Mitteleuropa Balkans (83) Roumanie (13)

Sous-marins

Le Delfinul

Comme nous l’avons vu dans la partie historique, la marine roumaine avait commandé un sous-marin dès 1914. Le déclenchement de la première guerre mondiale entraina la réquisition du sous-marin en construction à Chalons sur Saône chez la compagnie Schneider (NdA prononcer Schneidre).

Comme si l’histoire se mettait à begayer ce sous-marin est proposé par la France à la Roumanie une fois le premier conflit mondial terminé mais Bucarest décline cette proposition qui aurait vu la marine royale roumaine mettre en service un navire non seulement usé mais aussi tout simplement dépassé voir obsolète.

En 1924 la marine roumaine décide de commander un sous-marin neuf. Les chantiers navals Schneider espèrent remporter le contrat mais c’est finalement un chantier naval italien pourtant inexpérimenté dans ce domaine qui remporte le contrat pour une unité ainsi qu’un bâtiment de soutien.

Forcément il était prévisible que sauf miracle la construction allait rencontrer de nombreux problèmes. Mis sur cale aux chantiers navals de Fiume en 1927, il est lancé en 1930, complété en 1931 mais accepté uniquement en 1936 suite à de nombreux problèmes qui imposèrent de nombreux travaux correctifs.

Toujours en service en septembre 1948 le Delfinul sert d’abord d’instrument de dissuasion pour rendre la flotte soviétique de la mer Noire plus prudente avant de mener des missions plus offensives d’attaque de la navigation ennemie en mer Noire. Des missions de renseignement et des opérations spéciales ont également été menées.

Endommagé à plusieurs reprises, le Delfinul était en réparations quand le coup d’état communiste entraine la Roumanie dans un nouveau conflit avec l’URSS comme alliée et non comme ennemi.

Les nouveaux maitres du pays ordonnent l’arrêt des réparations officiellement pour des raisons techniques mais personne n’est dupe, tout le monde voyant derrière la main de Moscou. Une équipe de sous-mariniers soviétique inspecte le navire et estime que sa remise en état n’apporterait rien à la marine soviétique. Décision est alors prise de l’envoyer à la démolition, démolition effectuée entre septembre 1957 et février 1958.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : surface 650 tonnes plongée 900 tonnes

Dimensions : longueur 68m largeur 5.9m tirant d’eau 3.6m

Propulsion : deux moteurs diesels Sulzer, deux moteurs électriques deux hélices

Performances : vitesse maximale 14 nœuds en surface 9 nœuds en plongée distance franchissable 2000 miles nautiques

Armement : un canon de 102mm, une mitrailleuse de 13.2mm puis un canon de 20mm, huit tubes lance-torpilles de 533mm (quatre à l’avant et quatre à l’arrière)

Equipage : 55 hommes

Le Rechinul et le Marsuinul

Le Rechinul (S-1) et le Marsuinul (S-2)

Après la longue et difficile construction du Delfinul on comprend que la marine roumaine n’ait pas voulu confier au chantier naval de Fiume la construction de nouveaux submersibles.

Elle se tourne vers un bureau d’études néerlandais baptisé IvS (Ingenieurskantoor voor Scheepsbouw). En réalité derrière ce bureau d’études batave se cache la marine allemande qui espérait ainsi préserver son savoir-faire et l’accroitre en attendant le jour où le réarmement sera possible.

Grâce à ce bureau d’études la marine roumaine va pouvoir s’équiper de deux submersibles qui ne sont pas identiques mais partagent un certain nombre de points communs.

Plans du sous-marin Rechinul

Le premier nommé baptisé Rechinul (requin) est issu du Project 298, version améliorée du E-1, un submersible conçu pour l’Espagne mais finalement vendu à la Turquie en 1935.

La Roumanie achète les plans et en 1938 les chantiers navals de Galati entament la construction de leur premier sous-marin avec l’assistance technique des chantiers navals AG Weser de Brême. En dépit de cette aide, le navire n’est lancé qu’en mai 1941 et mis en service en septembre 1942.

Le Marsuinul

Le second baptisé Marsuinul (Marsouin) est extérieurement assez semblable au précédent mais ils se différencient par le fait que ce dernier est conçu comme sous-marin mouilleur de mines. Mis sur cale seulement en juin 1940 il est lancé en octobre 1942 et mis en service en mars 1945.

Ces deux sous-marins sont naturellement toujours en service en septembre 1948. Si le Marsuinul effectue des missions de mouillage de mines pour tenter de bloquer les flottes militaires et les flottes marchandes ennemies, en revanche le Rechinul sert d’abord d’arme de dissuasion avant de mener de véritables missions de guerre.

Ces deux sous-marins vont disparaître pendant la guerre. Le Marsouinul est victime d’une mine……roumaine au large de Constansa le 14 mai 1951 alors que le Rechinul à été coulé par un sous-marin soviétique alors qu’il tentait d’évacuer des commandos roumains engagés derrière les lignes soviétiques en octobre 1952.

Caracteristiques Techniques

Le Rechinul

Déplacement : surface 650 tonnes plongée 750 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 69.8m largeur 6.80m tirant d’eau : nc

Propulsion : deux moteurs diesels MAN deux moteurs électriques Brown Boveri deux hélices

Performances : vitesse maximale 16 nœuds en surface 9 nœuds en plongée distance franchissable 7000 miles nautiques en surface

Armement : un canon de 88mm, un canon de 20mm, six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre tubes à l’avant et deux à l’arrière)

Equipage : 45 officiers et marins

Le Marsouinul

Déplacement : surface 620 tonnes plongée 860 tonnes

Dimensions : longueur 68.7m largeur 6.45m tirant d’eau : nc

Propulsion : deux moteurs diesels MAN deux moteurs électriques Brown-Boveri

Performances : vitesse maximale 16 nœuds en surface 9 nœuds en plongée distance franchissable 8000 miles nautiques en surface

Armement : un canon de 88mm, un canon de 37mm, six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre avant et deux arrières) 20 mines

Equipage : 45 officiers et marins

Vedettes lance-torpilles

Le programme naval de 1937 prévoyait dix vedettes lance-torpilles mais en septembre 1948 en raison de problèmes tout autant financiers que techniques seulement huit vedettes lance-torpilles sont en service au sein de la 4ème flottille de torpilleurs.

S-Boote en mer

Ces vedettes ne portent pas de nom mais deux lettres B et T pour Barca Torpilei (bateau lance-torpilles) suivit d’un chiffre allant d’abord de un à huit puis jusqu’à vingt-quatre puisqu’au final la marine royale roumaine va mettre en œuvre vingt-quatre navires de ce type, ces navires étant considérés par les soviétiques comme la principale nuisance parmi toutes celles que pouvait représenter la marine de Bucarest.

Utilisées de manière agressives elles tendaient des embuscades contre les convois soviétiques ou contre les navires militaires isolées. Certaines furent utilisées de manière plus originale pour infiltrer des commandos de saboteurs derrière le front pour détruire une batterie d’artillerie, un dépôt de munitions ou un poste de commandement.

Les huit vedettes en service en septembre 1948 (BT-1 à 8) étaient semblables aux S-Boot mais de conception roumaine, des navires de 65 tonnes, mesurant 29m de long sur 4m de large, filant à 40 nœuds avec un armement composé d’un canon de 20mm, de deux mitrailleuses de 7.92mm et deux tubes lance-torpilles de 533mm.

Durant le conflit seize nouvelles vedettes sont mises en service (BT-9 à 24), des navires plus gros, plus rapides et surtout mieux armées pour s’opposer avec succès à leurs homologues soviétiques.

Elles déplaçaient 105 tonnes, mesuraient 34m de long sur 5m de large, une vitesse maximale de 42 nœuds et un armement composé d’un canon de 37mm, de deux canons de 20mm, de deux mitrailleuses et de quatre torpilles de 533mm sur berceaux.

Sur les vingt-quatre vedettes lance-torpilles utilisées par la marine royale roumaine entre septembre 1948 et avril 1954, seize d’entre-elles ont été détruites, les huit survivantes furent détruites peu après la fin du conflit, leur usure prononcée rendant leur réutilisation problématique même pour des tâches secondaires.

Les BT-1, 4, 7, 8, 12, 16,21 et 24 ont été coulées par l’aviation, les BT-3 et 5 par des mines, les BT-19 et 20 par des batteries côtières et les BT-2, 6, 10 et 15 par leurs homologues soviétiques.

Mouilleurs de mines

NMS Amiral Murgescu

Le programme naval de 1937 prévoyait la construction pour la marine royale roumaine d’un croiseur léger baptisé Amiral Murgescu. Finalement ce navire allait être un hybride, un mouilleur de mines pouvant servir également de navire de transport et d’escorteur lourd. Il était prévu initialement quatre navires mais les trois sister-ship de l’Amiral Murgescu ne furent jamais construits.

-Le NMS Amiral Murgescu est mis sur cale le 1er août 1938 aux chantiers navals de Galati lancé le 14 juin 1939 et mis en service le 14 octobre 1941.

En temps de paix il effectue des mouillages de mines d’exercices mais aussi des missions de transport et des simulations de raids amphibies même si durant le second conflit mondial il ne mènera aucune mission de ce type.

Modernisé entre septembre 1946 et mars 1947 il était donc pleinement opérationnel en septembre 1948 quand éclate le second conflit mondial. La Roumanie reste neutre mais neutralité ne veut pas dire faiblesse et des champs de mines défensifs sont mouillés pour protéger les ports roumains et mêmes bulgares, Bucarest craignant une action décidée des soviétiques.

Après le déclenchement de l’opération BARBAROSSA, de nouveaux mouillages de mines sont réalisés. L’Amiral Murgescu ne mène que des mouillages défensifs en raison d’une vitesse trop faible pour s’échapper rapidement d’une zone contrôlée par l’ennemi.

Il va également mener des missions de transport de troupes entre Constansa et Odessa voir entre Odessa et la Crimée après la conquête de la presqu’île par les germano-roumains.

A Bucarest on se prend à rêver d’un condominium sur la Crimée ignorant que les allemands veulent en faire un pays des Goths (Gothland), une riviera pour les privilégiés du régime.

A plusieurs reprises le mouilleur de mines est endommagé mais jamais vraiment sérieusement, certains le mettant sur le compte d’une icône de la vierge que le commandant avait disposé dans sa cabine.

Le 25 septembre 1953 un coup d’état communiste provoque le basculement de la Roumanie dans le camp soviétique. L’Amiral Murgescu était à l’époque stationné à Constansa et s’apprêtait à appareiller pour une nouvelle mission d’escorte. Saisi par les soviétiques, il est interné à Sébastopol jusqu’à la fin de la guerre.

Il est rendu à la marine roumaine le 14 mars 1955. Rebaptisé NMS Dacia, il est transformé en ravitailleur polyvalent. Désarmé le 17 septembre 1974, il est vendu à la démolition et démantelé au début des années quatre-vingt.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 812 tonnes pleine charge 1068 tonnes

Dimensions : longueur 76.9m largeur 9.1m tirant d’eau 2.5m

Propulsion : deux moteurs diesels Krupp de 2100 ch entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 16 nœuds distance franchissable 3400 miles nautiques

Armement : deux canons de 105mm en affûts simples sous masques, deux puis huit canons de 37mm, quatre puis six canons de 20mm, deux affûts doubles de 13.2mm (débarqués en 1949), deux lanceurs de chargeurs de profondeur avec 65 charges, 135 mines

Battelerie : une vedette à moteur de 9t (un canon de 20mm, une mitrailleuse, six charges de profondeur)

Equipage : 135 officiers et marins

NMS Vlad Tepes et NMS Domnitor

Le Maréchal Pétain à la mer, peinture publicitaire

Les NMS Vlad Tepes et NMS Domnitor sont deux paquebots de 18000 tonnes comparables à notre Marechal Pétain construits non pas en Roumanie mais en Italie pour le Service Maritime Roumain afin de servir plusieurs lignes de transport de passagers en mer Noire et en Méditerranée.

Comme une partie des archives à disparu les lignes en question sont incertaines et font l’objet de spéculation. Si la plupart des auteurs s’accordent sur la desserte des ports bulgares, turcs et soviétiques certains estiment que ces paquebots auraient pu également desservir des ports de Méditerranée voir réaliser des croisières pour les plus fortunés.

Ces deux navires sont mis en service respectivement en septembre 1947 et mars 1948 et n’ont donc pas le temps de vraiment réaliser des traversées régulières et ainsi fidéliser une clientèle.

Résultat le Serviciul Maritim Român prend la décision en septembre 1948 de désarmer ces deux fleurons en attendant de savoir de quoi demain sera fait.

Le SMR est vite fixé. La marine royale roumaine réquisitionne ces deux paquebots et ordonne leur transformation en mouilleur de mines écartant d’autres projets (croiseur auxiliaire, navire-hôpital).

Conservant leurs noms d’origine, ils sont remis en service en mars et septembre 1949. Ils vont mener quelques missions de mouillage de mines mais vont surtout servir de transport de troupes ce qui fait dire à certains qu’on à perdu beaucoup de temps pour rien.

Contrairement à l’Amiral Murgescu, les deux paquebots transformés ne vont pas survivre à la guerre.

Le NMS Vlad Tepes est ainsi victime d’un sous-marin soviétique inconnu (NdA il à probablement été coulé avant d’avoir pu revendiquer sa victoire) le 14 aoûit 1950 (deux torpilles et non trois comme le pense des survivants probablement trompés par l’explosion de munitions ou des chaudières) alors que le NMS Domnitor est coulé le 8 août 1951 au large d’Odessa par l’aviation soviétique, quatre bombes étant fatales au navire qui s’incline et chavire, ne laissant que fort peu de survivants.

Caracteristiques Techniques

Déplacement en charge 18000 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 181m largeur 23m tirant d’eau 9.40m

Propulsion : trois moteurs diesels deux temps Sulzer (produits sous licence en Roumanie) dévellopant 25000ch entrainant trois hélices

Performances : vitesse maximale 21 nœuds distance franchissable 7500 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : un canon de 152mm, quatre canons de 105mm, huit canons de 37mm et douze canons de 20mm, 300 mines mouillables

Capacités : en configuration paquebot ils pouvaient transporter 673 passagers répartis en trois classes. En configuration transport ils pouvaient transporter 5000 soldats équipés

Equipage : 325 officiers et marins pour le navire de croisière, 20 officiers et 145 hommes comme bâtiment militaire.

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T-26

T-26 18

Le T-26 est un char léger d’infanterie issu d’un char britannique, le Vickers 6-Ton (parenté qu’il partage avec le char polonais 7TP).

Plus de 11000 exemplaires ont été produits en de nombreuses variantes (33 sur les 53 étudiées !) et outre les chars de combat on trouve notamment un char lance-flammes, un véhicule de combat du génie, un canon automoteur, un tracteur d’artillerie, un transport blindé et même un char radiocommandé.

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Bystrokhodny Tank (BT)

Avant-propos

Les premiers chars de combat étaient de lourds et patauds engins, avançant à la vitesse d’un homme au pas ce qui après tout était logique puisque leur but était de protéger et d’appuyer l’infanterie sur le terrain bouleversé du no-man’s land.

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