11-Torpilleurs d’escadre (2)

A-Torpilleurs d’escadre classe Bourrasque

Avant-propos

Si les constructions des navires majeurs s’arrêtent durant le premier conflit mondial, les études elles continuent et c’est particulièrement vrai dans le domaine des navires légers dont les manques sont particulièrement criant qu’il s’agisse des croiseurs pour l’éclairage de la flotte ou les torpilleurs pour l’escorte de l’escadre et des convois ainsi que l’attaque à la torpille d’une force navale ennemie.

Les réflexions déjà engagées et les leçons du conflit aboutissent à deux documents de synthèse publiés les 25 février et 12 mars 1919 mais les grandes lignes étaient déjà établies à savoir l’attaque au canon et à la torpille des forces de surface ennemies

Un premier avant-projet est présenté en avril 1920 qui donne un torpilleur de 1350 tonnes, filant à 33 noeuds, un rayon d’action de 3000 miles nautiques à 15 noeuds et un armement composé de quatre canons de 100mm, deux de 75mm contre-avions et deux à trois jumelages lance-torpilles.

Le Conseil Supérieur de la Marine demande un armement plus important, un pièce d’un calibre intermédiaire entre 100 et 138.6mm. Après avoir envisagé un canon de 120mm, on se rabat sur une version allégée de la pièce existante de 130mm. Le déplacement du torpilleur est alors porté à 1425 tonnes. Le projet définitif est adopté le 9 décembre 1921 aboutissant à des navires de 1455 tonnes.

Le 18 mars 1922, le Sénat vote la première tranche du programme naval qui comprend notamment la construction de douze torpilleurs, construction attribuées à sept chantiers privés Les chantiers navals de Penhoët à Saint Nazaire, Les Ateliers et Chantiers de France à Dunkerque, les Anciens Chantiers Dubigeon à Nantes, les Chantiers Navals Français à Caen et Blainville, les Forges et Chantiers de la Méditerranée au Havre, les Forges et Chantiers de la Gironde à Bordeaux et à Harfleur et les Chantiers Dyle et Bacaln sis eux aussi à Bordeaux.

Le Bourrasque

Le torpilleur d'escadre Bourrasque avec les cheminées et les masques modifiés

Le torpilleur d’escadre Bourrasque avec les cheminées et les masques modifiés

-Le Bourrasque est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) sis à  Dunkerque le 12 novembre 1923, lancé le 5 août 1925, armé pour essais le 15 août 1925 et entré en armement définitif le 10 juillet 1926. La clôture d’armement est prononcée le 23 septembre 1926 tout comme son admission au service actif.

A sa mise en service, le premier torpilleur de sa classe est affecté à la 1ère DT de la 1ère flottille avec Brest comme port d’attache. Du 1er novembre 1930 au 31 août 1932, le torpilleur est affecté au groupe des torpilleurs en réserve, formant une 1ère DT avec l’Orage et l’Ouragan.

Le 15 octobre 1932, la 1ère DT (Bourrasque Orage Ouragan) quitte la 2ème  escadre légère pour être affecté au secteur de Brest pour la défense du littoral, remplaçant la 2ème DT jusque là équipée de torpilleurs de construction japonaise qui sont mis en réserve.

Le 1er octobre 1934, la 1ère DT (L’Adroit L’Orage L’Ouragan et La Bourrasque) est réintégrée dans l’escadre et rebaptisée 2ème DT (une autre 1ère DT est recréée en Méditerranée). Le 1er février 1935, la division perd L’Adroit et le 1er septembre, la division dans son ensemble est affectée au groupe de complément en compagnie de L’Alcyon.

Les besoins engendrés par la guerre d’Espagne entraine une profonde réorganisation des unités de torpilleurs et à partir du 1er novembre 1936, le groupe de complément disparaît.

Les torpilleurs de l’Escadre de l’Atlantique regroupés au sein de la 2ème flottille avec comme bâtiment-amiral, le contre-torpilleur Jaguar sont organisés en six divisions, le Bourrasque appartenant à la 4ème division de torpilleurs (4ème DT) toujours en compagnie des Ouragan et Orage.

En mars 1938, la 4ème DT (Bourrasque Ouragan et Orage) quitte Brest pour la Méditerranée afin de renforcer la présence française dans cette zone troublée par la guerre d’Espagne qui s’achève en avril 1939, la 4ème DT pouvant alors regagner la Bretagne.

Quand éclate la guerre de Pologne, la 4ème DT de la 2ème flottille dépend de Premar II puis des Forces Maritimes de l’Ouest (FMO), menant des opérations d’escorte notamment pour les convois entre Brest, Casablanca et Dakar, des convois de matériel et de troupes.

Le torpilleur Bourrasque commence mal l’année 1940. En effet alors qu’il devait appareiller le 8 janvier 1940 pour une école à feux en compagnie de l’Orage et de l’Ouragan, il est victime d’une avarie qui l’immobilise jusqu’au 25 janvier quand il ressort pour essais jusqu’au 28 janvier puis pour remise en condition du 30 janvier au 9 février, à chaque fois en compagnie de ses deux compères de la 4ème DT.

Le 16 février 1940, la 4ème DT quitte Brest pour un entrainement de division. Après une école à feux du 16 au 23 février, les trois torpilleurs se ravitaillent à Lorient le 24 février avant d’enchainer par un entrainement au combat antisurface du 25 février au 4 mars. Ils font ensuite escale à Lorient du 5 au 10 mars, à  Saint-Nazaire du 11 au 15 mars, à Royan du 16 au 20 mars, à Hendaye du 21 au 24 mars avant de rentrer à Brest le 26 mars 1940.

Le 2 avril 1940, le Bourrasque et ses sister-ship Orage et Ouragan quittent Brest pour rallier le lendemain 3 avril le port de Lorient où ils retrouvent la 14ème DT. Cette division composée des torpilleurs légers Bouclier La Melpomène et La Flore était essentiellement chargée de missions d’instruction ce qui ne l’empêchait pas d’être prête à mener de véritables opérations de combat. Après une école à feux commune du 4 au 12 avril marquée par le tir simultané de douze canons de 130mm et de six canons de 100mm, les deux divisions se ravitaillent à Lorient le 13 avril avant d’effectuer un entrainement au combat antisurface du 14 au 22 avril.

Après une escale commune à Nantes du 23 au 30 avril, les deux divisions mènent un un ultime exercice du 1er au 8 mai, les deux divisions se séparant alors pour rentrer dans leurs ports respectifs, les torpilleurs Bourrasque, Orage et Ouragan rentrant à Brest le 9 mai 1940 au matin.

Le Bourrasque et ses deux compères de la 4ème DT effectuent une école à feux au large d’Ouessant du 16 au 23 mai, faisant escale à Saint Malo du 24 au 30 mai avant de rentrer à Brest le lendemain 31 mai 1940.

Le Bourrasque est indisponible (entretien et permissions de l’équipage) du 1er au 15 juin, sortant pour essais du 16 au 19 juin puis pour remise en condition du 21 au 30 juin à chaque fois en compagnie de l’Orage.

Il participe ensuite aux essais (2 au 5 juillet) et à  la remise en condition (7 au 16 juillet) de l’Ouragan, les deux torpilleurs disponibles de la 4ème DT participant ensuite aux essais (18 au 21 juillet) et à la remise en condition (23 juillet au 7 août) de l’Orage, les trois torpilleurs rentrant à Brest le lendemain.

Avant d’entrer dans un cycle de grand carénage, la 4ème DT effectue un entrainement de division, effectuant une école à feux du 15 au 22 août, faisant escale à Saint-Nazaire du 23 au 27 août avant un entrainement au combat antisurface du 28 août au 2 septembre, rentrant à Brest le lendemain 3 septembre.

La réorganisation de septembre 1940 rattache le Bourrasque, l’Orage et l’Ouragan, les trois navires de la 4ème DT à la 1ère Escadre au sein de la 2ème flottille de torpilleurs en compagnie de la 2ème DT (Fougueux Frondeur L’Adroit), de la 5ème DT (Brestois Foudroyant Boulonnais) et enfin de la 6ème DT (Cyclone Siroco Mistral).

Les trois navires de la  4ème DT vont alors subir un grand carénage, un grand carénage destiné à une remise en état complète.

Le 7 septembre 1940, le Bourrasque transmet son pavillon de navire-amiral de la 4ème DT à son sister-ship Orage, débarque ses munitions puis est échoué dans le bassin Tourville le 8 septembre pour six semaines de travail jusqu’au 20 octobre, date de sa remise à flot.

Armé pour essais le 1er novembre, il sort pour essais du 2 au 5 novembre puis pour remise en condition en compagnie de l’Orage du 7 au 21 novembre. Le 22 novembre 1940, le Bourrasque redevient navire-amiral de la 4ème DT.

Le 27 novembre 1940, le Bourrasque et l’Orage sortent pour entrainement jusqu’au 7 décembre, date à laquelle il rentrent à Brest.

Le Bourrasque après une sortie pour école à feux du 9 au 15 décembre, participe aux essais (17 au 21 décembre) et à la remise en condition (23 décembre au 9 janvier) de l’Ouragan, les deux navires faisant escale à Saint Malo du 10 au 15 janvier et à Cherbourg du 16 au 21 janvier, rentrant à Brest le 23 janvier 1941.

Le 27 janvier 1941, le Bourrasque participe avec l’Ouragan aux essais (28 au 31 janvier) et à la remise en condition (2 au 16 février) de l’Orage qui venait de subir un grand carénage. Les trois torpilleurs d’escadre rentrent à Brest le lendemain 17 février 1941.

Le 24 février 1941, la 4ème DT sort pour entrainement en compagnie du cuirassé Courbet. Après un entrainement à la navigation en formation du 24 au 27 février, les trois torpilleurs se ravitaillent à Lorient le 28 février avant d’enchainer par un entrainement au combat antisurface contre le Courbet qui simule un croiseur corsaire dans le Golfe de Gascogne du 1er au 7 mars. Les quatre navires rentrent à Brest le 13 mars après une escale à Saint-Nazaire du 8 au 12 mars.

Le 20 mars 1941, la 2ème Flottille de torpilleurs quitte Brest pour un entrainement de grande ampleur. Si les 4ème, 2ème et 5ème DT sortent au complet, la 6ème DT n’est représenté que par le Mistral, le Cyclone étant encore en remise en condition et le Siroco en grand carénage.

Cet entrainement à lieu en mer d’Iroise du 20 mars au 4 avril avec des ravitaillements réguliers à Brest. Au cours de cet exercice, les torpilleurs effectuent un entrainement à l’évolution, des écoles à feux, des lancements simulés et réels de torpilles, des grenades. Tous les torpilleurs rentrent à Brest le lendemain.

Après une période d’entretien à flot du 6 au 17 avril, le Bourrasque et les deux autres torpilleurs de la 4ème DT sortent pour essais et remise en condition du 18 au 30 avril, date de leur retour à Brest.

Le 1er mai 1941, la 4ème DT devient 4ème DTE (Division de Torpilleurs d’Escadre) suite à l’activation à Toulon d’une 1ère DT avec les premiers torpilleurs de type Le Fier.  

La 4ème DTE effectue alors un entrainement de division dans le Golfe de Gascogne. Appareillant de Brest le 8 mai, la division effectue une école à feux du 8 au 13 mai avant de se ravitailler à Lorient le 14 mai.

Les trois torpilleurs effectuent ensuite un entrainement au combat antisurface du 15 au 22 mai, entrainement qui est suivit par une escale à Quiberon du 23 au 30 mai puis par une nouvelle école à feux du 1er au 5 juin, le Bourrasque, l’Orage et l’Ouragan rentrant à Brest le lendemain.

Le Bourrasque dont le désarmement approche sort en solitaire pour une école à feux au large d’Ouessant du 11 au 27 juin, participant ensuite du 1er au 15 juillet à la remise en condition de l’Orage qui sortait d’une période d’indisponibilité estivale de trois semaines.

Le Bourrasque et l’Orage participent ensuite aux essais (19 au 21 juillet) et à la remise en condition (22 juillet au 4 août) de l’Ouragan après sa période d’indisponibilité estivale.

Le 8 août 1941, le Bourrasque transmet son pavillon de navire-amiral de la 4ème DTE à son sister-ship Orage. Il est le même jour placé en position de complément et entame le processus qui doit conduire à son désarmement.

Il passe au bassin Tourville du 23 au 30 août puis est mouillé en Penfeld en attendant que son sort final soit décidé.

Le 31 août 1941, le torpilleur d’escadre Bourrasque est officiellement désarmé. Condamné le lendemain 1er septembre, son nom est rayé du registre et il est renuméroté Q-01.

Le 8 octobre 1941, décision est prise de remorquer l’ex-torpilleur au Poulmic pour servir de ponton à la Base Aéronavale de Lanvéoc-Poulmic. Amarré sur place le 15 octobre, il reçoit des logements supplémentaires pour accueillir le personnel notamment le personnel non permanent qui peinait à être logée dans le périmètre de la base.

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10-Contre-torpilleurs (49)

Le La Hire

Armoiries d'Étienne de Vignolles dit La Hire

Armoiries d’Étienne de Vignolles dit La Hire

-Le La Hire est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) sis à Dunkerque le 12 janvier 1944 et lancé le 4 décembre 1945, très largement achevé comme de coutume pour tous les navires militaires construits par les chantiers dunkerquois.

Cela explique pourquoi la période d’achèvement à flot est somme tout assez courte, le La Hire quittant son chantier constructeur après seulement deux mois de travaux soit le 17 février alors même que ses deux sister-ships sont encore en achèvement à flot à Nantes.

Il effectue ses essais constructeurs du 18 au 23 février, ralliant Cherbourg dans la foulée. Il fait escale dans le port haut-normand du 24 février au 1er mars, escale mise à profit pour que soit transférée la responsabilité juridique du navire du chantier constructeur à la marine nationale.

Le La Hire aurait du quitter Cherbourg pour Lorient le 2 mars mais une avarie l’immobilise jusqu’au 8 mars quand il peut enfin rallier son port d’armement, le La Hire arrivant à Lorient le 10 mars.

Bien que les trois contre-torpilleurs de la future 4ème DCT soient rassemblés dans le même port, le La Hire et ses trois sister-ships ne vont se croiser que fortuitement, la marine estimant peu opportun des essais communs.

Le La Hire est échoué dans la forme de Lanester du 10 au 20 mars pour des travaux complémentaires.

Armé pour essais le 21 mars, le La Hire subit sa première campagne d’essais officiels du 21 mars au 5 avril avant un nouveau passage au bassin _toujours dans la forme de Lanester_ du 6 au 17 avril.

La deuxième campagne d’essais officiels commence le 18 avril mais est interrompue dès le 23 par une avarie et une météo fort capricieuse. Les réparations achevées, les essais reprennent le 30 avril pour s’achever le 12 mai 1946.

Après un nouveau passage au bassin du 13 au 30 mai, le La Hire effectue ses essais artillerie du 3 au 24 juin, tirant en moyenne une vingtaine d’obus de 130mm par pièce sans compter les nombreux projectiles de 25 et de 37mm.

Le La Hire quitte Lorient le 25 juin pour Brest où il arrive seulement le 27, une tempête l’ayant obligé à s’abriter en baie de Douarnenez. Les paquets de mer ayant causé quelques dégâts au bloc-passerelle et au bordé, le La Hire subit quelques menues réparations du 28 juin au 3 juillet 1946.

Il effectue alors ses essais de recette concernant les tubes lance-torpilles, les grenadeurs de sillage et les rails de mouillage de mines et ce du 5 au 15 juillet. Il quitte Brest le 16 juillet et rentre à Lorient le 17 juillet.

Il entame sa traversée de longue durée le 21 juillet, faisant escale à Saint Nazaire du 22 au 25 juillet, à Vigo du 27 au 31 juillet, à Porto du 2 au 6 août, à Lisbonne du 7 au 12 août, à Cadix du 14 au 17 août puis arrive à Casablanca le 19 août.

Il aurait du en repartir dès le 23 août mais une avarie l’immobilise jusqu’au 31 août. Réparé, il sort pour essais le 1er septembre 1946 puis met cap sur Mers-El-Kébir le 2 septembre.

Le 4 septembre 1946, le La Hire retrouve au large de Mers-El-Kébir ses sister-ship Dugon et Magon avec lequel il rallie son port d’attache.

Le contre-torpilleur La Hire est admis au service actif le 4 septembre 1946, formant la 4ème DCT avec ses sister-ship Magon (Al) et Dunois, cette division appartenant au groupement de contre-torpilleurs de la 4ème Escadre stationné à Mers-El-Kébir.

Les trois navires rentrent aussitôt à leur port d’attache pour se ravitailler et préparer un exercice majeur en l’occurence un entrainement avec les croiseurs légers Latouche-Tréville et Gambetta de la 8ème DC du 7 au 17 septembre suivit d’une escale à Tunis du 18 au 22 avant un entrainement avec la 7ème DCT venue de Bizerte du 23 septembre au 27 octobre, la petite escadre relâchant à Bizerte jusqu’au 3 novembre quand la 4ème DCT et la 8ème DC mettent cap sur Mers-El-Kébir où ils arrivent le 6 novembre.

Après une période d’entretien à flot commune du 7 au 21 novembre, les trois contre-torpilleurs de la 4ème DCT dont le Dunois sortent pour essais du 22 au 25 novembre avant un exercice de remise en condition opérationnelle et ce du 27 novembre au 12 décembre 1946, restant au port jusqu’à la fin de l’année civile.

Après une période d’entretien à flot commune du 7 au 21 novembre, les trois contre-torpilleurs de la 4ème DCT sortent pour essais du 22 au 25 novembre avant un exercice de remise en condition opérationnelle et ce du 27 novembre au 12 décembre 1946, restant au port jusqu’à la fin de l’année civile.

Le 5 janvier 1947,  le La Hire, le Magon et le Dunois quittent Mers-El-Kébir pour leur premier entrainement de division au large des côtes nord-africaines, entrainement qui occupe la division du 5 janvier au 2 mars, date à laquelle la 4ème DCT rentre à Mers-El-Kébir.

Le 10 mars 1947, le La Hire et ses deux compères de la 4ème DCT quittent Mers-El-Kébir pour un entrainement au large de la Tunisie. Après un entrainement de division du 10 au 17 mars, la 4ème DCT effectue des manoeuvres communes avec les torpilleurs légers de la 3ème DT du 19 mars au 10 avril, la 4ème DCT rentrant à son port d’attache le 12 avril 1947.

Alors que le Magon est indisponible et que le Dunois effectue une école à feux, le La Hire s’entraine lui à la défense aérienne à la mer du 19 au 28 avril.

Au cours de cet entrainement, des avions du CSMAN basés à Alger et à Arzew simulent des passes de mitraillage, des lancement de bombes et de torpilles, le contre-torpilleur devant s’entrainer à l’esquive autant qu’au tir proprement dit sans parler de l’entrainement à la lutte anti-avaries dont l’importance cruciale ne tardera pas à se faire sentir. Après une escale à Tanger du 29 avril au 3 mai, le La Hire rentre à Mers-El-Kébir le surlendemain 5 mai 1947.
Le La Hire et le Dunois participent ensuite aux essais (6 au 9 mai) et à la remise en condition (11 au 30 mai) du Magon,  les trois contre-torpilleurs de la 4ème DCT faisant escale à Alger du 1er au 5 juin 1947 avant de rentrer le lendemain à Mers-El-Kébir.

Le La Hire est indisponible pour entretien et permissions d’été de l’équipage du 6 au 27 juin, sortant pour essais du 28 juin au 1er juillet et pour remise en condition du 3 au 18 juillet à chaque fois en compagnie de son sister-ship Magon.

Le La Hire participe ensuite aux essais (20 au 23 juillet) et à la remise en condition (24 juillet au 9 août) du Dunois, les deux contre-torpilleurs ralliant ensuite Alger le 10 août. Cinq jours plus tard, le Magon les rallie pour effectuer sa remise en condition.

Les trois contre-torpilleurs sont à la mer du 16 au 23 août, se ravitaillent au port le 24 août  avant une deuxième phase d’entrainement du 25 août au 3 septembre, date à laquelle ils rentrent tous à Mers-El-Kébir.

Avant d’effectuer leur entrainement de division automnal, les trois contre-torpilleurs vont passer sur le dock-flottant pour inspection et quelques réparations, une sorte de petit carénage (très allégé).

Le La Hire après une sortie en solitaire du 10 au 19 septembre, passe sur le dock-flottant du 26 septembre au 5 octobre, sortant ensuite  pour un entrainement de base du 6 au 17 octobre, prélude à l’entrainement de division automnal mené toujours au large des côtes nord-africaines.

Le La Hire et ses deux compères de la 4ème DCT quittent Mers-El-Kébir le 24 octobre pour un entrainement de division automnal, entrainement qui occupe la division du 24 octobre au 17 décembre, date du retour de la division à son port d’attache.

Le La Hire, Le Magon et Le Dunois commence l’année 1948 comme ils ont terminé l’année 1947 à savoir par un entrainement de division au large des côtes nord-africaines, entrainement qui occupe la division du 5 janvier au 23 février quand les trois puissants contre-torpilleurs rentre à Mers-El-Kébir.

Du 2 mars au 4 avril 1948, la 4ème DCT s’entraine avec les croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg ainsi que les torpilleurs d’escadre Le Hardi L’Epée Le Fleuret et Le Lansquenet.

Le 12 avril 1948, la 4ème DCT aurait du appareillé pour un entrainement de division mais le La Hire est immobilisé suite à une avarie de chaudière, avarie heureusement sans gravité, le contre-torpilleur réparé le 18, effectuant le 19 avril des essais suffisamment satisfaisants pour qu’il puisse rallier Alger le 20 avril où il retrouve ses deux compères de la 4ème DCT pour un entrainement de division commencé le 21 avril et achevé le 14 juin quand les trois contre-torpilleurs rentrent à Mers-El-Kébir après une escale à Alger du 9 au 13 juin 1948.

Le La Hire et le Dunois sortent pour une école à feux du 17 au 26 juin, les deux navires rentrant dans la foulée à Mers-El-Kébir. Le La Hire participe ensuite aux essais (30 juin au 2 juillet) et à la remise en condition (4 au 15 juillet) du Magon qui sortait de sa période d’indisponibilité estivale.

Indisponible du 16 au 31 juillet 1948, le La Hire sort pour essais du (1er au 4 août) et pour remise en condition (5 au 16 août) à chaque fois en compagnie du Magon et du Dunois.

Le 20 août, le Magon et les deux autres contre-torpilleurs de la 4ème DCT passent aux effectifs de guerre, surchargeant le navire de carburant et de munitions et se tenait prêt à appareiller en quelques heures.
Le 27 août 1948, suite à l’appareillage d’un croiseur et de deux contre-torpilleurs italiens du port sicilien de Syracuse, le commandant de la 4ème Escadre, l’amiral Orioli ordonne à la 4ème DCT d’appareiller pour pister les trois navires italiens dont l’attitude à l’appareillage paraissait suspecte aux agents français du deuxième bureau.

Les trois navires français gagnent la haute-mer mais peu après la mission de poursuite est annulée, les trois navires ralliant directement Tarente en longeant scrupuleusement les côtes italiennes. Les trois contre-torpilleurs restent en mer jusqu’au 1er septembre quand ils rallient Mers-El-Kébir.

Les trois contre-torpilleurs restent au port jusqu’au 5 septembre quand à l’annonce des bombardements allemands sur le Danemark et la Norvège, la 4ème DCT reçoit l’ordre d’appareiller pour une mission de chasse dans le détroit de Sicile.

Caractéristiques Techniques de la classe Bruix

Déplacement : standard 3000 tW pleine charge 4134 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 139.20m largeur maximale de la coque 12.92m tirant d’eau moyen 4.85m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Rateau alimentées en vapeur par six chaudières verticales Indret dévellopant 92000ch entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale en service courant 36 noeuds distance franchissable 4200 miles nautiques à 18 noeuds

Electronique : un radar de navigation, un radar de veille combinée, deux radars de conduite de tir et un Asdic

Armement :

-Huit canons de 130mm modèle 1932 en quatre tourelles doubles modèle 1936 _deux avant et deux arrière_

-Douze canons de 37mm Schneider modèle 1941 en six affûts doubles et Quatre canons de 25mm en deux affûts doubles

-Dix tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes triples et deux plate-formes doubles, toutes latérales

-Deux grenadeurs de sillage avec une trentaine de projectiles.

Equipage : 238 officiers et marins

10-Contre-torpilleurs (37)

Le Kléber

Le général Kléber (1753-1800)

Le général Kléber (1753-1800)

-Le Kléber est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) à Dunkerque le 10 février 1942 et lancé le 17 juillet 1943 avant d’être remorqué à quai pour achèvement à flot.

Il quitte son chantier constructeur le 9 octobre 1943, faisant escale à Cherbourg du 10 au 15 octobre avant de rallier Lorient le 17 octobre 1943 où il retrouve le Desaix. En dépit de la présence simultanée des deux sister-ships, les deux navires vont mener leur mise en condition séparément.

Il passe au bassin du 22 octobre au 4 novembre 1943 dans la forme de Lanester avant d’entamer sa campagne d’essais officiels. Il est à la mer du 5 au 22 novembre pour essais qui se passent bien en dépit de certains problèmes au niveau des turbines.

Il passe à nouveau au bassin du 23 novembre au 5 décembre avant d’entamer une deuxième campagne d’essais officiels du 8 au 30 décembre. Il entame ensuite ses essais artillerie, sortant pour cela du 2 au 14 janvier 1944 notamment en tirant sur l’ancien cuirassé Voltaire échoué sur la presqu’île de Rhuys.

Après un ravitaillement à Lorient le 15 janvier, il rallie Brest le lendemain 16 janvier pour effectuer ses essais recette de torpilles et de grenades ASM avant de rentrer à Lorient le 18 janvier 1944. Il passe à nouveau au bassin, une ultime mise au sec pour des modifications et des travaux de peinture et ce du 20 janvier au 7 février 1944.

Après des essais finaux du 8 au 11 février, la clôture d’armement est prononcé le 12 février 1944 et le contre-torpilleur va entamer sa mise en condition avant de rallier Toulon son port d’attache.

Il quitte Lorient le 13 février 1944, fait escale à Lisbonne du 16 au 19 février, à Cadix du 20 au 23 février, à Casablanca du 24 au 27 février avant de traversée l’Atlantique, faisant escale à Caracas du 3 au 7 mars,  à Cayenne du 9 au 12 mars, à Rio de Janeiro du 15 au 21 mars avant de traverser l’Atlantique, faisant escale à Dakar 26 au 28 mars, profitant des installations du polygone de Rufisque pour réaliser une école à feux du 29 mars au 4 avril. Il quitte Dakar le 5 avril et rallie Toulon le 11 avril 1944.

Le contre-torpilleur Kléber est admis au service actif le 11 avril 1944, intégrant la 12ème DCT déjà composée du Marceau (Al) et du Desaix.

Le 28 avril 1944, la 12ème DCT appareille pour son premier entrainement de division qui à lieu entre Corse et Continent et ce du 28 avril au 12 juin, mouillant aux salins d’Hyères du 13 au 21 juin avant de rentrer à Toulon le lendemain 22 juin 1944.

Le Kléber et le Desaix sortent une école à feux commune du 29 juin au 9 juillet, faisant escale à Marseille du 10 au 14 juillet, rentrant le lendemain à Toulon. Le Kléber participe ensuite aux essais (16 au 19 juillet) et à la remise en condition (21 juillet au 7 août) du Marceau.

Le Kléber est indisponible du 8 au 30 août, sortant pour essais du 31 au 3 septembre avant de rallier les salins d’Hyères le 4 septembre où il retrouve ses deux compères de la 12ème DCT. Les trois contre-torpilleurs sortent pour sa remise en condition du 5 au 21 septembre, date à laquelle les trois contre-torpilleurs ont retrouvé leur poste au quai Noël.

Le 1er octobre, la 12ème DCT quitte Toulon en compagnie du ravitailleur rapide L’Adour, se ravitaillant à la mer pour pouvoir rallier Dakar sans escale.

Le 5 octobre, à la hauteur du cap Bojador, les trois contre-torpilleurs et le ravitailleur rapide font leur jonction avec le ravitailleur de sous-marin Jules Verne et les sous-marins Casabianca Achille et Persée de la 2ème DSM, les neuf navires ralliant Dakar le 9 octobre 1944.

La 12ème DCT effectue un entrainement de division du 12 octobre au 4 novembre avant de faire relâche à Dakar du 5 au 11 novembre puis s’enchainer par un entrainement commun avec la 2ème DSM du 12 au 18 novembre puis par un exercice de synthèse du 20 novembre au 1er décembre.

Le Kléber et ses deux compères de la 1éème DCT quittent Dakar en compagnie de L’Adour le 3 décembre, relâchent à Casablanca du 7 au 10 décembre avant de rentrer à Toulon le 14 décembre 1944 et de rester au port jusqu’à la fin de l’année civile.

Le Kléber et le Desaix sortent pour un entrainement de défense aérienne à la mer du 5 au 12 janvier, allant mouiller le 13 janvier 1945 aux salins d’Hyères où ils retrouvent leur sister-ship Marceau présent sur place depuis deux jours.

Après cinq jours au mouillage (13 au 18 janvier), la 12ème DCT ainsi reconstituée va effectuer son premier entrainement de division de l’année. Cet entrainement va occuper les trois navires du 19 janvier au 7 mars 1945, date de leur retour à Toulon.

Le Kléber et le Desaix quittent Toulon le 17 mars pour un entrainement alors que le Marceau est indisponible suite à une avarie mécanique, entrainement qui s’achève le 5 avril avant un retour le lendemain à Toulon. Du 10 au 30 avril, le Kléber et le Desaix participent à la remise en condition du Marceau.

Le 7 mai 1945, le Kléber accompagné du Marceau et du Desaix quitte Toulon en compagnie des torpilleurs légers de la 1ère DT. Après un affrontement de division du 7 au 17 mai, les deux divisions font escale en Corse, la 12ème DCT à Calvi et la 1ère DT à l’Ile-Rousse (18 au 23 mai).

Les deux divisions vont ensuite manoeuvrer ensemble du 24 mai au 30 juin avant une escale à Marseille du 1er au 4 juillet, les deux divisons rentrant à Toulon le lendemain.

Le Kléber et le Marceau sortent pour entrainement du 11 au 19 juillet avec école à feux et lancement de torpilles, rentrant à Toulon le 25 juillet après un mouillage aux salins d’Hyères du 20 au 24 juillet.

Le Kléber est indisponible du 27 juillet au 17 août, sortant pour essais (18 au 21 août) et pour remise en condition (23 août au 7 septembre) en compagnie du Desaix, les deux contre-torpilleurs participent ensuite du 16 septembre au 1er octobre à la remise en condition du Marceau.

Le 7 octobre 1945, la 12ème DCT quitte Toulon pour son entrainement de division automnal, entrainement qui l’occupe du 7 octobre au 10 décembre.

Le Kléber et le Desaix sortent une dernière fois pour entrainement du 15 au 27 décembre avant de subir une période d’entretien à flot du 28 décembre au 12 janvier, sortant pour essais du 13 au 16 janvier et pour remise en condition du 17 janvier au 2 février.

La 12ème DCT réduite aux seuls Kléber et Desaix (Al) sort pour entrainement de division du 7 février au 3 avril 1946, date à laquelle les deux contre-torpilleurs arrivent aux salins d’Hyères où ils retrouvent le Marceau qui venait de réaliser ses essais à la mer.

Les trois contre-torpilleurs sont à la mer du 4 au 11 avril et du 15 au 27 avril, les deux périodes à la mer étant entrecoupées d’une escale à Marseille. Les trois contre-torpilleurs rentrent à Toulon le 28 avril 1946 à l’aube. A l’issue de cette remise en condition, le Kléber devient navire-amiral de la 12ème DCT.

Le 5 mai 1946, la 12ème DCT quitte Toulon pour un entrainement de division délocalisé à Dakar et dans le Golfe de Guinée. Le soutien logistique est assuré par le pétrolier-ravitailleur Liamone et le cargo rapide Tlemcen chargé de vivres, de munitions, de pièces détachées.

L’entrainement de division à lieu du 18 mai au 9 juin au large de Dakar avant une nouvelle phase d’entrainement dans le Golfe de Guinée du 17 au 25 juin avant une mission de présence dans les ports de l’AEF.

Les trois contre-torpilleurs et Le Liamone rallient le cargo rapide Tlemcen au large d’Abidjan le 14 juillet et les cinq navires entament le transit retour en direction de Toulon, faisant escale à Dakar du 17 au 20 juillet, Casablanca du 24 au 27 juillet avant de rallier Toulon le 1er août 1946.

Les trois contre-torpilleurs de la 12ème DCT sont indisponibles pour entretien et permissions de l’équipage du 2 au 23 août, sortant pour essais du 24 au 27 août avant un stage de remise en condition du 29 août au 10 septembre, date à laquelle ils rentrent tous à Toulon.

La 12ème DCT sort pour une école à feux commune du 15 au 22 septembre, huit jours avant que le Desaix ne subisse son premier grand carénage.

Le 1er octobre 1946, le Kléber et le Marceau quittent Toulon pour un entrainement de division automnal qui à cette fois lieu dans le Golfe du Lion et au large de la Corse et ce jusqu’au 21 novembre, les deux contre-torpilleurs faisant escale à La Ciotat du 22 au 27 novembre avant de rentrer à Toulon le lendemain.

Le Kléber sort une dernière fois du 5 au 13 décembre, rentrant à Toulon le 14 décembre 1946. Il débarque ses munitions et vidange ses soutes, avant d’être échoué au bassin n°2 du Missiessy du 16 décembre 1946 au 27 février 1947.

Il sort pour essais du 28 février au 2 mars en compagnie de ses deux compères de la 12ème DCT avant de se ravitailler pour participer du 3 au 10 mars à l’entrainement de la Force T qui sert également de remise en condition.

Outre la 12ème DCT, cet entrainement va engager le cuirassé Alsace, le porte-avions Joffre, le croiseur lourd Henri IV, les croiseurs légers De Grasse et Jean de Vienne, les torpilleurs d’escadre L’Inconstant Lancier Mousquet Bombardier, les sous-marins Nivose Floréal Ile de Brehat ainsi que les pétroliers Elorn et Liamone.

La Force T va donc participer à des exercices avec la Mediterranean Fleet sur le modèle des exercices Entente Cordiale qui engage la flotte de l’Atlantique et la Home Fleet. Cet exercice est baptisé «Cordial Agreement» en guise de clin d’œil

Pour cette première, la flotte britannique de la Méditerranée à mobilisé les cuirassés Nelson et Rodney, le porte-avions Indomitable, les croiseurs légers Belfast et Newcastle, six destroyers et quatre sous-marins.

Cette exercice imposant va occuper les deux marines du 16 au 21 mars, faisant une brève escale à Bizerte le 22 mars avant de rentrer à Toulon ou de rester en Tunisie, la 12ème DCT rentrant dans le port varois le 24 mars.

Le 2 avril 1947, la 12ème DCT devait sortir pour un entrainement de division mais le Marceau est victime d’une avarie, laissant le Kléber et le Desaix sortir pour une école à feux du 2 au 11 avril avant de mouiller aux salins d’Hyères où ils sont rejoints par le Marceau. La 12ème DCT sort pour son entrainement de division du 22 avril au 12 juin, date du retour des trois navires à Toulon.

Le Kléber et le Desaix sortent pour une école à feux du 17 au 28 juin, faisant escale à La Ciotat du 29 juin au 2 juillet avant de rentrer le lendemain à Toulon. Le Kléber sort pour les essais (4 au 7 juillet) et remise en condition (8 au 24 juillet) du Marceau qui venait d’être indisponible pour entretien et permissions de l’équipage.

Le Kléber est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 26 juillet au 16 août 1947, sortant pour essais (17 au 20 août) et pour remise en condition (21 août au 5 septembre) en compagnie de ses sister-ships Desaix et Marceau.

La 12ème DCT sort pour un entrainement de division automnal en Méditerranée occidentale du 13 septembre au 8 novembre, mouillant aux salins d’Hyères du 9 au 15 novembre avant de rentrer à Toulon le lendemain 16 novembre 1947.

Alors que le Marceau est indisponible suite à une avarie mécanique, le Kléber et le Desaix sortent ensemble pour entrainement au large de Toulon et ce du 20 au 27 novembre, mouillant aux salins d’Hyères du 28 novembre au 4 décembre, rentrant à Toulon le lendemain. Du 9 au 23 décembre, le Kléber accompagné par le Desaix participe à la remise en condition du Marceau.

La 12ème DCT effectue une première sortie du 7 au 15 janvier 1948 pour une école à feux au cours de laquelle sont testés de nouveaux obus explosifs de 130mm, mieux adaptés au bombardement contre la terre.

Après un mouillage aux salins du 16 au 23 janvier, le Kléber et ses deux compères retrouvent en haute mer la 4ème DT (Annamite Hova Somali en attendant le Touareg) pour un exercice commun du 24 janvier au 5 mars, exercice marqué par une escale à Alger.

Le 17 mars 1948, le Kléber et le Desaix quittent Toulon en compagnie des torpilleurs légers Annamite Hova et Somali de la 4ème DT pour rallier Ajaccio le lendemain 18 mars. Mouillant en baie d’Ajaccio, ils retrouvent le Marceau et le Touareg, le dernier torpilleur à intégrer la 4ème DT.

La 12ème DCT et la 4ème DT vont manoeuvrer d’abord chacun de leur côté du 19 au 25 mars puis après ravitaillement le 26 mars, vont s’affronter mutuellement du 27 mars au 6 avril.

Après une escale à Alger du 7 au 11 avril, la 2ème DCT et la 4ème DT subissent un entrainement à la défense aérienne à la mer du 12 au 22 avril avant une école à feux du 24 avril au 1er mai, date à laquelle ils rallient Calvi où les sept navires font escale du 1er au 5 mai, rentrant dans la soirée à Toulon.

Le Kléber sort pour une école à feux du 10 au 17 mai puis pour un entrainement à la défense aérienne à la mer du 19 au 27 mai, se ravitaillant à Toulon le 28 mai avant d’enchainer par la remise en condition du Desaix du 29 mai au 14 juin, date à laquelle les deux contre-torpilleurs vont mouiller aux salins d’Hyères.

Le 17 juin, le Marceau y retrouve ses deux compères de la 12ème DCT et la division ainsi reconstituée sort pour un entrainement antisurface du 18 au 30 juin, date à laquelle les trois contre-torpilleurs rentrent à Toulon.

Le Kléber sort pour entrainement au combat antisurface du 3 au 10 juillet, rentrant à Toulon le 15 juillet après une escale à Marseille du 11 au 14 juillet. Il est indisponible du 16 au 31 juillet, sortant pour essais du 1er au 4 août  et pour remise en condition du 5 au 14 août en compagnie du Marceau.

Accompagné du Marceau, le Kléber participe aux essais (16 au 18 août) et à la remise en condition (19 au 29 août) du Desaix.

Le 30 août, la 12ème DCT passe aux effectifs de guerre avec le rappel des réservistes et la levée des limitations techniques du temps de paix (vitesse maximale, surcharge carburant et munitions). Le Kléber, le Desaix et le Marceau sortent du 31 août au 3 septembre, rentrant à Toulon le 4 septembre, à la veille de l’offensive allemande en Scandinavie.

A l’annonce des bombardements allemands, les trois contre-torpilleurs quittent Toulon pour prendre position entre le Cap Corse et le continent, de crainte que les italiens n’attaquent pour détourner l’attention des alliés du front scandinave.

Caractéristiques Techniques de la classe Hoche

Déplacement : standard 2884 tW pleine charge 4018 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 137.50m largeur maximale de la coque 12.67m tirant d’eau moyen 4.60m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Rateau alimentées en vapeur par six chaudières verticales Indret dévellopant 92000ch entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 40 noeuds distance franchissable 4000 miles nautiques à 18 noeuds

Electronique : un radar de navigation, un radar de veille combinée, deux radars de conduite de tir et un Asdic

Armement :

-huit canons de 130mm modèle 1932 en quatre tourelles doubles modèle 1936 (deux avant et deux arrière)

-huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 en quatre affûts doubles et six canons de 25mm en trois affûts doubles

-dix tubes lance-torpilles de 550mm (deux plate-formes triples et deux plate-formes doubles, toutes latérales)

-deux grenadeurs de sillage avec une trentaine de projectiles.

Equipage : 238 officiers et marins

10-Contre-torpilleurs (36)

Le Desaix

La statue du général Desaix (1768-1801) à Clermont Ferrand

La statue du général Desaix (1768-1801) à Clermont-Ferrand

-Le Desaix est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) à Dunkerque le 13 octobre  1941. Il est lancé le 12 juin 1943 pour un achèvement à flot assez court comme tous les navires construits aux ACF qui étaient très avancés au moment du lancement.

Il quitte son chantier constructeur le 4 septembre 1943, fait une escale à Cherbourg du 4 au 7 septembre avant de rallier Lorient, son port d’armement le 8 septembre 1943.

Il passe au bassin dans la forme de Lanester du 9 au 22 septembre avant d’effectuer une première campagne d’essais du 23 septembre au 4 octobre, passant ensuite à nouveau au bassin du 5 au 21 octobre pour les démontages finaux.

Le Desaix effectue sa deuxième campagne d’essais officiels du 24 octobre au 7 novembre 1943 avant d’entamer les essais de son artillerie. Ils sort pour essais artillerie du 12 au 30 novembre puis du 3 au 9 décembre avant de gagner Brest le 10 décembre. Le contre-torpilleur teste ses torpilles du 11 au 20 décembre puis rentre à Lorient le 21 décembre pour un ultime passage au bassin pour d’ultimes modifications et des travaux de peinture et ce du 23 décembre 1943 au 5 janvier 1944.

Après des essais finaux du 6 au 8 janvier, la clôture d’armement est prononcé le 10 janvier 1944 et va préparer sa traversée de longue durée en direction des Antilles avant qu’il rallie Toulon, son futur port d’attache.

Le Desaix quitte Lorient le 12 janvier et traverse l’Atlantique, direction Fort de France où il arrive le 18 janvier. Après un exercice avec l’aviso colonial Bougainville du 19 au 24 janvier, le contre-torpilleur traverse à nouveau l’Atlantique, faisant escale à Casablanca du 30 janvier au 5 février avant de rallier Toulon le 10 février 1944.

Le contre-torpilleur Desaix est admis au service actif le 10 février 1944, formant la 12ème DCT en compagnie de son sister-ship Marceau, division officiellement activée le 13 février.

La division effectue sa première sortie du 16 au 21 février avec école à feux et simulation de lancement de torpilles. Du 26 février au 3 mars 1944, le Desaix et le Marceau effectuent un entrainement combiné en compagnie de la 9ème DCT et du croiseur lourd Saint Louis.

Après un mouillage aux salins d’Hyères du 4 au 12 mars, les deux contre-torpilleurs effectuent une école à feux du 13 au 21 mars, faisant escale à Calvi du 22 au 27 mars avant de rallier Toulon le lendemain. Le Desaix et le Marceau sortent pour une école à feux du 5 au 10 avril.

Le 11 avril 1944, le Kléber est officiellement admis au service actif ce qui permet à la 12ème DCT d’atteindre son format définitif à trois navires.

Le 28 avril 1944, la 12ème DCT appareille pour son premier entrainement de division qui à lieu entre Corse et Continent jusqu’au 12 juin, la division mouillant aux salins d’Hyères du 13 au 21 juin avant de rentrer à Toulon le lendemain 22 juin 1944.

Le Desaix et le Kléber sortent pour une école à feux commune du 29 juin au 9 juillet, faisant escale à Marseille du 10 au 14 juillet, rentrant le lendemain à Toulon.

Il est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 16 juillet au 7 août 1944, sortant pour essais du 8 au 11 août puis pour remise en condition du 13 au 30 août, à chaque fois en compagnie du Marceau.

Les deux contre-torpilleurs vont mouiller aux salins d’Hyères où ils sont rejoints le 4 septembre par le Kléber dont il assure la remise en condition du 5 au 21 septembre, date à laquelle les trois contre-torpilleurs ont retrouvé leur poste au quai Noël.

Le 1er octobre, la 12ème DCT quitte Toulon en compagnie du ravitailleur rapide L’Adour, se ravitaillant à la mer pour pouvoir rallier Dakar sans escale.

Le 5 octobre, à la hauteur du cap Bojador, les trois contre-torpilleurs et le ravitailleur rapide font leur jonction avec le ravitailleur de sous-marin Jules Verne et les sous-marins Casabianca Achille et Persée de la 2ème DSM venus de Brest, les neuf navires ralliant Dakar le 9 octobre 1944.

La 12ème DCT effectue un entrainement de division du 12 octobre au 4 novembre avant de faire relâche à Dakar du 5 au 11 novembre.

Du 12 au 18 novembre, les trois contre-torpilleurs affrontent les sous-marins de la 2ème DSM notamment au cours d’un exercice de protection de convois, convoi formé par le ravitailleur rapide L’Adour et le Jules Verne.

Après un exercice de synthèse du 20 novembre au 1er décembre, le Desaix et ses deux compères de la 12ème DCT quittent Dakar en compagnie de l’Adour le 3 décembre, relâchent à Casablanca du 7 au 10 décembre avant de rentrer à Toulon le 14 décembre et de rester au port jusqu’à la fin de l’année civile.

Le Desaix et le Kléber sortent pour un entrainement de défense aérienne à la mer du 5 au 12 janvier, allant mouiller le 13 janvier 1945 aux salins d’Hyères où ils retrouvent leur sister-ship Marceau présent sur place depuis deux jours.

Après cinq jours au mouillage (13 au 18 janvier), la 12ème DCT ainsi reconstituée va effectuer son premier entrainement de division de l’année du 19 janvier au 7 mars 1945, date à laquelle les trois contre-torpilleurs rentrent à Toulon.
Le Desaix et le Kléber quittent Toulon le 17 mars pour un entrainement alors que le Marceau est indisponible suite à une avarie mécanique. Après un entrainement du 17 mars au 5 avril, le Desaix et le Kléber participent du 10 au 30 novembre à la remise en condition du Marceau.

Du 7 mai au 30 juin, la 12ème DCT au grand complet effectue un entrainement commun avec les torpilleurs légers de la 1ère DT au large des côtes occidentales de la Corse. Les sept navires font escale à Marseille du 1er au 4 juillet avant de rentrer à Toulon le lendemain 5 juillet.

Le Desaix est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 5 au 26 juillet 1945, sortant pour essais du 27 au 30 juillet et pour remise en condition du 1er au 17 août en compagnie du Marceau.

Il participe ensuite aux essais (18 au 21 août) et à la remise en condition (23 août au 7 septembre) du Kléber, les deux contre-torpilleurs participent ensuite du 16 septembre au 1er octobre à la remise en condition du Marceau.

Le 7 octobre 1945, la 12ème DCT quitte Toulon pour son entrainement de division automnal qui va occuper le Desaix, le Marceau et le Kléber jusqu’au 29 octobre. L’escale à Tunis qui devait durer quatre jours (30 octobre au 4 novembre) se prolonge jusqu’au 11 novembre suite à l’avarie du Marceau. Cela n’empêche pas le Desaix et le Kléber de continuer l’entrainement en mer.

L’entrainement de division stricto sensu reprend par un entrainement ASM contre la 17ème DSM et ce du 13 au 18 et du 20 au 25 novembre. Après un nouveau ravitaillement à Bizerte le 26 novembre, la 12ème DCT effectue un exercice de synthèse du 27 novembre au 7 décembre avant de rallier Toulon le 10 décembre.

Le Desaix et le Kléber sortent une dernière fois pour entrainement du 15 au 27 décembre avant de subir une période d’entretien à flot du 28 décembre au 12 janvier, sortant pour essais du 13 au 16 janvier et pour remise en condition du 17 janvier au 2 février.

Navire-amiral de la 12ème DCT depuis le 3 janvier (le Marceau étant en grand carénage), le Desaix sort en compagnie du Kléber pour un entrainement de division qui occupe les deux contre-torpilleurs du 7 février au 3 avril après escales à Marseille et à Nice.

Ils rallient alors les Salins d’Hyères où ils retrouvent le Marceau mouillé depuis le 29 mars. Les trois contre-torpilleurs sont à la mer du 4 au 11 avril et du 15 au 27 avril, les deux périodes à la mer étant entrecoupées d’une escale à Marseille. Les trois contre-torpilleurs rentrent à Toulon le 28 avril 1946 à l’aube. A l’issue de cette remise en condition, le Marceau redevient navire-amiral de la 12ème DCT.

Le 5 mai 1946, la 12ème DCT quitte Toulon pour un entrainement de division délocalisé à Dakar et dans le Golfe de Guinée. Le soutien logistique est assuré par le pétrolier-ravitailleur Liamone et le cargo rapide Tlemcen chargé de vivres, de munitions, de pièces détachées.

Les cinq navires arrivent le 15 mai 1946 à Dakar. Après quelques jours de relâche pour réparer le matériel et reposer les hommes, la 12ème DCT exécute son entrainement de division du 18 mai au 5 juin.

Après une nouvelle escale à Dakar du 6 au 9 juin, les trois contre-torpilleurs accompagnés du cargo et du pétrolier ravitailleur quittent la capitale de l’AOF le 10 juin puis rallient Abidjan le 15 juin après un transit marqué par une série d’exercices.

Alors que le Tlemcen est mouillé dans la lagune pour servir de base mobile, la 12ème DCT et le pétrolier-ravitailleur reprennent la mer pour une nouvelle série d’exercice ayant pour thème la protection d’un cargo rapide et ce du 17 au 25 juin. La petite escadre fait ensuite escale à Conakry du 27 au 30 juin, à Libreville du 2 au 6 juillet et à Pointe-Noire du 8 au 11 juillet.

Ils rallient le Tlemcen au large d’Abidjan le 14 juillet et les cinq navires entament le transit retour en direction de Toulon, faisant escale à Dakar du 17 au 20 juillet, Casablanca du 24 au 27 juillet avant de rallier Toulon le 1er août 1946.

Les trois contre-torpilleurs de la 12ème DCT sont indisponibles pour entretien et permissions de l’équipage du 2 au 23 août, sortant pour essais du 24 au 27 août avant un stage de remise en condition du 29 août au 10 septembre, date à laquelle ils rentrent tous à Toulon.

La 12ème DCT sort pour une école à feux commune du 15 au 22 septembre, huit jours avant que le Desaix ne subisse son premier grand carénage.

Débarquant ses munitions et vidangeant ses soutes, il est mis au sec au bassin n°2 du Missiessy du 30 septembre au 15 décembre 1946 pour une remise en état complète. Le Desaix sort pour essais du 16 au 18 décembre puis pour remise en condition du 20 décembre au 3 janvier, à chaque fois en compagnie du Marceau.

Les deux contre-torpilleurs sortent pour la première fois de l’année 1947 du 10 au 21 janvier, effectuant un entrainement de routine avec école à feux, des lancements de torpilles. Après une escale à Marseille du 22 au 27 janvier, les deux contre-torpilleurs rentrent à Toulon le lendemain 28 janvier 1947.

La 12ème DCT toujours réduite au Marceau et au Desaix quitte Toulon le 5 février, exécute un entrainement au combat antisurface du 5 au 12 février puis après une escale à Port La Nouvelle du 13 au 17 février, exécute une école à feux du 18 au 23 février, date à laquelle ils rentrent à Toulon.

Du 28 février au 2 mars 1947, le Desaix et le Marceau participent aux essais du Kléber après son premier grand carénage. Sa remise en condition à lieu dans le cadre d’un entrainement engageant outre la 12ème DCT, le cuirassé Alsace, le porte-avions Joffre, le croiseur lourd Henri IV, les croiseurs légers De Grasse et Jean de Vienne, les torpilleurs d’escadre L’Inconstant Lancier Mousquet Bombardier, les sous-marins Nivose Floréal Ile de Brehat ainsi que les pétroliers Elorn et Liamone.

Cette escadre baptisée Force T va donc participer à des exercices avec la Mediterranean Fleet sur le modèle des exercices Entente Cordiale qui engage la flotte de l’Atlantique et la Home Fleet. Cet exercice est baptisé «Cordial Agreement» en guise de clin d’oeil

Pour cette première, la flotte britannique de la Méditerranée à mobilisé les cuirassés Nelson et Rodney, le porte-avions Indomitable, les croiseurs légers Belfast et Newcastle, six destroyers et quatre sous-marins.

Cette exercice imposant va occuper les deux marines du 16 au 21 mars, faisant une brève escale à Bizerte le 22 mars avant de rentrer à Toulon ou de rester en Tunisie, la 12ème DCT rentrant dans le port varois le 24 mars.

Le 2 avril 1947, la 12ème DCT devait sortir pour un entrainement de division mais le Marceau est victime d’une avarie, laissant le Desaix et le Kléber sortir pour une école à feux du 2 au 11 avril avant de mouiller aux Salins d’Hyères où ils sont rejoints par le Marceau. La 12ème DCT sort pour son entrainement de division du 22 avril au 12 juin, date du retour des trois navires à Toulon.

Le Desaix et le Kléber sortent pour une école à feux du 17 au 28 juin, faisant escale à La Ciotat du 29 juin au 2 juillet avant de rentrer le lendemain 3 juillet 1947 à Toulon.

Le Desaix est indisponible du 4 au 25 juillet, sortant pour essais du 26 au 29 juillet et pour remise en condition du 31 juillet au 15 août en compagnie du Marceau. Le Desaix et le Marceau participent ensuite aux essais (17 au 20 août) et à la remise en condition (21 août au 5 septembre) du Kléber.

La 12ème DCT sort pour un entrainement de division automnal en Méditerranée occidentale du 13 septembre au 8 novembre, mouillant aux salins d’Hyères du 9 au 15 novembre avant de rentrer à Toulon le lendemain 16 novembre 1947.

Alors que le Marceau est indisponible suite à une avarie mécanique, le Desaix et le Kléber sortent ensemble pour entrainement au large de Toulon et ce du 20 au 27 novembre, mouillant aux salins d’Hyères du 28 novembre au 4 décembre, rentrant à Toulon le lendemain 5 décembre. Du 9 au 23 décembre, le Desaix accompagné par le Kléber participe à la remise en condition du Marceau.

La 12ème DCT effectue une première sortie du 7 au 15 janvier 1948  pour une école à feux au cours de laquelle sont testés de nouveaux obus explosifs de 130mm, mieux adaptés au bombardement contre la terre.

Après un mouillage aux salins du 16 au 23 janvier, le Desaix et ses deux compères retrouvent en haute mer la 4ème DT  pour un exercice commun de combat antisurface du 24 janvier au 4 février, date à laquelle ils arrivent à Ajaccio.

Après une escale de cinq jours (5 au 9 février), les trois contre-torpilleurs et les trois torpilleurs légers subissent les assauts des avions et des hydravions de l’armée de l’air et de la marine et ce du 10 au 19 février. Après une escale à Alger du 20 au 24 février, les six navires effectuent une école à feux commune du 25 février au 5 mars, date à laquelle ils rentrent à Toulon leur port d’attache.

Après une école à feux en solitaire du 10 au 15 mars, le Desaix appareille le 17 mars 1948 en compagnie du Kléber mais également des torpilleurs légers Annamite Hova Somali et arrivent à Ajaccio le lendemain 18 mars.

La 12ème DCT et la 4ème DT vont manoeuvrer d’abord chacun de leur côté du 19 au 25 mars puis après ravitaillement le 26 mars, vont s’affronter mutuellement du 27 mars au 6 avril.

Après une escale à Alger du 7 au 11 avril, la 2ème DCT et la 4ème DT subissent un entrainement à la défense aérienne à la mer du 12 au 22 avril avant une école à feux du 24 avril au 1er mai, date à laquelle ils rallient Calvi où les sept navires font escale du 1er au 5 mai, rentrant dans la soirée à Toulon.

Le Desaix victime d’une avarie mécanique est indisponible du 7 au 23 mai, sortant pour essais du 24 au 27 mai puis pour remise en condition du 29 mai au 14 juin, en compagnie du Kléber, les deux contre-torpilleurs allant mouiller aux salins d’Hyères où ils sont rejoint le 17 juin par le Marceau qui venait de réaliser une école à feux. La 12ème DCT ainsi reconstitué sort pour un entrainement antisurface du 18 au 30 juin, date à laquelle les trois contre-torpilleurs rentrent à Toulon.

Le Desaix réalise une école à feux du 5 au 12 juillet, participant ensuite aux essais (16 au 19 juillet) et à la remise en condition (21 au 31 juillet) du Marceau qui sortait de sa période d’indisponibilité estivale.  Le Desaix est indisponible du 1er au 15 août, sortant pour essais (16 au 18 août) et remise en condition (19 au 29 août) en compagnie du Kléber et du Marceau.

Le 30 août, la 12ème DCT passe aux effectifs de guerre avec le rappel des réservistes et la levée des limitations techniques du temps de paix (vitesse maximale, surcharge carburant et munitions). Le Marceau, le Desaix et le Kléber sortent du 31 août au 3 septembre, rentrant à Toulon le 4 septembre, à la veille de l’offensive allemande en Scandinavie.

A l’annonce des bombardements allemands, les trois contre-torpilleurs quittent Toulon pour prendre position entre le Cap Corse et le continent, de crainte que les italiens n’attaquent pour détourner l’attention des alliés du front scandinave.

10-Contre-torpilleurs (30)

Le Triomphant

Le Triomphant à la mer

Le Triomphant à la mer

-Le Triomphant connu à l’origine sous le numéro Da20 est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) le 28 août 1931 mais lancé seulement le 16 avril 1934 en raison de la tradition prise par les chantiers dunkerquois de lancer des navires quasiment achevés.

Armé pour essais le 1er juillet 1934, il quitte son chantier constructeur pour rallier Lorient le 14 janvier 1935.

Le contre-torpilleur Le Triomphant est admis au service actif le 24 juillet 1936, formant la 8ème Division Légère (8ème DL) en compagnie de ses sister-ships Le Malin et L’Indomptable, division intégrée à la 2ème Escadre Légère à Brest.

Le 12 avril 1937 comme toutes les DL équipées de contre-torpilleurs, la 8ème DL devient 8ème DCT et le 1er septembre 1939 est intégrée à la Force de Raid, groupement occasionnel formé par les navires les plus modernes de la Royale (comme les croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg) et chargée de la traque des raiders allemands.

A la différence de la 10ème DCT déployée à Dakar, la 8ème DCT reste à Brest jusqu’au 15 décembre 1939, date de la fin de la guerre de Pologne.

La 8ème DCT connait une période d’entretien à flot du 2 au 27 janvier, sortant pour essais du 28 au 31 janvier avant de sortir pour une remise en condition du 1er au 22 février, faisant escale à Saint-Malo du 23 au 27 février avant de rentrer à Brest le lendemain.

Le 5 mars, le Triomphant (Al), Le Malin et L’Indomptable appareillent de Brest pour un entrainement de division aux Antilles, les trois contre-torpilleurs arrivant à Fort de France le 13 mars 1940.

Après une période d’entretien à flot pour réparer les avaries de la traversée du 14 au 21 mars, les trois contre-torpilleurs vont enchainer les exercices du 22 mars au 27 avril. Ils quittent les Antilles le 1er mai, rentrant à Brest le 9 mai 1940.

Le Triomphant et ses deux compères de la 8ème DCT exécutent ensuite un entrainement de division du 21 mai au 16 juin, rentrant le lendemain à Brest.

Le Triomphant mouille en baie de Douarnenez du 26 juin au 1er juillet, effectuant une école à feux du 2 au 9 juillet. Il est indisponible du 10 au 31 juillet, sortant pour essais du 1er au 3 août et pour la remise en condition du 4 au 27 août, à chaque fois en compagnie du Malin.

Les contre-torpilleurs Le Triomphant et Le Malin participe ensuite à la remise en condition de l’Indomptable du 28 août au 8 septembre 1940.

Le 10 septembre  1940, la 8ème DCT au grand complet (Le Triomphant, L’Indomptable et Le Malin) sort en compagnie du Jaguar et du Chacal pour un exercice commun du 10 au 30 septembre, faisant escale à Saint-Nazaire du 1er au 5 octobre avant une nouvelle série d’exercices du 6 au 22 octobre. Après une nouvelle escale à Bordeaux du 23 au 27 octobre, les cinq contre-torpilleurs rentrent à Brest le 29 octobre à l’aube.

La 8ème DCT quitte Brest le 4 novembre pour une école à feux du 4 au 10 novembre puis après un ravitaillement à Lorient le 11 novembre enchainent par un entrainement au mouillage de mines du 12 au 17 novembre, rentrant à Brest le lendemain 18 novembre 1940.

Le 30 novembre, Le Triomphant et Le Malin sortent pour une école à feux jusqu’au 7 décembre quand les deux contre-torpilleurs rallient Nantes pour une escale du 7 au 12 décembre, rentrant à Brest le 14 décembre, les deux navires restant au quai des flottilles jusqu’à la fin de l’année civile.

Du 2 au 8 janvier 1941, Le Triomphant et le Malin de la 8ème DCT sortent en compagnie de la 2ème DCT pour un entrainement commun. Ils rentrent à Brest le 9 janvier 1941.

Le 16 janvier 1941, la 2ème Division de Croiseurs (La Galissonnière, Jean de Vienne et La Marseillaise) venue de Bizerte arrive à Brest, retrouvant dans le Finistère leurs sister-ships de la 4ème DC (Gloire, Montcalm et Georges Leygues).

Les trois croiseurs de la 6ème Escadre Légère vont manoeuvrer avec leurs sister-ships de la 4ème DC ainsi que la 2ème DCT, Le Triomphant, Le Malin et Le Fantasque du 18 janvier au 9 février, les croiseurs «tunisiens» quittant Brest le 16 pour rentrer à Bizerte.

Le Malin participe avec Le Triomphant aux essais de L’Indomptable du 21 au 24 février puis à sa remise en condition du 25 février au 18 mars.  Les trois navires font escale à Saint-Nazaire du 19 au 24 mars avant de rentrer à Brest le lendemain 25 mars, préparant l’entrainement commun aux DCT de la 3ème EL au large du Sénégal.

Le 7 avril 1941, les trois DCT de la 3ème escadre légère sortent au complet pour une série d’exercices au large du Sénégal, arrivant à Dakar le 14 avril 1941. Les trois divisions de contre-torpilleurs vont s’entrainer intensivement du 16 avril au 15 mai, faisant une ultime escale à Dakar du 16 au 18 mai avant de rentrer à Brest le 26 mai après un ravitaillement à Casablanca le 22.

Le Triomphant sort pour une école à feux du 2 au 9 juin, faisant escale à Saint Nazaire du 10 au 15 juin, La Pallice du 16 au 18 juin, Bordeaux du 19 au 23 juin et Biaritz du 24 au 27 juin avant d’enchainer par un exercice de combat antisurface du 28 juin au 4 juillet, date à laquelle, Le Triomphant rentre à Brest.

Il est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 5 au 27 juillet, sortant pour essais du 28 au 31 juillet avant un stage de remise en condition du 1er au 22 août. Il fait ensuite une escale à Royan du 23 au 27 août avant de rentrer à Brest le lendemain 28 août 1941.

Il subit un grand carénage du 5 septembre au 7 décembre 1941 au bassin n°3 de l’Arsenal de Brest, subissant une remise en état complète et une modernisation de sa DCA composée de huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 en quatre affûts doubles et de quatre canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en affûts simples. Il sort pour essais du 8 au 11 décembre avant une remise en condition effectuée du 12 au 30 décembre en compagnie de ses deux compères de la 8ème DCT.
Le 1er janvier 1942, le contre-torpilleur Le Triomphant quitte la 8ème DCT et Brest pour Mers-El-Kébir et une nouvelle 10ème DCT formée des contre-torpilleurs Le Terrible Le Triomphant et L’Indomptable.

Le 10 janvier 1942, Le Triomphant quitte Brest en compagnie de son sister-ship L’Indomptable, se ravitaillent à Casablanca le 15 janvier avant de rallier Mers-El-Kébir le 20 janvier 1942 où ils retrouvent Le Terrible arrivé deux jours plus tôt.

La nouvelle 10ème DCT sort pour la première fois du 21 au 27 janvier pour permettre aux équipages de se familliariser avec leur nouvelle zone d’opération.

Les trois contre-torpilleurs de la 10ème DCT sont immobilisés pour subir une période d’entretien à flot du 28 janvier au 21 février, sortant pour essais du 22 au 25 février avant remise en condition du 26 février au 16 mars, date à laquelle les trois navires rentrent à Mers-El-Kébir.

Le 24 mars 1942, la 10ème DCT appareille pour un premier entrainement de division, entrainement qui commence le 24 mars et qui s’achève le 14 mai, date à laquelle les trois contre-torpilleurs rentrent à Mers-El-Kébir. Les 22 et 23 mai, la 10ème DCT sort pour un entrainement au raid amphibie, Le Terrible attaquant le port d’Alger mais étant coulé sur le chemin du retour par Le Triomphant et L’Indomptable.

Les trois contre-torpilleurs se ravitaillent à Mers-El-Kébir le 24 mai puis appareillent pour Dakar, se ravitaillant à nouveau à  Casablanca le 28 mai avant de rallier Dakar le 2 juin. La 10ème DCT va s’y entrainer jusqu’au 2 juillet, quittant Dakar le 5 juillet pour rentrer à Mers-El-Kébir le 17 juillet après une escale à Casablanca du 9 au 13 juillet.

Le Triomphant sort pour une école à feux du 25 au 30 juillet, faisant escale à Alger du 31 juillet au 2 août avant de rentrer le lendemain 3 août à Mers-El-Kébir. Il est indisponible du 9 au 30 août pour entretien et permissions de l’équipage, sortant pour essais et remise en condition respectivement du 31 août au 3 septembre et du 5 au 20 septembre, à chaque fois en compagnie du Terrible.

Le Triomphant et Le Terrible sortent pour les essais et la remise en condition de L’Indomptable, respectivement du 21 au 25 septembre et du 26 septembre au 13 octobre 1942.

Le 20 octobre, la 10ème DCT sort pour le dernier entrainement de division de l’année, entrainement qui l’occupe dans le bassin occidental de la Méditerranée du 20 octobre au 14 décembre 1942, date à laquelle les trois contre-torpilleurs rentrent à Mers-El-Kébir. La division est indisponible jusqu’à la fin de l’année (entretien et permissions de l’équipage).

La 10ème DCT sort pour essais du 4 au 8 janvier avant un stage de remise en condition du 10 au 31 janvier, effectuant ensuite une tournée en Afrique du Nord. Le Triomphant et ses deux compères sont à Agadir du 6 au 9 février, à Casablanca du 10 au 14 février, à Tetouan du 15 au 19 février, à Oran du 20 au 24 février, à Alger du 25 au 28 février, à Skikda du 1er au 3 mars, à Bizerte du 4 au 7 mars, à Tunis du 8 au 11 mars, à Sfax du 12 au 15 mars, à Tunis du 16 au 19 mars avant de rentrer à Mers-El-Kébir le 21 mars 1943.

Le Triomphant sort pour une école à feux du 30 mars au 7 avril, faisant escale à Tunis du 8 au 11 avril avant de rentrer le lendemain à Mers-El-Kébir. Du 18 au 25 avril, Le Triomphant sort pour entrainement en compagnie de L’Indomptable et du Terrible, ce dernier sortant d’une période d’indisponibilité suite à une avarie technique.

La 10ème DCT quitte son port d’attache pour un entrainement de division en Méditerranée, du 7 mai au 2 juillet, date du retour de la 10ème DCT à son port d’attache. Le Triomphant est indisponible du 3 au 24 juillet, sortant pour essais du 25 au 28 juillet et pour remise en condition du 29 juillet au 15 août en compagnie de l’Indomptable.

Le Triomphant sort pour les essais et la remise en condition du Terrible, respectivement du 16 au 19 août et du 20 août au 5 septembre. Le Triomphant et Le Terrible participent aux essais et à la remise en condition de l’Indomptable, respectivement du 6 au 9 septembre et du 11 septembre au 2 octobre, date de leur retour à Mers-El-Kébir.

Le 7 octobre, la 10ème DCT appareille de Mers-El-Kébir pour un nouvel entrainement de division, se ravitaillant à Casablanca le 10 octobre et ralliant Dakar le 14 octobre. L’entrainement à lieu du 15 octobre au 11 novembre, quittant l’Afrique le 18 novembre et ralliant Mers-El-Kébir le 28 novembre 1943.

Le Triomphant subit une courte période d’entretien à flot du 29 novembre au 12 décembre, sortant pour essais du 13 au 16 décembre avant une sortie d’entrainement en compagnie de l’Indomptable du 17 au 27 décembre, date de leur retour à Mers-El-Kébir.

Alors que Le Terrible est immobilisé pour grand carénage, Le Triomphant devenu navire-amiral de 10ème DCT (18 décembre 1943) sort en compagnie de l’Indomptable pour un entrainement au large des côtes nord-africaines qui va occuper la division du 10 janvier au 1er mars. Le Triomphant et L’Indomptable après une escale à La Valette du 1er au 4 mars, rentrent à Mers-El-Kébir le 6 mars 1944.

Du 25 mars au 8 avril 1944, Le Triomphant et L’Indomptable participent à la remise en condition du Terrible qui sortait de remise en condition.  A l’issue de cette remise en condition, Le Terrible redevient navire-amiral de la 10ème DCT. Alors que ses deux congénères restent au port, Le Triomphant sort du 13 au 18 avril pour une école à feux.

Du 24 avril au 12 mai, la 10ème DCT affronte la 4ème DCT  dans une série de joutes nautiques. Après une escale commune à Alger du 13 au 18 mai, les deux divisions subissent un entrainement de défense aérienne à la mer du 19 au 31 mai, rentrant à Mers-El-Kébir le 6 juin 1944 après une nouvelle escale à Alger du 1er au 5 juin 1944. La 10ème DCT effectue ensuite un entrainement de division du 13 juin au 10 juillet, rentrant à Mers-El-Kébir le 17 juillet après une escale à Tunis du 11 au 16 juillet.

Le 25 juillet 1944, la 10ème DCT quitte Mers-El-Kébir, arrivant en fin de journée en baie d’Ajaccio où ils mouillent. Le lendemain, ils sont rejoints par le cuirassé Clemenceau, ses deux torpilleurs d’escorte Rapière et Hallebarde et les quatre torpilleurs légers de la 1ère DT ( Le Fier L’Agile L’Entreprenant Le Farouche). La petite escadre va manoeuvrer ensemble du 27 juillet au 13 août, faisant escale à Mers-El-Kébir du 15 au 21 août avant que les navires toulonnais ne rentrent à leur port d’attache.

Le 15 août, Le Triomphant est échoué sur le dock-flottant de Mers-El-Kébir pour grand carénage et modernisation. Il subit jusqu’au 20 novembre 1944 les mêmes travaux que ceux du Terrible.  Armé pour essais le 27 novembre,  il sort pour essais du 27 au 30 novembre puis pour remise en condition du 2 au 23 décembre à chaque fois en compagnie du Terrible, rentrant à Mers-El-Kébir le 28 décembre après une escale à Alger du 24 au 27 décembre 1944.

Le Triomphant et Le Terrible sortent pour la première fois de l’année du 7 au 13 janvier pour une école à feux au large d’Oran avant une escale à Alger du 14 au 18 janvier. Reprenant la mer, les deux contre-torpilleurs effectuent un entrainement au combat antisurface du 19 au 27 janvier, rentrant dans la soirée à Mers-El-Kébir.

Du 9 février au 2 mars, Le Triomphant participe en compagnie du Terrible à la remise en condition de l’Indomptable. A partir de cette date, la 10ème DCT est redevenue une division homogène avec trois navires armés de cinq canons de 130mm.

Le 10 mars 1945, la 10ème DCT appareille de Mers-El-Kébir en compagnie du pétrolier-ravitalleur La Medjerda pour un entrainement de division dans l’Atlantique Sud, au large de l’Afrique mais également de la Guyane. Arrivé à Dakar le 18 mars, les trois contre-torpilleurs et le pétrolier s’entrainent au large de Dakar jusqu’au 30 avril 1945.

Ce jour là, la 10ème DCT et le pétrolier-ravitailleur quittent l’AOF et traversent l’Atlantique, arrivant à Cayenne le 7 mai. Ils vont manoeuvrer au large de la Guyane du 11 mai au 29 juin, date à laquelle ils entame le long périple qui doit les ramener à la maison. Ils sont à Fort de France du 2 au 6 juillet, à Pointe à Pitre du 8 au 11 juillet, à Casablanca du 17 au 20 juillet avant de rentrer à Mers-El-Kébir le 24 juillet à l’aube après plus de trois mois loin de son port d’attache.

Les trois contre-torpilleurs sont indisponibles pour entretien et permissions de l’équipage du 25 juillet au 21 août, sortant pour essais du 22 au 25 août avant remise en condition du 27 août au 12 septembre 1945.

Le 20 septembre 1945, la 10ème DCT appareille pour un entrainement de division qui cette fois à lieu en Méditerranée, entrainement qui les occupent du 20 septembre au 8 novembre, date à laquelle ils arrivent à Bizerte. Ils quittent le port tunisien le 12 novembre pour rentrer à Mers-El-Kébir le 14 novembre 1945.

Le Triomphant et l’Indomptable sont en entretien à flot du 15 novembre au 3 décembre, sortant ensemble pour essais du 4 au 7 décembre puis après une escale à  Bône du 8 au 12 décembre, s’entrainent au large des côtes algériennes du 13 au 21 décembre, date à laquelle les deux contre-torpilleurs rentrent à leur port d’attache.

Le 3 janvier 1946, Le Triomphant devient navire-amiral de la 10ème DCT en remplacement du Terrible qui entre en grand carénage deux jours plus tard.

Le Triomphant et L’Indomptable quittent Mers-El-Kébir le 10 janvier 1946 pour un entrainement de division au Levant. Ils se ravitaillent à Bizerte le 13 janvier et arrivent à Beyrouth le 17 janvier. Ils vont s’y entrainer au large des côtes levantines du 19 janvier au 22 février. Les trois navires sont à Beyrouth du 23 au 27 février avant que les deux contre-torpilleurs ne prennent le chemin du retour, faisant escale à Tunis du 2 au 6 mars avant de rentrer à Mers-El-Kébir le 8 mars 1946.

Du 22 mars au 11 avril 1946, Le Triomphant et L’Indomptable participent à la remise en du Terrible après son grand carénage à l’issue de laquelle, Le Terrible redevient navire-amiral de la 10ème DCT.

Le Triomphant sort pour entrainement au large d’Oran du 17 au 22 avril, rentrant à Mers-El-Kébir le lendemain 23 avril.

Le 29 avril 1946, Le Triomphant et ses compères de la 10ème DCT quittent Mers-El-Kébir en compagnie des croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg, leurs torpilleurs d’escadre Le Hardi L’Epée Le Fleuret et Le Lansquenet ainsi que le croiseur léger Latouche-Tréville.

La petite escadre mouille au large de Tanger du 1er au 4 mai puis est à Casablanca du 6 au 9 mai avant d’entamer un exercice au large des Canaries, exercice suivit avec attention par la marine espagnole, plusieurs sous-marins probablement espagnols étant aperçus à bonne distance de l’escadre. Les exercices s’enchainent du 11 mai au 24 juin avant que le groupe occasionnel ne rentre à Mers-El-Kébir le 3 juillet 1946.

Le Triomphant et l’Indomptable sortent pour une école à feux du 10 au 17 juillet, faisant escale à Tetouan du 18 au 21 juillet avant d’enchainer par un entrainement au combat antisurface du 22 au 29 juillet, date à laquelle ils arrivent à Alger où ils sont rejoints le lendemain par Le Terrible qui venait de réaliser les essais à la mer traditionnels après une période d’immobilisation estivale.

Les trois navires sortent pour la remise en condition du Terrible du 1er au 22 août, effectuant une escale à Tunis du 23 au 27 août et à La Valette du 28 août au 2 septembre, rentrant à Mers-El-Kébir le 4 septembre.

Le Triomphant débarque alors ses munitions et vidange ses soutes avant d’être échoué sur le dock flottant du 9 septembre au 20 décembre 1946 pour une remise en état complète, remise en état concernant aussi bien la coque, que les turbines, l’appareil évaporatoire, l’artillerie, l’électronique et les locaux-vie.

Armé pour essais le 23 décembre, le contre-torpilleur sort pour essais du 23 au 26 décembre puis pour remise en condition du 28 décembre 1946 au 14 janvier 1947, à chaque fois en compagnie du Terrible.

La 10ème DCT quitte Mers-El-Kébir pour entrainement le 22 janvier, s’entrainant du 22 janvier au 2 mars, rentrant à Mers-El-Kébir le lendemain après escales à Tétouan, Gibraltar et Casablanca.

Le Triomphant et Le Terrible sortent à nouveau pour entrainement du 10 au 17 mars puis du 21 au 29 mars, une préparation à la remise en condition  opérationnelle de l’Indomptable. Ce dernier est remis à flot le 30 mars 1947. Armé pour essais le 2 avril, il sort pour essais du 2 au 5 avril puis pour remise en condition du 7 au 28 avril, à chaque fois en compagnie de ses compères de la 10ème DCT.

Le 8 mai 1947, la 10ème DCT sort pour un entrainement de division dans le bassin occidental de la Méditerranée, entrainement qui occupe la division du 8 mai au 12 juin et du 18 au 30 juin, les trois navires rentrant à Mers-El-Kébir le 5 juillet 1947 après une escale à Bizerte du 1er au 4 juillet.

Le Triomphant sort pour une école à feux du 12 au 20 juillet, rentrant à Mers-El-Kébir le 25 après une escale à Alger du 21 au 24. Il est ensuite indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 28 juillet au 18 août. Il sort pour essais et remise en condition respectivement du 19 au 21 et du 22 août au 8 septembre.

Les deux contre-torpilleurs participent ensuite aux essais et à la remise en condition de l’Indomptable respectivement du 10 au 13 septembre et du 14 septembre au 2 octobre 1947.

La 10ème DCT quitte Mers-El-Kébir le 10 octobre en compagnie de la 2ème DT composée des torpilleurs légers Kabyle Tonkinois Sakalave et Bambara, une version améliorée des Le Fier. Ces deux divisions vont s’entrainer ensemble du 10 octobre au 12 novembre, rentrant dans la foulée à Mers-El-Kébir. La 10ème DCT termine l’année par un entrainement de division du 20 novembre au 15 décembre, date à laquelle les trois navires rentrent à Mers-El-Kébir.

Le 5 janvier 1948, La 10ème DCT quitte Mers-El-Kébir en compagnie de la 2ème DT et du pétrolier-ravitailleur La Baïse pour un entrainement au large de Dakar. Les huit navires arrivent à Dakar après une traversée sans escale le 15 janvier. Cette série d’exercices à lieu du 16 au 28 janvier et du 5 février au 19 mars 1948. La 10ème DCT, la 2ème DT et le pétrolier-ravitailleur La Baïse quittent Dakar le 22 mars, relâchent à Casablanca du 27 au 30 mars avant de rentrer à Mers-El-Kébir le 4 avril 1948.

Les trois contre-torpilleurs de la 10ème DCT sont indisponibles pour entretien à flot et permissions du 5 au 30 avril. Les trois navires passent successivement sur le dock-flottant pour inspection technique, Le Triomphant l’étant du 13 au 20 avril.

Le Triomphant et ses deux compères sortent pour essais du 3 au 7 mai puis après une escale à Alger du 8 au 12 mai effectuent un stage de remise en condition du 13 mai au 4 juin. Après une escale à Tunis du 5 au 8 juin, à Gabès du 9 au 12 juin et à La Valette du 13 au 17 juin, les trois navires rentrent à Mers-El-Kébir le 19 juin 1948.

La 10ème DCT sort pour un entrainement de division le 30 juin, entrainement qui l’occcupe du 30 juin au 14 août, date du retour de la division à son port d’attache.

Le 20 août 1948, la 10ème DCT passe à l’effectif de guerre et sort du 21 au 27 août pour une mission dans le détroit de Sicile, se ravitaillant à Bizerte le 28 avant de rentrer le lendemain à Mers-El-Kébir.

Les contre-torpilleurs Le Terrible, Le Triomphant et L’Indomptable ne ressortent pas jusqu’au 5 septembre 1948.

10-Contre-torpilleurs (14)

C-Contre-torpilleurs classe Aigle

Le contre-torpilleur Aigle sans marque de coque

Le contre-torpilleur Aigle sans marque de coque

Avant-propos

Le traité de Washington de février 1922 avait établit la parité navale entre Paris et Rome, déclenchant une rivalité navale, rivalité reposant notamment sur les revendications territoriales de l’Italie mussolinienne (Nice, la Savoie, la Corse, Tunisie et Djibouti).

Cette rivalité était particulièrement visible dans le domaine des unités légères. Ce qui explique pourquoi le contre-torpilleur va devenir le principal navire de combat de la marine nationale.

Chaque classe marque ainsi une amélioration par rapport à la précédente en terme de taille et de puissance militaire.

La tranche 1927 finance ainsi la construction de quatre contre-torpilleurs de classe Aigle (Aigle Vautour Albatros Gerfaut), une version améliorée des Guépard avec un armement et une conduite de tir plus moderne.

Peu à peu, les ingénieurs français arrivent à obtenir un compromis satisfaisant. Alors que les Jaguar sont considérés comme moyennement réussis (pour ne pas dire plus), les Guépard et surtout les Aigle sont considérés comme réussis.

Les deux navires suivants financés à la tranche 1928 et baptisés Milan et Epervier. Ces navires sont tantôt considérés comme des Aigle, tantôt comme une classe spécifique. Par rapport aux Aigle, ces deux navires se distinguent par un arrière en cul de poule (déjà prévu pour la classe suivante, les futurs Vauquelin), une coque plus longue (129.30m contre 122.40m), une puissance propulsive accrue (68000 contre 64000ch) et un tube lance-torpilles de plus.

L’Aigle

Le contre-torpilleur Aigle à la mer

Le contre-torpilleur Aigle à la mer

-L’Aigle est mis sur cale aux chantiers des  Ateliers et Chantiers de France (ACF) sis à Dunkerque le 8 octobre 1928 lancé le 19 février 1932 et admis au service actif en septembre 1932.

L’Aigle bien que construit dans le Nord va effectuer toute sa carrière dans le sud à savoir en Méditerranée.

En effet, en l’absence d’une menace allemande crédible, les unités les plus modernes sont prioritairement affectées à Toulon, Brest se contentant le plus souvent de navires déclassés et il faudra attendre le milieu des années trente pour assister à un certain rééquilibrage suite à la renaissance de la marine allemande.

A sa mise en service, l’Aigle rejoint la 5ème DL qu’il forme avec le Gerfaut, le Vautour et le Tartu (classe Vauquelin). La composition de la division change en octobre 1933, la 5ème DL revenant à un format plus traditionnel à trois navires soit le Gerfaut, l’Aigle et le Vautour.

Le 1er octobre 1934, la composition du groupement des contre-torpilleurs de la 1ère escadre évolue à nouveau : la 5ème DL (Aigle Gerfaut Vautour) est renuméroté 7ème DL, la 7ème DL (Tartu Albatros Chevalier Paul) devient 5ème DL et une 9ème DL est créée par changement appellation de la 6ème DL composée du Maillé-Brézé, du Vauquelin et du Kersaint.

Placé en position de complément durant l’année d’instruction 1935-1936 (1er octobre 1935-mi août 1936), l’Aigle est réarmé pour l’année d’instruction 1936-1937, formant la 7ème DL en compagnie de ses sister-ships Gerfaut et Vautour.

De septembre 1937 à mars 1938, il est ainsi détaché au sein de la Division Navale du Levant (DNL) avant de prendre la tête du 15 août 1938 au 1er juin 1939 de la 1ère flottille de sous-marin, servant de navire-amiral mais également de but de tir pour les exercices et les essais de torpilles.

Le 26 août 1939 est officiellement mise sur pied une nouvelle 1ère DCT formée par le Vauban, le Lion et l’Aigle bien que ce dernier soit indisponible jusqu’au 9 octobre et remplacé jusque là par l’Epervier. Cette division est intégrée à la 4ème escadre chargée de mener des raids contre les lignes de communication italiennes depuis Bizerte.

A nouveau disponible, l’Aigle va finalement intégrer _toujours à Bizerte_ la 11ème DCT qu’il va ainsi former avec le Milan et le Bison. Le Bison victime d’une collision avec le croiseur léger Georges Leygues ne va cependant arriver en Tunisie que le 4 janvier 1940.

La division sort pour entrainement du 10 au 31 janvier, rentrant à Bizerte le 7 février 1940 après escale à Tunis du 1er au 6 février.

La 11ème DCT va devenir la division la plus active de la 4ème escadre, sortant très régulièrement pour entrainement. Elle est ainsi à la mer pour un entrainement au combat de nuit du 12 au 19 février puis un entrainement au combat de jour du 21 au 27 février, faisant escale à La Valette du 28 février au 2 mars avant de rentrer à Bizerte le 4 mars 1940 à l’aube.

La 11ème DCT quitte Bizerte le 10 avril en compagnie de la 12ème DT ( torpilleurs de classe Melpomène La Pomone la Bombarde et L’Iphigénie) pour un exercice commun, les deux divisions effectuant une série de joutes nautiques et ce du 10 au 17 avril, du 19 au 24 avril, du 25 avril au 2 mai et du 4 au 10 mai, rentrant à Bizerte le 15 mai 1940 après une escale à Tunis du 11 au 14 mai.

Du 16 au 23 mai, l’Aigle est entretien à flot, les travaux concernant essentiellement les chaudières et l’armement. Il sort pour essais du 24 au 27 mai avant un stage de remise en condition menée avec le Bison et le Milan du 30 mai au 12 juin 1940.

Après un ravitaillement à Bizerte le 13 juin, les trois contre-torpilleurs effectuent un entrainement de division du 14 au 21 juin, se ravitaillant à Malte le 22 juin avant de traverser la Méditerranée, faisant escale à Beyrouth du 23 au 27 juin puis à Haïfa du 29 juin au 3 juillet avant de rentrer à Bizerte le 8 juillet 1940.

L’Aigle sort pour entrainement individuel du 15 du 22 juillet, faisant escale à Tunis du 23 au 27 juillet avant de rentrer le lendemain à Bizerte.

Du 29 juillet au 12 août, le contre-torpilleur Aigle participe à la remise en condition du Bison après sa période d’indisponibilité, période d’indisponibilité que l’Aigle connait à son tour du 13 au 28 août.

L’Aigle sort lui pour essais du 29 août au 2 septembre puis pour remise en condition du 3 au 12 septembre en compagnie de ses deux sister-ships.

Le 21 septembre 1940, la 11ème DCT sort pour son dernier entrainement de division avant un cycle de grand carénage.

Du 22 au 28 septembre, les trois contre-torpilleurs effectuent un entrainement au combat de nuit avant de se ravitailler à Bizerte le 29 septembre puis d’enchainer par un entrainement au combat de jour avec écoles à feux du 30 septembre au 6 octobre puis une escale à Tunis du 7 au 12 octobre avant de rentrer à Bizerte le 13 octobre 1940.

Alors que le Milan est en grand carénage, l’Aigle et le Bison sortent pour entrainement de division du 21 octobre au 3 novembre, faisant escale à Sfax du 4 au 10 novembre avant de rentrer à  Bizerte le 12 novembre 1940.

La 11ème DCT sort à nouveau pour entrainement du 20 novembre au 2 décembre 1940 en compagnie de la 17ème DSM (Aréthuse, de l’Atalante, de la Vestale et de la Sultane) et de la 12ème DT, les deux contre-torpilleurs, les trois torpilleurs et les quatre sous-marins faisant escale à  Tunis du 3 au 8 décembre avant de rentrer à Bizerte le 9 décembre.

L’Aigle sort pour une école à feux dans le sud Tunisien et ce du 15 au 22 décembre, rentrant à Bizerte le lendemain 23 décembre 1940. Il participe ensuite à la remise en condition du Bison du 27 décembre 1940 au 12 janvier 1941.

Il entre ensuite en grand carénage, l’Aigle étant échoué au bassin n°4 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah du 15 janvier au 9 avril 1941 pour une remise en état complète (changement des hélices, travaux de peinture sur les œuvres vivres, retubage des chaudières, inspection des turbines…….), les travaux de modernisation (DCA, armement ASM) étant reportées pour des raisons techniques comme l’indisponibilité de suffisamment de pièces de DCA légère modernes ou d’Asdic (priorité aux torpilleurs d’escadre).

Le 9 avril 1941, l’Aigle achève son grand carénage, libérant son bassin pour le Bison qui transmet son pavillon de navire-amiral au Milan. L’Aigle sort ensuite pour essais du 10 au 13 avril avant un stage de remise en condition en compagnie du Milan du 17 au 30 avril 1941.

L’Aigle et le Milan sortent pour un entrainement de division du 7 au 18 mai, faisant escale à La Valette (Malte) du 19 au 24 mai avant d’enchainer par une école à feu au large de la Tunisie du 25 mai au 4 juin, rentrant à Bizerte le 10 juin après une escale à Tunis du 5 au 9 juin 1941.

Après une période d’entretien à flot du 11 au 30 juin, l’Aigle et le Milan sort pour essais et remise en condition du 1er au 11 juillet 1941. L’Aigle et le Milan participent ensuite à la remise en condition du Bison du 24 juillet au 12 août, les trois navires rentrant à Bizerte le 17 août après une escale à Tunis du 13 au 16 août. A l’issue de ce stage de remise en condition, le Bison redevient navire-amiral de la 11ème DCT.

La 11ème DCT sort pour son premier entrainement de division depuis près d’un an, enchainant un entrainement au combat antisurface de jour (24 août au 4 septembre), une école à feux (6 au 13 septembre) et un entrainement au combat de nuit (15 au 27 septembre), la division rentrant à Bizerte le 5 octobre après une escale à La Valette du 28 septembre au 3 octobre 1941.

L’Aigle intégré à la 6ème Escadre Légère participe ensuite avec ses compères de la 11ème DCT au grand cycle d’entrainement de l’automne avec une phase I du 15 au 30 octobre 1941, des escales à La Valette du 1er au 7 novembre et à Alexandrie du 10 au 15 novembre, des exercices avec la marine britannique du 16 au 21 novembre, une escale à Lattaquié du 23 au 27 novembre et à Beyrouth du 28 novembre au 2 décembre, les contre-torpilleurs manœuvrant division par division jusqu’au 12 décembre avant de rallier Bizerte le 16 décembre 1941.

Le 1er janvier 1942, le contre-torpilleur Aigle quitte la 11ème DCT pour intégrer une nouvelle 5ème DCT en compagnie de ses sister-ship Albatros et Gerfaut. Il devient navire-amiral de cette division basée à Toulon.

Arrivé à Toulon le 4 janvier,  l’Aigle y retrouve l’Albatros et le Gerfaut. Les trois contre-torpilleurs subissent une période d’entretien à flot du 4 au 21 janvier. Au cours de cet entretien, les Aigle voient leur DCA modernisée. Les quatre affûts doubles de 37mm modèle 1933 et les deux affûts doubles de 13.2mm modèle 1932 sont remplacés par six canons de 37mm Schneider modèle 1941 en trois affûts doubles et quatre canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en deux affûts doubles.

La 5ème DCT sort pour essais du 22 au 25 janvier avant remise en condition du 27 janvier au 12 février 1942. La division de contre-torpilleurs sort pour entrainement de division du 15 février au 3 mars 1942.

La 5ème DCT (Aigle Albatros Gerfaut) quitte Toulon le 12 mars en compagnie de la  2ème DCT (Guépard Lion Bison)  pour une série d’exercices. Les deux divisions s’affrontent dans un combat antisurface du 12 au 20 mars, les deux divisions faisant escale à Ajaccio du 21 au 24 mars avant d’enchainer par un exercice de combat de nuit du 25 au 31 mars, les six contre-torpilleurs faisant escale à Tunis du 1er au 5 avril 1942. Après une escale à Bizerte pour se ravitailler le 6 avril, les deux divisions subissent un entrainement de défense aérienne à la mer du 7 au 15 avril, rentrant le même jour à Toulon.

Victime d’une avarie technique, l’Aigle est indisponible du 21 avril au 14 mai, sortant pour essais du 15 au 18 mai avant une remise en condition menée du 19 mai au 2 juin 1942.

Le 8 juin 1942, la 5ème DCT au complet appareille pour un entrainement dans l’Atlantique au large de Dakar. Les trois contre-torpilleurs se ravitaillent à Casablanca le 13 juin et arrivent à Dakar le 17 juin.

Après trois jours d’escale pour reposer les hommes et remettre en condition le matériel (17 au 20 juin), le cycle d’entrainement commence par un exercice de combat antisurface du 21 au 30 juin 1942.

Après un ravitaillement à Dakar le 1er juillet, la 5ème DCT enchaine par un entrainement à la défense aérienne à la mer du 2 au 11 juillet. Le troisième ravitaillement à lieu le 12 juillet et est suivit par une école à feu à Rufisque du 13 au 21 juillet. Après une nouvelle escale à Dakar du 22 au 29 juillet, les trois contre-torpilleurs quittent la capitale de l’AOF le 30 juillet, se ravitaillent à Casablanca le 4 août avant de rentrer à Toulon le 9 août 1942.

Les trois contre-torpilleurs de la 5ème DCT sont indisponibles pour entretien et permissions de l’équipage jusqu’au 30 août 1942 quand ils sortent pour essais jusqu’au 4 septembre, enchainant par un stage de remise en condition du 6 au 15 septembre 1942.

La 5ème DCT sort le 22 septembre pour un entrainement commun avec la 1ère DT (torpilleurs légers Le Fier L’Entreprenant Le Farouche et L’Agile), le pétrolier Elorn et la 1ère DSM (sous-marins de 1500 tonnes Le Héros Le Glorieux Le Conquérant Le Tonnant).

Tout commence par un exercice de défense aérienne à la mer, les contre-torpilleurs devant protéger le pétrolier Elorn alors que les torpilleurs légers doivent se débrouiller seuls, les sous-marins devant eux plonger le plus rapidement possible même si il  y eu quelques phases d’entrainement au tir pour les canonniers du sous-marins.

L’exercice se termine le 2 octobre quand les douze navires font escale à Alger, le port plus habitué aux bateaux blancs se retrouve soudain embouteillé de bateaux gris.

Du 7 au 17 octobre 1942, la 5ème DCT affronte la 1ère DT dans un exercice de combat antisurface, les contre-torpilleurs simulant des corsaires rapides cherchant à franchir le détroit de Sicile. Les sept navires sont ravitaillés par l’Elorn, tous disposant d’un système RAM.

Après une escale à Tunis du 18 au 23 octobre, les torpilleurs légers et les contre-torpilleurs affrontent dans un exercice ASM les sous-marins de la 1ère DSM pour un exercice en commun du 24 octobre au 5 novembre. Ils rentrent à tous à Toulon le lendemain 6 novembre 1942.

L’Aigle est indisponible pour entretien du 8 au 21 novembre 1942 avant de sortir pour essais du 22 au 26 novembre, enchainant par une remise en condition en compagnie de ses deux sister-ship et ce du 2 au 15 décembre, rentrant à Toulon le 21 décembre après une escale à La Ciotat du 16 au 20 décembre.

Le 5 janvier 1943, la 5ème DCT quitte Toulon pour entrainement de division. Après une école à feu et des lancements de torpilles simulés du 5 au 15 janvier, l’Aigle, l’Albatros et le Gerfaut font escale à Nice du 16 au 21 janvier avant d’enchainer par un exercice de défense aérienne à la mer au large de Calvi où les trois navires font escale du 1er au 6 février. Ils enchainent par un exercice de combat antisurface du 7 au 19 février avant de rentrer à Toulon le lendemain 20 février 1943.

Alors que le Gerfaut est indisponible, l’Aigle et l’Albatros effectue une spectaculaire école à feux de nuit au large de Toulon et ce du 27 février au 4 mars. Après une escale à Ajaccio du 5 au 8 mars, les deux contre-torpilleurs subissent un entrainement à  la défense aérienne à la mer du 9 au 22 mars, rentrant à Toulon le 28 mars après une escale à Marseille du 23 au 27 mars 1943. l’Aigle est à son tour indisponible jusqu’au 13 avril 1943, sortant pour essais du 14 au 20 avril, date de son retour à Toulon.

La 5ème et la 2ème DCT quittent ensemble Toulon pour une série d’exercices en Méditerranée occidentale. Les deux divisions enchainent un entrainement au combat antisurface de jour du 22 au 29 avril 1943, une escale à Ajaccio du 30 avril au 3 mai, un entrainement à la défense aérienne à la mer du 4 au 12 mai, une escale à Mers-El-Kébir du 13 au 16 mai et un entrainement au combat antisurface de nuit du 17 au 25 mai, rentrant à Toulon le lendemain 26 mai 1943.

Le 27 mai 1943, l’Aigle transmet son pavillon de navire-amiral à l’Albatros avant d’entrer en grand carénage. Les travaux commencent dès le 28 mai par de spectaculaires travaux : le débarquement de l’artillerie principale soit 5 canons de 138mm modèle 1927 qui doivent être remplacés par cinq canons de 130mm modèle 1932 en affûts simples modèle 1941. Ces travaux font suite à la décision de standardiser l’artillerie médiane de tous les navires de surface. L’Aigle est échoué dans le bassin n°5 du Castigneau le 1er juin 1943 pour trois mois de travaux intensifs.

Outre une remise en état générale (grattage, sablage et peinture de la coque; changement des hélices, retubage des chaudières, visite des turbines, refonte des locaux vie), l’Aigle reçoit un Asdic, de nouveaux grenadeurs avec des grenades plus légères mais également plus nombreuses et de nouveaux radars.

Remis à flot le 3 septembre 1943, l’Aigle sort pour essais du 4 au 7 septembre 1943 avant remise en condition en compagnie de ses deux compères de la 5ème DCT du 9 au 23 septembre, les trois contre-torpilleurs faisant escale à Sète du 24 au 30 septembre avant de rentrer à Toulon le lendemain 1er octobre 1943. Le même jour, l’Aigle redevient navire-amiral de la 5ème DCT qui sort pour un nouvel entrainement du 5 au 17 octobre en compagnie du Marceau.
Du 21 au 31 octobre, la 2ème et la 5ème DCT accompagnés du Marceau et du croiseur léger Primauguet effectuent un exercice de combat antisurface, destiné à intercepter plusieurs cargos «ennemis» symbolisés par des cargos affrétés durant cette période par la marine.

La 5ème DCT enchaine par un exercice avec les cuirassés Richelieu et Clemenceau, leurs quatre torpilleurs d’escadre et le ravitailleur rapide L’Adour. Quittant Toulon le 2 novembre 1943, la petite escadre manoeuvre dans le Golfe du Lion jusqu’au 12 novembre quand les cuirassés, leurs torpilleurs d’escorte, les contre-torpilleurs et le ravitailleur font escale à Marseille jusqu’au 18 novembre.

Du 19 au 27 novembre, les contre-torpilleurs tentent d’intercepter le cuirassé qui protégeait le ravitailleur avant un ravitaillement à la mer le 28 novembre. Après un exercice de défense aérienne à la mer du 29 novembre au 4 décembre, le cuirassé fait escale à Ajaccio, le ravitailleur à Calvi et les contre-torpilleurs à l’Ile-Rousse et ce du 5 au 11 décembre. Ils rentrent tous à Toulon le 13 décembre 1943.

La 5ème DCT termine l’année 1943 par une école à feu du 18 au 26 décembre, mouillant jusqu’au 5 janvier 1944 aux salins d’Hyères.

Alors que le Gerfaut est entré en grand carénage le 8 janvier, l’Aigle et l’Albatros quittent les salins le 5 janvier 1944 pour une série d’exercices. Après une école à feu du 5 au 13 janvier, les deux contre-torpilleurs font escale à l’Ile Rousse du 14 au 20 janvier avant d’enchainer par un exercice de défense aérienne à la mer du 21 janvier au 2 février puis de rentrer à Toulon le 9 février après une escale à Sète du 4 au 8 février 1944.

La 5ème DCT réduite à deux unités sort pour un nouvel entrainement de division du 15 au 23 février, faisant escale à La Ciotat du 24 au 27 février avant de rentrer à Toulon le 28 février 1944.

Du 12 au 31 mars, l’Aigle et le Albatros participent à la remise en condition ud Gerfaut, les trois navires rentrant à Toulon le  lendemain 1er avril 1944.

La 5ème DCT au grand complet sort pour un entrainement de division du 4 au 17 avril, entrainement consacré aussi bien à la défense aérienne à la mer qu’au combat antisurface, la division rentrant à Toulon le lendemain 18 avril 1944.

Du 25 avril au 8 mai, l’Aigle et ses compères de la 5ème DCT sortent en compagnie de la 2ème DCT et des croiseurs lourds Suffren et Dupleix.

Les deux croiseurs commencent d’abord par simuler la présence d’un navire corsaire en Méditerranée, menaçant des convois entre l’Afrique du Nord et la métropole, convois protégés par les contre-torpilleurs avant que les deux croiseurs ne simulent des cargos rapides, cherchant à échapper à plusieurs groupes de ratissage formés par les contre-torpilleurs. Après une escale à Alger du 9 au 12 mai et à Ajaccio du 13 au 17 mai, les deux croiseurs rentrent à Toulon le 18 mai 1944.

La 5ème DCT effectue une école à feu commune du 22 au 31 mai, faisant escale à Villefranche sur mer du 1er au 7 juin avant d’enchainer successivement par un entrainement à la défense aérienne à la mer du 8 au 18 juin et un entrainement au combat de nuit du 20 au 27 juin, la division rentrant à Toulon le lendemain 28 juin 1944.

L’Aigle, l’Albatros et le Gerfaut sont indisponibles pour entretien et permissions de l’équipage du 29 juin au 13 juillet, sortant pour essais du 14 au 17 juillet avant remise en condition du 18 au 31 juillet 1944.
Le 10 août, le croiseur léger Emile Bertin s’amarre au quai Noël à Toulon où il débarque une compagnie du 8ème régiment de tirailleurs tunisiens. Le navire amiral de la 6ème Escadre Légère avait appareillé de Bizerte pour tester sa capacité à transporter de rapidement des troupes.

Alors que les tirailleurs tunisiens manœuvrent à Canjuers, le croiseur léger va se frotter à la 5ème DCT pour un exercice de combat de nuit du 10 au 14 août 1944 puis un exercice  de défense de convois à l’aide de navires affrétés par la marine (deux cargos et un pétrolier) du 16 au 23 août.

Rentrés à Toulon, le croiseur léger et les trois contre-torpilleurs vont se quitter en haute mer le 25 août, les Aigle Albatros et Gerfaut accompagnant sur une trentaine de miles l’Emile Bertin qui rentre avec ses tirailleurs en Tunisie. Les contre-torpilleurs font demi-tour dans la foulée pour rentrer à Toulon le 25 août 1944.

Le 5 septembre 1944, l’Albatros rentre en grand carénage, réduisant la 5ème DCT aux seuls Aigle et Gerfaut, ces deux derniers étant de sortie du 4 au 12 septembre, les deux contre-torpilleurs faisant escale à Nice du 13 au 17 septembre avant d’enchainer par un entrainement de défense aérienne à la mer du 18 au 26 septembre, rentrant le lendemain à Toulon.

Après une école à feux du 27 septembre au 7 octobre 1944, la 5ème DCT sort le 15 octobre pour un entrainement de division. Après un entrainement au combat antisurface du 15 au 23 octobre, les deux contre-torpilleurs font escale à Sète du 24 au 27 octobre avant d’enchainer par un entrainement à la défense aérienne à la mer du 28 octobre au 4 novembre, faisant escale à La Ciotat du 5 au 9 novembre, terminant son cycle d’exercices par un entrainement au combat de nuit du 10 au 14 novembre, les deux contre-torpilleurs rentrant le lendemain à Toulon.

Après une période d’indisponibilité pour entretien du 16 au 29 novembre 1944, les deux contre-torpilleurs sortent pour essais du 30 novembre au 4 décembre. Après un rapide ravitaillement, l’Aigle et le Gerfaut participent aux essais à la mer de l’Albatros du 5 au 10 décembre avant la remise en condition du 12 au 30 décembre 1944.

A noter qu’avec la sortie de l’Albatros de son grand carénage, la 5ème DCT redevient homogène avec trois contre-torpilleurs armés de 5 canons de 130mm modèle 1932 en affûts simples modèle 1941.

La 5ème DCT ressort pour la première fois en 1945 le 7 janvier pour un entrainement de division très intense.

Après une école à feu pour permettre notamment à l’Albatros de roder sa nouvelle artillerie en compagnie de ses deux compères plus expérimentés, les trois contre-torpilleurs mouillent à Ajaccio du 17 au 25 janvier, Reprenant la mer pour un entrainement de défense aérienne à la mer du 26 janvier au 5 février, faisant une nouvelle escale à Alger du 6 au 10 février 1945.

Après un exercice anti-sous-marin en compagnie des sous-marins Amphitrite et Oréade de la 4ème Escadre du 11 au 22 février, la 5ème DCT rentre à Toulon le lendemain 23 février 1945.

Victime d’une avarie technique (problème d’alimentation de chaudière), l’Aigle est indisponible du 27 février au 14 mars 1945. Il sort pour essais le 15 mars mais victime d’une nouvelle avarie, il doit rentrer au port pour des réparations complémentaires achevées le 27 mars 1945. Les essais ont lieu du 28 mars au 2 avril avant d’enchainer par une remise en condition menée en compagnie de ses deux sister-ships du 4 au 23 avril 1945.

La 5ème DCT quitte Toulon le 28 avril, se ravitaille à Casablanca le 3 mai et gagne Dakar le 7 mai 1945. Après une escale pour le repos des hommes et des machines, l’Aigle et ses deux compères sortent pour une école à feux à Rufisque du 11 au 19 mai avant un ravitaillement au port.

La 5ème DCT s’entraine aussi au combat antisurface du 21 au 30 mai avant une escale d’entretien et de repos à Dakar du 31 mai au 4 juin.

Ils enchainent successivement un entrainement à la défense aérienne à la mer du 5 au 13 juin puis un entrainement à la lutte ASM du 15 au 27 juin en compagnie de la 8ème DSM (Agosta Bévéziers Ouessant Sidi-Ferruch), une division de sous-marins basée à Brest mais qui en temps de guerre doit être déployé à Dakar pour opérer dans l’Atlantique Sud.

Après une nouvelle escale  à Dakar du 28 juin au 2 juillet, les contre-torpilleurs quittent Dakar en compagnie des quatre sous-marins le 3 juillet. La petite escadre se ravitaille le 8 juillet à Casablanca avant de gagner Brest le 12 juillet 1945.

Après un ravitaillement à Brest, les trois contre-torpilleurs quittent la Bretagne le 13 juillet, font escale à Casablanca du 17 au 20 juillet avant de rentrer à Toulon le 24 juillet 1945.

La 5ème DCT est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 25 juillet au 18 août 1945, sortant pour essais du 19 au 22 août avant un stage de remise en condition intensif du 23 août au 12 septembre 1945.

Les contre-torpilleurs Aigle, Gerfaut et Albatros quittent Toulon le 17 septembre pour une école à feu au large du cap Corse. Cette école à feu est réalisée du 18 au 27 septembre, les trois navires mouillant au pied de la citadelle de Calvi du 28 septembre au 2 octobre. Après un exercice de combat de nuit du 3 au 7 octobre, les trois navires de la 5ème DCT rentrent à Toulon le lendemain 8 octobre 1945.

Le 15 octobre 1945,  la 5ème DCT (Aigle [Al] Gerfaut Albatros) quittent Toulon en compagnie du Richelieu, des deux torpilleurs d’escadre attachés à la protection du navire de ligne et du croiseur léger Chateaurenault.

L’entrainement de groupe commence par un entrainement DAM (Défense Aérienne à la Mer) jusqu’au 21 octobre, le cuirassé, le croiseur léger et les contre-torpilleurs étant assaillis par l’aviation basée à terre.

Après un ravitaillement à Ajaccio les 22 et 23 octobre, les cinq navires effectuent un entrainement au combat de nuit du 24 au 30 octobre avant une escale à Marseille du 31 octobre au 2 novembre.

Reprenant la mer, ils s’entrainent à la lutte ASM, les contre-torpilleurs assurant un ratissage au large du cap Corse contre les sous-marins Venus Iris et Pallas qui tentaient du 3 au 10 novembre une embuscade contre le cuirassé et le croiseur léger qui participent à la traque en utilisant leurs hydravions.

Après une escale à Nice du 11 au 15 novembre, le Richelieu, le Chateaurenault et la 5ème DCT rentrent à Toulon le 17 novembre 1945.

Après une période d »entretien à flot consacrée notamment à l’artillerie du 18 au 30 novembre, les trois contre-torpilleurs de la 5ème DCT sortent pour essais du 1er au 5 décembre et pour entrainement de base avec école à feux du 7 au 20 décembre. Ils rentrent à Toulon le 25 décembre après escale à Nice du 21 au 24.

Après une sortie en solitaire pour tester de nouveaux obus explosifs de 130mm du 4 au 12 janvier, l’Aigle retrouve au mouillage à Villefranche ses compères Gerfaut et Albatros le 13 janvier. Après des entrainements au mouillage du 14 au 21 janvier, les trois contre-torpilleurs effectuent un spectaculaire entrainement antisurface au large de Nice du 22 au 30 janvier, entrainement suivi par de nombreux badauds sur la promenade des Anglais.

Après une escale dans le port de Nice du 31 janvier au 4 février, les trois lévriers des mers subissent un entrainement de défense aérienne à la mer au large de Toulon du 5 au 12 février.

Lors de cet entrainement, les trois navires de la division simulent des navires ennemis cherchant à réaliser un raid artillerie éclair sur Toulon. Ils doivent affronter à la fois l’aviation basée à terre et déjouer le tir précis des défenses du secteur de Toulon. Ils rentrent au port le lendemain 13 février 1946.

La 5ème Division de Contre-Torpilleurs quitte à nouveau Toulon le 17 février en compagnie de la 1ère DT (Le Fier l’Agile L’Entreprenant et le Farouche) et du ravitailleur rapide Adour pour un entrainement en Méditerranée orientale.

Les deux divisions s’affrontent dans un intense entrainement antisurface du 17 au 23 février avec un ravitaillement à la mer mené par l’Adour avant que les huit navires ne fassent escale à Bizerte du 24 au 27 février 1946.

Les huit navires reprennent la mer le lendemain 28 février, faisant la traversée jusqu’à Beyrouth où ils arrivent le 3 mars, l’Adour ravitaillant les contre-torpilleurs et les torpilleurs légers. Ils effectuent ensuite un entrainement à la défense aérienne à la mer du 5 au 12 mars avant une nouvelle escale cette fois à Lattaquié et ce du 13 au 16 mars 1946.

Ce déploiement en Méditerranée orientale s’achève pour la 5ème DCT et la 1ère DT par deux exercices : un entrainement avec l’aviso colonial La Grandière du 17 au 27 mars et un entrainement anti-sous-marin avec la 17ème DSM ( sous-marins L’Atalante,Vestale et Sultane) du 29 mars au 5 avril 1946

Le premier exercice voit d’abord La Grandière simuler un raider ennemi cherchant à s’en prendre au trafic commercial intense entre les ports de métropole, d’Afrique du Nord et du Levant et traqué par la 1ère DT et la 5ème DCT puis dans une seconde phase de voir l’aviso colonial commander la 1ère DT pour contrer un raid artillerie de la 5ème DCT contre le port de Beyrouth.

Le second exercice voit la 5ème DCT traquer des sous-marins engagés au large du Levant pour attaquer le trafic commercial. Les contre-torpilleurs bien que peu adaptés à cette mission, assurent la traque en solitaire des trois sous-marins pendant que les torpilleurs légers assurent soit l’escorte de l’aviso qui simule un cargo rapide soit la protection rapprochée du port de Beyrouth.

Après une ultime escale à Beyrouth du 6 au 10 avril 1946, les huit navires reprennent la mer, rentrant à Toulon sans escale le 17 avril en étant ravitaillés à tour de rôle par l’Adour.

Après une période d’entretien à flot du 18 au 30 avril 1946, les trois contre-torpilleurs de la 5ème DCT effectuent une sortie d’essais du 1er au 4 mai mais le Gerfaut victime d’une avarie doit rentrer au port pour réparations (jusqu’au 15 mai).

Ces deux compères de la 5ème DCT vont mouiller aux salins du 5 au 12 mai, effectuant une petite sortie de deux jours les 13 et 14 mai avant de retourner mouiller aux Salins où les deux navires retrouvent le Gerfaut fraichement réparé.
La 5ème DCT sort pour essais du Gerfaut et entrainement commun du 16 au 30 mai avant une escale à Nice du 31 mai au 3 juin. Les trois navires effectuent ensuite un entrainement de défense aérienne à la mer du 4 au 10 juin puis après un ravitaillement à Ajaccio le 11 juin, enchainent par un entrainement au combat antisurface avec lancements réels et simulés, écoles à feux et lutte contre les avaries du 12 au 27 juin. Ils rentrent à Toulon le lendemain 28 juin 1946.

La 5ème DCT est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 1er au 21 juillet, sortant pour essais du 22 au 26 juillet avant remise en condition du 27 juillet au 12 août. Après un ravitaillement à Toulon le 13 août, ils vont mouiller aux salins d’Hyères, simulant une division mouillant dans une baie non préparée.

A tour de rôle, l’un des contre-torpilleurs est sous pression prêt à appareiller alors que ses compères auraient besoin de 6h pour obtenir suffisamment de pression pour prendre la mer.

Le 19 août, c’est l’Aigle qui est en alerte. Il capte le message de détresse d’un cargo norvégien en feu au large de Toulon. Il reçoit l’ordre de Marine Toulon porter assistance au cargo pendant que ses deux sister-ships montent en pression pour si nécessaire lui prêter main forte.

Le contre-torpilleur prend la mer mais en arrivant sur zone, il ne peut que constater impuissant que le brasier frappant le TK Bremen est incontrôlable, le vraquier s’enfonçant par l’arrière. L’Aigle recueille 27 membres d’équipage sur 38, onze hommes étant morts ou portés disparus et les ramènent à Toulon.

Parmi les 27 rescapés soignés à l’hôpital Saint Anne à Toulon, quatre grièvement brûlés succomberont à leurs blessures.  Après ravitaillement à Toulon, l’Aigle retourne aux salins où il retrouve ses deux sister-ships qui ont finalement mis bas les feux à l’annonce du naufrage du cargo.

La 5ème DCT revenue au quai Noël le 25 août, sort pour le dernier entrainement de division avec un cycle de grand carénage à partir du 28 août.

Après un entrainement au combat antisurface du 28 août au 7 septembre avec lancements de torpilles et écoles à feux, les trois contre-torpilleurs enchainent par un entrainement ASM avec les sous-marins Tonnant et Conquérant du 9 au 17 septembre puis par un entrainement à la défense aérienne à la mer du 19 au 27 septembre, les trois navires rentrant à Toulon le lendemain 28 septembre 1946.

Le 29 septembre 1946, l’Aigle transmet à l’Albatros son pavillon de navire-amiral de la 5ème DCT avant d’être échoué le 3 octobre au bassin n°5 du Castigneau pour une remise en état complète et un renforcement de sa DCA.

La coque est grattée sablée et repeinte; les hélices sont changées, les chaudières retubées, les turbines subissent une grande visite, les locaux-vie sont entièrement remis en état (électricité, plomberie, peinture), les radars modernisés.

Au niveau de l’armement, les canons de 130mm sont retubés et la DCA renforcée. Deux affûts doubles de 37mm remplacent les deux affûts doubles de 25mm ce qui uniformise la DCA composée désormais de de cinq affûts doubles de 37mm.

Remis à flot le 12 décembre 1946, l’Aigle sort pour essais du 14 au 17 décembre avant un stage de remise en condition en compagnie de ses deux sister-ships du 18 au 30 décembre 1946. A l’issue de ce stage, l’Aigle redevient navire-amiral de la 5ème DCT.
Quittant Toulon le 5 janvier, l’Aigle et l’Albatros vont mouiller aux salins d’Hyères où ils sont rejoint le 8 janvier par le transport-caboteur Golo et les cargos rapides (17 noeuds) Tlemcen et Sidi-Bel-Abbès.

Ces navires vont simuler un convoi mouillant dans une baie et menacée par les forces navales ennemies. La 5ème DCT va assurer la protection contre les torpilleurs légers de la 1ère DT. Au cours d’une série de douze duels du 9 au 21 janvier, les torpilleurs ne parviendront à atteindre les trois transports qu’à quatre reprises.

Le Golo, le Tlemcen et le Sidi-Bel-Abbès appareillent le 22 janvier de Toulon pour livrer du matériel à  Bizerte. Ils sont escortés par les deux contre-torpilleurs et les quatre torpilleurs légers qui doivent néanmoins recompléter leurs soutes à Ajaccio le 23 janvier, les trois cargos mouillant en baie d’Ajaccio, attendant leurs protecteurs.

Le petit convoi bien protégé arrive à Bizerte le 28 janvier 1947 au matin. Les deux contre-torpilleurs et les quatre torpilleurs se ravitaillent puis mouillent au centre du lac en attendant que les trois cargos soient vidés de leur chargement (munitions, pièces détachées de chars AMX-42, moteurs d’avions, produits semi-finis pour l’Arsenal de Sidi-Abdallah).

Les trois cargos repartent avec leurs escorteurs le 30 janvier, rentrant directement à Toulon le 2 février 1947.

Après une période d’entretien à flot du 3 au 13 février, l’Aigle aurait du manoeuvrer avec l’Albatros mais ce dernier est victime d’une avarie mécanique qui l’immobilise du 14 au 25 février  pour réparations, réparations qui anticipent le prochain grand carénage que le contre-torpilleur doit subir après la disponibilité du Gerfaut.

L’Aigle sort donc seul du 15 au 22 février pour une école à feux avec simulation de lancement de torpilles. Il va alors mouiller aux salins d’Hyères où le retrouve l’Albatros réparé le 25février.

Les deux navires sortent pour les essais du dernier nommé du 26 février au 1er mars avant une sortie d’entrainement du 2 au 9 mars, les deux contre-torpilleurs rentrant à Toulon le lendemain 10 mars,l’Albatros pour subir un grand carénage et l’Aigle pour participer à la remise en condition du Gerfaut.

Disponible le 15 mars 1947, le Gerfaut sort pour essais du 16 au 20 mars puis va mouiller aux Salins le 21 mars. Il est rejoint le lendemain par l’Aigle pour un stage de remise en condition du 22 mars au 13 avril, les deux contre-torpilleurs rentrant à Toulon le 19 avril après une escale à Marseille du 14 au 18 avril 1947.

L’Albatros immobilisé au bassin n°5 du Castigneau, c’est une 5ème DCT réduite à l’Aigle et au Gerfaut qui quitte Toulon le 26 avril pour mouiller en rade de Villefranche pour une série d’exercices au mouillage jusqu’au 1er mai quand les deux navires quittent cette magnifique baie naturelle pour un entrainement au combat de nuit du 2 au 7 mai.

Après une escale à Nice du 8 au 10 mai et à Menton du 11 au 14 mai, les deux contre-torpilleurs effectuent un exercice de défense aérienne à la mer du 15 au 21 mai avant un ravitaillement à Bastia le 22 mai.

Après un exercice de lutte ASM avec comme plastron les sous-marin Venus et Pallas du 23 mai au 4 juin, les deux navires relâchent à nouveau à Bastia du 5 au 8 juin, rentrant le lendemain à Toulon.

L’Aigle et le Gerfaut sortent ensuite pour une école à feux du 13 au 21 juin où les deux navires tirent près de 800 coups de 130mm, lance une douzaine de torpilles, des grenades ASM sans parler du tir sur cibles remorquées pour entrainer la DCA du bord.

Mouillant aux Salins à partir du 22 juin, l’Aigle et le Gerfaut retrouvent l’Albatros le 25 juin après que ce dernier eut réalisé ses essais post-carénage. L’Aigle et le Gerfaut participent ensuite à sa remise en condition du 26 juin au 15 juillet 1947.

L’Aigle est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 16 juillet au 7 août, sortant en solitaire  pour essais et remise en condition du 9 au 31 août, retrouvant le port de Toulon le lendemain 1er septembre 1947.

Le 8 septembre 1947, la 5ème DCT quitte Toulon pour un entrainement de division au large du Levant. Ils sont accompagnés par la 2ème DCT (Bayard Du Guesclin Turenne) et le pétrolier-ravitailleur Liamone. Les six contre-torpilleurs effectuent ainsi la traversée sans escale Toulon-Beyrouth, étant ravitaillés deux fois par le PRE avant d’arriver à destination le 16 septembre 1947.

Le cycle d’entrainement commence le 19 septembre par une école à feu qui s’achève le 27 septembre 1947. Après une escale à Lattaquié du 28 septembre au 1er octobre, les deux divisions s’affrontent dans un exercice de défense et d’attaque de convois, convoi symbolisé par l’aviso colonial La Grandière et le pétrolier-caboteur Ardèche, les deux divisions assurant tour à tour la défense et l’escorte du convoi sans parler des périodes où les deux divisions sont recomposées.

Après un ravitaillement auprès du Liamone le 10 octobre, les deux divisions de contre-torpilleurs effectuent un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 20 octobre quand ils rallient le port de Beyrouth.

La 2ème et la 5ème DCT accompagnés du PRE quittent le Levant le 25 octobre, relâchent à Bizerte du 30 octobre au 4 novembre avant de rentrer à Toulon le 7 novembre 1947 au matin.

La 5ème DCT subit une période d’entretien à flot du 8 au 23 novembre, sortant pour essais du 24 au 27 novembre avant remise en condition du 30 novembre  au 15 décembre, les trois contre-torpilleurs mouillant aux salins d’Hyères jusqu’au 27 décembre avant de rentrer le jour même à Toulon.

Le 10 janvier 1948, la 5ème DCT au grand complet appareille de Toulon en compagnie de la 2ème DCT (avec les seuls Du Guesclin et Turenne  , le Bayard étant immobilisé pour carénage) et de la 5ème DC soit les croiseurs lourds Saint Louis Charlemagne et Henri IV.

Les trois divisions qui cumulent 27 canons de 203mm et 31 canons de 130mm manœuvrent ensemble du 10 au 20 janvier avant une escale à Bastia pour les croiseurs, à Calvi pour la 5ème DCT et à l’Ile Rousse pour la 2ème DCT et ce du 21 au 27 janvier. Les huit navires sont de retour à Toulon le 28 janvier 1948.

Après un mouillage aux salins d’Hyères du 2 au 13 février (avec un navire en alerte, chaudières sous pression et les deux autres en appareillage à 6 heures), la 5ème DCT sort le 14 février pour un nouvel entrainement de division cette fois entre le Golfe du Lion et la Corse.

Après un entrainement de défense aérienne à la mer du 14 au 20 février, la 5ème DCT fait escale à Sète du 21 au 25 février avant de reprendre la mer pour une école à feux du 26 février au 6 mars avant une escale d’entretien et de ravitaillement à Ajaccio du 7 au 12 mars 1948.

Du 13 au 22 mars, au large du cap Corse, les trois contre-torpilleurs se retrouvent seuls pour une série de duels, l’Aigle, le Gerfaut et l’Albatros s’affrontant avec leur artillerie et leurs torpilles.

Le réalisme poussé à l’extrême provoque une série d’avaries qui oblige les contre-torpilleurs à interrompre leur entrainement dès le 24 mars alors qu’il restait dix jours d’entrainement de prévu.

Rentrés à Toulon le 25 mars, les trois «quatre tuyaux» de la 5ème DCT sont indisponibles jusqu’au 14 avril 1948 quand ils ressortent pour essais jusqu’au 17 avril. Après un mouillage aux salins d’Hyères du 18 au 22 avril, les trois contre-torpilleurs effectuent un stage de remise en condition du 23 avril au 12 mai, faisant escale à Port-Vendres du 13 au 17 mai puis à Marseille du 18 au 22 mai avant de rentrer à Toulon le 23 mai 1948.

La 5ème DCT sort pour un nouvel entrainement de division le 1er juin. Les officiers et les marins de l’Aigle, du Gerfaut et de l’Albatros en longeant la presqu’ile de Saint Mandrier puis en gagnant la haute-mer ignorent bien entendu qu’il s’agit du dernier exercice de ce type avant le début du second conflit mondial.

Après un exercice de lutte ASM mené en compagnie de la 3ème DSM (sous-marins La Réunion Crozet Ile d’Oleron et Belle Ile) du 1er au 9 juin, les trois contre-torpilleurs font escale à Tunis du 10 au 13 juin avant de reprendre la mer pour une école à feux au large de la Tunisie du 14 au 23 juin.

Après une nouvelle escale à Tunis du 24 au 27 juin, la 5ème DCT effectue un entrainement au combat antisurface du 28 juin au 5 juillet, étant ensuite à Alger du 6 au 14 juillet, participant aux célébrations de la fête de la Fédération.

Après un entrainement de défense aérienne à la mer du 15 au 27 juillet 1948, les trois contre-torpilleurs font escale à Sète du 28 juillet au 2 août, rentrant à Toulon le lendemain.

Ils auraient du être indisponibles pour entretien et permissions de l’équipage jusqu’à la fin du mois mais dès le 15 août, les permissions sont suspendues et les réservistes rappelés, les contre-torpilleurs passant à l’effectif de guerre soit 220 hommes contre 201 en temps normal.

La 5ème DCT sort pour entrainement du 16 au 26 août puis va mouiller en rade de Villefranche selon la même procédure que celle observée aux Salins d’Hyères : un navire sous pression prêt à appareiller et deux autres en alerte à 6h.

Elle y est toujours le 5 septembre 1948 quand à l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège et le Danemark, la 5ème DCT appareille pour contrer une possible attaque italienne sur la frontière.

C-Contre-torpilleurs classe Aigle

Avant-propos

Le traité de Washington de février 1922 avait établit la parité navale entre Paris et Rome, déclenchant une rivalité navale, rivalité reposant notamment sur les revendications territoriales de l’Italie mussolinienne (Nice, la Savoie, la Corse, Tunisie et Djibouti).

Cette rivalité était particulièrement visible dans le domaine des unités légères. Ce qui explique pourquoi le contre-torpilleur va devenir le principal navire de combat de la marine nationale.

Chaque classe marque ainsi une amélioration par rapport à la précédente en terme de taille et de puissance militaire.

La tranche 1927 finance ainsi la construction de quatre contre-torpilleurs de classe Aigle (Aigle Vautour Albatros Gerfaut), une version améliorée des Guépard avec un armement et une conduite de tir plus moderne.

Peu à peu, les ingénieurs français arrivent à obtenir un compromis satisfaisant. Alors que les Jaguar sont considérés comme moyennement réussis (pour ne pas dire plus), les Guépard et surtout les Aigle sont considérés comme réussis.

Les deux navires suivants financés à la tranche 1928 et baptisés Milan et Epervier. Ces navires sont tantôt considérés comme des Aigle, tantôt comme une classe spécifique. Par rapport aux Aigle, ces deux navires se distinguent par un arrière en cul de poule (déjà prévu pour la classe suivante, les futurs Vauquelin), une coque plus longue (129.30m contre 122.40m), une puissance propulsive accrue (68000 contre 64000ch) et un tube lance-torpilles de plus.

L’Aigle

-L’Aigle est mis sur cale aux chantiers des  Ateliers et Chantiers de France (ACF) sis à Dunkerque le 8 octobre 1928 lancé le 19 février 1932 et admis au service actif en septembre 1932.

L’Aigle bien que construit dans le Nord va effectuer toute sa carrière dans le sud à savoir en Méditerranée.

En effet, en l’absence d’une menace allemande crédible, les unités les plus modernes sont prioritairement affectées à Toulon, Brest se contentant le plus souvent de navires déclassés et il faudra attendre le milieu des années trente pour assister à un certain rééquilibrage suite à la renaissance de la marine allemande.

A sa mise en service, l’Aigle rejoint la 5ème DL qu’il forme avec le Gerfaut, le Vautour et le Tartu (classe Vauquelin). La composition de la division change en octobre 1933, la 5ème DL revenant à un format plus traditionnel à trois navires soit le Gerfaut, l’Aigle et le Vautour.

Le 1er octobre 1934, la composition du groupement des contre-torpilleurs de la 1ère escadre évolue à nouveau : la 5ème DL (Aigle Gerfaut Vautour) est renuméroté 7ème DL, la 7ème DL (Tartu Albatros Chevalier Paul) devient 5ème DL et une 9ème DL est créée par changement d’appélation de la 6ème DL composée du Maillé-Brézé, du Vauquelin et du Kersaint.

Placé en position de complément durant l’année d’instruction 1935-1936 (1er octobre 1935-mi août 1936), l’Aigle est réarmé pour l’année d’instruction 1936-1937, formant la 7ème DL en compagnie de ses sister-ships Gerfaut et Vautour.

De septembre 1937 à mars 1938, il est ainsi détaché au sein de la Division Navale du Levant (DNL) avant de prendre la tête du 15 août 1938 au 1er juin 1939 de la 1ère flottille de sous-marin, servant de navire-amiral mais également de but de tir pour les exercices et les essais de torpilles.

Le 26 août 1939 est officiellement mise sur pied une nouvelle 1ère DCT formée par le Vauban, le Lion et l’Aigle bien que ce dernier soit indisponible jusqu’au 9 octobre et remplacé jusque là par l’Epervier. Cette division est intégrée à la 4ème escadre chargée de mener des raids contre les lignes de communication italiennes depuis Bizerte.

A nouveau disponible, l’Aigle va finalement intégrer _toujours à Bizerte_ la 11ème DCT qu’il va ainsi former avec le Milan et le Bison. Le Bison victime d’une collision avec le croiseur léger Georges Leygues ne va cependant arriver en Tunisie que le 4 janvier 1940.

La division sort pour entrainement du 10 au 31 janvier, rentrant à Bizerte le 7 février 1940 après escale à Tunis du 1er au 6 février.

La 11ème DCT va devenir la division la plus active de la 4ème escadre, sortant très régulièrement pour entrainement. Elle est ainsi à la mer pour un entrainement au combat de nuit du 12 au 19 février puis un entrainement au combat de jour du 21 au 27 février, faisant escale à La Valette du 28 février au 2 mars avant de rentrer à Bizerte le 4 mars 1940 à l’aube.

La 11ème DCT quitte Bizerte le 10 avril en compagnie de la 12ème DT ( torpilleurs de classe Melpomène La Pomone la Bombarde et L’Iphigénie) pour un exercice commun, les deux divisions effectuant une série de joutes nautiques et ce du 10 au 17 avril, du 19 au 24 avril, du 25 avril au 2 mai et du 4 au 10 mai, rentrant à Bizerte le 15 mai 1940 après une escale à Tunis du 11 au 14 mai.

Du 16 au 23 mai, l’Aigle est entretien à flot, les travaux concernant essentiellement les chaudières et l’armement. Il sort pour essais du 24 au 27 mai avant un stage de remise en condition menée avec le Bison et le Milan du 30 mai au 12 juin 1940.

Après un ravitaillement à Bizerte le 13 juin, les trois contre-torpilleurs effectuent un entrainement de division du 14 au 21 juin, se ravitaillant à Malte le 22 juin avant de traverser la Méditerranée, faisant escale à Beyrouth du 23 au 27 juin puis à Haïfa du 29 juin au 3 juillet avant de rentrer à Bizerte le 8 juillet 1940.

L’Aigle sort pour entrainement individuel du 15 du 22 juillet, faisant escale à Tunis du 23 au 27 juillet avant de rentrer le lendemain à Bizerte.

Du 29 juillet au 12 août, le contre-torpilleur Aigle participe à la remise en condition du Bison après sa période d’indisponibilité, période d’indisponibilité que l’Aigle connait à son tour du 13 au 28 août.

L’Aigle sort lui pour essais du 29 août au 2 septembre puis pour remise en condition du 3 au 12 septembre en compagnie de ses deux sister-ships.

Le 21 septembre 1940, la 11ème DCT sort pour son dernier entrainement de division avant un cycle de grand carénage.

Du 22 au 28 septembre, les trois contre-torpilleurs effectuent un entrainement au combat de nuit avant de se ravitailler à Bizerte le 29 septembre puis d’enchainer par un entrainement au combat de jour avec écoles à feux du 30 septembre au 6 octobre puis une escale à Tunis du 7 au 12 octobre avant de rentrer à Bizerte le 13 octobre 1940.

Alors que le Milan est en grand carénage, l’Aigle et le Bison sortent pour entrainement de division du 21 octobre au 3 novembre, faisant escale à Sfax du 4 au 10 novembre avant de rentrer à  Bizerte le 12 novembre 1940.

La 11ème DCT sort à nouveau pour entrainement du 20 novembre au 2 décembre 1940 en compagnie de la 17ème DSM (Aréthuse, de l’Atalante, de la Vestale et de la Sultane) et de la 12ème DT, les deux contre-torpilleurs, les trois torpilleurs et les quatre sous-marins faisant escale à  Tunis du 3 au 8 décembre avant de rentrer à Bizerte le 9 décembre.

L’Aigle sort pour une école à feux dans le sud Tunisien et ce du 15 au 22 décembre, rentrant à Bizerte le lendemain 23 décembre 1940. Il participe ensuite à la remise en condition du Bison du 27 décembre 1940 au 12 janvier 1941.

Il entre ensuite en grand carénage, l’Aigle étant échoué au bassin n°4 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah du 15 janvier au 9 avril 1941 pour une remise en état complète (changement des hélices, travaux de peinture sur les oeuvres vivres, retubage des chaudières, inspection des turbines…….), les travaux de modernisation (DCA, armement ASM) étant reportées pour des raisons techniques comme l’indisponibilité de suffisamment de pièces de DCA légère modernes ou d’Asdic (priorité aux torpilleurs d’escadre).

Le 9 avril 1941, l’Aigle achève son grand carénage, libérant son bassin pour le Bison qui transmet son pavillon de navire-amiral au Milan. L’Aigle sort ensuite pour essais du 10 au 13 avril avant un stage de remise en condition en compagnie du Milan du 17 au 30 avril 1941.

L’Aigle et le Milan sortent pour un entrainement de division du 7 au 18 mai, faisant escale à La Valette (Malte) du 19 au 24 mai avant d’enchainer par une école à feu au large de la Tunisie du 25 mai au 4 juin, rentrant à Bizerte le 10 juin après une escale à Tunis du 5 au 9 juin 1941.

Après une période d’entretien à flot du 11 au 30 juin, l’Aigle et le Milan sort pour essais et remise en condition du 1er au 11 juillet 1941. L’Aigle et le Milan participent ensuite à la remise en condition du Bison du 24 juillet au 12 août, les trois navires rentrant à Bizerte le 17 août après une escale à Tunis du 13 au 16 août. A l’issue de ce stage de remise en condition, le Bison redevient navire-amiral de la 11ème DCT.

La 11ème DCT sort pour son premier entrainement de division depuis près d’un an, enchainant un entrainement au combat antisurface de jour (24 août au 4 septembre), une école à feux (6 au 13 septembre) et un entrainement au combat de nuit (15 au 27 septembre), la division rentrant à Bizerte le 5 octobre après une escale à La Valette du 28 septembre au 3 octobre 1941.

L’Aigle intégré à la 6ème Escadre Légère participe ensuite avec ses compères de la 11ème DCT au grand cycle d’entrainement de l’automne avec une phase I du 15 au 30 octobre 1941, des escales à La Valette du 1er au 7 novembre et à Alexandrie du 10 au 15 novembre, des exercices avec la marine britannique du 16 au 21 novembre, une escale à Lattaquié du 23 au 27 novembre et à Beyrouth du 28 novembre au 2 décembre, les contre-torpilleurs manoeuvrant division par division jusqu’au 12 décembre avant de rallier Bizerte le 16 décembre 1941.

Le 1er janvier 1942, le contre-torpilleur Aigle quitte la 11ème DCT pour intégrer une nouvelle 5ème DCT en compagnie de ses sister-ship Albatros et Gerfaut. Il devient navire-amiral de cette division basée à Toulon.

Arrivé à Toulon le 4 janvier,  l’Aigle y retrouve l’Albatros et le Gerfaut. Les trois contre-torpilleurs subissent une période d’entretien à flot du 4 au 21 janvier. Au cours de cet entretien, les Aigle voient leur DCA modernisée. Les quatre affûts doubles de 37mm modèle 1933 et les deux affûts doubles de 13.2mm modèle 1932 sont remplacés par six canons de 37mm Schneider modèle 1941 en trois affûts doubles et quatre canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en deux affûts doubles.

La 5ème DCT sort pour essais du 22 au 25 janvier avant remise en condition du 27 janvier au 12 février 1942. La division de contre-torpilleurs sort pour entrainement de division du 15 février au 3 mars 1942.

La 5ème DCT (Aigle Albatros Gerfaut) quitte Toulon le 12 mars en compagnie de la  2ème DCT (Guépard Lion Bison)  pour une série d’exercices. Les deux divisions s’affrontent dans un combat antisurface du 12 au 20 mars, les deux divisions faisant escale à Ajaccio du 21 au 24 mars avant d’enchainer par un exercice de combat de nuit du 25 au 31 mars, les six contre-torpilleurs faisant escale à Tunis du 1er au 5 avril 1942. Après une escale à Bizerte pour se ravitailler le 6 avril, les deux divisions subissent un entrainement de défense aérienne à la mer du 7 au 15 avril, rentrant le même jour à Toulon.

Victime d’une avarie technique, l’Aigle est indisponible du 21 avril au 14 mai, sortant pour essais du 15 au 18 mai avant une remise en condition menée du 19 mai au 2 juin 1942.

Le 8 juin 1942, la 5ème DCT au complet appareille pour un entrainement dans l’Atlantique au large de Dakar. Les trois contre-torpilleurs se ravitaillent à Casablanca le 13 juin et arrivent à Dakar le 17 juin.

Après trois jours d’escale pour reposer les hommes et remettre en condition le matériel (17 au 20 juin), le cycle d’entrainement commence par un exercice de combat antisurface du 21 au 30 juin 1942.

Après un ravitaillement à Dakar le 1er juillet, la 5ème DCT enchaine par un entrainement à la défense aérienne à la mer du 2 au 11 juillet. Le troisième ravitaillement à lieu le 12 juillet et est suivit par une école à feu à Rufisque du 13 au 21 juillet. Après une nouvelle escale à Dakar du 22 au 29 juillet, les trois contre-torpilleurs quittent la capitale de l’AOF le 30 juillet, se ravitaillent à Casablanca le 4 août avant de rentrer à Toulon le 9 août 1942.

Les trois contre-torpilleurs de la 5ème DCT sont indisponibles pour entretien et permissions de l’équipage jusqu’au 30 août 1942 quand ils sortent pour essais jusqu’au 4 septembre, enchainant par un stage de remise en condition du 6 au 15 septembre 1942.

La 5ème DCT sort le 22 septembre pour un entrainement commun avec la 1ère DT (torpilleurs légers Le Fier L’Entreprenant Le Farouche et L’Agile), le pétrolier Elorn et la 1ère DSM (sous-marins de 1500 tonnes Le Héros Le Glorieux Le Conquérant Le Tonnant).

Tout commence par un exercice de défense aérienne à la mer, les contre-torpilleurs devant protéger le pétrolier Elorn alors que les torpilleurs légers doivent se débrouiller seuls, les sous-marins devant eux plonger le plus rapidement possible même si il  y eu quelques phases d’entrainement au tir pour les cannoniers du sous-marins.

L’exercice se termine le 2 octobre quand les douze navires font escale à Alger, le port plus habitué aux bateaux blancs se retrouve soudain embouteillé de bateaux gris.

Du 7 au 17 octobre 1942, la 5ème DCT affronte la 1ère DT dans un exercice de combat antisurface, les contre-torpilleurs simulant des corsaires rapides cherchant à franchir le détroit de Sicile. Les sept navires sont ravitaillés par l’Elorn, tous disposant d’un système RAM.

Après une escale à Tunis du 18 au 23 octobre, les torpilleurs légers et les contre-torpilleurs affrontent dans un exercice ASM les sous-marins de la 1ère DSM pour un exercice en commun du 24 octobre au 5 novembre. Ils rentrent à tous à Toulon le lendemain 6 novembre 1942.

L’Aigle est indisponible pour entretien du 8 au 21 novembre 1942 avant de sortir pour essais du 22 au 26 novembre, enchainant par une remise en condition en compagnie de ses deux sister-ship et ce du 2 au 15 décembre, rentrant à Toulon le 21 décembre après une escale à La Ciotat du 16 au 20 décembre.

Le 5 janvier 1943, la 5ème DCT quitte Toulon pour entrainement de division. Après une école à feu et des lancements de torpilles simulés du 5 au 15 janvier, l’Aigle, l’Albatros et le Gerfaut font escale à Nice du 16 au 21 janvier avant d’enchainer par un exercice de défense aérienne à la mer au large de Calvi où les trois navires font escale du 1er au 6 février. Ils enchainent par un exercice de combat antisurface du 7 au 19 février avant de rentrer à Toulon le lendemain 20 février 1943.

Alors que le Gerfaut est indisponible, l’Aigle et l’Albatros effectue une spectaculaire école à feux de nuit au large de Toulon et ce du 27 février au 4 mars. Après une escale à Ajaccio du 5 au 8 mars, les deux contre-torpilleurs subissent un entrainement à  la défense aérienne à la mer du 9 au 22 mars, rentrant à Toulon le 28 mars après une escale à Marseille du 23 au 27 mars 1943. l’Aigle est à son tour indisponible jusqu’au 13 avril 1943, sortant pour essais du 14 au 20 avril, date de son retour à Toulon.

La 5ème et la 2ème DCT quittent ensemble Toulon pour une série d’exercices en Méditerranée occidentale. Les deux divisions enchainent un entrainement au combat antisurface de jour du 22 au 29 avril 1943, une escale à Ajaccio du 30 avril au 3 mai, un entrainement à la défense aérienne à la mer du 4 au 12 mai, une escale à Mers-El-Kébir du 13 au 16 mai et un entrainement au combat antisurface de nuit du 17 au 25 mai, rentrant à Toulon le lendemain 26 mai 1943.

Le 27 mai 1943, l’Aigle transmet son pavillon de navire-amiral à l’Albatros avant d’entrer en grand carénage. Les travaux commencent dès le 28 mai par de spectaculaires travaux : le débarquement de l’artillerie principale soit 5 canons de 138mm modèle 1927 qui doivent être remplacés par cinq canons de 130mm modèle 1932 en affûts simples modèle 1941. Ces travaux font suite à la décision de standardiser l’artillerie médiane de tous les navires de surface. L’Aigle est échoué dans le bassin n°5 du Castigneau le 1er juin 1943 pour trois mois de travaux intensifs.

Outre une remise en état générale (grattage, sablage et peinture de la coque; changement des hélices, retubage des chaudières, visite des turbines, refonte des locaux vie), l’Aigle reçoit un Asdic, de nouveaux grenadeurs avec des grenades plus légères mais également plus nombreuses et de nouveaux radars.

Remis à flot le 3 septembre 1943, l’Aigle sort pour essais du 4 au 7 septembre 1943 avant remise en condition en compagnie de ses deux compères de la 5ème DCT du 9 au 23 septembre, les trois contre-torpilleurs faisant escale à Sète du 24 au 30 septembre avant de rentrer à Toulon le lendemain 1er octobre 1943. Le même jour, l’Aigle redevient navire-amiral de la 5ème DCT qui sort pour un nouvel entrainement du 5 au 17 octobre en compagnie du Marceau.
Du 21 au 31 octobre, la 2ème et la 5ème DCT accompagnés du Marceau et du croiseur léger Primauguet effectuent un exercice de combat antisurface, destiné à intercepter plusieurs cargos «ennemis» symbolisés par des cargos affrétés durant cette période par la marine.

La 5ème DCT enchaine par un exercice avec les cuirassés Richelieu et Clemenceau, leurs quatre torpilleurs d’escadre et le ravitailleur rapide L’Adour. Quittant Toulon le 2 novembre 1943, la petite escadre manoeuvre dans le Golfe du Lion jusqu’au 12 novembre quand les cuirassés, leurs torpilleurs d’escorte, les contre-torpilleurs et le ravitailleur font escale à Marseille jusqu’au 18 novembre.

Du 19 au 27 novembre, les contre-torpilleurs tentent d’intercepter le cuirassé qui protégeait le ravitailleur avant un ravitaillement à la mer le 28 novembre. Après un exercice de défense aérienne à la mer du 29 novembre au 4 décembre, le cuirassé fait escale à Ajaccio, le ravitailleur à Calvi et les contre-torpilleurs à l’Ile-Rousse et ce du 5 au 11 décembre. Ils rentrent tous à Toulon le 13 décembre 1943.

La 5ème DCT termine l’année 1943 par une école à feu du 18 au 26 décembre, mouillant jusqu’au 5 janvier 1944 aux salins d’Hyères.

Alors que le Gerfaut est entré en grand carénage le 8 janvier, l’Aigle et l’Albatros quittent les salins le 5 janvier 1944 pour une série d’exercices. Après une école à feu du 5 au 13 janvier, les deux contre-torpilleurs font escale à l’Ile Rousse du 14 au 20 janvier avant d’enchainer par un exercice de défense aérienne à la mer du 21 janvier au 2 février puis de rentrer à Toulon le 9 février après une escale à Sète du 4 au 8 février 1944.

La 5ème DCT réduite à deux unités sort pour un nouvel entrainement de division du 15 au 23 février, faisant escale à La Ciotat du 24 au 27 février avant de rentrer à Toulon le 28 février 1944.

Du 12 au 31 mars, l’Aigle et le Albatros participent à la remise en condition ud Gerfaut, les trois navires rentrant à Toulon le  lendemain 1er avril 1944.

La 5ème DCT au grand complet sort pour un entrainement de division du 4 au 17 avril, entrainement consacré aussi bien à la défense aérienne à la mer qu’au combat antisurface, la division rentrant à Toulon le lendemain 18 avril 1944.

Du 25 avril au 8 mai, l’Aigle et ses compères de la 5ème DCT sortent en compagnie de la 2ème DCT et des croiseurs lourds Suffren et Dupleix.

Les deux croiseurs commencent d’abord par simuler la présence d’un navire corsaire en Méditerranée, menaçant des convois entre l’Afrique du Nord et la métropole, convois protégés par les contre-torpilleurs avant que les deux croiseurs ne simulent des cargos rapides, cherchant à échapper à plusieurs groupes de ratissage formés par les contre-torpilleurs. Après une escale à Alger du 9 au 12 mai et à Ajaccio du 13 au 17 mai, les deux croiseurs rentrent à Toulon le 18 mai 1944.

La 5ème DCT effectue une école à feu commune du 22 au 31 mai, faisant escale à Villefranche sur mer du 1er au 7 juin avant d’enchainer successivement par un entrainement à la défense aérienne à la mer du 8 au 18 juin et un entrainement au combat de nuit du 20 au 27 juin, la division rentrant à Toulon le lendemain 28 juin 1944.

L’Aigle, l’Albatros et le Gerfaut sont indisponibles pour entretien et permissions de l’équipage du 29 juin au 13 juillet, sortant pour essais du 14 au 17 juillet avant remise en condition du 18 au 31 juillet 1944.
Le 10 août, le croiseur léger Emile Bertin s’amarre au quai Noël à Toulon où il débarque une compagnie du 8ème régiment de tirailleurs tunisiens. Le navire amiral de la 6ème Escadre Légère avait appareillé de Bizerte pour tester sa capacité à transporter de rapidement des troupes.

Alors que les tirailleurs tunisiens manoeuvrent à Canjuers, le croiseur léger va se frotter à la 5ème DCT pour un exercice de combat de nuit du 10 au 14 août 1944 puis un exercice  de défense de convois à l’aide de navires affrétés par la marine (deux cargos et un pétrolier) du 16 au 23 août.

Rentrés à Toulon, le croiseur léger et les trois contre-torpilleurs vont se quitter en haute mer le 25 août, les Aigle Albatros et Gerfaut accompagnant sur une trentaine de miles l’Emile Bertin qui rentre avec ses tirailleurs en Tunisie. Les contre-torpilleurs font demi-tour dans la foulée pour rentrer à Toulon le 25 août 1944.

Le 5 septembre 1944, l’Albatros rentre en grand carénage, réduisant la 5ème DCT aux seuls Aigle et Gerfaut, ces deux derniers étant de sortie du 4 au 12 septembre, les deux contre-torpilleurs faisant escale à Nice du 13 au 17 septembre avant d’enchainer par un entrainement de défense aérienne à la mer du 18 au 26 septembre, rentrant le lendemain à Toulon.

Après une école à feux du 27 septembre au 7 octobre 1944, la 5ème DCT sort le 15 octobre pour un entrainement de division. Après un entrainement au combat antisurface du 15 au 23 octobre, les deux contre-torpilleurs font escale à Sète du 24 au 27 octobre avant d’enchainer par un entrainement à la défense aérienne à la mer du 28 octobre au 4 novembre, faisant escale à La Ciotat du 5 au 9 novembre, terminant son cycle d’exercices par un entrainement au combat de nuit du 10 au 14 novembre, les deux contre-torpilleurs rentrant le lendemain à Toulon.

Après une période d’indisponibilité pour entretien du 16 au 29 novembre 1944, les deux contre-torpilleurs sortent pour essais du 30 novembre au 4 décembre. Après un rapide ravitaillement, l’Aigle et le Gerfaut participent aux essais à la mer de l’Albatros du 5 au 10 décembre avant la remise en condition du 12 au 30 décembre 1944.

A noter qu’avec la sortie de l’Albatros de son grand carénage, la 5ème DCT redevient homogène avec trois contre-torpilleurs armés de 5 canons de 130mm modèle 1932 en affûts simples modèle 1941.

La 5ème DCT ressort pour la première fois en 1945 le 7 janvier pour un entrainement de division très intense.

Après une école à feu pour permettre notamment à l’Albatros de roder sa nouvelle artillerie en compagnie de ses deux compères plus expérimentés, les trois contre-torpilleurs mouillent à Ajaccio du 17 au 25 janvier, Reprenant la mer pour un entrainement de défense aérienne à la mer du 26 janvier au 5 février, faisant une nouvelle escale à Alger du 6 au 10 février 1945.

Après un exercice anti-sous-marin en compagnie des sous-marins Amphitrite et Oréade de la 4ème Escadre du 11 au 22 février, la 5ème DCT rentre à Toulon le lendemain 23 février 1945.

Victime d’une avarie technique (problème d’alimentation de chaudière), l’Aigle est indisponible du 27 février au 14 mars 1945. Il sort pour essais le 15 mars mais victime d’une nouvelle avarie, il doit rentrer au port pour des réparations complémentaires achevées le 27 mars 1945. Les essais ont lieu du 28 mars au 2 avril avant d’enchainer par une remise en condition menée en compagnie de ses deux sister-ships du 4 au 23 avril 1945.

La 5ème DCT quitte Toulon le 28 avril, se ravitaille à Casablanca le 3 mai et gagne Dakar le 7 mai 1945. Après une escale pour le repos des hommes et des machines, l’Aigle et ses deux compères sortent pour une école à feux à Rufisque du 11 au 19 mai avant un ravitaillement au port.

La 5ème DCT s’entraine aussi au combat antisurface du 21 au 30 mai avant une escale d’entretien et de repos à Dakar du 31 mai au 4 juin.

Ils enchainent successivement un entrainement à la défense aérienne à la mer du 5 au 13 juin puis un entrainement à la lutte ASM du 15 au 27 juin en compagnie de la 8ème DSM (Agosta Bévéziers Ouessant Sidi Ferruch), une division de sous-marins basée à Brest mais qui en temps de guerre doit être déployé à Dakar pour opérer dans l’Atlantique Sud.

Après une nouvelle escale  à Dakar du 28 juin au 2 juillet, les contre-torpilleurs quittent Dakar en compagnie des quatre sous-marins le 3 juillet. La petite escadre se ravitaille le 8 juillet à Casablanca avant de gagner Brest le 12 juillet 1945.

Après un ravitaillement à Brest, les trois contre-torpilleurs quittent la Bretagne le 13 juillet, font escale à Casablanca du 17 au 20 juillet avant de rentrer à Toulon le 24 juillet 1945.

La 5ème DCT est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 25 juillet au 18 août 1945, sortant pour essais du 19 au 22 août avant un stage de remise en condition intensif du 23 août au 12 septembre 1945.

Les contre-torpilleurs Aigle, Gerfaut et Albatros quittent Toulon le 17 septembre pour une école à feu au large du cap Corse. Cette école à feu est réalisée du 18 au 27 septembre, les trois navires mouillant au pied de la citadelle de Calvi du 28 septembre au 2 octobre. Après un exercice de combat de nuit du 3 au 7 octobre, les trois navires de la 5ème DCT rentrent à Toulon le lendemain 8 octobre 1945.

Le 15 octobre 1945,  la 5ème DCT (Aigle [Al] Gerfaut Albatros) quittent Toulon en compagnie du Richelieu, des deux torpilleurs d’escadre attachés à la protection du navire de ligne et du croiseur léger Chateaurenault.

L’entrainement de groupe commence par un entrainement DAM (Défense Aérienne à la Mer) jusqu’au 21 octobre, le cuirassé, le croiseur léger et les contre-torpilleurs étant assaillis par l’aviation basée à terre.

Après un ravitaillement à Ajaccio les 22 et 23 octobre, les cinq navires effectuent un entrainement au combat de nuit du 24 au 30 octobre avant une escale à Marseille du 31 octobre au 2 novembre.

Reprenant la mer, ils s’entrainent à la lutte ASM, les contre-torpilleurs assurant un ratissage au large du cap Corse contre les sous-marins Venus Iris et Pallas qui tentaient du 3 au 10 novembre une embuscade contre le cuirassé et le croiseur léger qui participent à la traque en utilisant leurs hydravions.

Après une escale à Nice du 11 au 15 novembre, le Richelieu, le Chateaurenault et la 5ème DCT rentrent à Toulon le 17 novembre 1945.

Après une période d »entretien à flot consacrée notamment à l’artillerie du 18 au 30 novembre, les trois contre-torpilleurs de la 5ème DCT sortent pour essais du 1er au 5 décembre et pour entrainement de base avec école à feux du 7 au 20 décembre. Ils rentrent à Toulon le 25 décembre après escale à Nice du 21 au 24.
Après une sortie en solitaire pour tester de nouveaux obus explosifs de 130mm du 4 au 12 janvier, l’Aigle retrouve au mouillage à Villefranche ses compères Gerfaut et Albatros le 13 janvier. Après des entrainements au mouillage du 14 au 21 janvier, les trois contre-torpilleurs effectuent un spectaculaire entrainement antisurface au large de Nice du 22 au 30 janvier, entrainement suivi par de nombreux badauds sur la promenade des Anglais.

Après une escale dans le port de Nice du 31 janvier au 4 février, les trois lévriers des mers subissent un entrainement de défense aérienne à la mer au large de Toulon du 5 au 12 février.

Lors de cet entrainement, les trois navires de la division simulent des navires ennemis cherchant à réaliser un raid artillerie éclair sur Toulon. Ils doivent affronter à la fois l’aviation basée à terre et déjouer le tir précis des défenses du secteur de Toulon. Ils rentrent au port le lendemain 13 février 1946.

La 5ème Division de Contre-Torpilleurs quitte à nouveau Toulon le 17 février en compagnie de la 1ère DT (Le Fier l’Agile L’Entreprenant et le Farouche) et du ravitailleur rapide Adour pour un entrainement en Méditerranée orientale.

Les deux divisions s’affrontent dans un intense entrainement antisurface du 17 au 23 février avec un ravitaillement à la mer mené par l’Adour avant que les huit navires ne fassent escale à Bizerte du 24 au 27 février 1946.

Les huit navires reprennent la mer le lendemain 28 février, faisant la traversée jusqu’à Beyrouth où ils arrivent le 3 mars, l’Adour ravitaillant les contre-torpilleurs et les torpilleurs légers. Ils effectuent ensuite un entrainement à la défense aérienne à la mer du 5 au 12 mars avant une nouvelle escale cette fois à Lattaquié et ce du 13 au 16 mars 1946.

Ce déploiement en Méditerranée orientale s’achève pour la 5ème DCT et la 1ère DT par deux exercices : un entrainement avec l’aviso colonial La Grandière du 17 au 27 mars et un entrainement anti-sous-marin avec la 17ème DSM ( sous-marins L’Atalante,Vestale et Sultane) du 29 mars au 5 avril 1946

Le premier exercice voit d’abord La Grandière simuler un raider ennemi cherchant à s’en prendre au trafic commercial intense entre les ports de métropole, d’Afrique du Nord et du Levant et traqué par la 1ère DT et la 5ème DCT puis dans une seconde phase de voir l’aviso colonial commander la 1ère DT pour contrer un raid artillerie de la 5ème DCT contre le port de Beyrouth.

Le second exercice voit la 5ème DCT traquer des sous-marins engagés au large du Levant pour attaquer le trafic commercial. Les contre-torpilleurs bien que peu adaptés à cette mission, assurent la traque en solitaire des trois sous-marins pendant que les torpilleurs légers assurent soit l’escorte de l’aviso qui simule un cargo rapide soit la protection rapprochée du port de Beyrouth.

Après une ultime escale à Beyrouth du 6 au 10 avril 1946, les huit navires reprennent la mer, rentrant à Toulon sans escale le 17 avril en étant ravitaillés à tour de rôle par l’Adour.

Après une période d’entretien à flot du 18 au 30 avril 1946, les trois contre-torpilleurs de la 5ème DCT effectuent une sortie d’essais du 1er au 4 mai mais le Gerfaut victime d’une avarie doit rentrer au port pour réparations (jusqu’au 15 mai).

Ces deux compères de la 5ème DCT vont mouiller aux salins du 5 au 12 mai, effectuant une petite sortie de deux jours les 13 et 14 mai avant de retourner mouiller aux Salins où les deux navires retrouvent le Gerfaut fraichement réparé.
La 5ème DCT sort pour essais du Gerfaut et entrainement commun du 16 au 30 mai avant une escale à Nice du 31 mai au 3 juin. Les trois navires effectuent ensuite un entrainement de défense aérienne à la mer du 4 au 10 juin puis après un ravitaillement à Ajaccio le 11 juin, enchainent par un entrainement au combat antisurface avec lancements réels et simulés, écoles à feux et lutte contre les avaries du 12 au 27 juin. Ils rentrent à Toulon le lendemain 28 juin 1946.

La 5ème DCT est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 1er au 21 juillet, sortant pour essais du 22 au 26 juillet avant remise en condition du 27 juillet au 12 août. Après un ravitaillement à Toulon le 13 août, ils vont mouiller aux salins d’Hyères, simulant une division mouillant dans une baie non préparée.

A tour de rôle, l’un des contre-torpilleurs est sous pression prêt à appareiller alors que ses compères auraient besoin de 6h pour obtenir suffisamment de pression pour prendre la mer.

Le 19 août, c’est l’Aigle qui est en alerte. Il capte le message de détresse d’un cargo norvégien en feu au large de Toulon. Il reçoit l’ordre de Marine Toulon porter assistance au cargo pendant que ses deux sister-ships montent en pression pour si nécessaire lui prêter main forte.

Le contre-torpilleur prend la mer mais en arrivant sur zone, il ne peut que constater impuissant que le brasier frappant le TK Bremen est incontrôlable, le vraquier s’enfonçant par l’arrière.

L’Aigle recueille 27 membres d’équipage sur 38, onze hommes étant morts ou portés disparus et les ramènent à Toulon.

Parmi les 27 rescapés soignés à l’hôpital Saint Anne à Toulon, quatre grièvement brûlés succomberont à leurs blessures.  Après ravitaillement à Toulon, l’Aigle retourne aux salins où il retrouve ses deux sister-ships qui ont finalement mis bas les feux à l’annonce du naufrage du cargo.

La 5ème DCT revenue au quai Noël le 25 août, sort pour le dernier entrainement de division avec un cycle de grand carénage à partir du 28 août.

Après un entrainement au combat antisurface du 28 août au 7 septembre avec lancements de torpilles et écoles à feux, les trois contre-torpilleurs enchainent par un entrainement ASM avec les sous-marins Tonnant et Conquérant du 9 au 17 septembre puis par un entrainement à la défense aérienne à la mer du 19 au 27 septembre, les trois navires rentrant à Toulon le lendemain 28 septembre 1946.

Le 29 septembre 1946, l’Aigle transmet à l’Albatros son pavillon de navire-amiral de la 5ème DCT avant d’être échoué le 3 octobre au bassin n°5 du Castigneau pour une remise en état complète et un renforcement de sa DCA.

La coque est grattée sablée et repeinte; les hélices sont changées, les chaudières retubées, les turbines subissent une grande visite, les locaux-vie sont entièrement remis en état (électricité, plomberie, peinture), les radars modernisés.

Au niveau de l’armement, les canons de 130mm sont retubés et la DCA renforcée. Deux affûts doubles de 37mm remplacent les deux affûts doubles de 25mm ce qui uniformise la DCA composée désormais de de cinq affûts doubles de 37mm.

Remis à flot le 12 décembre 1946, l’Aigle sort pour essais du 14 au 17 décembre avant un stage de remise en condition en compagnie de ses deux sister-ships du 18 au 30 décembre 1946. A l’issue de ce stage, l’Aigle redevient navire-amiral de la 5ème DCT.
Quittant Toulon le 5 janvier, l’Aigle et l’Albatros vont mouiller aux salins d’Hyères où ils sont rejoint le 8 janvier par le transport-caboteur Golo et les cargos rapides (17 noeuds) Tlemcen et Sidi-Bell Abbès.

Ces navires vont simuler un convoi mouillant dans une baie et menacée par les forces navales ennemies. La 5ème DCT va assurer la protection contre les torpilleurs légers de la 1ère DT. Au cours d’une série de douze duels du 9 au 21 janvier, les torpilleurs ne parviendront à atteindre les trois transports qu’à quatre reprises.

Le Golo, le Tlmecen et le Sidi-Bell Abbès appareillent le 22 janvier de Toulon pour livrer du matériel à  Bizerte. Ils sont escortés par les deux contre-torpilleurs et les quatre torpilleurs légers qui doivent néanmoins recompléter leurs soutes à Ajaccio le 23 janvier, les trois cargos mouillant en baie d’Ajaccio, attendant leurs protecteurs.

Le petit convoi bien protégé arrive à Bizerte le 28 janvier 1947 au matin. Les deux contre-torpilleurs et les quatre torpilleurs se ravitaillent puis mouillent au centre du lac en attendant que les trois cargos soient vidés de leur chargement (munitions, pièces détachées de chars AMX-42, moteurs d’avions, produits semi-finis pour l’Arsenal de Sidi-Abdallah).

Les trois cargos repartent avec leurs escorteurs le 30 janvier, rentrant directement à Toulon le 2 février 1947.

Après une période d’entretien à flot du 3 au 13 février, l’Aigle aurait du manoeuvrer avec l’Albatros mais ce dernier est victime d’une avarie mécanique qui l’immobilise du 14 au 25 février  pour réparations, réparations qui anticipent le prochain grand carénage que le contre-torpilleur doit subir après la disponibilité du Gerfaut.

L’Aigle sort donc seul du 15 au 22 février pour une école à feux avec simulation de lancement de torpilles. Il va alors mouiller aux salins d’Hyères où le retrouve l’Albatros réparé le 25février.

Les deux navires sortent pour les essais du dernier nommé du 26 février au 1er mars avant une sortie d’entrainement du 2 au 9 mars, les deux contre-torpilleurs rentrant à Toulon le lendemain 10 mars,l’Albatros pour subir un grand carénage et l’Aigle pour participer à la remise en condition du Gerfaut.

Disponible le 15 mars 1947, le Gerfaut sort pour essais du 16 au 20 mars puis va mouiller aux Salins le 21 mars. Il est rejoint le lendemain par l’Aigle pour un stage de remise en condition du 22 mars au 13 avril, les deux contre-torpilleurs rentrant à Toulon le 19 avril après une escale à Marseille du 14 au 18 avril 1947.

L’Albatros immobilisé au bassin n°5 du Castigneau, c’est une 5ème DCT réduite à l’Aigle et au Gerfaut qui quitte Toulon le 26 avril pour mouiller en rade de Villefranche pour une série d’exercices au mouillage jusqu’au 1er mai quand les deux navires quittent cette magnifique baie naturelle pour un entrainement au combat de nuit du 2 au 7 mai.

Après une escale à Nice du 8 au 10 mai et à Menton du 11 au 14 mai, les deux contre-torpilleurs effectuent un exercice de défense aérienne à la mer du 15 au 21 mai avant un ravitaillement à Bastia le 22 mai.

Après un exercice de lutte ASM avec comme plastron les sous-marin Venus et Pallas du 23 mai au 4 juin, les deux navires relâchent à nouveau à Bastia du 5 au 8 juin, rentrant le lendemain à Toulon.

L’Aigle et le Gerfaut sortent ensuitent pour une école à feux du 13 au 21 juin où les deux navires tirent près de 800 coups de 130mm, lance une douzaine de torpilles, des grenades ASM sans parler du tir sur cibles remorquées pour entrainer la DCA du bord.

Mouillant aux Salins à partir du 22 juin, l’Aigle et le Gerfaut retrouvent l’Albatros le 25 juin après que ce dernier eut réalisé ses essais post-carénage. L’Aigle et le Gerfaut participent ensuite à sa remise en condition du 26 juin au 15 juillet 1947.

L’Aigle est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 16 juillet au 7 août, sortant en solitaire  pour essais et remise en condition du 9 au 31 août, retrouvant le port de Toulon le lendemain 1er septembre 1947.

Le 8 septembre 1947, la 5ème DCT quitte Toulon pour un entrainement de division au large du Levant. Ils sont accompagnés par la 2ème DCT (Bayard Du Guesclin Turenne) et le pétrolier-ravitailleur Liamone. Les six contre-torpilleurs effectuent ainsi la traversée sans escale Toulon-Beyrouth, étant ravitaillés deux fois par le PRE avant d’arriver à destination le 16 septembre 1947.

Le cycle d’entrainement commence le 19 septembre par une école à feu qui s’achève le 27 septembre 1947. Après une escale à Lattaquié du 28 septembre au 1er octobre, les deux divisions s’affrontent dans un exercice de défense et d’attaque de convois, convoi symbolisé par l’aviso colonial La Grandière et le pétrolier-caboteur Ardèche, les deux divisions assurant tour à tour la défense et l’escorte du convoi sans parler des périodes où les deux divisions sont recomposées.

Après un ravitaillement auprès du Liamone le 10 octobre, les deux divisions de contre-torpilleurs effectuent un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 20 octobre quand ils rallient le port de Beyrouth.

La 2ème et la 5ème DCT accompagnés du PRE quittent le Levant le 25 octobre, relachent à Bizerte du 30 octobre au 4 novembre avant de rentrer à Toulon le 7 novembre 1947 au matin.

La 5ème DCT subit une période d’entretien à flot du 8 au 23 novembre, sortant pour essais du 24 au 27 novembre avant remise en condition du 30 novembre  au 15 décembre, les trois contre-torpilleurs mouillant aux salins d’Hyères jusqu’au 27 décembre avant de rentrer le jour même à Toulon.

Le 10 janvier 1948, la 5ème DCT au grand complet appareille de Toulon en compagnie de la 2ème DCT (avec les seuls Du Guesclin et Turenne  , le Bayard étant immobilisé pour carénage) et de la 5ème DC soit les croiseurs lourds Saint Louis Charlemagne et Henri IV.

Les trois divisions qui cumulent 27 canons de 203mm et 31 canons de 130mm manoeuvrent ensemble du 10 au 20 janvier avant une escale à Bastia pour les croiseurs, à Calvi pour la 5ème DCT et à l’Ile Rousse pour la 2ème DCT et ce du 21 au 27 janvier. Les huit navires sont de retour à Toulon le 28 janvier 1948.

Après un mouillage aux salins d’Hyères du 2 au 13 février (avec un navire en alerte, chaudières sous pression et les deux autres en appareillage à 6 heures), la 5ème DCT sort le 14 février pour un nouvel entrainement de division cette fois entre le Golfe du Lion et la Corse.

Après un entrainement de défense aérienne à la mer du 14 au 20 février, la 5ème DCT fait escale à Sète du 21 au 25 février avant de reprendre la mer pour une école à feux du 26 février au 6 mars avant une escale d’entretien et de ravitaillement à Ajaccio du 7 au 12 mars 1948.

Du 13 au 22 mars, au large du cap Corse, les trois contre-torpilleurs se retrouvent seuls pour une série de duels, l’Aigle, le Gerfaut et l’Albatros s’affrontant avec leur artillerie et leurs torpilles.

Le réalisme poussé à l’extrême provoque une série d’avaries qui oblige les contre-torpilleurs à interrompre leur entrainement dès le 24 mars alors qu’il restait dix jours d’entrainement de prévu.

Rentrés à Toulon le 25 mars, les trois «quatre tuyaux» de la 5ème DCT sont indisponibles jusqu’au 14 avril 1948 quand ils ressortent pour essais jusqu’au 17 avril. Après un mouillage aux salins d’Hyères du 18 au 22 avril, les trois contre-torpilleurs effectuent un stage de remise en condition du 23 avril au 12 mai, faisant escale à Port Vendres du 13 au 17 mai puis à Marseille du 18 au 22 mai avant de rentrer à Toulon le 23 mai 1948.

La 5ème DCT sort pour un nouvel entrainement de division le 1er juin. Les officiers et les marins de l’Aigle, du Gerfaut et de l’Albatros en longeant la presqu’ile de Saint Mandrier puis en gagnant la haute-mer ignorent bien entendu qu’il s’agit du dernier exercice de ce type avant le début du second conflit mondial.

Après un exercice de lutte ASM mené en compagnie de la 3ème DSM (sous-marins La Réunion Crozet Ile d’Oleron et Belle Ile) du 1er au 9 juin, les trois contre-torpilleurs font escale à Tunis du 10 au 13 juin avant de reprendre la mer pour une école à feux au large de la Tunisie du 14 au 23 juin.

Après une nouvelle escale à Tunis du 24 au 27 juin, la 5ème DCT effectue un entrainement au combat antisurface du 28 juin au 5 juillet, étant ensuite à Alger du 6 au 14 juillet, participant aux célébrations de la fête de la Fédération.

Après un entrainement de défense aérienne à la mer du 15 au 27 juillet 1948, les trois contre-torpilleurs font escale à Sète du 28 juillet au 2 août, rentrant à Toulon le lendemain.

Ils auraient du être indisponibles pour entretien et permissions de l’équipage jusqu’à la fin du mois mais dès le 15 août, les permissions sont suspendues et les réservistes rappelés, les contre-torpilleurs passant à l’effectif de guerre soit 220 hommes contre 201 en temps normal.

La 5ème DCT sort pour entrainement du 16 au 26 août puis va mouiller en rade de Villefranche selon la même procédure que celle observée aux Salins d’Hyères : un navire sous pression prêt à appareiller et deux autres en alerte à 6h.

Elle y est toujours le 5 septembre 1948 quand à l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège et le Danemark, la 5ème DCT appareille pour contrer une possible attaque italienne sur la frontière.

8-Croiseurs lourds (10)

Le Charlemagne

Charlemagne, roi des francs et empereur d'Occident

Charlemagne, roi des francs et empereur d’Occident

Le Charlemagne est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) sis à Dunkerque sur la cale n°4 (longue de 220m de long) inaugurée juste un mois avant la mise sur cale du croiseur lourd soit en septembre 1943 puisque les premiers éléments de coque sont mis en place le 27 octobre 1943

Il est lancé le 15 décembre 1944 dans un état d’avancement assez prononcé comme de coutume pour les chantiers dunkerquois. Le lancement est cependant assez périlleux, le navire pressé de rejoindre son élement commençant à glisser de la cale avant même la fin du discours du ministre de la Marine  qui prendra cela avec humour.

Le Charlemagne est armé pour essais le 25 mai 1945 à Dunkerque même mais après une première sortie contractuelle du 27 au 30 mai destinée à vérifier le respect du contrat signé entre la marine et les ACF, il quitte Dunkerque pour Cherbourg, son port d’armement officiel où il arrive le 2 juin 1945.

Après un passage au bassin dans la forme du Hornet du 5 au 15 juin, il entame ses essais officiels par un premier cycle du 17 au 24 juin suivit d’un second du 27 juin au 5 juillet et enfin d’un troisième du 12 au 17 juillet. Il repasse au bassin dans la forme du Hornet du 18 juillet au 12 août pour régler un problème de vibration constaté à grande vitesse en eaux peu profondes.

Il reprend ses essais par un quatrième cycle du 20 août au 5 septembre et du 12 septembre au 2 octobre avant un troisième passage au bassin du 8 au 28 octobre pour d’ultimes modifications ce qui fera dire à l’ingénieur général Dousserant _responsable du programme Saint Louis_ que «Le Charlemagne est probablement le croiseur de la Flotte le mieux préparé au combat au moins sur le plan technique».

Après ce dernier passage au bassin, le croiseur lourd quitte Cherbourg le 1er novembre 1945 pour Brest où il arrive le 3 novembre, l’extinction d’une chaudière l’obligeant à naviguer à vitesse réduite (17 noeuds) jusqu’au grand port du Ponnant où il subit une période d’entretien jusqu’au 10 novembre 1945.

Le 12 novembre 1945, la ville de Saint Denis célèbre pour avoir accueilli la nécropole des rois de France devient la ville marraine du croiseur lourd.

Après avoir chargé des munitions et du matériel, le croiseur lourd quitte Brest le 13 novembre pour sa traversée de longue durée doublée d’un entrainement au tir à Rufisque. Il traverse l’Atlantique en direction des Antilles, faisant escale à Fort de France du 19 au 23 novembre puis à Pointe à Pitre du 25 au 30 novembre.

Le Charlemagne reprend la mer le 1er décembre 1945 direction Kingston en Jamaïque où il fait escale du 4 au 8 décembre, se ravitaille à Guantanamo le 10 décembre avant de mouiller au large de Port au Prince du 11 au 14 décembre.

Il reprend la mer le 15 décembre 1945 direction Dakar où il arrive le 22 décembre. Il passe au bassin jusqu’au 25 décembre puis subit des essais rapides le 27 décembre. Il entame son stage d’entrainement au tir dès le 30 décembre 1945 pour roder ses canonniers qui n’ont jusque là tiré qu’à de rares reprises (sûrement trop rares à leur goût), stage qui s’achève le 13 janvier 1946.

Il quitte Dakar le lendemain 14 janvier, fait une rapide escale de ravitaillement à Casablanca le 17 janvier avant de continuer sa route en direction de son port d’attache qu’il atteint le 22 janvier, escorté par son sister-ship Henri IV.

Le croiseur lourd Charlemagne est admis au service actif le 24 janvier 1946 au sein de la 5ème division de croiseurs, 2ème escadre avec pour port d’attache Toulon.

Avec ces trois croiseurs lourds, 14000 tonnes, 33 noeuds et neuf canons de 203mm, la 5ème DC mérite plus que toute autre son surnom de «Division de Fer».

Après une période d’entretien à flot jusqu’au 15 février, le Charlemagne ressort pour s’entrainer intensivement avec ou sans ses deux congénères, les entretiens et autres missions rendant fort hypothétique la réunion des trois croiseurs de la division. Il est ainsi à la mer du 17 au 20 février, du 22 au 25 février et du 28 février au 4 mars, faisant escale du 5 au 8 mars à La Ciotat.

Le 20 mars 1946, le Charlemagne et l’Algérie appareillent pour une mission de présence en Afrique du Nord et au Proche Orient pour montrer aux citoyens de l’Empire la puissance toujours plus grande de la Royale.

Les deux croiseurs franchissent le détroit de Gibraltar le 26 mars avant de faire escale à Tanger du 27 au 31 mars puis à Casablanca du 3 au 7 avril et à Agadir du 8 au 12 avril, profitant ensuite de sa situation pour surveiller le renforcement des positions de l’armée espagnole aux Canaries.

Les deux croiseurs repassent le détroit de Gibraltar le 16 avril pour gagner l’Algérie, faisant escale successivement à Oran du 18 au 21 avril, à Alger du 22 au 27 avril, à Skikda du 29 avril au 2 mai avant de s’intéresser à la Tunisie pour escales à Bizerte le 4 mai (ravitaillement), à Tunis du 5 au 8 mai, à Sfax du 9 au 11 mai et à Gabès du 12 au 15 mai 1946.

L’Algérie et le Charlemagne traverse le bassin oriental de la Méditerranée à une vitesse élevée (27 nœuds de moyenne) direction Lattaquié où ils font escale du 20 au 25 mai avant une escale à Beyrouth du 27 mai au 2 juin. Les deux croiseurs rentrent ensuite directement à Toulon le 9 juin 1946  après une escale de ravitaillement à Bizerte.

Après une période d’indisponibilité du 10 juin au 15 juillet 1946, le Charlemagne reprend la mer pour essais du 16 au 21 juillet avant un entrainement du 25 juillet au 22 août, exercices variés entrecoupés d’escales à La Ciotat (30 juillet au 2 août) et à Nice (10 au 13 août) et suivis par un mouillage en rade de Villefranche du 23 août au 1er septembre, le croiseur lourd rentrant à Toulon le 3 septembre 1946.

Après une période d’indisponibilité accidentelle jusqu’au 15 septembre (problème de chaudières), le croiseur lourd ressort pour essais du 16 au 20 septembre avant une longue série d’exercices qu’il s’agisse d’un exercice de défense aérienne à la mer (21 au 30 septembre), un exercice d’attaque et de défense de convois (2 au 9 octobre), une escale à Marseille du 10 au 15 octobre, un exercice d’attaque de nuit du 20 au 27 octobre (avec des mouillages diurnes aux salins d’Hyères) et un exercice de bombardement littoral contre les défenses de Toulon du 30 octobre au 6 novembre.

Rentré à son port d’attache le 7 novembre, il sort pour entrainement aviation du 12 au 18 novembre et un entrainement de défense aérienne à la mer du 20 au 24 novembre. Le 25 novembre, il appareille pour une mission de surveillance au large de la Libye italienne bien qu’officiellement, le croiseur se rendre en Égypte.

Il fait une rapide escale de ravitaillement à Bizerte le 29 novembre puis entame sa mission qui le voit naviguer dans le Golfe de Syrte, s’éloignant dès qu’un navire ou un aéronef italien s’approchait du navire.

Réponse du berger à la bergère : Marine Tunisie et Marine Corse signaleront à l’Amirauté l’accroissement de l’activité navale italienne au large des côtes sous leur responsabilité notamment en ce qui concerne les sous-marins.

Le croiseur lourd achève sa mission «spéciale» le 20 décembre puis fait escale à Alexandrie du 23 décembre au 2 janvier, permettant ainsi à l’équipage de passer ses fêtes de fin d’année dans un pays étranger et pour ainsi dire exotique.

Après un exercice avec la marine britannique, le croiseur lourd Charlemagne quitte l’Egypte le 7 janvier 1947, fait escale à Malte du 11 au 13 janvier, à Tunis du 16 au 19 janvier avant de rentrer à Toulon le 22 janvier 1947.

Après une période d’entretien à flot (avec tout de même une visite des hélices par les plongeurs du bord) du 23 janvier au 7 février, le Charlemagne participe du 15 février au 5 mars à la remise en condition du Saint Louis après une période d’indisponibilité.

Le Charlemagne s’entraine ensuite seul ou avec les unités légères de la 2ème escadre (torpilleurs légers de la 1ère DT et contre-torpilleurs la 1ère DCT Bruix D’Assas et La Tour d’Auvergne) du 15 mars au 10 avril avec une série d’exercices comme un exercice de défense aérienne à la mer (15 au 23 mars), protection et attaque de convois (27 mars au 2 avril) et raid amphibie (4 au 10 avril) avant des escales à Nice (12 au 17 avril), Bastia (18 au 24 avril), Ajaccio (25 au 30 avril) et Bonifaccio (2 au 7 mai) avant de rentrer à Toulon le 9 mai 1947 dans la matinée.

Le croiseur lourd Charlemagne sort pour entrainement aviation du 12 au 19 mai 1947 au profit de son détachement aviation composé de deux Dewoitine HD-731.

Le 21 mai 1947, le Charlemagne quitte Toulon pour une mission de transport rapide en direction du Liban avec à son bord des ingénieurs, des soldats et du matériel pour inspecter et renforcer les défenses côtières du port de Beyrouth.

Arrivé sur place le 25 mai, le croiseur lourd reste sur zone jusqu’au 17 juin quand il met cap sur Toulon où il arrive le 24 juin. Il est indisponible jusqu’au 10 juillet.

Le Saint Louis, le Henri IV et le Charlemagne participent à la revue navale du 14 juillet 1947, présidée par le président Reynaud à bord du cuirassé Richelieu. La 5ème DC fait ensuite escale à Ajaccio du 15 au 20 juillet avant de manoeuvrer ensemble du 21 juillet au 12 août, rentrant à Toulon le 14 août 1947.

Le Henri IV ressort du 22 au 27 août pour un exercice d’entrainement au combat de nuit puis du 30 août au 7 septembre pour un série d’exercices avec et contre les sous-marins basés à Toulon. Tantôt, le croiseur lourd est le chassé, tantôt le chasseur à la tête d’un groupe anti-sous-marin à moins qu’il ne soit le commandant des sous-marins.

Le Henri IV sort pour entrainement aviation du 10 au 15 septembre avec lancement et récupération de ces Dewoitine HD-731 qui effectuent des entrainements à l’observation, au combat aérien, à la lutte ASM et au bombardement.

Après une dernière sortie d’entrainement du 12 au 21 septembre, l’Algérie qui doit subir un grand carénage cesse d’être le navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée, remplacé durant cette période par le croiseur lourd Charlemagne, le changement étant effectif le 25 septembre 1947.

On pourrait s’attendre à ce que le Charlemagne ne s’éloigne guère de la Méditerranée et pourtant, il est décidé de l’envoyer avec le Henri IV en croisière au large de l’Amérique Latine.

La technique en décidera autrement, une avarie de chaudière voyant le navire-amiral de la Flotte indisponible du 2 au 10 octobre avant des essais satisfaisants jusqu’au 13 octobre 1947. Le Charlemagne va rester navire-amiral de la flotte de la Méditerranée jusqu’au 1er juillet 1948 quand il repassera le pavillon à l’Algérie.

En cet automne 1947, le Charlemagne va alterner entre exercices et mission de représentation en raison de son rôle de navire-amiral de la Flotte qui en fait un ambassadeur de notre diplomatie.

Il sort ainsi pour exercices du 20 au 27 octobre et du 2 au 7 novembre, exercices entrecoupée d’escales à Barcelone du 27 au 30 octobre et à Valence les 1er et 2 novembre. Le Charlemagne est de retour à Toulon le 10 novembre, participant le lendemain aux célébrations du 11 novembre.

Il ressort encore pour cette année 1947 du 15 au 25 novembre pour exercices avant une escale à Tanger du 27 novembre au 1er décembre, à Almeria du 3 au 5 décembre et à Palma de Majorque du 8 au 12 décembre. Après une ultime exercice de défense aérienne à la mer du 15 au 23 décembre, le Charlemagne reste à Toulon pour Noël et la Saint Sylvestre.

La première sortie de l’année 1948 à lieu le 10 janvier 1948 quand la 5ème DC sort au complet pour exercices avec les contre-torpilleurs de la 2ème escadre soit la 5ème DCT (Aigle Albatros Gerfaut) et la 2ème DCT (avec les seuls Du Guesclin et Turenne  , le Bayard étant immobilisé pour carénage) du 10 au 20 janvier avec une escale à Bastia pour les croiseurs, à Calvi (5ème DCT) et à l’Ile Rousse (2ème DCT) pour les contre-torpilleurs (21 au 27 janvier). Les huit navires sont de retour à Toulon le 28 janvier 1948.

Le Charlemagne quitte Toulon en compagnie du Saint Louis le 7 février 1948 pour un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 12 février avant un mouillage aux Salins d’Hyères jusqu’au 15 février.

Les deux croiseurs enchainent par un exercice de combat de nuit du 16 au 21 février, les croiseurs mouillant la journée aux salins d’Hyères. Après une escale à Port Vendres du 23 au 27 février, les deux navires rentrent à Toulon le 1er mars 1948.

Le Charlemagne ressort du 7 au 13 mars pour un entrainement combiné au large de Marseille dans le cadre d’une véritable opération de relation publique, le croiseur faisant escale à Marseille du 13 au 16 mars avec un bureau de recrutement à bord du croiseur lourd. Il est de retour à Toulon le 17 mars 1948.

Le 20 mars, le Henri IV et le Charlemagne appareillent de Toulon pour une mission de surveillance des côtes marocaines précésé d’un entrainement au large du Sénégal.

Ils font escale à Casablanca du 25 au 28 mars avant de rallier Dakar le 31 mars pour une école à feu à Rufisque du 2 au 22 avril avant de faire une escale technique et de ravitaillement à Dakar du 23 au 30 avril.

Les deux croiseurs lourds effectuent une mission de surveillance des Canaries et des côtes marocaines du 3 au 27 mai, se ravitaillant à Rabat ou à Agadir.

Après une escale à Casablanca du 28 mai au 1er juin, les deux croiseurs se séparent : le Charlemagne rentre à Toulon alors que le Henri IV gagne Bizerte pour subir un grand carénage. Le dernier des croiseurs lourds français arrive à Toulon le 7 juin 1948.

A cette époque, le Charlemagne est le seul croiseur de sa division disponible, ces deux sister-ship étant en carénage à cette époque.

Il ressort du 15 au 25 juin pour une mission de surveillance dans le golfe de Gênes avant une escale à Bastia jusqu’au 1er juillet date à laquelle il rentre à Toulon où à lieu la cérémonie de transfert du pavillon de commandement, le Charlemagne cessant d’être navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée.

Le 12 juillet 1948, il passe au régime de guerre avec l’embarquement de réservistes, l’équipage passant de 780 à 950 hommes soit 170 hommes de plus.

Il ressort du 13 au 25 juillet pour un entrainement combiné suivit d’une escale à Ajaccio du 26 au 30 juillet puis à Bastia du 1er au 8 août avant de rentrer à Toulon le lendemain.

Après une période d’entretien à flot du 10 au 25 août 1948, il ressort pour essais les 26 et 27 août avant de manoeuvrer en compagnie de plusieurs divisions de contre-torpilleurs plus précisément les 1ère (Bruix D’Assas La Tour d’Auvergne) et les 2ème DCT (Bayard Du Guesclin Turenne) du 28 août au 4 septembre.

Le 5 septembre 1948 alors qu’il était en mer pour un exercice de défense aérienne à la mer, il apprend l’attaque allemande contre la Norvège et le Danemark.

Il reçoit aussitôt l’ordre d’interrompre l’exercice et de rentrer à Toulon pour se ravitailler en carburant et en munitions pour être paré à toute éventualité……….. .

Le Charles Martel

Charles Martel à la bataille de Poitiers

Charles Martel à la bataille de Poitiers

A l’origine les Saint Louis devaient remplacer les Duguay-Trouin mais ils vont finalement renforcer les positions de la marine nationale en Méditerranée ce qui décide l’Italie à commander en 1942 trois nouveaux croiseurs lourds baptisés Ragusa (Raguse auj. Dubrovnik) Nissa (Nice) et Napoli (Naples).

En 1944, un quatrième croiseur baptisé Ravenna (Ravenne) est commandé obligeant la marine nationale à riposter en votant dans la tranche 1946, un Saint Louis amélioré baptisé Charles Martel et dont la construction attribuée à l’Arsenal de Lorient était encore en cours lors du début de la guerre.

Le Charles Martel est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient dans la forme de Lanester le 12 juillet 1947. Le croiseur est lancé le 25 juillet 1948.

La guerre ayant éclaté le 5 septembre 1948, la construction est accélérée et il est armé pour essais le 29 décembre 1948. Les essais à la mer sont menés au pas de charge tout comme la mise en condition. Le Charles Martel sera admis au service actif le 25 mars 1949, formant avec le Charlemagne la 7ème DC basée à Toulon, la 5ème DC étant réduite aux Saint Louis et Henri IV.

Différents schémas de la classe Saint Louis

Différents schémas de la classe Saint Louis

Caractéristiques Techniques de la classe Saint Louis

Déplacement : standard 15500 tonnes Pleine Charge : 18760 tonnes

Dimensions : longueur : 202m largeur : 20m Tirant d’eau : 5.80m

Propulsion : 4 turbines Parson alimentées par 6 chaudières Indret suralimentées dévellopant une puissance totale de 130000 ch et actionnant 4 hélices

Performances : Vitesse maximale : 34 noeuds Distance Franchissable : 9800 miles nautiques à 15 noeuds

Protection : Ceinture 185mm Pont supérieur 85mm Pont inférieur 50mm Tour 90mm
Blockaus 215mm Tourelles :  95mm pour la face 70mm pour le toit et les côtés

Electronique : un radar de veille aérienne lointaine, un radar de veille surface, deux radars pour la conduite de tir de l’artillerie principale, deux radars de conduite de tir pour l’artillerie secondaire
différents systèmes de transmission

Armement : 9 canons de 203mm modèle 1937 en trois tourelles triples (deux avant une arrière) 16 canons de 100mm modèle 1930 en huit affûts doubles modèle 1931. 12 canons de 37mm Schneider modèle 1935 automatiques en six affûts doubles. 16 canons de 25mm Hotchkiss modèle 1938 automatiques en huit affûts doubles et 6 tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-forme triples.

Aviation : une catapulte et deux hydravions Dewoitine HD-731

Equipage : 780 hommes