24-Armée de l’air (47)

Commandement Territorial (C Ter)

Escadrilles Régionales de Chasse

Comme leur nom l’indique, les Escadrilles Régionales de Chasse (ERC) ont un rôle local de défense des grandes villes et des sites stratégiques comme les grands ports et les industries d’armement.

Si pendant longtemps, les ERC n’étaient équipés que d’avions dépassés, bien en peine de mener à bien des missions, ce n’est plus le cas en septembre 1948.

-Signe de son importance, ce sont pas moins de quatre ERC qui assurent la couverture aérienne de la capitale à la fois en raison de la présence du pouvoir politique mais également en raison des nombreuses industries aéronautiques, automobiles et militaires concentrées à Paris et autour de la capitale.

Dewoitine D-551 encore non peint

Dewoitine D-551 encore non peint

L’ERC-500 stationnée sur la BA 107 de Villacoublay dispose de douze Dewoitine D-551, l’ERC-505 stationnée sur la BA 126 Coulommiers-Voisin dispose de douze Arsenal VG-36 tout comme l’ERC-507 qui est elle stationnée à Orly sur la BA-118. L’ERC-510 équipée de Bloch MB-157 couvre le nord-est de la région parisienne depuis la base aérienne 135 de Meaux-Esbly.
-L’ERC-501 équipée d’Arsenal VG-36 assure la couverture aérienne de l’estuaire de la Seine depuis la base aérienne 147 de Le Havre-Octeville.

-L’ERC 503 elle aussi équipée d’Arsenal VG-36 assure la défense de Strasbourg depuis la base aérienne 244 de Strasbourg-Etzinheim

-L’ERC-502 assure avec ses douze Dewoitine D-551 la couverture de l’estuaire de la Loire depuis la base aérienne 161 de Montoire de Bretagne.

A la mobilisation, un détachement de quatre appareils s’installe à Chateau-Bougon pour protéger l’usine de la SNCAO et les chantiers navals qui tournent à plein régime pour la défense nationale.

-L’ERC-504 assure avec ses douze Dewoitine D-551 la couverture de Marseille depuis la base aérienne de Marignane.

-L’ERC-506 et ses douze Dewoitine D-551 assurent la couverture de Lyon depuis la base de Lyon-Bron.

-L’ERC-508 et ses douze Bloch MB-157 assure depuis la base aérienne 124 de Cazaux la couverture de la région bordelaise qui comme la région nantaise dispose à la fois d’usines aéronautiques et de chantiers navals.

-L’ERC-509 stationnée à Toulouse-Francazal (BA-101) assure avec ses douze Arsenal VG-36 la couverture de la région toulousaine

-L’ERC-511 stationnée à Lezignan sur la BA-162 assure avec ses douze Arsenal VG-36 la couverture de la région de Montpelier, de Sète et de Port-Vendres contre d’hypothétiques menaces espagnoles et italiennes.

Quatre Escadrilles Régionales de Chasse sont également déployées en Afrique du Nord, les ERC-512 et 514 basées respectivement à Marrakech (BA 207) et Meknès (BA 206) ainsi que les ERC-513 et 515 basées respectivement à Blida (BA 201) et Alger (BA 203), ces quatre ERC étant équipées d’Arsenal VG-39.

Le Groupe Régional de Chasse de Corse dispose lui de quatre escadrilles de neuf appareils équipées de Dewoitine D-520. Le GC I/13 est déployée à Solenzara (deux escadrilles) et Campo del Oro près d’Ajaccio (deux escadrilles)

Défense Antiaérienne du Territoire

La Défense Antiaérienne du Territoire (DAT) placée sous le commandement territorial est chargée de la défense des grandes villes et des points sensibles du territoires : grandes villes, ports, industries stratégiques à l’aide de batteries fixes et des batteries mobiles formant des colonnes mobiles antiaériennes qui se déplacent sur route et éventuellement sur chemin de fer, des batteries mobiles sur voie ferrée ont été étudiées avant guerre mais sans réalisation concrète.

Après la mobilisation qui lui permet d’augmenter ses moyens, la Défense Antiaérienne du Territoire (DAT) aligne les moyens suivants :

canon de 75mm CA modèle 1932

canon de 75mm CA modèle 1932

-48 batteries antiaériennes légères équipées chacune de douze canons répartis équitablement entre des canons de 25mm et des canons de 40mm

-8 batteries de six canons de 40mm Bofors dont l’action est renforcée par les mitrailleuses de 20mm Oerlikon modèle 1939.

-24 batteries antiaériennes lourdes réparties entre douze batteries de douze canons de 75mm modèle 1936 et modèle 1936 modifié 1944 et douze batteries de neuf canons de 90mm modèle 1939.

-La défense rapprochée des pièces lourdes est assurée par des mitrailleuses de 13.2mm.

Les différentes batteries sont réparties de la façon suivante :

-Paris et région parisienne : six batteries légères de 40mm, quatre batteries légères de 25mm et quatre batteries légères de 37mm plus au niveau des batteries lourdes cinq batteries de 90mm soit un total de 36 canons de 40mm, 48 canons de 37mm, 48 canons de 25mm et 45 canons de 90mm soit un total respectable 177 pièces antiaériennes.

Si les canons de 90mm sont installés sur des batteries fixes, les pièces légères sont installées sur des emplacements préparés mais les pièces peuvent être redéployées ailleurs.

-Le Havre : deux batteries antiaériennes légères de 37mm et une batterie lourde de 75mm

-Rouen : une batterie de six canons de 40mm Bofors pour protéger le port à pétrole et une batterie lourde de 75mm

-Dunkerque : deux batteries antiaériennes légères de 25mm et une batterie lourde de 90mm

-Lille : quatre batteries antiaériennes légères de 25mm et une batterie lourde de 90mm

-Caen : deux batteries antiaériennes légères de 37mm

-Rennes : deux batteries antiaériennes légères de 37mm

-Nantes : quatre batteries antiaériennes légères de 37mm et deux batteries lourdes de 90mm

-Saint-Nazaire : deux batteries antiaériennes légères de 25mm et une batterie lourde de 75mm

-La Rochelle : deux batteries antiaériennes légères de 25mm

-Bordeaux : deux batteries antiaériennes légères de 25mm et deux batteries lourdes de 75mm

-Toulouse : deux batteries antiaériennes légères de 37mm

-Pau : une batterie antiaérienne légère de 25mm

-Marseille : deux batteries antiaériennes légères de 25mm et deux batteries lourdes de 90mm

-Port-Vendres : une batterie antiaérienne de 37mm et une batterie lourde de 75mm

-Ajaccio : une batterie antiaérienne de 37mm et une batterie lourde de 75mm

-Bastia : une batterie antiaérienne de 37mm et une batterie lourde de 75mm

-Nice : deux batteries antiaériennes de 25mm et une batterie lourde de 75mm
-Lyon : deux batteries antiaériennes de 25mm et une batterie lourde de 90mm

-Strasbourg : deux batteries antiaériennes légères (une de 25mm et une de 37mm) et une batterie lourde de 75mm

-Metz : deux batteries antiaériennes légères de 37mm et une batterie lourde de 75mm

-Nancy : deux batteries antiaériennes légères de 37mm et une batterie lourde de 75mm

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24-Armée de l’air (29)

L-Les équipements associés (1) : les pièces antiaériennes

Préambule

«Une marine sans ailes _c’est à dire sans bases_ appartient au passé». Cette phrase du théoricien naval américain Alfred Mahan peut très bien s’appliquer à l’armée de l’air qui à besoin d’installations bien aménagées pour mettre en oeuvre ses chasseurs, ses bombardiers et ses avions de reconnaissance même si en temps de guerre, la mise en oeuvre de terrains de dispersion oblige l’armée de l’air à en rabattre beaucoup sur la qualité.

Ces terrains doivent être protégés contre les raids aériens ennemis surtout que depuis la guerre de Pologne, l’armée de l’air à pu voir le processus opérationnel de la Luftwafe à savoir des raids aériens sur les aérodromes ennemis pour détruire le maximum d’avions au sol.

D’où la nécessite d’une DCA puissante pour rendre coûteux l’attaque des terrains par les bombardiers horizontaux et les bombardiers en piqué.

Cette DCA est intégrée au sein même du groupe de chasse, de bombardement et de reconnaissance avec une compagnie extérieure chargée de la défense du périmètre aussi bien contre les menaces terrestres que contre les menaces aériennes et une compagnie intérieure chargée de la défense des plots logistiques, de la tour de contrôle, des zones de stationnement des avions.

Quand plusieurs groupes partagent un même terrain, la DCA des différents groupes forme un groupement de marche sous l’autorité de l’officier spécialiste le plus ancien dans le grade le plus élevé. Quand un Groupe quitte le terrain, il récupère ses unités de DCA.

En ce qui concerne les unités de transport, on ne trouve qu’une compagnie et certaines unités déployées dans les colonies disposent de moins de pièces en raison d’une menace aérienne plus faible qu’en Europe ou en Afrique du Nord.

L’armée de l’air à aussi sous son contrôle la Défense Antiaérienne du Territoire (DAT) chargée de couvrir le territoire d’une toile infrachissable de canons antiaériens. Ca c’est dans la théorie, dans la pratique, les mailles sont nettement plus lâches, les batteries antiaériennes fixes et mobiles étant concentrées autour des sites stratégiques : grandes villes, industries stratégiques, ports majeurs…… .

Elle est organisée en Zones de Défense Antiaérienne dont le tracé est calqué sur celui des ZAM. Au niveau de chaque province, un district de défense antiaérienne regroupe les moyens avec des batteries fixes et mobiles.

En effet les ZDA ne sont que des organismes de commandement et de soutien, les moyens feu et de détection (projecteurs, radars, postes de guêts) et de défense passive (ballons) sont du ressort du DDA ou District de Défense Antiaérienne qui correspond à une des régions militaires de la ZDA.

Les DDA portent comme numéro celui de leur ZDA puis en fonction d’un ordre arbitraire le chiffre 1 et suivants.
Les 1ère, 2ème et 6ème ZDA disposent de plus de moyens en raison de menaces potentielles plus grandes que les 3ème, 4ème et 5ème ZDA (NdA plus de détails dans la partie P).

Pour ce qui est de l’Afrique du Nord et du Levant, il n’y à pas d’équivalent de DAT, la seule défense antiaérienne étant celle chargée de défendre les bases aériennes de l’armée de l’air en dépit de plusieurs projets d’unités coloniales de défense antiaérienne notamment pour l’Afrique du Nord, le Levant et l’Indochine plus menacées que l’AOF, les Antilles ou l’AEF.

Il faudra attendre le déclenchement du conflit pour que de véritables mesures soit prises notamment les premiers bombardements italiens sur la Tunisie et l’Algérie ainsi que des vols de reconnaissance japonais sur le nord de l’Indochine.

En ce qui concerne l’équipement, les unités de DCA partagent les mêmes pièces légères (canons de 25mm, de 37mm et de 40mm, mitrailleuses de 13.2 et de 20mm) mais les pièces lourdes sont du ressort de la DAT avec des canons de 75 et de 90mm, des projets de canons antiaériens d’un calibre plus élévé ayant été étudiés avant guerre mais non réalisés.

Mitrailleuses antiaériennes

Bien que rapidement dépassées en terme de portée, les mitrailleuses étaient toujours considérées comme des armes antiaériennes potentielles en septembre 1948. Leur importance avait décrue et l’époque où l’on pouvait imaginer un dispositif antiaérien entièrement composé de mitrailleuses (c’est-à-dire pour moi une armé d’un calibre égal ou inférieur à 20mm) appartenait au passé et désormais elles servaient à la défense rapprochée des pièces en cas d’attaques des batteries lourdes (75 et 90mm).

Dans cette catégorie, l’armée de l’air disposait d’une mitrailleuse de 13.2mm, la Hotchkiss modèle 1929 et une mitrailleuse de 20mm de la firme Oerlikon.

La première arme fût conçue comme mitrailleuse d’infanterie mais l’infanterie la refusa en raison d’une cartouche trop lourde vue comme une menace sur les troupes au sol lors de sa retombée au sol. Elle fût néanmoins fabriquée en série comme nous l’avons vu pour équiper certains casemates du Rhin ainsi que des véhicules légers. Elle fut également commandée par la DAT (Défense Antiaérienne du Territoire) qui dépendait à l’époque de l’armée de terre.

En juin 1940, deux-cent mitrailleuses furent commandées par l’armée de terre pour servir d’armes antiaériennes de l’arrière pour permettre aux état-majors et aux «plots» logistiques de se protéger des avions ennemis qui pourraient être tentés de frapper dans la profondeur. Ces armes livrées entre février et décembre 1941 furent suivies de trois centre-autres commandées en septembre 1944 et livrés entre juin 1945 et juillet 1946, toujours pour la même mission.

Quand à la DAT, elle disposait de 360 de ces armes réparties entre les différentes batteries à raison de six à neuf armes par batteries de 75 et de 90mm.

mitrailleuse de 13.2mm Hotchkiss en affût double

mitrailleuse de 13.2mm Hotchkiss en affût double

Caractéristiques Techniques de la Hotchkiss de 13.2mm

Calibre : 13.2mm Longueur du canon 1.67m Poids (non chargé) 37.5kg Portée : 2500m en tir horizontal 1600m en tir vertical Cadence de tir 450 coups/minute Alimentation : chargeurs de 30 coups pour le modèle 1929, alimentation par bandes de 150 coups pour les mitrailleuses sur véhicule blindé

La seconde mitrailleuse de la DAT est la mitrailleuse de 20mm Oerlikon modèle 1939, une arme acquise en raison des retards du programme de mitrailleuse antiaérienne et antichar de 9mm MAC 37, un programme qui fût finalement abandonné avant toute production en série.

La France passa commande en décembre 1939 de 1253 mitrailleuses antiaériennes de 20mm livrées entre janvier 1940 et septembre 1941 à la Défense Aérienne du Territoire, l’armée de terre ayant changé d’idée sur l’équipement de ces unités. Sur les 1253 armes commandées, seules 900 furent mises en ligne, les autres étant stockées.

Ces armes complétèrent l’équipement des batteries de 40mm équipées de Bofors et servirent également à la défense rapprochée des pièces lourdes de 75 et de 90mm.

mitrailleuse de 20mm Oerlikon

mitrailleuse de 20mm Oerlikon

Caractéristiques Techniques de la mitrailleuse antiaérienne de 20mm Oerlikon modèle 1939

Calibre : 20mm Longueur hors tout : 2.21m Poids de l’arme : 300kg Pointage en site : -10° à +75° Pointage en azimut : 360° Alimentation : boitiers-chargeurs de 20 cartouches Cadence de tir pratique : 280 coups/minute

Canon de 25mm Hotchkiss modèle 1940

Canon de 25mm antiaérien

Canon de 25mm antiaérien

Dès le milieu des années trente, l’armée de l’air s’inquieta de la défense de ses terrains et chercha une pièce moderne et performante pour empêcher les bombardiers ennemis de ravager ses terrains et de l’empêcher de mener à bien ses missions.

Elle sélectionna ainsi une pièce de 25mm fabriquée par la maison Hotchkiss (qui produisait également un canon antichar de même calibre mais tirant des projectiles différents) de Levallois en banlieue parisienne pour équier ses unités de DCA mais également à terme la DAT.

Bien qu’ayant choisit cette pièce en dernière, l’armée de terre (qui dans un premier temps avait fait confiance à un canon de 37mm de la firme Schneider) fût servie avant même l’armée de l’air qui du se battre également avec la marine pour obtenir suffisamment de pièces.

Les canons de 25mm utilisés par l’armée de l’air étaient regroupés en compagnies extérieures et intérieures intégrées aux Groupes qu’ils soient de chasse, de bombardement, de reconnaissance et de transport.

Les soixante-deux groupes de chasseurs déployés en Métropole et en Afrique du Nord disposent de deux compagnies de seize canons de 25mm et de huit canons de 37mm soit un total de quarante-huit par groupes et un total général de 2976 pièces.

Le Groupe Régional de Chasse déployée en Corse et les sept Groupes Coloniaux de Chasse disposent de deux compagnies de douze canons de 25mm et de quatre canons de 37mm soit un total de trente-deux canons par groupe et un total général de 256 pièces.

Les seize Escadrilles Régionales de Chasse et les quatre escadrilles coloniales indépendantes
disposent d’une section de huit canons de 25mm soit un total de 160 pièces.

Les quatre-vingt quatorze groupes de bombardement disposent de deux compagnies de seize canons de 25mm et de huit canons de 37mm soit un total de quarante-huit par groupes et un total général de 4512 pièces.

Les trois escadrilles indépendantes de bombardement disposent d’une section de six pièces de 25mm soit un total de dix-huit canons.

Les soixante-deux groupes de reconnaissance déployés en métropole disposent de deux compagnies de douze canons de 25mm et de six canons de 37mm soit un total de trente-six canons par groupe et un total général de 2232 canons.

Les neuf GCRO disposent d’une compagnie de seize canons de 25mm soit un total de 144 canons.

Les quatre GTM et les treize GTL disposent d’une compagnie de douze canons de 25mm soit un total de 204 canons.

Au total l’armée de l’air dispose de 10502 canons de 25mm en service au sein de ces groupes de combat et de soutien. Ces canons sont tractés à l’origine mais plus les années passent et pour rendre le train du groupe plus mobile, ces canons sont montés dans des affûts doubles sur plateau.

Quand à la DAT, elle dispose de 24 batteries de douze canons de 25mm soit un total de 288 pièces.

Caractéristiques Techniques du canon Hotchkiss modèle 1940

Calibre : 25mm Longueur du canon : 1.50m Poids en batterie : 850kg Poids du projectile : 0.290kg

Portée maximale théorique 7500m (pratique : 3000m) Cadence de tir : 350 coups/minute Alimentation : boitiers-chargeurs de quinze coups.

Canon de 37mm Schneider modèle 1941

Canon de 37mm Schneider modèle 1941

Canon de 37mm Schneider modèle 1941

Comme nous l’avons vu plus haut, le canon de 25mm proposé par la firme Hotchkiss avait été rejeté par l’armée de terre au profit d’un canon de 37mm proposé par la firme Schneider. Comme nombre de projets d’avant la guerre de Pologne, le dévellopement prit énormément de retard et n’était pas encore en service en septembre 1939.

En dépit des difficultés, le dévellopement du canon fût mené à bien, canon officiellement adopté en mars 1941 sous le nom de canon CA modèle 1941.

Comme pour son petit frère Hotchkiss, le canon de la firme Schneider fût sélectionné par l’armée de l’air pour la défense de ses terrains et par la marine nationale qui lassée d’attendre l’ACAD modèle 1935 décida de presser les choses en adoptant un canon complémentaire qui avait l’avantage d’être disponible rapidement et pouvant être embarqué sur les navires en affûts simples, doubles ou quadruples.

L’armée de l’air qui fût servit après l’armée de terre utilisa son canon aussi bien au sein des compagnies intérieures et extérieures des groupes de combat mais également au sein de la Défense Antiaérienne du Territoire (DAT).

Il était utilisé en affûts tractés ou portés voir pour certaines batteries de la DAT en batteries fixes pour protéger les sites stratégiques.

Les soixante-deux groupes de chasse disposent de deux compagnies antiaériennes qui alignent un total de seize canons de 37mm soit un total de 992 pièces.

Le Groupe Régional de Chasse déployé en Corse et les sept Groupes Coloniaux de Chasse disposent de deux compagnies avec un total de huit canons de 37mm soit un total de 64 pièces.
Les quatre-vingt quatorze groupes de bombardement disposent de deux compagnies totalisant seize canons de 37mm soit un total de 1504 pièces.

Les soixante-deux groupes de reconnaissance déployés en métropole disposent de deux compagnies totalisant douze canons de 37mm soit un total de 744 pièces.

La Défense Antiaérienne du Territoire (DAT) dispose de 24 batteries de douze pièces soit un total de 288 pièces.

L’armée de l’air dispose au total de 3304 pièces pour les compagnies pour les groupes et de 288 pièces pour la DAT soit un total de 3592 canons en affûts simples ou doubles.

Caractéristiques Techniques du Schneider modèle 1941

Calibre : 37mm Longueur du canon : 2.220m Poids en batterie 1340kg Portée maximale théorique 6800m (pratique 3000m) Cadence de tir théorique : 150 coups/minute Pointage : en azimut sur 360° et en site de -10° à +90° Alimentation : lame-chargeurs de 25 cartouches

Canon de 40mm Bofors CA modèle 1938 et 1940

Canon de 40mm Bofors

Canon de 40mm Bofors

En 1938, manquant de matériel antiaérien, la France passe commande de 21 canons Bofors de 40mm adoptés sous le nom de matériels de 40 CA modèle 1938. Avec quatre canons récupérés auprès de l’armée républicaine espagnole, cinq batteries de cinq pièces furent mises sur pied, l’activation d’une sixième batteries réduisant le parc à quatre pièces par batteries sauf une équipée de cinq canons.

La livraison d’autres canons fabriqués en France et baptisés matériels de 40 CA modèle 1940 permis au total de mettre sur pied huit batteries de six pièces soit un total de 48 canons en ligne et de 36 en réserve.

Ces batteries affectées à la Défense Antiérienne du Territoire (DAT) pour six d’entre-elles à Paris, un sur le port des pétroles à Rouen et un pour la région du Creusot.

Ces canons sont toujours en service en septembre 1948 et leur action est renforcée par les mitrailleuses de 20mm modèle 1939 fournis par Oerlikon.

Caractéristiques Techniques du canon de 40mm Bofors

Calibre : 40mm Poids total : 1981kg Poids de l’affût : 522kg Longueur du projectile : 21.9cm Elevation en site : -5° à +90° (55° par seconde) En azimut : 360° (50° par seconde) Cadence de tir : 120 coups/minute Portée maximale : 7160m

22-Armée de terre : armement et matériel (18)

F-Artillerie antiaérienne

Préambule

Dans le domaine militaire comme dans le règne animal, chaque proie à son prédateur et l’avion devenant un prédateur pour les troupes au sol, celles-ci se devaient de réagir, étant bien décidées à ne pas être des proies sans défense.

C’est l’acte de naissance de la défense contre-avions sous la forme de RDCA (régiments de défense contre-avions) qui dépendent de l’Aéronautique Militaire, une branche de l’armée de terre qui passent sous le contrôle de l’artillerie entre avril 1923 et janvier 1924.

Les armes utilisées était la mitrailleuse Hotchkiss de 8mm pour contrer les avions d’assaut allemands qui appuyèrent l’opération Michel d’avril 1918 en mitraillant les troupes au sol et comme nous sommes en France, le «75» fût le premier canon antiaérien français, sa cadence de tir elevée en faisant un canon antiaérien tout à fait correct surtout vis à vis des performances des avions de l’époque.

Durant l’entre-deux-guerre l’artillerie antiaérienne est négligée faute de budgets suffisants et faute également de volonté.

Il faut dire également qu’à l’époque, l’idée que l’aviation puisse par sa seule présence bouleversée le front est du domaine de l’irationnel, Douhet n’ayant guère fait école en France (confere la difficile gestation de l’armée de l’air et les difficultés de celle-ci de s’imposer).

Ce n’est qu’avec la guerre d’Espagne mais également la guerre de Pologne que l’armée de terre prend conscience de la nécessité de moderniser en profondeur son artillerie antiaérienne qui à désormais nettement plus de travail avec notamment la protection des DLM et des DC.

Comme ailleurs, la «Révolution villeneuvienne» est à l’oeuvre dans le domaine de la DCA. L’armée de terre se déleste de la Défense Antiaérienne du Territoire (DAT) confiée à l’armée de l’air pour se consacrer à la défense des unités de combat à l’aide de pièces légères de 25 et de 37mm, tractées ou automouvantes (qui ne seront pas abordées ici) destinées à repousser l’aviation d’assaut en attendant l’intervention de la chasse.

Sur le plan de l’organisation, chaque division d’infanterie (sauf les DIF et les DLI) dispose d’un bataillon antiaérien, les DIF ne disposant d’aucune unité antiaérienne, les DLI d’une compagnie. Les DC et les DLM disposent également d’un bataillon antiaérien mais également dans chaque brigade cuirassée ou légère mécanique d’un escadron antiaérien porté (qui ne seront pas étudiés ici).

A la mobilisation, des groupes antiaériens de campagne (GAAC) sont mis sur pied pour protéger les arrières des armées, huit GAAC disposant d’un état-major, d’une batterie hors rang et de quatre batteries, deux batteries équipées de canons de 75mm et deux batteries équipées de canons de 37mm Schneider, canons remorqués par des véhicules tout-terrains Laffly.

Mitrailleuses antiaériennes

Selon la directive du 27 septembre 1940 prise par le général Villeneuve, toutes les armes peuvent être utilisés dans la défense aérienne qu’il s’agisse du pistolet, du pistolet-mitrailleur ou du fusil avec naturellement une efficacité sujette à caution.

Les premières armes conçues pour la défense antiaérienne sont des mitrailleuses, mises au point à l’époque où les performances des avions sont suffisamment faibles pour qu’une arme de petit calibre puisse avoir une chance raisonnable de l’abattre. C’est du moins le cas sur le papier car dans la réalité, c’est autre chose……….. .

La première arme utilisée était la mitrailleuse Hotchkiss de 13.2mm, une arme qui comme la célèbre «Ma Deuce» américaine était issue du fusil antichar allemand Mauser Gewher T.

Cette arme fût conçue comme mitrailleuse d’infanterie mais l’infanterie la refusa en raison d’une cartouche trop lourde vue comme une menace sur les troupes au sol lors de sa retombée au sol.

Elle fût néanmoins fabriquée en série comme nous l’avons vu pour équiper certains casemates du Rhin ainsi que des véhicules légers. Elle fut également commandée par la DAT (Défense Aérienne du Territoire) qui dépendait à l’époque de l’armée de terre.

En juin 1940, deux-cent mitrailleuses furent commandées par l’armée de terre pour servir d’armes antiaériennes de l’arrière pour permettre aux état-majors et aux «plots» logistiques de se protéger des avions ennemis qui pourraient être tentés de frapper dans la profondeur.

Ces armes livrées entre février et décembre 1941 furent suivies de trois centre-autres commandées en septembre 1944 et livrés entre juin 1945 et juillet 1946, toujours pour la même mission.

Schéma du canon de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40

Schéma du canon de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40

mitrailleuse de 13.2mm mitrailleuse de 13.2mm

Caractéristiques Techniques de la Hotchkiss de 13.2mm

Calibre : 13.2mm Longueur du canon 1.67m Poids (non chargé) 37.5kg Portée : 2500m en tir horizontal 1600m en tir vertical Cadence de tir 450 coups/minute Alimentation : chargeurs de 30 coups pour le modèle 1929, alimentation par bandes de 150 coups pour les mitrailleuses sur véhicule blindé

D’autres armes automatiques étaient également utilisables pour le tir antiaérien comme le fusil mitrailleur Châtellerault modèle 1924-29 ainsi que la mitrailleuse MAC-34 de 7.5mm, tous les véhicules blindés recevant une mitrailleuse sur le toit de la tourelle pour leur offrir une défense antiaérienne à minima.

Mitrailleuse antiaérienne de 20mm Oerlikon modèle 1939

Suite aux retards dans le programme de la mitrailleuse MAC-37 de 9mm _finalement abandonné_, la France passa commande en décembre 1939 de 1253 mitrailleuses antiaériennes de 20mm livrées en janvier 1940 et septembre 1941 à la Défense Aérienne du Territoire, l’armée de terre ayant changé d’idée sur l’équipement de ces unités. Sur les 1253 armes commandées, seules 900 furent mises en ligne, les autres étant stockées.
Caractéristiques Techniques de la mitrailleuse antiaérienne de 20mm Oerlikon modèle 1939

Calibre : 20mm Longueur hors tout : 2.21m Poids de l’arme : 300kg Pointage en site : -10° à +75° Pointage en azimut : 360° Alimentation : boitiers-chargeurs de 20 cartouches Cadence de tir pratique : 280 coups/minute

Canon antiaériens de 25mm Hotchkiss modèle 1940

Schéma du canon de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40

Schéma du canon de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 sur affût marine

Préambule

Durant le premier conflit mondial, l’armée française avait utilisé comme armes antiaériennes, la mitrailleuse et l’universel canon de 75mm qui était décidément une arme pleine de ressources.

Durant l’entre-deux-guerre, la défense antiaérienne n’était guère une priorité et les régiments antiaériens utilisaient le canon de 75mm alors que ces performances contre les avions rapides pouvaient laisser à désirer.

Des canons antiaériens légers existaient pourtant comme le 25mm de la maison Hotchkiss mais l’armée de terre préféra dans un premier temps le canon de 37mm de la firme Schneider.

Ce dernier nécessitant une mise au point plus longue que prévue, l’armée de terre décida de commander le canon de la firme Hotchkiss qui produisait déjà une arme de même calibre mais pour la lutte antichar, une arme utilisant un projectile différent.

Adopté sous le nom de canon CA (Contre Avions) modèle 1940, il allait être utilisé massivement par l’armée de terre qui fût l’une des premières servies bien qu’elle soit la troisième à avoir choisit après l’armée de l’air pour la défense de ses terrains et la marine pour renforcer sa défense aérienne à la mer.

Il équipait en septembre 1939 des batteries autonomes de douze canons de 25mm, batteries distribuées en priorité aux DLM.

Suite à la «révolution villeneuvienne», la défense antiaérienne des unités de campagne va être nettement plus musclée avec pour les divisions d’infanterie, les divisions cuirassées et les divisions légères mécaniques un bataillon antiaérien avec un état-major, une batterie hors-rang et quatre batteries antiaériennes.

Si les DLM et les DC sont équipés de bataillons entièrement mécanisés, les DI qu’elles soient motorisés ou du type Nord-Est sont équipés d’une batterie motorisée et de trois batteries équipées de pièces tractées, à traction motorisée ou hippomobile puis entièrement motorisée.

Les DLI, les DIA et les DM disposent d’une simple compagnie antiaérienne avec un état-major, une section hors-rang et deux batteries de six canons de 25mm.

Les DLM et les DC sont également équipés d’escadrons antiaériens portés destinés à protéger les chars de l’aviation ennemie, des canons antiaériens de 25mm (ou de 37mm voir ci-après) montés soit sur des véhicules à roues tout terrain Laffly W15 ou sur des chassis chenillés identiques aux VBCP (Véhicules Blindés de Chasseurs Portés) soit le Lorraine 39L ou le Renault DAJ-1/VBCP-40.

Pour faciliter les livraisons, des commandes réduites mais régulières sont passées ce qui permettait au constructeur de mieux organiser la production.
Unités équipées

La priorité est naturellement donnée à la pointe de diamant de l’armée de terre, les DLM et les DC au nombre de huit courant 1941. Chacune de ces divisions «blindées mécanisées» dispose donc d’un bataillon antiaérien organisé en un état-major, une batterie hors-rang et quatre batteries antiaériennes dont trois équipées de canons d 25mm.

La 1ère batterie est équipée de douze canons de 25mm en six affûts doubles montés sur des véhicules tout-chemin alors que les 2ème et 3ème batteries sont équipés chacune de quatre véhicules chenillés munis d’un affût double soit au total 28 canons antiaériens de 25mm par bataillon antiaérien soit courant 1941 un total de 224 canons en ligne.

Suite à cet équipement, les DI et les DIM reçoivent enfin leurs canons pour s’équiper d’une DCA convenable.

Les sept DIM sont servies en priorité, les divisions d’infanterie disposant de douze canons portés en six affûts doubles (1ère batterie) et de deux batteries équipées chacune de douze canons de 25mm remorqués (2ème et 3ème batteries) soit un total de 36 canons ce qui donne pour les dix-sept divisions un total de six cent douze pièces.

La création des 5ème et 6ème DLM _la première par transformation d’une Division de Cavalerie et la deuxième par une création ex-nihilo_ permet la création de deux nouveaux bataillons antiaériens qui eux aussi disposent de vingt-huit canons antiaériens soit un total de 56 pièces.

C’est ensuite autour des trois Divisions d’Infanterie Alpine (DIAlp) de recevoir un bataillon antiaérien aussi fournit que les DI type Nord-Est et les DIM ce qui nécessita la livraison de 84 canons de 25mm supplémentaires, portant le total à 976 canons de 25mm en service.

Ce sont ensuite les quatre Divisions d’Infanterie Coloniale et les quatre Divisions d’Infanterie Nord-Africaine qui reçoivent leur bataillon antiaérien et leurs trente-six canons soit un total de 288 canons.

Comme nous l’avons vu la création de la 6ème DLM avait entraine la réorganisation sur ce modèle des cinq premières DLM avec l’activation de deux escadrons antiaériens portés intégrés aux BLM, les Divisions Cuirassés suivant le même processus avec un escadron antiaérien porté dans chacune des Brigades Blindées soit un total avant septembre 1947 de vingt escadrons antiaériens portés

Chaque escadron antiaérien porté disposant de vingt-quatre bitubes de 25mm, cela nécessite la commande de 960 canons ou plutôt de 480 affûts doubles montés soit un véhicules à roues (DLM) ou un véhicule chenillé (DC).

Au printemps 1947, ce sont donc pas moins de 2224 canons antiaériens de 25mm qui sont en service, un chiffre plus que respectable alors que les livraisons ont démarré il y à peine six ans soit environ trois cents pièces livrées par an.

Cela peut paraître peu mais il ne faut pas oublier que parallèlement ce canon à été livré à l’armée de l’air, à la marine ainsi qu’à des clients étrangers (Belgique, Pays Bas et Norvège notamment).

A cette date, les DIA et les DM commencent à recevoir leurs canons tout comme les DLI. Ces divisions disposent d’une simple compagnie antiaérienne avec un état-major, une section hors-rang et deux batteries de six canons de 25mm.

Les deux Divisions Marocaines et les huit Divisions d’Infanterie d’Afrique reçoivent en priorité ce canon antiaérien soit un total de 120 canons qui sont livrés entre mai et juillet 1947.

Les douze DLI suivent ensuite au détriment même des deux divisions cuirassées et des deux divisions légères mécaniques créées en septembre 1947. Bien entendu la situation aurait été différente si la guerre avait éclaté en septembre 1947 mais comme elle n’éclata qu’un an plus tard… .

Les DLI ont donc reçut un total de cent quarante-quatre canons de 25mm portant le total à 2488 pièces et ce n’était pas finit puisqu’il fallait équiper les bataillons antiaériens et les escadrons antiaériens portés de la 5ème Division Cuirassée, de la 6ème Division Cuirassée, de la 7ème Division Légère Mécanique et de la 8ème Division Légère Mécanique. Il fallait aussi équiper d’une batterie antiaérienne la 1ère et la 2ème DLC soit douze canons chacune.

Cela nécessitait pas moins de soixante-seize canons par division (plus vingt quatre pour les DLC) soit un total de trois centre-quatre pièces portant le total avant mobilisation à 2816 canons antiaériens de 25mm.

La production ne cessa pas pour autant car il fallait constituer des parcs de réserve _longtemps négligés pour équiper en priorité les unités en ligne_ et prévoir pour la mobilisation de quoi équiper les divisions d’infanterie de mobilisation, division devant recevoir dans un premier temps une compagnie antiaérienne en attendant mieux mais ceci est une autre histoire.

Caractéristiques Techniques du canon Hotchkiss modèle 1940

Calibre : 25mm Longueur du canon : 1.50m Poids en batterie : 850kg Poids du projectile : 0.290kgPortée maximale théorique 7500m (pratique : 3000m) Cadence de tir : 350 coups/minute Alimentation : boitiers-chargeurs de quinze coups.

Canons antiaériens de 37mm Schneider modèle 1941

Canon de 37mm Schneider modèle 1941

Canon de 37mm Schneider modèle 1941

Comme nous l’avons vu plus haut, le canon de 25mm proposé par la firme Hotchkiss avait été rejeté par l’armée de terre au profit d’un canon de 37mm proposé par la firme Schneider. Comme nombre de projets d’avant la guerre de Pologne, le dévellopement prit énormément de retard et n’était pas encore en service en septembre 1939.

En dépit des difficultés, le dévellopement du canon fût mené à bien, canon officiellement adopté en mars 1941 sous le nom de canon CA modèle 1941.

Comme pour son petit frère Hotchkiss, le canon de la firme Schneider fût sélectionné par l’armée de l’air pour la défense de ses terrains et par la marine nationale qui lassée d’attendre l’ACAD modèle 1935 décida de presser les choses en adoptant un canon complémentaire qui avait l’avantage d’être disponible rapidement et pouvant être embarqué sur les navires en affûts simples, doubles ou quadruples.

Au sein de l’armée de terre, ce canon équipait les bataillons antiaériens à raison d’une batterie de douze canons en six affûts doubles montés sur camions tout-terrain soit un total de trente-quatre batterie de douze canons soit un total de 408 canons montés en 204 affûts doubles.

Ces canons vont également équiper les Groupes Antiaériens de Campagne (GAAC). Mis sur pied à la mobilisation, ils sont chargés de protéger les arrières des armées.

Huit GAAC sont mis sur pied avec un état-major, une batterie hors rang et quatre batteries de tir dont deux équipées chacune de douze canons de 37mm remorqués par des véhicules tout-terrain Laffly, des essais de transport et de tir porté ayant eut lieu avec succès au moment de la mobilisation.

Au final donc, on trouve 600 canons en ligne, d’autres étant produits pour équiper les unités de mobilisation et pour pouvoir avoir une réserve mobilisable en cas de besoin.

Caractéristiques Techniques du Schneider modèle 1941

Calibre : 37mm Longueur du canon : 2.220m Poids en batterie 1340kg Portée maximale théorique 6800m (pratique 3000m) Cadence de tir théorique : 150 coups/minute Pointage : en azimut sur 360° et en site de -10° à +90° Alimentation : lame-chargeurs de 25 cartouches

Canon de 40mm Bofors

En 1938, manquant de matériel antiaérien, la France passe commande de 21 canons Bofors de 40mm adoptés sous le nom de matériels de 40 CA modèle 1938.

Avec quatre canons récupérés auprès de l’armée républicaine espagnole, cinq batteries de cinq pièces furent mises sur pied, l’activation d’une sixième batteries réduisant le parc à quatre pièces par batteries sauf une équipée de cinq canons.

La livraison d’autres canons fabriqués en France et baptisés (matériels de 40 CA modèle 1940) permis au total de mettre sur pied huit batteries de six pièces soit un total de 48 canons en ligne et de 36 en réserve.

Ces batteries affectées à la Défense Aérienne du Territoire (DAT) pour six d’entre-elles à Paris, un sur le port des pétroles à Rouen et un pour la région du Creusot.

Ces canons sont toujours en service en septembre 1948 et leur action est renforcée par les mitrailleuses de 20mm modèle 1939 fournis par Oerlikon.

Caractéristiques Techniques du canon de 40mm Bofors

Calibre : 40mm Poids total : 1981kg Poids de l’affût : 522kg Longueur du projectile : 21.9cm Elevation en site : -5° à +90° (55° par seconde) En azimut : 360° (50° par seconde) Cadence de tir : 120 coups/minute Portée maximale : 7160m

21-Armée de terre (72)

Les régiments d’artillerie de défense contre-avions (RADCA)

Canon de 37mm Schneider modèle 1941

Canon de 37mm Schneider modèle 1941

Dans le domaine militaire comme dans le règne animal, chaque proie à son prédateur et l’avion devenant un prédateur pour les troupes au sol, celles-ci se devaient de réagir, étant bien décidées à ne pas être des proies sans défense.

C’est l’acte de naissance de la défense contre-avions sous la forme de RADCA (régiments de défense contre-avions) qui dépendent de l’Aéronautique Militaire, une branche de l’armée de terre qui passent sous le contrôle de l’artillerie entre avril 1923 et janvier 1924.

Les armes utilisées était la mitrailleuse Hotchkiss de 8mm pour contrer les avions d’assaut allemands qui appuyèrent l’opération Michel d’avril 1918 en mitraillant les troupes au sol et comme nous sommes en France, le «75» fût le premier canon antiaérien français, sa cadence de tir élevée en faisant un canon antiaérien tout à fait correct surtout vis à vis des performances des avions de l’époque.

En août 1939, l’artillerie antiaérienne française aligne les régiments suivants :

-401ème régiment d’artillerie de défense contre-avions (401ème RADCA) intégré à la 31ème brigade de défense contre-avions.

-402ème régiment d’artillerie de défense contre-avions (402ème RADCA) intégré à la 32ème brigade de défense contre-avions

-403ème régiment d’artillerie de défense contre-avions (403ème RADCA) intégré à la 32ème brigade de défense contre-avions

-404ème régiment d’artillerie de défense contre-avions (404me RADCA) intégré à la 31ème brigade de défense contre-avions.

-405ème régiment d’artillerie de défense contre-avions (405ème RADCA) intégré à la 32ème brigade de défense contre-avions

-406ème régiment d’artillerie de défense contre-avions (406ème RADCA) intégré à la 31ème brigade de défense contre-avions.

Ces régiments disposaient de trois groupes de 75mm soit remorqués soit montés sur camions ainsi que des batteries de 25mm. A la mobilisation, ces régiments éclatent en différents groupes pour former des groupes de DCA aux armées, des unités de Défense Aérienne du Territoire……. .
Alors que la démobilisation à ajouté trois régiments de défense contre-avions (407, 408 et 409ème RDCA), le général Villeneuve décide de totalement réorganiser la Défense Contre-Avions qui va avoir du pain sur la planche notamment pour protéger la pointe de diamant de l’armée de terre, les DC et DLM.

La défense contre-avions va connaître un véritable big-bang organisationnel. Les régiments sont dissous ainsi que les brigades, les compétences servant à armer de nouvelles unités :

-La Défense Aérienne du Territoire relève exclusivement de l’armée de l’air avec pièces lourdes de 75 et de 90mm ainsi que des pièces plus légères de 25 et de 37mm.

-Les divisions d’infanterie (à l’exception des DLI et des DIF) reçoivent un bataillon antiaérien organisé en un état-major, une batterie hors-rang et quatre batteries antiaériennes.

Pour le bataillon antiaérien des DLM et des DC, les quatre batteries dispose du matériel suivant :

-La 1ère batterie dispose de 12 canon antiaériens de 25mm montés en affûts doubles sur six véhicules tous chemins. Elle est plus destinée à protéger l’état-major et les unités de soutien.

-Les 2ème et 3ème batteries sont également équipées de canons de 25mm mais leurs huit affûts doubles (soit 16 canons) sont montés sur un chassis chenillé inspiré de celui d’une chenillette Renault UE ce qui leur permet de suivre les chars en tout terrain.

-La 4ème batterie est équipée de 12 canons de 37mm Schneider modèle 1941 montés en affûts doubles sur des camions tout-chemin.

Le BAAD Moto disposait donc au total de 56 canons antiaériens.

Le BAAD des DI et des DIM disposaient d’une 1ère batterie (12 canon antiaériens de 25mm montés en affûts doubles sur six véhicules tout-terrain Laffly) les 2ème et 3ème batterie disposaient chacun de 12 canons de 25mm tractés par des véhicules légers Laffly alors que la 4ème batterie disposait de de 12 canons de 37mm Schneider modèle 1941 montés en affûts doubles sur des camions tout-chemin.

Les DLI, les DIA et les DM disposent elles d’une compagnie antiaérienne avec un état-major, une section hors rang et deux batteries de huit canons de 25mm Hotchkiss tractés.

Les DC et les DLM disposent également d’un escadron antiaérien porté pour protéger les chars(voir ci-après).

A la mobilisation, des groupes antiaériens de campagne (GAAC) sont mis sur pied pour protéger les arrières des armées, neuf GAAC disposant d’un état-major, d’une batterie hors rang et de quatre batteries, deux batteries équipées de canons de 75mm et deux batteries équipées de canons de 37mm Schneider, canons remorqués par des véhicules tout-terrains Laffly.

Les régiments autonomes antichars (RAAC)

Ces régiments qui reprennent les numéros des RDCA dissous (401 à 406) sont mis sur pied à la mobilisation générale à la fin septembre 1948 pour fournir au haut commandement une réserve antichar en cas de front défensif nécessitant un renforcement des moyens antichars des unités du front.

Ces régiments autonomes antichars sont des régiments antichars motorisés organisés de la façon suivante :

-Un Etat-major avec un poste de commandement, les transmissions, le renseignement et des éclaireurs motocyclistes.

-Une batterie hors-rang (ravitaillement, approvisionnement, dépannage, sanitaire)

-Trois groupes à quatre batteries organisés en un état-major, une colonne de ravitaillement et quatre batteries, deux batteries équipées de canons de 47mm modèle 1939 et deux batteries équipées de canons de 75mm TAZ modèle 1939.

15-Pétroliers et ravitailleurs rapides (10)

Le Liamone

-Le Liamone est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) de Dunkerque le 4 avril 1940 lancé le 15 janvier 1942 et mis en service le 10 mars 1943 à Cherbourg son port d’armement.

Il quitte Cherbourg le 12 mars 1943, charge du mazout, du gazole et du matériel à Brest le 13 mars puis reprend la mer le 15.

Le Liamone fait escale à Casablanca du 20 au 23 mars avant de rallier Toulon le 28 mars 1943, intégrant la 2ème Escadre pour soutenir notamment les cuirassés et le porte-avions Joffre comme le 21 mars 1945 quand il ravitaille successivement le Provence, le Joffre et leurs quatre torpilleurs d’escadre ou encore le 29 août 1945.

Du 16 au 22 septembre 1945, le Provence sert de plastron au groupe aérien du Joffre, étant ravitaillés à plusieurs reprises par le Liamone. Les cinq navires font escale à Tunis du 23 au 27 septembre avant de tous rentrés à Toulon le 29 septembre 1945.

Du 26 février au 7 avril 1946, Le PRE Liamone est échoué dans le bassin Vauban n°7 pour son premier grand carénage. Outre une remise en état complète, il reçoit un radar et un complément de DCA. Armé pour essais le 15 avril, il sort pour essais les 16 et 17 avril puis pour remise en condition du 19 au 30 avril 1946.

Le 5 mai 1946, le PRE Liamone quitte Toulon en compagnie du cargo rapide Tlemcen et des contre-torpilleurs Desaix Marceau et Kléber (12ème DCT) pour un entrainement de division délocalisé à Dakar et dans le Golfe de Guinée.

Les cinq navires arrivent le 15 mai 1946 à Dakar. Après quelques jours de relache pour réparer le matériel et reposer les hommes, la 12ème DCT entame son cycle d’exercice par une école à feux du 18 au 21 mai avant d’enchainer par un exercice de défense aérienne à la mer du 23 au 27 mai puis un exercice de défense et d’attaque de convois du 29 mai au 5 juin au cours duquel le Tlemcen et le Liamone sont alternativement protégés par deux contre-torpilleurs et attaqué par le troisième.

Après une nouvelle escale à Dakar du 6 au 9 juin, les trois contre-torpilleurs accompagnés du cargo et du pétrolier ravitailleur quittent la capitale de l’AOF le 10 juin puis rallient Abidjan le 15 juin après un transit marqué par une série d’exercices.

Alors que le Tlemcen est mouillé dans la lagune pour servir de base mobile, la 12ème DCT et le pétrolier-ravitailleur reprennent la mer pour une nouvelle série d’exercice ayant pour thème la protection d’un cargo rapide et ce du 17 au 25 juin. La petite escadre fait ensuite escale à Conakry du 27 au 30 juin, à Libreville du 2 au 6 juillet et à Pointe-Noire du 8 au 11 juillet.

Ils rallient le Tlemcen au large d’Abidjan le 14 juillet et les cinq navires entament le transit retour en direction de Toulon, faisant escale à Dakar du 17 au 20 juillet, Casablanca du 24 au 27 juillet avant de rallier Toulon le 1er août 1946.

Le 8 septembre 1947, le pétrolier-ravitailleur d’escadre Liamone quitte Toulon en compagnie des contre-torpilleurs Bayard Du Guesclin Turenne (2ème DCT) Aigle Albatros Gerfaut (5ème DCT) pour un entrainement de division au large du Levant. Les six contre-torpilleurs effectuent ainsi la traversée sans escale Toulon-Beyrouth, étant ravitaillés deux fois par le PRE avant d’arriver à destination le 16 septembre 1947.

Le cycle d’entrainement commence le 19 septembre par une école à feu qui s’achève le 27 septembre 1947. Après une escale à Lattaquié du 28 septembre au 1er octobre, les deux divisions s’affrontent dans un exercice de défense et d’attaque de convois, convoi symbolisé par l’aviso colonial La Grandière et le pétrolier-caboteur Ardèche, les deux divisions assurant tour à tour la défense et l’escorte du convoi sans parler des périodes où les deux divisions sont recomposées.

Après un ravitaillement auprès du Liamone le 10 octobre, les deux divisions de contre-torpilleurs effectuent un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 20 octobre quand ils rallient le port de Beyrouth.

La 2ème et la 5ème DCT accompagnés du PRE quittent le Levant le 25 octobre, relachent à Bizerte du 30 octobre au 4 novembre avant de rentrer à Toulon le 7 novembre 1947 au matin.

Le 5 septembre 1948, le pétrolier-ravitailleur Liamone était à quai à Toulon, en entretien. Il accélère sa remise en condition pour être prêt à mener des missions de guerre.   

Le Rhône

-Le Rhône est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) sis à Bordeaux le 12 septembre 1944 lancé le 12 mars 1946 et mis en service le 4 octobre 1946 à Brest son port d’armement.

Affecté en Indochine, il quitte Brest dès le 1er octobre soit avant sa mise en service pour rallier son port d’attache. Il traverse l’Atlantique à bonne vitesse, se ravitaillant à Fort de France le 9 octobre et arrivant à l’entrée du canal de Panama le 12 octobre. Il franchit le canal interocéanique les 13 et 14 octobre.

Après un bref ravitaillement à Balboa le 15 octobre avant de traverser le Pacifique direction Pearl Harbor où ils font escale du 19 au 21 octobre avant de reprendre leur route, faisant escale à Guam du 26 au 28 octobre, à Subic Bay du 5 au 8 novembre avant de rallier Cam-Ranh le 11 novembre 1946.

Du 13 au 30 novembre 1946, Le Rhône est échoué dans la forme n°1 de l’Arsenal de Cam-Ranh pour inspection et travaux après une longue traversée. Il sort pour essais les 1er et 2 décembre puis remise en condition du 4 au 10 décembre 1946.

Du 4 au 20 février 1947, Le PRE Le Rhône participe à la remise en condition du croiseur lourd Tourville en compagnie du croiseur léger Duguay-Trouin.

Le 24 février, un incident frontalier oppose des légionnaires français à des soldats thaïlandais pour quelques arpents de terre disputés entre la France et la Thaïlande. La France bien décidée à ne pas se laisser se marcher sur les pieds décide d’effectuer une démonstration navale.

Dès le lendemain, une petite escadre appareille de Cam-Ranh, escadre composée des croiseurs Tourville et Duguay Trouin ainsi que du PRE Le Rhône, bientôt rejoints par l’aviso colonial Amiral Charner venu de Saïgon pour une démonstration dans le Golfe de Thaïlande, démonstration à laquelle ne répond pas la marine thaïlandaise.

Cette démonstration s’achève le 4 mars quand les trois navires français mettent cap sur Cam Ranh où ils arrivent le 7 mars 1947, l’amiral Charner lui ralliant Saïgon.

Du 23 octobre au 15 novembre, le pétrolier-ravitailleur d’escadre Le Rhône soutien le croiseur lourd Tourville pour une mission de surveillance dans le Golfe de Thaïlande, relayé par des avions et des hydravions pour pister les unités de la marine thaïlandaise.

Du 24 février au 6 mars 1948, Le Rhône sort pour un entrainement en compagnie du porte-avions léger Alienor d’Aquitaine, du croiseur léger Duguay-Trouin et du croiseur lourd Tourville.

Le 5 septembre 1948, Le Rhône est à quai à Cam-Ranh, s’apprêtant à sortir pour des exercices communs à tous les navires des FNEO.

La Garonne

-Le Garonne est mis sur cale aux Forges et Chantiers de Gironde (FCG) le 4 octobre 1944 lancé le 4 avril 1946 et mis en service le 12 novembre 1946 à Brest, son port d’armement.

Affecté à Diego-Suarez, il quitte Brest le 15 novembre, font escale à Casablanca du 20 au 23 novembre, franchit les colonnes d’Hercules le 24 novembre pour pénétrer en Méditerranée.

La Garonne fait escale à Bizerte du 28 au 30 novembre, est à Alexandrie du 5 au 8 décembre avant de franchir le canal de Suez les 9 et 10 décembre. Il est à Djibouti du 15 au 18 décembre avant de rallier Diego-Suarez le 26 décembre 1946.

Bien que classé PRE, La Garonne va servir autant de ravitailleur rapide pour les navires des FNAEF mais également de transport pétrolier, chargeant à Adaban (Iran) et à Basrah (Irak) du mazout et du gazole pour alimenter les dépôts de Djibouti et de Diego-Suarez.

Le 24 août 1948, il quitte Diego-Suarez en compagnie de la corvette La Rouennaise pour rallier Adaban afin de charger du mazout pour les dépôts de Diego Suarez. Les deux navires arrivent à destination le 2 septembre, chargeant du mazout les 3 et 4 septembre, appareillant dans la nuit du 4 au 5 septembre pour rentrer à Diego Suarez le 14 septembre 1948.

Caractéristiques Techniques des PRE de classe La Seine

Déplacement : standard 8490 tW pleine charge 21200 tonnes 14800 tonnes de port en lourd

Dimensions : longueur hors tout 160m longueur à la flottaison 158m longueur entre perpendiculaires 153m largeur 22m tirant d’eau 9m pleine charge

Propulsion : deux groupes de turbines Parson alimentées par trois chaudières dévellopant 14750ch entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 18 noeuds (14 noeuds en service courant) rayon d’action inconnu

Electronique : un radar de navigation

Capacités : douze citernes pour le transport de mazout (huit citernes), de gazole (deux citernes), de carburant aviation (deux citernes) soit 12000 tonnes de mazout, quatre soutes pour vivres et pièces détachées (170 tonnes au total).

Le ravitaillement à lieu à couple avec quatre postes pour combustible et un en flèche. Deux grues de 25 tonnes pour le transfert à couple et à flot de charges lourdes.

Armement : deux canons de 100mm modèle 1925 et huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 en quatre affûts doubles. Des mitrailleuses de 7.5mm sont embarquées au moment de l’entrée en guerre.  

Equipage : 140 officiers et marins