire un début de surcharge dans les hauts.

La guerre semblant chaque jour plus proche, les travaux sont accélérés. Les essais à la mer sont menés du 17 au 19 août avant remise en condition du 20 au 2 septembre quand il est de nouveau disponible, trois jours avant le début d’une nouvelle conflagration mondiale.

9-Croiseurs légers (8)

D-Croiseurs légers classe La Galissonnière

Le croiseur léger La Galissonnière en 1936

Le croiseur léger La Galissonnière en 1936

Avant-propos

Dans l’entre-deux-guerre la politique navale française est orienté toute entière vers un conflit contre l’Italie. Les motifs de friction ne manquent pas entre Paris et Rome notamment avec l’arrivée de Mussolini au pouvoir qui réclame l’annexion de terres considérées comme irrédentes : Nice, la Savoie, la Corse, la Tunisie et Djibouti.

Une véritable rivalité navale oppose la Royale à la Regia Marina et aux réalisations italiennes s’opposent les réalisations françaises et inversement. L’absence de construction de cuirassés reportent la rivalité dans les unités légères qu’il s’agissent des contre-torpilleurs et des croiseurs.

Les constructions navales françaises et italiennes sont également influencées par les traités navals de l’entre-deux guerre. Le traité de Washington de février 1922 identifie un croiseur comme un navire d’un tonnage maximal de 10000 tonnes et d’une artillerie principale d’un calibre maximal de 203mm.

Commence alors une course au croiseur lourd qui remplace la course au cuirassé antérieure et bien vite les limites sont atteintes par les différentes marines sans parler de l’agacement de la marine britannique qui se désole de ne pouvoir en construire suffisamment pour ses besoins.

Un nouveau traité est signé le 22 avril 1930 à Londres. Il définit deux catégories de croiseurs, la catégorie A («Heavy Cruiser» pour les marines américaines et anglaises; «Croiseur de 1ère classe» pour la marine nationale) qui comprend des croiseurs dont l’artillerie principale est d’un calibre compris entre 155 et 203mm et la catégorie B («Light Cruiser» ou «Croiseur de 2ème classe») qui comprend d’un navire d’un tonnage supérieur à 1850 tonnes Washington et dont l’artillerie est comprise entre 130 et 155mm.

La France avait anticipé le traité de Washington en construisant trois croiseurs dit spécialisés qu’il s’agisse du croiseur mouilleur de mines Pluton, du croiseur école Jeanne d’Arc et du croiseur léger Emile Bertin.

Ce dernier va servir de base aux premières études lancées dès la promulgation du traité de Londres en avril 1930. Une série de notes est échangé entre juin 1930 et juillet 1931. Les caractéristiques du projet sont ainsi définies :

-Déplacement : 8214 tonnes métriques (7720 tonnes Washington)

-Longueur : 172m entre perpendiculaires

-Propulsion : 4 lignes d’arbres et 4 chaudières

-Vitesse maximale : 31 noeuds

-Autonomie : 3000 miles nautiques à 18 noeuds

-Armement : 9 canons de 152mm en trois tourelles triples (deux avant et une arrière) 4 canons de 90mm en deux plate-formes doubles, 8 canons de 37mm, 8 mitrailleuses de 13.2mm, 6 tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes triples

-Protection : ceinture de 105mm pont blindé de 38mm
-Aviation : 4 hydravions d’1.6 tonnes (deux en hangar, un sur le pont et un sur la catapulte)

Comme on le voit, les caractéristiques techniques des nouveaux croiseurs sont en retrait par rapport à l’Emile Bertin. On recherche moins la performance pure que l’endurance.

Les nouveaux croiseurs de 2ème classe ont une forme de coque inspirée de l’Emile Bertin et du croiseur lourd Algérie mais à la poupe ronde en cul de poule, les La Galissonnière préférèrent une poupe carrée rendue nécessaire par l’utilisation d’un tapis flottant pour récupérer les hydravions. Cela leur valu le surnom de «culs carrés».

Le projet est donc définitivement validé en juillet 1931. Deux navires sont financées au budget 1931 et quatre autres au budget 1932. Ils sont baptisés en octobre 1931 (La Galissonnière et Jean de Vienne) et en décembre 1932 (La Marseillaise, Chateaurenault puis Georges Leygues, Gloire et Montcalm), la construction étant répartie entre six chantiers différents, les deux premiers étant construits par les Arsenaux et les quatre autres par les chantiers privés, «L’industrie» comme on disait à l’époque.

La Galissonnière

Le La Galissonnière peu avant son lancement

Le La Galissonnière peu avant son lancement

Il est mis en chantier le 27 octobre 1931 et mis sur cale le 15 décembre 1931 à la cale du Point au Jour. Il est lancé le 18 novembre 1933. Il est armé pour essais le 20 mars 1935.

Le La Galissonnière effectue sa première sortie à la mer le 24 mai et réalisé son essai de présentation en recette le 13 juin avant un passage au bassin jusqu’au 19 juin. Les essais officiels ont lieu du 20 juin au 14 juillet 1935 avant un passage au bassin et au quai d’armement pour démontages et vérification du 15 juillet 1935 au 15 janvier 1936.

Armé définitivement le 1er janvier 1936, il subit les essais de tirs le 17 janvier 1936 avant de subir les derniers travaux de mise au point. La clôture d’armement est prononcée le 1er avril, le croiseur effectuant ensuite sa traversée de longue durée, faisant escale à Beyrouth (3 mai 1936), Oran (15 au 17 mai) et Quiberon (20 au 24 mai).

Il est de retour à Brest le 25 mai et subit alors les visites de garantie du 1er juin au 1er septembre 1936. Admis au service actif le 29 octobre 1936, le nouveau fleuron des forces légères françaises appareille de Brest le même jour direction Toulon où il arrive le 11 novembre 1936 après une mission de présence au large de l’Espagne en pleine guerre civile.

A son admission au service actif, il forme une division baroque avec les croiseurs lourds Duquesne Tourville et Suffren, la 3ème DL devenue 3ème DC le 12 avril 1937.

L’arrivée de deux croiseurs légers entrainent une réorganisation des divisions de croiseurs de l’Escadre de la Méditerranée le 2 novembre 1937. La 1ère DC se compose désormais des croiseurs lourds Algérie Dupleix Foch et Colbert, la 2ème DC se compose désormais des croiseurs lourds Duquesne Tourville et Suffren et enfin la 3ème DC composée des croiseurs légers La Marseillaise (Amiral) Jean de Vienne et La Galissonnière.

A l’été 1939, la 3ème DC quitte Toulon pour Bizerte afin de faire pression sur les italiens dont on ignore à l’époque les desseins. Le 1er juillet 1939 est formée la 4ème escadre composée de la 3ème DC et de contre-torpilleurs. Au printemps 1940, la 3ème DC devient 2ème DC en raison du choix de donner des numéros pairs aux divisions de croiseurs légers et des numéros impairs aux divisions de croiseurs lourds

Suite à d’importants mouvements de la Regia Marina au printemps 1940 avec notamment quatre convois fortement escortés en direction de la Libye, un dispositif de surveillance des côtes tunisiennes est mise en place avec l’aide d’avions et d’hydravions basés à terre, de poste de guets alors qu’au large les unités de la 6ème Escadre Légère sont chargés de la surveillance hauturière.

Ce dispositif lourd et contraignant, inspiré de celui mis en place durant la Guerre d’Espagne voit la 2ème DC patrouiller dans un triangle Malte-Tunisie-frontière libyenne, les trois croiseurs se relayant jusqu’au 25 septembre 1940 quand ce dispositif est allégé puis supprimé le 31 décembre 1940.

La Galissonnière est ainsi à la mer du 25 mai au 16 juin (avec escale à La Valette du 2 au 5 juin) avant de renter à Bizerte le 18 juin. Après une période d’entretien à flot du 19 au 30 juin, il sort pour essais et remise en condition du 1er au 12 juillet avant une nouvelle mission de surveillance du 15 au 30 juillet puis du 2 au 17 août.

Après une période d’indisponibilité du 18 août au  5 septembre, le croiseur léger ressort avec son sister-ship Jean de Vienne pour un entrainement au combat de nuit du 7 au 15 septembre puis un entrainement à la défense aérienne à la mer du 18 au 27 septembre.

Rentré à Bizerte le 29 septembre 1940, La Galissonnière effectue une ultime mission de surveillance du 8 au 21 octobre avant de faire escale à La Valette du 22 au 27 octobre puis à Alger du 30 octobre au 5 novembre, rentrant le 7 novembre à Bizerte.

La Galissonnière sort pour entrainement au tir dans le sud de la Tunisie du 12 au 25 novembre, plusieurs obus de 152mm s’approchant dangereusement de la ligne Mareth à la grande fureur de l’armée de terre qui pesta contre «ces cochons de marins».

Le croiseur léger effectue ensuite un entrainement au combat de nuit du 30 novembre au 7 décembre avec des tirs réels d’obus de 152mm et des lancements de torpilles simulés. Il rentre à Bizerte le 9 décembre 1940. Le croiseur léger sort encore pour un entrainement en solitaire du 12 au 22 décembre, rentrant à Bizerte le 25 décembre 1940 et restant au port jusqu’à la fin de l’année.

Le 7 janvier, la 2ème DC sort au grand complet, le Jean de Vienne navire-amiral de la 6ème EL étant le premier navire à embouquer le canal reliant le lac de Bizerte à la mer suivit par La Galissonnière _navire-amiral de la division_ et par La Marseillaise.

Les trois croiseurs font escale à Mers-El-Kebir pour se ravitailler du 10 au 12 janvier (même si les travaux de la base sont loin d’être encore achevés), franchit le détroit de Gibraltar puis gagne Brest où la division arrive le 16 janvier 1941.

La 2ème DC retrouve la 4ème DC composée des croiseurs légers Gloire Montcalm et Georges Leygues. Les deux divisions vont manoeuvrer ensemble et avec une partie des contre-torpilleurs basés à Brest en l’occurence la 2ème DCT au complet (Jaguar Chacal et Léopard) et une partie seulement des 8ème DCT (Le Triomphant et Le Malin, l’Indomptable étant indisponible pour grand carénage) et 10ème DCT (Le Fantasque seul disponible, le Le Terrible étant en travaux à flot et L’Audacieux subissant une indisponibilité accidentelle).

Les six croiseurs et les six contre-torpilleurs appareillent de Brest le 18 janvier pour un exercice en mer d’Iroise. Tout commence par un exercice de combat antisurface, les contre-torpilleurs attaquant les croiseurs puis les croiseurs tentant d’intercepter des torpilleurs cherchant à gagner La Manche (18 au 25 janvier).

Après un ravitaillement auprès du pétrolier Nièvre mouillé en baie de Douarnenez (26 au 29 janvier), la 2ème DC se retrouve à attaquer la 4ème DC et les contre-torpilleurs avant que la 2ème DCT, La 8ème DCT et le 10ème DCT ne s’allie aux croiseurs «tunisiens» contre les croiseurs «brestois» (30 janvier au 9 février).

Après un mouillage en rade de Brest jusqu’au 16 février, la 2ème DC quitte la Bretagne, fait escale à Lorient du 18 au 21 février, à Saint-Nazaire du 22 au 25 février, à Hendaye du 27 février au 1er mars, à Lisbonne du 3 au 7 mars, à Casablanca du 9 au 12 mars, franchit le détroit de Gibraltar le 14 mars avant de rentrer à Bizerte le 18 mars 1941.

A noter que lors de l’escale nazairienne est signée la charte de parrainage entre le croiseur et la ville de Rochefort sur Mer, ville natale du marquis de la Galissonnière.

Le croiseur léger La Galissonnière débarque ses munitions le 23 mars, vidange ses soutes le 25 mars avant d’être échoué dans le bassin n°1 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah du 27 mars au 14 novembre 1941 pour un grand carénage initialement prévu en septembre……….. 1939.

La coque est grattée et repeinte, les hélices sont changées. La catapulte un temps menacé est finalement conservé. Un premier radar de veille surface est installé tandis que la DCA est modernisée : les 8 mitrailleuses de 13.2mm en quatre affûts doubles sont remplacés par huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 en quatre affûts doubles et douze canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en six affûts doubles.

Remis à flot, il est à quai pour des travaux complémentaires du 15 novembre au 12 décembre avant essais à la mer du 13 au 22 décembre puis remise en condition du 26 décembre au 11 janvier 1942.

Le croiseur La Galissonnière quitte Bizerte le 15 janvier 1942 pour un entrainement au polygone de Rufisque. Il fait escale pour se ravitailler à Casablanca du 21 au 23 janvier avant d’arriver à Dakar le 26 janvier. Il s’entraine et règle ses canons du 29 janvier au 19 février avant une escale à Port-Etienne du 21 au 27 février. Il rentre ensuite à Bizerte le 4 mars 1942.

Après une période de travaux à flot pour tirer les leçons de cette école à feu intensive du 5 au 12 mars, le croiseur léger ressort pour un entrainement en solitaire du 15 au 25 mars.

Le 7 avril 1942, la 2ème DC amputé du Jean de Vienne alors en croisière en Amérique du Sud  sort en compagnie de l’Emile Bertin pour une série d’exercices : défense aérienne à la mer (7 au 18 avril), combat de nuit (21 au  27 avril), attaque et escorte de convois (30 avril au 7 mai) et surveillance maritime (12 au 22 mai), les trois croiseurs rentrant à Bizerte le 25 mai 1942.

La Galissonnière et La Marseillaise sort ensemble du 7 au 17 juin pour un exercice de combat de nuit dans le Golfe de Gabès, haut lieu d’entrainement pour la 6ème escadre légère. Après une escale à Sfax du 18 au 23 juin, les deux croiseurs subissent un entrainement à la défense aérienne à la mer du 24 juin au 2 juillet avant de gagner le Levant pour une mission de présence, une façon de répondre à l’escale d’un croiseur léger italien,  le Raimundo Monteccucoli et de deux destroyers à Rhodes quelques jours auparavant.

Les deux croiseurs légers font escale à Lattaquié du 6 au 12 juillet, à Beyrouth du 13 au 17 juillet avant de manoeuvrer avec le croiseur léger Duguay Trouin, navire-amiral de la DNL du 18 au 27 juillet 1942 avant une escale à Haïfa du 28 juillet au 2 août, à Alexandrie du 4 au 7 août avant de rentrer à Bizerte le 14 août 1942.

Du 22 août au 2 septembre, La Galissonnière sort pour entrainement avec l’Emile Bertin puis après un mouillage en solitaire dans le golfe de Gabès jusqu’au 10 septembre, le croiseur léger, navire-amiral de la 2ème Division de Croiseurs reprend la mer pour un entrainement en solitaire du 11 au 28 septembre avec ravitaillement à la mer auprès du pétrolier Mékong avant une escale à La Valette du 29 septembre au 3 octobre avant un retour à Bizerte le 6 octobre 1942 à l’aube.

Le 12 octobre 1942, La Galissonnière sort pour un entrainement au combat de nuit avec La Marseillaise, entrainement qui à lieu jusqu’au 17 octobre avant une escale à Sfax du 18 au 25 octobre.

Les deux croiseurs quittent le port du sud tunisien le 26 octobre à  l’aube pour un entrainement en compagnie de la 3ème DT qui tente de les intercepter du 27 octobre au 4 novembre 1942 mais apparemment sans succès. Après une escale commune à La Valette du 5 au 10 novembre, les deux croiseurs et les quatre torpilleurs rentrent à Bizerte le 12 novembre 1942.

Le 14 novembre 1942, alors que l’Emile Bertin est immobilisé suite à un incendie, la 2ème DC toujours réduite à La Galissonnière et à La Marseillaise embouque le canal reliant le lac de Bizerte pour gagner la mer Méditerranée.

Il ne sont pas seuls puisque suivent la 11ème DCT (Mogador et Volta) et la 3ème DT au complet avec les torpilleurs légers  L’Alsacien Le Breton Le Corse et Le Tunisien.

Le premier exercice est un affrontement entre deux groupes  occasionnels. Du 15 au 23 novembre, le groupe Marseillaise (croiseur léger La Marseillaise et 11ème DCT) affronte le groupe Galissonnière (croiseur léger La Galissonnière et 3ème DT), chaque groupe étant à tour de rôle une escadre ennemi cherchant à forcer les accès au  golfe de Gabès ou à bombarder Sfax.
Après un ravitaillement à Sfax auprès de deux pétroliers civils réquisitionnés (le Mékong était à l’époque indisponible) du 24 au 27 novembre, les deux groupes s’entrainent avec l’aide de l’aéronavale et de l’armée de l’air à la défense aérienne à la mer et ce du 28 novembre au 8 décembre 1942.
Après un nouveau ravitaillement à Sfax du 9 au 11 décembre, les deux croiseurs légers, les deux contre-torpilleurs et les quatre torpilleurs légers effectuent un exercice de bombardement littoral dans le Golfe de Gabès du 12 au  20 décembre avant de rentrer à Bizerte le 22 décembre et d’y passer le reste de l’année à quai.
Le 17 décembre 1942, le Jean de Vienne avait quitté le bassin n°1 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah après plus de cinq mois de travaux entamés le 2 mai après son périple sud-américain. Après des travaux à quai du 18 décembre 1942 au 4 janvier 1943, le croiseur léger est armé pour essais le 5 janvier.
Il sort du 7 au 12 janvier pour essais en solitaire avant d’effectuer sa remise en condition en compagnie de son sister-ship La Galissonnière alors que La Marseillaise  à remplacé le Jean de Vienne dans le processus de grand carénage (26 décembre 1942 au 5 juin 1943).
La remise en condition du croiseur léger à lieu du 14 au 25 janvier 1943 avant une période complémentaire de travaux à flot jusqu’au 2 février date à laquelle le Jean de Vienne est (enfin selon certains) disponible.

La 2ème DC sort  le 7 février 1943 pour accueillir au large de Bizerte le contre-torpilleur Hoche. Construit à Nantes, le puissant contre-torpilleur complète la 11ème DCT composée du Mogador et du Volta.

Le contact est pris le 8 février, les deux croiseurs légers et le contre-torpilleurs manœuvrant ensemble jusqu’au 13 février quand ils retrouvent à Sfax les Mogador et Volta. Après un entrainement de la 11ème DCT (15 au 18 février), la 11ème DCT va affronter la 2ème DC du 21 au 27 février avant que les deux divisions ne rentrent ensemble à Bizerte le 1er mars 1943.

Après une période d’entretien à flot jusqu’au 21 mars, La Galissonnière sort pour essais du 22 au 25 mars avant un entrainement en solitaire du 27 mars au 5 avril puis en compagnie du Jean de Vienne revenu d’une déploiement au Levant du 7 au 21 avril, les deux croiseurs rentrant à Bizerte le 25 avril 1943 après une escale à Tunis du 22 au 24 avril.

Du 27 avril au 10 mai 1943, le navire-amiral de la 2ème DC sort pour entrainement aviation en l’occurence l’amarinisation de deux Dewoitine HD-731 qui remplacent avantageusement les deux Loire 130 qui équipaient jusque là le croiseur léger. Il rentre à Bizerte le 12 mai 1943.

Après une sortie du 14 au 22 mai pour entrainer les défenses côtières du secteur de Bizerte en servant de plastron pour des tirs simulés et/ou charges réduites, le croiseur léger participe le 30 mai à une cérémonie qui fait de lui le navire-amiral de la 6ème escadre légère en remplacement de l’Emile Bertin qui rentre en grand carénage.

Le lendemain 1er juin, la 2ème DC (croiseurs légers La Galissonnière et Jean de Vienne) quittent Bizerte et participent du 2 au 12 juin 1943 à une partie des importantes manoeuvres menées par les 2ème et 4ème escadre depuis le 17 mai et jusqu’au 4 juillet. Les deux croiseurs rentrent à Bizerte  le 15 juin.

Alors que le Jean de Vienne est indisponible pour une avarie (15 juin au 5 juillet), la Galissonnière va participer à la remise en condition de La Marseillaise.

Ce dernier avait été échoué au bassin du 26 décembre 1942 au 5 juin 1943 et subit une période de travaux à quai jusqu’au 20 juin quand il subit une semaine d’essais à la mer jusqu’au 27 juin avant un stage de remise en condition en compagnie de La Galissonnière du 30 juin au 15 juillet, date à laquelle il est disponible.

Après une période d’indisponibilité pour permettre à l’équipage de prendre quelques permissions (15 juillet au 5 août), le navire-amiral de la 6ème EL sort pour essais du 7 au 15 août puis pour remise en condition en compagnie du Jean de Vienne et de La Marseillaise du 17 au 30 août avec notamment un spectaculaire tir de nuit dans le golfe de Gabès des 27 canons de 152mm de la division qui tirent un total de 270 obus de 152mm et des obus de 90mm. La 2ème DC rentre à Bizerte le 3 septembre 1943.

La Galissonnière sort pour un entrainement en solitaire entre Tunis et Bizerte du 12 au 18 septembre avant une escale à Mers-El-Kebir du 19 au 22 septembre puis à Ajaccio du 23 au 27 septembre avant de rentrer à Bizerte le 30 septembre 1943.

Du 4 au 12 octobre, les croiseurs légers La Galissonnière et La Marseillaise sortent pour entrainement en compagnie de la 3ème DT.

Les deux croiseurs et les quatre torpilleurs légers sont ensuite rejoints le 14 octobre par le Jean de Vienne pour une escale commune à Sfax jusqu’au 18 octobre quand la 2ème DC et la 3ème DT appareillent pour une série d’exercice : défense aérienne à la mer du 18 au 22 octobre, ravitaillement à la mer le 23 octobre, combat de nuit du 24 au 27 octobre, escorte et attaque de convois du 29 octobre au 5 novembre. Ils rentrent tous à Bizerte le 9 novembre.

Le 11 novembre 1943 pour le vingt-cinquième anniversaire de l’armistice à lieu une revue navale sur le lac de Bizerte, le résident général de Tunisie, Hugues de Puylaurent passe en revue à bord du croiseur La Galissonnière, le reste de la 2ème DC, la 3ème DT, les 7ème et 11ème DCT ainsi que plusieurs sous-marins1.

Un défilé militaire à lieu également en ville avec des unités de l’armée de terre et des détachements des navires de la 6ème Escadre Légère y compris l’Emile Bertin alors en grand carénage. L’armée de l’air survole la ville avec les avions basés en Tunisie.

Après une période d’indisponibilité du 13 novembre au 2 décembre, le croiseur léger sort pour essais du 3 au 9 décembre puis pour remise en condition du 12 au 22 décembre avant de passer la fin de l’année à quai.

La première sortie de l’année 1944 à lieu du 7 au 15 janvier quand la 2ème DC au complet sort pour un entrainement suivit d’une escale à La Valette du 16 au 24 janvier puis d’un déploiement dans les mandats libanais et syriens. La division est à Lattaquié en Syrie du 27 au 30 janvier puis à Beyrouth au Liban du 2 au 7 février avant de rentrer à Bizerte le 10 février 1944.

Du 14 février au 2  mars, les croiseurs de la 2ème DC par roulement participe à la remise en condition de l’Emile Bertin après son grand carénage. La Galissonnière sert de nounou du 14 au 21 février avant que le Jean de Vienne ne prenne sa place du 22 au 28 février avant que La Marseillaise ne boucle la boucle du 29 février au 2 mars.

Ce même jour, l’Emile Bertin redevient navire-amiral de la 6ème Escadre Légère et La Marseillaise devient navire-amiral de la 2ème DC en remplacement du croiseur léger La Galissonnière qui va entrer en grand carénage.

Le croiseur léger La Galissonnière est échoué dans le bassin n°3 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah le 7 mars pour essentiellement des travaux de maintenance avec grattage et peinture de la coque, changement des hélices, retubage des chaudières, remplacement de plusieurs diesels-alternateurs.

Les canons de 152mm et de 90mm sont retubés, les pièces légères de DCA sont changées et des radars plus modernes installés. Un temps, on envisagea de débarquer la catapulte mais au final elle fût conservée.

Remis à flot le 12 septembre 1944, le croiseur léger subit des travaux complémentaires à quai au cours duquel un incendie se déclare, incendie vite maitrisé mais qui retarde la fin des travaux qui n’ à lieu que le 7 octobre au lieu du 30 septembre.

Armé pour essais le 9 octobre 1944, le La Galissonnière sort pour essais du 10 au 17 octobre puis du 19 au 24 octobre avant d’entamer sa remise en condition en compagnie du Jean de Vienne qui doit entré en carénage au printemps prochain.

La mise en condition à lieu du 27 octobre au 12 novembre au large de la Tunisie avant une école à feu commune à Rufisque. Les deux croiseurs légers quittent Bizerte le 14 novembre, font escale à Mers-El-Kebir pour se ravitailler le 17 novembre avant d’arriver à Dakar le 23 novembre.

Le stage à lieu du 24 novembre au 12 décembre avant de rentrer en Tunisie le 23 décembre après une escale de ravitaillement à Mers-el-Kebir le 18 décembre. Le 24 décembre, Le croiseur La Galissonnière redevient navire-amiral de la 2ème DC en remplacement du croiseur La Marseillaise.

La première sortie de l’année 1945 à lieu du 5 au 17 janvier pour une série de manoeuvres en compagnie de ses deux sister-ships. Les trois croiseurs vont s’entrainer au combat de nuit, au lancement de torpilles, à l’utilisation de leur hydraviation, à la défense aérienne à la mer. La division fait ensuite escale à Sfax du 18 au 23 janvier puis à Alexandrie du 25 janvier au 1er février.

Les trois croiseurs légers vont manoeuvrer avec des unités de la Mediterranean Fleet basés au pays des Pharaon du 2 au 12 février avant une nouvelle escale à Alexandrie du 13 au 18 février. La 2ème DC fait ensuite escale à Beyrouth du 20 au 25 février avant de rentrer à Bizerte le 28 février.

Le 5 mars 1945, le croiseur léger, navire-amiral de la 2ème DC sort pour un entrainement en solitaire jusqu’au 13 mars quand il retrouve à  la mer La Marseillaise (le Jean de Vienne s’apprête à entrer en carénage _en l’occurence du 20 mars au 4 septembre 1945_) pour un entrainement commun jusqu’au 21 mars quand les deux croiseurs font escale à La Valette du 22 au 28 mars avant de rentrer à Bizerte le 1er avril 1945.

Après une période d’entretien à flot du 2 au 14 avril 1945 (changement de la catapulte), La Galissonnière sort pour entrainement en compagnie de la 3ème DT. Tout commence par une simulation de combat antisurface du 20 au 27 avril avant un exercice de combat de nuit du 28 au 30 avril.

Après un ravitaillement en baie de Gabès (où un dépôt pétrolier à été aménagé pour ne pas immobiliser inutilement un pétrolier) les 1er et 2 mai, le croiseur léger et les quatre torpilleurs légers subissent les foudres de l’armée de l’air dans un grand exercice de défense aérienne à la mer du 3 au 8 mai non sans casse puisque certains passes sont réalisées avec des munitions réelles : l’Alsacien est endommagé par une bombe de 100kg et quatre avions sont abattus. Inutile de vous dire que les responsables ont pris un sacré savon………. .

Après un exercice d’interception du croiseur léger par les torpilleurs du 10 au 17 mai, le croiseur léger et les torpilleurs affrontent du 19 au 27 mai 1945, la 11ème DCT (Mogador Volta Hoche) avant que le croiseur léger, les trois contre-torpilleurs et les quatre torpilleurs légers ne rentrent à Bizerte jusqu’au 28 mai.

Le croiseur léger La Galissonnière reste à Bizerte à quai ou au mouillage jusqu’au 24 juin quand il ressort pour entrainement avec le croiseur léger La Marseillaise jusqu’au 1er juillet quand les deux croiseurs mouillent en baie de Gabès pour un ravitaillement.

Ils sortent très tôt le 2 juillet sur alerte, un hydravion ayant signalé un navire suspect qui est en réalité le pétrolier Mékong qui jouait le rôle d’un croiseur auxiliaire ennemi. Le croiseur auxiliaire échappe dans un premier temps aux deux croiseurs avant d’être intercepté le 4 juillet au large de Bizerte où il est «coulé». Les trois navires rentrent à Bizerte le même jour.

Après une période d’indisponibilité pour entretien à flot et permissions de l’équipage jusqu’au 27 juillet, Le croiseur léger La Galissonnière sort pour essais du 28 juillet au 4 août avant une remise en condition en compagnie de son sister-ship La Marseillaise et du contre-torpilleur Mogador du 6 au 24 août 1945.

La Galissonnière sort pour un entrainement en solitaire du 27 août au 7 septembre avant une escale à Sfax du 8 au 12 septembre avant de rentrer à Bizerte le 15 septembre.

Le Jean de Vienne à donc subi du 20 mars au 4 septembre 1945 un grand carénage avec passage au bassin n°3 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah. Après une période de travaux à quai jusqu’au 21 septembre, le croiseur léger subit ses essais réglementaires du 23 au 28 septembre avant remise en condition du 29 septembre au 15 octobre en compagnie de ses deux sister-ship. La 2ème DC rentre au complet à Bizerte le 21 octobre après une escale à La Valette du 16 au 19 octobre 1945.

Les croiseurs légers La Galissonnière et Jean de Vienne sortent de Bizerte le 27 octobre et gagnent Mers-El-Kebir le 30 octobre. Du 1er au 9 novembre, elle vont servir de plastron aux défenses côtières du secteur d’Oran qui ont été totalement modernisées pour assurer une défense efficace de la base de la 4ème escadre ainsi que du port d’Oran à proximité qui est parfois utilisé par la marine.

Après un ravitaillement en carburant le 10 novembre, les deux croiseurs légers embarquent des hommes et du matériel pour la base aéronavale/station navale d’Ajaccio-Aspretto et quittent l’Afrique du Nord le 12 novembre pour la Corse où ils arrivent à l’aube le lendemain 13 novembre.

Le matériel débarqué, ils s’entrainent au large des îles Sanguinaires du 15 au 18 novembre avant une escale à Bonfiacio du 19 au 23 novembre suivi d’un retour à Bizerte le 26 novembre 1945 à l’aube.

Du 7 au 15 décembre, la 2ème DC sort au complet pour un exercice de combat antisurface suivit d’une escale à Sfax du 16 au 22 décembre avant de rentrer à Bizerte le 24 décembre et de rester au port jusqu’à la fin de l’année.

Après une période d’entretien à flot du 2 au 15 janvier, le navire-amiral de la 2ème DC, le croiseur léger La Galissonnière sort pour un entrainement à la défense aérienne à la mer du 17 au 21 janvier avant de retrouver le lendemain à Sfax son sister-ship La Marseillaise.

Après trois jours d’escale (22 au 25 janvier), les deux croiseurs manœuvrent ensemble du 26 janvier au 4 février avant un ravitaillement à Gabès le 5 février suivit d’une mission de présence au large du Levant du 7 au 27 février (escales à Lattaquié du 12 au 15 février et à Beyrouth du 20 au 22 février) avant de rentrer à Bizerte le 2 mars 1946.

Alors que le croiseur léger La Marseillaise est entré en grand carénage (bassin n°3  12 mars au 17 septembre 1946), les croiseurs légers La Galissonnière et Jean de Vienne sortent pour entrainement du 14 au 23 mars 1946.

En escale à Sfax du 24 au 29 mars, les deux croiseurs légers y retrouvent le 30 mars les contre-torpilleurs de la 7ème DCT (Vauquelin Tartu et Chevalier Paul) pour un exercice en commun. Tout commence par un affrontement entre les deux divisions du 1er au 7 avril avant un ravitaillement au dépôt pétrolier de Gabès (8 et 9 avril).

Du 10 au 16 avril 1946, La Galissonnière prend la tête de la 7ème DCT pour tenter d’intercepter le Jean de Vienne qui simulait un raider cherchant à intercepter des navires marchands et du 18 au 25 avril, c’est La Galissonnière qui devient le «méchant» poursuivit par le Jean de Vienne et les contre-torpilleurs. La 2ème DC et la 7ème DCT rentrent à Bizerte le 27 avril 1946.

Du 4 au 15 mai 1946, le croiseur léger La Galissonnière sort pour un entrainement au combat de nuit en solitaire avant une escale à Sfax du 16 au 19 mai. Reprenant la mer le lendemain 20 mai, le croiseur léger retrouve la 3ème DT pour un entrainement en commun du 21 mai au 2 juin avant que tout le monde rentre au bercail le 4 juin 1946.

La Galissonnière sort pour un entrainement de défense aérienne à la mer du 10 au 16 juin 1946 suivit d’un entrainement au bombardement littoral dans le désert tunisien du 17 au 25 juin avant de rentrer à Bizerte le 28 juin.

Après une période d’indisponibilité du 29 juin au 15 juillet (entretien et permissions de l’équipage), le croiseur léger sort pour essais du 16 au 21 juillet avant un entrainement en compagnie du Jean de Vienne du 22 au 31 juillet. Ils rentrent à Bizerte le 10 août après une escale à La Valette du 2 au 8 août.

Après un exercice d’appareillage sur alerte le 13 août, La Galissonnière ressort pour un entrainement en solitaire du 20 au 28 août puis avec le Jean de Vienne du 30 août au 5 septembre  1946.

Du 9 au 21 septembre, la 2ème DC (La Galissonnière et Jean de Vienne) sortent en compagnie de la 3ème DT pour participer à la remise en condition de l’Emile Bertin qui sortait de grand carénage et qui le 22 septembre redevient navire-amiral de la 6ème Escadre Légère en remplacement du contre-torpilleur Mogador qui avait assuré l’intérim.

Le 17 septembre, le croiseur léger La Marseillaise quitte le bassin n°3 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah où il venait de passer six mois. Après une période de travaux à quai jusqu’au 2 octobre, le croiseur léger sort pour essais du 3 au 10 octobre avant d’entamer sa remise en condition.

Les croiseurs légers La Galissonnière et Jean de Vienne après un exercice de combat du 27 septembre au 3 octobre 1946 retrouvent leur congénère à la mer le lendemain 4 octobre pour douze jours d’entrainement intensif jusqu’au 16 octobre. Après un ravitaillement en baie de Gabès le 17 octobre, la division s’entraine jusqu’au 5 novembre avant de rentrer à Bizerte le 8 novembre 1946.

La 2ème division de croiseurs sort au complet du 12 au 25 novembre avant une nouvelle croisière en direction du Levant, toujours dans le but de maintenir la pression sur l’Italie qui occupait le Dodécanèse.

Quittant Bizerte le 27 novembre, les trois croiseurs embouquent le canal de Bizerte (dans l’ordre : Jean de Vienne, La Galissonnière et La Marseillaise), contournent le cap Bon puis traversent le bassin oriental de la Méditerranée à grande vitesse jusqu’à Lattaquié où ils font escale du 2 au 8 décembre. Ils sont ensuite à Beyrouth du 9 au 15 décembre, à Haïfa du 16 au 19 décembre, à Alexandrie du 21 au 26 décembre avant de rentrer à Bizerte le 30 décembre 1946.

Les croiseurs légers La Galissonnière et Jean de Vienne sortent pour entrainement du 5 au 17 janvier avant une escale à Sfax du 18 au 23 janvier. Retrouvant à la mer le croiseur léger La Marseillaise le 24 janvier, la division au complet manoeuvre au large de la Tunisie jusqu’au 10 février, rentrant à Bizerte le 13 février 1947.

Après deux courtes sorties d’entrainement en solitaire (17 au 23 février et 27 février au 4 mars), le croiseur léger cède son pavillon de navire-amiral à son sister-ship Jean de Vienne pour entrer en grand carénage.

Après avoir vidangé ses soutes et débarqué ses munitions, le croiseur léger est échoué dans le bassin n°3 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah le 15 mars 1947 pour une véritable remise en état et une modernisation.

La coque est grattée, sablée et repeinte, les hélices changées, les chaudières retubées, les locaux-vie sont modernisés. L’électronique est remise à niveau, les canons sont retubés et la DCA renforcée avec douze canons de 37mm Schneider modèle 1941 en trois affûts quadruples et seize canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en huit affûts doubles. La catapulte est maintenue alors que les plans d’origine prévoyaient son débarquement.

Le croiseur léger est remis à flot le 13 septembre 1947 avec quelques jours de retard puis remorqué au quai d’armement pour des travaux complémentaires jusqu’au 27 septembre quand il est armé pour essais.

Après des essais au point fixe les 28 et 29 septembre, La Galissonnière sort pour essais du 30 septembre au 12 octobre avant une escale à Tunis du 13 au 18 octobre. Le 19 octobre, il retrouve dans la capitale du protectorat son sister-ship Jean de Vienne pour remise en condition.

Quittant Tunis le 20 octobre, les deux croiseurs manœuvrent au large des côtes de l’Afrique du Nord jusqu’au 29 octobre quand ils font escale à Mers-El-Kébir pour ravitaillement et ce jusqu’au 31 octobre. Reprenant la mer, les deux croiseurs légers vont gagner le polygone de tir de Rufisque pour entrainement au tir.

Ils arrivent à Dakar le 7 novembre 1947 et s’entrainent au polygone de Rufisque du 9 au 27 novembre avant une escale à Port Etienne du 29 novembre au 3 décembre avant de reprendre la mer pour une escale de ravitaillement à Mers-El-Kébir le 7 décembre puis de rentrer à Bizerte le 10 décembre 1947.

Le 12 décembre, La Galissonnière redevient navire-amiral de la 2ème DC et sort deux fois pour entrainement à savoir du 13 au 18 décembre et du 20 au 26 décembre 1947 en compagnie du Jean de Vienne.

La première sortie de la 2ème DC au complet à lieu du 5 au 15 janvier quand les trois croiseurs légers s’entrainent dans le sud tunisien en compagnie des sous-marins Aber Wrach et Tromelin et de l’armée de l’air qui tente de couler les trois croiseurs qui font mieux que se défendre.

Après une escale à Sfax du 16 au 19 janvier, les trois croiseurs légers retrouvent à la mer les torpilleurs légers de la 3ème DT mais également de la 1ère DT ( Le Fier L’Agile L’Entreprenant Le Farouche) venue de Toulon pour un entrainement du 20 janvier au 2 février avant un mouillage dans le Golfe de Gabès pour ravitaillement et repos jusqu’au 9 février 1948.

Les trois croiseurs et les huit torpilleurs légers vont ensuite s’entrainer au combat de nuit du 10 au 15 février avant de gagner le Levant pour une escale à Lattaquié (18 au 21 février), à Tartous (22 au 25 février) , à Beyrouth (26 février au 2 mars), Haïfa (4 au 7 mars) avant de rentrer à Bizerte le 11 mars 1948.

Alors que le Jean de Vienne entre en grand carénage (bassin n°3 15 mars au 8 août 1948), le croiseur léger La Galissonnière reste lui toujours aussi actif, sortant avec son sister-ship La Marseillaise du 21 mars au 4 avril suivit par une série d’escales à l’étranger : La Valette du 5 au 9 avril, Le Pirée en Grèce du 12 au 15 avril, Thessalonique du 17 au 21 avril, à Istanbul du 23 au 26 avril, à Beyrouth du 29 avril au 3 mai avant un retour à Bizerte le 7 mai 1948.

Après une période d’entretien à flot du 12 mai au 15 juin, le croiseur léger sort pour essais du 16 au 20 juin avant une remise en condition opérationnelle du 21 juin au 2 juillet 1948. La Galissonnière sort pour un entrainement au combat de nuit du 4 au 13 juillet puis un entrainement de défense aérienne à la mer du 15 au 22 juillet.

Après une période d’indisponibilité (permissions de l’équipage) du 23 juillet au 7 août, le croiseur léger passe dès le 8 août aux effectifs de guerre. Il sort pour une mission de surveillance des côtes libyennes du 12 au 27 août, rentrant à  Bizerte le 30 août 1948. Il reste ensuite au mouillage dans le lac de Bizerte, en alerte prêt à appareiller en compagnie de son sister-ship La Marseillaise.

9-Croiseurs légers (1)

9°) CROISEURS LEGERS

Préambule

Le croiseur cuirassé Amiral Charner torpillé le 8 février 1916

Le croiseur cuirassé Amiral Charner torpillé le 8 février 1916

En 1914, la Royale entra en guerre sans croiseurs légers à la différence des autres marines européennes qui disposaient toutes de navires d’un déplacement d’environ 3000 tonnes, rapides et bien armés (canons de 100 à 152 mm).

Pour opérer dans l’Adriatique, pour patrouiller dans le canal d’Otrante afin d’empêcher une éventuelle percée de la flotte austro-hongroise en Méditerranée, la marine nationale du utiliser de poussifs croiseurs cuirassés.

Cette carence était connue depuis longtemps, le Conseil Supérieur de la Marine s’étant penché sur le problème dès le 17 mai 1909 mais la multiplication des projets fit qu’aucun navire n’était prêt au moment de la déclaration de guerre.

Schéma du convoyeur d'escadrilles

Schéma du convoyeur d’escadrilles

Il s’en était fallu de peu puisque le 10 juin 1914, un projet définitif de «convoyeur d’escadrilles» est présenté et accepté par le Comité technique et approuvé par le ministre de la marine Armand Gauthier De l’Aube, répondant au besoin exprimé par le programme naval de 1912 de dix «éclaireurs d’escadre».

La décision est alors prise de commander trois navires : deux à des chantiers et un troisième baptisé Lamotte-Picquet à l’Arsenal de Toulon qui en est informé par une décision ministérielle du 17 juillet 1914. Les trois navires prévus affichaient les caracteristiques suivantes :

-Déplacement : 4500 tonnes

-Dimensions : longueur 138m de long largeur 13.80m tirant d’eau 4.80m

Propulsion : quatre turbines développant 40000 ch et entrainant 4 hélices

-Vitesse maximale : 29 nœuds

-Rayon d’action : 3300 miles à 16 nœuds et 775 miles à 29 nœuds

-Protection : cuirassé de 28mm s’élevant au dessus du premier faux pont dans la région centrale (chaudières et machines) avec traverse de 16mm sur l’avant de la chaufferie avant et traverse de 14mm à l’arrière du compartiment arrière des turbines

-Armement : 8 canons de 138mm (modèle 1910) en deux affûts superposés sous des masques dans l’axe à l’avant et à l’arrière et deux latéraux en casemates, 2 canons de 47mm et quatre tubes lance-torpilles de 450mm.

-Équipage : 17 officiers et 340 hommes

La mise sur cale du Lamotte-Picquet était prévue en novembre 1914 et n’aura bien sur pas lieu en raison du conflit. Ce n’était que partie remise car de ce projet de convoyeur d’escadrilles allait déboucher une classe de trois croiseurs légers de 8000 tonnes, les Duguay-Trouin qui symboliseront avec les Jaguar et les Bourrasque la renaissance de la marine nationale sous le magistère attentif d’hommes comme Georges Leygues ou François Darlan.

CL Duguay Trouin

Le Duguay Trouin et ses deux sister-ships symbolisent le renouveau de la Royale

En attendant, la marine nationale fit feu de tout bois. Les clauses navales du traité de Paix signé à Versailles le 28 juin 1919 limitent grandement les forces navales allemandes. Les grands bâtiments gagnent Scapa Flow mais se sabordent le 21 juin 1919.

Il ne reste donc plus que des navires légers. Si la Grande Bretagne et les États Unis n’ont pas besoin de navires supplémentaires, la France et l’Italie ont des carences urgentes pour compenser les pertes de la guerre et l’usure du conflit pour de nombreux navires.

Après de longues discussions toutefois le Conseil Suprême allié dans sa séance du 26 novembre 1919, autorise la France à choisir parmi les navires restants des marines allemandes et austro-hongroises, cinq croiseurs légers et dix torpilleurs.

Le Thionville ex-SMS Novarra de la marine austro-hongroise

Le Thionville ex-SMS Novarra de la marine austro-hongroise

La Royale choisit ainsi quatre croiseurs légers allemands et un croiseur austro-hongrois en l’occurence le SMS Köninsberg rebaptisé Metz et en service de 1921 à 1929, le SMS Regensburg rebaptisé Strasbourg et en service de 1922 à 1929, le SMS Stralsund rebaptisé Mulhouse en service de 1920 à 1931, le SMS Kolberg rebaptisé Colmar et utilisé de 1921 à 1927 et enfin le SMS Novarra, l’ancien croiseur austro-hongrois étant rebaptisé Thionville et utilisé de 1922 à 1932.

L’acquisition d’anciens croiseurs allemands et austro-hongrois n’était qu’une solution paliative pour remplacer les navires trop usés pour être maintenus en service. Il fallait donc penser à la construction de navires neufs.

Pas moins de vingt croiseurs légers vont être construits entre 1922 et 1948 pour équiper la marine nationale, un domaine où l’hétérogénéité est de mise

Le croiseur école Jeanne d'Arc

Le croiseur école Jeanne d’Arc

Le croiseur mouilleur de mines Pluton

Le croiseur mouilleur de mines Pluton

En effet, nous y trouverons à la fois les trois croiseurs de 8000 tonnes de classe Duguay-Trouin (Duguay-Trouin, Lamotte-Picquet et Primauguet) en fin de carrière et parfois considéré en raison de leur absence de protection comme de gros contre-torpilleurs, le croiseur-école Jeanne d’Arc qui se transformera rapidement en navire de guerre une fois le conflit déclenché, du croiseur mouilleur de mines Pluton au destin tragique mais également le «Lévrier des Mers», le splendide mais fragile Emile Bertin.

Le croiseur Emile Bertin

Le croiseur Emile Bertin

Ce dernier servit de véritable prototype aux croiseurs de 7600 tonnes de classe La Galissonnière (La Galissonnière,  Jean de Vienne, La Marseillaise, Gloire, Montcalm et Georges Leygues), navires aux lignes modernes et racées pour l’époque.

Le croiseur léger La Galissonnière en 1936

Le croiseur léger La Galissonnière en 1936

Ces derniers furent eux mêmes suivis d’une version améliorée en l’occurrence les six croiseurs légers de classe De Grasse (De Grasse Chateaurenault Guichen Latouche-Tréville Gambetta et Condé) auxquels s’ajoute l’unique croiseur léger antiaérien Waldeck Rousseau, navire destiné au commandement de l’Escadre Légère du Nord et qui annonce les futurs croiseurs légers de l’après guerre.

L’approche de la guerre ralentit sans interrompre le remplacement des Duguay-Trouin qui est assuré par le vote de la tranche 1946 (un croiseur léger type C6) et de la tranche 1948 (deux croiseurs légers type C6), des navires baptisés Dupuy de Lôme, Sully et Louvois étaient à différents stades de construction quand la seconde guerre mondiale éclata, ces trois croiseurs formant la classe Dupuy de Lôme.