23-Armée de terre ligne Maginot (40)

Corse

-Pour la défense des plages, on trouve un point fortifié autour de Porto-Vecchio avec deux casemates d’artillerie (L’Aréna et Saint Cyprien) dont les feux se recoupent pour défendre la rade et deux casemates d’infanterie pour défendre les plages, l’un étant implanté à Georges-Ville et l’autre à Ziglione.

-Une casemate d’infanterie isolée interdisant la baie de Santa-Giulia

-Un point fortifié interdisant le Golfe de Santa-Manza avec une casemate d’artillerie à Santa-Manza appuyant les casemates de Rondinara, Capo Bianco Nord et Capo Bianco Sud

-Un point fortifié défendant la plage de Ventilegne et la route Sartène-Bonifacio avec une casemate d’infanterie à Ventilegne et un autre à Catarello.

Casemate de Spinella près de Bonifaccio

Casemate de Spinella près de Bonifaccio

-Pour la défense du front de terre de Bonifacio est organisé un barrage de route entre Porto-Vecchio et Bonifaccio, barrage s’appuyant sur les fortifications de Ventilègne et de Santa-Manza ainsi que sur deux casemates d’infanterie (Spinella est et ouest)

-Pour la défense de Pertusato, on trouve un point fortifié sur le plateau du même nom avec deux casemates d’infanterie (Pertusato I et V), cinq abris (Pertusato II III IV VI et VII) et deux batteries côtières disposant de quatre canons de 138mm modèle 1893 et six canons de 164mm, l’ensemble ayant été construit en 1928.

-Durant la guerre de Pologne et jusqu’à la démobilisation de l’été/automne 1940, sont construits d’autres ouvrages pour compléter le dispositif de défense de la Corse.

Le nord de l’île jusque là négligé voit la construit de deux casemates doubles sur les plages de Saint Florent et de l’Arinella près de Bastia plus deux petits blockhaus.

La plateau de Corbo au sud est également mis en état de défense. C’est ainsi qu’entre les casemates de Spinella et de Catarello, trente-cinq créneaux pour arme automatique et quinze abris enterrés sont réalisés, le tout étant baptisé «Ligne Mollard» du nom du commandant supérieur de la défense de l’île.

La construction de la base aérienne de Solenzara sur la plaine orientale entraine également la construction par la CEZF d’ouvrages destinés à protéger ce véritable porte-avions pointé directement sur l’Italie.

L’entrée terrestre de la base est protégée par deux casemates type STG avec deux créneaux, un créneau équipé d’un jumelage de mitrailleuses de 7.5mm et un créneau combinant un canon antichar de 47mm et une mitrailleuse de 7.5mm.

La défense depuis la plage est assurée par six petits casemates armés d’un jumelage de mitrailleuses de 7.5mm.

Tunisie

Si depuis le début, la défense des côtes tunisiennes à été prise en compte, ce n’est pas le cas des défenses terrestres qui vont rester longtemps, très longtemps négligées. Il faut en effet attendre 1928 pour qu’un programme défensif soit lancé avec quatre points :

-Organisation défensive de Bizerte

-Organisation antiaérienne de Tunis

-Organisation défensive du Sud-Tunisien

-Organisation de barrages défensifs

La priorité est donné à Bizerte dont l’emplacement stratégique en fait une cible naturelle pour les italiens qui pourraient être tentés d’y mener un raid amphibie pour s’emparer ou au moins neutraliser la base, opération qui rappelerait les «descentes» du temps de la marine à voile.

Secteur Fortifié de Bizerte : organisation et équipement

Position de Remel-Menzel-Djemil

Cette position couvre l’isthme séparant le lac de Bizerte et la mer à l’est de la ville de Bizerte. Elle dispose pour cela des constructions suivantes :

-Quatre blockhaus armés de deux mitrailleuses

-Trois blockhaus armés de deux fusils-mitrailleurs

-Un observatoire

-Trois abris

-Les deux points forts de cette position sont representés par les blockhaus de Zarzouna et de Reme qui disposent de trois mitrailleuses dont une sous coupole pour le tir frontal et de deux FM.

-Entre 1944 et 1948, la MOM réalisé quatre blockhaus plus spécifiquement orientés antichars avec un créneau muni d’un canon de 47mm modèle 1937, un créneau disposant de deux mitrailleuses et une cloche GFM.

Canon de 47mm modèle 1937

Canon de 47mm modèle 1937 utilisé également sous casemate pour la défense antichar

Position de l’Oued Gareck

Cette position défend l’accès oriental à Ferryville et dispose pour cela des ouvrages suivants :

-Sept blockhaus armés de deux mitrailleuses

-Un blockhaus armé d’une mitrailleuse et d’un fusil-mitrailleur

-En 1944, deux blockhaus antichars semblables à ceux décrits plus hauts sont construits.

Position de Metline-Zebib

Cette position est situé sur le cap Zebib couvre à l’est la position de Remel-Menzel-Djemil avec pour cela sept blockhaus, cinq étant armés de deux mitrailleuses, un étant armé d’une mitrailleuse et d’un FM et le dernier étant muni de deux mitrailleuses et d’un FM.

On trouve également un poste de commandement, un observatoire mais surtout le blockhaus de Béni-Ata disposant de cinq mitrailleuses dont une sous coupole pour le tir frontal.

En 1945, trois blockhaus antichars (un créneau AC/47, un créneau JM à deux mitrailleuses et une cloche GFM) sont construits

Place de Bizerte

Sous-secteur Est

Le môle de résistance du Djebel Hakima-Djerissa situé à trois kilomètres au NE d’El Atia dispose de cinq blockhaus armés de deux mitrailleuses, quatre blockhaus armés de trois FM, trois blockhaus disposant d’une unique mitrailleuse, trois postes de commandement et deux observatoires.

Le môle de résistance du Djebel Touiba-Kechabta dispose de cinq blockhaus armés de deux mitrailleuses dont deux équipés d’un observatoire ainsi que deux postes de commandement.

Canon antichar de 47mm en position. Le canon est mobile, pouvant être remplacé si nécessaire par un JM

Canon antichar de 47mm en position. Le canon est mobile, pouvant être remplacé si nécessaire par un JM

-Quatre blockhaus antichars (un créneau AC/47, un créneau JM à deux mitrailleuses et une cloche GFM) sont construits entre 1944 et 1946, deux au niveau du mole et deux au niveau du village d’El Alia.

Sous-secteur Ouest

Le môle de résistance du Djebel Soumeur et de l’oued Damous est composé d’un blockhaus armé de quatre mitrailleuses, de trois blockhaus disposant de deux mitrailleuses et de deux FM, trois disposant de deux mitrailleuses et d’un fusil-mitrailleur, de deux blockhaus disposant d’une mitrailleuse sous coupole de tir frontal, un poste de commandement et un observatoire.

Les deux gros morceaux sont cependant les ouvrages de Sidi Salem et de Bir Kerba armés pour le premier de trois mitrailleuses (dont une en coupole de tir frontal) et d’un FM et le second de trois mitrailleuses (dont une en coupole de tir frontal) et de deux FM.

Le Mole de Cheniti-Ouitina est réalisé seulement en 1946 avec trois blockhaus disposant de deux mitrailleuses et d’un FM et un blockhaus antichar (un créneau AC/47, un créneau JM à deux mitrailleuses et une cloche GFM)

Sous-secteur Sud :

Le mole de Dekounia-Berna est construit seulement en 1945 avec quatre blockhaus disposant de deux mitrailleuses et d’un FM et un blockhaus antichar (un créneau AC/47, un créneau JM à deux mitrailleuses et une cloche GFM).

Les barrages défensifs

Le projet approuvé en janvier 1931 et se limite au stockage du matériel destiné à la réalisation de défenses pour barrer la route de Bizerte à des forces ennemies ayant débarqué dans le Golfe de Tunis et pour barrer la route de Tunis à des forces ayant débarqué dans le golfe d’Hammamet.

Golfe de Tunis-Sousse

sous-secteur de Tunis : Neuf points d’appui sont construits pour protéger Tunis, points d’appui armés de canons antichars de 25 et de 47mm ainsi que de mitrailleuses :

PA 1 et 2 : un canon de 47mm et un groupe de mitrailleuses

PA 4 : un canon de 47mm et deux groupes de mitrailleuses

PA 6 : deux canons de 47mm et un groupe de mitrailleuses

PA7 et PA 8: deux canons de 47mm et deux groupes de mitrailleuses

PA 9 : deux canons de 47mm et trois groupes de mitrailleuses

PA 5 : un canon de 25mm et un groupe de mitrailleuses

PA 3 : deux groupes de mitrailleuses

sous-secteur d’Hammamet : cinq points d’appuis armés de groupes de mitrailleuses ainsi que quatre groupes équipés chacun d’un canon de 75mm, canons mis en oeuvre par la 2ème batterie du 162ème régiment d’artillerie d’Afrique (162ème RAA)

sous-secteur de Sousse : cinq points d’appui équipés de mitrailleuses et une section équipée de deux canons de 75mm (2ème batterie 162ème RAA)

La défense de Sfax

Elle est assurée par huit points d’appui équipés de groupes de mitrailleuses et par des positions d’artillerie, des canons de 75mm de la 3ème batterie du 162ème RAA et par la batterie mobile de marine équipée de Schneider 155L.

La défense de Gabès et la ligne Mareth

Défense de Gabès

Elle est assurée par une ceinture fortifiée entourée la ville avec dix blockhaus équipés de mitrailleuses (un créneau JM et une cloche GFM), un observatoire et ultérieurement, quatre blockhaus destinés à la lutte antichar avec un créneau AC 47, un créneau JM et une cloche GFM.

La ligne Mareth

La Ligne Mareth n’à qu’à une apparence lointaine avec la ligne Maginot. On dénombre deux lignes avec une Ligne Principale de Résistance (LPR) disposant d’ouvrages numérotés P1 à P28 et une Ligne d’arrêt disposant d’ouvrages numérotés A1 à A20 avec un A12bis.

L’ensemble représente 45 blockhaus d’infanterie (quarante dans la plaine et cinq dans la partie montagneuse), 28 postes de commandement (vingt-six dans la plaine et deux en montagne) et huit casemates à canon. L’armement antichar est assuré par des canons de 75mm ou de 47mm de marine soit sous des emplacements bétonnés (27) ou dans des emplacements à ciel ouvert.

Les points d’appui disposent de deux types d’équipement avec d’abord le matériel de position avec des fusils-mitrailleurs modèle 1924 modifié 29, la mitrailleuse Hotchkiss de 8mm modèle 1914, le canon de 47mm de marine modèle 1885 ou 1902, le canon de 47mm modèle 1937, le canon de 75mm modèle 1897, le canon de 80mm modèle 1877, le canon de 90M modèle 1916 et le canon de 75mm sous tourelle C2 et ensuite le matériel mobile à savoir des canons de 25mm antichar modèle 1934, le canon de 37TR modèle 1916 et le 47mm modèle 1937.

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23-Armée de terre Ligne Maginot (32)

Secteur Fortifié du Bas-Rhin

Casemate du Rhin avec sa cloche GFM

Casemate du Rhin avec sa cloche GFM

La défense du Rhin valorise une zone de défense particulièrement propice avec un fleuve large d’environ 200m, des marigots et des bras morts, des forêts, milieu humide favorisé par des crues régulières. De plus à trois ou quatre kilomètres du fleuve, on trouve du canal du Rhône au Rhin, le fleuve en lui même étant franchit par seize ponts et dix-sept bacs.

Ce milieu favorable à la défense est cependant contrarié par le statut international du fleuve, le projet de canal d’Alsace (début des travaux en 1928) sans oublier les servitudes des traités de 1815 qui frappent la zone frontière autour de Bâle (voir le SF de Mulhouse).

Deux conceptions vont s’opposer : une défense sur les digues du Rhin et une défense en arrière de la forêt du Rhin, deux conceptions jamais réellement tranchées. Seul point d’accord entre les deux écoles : il faut réaliser ces défenses en fortification permanente et non durant une période de tension.

L’organisation défensive du Rhin est intégrée à la loi-programme de 1929 bien que le CORF ne fasse que reprendre à son compte les projets initiés par les chefferies du génie de Strasbourg et de Mulhouse (direction du génie de Belfort).

La défense de la plaine d’Alsace repose sur trois lignes de défense plus ou moins complètes à base d’organes standard, sans étage inférieur en raison de la faible profondeur où se trouve la nappe phréatique.

Sur le fleuve même, les berges sont tenues par une 1ère ligne discontinue de petits casemates (300 à 450 m²), sans sous-sol vulnérables au feu ennemi et aux inondations du fleuve. Ces casemates de mitrailleuses doivent interdire le franchissement du fleuve. La forêt du Rhin étant assez touffue, ces casemates ne défendent que les pénétrantes. A quelques exceptions prêts, ces casemates sont armés de jumelages Reibel et de la mitrailleuse de 13.2mm.

Blockhaus Garchery

Blockhaus Garchery

En raison du caractère discontinu de cette 1ère ligne, le général Garchery alors inspecteur de la 7ème région militaire prescrit la construction d’une série de blocs doubles d’un type particulier appelés Blocs G ou Blocs Garchery sur le bord même du fleuve tous les 800 à 1000m. Ces blocs sont armés d’un FM ou d’une mitrailleuse de 8mm puis de 7.5mm. La 20ème Région Militaire à aussi complété les ouvrages CORF par des blocs de différents types et en barrant les ponts par des obstacles De Cointet.

A moins d’un kilomètre en retrait, court la 2ème ligne appelée également «ligne de soutien» ou «ligne des abris», comportant un certain nombre d’organisations légères (abris type rectangulaire avec ou sans cloche) et trois casemates notamment sur les axes de pénétration depuis le fleuve. Cette ligne n’à pas de vrai valeur défensive et n’est destinée qu’à abriter les troupes de contre-attaque.

Au delà de la seconde ligne, s’étend la forêt du Rhin qui est en fait une zone marécageuse peu praticable de deux ou trois kilomètres de large. Au débouché de cette forêt, le long de la digue des hautes eaux, à été construite à partir de 1935, une ligne de petits blocs MOM de formes diverses qui constitue une défense intermédiaire entre les organisations de défense des berges et la LPR établie sur la ligne des villages. On trouve quelques cuves pour canons antichars et d’autres pour mortiers.

A deux ou trois kilomètres du fleuve, on trouve la 3ème ligne ou «ligne des villages» qui s’établit le long de la route reliant les villages qui se suivent le long du fleuve.

Les casemates type SFBR (Secteur Fortifié du Bas Rhin) sont des ouvrages plus lourds, plus grands (1000 mètres cubes), généralement identiques à savoir doubles avec une cloche GFM et parfois une cloche de mitrailleuse à action frontale. Cette ligne puissante manque cependant d’artillerie, les quelques casemate d’artillerie conçus pour accueillir des pièces de campagnes ne remplaçant pas de véritables ouvrages d’artillerie.

Le Secteur Fortifié du Bas-Rhin intègre également la défense de Strasbourg, défense basée sur deux casemates de berge, douze casemates, deux observatoires et l’obturation des ponts de Kehl (projet du 10 mars 1931) ainsi que par différents ouvrages type MOM en périphérie de l’agglomération.

Plus au sud, les défenses sont particulières faibles et ne sont pas renforcées avant le second conflit mondial, le terrain étant jugé peu propice à une exploitation rapide par l’ennemi.

Sur le plan de l’organisation, le SF du Bas Rhin dispose durant la guerre de Pologne de trois sous-secteurs chacun armés par un RIF, le sous-secteur d’Herllisheim défendu par le 70ème RIF, le sous-secteur de Strasbourg défendu par le 172ème RIF et le sous-secteur d’Erstein défendu par le 34ème RIF.

A cela s’ajoute les troupes de la Place de Strasbourg à savoir le 226ème RI de secteur fortifié qui reste mobilisé à Strabourg et le 226ème régiment régional qui lui aussi est pérennisé mais déployé en remplacement du 34ème RIF, un régiment de mobilisation dissous, le rôle du 226ème RR étant d’entretenir et d’assurer une défense d’urgence des ouvrages du secteur.

Sous-secteur d’Herllisheim (70ème RIF)

-Sur la 1ère ligne (casemates de berge), on trouve successivement du nord au sud, deux casemates simples type M1F armés d’un créneau JM/13.2, d’un créneau JM et d’une cloche GFM, de deux casemates double type M2F disposant de deux créneaux JM/13.2, de deux créneaux JM et d’une cloche GFM et de deux casemates simples type M1F armés d’un créneau JM/13.2, d’un créneau JM et d’une cloche GFM.

-Sur la 2ème ligne dite ligne des abris on trouve dans ce sous-secteur, un abri A2 Cl défendu par une cloche GFM et deux abris A1 Cl eux aussi défendus par une cloche FM.

-Sur la 3ème ligne dite ligne des villages on trouve cinq casemates doubles type SFBR disposant de deux créneaux JM/AC 47, deux créneaux JM et une cloche GFM.

Sous-secteur de Strasbourg (172ème RIF)

Le 172ème RIF dispose de deux CEC (Compagnies d’Equipage de Casemates), les 3ème et 4ème CEC qui se répartissent l’armement des ouvrages de la façon suivante :

-La 3ème CEC dispose de sept ouvrages CORF et d’un ouvrage STG. On trouve successivement du nord au sud cinq casemates doubles type M2F armés de deux créneaux JM/13.2, deux créneaux JM et une cloche GFM, un blockhaus de défense des ponts type STG et deux autres casemates doubles type M2F armés de deux créneaux JM/13.2, deux créneaux JM et une cloche GFM.

-La 4ème CEC dispose de deux casemates doubles armés de deux créneaux JM/13.2, deux créneaux JM et une cloche GFM, une casemate simple type M1F armé d’un créneau JM/13.2, un créneau JM et une cloche GFM, deux casemates doubles armé de deux créneaux JM/13.2, deux créneaux JM et une cloche GFM, deux casemates simples type M1F armé d’un créneau JM/13.2, un créneau JM et une cloche GFM pour défendre la 1ère ligne alors que la 3ème ligne dispose de deux casemates CORF double armées de deux créneaux JM/AC 47, deux créneaux JM et une cloche GFM.

Sous-secteur d’Erstein (34ème RIF)

Le 34ème RIF dispose d’une 5ème CEC avec sur la 1ère ligne deux casemates simples type M1F armé d’un créneau JM/13.2, un créneau JM et une cloche GFM et une casemate simple type M2F avec deux créneaux JM/13.2, deux créneaux JM et une cloche GFM, sur la 2ème ligne avec deux abris A1 Cl défendus par une cloche GFM et sur la 3ème ligne de trois casemates CORF double armées de deux créneaux JM/AC 47, deux créneaux JM et une cloche GFM.

La 6ème CEC dispose sur la 1ère ligne d’une casemate simple type M2F avec deux créneaux JM/13.2, deux créneaux JM et une cloche GFM, d’un abri de type A1 cl défendu par un GFM et une une casemate simple type M2F avec deux créneaux JM/13.2, deux créneaux JM et une cloche GFM, aucun abri sur la 2ème ligne et sur la 3ème ligne deux casemates CORF double armées de deux créneaux JM/AC 47, deux créneaux JM et une cloche GFM et quatre casemates CORF double armées de deux créneaux JM/AC 47, deux créneaux JM, d’une cloche M et d’une cloche GFM.

23-Armée de terre Ligne Maginot (27)

Secteur Fortifié de Faulquemont

Ce secteur fortifié qui s’étend du bois de Coume au village du Tetting (un temps une partie du SF Sarre fût intégré à ce Secteur Fortifié) est destiné à protéger Metz, les industries et le bassin houiller lorrain si important pour l’économie de guerre. En dépit de cette importance, les ouvrages du secteur sont loin d’être les plus puissants de la ligne, manquant notamment d’artillerie.
Pour défendre ce se secteur, on trouve notamment deux régiments d’infanterie de forteresse, les 146ème et 156ème RIF mais  le second mobilisé en septembre 1939 ne survit à la démobilisation de l’automne 1940. Ce SF est divisé entre le sous-secteur de Steinbesch et le sous-secteur du Bois-des-Chênes.

Sous-secteur de Steinbesch

-L’ouvrage du Kerfent est en septembre 1939 un ouvrage d’infanterie à quatre blocs qui dispose donc d’un Bloc 1 armé d’une tourelle de mitrailleuses et d’une cloche GFM, d’un bloc 2 (Entrée + casemate d’infanterie flanquant vers le sud) disposant d’un créneau JM/AC 47, d’un créneau JM, deux cloches GFM et d’une cloche LG; d’un Bloc 3 (Casemate d’infanterie flanquant vers le sud) armée d’un créneau JM/AC 47, d’un créneau JM et de deux cloches GFM alors que le Bloc 4 est un observatoire disposant d’une cloche obs./VP et de deux cloches GFM.

Cloche GFM en position

Cloche GFM en position

Cet ouvrage aurait du être la partie «infanterie» d’un ouvrage d’artillerie qui aurait du compter une EM, une EH, deux casemates de trois 75, une tourelle de 81mm, une tourelle de 135mm, une tourelle de 75/33 et quatre coffres.

Finalement sous l’impulsion de la CEZF vont être réalisés deux petits casemates d’artillerie disposant chacun de deux canons de 75mm de campagne adaptés au tir sous ouvrage avec chacun deux cloches GFM pour l’observation et la défense rapprochée.

-L’ouvrage du Bambesch est un ouvrage d’infanterie à trois blocs disposant donc d’un Bloc 1 armée d’une tourelle pour armes mixtes et d’une cloche GFM; d’un Bloc 2 (entrée +casemate d’infanterie flanquant vers le sud) avec un créneau JM/AC 47, un créneau JM, une cloche GFM et une cloche LG alors que le Bloc 3 est une entrée et une casemate d’infanterie flanquant vers le nord avec pour armement un créneau JM/AC 47, un créneau JM et deux cloches GFM. Il était prévu également un bloc 3 avec une tourelle de 81mm mais elle n’à pas été réalisée.

Canon antichar de 47mm en position. Le canon est mobile, pouvant être remplacé si nécessaire par un JM

Canon antichar de 47mm en position. Le canon est mobile, pouvant être remplacé si nécessaire par un JM

-Entre l’ouvrage du Bambesch et celui d’Enseling, on trouve une casemate d’artillerie pour deux canons de 75mm type RFM, deux casemates cuirassées (deux cloches M, une cloche GFM A mod. B pour la première, une cloche M, une cloche GFM A mod B et une cloche GFM type A pour l’autre) et une casemate simple flanquant vers le nord avec un créneau JM/AC 47, un créneau JM et une cloche GFM A mod. B.

-L’ouvrage d’Enseling est un ouvrage d’infanterie monobloc disposant d’un créneau JM/AC 47, d’une cloche M. mod. AM, d’une cloche M et de deux cloches GFM type A mod. B. N’ont pas été construits une entrée et une tourelle de 81mm.

-Entre Enseling et Laudrefang, on trouve deux casemates cuirassées disposant d’une cloche M ou d’une cloche M mod. AM, de deux cloches GFM ou d’une cloche GFM type A mod. B. On trouve également une casemate simple flanquant vers le sud armée d’un créneau JM/AC 47, d’un créneau JM et et d’une cloche GFM type A et une casemate d’artillerie pour deux canons de 75mm type RFM.

-L’ouvrage du Laudrefang est un ouvrage mixte à quatre blocs, le Bloc 1 est une casemate mixte avec une chambre de tir d’infanterie (un créneau JM/AC 47 et un créneau JM), une chambre de tir mortiers (deux créneaux pour mortiers de 81mm en sous-sol) et une entrée défendue par deux cloches GFM type A mod.B.

Le Bloc 2 dispose lui d’une tourelle de mitrailleuses et d’une cloche GFM alors que le Bloc 3 dispose d’une chambre de tir d’infanterie (un créneau JM/AC 47 et un créneau JM), une chambre de tir mortiers (deux créneaux pour mortiers de 81mm en sous-sol flanquant vers le sud), une tourelle de mitrailleuses et deux cloches GFM.

Le Bloc 4 est une casemate d’infanterie disposant de deux cloches GFM et d’une cloche LG alors que le Bloc 5 est un observatoire disposant d’une cloche obs./VDP et d’une cloche GFM.

Le PO du Laudrefang aurait du être un ouvrage d’artillerie à quatorze blocs mais les ouvrages correspondants n’ont pas été réalisés à la différence de la galerie de liaison entre le bloc 3 et le reste de l’ouvrage ainsi que d’une entrée défendue par une cloche GFM type C et un créneau JM/AC 47.

Sous-secteur du Bois-des-Chênes

Cloche pour Arme Mixte

Cloche pour Arme Mixte

-Casemate cuirassée équipée d’une cloche M, d’une cloche M modifiée AM et d’une cloche GFM

-Casemate cuirassée équipée d’une cloche M modifiée AM, une cloche GFM type A et une cloche GFM type A modifiée en B

-L’ouvrage du Téting est un ouvrage d’infanterie à trois blocs. Le Bloc 1 (non relié au reste de l’ouvrage) est une casemate cuirassée armée de deux cloches M. mod AM et une cloche GFM alors que le Bloc 2 dispose d’une tourelle de mitrailleuses transformée en armes mixtes, une cloche GFM type A modifiée en B et une cloche LG et que le Bloc 3 combine une entrée et une casemate d’infanterie ce qui lui donne pour armement un créneau JM/AC 47, un créneau JM et deux cloches GFM . Il aurait du également recevoir une tourelle de 81mm et une entrée séparée mais les travaux n’ont pas été réalisés.

-On trouve également au Téting une casemate d’artillerie pour deux canons de 75mm type RFM.

-Des organisations de campagne ont également été construites : trente-trois blockhaus pour mitrailleuses et canons antichars (16 modèle 1935 et 17 modèle 1936, quatre casemates Pamart, sept cuves pour canons de 65mm, trente-quatre tourelles démontables (vingt-deux pour mitrailleuses et douze pour canons de 25mm), huit boucliers pour canon de 25mm, environ quarante PC et huit observatoires.

 

Casemate Pamart

Casemate Pamart

23-Armée de terre Ligne Maginot (16)

L’organisation de la frontière nord

-La 1ère région militaire (Lille) va être particulièrement prolixe, volubile, expansive dans la conception de fortifications de campagne en développant une gamme complète d’abris de tir et de blocs adaptés à toutes les configurations.

On trouve ainsi des abris de tir (type A et B pour une mitrailleuse et deux FM, N1 et N2 pour une mitrailleuse ou un canon antichar avec une précision sur l’emplacement des armes : d pour droite g pour gauche et f pour frontal)

On trouve également des blocs (type A pour une mitrailleuse ou un antichar, type B pour une mitrailleuse ou un antichar, type D [a,b,c et d] pour une mitrailleuse, un canon antichar et deux FM, type Ds [d ou g] pour une mitrailleuse, un canon antichar et trois fusils mitrailleurs, type G (1,2 et 3) pour une mitrailleuse, un antichar et quatre FM, type Gs [d ou g] pour une mitrailleuse ou un canon antichar, un type E2, un type H, un type M1 pour deux à cinq FM, des type S (1 2 3 4) spéciaux.

On trouve enfin des observatoires type O1 O2 O3 et O4

-La 2ème région militaire (Amiens) va faire réaliser le long de la Meuse et de la Chiers une série de petits blocs moins bien conçus que ceux de la 1ère RM, des petits blocs ou des abris pour canons antichars et mitrailleuses.

-La 20ème région militaire (Nancy) fait réaliser une coupole bétonnée pour une ou deux mitrailleuses connue sous le nom de «Coupole d’Haguenau», de nombreuses cuves bétonnées pour canons de 47 et de 65mm et de points d’appui comportant plusieurs petits blocs ou plate-formes de tir (27 points d’appui pour 120 petits blocs).

Blockhaus Garchery

Blockhaus Garchery

-La 7ème région militaire (Besançon) va elle aussi mettre au point une série d’ouvrages passés à la postérité sous le nom de «Blockhaus Garchery» (ou type G). Le général Garchery s’attache à renforcer la défense du Rhin en faisant réaliser à partir de 1938 des blockhaus équipés de mitrailleuses ou de FM, installés tous les 1000m environ.

On note également la présence de blockhaus de digue, petits blocs implantés le long de la digue d’inondation au débouchés de la forêt du Rhin, des coupoles pour mitrailleuse, desabris, des PC ainsi que des points d’appui composés de plusieurs petits blocs.

Blockhaus type STG (Service Technique du Génie)

Blockhaus type STG (Service Technique du Génie)

A partir de 1937, la Section Technique du Génie (STG) reprend les choses en main en diffusant des modèles de blockhaus standard appelés Blockhaus STG construits dans le cadre du programme Prételat.

Ces blockhaus sont des unités assez imposantes (environ 600 m²) comportant pour chaque chambre de tir, deux créneaux en échelons refusés (un pour canon antichar de 25 ou de 47mm et une pour mitrailleuse). Entre 1937 et 1939, différentes versions de ces blockhaus sont construits :

-Blockhaus type STG A (double)

-Blockhaus type STG A 1 (double avec cloche)

-Blockhaus type STG B (blockhaus simple)

-Blockhaus type STG B 1 (blockhaus simple avec cloche)

En septembre 1936, Edouard Daladier alors ministre de la Défense Nationale et de la Guerre émet une circulaire dont il ressort deux idées précises : l’amélioration du front des Flandres et le verrouillage de la Haute Alsace pour éviter qu’une invasion allemande par la Suisse ne prenne à revers les fortifications CORF. La priorité donnée à la Haute Alsace sera telle que dès 1939, les 32 blockhaus STG prévus seront achevés alors qu’il faudra attendre le printemps 1941 dans les autres régions.

Le Service Technique du Génie (STG) va aussi mettre au point des casemates d’artillerie et ce à partir de 1937. Comme les casemates d’artillerie décrits plus haut, ils sont destinés à abriter des canons de 75mm mais cette fois, les vénérables modèle 1897 ont cédés la place à un canon de 75mm modèle 1897 modifié 33 en réalité un bon vieux «75» dont l’affût d’origine à été remplaé par celui de l’obusier de 105mm modèle 1935. Ce canon à l’origine prévu pour les DIM ayant été reversé à la fortifications car non satisfaisant.

Canon de 75mm modèle 1897 modifié 1933. Insatisfaisant pour le service campagne, il fût relégué sur la Ligne Maginot

Canon de 75mm modèle 1897 modifié 1933. Insatisfaisant pour le service campagne, il fût relégué sur la Ligne Maginot

Ce casemate sera réalisé en deux versions (dont un exemplaire unique à cloche GFM), une version à deux pièces (neuf casemates) et une version à une pièce (dix casemates).

D’autres blocs vont être réalisés comme les neuf casemates Pamart équipés de cloches Pamart de récupération (deux dans le SF de Crusnes, une dans le SF Boulay, deux dans le SD d’Altkirch et quatre dans le SF Faulquemont)

D’autres observatoires vont être équipés de cloches Digoin et un autre recevra l’unique cloche type Héronfontaine.

D’autres constructions vont être réalisés en avant de la Ligne Principale de Résistance, les maisons fortes pour GRM, les maisons fortes des Ardennes et les avant-postes d’Alsace.

-Les Maisons Fortes pour GRM (Gardes Républicains Mobiles) ont été construits à partir de 1935 sur la majorité des axes venant de la frontière allemande voir du Luxembourg.

Ces maisons ne sont pas destinées à servir de position de résistance prolongée mais doivent abriter une petite garnison destinée à faire jouer les destructions (ponts, routes…) et à servir de sonnette.

Ces maisons fortes se composent d’un local habitation accompagné d’un ou deux blockhaus, d’une barrière et d’un dispositif de mines. Ces maisons fortes sont essentiellement armées de mitrailleuses avec ultérieurement le renfort de grenades VB et d’un canon de 37mm.

-Les Maisons Fortes des Ardennes sont semblables aux précédentes. Leur construction est plus tardive (1937-38) et leur forme différente, le local d’habitation surmontant le blockhaus ce qui peut constituer un camouflage. Elles sont armées de canons antichars, de mitrailleuses et de fusils-mitrailleurs fournis par les troupes d’intervalles. Vingt-deux maisons fortes de ce type ont été construites.

-Les Avant-postes d’Alsace se repartissent en deux catégories : de véritables avant poste au nombre de vingt-six et trente-quatre maisons fortes semblables à celles des Ardennes construites _ironie de l’histoire_ sur un tracé épousant assez largement le tracé initial proposé en 1926 par la CORF.