Grande Bretagne (85) Armée de terre (10)

Infantry Tanks Mk I et Mk II Matilda

Le char d’infanterie : une fausse bonne idée

Comme nous l’avons vu en introduction, l’invention du tank répondait à la nécessité de casser la meurtrière trilogie Barbelés/Tranchées/Mitrailleuses en dégageant les obstacles, en détruisant les nids de mitrailleuses pour permettre à l’infanterie d’avancer sans perdre trop d’hommes durant la traversée du no-man’s land.

Le char devait donc être lent, bien protégé et bien armé, la mobilité n’étant pas vue comme essentielle au delà de la capacité à franchir le terrain bouleversé par les trous d’obus et de traverser les tranchées.

Deux modèles de chars furent dévellopés, un modèle Male équipé de canons et un modèle Female armé uniquement de mitrailleuses.

Cette idée du char d’infanterie perdura durant l’entre-deux-guerre que ce soit en Grande-Bretagne ou en France. De l’autre côté de la Manche, on voyait même deux armes concurrentes mettre en oeuvre des “chars”, la cavalerie qui utilisait des véhicules mobiles, bien armés et bien protégés (notamment le célèbre Somua S-35 qui aurait fait des merveilles si la guerre de Pologne s’était prolongée) et l’arme des chars de l’infanterie qui utilisait des chars lents, bien protégés et bien armés.

Après de longues années sans recherches, un rapport était enfin publié en 1934 pour définir doctrine et matériel pour les années à venir.

Hélas pour le Royal Tank Corps (RTC), ce rapport figeait la doctrine et surtout dessinait deux catégories de chars distinctes. D’un côté les chars d’infanterie lents, peu mobiles mais bien protégés destinés à suivre l’infanterie en éliminant les obstacles qu’elle rencontrait et de l’autre un char veloce, à la protection relativement légère et bien armé pour la percée et la poursuite, un vrai char de cavalerie.

De plus aussi étonnant que cela puisse paraitre, le rapport n’intégrait quasiment pas l’idée d’un affrontement contre des chars ennemis alors que tous les pays européens s’équipaient de chars !

Cette doctrine allait donc donner naissance à deux catégories de chars, d’un côté les Cruiser Tank et de l’autre les Infantry Tank avec successivement les Matilda I et II, les Valentine et le Churchill qui doit beaucoup à la coopération française.

Cette doctrine fût rapidement révisée et les chars produits par la Pax Armada revenaient à de plus sages mesures, les chars d’infanterie étaient toujours aussi bien protégés mais étaient devenus plus mobiles alors que de leur côté les chars croiseurs gagnaient en protection.

Paradoxalement durant le second conflit mondial, le char de soutien d’infanterie se révéla utile, les grandes unités blindées étant très utiles pour l’exploitation mais la percée nécessitait davantage une solide artillerie, une aviation puissante et une infanterie mordante bien soutenue par ses propres chars selon la théorie de l’appui-mutuel.

Néanmoins aucun char d’infanterie ne fût mis au point après le Churchill, la France et la Grande-Bretagne pour ne citer qu’eux préférant dévelloper un char médian capable d’effectuer la percée, l’exploitation comme le soutien d’infanterie, ce char étant l’ancètre du char de combat principal dévellopé dans les années soixante mais ceci est une toute autre histoire.

Infantry Tank Mk I Matilda I

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Suite au rapport de 1934, la Grande-Bretagne se lança dans le développement de nouveaux modèles de chars, l’appel d’offre ou plutôt l’appel à projets fût lancé début 1936. Dès le mois d’avril, Vickers pu présenter deux projets de chars d’infanterie.

Suivant le principe Male/Female du premier conflit mondial, le rapport de 1934 estimait nécessaire deux Infantry Tank, une version Female armée de mitrailleuse et une version Male armée d’un canon antichar.

L’Infantry Tank Mk I Matilda I est issu du A.9, un démonstrateur de technologie. Si le A.10 qui répondait au char d’infanterie Male ne fût pas retenu car trop onéreux, le projet Vickers de char d’infanterie Female ou Vickers A.11 est retenu pour être produit en série.

Le projet mené par John Carden dessine un char biplace de taille réduite pour des questions de coût avec l’utilisation de composants commerciaux dans la mesure du possible. Son armement est composé d’une unique mitrailleuse, une .303 Vickers ou une Vickers .50.

Si la caisse est protégée contre les armes antichars de l’époque, les chenilles n’étaient absolument protégées et vulnérables aux obus, à la feraille du champ de bataille. La tourelle ne disposait pas de panier et l’ouverture de la trappe du conducteur empêchait la rotation de la tourelle.

Appelé Matilda, il ne reçoit son appelation officielle (Infantry Tank Mark I) en juin 1940, plus de trois ans après la première commande de soixante exemplaires passée en avril 1937.

Elle est suivit de soixante véhicules dix jours plus tard et de dix-neuf en janvier 1939 avant qu’une ultime commande de soixante-dix chars ne soit passée en septembre 1939 portant le nombre de total de véhicules produits à 209 exemplaires, les derniers sortant des chaines au printemps 1940.

Ces chars quasiment dépassés dès leur conception sont remplacés par des Valentine qui marquait une tentative d’Infantry Tank aussi véloce qu’un Cruiser Tank. Les derniers Matilda I sont retirés des unités de première ligne en octobre 1941 et rélégués à l’instruction. Aucun pays n’à acquis le Matilda I.

Caracteristiques Techniques du Infantry Tank Mark I Matilda I

Poids : 12 tonnes

Longueur : 4.85m largeur 2.29m hauteur 1.87m

Motorisation : un moteur 8 cylindres Ford essence dévellopant 70ch à 3300 tours/minute

Performances : vitesse maximale 12/13 km/h sur route 9 km/h en tout-terrain autonomie 130km

Blindage : 10 à 65mm selon les endroits

Armement : tourelle monoplace avec une mitrailleuse Vickers .303 (7.7mm) avec 4000 coups ou une mitrailleuse .50 (12.7mm)

Infantry Tank Mk II Matilda II

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Le développement du Matilda II débuta à la même époque que le Matilda I. Et pour cause, l’Infantry Tank Mk II était le pendant Male du Mk I qui était l’élément Female du concept d’Infantry Tank.

Conçu par le Royal Arsenal Woolwich installé à Londres, l’Infantry Tank Mk II est issu du A-7, un char dévellopé à partir de 1929. Opposé au A-10 de Vickers, l’A-12 est sélectionné pour être le char d’infanterie lourd avec pour armement un canon de 2 livres et une mitrailleuse coaxiale de 7.92mm.

Le Matilda II était deux fois plus gros que le Matilda I. Le prototype est livré en avril 1938 avant d’être officiellement adopté en décembre 1938.

Après une série d’essais subits par les appareils de pré-série au printemps, le Matilda II est adopté en avril 1939, la production en série est aussitôt lancée alors que la guerre menace. Deux véhicules seulement sont en service quand éclate la guerre de Pologne.

La production qui fit appel à des technologies nouvelles ne fût pas aisée en raison également de la désindustrialisation dont à souffert l’Angleterre durant la période 1919/1939.

Le réarmement à été tardif et si la guerre de Pologne s’était prolongée, le Royal Tank Corps aurait été en grave difficulté, ne pouvant s’appuyer que sur des chars trop légers ou des chars véloces mais insuffisament protégés, les lacunes en matière d’armement étant également non négligeables.

Jusqu’à l’arrivée à partir de l’automne 1942 du Infantry Tank Mk III Valentine, le Matilda II (puis simplement Matilda quand le Matilda I à été retiré du service) à été le principal char britannique au sein des divisions blindées.

A la différence du Matilda I, le Matilda II à été exporté en Australie où il était encore en service en septembre 1948 bien que son remplacement par un nouveau char ait été engagé.

Plus de 400 Matilda II sont sortis des chaines de montage britanniques, servant dans l’armée britannique jusqu’en mars 1944 quand les derniers Matilda ont rejoint l’instruction.

Plusieurs modèles ont été produits se différenciant par des mitrailleuses différentes (Vickers puis Besa), des moteurs plus puissants (Mk III à Mk V).

Des variantes ont également été produites : appui-rapproché avec un obusier de 3 pouces (76mm), déminage à fléau, char-projecteur et char télécommandé de démolition mais seule la première variante à été produite en quantité.

Les australiens ont été plus inventifs avec leurs Matilda II. Outre la version appui-rapproché, ils ont mis au point et utilisé des variantes lance-flammes, poseurs de ponts et bulldozer. La mise au point d’une version char de démolition envisagée au printemps 1948 n’à pas débouché sur une acte concret.

Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, quelques Matilda II sont sortis des stocks pour des missions anti-invasion, la Grande-Bretagne craignant un débarquement amphibie allemand surprise.

La menace passée, les Matilda II vont rejoindre progressivement la feraille, quelques tourelles étant réutilisées pour servir sur des blockhaus sur les côtes ou pour protéger des aérodromes contre un raid aéroporté allemand.

A noter qu’avant de s’appeler Churchill, le nouveau char lourd britannique à été connu sous le nom de Matilda III.

Caracteristiques Techniques du Infantry Tank Mark II Matilda II

Poids : 26.926 tonnes

Dimensions : longueur 5.61m largeur 2.59m hauteur 2.51m

Motorisation : Deux Leyland 6 cylindres essence de 95ch ou deux AEC diesels dévellopant 87ch

Performances : vitesse maximale 24 km/h vitesse maximale en tout-terrain 12.9 km/h autonomie sur route 157 km

Blindage : 20 à 78mm

Armement : tourelle biplace avec un canon de 2 livres de 41.7 ou de 50 calibres avec 69 à 93 coups associé à une mitrailleuse de 7.7mm Vickers avec 2925 coups puis une Besa de 7.92mm avec 3500 coups, une fusil-mitrailleur Bren en position antiaérienne

Equipage : quatre hommes

Infantry Tank Mark III Valentine

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Après des années de tergiversation, des années de sous-investissement comparable à beaucoup de pays (rappeler que le programme de remplacement des Renault FT n’est lancé qu’en 1933), la Grande-Bretagne se décide enfin en 1934 à développer des chars modernes, ignorant probablement que le chemin allait être long, semé d’embûches avec un grand nombre de culs de sac et de raccourcis piégeux.

Le rapport du Mechanization Board demandait que le char expérimental A-9 serve de base de départ au char-croiseur (Cruiser Tank) et au plus lourd des Infantry Tank. Ces deux types de chars devaient disposer du même armement (le canon de 2 livres), la différence se faisant sur le blindage plus faible sur le premier que sur le second.

Vickers mit au point l’A-9E1 qui allait déboucher le Cruiser Mk I ainsi que l’A-10 qui devait répondre à la catégorie char d’appui d’infanterie mais le Matilda II lui fût préféré et il fût reclassé comme char-croiseur devenant le Cruiser Mark II.

La même année que ce reclassement à savoir 1937, le Mechanization Board demanda à Vickers de proposer un nouveau modèle de char d’appui d’infanterie en raison des retards que connaissait le programme du Matilda II.

A l’origine, le “bureau de la mécanisation” avait demandé à Vickers-Armstrong de participer à la production du Matilda II mais ce projet ne fût se faire en raison de la surcharge de la firme, de la disparition prématurée de John Carden et surtout d’un modèle très différent de ces propres modèles. D’où le choix de dévelloper à partir du A-10, un char d’appui d’infanterie plus simple à produire que le Matilda II.

Outre l’avantage de disposer plus rapidement de chars “modernes”, une base technique commune faciliterait la production et le soutien logistique.

Le futur Infantry Tank Mk III Valentine reprend la caisse, le moteur, la transmission et la suspension de l’A-10 mais son blindage est plus épais avecun chassis réduit de 28cm en largeur et de 13cm en hauteur. La tourelle fût réduite et le tourelleau supprimé.

Le prototype est présenté en février 1938 mais le développement est perturbé par la surcharge de Vickers-Armstrong et des dissensions d’ordre technique notamment sur la tourelle.

Devant la dégradation de la situation internationale, les discussions sont rapidement abrégées et un accord de principe de mise en production est obtenu du War Office en avril 1939.

Un calendrier de production est décidé en juillet 1939 mais en dépit d’une volonté d’aller vite, l’engin encore techniquement non-mature doit être perfectionné avant d’être industrialisé.

Résultat quand la guerre de Pologne s’achève l’industrialisation n’à pas encore commencé. Une première commande de 160 Infantry Tank Mk III Valentine est passée en mars 1940 pour remplacer au plus vite les Maltida I totalement inaptes à la guerre modernes et pour ainsi dire dépassés dès leur conception.

Bien que plus rapide et mieux armé, le Valentine est lui aussi considéré comme un char limité en terme notamment d’armement, le canon de 2 livres étant en voie de déclassement.

Aussi après la livraison des 160 exemplaires (livraison effectuée entre juillet 1940 et mai 1941), le programme est suspendu.

La coopération franco-anglaise se met en place dans le domaine des chars et le Mechanization Board est informé plus en détail du programme du char G1, un char de 35 tonnes avec un canon de 75mm en tourelle, un char bien protégé et rapide, le char idéal en quelque sorte.

Certes les britanniques n’ont jamais été tenté de copier purement et simplement le char français mais ce projet et d’autre alimente la réflexion et donne des arguments aux partisans d’un char-croiseur bien protégé et bien armé ou un char d’infanterie rapide et bien armé.

Alors que le dévellopement du Matilda III (futur Churchil) à été entamé pour donner un char lourd de la classe du B1 français et que l’on planche sur les successeurs des Tank Cruiser Mk I II et III, le Mechanization Board prend la décision de relancer en août 1942 le Valentine sous la forme d’un Infantry Tank Mk V (l’Infantry Tank Mk IV n’est autre que le Churchill) avec un moteur plus puissant et un armement renforcé.

Baptisé Infantry Tank Mk V Valentine II, ce nouveau char est armé d’un canon de 6 pouces (57mm) dans une tourelle biplace ce qui lui donne des performances approchant celle du Somua S-35 armé d’un canon de 47mm.

Ce char est produit en grande série, le futur Cromwell ( Tank Cruiser Mk VII) ayant du retard. Il va devenir le principal char des quatre divisions blindées et des six brigades blindées indépendantes. Il est ainsi produit à près de 500 exemplaires en version combat, appui-rapproché (obusier de 3 pouces), dépannage, poseur de pont, char lance-flammes.

Une chaine de montage est installée au Canada et une autre en Australie, les deux pays souhaitant s’équiper de véritables chars de combat.

Tout en planchant sur des modèles nationaux plus ou moins inspirés de modèles étrangers, ces deux Dominions souhaitent pouvoir faire face aux menaces extérieures notamment l’Australie face au Japon, le Canada souhaitant simplement pouvoir être autre chose qu’un contributeur à l’armée de l’Empire.

Ce char équipe encore la division blindée stationnée en Egypte (7th Armoured Division) ainsi que deux brigades blindées indépendantes.

Un temps et pour éviter un nouveau retard du Cromwell (les premiers Cromwell ne sont livrés qu’au printemps 1946), on envisage un Valentine III armé d’un canon de 75mm dévellopé au Canada pour le char Ram II qui combine le chassis du M-3 américain avec une tourelle armée d’un canon de 75mm.

Deux prototypes et cinq véhicules de pré-série sont bien produits mais cela ne va pas plus loin, le Canada et l’Australie un temps préssenti pour produire ce char préfèrent concentrer leurs moyens sur le Ram II pour Ottawa et sur le Sentinel pour Canberra, ce dernier char reprennant néanmoins de nombreux composants des Valentine avec un canon de 17 livres en tourelle.

Des Valentine II sont engagés en Norvège où ils vont se comporter honorablement face aux Panzer III allemands, en détruisant plusieurs.

A l’automne 1949 cependant, tous les Valentine II ont été remplacés par des Cromwell. Des Valentine seront transformés en véhicules de soutien (dépannage, poseurs de ponts, chars lance-flammes……), d’autres réservés à l’instruction mais la majorité sera stockée ou directement féraillée.

Caracteristiques Techniques du Infantry Tank Mk III Valentine

Poids : 16 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 5.85m longueur de la caisse 5.32m largeur 2.59m hauteur 2.24m

Motorisation : moteur essence 6 cylindres de 130ch

Performances : vitesse maximale 24 km/h sur route 12.9 km/h en tout-terrain Autonomie 145km

Blindage : 8 à 65mm

Armement : tourelle biplace avec un canon de 2 livres (40mm) alimenté à 79 coups associé à une mitrailleuse Besa de 7.92mm avec 3150 coups

Equipage : 3 ou 4 hommes

Caracteristiques Techniques du Infantry Tank Mk V Valentine II

Poids : 19 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 5.95m longueur de la caisse 5.41m largeur 2.62m hauteur 2.24m

Motorisation : moteur diesel de 210ch

Performances : vitesse maximale 45 km/h sur route 17 km/h en tout-terrain Autonomie 145km

Blindage : 8 à 60mm

Armement : tourelle biplace avec un canon de 6 livres (57mm) alimenté à 54 coups associé à une mitrailleuse Besa de 7.92mm avec 3150 coups

Equipage : 4 hommes

Infantry Tank Mk IV Matilda III/Churchill

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Quand la guerre de Pologne éclate, les Infantry Tank en service se résumaient aux Matilda I et à seulement deux malheureux Matilda II. Le futur Valentine ou Infantry Tank Mk III était encore en développement ce qui n’empêcha pas le Mechanization Board de plancher sur un nouveau char d’infanterie.

La première guerre mondiale est en cours dans toutes les têtes et on suppose que le conflit qui s’annonce n’en sera qu’une réplique. Point une réplique affadie mais une réplique encore plus pénible et sanglante avec notamment la nécessité de percer une ligne Siegfried magnifiée par une habile propagande.

Le nouveau char d’infanterie devait être lent (maximum 15 km/h) pour suivre un fantassin au pas, une protection plus importante pour faire face à l’augmentation de puissance des pièces antichars et un armement capable de faire face aux positions fortifiées.

Les blockhaus et autres fortins étant souvent bas, il faut un canon capable de pointer en site négatif ce qui peut être délicat avec une tourelle.

Pour détruire un bunker, il faut envoyer un obus explosif lourd ce qui implique un canon d’un certain calibre difficilement intégrable dans une tourelle de taille réduite.

La France qui s’était équipé d’un char semblable avec le B1 avait choisit la solution techniquement la plus accessible avec un canon lourd en casemate et un canon plus léger en tourelle pour lutter contre les chars à l’époque encore peu protégés.

Vickers-Armstrong était tout indiqué pour dévelloper le futur Infantry Tank Mk IV mais elle est surchargée par la production des autres blindés et l’appel d’offres A.20 est remis au chantier naval Harland & Wolff Limited de Belfast.

Le chantier naval nord-irlandais remet un prototype à l’automne 1940 après un dévellopement particulièrement lent et compliqué en raison du manque d’expérience de l’entreprise dans les chars de combat.

Le prototype testé à l’automne 1940 est une véritable calamité, trop lourd et trop peu fiable à tel point que certaines personnes ont pu croire que H&W avaient fait exprès pour se débarasser d’un projet qui lui avait été un peu imposé.

Les britanniques ne se découragèrent pas, croyant encore à l’époque au “Tout-Infanterie”, les rares voies dissonantes étant marginales.

Après une réévaluation du concept mené notamment par la Royal Ordnance Factory de Woolwich, le projet A.20 devient A.22 et est confié à Vauxhall Motors Ltd qui à l’origine devait fournir un nouveau moteur plus puissant mais qui devient le maitre d’oeuvre du projet.

Le projet A.22 va bénéficier de l’étude approfondie des B1bis et ter livrés par la France dans le cadre des accords franco-anglais sur la coopération militaire. Si le concept de base est le même, on serait bien en peine d’imaginer un lien de parenté entre le A.20 et le A.22.

Le concept du “blockhaus mobile” évolue un peu. Certes il n’est pas décidé d’en faire un pur-sang mais le nouveau char devient plus un char lourd qu’un char d’infanterie chargeant au pas au soutien de fantassins harassés par leur tache.

Le projet A.22 est officiellement lancé en octobre 1941 avec la commande deux prototypes et de cinq exemplaires de présérie pour accélérer la mise au point de ce char lourd officieusement connu comme Infantry Tank Mk IV Matilda III.

Les deux prototypes sont présentés aux services officiels en juin 1942. Par rapport au A.20, le A.22 est dôté d’un moteur plus puissant, d’une transmission plus fiable et surtout d’un armement revu.

Si l’obusier de 3 pouces (76.2mm) était bien présent en caisse, la tourelle accueillait désormais un canon de six pouces (57mm) en remplacement d’un canon de 2 pouces en voie de déclassement.

Détail important, la tourelle était surdimensioné par rapport au canon qu’elle devait abriter pour permettre d’intégrer un canon plus puissant dans les années à venir.

Les cinq exemplaires de présérie sont livrés entre septembre 1942 et janvier 1943, la petite flotte subissant une série de tests très éprouvant, le prototype n°2 subissant de multiples agression : incendie accidentel, mines, canons antichars de différents calibres, fusils antichars, cocktails Molotov avant d’être féraillé, le prototype n°1 lui est préservé dans un musée alors que trois exemplaires de pré-série (deux trop usés ont été réformés) ont été modifiés aux standards de série et livrés à des unités régulières.

Le véhicule est officiellement adopté en décembre 1943 sous l’appelation officielle de Infantry Tank Mk IV Churchill I en hommage au premier ministre Winston Churchill.

Sur le plan de l’organisation, les Churchill vont équiper huit régiments de chars lourds à raison d’un par brigade blindée, chaque division blindée disposant de deux brigades blindées.

A cela s’ajoute six bataillons pour les six Independent Armoured Brigade déployées en Grande-Bretagne mais également outre-mer.

Chaque régiment dispose de cinquante et un chars de combat alors que les bataillons n’en disposent que de trente-quatre (deux squadrons au lieu de trois).

Ce sont donc 655 Infantry Tank Mk IV Churchill I qui vont être commandés auxquels il faut ajouter deux véhicules en version dépannage par squadron soit soixante-douze Churchill ARV (Armoured Recovery Vehicle).

Les premiers véhicules de série sont livrés dans le courant 1944. Les premières livraisons sont lentes en raison de défauts de jeunesse à corriger mais en juillet 1946 les quatre divisions blindées sont entièrement équipées, les brigades blindées l’étant en septembre 1947.

Suite à l’apparition des Panther et surtout des Tiger, le Mechanization recommande la mise au point d’une nouvelle version du Churchill.

C’est là que le choix d’une tourelle spacieuse prit tout son sens puisqu’elle permis d’intégrer un canon de 17 livres (76.2mm) en remplacement du canon de 6 pouces (57mm) du Churchill I, l’Infantry Tank Mk VI Churchill II perdant son obusier de 3 pouces au bénéfice d’une mitrailleuse de caisse.

Quand le second conflit mondial éclate, la production du Churchill II à tout juste démarré et le début des opérations rend peu probable un rééquipement immédiat des divisions blindées et des brigades blindées indépendantes.

Quand le second conflit mondial éclate, la seule variante en service est la variante dépannage, les autres projets (poseur de ponts, lance-flammes, appui-rapproché) n’ont pas (encore ?) débouchés.

Caractéristiques Techniques du Infantry Tank Mk IV Churchill I

Poids : 38 tonnes

Dimensions : longueur 7.44m largeur 2.49m hauteur 3.25m

Motorisation : moteur essence Bedford/Vauxhall Twin Six HQ refroidi par eau 12 cylindres 355ch

Performances : vitesse maximale 30 km/h sur route 12 km/h en tout terrain autonomie 205km

Blindage : 15 à 102mm

Armement : un obusier de 3 pouces (76.2mm) en caisse, une tourelle biplace avec un canon de 6 pouces (57mm) associé à une mitrailleuse Besa 7.92mm

Equipage : Cinq hommes

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Grande Bretagne (84) Armée de terre (8)

Matériel de l’Armée Britannique (5) Artillerie antiaérienne

Avant-Propos

L’évolution du matériel militaire répond à la loi classique action/réaction. Dès que des moyens, des vecteurs de reconnaissance ont pris l’air, l’ennemi à cherché à les abattre.

Dès Fleurus (1794), l’ennemi à essayé de crever cet oeil indiscret mais sans réel succès jusqu’à l’arrivée des plus lourds que l’air, des avions qui renvoyèrent au rang d’antiquités militaires les ballons et autres dirigeables d’observation.

Vecteur de reconnaissance dans un premier temps, l’avion ne tarda pas à être utilisé pour le combat bombardant les positions ennemies et attaquant ses homologues adverses d’abord à la carabine puis à la mitrailleuse.

Face à cette menace venue du ciel, la parade fût toute trouvée : pointer une mitrailleuse ou un canon à tir rapide vers le ciel.

Le premier conflit mondial s’achève sans qu’une arme spécialisée soit mise au point pour contrer l’aviation, les mitrailleuses légères utilisées ayant été mises au point pour le combat terrestre et les canons sont des adaptations de canons terrestres comme le “75” français véritable couteau suisse de l’artillerie française.

Avec l’augmentation des performances des avions ces expédients ne suffisent plus, des armes spécialisées doivent être mises au point. Si les mitrailleuses lourdes (calibre de 10 à 15mm) sont encore efficaces, les mitrailleuses légères d’un calibre de 7 à 9mm sont inefficaces au delà de la psychologie.

L’armement antiaérien en raison de l’échec des roquettes sol-air se compose exclusivement de canons, des canons antiaériens légers de 20 à 45mm, des canons médians d’un calibre compris entre 50 et 80mm et enfin des canons lourds d’un calibre allant globalement de 90 à 128mm.

Sans qu’il y ait de cloison étanche, on remarque que les unités de mélée disposent des pièces légères pour se protéger des bombardiers attaquant à basse et moyenne altitude alors que les canons médians et lourds sont davantage tournés vers la protection de l’arrière.

Ce choix s’explique à la fois par les besoins de ces unités de combat les menaces auxquelles elles font face (plus des bombardiers en piqué et des bombardiers légers que des bombardiers lourds lachant à haute altitude des tapis de bombes) mais également par de basses raisons pratiques, un canon lourd nécessite beaucoup de personnel, est lourd, encombrant et peu mobile.

L’armée britannique ne fait pas exception, utilisant essentiellement des Oerlikon et des Polsten de 20mm, des Bofors de 40mm pour la protection de ces unités de mêlée alors que l’arrière est protégée essentiellement par des pièces de 3 pouces (76.2mm), des pièces de 3.7 pouces (94mm), des canons de 4.5 pouces (114mm) et enfin des canons de 5.25 pouces (133mm).

Si les deux premiers des canons lourds sont utilisés sur des affûts mobiles permettant en théorie de suivre les troupes de première ligne, les deux derniers issus de l’artillerie navale sont utilisées davantage sur des emplacements fixes pour protéger des cibles à très haute valeur, cibles politiques, militaires et industrielles.

Sur le plan des structures, les divisions disposent d’un régiment antiaérien équipé de pièces de 20 et de 40mm (après avoir été un temps équipé uniquement de canons de 40mm), les brigades d’un bataillon antiaérien.

Pour la défense de l’arrière, on trouve douze divisions antiaériennes équipées de pièces médianes et lourdes (quelques pièces légères assurent la protection rapprochée des pièces lourdes), de projecteurs et de ballons de barrage.

Dépendant d’un Un Anti-Aircraft Command elles sont donc à but territorial, peu mobiles et peu souples d’utilisation. Elles sont donc réorganisées au printemps 1945, chaque division disposant de trois brigades totalement autonomes capables de protéger seules un secteur.

Si huit divisions sont déployées sur le territoire britannique (quatre en Angleterre, une en Irlande du Nord, une au Pays de Galles et deux en Ecosse), une est déployée en Egypte, une en Palestine mandataire et deux en Malaisie.

Pour couvrir le BEF, quatre brigades sont déployées sur le continent, renforçant par la même occasion l’action de la DAT française.

Canon de 20mm Oerlikon

Canon de 20mm Oerlikon en affût terrestre

Canon de 20mm Oerlikon en affût terrestre

Si le canon de 20mm Oerlikon est une arme suisse tellement exportée qu’elle allait être utilisée par les deux camps durant le second conflit mondial, il à pour origine un canon allemand, le Becker utilisé à la fin du conflit par des avions allemands et comme arme antiaérienne.

Le traité de Versailles interdisant toute recherche en matière militaire, les ingénieurs allemands s’installent en Suisse, en Suède, aux Pays-Bas et dans d’autres pays pour continuer leurs travaux.

Les plans du canon Becker furent transférées à la firme SEMAG mais cette dernière fit faillite en 1924 et la firme Oerlikon récupéra les plans, les machines et les employés de la SEMAG pour continuer à produire un canon de 20mm qui n’était plus identique au Becker, utilisant par exemple une cartouche différente du Becker et du SEMAG L.

Des nouveaux modèles apparaissaient régulièrement, l’année 1935 voyant la mise en service d’un canon destiné aux avions de combat, différentes variantes s’adaptant aux désidératas des clients.

La firme Oerlikon ne tarda pas à vendre des licences de fabrication comme à la firme française Hispano-Suiza, à l’allemande Ikaria, au Japon mais également à la Grande-Bretagne d’abord au sein de la Royal Navy (après une longue résistance) puis au sein de la Royal Air Force et de la Royal Army. Les premiers canons sont produits directement en Suisse avant qu’une chaine de montage ne prenne le relais au printemps 1941, les premiers Oerlikon made in Great Britain sortant des chaines de montage à l’été.

Si à bord des navires il était utilisé en affûts simples, doubles et quadruples, à terre, il était utilisé depuis un affût léger équipé de deux roues qui se relevaient au moment du tir pour permettre à l’affût de reposer au sol et d’être plus mobile. Quelques canons étaient montés sur des camions mais leur utilisation était plus anecdotique qu’autre chose.

Ce n’est qu’au cours du conflit que se généralisa les SPAAG (Self Propelled Anti-Aircraft Gun), le canon antiaérien automoteur, le plus courant étant un châssis de Cruiser avec un affût quadruple de 20mm redoutable en antiaérien comme contre des cibles terrestres peu protégées.

Caractéristiques Techniques du canon de 20mm Oerlikon

Poids (sans munitions) 480kg Longueur du canon : 1.40m Cadence de tir théorique : 450 coups/minute (120 en pratique) Portée maximum pratique : 3000m Alimentation : chargeurs de soixante coups

Canon de 20mm Polsten

Affût quadruple de 20mm Polsten

Affût quadruple de 20mm Polsten

Affût quadruple de 20mm Polsten

Es-ce une déformation liée à la tradition horlogère ? Je ne le sais mais ce qui est certain c’est que le Oerlikon était une arme complexe à fabriquer avec pas moins de 250 pièces ce qui la rendait onéreuse.

En temps de paix c’est déjà un problème mais en temps de guerre c’est un problème qui devient aigu.

Avec la chute de la Pologne en octobre 1939, de nombreux ingénieurs polonais avaient fuit leur pays pour la France et la Grande-Bretagne, mettant leurs compétences au service des firmes britanniques, retrouvant d’autres exilés, les tchèques.

Certains se retrouvèrent à travailler chez John Inglis sur un canon de 20mm moins onéreux que le Oerlikon ce qui explique une grande résistance à la mise en fabrication en très grande série.

Alors que les premiers prototypes de ce canon qu’on appelerait aujourd’hui low cost apparaissent dès le printemps 1942, la fabrication n’est lancée qu’en 1945, les premiers exemplaires de série ralliant les unités à la fin de l’année.

Les deux modèles de canons continuèrent à être produits durant le conflit avec l’Oerlikon réservé à la marine britannique alors que les Polsten équipait l’armée de terre et la Royal Air Force.

Caractéristiques Techniques du canon de 20mm Polsten

Poids à vide : 57kg Longueur totale : 2.1m Longueur du tube : 1.45m Portée maximale : 1000 à 2000m Cadence de tir : 450 coups/minute Alimentation : chargeurs de trente ou de soixante coups.

Canon de 40mm Bofors

Canon de 40mm Bofors

Canon de 40mm Bofors

A l’origine de ce canon mythique encore en service en 2015 figure une demande de la marine suédoise. Cette dernière avait acquis un certain nombre de 2 Pounder (les fameux Pom-Pom) en 1922 et cherchait à les remplacer par une arme plus efficace. Pour cela un contrat de développement est signé avec la firme Bofors fin 1928.

A l’époque des essais menés par Bofors pour mettre au point un nouveau canon antiaérien, la firme allemande Krupp prit un tiers du capital de la firme suédoise, apportant savoir-faire et ingénieurs mais le projet de canon de 40mm resta caché aux techniciens allemands.

Un prototype sort des usines en novembre 1931 après trois ans de dévellopement mais les essais vont se poursuivre jusqu’en octobre 1933 bien que l’acceptation officielle du modèle remonte à 1932 ce qui explique le nom du canon à savoir 40mm akan M/32 plus connu sous le nom de Bofors 40mm L/60,le chiffre 60 correspondant à longueur du tube en calibre soit une longueur de 2.4m.

Ironie de l’histoire, la marine suédoise préféra se concentrer sur une artillerie antiaérienne de plus petit calibre dans la tranche 13/25mm, Bofors plaça un canon de 25mm en 1932. Elle n’acquis qu’ultérieurement ce canon de 40mm d’abord dans une version réservée aux sous-marins avec un canon de 42 calibres (longueur du tube : 1.680m). Le premier client du Bofors L/60 fût la marine néerlandaise qui passa commande de cinq affûts en août 1934.

En avril 1935, Bofors présenta en Belgique une version terrestre de son canon avec un affût muni de quatre roues, le tir pouvant se faire depuis cet affût ou depuis une plate-forme qui s’abaisse au sol pour améliorer la stabilité. Les commandes ne tardèrent pas affluer, commandes venues de Belgique, de Pologne, de Norvège, de Finlande et de Suède en attendant la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

La Grande-Bretagne étudia le Bofors en acquérant quelques exemplaires produits sous licence en Pologne, les tests s’avéreront concluants puisqu’une licence de fabrication fût acquise. Le Canada et l’Australie ne tardèrent pas à suivre pour équiper leurs armées nationales puis participer au réarmement de la Métropole.

Le Bofors équipa la Royal Navy en complément puis en remplacement des Pom-Pom (encore qu’en septembre 1948 le Pom-Pom étant encore plus que présent), la Royal Air Force pour la défense de ses terrains d’aviation et l’Army pour la défense de ses unités de mêlée mais également pour la défense du territoire.

Les régiments antiaériens des divisions disposaient de deux batteries de dix-huit pièces soit un total de trente-six canons, le nombre ayant été à l’origine de cinquante-quatre, la troisième batterie disposant désormais de canons de 20mm Oerlikon puis Polsten.

Les canons de 40mm “retirés” des régiments et des bataillons (qui disposaient d’une batterie de 40mm et d’une batterie de 20mm) furent confiés au Anti-Aircraft Command pour assurer la défense rapprochée terrestre et antiaérienne des canons médians et lourds.

Si la Royal Air Force disposait de Bofors de 40mm montés sur camion, l’armée de terre ne disposait pas encore de canons antiaériens automoteurs. Comme pour le 20mm, Il faudra attendre les premières leçons du conflit pour montrer l’intérêt du SPAAG (Self-Propelled Anti-Aircraft Gun), les britanniques réutilisant des chassis de chars déclassés comme le Crusader qui reçurent en remplacement de la tourelle une plate-forme avec deux canons de 40mm protégés par un bouclier.

Outre les pays déjà cités ce canon à été utilisé par l’Allemagne (exemplaires capturés en Pologne en 1939, des exemplaires commandés directement à la Suède), la Chine (ce qui permis au Japon de le fabriquer sous licence), le Brésil, le Paraguay, l’Argentine, la Nouvelle-Zélande, le Mexique, l’Afrique du Sud.

Caracteristiques Techniques du canon de 40mm Bofors

Calibre : 40mm

Poids total : 1981kg Poids de l’affût : 522kg

Longueur du tube : 2.4m Longueur du projectile : 21.9cm

Elevation en site : -5° à +90° (55° par seconde) En azimut : 360° (50° par seconde)

Cadence de tir : 120 coups/minute Portée maximale : 7160m

Ordnance QF 3 Inch 20 cwt

QF 3 inch 20 cwt 11

Les premiers canons antiaériens sont une adaptation à minima de canons existants. Généralement on se contente de pointer vers le ciel un canon à tir rapide à l’aide d’un affût particulier. Des problèmes d’approvisionnement à site élevé se pose rapidement nécessitant des modifications.

Quand éclate le premier conflit mondial, l’armée britannique dispose d’un canon de 3 pouces produit par Vickers adapté rapidement au tir antiaérien mais avec les problèmes soulevés plus haut.

Après une série de modification, le canon de 3 pouces se révéla efficace pour protéger aussi bien l’Angleterre que le front occidental les cibles de valeur.

Ce canon était toujours en service en septembre 1939 mais neuf ans plus tard il avait cédé la place au canon de 3.7 pouces plus efficace. Une partie resta cependant stockée pour faire face à un besoin imprevu. Quelques canons furent cédés à la Finlande mais arrivèrent trop tard pour participer à la guerre d’Hiver.

Caractéristiques Techniques du Ordnance QF 3 Inch 20 cwt

Calibre : 76.2mm Poids total : 1057kg Poids du projectile : 5.2 ou 7.3kg Longueur du tube : 3.420m ou 4( calibres Longueur totale 3.56m Elevation : 10 à 90° Champ de tir horizontal : 360° Cadence de tir : 16 à 18 coups/minute Portée maximale : 4900 ou 6200m en fonction de l’obus utilisé

Ordnance QF 3.7 Inch Gun

QF 3.7 inch AA gun 8

En 1914, l’avion est un appareil chétif fait de bois et de toile aux performances incertaines. Quatre ans plus tard, l’avion est toujours en bois et en toile mais l’enfant chétif à laissé la place à un vigoureux adolescent avec lequel il faut compter.

Si tous les pays n’ont pas créé une armée de l’air indépendante comme la Grande-Bretagne, le facteur aérien doit être pris en compte par les troupes au sol qui doivent se protéger.

Quand le premier conflit mondial se termine, le principal canon antiaérien britannique est le 3 Inch 20 cwt, un bon canon mais qui aurait du être remplacé par un canon de 3.6 pouces. Bien qu’officiellement accepté, ce canon n’entra jamais en production et à fortiori en service.

Seuls les canons de 3 pouces restèrent en service mais les unités de défense antiaériennes furent démantelées, la DCA étant absente de l’armée britannique jusqu’en 1922 quand elles renait, l’augmentation de la performance des avions rendant impensable l’absence d’unités de DCA dédiées.

Outre la recherche sur les canons, cette période voit la multiplication des projets, des démonstrateurs technologiques pour trouver les moyens d’employer au mieux les futurs canons antiaériens lourds.

En 1928, le portrait robot du futur canon antiaérien lourd est définit : 3.7 pouces pour le calibre (94mm), un obus de 25kg pouvant atteindre l’attitude de 8500m mais faute de financements, rien ne change jusqu’à la décennie suivante où les spécifications évoluent avec un obus de 13kg, une vitesse initiale de 910 m/s, un plafond de 11000m, la capacité d’être remorquée à la vitesse de 40 km/h avec un poids maximal de 8 tonnes et un délai de mise en oeuvre maximal de 15 minutes.

En 1934, Vickers-Armstrong se lança dans la réalisation de prototypes qui passèrent leurs tests d’acceptation en 1936 qui révèlèrent un poids plus important que demandé et une vélocité qui n’atteignait pas le chiffre demandé. En dépit de ces problèmes, la production fût lancé en 1937, le contexte international y étant certainement pour beaucoup.

La production commença doucement mais pris peu à peu sa vitesse de croisière, permettant d’équiper les douze divisions antiaériennes entre 1938 et 1945, les derniers 3 pouces quittant le service cette année là.

Le canon de 3.7 pouces installé sur un affût à quatre roues fût aussi employé sur des camions et sur des emplacements fixes. Comme ses homologues américains (M-1 de 90mm) français (canon de 90mm modèle 1939) et allemands (canon de 88mm), ce canon fût aussi employé comme pièce antichar.

Outre l’armée de terre, il fût utilisé par la Royal Navy pour la protection de ses bases navales. Il fût également exporté en Australie (produit sous licence), au Canada (produit sous licence), en Belgique, en Inde, en Irlande, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud, en Yougoslavie et en Grèce.

Caracteristiques Techniques du Ordnance QF 3.7 Inch Gun

Calibre : 94mm

Longueur (hors tout) 8.687m (canon) 4.70m (tube) 3.987m Largeur 2.438m Hauteur 2.502m

Poids (total) 9317kg (obus) 12.96 kg

Pointage en site : -5° à +80° Pointage en azimut : 360° Plafond pratique : 9754m Vitesse initiale : 792 m/s

Ordnance QF 4.5 Inch Gun

4.5 Inch QF Mark II à bord du HMS Renown

4.5 Inch QF Mark II à bord du HMS Renown

Depuis le début du vingtième siècle, le canon médian standard de la Royal Navy avait un calibre de 120mm. Ce canon était efficace mais il n’était pas conçu pour lutter contre la nouvelle menace aérienne.

Après une tentative de dévelloper un canon de 130mm, les britanniques se rabattirent sur un canon de 114mm qui semblait la limite acceptable pour avoir une cadence de tir soutenue et surtout pour les manipulations des projectiles par les servants.

Après avoir équipé le HMS Ark Royal, ce canon va armer tous les porte-avions sauf les Colossus ainsi que les cuirassés refondus, d’autres navires recevant ce canon en affûts simples.

Ce canon de 45 calibres (longueur du tube : 5.538m) tire des obus de 38kg (projectile de 26kg plus douze kilos pour la charge propulsive à une distance maximale de 18970m en tir antisurface et de 12500m en tir antiaérien à raison de douze coups à la minute (quatorze coups pour les affûts simples des destroyers du programme de guerre).

L’emport de munitions varie naturellement en fonction des navires. Les porte-avions embarquent 400 projectiles par canon tous comme les cuirassés alors que les destroyers en embarqueront 250 par affût double soit 750 obus de 114mm.

L’affût double RP Mark II _seul en service en septembre 1948_ pesait 46 tonnes, permettant aux canons depointer en site de -5° à +80° à raison de 20° par seconde et en azimut sur 150° de part et d’autre de l’axe à raison de 15° par seconde.

Au cours du conflit, un canon Mark V fût mis au point. Spécifiquement conçu pour la lutte antiaérienne, il tirait des obus munis de fusées de proximité. L’affût simple et double (RP Mark 10 pour le premier, RP Mark 50 pour le second) étaient capables de pointer en site jusqu’à +85°.

En septembre 1950, la Royal Navy prit la décision de faire du 114mm le calibre standard de ses destroyers, abandonnant le 102 et le 120mm.

Ce canon de 114mm va aussi être utilisé par l’armée de terre pour la défense antiaérienne territoriale.

A l’origine de ce choix c’est l’augmentation de la puissance de la Luftwafe qui disposait enfin de bombardiers lourds capable de frapper Londres sans autre problèmes que l’interception.

Pour soulager et appuyer la chasse, décision est prise de protéger Londres avec une ligne fixe de batteries antiaériennes lourdes pour disloquer les formations de bombardiers lourds avant l’intervention de la chasse.

Cette ligne orientée sud-sud est est composée de douze batteries de quatre affûts doubles de 114mm soit un total de quarante-huit pièces qui dépendent d’une brigade antiaérienne qui à la différence des autres brigades équipées de canons de 3.7 pouces ne doit pas être amenée à se déployer sur le continent.

Des projets de batteries supplémentaires n’ont pas le temps de voir le jour avant le déclenchement du second conflit mondial en raison de la priorité donnée à la Royal Navy.

Chaque affût double repose sur un socle en béton avec à proximité un abri pour les servants et une soute à munitions. Un poste central de contrôle de tir existe pour chaque batterie sans compter deux postes d’observation.

En septembre 1947, des pièces légères de 40mm s’ajoutent pour assurer la protection rapprochée des canons lourds.

Ces batteries ne sont naturellement pas armées en permanence. Des exercices d’alerte sont régulièrement menés pour diminuer le temps de réaction.

Caractèristiques du Ordnance QF 4.5 Inch Mk VI

Calibre : 114mm (4.5 Inch) Longueur du tube : 5.538m (45 calibres)

Poids de l’affût double : 46 tonnes Poids du projectile : 38kg (obus 26kg et 12kg pour la charge propulsive)

Elevation : -5° à +80° à raison de 20° par seconde

Champ de tir horizontal : 360° à raison de 15° par seconde

Cadence de tir : douze coups/minute

Portée maximale : 12500m

Approvisionnement en munitions : 300 projectiles immédiatements prêts au tir.

Ordnance QF 5.25 Inch Gun

Tourelle double équipée de canons de 5.25 pouces (133mm) à Gibraltar

Tourelle double équipée de canons de 5.25 pouces (133mm) à Gibraltar

Ce canon à double usage est mis au point à la fin des années trente pour équiper les croiseurs légers de classe Dido (appelés à devenir des croiseurs légers antiaériens) comme armement principal, les cuirassés King George V, Lion et Vanguard pour un armement secondaire polyvalent.

Ce canon se révéla médiocre. Il était trop peu puissant pour le combat antisurface et trop lourd pour le tir antiaérien, les obus encartouchés étant délicats à manipuler, les tourelles étant lentes à manoeuvrer.

Ce canon de 50 calibres (longueur du tube : 6.67m) tire des obus de 36.3kg (semi-perforant et explosifs) à une distance maximale de 21397m (+45°) en tir antisurface et de 14170m en tir antiaérien (+70°) à raison de huit coups par minute.

La tourelle double Mark I utilisée par les cuirassés pèse 78 tonnes, la tourelle double Mark II des croiseurs légers pèse 98 tonnes mais leurs performances sont identiques avec un pointage de -5° à +70° à raison de 10° par seconde en site et en azimut sur 80° de part et d’autre de l’axe pour les cuirassés, 150° de part et d’autre de l’axe pour les croiseurs, à chaque fois à raison de 10° par seconde.

La dotation en munitions est de 400 coups par canon pour les cuirassés et de 340 par canon pour les croiseurs légers.

Ces canons ont également été utilisés par l’armée de terre pour la défense antiaérienne territoriale ainsi que pour la défense côtière notamment à Gibraltar.

Pour la défense antiaérienne, deux batteries équipées de quatre affûts doubles de 5.25 Inch sont déployées à Belfast, deux batteries à Edimbourg, deux batteries à Glasgow, deux à Alexandrie, deux au Caire et deux à Alor Setar soit un total de douze batteries et de quatre-vingt seize canons utilisable également pour le tir contre terre.

Les installations sont identiques à celles des batteries de 114mm.

Caractèristiques du Ordnance QF 5.25 Inch Mk VI

Calibre : 133mm (5.25 Inch) Longueur du tube : 6.67m (45 calibres)

Poids de l’affût double : 78 tonnes Poids du projectile : 36.3kg

Elevation : -5° à +70° à raison de 10° par seconde

Champ de tir horizontal : 360° à raison de 10° par seconde

Cadence de tir : huit coups/minute

Portée maximale : 14710m

Approvisionnement en munitions : 300 projectiles immédiatement prêts au tir.

14-Navires légers (38) Corvettes classe La Malouine (7)

La Lyonnaise

-La Lyonnaise est mise sur cale aux chantiers navals Smith’s Dock de Middlesborough le 4 mars 1943 lancée le 4 janvier 1944 et mise en service le 12 août 1944.

La 25ème corvette de classe La Malouine quitte son chantier constructeur le 16 août pour rallier Dakar, son port d’attache. Elle fait escale à Brest du 21 au 25 août, à Casablanca du 29 au 31 août avant de rallier Dakar le 6 septembre 1944.

Le 11 décembre 1944, la corvette L’Oranaise arrive à Dakar. Son arrivée permet l’activation de la 7ème DEO en attendant les corvettes La Sablaise et La Servanaise qui doivent la compléter.

La 7ème DEO basée dans la capitale de l’AOF à pour mission de traquer les submersibles dans l’Atlantique Sud et dans le Golfe de Guinée mais également d’assurer des missions d’escorte atlantique notamment depuis Fort de France et Cayenne.

Du 5 septembre au 22 octobre 1947, la 25ème corvette de classe La Malouine est échouée dans la forme n°2 du port de Dakar, une forme qui semble écraser la corvette puisque la forme de radoub mesure 260m de long et 30m de large pour pouvoir si nécessaire soutenir un cuirassé de classe Alsace en opérations dans la région mais également pensée pour l’après guerre et le radoub de navires marchands dont la taille ne cessait d’augmenter.

Après des travaux complémentaires à quai, la corvette est armée pour essais le 3 novembre 1947, sortant pour essais le 4 et le 5 novembre puis pour remise en condition du 7 au 21 novembre, la corvette reprennant un service courant le 22 novembre.

Le 5 septembre 1948, la corvette La Lyonnaise était en patrouille anti-sous-marine au large de Dakar en compagnie de La Sablaise.

L’Algéroise

-L’Algeroise est mise sur cale aux chantiers navals Harland & Wolff de Belfast le 7 juillet 1943 lancée le 15 avril 1944 et mise en service le 20 novembre 1944.

Affectée à Dunkerque, la corvette quitte son chantier constructeur le 22 novembre, fait escale à Cherbourg du 24 au 27 novembre avant de rallier Dunkerque le 28 novembre 1944, ralliant l’Escadre Légère du Nord (ELN) où il est placé hors rang en attendant la mise en service de L’Aixoise.

Le 13 janvier 1945, la corvette L’Aixoise arrive à Dunkerque ce qui permet donc l’activation de la 8ème DEO, cette division devant mener des missions de lutte ASM en Manche et mer du Nord ainsi que des escortes de convois notamment ceux transportant les troupes britanniques appelées à se déployer sur le Continent.

Le 12 août 1947, la corvette L’Algéroise quitte Dunkerque pour Cherbourg afin de subir son premier grand carénage. Elle est échouée dans le bassin n°2 de l’Arsenal de Cherbourg du 15 août au 1er octobre 1947 pour une remise en état générale et une mise à jour des radars et de l’Asdic.

Après des travaux complémentaires à quai, la corvette est armée pour essais le 15 octobre, effectuant ses essais réglementaires les 16 et 17 octobre puis sa remise en condition du 19 au 31 octobre, la corvette ralliant Dunkerque le 1er novembre 1947.

Le 5 septembre 1948, la corvette était en patrouille anti-sous-marine dans le détroit du Pas de Calais en compagnie de l’Aixoise.

L’Oranaise

-L’Oranaise est mise sur cale aux chantiers navals Harland & Wolff de Belfast le 7 juillet 1943 lancée le 15 avril 1944 et mise en service le 20 novembre 1944.

Elle quitte l’Ulster le 22 novembre, fait escale à Brest du 25 au 28 novembre pour charger des munitions, recompléter sa cambuse et ses soutes à carburant avant de reprendre la mer, faisant une brève escale à Casablanca du 2 au 4 décembre avant d’arriver à Dakar le 11 décembre 1944.

Son arrivée permet l’activation de la 7ème DEO qu’elle forme avec son sister-ship La Lyonnaise en attendant les corvettes La Sablaise et La Servanaise.

La 7ème DEO basée dans la capitale de l’AOF à pour mission de traquer les submersibles dans l’Atlantique Sud et dans le Golfe de Guinée mais également d’assurer des missions d’escorte atlantique notamment depuis Fort de France et Cayenne.

Du 25 octobre au 2 décembre 1947, la corvette est échouée dans le bassin n°1 du port de Dakar pour une remise en état complète et une mise à jour de ses radars et de l’Asdic.

Après des travaux complémentaires à quai, l’Oranaise est armée pour essais le 16 décembre, sortant pour essais les 17 et 18 décembre puis pour remise en condition du 20 décembre 1947 au 2 janvier 1948.

Le 5 septembre 1948, l’Oranaise est à quai à Dakar et se prépare à assurer des patrouilles anti-sous-marines et des escortes de convois.

L’Aixoise

-L’Aixoise est mise sur cale aux chantiers navals Harland & Wolff de Belfast le 12 août 1943 lancée le 21 mai 1944 et mise en service le 5 janvier 1945.

Elle quitte Belfast le 7 janvier 1945, fait escale à Cherbourg du 9 au 12 janvier avant de rallier Dunkerque le lendemain.

Son arrivée permet l’activation de la 8ème DEO qui doit encore accueillir ses sister-ships La Quimperoise et La Cherbourgeoise.

Cette division devant mener des missions de lutte ASM en Manche et mer du Nord ainsi que des escortes de convois notamment ceux transportant les troupes britanniques appelées à se déployer sur le Continent.

Le 23 janvier 1948, la 28ème corvette de classe La Malouine quitte Dunkerque pour rallier Cherbourg le lendemain 24 janvier 1948. Il est échoué au bassin n°3 26 janvier au 3 mars 1948 pour un grand carénage.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 18 mars, sortant pour essais les 19 et 20 mars puis pour remise en condition du 22 mars au 3 avril 1948. Il quitte Cherbourg le 4 avril pour rallier Dunkerque en fin de journée.

Le 5 septembre 1948, la corvette était en patrouille anti-sous-marine dans le détroit du Pas de Calais en compagnie de l’Algéroise.

14-Navires légers (34) Corvettes classe La Malouine (3)

La Nimoise

-La Nimoise est mise sur cale aux chantiers Harland & Wolf de Belfast le 25 octobre 1940 lancée le 23 juin 1941 et mise en service le 17 janvier 1942.

La neuvième «La Malouine» quitte Belfast le 18 janvier pour rallier Lorient le 22 janvier. Elle est placée hors rang au sein du groupement de surveillance de la flotte de l’Atlantique. Elle doit à terme former la 3ème DEO en compagnie de ses sister-ships La Calvaise La Rennaise et La Agenaise.

Le 21 septembre 1942, la corvette La Calvaise arrive à Lorient ce qui permet l’activation de la 3ème Division d’Escorte Océanique (3ème DEO) qui atteindra son format définitif avec la mise en service des corvettes La Rennaise et L’Agenaise.

Cette division outre les classiques missions d’escorte aura pour principal rôle de sécuriser le golfe de Gascogne et d’en faire un cauchemar pour les submersibles ennemis dont on se doute qu’ils seront plus probablement allemands qu’espagnols ou même italiens.

Du 21 janvier au 1er mars 1945, la corvette est échouée dans le bassin ouest de l’Arsenal de Lorient pour un grand carénage.

L’arsenal morbihanais est plus sécialisé dans les constructions neuves mais l’expansion de la flotte et la quasi-saturation de l’arsenal de Brest à rendu obligatoire l’utilisation du moindre bassin disponible pour caréner. Outre une remise en état complète, elle subit une modernisation de son électronique et de sa DCA.

Après des travaux complémentaires à quai, elle est armée pour essais le 14 mars 1945, sortant pour essais les 15 et 16 puis pour remise en condition du 18 au 30 mars, date à laquelle elle est de nouveau disponible.
La Nimoise est à nouveau échouée dans le bassin ouest du 15 avril au 31 mai 1948 pour une remise en état complète. Après des travaux complémentaires à flot, elle est armée pour essais le 15 juin, sortant pour essais les 16 et 17 puis pour remise en condition du 19 au 30 juin 1948, date à laquelle elle est de nouveau disponible.

Quand éclate le second conflit mondial le 5 septembre 1948, La Nimoise est en patrouille anti-sous-marin dans le Golfe de Gascogne. Elle reçoit des consignes de vigilance.

La Calaisienne

-La Calaisienne est mise sur cale aux chantiers Harland & Wolf de Belfast le 7 juin 1941 lancée le 5 mars 1942 et mise en service le 21 septembre 1942.

Elle quitte son chantier constructeur le 23 septembre pour rallier Brest le 26 septembre 1942 à l’aube, étant placée hors rang en attendant la mise de ses sister-ships  La Troyenne La Rochelaise et La Paloise avec qui il doit former la 4ème DEO.

Le 23 octobre 1942, la corvette La Troyenne franchit le Goulet qui sépare la rade de Brest de la haute mer ce qui permet l’activation de la 4ème DEO.

Cette division doit assurer les mêmes missions que la 1ère DEO à savoir la lutte ASM et l’escorte de convois BCD/DCB.

Du 13 août au 25 septembre 1945, la corvette est échouée dans le bassin Tourville pour son premier grand carénage, une remise en état complète doublée de la modernisation de l’électronique, la corvette disposant dès sa construction d’une DCA moderne.

Après des travaux complémentaires à quai, elle est armée pour essais le 9 octobre 1945, effectuant ses essais réglementaires le 10 et le 11 puis sa remise en condition du 13 au 23 octobre, reprennant le service courant le 24 octobre 1945.

Quand éclate le second conflit mondial le 5 septembre 1948, la corvette La Calaisienne était immobilisé depuis six jours pour un grand carénage dans le bassin Tourville. Elle était donc bien incapable de reprendre la mer même si avec le conflit, les travaux vont être accélerés.

La Calvaise

-La Calvaise est mise sur cale aux chantiers Smith’s Dock de Middlesborough le 14 mai 1941 lancée le 15 février 1942 et mise en service le 13 septembre 1942.

La onzième corvette de sa classe quitte son chantier constructeur le 15 septembre pour rallier Lorient le 21 septembre, permettant l’activation de la 3ème DEO qui doit encore accueillir La Rennaise et L’Agenaise

Cette division outre les classiques missions d’escorte aura pour principal rôle de sécuriser le golfe de Gascogne et d’en faire un cauchemar pour les submersibles ennemis dont on se doute qu’ils seront plus probablement allemands qu’espagnols ou même italiens.

Du 11 septembre au 24 octobre 1945, la corvette est échouée dans le bassin ouest de l’Arsenal de Lorient pour son premier grand carénage qui combine une remise en état complète et une modernisation de son électronique.

Après des travaux complémentaires à quai, la corvette est armée pour essais le 5 novembre 1945, effectuant ses essais le 6 et le 7 puis sa remise en condition du 9 au 21 novembre, date à laquelle elle peut reprendre le cours normal de son service.

Elle est de nouveau échouée dans le bassin ouest du 1er juin au 10 juillet 1948 pour un nouveau grand carénage qui se limite cette fois à une remise en état complète.

Après des travaux complémentaires à quai, elle est armée pour essais le 22 juillet, sortant pour essais les 23 et 24 juillet puis pour remise en condition du 26 juillet au 10 août, date à laquelle la corvette peut reprendre son service actif.

Le 5 septembre 1948, la corvette était en patrouille anti-sous-marin au large de l’estuaire de la Garonne.

La Troyenne

-La Troyenne est mise sur cale aux chantiers Smith’s Dock de Middlesborough le 30 mai 1941 lancée le 8 mars 1942 et mise en service le 15 octobre 1942.

Elle quitte son chantier constructeur le 17 octobre pour rallier Brest le 23 octobre 1942 et permettre ainsi l’activation de la 4ème DEO en compagnie de La Calaisienne, division qui doit encore accueillir  La Rochelaise et La Paloise.

Cette division doit assurer les mêmes missions que la 1ère DEO à savoir la lutte ASM et l’escorte de convois BCD/DCB.

Du 26 septembre au 30 octobre 1945, la douzième «La Malouine» est échouée au bassin Tourville pour son premier grand carénage, une remise en état complète doublée d’une modernisation de l’électronique.

Après des travaux complémentaires à quai, elle est armée pour essais le 12 novembre 1945, sortant pour ses essais réglementaires le 13 et le 14 puis pour sa remise en condition du 16 au 27 novembre, date à laquelle elle peut reprendre son service courant.

Du 16 avril au 16 mai 1948, la corvette La Troyenne est de nouveau échouée dans le bassin Tourville pour un nouveau grand carénage qui se limite cette fois à une remise en état complète.

Après des travaux complémentaires à flot, elle est armée pour essais le 30 mai, sortant pour essais réglementaires les 31 mai et 1er juin puis pour remise en condition du 3 au 15 juin, étant de nouveau disponible le 16 juin 1948.

Le 5 septembre 1948, la Troyenne était à quai à Brest. Elle reçoit l’ordre de se préparer à escorte les convois transportant les troupes et le matériel du Corps Expéditionnaire Français en Norvège (CEFAN) en compagnie notamment de la 1ère DEO et de ses sister-ships de la 4ème DEO.

14-Navires légers (33) Corvettes classe La Malouine (2)

La Remoise

-La Remoise est mise sur cale aux chantiers navals Harland & Wolff de Belfast le 17 mars 1940 lancée le 12 octobre 1940 et mise en service le 25 mai 1941.

Le 27 mai 1941, la corvette quitte l’Ulster pour rallier Brest le 29 mai 1941 à l’aube.

Elle intègre aussitôt la 1ère DEO où il retrouve La Malouine et La Dieppoise en attendant l’arrivée de La Versaillaise. Cette dernière arrive à Brest le 3 juillet 1941 à l’aube.

En cas de conflit, cette division (qui doit encore accueillir la corvette La Versaillaise) doit assurer l’escorte de convois BCD/DCB (Brest Casablanca Dakar/Dakar Casablanca Brest) et d’éventuels convois transatlantiques pour livrer du matériel commandé et/ou fabriqué aux Etats Unis voir de très hypothétiques troupes américaines.

Du 1er juin au 17 juillet 1944, la corvette est échouée dans le bassin Tourville de l’Arsenal de Brest pour son premier grand carénage.

Outre une remise en état complète de sa coque, de son appareil propulsif et évaporatoire, la corvette bénéficie de travaux de modernisation concernant son électronique embarquée et sa DCA.

Après des travaux complémentaires à quai, elle est armée pour essais le 30 juillet, effectuant ses essais réglementaires du 31 juillet au 2 août puis sa remise en condition du 4 au 14 août 1944, date à laquelle elle est de nouveau opérationnelle.

Après avoir enchainé patrouilles, escorte de navires sensibles, écoles à feux et autres entrainement à une guerre chaque jour plus proche, La Remoise subit un nouveau grand carénage au printemps 1947, respectant le délai approximatif de trois ans entre deux grands carénages.

Du 16 juin au 4 août 1947, la corvette La Remoise est échouée dans le bassin Tourville pour une remise en état complète. Le passage au bassin prévu pour durer six semaines (soit jusqu’au 30 juillet) est allongée de cinq jours en raison de la découverte de traces de corrosion sur les oeuvres vives.

Après des travaux complémentaires à quai (tout ce qui ne nécessite pas un passage au bassin en gros), La Remoise est armée pour essais le 15 août 1947. Ses essais officiels ont lieu du 16 au 18  et sa remise en condition du 20 août au 3 septembre 1947, date à laquelle elle est de nouveau déclarée disponible.

Quand l’Allemagne bombarde la Norvège  le 5 septembre 1948, décision est prise de riposter par l’envoi d’un corps expéditionnaire. Aussitôt, des troupes prévues à cet effet, convergent vers Brest pour embarquer à bord de cargos et de paquebots réquisitionnés dont l’escorte rapprochée doit être assurée par la 1ère DEO.

La Dunkerquoise

-La Dunkerquoise est mise sur cale aux chantiers navals Harland & Wolff de Belfast le 24 mars 1940 lancée le 22 octobre 1940 et mise en service le 7 juin 1941.

La sixième corvette de classe La Malouine quitte son chantier constructeur le 9 juin 1941, fait escale à Brest du 11 au 15 juin avant de rallier Casablanca le 19 juin. Elle intègre la 2ème DEO où elle retrouve ses sister-ships La Bastiaise et La Paimpolaise.

Cette division est destinée à sécuriser les approches du détroit de Gibraltar mais également à protéger les convois BCD/DCB ainsi que de probables convois transatlantiques venant de Fort de France.

Le 2 juillet 1944, la corvette La Dunkerquoise quitte Casablanca pour rallier Dakar afin de subir son premier grand carénage.

Arrivée à destination le 6 juillet, elle est échouée au bassin n°1 du 10 juillet au 31 août 1944 pour une remise en état complète et une modernisation de son électronique et de sa DCA.

Après des travaux complémentaires à quai, elle est armée pour essais le 12 septembre, sortant pour ses essais réglementaires du 13 au 15 puis pour sa remise en condition du 17 au 30 septembre. Elle quitte la capitale de l’AOF le 1er octobre et rentre à Casablanca le 5 octobre 1944 au matin.

Le 25 août 1947, la corvette La Dunkerquoise quitte Casablanca pour rallier Dakar afin de subir un nouveau grand carénage. Arrivé à destination le 29 août, il est échoué au bassin n°1 du 3 septembre au 24 octobre 1947 pour une remise en état complète.

Après des travaux complémentaires à quai, elle est armée pour essais le 7 novembre 1947, réalisant ses essais officiels du 8 au 10 puis sa remise en condition du 12 au 26 novembre. La corvette quitte Dakar le 28 novembre pour rallier Casablanca le 2 décembre 1947.

Quand éclate le second conflit mondial le 5 septembre 1948, La Dunkerquoise est à quai à Casablanca. Elle est mise en alerte mais n’appareille pas immédiatement.

La Versaillaise

-La Versaillaise est mise sur cale aux chantiers Harland & Wolf de Belfast le 1er avril 1940 lancé le 4 novembre 1940 et mis en service le 30 juin 1941.

Affecté à Brest au sein de la 1er DEO, la septième corvette de classe La Malouine quitte l’Ulster le 1er juillet pour rallier Brest le 3 juillet, permettant à la 1ère DEO d’atteindre son format définitif à quatre navires.

Effectuant patrouilles et escortes, entrainement et exercices, la corvette La Versaillaise à également besoin d’entretien. Du 18 juillet au 30 août 1944, elle est ainsi échouée dans le bassin Tourville pour son premier grand carénage qui combine remise en état complète et modernisation (électronique et DCA).

Après des travaux complémentaires à quai, elle est armée pour essais le 13 septembre 1944, effectuant ses essais réglementaires du 14 au 16 puis sa remise en condition du 18 au 30 septembre date à laquelle elle est de nouveau disponible.

La Versaillaise va subir trois ans plus tard un nouveau grand carénage, le dernier d’avant guerre. Du 16 septembre au 30 octobre 1947, il est échoué au bassin Tourville pour une remise en état complète.

Après des travaux complémentaires à quai, La Versaillaise est armée pour essais le 12 novembre 1947, effectuant ses essais les 13 et 14  avant sa remise en condition du 16 au 26 novembre date à laquelle, elle est de nouveau déclarée disponible.

Quand l’Allemagne lance l’opération Weserübung le 5 septembre 1948, décision est prise de reconquérir la Norvège par l’envoi d’un puissant corps expéditionnaire.

Les troupes prévues à cet effet convergent vers Brest pour embarquer à bord des navires réquisitionnés par le DTM et mouillés en rade de Brest, la 1ère DEO devant assurer l’escorte.

L’Antillaise

-L’Antillaise est mise sur cale aux chantiers Harland & Wolf de Belfast le 15 octobre 1940 lancée le 31 mai 1941 et mise en service le 21 décembre 1941.

La huitième corvette de sa classe quitte son chantiers constructeur le 22 décembre, fait escale à Brest du 24 au 27 décembre avant de rallier Casablanca le 1er janvier 1942 où elle intègre la 2ème DEO également composée de  La Bastiaise La Paimpolaise et de La Dunkerquoise.

Cette division est destinée à sécuriser les approches du détroit de Gibraltar mais également à protéger les convois BCD/DCB ainsi que de probables convois transatlantiques venant de Fort de France.

Le 2 janvier 1945, L’Antillaise quitte Casablanca pour Dakar où elle va subir son premier grand carénage, une remise en état complète doublée d’une modernisation (DCA et électronique). Arrivée à Dakar le 6 janvier, elle est échouée au bassin n°1 du 7 janvier au 3 mars 1945.

Après des travaux complémentaires à quai, elle est armée pour essais le 14 mars, effectuant ses essais réglementaires les 15 et 16 et sa remise en condition du 18 au 28 mars. L’Antillaise quitte Dakar le 30 mars pour rentrer à Casablanca le 3 avril 1945.

Après avoir enchainé patrouilles, escortes et exercices en tout genre, la corvette va subir un nouveau grand carénage à Dakar. Elle quitte Casablanca le 25 mai pour rallier Dakar le 29 mai. Elle est échouée au bassin n°1 du 1er mai au 15 juin 1948 pour une remise en état complète.

Armée pour essais le 1er juillet, elle sort pour essais les 2 et 3 juillet puis pour remise en condition du 5 au 20 juillet. L’Antillaise quitte Dakar le 22 juillet pour rallier Casablanca le 26 juillet au matin.

Le 5 septembre 1948, l’Antillaise était à la mer pour une patrouille au large du cap Bojador. A l’annonce des bombardements, elle reçoit l’ordre de redoubler de vigilance contre l’action de possibles sous-marins allemands voir italiens.