Etats Unis (7) US Navy (3)

La montée en puissance dans les années trente

Paradoxalement c’est la crise économique consécutive au choc boursier d’octobre 1929 qui va être à l’origine de la modernisation de l’US Navy via notamment le National Industry Recovery Act qui injecte 3.3 milliards de dollars au profit des forces armées US.

Carl Vinson

C’est aussi l’action d’élus particulièrement concernés par la chose navale comme Carl Vinson qui avec son collège du sénat Park Trammell, le Vinson-Trammell Act voté en 1934 est considéré comme le texte décisif qui va permettre à l’US Navy d’entrer en guerre relativement bien préparée.

Dans l’impossibilité de construire des cuirassés, l’US Navy concentre ses efforts sur le dévellopement du porte-avions. Après avoir fait ses gammes en transformant le charbonnier Jupiter en porte-avions sous le nom de Langley, la marine américaine transforme deux croiseurs de bataille en porte-avions, les Lexington et Saratoga plus grands porte-avions du monde jusqu’à l’apparition des United States.

Ces deux porte-avions sont vus comme trop grands mais à l’usage, ce surdimensionnement se révélera bénéfique puisqu’il pourront acceuillir des avions toujours plus gros et toujours plus puissants.

Elle passe ensuite à l’étape de la construction neuve, hésitant entre quelques grosses unités et beaucoup (tout est relatif) de petites.

USS Ranger (CV-4), une demi-réussite

Le premier porte-avions construit dès l’origine comme tel se révélant un semi-échec ou une demi-réussite (le USS Ranger CV-4), les américains réalisent des navires plus gros, les deux premiers Yorktown (Yorktown CV-5 Enterprise CV-6) qui impose l’architecture américaine du porte-avions où le hangar est un supplément au navire et non une part du tout comme pour les anglais.

USS Essex (CV-9)

Ces deux porte-avions sont suivis _respect des traités oblige_ par une version plus petite, le USS Wasp (CV-7) qui se révèle là encore une demi-réussite à la différence du troisième Yorktown baptisé Hornet et frappé de la marque de coque CV-8.

Les Essex qui ne sont pas en service quand éclate la guerre de Pologne sont une évolution des Yorktown mais il serait réducteur d’imaginer les Essex comme des Yorktown plus gros.

Dans le domaine des cuirassés, les américains hésitent et tâtonnent. La course au cuirassé rapide, la course au «35000 tonnes» à été lancée par la réponse italienne aux Dunkerque et Strasbourg sous la forme de la construction des Littorio et des Vittorio Veneto.

Les français qui doivent contrôler la Méditerranée riposte en mettant également en chantier deux 35000 tonnes, les futurs Richelieu et Jean Bart entrainant l’Italie dans la construction de deux nouveaux cuirassés baptisés Impero et Roma.

Les autres pays majeurs ne tardent pas à suivre, la Grande-Bretagne commençant la construction de cinq King George V, l’Allemagne de deux Bismarck et le Japon de deux Yamato qui se révéleront bien plus gros que les autres 35000 tonnes puisqu’à pleine charge ils en déplacent le double avec un armement bien plus puissant à savoir neuf canons de 460mm en trois tourelles triples.

Les américains sont les derniers à partir dans cette course au cuirassé rapide, synthèse entre le cuirassé «classique» lent, bien protégé et bien armé et le croiseur de bataille rapide, bien armé mais peu protégé, concept qui sera encore présent dans l’US Navy sous la forme des Large Cruiser de classe Alaska.

USS North Carolina (BB-55)

L’US Navy va d’abord mettre en œuvre les deux North Carolina et les quatre South Dakota parmi les plus lents des «35000 tonnes». Songeant à combattre les Kongo et surtout à accompagner leurs porte-avions, les américains franchissent un cap avec quatre Iowa qui peuvent filer à 30 nœuds (la rumeur de cuirassés filant à 35 nœuds se révélant infondée).

Aucun de ces cuirassés n’est service en septembre 1939 (d’ailleurs aucun 35000 tonnes n’est en service quand éclate la guerre de Pologne), la Pax Armada voyant un sérieux renouvellement du corps de bataille avec la mise en service des cinq Montana armés de douze canons de 406mm en quatre tourelles triples.

Les quatre premiers Iowa

Deux autres Iowa sont commandés peu avant le début du second conflit mondial mais si leur construction est menée à bien, ils ne seront achevés qu’à la fin de la guerre, manquant les affrontements majeurs.

Un mot sur les Large Cruiser ou croiseurs de bataille de classe Alaska. Ces derniers sont construits pour contrer à la fois les cuirassés de poche allemands et les projets de croiseurs-tueurs japonais qui révéleront bien moins redoutables une fois achevés.

Six navires sont envisagés mais seulement quatre sont construits armés de canons de 356mm britanniques. Ces canons étaient une version produite sous licence du 14 Inch Gun Mk VII conçu pour les King George V pour pouvoir armer le Suleiman, le cuirassé commandé par la Turquie pour remplacer le Yavuz ex-Goeben.

Ces canons qui vont aussi réarmer les cuirassés brésiliens et argentins vont finalement armer les Alaska qui à la place de trois tourelles triples de 305mm vont recevoir trois tourelles doubles de 356mm.

Comme ces navires ne sont pas vraiment des cuirassés mais plus des croiseurs lourds, comme les noms d’Etats sont réservés aux premiers et que les noms de villes le sont pour les seconds, les Alaska vont recevoir des noms de territoires en l’occurence Alaska Guam Hawai Puerto Rico (le nom de Phillipines lui à été d’abord attribué mais comme le pays est devenu indépendant, il à été rebaptisé). Les deux derniers ne seront jamais baptisés ce qui prouve que dès le début leur sort était en suspens.

Dans le domaine des croiseurs, les croiseurs cuirassés sont désarmés au début des années vingt à la fois à cause de l’usure, du déclassement technique et de la nécessité de «faire de la place» pour l’enfant du traité de Washington à savoir le croiseur lourd ironiquement appelé Thinclad Battleship ou cuirassé en papier d’étain.

USS Pensacola (CA-24)

Plus ou moins bien protégés, les classes de croiseurs lourds se succèdent avec les Pensacola, les Northampton, les Portland, les New Orleans et le Wichita en attendant la construction des Baltimore considérés en septembre 1948 comme les meilleurs croiseurs lourds du monde en compagnie des Saint Louis français.

Aux côtés des croiseurs lourds, on trouve les croiseurs légers. Les Omaha construits dans le cadre du programme de guerre de 1916 pour accompagner des cuirassés et des croiseurs de bataille morts nés sont rapidement dépassés et déclassés, étant désarmés au cours des années quarante et rapidement démolis, aucun pays n’ayant montré un intérêt pour leur récupération.

USS Brooklyn

Les premiers croiseurs légers construits sont les Brooklyn, une réponse aux Mogami japonais avec leurs quinze canons de 152mm qui sont suivis par les Saint Louis _étroitement dérivés des Brooklyn_ en attendant les Cleveland qui ne disposent que de douze canons de 152mm sur une coque courte ce qui posera des problèmes de stabilité au cours du conflit à la manière des Crown Colony britanniques. Les classes suivantes reviendront à seulement neuf canons de 152mm sur une coque allongée et élargie avec une DCA plus importante.

La classe Atlanta à inspiré le projet CLAA français

On trouve également dans les croiseurs légers les Atlanta armés de canons de 127mm, des navires destinés à la défense antiaérienne mais également au commandement des flottilles de destroyers.

Dans le domaine des destroyers, l’abondance de biens nuit contrairement à ce que veut la sagesse populaire. Les nombreux flush-decker bloquent études et constructions. Il faut attendre les années trente pour l’US Navy mette en œuvre de nouveaux destroyers avec la classe Farragut.

Ils sont suivis par de nombreuses classes de navires qui apportent des amélioration en terme de puissance de feu, les derniers destroyers construits avant guerre atteignant un tonnage proche des contre-torpilleurs français (2300-2500 tonnes) avec un armement composé de six canons de 127mm en trois tourelles doubles. Des projets de destroyer-leader à huit canons de 127mm n’aboutissent pas.

Même chose dans le domaine des sous-marins où la flotte évolue avec la mise en service de classes successives qui apportent une amélioration par rapport à la précédente. A noter que la différence d’autres marines,l’US Navy ne renouvèle pas l’expérience du croiseur sous-marin ou du sous-marin croiseur préférant une flotte plus standard, plus de navires plutôt qu’une poignée de très grands submersibles dont la perte pourrait être préjudiciable pour la stratégie d’ensemble.

Dans le domaine des navires légers, la géographie rend les besoins de l’US Navy moindre que dans les autres marines. Ainsi pendant longtemps la marine américaine avait préféré la canonnière aux torpilleurs.

La mise en service des torpilleurs légers type Le Fier côté français, des Hunt côté britannique montrent l’utilité de ce type de navires, plus puissant que les escorteurs type PC/PCE mais soulageant les destroyers de missions de secondaire.

Des navires appelés Destroyer Light puis Destroyer Escort vont ainsi être construits, des navires de 1500 tonnes armés de deux ou trois canons de 127mm, de deux plate-formes triples lance-torpilles, d’une DCA légère et de grenades ASM.

Ils sont peu nombreux en septembre 1948 mais leur nombre va augmenter suite aux premières pertes dans l’Atlantique sous les coups des sous-marins allemands, les sous-marins japonais préférant (généralement) les navires de guerre aux navires de transport.

Les canonnières, les dragueurs de mines et les vedettes lance-torpilles ne sont pas oubliées, les premiers et les troisièmes étant surtout destinés à l’Asie du Sud-Est et notamment les Philippines, l’utilisation des vedettes lance-torpilles étant envisagée pour la protection de la baie de Manille où se trouve la base stratégique de Cavite.

La logistique n’est pas oubliée, les immenses distances du Pacifique imposant un solide train d’escadre. Comme le dira un amiral américain «Tu peux plus facilement perdre une bataille dans le Pacifique à cause de la logistique et du climat qu’à cause des coups de l’ennemi».

Outre les navires de soutien strictement militaires, l’US Navy peut s’appuyer sur une marine marchande qui à remonté la pente grâce notamment au travail de la Maritime Commission qui réussit à préserver un tonnage suffisant alors que la crise faisait rage et qui surtout à standardisé un certain nombre de composants et de plans pour faciliter la montée en puissance lorsque la guerre éclatera.

Dans le domaine de l’Aéronavale, on assiste à une montée en puissance qualitative et quantitative avec la modernisation logique du parc aérien et son augmentation liée notamment à la mise en service de nouveaux porte-avions, chaque porte-avions disposant de son groupe aérien auxquels il faut ajouter deux groupes aériens de réserve composés à 40% d’actifs et 60% de réservistes. Cette augmentation concerne également les unités d’hydravions et les unités de la PatMar.

Enfin dans le domaine des bases, les changements sont peu nombreux, les bases existantes sont modernisées, celles d’outre-mer mieux outillées mais il n’y à pas la construction de nouvelles bases comme pour la France (Mers-El-Kébir, Cam-Ranh) ou la Grande-Bretagne (Alor Setar, Kuching).

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Grande-Bretagne (37) croiseurs légers (6)

Croiseurs légers classe Crown Colony

Avant-propos

Le traité de Washington était valable jusqu’au 31 décembre 1936 mais pouvait être reconduit automatiquement si aucun pays ne le dénonçait. Le Japon et la France le dénoncent fin 1934 et entament sérieusement leur réarmement, le premier se sentant suffisamment fort pour se lancer dans un réarmement destiné à contester aux Etats-Unis le contrôle du Pacifique, le second pour tenter de créer une marine pouvant combattre à la fois les allemands et les italiens.

Le 18 juin 1935 est signé l’accord naval anglo-allemand (Anglo-German Naval Agreement/Deutsch-britisches Flottenabkomen) qui officialisait la politique de réarmement naval et annulait de facto les clauses navales du traité de Versailles.

Selon ce traité, la Kriegsmarine pouvait aligner un tonnage correspondant à 35% du tonnage de la Royal Navy et 45% pour les sous marins ce qui signifie que les allemands pouvaient construire 183750 tonnes de cuirassés ou assimilés, de 51380 tonnes de croiseurs lourds, de 67720 tonnes de croiseurs légers, de 47250 tonnes de porte-avions, 52500 tonnes de destroyers et de 18445 tonnes de sous marins.

Les français sont ulcérés par cet accord d’autant que Londres n’à pas consulté son allié français. La seconde conférence navale de Londres s’ouvre le 9 décembre 1935 et aboutit au second traité naval de Londres signé le 25 mars 1936 et entrant en vigueur le 22 août 1937, l’Italie y adhéra le 16 novembre 1938.

Parmi les dispositions de ce traité, le déplacement des croiseurs est limité à 8000 tonnes et il est interdit jusqu’au 1er janvier 1943 de construire des croiseurs d’un calibre supérieur à 155mm. Une clause de sauvegarde permettant de revoir ces limites au cas où la sécurité des signataires serait affectée.

Cela obligea les britanniques pour la classe de croiseurs conventionnels succédant aux Town de revoir leurs plans. Globalement, les nouveaux croiseurs sont des dérivés à la baisse des Town avec néanmoins un schéma de protection revu avec une ceinture blindée plus longue mais aussi plus fine, un ravitaillement en munitions pour les canons de 102mm améliorés.

Onze croiseurs allaient au final être construits, tous portant le nom de territoires ayant le statut de colonies royales (Crown Colony) différent des Dominions, des protectorats ou encore des colonies à charte.

Deux sous-classes peuvent être identifiées : le type Fiji qui regroupe les huit premiers croiseurs et le type Ceylon qui regroupe les trois derniers croiseurs construits selon un design modifié avec seulement trois tourelles triples de 152mm pour permettre le renforcement de la DCA et améliorer la stabilité.

Carrière opérationnelle

Le HMS Bermuda

Le HMS Bermuda

-Le HMS Bermuda est mis sur cale aux chantiers navals John Brown de Clydebank le 30 novembre 1939 lancé le 11 septembre 1941 et complété le 21 octobre 1942.

Il est affecté à la Home Fleet au sein du 7th Cruiser Squadron où il sera rejoint ultérieurement par ses sister-ship Gambia et Kenya. Ces trois croiseurs sont stationnés à Rosyth.

Le 14 septembre 1944, il est endommagé dans une collision avec son sister-ship Kenya au cours d’un exercice d’évolution. Les deux navires sont assez sérieusement endommagés et les travaux de remise en état vont durer plus de six mois.

En septembre 1948, le Bermuda est immobilisé pour carénage, les travaux étaient prévus pour s’achever le 17 octobre mais avec le conflit, il est probable qu’ils seront accélérés.

Le HMS Fiji

Le HMS Fiji

-Le HMS Fiji est mis sur cale aux chantiers navals John Brown de Clydebank le 30 mars 1938 lancé le 31 mai 1939 et admis au service actif le 17 juillet 1940.
Il est d’abord affecté hors-rang au sein de la Home Fleet puis à la mise en service du Jamaica (septembre 1942), il forme le 14th Cruiser Squadron en sa compagnie, division stationnée à Aden au sein de l’India Station pour couvrir l’Océan Indien contre les raiders allemands.
En septembre 1948, il va entamer une série de patrouilles pour protéger le trafic commercial dans la région.

Le HMS Kenya

Le HMS Kenya

-Le HMS Kenya est mis sur cale aux chantiers navals Alexander Stephens & Sons de Glasgow le 18 juin 1938 lancé le 18 août 1939 et admis au service actif le 27 septembre 1940.

Affecté à la Home Fleet, il forme le 7th Cruiser Squadron en compagnie de ses sister-ships Gambia et Bermuda. Le 14 septembre 1944, il est sérieusement endommagé par une collision avec ce dernier, nécessitant huit mois de travaux.
Quatre ans plus tard, le croiseur était pleinement opérationnel, attendant à Rosyth la suite des événements.

Le HMS Mauritius

Le HMS Mauritius

-Le HMS Mauritius est mis sur cale aux chantiers navals Swan Hunter de Newcastle-upon-Tyne le 31 mars 1938 lancé le 19 juillet 1939 et admis au service actif le 4 janvier 1940.
Affecté d’abord à la Home Fleet, il est ensuite redéployé en Extrême-Orient, étant stationné à Hong Kong au sein du China Squadron, formant le 15th Cruiser Squadron avec son sister-ship Ceylon.
En septembre 1948, le Mauritius est opérationnel. Il appareille dès le 6 septembre pour protéger la colonie britannique d’un éventuel raid japonais.

Le HMS Nigeria

Le HMS Nigeria

-Le HMS Nigeria est mis sur cale aux chantiers Vickers-Armstrong de Newcastle-upon-Tyne le 8 février 1938 lancé le 18 juillet 1939 et mis en service le 30 septembre 1940.

A sa mise en service, il est affecté à la Home Fleet, au sein du 12th Cruiser Squadron retrouvant son sister-ship Trinidad à Chatham, son port d’attache.

Huit ans après sa mise en service, en septembre 1948, le croiseur léger est amarré dans sa base de Chatham. Mis en alerte, il se prépare à toute éventualité.

Le HMS Trinidad

Le HMS Trinidad

-Le HMS Trinidad est mis sur cale à l’Arsenal de Devonport le 21 avril 1938 lancé le 21 mars 1940 et admis au service actif le 14 octobre 1941.

Affecté au 12th Cruiser Squadron, il est immobilisé pour carénage quand les allemands déclenchent l’opération Weserübung.

HMS Gambia

HMS Gambia

-Le HMS Gambia est mis sur cale aux chantiers navals Swan Hunter de Newcastle-upon-Tyne le 24 juillet 1939 lancé le 30 novembre 1940 et admis au service actif le 21 février 1942.

Affecté au 7th Cruiser Squadron en compagnie de ses sister-ship Kenya et Bermuda, le croiseur était opérationnel et prêt à toute éventualité.

Le HMS Jamaïca

Le HMS Jamaïca

-Le HMS Jamaica est mis sur cale aux chantiers navals Vickers Armstrong de Barrow-in-Furness le 28 avril 1939 lancé le 16 novembre 1940 et admis au service actif le 9 septembre 1942.

Il forme le 14th Cruiser Squadron stationné à l’India Station avec Aden pour port d’attache, cette division étant composée également du HMS Fiji.

En septembre 1948, il est en entretien à flot et ne peut donc appareiller immédiatement pour protéger le trafic commercial dans la région.

Le HMS Ceylon

Le HMS Ceylon

-Le HMS Ceylon est mis sur cale aux chantiers navals Alexander Stephen de Govan près de Glasgow le 27 avril 1939 lancé le 30 juillet 1942 et admis au service actif le 13 juillet 1943.

Il est affecté en Extrême-Orient avec le HMS Mauritius formant le 15th Cruiser Squadron, division stationnée à Hong Kong.

En septembre 1948, le croiseur est opérationnel prêt à défendre la colonie britannique.

Le HMS Uganda

Le HMS Uganda

-Le HMS Uganda est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Newcastle-upon-Tyne le 20 juillet 1939 lancé le 7 août 1941 et admis au service actif le 3 janvier 1943.

Dès sa mise en service, il rallie la Méditerranée, formant le 13th Cruiser Squadron stationné à Alexandrie, cette division étant également formée par le HMS Newfoundland.

En septembre 1948, le croiseur est disponible pour toute mission en Méditerranée orientale.

Le HMS Newfoundland accompagnant un porte-avions

Le HMS Newfoundland accompagnant un porte-avions

-Le HMS Newfoundland est mis sur cale aux chantiers navals Swan Hunter de Newcastle-upon-Tyne le 9 novembre 1939 lancé le 19 décembre 1941 et admis au service actif le 31 décembre 1942.
Dès sa mise en service, il rallie la Méditerranée où il va former avec son sister-ship Uganda le 13th Cruiser Squadron, les deux navires étant disponibles en septembre 1948 pour contrer les actions hostiles de l’Italie.
Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard environ 8000 tonnes pleine charge 10725 tonnes (10840 tonnes pour les Ceylan Newfoundland et Uganda)

Dimensions : longueur hors tout 169.32m largeur 19m tirant d’eau 5.03m

Propulsion : quatre turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par quatre chaudières Amirauté à trois tubes dévellopant 72500ch (80000ch pour les Ceylan Newfoundland et Uganda) et entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 31.5 noeuds (32 noeuds pour le Ceylan, le Newfoundland et l’Uganda) distance franchissable : 10100 miles nautiques à 12 noeuds

Protection : ceinture de 3.25 inch (82.6mm) au niveau des machines et de 3.5inch (89mm) au niveau des soutes à munitions ponts blindés 2inch (51mm) tourelles 1 ou 2 inch (25 à 51mm) bulkheads 1.5 à 2 inch (38 à 51mm)

Electronique : Les croiseurs légers type Crown Colony disposent d’un radar de veille aérienne type 279, d’un radar de veille combinée type 290, d’un radar d’acquisition de cibles type 273, d’un radar de conduite de tir type 285 (artillerie secondaire), un radar de conduite de tir type 282 pour l’artillerie légère et d’un radar de conduite de tir type 284 pour l’artillerie principale.
Armement :

Sous-groupe Fiji : armement d’origine : 12 canons de 152mm (6 pouces) Mak XXIII en quatre tourelles triples XXIII (deux avant et deux arrières), 8 canons de 102mm QF Mark XVI en quatre affûts doubles HA Mark XIX installés latéralement deux par deux derrière la cheminée n°2, 8 canons de 2 livres Mark VIII en deux affûts quadruples Mark VII et Deux plate-formes triples lance-torpilles de 533mm

Sous-groupe Ceylon : armement d’origine : 9 canons de 152mm (6 pouces) Mak XXIII en trois tourelles triples XXIII (deux avant et une arrière en position «A» «B» et «Y»), 8 canons de 102mm QF Mark XVI en quatre affûts doubles, 12 canons de 2 livres Mark VIII en trois affûts quadruples Mark VII et Deux plate-formes triples lance-torpilles de 533mm

Modifications :

Si il faut attendre le conflit pour voir le débarquement de la tourelle X des Crown Colony possédant quatre tourelles, en septembre 1948, la DCA légère est composée désormais de deux affûts quadruples Pom-Pom ou de huit canons de 40mm Bofors en affûts doubles ainsi que de seize canons de 20mm Oerlikon en affûts simples.

Aviation : une catapulte axiale entre les deux cheminées et deux hydravions Supermarine Walrus

Equipage : 730 officiers et marins

Croiseurs légers classe Minotaur

Avant-Propos

Avant le second conflit mondial, la Royal Navy à toujours été corsetée par des budgets limités par les moyens financiers, la politique d’apeasement qui donna raison (temporairement) à Winston Churchill (“Vous aviez le choix entre le déshonneur et la guerre vous avez choisit le déshonneur et vous aurez la guerre”) et la répugnance à construire des navires trop gros disponibles en trop petit nombre par rapport aux besoins estimés.

L’exemple des Town _les plus puissants croiseurs légers d’Europe avec leurs douze canons de 152mm en quatre tourelles triples_ est parlant. Succédant aux Arethusa et leurs six canons de 152mm en trois tourelles doubles, ils furent une réponse à la menace extérieure posée par les Mogami japonais. Ironie de l’histoire, les Town étaient tous déployés au sein de la Home Fleet où ils avaient bien peu de change d’affronter les Mogami Mikuma Suzuya et Kumano.

A la suite des dix croiseurs légers les britanniques construisent onze croiseurs légers de classe Crown Colony, des navires armés de douze (ou neuf pour le Ceylon Newfoundland Uganda) canons sur une coque plus courte que les Town.

Les architectes navals britanniques se rendirent compte qu’ils avaient atteint les limites, les huit premiers navires de classe “colonie royale” avaient la plus petite coque pouvant recevoir douze canons de six pouces.

Résultat les trois derniers n’embarquèrent que neuf canons de 152mm et les autres (à part ceux qui ne furent pas coulés dans les premiers mois de la guerre) perdirent la tourelle X et leurs installations d’hydraviation pour recevoir une DCA supplémentaire et améliorer leur stabilité.

L’expansion de la flotte de croiseurs légers continue avec la commande en septembre 1943 de huit croiseurs légers de classe Minotaur.

Ils marquent un retour à la coque des Town soit 183.50m (en réalité une coque dont la longueur est situé à mi-chemin entre les huit premiers Town et les deux derniers) avec seulement trois tourelles triples mais douze canons de 102mm en six affûts doubles sont embarqués. La DCA légère est fournie et après une hésitation, une catapulte est embarquée, l’hydravion étant jugé irremplaçable en dépit des difficultés de récupération et de la présence de radars.

En dépit d’une commande passée cinq ans plus tôt, seulement quatre navires sont en service en septembre 1948, les quatre derniers étant en achèvement à flot avec une mise en service prévue pour le courant de 1949.

Carrière opérationnelle

Le HMS Minotaur

Le HMS Minotaur

-Le HMS Minotaur est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead le 4 mai 1944 lancé le 13 décembre 1945 et mis en service le 14 juillet 1947.

Il est affecté à la Home Fleet, hors rang en attendant la mise en service de trois sister-ship. A la mise en service du Swiftsure (septembre 1947), il intègre le 16th Cruiser Squadron dont les quatre navires sont stationnés à Faslane sur la côte occidentale de l’Ecosse.

Quand le second conflit mondial éclate le 5 septembre 1948, le Minotaur venait en compagnie de quatre destroyers type M (10th Destroyer Flottilla) de prendre en charge au large de l’Irlande un convoi de quatre cargos et deux paquebots transportant en europe deux divisions canadiennes, la 1st et la 2nd Canadian Division, la première devant être déployée en France au sein du BEF et la seconde devant être engagée en Norvège ce qui sera uniquement le cas pour une partie des forces qui formeront une division de marche destiné à freiner la conquête allemande et couvrir l’évacuation du corps expéditionnaire allié.

Le HMS Swiftsure

Le HMS Swiftsure

-Le HMS Swiftsure est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 2 juin 1944 lancé le 18 décembre 1945 et mis en service le 12 septembre 1947.

Sa mise en service permet l’activation du 16th Cruiser Squadron (16th CS) et un an plus tard quand les allemands envahissent la Norvège, le Swiftsure était à quai à Faslane. Il est mis en alerte, embarquant vivres, munitions et vêtements chauds, confirmant pour les marins que la guerre ne tarderai pas à éclater.

Le HMS Superb

Le HMS Superb

-Le HMS Superb est mis sur cale aux chantiers navals John Brown de Clydebank le 14 septembre 1944 lancé le 12 mars 1946 et mis en service le 8 janvier 1948.

Basé à Faslane au sein du 16th CS, le Superb était en mer pour entrainement quand les allemands déclenchent l’opération Weserübung. L’entrainement se poursuit même si l’ambiance à bord est plus lourde.
-Le HMS Vigilant est mis sur cale au Chatham Royal Dockyard le 12 octobre 1944 lancé le 4 mai 1946 et mis en service le 12 avril 1948.

Affecté au 16th Cruiser Squadron (16th CS), il était à quai le 5 septembre 1948 et comme l’ensemble de la Home Fleet, il est mis en alerte, prêt à appareiller dans un bref delai.

-Le HMS Bellerophon est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead le 14 janvier 1946 et lancé le 8 novembre 1947.

Quand le second conflit mondial éclate, le croiseur léger est en achèvement à flot. Sa mise en service est prévue pour mars 1949.

-Le HMS Eagle est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 17 mars 1946 sous le nom de Mars. Rebaptisé Eagle le 7 septembre 1946, il est lancé le 14 octobre 1947 et en achèvement à flot quand le second conflit mondial éclate, sa mise en service en service étant prévue pour juin 1949.

-Le HMS Defence est mis sur cale aux chantiers navals John Brown de Clydebank le 8 juillet 1946 lancé le 14 janvier 1948. En achèvementà flot, sa mise en service n’est pas prévue avant l’automne 1949 même si le conflit pourrait accélérer les choses.

-Le HMS Tiger est mis sur cale au Chatham Royal Dockyard le 4 novembre 1946 lancé le 4 mai 1948. Sa mise en service n’est pas prévue avant l’automne 1949

L’affectation des quatre derniers Minotaur n’est pas décidée mais avec le déclenchement de la guerre en Europe, il est probable que la Home Fleet sera prioritaire.

Caractéristiques Techniques

Classe Swiftsure
Déplacement : standard environ 8900 tonnes pleine charge 11125 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 183.50m largeur 19.80m tirant d’eau 5.083m

Propulsion : quatre turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par quatre chaudières Amirauté à trois tubes dévellopant 85000ch et entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 32 noeuds distance franchissable : 10500 miles nautiques à 12 noeuds

Protection : ceinture de 3.25 inch (82.6mm) au niveau des machines et de 3.5inch (89mm) au niveau des soutes à munitions ponts blindés 2inch (51mm) tourelles 1 ou 2 inch (25 à 51mm) bulkheads 1.5 à 2 inch (38 à 51mm)

Electronique : Les croiseurs légers type Minotaur disposent d’un radar de veille aérienne type 279, d’un radar de veille combinée type 290, d’un radar d’acquisition de cibles type 273, d’un radar de conduite de tir type 285 (artillerie secondaire), un radar de conduite de tir type 282 pour l’artillerie légère et d’un radar de conduite de tir type 284 pour l’artillerie principale.

Armement : 9 canons de 152mm (6 pouces) Mak XXIII en trois tourelles triples XXIII* (deux avant et une arrière en position «A» «B» et «Y»), 12 canons de 102mm QF Mark XVI en six affûts doubles installés latéralement, 16 canons de 40mm Bofors (deux affûts quadruples et huit affûts doubles) et 24 canons de 20mm Oerlikon en douze affûts doubles, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples.

Aviation : une catapulte axiale entre les deux cheminées et deux hydravions Supermarine Walrus

Equipage : 730 officiers et marins

Grande Bretagne (32) croiseurs légers (1)

CROISEURS LEGERS

Avant-Propos

Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises (et comme nous le verrons à nouveau), les matériels militaires qu’ils soient navals, terrestres aériennes sont issus d’une longue évolution, une évolution dictée par les progrès technologiques, les retours d’expérience et de nouveaux besoins tactiques.
A l’apogée de la marine de guerre à voile (18ème siècle qui marque le début de deux siècles de domination maritime britannique sur le monde), aux côtés de lourdes escadres de galions et autres navires de ligne se trouvaient des navires plus petits, plus économiques et plus manoeuvrants.
Ces navires (goélettes, bricks, avisos, frégates) étaient chargés de toutes les missions que ne pouvaient assurer les navires de ligne à savoir les liaisons, la présence outre-mer, la traque des pirates, la défense du commerce (et l’attaque du commerce ennemi).
L’apparition de la coque en fer et de la vapeur entraina la disparition en temps que navires de combat de ces voiliers au profit de navires à vapeur (même si dans les premières générations), ces navires étaient mixtes à voile et à vapeur en raison d’une fiabilité insuffisante des organes mécaniques.

De nouvelles désignation apparaissent notamment le croiseur. Ce terme générique (on parle de cruiser dans la langue de Shakespeare, de kreuzer dans la langue de Goethe) va se décliner en nombreuses sous-catégories : croiseur cuirassé, croiseur-éclaireur, croiseur de station, croiseur-torpilleur, croiseur protégé et croiseur léger.

Cette dernière catégorie apparait au début du vingtième siècle. L’apparition de la turbine permet d’envisager des navires de 2 à 4000 tonnes armés de canons médians et suffisamment rapides pour jouer le rôle d’éclaireur.

On verra que la marine française qui ne disposait que de croiseurs cuirassés sera particulièrement handicapé dans le domaine de l’éclairage tant l’armoured cruiser était impropre à cette mission.
Ce n’est pas le cas de la Royal Navy qui dispose au début du premier conflit mondial d’une flotte appréciable de light cruiser. La rencontre du Galatea et de trois torpilleurs allemands cherchant tous les deux à interroger un vieux cargo danois marquera le début du titanesque affrontement du Jutland.

La flotte de croiseurs légers continue de s’étoffer durant le conflit, aboutissant même à des croiseurs ultérieurement classés dans la catégorie des croiseurs lourds (c’est à dire après le désarmement des croiseurs cuirassés) à savoir les Hawkins qui serviront de base de calcul pour les croiseurs type Washington.

En effet à l’origine les britanniques voulaient interdire tous les croiseurs armés de canons d’un calibre supérieur à six pouces avant que les américains ne leur rappelle malicieusement qu’ils devront si c’était le cas ferailler des croiseurs pas encore en service.
Après une période de quelques années sans construction, la construction des croiseurs légers reprend au début des années trente, Londres cherchant sans vraiment le trouver le bon compromis entre la qualité et la quantité.
Les innombrables lignes commerciales d’un empire où le soleil comme sur celui de Charles Quint ne se couche jamais nécessitent de nombreux croiseurs mais ces navires doivent avoir un armement suffisamment puissant pour lutter contre les raiders et autres croiseurs auxiliaires qui peuvent être solidement armés.
La construction de nombreux croiseurs lourds et le besoin de préciser les limites des quotas plus ou moins respectés selon les pays entraine la signature d’un nouveau traité à Londres le 22 avril 1930.
Ce traité définit deux catégories de croiseurs. La catégorie A concerne les croiseurs dôtés d’une artillerie supérieure à 155mm et d’un tonnage maximal de 10000 tonnes (le calibre maximal de l’artillerie est toujours fixé à 203mm) alors que la catégorie B définit le croiseur comme un navire d’un déplacement supérieur à 2000 tonnes avec une artillerie d’un calibre compris entre 130 et 155mm.
Les britanniques vont reprendre la construction de croiseurs à canons de six pouces soit 152mm, des croiseurs destinés à répondre à un usage propre comme les Leander ou les Arethusa ou destinés à répondre à une réalisation étrangère, les Town à douze canons de 152mm en quatre tourelles triples étant une réponse aux Mogami japonais armés de cinq tourelles triples de 155mm en attendant de pouvoir disposer de cinq tourelles doubles de 203mm.

L’évolution de la menace conduit les britanniques à poursuivre l’évolution des Town plutôt que des Leander avec la construction des Crown Colony, une version réduite des Town ce qui fait comprendre aux ingénieurs navals britanniques qu’ils sont arrivés aux limites, la coque des croiseurs de classe “Colonie Royale” étant la plus petite pouvant recevoir douze canons de 152mm (ils perdront d’ailleurs durant le conflit la tourelle triple X pour pouvoir recevoir une DCA renforcée).
Ainsi les derniers croiseurs légers construits avant le second conflit mondial, la classe Minotaur combine une coque plus longue et plus large avec seulement neuf canons de 152mm en trois tourelles triples, l’accent étant mis sur les radars et une DCA plus importante.
Quatre navires sont en construction en plus des quatre navires en service. Ce modèle va évoluer dans une nouvelle classe de croiseurs provisoirement désigné comme le type F et qui doit disposer d’une artillerie de 152mm polyvalente, ce modèle devant à terme remplacer les croiseurs légers les plus anciens et succéder aux Dido, la construction de croiseurs légers antiaériens spécifiques n’étant pas poursuivit.

L’évolution concerne également les structures, les Cruiser Squadron composites (croiseurs lourds et légers) que l’on trouvait au moment du déclenchement de la guerre de Pologne ont disparu même si bien évidément pour des raisons opérationnelles et techniques (avarie, entretien), des groupes occasionnels verront heavy et light cruiser cohabiter ensemble au sein de groupes de chasse aux raiders.
Situation de la flotte des croiseurs légers britanniques en septembre 1939 et son évolution ultérieure

Septembre 1939
Quand Londres entre en guerre le 3 septembre 1939 pour défendre la Pologne attaquée par les allemands, la Royal Navy dispose de la flotte de croiseurs légers suivants :

Le HMS Caledon, un croiseur type C

Le HMS Caledon, un croiseur type C

-Treize croiseurs légers type C construits durant le premier conflit mondial dont certains ont été transformés en croiseurs légers antiaériens préfigurant les Dido

Le HMS Danae, un croiseur type D

Le HMS Danae, un croiseur type D

-Huit croiseurs type D, dérivés des précédents dont trois transférés à la NewZealand Division ofthe Royal Navy

Le HMS Emerald

Le HMS Emerald

-Deux croiseurs type E (trois prévus initialement)

Le HMNZS Leander fût transféré à la marine néo-zélandaise après une courte carrière dans la marine britannique

Le HMNZS Leander fût transféré à la marine néo-zélandaise après une courte carrière dans la marine britannique

-Cinq Leander avec huit canons de 152mm en quatre tourelles doubles, les trois derniers ayant été transférés à la Royal Australian Navy (RAN) (marine australienne).

Le HMS Arethusa

Le HMS Arethusa

-Quatre Arethusa équipés de six canons de 152mm en trois tourelles doubles

Le HMS Gloucester

Le HMS Gloucester

-Dix Town armés de douze canons de 152mm en quatre tourelles triples

Le HMS Curlew en version antiaérienne

Le HMS Curlew en version antiaérienne

-Les croiseurs légers antiaériens de classe Dido sont en construction tout comme les Crown Colony sans oublier des croiseurs légers de type C en refonte antiaérienne à savoir les Curlew Curacoa et Carlisle.
Sur le plan des structures, cela nous donn le panorama suivant :

-Au sein de la Home Fleet, on trouve trois Cruiser Squadron avec le 18th Cruiser Squadron qui dispose des puissants et modernes croiseurs de classe Town, les Newcastle Sheffield Edinburgh et Belfast.

Il cohabite avec deux Cruiser Squadron composés de croiseurs anciens, le 12th CS qui dispose de croiseur lourd Effingham, des croiseurs légers type E Emerald et Enterprise, le croiseur type C Cardiff et deux croiseurs type D, les Delhi et Dunedin. Quand au 7th Cruiser Squadron, il dispose des croiseurs type D Diomede et Dragon ainsi que des croiseurs type C Calypso et Caledon.
Des croiseurs légers sont hors rang comme le croiseur léger antiaérien Calcutta tandis que le croiseur léger Aurora sert de navire de commandement au profit des destroyers.
La Humber Force qui appartient à la Home Fleet dispose du 2nd Cruiser Squadron constitué par les croiseurs légers type Town Southampton et Glasgow.
-La Channel Force dispose des croiseurs légers type C Ceres Caradoc et Cairo, ce dernier ayant été converti en CLAA.
-La Mediterranean Fleet dispose du 3rd Cruiser Squadron constitué par les croiseurs légers Arethusa Penelope et Coventry
-La China Station ne dispose pas de Cruiser Squadron équipé majoritairement de croiseurs légers, seul le HMS Birmingham est déployé au sein du 5th Cruiser Squadron.
Les autres croiseurs légers sont déployés dans des commandements secondaires avec pour mission principale de traquer les raiders allemands.
-Le South Atlantic Command dispose du 6th Cruiser Squadron composé de l’unique croiseur léger Neptune et du 9th Cruiser Squadron qui dispose de quatre croiseurs type D, les Despatch Dauntless Danae et Durban.
-Le North AtlanticCommand aligne les croiseurs légers type C Colombo et Capetown
-L’American & West Indies Station dispose au sein du 8th Cruiser Squadron du croiseur léger HMS Orion ainsi que du HMAS Perth (ex-HMS Amphion), le premier appartenant à la classe Arethusa et le second à la classe Leander.
-En Inde, on trouve le 4th Cruiser Squadron composé des croiseurs légers type Town Gloucester Liverpool et Manchester.
-Les Curlew Curacoa et Carlisle en refonte durant la guerre de Pologne doivent être affecté à la Channel Force une fois les travaux terminés sans qu’un nouveau CS ne soit mis sur pied.

Septembre 1948
Les choses ont bien évolué avec le désarmement de navires anciens, la mise en service d’unités neuves ainsi qu’un bouleversement des structures, des divisions homogènes ayant été mises sur pied pour faciliter l’entretien et l’efficacité au combat.
Sur le plan des navires, tous les type C y compris ceux refondus antiaériens ont été désarmés et remplacés par des Dido.

-Sur les huit type D ou classe Danae, trois sont encore en service au sein de la Royal Navy 5 septembre 1948, trois avaient été transférés en 1925 à la division néo-zélandaise de la Royal Navy (Dunedin Despatch Diomede) et deux sont transférés en 1944 à la marine polonaise libre (Danae Dragon), ne laissant en service au sein de la Royal Navy que les Durban Dauntless et Delhi.
Pour le cas des croiseurs néo-zélandais, à la différence de septembre 1939 où ils étaient placés sous l’autorité opérationnelle de la Royal Navy, cette fois ils sont sous l’autorité de la marine néo-zélandaise mais comme le Pacifique reste calme, la division va être déployé dans l’Océan Indien pour couvrir le passage capital entre l’Océan Atlantique et l’Océan Indien, une voie de passage des convois entre l’Europe et l’Extrême-Orient.
Quand aux croiseurs polonais, ils restent déployés au sein de la Home Fleet, la marine polonaise libre ayant un statut semi-autonome, dépendant de la Royal Navy pour son ravitaillement.
-Les croiseurs légers de classe Leander sont déployés en Extrême-Orient en compagnie de deux croiseurs légers identiques mais précocément transférés à la marine néo-zélandaise.
-Les quatre croiseurs légers de classe Arethusa sont regroupés en Méditerranée. Basés à Malte, ils ont pour mission principale d’attaquer les lignes de communication reliant l’Italie à la Libye en compagnie de la 6ème Escadre Légère française qui dispose de quatre croiseurs légers.
-Les dix croiseurs légers classe Town sont tous déployés au sein de la Home Fleet

Le HMS Bermuda

Le HMS Bermuda

-Sur les onze croiseurs légers classe Crown Colony, deux sont déployés dans l’Océan Indien, deux en Extrême-Orient (China Station puis British Eastern Fleet), deux en Méditerranée et cinq au sein de la Home Fleet.

Le HMS Minotaur

Le HMS Minotaur

-Les quatre croiseurs légers classe Minotaur déployés en Europe tout comme devraient l’être les quatre en construction quand la guerre éclate à nouveau en Europe.

Le croiseur léger antiaérien HMS Dido

Le croiseur léger antiaérien HMS Dido

-Pour ce qui est des Dido, décision est prise de les faire accompagner les porte-avions d’escadre,aussi leur stationnement est lié en partie à ceux des porte-avions.
La Home Fleet disposant de six porte-avions d’escadre, six classe Dido sont déployés en escorte des porte-avions dont c’est la mission quasi-exclusive. Outre la défense antiaérienne avec leurs canons de 133mm, ils assurant le commandement et la coordination de la défense avec les chasseurs du porte-avions ainsi que les destroyers d’escorte.
Sont concernés les Dido Naïad Euryalus Charybdis Scylla et Argonaut. En Méditeranée, les Bonaventure Hermione et Phoebe protègent les trois porte-avions déployés dans la Mare Nostrum alors que les Sirius et Cleopatra sont déployés en Extrême-Orient.
Les cinq navires restants sont déployés au sein de la Home Fleet (Bellona Black Prince Diadem) et au sein de la Mediterranean Fleet (Royalist Spartan).
Et au niveau des structures ? L’évolution est nette puisque les divisions sont désormais homogènes à la fois selon le type (croiseur léger/lourd) mais également selon la classe.
Ainsi quand le second conflit mondial éclate, les croiseurs légers sont répartis de la manière suivante :
Home Fleet Light Squadron (HF-LS) : 28 croiseurs légers

-2nd Cruiser Squadron : Southampton Glasgow Belfast, trois puissants croiseurs de classe Town. La division est stationné à Rosyth

-4th Cruiser Squadron croiseurs légers Gloucester Liverpool Manchester, trois croiseurs de classe Town, la division étant stationnée à Portland

-7th Cruiser Squadron : Bermuda Gambia Kenya, trois croiseurs légers de classe Crown Colony, la division étant également stationné à Rosyth.

-12th Cruiser Squadron : Nigeria et Trinidad, deux croiseurs légers de classe Crown Colony, la division est stationné à Chatham

-16th Cruiser Squadron : croiseurs légers Minotaur Swiftsure Superb et Vigilant (classe Minotaur)

-17th Cruiser Squadron : croiseurs légers Bellona Black Prince Diadem (classe Dido)

-18th Cruiser Squadron : Newcastle Sheffield Edinburgh,trois croiseurs légers de classe Town, stationnés à Devonport

-Croiseur léger Birmingham, hors-rang stationné à Rosyth qui sert ultérieurement de navire pour le Destroyer Commander

-Six croiseurs de classe Dido sont déployés hors rang avec un rattachement théorique au HF-LS puisqu’ils sont chargés de la protection des porte-avions.

A Rosyth sont stationnés les HMS Dido Naïad et Euryalus respectivement chargés de la protection des porte-avions Illustrious Formidable et Victorious alors qu’à Faslane sont déployés les HMS Charybdis Scylla et Argonaut qui assurent la protection des porte-avions lourds HMS Malta Gibraltar Hermes.

Mediterranean Fleet : onze croiseurs légers

-3rd Cruiser Squadron : croiseurs légers Arethusa Galatea Aurora et Penelope (classe Arethusa) stationné à Malte

-13th Cruiser Squadron : croiseurs légers Newfoundland et Uganda (classe Crown Colony) stationnés à Alexandrie

-Le HMS Royalist sert de navire de commandement pour les destroyers stationnés à Malte

-Le HMS Spartan sert de navire-amiral pour le Destroyer Commander Egypt

-Le HMS Bonaventure assure la protection de l’Ark Royal et est donc stationné à Malte alors que les HMS Hermione et Phoebe sont déployés à Alexandrie, protégeant respectivement l’Indomitable et le Furious.

British Eastern Fleet : douze croiseurs légers

China Squadron (Hong-Kong) :

-6th Cruiser Squadron avec les croiseurs légers Neptune Ajax et Orion

-15th Cruiser Squadron avec les croiseurs légers Mauritius et Ceylon

India Station (Aden)

-9th Cruiser Squadron avec les croiseurs légers Durban Dauntless Delhi (classe Danae)

-14th Cruiser Squadron avec les croiseurs légers Fiji et Jamaica

British Eastern Fleet-Battle Squadron (BEF-BS)

-Les seuls croiseurs stationnés en temps normal à Singapour sont les croiseurs légers antiaériens de classe Dido, les HMS Sirius et Cleopatra qui protégent respectivement les HMS Implacable et Indefatigable.
Ce sont au total 51 croiseurs légers qui sont en service en septembre 1948 plus quatre de classe Minotaur alors en achèvement à flot.

Grande-Bretagne (20) Artillerie & Systèmes d’Armes (2)

Artillerie médiane (102 à 152mm)

6 Inch BL Mk XII (canon de 152mm modèle 1914)

Embarquement sur le cuirassé HMS Queen Elisabeth d'un canon de 6 pouces Mark XII

Embarquement sur le cuirassé HMS Queen Elisabeth d’un canon de 6 pouces Mark XII

C’est en 1911 que la Royal Navy demande à Royal Ordnance, Vickers et Elswick de mettre au point un nouveau canon de 6 pouces (152.4mm souvent simplifié en 152mm) pour remplacer le Mark X trop complexe à mettre en œuvre.

Ce canon de 45 calibres va équiper les cuirassés Queen Elisabeth et Revenge ainsi que les croiseurs de classe Arethusa, B, C, D et Emerald. De nombreux canons de ce modèle sont encore en service en septembre 1939 et même en septembre 1948 sur les navires précédement cités ou sur des navires ayant récupérés les pièces des navires désarmés comme les croiseurs auxiliaires.

Ce canon de 45 calibres ( longueur du tube : 6.84m) tire des obus de 45.36kg (50kg pour l’obus explosif, le projectile complet pesant 12.4kg de plus et ce quelque soit la version) à une portée maximale variant de 12344m à +15° à 19660m à +40° à raison de 5 à 7 coups par minute.

Casemate du HMS Warspite abritant un canon de 6 pouces. Photo prise après la bataille du Jutland

Casemate du HMS Warspite abritant un canon de 6 pouces. Photo prise après la bataille du Jutland

Les affûts simples sous masque utilisés durant le premier conflit mondial pouvaient pointer en site de -7° à +15° avant d’être modifiés pour pouvoir pointer à +20°. En azimut ils pouvaient pointer sur 120° de part et d’autre de l’axe. Les affûts doubles pouvaient pointer de-5° à +40°.

L’approvisionnement en munitions variait en fonction des navires, les cuirassés disposant de 130 coups par canon plus 100 obus éclairants, les croiseurs légers de 150 à 240 coups.

6 Inch BL Mk XXII (canon de 152mm modèle 1921)

Tourelle double du HMS Rodney abritant des canons de 6 pouces Mark XXII

Tourelle double du HMS Rodney abritant des canons de 6 pouces Mark XXII

Après le Mark XII d’autres modèles de canons de six pouces ont été utilisés par la marine britannique mais aucun ne l’aurait du l’être à l’origine, le déclenchement du premier conflit mondial entrainant la réquisition de cuirassés en construction pour la Turquie et le Chili.

Après l’échec du Mark XX, il faut attendre le Mk XXII pour voir un canon de ce calibre conçu pour la marine de Sa Gracieuse Majesté.

Ce canon à été originellement conçu pour les croiseurs de bataille G3 morts-nés suite au contexte économique difficile et au traité de Washington de 1922. Il finira par équiper les cuirassés Nelson et Rodney, premiers cuirassés britanniques à disposer de leur armement secondaire en tourelles et non plus en casemates.

Ce canon de 50 calibres tire des obus de 45kg à une distance comprise entre 4570m (site : +2°) et 23590m (site : +45)) à raison de 5 coups par minute.

La tourelle MkVIII pèse 76 tonnes et peut pointer en site de -5° à +60 (à raison de 8° par seconde) et en azimut sur 100° (à raison de 5° par seconde). Le stock de munitions standard est de 100 coups par canon soit 1200 coups mais il peut monter à 2400 coups. Les Nelson disposaient de six tourelles doubles chacun.

Ces canons étaient toujours en service en septembre 1948.

6 Inch BL Mk XXIII (canon de 152mm modèle 1933)

Canons de 6 pouces Mark XXIII à bord du HMAS Hobart (ex-HMS Apollo)

Canons de 6 pouces Mark XXIII à bord du HMAS Hobart (ex-HMS Apollo)

Ce canon de six pouces va devenir le canon de 152mm standard de la marine britannique, équipant les croiseurs légers à partir de la classe Leander, la première classe moderne de croiseurs légers de la Royal Navy.

Ce canon de 50 calibres (longueur du tube : 7.6m) tire des obus de 50.8kg à une distance maximale comprise entre 4570m (+2.3°) à 23300m (+45°) à raison de 6 à 8 coups par minute. La durée de vie d’un tube est de 1100 coups.

La tourelle double Mark XXI pèse 92 tonnes en ordre de combat et permet aux canons Mark XXIII de pointer en site de -5° à +60° à raison de 10° par seconde et en azimut sur 150° de chaque côté à raison de 5 à 7° par seconde. La dotation en munitions est de 200 coups par canon soit un total de 1600 projectiles (1200 pour les Arethusa).

La tourelle triple Mark XXII équipant les Town et les Crown Colony pèse 148 tonnes (185 tonnes pour la sous-classe Liverpool) et permet aux canons Mark XXIII de pointer en site de -5° à +45° à raison de 10° par seconde et en azimut sur 150° de chaque côté à raison de 5 à 7° par seconde. La dotation en munitions est de 200 coups par canon soit un total de 2400 projectiles.

Une version améliorée appelée Mark XXII* va équiper les Minotaur. Elle pèse 155 tonnes permettant aux canons Mark XXIII de pointer en site de -5° à +60° à raison de 10° par seconde et en azimut sur 150° de part et d’autre de l’axe à raison de 9° par seconde. La dotation en munitions est de 200 obus par canon soit un total de 1800 coups de six pouces.

Quand le conflit éclate, un nouveau canon baptisé Mark XXIV associé à une tourelle double DP appelée Mark XXIII est en court de développement pour équiper les futures croiseurs légers. Cette tourelle est censée permettre aux croiseurs de lutter aussi efficacement contre les avions que contre les bâtiments de surface. Changement majeur, ce canon est du type QF (Quick-Fire) et non BL (Breech-Loading)

5.5 Inch BL Mk I (canon de 140mm modèle 1915)

Canon de 140mm ayant appartenu au HMS Chester

Canon de 140mm ayant appartenu au HMS Chester

Ce canon à été acquis de manière accidentelle par la Royal Navy quand elle à réquisitionné deux croiseurs légers en construction pour la Grèce devenus les HMS Birkenhead et HMS Chester équipés de dix canons de 140mm. Ces croiseurs furent démolis après guerre, la Grèce déclinant une revente.

Ce canon fût ensuite installé sur les croiseurs de bataille HMS Hood et Furious, sur le porte-avions léger Hermes ainsi que sur le sous-marin K-17.

Ce canon était encore en service en septembre 1939 mais plus en septembre 1948 du moins en mer, les canons étant récupérés pour servir à terre notamment sur l’île d’Ascension dans l’Atlantique Sud ou à Hong Kong.

Ce canon de 50 calibres tire des obus de 37.2kg à une distance maximale de 16920m à raison de 12 coups par minute. L’affût CPII peut pointer en site de -5° à +30° et en azimut sur 150°.

5.25 Inch QF Mark I (canon de 133mm modèle 1940)

Canons de 5.25 pouces à bord du HMS Bellona

Canons de 5.25 pouces à bord du HMS Bellona

Ce canon à double usage est mis au point à la fin des années trente pour équiper les croiseurs légers de classe Dido (appelés à devenir des croiseurs légers antiaériens) comme armement principal, les cuirassés King George V, Lion et Vanguard pour un armement secondaire polyvalent.

Ce canon se révéla médiocre. Il était trop peu puissant pour le combat anti-surface et trop lourd pour le tir antiaérien, les obus encartouchés étant délicats à manipuler, les tourelles étant lentes à manœuvrer.

Les 5.25 Inch Mark II, III et IV ont été dévellopés pour l’armée, servant de canons antiaériens à terre mais également de pièce de défense côtière.

Ce canon de 50 calibres (longueur du tube : 6.67m) tire des obus de 36.3kg (semi-perforant et explosifs) à une distance maximale de 21397m (+45°) en tir antisurface et de 14170m en tir antiaérien (+70°) à raison de huit coups par minute.

La tourelle double Mark I utilisée par les cuirassés pèse 78 tonnes, la tourelle double Mark II des croiseurs légers pèse 98 tonnes mais leurs performances sont identiques avec un pointage de -5° à +70° à raison de 10° par seconde en site et en azimut sur 80° de part et d’autre de l’axe pour les cuirassés, 150° de part et d’autre de l’axe pour les croiseurs, à chaque fois à raison de 10° par seconde. La dotation en munitions est de 400 coups par canon pour les cuirassés et de 340 par canon pour les croiseurs légers.

Ces canons ont également été utilisés par l’armée de terre pour la défense antiaérienne territoriale ainsi que pour la défense côtière notamment à Gibraltar.

Grande-Bretagne (13) Royal Navy (5)

Croiseurs lourds

Comme il existe parfois dans la nature des générations spontanées, dans le domaine militaire, un contexte particulier peut donner naissance à un type d’armement particulier.

C’est le cas du croiseur lourd, du Heavy Cruiser ironiquement connu comme Thinclad Battleship ou cuirassé en fer blanc à cause d’une protection symbolique en raison de la priorité donné à l’armement et à la vitesse.

Le traité de Washington limitant la construction des cuirassés vu comme des navires de plus de 10000 tonnes armés de canons d’un calibre supérieur à 203mm. Toutes les marines majeures ont donc construit des navires de 10000 tonnes armés de six à dix canons de 8 pouces.

La Grande-Bretagne ne fût jamais “fan” de ce type de navire qu’elle trouva toujours trop gros qu’il s’agisse des chanceliers de l’Echiquier _les ministres des Finances_ ou même des amiraux.

La réponse tiens aux besoins énormes de la Royal Navy pour pouvoir protéger ses lignes de communication mondiales. Le besoin était estimé à cinquante et un croiseurs ! Il est facile d’imaginer le coût de 51 croiseurs lourds.

De leur côté, les américains et les japonais avaient besoin de navires puissants et endurants pour combattre dans le Pacifique, les croiseurs lourds devant éclairer la flotte voir engager les premières unités du corps de bataille ennemi ce qui imposait des navires bien armés.

Les York devaient être comme on l’à vu les derniers croiseurs lourds de la marine britannique mais au final huit autres navires de classe Admiral furent construits.

Si les quatre premiers qui remplacent les quatre Kent les plus anciens sont en service, sur les quatre seuls les deux premiers sont en service, les deux autres étant en armement à flot.

En septembre 1939, les croiseurs lourds suivants sont en service au sein de la Royal Navy :

HMS Kent

HMS Kent

-La classe County compte treize navires mais seulement onze sont en service dans la marine britannique, les deux restants étant des navires de la Royal Australian Navy (RAN), des navires souvent déployés sous commandement de l’ancienne puissance coloniale.

Ces treize navires se répartissent en trois sous-classe, le type Kent avec sept navires ( Kent Suffolk Cornwall Cumberland Berwick Australia et Canberra, ces deux derniers appartenant à la marine australienne), le type London avec quatre navires (London Devonshire Shropshire Sussex) et le type Norfolk avec deux navires (Norfolk Dorsetshire), deux autres ayant été abandonnés pour des raisons budgétaires.

HMS York

HMS York

-La classe York comporte seulement deux navires sur les cinq prévus à l’origine, les HMS York et Exeter. Ils auraient pu être les derniers croiseurs lourds de la marine britannique si les autres pays n’avaient pas poursuivit la construction de ces navires que la Royal Navy trouvait toujours trop gros.

En septembre 1948, les croiseurs lourds de classe Hawkins sont en réserve avec un réarmement très hypothétique. Les quatre premiers Kent (Kent Cornwall Suffolk Cumberland) ont été désarmés remplacés par quatre croiseurs lourds de classe Admiral.

Quatre autres navires de cette classe ont par la suite été commandés mais seulement deux ont été mis en service avant le début du second conflit mondial.

Croiseurs légers

A l’apogée de la marine à voile à savoir le 18ème siècle, les combats se décidaient par l’affrontement entre deux escadres combattant en ligne d’où le nom de “navires de ligne”. Ces cathédrales flottantes, ces monstres de bois et de toile, armés de 74 à 110 canons ne pouvaient cependant pas exécuter toutes les missions d’une marine de guerre.

Pour protéger le commerce contre la piraterie, pour effectuer les liaisons avec la terre ou attaquer le commerce ennemi, il fallait des navires plus manœuvrables et moins coûteux à mettre en œuvre.

Le navire type est la frégate (dont l’étymologie est nappée d’un épais brouillard), un vaisseau armé d’un nombre variable de canons (généralement entre 10 et 50 canons, les frégates américaines de 44 canons causeront bien des soucis aux navires britanniques), rapide et manœuvrant.

Cette frégate muta en croiseur qui devint sous différentes formes (croiseur-éclaireur, croiseur protégé, croiseur cuirassé, croiseur léger) le navire type pour l’éclairage des escadres, le commandement des flottilles de torpilleurs, la police coloniale, l’attaque au commerce….. .

Durant le premier conflit mondial, la Royal Navy utilisa des croiseurs cuirassés et des croiseurs légers, les premiers obsolescents subissant de lourdes pertes sous les coups des sous-marins et des croiseurs de bataille qui peuvent être considérés comme leurs successeurs.

Le premier conflit mondial terminé, la construction de croiseurs légers se poursuivit pour répondre aux besoins du corps de bataille mais également aux besoins de défense de l’Empire et notamment des lignes commerciales.

Comme les croiseurs lourds ne pouvaient être construits en nombre suffisants, les croiseurs légers furent privilégiés pour cette mission, les cibles probables (croiseurs auxiliaires) ne nécessitant des navires surpuissants mais plutôt des navires endurants équipés d’une artillerie dissuasive, les croiseurs auxiliaires et les corsaire rompant facilement le combat en cas de rencontre inopportune.

HMS Concord, un croiseur type C

HMS Concord, un croiseur type C

Durant le premier conflit mondial, la Royal Navy avait fait construire pas moins de vingt-huit croiseurs légers de type C. Treize d’entre-eux étaient toujours en service en septembre 1939 dont certains furent convertis en croiseurs légers antiaériens.

Aucun n’était encore en service en septembre 1948 en raison de leur usure et de leur age, les type C convertis en croiseurs antiaériens étant ainsi remplacés par les Dido.

HMS Danae, un croiseur type D

HMS Danae, un croiseur type D

Ils sont suivis par huit croiseurs type D sur douze prévus. Ces navires bien qu’anciens sont toujours en service en septembre 1948, deux hissant la White Ensign, trois ayant été transférés à la New Zealand Division of the Royal Navy _future Royal New Zealand Navy_ et deux à la marine polonaise libre.

Le HMS Emerald

Le HMS Emerald

Les croiseurs de type E Emerald et Enterprise étaient toujours en service en septembre 1939 mais en 1948 seul l’Emerald était encore actif comme croiseur-école en compagnie du Vindictive _un Hawkins modifié_ , l’Enterprise ayant été perdu par échouage au large de Banthurst (Gambie aujourd’hui Banjul) en septembre 1945.

Les type E sont les derniers croiseurs légers conçus durant le premier conflit mondial, les suivants ont été conçus en tenant compte des limitations imposés par les traités internationaux notamment celui de Londres.

Après la construction des croiseurs lourds, les britannique revinrent à des navires d’une taille plus modeste, tous aussi efficaces et surtout moins onéreux ce qui permettrait en théorie d’en disposer en plus grand nombre.

Le HMS Achilles

Le HMS Achilles

Les premiers de ces croiseurs modernes sont les cuirassés de classe Leander, huit navires construits mais seulement cinq sont finalement mis en oeuvre par la Royal Navy, les trois derniers étant cédés à la marine australienne. Le Leander et l’Achilles sont ensuite déployés au sein de la division néo-zélandaise de la Royal Navy, embryon de la future marine néo-zélandaise.

HMS Arethusa

HMS Arethusa

Aux Leander succède les petits croiseurs légers de classe Arethusa, quatre navires armés de six canons de 152mm en trois tourelles doubles. Deux autres étaient prévus mais au final ils furent construits sous un modèle différent, la future classe Town.

Au milieu des années trente, les japonais arrivent en limite de leur contingent de croiseurs imposé par le traité de Washington.

Pour ne pas encore violer ouvertement les traités de limitation des armements navals, le Japon décide de construire de grands croiseurs légers capable de devenir en temps voulu des croiseurs lourds.

Ces puissants croiseurs de classe Mogami à quinze canons de 155mm en cinq tourelles triples entrainent une réponse américaine (la classe Brooklyn) et une réponse britannique, la classe Town, une reprise des Leander mais avec douze canons de six pouces en quatre tourelles triples.

HMS Glasgow, l'un des dix croiseurs de classe Town

HMS Glasgow, l’un des dix croiseurs de classe Town

Dix croiseurs légers de classe Town sont construits, ces navires pouvant être repartis en trois sous-classes. Le type I ou classe Southampton (Southampton Newcastle Birmingham Glasgow et Sheffield), le type II ou classe Liverpool (Liverpool Manchester Gloucester) et le type III ou classe Belfast (Belfast Edinburgh). Si les deux premières classes étaient semblables, le type Belfast se distinguait par une coque plus longue de sept mètres.

CLAA HMS Dido

CLAA HMS Dido

-Dix neufs croiseurs légers modernes sont donc en service en septembre 1939. Le renouvellement de la flotte se poursuit avec la construction de croiseurs antiaériens de classe Dido et de nouveaux croiseurs à canons de six pouces.

Onze croiseurs légers de classe Crown Colony sont ainsi construits pour remplacer les croiseurs type C, des croiseurs dépassés. Ces navires sont mis en service entre 1940 et 1944.

Le HMS Uganda, classe Crown Colony

Le HMS Uganda, classe Crown Colony

Ces nouveaux croiseurs sont les derniers à être limités par les traités internationaux en l’occurrence le deuxième traité de Londres signé en 1936. Ce sont des dérivés à la baisse des Town. Ils se révéleront comme un design très limite en terme de surcharge.

HMS Minotaur

HMS Minotaur

Voilà pourquoi les huit croiseurs suivants de classe Minotaur commandés en 1944 disposeront d’une coque plus longue, plus large et seulement neuf canons de 152mm en trois tourelles triples, les Crown Colony perdant d’ailleurs au cours du conflit leur tourelle X (tourelle supérieure arrière) pour gagner du poids au profit de la DCA légère et des radars.

Seuls les quatre premiers (Minotaur Swiftsure Superb et Undaunted) sont en service en septembre 1948, les quatre autres étant encore en construction quand les allemands déclenchent l’opération Weserübung, les Bellerophon Eagle Defence et Tiger étant mis en service seulement en 1949.

En septembre 1948, la flotte de croiseurs légers “standards” de la Royal Navy affiche le visage suivant :

-Deux vieux croiseurs de type D qui auraient été sûrement désarmés si le conflit n’avait pas éclaté le 5 septembre 1948. Redéployés hors d’Europe, ils sont chargés de traquer les raiders allemands en compagnie de l’Emerald qui redevient un croiseur léger opérationnel.

-Trois croiseurs légers classe Leander déployés en Extrême-Orient en compagnie de deux sister-ships utilisés par la marine néo-zélandaise et de trois utilisés par la Royal Australian Navy (RAN). L’Extrême-Orient restant calme, certains de ces navires furent redéployés en Europe

-Quatre croiseurs légers classe Arethusa déployés en Méditerranée

-Dix croiseurs légers classe Town, tous déployés en Europe

-Onze croiseurs légers classe Crown Colony (deux déployés dans l’Océan Indien, deux dans la China Station future British Eastern Fleet, deux en Méditerranée et cinq au sein de la Home Fleet)

-Quatre croiseurs légers classe Minotaur déployés en Europe + quatre autres en construction

Cela nous donne un total de 36 croiseurs légers standards armés de canons de 152mm. Qui dit standard dit “non-standard” à savoir les croiseurs légers de classe Dido.

Seize de ces croiseurs légers sont construits. Armés de canons de 133mm, ils vont être mis en service entre 1940 et 1944, remplaçant notamment les type C transformés dans les années trente en croiseurs antiaériens.

Ce modèle va inspirer la France pour son croiseur-éclaireur Waldeck-Rousseau _navire-amiral de l’Escadre Légère du Nord_ qui va d’ailleurs opérer avec ses “cousins” britanniques.

Ce type de croiseur ne sera pas poursuivit, la Royal Navy préférant développer une tourelle double de six pouces polyvalente, tourelle qui va équiper les croiseurs en gestation quand le conflit éclate, des croiseurs provisoirement connus comme des type F.