Mitteleuropa Balkans (49) Bulgarie (13)

ARMEE DE TERRE

Une histoire militaire de la Bulgarie (1) : aux temps jadis

En guise d’introduction

Je ne dévoile aucun mystère si je vous dis que l’armée bulgare n’est pas née avec l’autonomie de la principauté de Bulgarie en 1878. L’histoire militaire bulgare est bien plus ancienne remontant au Haut-Moyen Age avec deux empires qui possédaient de puissantes armées craintes et respectées par leurs adversaires.

Plusieurs chroniques byzantines confirment que certains de leurs généraux faisaient demi-tour plutôt que d’affronter les bulgares en terrain ouvert.

Leur état était d’ailleurs très lié à celui des états qu’elles servaient. Un roi fort et puissant et l’armée bulgare était au sommet de son art mais un roi faible entouré d’une noblesse pas toujours disciplinée avec des ennemis multiples et l’armée connaissait d’importants problèmes en terme de tactique et aussi d’effectifs.

Cette armée à longtemps privilégié la cavalerie lourde à la fois parce que les ennemis byzantins possédaient une remarquable cavalerie lourde, véritable ancètre de nos chevaliers (les cataphractes) mais aussi parce qu’il s’agissait de l’héritage d’un peuple longtemps nomade qui sacralisait le cheval comme d’autres sacralisent les vaches.

Avec le temps l’armée devint plus équilibrée avec notamment une part croissante pour l’infanterie qui à la différence de la cavalerie était plutôt une infanterie légère plus à l’aide dans l’embuscade et le coup de main que dans la bataille rangée.

Dans les moments glorieux les archers bulgares étaient tout autant réputés que les archers gallois quelques siècles plus tard et quelques milliers de kilomètres plus à l’ouest. A cela s’ajoutait des armes de siège qui permettaient aux bulgares d’affronter des armes conventionnelles et de ne pas se limiter à la guerilla, l’embuscade et le coup de main.

Aux troupes bulgares s’ajoutent également des mercenaires et des contingents étrangers dont la part et l’importance tactique ne cessèrent de croitre.

En 1371 une armée bulgaro-serbe est défaite à Cherronen. Cette défaite marque clairement le début de la fin de la Bulgarie indépendante de son armée. Les villes tombent les unes après les autre, Tarnovo la capitale historique étant assiégée et prise en 1393. La résistance armée bulgare ne va cependant cesser qu’en 1422.

Création et évolution

Si pour l’armée bulgare moderne on peut trouver une date précise de création (22 juillet 1878), pour l’armée bulgare médievale impossible à savoir.

Il faut dire que la conception d’une force armée permanente ne va s’imposer en Europe qu’au cours du Moyen-Age avec notamment les compagnies franches de Charles VII ou l’armée noire en Hongrie.

Longtemps les armées se composaient le plus souvent d’un noyau autour du chef, une garde personnelle qui lui était théoriquement dévouée, des unités dont la fidélité allait plutôt à leur chef direct et enfin des contingents de mercenaires à l’efficacité avérée (après tout ce sont des professionnels de la guerre) mais à la fidélité variable et changeante surtout dès qu’ils n’étaient pas payés.

L’armée bulgare médievale ressemble à ce schéma grossier. Les effectifs vont beaucoup varier entre 10000 et 60000 hommes (ce qui était considérable pour l’époque).

A sa tête se trouvait un khan qui s’appuyait sur des hommes issus de l’aristocratie avec de bas en haut de l’échelle des bagain, des bagatur, des loil et des kavkhan.

Sur le plan tactique l’armée bulgare en dépit de son appétance pour la cavalerie et des origines nomades et pastorales ne pratiquait pas uniquement le raid, l’assaut et l’esquive mais des tactiques et des stratagèmes très élaborés qui rendaient leurs ennemis très méfiants. Certains estimaient qu’ils voyaient la nuit comme en plein jour.

Sur le plan de l’armement les bulgares suivent grosso modo les Avars avec comme armes principales le sabre ou l’épée, une longue lance et un arc. On trouve également des masses et un lasso appelé arkani. Pour se protéger les soldats bulgares possédaient un bouclier rond, un casque, une cote de maille ou une armure en plaques de métal. Les chevaux étaient également cuirassés.

Si la cavalerie était composée de bulgares l’infanterie des premiers et seconds empires étaient composée essentiellement de slaves. C’était une infanterie légère disposant d’épées, de lances, d’arcs et de boucliers en bois et en cuir. Ces unités étaient moins disciplinées et moins efficaces que la cavalerie.

Aux 9ème et 10ème siècle, Simeon le Grand pouvait mobiliser une armée de 60000 hommes. Il portait le nom de khan était donc le commandant en chef de l’armée. En son absence il était remplacé par le Khavkan puis par l’ichirgu-boil qui en temps de paix commandait la garnison de la capitale.

En bataille l’armée bulgare était classiquement déployée en un centre, une aile droite et une aile gauche. Le centre était commandée par le khan, le flanc gauche par le khavkan et le flanc droit par l’ichirgu-boil.

Au dessus de ce trio on trouvait des tarkhan comparable aux strategos byzantins ainsi que des bogains.

Au milieu du 10ème siècle le pays est épuisé. L’hérésie bogomile freine clairement le recrutement au profit de l’armée. L’affaiblissement de l’armée bulgare favorise l’irruption des magyars mais aussi des russes à travers le territoire bulgare.

Ce déclin est aussi liéu à celui de la noblesse bulgare. Les effectifs importants et surtout sa redoutable cavalerie lourde appartiennent au passé. Il reste des unités de cavalerie mais elles sont davantage du type cavalerie légère à savoir parfaites pour le flanquement, le harcèlement et l’éclairage mais moins pour le choc.

Faute de mieux l’infanterie occupe désormais une place centrale tout en adaptant ses tactiques privilégiant l’embuscade et le harcèlement. Comme nous l’avons vu plus haut les archers bulgares avaient une réputation de redoutables combattants. En clair si l’armée bulgare était affaiblie elle n’était pas devenue une armée d’opérette. Les byzantins de Basile II Bulgaroctone s’en sont vite rendus compte. A la fin de ce terrible conflit l’armée bulgare pouvait difficilement aligner plus de 36000 hommes.

En 1185 le 2ème empire bulgare voit le jour sous l’impulsion de la dynastie Asen. Une armée bulgare est reconstituée, armée très influencée par les byzantins, les titres étant à consonance byzantine comme le velik voïvoda (grande voïvode) qui remplace l’empereur à la tête de son armée. Il s’appuie sur des voïvode ou strator.

A la fin du 12ème siècle les effectifs étaient proches des 40000 hommes mais selon certaines chroniques de l’époque les bulgares pouvaient mobiliser 100000 hommes ce qui représente des effectifs considérables pour l’époque.

Cette armée reconstitue une puissante cavalerie essentiellement composée de mercenaires Cuman et possèdent des armes de siège qui n’ont rien à envier à celles réalisées à l’étranger.

Avec cette nouvelle armée les bulgares remportent une série de victoires contre les byzantins, les latins, les hongrois et même les redoutables mongols battus en 1241 au début de leur grand raid qui fit trembler l’Europe.

A la fin du 13ème siècle les effectifs sont tombés à moins de 10000 hommes. La situation s’améliore au début du 14ème siècle, les effectifs remontent et de nouvelles victoires militaires montrent que l’art de la guerre, les bulgares maitrisent cela.

Néanmoins quand les ottomans attaquent l’armée bulgare n’est plus que l’ombre de sa gloire passée. L’empire se divise en différentes entités concurrentes qui se querrellent et se chamaillent au lieu de s’unir.

Les différentes place-fortes auraient pu gêner la conquête ottomane mais il aurait fallu pour cela une coordination et une cooération. Elles tombent les unes après les autres.

En 1371 donc à Cherronen une armée bulgaro-serbe est écrasée par les ottomans. Les villes et les place-fortes tombent les une après les autres notamment Tarnovo en 1393 la capitale historique de la Bulgarie. Vidin la dernière ville majeure tombe en 1396. Certains considèrent que c’est là que cesse l’existence de la Bulgarie mais en réalité la résistance va continuer jusqu’en 1422.

La noblesse à été anéantie ou exilée, les civils ne pouvant porter d’armes, les ottomans se préservant ainsi d’une potentielle révolte. L’armée bulgare disparaît donc pour plus de quatre siècles.

URSS (83) Armée de Terre (31)

Uniformes et Equipement

Avant-propos

Armée Rouge 23

Uniforme standard du frontovik avec un fusil mitrailleur Degtyarev

Dans cette partie je vais aborder tout ce qui concerne la question de l’uniforme, de l’équipement individuel et collectif. Cela concernera essentiellement le fantassin, le frontoviki mais il serait aussi question des autres armes de la RKKA comme les tankistes, les cavaliers et les artilleurs.

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Japon (63) Armée de Terre (3)

Organisations des grandes unités

Divisions d’infanterie

Comme toutes les armées du second conflit mondial, l’infanterie domine au sein de l’armée impériale japonaise. C’est encore plus vrai ici car les unités des autres armes sont rares puisqu’il existe seulement trois divisions de chars là où la France en possède seize en septembre 1948 (deux DLC _Tunisie et Indochine_ , six DC _Divisions Cuirassées_ et huit DLM _Divisions Légères Mécaniques_).

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Allemagne (65) Armée de terre (22)

Uniformes

Casques et coiffures

-Le casque était identique à celui adopté durant le premier conflit mondial, un casque inspiré des “bombes” du Moyen-Age, forme qui avait l’avantage de bien protéger la tête.

Casque d'acier (Stalhelm) modèle 1916 avec un camouflage de 1918

Casque d’acier (Stalhelm) modèle 1916 avec un camouflage de 1918

Si quelques casques modèles 1916 étaient encore en service dans certaines unités, l’immense majorité des soldats étaient équipés d’un modèle amélioré, le modèle 1935.

Comparaison entre le casque modèle 1916 et le casque modèle 1935

Comparaison entre le casque modèle 1916 et le casque modèle 1935

En temps de paix, il portait sur le côté droit l’écusson national noir-blanc-rouge et sur le côte gauche l’aigle noir, ses éléments étant généralement effacés au combat.

-Des casques tropicaux ont également été produits en petit nombre en cas de combat au Moyen-Orient ou en Afrique du Nord aux côtés des italiens.

-Loin des premières lignes et au cantonement, plusieurs modèles de coiffures étaient utilisés, la casquette plate (Schirmmütze) pour les officiers, une casquette carrée (Bergmütze) pour les troupes de montagne et le calot ou bonne de police (Feldmütze) pour les sous-officiers et les hommes du rang jusqu’en 1938 quand les officiers jusqu’au grade de colonel pouvaient le porter.

Les troupes blindées portaient un béret noir assorti à leur uniforme.

Uniforme

-Il est de couleur feldgrau ou gris-vert, une teinte ancienne dans l’armée allemande car remontant au 19ème siècle. La teinte à cependant évoluée, le gris vert étant plus vert que gris pour la vareuse qu’il s’agisse de la vareuse du temps de paix (Waffenrock) ou de celle portée au combat (Feldbluse).

Vareuse (Waffenrock) de l'artillerie

Vareuse (Waffenrock) de l’artillerie

-Le pantalon était gris foncé pour toutes les armes sauf pour les troupes blindées. Les officiers généraux portaient un passepoil écarlate, les autres officiers portant un passepoil à la couleur de leur arme.

-Les chasseurs de montagne portaient un pantalon spécial adapté au milieu spécifique dans lequel il devait combattre.

-Certains corps comme la S.S et les troupes blindées portaient un uniforme entièrement noir.

Homme des troupes blindées (Panzertruppen)

Homme des troupes blindées (Panzertruppen)

-Les officiers possédaient une tenue de parade appelée Feldbluse mit Vorstössen,la vareuse et le pantalon disposant d’un passepoil rouge ou jaune. Ils possédaient en sus une tenue blanche appelée Weisser Rock qui se portaient uniquement au cantonnement, seules les promenades à cheval autorisant son port à l’extérieur.

-Le manteau de couleur feldgrau dispose d’un col de couleur bleu vert très foncé. Il devait être porté entièrement fermé à l’exception des officiers généraux qui pouvait le porter entre-ouvert ce qui permettait d’admirer la doublure écarlate.

-Existence de petits stocks d’uniformes adaptés au combat en milieu tropical et en milieu hivernal.
-Les marques de grade étaient portées sur le bras gauche, le col et les pattes d’épaules, les insignes de spécialisation se portaient sur l’avant-bras droit.