10-Contre-torpilleurs (47)

Le Magon

Charles René Magon de Médine (Paris 1763-Trafalgar 1805)

Charles René Magon de Médine (Paris 1763-Trafalgar 1805)

-Le Magon est mis sur cale aux chantiers navals des Ateliers et Chantiers de la Bretagne (ACB) le 12 septembre 1943 et lancé le 4 juin 1945 en même temps que son sister-ship Dunois, achevé à 70%.

Les deux navires vont être inséparables durant leur armement à Nantes comme à Lorient. Les deux contre-torpilleurs quittent Nantes le 2 mars 1946, mouillant dans la nuit du 2 au 3 mars dans l’estuaire de La Loire avant d’effectuer leur essais constructeurs du 3 au 7 mars, date à laquelle ils arrivent à Lorient.

Le 8 mars 1946, une cérémonie est organisée au large de la Pointe de l’Espérance pour transférer la responsabilité juridique du contre-torpilleur qui passe de son chantier constructeur à la marine nationale.

Le Magon passe au bassin du 9 au 25 mars (forme occidentale) avant d’effectuer sa première campagne d’essais officiels du 26 mars au 11 avril avant un nouveau passage au bassin du 12 au 30 avril 1946. Sa deuxième campagne d’essais officiels à lieu du 1er au 14 mai avant un nouveau et dernier passage au bassin du 15 au 30 mai 1946.

Il effectue ses essais artillerie du 1er au 8 juin avant de rallier Brest le 9 juin pour ses essais de recette de ses tubes lance-torpilles, de ses grenadeurs et de ses rails de mouillage de mines et ce du 9 au 21 juin date à laquelle il revient à Lorient.

Le 1er juillet 1946, le Magon et le Dunois quittent Lorient ensemble pour leur traversée de longue durée en direction des Antilles. Traversant l’Atlantique, ils font escale à Pointe à Pitre du 8 au 12 juillet, à Fort de France du 13 au 17 juillet, à Caracas du 20 au 24 juillet, à Cayenne du 27 au 30 juillet, à Rio de Janeiro du 3 au 7 août, traversant ensuite l’Atlantique dans l’autre sens en direction de Dakar où ils arrivent ensemble le 14 août 1946.

Après une école à feux à Rufisque du 15 au 22 août, les deux contre-torpilleurs quittent Dakar le 23 août, se ravitaillent à Casablanca le 28 août avant de rallier à Mers-El-Kébir le 1er septembre 1946.

Le contre-torpilleur Magon est admis au service actif le 1er septembre 1946, formant au sein du groupement de contre-torpilleurs de la 4ème Escadre, la 4ème DCT en compagnie de son sister-ship Dunois.

Le 4 septembre 1946, le Magon _navire-amiral de la 4ème DCT_ et son sister-ship Dunois quittent Mers-El-Kébir pour accueillir en haute mer leur sister-ship La Hire dont l’arrivée permet de compléter la 4ème DCT. Les trois navires rentrent aussitôt à leur port d’attache pour se ravitailler et préparer un exercice majeur.

En effet le 7 septembre 1946, la 4ème DCT quitte Mers-El-Kébir en compagnie du ravitailleur rapide Tarn et surtout des deux croiseurs légers de la 8ème DC, les Latouche-Tréville et Gambetta pour une série de joutes nautiques entre les deux croiseurs légers et le contre-torpilleurs et ce du 7 au 17 septembre avec un ravitaillement à la mer auprès du Tarn qui fait office d’observateur/arbitre.

Après une escale à Tunis du 18 au 22 septembre, la 4ème DCT et la 8ème DC retrouvent au large de Bizerte la 7ème DCT ( Vauquelin Tartu et Chevalier Paul) pour une nouvelle phase d’exercices.

Tout commence par un exercice de défense aérienne à la mer, les différents navires étant du 23 au 30 septembre attaqués soit en escadres soit individuellement par des avions de l’aéronavale et de l’armée de l’air.

Après un ravitaillement à Bizerte les 1er et 2 octobre, les contre-torpilleurs ressortent pour tenter d’intercepter le Tarn et les deux croiseurs légers qui simulent des raider tentant de passer du bassin occidental au bassin oriental de la Méditerranée.

Cet exercice qui à lieu du 3 au 15 octobre est suivit par un exercice de combat antisurface, le Latouche-Tréville prennant la tête de la 7ème DCT et le Gambetta celui de la 4ème DCT (17 au 27 octobre).

Après une dernière escale à Bizerte du 28 octobre au 3 novembre, la 8ème DC, la 4ème DCT et le Tarn quittent la Tunisie pour rentrer en Algérie arrivant à Mers-El-Kébir le 6 novembre 1946.

Après une période d’entretien à flot commune du 7 au 21 novembre, les trois contre-torpilleurs de la 4ème DCT dont le Magon sortent pour essais du 22 au 25 novembre avant un exercice de remise en condition opérationnelle du 27 novembre au 12 décembre 1946, restant au port jusqu’à la fin de l’année civile.

Le 5 janvier 1947, le Magon, le Dunois et le La Hire quittent Mers-El-Kébir pour leur premier entrainement de division au large des côtes nord-africaines. Après une école à feux du 5 au 12 janvier, les trois contre-torpilleurs font escale à Tunis du 13 au 17 janvier.

Reprenant la mer, le Magon et ses deux compères de la divisions effectuent un entrainement à la défense aérienne à la mer du 18 au 25 janvier avant de se ravitailler à Bizerte le 26 janvier, chargeant au passage un lot de mines d’exercices pour un entrainement au mouillage de mines et ce du 27 au 31 janvier.

Après une escale à La Valette du 1er au 4 février, les trois contre-torpilleurs effectuent un entrainement à la lutte ASM contre les sous-marins Phenix et Frimaire  du 5 au 12 février, se ravitaillant à Bizerte le 13 février avant d’effectuer un exercice de synthèse du 14 février au 2 mars, date à laquelle les trois contre-torpilleurs rentrent à Mers-El-Kébir.

Le 10 mars 1947, le Magon, le Dunois et La Hire quittent Mers-El-Kébir pour un entrainement au large de la Tunisie. Après un entrainement de division du 10 au 17 mars, les trois contre-torpilleurs effectuent un ravitaillement rapide à Bizerte le 18 mars avant un entrainement commun avec la 3ème DT (L’Alsacien Le Breton Le Corse et Le Tunisien) du 19 au 27 mars.

Les sept navires font escale à La Valette sur l’île de Malte du 28 au 31 mars avant d’enchainer par un exercice de défense aérienne à la mer du 1er au 10 avril, les deux divisions se séparant alors pour rentrer dans leurs ports respectifs, la 4ème DCT rentrant à Mers-El-Kébir le 12 avril 1947.

Victime d’une avarie mécanique, le Magon est indisponible du 15 avril au 5 mai, sortant pour essais du 6 au 9 mai puis pour remise en condition du 11 au 30 mai, les trois contre-torpilleurs de la 4ème DCT faisant escale à Alger du 1er au 5 juin avant de rentrer le lendemain à Mers-El-Kébir.

Le Magon et le Dunois sortent pour entrainement du 12 au 23 juin, effectuant des écoles à feux, des lancements et des grenadages simulés. Ils rentrent le lendemain 24 juin 1947 à Mers-El-Kébir.

Le Magon participe ensuite aux essais et à la remise en condition de son sister-ship La Hire, sortant pour cela du 28 juin au 1er juillet puis du 3 au 18 juillet, date à laquelle les deux navires rentrent à leur port d’attache.

Le Magon est indisponible du 20 juillet au 10 août 1947, sortant pour des essais en solitaire du 11 au 14 août avant de retrouver à  Alger ses deux compères de la 4ème DCT pour sa remise en condition. Les trois navires sont à la mer du 16 au 23 août, se ravitaillent au port le 24 août avant une deuxième phase d’entrainement du 25 août au 3 septembre, date à laquelle ils rentrent tous à Mers-El-Kébir.

Avant d’effectuer leur entrainement de division automnal, les trois contre-torpilleurs vont passer sur le dock-flottant pour inspection et quelques réparations, une sorte de petit carénage (très allégé), le Magon succédant au Dunois du 15 au 25 septembre avant de céder sa place au La Hire.

Les trois contre-torpilleurs sortent pour un entrainement de base du 6 au 17 octobre, prélude à l’entrainement de division automnal mené toujours au large des côtes nord-africaines.

Le Magon et ses deux compères de la 4ème DCT quittent Mers-El-Kébir le 24 octobre pour une école à feux jusqu’au 1er novembre quand ils arrivent à Bonifacio pour quelques jours d’escale. Ils reprennent la mer le 5 novembre, effectuant un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 10 novembre quand ils arrivent à Alger, participant le 11 novembre 1947 aux cérémonies commémoratives de l’armistice du premier conflit mondial.

La 4ème DCT effectue un entrainement au combat antisurface du 13 au 20 novembre, se ravitaillant  à Mers-El-Kébir le 21 novembre avant d’effectuer un entrainement au mouillage de mines du 22 au 27 novembre.
Après un ravitaillement à la mer auprès du Tarn le 28 novembre, la 4ème DCT effectue un entrainement ASM avec comme plastron les sous-marins Artemis et Cornélie  du 29 novembre au 4 décembre 1947.

Après un nouveau ravitaillement auprès du Tarn le 5 décembre, les trois contre-torpilleurs effectuent un exercice de synthèse du 6 au 17 décembre, date du retour de la division à Mers-El-Kébir.

Le Magon, le Dunois et le La Hire commence l’année 1948 par un entrainement de division avec une école à feux du 5 au 12 janvier, faisant escale à Alger du 13 au 17 janvier avant un entrainement de défense aérienne à la mer du 18 au 27 janvier quand les trois contre-torpilleurs arrivent à Tunis pour trois jours d’escale (27 au 30 janvier).

Après un entrainement au combat antisurface du 31 janvier au 7 février, les trois contre-torpilleurs font escale à Bône du 8 au 12 février avant un exercice de synthèse du 13 au 23 février, date de leur retour à Mers-El-Kébir.

Le 2 mars 1948, la 4ème DCT quitte Mers-El-Kébir, filant plein nord en direction de Port-Vendres où depuis quelques jours, le croiseur de bataille Dunkerque et ses deux torpilleurs d’escadre étaient en escale. Les six navires effectuent un exercice commun jusqu’au 18 mars quand ils gagnent Ajaccio pour une escale jusqu’au 22.

Reprenant la mer, le croiseur de bataille Dunkerque, les deux torpilleurs d’escadre et les contre-torpilleurs retrouvent le Strasbourg pour un exercice jusqu’au 1er avril avec un affrontement entre croiseurs de bataille et contre-torpilleurs puis un exercice d’interception, le Dunkerque et le Strasbourg étant alternativement le chasseur et le gibier, les contre-torpilleurs et les torpilleurs étant les rabatteurs. Tous les navires rentrent à Mers-El-Kébir le 4 avril 1948.

Le 12 avril 1948, la 4ème DCT aurait du appareiller pour un entrainement de division mais une avarie mécanique immobilise La Hire. Le Magon et le Dunois sortent seuls pour une école à feux du 12 au 17 avril, ralliant Alger où ils sont rejoints le 20 avril par le La Hire réparé.

L’entrainement de division commence officiellement le 21 avril quand la 4ème DCT entame une école à feux qui s’achève le 29 avril quand les trois contre-torpilleurs arrivent à Bizerte. Ils effectuent un entrainement au mouillage de mines du 30 avril au 2 mai puis un entrainement à la défense aérienne à la mer du 3 au 10 mai, les trois contre-torpilleurs se ravitaillant auprès du Tarn le 11 mai.

Ils enchainent par un entrainement ASM du 12 au 25 mai avec comme plastron les sous-marins Clorinde et L’Andromède. Après un ultime ravitaillement auprès du Tarn le 26 mai, les trois contre-torpilleurs effectuent un exercice de synthèse du 27 mai au 8 juin, rentrant à Mers-El-Kébir le 14 juin après une ultime escale à Alger du 9 au 13 juin 1948.

Le Magon est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 14 au 29 juin 1948, sortant pour essais du 30 juin au 2 juillet et pour remise en condition du 4 au 15 juillet, à chaque fois en compagnie du La Hire.

Le Magon sort ensuite pour les essais (16 au 19 juillet) et pour remise en condition (20 au 30 juillet) du Dunois, les deux contre-torpilleurs participant ensuite aux essais (1er au 4 août) et à la remise en condition (5 au 16 août) du La Hire, dernier des trois contre-torpilleurs de la division à avoir connu sa période d’indisponibilité estivale.

Le 20 août, le Magon et les deux autres contre-torpilleurs de la 4ème DCT passent aux effectifs de guerre, surchargeant le navire de carburant et de munitions (pas de risque d’instabilité, il s’agit simplement de lever les limitations du temps de paix) et se tenait prêt à appareiller en quelques heures.

Le 27 août 1948, suite à l’appareillage d’un croiseur et de deux contre-torpilleurs italiens du port sicilien de Syracuse, le commandant de la 4ème Escadre, l’amiral Orioli ordonne à la 4ème DCT d’appareiller pour «marquer à la culotte» les trois navires italiens dont l’attitude à l’appareillage paraissait suspecte aux agents français du deuxième bureau.

Les trois navires français gagnent la haute-mer mais peu après la mission de poursuite est annulée, les trois navires ralliant directement Tarente en longeant scrupuleusement les côtes italiennes. Les trois contre-torpilleurs restent en mer jusqu’au 1er septembre quand ils rallient Mers-El-Kébir.

Les trois contre-torpilleurs restent au port jusqu’au 5 septembre quand à l’annonce des bombardements allemands sur le Danemark et la Norvège, la 4ème DCT reçoit l’ordre d’appareiller pour une mission de chasse dans le détroit de Sicile.

10-Contre-torpilleurs (46)

Le La Tour d’Auvergne

Théophile-Malo de La Tour d'Auvergne-Corret (1743-1800)

Théophile-Malo de La Tour d’Auvergne-Corret (1743-1800)

-Le La Tour d’Auvergne est mis sur cale aux chantiers navals des Ateliers et Chantiers Maritimes du Sud-Ouest & Bacalan Réunis sis à Bordeaux le 12 juillet 1943 et lancé le 14 septembre 1944 soit avant même ses deux sister-ships.

Il va pourtant être le dernier des trois contre-torpilleurs de la future 1ère DCT à être mis en service tout simplement parce qu’il à été lancé à un degré d’achèvement assez faible et qu’un incendie provoqué par un chalumeau défectueux à retardé son armement.

Armé pour essais le 22 août 1945, il sort en mer pour essais constructeurs du 23 au 26 août avant un retour à Bordeaux pour un passage au bassin du 27 août au 10 septembre, ce passage au bassin normalement réalisé à Lorient étant dans le chantier constructeur en raison de la saturation des formes du port morbihanais.

Il quitte Bordeaux le 11 septembre et rallie Lorient le 12 septembre. Il est armé pour ses essais officiels le 13 septembre et sort du 13 au 30 septembre avant un passage au bassin du 1er au  8 octobre.

La deuxième campagne d’essais officiels à lieu du 10 octobre au 4 novembre, enchainant par ses essais artillerie du 6 au 18 novembre puis rallie Brest le 19 novembre pour recetter ses tubes lance-torpilles, ses grenadeurs et ses rails de mouillage de mines du 20 au 30 novembre, ralliant Lorient pour un ultime passage au bassin du 1er au 8 décembre.

Il quitte Lorient le 9 décembre, fait escale à Lisbonne du 12 au 14 décembre, à Casablanca du 16 au 18 décembre avant de pénétrer en Méditerranée, retrouvant en haute-mer ses sister-ships Bruix et D’Assas le 22 décembre, les trois navires manœuvrant ensemble jusqu’au 25 décembre, date à laquelle les trois navires rentrent à Toulon.

Le contre-torpilleur La Tour d’Auvergne est admis au service actif le 22 décembre 1945, intégrant la 1ère DCT, unité du groupement de contre-torpilleurs de la 2ème Escadre.

Après une période d’entretien à flot commune du 26 décembre 1945 au 10 janvier 1946, les trois contre-torpilleurs effectuent trois jours d’essais à la mer du 11 au 14 janvier puis un stage de remise en condition du 16 au 26 janvier, date à laquelle ils rentrent à Toulon.

Le La Tour d’Auvergne et ses deux compères vont alors effectuer leur premier entrainement de division en Méditerranée occidentale. Ils quittent Toulon le 7 février mais le mauvais temps les obligent à s’abriter aux salins d’Hyères jusqu’au 10 février quand ils peuvent reprendre la mer pour enfin entamer leur entrainement qui occupe la 1ère DCT du 11 février au 12 avril 1946.

Le La Tour d’Auvergne sort pour un entrainement en solitaire, au profit d’officiers de réserve, sortant ainsi du 15 au 25 avril, faisant escale à Bastia du 26 au 30 avril, à Porto-Vecchio du 2 au 6 mai avant de rentrer à Toulon le 8 mai. Il ressort du 9 au 17 mai en compagnie du D’Assas pour assurer la remise en condition du Bruix, faisant escale à La Ciotat du 18 au 21 mai avant un nouvel entrainement du 22 au 31 mai.

La 1ère DCT effectue ensuite une école à feux du 1er au 9 juin avant un entrainement de défense aérienne à la mer du 11 au 19 juin. Après un mouillage aux Salins du 20 au 27 juin, les trois contre-torpilleurs rentrent à Toulon le lendemain 28 juin 1946.

Le La Tour d’Auvergne sort pour une école à feux du 5 au 15 juillet, rentrant à Toulon le lendemain 16 juillet pour se ravitailler. Il participe ensuite aux essais (18 au 21 juillet) et à la remise en condition (22 juillet au 5 août) du Bruix

Le La Tour d’Auvergne est indisponible du 6 au 24 août, sortant pour essais du 25 au 27 août avant de rallier les salins d’Hyères le 28 août où il retrouve le Bruix et le D’Assas. Les trois navires sortent pour sa remise en condition du 29 août au 5 septembre, se ravitaillent à Toulon le 6 septembre avant un nouveau cycle de remise en condition du 7 au 15 septembre, date à laquelle les trois navires rentrent à Toulon.

Le 22 septembre 1946, les trois contre-torpilleurs quittent Toulon en compagnie de l’Elorn pour un entrainement de division au large des côtes africaines entre le Maroc et le Golfe de Guinée.

Après un ravitaillement au large du cap Juby le 27 septembre, les trois contre-torpilleurs effectuent une école à feux du 27 septembre au 1er octobre avant de rallier Dakar le 4 octobre après un nouveau ravitaillement auprès de l’Elorn.

Le La Tour d’Auvergne, Le Bruix et le D’Assas effectuent un entrainement à l’escorte et à l’attaque de convois du 5 au 12 octobre. A tour de rôle, un contre-torpilleur protégeait l’Elorn contre l’attaque de deux contre-torpilleurs.
Après une escale à Dakar du 13 au 15 octobre, la 1ère DCT accompagnée par l’Elorn gagnent le Golfe de Guinée pour poursuivre leur entrainement. Le transit en direction de Conakry est ainsi  l’occasion d’un entrainement à la défense aérienne à la mer.

Après  une escale à Conakry du 20 au 23 octobre, les trois contre-torpilleurs et le pétrolier sont à Libreville du 25 au 28 octobre, à Pointe Noire du 30 octobre au 2 novembre, à Abidjan du 5 au 8 novembre, à Dakar pour ravitaillement le 12 novembre, à Casablanca du 16 au 21 novembre avant de rallier Toulon le 25 novembre 1946 après plus de deux mois loin de leur port d’attache.

Après une période d’entretien à flot du 26 novembre au 9 décembre, les trois contre-torpilleurs sortent pour essais du 10 au 13 décembre avant une nouvelle sortie mais pour entrainement cette fois et ce du 14 au 21 décembre, restant ensuite au port jusqu’à la fin de l’année civile.

Le La Tour d’Auvergne et ses deux compères de la 1ère DCT sortent pour entrainement du 7 au 30 janvier, rentrant à Toulon le 5 février après une escale à La Ciotat du 31 janvier au 4 février.

Du 8 au 27 février 1947, la 1ère DCT effectue un entrainement commun avec la 2ème DCT   et la 6ème DC. Ils rentrent tous à Toulon le 28 février 1947.

Après une école à feux du 4 au 12 mars, la 1ère DCT participe du 15 mars au 10 avril à  un entrainement commun avec le croiseur lourd Charlemagne et les torpilleurs légers de la 1ère DT du 15 mars au 10 avril. Cet entrainement est suivi d’une série d’escales : Nice du 12 au 17 avril, Bastia du 18 au 24, Ajaccio du 25 au 30 avril et Bonifaccio du 2 au 7 mai avant de rentrer à Toulon le 9 mai 1947 dans la matinée.

La 1ère DCT effectue ensuite un entrainement de division qui l’occupe du 16 mai au 16 juin, la division  mouillant aux salins d’Hyères du 17 au 25 juin avant de rentrer à Toulon le lendemain.

Le La Tour d’Auvergne est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 27 juin au 18 juillet 1947. Il sort ensuite pour essais (19 au 22 juillet) et pour remise en condition (24 juillet au 9 août) en compagnie du Bruix, les deux navires rentrant à Toulon dans la soirée.

Le La Tour d’Auvergne participe ensuite aux essais (10 au 13 août) et à la remise en condition (14 au 31 août) du D’Assas qui sortait de sa période d’indisponibilité estivale. Les deux contre-torpilleurs vont ensuite mouiller aux salins d’Hyères où ils sont rejoints le 5 septembre par le Bruix qui venait de réaliser ses essais à la mer après sa période d’indisponibilité estivale.

Les trois contre-torpilleurs sortent pour la remise en condition du Bruix du 6 au 17 septembre, se ravitaillent à Toulon le 18 septembre avant une deuxième et dernière phase d’entrainement du 19 au 30 septembre, les trois contre-torpilleurs rentrant à Toulon le lendemain 1er octobre 1947.

La 1ère DCT effectue alors son entrainement de division automnal, sortant du 8 octobre au 22 novembre avec différents exercices et une escale à Port-Vendres.

Après une période d’entretien à flot du 23 novembre au 9 décembre 1947, le La Tour d’Auvergne et ses deux compères sortent pour essais du 10 au 13 décembre puis pour remise en condition du 14 au 24 décembre, date à laquelle ils rentrent à Toulon.

La 1ère DCT commence l’année 1948 par une école à feux du 7 au 15 janvier, faisant escale à Port La Nouvelle du 16 au 19 janvier avant un entrainement au combat antisurface du 20 au 27 janvier, rentrant à Toulon  le lendemain 28 janvier 1948.

La 1ère DCT devait sortir pour un entrainement de division le 5 février mais le D’Assas est victime d’une avarie ce qui fait que le La Tour d’Auvergne et le Bruix sortent seuls du 5 au 15 février pour un entrainement en duo avant de gagner les salins d’Hyères pour poursuivre leur entrainement au mouillage en attendant la disponibilité du D’Assas.

Le D’Assas retrouve ses deux compères de la 1ère DCT aux Salins le 22 février. La 1ère DCT ainsi reconstituée effectue une courte sortie d’essais/entrainement du 23 février au 1er mars avant de rallier Toulon le 2 mars pour se ravitailler. L’entrainement de division à enfin lieu du 3 mars au 1er mai avec une participation de la 1ère DT du 14 au 28 mars et des escales à Ajaccio, à Calvi et à Sète.

La 1ère DCT effectue une nouvelle sortie d’entrainement au large de Toulon du 8 au 17 mai. Après un mouillage aux salins du 19 au 25 mai, les trois contre-torpilleurs effectuent un entrainement à la défense aérienne à la mer du 26 mai au 6 juin, rentrant à Toulon le lendemain 7 juin 1948.

Le La Tour d’Auvergne et le D’Assas sortent pour une école à feux du 14 au 21 juin avant de rentrer à Toulon le lendemain 22 juin. Il participe ensuite aux essais (24 au 27 juin) et à la remise en condition (28 juin au 8 juillet) du Bruix qui sortait de sa période d’indisponibilité estivale.

Il est ensuite indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 10 au 25 juillet, sortant pour essais du 25 au 27 juillet, ralliant ensuite la rade de Villefranche le 28 juillet où il retrouve le Bruix et le D’Assas. Les trois contre-torpilleurs sortent pour la remise en condition du La Tour d’Auvergne du 29 juillet au 13 août puis après ravitaillement à Toulon le 14 août du 14 au 21 août, rentrant à Toulon le lendemain 22 août 1948.

Du 28 août au 4 septembre 1948, la 1ère DCT sort en compagnie de la 2ème DCT pour la remise en condition du croiseur lourd Charlemagne, les sept navires rentrant à Toulon le 5 septembre 1948 à l’aube………. .

10-Contre-torpilleurs (45)

Le D’Assas

Louis d'Assas du Mercou dit "chevalier d'Assas" (1733-1760). La gravure représente sa mort

Louis d’Assas du Mercou dit « chevalier d’Assas » (1733-1760). La gravure représente sa mort

-Le D’Assas est mis sur cale aux chantiers navals de la Société Provençale de Construction Navale (SPCN) sis à La Ciotat le 22 novembre 1943 et lancé le 8 décembre 1944.

Au quai d’armement, il est rejoint quatre jours plus tard par le Dupetit-Thouars (classe Bayard) et les deux navires pourtant de deux classes différentes vont être achevés à une période similaire, le hasard de la disponibilité des cales expliquant cette situation.

Le D’Assas est armé pour essais le 17 juin 1945, sortant pour ses essais constructeurs du 17 au 21 juin, jour où sa responsabilité juridique est transférée de la SPCN à la marine nationale bien qu’il soit loin d’être opérationnel.

Après un passage pour se ravitailler à Toulon le 22 juin, le D’Assas quitte Toulon le lendemain 23 juin 1945, faisant escale à Casablanca du 27 au 29 juin avant de rallier Lorient le 3 juillet 1945.

Il est échoué dans la forme de Lanester du 3 au 15 juillet 1945 pour des travaux complémentaires et surtout permettre de réaliser les essais officiels dans les meilleurs conditions.

Armé officiellement pour essais le 17 juillet 1945, le D’Assas sort pour sa première campagne d’essais officiels du 18 juillet au 1er août.

Les formes de l’Arsenal de Lorient étant saturées, le D’Assas doit atteindre le 16 août pour être échoué dans la forme de Lanester et jusqu’au 26 août. Dans la période du 2 au 15 août, le D’Assas effectue ses premiers essais d’artillerie ce qui permet d’anticiper sur un problème d’alimentation entre les soutes et les tourelles.

La deuxième campagne d’essais officiels à lieu du 28 août au 17 septembre, effectuant dans la foulée ses essais officiels d’artillerie du 19 au 30 septembre avant de rallier Brest pour les essais de lancement de torpille, de mouillage de mines et de grenades et ce du 2 au 15 octobre, date à laquelle le D’Assas rentre à Lorient.

Il passe une dernière fois au bassin dans la forme de Lanester du 1er au 12 octobre pour d’ultimes modifications, des travaux de peinture sans oublier la préparation de la traversée de longue durée, une boucle en Méditerranée avant de rallier Toulon son port d’attache.

Il quitte Lorient le 15 octobre, faisant escale à Bordeaux du 16 au 19 octobre, à Lisbonne du 22 au 26 octobre, à Casablanca du 28 octobre au 1er novembre, pénétrant en Méditerranée le lendemain 2 novembre.

Le D’Assas est à Tetouan du 3 au 7 novembre, à Oran du 8 au 12 novembre, à Alger du 13 au 17 novembre, à Bône du 18 au 21 novembre, à Bizerte du 23 au 26 novembre,  à Tunis du 27 novembre au 1er décembre.

Il traverse ensuite le bassin orientale de la Méditerranée, direction le Levant faisant escale à Lattaquié du 4 au 7 décembre, à Beyrouth du 8 au 11 décembre avant d’entamer son transit vers Toulon.

Il quitte le Liban le lendemain 12 décembre, se ravitaille rapidement à Bizerte le 15 décembre avant de mettre cap sur Toulon.

Le 17 décembre 1944, il fait sa jonction avec son sister-ship Bruix mis en service seulement neuf jours plutôt.

La mise en service du deuxième contre-torpilleur de classe Bruix permet la réactivation de la 1ère DCT qui avait été mise en sommeil avec le redéploiement à Brest des contre-torpilleurs Guépard, Lion et Bison (qui avaient alors formé une nouvelle 2ème DCT).

Arrivés à Toulon le lendemain 18 décembre, les deux contre-torpilleurs se ravitaillent puis reprennent la mer pour un entrainement commun jusqu’au 22 décembre quand ils accueillent à 50 miles des côtes provençales leur sister-ship La Tour d’Auvergne, le troisième et dernier contre-torpilleur de la 1ère DCT. La division au complet s’entraine jusqu’au 25 décembre quand ils rentrent à Toulon.

Le contre-torpilleur D’Assas est admis au service actif le 17 décembre 1945, formant la 1ère DCT en compagnie du Bruix (Al). La 1ère DCT est basée à Toulon au sein du groupement de contre-torpilleurs de la 2ème Escadre.

Après une période d’entretien à flot commune du 26 décembre 1945 au 10 janvier 1946, les trois contre-torpilleurs effectuent trois jours d’essais à la mer du 11 au 14 janvier puis un stage de remise en condition du 16 au 26 janvier, date à laquelle ils rentrent à Toulon.

Le D’Assas et ses deux compères  de la 1ère DCT vont alors effectuer leur premier entrainement de division en Méditerranée occidentale, entrainement qui va occuper les trois navires du 7 février au 12 avril, date du retour des trois navires à Toulon.

Le D’Assas et le La Tour d’Auvergne sortent pour une école à feux du 15 au 22 avril, faisant escale à La Ciotat du 23 au 26 avril avant un exercice de combat antisurface du 27 avril au 3 mai, date du retour des deux navires à Toulon. Ils ressortent ensuite pour la remise en condition du Bruix et  du 9 au 17 mai puis du 22 au 31 mai,  les trois navires faisant escale à La Ciotat du 18 au 21 mai 1946.

La 1ère DCT effectue ensuite une école à feux du 1er au 9 juin avant un entrainement de défense aérienne à la mer du 11 au 19 juin. Après un mouillage aux salins du 20 au 27 juin, les trois contre-torpilleurs rentrent à Toulon le lendemain 28 juin 1946.

Le D’Assas sort en solitaire pour un entrainement au raid amphibie. Appareillant à l’aube le 1er juillet, il embarque en grande rade à Toulon un détachement de fusiliers marins chargés normalement de la protection du port varois.

Filant plein sud, il est repéré à l’aube par plusieurs avions du CNMAN mais avant même qu’une riposte appropriée à l’hostile soit trouvée, le contre-torpille pénètre en baie d’Ajaccio, débarque ses quatre-vingt quatorze fusiliers marins qui s’emparre de la BAN d’Aspretto prise complètement au dépourvu.

Après un mouillage en baie d’Ajaccio jusqu’au 7 juillet, le D’Assas effectue une école à feux du 8 au 14 juillet, rentrant à Toulon le lendemain 15 juillet. Il est ensuite indisponible pour entretien et permissions d’été de l’équipage du 18 juillet au 5 août, sortant pour essais (6 au 9 août) et pour remise en condition (11 au 23 août), à chaque fois en compagnie du Bruix, les deux contre-torpilleurs allant ensuite mouiller aux salins d’Hyères.

Le 28 août 1946, le La Tour d’Auvergne à la suite de ses essais à la mer y retrouve ses deux compères de la 1ère DCT. Les trois navires sortent pour sa remise en condition du 29 août au 5 septembre, se ravitaillent à Toulon le 6 septembre avant un nouveau cycle de remise en condition du 7 au 15 septembre, date à laquelle les trois navires rentrent à Toulon.

Le 22 septembre 1946, les trois contre-torpilleurs quittent Toulon en compagnie du pétrolier Elorn pour un entrainement de division au large des côtes africaines entre le Maroc et le Golfe de Guinée.

Arrivant à Dakar le 4 octobre, les trois contre-torpilleurs de la 1ère DCT vont manoeuvrer du 5 au 12 octobre, font escale à Dakar du 13 au 15 octobre avant de poursuivre leur entrainement dans le Golfe de Guinée.

Après une escale à Conakry du 20 au 23 octobre,  les trois contre-torpilleurs et le pétrolier font escale à Libreville du 25 au 28 octobre, à Pointe Noire du 30 octobre au 2 novembre, à Abidjan du 5 au 8 novembre, à Dakar pour ravitaillement le 12 novembre, à Casablanca du 16 au 21 novembre avant de rallier Toulon le 25 novembre 1946 après plus de deux mois loin de leur port d’attache.

Après une période d’entretien à flot du 26 novembre au 9 décembre, les trois contre-torpilleurs sortent pour essais du 10 au 13 décembre avant une nouvelle sortie mais pour entrainement cette fois et ce du 14 au 21 décembre, restant ensuite au port jusqu’à la fin de l’année civile.

Le D’Assas et ses deux compères de la 1ère DCT sort pour la première fois du 7 au 15 janvier 1947 pour une école à feux, se ravitaillant à Toulon le 16 janvier avant d’enchainer par un entrainement à la défense aérienne à la mer du 17 au 30 janvier, rentrant à Toulon le 5 février après une escale à La Ciotat du 31 janvier au 4 février.

Du 8 au 27 février 1947, la 1ème DCT exécute un exercice commun avec la 2ème DCT et les croiseurs légers de la 6ème DC, la petite escadre rentrant à Toulon le lendemain.

Après une école à feux du 4 au 12 mars, la 1ère DCT participe du 15 mars au 10 avril à  un entrainement commun avec le croiseur lourd Charlemagne et les torpilleurs légers de la 1ère DT du 15 mars au 10 avril. Ils enchainent ensuite les escales : Nice du 12 au 17 avril, Bastia du 18 au 24, à Ajaccio du 25 au 30 et Bonifaccio (2 au 7 mai) avant de rentrer à Toulon le 9 mai 1947 dans la matinée.

La 1ère DCT effectue ensuite un entrainement de division du 16 mai au 16 juin, mouillant aux salins d’Hyères du 17 au 25 juin avant de rentrer à Toulon le lendemain.

Le D’Assas et le Bruix sortent pour une école à feux du 1er au 7 juillet avant de mouiller aux salins d’Hyères du 8 au 11 juillet. Après un entrainement à la défense aérienne à la mer du 12 au 17 juillet, les deux contre-torpilleurs rentrent à Toulon le lendemain 18 juillet 1947.

Le D’Assas est indisponible pour entretien et permissions d’été de l’équipage du 19 juillet au 9 août 1947, sortant pour essais (10 au 13 août) et pour remise en condition (14 au 31 août) en compagnie de La Tour d’Auvergne, les deux contre-torpilleurs allant ensuite mouiller aux salins d’Hyères où ils sont rejoints le 5 septembre par le Bruix qui venait de réaliser ses essais à la mer après sa période indisponibilité estivale.

Les trois contre-torpilleurs sortent pour la remise en condition du Bruix du 6 au 17 septembre, se ravitaillent à Toulon le 18 septembre avant une deuxième et dernière phase d’entrainement du 19 au 30 septembre, les trois contre-torpilleurs rentrant à Toulon le lendemain 1er octobre 1947.

La 1ère DCT sort ensuite pour son traditionnel entrainement de division automnal, quittant Toulon le 8 octobre,  manoeuvrant jusqu’au 22 novembre, date de leur retour à Toulon avec tout de même une escale à Port-Vendres du 16 au 19 octobre et plusieurs rapides passages à Toulon pour se ravitailler.

Après une période d’entretien à flot du 23 novembre au 9 décembre 1947, le D’Assas, le Bruix et le La Tour d’Auvergne sortent pour essais du 10 au 13 décembre puis pour remise en condition du 14 au 24 décembre, date à laquelle ils rentrent à Toulon et ne sortant plus jusqu’à la fin de l’année civile.

Le D’Assas et ses deux compères de la 1ère DCT commencent l’année 1948 par une école à feux du 7 au 15 janvier, faisant escale à Port La Nouvelle du 16 au 19 janvier avant un entrainement au combat antisurface du 20 au 27 janvier, rentrant à Toulon  le lendemain 28 janvier 1948.

La 1ère DCT devait sortir pour un entrainement de division le 5 février mais le D’Assas est victime d’une avarie qui l’immobilise du 5 au 18 février, le contre-torpilleur réparé sortant pour essais du 19 au 22 février avant de retrouver le jour même le Bruix et le La Tour d’Auvergne aux salins d’Hyères.

La 1ère DCT ainsi reconstituée effectue une courte sortie d’essais/entrainement du 23 février au 1er mars avant de rallier Toulon le 2 mars pour se ravitailler.

L’entrainement de division à ensuite lieu dans la foulée du 3 mars au 1er mai, entrainement marqué notamment par une participation de la 1ère DT qui revenait de Bizerte  après un exercice avec la 2ème DC et la 3ème DT.

La 1ère DCT effectue une nouvelle sortie d’entrainement au large de Toulon du 8 au 17 mai, effectuant une école à feux, des lancements simulés et réels de torpilles, des grenades avec comme cible la coque du sous-marin Caïman désarmé au printemps 1942.

Après un mouillage aux Salins du 19 au 25 mai, les trois contre-torpilleurs effectuent un entrainement à la défense aérienne à la mer du 26 mai au 6 juin, rentrant à Toulon le lendemain 7 juin 1948.

Le D’Assas et le La Tour d’Auvergne sortent pour une école à feux du 14 au 21 juin avant de rentrer à Toulon le lendemain 22 juin.

Le D’Assas est ensuite indisponible pour entretien et permissions estivales de l’équipage du 24 juin au 8 juillet, sortant pour essais (9 au 12 juillet) et pour remise en condition, à chaque fois en compagnie du Bruix. Les deux contre-torpilleurs vont ensuite mouiller en rade de Villefranche.

Le 28 juillet 1948, le La Tour d’Auvergne retrouve ses deux compères à Villefranche à l’issue de ses essais à la mer. Les trois contre-torpilleurs sortent pour la remise en condition du La Tour d’Auvergne du 29 juillet au 13 août puis après ravitaillement à Toulon le 14 août du 14 au 21 août, rentrant à Toulon le lendemain 22 août 1948.

Du 28 août au 4 septembre, la 1ère DCT participe avec la 2ème DCT à un entrainement destiné à remettre en condition le croiseur lourd Charlemagne. Les sept navires rentrent à Toulon le 5 septembre 1948 à l’aube………… .

10-Contre-torpilleurs (44)

J-Contre-torpilleurs classe Bruix

Schéma de la classe Bruix

Schéma de la classe Bruix

Avant-propos

Les six Jaguar devaient donc être remplacés par les six Bayard, financés par le décret-loi du 1er avril 1940.

Aux Jaguar avaient succédé les six Guépard (Guépard Lion Bison Valmy Vauban Verdun), les six premiers «quatre tuyaux», ces contre-torpilleurs étant équipés de quatre chaudières et donc de quatre cheminées, marque physique remarquable partagée avec les quatre Aigle, les Milan et Epervier ainsi que les six Vauquelin soit douze-navires.

Ces navires mis en service en 1929 (Guépard), en 1930 (Bison Valmy Verdun) et en 1931 (Lion Vauban) devaient donc être remplacés théoriquement entre 1945 et 1947.

Les tranches 1942 et 1943 du programme naval du 14 mai 1941 financent la construction de six contre-torpilleurs de classe Bruix qui sont identiques aux Bayard moins des modifications de détail.

Ces navires baptisés Bruix D’Assas La Tour d’Auvergne Magon Dunois et La Hire vont  remplacer nombre pour nombre les Guépard ce qui augmente encore la puissance de notre flotte, 48 canons de 130mm remplaçant 30 canons de 138mm.

Le Bruix

Etienne Eustache Bruix (1759-1805)

Etienne Eustache Bruix (1759-1805)

-Le Bruix est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient (cale n°3) le 17 septembre 1943 et lancé le 12 novembre 1944.

Armé pour essais le 12 août 1945, il effectue sa première campagne d’essais officiels du 13 au 30 août, passant au bassin du 1er au 10 septembre avant une deuxième campagne d’essais officiels du 11 au 30 septembre 1945.

Il réalise ses essais artillerie du 2 au 14 octobre avant de quitter Lorient pour Brest le 15 octobre afin de réaliser ses essais de recette de torpilles et de grenades ASM, essais réalisés du 18 au 30 octobre, date à laquelle il quitte Brest pour rentrer à Lorient le lendemain. Il passe à nouveau au bassin du 2 au 16 novembre 1945.

Après d’ultimes essais  du 17 au 21 novembre, le Bruix quitte Lorient pour sa traversée de longue durée le 22 novembre, faisant escale à Saint-Nazaire du 23 au 26 novembre, à Vigo du 28 au 30 novembre, à Lisbonne du 1er au 3 décembre, se ravitaille à Casablanca le 5 décembre avant de rallier Toulon le 8 décembre 1945.

Le contre-torpilleur Bruix est admis au service actif le 8 décembre 1945, étant affecté hors-rang au sein du groupement des contre-torpilleurs de la 2ème Escadre avec Toulon comme port d’attache.

Le nouveau contre-torpilleur sort pour une école à feu du 11 au 17 décembre 1945 au large de Toulon. Ses tirs achevés, il gagne la haute-mer pour accueillir à 100 miles des côtes provençales son sister-ship D’Assas.

La mise en service du deuxième contre-torpilleur de classe Bruix permet la réactivation de la 1ère DCT qui avait été mise en sommeil avec le redéploiement à Brest des contre-torpilleurs Guépard, Lion et Bison (qui avaient alors formé une nouvelle 2ème DCT).
Arrivés à Toulon le lendemain 18 décembre, les deux contre-torpilleurs se ravitaillent puis reprennent la mer pour un entrainement commun jusqu’au 22 décembre quand ils accueillent à 50 miles des côtes provençales leur sister-ship La Tour d’Auvergne, le troisième et dernier contre-torpilleur de la 1ère DCT. La division au complet s’entraine jusqu’au 25 décembre quand ils rentrent à Toulon.

Après une période d’entretien à flot commune du 26 décembre 1945 au 10 janvier 1946, les trois contre-torpilleurs effectuent trois jours d’essais à la mer du 11 au 14 janvier puis un stage de remise en condition du 16 au 26 janvier, date à laquelle ils rentrent à Toulon.

Le Bruix et ses deux compères vont alors effectuer leur premier entrainement de division en Méditerranée occidentale. Ils quittent Toulon le 7 février mais le mauvais temps les obligent à s’abriter aux salins d’Hyères jusqu’au 10 février quand ils peuvent reprendre la mer pour enfin entamer leur entrainement.

Après une école à feux du 11 au 18 février 1946, les trois contre-torpilleurs font escale à Sète du 19 au 22 février avant un entrainement au combat antisurface du 23 février au 1er mars, date à laquelle ils vont ravitailler à Toulon.

Après un exercice de mouillage de mines du 1er au 4 mars, le Bruix et ses deux compères de la 1ère DCT effectuent un entrainement à la défense aérienne à la mer du 5 au 12 mars, date à laquelle ils arrivent à Nice pour quelques jours d’escale.

Reprenant la mer, ils effectuent un entrainement à la lutte ASM du 17 au 27 mars 1946 en compagnie des sous-marins Le Tonnant et le Conquérant. Après un ravitaillement à Toulon le 28 mars, les trois contre-torpilleurs achèvent leur premier entrainement de division par un exercice de synthèse du 29 mars au 12 avril, date de leur retour à Toulon.

Le Bruix est indisponible du 13 avril au 3 mai suite à une avarie mécanique. Les réparations effectuées, il sort pour essais du 4 au 7 mai avant un stage de remise en condition intensif avec ses deux sister-ships de la 1ère DCT du 9 au 17 mai et du 22 au 31 mai, les trois navires faisant escale à La Ciotat du 18 au 21 mai 1946.

La 1ère DCT effectue ensuite une école à feux du 1er au 9 juin avant un entrainement de défense aérienne à la mer du 11 au 19 juin, servant de plastron aux avions et hydravions du CNMAN (Commandement Nord-Méditerranée de l’Aviation Navale) dont le QG est implanté sur la BAN de Hyères-Le Palyvestre. Après entrainement au mouillage aux salins du 20 au 27 juin, les trois contre-torpilleurs rentrent à Toulon le lendemain 28 juin 1946.

Le Bruix est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 29 juin au 17 juillet, sortant pour essais du 18 au 21 juillet et pour remise en condition du 22 juillet au 5 août, à chaque fois en compagnie de son sister-ship La Tour d’Auvergne.

Rentrant à Toulon dans la soirée du 5 août, le Bruix se ravitaille avant de participer aux essais (6 au 9 août) et à la remise en condition (11 au 23 août) de son sister-ship D’Assas, les deux contre-torpilleurs allant ensuite mouiller aux salins d’Hyères.

Le 28 août 1946, le La Tour d’Auvergne à la suite de ses essais à la mer retrouve ses deux compères de la 1ère DCT. Les trois navires sortent pour sa remise en condition du 29 août au 5 septembre, se ravitaillent à Toulon le 6 septembre avant un nouveau cycle de remise en condition du 7 au 15 septembre, date à laquelle les trois navires rentrent à Toulon.

Le 22 septembre 1946, les trois contre-torpilleurs quittent Toulon en compagnie de l’Elorn pour un entrainement de division au large des côtes africaines entre le Maroc et le Golfe de Guinée.

Après un ravitaillement au large du cap Juby le 27 septembre, les trois contre-torpilleurs effectuent une école à feux du 27 septembre au 1er octobre avant de rallier Dakar le 4 octobre après un nouveau ravitaillement auprès de l’Elorn.

Le Bruix, le D’Assas et le La Tour d’Auvergne effectuent un entrainement à l’escorte et à l’attaque de convois du 5 au 12 octobre. A tour de rôle, un contre-torpilleur protégeait l’Elorn contre l’attaque des deux autres.

Après une escale à Dakar du 13 au 15 octobre, la 1ère DCT accompagnée par l’Elorn gagnent le Golfe de Guinée pour poursuivre leur entrainement. Le transit en direction de Conakry (où les quatre navires arrivent le 20 octobre) est l’occasion d’un entrainement à la défense aérienne à la mer.

Après  une escale à Conakry du 20 au 23 octobre, les trois contre-torpilleurs et le pétrolier font escale à Libreville du 25 au 28 octobre, à Pointe Noire du 30 octobre au 2 novembre, à Abidjan du 5 au 8 novembre, à Dakar pour ravitaillement le 12 novembre, à Casablanca du 16 au 21 novembre avant de rallier Toulon le 25 novembre 1946 après plus de deux mois loin de leur port d’attache.

Après une période d’entretien à flot du 26 novembre au 9 décembre, les trois contre-torpilleurs sortent pour essais du 10 au 13 décembre avant une nouvelle sortie mais pour entrainement cette fois et ce du 14 au 21 décembre, restant ensuite au port jusqu’à la fin de l’année civile.

Le Bruix et ses deux compères de la 1ère DCT sort pour la première fois du 7 au 15 janvier 1947 pour une école à feux, se ravitaillant à Toulon le 16 janvier avant d’enchainer par un entrainement à la défense aérienne à la mer du 17 au 30 janvier, rentrant à Toulon le 5 février après une escale à La Ciotat du 31 janvier au 4 février.

Du 8 au 27 février 1947, la 1ère DCT retrouve à la mer la 2ème DCT (Bayard Du Guesclin Turenne) et la 6ème DC (De Grasse Chateaurenault et Guichen) pour un exercice commun, exercice concernant aussi bien des écoles à feux, un combat antisurface et des exercices de défense aérienne à la mer. Les six navires rentrent à Toulon le lendemain 28 février 1947.

Après une école à feux du 4 au 12 mars, la 1ère DCT participe du 15 mars au 10 avril à  un entrainement commun avec le croiseur lourd Charlemagne et les torpilleurs légers de la 1ère DT.

Cet entrainement se décompose en une série d’exercices comme un exercice de défense aérienne à la mer (15 au 23 mars), protection et attaque de convois (27 mars au 2 avril) et raid amphibie (4 au 10 avril) avant des escales à Nice (12 au 17 avril), Bastia (18 au 24 avril), Ajaccio (25 au 30 avril) et Bonifaccio (2 au 7 mai) avant de rentrer à Toulon le 9 mai 1947 dans la matinée.

La 1ère DCT effectue ensuite un entrainement de division, sortant pour une école à feux du 16 au 22 mai avant une escale à Nice du 23 au 26 mai avant d’engager un entrainement à la défense aérienne à la mer du 27 mai au 7 juin, se ravitaillant à Toulon le 8 juin avant d’enchainer par un entrainement au combat antisurface du 9 au 16 juin, mouillant aux salins d’Hyères du 17 au 25 juin avant de rentrer à Toulon le lendemain 26 juin 1947.

Alors que le La Tour d’Auvergne est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage, le Bruix et le D’Assas sortent pour une école à feux du 1er au 7 juillet avant de mouiller aux salins d’Hyères du 8 au 11 juillet. Après un entrainement à la défense aérienne à la mer du 12 au 17 juillet, les deux contre-torpilleurs rentrent à Toulon le lendemain 18 juillet 1947. Le Bruix participe ensuite aux essais (19 au 22 juillet) et à la remise en condition (24 juillet au 9 août) du La Tour d’Auvergne, les deux navires rentrant à Toulon dans la soirée. Il est ensuite indisponible du 10 au 31 août 1947.

Le Bruix sort ensuite pour essais du 1er au 4 septembre, retrouvant le lendemain 5 septembre aux salins d’Hyères ses compères de la 1ère DCT, les trois contre-torpilleurs sortant pour remise en condition du Bruix du 6 au 17 septembre, se ravitaillent à Toulon le 18 septembre avant une deuxième et dernière phase d’entrainement du 19 au 30 septembre, les trois contre-torpilleurs rentrant à Toulon le lendemain 1er octobre 1947.

La 1ère DCT effectue alors son entrainement de division automnal. Quittant Toulon le 8 octobre,  le Bruix et ses deux compères de division commencent par une école à feux du 8 au 15 octobre, faisant escale  à Port-Vendres du 16 au 19 octobre avant d’enchainer par un entrainement de défense aérienne à la mer du 20 au 27 octobre puis un ravitaillement à Toulon le 28 octobre.

Ce ravitaillement est suivit par un entrainement au mouillage de mines du 28 octobre au 2 novembre, par un entrainement ASM avec le sous-marin Le Conquérant du 3 au 8 novembre et enfin par un exercice de synthèse du 10 au 22 novembre, date du retour des trois navires à Toulon.

Après une période d’entretien à flot du 23 novembre au 9 décembre 1947, le Bruix et ses deux compères sortent pour essais du 10 au 13 décembre puis pour remise en condition du 14 au 24 décembre, date à laquelle ils rentrent à Toulon.

Le Bruix et ses deux compères commencent l’année 1948 par une école à feux du 7 au 15 janvier, faisant escale à Port La Nouvelle du 16 au 19 janvier avant un entrainement au combat antisurface du 20 au 27 janvier, rentrant à Toulon  le lendemain 28 janvier 1948.

La 1ère DCT devait sortir pour un entrainement de division le 5 février mais le D’Assas est victime d’une avarie ce qui fait que le Bruix et le La Tour d’Auvergne sortent seuls du 5 au 15 février pour un entrainement en duo avant de gagner les Salins d’Hyères pour poursuivre leur entrainement au mouillage en attendant la disponibilité du D’Assas.

Le D’Assas retrouve ses deux compères de la 1ère DCT aux Salins le 22 février. La 1ère DCT ainsi reconstituée effectue une courte sortie d’essais/entrainement du 23 février au 1er mars avant de rallier Toulon le 2 mars pour se ravitailler.

L’entrainement de division commence enfin le 3 mars par une école à feux du 3 au 9 mars, les trois contre-torpilleurs faisant escale à Ajaccio du 10 au 13 mars. Reprenant la mer le 14 mars, la 1ère DCT retrouve au large de la Corse la 1ère DT qui était revenue de Bizerte après un exercice avec la 2ème DC et la 3ème DT.

Les deux divisions s’affrontent dans un entrainement au combat antisurface avec l’assaut de l’aviation basée en Corse et ce du 14 au 22 mars avant une escale commune à Calvi du 23 au 27 mars. La 1ère DCT et la 1ère DT rentrent ensuite ensemble à Toulon le 28 mars 1948.

Le Bruix, le D’Assas et le La Tour d’Auvergne reprennent la mer dès le lendemain pour un entrainement au mouillage de mines du 29 mars au 2 avril puis après un ravitaillement à Toulon le 3 avril effectuent un entrainement à la lutte ASM du 4 au 14 avril avec pour plastron les sous-marins Saint Marcouf et Ile d’Aix de la 5ème DSM.

Après un nouveau ravitaillement à Toulon le 15 avril, la 1ère DCT termine son entrainement de division par un exercice de synthèse du 16 au  27 avril, rentrant à Toulon le 1er mai après une escale à Sète du 28 au 30 avril 1948.

La 1ère DCT effectue une nouvelle sortie d’entrainement au large de Toulon du 8 au 17 mai, effectuant une école à feux, des lancements simulés et réels de torpilles, des grenades avec comme cible la coque du sous-marin Caïman désarmé au printemps 1942.

Après un mouillage aux salins du 19 au 25 mai, les trois contre-torpilleurs effectuent un entrainement à la défense aérienne à la mer du 26 mai au 6 juin, rentrant à Toulon le lendemain 7 juin 1948.

Le Bruix est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 8 au 23 juin, sortant pour essais du 24 au 27 juin et pour remise en condition du 28 juin au 8 juillet à chaque fois en compagnie du La Tour d’Auvergne .

Le Bruix sort ensuite pour les essais (9 au 12 juillet) et à la remise en condition (13 au 24 juillet) du D’Assas qui avait été à son tour indisponible. Les deux contre-torpilleurs vont ensuite mouiller en rade de Villefranche.

Le 28 juillet 1948, le La Tour d’Auvergne retrouve ses deux compères à Villefranche à l’issue de ses essais à la mer. Les trois contre-torpilleurs sortent pour sa remise en condition du 29 juillet au 13 août puis après ravitaillement à Toulon le 14 août du 14 au 21 août, rentrant à Toulon le lendemain 22 août 1948.

Du 28 août au 4 septembre, la 2ème DCT participe avec la 1ère DCT à la remise en condition du croiseur lourd Charlemagne qui sortait d’une période d’entretien à flot. Les sept navires rentrent à Toulon le 5 septembre 1948 à l’aube………… .

10-Contre-torpilleurs (1)

10°) CONTRE-TORPILLEURS

Avant-propos

Le torpilleur de défense mobile n°86

Le torpilleur de défense mobile n°86

En 1887, le torpilleur de défense mobile N°68 (type Normand 33m, 46 tonnes) fût transféré par chemin de fer de Toulon à Cherbourg provoqua l’angoisse de la presse britannique et relança les invasion scares, ces bouffées délirantes, craignant une invasion française, bouffées souvent liées à la mise en service d’un nouveau navire ou d’une nouvelle arme au sein de la Royale. La multiplication des torpilleurs dans les marines françaises et russes firent craindre une submersion des torpilleurs britanniques, écrasés par le nombre.

On chercha donc des parades et après plusieurs essais infructueux, les anglais aboutirent à un navire qu’ils appelèrent Torpedo Boat Destroyer (TBD) bientôt connu sous la forme générique de destroyer (destructeur). La France ne tarda pas à imiter la «Perfide Albion» en créant son propre «destructeur» appelé dans la langue de Molière le contre-torpilleur.

Ce terme est apparu une première fois brièvement en 1890 mais ce n’est qu’en 1896 que le terme s’impose quand les avisos-torpilleurs sont reclassés contre-torpilleurs d’escadre avant que le terme escadre ne disparaisse en 1900 et celui de contre-torpilleur en 1913 quand les contre-torpilleurs sont reclassés torpilleurs d’escadre.

Quand le premier conflit mondial se termine, la marine nationale dispose sur le papier de treize contre-torpilleurs de 800 tonnes (trois autres mis en service après l’armistice), onze de 450 tonnes et quarante-sept de 300 tonnes soit soixante-onze navires mais l’immense majorité n’ont plus aucune valeur militaire et sont condamnées entre 1919 et 21.

L'Amiral Senès, ex-S 113 annonce les futurs contre-torpilleurs de la Royale renaissante

L’Amiral Senès, ex-S 113 annonce les futurs contre-torpilleurs de la Royale renaissante

Pour faire la soudure avec les futures constructions neuves, la marine nationale récupère des unités ex-allemandes et ex-austro-hongroises, la plupart d’un tonnage semblable aux unités nationales mais le destroyer S113 rebaptisé Amiral Sénès avec son déplacement de 2060 tonnes et son armement de quatre canons de 150mm annonce les futurs contre-torpilleurs de la marine nationale.

La marine nationale sort durablement affaiblie du premier conflit mondial, connaissant une profonde crise matérielle et morale. Tout est à reconstruire ou presque.

Fort heureusement, la Royale va bénéficier d’un contexte national et international favorable. Sur le plan national, les pertes du premier conflit mondial font craindre des «classes creuses» et une nouvelle infériorité numérique vis à vis de l’Allemagne.

Ce handicap, on espère le compenser en faisant appel aux colonies et pour transporter les zouaves, goumiers et autres tirailleurs en métropole, il faut une puissante marine pour escorter les transports de troupes.

Sur le plan international, la France à signé le traité de Washington, traité qui fait d’elle une puissance navale de seconde zone, à parité avec l’Italie et loin des Etats Unis, de la Grande-Bretagne et du Japon.

Paradoxalement, ce traité va être bénéfique pour la reconstruction de notre marine en limitant ses ambitions, en se gardant d’aventures comme le programme de 1912 avec de nombreux cuirassés dont aucun ne sera achevé.

La  priorité est donnée aux unités légères, les croiseurs, les torpilleurs et les contre-torpilleurs sans oublier les sous-marins.
Le 13 janvier 1920, le ministre de la Marine Georges Leygues dépose sur le bureau des Assemblées un projet de loi dit «Projet 171» qui prescrit l’arrêt définitif de la construction des cinq cuirassés de classe Normandie, la construction de six éclaireurs d’escadre et de douze torpilleurs éclaireurs. Ce projet n’est pas adopté car Georges Leygues perd son portefeuille de ministre.

Par lettre des 17 et 18 juin 1920, le ministre Adolphe Landry demande qu’on amende le projet 171 en ajoutant 12 sous marins (6 de 550 tonnes et 6 de 1100 tonnes), modification acceptée par la Commission de la Marine Militaire.

Ce projet est encore amendé en 1921 par Gabriel Guist’hau, ministre de la Marine qui comprend 6 croiseurs de 8000 tonnes, 12 contre-torpilleurs de 2400 tonnes, 12 torpilleurs de 1455 tonnes, 36 sous marins de 550 à 1100 tonnes et la transformation de l’ancien cuirassé Béarn en porte-avions.

Ce projet est adopté en principe mais il est volontairement limité aux constructions absorbables immédiatement par les Arsenaux et l’Industrie (la construction navale privée) soit 3 croiseurs, 6 contre-torpilleurs de 2400 tonnes, 12 torpilleurs de 1500 tonnes, 12 sous marins et la transformation du Béarn.

Après deux ans de tergiversations, la première tranche du Programme naval est définitivement votée par le Sénat le 18 mars 1922.

C’est l’acte de naissance de la classe Jaguar (Jaguar Panthère Chacal Léopard Lynx Tigre) qui marque donc la renaissance de la marine nationale et le début d’une rivalité avec la marine italienne et la construction successive d’une série de contre-torpilleurs.

C’est ainsi qu’aux Jaguar succèdent les Guépard (Guépard Lion Bison Valmy Vauban Verdun) qui marquent le début de la formidable famille des «quatre tuyaux» avec notamment un changement de calibre en l’occurence cinq canons de 138mm au lieu de cinq canons de 130mm.

Le contre-torpilleur Guépard en 1930-31

Le contre-torpilleur Guépard en 1930-31

Ces «quatre tuyaux» sont marqués par un appareil propulsif plus compact et des chaudières plus puissantes qui permet d’en réduire le nombre de cinq à quatre chaudières.

Aux Guépard succèdent la classe Aigle composée de quatre plus deux navires. Les quatre premiers financés à la tranche 1927 et baptisés Aigle Vautour Albatros Gerfaut sont pour ainsi dire identiques aux Guépard avec des modifications peu visibles si ce n’est un armement plus moderne et un télémètre stéréo.

Le contre-torpilleur Aigle

Le contre-torpilleur Aigle

Les deux navires suivants financés à la tranche 1927 et baptisés Milan et Epervier. Ces navires sont tantôt considérés comme des Aigle, tantôt comme une classe spécifique. Par rapport aux Aigle, ces deux navires se distinguent par un arrière en cul de poule (déjà prévu pour la classe suivante), une coque plus longue (129.30m contre 122.40m), une puissance propulsive accrue (68000 contre 64000ch) et un tube lance-torpilles de plus.

Le contre-torpilleur Milan

Le contre-torpilleur Milan

La tranche 1928 finance la construction de six contre-torpilleurs d’un nouveau type, les «2700 tonnes» (les Jaguar, Guépard et Aigle étaient considérés comme des «2400 tonnes») ou la classe Vauquelin du nom de la première unité mise sur cale (Vauquelin Kersaint Cassard Tartu Maillé-Brézé et Chevalier Paul) qui portaient des noms de grands marins français.

Le contre-torpilleur Maillé Brézé

Le contre-torpilleur Maillé Brézé

Aux Vauquelin succèdent les contre-torpilleurs de classe Le Fantasque (Le Fantasque L’Audacieux Le Malin Le Terrible Le Triomphant et L’Indomptable) financés à la tranche 1930.

Le contre-torpilleur Le Fantasque en 1937

Le contre-torpilleur Le Fantasque en 1937

A la différence de la série Guépard/Aigle/Milan/Vauquelin, les Fantasque ne disposent plus que de deux cheminées avec une puissance propulsive supérieure (74000ch) et un armement plus puissant qu’il s’agisse d’un canon de 138mm plus puissant d’une troisième plate-forme triple soit neuf tubes de 550mm.

Aux Fantasque succèdent une nouvelle classe de contre-torpilleurs qui marquent l’apogée de la flotte de «French superdestroyers». Les Mogador et Volta sont en effet de véritables petits croiseurs puisque ces navires financés respectivement aux tranches 1932 et 1934 sont armés de huit canons de 138mm en quatre pseudo-tourelles doubles alors que l’armement en torpilles passe à dix tubes de 550mm.

Le contre-torpilleur Volta

Le contre-torpilleur Volta

La volonté de conserver le principe des DCT à trois unités entraine le financement de quatre navires semblables aux Mogador, des navires baptisés Hoche Marceau Desaix Kléber qui auraient du être identiques aux Mogador mais qui au final, seront différents avec quatre tourelles doubles de 130mm à double usage qui rééquiperont également les Mogador et Volta.

Le décret-loi du 1er avril 1940 finance la construction de six nouveaux contre-torpilleurs destinés à remplacer en 1944-45 les Jaguar qui atteindront alors la fin de leur carrière opérationnelle. Ces navires sont baptisés Bayard Du Guesclin Turenne Bugeaud Du Chayla et Dupetit-Thouars.

Les Bayard sont pour ainsi dire des copies des Hoche, reprenant le tracé de coque, la propulsion et l’armement principal (8 canons de 130mm) alors que le nombre de tubes lance-torpilles est porté à douze. La DCA légère est améliorée tout comme l’armement ASM. C’est également la première classe à intégrer dès la construction des détecteurs électroniques qui imposent un certain nombre de servitudes nouvelles comme un mat renforcé.

Les tranches 1942 et 1943 du programme naval du 14 mai 1941 financent la construction de six contre-torpilleurs de classe Bruix qui sont identiques aux Bayard moins des modifications de détail.

Ces navires baptisés Bruix D’Assas La Tour d’Auvergne Magon Dunois et La Hire vont remplacer ainsi les Guépard.

Enfin, la tranche 1947 finance la construction de six contre-torpilleurs semblables aux Bruix et théoriquement destinés à remplacer les Aigle mais le déclenchement de la guerre bouleversera le programme et les Guépratte Ronar’ch Maillé Brézé D’Estaing Vautreuil et Aumale auront un destin bien différent.