Etats-Unis (21) Porte-avions (2)

Porte-avions lourds classe Lexington

USS Lexington 1929

Avant-propos

La guerre russo-japonaise en 1904-05 consacre la domination japonaise sur le nord du Pacifique, domination renforcée par l’alliance passée en 1902 avec la Grande-Bretagne. Tokyo va entrer en concurrence avec les Etats-Unis pour le contrôle de cet immense océan découvert par Magellan qui l’appela ainsi en raison de son calme apparent comparé aux eaux furieuses du détroit qui porte son nom.

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Grande Bretagne (28) Porte-Avions (3)

Porte-avions HMS Ark Royal

HMS Ark Royal en 1939

HMS Ark Royal en 1939

Enfin un porte-avions moderne et efficace pour la Royal Navy ?

En 1918, la fusion du Royal Naval Air Service (RNAS) et du Royal Flying Corps (RFC) pour donner naissance à la Royal Air Force (RAF) fût un rude coup pour l’aéronavale britannique. Avec des budgets faméliques et une domination des terriens, les pilotes de la marine britannique devaient se contenter d’avions dépassés.
La création de la Fleet Air Arm of Royal Air Force en 1924 n’apporta guère d’évolution. Non seulement les budgets étaient toujours aussi faméliques mais les projets de porte-avions n’aboutissaient pas.
En 1923, on prévoyait la construction d’un porte-avions neuf avec 300 avions mais ce plan n’est pas mené à bien tout comme la construction prévue à partir de 1930 de quatre porte-avions de 17000 tonnes.

En 1931, l’ingénieur W.A.D Forbes lance une série d’études pour la construction d’un porte-avions dérivé des Glorious avec un double hangar et un pont d’envol inférieur sur l’avant. Cette configuration doit permettre l’emport de 60 appareils et d’augmenter les capacités de carburant et de munitions.

En 1934, est dessiné le futur Ark Royal. L’idée d’un pont inférieur est abandonné au profit d’un pont d’envol unique. La conception s’inspire de celle des Lexington américain avec une coque et un pont blindé, conception qui allait influencer tous les porte-avions britanniques à venir notamment la classe Illustrious et la classe Implacable.

Le choix d’un pont blindé s’explique par l’engagement du porte-avions dans des mers refermés (Mer du Nord, Méditerranée) où l’esquive était difficile imposant de devoir encaisser au lieu d’éviter.

C’est l’architecture britannique à l’opposée de l’architecture américaine qui protégeait davantage le flotteur que le hangar sans pont blindé, situation qui évoluera avec les porte-avions de classe United States qui succèdent aux Essex.

Le nouveau porte-avions baptisé Ark Royal (arche royale) reçoit deux catapultes, trois ascenseurs et un armement orienté vers la défense antiaérienne avec huit tourelles doubles de 114mm plus des canons antiaériens légers.

Carrière opérationnelle

Le futur HMS Ark Royal paré au lancement

Le futur HMS Ark Royal paré au lancement

-Le HMS Ark Royal (91) est mis sur cale aux chantiers Carmmell Laird de Birkenhead le 16 septembre 1935 lancé le 13 avril 1937 et admis au service actif le 16 décembre 1938.

Quand la guerre de Pologne éclate le 3 septembre 1939, l’Ark Royal basé à Scapa Flow fût chargé de missions de chasse aux sous marins dans le but de protéger le trafic maritime des îles britanniques. La destruction du paquebot Athena par l’U-30 le 3 septembre, montra la réalité de la menace.

Trois «Hunter-Killer Group» furent ainsi mis sur pied autour des porte-avions Ark Royal, Hermes et Courageous. Les avions augmentaient le rayon d’action des opérations de recherche mais faisaient des porte-avions des cibles de choix pour les torpilles allemandes.
Le 14 septembre 1939, l’Ark Royal manque d’être torpillé par le U-39 alors que son groupe de chasse traquait le U-30. Suite à la destruction du Courageous trois jours plus tard, les porte-avions sont retirés de la chasse aux submersibles.

Après avoir participé à l’opération de sauvetage du sous-marin Spearfish (25 septembre) et d’avoir le lendemain abattu un hydravion Dornier Do-18, il se lance dans la chasse aux raiders allemands, quittant Scapa Flow pour Freetown. Il va opérer jusqu’à la fin du conflit en compagnie du croiseur de bataille Renown et de quatre destroyers au sein de la force K.

Après la destruction du Graf Spee, l’Ark Royal regagna la Grande Bretagne, escortant le croiseur lourd Exeter endommagé à l’arsenal de Devonport où il arriva en février 1940.

Le HMS Ark Royal subit un grand carénage à l’Arsenal de Devonport de septembre 1940 à octobre 1941. Il subit une remise en état complète, l’embarquement de radars et le renforcement de la DCA légère.

De nouveau opérationnel en janvier 1942, il va rester déployé au sein de la Home Fleet jusqu’en juillet 1945 quand décision est prise de le redéployè en Méditerranée avec Malte pour port d’attache (en dépit de la vulnérabilité de l’île à des bombardements italiens).

Il quitte Rosyth le 8 juillet, fait escale à Douvres du 11 au 14 juillet, à Devonport du 15 au 17 juillet, à Lisbonne du 20 au 23, à Gibraltar du 25 au 28, franchit les colonnes d’Hercules le lendemain pour rallier Malte le 2 août 1945.

Il relève le Glorious qui est désarmé le 14 septembre 1945 à Malte. Durant ces cinq semaines, le groupe aérien du Glorious s’entraine à bord de l’Ark Royal pour prendre ses marques et intégrer de nouvelles unités.

L’Ark Royal était toujours déployé en Méditerranée en septembre 1948. A l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège, il appareille de La Valette en compagnie de son escorte, retrouvant au nord-est des croiseurs de la flotte de la Méditerranée.

Il reçoit pour mission d’assurer la défense aérienne de l’île en liaison avec la RAF et de se tenir prêt à d’éventuelles attaques comme la flotte italienne ainsi que sa marine marchande.

Le futur HMS Ark Royal à rejoint son élément

Le futur HMS Ark Royal à rejoint son élément

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 22000 tonnes pleine charge 27720 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 240m (ligne de flottaison) 220m largeur : 28.9m tirant d’eau 8.5m

Propulsion : 3 turbines à engrenages Parson alimentées par 6 chaudières Admiralty à trois tubes le tout dévellopant 102000ch et actionnant 3 hélices

Performances : vitesse maximale : 30 noeuds distance franchissable : 7600 miles nautiques à 20 noeuds 4600 à 4673 tonnes de carburant

Protection : ceinture 114mm pont blindé 64mm salle des machines et stocks de munitions 89mm

Armement : 16 canons de 114mm (4.5 inch) en huit tourelles doubles installés en quatre groupes de deux : deux à tribord et deux à babord, 32 canons de 2 livres en quatre affûts octuples et 32 mitrailleuses de 12.7mm en huit affûts quadruples.

La DCA est ultérieurement renforcée avec le remplacement des mitrailleuses de 12.7mm par douze canons de 20mm Oerlikon en affûts simples.

Installations aéronautiques : Un hangar de 139.5m de long sur 18.9m relié au pont d’envol par deux ascenseurs axiaux Une catapulte axiale et Six brins d’arrêt

Groupe aérien

En théorie un maximum de 72 appareils mais dans la pratique 50 à 60 appareils. Le groupe aérien embarqué en septembre 1948 était composé de chasseurs Supermarine Seafire, de bombardiers en piqué Douglas Dauntless, d’avions-torpilleurs Fairey Barracuda et d’un petit nombre de Blackburn Buccaneer, un bimoteur inspiré du CAO-600 français qui parfois cédaient la place à des Fairey Fulmar.

Equipage : 1600 officiers et marins
Porte-avions d’escadre classe Illustrious

Des porte-avions blindés
Jusqu’à la classe Malta qui marqua un relatif changement, les britanniques furent fidèles à un type particulier de porte-avions, le porte-avions blindé doté d’une architecture à l’anglaise.
Cette architecture voyait le hangar intégré pleinement à la structure du porte-avions et non comme une pièce rapportée. A ce fait était associé une solide protection.
Cette protection s’explique par les théâtres d’opérations où les porte-avions britanniques sont le plus susceptibles d’opérer à savoir la Méditerranée et la Mer du Nord, des mers resserées aux possibilités d’esquives peu nombreuses. Il faut donc encaisser à défaut d’esquiver.
Cette protection se révélera efficace mais se paiera au prix d’une construction longue et couteuse sans oublier un groupe aérien de taille réduite.
On peut aussi voir cette protection comme un investissement préventif montrant le déclassement de la Grande Bretagne. Là où les américains disposent de porte-avions en très grand nombre, les britanniques savent qu’ils ne pourront compter rapidement sur ces navires puisqu’il faut quatre à cinq ans pour construire un tel porte-avions.
Après l’Ark Royal, quatre porte-avions de ce type sont construits, des navires formant la classe Illustrious (Illustrious Formidable Victorious Indomitable), des navires qui seront suivis de la classe Implacable (Implacable Indefatigable) qui marqueront le début de la fin pour les porte-avions blindés avec une protection graduellement allégée pour faciliter constructions et réparations sans oublier d’augmenter le groupe aérien.
Paradoxalement au moment où les britanniques vont abandonner le pont blindé, les japonais avec leurs Taiho et les américains avec leurs United States vont s’y rallier même si la protection ne sera pas aussi épaisse que sur les Illustrious.
Carrière opérationnelle

Le HMS Illustrious à Devonport en 1940

Le HMS Illustrious à Devonport en 1940

-Le HMS Illustrious (87) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness (Cumbria) le 27 avril 1937 lancé le 5 avril 1939 et admis au service actif le 14 septembre 1940.
Affecté à la Home Fleet, il est basé à Rosyth avec de fréquents déploiements à Scapa Flow, un mouillage forain utilisé pour être mieux à même d’affronter la Kriegsmarine qui à par un clin d’oeil de l’histoire à resuscité la Hochseeflot.
Quand le conflit éclate le 5 septembre 1948, le porte-avions était immobilisé depuis mars pour carénage. Les travaux sont accélérés pour permettre au porte-avions d’être disponible le plus rapidement possible.

Lancement du HMS Formidable

Lancement du HMS Formidable

-Le HMS Formidable (67) est mis sur cale aux chantiers navals Harland & Wolf de Belfast (Ulster) le 17 juin 1937 lancé le 17 juin 1939 et admis au service actif le 21 juin 1941.
Comme son sister-ship Illustrious, il est affecté à la Home Fleet avec Rosyth et Scapa Flow pour bases.
Quand éclate le second conflit mondial, le Formidable est à la mer pour entrainer de jeunes pilotes et maintenir à niveau les pilotes confirmés. A l’annonce de l’attaque allemande, l’entrainement est annulé et le porte-avions reçoit l’ordre de prendre position en mer du nord avec son escorte.
Dès le 6 après ravitaillement à la mer, il lance les premières opérations de reconnaissance pour retrouver la flotte allemande.

Le HMS Victorious

Le HMS Victorious

-Le HMS Victorious (38) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Wallsend (North Tyneside) le 4 mai 1937 lancé le 14 septembre 1939 et mis en service le 4 octobre 1941.
Affecté à la Home Fleet, le “victorieux” était immobilisé pour entretien à flot le 5 septembre 1948, entretien accéléré pour lui permettre de prendre la mer et de venir renforcer le Formidable.

Le HMS Indomitable

Le HMS Indomitable

-Le HMS Indomitable (92) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness (Cumbria) le 10 novembre 1937 lancé le 26 mars 1940 et mis en service le 12 janvier 1942.
A la différence de ces trois sister-ship, il est affecté en Méditerranée avec Alexandrie comme port d’attache. C’est le deuxième porte-avions affecté à demeure dans la Mare Nostrum avec le Glorious qui sera remplacé par l’Ark Royal avant qu’en mai 1947, le HMS Furious de classe Malta ne rejoignent l’Ark Royal et l’Indomitable.
Le 5 septembre 1948, le porte-avions était à quai à Alexandrie en compagnie du Furious (qui lui achevait un petit carénage). Il appareille pour se positionner au large de l’Egypte prêt à frapper la Libye au cas où l’Italie s’engagerait immédiatement dans le conflit.

HMS Illustrious schéma
Caractéristiques Techniques 

Déplacement : standard 23000 tonnes pleine charge 25000 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 225.6m longueur à la flottaison 216.4m largeur 29.2m tirant d’eau 8.8m
Propulsion : trois groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par six chaudières Amirauté dévellopant 111000ch et entrainant trois hélices
Performances : vitesse maximale 30.5 noeuds distance franchissable 10700 miles nautiques à 10 noeuds
Protection : ceinture blindée 114mm pont d’envol 76mm Bulkheads 114mm Parois latérales du hangar 114mm Soutes à munitions 76 à 114mm. L’Indomitable à sa ceinture et les parois du hangar limitées à 68mm
Armement : seize canons de 114mm en huit tourelles doubles, installées par groupes de deux (babord avant et arrière, tribord avant et arrière) et six Pom-Pom de 40mm.
Installations aéronautiques/Groupe aérien
-Un hangar de 139.5m de long sur 18.9m de large relié au pont d’envol par deux ascenseurs axiaux 

-Une catapulte axiale

-Six brins d’arrêts

-Groupe aérien de 36 appareils en 1940 avec quinze Fairey Fulmar, dix-huit Fairey Swordfish et trois Blackburn Skua.

En septembre 1945, le nombre d’avions est porté à 44 avec seize Supermarine Seafire, seize Fairey Albacore ou Swordfish de torpillage et douze Douglas Dauntless de bombardement en piqué.

Trois ans plus tard, quand le conflit éclate, le groupe aérien se compose de Supermarine Seafire, de Fairey Barracuda de torpillage et de Douglas Dauntless en attendant soit des Curtiss Helldiver, des Blackburn Firebrand voir des LN.420 français.

Equipage : 1229 officiers et marins
Porte-avions blindés classe Implacable

A trop blindé mal emporté…..

L’Ark Royal avait intégré le concept du porte-avions très protégé à la marine britannique. Ce porte-avions unique peut être considéré comme le prototype des porte-avions de classe Illustrious, encore mieux protégés que leur ainé.
Ces porte-avions blindés démontrèrent durant le conflit leur résistance aux bombes et aux torpilles mais dès le temps de paix, les britanniques comprirent que leur obsessions de la protection avait eu pour conséquence de réduire drastiquement la taille du groupe aérien.
Sur le papier, trente-six appareils, ce nombre paraissait suffisant pour mener des opérations de reconnaissance, d’observation, de bombardement, de torpillage et de chasse. Dans la pratique de nombreux exercices contre la RAF et contre la marine française démontrèrent le contraire.
D’où la volonté de modifier rapidement les Implacable en construction. Les changements sur ces deux navires déjà sur cale ne pouvaient être que limités mais cette volonté d’augmenter le groupe aérien allait être pleinement appliqué sur les futurs Malta.
Sur les Implacable, la coque plus renflée permet l’emport d’un quatrième groupe propulsif augmentant sa vitesse, un plus dans les opérations aériennes. La protection est allégée permettant de porter le groupe aérien à sa mise en service à 48.
Carrière opérationnelle

Le HMS Implacable à la mer

Le HMS Implacable à la mer

-Le HMS Implacable (R86) est mis sur cale aux chantiers navalsFairfieldShipbuilding & Engineering Co sis à Govan le 21 mars 1939 lancé le 10 décembre 1942 et mis en service le 8 juin 1944.
Il est d’abord affecté à la Home Fleet avec pour base Portsmouth dans le sud de l’Angleterre. Cette affectation est provisoire car à terme, il doit être déployé avec son sister-ship Indefatigable en Extrême-Orient au sein de la British Eastern Fleet qui succède à la China Station en septembre 1947.
En janvier 1945, les deux porte-avions quittent l’Angleterre avec leurs destroyers d’escorte et deux pétroliers, direction Singapour.
Appareillant de Portsmouth le 12 janvier, ils font escale à Lisbonne du 17 au 19 janvier, franchissent le détroit de Gibraltar le 21, font escale à Malte du 24 au 26 janvier, à Alexandrie du 30 janvier au 2 février avant de franchir le canal de Suez les 3 et 4 février et de rallier Aden le 8 février 1945.
Ils traversent l’Océan Indien direction Triconmalee (Ceylan) où ils font escale du 13 au 17 février, histoire de réparer quelques avaries survenues sur l’Implacable. Ils reprennent ensuite la mer direction Singapour, arrivant à destination le 27 février après six semaines de mer.
Les deux porte-avions vont renforcer la future British Eastern Fleet en intégrant le 3rd Battle Squadron composé de trois cuirassés de classe Queen Elizabeth, cette force étant jugée suffisante pour dissuader le Japon de s’attaquer aux colonies britanniques en Extrême-Orient.
En septembre 1948, l’Implacable était immobilisé pour un grand carénage à l’Arsenal de Singapour et ne pouvait donc pas reprendre immédiatement la mer. Son groupe aérien à terre est cependant mis en alerte, prêt à défendre la colonie contre une attaque japonaise.

Le HMS Indefatigable

Le HMS Indefatigable

-Le HMS Indefatigable (R10) est mis sur cale aux chantiers navals John Brown & Company sis à Clydebank le 3 novembre 1939 lancé le 8 décembre 1942 et mis en service le 14 septembre 1944.
Affecté à la Home Fleet en compagnie de l’Implacable, les deux porte-avions ne tardent pas à quitter la Métropole pour rallier l’Extrême-Orient et Singapour où ils arrivent en février 1945.
Ces deux navires sont chargés avec trois cuirassés de classe Queen Elizabeth de dissuader le Japon de s’attaquer aux colonies britanniques de la région à savoir la Malaisie, Singapour et l’Inde.
Cette force respectable au moins sur le papier peut aussi s’appuyer sur les trois croiseurs de bataille et le porte-avions léger de la Koninklijke Marine (marine néerlandaise), sur l’Asiatic Fleet américaine (qui dispose d’un porte-avions et de deux croiseurs lourds) et sur les FNEO ou Forces Navales en Extrême-Orient.
En septembre 1948, l’Indefatigable était en service et opérationnel. A l’annonce des bombardements allemands, il reçoit l’ordre d’appareiller de Singapour pour prendre position au nord-est de l’ile aux Lions, se tenant prêt à toute éventualité, des patrouilles de chasse composée de Supermarine Seafire étant catapultées tout comme deux Blackburn Buccaneer chargés de trouver une possible flotte japonaise.
Après une semaine intense, les japonais n’ayant pas bougé, le porte-avions reçoit l’ordre de rentrer à Singapour.
Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 26000 tonnes pleine charge 32630 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 233.6m longueur à la flottaison 222.5m largeur 29.2m tirant d’eau 8.9m

Motorisation : quatre groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par huit chaudières Amirauté développant 148000ch entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 32.5 noeuds distance franchissable 12000 miles nautiques à 10 noeuds

Protection : ceinture 114mm pont d’envol 76mm Bulkheads 51mm parois latérales du hangar 51mm soutes à munitions 76 à 114mm

Electronique : un radar d’altimétrie type 277, un radar de veille aérienne type 279, un radar de veille aérienne type 281, six radars de conduite de tir type 282 (artillerie légère) et quatre radars de conduite de tir type 285 (artillerie de 114mm)

Armement : huit tourelles doubles de 114mm en quatre groupes de deux (bâbord avant tribord avant tribord arrière bâbord arrière), un affût quadruple Pom-Pom et cinq affûts octuples et vingt-quatre canons de 20mm en douze affûts doubles.
Installation d’Aviation/Groupe aérien :
-Pont d’envol de 231.6m de long sur 27.4m de large équipé d’une catapulte hydraulique, de neufs brins d’arrêt et de trois barrières pour retenir un avion ayant manqué les brins.
-Deux ascenseurs axiaux, un ascenseur avant de 13.7m de long sur 10.1m et un ascenseur arrière de 13.7m sur 6.7m, le premier ne déservant que le hangar supérieur, le second les deux hangars.
-Hangar supérieur mesure 139.6m de long et le hangar inférieur de 63.4m de long, leur largeur est identique avec 18.9m et une hauteur de 4.3m.
-430000 litres de carburant
-Groupe aérien d’avant guerre composé de 48 appareils, des chasseurs Supermarine Seafire MkV (vingt-quatre), des avions torpilleurs Fairey Barracuda (huit), de quatre Blackburn Buccaneer et des bombardiers en piqué Douglas Dauntless (douze).

Equipage : 1800 officiers et marins

Grande-Bretagne (21) Artillerie et Systèmes d’Armes (3)

4.7 Inch QF Mark VIII (canon de 120mm modèle 1918)

4.7 Inch Mark VIII à bord du cuirassé HMS Rodney

4.7 Inch Mark VIII à bord du cuirassé HMS Rodney

Ce canon de 4.7 pouces soit 120mm est mis au point pour équiper notamment les cuirassés de classe Nelson et les croiseurs de bataille de classe Glorious.
Ce canon de 40 calibres tire des obus de 22.68kg à une distance maximale de 14780m en tir surface (site : +45°) et de 9750m en tir AA. L’affût MkXII pèse 12561kg et peut pointer en site de -5° à +90° (à raison de 10° par seconde) et en azimut sur 360° (à raison de 10° par seconde).
Les Nelson disposaient de six canons en affûts simples alors que les Glorious en configuration porte-avions embarquaient seize pièces.

Ces canons étaient toujours en service en septembre 1948 sur les Nelson, le projet de remplacer ses canons par d’autres pièces plus modernes (de même calibre ou d’un calibre approchant) n’ayant pas abouti.
4.7 Inch QF Mark IX et XII (canon de 120mm modèle 1930)

4.7 Inch QF Mark IX

4.7 Inch QF Mark IX

Ces deux modèles de canons fort similaires vont équiper la majorité des destroyers britanniques construit durant la période séparant le premier du second conflit mondial (1918-1948). Ces canons sont du type Quick Fire, remplaçant sur les destroyers des canons type Breech Loader.
Le Mk IX associé à l’affût simple CP Mk XIV va équiper tous les destroyers construits durant la période 1918-1948 au moins jusqu’aux Tribal qui eux disposaient de canons Mk XII _guère différents des Mark IX_ installés en affûts doubles CP Mk XIX.
Le canon de 120mm Mark XII équipe désormais les destroyers à partir donc des Tribal. La classe J reçoit comme les classes A à I quatre canons (cinq pour les chefs de flottille) en affûts simples sous masque.
Après une classe K quasi-identique à la classe J, la classe L est marquée par un armement composé pour quatre d’entre-eux de trois tourelles doubles de 120mm (les quatre recevant huit canons de 102mm en quatre tourelles doubles).
Ce choix de canons de 102mm aux excellents performances antiaériennes mais aux capacités antisurface plus discutables ne fût pas jugé pertinent car les classes suivantes (M à Q) retrouvèrent leurs trois tourelles doubles de 120mm qui furent modifiées et devenues Dual-purpose sous le nom de Mark XIX* puis de Mark XX.
Ce canon de 47 calibres (longueur du tube : 5.640m) tire des obus de 22.7kg à une distance maximale de 15520m (+40°) à raison d’une cadence de tir maximale de dix coups à la minute. La capacité en munitions des destroyers m’est inconnue.
4.5 Inch QF Mk II, III et IV (canon de 114mm modèle 1935)

4.5 Inch QF Mark II à bord du HMS Renown

4.5 Inch QF Mark II à bord du HMS Renown

Ces différents modèles de canons sont mis au point au court des années trente dans le but initial d’équiper les nouveaux porte-avions (Ark Royal et suivants) d’un armement polyvalent aussi efficace contre les avions que contre l’assaut de bâtiments de surface.
Le choix de ce calibre était la réponse à l’échec d’un canon de 130mm et qu’avec 38kg, le projectile complet de 114mm semblait avoir atteint une limite qu’on ne pouvait dépasser celle des servants appelés à manipuler au combat ces projectiles. Les différents modèles sont assez proches, les différences étant peu nombreuses.
Ces canons équipèrent en premier le HMS Ark Royal considéré comme le premier porte-avions moderne de la Royal Navy. Il va équiper ensuite tous les porte-avions blindés de la marine de Sa Gracieuse Majesté à l’exception des Colossus qui ne disposaient que d’une DCA légère.
Il va également équiper les cuirassés refondus (Queen Elisabeth, Revenge, Repulse et Renown), toujours en affûts doubles mais également certains navires en affûts simples notamment les destroyers du programme de guerre.
Ce canon de 45 calibres (longueur du tube : 5.538m) tire des obus de 38kg (projectile de 26kg plus douze kilos pour la charge propulsive à une distance maximale de 18970m en tir antisurface et de 12500m en tir antiaérien à raison de douze coups à la minute (quatorze coups pour les affûts simples des destroyers du programme de guerre).
L’emport de munitions varie naturellement en fonction des navires. Les porte-avions embarquent 400 projectiles par canon tous comme les cuirassés alors que les destroyers en embarqueront 250 par affût double soit 750 obus de 114mm.
L’affût double RP Mark II _seul en service en septembre 1948_ pesait 46 tonnes, permettant aux canons depointer en site de -5° à +80° à raison de 20° par seconde et en azimut sur 150° de part et d’autre de l’axe à raison de 15° par seconde.
Au cours du conflit, un canon Mark V fût mis au point. Spécifiquement conçu pour la lutte antiaérienne, il tirait des obus munis de fusées de proximité. L’affût simple et double (RP Mark 10 pour le premier, RP Mark 50 pour le second) étaient capables de pointer en site jusqu’à +85°.
En septembre 1950, la Royal Navy prit la décision de faire du 114mm le calibre standard de ses destroyers, abandonnant le 102 et le 120mm.
Ce canon de 114mm à aussi été utilisé par l’armée de terre pour la défense antiaérienne territoriale.
4 Inch QF Mk IV, XII et XXII (canon de 102mm modèle 1904 et 1918)
Le canon de 4 pouces (102mm mais officiellement 101.9mm) était l’un des canons antiaériens les plus usités par la marine de Sa Gracieuse Majesté. Plusieurs modèles anciens et modernes étaient utilisés en septembre 1939 comme en septembre 1948.
Le premier modèle utilisé était le QF Mark IV qui apparait en 1913 quand le croiseur Foresight est réarmé. Il est ensuite utilisé par les destroyers et les flottilla leaders. Ce modèle Mark IV génère des versions dérivées (Mark XII XII* et XXII) adaptées à une utilisation à bord des sous-marins qui sont à l’époque plus des torpilleurs submersibles qu’autre chose.
Ces canons étant encore en service en septembre 1939 mais également en septembre 1948 même si ce modèle était en voie d’extinction. Durant le second conflit mondial, c’était l’arme de prédilection des navires marchands et des croiseurs auxiliaires.
Ce canon de 40 calibres (longueur du tube : 4.080m) tire des obus (séparés pour le Mk IV, encartouchés pour les autres modèles) de 14kg (21 ou 23kg en comptant la charge propulsive) à une distance maximale de 10.590m (+30°) à raison de treize coups par minute.
Les affûts simples pesaient 3 à 5 tonnes selon les modèles, permettant de pointer en site de -10 à +20 ou 30° et en azimut sur 360° sauf pour les affûts destinés aux sous-marins qui ne pouvaient pointer que sur 120° de part et d’autre de l’axe.
4 Inch QF Mark V (canon de 102mm modèle 1914)

4 Inch QF Mark V à bord du HMS Nelson

4 Inch QF Mark V à bord du HMS Nelson

Si le canon de 102mm Mark IV était un canon utilisant des obus séparés (BL), le Mark V fût conçu d’emblée comme un canon utilisant des munitions encartouchées.
Ce choix répond à une volonté de l’Amirauté britannique d’améliorer la cadence de tir des canons de ces destroyers, cadence qui pouvait faire la différence dans un combat nécessairement rapide et brutal.
Introduit d’abord comme canon anti-surface (Low Angle), le Mark V va ensuite être utilisé comme canon antiaérien dès la fin du premier conflit mondial. Il devint pour ainsi dire le canon antiaérien longue portée standard de la marine britannique. Ce canon à aussi été exporté en Argentine.
A noter qu’une version dérivée baptisée Mk XV ne fût pas produite en grande série en raison d’une cadence de tir trop faible pour être efficace.
Ce canon de 45 calibres (longueur du tube : 4.590m) tire des obus de 14 (explosif) ou 15 kg (semi-perforants (poids du projectile complet 24 ou 25kg) à une distance maximale de 14590m (+45°) en tir antisurface et de 8763m en tir antiaérien (+80°) à raison de 10 à 15 coups par minute (9 coups seulement pour la version Mark XV).
Les affûts pèsent 5 à 7 tonnes, permettant aux canons de pointer en site de -10° à +30° pour les premiers et de -5° à +85° pour les derniers modèles. En azimut, le canon peut pointer sur 360° avec naturellement des sécurités pour éviter les tirs fratricides. La dotation en munitions est de 150 à 250 coups par canon.
4 Inch BL Mk IX et X (canon de 102mm modèle 1916)
Le premier cuirassé à artillerie mono calibre ne disposait que d’un faible armement secondaire, des canons de 76mm anti-torpilleurs. Un vrai débat opposa les partisans d’une artillerie secondaire vigoureuse de ceux partisan d’une artillerie secondaire limitée au strict nécessaire.
L’amiral Fisher était de ceux-là, estimant que le canon de 102mm était suffisant pour contrer toutes les menaces qui ne nécessitaient pas l’utilisation de l’artillerie principale.
A l’époque, deux modèles existaient, le QF Mark V et le BL Mark VIII, deux modèles qui avaient leurs qualités et leurs défauts. Avec un pragmatisme tout anglo-saxon, les britanniques prirent le meilleur des deux armes pour crééer le 4 Inch BL Mk IX qui équipa les croiseurs de bataille de classe Renown et Courageous.
Ces canons furent également utilisés sur les corvettes de classe Flower qui récupérèrent les canons des unités désarmées tout comme des navires auxiliaires ou appartenant à la catégorie de la “poussière navale”.
Si le Mark IX fût conçu et construit pour la Royal Navy, le Mark X désignait un modèle de canon conçu pour les cuirassés de défense côtière de classe Nidaros qui furent réquisitionnés par la Royal Navy.
Ce canon de 45 calibres (longueur du tube : 4.590m) tire des obus de 10kg (poids du projectile : 14kg) à une distance maximale de 12344m (+30°) à raison de 10 à 12 coups par minute.

L’affût triple T. MkI pèse 18.8 tonnes en ordre de combat et peut pointer de -10° à +30° en site et sur 360° en azimut. La dotation en munitions était généralement de 150 coups par canon.

L’affût simple CP I pèse 4.79 tonnes et les performances en élévation et rotation sont identiques à celles de l’affût triple
Aucun nouveau modèle de canon de 4 pouces n’est développée, la Royal Navy préférant réduire le nombre de ces calibres en se focalisant sur le 4.5 pouces soit 114mm.
Artillerie légère (12.7mm à 76mm)

3 inch QF HA Mark I II III IV (canon de 76mm modèle 1913)

Canon de 76mm (3 Inch)

Canon de 76mm (3 Inch)

Ce canon est le premier canon antiaérien mis au point à cette fin pour la Royal Navy. Sa carrière est courte sur les grandes unités car il est remplacé après le premier conflit mondial par un canon de 4 pouces.
Il est néanmoins encore en service en septembre 1939 sur les sous-marins légers et sur certains destroyers qui remplacent souvent une plate-forme lance-torpilles. Néanmoins en septembre 1948, seuls les sous-marins sont encore armés de ce canon.
Ce canon de 45 calibres (longueur du tube : 3.420m) tire des projectiles de 12.8kg (poids du projectile : 5.67kg) à une distance maximale de 9970m en tir antisurface et de 7160m en tir antiaérien à raison de 12 à 14 coups par minute.
Durant le second conflit mondial, un projectile plus lourd de 7.94kg augmentait la portée en tir antisurface à 11810m et le tir antiaérien à 4790m.
L’affût simple pèse 2862kg et permet aux canons de pointer en site de -10 à 90° pour les navires de surface, de -10 à +40° pour les sous-marins, l’affût permettant de pointer en azimut sur 360° La dotation en munitions varie selon les navires de 150 à 250 coups par pièce.
Au cours du conflit, un nouveau canon de 3 pouces est développé mais ceci est une autre histoire.
6 pounder QF (canons de 57mm)
-Plusieurs modèles de canons de 6 livres (environ 57mm) sont en service en septembre 1939.
-Le 6-pdr 10cwt QF Mark I est utilisé comme les autres modèles principalement sur les navires légers et les navires auxiliaires. Ce canon de 47 calibres (longueur : 2.679m) tire des projectiles de de 2.85kg à une distance maximale de 10330m (+45°) à raison de 18 coups par minute. L’affût double utilisé également par la défense côtière permettait aux canons de pointer en site de -10° à +80° et en azimut sur 360°. Dotation en munitions inconnue.
-Les autres modèles aux caractéristiques et aux performances similaires sont les 6-pdr 8cwt QF Mark I et II 6 pdr 6 cwt QF Mark I et II et 3 pdr Hotchkiss QF Mark I et II
Canons antiaériens légers
-Dès le premier conflit mondial, la Royal Navy utilise des canons automatiques de petit calibre, le premier d’entre-eux est le 2-pdr QF Mk II plus connu sous le nom de Pom-Pom. La version améliorée appelée Mark VIII fait entrer définitivement le terme Pom-Pom dans le langage courant.
Ce canon fût le canon antiaérien léger principal de la marine britannique jusqu’au second conflit mondial, canon utilisé sur des affûts octuples Mark VIA, des quadruples Mk VII*P et des simples Mk VII* Mk VIII* et Mk XVI.
Il servait également d’arme principale sur les navires légers comme les vedettes et certains auxiliaires.

Affût quadruple "Pom-Pom"

Affût quadruple « Pom-Pom »

Le 2nd QF Mk VIII était un canon de 39 calibres tirant des projectiles de 0.765kg à une distance maximale de 6220m en tir anti-surface et de 3960m en tir antiaérien à raison de 140 coup par minute.
Quand le conflit mondial éclate, les performances du « Pom-Pom » sont en passe de devenir insuffisantes. Aussi la marine britannique décide de passer commande auprès de la firme Bofors de canons de 40mm et de la firme Oerlikon des canons de 20mm, les seconds devant remplacer les mitrailleuses de 7.7 et de 12.7mm.
Les Bofors et les Oerlikon vont être utilisés sur tous les navires, grands et petits, de combat et de soutien sur des affûts simples, doubles et quadruples en attendant des modèles sextuples et octuples.
-Des mitrailleuses sont également utilisés pour la défense antiaérienne, des mitrailleuses calibre 7.7 et 12.7mm en affûts doubles sur les navires légers, quadruples pour les navires plus importants.