URSS (83) Armée de Terre (31)

Uniformes et Equipement

Avant-propos

Armée Rouge 23

Uniforme standard du frontovik avec un fusil mitrailleur Degtyarev

Dans cette partie je vais aborder tout ce qui concerne la question de l’uniforme, de l’équipement individuel et collectif. Cela concernera essentiellement le fantassin, le frontoviki mais il serait aussi question des autres armes de la RKKA comme les tankistes, les cavaliers et les artilleurs.

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Grande Bretagne (89) Armée de terre (14)

Uniformes

Les régiments de la Garde

Encore aujourd’hui la relève de la garde à Buckingham Palace est une attraction appréciée par les nombreux touristes qui visitent la capitale britannique.

Vêtus de leur redingote rouge et d’un bonnet de poil adopté après les guerres napoléoniennes, ces hommes n’en étaient pas moins des soldats d’élite et le second conflit mondial vit les différents régiments de la garde participer aux combats de l’armée britannique.

Les régiments de cavalerie participèrent également au conflit non sur les fiers destriers avec lesquels ils assurent des missions de parade et de représentation mais à bord de blindés.

Faute de temps, la création d’un Household Cavalry Regiment ne peut avoir lieu durant la guerre de Pologne mais en septembre 1948, ce régiment est mis en place suivit d’un deuxième formés par des éléments des Life Guards et des Royal Horse Guards. Equipés de chars Comet, ils vont être déployés au printemps 1949 sur le continent pour participer à la future offensive contre l’Allemagne.

Life Guard

Life Guard

La Household Brigade à connu sa première organisation au moment de la Restauration en 1660 avec d’abord trois régiments, les Life Guards (régiment de cavalerie), les Grenadiers Guards et les Coldstream Guard, ces deux régiments étant des régiments d’infanterie.

Grenadier Guard, acteur de la fameuse relève de la garde

Grenadier Guard, acteur de la fameuse relève de la garde

En 1686, les Scots Guards rejoignirent la Garde et il fallut attendre ensuite le 19ème siècle pour que la composition de la Garde évolue avec l’intégration en 1820 des Horse Guards suivis en 1900 des Irish Guards et en 1915 des Welsh Guards.

Coldstream Guard lors de la cérémonie annuelle "Trooping the colors"

Coldstream Guard lors de la cérémonie annuelle « Trooping the colors »

Chaque régiment se distingue par un uniforme chatoyant et coloré. Ainsi les Life Guards portent une tunique rouge, une culotte blanche et un casque à crinière de cheval blanche. Les Horse Guards portent une tunique bleue foncée avec une aiguillette d’or sur l’épaule droite pour les officiers, une culotte blanche, une cuirasse, un casque à crinière de cheval rouge et des bottes noires.

Scots Guard

Scots Guard

Les régiments d’infanterie (cinq en septembre 1948) portent tous une tunique rouge, un pantalon noir et un bonnet en poil d’ours (ourse pour les officiers) emprunté à l’armée napoléonienne, l’armée britannique ayant pour tradition d’adopter une coiffure issue d’une armée énnemie vaincue (seule exception, elle adopta le béret après le premier conflit mondial).

Irish Guard

Irish Guard

Pour les différencier, il faut faire attention au plumet et aux boutons de la tunique. Les Grenadier Guards dispose d’un plumet blanc à gauche et de boutons à espaces réguliers (car 1er régiment), les Coldstream Guards disposent d’un plumet rouge à droite et de boutons groupés par deux (car 2ème régiment), les Scots Guards n’ont pas de plumet et les boutons sont groupés par trois (car 3ème régiment).

Welsh Guard

Welsh Guard

Les Irish Guard disposentd’un plumet bleu à droite et de boutons groupés par quatre (car 4ème régiment) alors que les Welsh Guard disposent d’un plumet vert et blanc à gauche et de boutons groupés par 5 (car 5ème régiment).

Ces régiments de la garde vont être engagés dans les combats du second conflit mondial d’abord sous la forme de détachements (une compagnie des Irish Guard participe à la bataille de Tromso et une compagnie des Grenadiers Guards est engagée à Bergen) puis sous la forme d’une Household Infantry Brigade à deux régiments (1st et 2nd Household Infantry Regiment) formés sur le même modèle que les régiments de cavalerie.

A noter qu’au cours du conflit, le titre honorifique de Guard fût attribué aux régiments s’étant distingué au combat sans que cela ne change quoi que ce soit dans leur appartenance à leur division d’origine.

Il va s’en dire que ces unités d’élite combattaient avec l’uniforme de l’armée régulière et non avec leur uniforme de parade.

Les uniformes de l’armée régulière

A la différence de la France entrée en guerre avec un uniforme inadapté à la guerre moderne _tunique bleu, pantalon garance_, l’armée britannique disposait depuis très longtemps d’un uniforme basse visibilité de couleur kaki.

En septembre 1939, la majorité des unités britanniques ont déjà reçu la tenue modèle 1937 avec son célèbre battle dress (“blouson de combat”) accompagné d’un pantalon droit, une tenue simple et fonctionnelle.

A l’origine, il n’était prévu aucune marque distinctive pour des raisons de sécurité mais peu à peu aux marques de grade s’ajoutèrent les insignes du régiment.

battle-dress

Le Battle Dress dispose de deux poches à soufflet et patte boutonnée placé sur la poitrine. Tous les boutons (cinq devant, deux de poche et deux en bas des manches) sauf ceux des pattes d’épaule sont dissimulés. Sous le battle-dress se trouve une chemise en flanelle ou en coton

pantalon droit ou kilt pour les unités écossaises ou short pour les unités combattant en milieu désertique. Si le short est toujours largement usité en septembre 1948, le kilt est largement relégué à l’arrière et à la parade.

Avec le short on porte des fausses chaussettes et des guêtrons ou des chaussettes classiques en coton parfois accompagnées de bandes mollétières assez courtes.

Brodequins ferrés à bout rapporté. Ils sont entièrement confectionnés dans un cuir grenelé noirci, ces chaussures sont très appréciées

En matière de coiffure, on trouve le bonnet de police à bord rabattables peu populaire, le béret de couleur noir pour les blindés, marron pour les troupes écossaises (le fameux Tam O’ Shanter). Il faudra attendre le second conflit mondial pour voir apparaitre un nouveau béret, l’amarante des parachutistes et le vert des Royal Marines.

Casque Mk II

Casque Mk II

Quand au casque, il s’agit du casque Mark II, un casque en acier étroitement dérivé du Mark I du premier conflit mondial. En forme de plat à barbe, il était adapté aux coups venant du dessus mais pas vraiment des coups venant des côtés. Des essais sans lendemain pour le remplacer furent menés durant la période 1940-1948.

Le changement interviendra sous l’influence des parachutistes dont le casque était nettement plus couvrant pour protéger la tête des secousses de l’aterrissage. Certaines unités récupéreront ce casque de manière non-officielle avant qu’un nouveau casque ne remplace le “plat à barbe”.

Durant la période de la Pax Armada, la tenue évolue peu, de nouveaux effets apparaissent, l’équipement modèle 1937 reçoit de nouveaux sous-ensembles mais globalement la tenue du fantassin britannique en septembre 1948 est la même qu’en septembre 1939.

Fortifications

Avant-propos

Avec sa situation insulaire, on pourrait s’attendre à ce que l’armée britannique ne dispose d’aucune fortification permanente.

C’est vrai pour le territoire métropolitain (des plans sont dressés pour construire des blockhaus de campagne en cas de menace avérée sur le territoire national,quelques ouvrages construits pour protéger certains sites sensibles) mais pas pour l’outre-mer.

En effet, la British Expeditionnary Force (BEF) s’appuie sur des ouvrages construits par la France et améliorés par la 1st Infantry Division qui reste déployée en France durant la Pax Armada pour montrer la détermination britannique face à l’Allemagne mais également pour accélérer la montée en puissance du dispositif quand une nouvelle guerre éclatera.

Les divisions britanniques déployés au sein du GA2 s’appuient également sur les ouvrages de la ligne Maginot.

En réalité les seuls exemples de fortifications permanentes sont à chercher en Extrême-Orient avec une ligne fortifiée à la frontière entre la Malaisie et la Thaïlande ainsi que des ouvrages isolés pour protéger Hong-Kong et des secteurs clés de la frontière indo-birmane.

Ces ouvrages ne sont cependant pas du niveau de la ligne Maginot, ils sont plus proches de la ligne Doumer, de gros ouvrages de campagne disposant de leurs propres armes (mitrailleuses, canons antichars, mortiers….) et mis en oeuvre par des unités de campagne ce qui nécessite un certain préavis pour occuper les ouvrages.

Si en temps de paix les ouvrages ne sont armés qu’au cours d’exercices ou par des unités manoeuvrant dans la région, dès que la tension montera d’un cran, il est prévu que les ouvrages soient armés, chaque régiment d’infanterie devant disposer d’hommes capables d’occuper rapidement ses ouvrages, des hommes capable d’utiliser les armes, les optiques mais également de savoir réparer un groupe électrogène…. .

Ouvrages fortifiés en Europe

Au printemps 1948, des travaux de fortifications sont menés en Grande-Bretagne pour protéger des sites sensibles.

Les bases aériennes, les bases aéronavales notamment sont protégés par des blockhaus par le Royal Engineer Corps, des ouvrages standardisés avec un ouvrage léger le Mark I équipé de deux mitrailleuses de 7.7mm, un ouvrage medium Mark II avec un canon antichar de 25mm français et une mitrailleuse de 7.7mm et un ouvrage lourd équipé de deux ou trois affûts combinant un canon de 2 livres et une mitrailleuse de 7.7mm, un mortier de 81mm et des fusils-mitrailleurs.

Sur le continent, les divisions d’infanterie britanniques déployées vont s’appuyer sur les fortifications françaises qu’elles soient permanentes ou de campagne.

Le BEF déployé entre la 7ème et la 1ère armée française occupe le Secteur Fortifié de Lille (SFL), un secteur fortifié récent avec des petits ouvrages et non des ouvrages puissants comme en Alsace et en Lorraine.

Le SFL dispose des abris et des blockhaus suivants :

-onze blocs de type Da pour une mitrailleuse, un canon antichar et deux fusils-mitrailleurs

-huit type Db pour une mitrailleuse, un canon antichar et deux fusils-mitrailleurs

-quatre type Dc pour une mitrailleuse, un canon antichar et deux fusils-mitrailleurs

-six type Dd pour une mitrailleuse, un canon antichar et deux fusils-mitrailleurs

-six type Dsd pour une mitrailleuse, un canon antichar et trois fusils mitrailleurs

-cinq type Dsg pour une mitrailleuse, un canon antichar et trois fusils mitrailleurs

-Quatre type Gsd pour une mitrailleuse ou un canon antichar

-Six type Gsg pour une mitrailleuse ou un canon antichar

-Huit type G1 pour une mitrailleuse, un antichar et quatre fusils mitrailleurs

-Cinq type G2 pour une mitrailleuse, un antichar et quatre fusils mitrailleurs

-Deux type G3

On trouve également vingt-trois abris de tir, eux aussi de différents types :

-Trois type N1d pour une mitrailleuse ou un canon antichar (orienté à droite)

-Quatorze type N1f pour une mitrailleuse ou un canon antichar tirant en action frontale

-Quatre type N1g pour une mitrailleuse ou un canon antichar (orienté à gauche)

-Deux type N2g pour une mitrailleuse ou un canon antichar (orienté à gauche)

Enfin on trouve également neuf tourelles démontables (quatre équipés de canons antichars de 25mm et cinq équipés de mitrailleuses de 7.5mm).

Ce sont les seules armes du secteur à calibre français, les armes des abris et des blockhaus étant fournis par la 1st Infantry Division à savoir des canons antichars de 2 livres (puis de 6 livres _environ57mm_), des mitrailleuse Vickers et des fusils-mitrailleurs Bren.

Outre le BEF, l’armée britannique déploie sous commandement français deux corps d’armée, les 4th et 5th British Corps qui dépendent respectivement de la 3ème et de la 4ème armée.

Le 4th British Corps composée de deux divisions de mobilisation (51th Highland Division et 48th Northumberland Division) occupe le Secteur Fortifié de Faulquemont entre le Secteur Fortifié du Boulay à l’ouest et le Secteur Fortifié de la Sarre.

A la différence du Secteur Fortifié de Lille, le Secteur Fortifié de Faulquemont dispose de régiments d’infanterie de forteresse, les 146ème et 156ème RIF qui peuvent passer donc sous commandement britannique en temps de guerre.

Pour éviter des chevauchements préjudiciables en temps de guerre, il est prévu que le SF gère ses positions en cas d’attaque directe sur ses ouvrages, prennant sous son aile les Grandes Unités participant à la défense.

En revanche en cas d’offensive, le SF s’efface devenant une simple entité chargée de l’administration et du soutien logistique, le 4ème Corps d’Armée Britannique prenant alors le contrôle de toutes les unités de combat du secteur.

Le Secteur Fortifié de Faulquemont est subdivisé en deux sous-secteurs, le sous-secteur de Steinbesch et celui du Bois-des-Chênes.

Le premier secteur dispose d’un ouvrage d’infanterie à quatre blocs, de deux petits casemates d’artillerie type CEZF, d’un ouvrage d’infanterie à trois blocs, deux casemates d’artillerie pour deux canons de 75mm type RFM (Région Fortifiée de Metz), quatre casemates cuirassées, une casemate simple flanquant vers le nord, une casemate simple flanquant vers le sud, un ouvrage d’infanterie monobloc et un ouvrage mixte à quatre blocs.

Le second nommé dispose de deux casemates cuirassées, d’un ouvrage d’infanterie à trois blocs, et d’une casemate d’artillerie pour deux canons de 75mm type RFM.

On trouve sur l’ensemble du SF des organisations de campagne à savoir trente-trois blockhaus pour pour mitrailleuses et canons antichars (16 modèle 1935 et 17 modèle 1936, quatre casemates Pamart, sept cuves pour canons de 65mm, trente-quatre tourelles démontables (vingt-deux pour mitrailleuses et douze pour canons de 25mm), huit boucliers pour canon de 25mm, environ quarante PC et huit observatoires.

Le 5th British Corps qui dispose d’une division d’active (5th Infantry Division) et d’une division de mobilisation (42nd East Lancashire Division) couvre le Secteur Fortifié des Vosges.

Ce secteur aux ailes puissantes et au centre plus faible est encadré à l’est par le Secteur Fortifié d’Haguenau et à l’ouest par le Secteur Fortifié de la Sarre.

Comme le SF de Faulquemont, il est divisé en deux sous-secteurs avec chacun un régiment d’infanterie de forteresse mais si le 154ème RIF régiment de mobilisation est maintenu après l’automne 1940, ce n’est pas le cas du 165ème RIF qui est mis en sommeil, les ouvrages sous sa responsabilité étant entretenus et gardés par la 5ème compagnie du 400ème régiment de pionniers.

Le sous-secteur de Phillipsbourg dispose d’un ouvrage d’artillerie à cinq blocs et deux entrées (le Grand-Hohékirkel), deux abris-cavernes à deux coffres, deux casemates simples flanquant vers l’ouest, trois casemates simples flanquant vers l’est, une casemate d’artillerie pour deux matériels de 75mm modèle 1897, cinq blockhaus doubles, une casemate simple, deux blockhaus simples, et trois casemates doubles.

Le sous-secteur de Langensoultzbach dispose d’une casemate simple flanquant vers l’est, d’une casemate simple flanquant vers l’ouest, de deux casemates doubles, d’une casemate cuirassée, d’une casemate d’artillerie pour deux matériels de 75 modèle 1897, sept blockhaus doubles, cinq blockhaus simples flanquant vers l’est, quatre blockhaus simples flanquant vers l’ouest, d’un PO (Petit Ouvrage) à trois blocs (Lembach) et d’un ouvrage d’artillerie à six blocs et deux entrées (ouvrage du Four-à-Chaux).

Ouvrages fortifiés en Extrême-Orient

Malaysian Line

La frontière entre la Thaïlande et la Malaisie mesure 506km de long sur un terrain assez difficile d’accès qui assure longtemps une quasi-protection naturelle.

Seulement à partir des années trente, les relations entre Londres et Bangkok se dégradent, le royaume de Thaïlande tout en proclamant sa neutralité se rapproche peu à peu de Tokyo espérant récupérer des territoires appartenant au protectorat français du Cambodge.

Si une attaque thaïlandaise contre la Malaisie est peu probable, l’utilisation du territoire thaïlandais par l’armée japonaise pour envahir la péninsule malaise est nettement plus probable.

En cas de guerre contre le Japon, la Malaisie est en première ligne et la période 1940-1948 voit le renforcement des moyens de défense déployés dans les territoires de la Fédération.

Les troupes sont mieux entrainées et mieux équipées, des unités de chars y sont déployés. La RAF déploie des avions plus modernes (Hurricane et Stirling notamment)la Royal Navy comme nous l’avons vu aménage une base à Alor Setar.

Pour protéger la frontière malaiso-thaïlandaise, décision est prise en juin 1941 de construire une ligne fortifiée, la Malaysian Line, une ligne discontinue de casemates, de blockhaus et d’abris armés de mitrailleuses, de fusils-mitrailleurs, de canons antichars et de mortiers.

Il n’est pas prévu d’ouvrages d’artillerie mais des emplacements pour des canons de campagne de 25 livres sont aménagés à l’arrière pour couvrir la ligne fortifiée.

Sur les 506km de frontière, on trouve près de 700 ouvrages de différents modèles, plus ou moins puissants.

Les Mark I sont les ouvrages de base avec deux créneaux de mitrailleuses, des Vickers de 7.7mm associé à une cloche d’observation inspirée des modèles installés par la France sur la ligne Maginot.

Les Mark II sont des ouvrages médians avec un créneau combinant un canon de 2 ou de 6 livres et une mitrailleuse de 7.7mm et un créneau équipé de deux mitrailleuses ou de deux fusils-mitrailleurs.

Les Mark III sont les ouvrages les plus puissants avec deux créneaux combinant un canon de 6 livres et une mitrailleuse, une cloche d’observation, une cloche à mitrailleuse et deux mortiers de 3 pouces (76.2mm) installés dans des cuvettes.

Ces ouvrages s’appuient sur le terrain accidenté, les ouvrages se couvrant mutuellement pour éviter les angles morts.

Au printemps 1948, la frontière est bouclée avec des champs de mines et des barbelés, les routes étant munis de barrières mobiles couvertes par des bockhaus.

Bangkok proteste auprès de Londres. Le Foreign Office demande à la Thaïlande de cesser d’encourager les séditions en Indochine et de montrer sa neutralité stricte et entière.

La Thaïlande n’ayant pas répondu à cette demande, les travaux sont poursuivis et mêmes augmentés.

Les mouvements de troupes laissent craindre un conflit armé mais au final les diplomates des deux pays parviennent à éviter un conflit ouvert.

Hong-Kong

D’autres fortifications sont construites sur la frontière entre Hong-Kong et la Chine. Sur 30km, des blockhaus armés de mitrailleuses et de canons antichars sont chargés de défendre la colonie contre une attaque japonaise.

22-Armée de terre : armement et matériel (62)

Les marques de grade

-Pour les officiers, il est représenté par des gallons métallique en trait côtelé de la couleur du bouton (généralement or pour l’infanterie et argent pour la cavalerie même si il existe des exceptions). Les officiers des chasseurs alpins et parfois d’autres unités alpines portent leurs marques de grades en soutache métallique posée en fer de lance.

Le grade de sous lieutenant est symbolisé par une barrette, de lieutenant par deux barrettes, le grade de capitaine par trois barrettes, le chef de bataillon ou d’escadron par quatre barrettes, le grade de lieutenant-colonel et de colonel par cinq barrettes.

Le général de brigade porte deux étoiles, le général de division trois étoiles, le général de corps d’Armée trois étoiles et le général d’armée cinq étoiles.

-Les aspirants (grade le plus élevé chez les sous-officiers) portent une boucle en soutache métallique de la couleur du bouton mêlée d’un cinquième de soie rouge.

-Les adjudants portent un galon métallique en trait côtelé portant une ligne rouge en son centre. Le galon des adjudants-chefs est de la couleur bouton, celui de l’adjudant de la couleur opposé.

-Les sergents (ou maréchaux des logis) portent des galons métalliques en lézarde de la couleur du bouton selon une géométrie semblable à celle de la troupe.

-La troupe (1ère classe, caporaux ou brigadiers) disposent de galons en cul-de-dé (trame à damier) de laine, les galons sur la tenue de sortie étant d’une couleur distinctive et posés en fer de lance ou en V inversé à 55°.

En tenue de campagne, les galons de la troupe apparaissent sous la forme de barrettes obliques de 35mm de long de couleur vert kaki ou vert foncé pour la Légion Etrangère, les chasseurs et les chars de combat.

En tenue de sortie, le grade de caporal-chef est matérialisé par deux chevrons de laine au bas de la manche et une barette en lezarde métallique en haut de la manche, ces trois éléments étant réunis en bas de la manche pour la tenue de campagne.

En temps de paix, les caporaux et brigadiers chefs servant au delà de la durée légale portent une soutache en soie de la couleur des galons de laine en dessous de ces derniers.

P-Équipements collectifs

Dans cette partie,nous allons traiter de l’équipement individuel du soldat, des outils, du matériel de campement, des harnachements de la cavalerie, des équipements de ski et d’alpinisme, des équipements d’optique et de topographie, du matériel de transmission, de protection contre les gaz de combat et du matériel de santé, bref tout ce qui permet au soldat de combattre efficacement sur le terrain.

L’équipement individuel

Appelé également «Grand Équipement», ce terme désigne le paquetage du soldat, ce qui lui permet de tenir en campagne. Comme dans les autres domaines, on trouve en septembre 1939 plusieurs modèles de grands équipements, des version d’origine, des versions modifiées……. .

Après la démobilisation de l’été 1940, on assiste à un remplacement très progressif des anciens équipements par l’équipement modèle 1935 qui aurait pu devenir standard pour les troupes d’active sauf qu’en 1943, un nouveau type d’équipement apparaît, le grand équipement modèle 1943 réservé dans un premier temps comme la tenue du même modèle aux chasseurs et aux dragons portés.

Néanmoins, la situation à l’été 1948 est moins confuse que neuf ans plus tôt. En effet, la majorité des mobilisés vont recevoir l’équipement modèle 1935 et seuls quelques rares unités de série B devront se contenter des équipements anciens modèles généralement pour peu de temps.

L’équipement ancien modèle

C’est un héritage direct du premier conflit mondial, de la guerre des tranchées. Chargés comme des baudets, les fantassins qui se déplacent essentiellement à pied voient leur fardeau allégé avec la mise en place au niveau de la compagnie d’une camionnette d’allégement.

Il se compose d’une paire de bretelles de suspension modèle 1892/14, d’un ceinturon modèle 1903/14, de deux ou trois cartouchières, un porte-baïonnette, un havresac modèle 1893, deux étuis-musette modèle 1861, un bidon de deux litres modèle 1877 et un masque à gaz ANP 31.

Le paquetage en lui même se décline en trois configurations en fonction des situations :

-Le paquetage de route est un équipement complet moins le «ballot individuel», placé dans l’un des étuis-musette porté sur la voiture d’allègement de la compagnie tout comme la demi-couverture individuelle, les ustensiles de campement étant portés sur la cuisine roulante.

-Le paquetage de combat est similaire au paquetage de route mais les outils sur leur porte-outils sont fixés au ceinturon au lieu d’être sur le havresac qui peut recevoir les sac à terre et le matériel collectif de camouflage dont les différents éléments sont dispersés entre les différents soldats du groupe de combat.

-Le paquetage complet est exceptionnel avec en plus du ballot individuel placé au sommet du havresac, les ustensiles de campement collectif (sur le havresac) et la couverture dans le havresac contre le dos. Néanmoins en raison de l’encombrement de la toile de tente et de la couverture, ces derniers éléments sont généralement portés à l’extérieur en boudin.

Le ceinturon toutes armes modèle 1903/14 et les bretelles de suspension modèle 1892/14 sont en cuir fleur. L’étui-musette modèle 1892 est réalisé en toile cachou puis en kaki (vraisemblablement à partir de 1938) alors que les cartouchières sont en cuir. A noter que si le modèle 1916 est le plus courant, on trouve des modèle plus anciens datant de 1905 et de 1888.

Le havresac toutes armes modèle 1893 est de forme parallélépipédique. Il est monté sur un cadre en peuplier contreplaqué formé de quatre planchettes de 105mm de long pour 4mm d’épaisseur. Elles sont renforcées par un tasseau de section triangulaire à chaque angle. Le cadre est recouvert de toile claire de lin ou de chanvre collée sur le bois, le sac proprement dit étant confectionné en forte toile de lin ou de chanvre kaki.

On trouve en septembre 1939, deux porte-baïonnette, le modèle 1888 et le modèle 1915. Cet équipement va peu à peu disparaître, le MAS et ses successeurs disposant d’un emplacement pour transporter la baïonnette.

L’équipement ancien modèle modifié

Dans le but de rendre plus ergonomique l’équipement ancien modèle, ce dernier est modifié au début des années trente et officialisé par le Bulletin Officiel (BO) du 8 juin 1934.

Dans un premier temps, l’infanterie, les dragons portés et les unités divisionnaires du génie sont concernées mais le 25 août 1936 cette mesure est étendue aux pelotons de mitrailleuses et d’engins d’unités portées et plus généralement, à toutes les formations de cavalerie normalement transportées en camions ou en motocyclettes et combattant à pied.

Les destinataires de cet équipement modifié sont les grenadiers VB, les servants d’armes collectives, les transmetteurs et les ordonnances.

Le havresac modèle 1893 modifié 1934 est semblable à son ainé mais les bretelles sont modifiées pour permettre un port lombaire. Les cartouchières sont modifiées pour permettre d’y accrocher la musette et le bidon, ce dernier étant lui aussi modifié. La cartouchière dorsale est supprimée et remplacée par un passant-coulant permettant de fixer l’arme ainsi que le bidon et la musette.

Cet équipement modèle 1934 est modifié en 1935 dans la voie d’une simplification, simplification plus économique que les précédentes.

L’équipement modèle 1935

La mise au point de ce nouvel équipement est lié en partie à l’adoption de la nouvelle tenue kaki mais également l’aboutissement de recherches destiné à simplifier le paquetage, à permettre à n’importe quel homme quelque soit son rôle de porter un même équipement.

Le nouvel équipement est également attribué le 21 avril 1937 aux unités de sapeurs (mineurs, pontonniers, télégraphistes et de chemins de fer). On le trouvera également dans l’artillerie et la cavalerie mais en nombre très limité voir infime.

Cet équipement se compose de bretelles de suspension ancien modèle 1892/1914, un crochet de suspension ancien modèle, un ceinturon ancien modèle 1903/14, une cartouchière droite, une cartouchière gauche, deux boucleteaux de suspension de bidon, une musette, un passant trapézoïdal, un sac supérieur et un sac inférieur. Elle est complétée le cas échéant du porte-baïonnette.
Le havresac est porté en campagne du soldat au sergent-chef compris, à l’exception des ordonnances montées et des infirmiers qui disposent d’un sac spécial. Les conducteurs de véhicules placent leur sac à bord.

D’autres catégories de personnel sont dispensées du port du havresac comme les chef de pièce de mortier de 81mm, les opérateurs radios chargés de l’ER-40. Ils placent dans la musette la marmite, la toile de tente sous la patelette, le bonnet de police roulé dans une poche et la boite à vivres de réserve dans l’autre.

Comme pour l’équipement ancien modèle, on trouve plusieurs configurations dans le domaine du paquetage :

-Le paquetage de route dit «normal» comprend les cartouchières, le sac supérieur avec l’outil, le bidon et la musette.

-Le paquetage de combat comporte en plus le couvre-pieds, les éléments de l’unité collective de camouflage ainsi que le campement collectif (plat à quatre, marmite collective de campement). Les outils sont portés au ceinturon à gauche (à droite pour les hommes munis de baïonnettes se portant au ceinturon).

-Le paquetage complet ou «exceptionnel» utilisé en principe pour de faibles parcours, il comporte en plus le sac inférieur normalement porté sur un véhicule.

Le sac supérieur continent la boite à vivres, la boite à graisse et la brosse d’armes (emballé dans un chiffon puis dans un sac étanche modèle 1939), le jersey modèle 1936, la toile de tente (sauf si le couvre-pied est embarqué, dans ce cas elle est glissée dans la double-patelette), la marmite individuelle de campement (parfois placé dans la musette), un bonnet de police (puis le béret), une serviette, un petit morceau de savon et les objets de toilette.

A l’extérieur, l’outillage ou les éléments de l’unité collective de camouflage, le campement collectif (chaque section dispose d’une marmite collective de campement, deux plats à quatre, deux seaux en toile, deux sacs à distribution et une lanterne pliante par groupe, un moulin à café) et un panneau de jalonnement pour deux hommes.

Dans les poches latérales, on trouve les munitions soit trois chargeurs de FM, une trousse de 75 cartouches dans chaque poche, huit grenades à fusil VB ou six grenades à main, les servants d’engins y mette une boite à graisse et brosses diverses.

-Le sac inférieur transporte la paire de chaussures de repos (qui peut être transportée dans un étui-musette) sous la patelette, une chemise, un caleçon, un mouchoir, une serviette, une cravate, une paire de chaussettes, une brosse, une trousse garnie, un morceau de savon et parfois le jersey modèle 1936.

-La musette comprend à l’intérieur la marmite individuelle de campement, le quart, les couverts, les vivres du jour et un couteau à conserve pour trois hommes, un ouvre-boîtes et une boite de conserve de viande. Dans les poches on trouve deux chargeurs de FM par poche et entre les deux poches la béquille ou le support de tir vertical du FM.

-Les cartouchières modèle 1935 sont réalisées en cuir fauve employé fleur à l’extérieur et peuvent emporter chacune 45 cartouches de 7.5mm par lame-chargeur. Les hommes non armés disposant de cartouchières, celles-ci servant à transporter du matériel.

-La musette comme les sac sont fabriquées en toile de lin ou de chanvre kaki avec une poche principale et donc deux poches sur le devant.

-Les boucleteaux de suspension de bidon mesurent 250mm de long et 18mm de largeur pour permettre le transport du seul bidon réglementaire en l’occurence du bidon modèle 1877.

En dépit de progrès importants, l’équipement modèle 1935 révèle à l’usage quelques défauts qui vont être corrigé en 1937 ce qui nous donne «l’équipement modèle 1935 modifié en 1937» essentiellement pour renforcer les différents éléments de cet équipement.

Un passant-coulant spécial est ajouté pour faciliter le port au ceinturon de certains accessoires spéciaux comme les jumelles et les appareils de pointage. Il remplace donc la cartouchière droite ou gauche tout en permettant le port des bretelles de suspension, du sac supérieur, de la musette ou du bidon.

Autres sacs

-Sac en toile cachou modèle 1902 pour l’artillerie de montagne et dans le train

-Sac d’homme monté d’artillerie modèle 1905

-Sac à paquetage en toile modèle 1935 pour les personnels des véhicules blindés, conducteurs de véhicules automobiles, motocyclistes et équipages de side-cars

-Sacoche pour cycliste et vaguemestre aux armées

-Différents sacs à dos pour troupes de montagne

L’équipement modèle 1943

En dépit de sa modernité, l’équipement modèle 1935 étant encore largement issu du premier conflit mondial. Il était bien adapté pour une infanterie se déplaçant à pied, combattant sur des positions fixes et préparées et non pour une infanterie mordante et manœuvrière, sautant d’un véhicule pour s’emparer d’un objectif.

Cela nécessitait un équipement léger et confortable et surtout d’éviter de charger les hommes des baudets pour les garder souples,félins et manœuvriers.

D’où la mise au point de l’équipement modèle 1943, un équipement véritablement révolutionnaire pour les soldats français mais également pour leurs alliés et leurs ennemis.

Destinés aux dragons et aux chasseurs portés, il se compose d’un gros ceinturon en cuir épais et très large. Muni de crochets, il permet le port de deux cartouchières pour 50 cartouches chacune, un étui à cartes (pour les officiers), le masque à gaz, les jumelles (pour officiers), l’étui pour arme de poing et le bidon.

C’est dans cette configuration que les soldats combattent, une tenue d’assaut légère comme elle est officiellement appelée. Un sac en toile modèle 1943 permet aux soldats de porter les équipements qu’ils veulent posséder sur le terrain pour quelques jours sans s’encombrer.

Les sacs inférieurs et supérieurs sont remplacés par un sac à dos unique à deux soufflets, une poche avant et deux poches latérales, un sac muni de deux anses en cuir et tissu et une ceinturon se fermant sur l’avant pour maintenir le sac le mieux calé possible, un système apprécié des soldats pour les marches en milieu difficile.

Le grand sac dispose de sangles pour porter la toile de tente, la couverture (sur le dessus du sac) et les outils qui sont installés latéralement. L’arme peut également être glissé dans un emplacement du sac comme pour les sacs d’éclaireurs skieurs.

22-Armée de terre : armement et matériel (56)

Les tenues des officiers

Les cinq tenues

Les officiers de l’armée de terre disposent de pas moins de cinq tenues différentes, numérotées 1 à 5 :

Grande tenue d'officier modèle 1931

Grande tenue d’officier modèle 1931 pour un officier de l’infanterie

-La tenue n°1 ou grande tenue

-La tenue n°2 tenue portée le soir, en cérémonie ou en réception privée. Leur port est suspendu le 12 octobre 1939 mais rétablit le 1er septembre 1940 à l’issue de la démobilisation, comme pour marquer symboliquement le retour au temps de paix.

-La tenue n°3 ou tenue de ville se compose du képi, d’une vareuse, d’un pantalon ou d’une culotte pour les officiers montés, d’un manteau (modèle 1932 ou raglant), un ceinturon sans baudrier et des gants blancs

-La tenue n°4 ou tenue de travail (appelé encore tenue de jour) se compose du képi, d’une chemise, d’une vareuse, d’un pantalon ou d’une culotte _ces deux derniers éléments pouvant être en toile_, d’un manteau (modèle 1932, manteau de pluie ou raglant), un ceinturon sans baudrier et des gants fauve foncé. Tous les composants sont kaki sauf le képi.

-La tenue n°5 ou tenue de campagne se compose d’un casque ou d’une coiffure de repos (béret, bonnet de police, chéchia, képi pour la Légion Etrangère), d’une vareuse, d’une culotte, d’un manteau (modèle 1932, manteau léger de pluie ou raglant), ceinturon avec baudrier complet et des gants fauve foncé.

Au niveau de l’équipement, les officiers portent un ceinturon supportant l’étui de l’arme de point, une boussole, une paire de jumelles, un sifflet et un porte-cartes.

Il dispose également d’une plaque d’identité et d’un paquet de pansement sans oublier le masque à gaz. Les hommes non montés disposent également d’un bidon et d’un étui-musette ou d’une sacoche.

Grande tenue spéciale des officiers: les couleurs

La grande tenue spéciale des officiers était la seule trace survivante d’un passé où la guerre voyaient des armées s’affronter en tenues chamarées, une époque où les guerres n’étaient guère moins meurtrière.
Son rétablissement le 1er septembre 1940 est considéré par beaucoup d’historiens comme le retour symbolique au temps de paix même si il s’agissait plus d’une paix armée qu’autre chose.

Infanterie

-La tunique était de couleur bleu noir à l’exception des tirailleurs (bleu clair) et des compagnies sahariennes (garance).

-Les boutons, galons, soutaches du képi et épaulettes étaient en or sauf pour les chasseurs à pied, les chasseurs de combat et l’infanterie légère d’Afrique qui étaient en argent.

-Le calot et le turban du képi est garance sauf les chasseurs à pied et les chars de combat (bleu noir) et les compagnies sahariennes (bleu ciel)

-Le bandeau du képi est de couleur bleu noir sauf pour les tirailleurs (bleu clair) et les compagnies sahariennes (bleu ciel).

-Les numéros et les marques du képi sont en or sauf pour l’infanterie légère d’Afrique, les chasseurs à pied et les chars de combat qui utilisent l’argent.

-Le collet est garance pour l’infanterie et les compagnies sahariennes, bleu noir pour les chasseurs à pied, les zouaves, l’infanterie légère d’Afrique et la Légion Etrangère, gris clair pour les chars de combat et enfin jonquille pour les tirailleurs.

-Les pattes de collet sont bleu noir sauf pour les tirailleurs (bleu clair) et les compagnies sahariennes (garance). L’Infanterie légère d’Afrique à des pattes de collet bleu noir liseré jonquille et pour la Légion bleu noir avec un passepoil vert.

-L’ornement du collet suit les mêmes règles que les numéros et les marques du képi.

-Les pattes de parement sont garance pour l’infanterie et les compagnies sahariennes, bleu noir pour les chasseurs à pied, la Légion Etrangère et l’infanterie légère d’Afrique, gris clair pour les chars de combat, jonquille pour les tirailleurs marocains et inexistants pour pour les zouaves, les tirailleurs algériens et les tirailleurs tunisiens.

-Le pantalon est garance sauf pour les chasseurs à pied qui préfèrent le gris de fer foncé, les chars de combat qui ont opté le bleu gondé et les compagnies sahariennes dont les officiers portent un pantalon bleu ciel.

-Les bandes de passepoil du pantalon sont pour l’infanterie, les zouaves, l’infanterie légère d’Afrique et la Légion Etrangère de couleur bleu noir, jonquille pour les chasseurs à pied, gris clair pour les chars de combat, bleu clair pour les tirailleurs et garance pour les compagnies sahariennes.

-Les plaques de ceinturon sont en or pour l’infanterie, les zouaves, les tirailleurs, la Légion Etrangère et les compagnies sahariennes, argent pour les chasseurs à pied, les chars de combat et l’Infanterie légère d’Afrique.
Cavalerie

-La tunique est bleu noir sauf pour les chasseurs d’Afrique en bleu ciel, la Remonte et les Spahis préférant le garance.

-Les boutons, galons, soutaches du képi ett épaulettes sont en argent sauf pour la Remonte et les spahis qui sont en or.

-Le calot et le turban du képi est de couleur garance

-Le bandeau du képi est bleu noir sauf pour les chasseurs à cheval, les hussards, les groupes d’automitrailleuses, les chasseurs d’Afrique, la Remonte, la Cavalerie d’Ecole et les spahis qui préfèrent le bleu ciel.

-L’ornement du képi est en argent sauf pour la Remonte et les Spahis

-Le collet est garance pour les cuirassiers, les spahis et la Remonte; blanc pour les dragons et les dragons portés; bleu ciel pour les chasseurs à cheval, les hussards, les groupes d’automitrailleuses et la cavalerie d’Ecole, jonquille pour les chasseurs d’Afrique et bleu noir le Régiment Etranger.

-Les pattes de collet sont bleu noir pour les cuirassiers, les dragons, les dragons portés, la Remonte et la Cavalerie d’Ecole; bleu noir avec un passepoil vert pour le Régiment Etranger;garance pour les spahis; bleu ciel avec un passepoil argent pour les Chasseurs à cheval; Bleu ciel sans passepoil pour les hussards et bleu ciel avec passepoil amarante pour les Groupes d’Automitrailleuses.

-Les ornements du collet soit la même règle que pour l’ornement du képi

-Les pattes de parement sont en garance pour les cuirassiers, la Remonte et les spahis; blanches pour les dragons et les dragons portés; bleu ciel pour les chasseurs à cheval, les hussards, les groupes d’automitrailleuses et la Cavalerie d’Ecole; jonquille pour les chasseurs d’Afrique et noir pour le Régiment Etranger.

-Le pantalon est de couleur garance sauf pour la Remonte et les spahis qui est de couleur bleu ciel

-Les bandes ou passepoils du pantalon existe sous la forme d’une bande simple ou d’une double bande.

Les cuirassiers, les dragons, les dragons portés et le Régiment Etranger disposent d’une bande noire; les chasseurs à cheval, les hussards, les Groupes d’Automitrailleuses, les chasseurs d’Afrique et la Cavalerie d’Ecole disposent d’une double bane bleu ciel. Enfin, la Remonte et les spahis disposent d’une double bande garance.

-Les plaques de ceinturon sont en argent sauf pour la Remonte et les spahis qui préfèrent l’or.

 

Artillerie

-Tunique bleu noir

-Boutons, galons, soutaches du képi et épaulettes en or tout comme l’ornement du képi, du collet et la plaque du ceinturon

-Calot, turban et bandeau du képi en bleu noir

-Le collet est écarlate mais les pattes de collet sont bleu noir

-Les pattes de parements sont écarlates

-Le pantalon est bleu noir avec comme passepoils une double bande écarlate.

 

Génie

-Tunique bleu noir

-Boutons, galons, soutaches du képi et épaulettes en or tout comme l’ornement du képi, du collet et la plaque du ceinturon

-Calot, turban et bandeau du képi en bleu noir

-Le collet est bleu noir mais les pattes de collet sont bleu noir avec un liseré écarlate

-Les pattes de parement sont bleu noir

-Le pantalon est bleu noir avec une double bande écarlate comme passepoils

 

Train des équipages

-Tunique bleu noir

-Boutons, galons, soutaches du képi et épaulettes en argent tout comme l’ornement du képi, du collet et la plaque du ceinturon

-Calot et turban du képi en garance alors que le bandeau est en bleu noir

-Le collet est écarlate mais les pattes de collet sont vert foncé

-Les pattes de parement sont écarlates

-Le pantalon est garance avec une bande bleu noir comme passepoil

 

Gendarmerie

-Tunique bleu noir

-Boutons, galons, soutaches du képi, épaulettes, ornement du képi et du collet, plaque du ceinturon en argent

-Calot, turban et bandeau du képi en bleu noir

-Collet et pattes de collet en bleu noir

-Pattes de parement bleu noir

-Pantalon est de couleur «bleu gendarme» avec comme passepoil une double bande bleu noir

 

Garde Républicaine Mobile

-Tunique bleu noir

-Boutons, galons, soutaches du képi, épaulettes, ornement du képi et du collet, plaque du ceinturon en or

-Calot, turban et bandeau du képi en bleu noir

-Collet et pattes de collet en bleu noir

-Pattes de parement bleu noir

-Pantalon est de couleur «bleu gendarme» avec comme passepoil une double bande bleu noir

 

Garde Républicaine de Paris

-Tunique bleu noir

-Boutons, galons, soutaches du képi, épaulettes, ornement du képi et du collet, plaque du ceinturon en or

-Calot, turban et bandeau du képi en bleu noir

-Collet et pattes de collet en bleu noir

-Pattes de parement rouge

-Pantalon est de couleur «bleu gendarme» avec comme passepoil une double bande bleu noir

 

Sapeurs Pompiers de la Ville de Paris

-Tunique bleu noir

-Boutons, galons, soutaches du képi, épaulettes, ornement du képi et du collet, plaque du ceinturon en or

-Calot et turban bleu foncé, le bandeau du képi est de couleur velours noir

-Collet en bleu noir et pattes de collet de couleur velours noir

-Pattes de parement couleur velours noir

-Pantalon bleu foncé avec comme passepoil une bande écarlate
Troupes d’outre-mer

-Pour ce qui est de l’infanterie, les officiers portent une tunique bleu noir avec un pantalon bleu à passepoil écarlate. Le képi est garance (calot et turban) et bleu noir (bandeau) avec des boutons, galons, soutaches du képi, épaulettes, ornement du képi et du collet, plaque du ceinturon en or. Le collet est bleu noir avec des pattes de collet et des pattes de parement de même couleur.

-Les officiers artilleurs en service outre-mer portent une tunique bleu noir avec un pantalon bleu noir à double bande écarlate. Le képi est garance (calot et turban) et bleu noir (bandeau) avec des boutons, galons, soutaches du képi, épaulettes, ornement du képi et du collet, plaque du ceinturon en or. Le collet est écarlate avec des pattes de collet bleu noir et des pattes de parement écarlates.

-Les médecins portent une tunique bleu noir avec un pantalon bleu à liseré écarlate. Le képi est bleu noir (calot et turban) et velours cramoisi (bandeau) avec des boutons, galons, soutaches du képi, épaulettes, ornement du képi et du collet, plaque du ceinturon en or. Le collet est velours cramoisi avec des pattes de collet bleu noir et des pattes de parement de couleur velours cramoisi.

-Les pharmaciens portent une tunique bleu noir avec un pantalon bleu à liseré écarlate. Le képi est bleu noir (calot et turban) et velours vert (bandeau) avec des boutons, galons, soutaches du képi, épaulettes, ornement du képi et du collet, plaque du ceinturon en or. Le collet est velours vert avec des pattes de collet bleu noir et des pattes de parement de couleur velours vert.

-Les officiers de l’intendance portent une tunique bleu noir avec un pantalon bleu à passepoil écarlate. Le képi est garance (calot et turban) et bleu noir (bandeau) avec des boutons, galons, soutaches du képi, épaulettes, ornement du képi et du collet, plaque du ceinturon en argent. Le collet est bleu noir avec des pattes de collet et des pattes de parement de même couleur.

-Les officiers de l’administration portent une tunique bleu noir avec un pantalon bleu à passepoil écarlate. Le képi est bleu noir avec des boutons, galons, soutaches du képi, épaulettes, ornement du képi et du collet, plaque du ceinturon en or. Le collet est bleu noir avec des pattes de collet et des pattes de parement de même couleur.

 

Services

-Le Service de Santé voit ses officiers porter une tunique bleu noir; des boutons, galons, soutaches du képi, épaulettes, ornement du képi et du collet, plaque du ceinturon en or; le calot et le turban du képi sont garance à la différence du bandeau qui est de couleur velours cramoisi.

Le collet est de couleur velours cramoisi avec des pattes de collet de couleur bleu noir; les pattes de parement sont écarlates; le pantalon est bleu noir avec comme passepoil une double bande écarlate.

-Les officiers pharmaciens portent une tunique bleu noir; des boutons, galons, soutaches du képi, épaulettes, ornement du képi et du collet, plaque du ceinturon en or; le calot et le turban du képi sont garance à la différence du bandeau qui est de couleur velours vert.

Le collet est de couleur velours vert avec des pattes de collet de couleur bleu noir; les pattes de parement sont de couleur velours vert; le pantalon est garance avec comme passepoil une bande bleue noir.

-Les dentistes portent une tunique bleu noir; des boutons, galons, soutaches du képi, épaulettes, ornement du képi et du collet, plaque du ceinturon en or; le calot et le turban du képi sont garance à la différence du bandeau qui est de couleur velours brun.
Le collet est de couleur velours prune avec des pattes de collet de couleur bleu noir; les pattes de parement sont de couleur velours prune; le pantalon est garance avec comme passepoil une bande bleue noir.

-Les vétérinaires portent une tunique bleu noir; des boutons, galons, soutaches du képi, épaulettes, ornement du képi et du collet, plaque du ceinturon en argent; le calot et le turban du képi sont garance à la différence du bandeau qui est de couleur velours grenat.

Le collet est de couleur velours grenat avec des pattes de collet de couleur bleu noir; les pattes de parement sont de couleur velours grenat; le pantalon est garance avec comme passepoil une bande bleue noir.

-Les officiers de l’Intendance portent une tunique bleu noir; des boutons, galons, soutaches du képi, épaulettes, ornement du képi et du collet, plaque du ceinturon en argent; le calot et le turban du képi sont garance à la différence du bandeau qui est de couleur bleu noir.

Le collet est de couleur bleu noir avec des pattes de collet de couleur velours bleu foncé; les pattes de parement sont de couleur bleu noir; le pantalon est garance avec comme passepoil une bande bleue noir.

-Les officiers de l’Administration portent une tunique bleu noir; des boutons, galons, soutaches du képi, épaulettes, ornement du képi et du collet, plaque du ceinturon en or; le calot et le turban du képi sont garance à la différence du bandeau qui est de couleur bleu noir.

Le collet est de couleur bleu noir avec des pattes de collet de même couleur; les pattes de parement sont de couleur bleu noir; le pantalon est garance avec comme passepoil une bande bleue noir.

-Les officiers de la Justice Militaire portent une tunique bleu noir; des boutons, galons, soutaches du képi, épaulettes, ornement du képi et du collet, plaque du ceinturon en or; le calot le turban et le bandeau du képi sont de couleur bleu noir.

Le collet est de couleur velours noir avec des pattes de collet bleu noir; les pattes de parement sont de couleur velours noir; le pantalon est bleu noir sans bande de passepoil.

22-Armée de terre : armement et matériel (55)

Particularités propres à chaque arme (2) : cavalerie

Les cavaliers des régiments et escadrons de la cavalerie métropolitaine demeurés à cheval (cuirassiers, dragons, chasseurs, hussards,GRCA et GRDI) sont habillés en hommes montés.

Ils portent en campagne le casque standard et au cantonnement le bonnet de police. Suite à la motorisation des unités de cavalerie métropolitaines et la fusion «chars de l’infanterie» et «cavalerie» au sein de l’arme blindée-cavalerie, tous les cavaliers reçoivent le béret noir.

Ils combattent en manteau ou en vareuse, portant la culotte d’un homme monté, des jambières d’homme monté et d’éperons.

Les spahis ont des équipements particuliers propres à leur arme avec une chechia cramoisie pour les européens et une coiffure arabe avec chèche kaki clair pour les indigènes; une gandoura souvent portée par dessus le manteau, un burnous de drap garance (spahis algériens) ou bleu foncé (spahis marocains) et un équipement particulier de type saharien.

Les dragons portés (puis également les chasseurs portés) portent le casque du modèle général puis le casque modèle 1935/40 des troupes motorisées, des lunettes pour troupes motorisées, un chèche, un manteau en capuchon et un tour de cou.

Le reste de la tenue est semblable à ceux des cavaliers avec la vareuse, le pantalon droit, les jambières et les chaussures montantes.

Les dragons et les chasseurs portés sont les premiers à recevoir la tenue modèle 1943 décrite plus haut.

Particularités propres à chaque arme (3) : artillerie

Les artilleurs sont habillés en hommes montés ou en hommes non montés, la première catégorie correspondant à l’artillerie motorisée, à l’artillerie antichar et antiaérienne, la seconde catégorie correspondant à l’artillerie hippomobile.

En ce qui concerne le couvre-chef, dans le cantonnement, ils portent le bonnet de police, la chechia pour l’artillerie d’Afrique ou encore le béret pour l’artillerie de forteresse. Ultérieurement, le béret va peu à peu remplacer le bonnet de police et la chéchia de l’artillerie d’Afrique.

En ce qui concerne le casque, les artilleurs portent le casque standard sauf les artilleurs antichars qui portent le casque des troupes motorisées (modèle 1935) et les artilleurs antiaériens qui portent un casque spécifique, le modèle 1936.

En ce qui concerne l’équipement, les artilleurs ont longtemps utilisé des équipements anciens qu’il s’agisse d’un ceinturon modèle 1903/14 ou du bidon à deux litres modèle 1877, l’élément le plus moderne étant le masque à gaz ANP 31. Ils portent le havresac modèle 1893 ou portent le sac à paquetage modèle 1935.

Comme toutes les armes, les artilleurs vont moderniser très progressivement leur équipement. Les artilleurs des Divisions Cuirassés et des Divisions Légères Mécaniques (groupes de canons d’assaut, régiment d’artillerie tractée tout terrain et régiments d’artillerie autoportée, unités antichars et antiaériennes) recevant une tenue modèle 1943 adaptée, les autres régiments d’artillerie conservant la tenue dont ils disposaient en 1939-40 avec des améliorations progressives et a minima.

Particularités propres à chaque arme (4) : sapeur

Comme les artilleurs, ils sont montés en hommes montés ou en hommes non-montés. Ils ne disposent pas de particularités particulières au niveau de l’habillement.

En ce qui concerne le couvre-chef, ils portent le bonnet de police dans toutes les unités sauf dans les unités du génie de forteresse qui portent le béret, une généralisation d’une pratique non officielle mais tolérée jusque là.

En ce qui concerne l’équipement, il est semblable à celui des artilleurs. Les sapeurs des DC et des DLM vont recevoir une tenue modèle 1943 adaptée à leurs besoins particuliers.

Particularités propres à chaque arme (5) : le train

Les tringlots (appelés officiellement conducteurs et ce quelque soit leur fonction au sein de cette arme de l’ombre) sont habillés en hommes non montés dans les unités motorisées et en hommes montés dans les unités hippomobiles.

Ils portent une salopette modèle 1935 en toile kaki, une chemise kaki, une vareuse, un manteau, une chèche, un casque modèle 1926 et des lunettes.

Son équipement est des plus réduits avec un ceinturon, une ou deux cartouchières (chargeurs de PA et de PM), deux étuis musette, un masque à gaz, un bidon de deux litres et un sac en toile.

Particularités propres à chaque arme (6) : troupes motorisées

Les personnels des chars de combat (qui en 1939, appartiennent à l’infanterie) ainsi que les personnels des automitrailleuses portent la salopette de toilette modèle 1935, un veston en cuir modèle 1935, un petit béret noir _ultérieurement généralisé à toute l’Arme Blindée Cavalerie_, un casque modèle 1935, des gants, un tour de cou, une chèche.

Au cantonnement, ils portent le pantalon-culotte modèle 1922 ou le pantalon toutes armes modèle 1918 avec des molletières puis des jambières, la vareuse. Ils disposent également de deux bleus de travail.

Au niveau de l’équipement, on trouve un ceinturon avec une ou deux cartouchières pour PA et PM, ils portent également un poignard, un masque à gaz. Le havresac modèle 1893 ou le sac à paquetage modèle 1935, les étuis-musette modèle 1861 et le bidon de deux litres modèle 1877 ne sont pas embarqués dans le char ou le véhicule blindé.

Les motocyclistes et équipages de side-cars portent une chemise kaki, une salopette imperméabilisée modèle 1938, un paletot imperméabilisé modèle 1938 ou un veston de cuir modèle 1938 (motocyclistes des unités de chars), un manteau à capuchon (passager du side-car), des jambières de cuir pour les motocyclistes des unités de cavalerie.

Ils portent également le casque des troupes motorisées modèle 1935 et les effets correspondant à leur corps : manteau ou capote, béret, chéchia ou bonnet de police. N’oublions pas également le tour de cou, la chèche et le bleu de travail.

Devant la masse de motocyclistes à équiper à la mobilisation, beaucoup de motocyclistes mobilisés recevront la collection modèle 1935 voir même pour certains des vestons de cuir noir modèle 1920.

En ce qui concerne l’équipement des motocyclistes, on trouve un ceinturon, une ou deux cartouchières, un sac à paquetage modèle 1935, deux étuis-musette, un bidon de deux litres et un masque à gaz ANP 31. Cet équipement évolue assez peu jusqu’en 1948.

Les tenues des sous-officiers

Les adjudants-chefs et les adjudants portent le même équipement que les officiers sauf la culotte qui est kaki avec un passepoil kaki foncé.

Les sergents-chefs et les sergents portent la même tenue de campagne que la troupe ainsi que les mêmes effets.

22-Armée de terre : armement et matériel (54)

O-Uniformes

Préambule

Grande tenue d'officier modèle 1931

Grande tenue d’officier modèle 1931

En septembre 1939, le fantassin français rentre dans une tenue kaki, une tenue base visibilité comme ses alliés britanniques également en kaki et leurs ennemis allemands et italiens en gris-vert.

Ce n’était pourtant que l’aboutissement d’un très long processus, entamé au début du siècle pour aboutir au milieu des années trente après un passage par le bleu horizon du premier conflit mondial.

Quand nait le 20ème siècle, le fantassin français porte la même tenue que le vaincu de 1870 soit un képi rouge, une capote bleue et un pantalon garance.

Cette tenue entourée d’un patriotisme et d’un chauvinisme échevelé apparaît comme une relique sacrée et intouchable ce qui explique l’échec des différentes tentatives pour remplacer la tenue du glorieux vaincu de 1870 par une tenue plus adaptée.

En 1907, l’armée allemande avait adoptée une tenue feld-grau (gris de campagne) qui ringardisait la tenue française certes seyante mais extrêmement voyante.

Représentation de la tenue Reseda

Représentation de la tenue Reseda

En octobre 1910, une commission des uniformes est mise en place pour plancher sur une refonte complète de la tenue des fantassins, des cavaliers et des artilleurs qui doivent recevoir un uniforme de couleur gris vert de teinte dite «réséda».

L’accueil est mitigé en raison d’une couleur très ressemblante avec le feld-grau ce qui pourrait engendrer des «méprises cruelles» comme le note l’Illustration du 3 juin 1911.

Deux bataillons d’infanterie du 106ème RI, un escadron du 5ème chasseurs à cheval et des éléments d’artillerie et du génie du 6ème corps d’armée sont entièrement équipés de cette nouvelle tenue de couleur réséda avec l’introduction d’un casque en liège pour l’infanterie (en acier poli pour la cavalerie et en acier bruni pour l’artillerie).

Les essais montrent la faible visibilité de l’uniforme mais l’opinion publique et ses représentants, les députés le rejette violement. Une nouvelle tenue est expérimentée combinant une vareuse réséda et un pantalon garance qui va rivaliser avec une tenue combinant culotte garance et un drap gris bleu.

Finalement aucun changement n’est mené à bien et nos braves piou-piou rentrent en guerre en septembre 1914 avec une tenue fort semblable à celle du vaincu de 1870.
Cette tenue fait du fantassin français une cible magnifique pour les mitrailleuses allemandes surtout avec une tactique aussi téméraire que celle choisit par l’armée française avant le premier conflit mondial celle d’une charge en terrain découvert.

Les pertes abominables de l’été et l’automne 1914 pousse enfin la France à adopter une tenue basse visibilité de couleur bleu horizon sauf les chasseurs à pied qui conservent le bleu foncé.

C’est dans un uniforme de cette teinte que la France va remporter la guerre bien que le kaki ait également été utilisé notamment par l’Armée d’Orient dans les Balkans. L’impact est tel que l’assemblée élue en 1919 et composée de beaucoup d’anciens combattants sera surnommée la «chambre bleue horizon».

Dès 1921, le kaki avait été reconnu comme plus pratique et offrait une visibilité plus faible sur le champ de bataille. La France se ralliait à un choix fait il y à déjà très longtemps par les armées britanniques et américaines, le tommy et le sammy portant une tenue aux teintes similaires.

Par un souci d’économie bien légitime, si la fabrication du drap fût stoppé, les uniformes distribués en corps de troupe furent portés jusqu’à usure complète des uniformes ce qui explique qu’il fallut attendre 1935 pour que le kaki soit généralisé à toute l’armée.

Toute l’armée ? Non quelques unités firent de la résistance, les chasseurs alpins et les chasseurs à pieds qui conservèrent après une longue bataille avec l’administration leur tenue bleu foncée, devant (théoriquement) porter le casque et la capote kaki en temps de guerre.

Si la tenue de campagne n’offrait que peu de différences d’une arme à l’autre mise à part la coiffure, la couleur des soutaches et des chiffres des pattes de collet entre autres, les tenues de ville et les tenues de parade restaient plus colorées notamment les splendides tenues des légionnaires ou des troupes nord-africaines qu’il s’agisse des zouaves ou des tirailleurs.

La tenue de combat du fantassin va évoluer durant la période de paix armée qui sépare la guerre de Pologne du second conflit mondial.

Le choix d’une conception mécaniste de la guerre entraine l’apparition chez les dragons et les chasseurs portés d’une nouvelle tenue, la tenue modèle 1943 plus légère, d’allure plus sportive, donnant un net coup de jeune à la silhouette du fantassin français même si la généralisation de la tenue ne fût pas possible pour des raisons de coût et d’économie.

Cette tenue s’accompagnait de la généralisation en campagne du port du béret, chaque arme ayant une couleur propre, le béret remplaçant le calot et le bonnet de police dans la plupart des unités, les tirailleurs et les zouaves conservant la chéchia et les légionnaires le képi blanc bien qu’à partir de 1947, un béret vert fût introduit d’abord avec méfiance puis avec davantage de compréhension au sein de cette troupe d’élite.

La tenue modèle 1943 marquait également la fin des bandes molletières remplacées par des guêtres de cuir qui protégeaient le bas du pantalon et faisaient encore avec des chaussures montantes, ancêtres de nos chaussures de randonnée. La capote et le manteau furent remplacés par un manteau court dit «manteau toutes armes modèle 1942».

Des tests de tenue camouflée sont également menés courant 1945 dans le plus grand secret mais en dépit de qualités évidentes, elles ne sont pas adoptées avant le début du second conflit mondial.
Les tenues des hommes du rang

Généralités

Avant même une séparation entre les différentes armes, il existe une distinction supérieure en l’occurence celle qui sépare les Hommes Montés (HM) et les Hommes Non Montés (HNM).

Néanmoins, il existe des points communs, des points de convergence entre les HM et les HNM puisqu’ils disposent en commun des éléments suivants :

-Un casque en acier

-Une coiffure de repos

-Une plaque d’identité

-Une chemise modèle 1935 (puis modèle 1943)

-Une cravate modèle 1935 (couleur kaki identique à celle de l’uniforme)

-Un capote pour les Hommes Non-Montés et un manteau pour les Hommes Montés puis le manteau toutes armes.

-Un jersey modèle 1936 (infanterie et sapeurs mineur), une vareuse (autre armes) et des lainages spéciaux pour les troupes de montagne. Une vareuse remplace le jersey dans toutes les armes à partir du printemps 1940.

-Un pantalon-culotte (HNM) ou une culotte (HM)

-Une paire de bretelles

-Une ceinture de flanelle (laine pour les troupes de forteresse, de montagne, les troupes nord-africaines et les tirailleurs indigènes des troupes coloniales)

-Une paire de brodequins modèle 1917, les troupes de montagne recevant des brodequins spéciaux qui vont inspirer les chaussures montantes de la nouvelle tenue modèle 1943.

Particularités propres à chaque arme (1) : infanterie

Tous les fantassins en tenue de campagne portent la même tenue, en kaki avec un casque en acier (le plus courant étant le modèle 1926) sauf le personnel de la DCA qui dispose d’un casque spécifique, le modèle 1936.

En cantonnement, ils portent une coiffure de repos qu’il s’agisse d’un bonnet de police ou calot, le béret pour les troupes de forteresse, les chasseurs à pied et les chasseurs alpins ou encore la chéchia pour les zouaves et les tirailleurs.

Peu à peu le bonnet de police sera abandonné au profit du béret. Seuls les zouaves et les tirailleurs conserveront leur chéchia, les légionnaires préservant jalousement leur képi blanc tout en acceptant avec moultes réticences l’introduction d’un béret vert.
Par dessus le pantalon-culotte modèle 1922 ou le pantalon toutes armes modèle 1938, la chemise et la vareuse (à partir de 1941), les fantassins portent une capote.

Pour protéger les jambes, les fantassins utilisent des bandes molletières puis des jambières en cuir souple, plus simples à utiliser.

A l’uniforme s’ajoute l’équipement individuel. Un soldat pour vivre en campagne doit être autonome et il porte donc un chargement conséquent.

En 1939-40, on trouve un ancien équipement et l’équipement modèle 1935. Si le premier équipement combine différents effets parfois très anciens comme l’étui-musette modèle 1861, le second comprend des effets datant de 1934/35.

Le milieu alpin étant fort particulier, les troupes qui y combattent reçoivent des équipements particuliers en plus des équipements communs à l’infanterie.

Ils disposent ainsi de brodequins modèle 1930, d’un bâton ferré, d’un manteau à capuchon en plus de la capote alors que les bandes molletières sont remplacés par des bas en laine ou des guêtres spéciales. On trouve également des gants de laine, des lunettes à neige et des raquettes et chaussons à neige.

L’éventuel envoi d’un corps expéditionnaire pour soutenir la Finlande entraina la mise sur pied d’une Brigade de Haute Montagne qui reçut des équipements modernes qui inspirèrent la future tenue modèle 1943 et plus généralement les progrès «vestimentaires» de l’armée française entre 1940 et 1948.

Si le casque est celui standard (avec néanmoins un couvre-casque blanc) et que le béret reste la fameuse tarte, ils reçoivent un chandail avec manches modèle 1940, le blouson de skieur modèle 1940, un manteau à capuchon modèle 1935, une salopette en toile modèle 1938, des brodequins modèle 1940, le reste de l’équipement restant soit celui de l’infanterie soit des troupes de montagne.

Les troupes coloniales ont aussi leurs particularités avec le paletot à deux rangées de bouton qui remplace la vareuse, les pantalons-culotte et culottes sont des modèles spécifiques.

L’introduction de la tenue modèle 1943 entraine la mise au point d’un nouvel équipement très moderne pour l’époque avec une épaisse ceinture de cuir portant des cartouchières, une musette recevant de la nourriture, un crochet pour un masque à gaz et un sac de toile renforcé de cuir transportant le nécessaire pour permettre au fantassin de vivre sur le terrain.

Cet équipement à été distribué d’abord aux dragons et aux chasseurs portés. Ces derniers étaient à l’origine des fantassins avant d’intégrer courant 1943 la nouvelle Arme Blindée-Cavalerie ce qui explique que cette tenue et son équipement puisse être considérée comme appartement à l’infanterie.

Cette tenue est destinée à offrir à son porteur un plus grand confort en tout terrain. Elle est donc destinée en premier lieu aux dragons et aux chasseurs portés. La tenue 1943 se compose d’une chemise et d’une cravate de couleur kaki, d’un pantalon droit, de jambières en cuir et de chaussures montantes.

On trouve également une vareuse et un manteau d’une nouvelle coupe à mi-chemin entre le manteau du cavalier et la lourde capote du fantassin.