Scandinavie (14) Norvège (14)

L’Armée de Terre norvégienne dans le second conflit mondial (1948-1954)

La campagne de Norvège

Depuis plus de soixante-dix ans une question taraude les historiens norvégiens. Le gouvernement était-il au courant d’une attaque allemande ? A-t-il prit les mesures adéquates ? Ce débat n’est toujours pas tranché mais ce qui fait consensus c’est qu’une anticipation n’aurait pas changé grand chose.

En réalité la seule chose qui aurait pu changer les choses cela aurait été de renoncer à la neutralité et d’accepter la proposition franco-britannique d’une alliance militaire pérenne, proposition faite durant la Pax Armada. Oslo refusa craignant de se retrouver dans un conflit qui ne concernerait pas ses intérêts vitaux.

La neutralité est donc pérennisée, l’armée de terre bénéficie d’une relative modernisation mais les lacunes sont nombreuses.

A l’été 1948 les tensions en Europe rappellent tristement l’été 1939 sauf que cette fois si guerre il y à elle durera plus que trois mois. Que ce soit chez les alliés ou les allemands, on est bien décidé à trancher le nœud gordien, à crever l’abcès en réglant une bonne fois pour toute les querelles.

A plusieurs reprises, certains officiers norvégiens demandent que la mobilisation générale soit déclarée mais le gouvernement refuse craignant de provoquer une réaction hostile.

Le 5 septembre 1948 à l’aube les premières bombes pleuvent sur la Norvège plus précisément sur Trondheim, Oslo, Stavanger, Kristiansand, Narvik et Bergen. Décollant d’Allemagne, les bombardiers bimoteurs et quadrimoteurs attaquent essentiellement les aérodromes, les voies de chemin de fer, les routes, les ponts et bien entendu les ports.

Ces attaques n’ont qu’un succès limité en raison du mauvais temps et parfois de renseignements erronés. C’est ainsi qu’une usine de jouets en bois près de Bergen sera bombardée car prise pour une caserne de l’armée norvégienne !

Le gouvernement se réunit en urgence mais tergiverse, hésitant sur la conduite à tenir. Personne ne croit à une erreur allemande ou une protection de Berlin contre une invasion franco-britannique mais on se divise sur la marche à suivre.

Certains veulent résister avec acharnement, d’autres estiment que cela ne sert à rien et qu’il vaut mieux renoncer à toute résistance durable face à un ennemi bien plus puissant.

Le roi Haakon VII lui n’à aucun doute. Passant-outre le contreseing ministériel, il ordonne aux forces armées norvégiennes de résister à l’envahisseur. Cet ordre n’à juridiquement aucune valeur, il s’agit d’un ordre oral mais cet ordre sera suivit par certaines unités.

Ce n’est qu’en milieu de matinée que le gouvernement décide de résister. Il ordonne la mobilisation générale ce qui doit permettre en théorie de doubler les effectifs du temps de paix (de 20000 à 40000 hommes).

Cette mobilisation est chaotique. Les plans ont certes été préparés de longue date mais dans un contexte de montée en puissance progressive, dans un contexte où une phase de négociation devait précédé la guerre.

Or les allemands attaquent sans préavis officiellement pour protéger Oslo d’une agression franco-britannique.

On verra donc certains réservistes être pris par les allemands alors qu’ils se rendaient dans leurs casernes. D’autres réservistes anticipent l’appel en ralliant les unités de combat auxquels ils sont rattachés ou pas….. . Comme le reconnaitra un colonel norvégien «Durant les trois premiers jours ce fût un beau bordel».

Peu à peu la situation va se stabiliser, l’armée norvégienne ragaillardie par l’arrivée prochaine des alliés français, britanniques et polonais résiste pied à pied, surprenant les allemands qui s’attendaient à une résistance de pure forme ou guère plus musclée que celle des danois qui ont capitulé après quatre jours de combat (9 septembre 1948).

Quelques heures seulement après les premiers bombardements, les premières troupes allemandes prennent bien en Norvège, débarquant à Kristiansand, à Oslo (raid aéroporté mais pas de débarquement naval en raison de défenses côtières nettement plus puissantes qu’en 1939/40), à Bergen, à Trondheim, à Bodo et à Narvik.

A chaque fois il s’agit de groupements tactiques interarmes avec un gros élément d’infanterie, des éléments blindés et /ou motorisés, de l’artillerie, du génie et des moyens de soutien.

Au total cela représente cinq divisions d’infanterie de ligne, deux divisions de montagne, un groupement blindé fournit par deux Panzerdivision, un groupement parachutiste, des moyens d’artillerie, du génie et du soutien.

Renault R-40

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40. Avec le FCM-42 il à été le char déployé par la France au Norvège. 

De leur côté les alliés vont engager des moyens relativement importantes quoique inférieurs aux moyens allemands.

Hotchkiss H-39

Le Hotchkiss H-39 à été déployé par la Pologne en Norvège

C’est ainsi que la France engage une division légère (d’infanterie) de marche, une Brigade de Haute-Montagne (rapidement rebaptisée Division Alpine de Scandinavie), deux compagnies indépendantes de chars, des éléments d’artillerie, du génie et de soutien. Les polonais sous commandement français engagent une brigade de montagne et une compagnie de chars auxquels s’ajoutent des autos blindées, de l’artillerie et du génie.

La Grande-Bretagne va elle engager deux divisions d’infanterie, une brigade blindée indépendante, un régiment antichar, des éléments de DCA légère du génie et de soutien.

Pour revenir à l’armée norvégienne celle-ci est est toujours organisée en six divisions même si ces moyens en faisait davantage des brigades.

La 1ère et la 2ème division chargées de la défense du sud du pays prennent de plein fouet la puissance militaire allemande. La 1ère division se liquéfie quasi-instantanément probablement parce que son principal dépôt à été rapidement détruit par les bombardements aériens et navals allemands. Manquant d’armes et de munitions, elle se contente de harceler l’ennemi sans pouvoir faire grand chose.

La 2ème division en revanche tient plus longtemps empêchant par exemple les allemands de quitter Oslo pour remonter vers le nord. Après dix jours d’une intense résistance (5-15 septembre 1948), la 2ème division ou du moins ce qu’il en reste va se faire interner en Suède, officiellement neutre mais jouant un jeu trouble avec les allemands.

On sait par exemple aujourd’hui que plusieurs «trains sanitaires» qui ont évacué des blessés allemands via la Suède ont transporté à l’aller des renforts, des armes et des munitions.

Il semble d’ailleurs que les services de renseignement britanniques étaient au courant et ont menacé Stockholm de révéler le pot aux roses si jamais les norvégiens internés étaient livrés aux allemands.

Les 2500 norvégiens internés vont pour leur majorité rallier la Grande-Bretagne et reprendre la lutte au sein des forces armées norvégiennes en exil. Si la majorité s’engagea dans des unités régulières, d’autres décidèrent de soutenir la résistance en intégrant par exemple les commandos ou les service de renseignement français et britanniques.

La 4ème division basée près de Namsos peut tendre la main aux troupes franco-polonaises et faciliter leur débarquement. La 4ème division va rester l’une des rares unités militaires avec la 6ème division combattant près de Bodo à rester opérationnelle jusqu’au bout.

La 5ème division en revanche échoue à préserver Trondheim de l’invasion allemande. Une série de contre-attaques mettant les allemands sous pression mais provoque également une véritable saignée dans les effectifs norvégiens.

Les alliés choisissent de débarquer à Namsos (français et polonais) pendant que les britanniques vont débarquer à Tromso inquiétant les soviétiques. Suite à l’échec allemand à Bodo, les britanniques vont y détourner une partie de leurs forces.

Ces débarquements vont se révéler délicats en l’absence de moyens amphibies spécifiques et surtout de le menace aérienne et sous-marine allemande. Les alliés se battent avec férocité mais les pertes en navires sont significatives.

Les troupes britanniques débarquées à Bodo remontent vers le nord pour prendre en tenaille Narvik avec les troupes britanniques débarquées à Tromso. Le port du fer suédois est pris le 20 septembre 1948 après quinze jours de durs de combats. Les alliés peuvent déclarer que la route du fer est coupée.

Les franco-polonais débarqués à Namsos décident de mettre cap au sud dans l’espoir de tendre la main vers les troupes norvégiens qui résistant dans le Télémark mais il faut pour cela détruire les troupes allemandes débarquées à Kristiansand et à Trondheim ce qui est plus facile à dire qu’à faire.

A cela s’ajoute l’avancée des troupes allemandes mises à terre à Bergen et dans les environs d’Oslo. Le 19 septembre 1948, les troupes norvégiennes coincées dans le Télémark capitulent rendant sans objet l’offensive franco-polonaise.

Le sud du pays solidement conquis, les allemands peuvent remonter vers le nord. Le premier objectif est le port de Namsos. Après de durs combats, le port est pris le 5 octobre.

Le 11 octobre 1948, la TF Vimy élément précurseur de la 2ème division canadienne débarque à Bodo, le dernier port sous contrôle allié puisque le 10 les britanniques ont évacué Tromso et que Narvik est devenu trop inhospitalier sous les coups de l’aviation allemande qui s’acharne sur les navires rentrant dans le grand port du nord.

France 4

Les « hommes à la tarte » qui disent « bleu cerise » et non (sauf pour le sang versé, la couleur du drapeau et les lèvres de la femme aimée) vont s’illustrer en Norvège. 

Néanmoins le 12 octobre, des chasseurs alpins sont mis à terre à Narvik pour permettre l’évacuation de troupes norvégiennes et de jeunes recrues en formation. Les navires sont des navires norvégiens qui vont évacuer les soldats et les recrues en direction de l’Ecosse où ils seront à la base de la future armée norvégienne libre.

Les marines et les aviations alliées jettent toutes leurs forces dans la bataille, consciente de l’impact psychologique énorme en cas d’évacuation réussie. Cette opération baptisée DYNAMO va durer quatre jours jusqu’au 18 octobre

Les hommes à la tarte repoussent une attaque allemande, tenant quatre jours jusqu’au 18 pour permettre l’évacuation d’un maximum de norvégiens et même de norvégiennes. Les chasseurs alpins seront évacués dans la nuit du 18 au 19 octobre sans résistance des allemands.

Ces derniers épuisés par de violents combats, conscients que la victoire est proche préfèrent sécuriser leurs positions plus au sud plutôt que d’empêcher une évacuation de quelques centaines de chasseurs alpins à moins que ce ne soit une sorte d’admiration secrète de la part de leurs cousins allemands des Gerbigjägers.

Les combats vont durer jusqu’au 27 octobre 1948 quand les troupes norvégiennes qui ne pouvaient évacuer capitulent. Les alliés laissent beaucoup de matériel mais assez peu de prisonniers en l’occurrence 1200 britanniques, 980 français et 350 polonais soit un total de 2530 prisonniers.

L’armée norvégienne qui alignait 20000 hommes au 5 septembre 1948 et 45000 à son apogée en mobilisant toutes les troupes entraînées y compris des unités de police à laissé 5000 prisonniers (qui pour beaucoup seront immédiatement libérés) et 1800 morts, les autres troupes étant évacuées sur la Grande-Bretagne en compagnie de près de 9500 recrues et hommes en âge de porter les armes.

Des escarmouches ont lieu jusqu’au 1er novembre 1948 avec de petits groupes de soldats canadiens, français, britanniques et norvégiens qui attaquaient les troupes allemandes isolées pour se procurer du ravitaillement et tenter de gagner la côte pour une évacuation, des destroyers et des sous-marins jouant au chat et à la souris avec les navires et les avions allemands pour récupérer ces soldats entraînés et expérimentés.

La Renaissance de l’armée norvégienne

Suite à un décompte effectué le 15 janvier 1950 ce sont près de 40000 norvégiens en âge de porter les armes qui ont réussi à gagner la Grande-Bretagne. C’est un atout de poids dans le jeu du gouvernement en exil qui peut imaginer remettre sur pied une armée et une aviation afin de participer à la libération du pays à plus ou moins brève échéance.

Le gouvernement norvégiens est cependant conscient que l’équipement de cette armée dépend uniquement de la Grande-Bretagne.

Le projet initial prévoyait deux divisions d’infanterie légère et une division blindée mais au final la nouvelle armée norvégienne allait être organisée de la façon suivante :

-Un état-major

-Quatre brigades d’infanterie motorisées

-Deux régiments d’artillerie

-Un régiment blindé indépendant

-Deux groupes commandos

L’équipement va être essentiellement assuré par les britanniques. Ces quatre brigades appelées brigades légères norvégiennes (Norske Lysbrigader) sont progressivement mises sur pied, la 1ère étant opérationnelle en juin 1949, la 2ème en janvier 1950, la 3ème en mars 1950 et la 4ème en septembre 1950.

Ces unités vont d’abord servir d’unités de garnison notamment en Islande (après accord du gouvernement danois) et aux Spitzberg. Une brigade sera même envoyée au Canada pour protéger Terre Neuve.

M-24 Chaffee 16

M-24 Chaffee

Ces brigades étaient organisés en un état-major, un groupement de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance (autos blindées et chars légers M-24 Chaffee), trois bataillons d’infanterie, un bataillon d’artillerie, un bataillon du génie et des éléments de soutien soit environ 4500 hommes chacune.

QF 25 Pounder 6

Canon-obusier de 25 livre. L’une des meilleures pièces d’artillerie de campagne du second conflit mondial en compagnie du canon de 75mm TAZ modèle 1939.  

Les deux régiments d’artillerie norvégiens sont équipés pour l’un de canon-obusiers de 25 livres et pour l’autre de canons antichars de 17 livres utilisables également comme pièces de campagne. Ils sont organisés en un état-major, une batterie de commandement et de soutien et trois groupes de trois batteries de quatre pièces.

M-4A3 Sherman 21

M-4 Sherman armé d’un canon de 76mm nettement plus efficace contre les chars allemands. 

Le régiment blindé indépendant était organisé en un état-major, un escadron de commandement et de soutien, trois escadrons de chars M-4 Sherman et un escadron d’autos blindées M-8 Greyhound.

M-8 Greyhound 19

M-8 Greyhound

Les deux groupes commandos vont opérer aux côtés des britanniques et des français pour maintenir la pression sur les allemands.

Pendant longtemps les alliés ne voulaient pas débarquer en Norvège et au Danemark. La mauvaise expérience de l’automne 1948 et la crainte de disperser des moyens pas forcément extensibles rendait les alliés prudents.

Finalement au printemps 1952 décision est prise de confier à des troupes essentiellement américaines de débarquer en Norvège et au Danemark pour sécuriser les flancs de la poussée principale qui doit avoir lieu sur le continent.

Cette opération sous commandement américain va voir l’engagement de sept divisions américaines (six divisions d’infanterie et une division blindée), d’une division française, d’une division britannique et des quatre brigades légères norvégiennes.

Cinq têtes de pont sont prévues, une au Jutland au Danemark et quatre en Norvège (Narvik, Namsos, Bergen et Trondheim). A chaque fois une brigade légère norvégienne accompagnait les unités alliées prévues pour l’assaut.

Les américains vont engager cinq divisions d’infanterie (3ème, 8ème, 10ème, 26ème et 31ème, la 10ème étant une division de montagne), une division blindée (la 6ème) et deux bataillons de Rangers (1er et 6ème).

Les français vont déployer une division mais pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de la 27ème Division d’Infanterie Alpine (27ème DIAlp) aux côtés de commandos et d’éléments blindés. Les britanniques vont engager une division aéroportée, la 6th Airborne.

A Narvik, la 1ère brigade légère norvégienne (1. Norske Lysbrigader) doit débarquer en compagnie de la 3ème division d’infanterie américaine et d’un groupement blindé fournit par la 6ème division blindée américaine.

A Namsos, la 2ème brigade légère norvégienne (2. Norske Lysbrigader) doit débarquer en compagnie de la 27ème DIAlp française.

A Bergen, la 3ème brigade légère norvégienne (3. Norske Lysbrigader) doit débarquer en compagnie du gros de la 6ème division blindée américaine et de la 8ème division d’infanterie.

A Trondheim, la 4ème brigade légère norvégienne (4. Norske Lysbrigader) doit débarquer en compagnie de la 26ème division d’infanterie et de la 10ème division de montagne.

Les deux régiments d’artillerie indépendants vont fournir des groupes occasionnels en renforts des brigades légères. Même chose pour le régiment blindé indépendant.

Au Jutland, la 1ère brigade danoise formée (1. Dansk Brigade) va débarquer en compagnie de la 31ème division d’infanterie américaine.

La 6ème division aéroportée britannique est conservée en réserve pour être mise en œuvre soit depuis l’avion comme elle en à l’habitude ou depuis des navires.

Le jour J de l’opération BOREALIS est prévu pour le 11 octobre 1953. Les préliminaires commencent dès le mois de septembre avec une intense campagne de renseignement par voie aérienne navale et électronique.

La résistance norvégienne abreuve les SR alliés de renseignement sur les batteries côtières, les aérodromes, les axes de communication, les mouvements de troupes, les noms des chefs.

Des actions de sabotage menées par la Résistance Norvégienne en liaison avec le SOE et le BCRA mais aussi des commandos alliés préparent le terrain.

L’aviation mènent également des bombardements sur les cibles militaires importantes, les navires alliés traquant la navigation allemande bombardant régulièrement les batteries côtières et des positions clés de la défense allemande.

L’état-major allemand se doute qu’une opération majeure se prépare mais se perd en conjectures pour savoir si il est prévu un débarquement amphibie, une opération aéroportée ou même une diversion.

Malheureusement pour les troupes allemandes, le haut-commandement ne croit pas passé l’été à un débarquement amphibie en dépit du fait que l’automne 1953 est exceptionnellement clément ce qui aurait du leur mettre la puce à l’oreille.

L’appui des troupes est assurée par une puissante flotte anglo-américano-franco-norvégienne mais aussi par des escadres aériennes décollant depuis les îles britanniques sans oublier les porte-avions.

Sans qu’il y ait de division stricte et étanche, les porte-avions furent davantage chargés de l’appui-feu des troupes débarquées pendant que les avions basés à terre menaient surtout des opérations d’interdiction.

A partir du 1er octobre, les bombardements s’intensifient et à partir du 9, les croiseurs et les cuirassés alliés pilonnent les batteries côtières.

Il y à quelques dégâts collatéraux mais fort peu au final grâce à l’action de la résistance norvégienne qui prévenue des zones frappées mettaient le plus possible d’habitants à l’abri, jouant au jeu du chat et de la souris avec les forces de sécurité allemandes et leurs supplétifs norvégiens.

Les troupes allemandes sont mises en état d’alerte à partir du 10 octobre à 22h00 et sont fins prêtes à accueillir les alliés.

En dépit de cette mise en alerte, les débarquements se passent bien. Cela s’explique par les sabotages menés par la résistance norvégienne et par les actions de diversion menées par les commandos alliés, une grande opération commando alliée nom de code VIKING contre des cibles stratégiques à Oslo détournant l’attention des allemands et facilitant la phase délicate du débarquement.

Cela se passe très bien à Bergen et au Jutland, bien à Namsos mais à Trondheim et à Narvik les débarquements manquent de tourner à la catastrophe. Il faudra l’engagement précoce de la 6th Airborne transportée par des croiseurs de la Home Fleet pour provoquer l’effondrement de la défense allemande. Les troupes à terre, les croiseurs britanniques vont pilonner les positions allemandes.

Dès le 14 octobre 1953 la situation à clairement tourné en faveur des alliés. Les combats sont cependant longs et usant moins à cause de la résistance allemande que des problèmes logistiques ainsi qu’un mauvais temps ce qui fait dire à un général de division américain qu’à trois jours près on aurait tué plus d’hommes par la tempête que par les balles allemandes.

Les troupes norvégiennes sont débarquées dès la première vague. C’est souvent les premiers soldats alliés que voient les civils norvégiens. On imagine sans peine leur émotion quand ils voyaient des soldats en battle dress et casque plat avec le drapeau norvégien cousu sur la manche droite de leur vareuse.

Sans que cela ait été dit, les alliés étaient sceptiques sur les capacités des brigades légères norvégiennes à combattre un ennemi retranché mais le scepticisme s’est vite envolé.

Le 21 février 1954 la Norvège est entièrement libérée par la capitulation à la frontière suédoise des dernières troupes allemandes en état de se battre, certains soldats se faisant interner en Suède pour échapper à la captivité.

49000 soldats allemands sont faits prisonniers. Ils sont internés dans des camps provisoires mais très vite des transports sont aménagés en bateaux prisons amarrés à proximité des côtes, le gouvernement norvégien refusant officiellement pour des raisons de sécurité d’accueillir les prisonniers. Les navires en question ne tardent d’ailleurs pas à rallier les ports allemands quand ceux-ci sont sécurisés et déminés.

Les quatre brigades multirôles norvégiennes sont déployés à Narvik, à Oslo, à Bergen et à Trondheim pour maintenir l’ordre en liaison avec les troupes alliées.

L’armée norvégienne va être entièrement réorganisée courant 1955 avec trois divisions territoriales (La 1ère pour le Sud, la 2ème au Centre et la 3ème au Nord), des divisions multirôles engerbant des brigades également multirôles.

Disposant de puissants moyens blindés-mécanisés, l’armée norvégienne pouvait compter sur une Home Guard pour mener une défense totale du pays en anticipant une phase de clandestinité avec réseaux de renseignement, caches d’armes et de matériel.

Organisation

Organisation simplifiée en septembre 1948

En septembre 1948, l’armée de terre norvégienne est organisé en six divisions territoriales numérotées 1 à 6. Les deux premières divisions occupent le sud du pays pour couvrir notamment la capitale, la 3ème division doit défendre Trondheim et Bergen, la 4ème division doit défendre Namsos, la 5ème division doit défendre Narvik et la 6ème division doit défendre Bodo.

Avant la mobilisation les différentes divisions sont organisées de la façon suivante :

-Un état-major

-Un groupement de soutien logistique

-Un régiment d’infanterie à trois compagnies (à la place des quatre bataillons en 1939/40) avec un deuxième régiment en sommeil

-Un régiment de cavalerie avec un escadron monté et trois escadrons en sommeil

-Un bataillon d’artillerie avec une batterie d’active et trois autres de réserve

-Une compagnie de sapeurs-mineurs

-Une compagnie télégraphique

-Une compagnie sanitaire

Après la mobilisation, les divisions norvégiennes doivent normalement être organisées de la façon suivante. Je dis bien normalement car la mobilisation ayant eu lieu en pleine invasion allemande, il y eut parfois des différences entre les divisions.

-Un état-major

-Un groupement logistique

-Deux régiments d’infanterie à quatre compagnies (trois compagnies de fusiliers à quatre sections et une compagnie d’armes lourdes _mitrailleuses et mortiers_)

-Un régiment de cavalerie à trois escadrons montés

-Un régiment d’artillerie à quatre batteries de quatre canons et une batterie antichar à huit pièces.

-Une compagnie de sapeurs-mineurs

-Une compagnie télégraphique

-Une compagnie sanitaire

Organisation de la Nouvelle Armée Royale Norvégienne

Initialement l’armée norvégienne devait être organisée en deux divisions légères d’infanterie et une division blindée mais très vite le gouvernement norvégien à du revoir ses prétentions à la baisse. C’est ainsi que l’armée norvégienne en exil va être organisée de la façon suivante :

-Un état-major

-Quatre brigades d’infanterie motorisées

-Deux régiments d’artillerie indépendants

-Un régiment blindé indépendant

-Deux groupes commandos

M-7 Priest 65

obusier automoteur de 105mm M-7 Priest

Chaque Norske Lysbrigader était organisée en un état-major, un groupement de soutien logistique, un bataillon de reconnaissance (une compagnie de commandement et de soutien, deux compagnies d’autos blindées et une compagnie de chars légers), une compagnie antichar et antiaérienne trois bataillons d’infanterie (une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies d’infanterie et une compagnie d’armes lourdes), un bataillon d’artillerie (une batterie de commandement et de soutien, trois batteries de six canons automoteurs M-7 Priest et une batterie de reconnaissance équipées de M-8 Greyhound) et un bataillon du génie (une compagnie de sapeurs-mineurs, une compagnie de pionniers, une compagnie de pontonniers, une compagnie sanitaire).

Les deux régiments d’artillerie indépendants (un régiment équipé de canons-obusiers de 25 livres et un régiment équipé de canons de 17 livres) étaient organisé de la même façon avec un état-major, une batterie de commandement et de soutien, trois groupes de trois batteries de quatre pièces soit trente-six canons par régiment.

Ordnance QF 17 Pounder 3

Canon de 17 livres

Le régiment blindé indépendant est organisé en un état-major, un escadron de commandement et de soutien, trois escadrons de M-4 Sherman et un escadron d’autos blindées M-8 Greyhound.

Scandinavie (5) Norvège (5)

La Norvège dans le second conflit mondial : conquête, occupation, collaboration et résistance

La conquête de la Norvège (opération Weserübung)

Norvège

Le 5 septembre 1948, les allemands déclenchent l’opération Weserübung en envahissant la Norvège et le Danemark. L’objectif pour les allemands est de prendre le contrôle de ces deux pays pour sanctuariser la Baltique et surtout acquérir des bases aériennes, navales et aéronavales pour opérer plus facilement contre les marines alliées qu’elles soient de guerre ou de commerce.

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22-Armée de terre : armement et matériel (104) ordre de bataille (38)

R-Stratégie générale et plans d’action

Préambule

Mise à part le plan Dyle-Breda imaginé par le général Gamelin, il n’y à pas de véritable stratégie militaire qu’elle soit offensive et défensive. On semble guidé par les événements, réagissant plutôt qu’agissant.

Il y à là à la fois un manque de volonté de prendre l’ennemi à la gorge mais également certaines limites propres aux démocraties. Si l’Allemagne nazie ou l’Italie fasciste peuvent se permettre de violer la neutralité d’un pays pour satisfaire leurs intérêts vitaux, la France et la Grande Bretagne ne peuvent se permettre un tel impair au droit international, impair qui donnerait alors le beau rôle à Rome et surtout à Berlin.

Le général Villeneuve appuyé par le gouvernement conservateur veut rémédier à cela. Ils veulent pouvoir anticiper les actions potentielles de l’ennemi et pour cela décide de tracer des plans militaires d’action tout en améliorant la diplomatie et la propagande.

La renaissance de la Petite Entente

A l’origine la Petite Entente est une alliance militaire passée entre la Tchécoslovaquie, la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes _Yougoslavie à partir de 1929_ signée le 14 août 1920 pour se prémunir de la menace hongroise.

Cette alliance est renforcée par des accords bilatéraux entre la Roumanie et la Tchécoslovaquie (23 avril 1921), entre la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (7 juin 1921) et entre le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes et la Tchécoslovaquie (31 août 1921). La Petite Entente entend garantir, par la force si besoin, les traités de paix et notamment celui de Trianon (4 juin 1920).

Cette alliance est cependant imparfaite et incomplète puisque ne prenant pas en compte les autres menaces que ce soit l’URSS (vis à vis de la Roumanie), l’Italie (vis à vis de la Yougoslavie) ou encore l’Allemagne et la Pologne (vis à vis de la Tchécoslovaquie).

Suite aux accords de Locarno, la France signe des alliances militaires avec Prague (16 octobre 1925), avec Bucarest (10 juin 1926) et Belgrade (novembre 1926).

Cependant cette alliance ne va être d’aucun secours alors que la guerre menace chaque jour un peu plus à la fois en raison des hésitations et de la prudence française mais également en raison des divergences entre signataires et de l’évolution intérieure de ces pays.

Effondrée, ridiculisée, la Petite Entente renait sous une nouvelle forme avec la Yougoslavie et la Grèce avec qui Paris signe des traités d’amitié et de coopération, respectivement le 14 septembre 1945 et le 8 octobre 1946. Des tentatives vis à vis de la Hongrie, de la Roumanie et de la Bulgarie se heurtent à une telle inertie qu’elle équivaut à une fin de non recevoir.

Cette relance est donc limitée mais s’accompagne d’une coopération politique et militaire avec notamment la livraison de matériel militaire moderne ainsi que l’envoi comme dans les années vingt de missions militaires, le général Gamelin dirigeant celle en Yougoslavie et le général Georges celle envoyée en Grèce.

A l’ouest rien de nouveau

Une reprise du plan Dyle-Breda

A l’ouest rien de nouveau en effet car le général Villeneuve privilégie les plaines belges comme théâtre d’opérations principal, une attaque sur le Rhin et un passage en force de la ligne Siegfried lui semblant bien trop hasardeux pour en faire le Schwerpunkt d’une offensive alliée.

La Ligne Maginot sert donc de bouclier et l’aile marchante se trouve entre la mer du Nord et les Ardennes.

En cas d’offensive allemande, les troupes du Groupe d’Armée n°1 à l’exception de la 2ème armée doit pénétrer en Belgique pendant que les Corps d’Armée de réserve et/ou l’Armée Polonaise en France sont mis en alerte prêt à gagner la frontière pour renforcer l’aile marchante ou repousser une percée allemande.

Si les alliés prennent l’offensive, le scénario est le même sauf que les Corps de Réserve gagnent le sud de la Belgique laissant 100 à 150km avec la ligne de front pour soit soutenir les unités engagées ou empêcher d’être débordés par les allemands.

L’objectif est d’atteindre le Rhin, de contrôler ces ponts et ensuite plusieurs options s’ouvrent aux alliés :

-Une option Nord menant à Hambourg, Brême et les ports de la Baltique et pour tendre la main aux danois. Cette option est défendue par les anglais qui voit là un moyen d’isoler la Kriegsmarine en Baltique et tordre définitivement le cou à une menace amphibie sur les côtes anglaises.

Cette hypothèse ne rencontre chez les français que le scepticisme. Les plus virulents y voit qu’une volonté des britanniques que de défendre leurs intérêts et leur sécurité et les plus polis comme le généralissime Villeneuve y voit un intérêt militaire limité à la possibilité d’envoyer renforts et hommes par ces ports (si ils n’ont pas été sabotés et minés par les allemands) et l’armée danoise aurait bien «du mal à s’insérer dans la manoeuvre générale en raison de sa faiblesse numérique et de sa non participation à un conflit depuis 1866».

-L’option Centre est nettement plus intéressante. En effet, il vise à neutraliser la Rhur, l’un des poumons économiques allemands avec la Silésie. Si sa prise ne mettra pas fin à la guerre, elle aurait le mérite de priver l’Allemagne d’une part non négligeable de sa production de charbon et d’acier.

Le Rhin franchit, les forces alliées devraient exercer un mouvement tournant pour encercler cette zone en coopération avec le Groupe d’Armée n°2 qui pourrait lancer une offensive frontale contre le Westwall ou ligne Siegfried ou contourner cette «muraille de l’ouest» par le Sud, ces deux pinces pouvant faire de sacrés dégâts.

-L’Option Sud est fortement liée à la précédente sauf que cette fois l’attaque serait dirigé en direction de la Bavière et de l’Autriche puis de la défunte Tchécoslovaquie, éventuellement en liaison avec l’URSS.

Tout ceci reste bien entendu de grandes théories et comme tous les plans militaires soumis à de nombreux aléas dont le moindre étant la réaction de l’ennemi qui réagit rarement comme on le voudrait dans les simulations. La sagesse militaire disant d’ailleurs que la première victime de la guerre c’est le plan.
Scandinavie et Balkans : deux fronts périphériques

Comme nous l’avons vu, la France avait songé à intervenir en soutien de la Finlande agressée par l’armée Rouge. Cela ne s’est pas fait, la seule assistance étant l’envoi d’armes et de conseillers militaires.

Cela n’empêche pas la France et la Grande Bretagne de surveiller cette région et d’échaffauder des plans d’intervention avec toutes les difficultés que cela comporte : neutralité des pays concernés, absence de frontière terrestre commune obligeant à tout transporter par mer dont le contrôle est disputée par une marine puissante……. .

Si une intervention préventive est impensable pour les raisons expliquées plus haut (une violation de neutralité faisant les affaires de l’Allemagne), une intervention après agression allemande est possible voir même souhaitable.

Débarquer en Finlande ? Peu utile et délicat en raison d’un climat hostile et surtout que ce geste pourrait être mal interprété par Moscou sans parler du fait qu’il faudrait l’accord des finlandais.

Débarquer en Suède ne serait possible qu’en Scanie et nécessiterait une maitrise de la Baltique et une maitrise de l’espace aérien ce qui serait difficile et générait de lourdes pertes.

Il reste donc le Danemark ou la Norvège. Leur contrôle par les allemands serait une catastrophe pour les alliés, permettant aux allemands d’y stationner avions, sous-marins et navires de surface, donnant à l’Allemagne une marge de manoeuvre appréciable.

Entre 1940 et 1948, Paris et Londres essayeront de convaincre Oslo de sortir de sa stricte neutralité et de rejoindre une alliance formelle. Le gouvernement norvégien refusera avec énergie, estimant qu’une telle position provoquerait le courroux allemand.

Il ne reste plus qu’une intervention a posteriori des troupes alliées sous la forme d’un Corps Expéditionnaire composé de troupes anglaises, françaises et polonaises (une brigade de montagne levée en Ecosse) soutenu par les flottes alliées et des forces aériennes basées en Grande Bretagne, essentiellement des unités de la Royal Air Force et quelques unités composées de pilotes polonais et tchèques.

Ce corps expéditionnaire doit soutenir la petite armée norvégienne (8 à 20000 hommes selon les sources) et stabiliser la situation le temps que d’autres unités alliées ne débarquent pour chasser les allemands de Norvège.

Quand au Danemark, le général Villeneuve ne se fait pas d’illusions sur sa capacité de résistance face à une attaque allemande décidée «Au pire, ils laisseront passer les troupes allemandes et au mieux meneront quelques combats pour l’honneur. J’aurais aimé que l’esprit des redoutables vikings animent les soldats danois» (Général Villeneuve Mémoires d’un simple soldat Grasset 1957).

Une intervention en direction du Danemark est écartée, tout juste pourrait-on imaginer un raid aéronaval contre les forces allemandes pour géner leur progression vers la Norvège ou l’action décidée des sous-marins contre les convois venant des ports allemands de la mer du Nord, des piqures d’épingle à l’efficacité limitée.

Dans le cas où l’intervention alliée serait un succès, les troupes déployées en Norvège progresseraient vers le Danemark pour fixer l’ennemi et divertir des forces faisant face aux forces alliées sur le Rhin, dans les plaines belges et aux Pays Bas.

Pour cette intervention en Norvège, la France prévoit d’engager la 1ère Division Légère d’Infanterie, la Brigade de Haute Montagne, des unités de la Légion Etrangère, deux compagnies de chars autonomes, de l’artillerie et des unités de soutien cette force devant servir à «mettre le pied dans la porte», à contrôler les principaux ports pour permettre l’arrivée de renforts plus lourds.

En ce qui concerne les Balkans, la situation est différente et ce pour plusieurs raisons :

-L’Italie est une puissance militaire nettement moins impressionante que l’Allemagne

-Les alliés bénéficient de bases plus proches qu’il s’agisse de l’Egypte et de la Palestine mandataire pour la Grande Bretagne, de la Syrie et du Liban pour la France.

-Des accords militaires ont été signé avec la Grèce et la Yougoslavie, des plans communs signés dans un but défensif ou offensif.

Néanmoins, il est admis que l’intervention alliée est plus probable suite à une attaque allemande ou suite à une demande grecque ou yougoslave d’un soutien militaire pour contrer la Bulgarie à la neutralité bienveillante vis à vis de l’Allemagne et à la Roumanie largement inféodée à Berlin sans oublier la Hongrie du régent Horty.

Néanmoins une option stratégique Balkans est étudiée par l’état-major allié dans le cadre d’une action concertée contre l’Italie.

Une stratégie prévoyant une attaque par l’Albanie suivit d’une remontée par le Monténégro et la Dalmatie en liaison avec l’armée yougoslave direction l’Istrie ce qui permettrait de pénétrer en Italie par le Nord.

Parallèlement, d’autres troupes alliées pourraient débarquer dans la région de Bari et de Tarente pour remontrer la péninsule jusqu’à Rome et hâter la chute d »un régime qui serait durablement affaibli par la perte de la Sardaigne, de la Sicile et de l’Afrique Septentrionnale Italienne, l’actuelle Libye.

Contre l’Italie,une stratégie indirecte

Alliés durant le premier conflit mondial, la France et l’Italie ont oscillé durant l’entre-deux-guerre entre une franche amitié et une hostilité à peine voilée liée à une rivalité maritime (l’Italie ayant obtenu la parité avec la France au traité de Washington en 1922) et aux revendications mussoliniennes sur Nice, la Savoie, la Corse, la Tunisie et Djibouti considérées comme «terres irrédentes».

C’est le refus des français et des anglais de soutenir les prétentions italiennes sur l’Abyssinie qui poussa Rome à mettre bas les masques et se rapprocher clairement de Berlin (axe Rome-Berlin, pacte anti-Kommintern…….).

Durant la guerre de Pologne, l’Italie se déclare en état de non-belligérance, refusant de s’engager clairement aux côtés des troupes allemandes, proposant même sa médiation durant la crise qui mène à l’ouverture du conflit.

Entre 1940 et 1948, une véritable guerre froide règne entre l’Italie et la France, plusieurs incidents de frontière sur les Alpes et dans les colonies sont à deux doigts de déclencher un véritable conflit armé.

Les plan français sont régulièrement revus en fonction de la montée en puissance (relative) des forces italiennes qui sont en septembre 1948 nettement mieux préparées que neuf ans plus tôt.

-Sur les Alpes, la défensive prévaut. Les fortifications de la Ligne Maginot alpine protègent la France d’une attaque italienne surprise et un raid amphibie sur les côtes de Provence serait aisement contré par la 2ème Escadre stationnée à Toulon (cinq cuirassés, un porte-avions, des croiseurs lourds et légers), l’aviation basée dans le Sud-Est et en Corse……. .

L’action semble devoir se déplacer plus au sud en direction de la Sardaigne, de la Sicile et de l’ASI, véritables ventres mous de la défense italienne.

En cas d’attaque italienne sur les Alpes, il est prévu une riposte immédiate de l’aviation avec des raids sur l’industrie dans la région de Turin, sur le port de Gênes pour désorganiser gravement la logistique italienne.

Il est prévu également de mener le même type de raids sur la Sardaigne et la Sicile, des raids d’ampleur pour faire croire à un prochain débarquement allié alors que l’action principale est prévue contre l’ASI pour débarasser l’Afrique du Nord de la présence italienne et sécuriser le flanc sud des alliés pour rendre par exemple plus sure la traversée de convois entre le détroit de Gibraltar et le canal de Suez.

L’action principale sera menée par la France depuis la Tunisie voir l’Algérie, les anglais se contentant de fixer les forces italiennes à Benghazi.

Espagne, Portugal et Turquie : à surveiller

La péninsule ibérique est partagée entre neutralité et engagement aaux côtés des forces de l’Axe notament l’Espagne, Franco devant son arrivée en pouvoir au soutien massif de l’Italie et de l’Espagne et dans une moindre mesure le Portugal de Salazar.

L’hypothèse d’une attaque espagnole qui apparaît probable en 1939 devient de plus en plus improbable au fur et à mesure où les années passent, Franco devant assurer son pouvoir face à des maquis communistes et anarchistes remuants, relancer l’industrie et réparer les dégâts de la guerre civile.

De plus, une politique d’influence est menée vis à vis de la faction pro-alliée du gouvernement espagnol pour faire pencher du côté d’une neutralité bienveillante, la politique extérieure espagnole au grand dam de Ramon Serano Suner, le cunadissimo «le beaufrerissime», beau frère de Franco et accessoirement ministre des Affaires Etrangères, notoirement connu pour ses sympathies pro-allemandes.

Cette politique d’influence est mené en liaison avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis du moins jusqu’en 1944 quand le président Linbergh tourne le dos à l’Europe.

Outre l’action des diplomates français à Madrid et à Lisbonne, on trouve une aide économique en argent et en nature (huile, blé, charbon) sans parler d’une livraison très discrète de matériel militaire.

Résultat si en 1948, des troupes françaises sont déployées dans les Pyrénées c’est plus pour donner le change vis à vis des allemands ce que Franco dans son palais d’Orient à Madrid comprend très bien.

Vis à vis du Portugal, les relations sont polies sans chaleur ni hostilité. L’influence britannique et la faiblesse de l’armée portugaise rend illusoire une action hostile vis à vis de la France, de l’Angleterre et des colonies.

Des plans sont cependant dressés au cas où pour occuper le Maroc espagnol et les colonies portugaises ainsi que les Açores et Madère. Il est néanmoins acquis que ces plans ne seront déclenchés que si Lisbonne nous devient réellement hostile.

En ce qui concerne la Turquie, la cession à Ankara du Sandjak d’Alexandrette en 1939 à amadoué la Turquie peut pressée de répondre aux solicitations allemandes et surtout inquiète du renforcement de la flotte russe reste dans une neutralité prudente.

Orient lointain

En Extrême Orient, la menace japonaise est prégnante. La guerre sino-japonaise lancée en 1937 menace clairement l’Indochine.

De plus, les richesses du Sud-Est asiatique (pétrole des Indes Néerlandaises, caoutchouc de Malaisie, charbon et riz d’Indochine) sont clairement convoitées par le Japon qui sous couvert de «L’Asie aux asiatiques» et de «Sphère de coprospérité» rêve d’agrandir son empire colonial.

Cette menace devient prégnante à partir de 1943 quand une nouvelle offensive réduit encore un peu plus le territoire contrôlé par le Guomintang de Tchang-Kaï-Chek au point que l’on craint un accord entre la Chine et le Japon.

La France renforce clairement ses positions en Indochine avec des unités plus modernes, mieux entrainées et mieux équipées.

La stratégie est clairement défensive mais une défensive agressive s’appuyant sur un relief favorable à la défense. Les priorités sont de couvrir la conurbation Hanoï-Haïphong en s’appuyant sur la ligne Doumer, la frontière ne devant faire l’objet que de combats retardateurs.

Plus au sud, les villes de Hué et de Tourane doivent devenir des forts sur lesquels la machine de guerre nippone doit se briser, le commandement espérant pouvoir tenir une à deux semaines avant de devoir se replier plus au sud.

La base navale de Cam-Ranh avec ses puissantes fortifications doit servir d’abcès de fixation, un point d’ancrage sur lequel la défense doit s’organiser, un assaut japonais direct sur la base semblant peu probable.

Si ou plutôt quand la base est tombée, les forces encore en état de combattre doit lutter en retraitant jusqu’à Saïgon, la capitale de la Cochinchine disposant de fortifications de campagne permettant à la ville de tenir le plus longtemps possible.

Ensuite, quand cessera toute résistance organisée, le commandement français espère en liaison avec des sectes nationalistes voir le parti communiste indochinois organiser un guérilla dans le Delta du Mékong pour rendre la vie impossible aux japonais et les empêcher d’exploiter leur conquête.

Et pour finir…….Le Pacifique

Dans cette région, la France est présente sur le Caillou _La Nouvelle Calédonie_ et en Polynésie, deux territoires aux destins différents.

En effet, si l’archipel polynésien est hors de portée des japonais (qui ne s’y intéressèrent guère), tel n’est pas le cas de la Nouvelle Calédonie qui permettrait en cas de capture par les japonais de menacer les communications entre les Etats Unis et le bloc Australie-Nouvelle Zélande.

D’où le renforcer des installations portuaires et d’entretien, la construction d’une base aérienne/hydrobase/base aéronavale à Nouméa-Tantouta et le déploiement de forces plus modernes qu’elles soient terrestres, aériennes et navales.

Il est prévu que els américains y déploient une division, de l’artillerie et de l’aviation et que Nouméa devienne une base de ravitaillement et une base d’entretien avancé, les navires endommagés par les combat devant y être sommairement réparés avant de rallier Pearl Harbor ou la côte ouest pour une remise en état complète doublée d’une modernisation.

La stratégie est comme ailleurs défensive et dépendra de la capacité ou non des britanniques de tenir la Malaisie et Singapour, aux néerlandais de s’accrocher à leurs Indes et aux américains de rendre très indigeste la conquête des Philippines. Un renforcement des défenses des Salomon par l’Australie est fortement envisagée, une base aérienne devant être construite sur l’île de Guadalcanal.

22-Armée de terre : armement et matériel (54)

O-Uniformes

Préambule

Grande tenue d'officier modèle 1931

Grande tenue d’officier modèle 1931

En septembre 1939, le fantassin français rentre dans une tenue kaki, une tenue base visibilité comme ses alliés britanniques également en kaki et leurs ennemis allemands et italiens en gris-vert.

Ce n’était pourtant que l’aboutissement d’un très long processus, entamé au début du siècle pour aboutir au milieu des années trente après un passage par le bleu horizon du premier conflit mondial.

Quand nait le 20ème siècle, le fantassin français porte la même tenue que le vaincu de 1870 soit un képi rouge, une capote bleue et un pantalon garance.

Cette tenue entourée d’un patriotisme et d’un chauvinisme échevelé apparaît comme une relique sacrée et intouchable ce qui explique l’échec des différentes tentatives pour remplacer la tenue du glorieux vaincu de 1870 par une tenue plus adaptée.

En 1907, l’armée allemande avait adoptée une tenue feld-grau (gris de campagne) qui ringardisait la tenue française certes seyante mais extrêmement voyante.

Représentation de la tenue Reseda

Représentation de la tenue Reseda

En octobre 1910, une commission des uniformes est mise en place pour plancher sur une refonte complète de la tenue des fantassins, des cavaliers et des artilleurs qui doivent recevoir un uniforme de couleur gris vert de teinte dite «réséda».

L’accueil est mitigé en raison d’une couleur très ressemblante avec le feld-grau ce qui pourrait engendrer des «méprises cruelles» comme le note l’Illustration du 3 juin 1911.

Deux bataillons d’infanterie du 106ème RI, un escadron du 5ème chasseurs à cheval et des éléments d’artillerie et du génie du 6ème corps d’armée sont entièrement équipés de cette nouvelle tenue de couleur réséda avec l’introduction d’un casque en liège pour l’infanterie (en acier poli pour la cavalerie et en acier bruni pour l’artillerie).

Les essais montrent la faible visibilité de l’uniforme mais l’opinion publique et ses représentants, les députés le rejette violement. Une nouvelle tenue est expérimentée combinant une vareuse réséda et un pantalon garance qui va rivaliser avec une tenue combinant culotte garance et un drap gris bleu.

Finalement aucun changement n’est mené à bien et nos braves piou-piou rentrent en guerre en septembre 1914 avec une tenue fort semblable à celle du vaincu de 1870.
Cette tenue fait du fantassin français une cible magnifique pour les mitrailleuses allemandes surtout avec une tactique aussi téméraire que celle choisit par l’armée française avant le premier conflit mondial celle d’une charge en terrain découvert.

Les pertes abominables de l’été et l’automne 1914 pousse enfin la France à adopter une tenue basse visibilité de couleur bleu horizon sauf les chasseurs à pied qui conservent le bleu foncé.

C’est dans un uniforme de cette teinte que la France va remporter la guerre bien que le kaki ait également été utilisé notamment par l’Armée d’Orient dans les Balkans. L’impact est tel que l’assemblée élue en 1919 et composée de beaucoup d’anciens combattants sera surnommée la «chambre bleue horizon».

Dès 1921, le kaki avait été reconnu comme plus pratique et offrait une visibilité plus faible sur le champ de bataille. La France se ralliait à un choix fait il y à déjà très longtemps par les armées britanniques et américaines, le tommy et le sammy portant une tenue aux teintes similaires.

Par un souci d’économie bien légitime, si la fabrication du drap fût stoppé, les uniformes distribués en corps de troupe furent portés jusqu’à usure complète des uniformes ce qui explique qu’il fallut attendre 1935 pour que le kaki soit généralisé à toute l’armée.

Toute l’armée ? Non quelques unités firent de la résistance, les chasseurs alpins et les chasseurs à pieds qui conservèrent après une longue bataille avec l’administration leur tenue bleu foncée, devant (théoriquement) porter le casque et la capote kaki en temps de guerre.

Si la tenue de campagne n’offrait que peu de différences d’une arme à l’autre mise à part la coiffure, la couleur des soutaches et des chiffres des pattes de collet entre autres, les tenues de ville et les tenues de parade restaient plus colorées notamment les splendides tenues des légionnaires ou des troupes nord-africaines qu’il s’agisse des zouaves ou des tirailleurs.

La tenue de combat du fantassin va évoluer durant la période de paix armée qui sépare la guerre de Pologne du second conflit mondial.

Le choix d’une conception mécaniste de la guerre entraine l’apparition chez les dragons et les chasseurs portés d’une nouvelle tenue, la tenue modèle 1943 plus légère, d’allure plus sportive, donnant un net coup de jeune à la silhouette du fantassin français même si la généralisation de la tenue ne fût pas possible pour des raisons de coût et d’économie.

Cette tenue s’accompagnait de la généralisation en campagne du port du béret, chaque arme ayant une couleur propre, le béret remplaçant le calot et le bonnet de police dans la plupart des unités, les tirailleurs et les zouaves conservant la chéchia et les légionnaires le képi blanc bien qu’à partir de 1947, un béret vert fût introduit d’abord avec méfiance puis avec davantage de compréhension au sein de cette troupe d’élite.

La tenue modèle 1943 marquait également la fin des bandes molletières remplacées par des guêtres de cuir qui protégeaient le bas du pantalon et faisaient encore avec des chaussures montantes, ancêtres de nos chaussures de randonnée. La capote et le manteau furent remplacés par un manteau court dit «manteau toutes armes modèle 1942».

Des tests de tenue camouflée sont également menés courant 1945 dans le plus grand secret mais en dépit de qualités évidentes, elles ne sont pas adoptées avant le début du second conflit mondial.
Les tenues des hommes du rang

Généralités

Avant même une séparation entre les différentes armes, il existe une distinction supérieure en l’occurence celle qui sépare les Hommes Montés (HM) et les Hommes Non Montés (HNM).

Néanmoins, il existe des points communs, des points de convergence entre les HM et les HNM puisqu’ils disposent en commun des éléments suivants :

-Un casque en acier

-Une coiffure de repos

-Une plaque d’identité

-Une chemise modèle 1935 (puis modèle 1943)

-Une cravate modèle 1935 (couleur kaki identique à celle de l’uniforme)

-Un capote pour les Hommes Non-Montés et un manteau pour les Hommes Montés puis le manteau toutes armes.

-Un jersey modèle 1936 (infanterie et sapeurs mineur), une vareuse (autre armes) et des lainages spéciaux pour les troupes de montagne. Une vareuse remplace le jersey dans toutes les armes à partir du printemps 1940.

-Un pantalon-culotte (HNM) ou une culotte (HM)

-Une paire de bretelles

-Une ceinture de flanelle (laine pour les troupes de forteresse, de montagne, les troupes nord-africaines et les tirailleurs indigènes des troupes coloniales)

-Une paire de brodequins modèle 1917, les troupes de montagne recevant des brodequins spéciaux qui vont inspirer les chaussures montantes de la nouvelle tenue modèle 1943.

Particularités propres à chaque arme (1) : infanterie

Tous les fantassins en tenue de campagne portent la même tenue, en kaki avec un casque en acier (le plus courant étant le modèle 1926) sauf le personnel de la DCA qui dispose d’un casque spécifique, le modèle 1936.

En cantonnement, ils portent une coiffure de repos qu’il s’agisse d’un bonnet de police ou calot, le béret pour les troupes de forteresse, les chasseurs à pied et les chasseurs alpins ou encore la chéchia pour les zouaves et les tirailleurs.

Peu à peu le bonnet de police sera abandonné au profit du béret. Seuls les zouaves et les tirailleurs conserveront leur chéchia, les légionnaires préservant jalousement leur képi blanc tout en acceptant avec moultes réticences l’introduction d’un béret vert.
Par dessus le pantalon-culotte modèle 1922 ou le pantalon toutes armes modèle 1938, la chemise et la vareuse (à partir de 1941), les fantassins portent une capote.

Pour protéger les jambes, les fantassins utilisent des bandes molletières puis des jambières en cuir souple, plus simples à utiliser.

A l’uniforme s’ajoute l’équipement individuel. Un soldat pour vivre en campagne doit être autonome et il porte donc un chargement conséquent.

En 1939-40, on trouve un ancien équipement et l’équipement modèle 1935. Si le premier équipement combine différents effets parfois très anciens comme l’étui-musette modèle 1861, le second comprend des effets datant de 1934/35.

Le milieu alpin étant fort particulier, les troupes qui y combattent reçoivent des équipements particuliers en plus des équipements communs à l’infanterie.

Ils disposent ainsi de brodequins modèle 1930, d’un bâton ferré, d’un manteau à capuchon en plus de la capote alors que les bandes molletières sont remplacés par des bas en laine ou des guêtres spéciales. On trouve également des gants de laine, des lunettes à neige et des raquettes et chaussons à neige.

L’éventuel envoi d’un corps expéditionnaire pour soutenir la Finlande entraina la mise sur pied d’une Brigade de Haute Montagne qui reçut des équipements modernes qui inspirèrent la future tenue modèle 1943 et plus généralement les progrès «vestimentaires» de l’armée française entre 1940 et 1948.

Si le casque est celui standard (avec néanmoins un couvre-casque blanc) et que le béret reste la fameuse tarte, ils reçoivent un chandail avec manches modèle 1940, le blouson de skieur modèle 1940, un manteau à capuchon modèle 1935, une salopette en toile modèle 1938, des brodequins modèle 1940, le reste de l’équipement restant soit celui de l’infanterie soit des troupes de montagne.

Les troupes coloniales ont aussi leurs particularités avec le paletot à deux rangées de bouton qui remplace la vareuse, les pantalons-culotte et culottes sont des modèles spécifiques.

L’introduction de la tenue modèle 1943 entraine la mise au point d’un nouvel équipement très moderne pour l’époque avec une épaisse ceinture de cuir portant des cartouchières, une musette recevant de la nourriture, un crochet pour un masque à gaz et un sac de toile renforcé de cuir transportant le nécessaire pour permettre au fantassin de vivre sur le terrain.

Cet équipement à été distribué d’abord aux dragons et aux chasseurs portés. Ces derniers étaient à l’origine des fantassins avant d’intégrer courant 1943 la nouvelle Arme Blindée-Cavalerie ce qui explique que cette tenue et son équipement puisse être considérée comme appartement à l’infanterie.

Cette tenue est destinée à offrir à son porteur un plus grand confort en tout terrain. Elle est donc destinée en premier lieu aux dragons et aux chasseurs portés. La tenue 1943 se compose d’une chemise et d’une cravate de couleur kaki, d’un pantalon droit, de jambières en cuir et de chaussures montantes.

On trouve également une vareuse et un manteau d’une nouvelle coupe à mi-chemin entre le manteau du cavalier et la lourde capote du fantassin.

21-Armée de terre (18)

Bataillons de chasseurs alpins

Le 24 décembre 1888, douze bataillons de chasseurs à pied deviennent alpins. Ces bataillons sont ceux stationnés au sein des 14ème (Lyon) et 15ème (Nice) régions militaires soit pour la 14ème RM, les 11ème, 12ème, 13ème, 14ème, 22ème, 28ème et 30ème bataillons alors que pour la 15ème RM, on trouve les 6ème, 7ème, 23ème, 24ème et 27ème bataillons.

Conservant la  tenue bleue des chasseurs, ils adoptent cependant rapidement une coiffure propre à savoir la tarte, le grand béret montagnard pendant que leur uniforme s’adapte aux contraintes du combat en montagne.

Au début du premier conflit mondial, comme pour les chasseurs à pieds, les chasseurs alpins crééent de nouvelles unités, sept bataillons de chasseurs alpins territoriaux sont ainsi créés ainsi que des bataillons de réserve, chaque bataillon de réserve portant le numéro de son corps d’origine augmenté de quarante (par exemple le 11ème BCA active le 51ème BCA).

La «Der des ders» terminée, les bataillons de réserve et les bataillons territoriaux sont dissous, ne laissant en ligne que les douze bataillons de chasseurs alpins historiques dont certains participent aux opérations de pacification du Rif, région montagneuse du Maroc où ils ne se sentent guère dépaysés.

Quand éclate la guerre de Pologne, les bataillons de chasseurs alpins sont au nombre de douze comme à leur création avec les stationnements suivants :

-Le 6ème bataillon de chasseurs alpins (6ème BCA) est stationné à Grenoble

-Le 7ème BCA est à Albertville

-Le 9ème BCA à Antibes

-Le 11ème BCA à Gap

-Le 13ème BCA à Chambéry

-Le 15ème BCA à Barcelonnette

-Le 18ème BCA à Grasse

-Le 20ème BCA à Antibes

-Le 22ème BCA à Nice

-Le 24ème BCA à Villefranche-sur-Mer

-Le 25ème BCA à Menton

-Le 27ème BCA à Annecy

Ces bataillons organisés comme les RI type Nord-Est sont répartis au sein de deux des trois divisions d’infanterie alpine ou DIAlp.

-La 27ème Division d’Infanterie Alpine (E.M à Grenoble) dispose de la 5ème demi-brigade de chasseurs alpins qui regroupe les 7ème, 13ème et 27ème bataillons, demi-brigade qui forme la 53ème brigade d’infanterie alpine en compagnie du 99ème régiment d’infanterie alpine (99ème RIA).

Toujours au sein de la 27ème division, on trouve la 7ème demi-brigade de chasseurs alpins qui regroupe les 6ème, 15ème et 23ème bataillons, demi-brigade qui forme la 54ème brigade d’infanterie alpine en compagnie du 159ème RIA.

-La 29ème DIAlp dispose de deux demi-brigades de chasseurs alpins, la 6ème demi-brigade  composée des 22ème, 24ème et 25ème bataillons, demi-brigade qui forme avec le 3ème RIA la 57ème brigade d’infanterie alpine.

La 2ème demi-brigade est formée des 9ème, 18ème et 20ème bataillons qui forment avec le 141ème RIA, la 58ème brigade d’infanterie alpine.

A la mobilisation liée à la guerre de Pologne sont mis sur pied le 199ème bataillon de chasseurs de montagne dont les cadres sont fournis par l’Ecole de Haute Montagne de Chamonix ainsi qu’un total de huit bataillons de chasseurs alpins de série A et douze bataillons alpins de série B, portant le total à trente-six.

Les bataillons de série A prennent le numéro de leurs corps d’origine augmenté de quarante ce qui nous donne les 47ème, 49ème, 53ème, 60ème, 62ème, 64ème, 65ème et 67ème BCA qui sont donc respectivement créés par le 27ème, 29ème, 13ème,20ème,22ème,24ème,25ème et 27ème BCA.

Les bataillons de série B prennent le numéro de leur corps d’origine augmenté de quatre-vingt ce qui nous donne les 86ème, 87ème, 89ème, 91ème, 93ème, 95ème, 98ème, 100ème, 102ème, 104ème 105ème et 107ème mis sur pied depuis les 6ème, 7ème, 9ème, 11ème, 13ème,15ème, 18ème,20ème, 22ème, 24ème, 25ème et 27ème BCA.

Ces vingt bataillons qui sont organisés comme les BCA d’active (un état-major, une compagnie hors rang, trois compagnies de combat, une compagnie d’accompagnement et une section d’éclaireurs skieurs) et les trente six BCA sont répartis en douze demi-brigades de chasseurs alpins :

-La 2ème DBCA regroupe les 9ème, 20ème et 49ème BCA et est rattachée à la 30ème DI

-La 5ème DBCA regroupe les 13ème, 27ème et 67ème BCA puis les 13ème, 53ème et 67ème BCA et est rattachée à la 28ème DIAlp

-La 6ème DBCA regroupe les 24ème, 25ème et 65ème BCA et est rattachée à la 29ème DIAlp

-La 7ème DBCA regroupe les 11ème, 15ème et 28ème BCA et est rattachée à la 27ème DIAlp

-La 22ème DBCA regroupe les 18ème, 23ème et 60ème BCA et est rattachée à la 30ème DIAlp

-La 25ème DBCA regroupe les 7ème, 47ème et 53ème BCA puis les 7ème, 27ème et 47ème BCA, demi-brigade rattachée à la 28ème DIAlp.

-La 26ème DBCA regroupe les 22ème, 62ème et 64ème BCA et est rattachée à la 29ème DIAlp

-La 27ème DBCA regroupe les 6ème, 12ème et 14ème DBCA et est rattachée à la 27ème Division d’Infanterie Alpine.

-La 42ème DBCA regroupe les 89ème, 98ème et 100ème BCA et est intégrée à la 65ème division d’infanterie

-La 45ème DBCA regroupe les 87ème, 93ème et 107ème BCA et est intégrée à la 64ème division d’infanterie

-La 46ème DBCA regroupe les 102ème, 104ème et 105ème BCA et est intégrée à la 65ème division d’infanterie

-La 47ème DBCA regroupe mes 86ème, 91ème et 95ème BCA, cette demi-brigade étant elle aussi placée sous l’autorité de la 65ème DI.

Suite à la démobilisation, les bataillons mobilisés en août 1939 sont dissous, le nombre de BCA retombe donc à douze bataillons de chasseurs alpins

Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, les trois divisions alpines sont toujours en position.

Dès l’été (fin juin-début juillet), des frontaliers et des réservistes avaient été discrètement rappelés pour former des bataillons destinés non pas à être engagés en bloc mais pour préparer une montée en puissance plus rapide en cas de déclenchement du second conflit mondial qui semblait une question de mois voir pire de semaines.

Selon une directive militaire du 17 juillet 1948, il est décidé de mettre sur pied quatre demi-brigade indépendantes de chasseurs alpins à trois bataillons de chasseurs alpins chacun plus une demi-brigade à trois bataillons qui doit rejoindre la 31ème DIAlp de Montpelier qui ne disposait que de deux régiments d’infanterie alpine soit un total de quinze bataillons de chasseurs alpins.

Comme en août 1939, sont d’abord créés les huit bataillons de série A qui ajoutent quarante à leur corps d’origine donnant naissance aux  47ème, 49ème, 53ème, 60ème, 62ème, 64ème, 65ème et 67ème BCA qui sont donc respectivement créés par le 7ème,9ème, 13ème,20ème,22ème,24ème,25ème et 27ème BCA.

A la différence de septembre 1939, seuls sept bataillons de série B sont mis sur pied pour compléter une DBCA indépendante qui regroupe deux bataillons de série A et un bataillon de série B, pour armer complètement la quatrième DBCA indépendante (trois bataillons) et pour armer la demi-brigade appelée à rejoindre la 31ème DIAlp.

C’est ainsi que sont mis sur pied les 86ème, 87ème, 89ème, 91ème, 93ème, 95ème, 98ème BCA,  mis sur pied depuis les 6ème, 7ème, 9ème, 11ème, 13ème,15ème et 18ème BCA.

Cela nous donne le dispositif suivant :

-La 27ème DIAlp regroupe la 5ème DBCA (7ème, 13ème 27ème BCA) ainsi que la 7ème DBCA (6ème 15ème et 23ème BCA)

-La 29ème DIAlp regroupe la 6ème DBCA (22ème 24ème et 25ème) et la 2ème DBCA (9ème 18ème 20ème BCA)

-La 22ème DBCA regroupe ainsi le 47ème, le 53ème et 62ème BCA

-La 25ème DBCA regroupe le 49ème, 60ème et 64ème BCA

-La 26ème DBCA regroupe les 65ème, 67ème et 86ème BCA

-La 27ème DBCA regroupe les 87ème, 91ème et 95ème BCA

-La 42ème DBCA regroupe les 89ème 93ème et 98ème BCA.

Les quatre premières demi-brigade sont déployées dans les Alpes, alors que la 42ème DBCA rallie la région de Montpelier pour renforcer la 31ème DIAlp qui doit dissuader l’Espagne de toute menée hostile à notre égard.

L’invasion allemande de la Norvège entraine la mise en place d’un corps expéditionnaire franco-anglo-polonais. Naturellement, allez combattre dans un pays froid sans les chasseurs alpins serait inconcevable et les hommes à la tarte sont de la partie.

Une Brigade de Haute Montagne (BHM) est ainsi mise sur pied avec la 2ème et la 5ème DBCA qui sont remplacés respectivement au sein de leurs divisions par la 22ème et la 25ème DBCA. La BHM rallie aussitôt les ports de Caen, de Rouen et du Havre pour embarquer à bord de navires réquisitionnés qui rejoindront en mer le gros du convoi parti de Brest.

Quand à la 26ème DBCA elle rejoint ultérieurement la 30ème DIAlp, laissant la 27ème DBCA au sein de la 17ème DI pour peu de temps car dès novembre 1948, elle rallie la Corse pour renforcer les défenses de l’Ile de Beauté assurée par des forces de souveraineté mais également par la 3ème Division Marocaine réactivée à la mobilisation.