Pologne et Pays Neutres (43) Irlande (4)

Arthur Griffith

Arthur Griffith Art Ó Gríobhtha (Dublin 31 mars 1871 Dublin 12 août 1922) était un journaliste et homme d’Etat irlandais qui créa le Sinn Fein avant de symboliser avec Michaels Collins et Eamon de Valera la lutte de l’Irlande pour sa liberté et son indépendance.

Après une formation d’imprimeur, il devient journaliste mais aussi écrivain. Il devient très vite un moteur du nationalisme irlandais, intégrant plusieurs organisations et notamment l’IRB qu’il quitte en 1910.

Il émigré en Afrique du Sud entre 1896 et 1898, soutenant les Boers contre les britanniques. Il devient un admirateur inconditionnel de Paul Kruger.

A son retour en Irlande il reprend l’hebdomadaire The United Irishman (créé en 1848) pui fonde en 1900 le Cumann na nGaedhael. En 1905 il créé le Sinn Fein mais l’année suivante son journal fait faillite mais il le relance en 1907 sous le nom de Sinn Fein (il est interdit en 1914 mais recréé sous le nom de Nationality).

En 1913 il soutien la création des Irish Volunteers en réponse à la création par les unionistes protestants d’Ulster de l’UVF (Ulster Volunteer Force).

En juillet 1914 il participe aux incidents de Howth, un débarquement de fusils par le romancier Robert Erskine Childers provoque l’intervention de l’armée britannique et la mort de trois personnes.

Nationaliste, Griffith n’était pas parmi les plus extrémistes, n’excluant pas forcément un lien avec l’empire britannique rêvant d’une monarchie duale anglo-irlandaise où les deux partenaires seraient sur un pied d’égalité.

Signe qui ne trompe pas il ne participe pas au soulèvement de Pâques le 24 avril 1916 le jugeant non seulement prématuré mais surtout contre-productif.

Il est pourtant arrêté car considéré à l’origine du soulèvement. Cela donne le coup de fouet nécessaire au développement du parti. Surtout l’impitoyable répression britannique en partie liée au fait que nous étions en pleine première guerre mondiale retourne l’opinion. Alors qu’initialement les insurgés étaient vus comme des traitres (de nombreux irlandais combattaient en France) ils sont bientôt vus comme des martyrs et des héros.

Il à nouveau arrêté dans la nuit du 17 mai 1918 et durant sa détention il est élu député de l’East Cavan. Libéré il va siéger non pas à Westminster mais à l’hôtel de ville de Dublin où un parlement irlandais est rreconstitué. Il devient président du Dail en juin 1919 en remplacement de De Valera parti plaider la cause irlandaise aux Etats-Unis. Il est à nouveau emprisonné ce qui à un impact sérieux sur sa santé.

En octobre 1921 il est à la tête avec Michaels Collins de la délégation irlandaise chargée de négocier la paix. Le traité anglo-irlandais met fin à la guerre d’indépendance mais marque le début de la guerre civile irlandaise, pro et anti-traités se déchirant, Griffith faisant naturellement parti des premiers.

Il meurt d’une hemorragie cérébrale le 12 août 1922 sans avoir pu voir la fin de la lutte fratricide entre anciens compagnons d’armes.

Très vite oublié, Arthur Griffith n’à été à nouveau mis en valeur qu’au début des années soixante-dix au moment du cinquantième anniversaire de la création de l’Etat Libre d’Irlande (1921-1971), une statue et une plaque étant inaugurées. Si la plaque est toujours là, la statue à été détruite par un attentat à l’explosif en 1980 et jamais remplacée.

Nationaliste avant d’être démocrate, capable d’accepter une forme monarchique de gouvernement, bref plus un pragmatique qu’un idéologique.

Cathal Brugha

Cathal Brugha né Charles William St John Burgess à Dublin le 18 juillet 1874 et mort dans la même ville le 7 juillet 1922 est un révolutionnaire et homme politique irlandais. Il occupe de nombreux postes politiques et militaires (chef d’état-major de l’IRA de 1917 à 1919) durant la guerre d’indépendance irlandaise. Opposé au traité de paix, il est tué au début de la guerre civile irlandaise.

Il est député (Teachta Dàla) du comté de Waterford du 21 janvier 1919 au 10 mai 1921, de la circonscription de Waterford-Tipperary Est du 16 août 1921 au 8 juin 1922 et du 9 septembre 1922 au 9 août 1923, il est président du parlement (Ceann Comhairle) les 21 et 22 janvier 1919, il est ministre de la défense du 1er avril 1919 au 9 janvier 1922, président du parlement (Dáil Éireann) du 22 janvier au 1er avril 1919.

Patrick Pearse

Patrick Henry Pearse (Padraig Mac Piarais) (Dublin 10 novembre 1879 prison de Kilmainham 3 mai 1916) est un poète, enseignant, avocat et militant nationaliste irlandais. Il est un des leaders du soulèvement de Pâques. Condamné à mort, il est fusillé.

Issu d’une riche famille, il grandit dans la culture gaélique et à 16 ans il rejoint la Ligue Gaélique. En 1900 il obtient un baccalauréat en langues modernes et s’inscrit comme avocat. En 1908 il créé l’école bilingue de St Enda à Ranelagh en banlieue de Dublin, école qui déménage à Rathfarnham.

En 1912 il est favorable au projet de Home Rule mais met en garde les britanniques : si ils ne respectent pas leur engagement il y aura la guerre dans toute l’Irlande. En 1913 il est présent à la création des Irish Volunteers.

Comme nous l’avons le projet fût ralenti par le refus de la Champbre des Lords et le déclenchement du premier conflit mondial. Cela entraine la division des volontaires irlandais pour savoir si il fallait soutenir la Grande-Bretagne. La majorité adopta la position de soutien en espérant avoir une récompense en retour.

En décembre 1913 Pearse adgère à l’IRB et devient en 1914 commandant de l’organisation militaire des volontaires. En 1915 il intègre l’organe dirigeant des volontaires et commence à préparer un soulèvement alors que la première guerre mondiale fait rage dans toute l’Europe.

Le soulèvement de Pâques 1916 se déroula dans l’improvisation et la confusion avec des divergences de vue entre chefs. Le 24 avril 1916 à la Poste Centrale de Dublin il proclame la République d’Irlande dans l’indifférence générale, le peuple irlandais les considérant comme des traitres plus que comme des héros ce qu’ils deviendront suite à la répression britannique qui suit l’écrasement d’un soulèvement mal conçu et surement prématuré.

Jugé et condamné à mort, il est fusillé le 3 mai 1916.

Eamon de Valera

Eamon de Valera, l’un des chefs de l’insurrection irlandaise avec Michaels Collins

Eamon de Valera (New York 14 octobre 1882 Dublin 29 août 1975) est un homme politique irlandais, probablement la figure la plus importante de l’histoire irlandaise au 20ème siècle par son rôle dans l’indépendance de l’Irlande puis dans la guerre civile et enfin dans l’évolution du pays dans un monde pas toujours simple ce qui fait qu’aujourd’hui si son rôle historique fait consensus, son action fait l’objet de débats nourris et parfois virulents.

Il est donc né aux Etats-Unis, le fils de Catherine Coll venant de Bruree dans le comté de Limerick et de Juan Vivion de Valera, un artiste basque espagnol né en 1853. Ses parents n’ont visiblement jamais été mariés.

Son père meurt en 1885 laissant la famille dans le plus grand dénuement. Sa mère le renvoi en Irlande chez son onccle et bien qu’elle se soit (re)mariée dans le milieu des années 80 le futur leader de la cause irlandaise ne reviendra pas vivre avec sa mère. Il est d’abord enseignant après avoir été un temps tenté par une carrière ecclésiastique.

Selon certains historiens c’est son statut d’enfant illégitime (car né hors mariage) qui aurait poussé Eamon de Valera à ne pas poursuivre dans cette voie comme si justement il se sentait pas légitime de devenir prêtre.

En 1908 il intègre l’Árdchraobh of Conradh na Gaeilge (Ligue Gaélique) où il rencontre Sinead Flanagan qui allait devenir son épouse. Il se marie avec cette enseignante de quatre ans son ainée le 8 janvier 1910 à l’Eglise Saint Paul de Dublin. De cette union sont nés sept enfants, cinq fils et deux filles.

Militant républicain radical à l’origine il est peu à peu devenu un conservateur très strict que ce soit sur les questions fiscales ou sur les questions sociétales.

Leader du soulèvement de Pâques 1916 il est condamné à mort mais n’est pas exécuté. Si on à longtemps mis en avant sa citoyenneté américaine il semble que ce soit en raison du tollé provoqué par l’exécution des leaders indépendantistes, exécution qui comme nous le savons à retourné l’opinion en faveur des nationalistes irlandais.

Refusant le traité anglo-irlandais il participe dans le camp des anti-traités à la sanglante guerre civile irlandaise. Après avoir été brièvement emprisonné, il revient dans le jeu politique en 1926 au sein du Fianna Fail issu d’une scission du Sinn Fein entre pragmatiques et jusqu’au-boutistes.

En février 1932 il devient président du conseil exécutif soit chef du gouvernement de l’Etat libre d’Irlande.

Suite à la mise en place de la nouvelle constitution en décembre 1937 il devient premier ministre (Taioseach) en décembre 1937 poste qu’il occupe jusqu’en mars 1946 quand suite à la proclamation d’une République d’Irlande pleinement souveraine il devient président de la République.

En théorie ce dernier poste est sans pouvoirs mais naturellement avec un tel personnage à cette fonction les Taioseach doivent composer avec une personnalité encombrante et envahissante.

En poste jusqu’en mars 1960 il est très populaire pour avoir vu préserver l’Irlande du second conflit mondial mais des critiques sur ses idées se font entendre de plus en plus. Voilà pourquoi il renonce à briguer un nouveau mandat et se retire de la vie publique irlandaise. Il interviendra de temps en temps pour critiquer ses successeurs ce qui ne sera pas toujours bien vu.

James Joyce

James Augustine Aloysius Joyce (Dublin 2 février 1882 Zurich 13 janvier 1941) est un romancier et poète irlandais dont les œuvres majeures sont Les Gens de Dublin (1914) et des romans tels que Portrait de l’artiste en jeune homme (1916), Ulysse (1922) et Finnegans Wake (1939).

Si il à vécu la majeure partie de sa vie hors d’Irlande et qu’il écrivait en anglais, son expérience irlandaise à marqué son œuvre d’une empreinte indélébile.

Né dans une famille catholique de la banlieue de Dublin, il est l’aîné de dix enfants survivants, ayant perdu deux frères et deux sœurs de la fièvre typhoïde. Sa mère aurait été enceinte quinze fois en dix-sept ans. Son père possédait une petite usine de sel et de chaux, usine vendue puis qui fait faillite alors que son père était gérant.

Sans vivre dans une famille richissime, James Joyce n’est pas misérable même si il aura tendance à dilapider l’argent familial. Pour ne rien arranger, le père sombre dans l’alcoolisme ce qui provoque le déclassement social de la famille. Il faudra attendre la maladie mentale de sa fille Lucie pour que James Joyce devienne plus économe.

De 1888 à 1892 il étudie chez les jésuites du Clongowes Wood College jusqu’à ce que son père soit incapable de payer les frais de scolarité.

A l’age de seize ans il rejette le catholicisme se considérant comme agnostique. En 1898 il entre à l’University College de Dublin, suivant un enseignement de lettres, de français et d’italien. Il en sort diplômé en 1903.

En 1904 il s’installe à Zurich en compagnie de sa future épouse Nora. Il vit ensuite à Trieste puis à Pola d’où il est expulsé en mars 1905 suite à la découverte d’un réseau d’espionnage. Les autorités austro-hongroises prennent alors la décision d’expulser tous les étrangers d’une ville surtout connu pour abriter une importante base navale de la marine austro-hongroise. Il s’installe à nouveau Trieste.

Aimant une vie nomade et bohème, James Joyce à du mal à se fixer entre Trieste et Rome. Il retourne à plusieurs reprises à Dublin, la dernière fois en 1912.

En 1915 il doit quitter le territoire austro-hongrois comme tous les citoyens britanniques. Les Joyce s’installent à nouveau à Zurich. Bien que de plus en plus célèbre, les finances ne suivent pas forcément. Après guerre il se réinstalle brièvement à Trieste avant de finalement s’installer à Paris où il va passer vingt ans jusqu’en 1940, terminant sa vie en Suisse comme un retour aux sources. En 1931, il épouse sa compagne Nora avec laquelle il vivait près de

Harry Boland

Harry Boland (Dublin 27 avril 1887 1er août 1922) est un homme politique et révolutionnaire irlandaise qui joua un rôle clé dans l’indépendance de l’Irlande et dans la guerre civile qui suivit entre pro et anti-traités.

Elu à la Chambre des Communes en 1918 pour la circonscription de South Roscommon mais comme les autres du députés du Sinn Fein il va siéger au sein du premier Dail à Dublin. Lors des élections générales de 1921 il est élu teachta dala de la circonscription du sud de Mayo et du sud de Roscommon. Réélu en 1922 comme candidat anti-traité, il est tué durant la guerre civile irlandaise.

Fils de James Boland et de Kate Woods il baigne dans le nationalisme irlandais puisque son père est membre de l’IRB (Harry en serra le président du 1er mai 1919 au 13 septembre 1920). Il est également membre de la GAA (Gaelic Athletic Association).

Il rejoint les Volontaires Irlandais et participe au soulèvement de Pâques, un échec militaire mais une victoire politique. Il accompagne De Valera dans sa tournée américaine ce que Michael Collins verra comme un moyen de séparer deux amis dont le futur président irlandais se méfie.

Il est grièvement blessé lors de son arrestation. Non armé, il est blessé par balles par deux officiers et meurt après plusieurs jours d’agonie à l’hôpital Saint Vincent.

Selon certains c’est sa mort qui aurait convaincu Michaels Collins de négocier la paix avec De Valera. La suite est connue : une embuscade et la mort du charismatique chef irlandais.

Eoin O’Duffy

Eoin O’Duffy (Lough Egish, comtéé de Monaghan 28 janvier 1890 30 novembre 1944) est un homme politique et leader nationaliste irlandais. Considéré comme fasciste, il participa d’abord à la guerre d’indépendance avant de choisir le camp favorable au traité anglo-irlandais, devenant général de la nouvelle armée nationale.

Il devient le chef (Commissioner) de la police irlandaise (Garda Siochana) du 30 septembre 1922 qu 4 février 1933. Il est député de Monaghan de mai 1921 à août 1923.

En 1923 il commence son flirt qui va le mener vers l’idéologie fasciste, dirigeant brièvement le Fine Gael (4 mai 1933 au 16 juin 1934) avant de devenir le leader des Chemises Bleues du Parti National Corporatiste (1935-1937). Il lève une unité de volontaires pour combattre aux côtés de Franco dans la guerre d’Espagne.

Né dans une famille pauvre il est le plus jeune des sept enfants d’Owen Duffy. Ce dernier possédait bien des terres mais elles étaient insuffisantes pour faire vivre sa famille. Sa mère Bridget Fealy est morte d’un cancer alors qu’il n’avait que douze ans.

Il parvient à faire quelques études et devient fonctionnaire puis ingénieur. En 1917 il rejoint les volontaires irlandaises et participe à la guerre d’indépendance irlandaise. Il devient le protégé de Michael Collins, ce dernier décrivant O’Duffy comme le meilleur homme de l’Ulster. Il est emprisonné de septembre à novembre 1918. Il reprend ensuite la lutte et se montre particulièrement efficace dans le domaine du renseignement. En 1920 il effectue un nouveau séjour en prison.

Son action est cependant marquée par un sectarisme religieux qui provoque des tensions probablement évitables entre catholiques et protestants. Son action devient plus brutale ce qui correspond au durcissement du conflit entre irlandais et britanniques.

Chef d’état-major de l’IRA en janvier 1922, il est le plus jeune général d’Europe (record battu ensuite par Franco). Il se rallie cependant aux pro-traités non par enthousiasme mais par pragmatisme : non seulement l’action de l’IRA semble sans issue militaire contre la puissance britannique même affaiblie mais aussi parce qu’il considère que c’est une première étape vers l’unification de l’île.

Général de l’armée nationale, il participe à la guerre civile irlandaise, étant l’architecte des débarquements amphibies menés dans les zones contrôlées par les anti-traités. A noter que les inimitiés de la guerre civile vont poursuivre O’Duffy durant toute sa carrière politique.

En septembre 1922 il est nommé à la tête de la nouvellement formée Garda Síochána pour y rétablir l’ordre et la discipline. Il se montre bonne organisateur pour mettre sur pied une force de police non armée mais capable de se faire respecter pour sa neutralité et un comportement diamétralement opposée à l’entité précédente, la Royal Irish Constabulary (RIC).

L’arrivée d’Eamon de Valera aux commandes du pays entraine son limogeage car on aurait découvert qu’il aurait poussé le président du conseil executif W.T Cosgrave à mener un coup d’état.

Le 20 juillet 1933 il devient le chef de l’Army Comrades Association le service d’ordre du Cumann na nGaedheal accusés d’être des traitres par l’IRA. C’est à cette époque que l’ancien chef de la police épouse de plus en plus les idées fascistes qui à l’instar des idées communistes exercent une profonde influence sur l’ensemble du continent européen.

A peine nommé il rebaptis son mouvement Garde Nationale. Admirateur de Mussolini, il adopte l’uniforme, le salut romain. Il publie une nouvelle constitution promouvant le corporatisme, l’unification de l’Irlande et l’opposition à toute influence et contrôle étranger.

En août 1933 une parade des Chemises Bleues est prévue à Dublin pour commémorer la mort de Michael Collins et d’Arthur Griffith. Craignant une redite de la Marche sur Rome, De Valera lance une rafle préventive pour saisir documents et armes. Il fait interdire la parade et déploie la police aux endroits stratégiques. Le 22 août les Chemises Bleues sont mises hors la loi.

En 1935 il propose 1000 Chemises Bleues pour combattre en Abyssinie aux côtés des italiens. Signe qu’il n’était pas si fasciste que cela en 1934 lors de la conférence fasciste de Montreux il déclare qu’il n’y à aucun problème juif en Irlande et qu’il s’oppose à toute persécution raciale.

Entre-temps le 8 septembre 1933 le Cumann na nGaedheal, le parti centriste et les Chemises Bleues fusionnent pour former le Fine Gael dont O’Duffy devient président avec Cosgrave comme vice-président et leader au parlement. La Garde Nationale devient l’Association Jeune Irlande qui passe donc d’un groupe paramilitaire à un l’aile militante d’un mouvement politique légal.

Les réunions du nouveau parti sont toujours perturbées par l’IRA, O’Duffy étant blessé, sa voiture incendiée. Suite à la découverte de la nature réelle de l’association Jeune Irlande, elle est interdite.

Bouillant et caractériel, O’Duffy était plus un soldat qu’un politicien. Ses idées étaient très critiquées par ses opposants et il se trouva vite isolé au sein de son parti. Il démissionne le 18 septembre 1934 après avoir refusé de restreindre son activisme politique.

Il tente de relancer le mouvement des chemises bleues mais elles se déchirent et se désintègrent entre partisans de O’Duffy et de Ned Cronin.

Il lance le parti national corporatiste en juin 1935, un parti clairement fasciste et en 1936 donc il envoie une brigade irlandaise combattre aux côtés de Franco avec des résultats pour le moins mitigés. 700 chemises bleues auraient combattu jusqu’en juin 1937.

Sur la touche politiquement, O’Duffy sombre dans l’extrémisme politique et l’alcoolisme lui qui avait banni l’alcool de la police irlandaise.

En 1939 il propose ses services à l’Allemagne et à l’Italie mais ces deux pays déclinent, n’ayant pas confiance vis à vis d’un nom de toute façon particulièrement surveillé par la police irlandaise et les services de renseignement britanniques.

Mort à 54 ans, il reçoit cependant des funerailles nationales en raison de ses états de service.

Michael Collins

Michaels James Collins (Woodfield, comté de Cork 12 ou 16 octobre 1890 Béal na mBláth 22 août 1922) est un leader révolutionnaire républicain irlandais qui joua un rôle clé dans la guerre d’indépendance irlandaise. Signataire avec Arthur Griffith du traité anglo-irlandais, il est tué dans une embuscade au cours de la guerre civile irlandaise alors qu’il se rendait à des négociations avec Eamon de Valera le chef des anti-traités. Sa mort à 31 ans en fait une icône de l’histoire irlandaise.

Issu d’une famille de fermiers vivant mieux que la moyenne il est le troisième garçon et le cadet d’une famille de huit enfants. Il baigne dans le nationalisme irlandais et la culture gaélique.

Il n’à que sept ans quand son père meurt. Sa mère l’envoie suivre des cours pour intégrer la Poste Britannique. De 1905 à 1915 il vit à Londres travaillant aux services financiers de La Poste puis pour divers employeurs. En 1909 il devient membre de l’IRB et ne tarde pas à occuper de très hautes responsabilités

Il rentre début 1916 en Irlande et va participer au soulèvement du printemps 1916 combattant à la Poste Centrale de Dublin aux côtés de Patrick Pearse. Il est emprisonné mais cet échec est formateur puisqu’il parvient à imposer ses vues. A un soulèvement et des combats classiques, il préfère un harcèlement constant des britanniques et de ceux que l’IRA appelle des traitres.

Il intègre dès sa libération du camp de Frongoch (Pays de Galles) le Sinn Fein mais aussi les volontaires irlandais. Il est élu député (circonscription du sud du comté de Cork) mais ne siégera jamais à la Chambre des Communes puisque les 73 députés Sinn Fein décident de siéger dans un parlementa irlandais à Dublin (Dáil Éireann), se réunit pour la première fois à Mansion House à Dublin le 21 janvier 1919, et proclame aussitôt l’indépendance de la République d’Irlande .

En février 1919 il fait évadé De Valera de sa prison de Lincoln et l’envoi aux Etats-Unis. Il s’occupe aussi bien des finances que des opérations militaires. En dépit de son rôle majeur, les britanniques n’ont que peu d’infos sur lui. Il faudra attendre les négociations du traité anglo-irlandais pour que l’on connaisse son visage.

Ce traité provoque comme on l’à vu une scission du camp nationaliste entre pro et anti-traités et conséquence une guerre civile au cours de laquelle il est tué dans une embuscade. Il n’avait que 31 ans. Michael Collins est enterré à Dublin au cimetière de Glasnevin.

Scandinavie (15) Norvège (15)

Armes et Véhicules

Armes individuelles de l’Infanterie

Pistolets et Revolvers

Nagant M1895

 

-En septembre 1948, l’une des principales armes de poing de l’armée norvégienne est le Revolver Nagant modèle 1895, un revolver d’origine belge, Léon Nagant étant également connu pour avoir participé à la mise au point du fusil standard de l’armée russe, le Mosin-Nagant modèle 1891. Les armes norvégiennes utilisaient comme calibre le 7.5mm comme la Suède.

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Dominions (90) Nouvelle-Zélande (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE
T.8 : LES DOMINIONS (4) NOUVELLE-ZELANDE

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AVANT-PROPOS

Depuis 2011 je me suis lancé dans une œuvre gigantesque, titanesque, une uchronie traitant d’un second conflit mondial ayant débuté en septembre 1948 et s’étant achevé en septembre 1954 soit un décalage de neuf ans par rapport au second conflit mondial tel que nous l’avons connu.

Je crois que si j’avais su qu’en 2019 je serais encore dans la partie préparatoire au conflit je crois que j’aurais reculé devant une telle ampleur que je suis certain à découragé certains de mes lecteurs.

Commencée en 2011 par la France, je suis toujours rendu en 2018 à la présentation des différentes volumes. Initialement je voulais attendre pour rédiger mon second conflit mondial mais devant l’étendue j’ai donc fait de grandes entorses à cette règle d’or.

Après un Tome 1 beaucoup trop long consacré à la France, j’ai effectué un Tome 2 consacré à l’Allemagne entamé comme la France mais que j’ai fini par réduire de manière drastique avant de finalement faire un tome mêlant parties très détailles, parties (trop) synthétiques et parties équilibrées.

C’est avec le Tome 3 consacré à la Grande-Bretagne que j’ai atteint un vrai équilibre ni trop ni pas assez détaillé. J’ai poursuivi avec le tome 4 consacré aux Etats-Unis, le tome 5 consacré au Japon et le tome 6 dédié à l’Italie.

Dans ces tomes j’ai intégré des éléments consacré au conflit et même à l’après guerre ce qui à provoqué des contradictions avec les tomes précédents.

J’ai l’intention de corriger tout ça mais si je n’arrive pas à le faire à temps la règle édictée dans le tome 6 s’applique toujours à savoir qu’une information récente prime sur une information plus ancienne.

J’ai dit dernier des tomes majeurs tout simplement parce que les tomes suivants seront consacrés non seulement à des puissances secondaires mais à des pays qui ne disposent pas forcément uniquement d’armes nationales.

A quoi bon détailler un avion, un navire ou un char déjà présenté ailleurs ? D’où cette nouvelle distinction entre tomes majeurs et tomes mineurs.

Les Tomes Majeurs sont au nombre de sept (T.1 pour la France T.2 pour l’Allemagne T.3 pour Grande-Bretagne T.4 pour les Etats-Unis T.5 pour le Japon T.6 pour l’Italie et le T.7 pour l’URSS) suivis de Tomes mineurs.

Le Tome 8 va traiter des Dominions (Canada, Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande), le Tome 9 du Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg), un Tome 10 consacré au Portugal, à l’Espagne et à la Turquie, les Tome 11 et 12 consacrés aux autres pays européens, le Tome 13 aux pays d’Amérique Centrale et Latine.

Plus précisément le Tome 11 sera consacré aux pays scandinaves (Norvège, Danemark,Suède,Finlande) mais aussi à la Suisse et à la République d’Irlande alors que le Tome 12 sera consacré aux pays de l’Est et des Balkans (Grèce, Yougoslavie, Hongrie, Bulgarie,Roumanie,Slovaquie) et que le Tome 13 traitera des pays d’Amérique Centrale et Latine à savoir le Brésil, l’Argentine, le Chili, l’Uruguay, le Paraguay, le Pérou, l’Equateur, la Bolivie, la Colombie, le Venezuela, le Mexique et les petits états d’Amérique Centrale (Salvador, Nicaragua, Honduras,Salvador,Panama,Costa Rica)

Mise à jour du 14 novembre 2019 : J’envisage non pas d’abandonner les tomes suivant le Tome 9 (en cours de rédaction) mais les réorganiser avec peut être un Tome sur les pays neutres avec des fiches synthétiques et un ou deux Tome avec les autres petits pays en espérant rester court et synthétique sachant que j’ai toujours tendance à vouloir en faire plus.

Ce Tome 8 va donc être consacré aux principaux dominions britannique en l’occurrence le Canada, l’Afrique du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Dans ce tome je vais donc aborder l’histoire de ces dominions, l’organisation de leurs forces armées (dont une partie est placée sous le commandement de l’ancienne puissance impériale) et leur équipement.

Je vais traiter successivement du Canada, de l’Afrique du Sud et deux dominions du Pacifique en première ligne face au Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande souvent traduit par le signe ANZAC (Australian New Zealand Army Corps), le corps d’armée australo-néo zelandais qui s’illustra à Gallipoli et aux Dardanelles en 1915 au point de faire de l’ANZAC Day une fête plus importante pour les Aussies et les Kiwis que le jour du souvenir commémorant la fin du premier conflit mondial.

Comme d’habitude bonne lecture.

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Ce texte est le dernier volume du tome 8 consacré au deuxième dominion du Pacifique en l’occurrence Aotearoa (pays du long nuage blanc), la Nouvelle-Zélande, colonie britannique depuis 1840 et dominion en 1907 succédant au Canada (1867) et à l’Australie (1907) mais précédent l’Afrique du Sud (1910).

Pays composé de deux îles indépendantes (île du Nord et île du Sud), isolé du reste du monde mais très proche de l’Australie, la Nouvelle-Zélande fait souvent figure de petit frère au puissant voisin australien, la politique extérieure néo-zélandaise étant souvent la même que celle de l’île-continent.

Même chose sur le plan militaire avec une armée de milice qui envoie des forces expéditionnaires en Afrique du Sud pour combattre aux côtés des britanniques contre les boers (NdA ce qui est assez ironique pour un pays découvert par un explorateur hollandais), en Europe pour le premier conflit mondial en attendant un engagement en Méditerranée et dans le Pacifique pour le seconde conflit mondial.

Si l’influence britannique est naturellement majeure histoire oblige, après le second conflit mondial, l’influence américaine devient importante mais sans être exclusive. Pour preuve depuis 1985 aucun navire américain ne peut faire escale dans les ports du pays car la Nouvelle-Zélande à été déclarée «territoire non nucléaire».

Sur le plan militaire les moyens sont nettement plus réduits, la marine néo-zélandaise ne voit le jour que tardivement et ses moyens sont plus limités. Même chose pour les armées de terre (même si aotearoa lèvera trois divisions d’infanterie et complétera des divisions australiennes) et pour l’armée de l’air.

Cela n’empêchera pas les kiwis de faire bonne figure sur les champs de bataille qu’il s’agisse de la Méditerranée (opération ACOLADE contre Lampedusa et Pantelleria) ou du théâtre d’opérations Asie-Pacifique.

Le conflit terminé, l’occident semble ultra-dominant en Asie-Pacifique. La Corée, le Japon et la Chine sont clairement des satellites américains même si la situation ne semble pas si simple notamment parce qu’il va falloir gérer la délicate question de la décolonisation.

Un traité de coopération et de sécurité (traité de Brisbane) est signé en octobre 1957 entre l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, les Philippines et la Thaïlande qui est passée du statut d’allié du Japon à celui de pilier du camp occidental dans la région.

Les pays de la région (Inde, Pakistan, Laos, Cambodge, Vietnam, Malaisie, Singapour,Indonésie) vont rejoindre ce traité qui va donner naissance à L’Organisation de Sécurité et de Coopération de l’Asie-Pacifique (OSCAP) censée permettre aux différents pays de coopérer et de se défendre en cas de menace intérieure et extérieure.

En réalité cette organisation se montrera assez inefficace, étant incapable d’empêcher la chute de la Chine dans le camp communiste ou les deux guerres du Vietnam. Elle sera d’ailleurs mise en sommeil en 1980.

HISTOIRE DE LA NOUVELLE-ZÉLANDE

NdA Comme pour les autres dominions je fais commencer cette historique au moment de la découverte de ce territoire par les européens

Des découvertes européennes au traité de Waitangi (1642-1840)

Abel Tasman et les autres

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Abel Tasman

C’est le 13 décembre 1642 que le néerlandais Abel Tasman découvre l’île du Nord. Ce territoire n’est pas vide, il est peuplé de populations d’origine polynésienne, les maoris dont la date d’arrivée est incertaine. Après avoir fixé une fourchette très large (11ème-14ème siècle 1150-1350), les historiens sont aujourd’hui arrivés à un consensus à savoir une arrivée comprise entre 1250 et 1350.

Au début du seizième siècle, des maoris s’installent sur les îles Chatham développant une culture spécifique, la culture moriori.

Abel Tasman tente bien de débarquer pour explorer mais ses navires sont assaillis par onze waka contre lesquels il ouvre le feu. Quatre de ses marins ont été tués et l’explorateur néerlandais rebaptise ce lieu la baie des Meurtriers.

Au cours de son exploration, Abel Tasman se doute de l’existence du futur détroit de Cook mais le mauvais temps l’empêche de pousser plus loin son exploration.

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James Cook

C’est donc James Cook qui va vraiment découvrir la future Nouvelle-Zélande. Il se rend à trois reprises dans le futur dominion, la première fois en 1769, la seconde en 1773 et la troisième fois en 1777.

L’explorateur britannique réalise des cartes très précises du littoral néo-zélandais au point que ces cartes seront utilisés très longtemps par les différents explorateurs. La future Nouvelle-Zélande va servir de base pour explorer le littoral de l’Australie, marquant les débuts d’un lien puissant entre les deux futurs dominions du Pacifique.

C’est grâce à James Cook que définitivement on comprend que ce nouveau territoire n’appartient au mythique et légendaire «continent austral» que les européens recherchent tout au long du 18ème siècle (Terra Australis Incognita).

D’autres explorateurs vont suivre notamment des français comme De Surville en 1769, Marion Du Fresne en 1772 (au cours de laquelle il décède lors d’affrontements avec les maoris le 12 décembre), D’Entrecasteaux, Duperey et D’Urville.

George Vancouver et William Broughton découvrent en novembre 1791 les îles Snares pour le premier, les îles Chatham pour le second. En février 1793, l’italien Alexandro Malaspina à la tête de deux navires espagnols se rend dans la région mais réalise assez peu de cartes.

Après les explorateurs ce sont les chasseurs de baleine et de phoque mais aussi des marchands qui arrivent en «Nouvelle-Zélande». Des échanges ont lieu avec les maoris qui découvrent à cette occasion les pommes de terre, les mousquets (guerre du Mousquet entre différents groupes maoris entre 1807 et 1842, 3000 affrontements de différente ampleur) mais aussi les maladies contre lesquelles ils ne sont pas immunisés, une épidémie de grippe ravageant l’île du Nord en 1790.

Comme dans toutes les sociétés pré-coloniales, le contact avec les européens provoque un bouleversement des structures traditionnelles, l’arrivée de missionnaires chrétiens entraînant de nombreuses conversions plus ou moins sincères.

Un processus de colonisation chaotique

A la différence de l’Australie, le gouvernement britannique n’à pas de plans précis de colonisation, le territoire dépend de la Nouvelle-Galles du Sud. Son isolement et l’absence de ressources importantes semble avoir dissuadé Londres d’investir massivement dans ce territoire.

Les maoris sont partagés sur l’attitude à adopter vis à vis des pakeha (blancs). Certains collaborent en se convertissant à la religion chrétienne tandis que d’autres se réfugient dans une résistance active.

Au début des années 1830, les chefs maoris de l’île du Nord s’inquiètent de l’arrivée des pakeha qui par la présence perturbent la société traditionnelle. Outre leur simple présence, il y à des vols, des viols, des destructions. Les relations se tendent entre maoris et pakehas.

En 1831, treize chefs maoris écrivent à Guillaume IV pour lui demander sa protection. Londres donne son accord car le contexte est tendu, la présence régulière de navires français laissant craindre la possibilité d’une colonisation française.

Si aujourd’hui l’alliance franco-britannique est solide, à l’époque c’est nettement moins évident car après tout nous ne sommes que quinze ans après la fin des guerres napoléoniennes ce qui est fort peu (au 20ème siècle, un diplomate français Paul Cambon dira à propos de l’attitude ambiguë de Londres vis à vis de Paris «le problème des britanniques c’est qu’ils ne savent toujours pas que Napoléon est mort»).

Un représentant britannique, James Busby arrive en 1833 à une époque où on craint une colonisation française mais aussi américaine.

James Busby demande aux chefs maoris de se choisir un drapeau national. Cela s’explique par son caractère symbolique et peu contraignant mais aussi pour une raison bassement pratique : plusieurs chefs maoris se sont lancés dans le commerce maritime et sans pavillon un navire pouvait être saisi (ce sera le cas en 1830 à Sydney).

Le drapeau est adopté le 20 mars 1834. Trente-quatre chefs sont présents lors de la proclamation d’indépendance le 28 octobre 1835. C’est l’acte de naissance des Tribus Unies de Nouvelle Zélande (en maori Wokaminenga o nga Hapu o Nu Tirene) qui représente un pas décisif dans l’unification politique des maoris mais aussi dans le processus de colonisation britannique.

Entre 1835 et 1840, dix-huit autres chefs rejoignent les trente-quatre chefs. Ces cinquante-deux chefs appartiennent tous à l’île du Nord, les chefs maoris de l’île du Sud restant à l’écart de ce processus.

Seule la Grande-Bretagne reconnaît officiellement ce nouvel état, la France et les Etats-Unis se contentant de prendre note.

Il était prévu la réunion d’un parlement ou d’un congrès annuel avec les chefs des différents tribus mais cela restera théorique.

Ce proto-Etat néo-zélandais va prendre fin avec le traité de Waitangi signé le 6 février 1840.

Le Traité de Waitangi ou l’acte de naissance de la véritable colonisation britannique

Depuis presque deux siècles, le traité de Waitangi (Te Triti o Waitangi) fait polémique en Nouvelle-Zélande. Signé entre la couronne britannique et les chefs maoris réunis au sein des Tribus Unies de Nouvelle-Zélande, ce court traité de trois articles met fin à l’indépendance des tribus unies et marque le début de la période coloniale de la Nouvelle-Zélande.

Le traité est d’abord proposé par le capitaine William Hobson. Il reçoit mandat du gouvernement britannique et adopte le titre de lieutenant-gouverneur.

Revenu en Nouvelle-Zélande, il rédige un texte avec l’aide de James Busby, texte traduit par le missionnaire Henry Williams (qui allait assurer également la traduction orale).

De février à septembre 1840 plus de cinquante réunions de discussion furent organisées et près de 500 signatures supplémentaires sont enregistrées. Un nombre équivalent de chefs refusent de signer. Ce traité devient une colonie distincte de la Nouvelle-Galles du Sud le 16 novembre 1840.

Cette signature est depuis devenu un jour férié, le Waitangi Day, le premier ayant eu lieu en 1934 même si ce jour est devenu férié uniquement à partir de 1970. Ce jour est souvent l’occasion pour les maoris de manifester contre le gouvernement néo-zélandais.

Ce traité est court. L’Art 1 reconnaît la souveraineté de la Couronne britannique sur la Nouvelle-Zélande, l’Art 2 garantit aux chefs signataires et à leurs tribus le maintien de leurs prérogatives et possessions immobilières (notamment leurs terres avec un droit de préemption sur les terres mises en vente) et l’Art 3 garantit l’égalité des droits entre maoris et sujets britanniques.

La polémique provient du fait qu’en maori il y à une nuance entre le mot de kawanatanga (gouvernorat au sens littéral) et rangatiratanga (commandement). Cette nuance à pu échapper à de nombreux chefs maoris qui n’ont peut être pas saisi l’importance de l’engagement dans cette signature. De plus en ce qui concerne la propriété foncière, les maoris n’avaient pas la même notion que les pakehas.

A court terme, le traité empêcha l’acquisition de terres par des colons privés, colons qui n’étaient parfois pas des plus scrupuleux. Cela permettait aux maoris de vendre à prix considéré comme juste et aux colons d’être juridiquement couverts.

Rapidement pourtant, le système se délita, les maoris étaient moins vendeurs, les colons avides de terres faisant pression sur les fonctionnaires de la couronne pour obtenir de nouvelles terres ce qui entraîna pots de vin et corruption. Les maoris se révoltèrent à plusieurs reprises et ces révoltes furent réprimées dans le sang. Cela allait aboutir aux guerres maories. En dépit de la mise en place ultérieure de tribunaux fonciers maoris, les récriminations étaient quasi-permanentes.

Ce traité ne peut pas être considéré comme une constitution mais il fait figure de mythe fondateur pour la nation néo-zélandaise, un mythe qui est comme nous l’avons vu loin de faire l’unanimité. Il fait néanmoins partie du bouquet constitutionnel néo-zélandais.

Si la vision idyllique d’une nation unie entre maoris et pakehas ne résiste pas vraiment à l’analyse, ce traité peut être considéré comme un modèle de «colonisation progressiste» qui correspond assez bien au modèle britannique qui évite autant que faire se peut de bouleverser les structures locales.

Avant la signature du traité de Waitangi, les britanniques avaient lancé un premier processus de colonisation systémique avec la création en 1837 d’une Compagnie de Nouvelle-Zélande.

Cette compagnie établit des colonies à Wellington (1840), Nelson (1842), Wanganui (1840) et Dunedin (1848). Elle participa également au peuplement de New Plymouth (1841) et de Christchurch (1850) via des filiales. Elle atteint son apogée en 1841 mais rencontre à partir de 1843 de nombreux problèmes financiers qui conduisent à sa faillite en 1858.

Cette colonie profita d’une situation économique délicate avec un chômage important et une misère qui ne l’était pas moins. Nombre de travailleurs pauvres songèrent à émigrer et cette compagnie devait encadrer l’arrivée de colons européens en Nouvelle-Zélande.

Son action assez mal connue en raison de la disparition de nombreuses archives est néanmoins importante puisque le nombre de colons passe de 2000 en 1839 à 28000 en 1852. Cette compagnie réussit là une précédente compagnie portant le même nom avait échoué en 1825.

Guerres Maories et marche au Dominion (1840-1907)

Guerres Maories

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Hone Heke abat le drapeau à Kororareka. C’est l’acte fondateur des guerres maories

Nous avons l’image d’une colonisation néo-zélandaise pacifique, quasiment parfaite mais en réalité ce processus fût nettement plus heurté avec notamment une série de guerres entre 1845 et 1872, une série de guerres appelées tantôt guerres maories ou guerres néo-zélandaises voir guerres des terres.

Ces conflits opposent britanniques, des miliciens néo-zélandais, des australiens mais aussi des alliés maoris contre des maoris. Au plus fort des combats, le camp britannique engagea 18000 hommes alors que les maoris n’ont jamais pu engager plus de 5000 hommes.

Le conflit ou plutôt les conflits ont pour origines les tensions agraires. La question de la propriété de la terre va générer quiproquos, malentendus et tensions entre maoris et pakehas, dégénérant sur des massacres et des affrontements.

Sur le plan tactique, la guerre n’est pas qu’un conflit du faible (maoris) au fort (britanniques et leurs alliés) mais un conflit où les autochtones de Nouvelle-Zélande vont alterner guérilla et guerre de siège obligeant les britanniques à déployer de l’artillerie lourde pour y venir à bout.

Cette série de conflit fait comprendre aux colons et aux maoris fidèles à la couronne (appelées kupaya ou queenies car fidèles à la reine Victoria) la nécessité de posséder une milice pour la défense locale.

C’est ainsi que l’action des troupes britanniques venues d’Australie mais aussi de la (très) lointaine métropole est relayé par une Militia ainsi que des unités de volontaires levées pour l’occasion comme des groupes de fusiliers volontaires (Volunteer Rifle Groups), des Forest Rangers et donc des kupaya.

Les opposants maoris vaincus voient leurs terres saisies, la vente permettant de financer le conflit.

Le 1er conflit est connu sous le nom de Guerre de Flagstaff (mars 1845-janvier 1846) autour de la baie des Iles sur la côte ouest de l’île du Nord.

Elle est suivie par la Campagne de la Vallée de Hutt en 1846 avec comme toujours le même élément déclencheur : des acquisitions foncières douteuses liées aux interprétations du traité de Waitangi, le forcing des colons pour rendre la situation irrémédiable.

Le 16 mai 1846, un raid maori provoque la mort de huit britanniques et de deux maoris. Ce raid est suivit par la bataille de Battle Hill (la bataille de la colline de la bataille) du 6 au 13 août 1846.

Après une période de relatif calme, une famille de colons est massacré après un incident entre britanniques et maoris.

Un raid de représailles à lieu suivit d’une attaque maori en juillet de la même année. La paix revient début 1848 sans que les problèmes à l’origine du conflit ne soient vraiment réglés.

On trouve ensuite les deux guerres de Taranaki, la première ayant lieu en 1860 engageant 3500 hommes du côté britannique contre un nombre fluctuant de maoris, les chiffres avant de 300 à 1500 hommes. Ce premier conflit se termine par la mort de 238 hommes côté britannique et leurs alliés contre 200 côté maoris.

Le deuxième conflit dure de 1863 à 1866. Les britanniques et leurs alliés engagent pas moins de 14000 hommes. Cela commence par l’invasion de la région de Waikato, invasion terminée en avril 1864 avec la perte de 700 britanniques et assimilés contre 1000 maoris.

En 1865, la confiscation de 12000 km² suite au New Zealand Settlement Act de 1863 relance le conflit. 4000 km² seront confisqués suite à cette guerre.

Ces deux guerres sont l’apogée des affrontements, les trois dernières guerres (Guerre des Cap de l’Est entre avril 1865 et octobre 1866 puis Guerre de Titokawaru de juin 1868 à mars 1869 et enfin le conflit dit guerre de Te Kooti’ de juillet 1868 à mai 1872) étant pour ainsi dire des épiphénomènes.

La marche au dominion

Comme dans tous les territoires sous contrôle britannique se pose la question de l’organisation institutionnelle sachant que contrairement aux pays de droit romain, les pays anglo-saxons n’ont pas de constitution à proprement parler mais une série de texte, une jurisprudence et surtout un usage qui à imposé certaines pratiques et en à ringardisé d’autres.

Le 30 juin 1852, le parlement de Londres vote un texte capital pour l’avenir de l’île au long nuage blanc. C’est le New Zealand Constitution Act qui dote la colonie d’un régiment fédéral, première étape avant celle du gouvernement responsable. Ce dernier est acquis en 1856 dans le contexte troublé que nous venons de voir.

Le 24 mai 1854, le premier parlement de Nouvelle-Zélande se réunit. Moins de dix ans apèrs le gouvernement responsable, le régime fédérale est supprimé avec un renforcement du pouvoir central.

C’est l’occasion de recentrer la capitale qui quitte Auckland pour rallier Wellington. En 1876, le régiment fédérale supprimé de facto est supprimé de jure avec le remplacement des provinces par neuf districts (Abolition of Provinces Act 1875).

Ces neuf provinces sont celle d’Auckland (17 janvier 1873-1er novembre 1876), celle de New Plymouth (17 janvier 1853-1er novembre 1876), celle de Hawke’s Bay issue de celle Wellington (1er novembre 1858 au 1er novembre 1876), celle de Wellington (17 janvier 1853-1er novembre 1876), celle de Nelson (17 janvier 1853 au 1er novembre 1876), celle de Marlborough issue de celle de Nelson (1er novembre 1859-1er novembre 1876), celle de Westland (1er décembre 1873 au 1er novembre 1875, un comté de la province de Canterbury), celle de Canterbury (17 janvier 1853 au 1er novembre 1876) et celle de Southland issue d’Otago (25 mars 1861-5 octobre 1870).

Cette période est marquée par une chute de la population maorie qui passe de 80 à 42000 personnes alors que la population d’origine européenne est multipliée par huit passant de 30000 hommes en 1853 à 250000 hommes en 1870.

Il va falloir attendre plus de trente ans pour devenir un dominion puisque ce n’est qu’en 1907 que la Nouvelle-Zélande décide de devenir un dominion indépendant de l’Australie qui elle avec acquis ce statut dès 1901.

C’est la chambre des représentants néo-zélandaise qui demande respectueusement au roi d’Edouard VII de pouvoir changer la titulature de l’état néo-zélandais, le Dominion of New Zealand devant remplacer le terme de Colony of New Zealand. Le fils de la reine Victoria donne son accord le 9 septembre 1907 sous la forme d’une proclamation lue devant le parlement néo-zélandais le 26.

De 1891 à 1912, les libéraux sont au pouvoir faisant de la Nouvelle-Zélande un véritable laboratoire qui faisait plus envie que pitié. Les femmes néo-zélandaises sont les premières à recevoir le droit de vote en 1893, une loi de conciliation sociale en 1894 et une épargne retraite en 1898.

Dominions (71) Australie (15)

ROYAL AUSTRALIAN ARMY (ARMEE DE TERRE)

Une histoire militaire de l’Australie

Australie 8

Les origines

L’armée de terre australienne voit le jour le 1er mars 1901 lors de la création du Department of Defense, deux mois après la création du Commonwealth of Australia, le deuxième dominion après le Canada (six ans avant la Nouvelle-Zélande et neuf ans avant l’Afrique du Sud).

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Dominions (38) Afrique du Sud (3)

1910-1948 : La lente évolution de l’Union d’Afrique du Sud

Les premières années

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Statue de Louis Botha

La naissance de l’Union d’Afrique du Sud ne met pas fin aux nombreux problèmes économiques et sociaux qui frappent la région. Le premier ministre Louis Botha, dirigeant du parti sud-africain (une alliance d’anglophones et d’afrikaners modérés) se met à la tâche mais doit tenir compter des boers les plus radicaux dont le déclassement et le sentiment de frustration risque de provoquer une nouvelle déstabilisation du pays.

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Dominions (37) Afrique du Sud (2)

Et la colonie du Cap devint britannique

Britannique, néerlandaise et britannique

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Carte de la colonie du Cap en 1806

Le 16 mai 1795 le traité de La Haye place les Pays-Bas sous influence françaises, les Provinces Unies devenant une des républiques-soeurs qui doivent servir de bouclier à la Grande Nation. Les britanniques prennent immédiatement des dispositions pour occuper militairement les colonies bataves ce qui est chose faite en 1797. En 1798, la VOC fait faillite suite à une mauvaise gestion et une corruption endémique.

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Dominions (36) Afrique du Sud (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE
T.8 : LES DOMINIONS (2) AFRIQUE DU SUD

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Le drapeau sud-africain en vigueur jusqu’à la fin de l’Apartheid

AVANT-PROPOS

Depuis 2011 je me suis lancé dans une œuvre gigantesque, titanesque, une uchronie traitant d’un second conflit mondial ayant débuté en septembre 1948 et s’étant achevé en septembre 1954 soit un décalage de neuf ans par rapport au second conflit mondial tel que nous l’avons connu.

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Dominions (5) Canada (5)

Le XIXème Siècle Canadien (1867-1914)

Dominion Canada

Dominion et expansion : «la frontière» canadienne

En 1861, l’Amérique du Nord Britannique compte 3.2 millions d’habitants. L’idée d’autonomie fait son chemin alors que l’idée d’une nation canadienne émerge peu à peu peut être en raison de la guerre de Sécession qui vient d’éclater aux Etats-Unis.

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Grande Bretagne (76) Armée de terre (1)

ARMEE DE TERRE (BRITISH ARMY)

Avant-Propos

L’armée de terre britannique ou British Army est la composante terre des forces armées britanniques placée sous le commandement du War Office remplacé en 1964 par le Ministry of Defence.

Longtemps connu sous le simple nom d’Army, l’armée de terre se dote d’une force de réserve en 1908 appelée Territorial Army ce qui fait que l’armée d’active sera désormais connu sous le nom de Regular Army.

Armée d’un territoire insulaire, l’armée de terre britannique à été rarement l’armée dominante en terme d’effectifs par rapport à la toute puissante Royal Navy.

Il fallait une menace continentale pour que l’armée de terre britannique devienne une armée importante en termes d’effectifs. Ce fût le cas au début du 18ème pour lutter contre Louis XIV, au 19ème siècle contre Napoléon et au 20ème siècle pour les deux guerres mondiales.

Depuis 1954 et la fin du second conflit mondial, les effectifs sont plus importants avec notamment le déploiement permanent de troupes sur le Continent.

Une brève histoire

Prémices

C’est seulement en 1660 que l’armée de terre britannique devient une armée permanente. Jusque là on utilisait des systèmes de milices. A chaque menace le Parlement devait voter des crédits pour lever des troupes ce qui était l’occasion de négociations interminables entre le roi et le parlement.

A cela s’ajoutait la crainte que la monarchie devienne absolutiste, crainte qui fût à l’origine d’une guerre civile qui permis à la Grande Bretagne de connaître sa première et seule expérience républicaine.

Elle fût déployée sur le continent au cours du 18ème siècle pour s’opposer à l’expansionisme français et pour maintenir l’équilibre des puissances sur le continent, l’alpha et l’omega de la politique étrangère britannique. Cet engagement sur le continent répondait au fait que les monarques anglais jusqu’à Victoria étaient prince de Hanovre.

Au 19ème siècle, elle va participer à la lutte contre Napoléon même si l’apport de Londres à été bien davantage financier qu’humain.

Armée de volontaires, la British Army participe également à la conquête du premier Empire colonial du monde.

A noter que si dans l’armée française la cavalerie est considérée comme l’arme la plus prestigieuse attirant les meilleurs officiers, dans l’armée britannique c’est l’infanterie qui attire les meilleurs officiers. Si elle participe à la guerre de Crimée, l’armée de terre britannique va rester une armée de taille réduite jusqu’au premier conflit mondial.

La British Army dans le premier conflit mondial

La Grande-Bretagne est entrainée dans le premier conflit mondial par le jeu des alliances mais surtout pas l’invasion de la Belgique neutre par les troupes allemandes.

Non seulement Londres est garante de cette neutralité depuis 1839 mais en plus la prise d’Anvers par les allemands serait un coup terrible pour la Grande-Bretagne un pistolet pointé sur la poitrine de l’Angleterre (ce qui explique le refus farouche de voir le drapeau français flotter à Anvers).

Quand le premier conflit mondial éclate, la British Army est un corps de volontaires destiné principalement aux guerres coloniales. De 1899 à 1902 elle avait affronté les Boers, montrant les déficiences en matière d’équipement, de commandement et d’entrainement.

En 1907/08, un état-major est créé et les unités de combat sont regroupées au sein de sept divisions à but expéditionnaire alors que la défense du territoire doit être assurée par une force territoriale, une Territorial Army composée de quatorze brigades de cavalerie et de quatorze divisions, ces unités qui remplacent la milice devant si besoin renforcer les unités régulières.

Fantassin britannique du Worcestershire Regiment en 1916

Fantassin britannique du Worcestershire Regiment en 1916

En août 1914, l’armée de terre britannique aligne 247432 hommes répartis en soixante-douze régiments d’infanterie (quatre de Garde et soixante-huit de «ligne»), trente et un régiments de cavalerie, d’artillerie et de soutien. La moitié est stationnée outre-mer.

Six divisions d’infanterie et une division de cavalerie sont envoyées sur le continent en soutien de l’armée française aux moyens nettement plus importants.

Au cours du conflit, six divisions régulières, quatorze divisions territoriales, trente-six divisions de la «Kitchener’s Army» et six divisions diverses dont la Naval Division formée de Royal Marines, division déployée très rapidement à Anvers pour empêcher les troupes de Von Kluck de s’emparer de ce port.

Durant le conflit les structures évoluent ainsi que la part des différentes armes, la part de l’infanterie et de la cavalerie se réduisant au profit notamment du génie dont la part double en quatre ans.

L’enthousiasme patriotique explique que l’armée britannique n’eut aucun mal à lever de nouvelles unités retardant une conscription qui devint nécessaire après que les lourdes pertes sur la Somme n’aient douché l’enthousiasme des volontaires.

Mitrailleuse Vickers servie en atmosphère toxique lors de la bataille de la Somme (1916)

Mitrailleuse Vickers servie en atmosphère toxique lors de la bataille de la Somme (1916)

La conscription est imposée aux hommes célibataires en janvier 1916 et quatre mois plus tard, tous les hommes âgés de 18 à 41 ans y sont astreints.

A noter que l’Irlande n’ait pas concernée, l’île frondeuse étant un véritable chaudron prêt à bouillir et que de nombreux volontaires venant de la verte Erin se sont engagés pour combattre dans l’armée britannique ce qui explique en partie pourquoi les révoltés de Paques 1916 furent d’abord vus comme des traitres plutôt que comme des héros.

Comme dans tous les pays belligérants, les femmes jouèrent un rôle important à l’arrière, remplaçant dans de nombreux métiers les hommes partis au front.

Durant les premiers mois du conflit, le BEF sur le Front de l’Ouest joua un rôle modeste mais à la auteur des moyens engagés. Si son rôle fût anecdotique dans l’arrêt de la progression allemande, il fût plus important dans la course à la mer qui le vit engager dans les Flandres. Les pertes furent importantes au point qu’on peut considérer que l’armée de volontaires pré-premier conflit mondial est morte à Ypres.

Après une série d’offensives limitées au printemps 1915, l’automne voit le lancement d’une offensive en Artois avec l’utilisation de gaz de combat en réponse à la première utilisation allemande le 22 avril 1915 à Ypres (d’où le nom d’ypérite donné au gaz moutarde). L’échec de cette offensive entraine le remplacement du Field Marshal French par le Général Haig.

En 1916 alors que les combats font rage à Verdun où l’armée allemande cherche à attirer l’armée française dans une bataille d’attrition, les britanniques s’attaquent à la Somme en lançant une offensive majeure le 1er juillet.

Ce jour est resté dans les mémoires comme le jour le plus sanglant de l’histoire de l’armée britannique avec 19000 morts et 40000 blessés pour des gains insignifiant. Ce fût le début de cinq mois de combats qui causèrent la perte de 420000 hommes (tués et blessés).

L’année 1917 marquée par des offensives à Arras (côté britannique) et en Champagne (Chemin des Dames) pour les français ne voient pas l’offensive décisive capable d’achever un conflit qui entrait dans sa quatrième année.

En 1916 sont engagés les premiers tank, les premiers chars de combat qui en petits paquets montrent leur efficacité mais il est certain qu’un engagement massif aurait été nettement plus efficace.

L’année 1918 commence mal pour l’armée britannique quand Ludendorff lance l’opération Michel, son offensive de la dernière chance. Elle tombe sur la 5ème armée britannique et le corps expéditionnaire portugais provoquant une brèche comblée par l’envoi de quarante divisions françaises. L’offensive allemande est finalement stoppée sur la Marne en juin et permet aux français d’imposer Foch comme généralissime des forces armées alliées.

Le 8 août 1918, la 4ème armée britannique attaque dans la région d’Amiens. C’est le début de l’offensive de 100 jours, une série d’offensives échelonnées pour empêcher les allemands de déplacer facilement les réserves jusqu’à un point menacé du front.

Le conflit s’achève par la signature le 8 novembre 1918 de l’armistice qui entre en vigueur le 11 novembre à 11.00.

Prisonniers de l'IRA escortés par des soldats britanniques après l'échec du soulèvement de Pâques déclenché le 24 avril 1916.

Prisonniers de l’IRA escortés par des soldats britanniques après l’échec du soulèvement de Pâques déclenché le 24 avril 1916.

Le Front Occidental ne fût pas le seul front sur lequel fût engagée l’armée britannique. On trouve également l’Irlande secoué par des troubles entamées à Paques 1916, les 1600 rebelles de l’IRA devant faire face à 18/20000 hommes, chiffre brièvement porté à 50000 hommes.

Après l’échec de l’opération aux Dardanelles et à Gallipoli en 1915, les alliés décident de s’engager dans les Balkans. Si l’Armée d’Orient fût composée essentiellement de troupes françaises, serbes, russes et grecques, les britanniques furent également engagées contre la Bulgarie qui signa l’armistice le 30 septembre 1918.

Des divisions britanniques sont également engagées en Italie pour soutenir en compagnie de troupes françaises l’armée italienne durement éprouvée par la bataille de Caporetto le 24 octobre 1917. L’arrivée de troupes alliées permet de stabiliser le front sur la Piave puis de participer à l’offensive décisive lancée contre la ville de Veneto (ultérieurement Vittorio Veneto). Un armistice est signé dès le 3 novembre 1918.

Soldats britanniques à Tsingtao en 1914, le comptoir allemand pris par les anglais et les japonais

Soldats britanniques à Tsingtao en 1914, le comptoir allemand pris par les anglais et les japonais

Hors d’Europe,les britanniques participèrent à la prise du port allemand de Tsingtao en soutien des troupes japonaises mais également aux opérations contre l’Afrique orientale allemande dont les dernières troupes ne se rendirent que le 25 novembre 1918 !

Un mot également sur la terrible campagne de Gallipoli, une opération stratégiquement bien pensée mais menée de manière désastreuse.

Après des opérations navales infructueuses en octobre 1914 et en mars 1915, les alliés débarquent dans la péninsule de Gallipoli sur un terrain favorable à la défense où s’illustre un certain Mustapha Kemal, le futur Attaturk. Après neuf mois de lutte, les alliés évacuent la région en janvier 1916.

mortier Stokes mis en oeuvre au Moyen-Orient par l'armée de terre britannique

mortier Stokes mis en oeuvre au Moyen-Orient par l’armée de terre britannique

L’armée britannique (essentiellement composée de troupes indiennes) fût également engagée en Mésopotamie dans l’actuel Irak, un territoire sous contrôle de l’Empire Ottoman et si Bagdad fût prise en mars 1917 ce ne fût pas sans difficultés avec notamment la défaite de Kut-al-Amara où 13000 britanniques et indiens durent se rendrent après un siège de cinq mois (décembre 1915-avril 1916). Citons également des campagnes menées dans le Sinai et dans le Caucase sans oublier les opérations de police coloniale.

De Rethondes à Coblence (1918-1939)

Comme toutes les armées, les effectifs de la British Army sont sensiblement réduits. Les pertes du premier conflit mondial (période 4 août 1914-30 septembre 1919) s’élèvent 573507 tués (au combat, des suites de leurs blessures ou de causes diverses), 254176 prisonniers et disparus sans oublier les blessés (1643469).

Comme pour les troupes françaises, l’armistice du 11 novembre 1918 ne marque pas la fin de la guerre pour les troupes britanniques qui vont être engagées dans la guerre civile russe en soutien des forces Blanches, en Afghanistan en mai 1919, dans le Somaliland en 1920 sans oublier la guerre anglo-irlandaise (21 janvier 1919-11 juillet 1921). De 1920 à 1929, une British Army on the Rhine (BAOR) marque le retour de troupes britanniques en Allemagne.

En dépit de tentatives de digérer l’expérience du premier conflit mondial (avec notamment l’Experimental Mechanized Force en 1927/28), l’armée britannique connait des temps difficiles, le budget de la défense passant de 766 millions de livres en 1919/20 à seulement 102 millions en 1932.

L’absence de réelle menace extérieure explique en grande partie l’absence d’investissements massifs dans la Défense. A cela s’ajoute un contexte économique compliqué.

Faible budget, répugnance à investir, voilà pourquoi face à la montée de l’Allemagne nazie, les autorités britanniques préféraient une politiquement d’apaisement (apeasment policy), espérant que les concessions allaient calmer Hitler.

Néanmoins à partir du milieu des années trente, les investissements militaires reprennent pour permettre à l’armée britannique de faire face à un conflit que certains considèrent comme inévitable à court terme.

Depuis 1929, un processus de mécanisation était en cours au sein de l’armée britannique, processus qui s’acheva au cours de la guerre de Pologne, les seuls régiments montés restant étant ceux de la Garde.

Le déclenchement de la guerre de Pologne voit l’engagement sur le continent d’un corps expéditionnaire britannique, la British Expeditionary Force (BEF). Placé sous le commandement de Lord Gort, il dépend du Groupe d’Armées n°1.

Il est déployé dans la région de Lille entre la 7ème armée placée à l’ouest et la 1ère armée à l’est avec une force de combat qui aurait du à terme être composée de treize divisions, cinq d’active (1st Infantry Division 2nd Infantry Division 3rd Infantry Division 4th Infantry Division et 5th Infantry Division), cinq issues de la mobilisation (42nd « East Lancashire Division », 44th «Home Counties Division», 48th « South Midland Division » 50th «Northumbrian Division» et 51th «Highland Division» ) et trois divisions de travailleurs, les 12th «Eastern Division» , 23rd «Northern Division» et 46th «North Midland Division ». Seules les divisions d’active ont été à temps déployées sur le continent.

A ces divisions d’infanterie ou assimilées s’ajoute une division blindée, la 1st Armoured Division qui dispose de deux brigades blindées à trois régiments de chars plus des unités de soutien.

On trouve également la 1st Armoured Brigade à trois régiments de chars ainsi que les 1st et 2nd Cavalry Brigade qui sont des unités mécanisées et non des unités montées sans oublier cinq régiments de reconnaissance.

-L’artillerie britannique déploie en France sept régiments d’artillerie légère, neuf régiments d’artillerie moyenne, trois régiments d’artillerie lourde, trois régiments d’artillerie super lourde et enfin deux régiments et deux batteries antichars.

-La défense antiaérienne est assurée par cinq brigade dont une fournie par la RAF auxquelles s’ajoute une brigade de projecteurs.

-Le génie royal déploie plusieurs compagnies notamment des unités comparables aux unités Z françaises (guerre chimiques)

-On trouve également sept bataillons de pionniers et six bataillons de mitrailleurs

Cette force de combat non négligeable n’aura pas à s’employer durant le court conflit qui s’ouvre le 1er septembre 1939. L’assassinat d’Hitler le 9 novembre 1939 ouvre une période d’incertitude qui inquiète Londres. Le retour de Guillaume II pour donner une façade présentable au triumvirat Borman-Goering-Himmler rassure un peu les autorités britanniques.

Le conflit est suspendu le 15 décembre 1939 mais il faut attendre l’échec de la conférence de Coblence (27-30 décembre 1939) pour que le BEF commence à rentrer de France.

Rentre-t-il au complet ? Non car la 1st Infantry Division va rester déployée dans la région de Lille pour permettre notamment une montée en puissance plus rapide des forces britanniques sur le continent.

Elle va s’entrainer régulièrement avec des unités françaises, permettant un fructueux échange d’informations et va apporter sa contribution aux travaux de fortifications de la frontière.

La British Army et la Pax Armada

Comme pour l’armée de terre française, la British Army réduit considérablement la voilure avec la démobilisation.

En Métropole, les différents commandements regroupent neuf divisions d’infanterie d’active, les divisions de mobilisation étant dissoutes. A cela s’ajoute huit divisions de réserve de la Territorial Army même si ces divisions sont loin d’être sur le pied de guerre.

A cela s’ajoute des unités de cavalerie et de chars, une division blindée, quatre brigades de cavalerie et sept brigades blindées sans oublier des unités d’artillerie et du génie.

Au Moyen-Orient, les moyens sont plus modestes avec deux divisions d’infanterie et une division blindée, les autres territoires disposant de moyens limités à des bataillons ou des régiments indépendants.

Dans l’Empire des Indes, il n’y à pas à proprement parlé d’unités britanniques. La défense repose sur l’Indian Army de recrutement local, les unités britanniques n’étant là que pour un déploiement temporaire.

Sur le plan des structures comme sur le plan matériel, les choses évoluent de manière importante, tout le monde prennant conscience que l’ogre allemand n’est pas totalement rassasié.

Des réformes de structures sont mises en place. Si les divisions d’infanterie évoluent peu, les unités de cavalerie et de chars subissent des modifications importantes, le Royal Tank Corps disposant en septembre 1948 de quatre divisions blindées et de six brigades blindées indépendantes, ces dernières étant plus destinées au soutien de l’infanterie que les premières.

L’artillerie et le génie restent composées de régiment tout comme les unités de transmission et de transport.

En ce qui concerne l’armement, l’infanterie voit sa puissance de feu augmenter avec l’introduction de pistolets mitrailleurs en grand nombre (même si le fusil reste l’arme de base). La grenade à fusil d’origine française fait également son apparition au sein de l’infanterie de sa Majesté.

Comme pour les structures ce sont les unités de chars qui connaissent le plus grand renouvellement en terme de matériel, les chars (trop) légers et (trop) faiblement armés sont remplacés par des chars mieux armés, mieux protégés et plus rapides.

La British Expeditionary Force (BEF) repart en guerre (septembre 1948)

A partir de l’été 1948 les tensions en Europe deviennent telles que l’ouverture du conflit est imminente, une question de semaines et de mois plutôt que d’années.

Dès le mois de juillet, discrètement, les autorités militaires britanniques et françaises mettent en place des équipes de liaison pour faciliter le transfert sur le continent d’un BEF musclé sans compter que d’autres divisions vont être intégrées à des Corps d’Armée français.

La 1st Infantry Division installée à Lille reçoit l’ordre de préparer les futurs cantonements des troupes britanniques, de préparer l’accès aux cantonements avec des panneaux indicateurs anglais et également d’écrire des guides pour éviter les problèmes avec la population locale.

Char médian A-27M Cromwell

Char médian A-27M Cromwell

Grace à la mobilisation, de nouvelles divisions sont mises sur pied. Le nouveau BEF destiné à être déployé au sein du Groupe d’Armées n°1 va se composer de douze divisions, dix divisions d’infanterie motorisées et deux divisions blindées, ces derniers disposant de chars lourds Churchill, de chars moyens Cromwell et de chars légers de reconnaissance.

Ces divisions sont regroupées en trois corps d’armée (1st 2nd 3rd British Corps), les deux divisions blindées formant un corps d’armée blindé (1st British Armoured Corps).

Cette puissante force occupe un secteur situé entre la 7ème et la 1ère armée française entre Armentières et Condé sur l’Escaut.

A ces douze divisions formant un corps autonome au sein du GA n°1 s’ajoute quatre divisions en deux corps d’armée destinées à renforcer les 3ème et 4ème armée déployées au sein du GA n°2 face à l’Allemagne.

Le 4th British Corps déployé au sein de la 3ème Armée est encadré par les 23ème et 24ème Corps d’Armée. Il se compose de deux divisions de mobilisation, les 51th Highland Division et 48th Northumberland Division.

Le 5th British Corps déployé au sein de la 4ème Armée dispose d’une division d’active, la 5th Infantry Division et une division de mobilisation, la 42th East Lancashire Division.

-L’Etat-major du BEF est installé à Lille et dispose d’unités qui lui sont directement rattachées en l’occurence une réserve conséquente d’artillerie (représentée par les 1st & 2nd RASG), des unités antiaériennes et antichar (quatre brigades AA et trois régiments antichars), deux régiments de cavalerie pour la reconnaissance et diverses unités de soutien.

1st British Corps : trois divisions d’infanterie : 1st Infantry Division 1st Canadian Infantry Division et 44th «Home Counties Division»

2nd British Corps : trois divisions d’infanterie : 2nd Infantry Division 3rd Infantry Division et 49th South Midland Division

3rd British Corps : trois divisions d’infanterie : 4th Infantry Division 6th Infantry Division et 50th «Northumbrian Division

-La 46th Nort Midland Division est une division de travailleurs mais aussitôt transformée en division d’infanterie ce qui explique qu’elle est en réserve, ne devant rejoindre le front qu’une fois bien entrainée.

1st British Armoured Corps avec la 1st Armoured Division et la 2nd Armoured Division

4th British Corps (3ème armée) : deux divisions d’infanterie, les 51th Highland Division et la 48th Northumberland Division

5th British Corps (4ème armée) : deux divisions d’infanterie, les 5th Infantry Division et d’une division territoriale, la 42nd East Lancashire Division.

Seize divisions britanniques sont donc déployées en Europe continentale auxquelles il faut ajouter six divisions déployées dans le Sud-Est de l’Angleterre à la fois pour défendre le territoire national mais également renforcer le dispositif allié sur le continent (43rd [Wessex] Infantry Division 47th [London] Infantry Division 49th (West Riding) Infantry Division 54th [East Anglian] Infantry Division 59th [Straffordshire] Infantry Division et 61st Infantry Division).

Cela porte le chiffre à vingt-deux divisions auxquelles il faut ajouter six divisions déployées en Ecosse, quatre divisions de mobilisation (15th [Scotish] Infantry Division 12th (Eastern) Infantry Division 38th [Welsh] Infantry Division 45th Infantry Division) plus deux divisions destinées à être engagées en Norvège (52nd Lowland Infantry Division 53rd [Welsh] Infantry Division)

-Le dispositif à été renforcé en Méditerranée avec le déploiement de deux divisions d’infanterie sur l’île de Malte (18th Infantry Divison 56th Infantry Division) plus trois divisions en Egypte et en Moyen-Orient (7th Infantry Division 8th Infantry Divison 66th Infantry Division), des divisions des Dominions devant les renforcer à moyen terme (deux ou trois divisions australiennes, une division néo-zélandaise).

-Enfin en Asie du Sud-Est, des troupes sont déployées à la fin de 1948, poursuivant une amélioration du dispositif allié dans la région.

En Inde, deux divisions britanniques sont déployées en novembre 1948 (76th et 77th) mais début 1949, la 76th Infantry Division est redéployée en Malaisie où elle retrouve deux divisions déployées depuis 1945 (70th & 71st Infantry Division).

L’essentiel de la défense est assurée par la Royal Indian Army qui dispose en septembre 1939 de deux divisions d’infanterie, de cinq brigades de cavalerie et de régiments d’artillerie, cette force connaissant une certaine croissance avec la levée de deux nouvelles divisions d’infanterie, la mécanisation des unités de cavalerie pour former des Independent Armoured Brigade.

-Ailleurs dans les autres territoires sous souveraineté britannique, les effectifs sont modestes dépassant rarement le bataillon ou le régiment.