20-Ordre de bataille et Programme de guerre (5)

Navires auxiliaires

Quand le second conflit mondial éclate, la marine nationale dispose du train d’escadre suivant :

-Pétroliers-caboteurs Aube (Méditerranée) Nièvre (Toulon) L’Ardèche (Beyrouth) Le Blavet (Dunkerque) La Lèze (Brest)

-Pétroliers Le Loing (Antilles) Mékong (Bizerte) Niger (Indochine) Elorn (Toulon) Le Var (Brest) Sèvre (Toulon)

-Ravitailleurs Rapides L’Adour (Toulon) Lot (Brest) Tarn (Mers-El-Kébir) La Charente (Brest), La Mayenne (Bizerte), La Baïse (Mers-El-Kébir)

-Pétroliers ravitailleurs d’escadre La Seine (Brest) La Saône (Toulon) La Medjerda (basée à Mers-El-Kébir mais en carénage à Bizerte) Le Liamone (Toulon) Le Rhône (Indochine) et La Garonne (Diego-Suarez)

-Ravitailleur de sous-marins Jules Verne (Brest) + L’Atlantide en construction à La Ciotat.

-Ravitailleurs d’hydravions Sans Souci (Brest) Sans Peur (Toulon) Sans Pareil (Bizerte) et Sans Reproche (basé à Mers-El-Kébir déployé à Porto Vecchio)

-Cargos rapides Mers-El-Kébir (Brest) L’Oran (basé à Bizerte mais est à Toulon) Sidi-Bel-Abbès (Toulon), Tlemcen (Toulon) Mostaganem (Brest), Chelif (en construction)

-Transport littoral Golo (Bizerte)

A cela s’ajoute d’autres auxiliaires comme le mouilleur de filets Gladiateurs et les indispensables remorqueurs et gabares.

Comme en septembre 1939, la MarMar, la marine marchande est mise à contribution pour renforcer les moyens de la marine nationale. Si une grande partie des navires sont utilisés comme en temps de paix pour leur mission originale de transport, certains navires vont recevoir des missions plus militaires.

C’est ainsi que les paquebots et autres paquebots-ferry sont transformés en transport de troupes, en navires-hôpitaux ou en croiseurs auxiliaires tout comme le sont certains cargos.

Cependant la marine estime que cela ne suffit pas et décide de commander deux navires-ateliers qui sont une déclinaison des cargos rapides de type Oranie et deux pétroliers rapides type La Seine destinés à compenser les pertes éventuelles. Si les deux premiers navires sont baptisés Vulcain et Héphaïstos, les deux nouveaux PRE sont baptisés La Dordogne et La Durance.

Bilan

Au final, le programme de guerre de janvier 1949 autorise la construction de deux cuirassés de 47000 tonnes de deux porte-avions légers de 16000 tonnes, de neuf croiseurs légers de 8500 tonnes, de huit escorteurs d’escadre de 3500 tonnes, de seize escorteurs rapides de 1300 tonnes, de douze patrouilleurs anti-sous-marins de 700 tonnes, de vingt-quatre sous-marins de 900 tonnes, de deux navires-ateliers de 8000 tonnes et de deux PRE de 9000 tonnes, ces soixante dix-sept navires représentant 315300 tonnes de constructions neuves.

Planning des constructions du programme de guerre

Cuirassés

-Le Languedoc est mis sur cale à l’Arsenal de Brest (forme n°11) le 14 mai 1948 lancé le 23 mars 1950 et mis en service au printemps 1951.

-Le Moselle est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint-Nazaire-Penhoët le 15 août 1948 lancé le 4 septembre 1950 et mis en service en octobre 1951

Porte-avions légers

-Le Guillaume le Conquérant est mis sur cale aux chantiers Harland & Wolff de Belfast le 12 avril 1949 lancé le 14 septembre 1950 et mis en service le 2 janvier 1951

-Le Henri Plantagênet est mis sur cale aux chantiers Harland & Wolff de Belfast le 5 mai 1949 lancé le 2 octobre 1950 et mis en service le 12 janvier 1951

Croiseurs légers

La commande de neuf croiseurs légers à pu paraître à certains comme surdimensionnée mais la marine craignait d’importantes pertes en croiseurs sous les coups des sous-marins et de l’aviation ennemie.

Dès le mois de mars 1949, la marine revoit ses priorités et décide de fractionner sa commande de neuf croiseurs en trois ségments de trois navires.

-Le Lamotte-Picquet est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient mis sur cale le 12 février 1949 lancé le 8 juin 1950 et mis en service le 3 octobre 1950

-Le Duquesne est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Saint Nazaire le 12 mai 1949 lancé le 6 novembre 1950 et mis en service en février 1951

-Le Phillipe Auguste est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers Maritimes du Sud-Ouest & de Bacalan Réunis à Bordeaux le 8 mars 1949 lancé le 12 septembre 1950 et mis en service en mars 1951

Les pertes en croiseurs s’étant révélés plus faibles que prévues, la construction des six autres non encore baptisés est suspendue en mars 1951.

Escorteurs d’escadre

Si les croiseurs légers ne sont pas prioritaires, cela est bien différent pour les escorteurs d’escadre qui sont jugés ultra-prioritaires.

-Le Surcouf est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) à Dunkerque le 12 février 1949 lancé le 8 septembre 1949 et mis en service le 7 janvier 1950.

-Le Kersaint  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers du Havre (ACH) le 2 mars 1949 lancé le 12 octobre 1949 et mis en service le 4 février 1950

-Le Bouvet est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers du Havre (ACH) le 12 mars 1949 lancé le 2 novembre 1949 et mis en service le 4 avril 1950

-Le Dupetit-Thouars est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers du Havre (ACH) le 8 mai 1949 lancé le 7 janvier 1950 et mis en service le 9 juin 1950

-L’D’Estrées est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) au Havre le 8 avril 1949 lancé le 17 février 1950 et mis en service le 30 juin 1950

-Le Du Chayla est mis sur cale aux ACSM du Trait le 8 mars 1949 lancé le 2 février 1950 et mis en service le 7 septembre 1950

-Le Duperré est mis sur cale à l’Arsenal de Brest le 8 juin 1949 lancé le 12 mars 1950 et mis en service le 12 décembre 1950

-Le Forbin est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 12 septembre 1949 lancé le 8 juin 1950 et mis en service le 12 février 1951

Escorteurs rapides

Les seize escorteurs rapides (ex NLC) doivent être capables à la fois de remplacer un torpilleur d’escadre mais également un escorteur, être capables de mener une attaque à la torpille et offrir une escorte musclée aux convois. Ces seize navires dont la construction est confiée aux chantiers privés reprennent les noms des torpilleurs d’escadre type Bourrasque et L’Adroit.

-Le Bourrasque est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon de Nantes le 8 février 1949 lancé le 23 décembre 1949 et mis en service le 15 avril 1950

-L’Adroit  est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon de Nantes le 12 mars 1949 lancé le 27 janvier 1950 et mis en service le 8 juillet 1950

-Le Fougueux  est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon le 4 avril 1949 lancé le 12 janvier 1950 et mis en service le 8 juillet 1950

-Le Foudroyant est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) de Nantes le 12 mai 1949 lancé le 23 février 1950 et mis en service le 12 août 1950

-Le Frondeur  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) de Nantes le 21 mai 1949 lancé le 7 mars 1950 et mis en service le 12 août 1950

-L’Ouragan  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) de Nantes le 8 mars 1949 lancé le 3 janvier 1950 et mis en service le 15 mai 1950

-L’Orage est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) de Nantes le 8 mars 1949 lancé le 3 janvier 1950 et mis en service le 15 mai 1950

-Le Cyclone est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Gironde à Bordeaux le 8 juillet 1949 lancé le 17 juin 1950 et mis en service le 8 décembre 1950

-Le Siroco est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Gironde à Bordeaux le 15 juin 1948 lancé le 21 juillet 1949 et mis en service le 8 mars 1950

-Le Mistral est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) à Port de Bouc le 8 avril 1949 lancé le 12 décembre 1949 et mis en service le 8 mars 1950

-La Palme est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) de Port Bouc le 12 avril 1949 lancé le 14 décembre 1949 et mis en service le 15 mars 1950

-Le Mars est mis sur cale aux  Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) de Port Bouc le 7 mai 1949 lancé le 5 janvier 1950 et mis en service le 3 mai 1950

-Le Tempête est mis sur cale aux  Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) de Port Bouc le 21 avril 1949 lancé le 8 mai 1950 et mis en service le 2 décembre 1950

-La Tramontane  est mis sur cale Ateliers et Chantiers de Provence (ACP) de Port Bouc le 30 avril 1949 lancé le 21 mai 1950 et mis en service le 4 janvier 1951

-Le Typhon est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) de La Seyne sur Mer le 8 septembre 1949 lancé le 12 août 1950 et mis en service le 8 mars 1951

-La Tornade est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) de la Seyne sur Mer le 12 octobre 1949 lancé le 21 septembre 1950 et mis en service le 12 mai 1951

Seize navires vont donc être mis en service avril 1950 et mai 1951. Formant quatre DER (Division d’Escorteurs Rapides), ils vont assurer à la fois des missions d’escorte et des missions d’attaque, complétant/remplaçant les torpilleurs légers.

Patrouilleurs ASM

Douze patrouilleurs de 700 tonnes sont commandés en février 1949 pour renforcer les capacités de chasse aux submersibles de la marine nationale. Ils sont commandés aux Chantiers Auguste Normand du Havre (quatre navires) , aux Chantiers Navals Français (CNF) à Caen (quatre navires), à l’Arsenal de Lorient (deux) et aux Ateliers et Chantiers de Bretagne à Nantes (deux)

-Le Patrouilleur Guêpe est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand du Havre le 2 mars 1949 lancé le 12 novembre 1949 et mis en service le 8 février 1950
-Le Patrouilleur Mouche est mis sur cale aux Chantiers Navals Français (CNF) de Caen le 8 avril 1949 lancé le 2 novembre 1949 et mis en service le 11 février 1950

-Le Patrouilleur Araignée est mis sur cale aux Chantiers Navals Français (CNF) de Caen le 12 mai 1949 lancé le 7 décembre 1949 et mis en service le 2 mars 1950

-Le Patrouilleur Bourdon est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand du Havre le 7 juin 1949 lancé le 8 février 1950 et mis en service le 12 mai 1950

-Le Patrouilleur Libellule est mis sur cale aux Chantiers Navals Français (CNF) de Caen le 18 novembre 1949 lancé le 21 juin 1950 et mis en service le 2 septembre 1950

-Le Patrouilleur Frelon est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand du Havre le 8 décembre 1949 lancé le 17 juillet 1950 et mis en service le 8 septembre 1950

-Le Patrouilleur Scorpion est mis sur cale aux Chantiers Navals Français (CNF) de Caen le 6 janvier 1950 lancé le 14 juillet 1950 et mis en service le 3 octobre 1950

-Le Patrouilleur Moustique est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) à Nantes le 15 février 1950 lancé le 5 janvier 1951 et mis en service le 8 mai 1951

-Le Patrouilleur Abeille est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand du Havre le 17 mars 1950 lancé le 21 décembre 1950 et mis en service en février 1951

-Le Patrouilleur Coléoptère est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 21 juin 1950 lancé le 12 février 1951 et mis en service le 6 juin 1951
-Le Patrouilleur Criquet est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 21 mars 1951 lancé le 27 décembre 1951 et mis en service le 6 mai 1952

-Le Patrouilleur Sauterelle  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) à Nantes le 3 avril 1951 lancé le 30 décembre 1951 et mis en service le 8 avril 1952

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 700 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 60m largeur 9m tirant d’eau 3.50m

Propulsion : quatre moteurs diesels de 5000ch entrainant une hélice

Performances : vitesse maximale 18 noeuds distance franchissable : nc

Armement : un canon de 100mm à l’avant, quatre canons de 37mm, quatre mitrailleuses de 7.5mm et trente-deux grenades ASM

Equipage : 30 officiers et marins

Sous-marins

Le programme de guerre prévoit la construction de 24 sous-marins type Phenix. Les premières leçons du conflit sont rapidement digérées et le projet Y4 est jugé perfectible, donnant naissance au modèle Y5 de 980 tonnes, un intermédiaire entre le sous-marin de moyenne et de grande patrouille, entre le Rolland Morillot et le Phenix.

Cependant comme pour les croiseurs légers, les pertes en sous-marins se révèlent plus faibles que prévues, les forces anti-sous-marines allemandes ne se montrant pas d’une efficacité aussi redoutable que les italiens qui prélèvent également leur part avec trois sous-marins français coulés lors de l’opération Merkur contre la Corse et Malte.

Un amendement au programme de guerre voit la commande de sous-marins type Y5 limitée à douze, les douze autres devenant une version améliorée des Rolland Morillot, des sous-marins capables d’opérer facilement dans le Pacifique, un officier de marine lucide les appelant «Vengeurs de l’Indochine».

Pour fluidifier la construction, les commandes vont être étalées avec une première commande de quatre Y5 et de deux Z4 (Rolland Morillot mod.) en février 1949, quatre Y5 et de deux Z4 en septembre 1949, quatre Y5 et deux Z4 en juin 1950 et enfin six Z4 en juin 1951.

La construction est répartie entre l’Arsenal de Cherbourg, les chantiers Auguste Normand du Havre, les Ateliers et Chantiers de Seine Maritime du Trait et les Anciens Chantiers du Dubigeon de Nantes.

Première commande de février 1949

Les quatre premiers Y5 baptisés vont être tous construits par l’Arsenal de Cherbourg qui dispose de quatre cales de libre.

-L’Antiope est mis sur cale le 17 mars 1949 lancé le 8 août 1950 et mis en service le 7 janvier 1951

-L’Amazone est mis sur cale le 8 avril 1949 lancé le 2 septembre 1950 et mis en service le 11 février 1951

-L’Orphée est mis sur cale le 5 mai 1949 lancé le 11 octobre 1950 et mis en service le 25 mars 1951

-La Sibylle est mis sur cale le 7 juin 1949 lancé le 30 octobre 1950 et mis en service le 4 mai 1951

Les deux Z4 sont commandés aux ACSM du Trait dans l’estuaire de la Seine

-Sous-marin Achille mis sur cale le 12 mai 1949 lancé le 8 janvier 1951 et mis en service le 2 septembre 1951

-Sous-marin Persée mis sur cale le 19 mai 1949 lancé le 15 janvier 1951 et mis en service le 15 septembre 1951

Deuxième commande de septembre 1949

Les quatre Y5 sont commandés à part égales aux chantiers Auguste Normand du Havre et aux Anciens Chantiers Dubigeon de Nantes.

-Le Circé est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand du Havre le 12 novembre 1949 lancé le 8 mars 1951 et mis en service le 30 juillet 1951

-La Calypso est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon le 17 février 1950 lancé le 30 juillet 1951 et mis en service le 23 janvier 1952

-La Doris est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon le 8 mai 1950 lancé le 5 novembre 1951 et mis en service le 12 juin 1952

-Le Thetis  est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand du Havre le 12 avril 1951 lancé le 15 octobre 1952 et mis en service le 7 mai 1953

Les deux Z4 de la deuxième commande sont commandés à l’Arsenal de Cherbourg. Ils sont baptisés  Pascal et Argo reprennant les noms de «1500 tonnes» désarmés.

-Le Pascal est mis sur cale le 12 août 1950 lancé le 8 janvier 1952 et mis en service le 17 juin 1952

-L’Argo est mis sur cale le 10 septembre 1950 lancé le 18 février 1952 et mis en service le 7 août 1952

Commande de juin 1950

Les quatre Y5 baptisés Sirène Naïade Galatée et Argonaute sont tous commandés aux ACSM du Trait.

-La Sirène est mise sur cale le 26 juin 1950 lancé le 2 janvier 1952 et mis en service le 7 juillet 1952

-La Naïade est mis sur cale le 12 juillet 1950 lancé le 15 janvier 1952 et mis en service le 12 août 1952

-Le Galatée est mis sur cale le 8 septembre 1950 lancé le 3 mars 1952 et mis en service le 8 octobre 1952

-L’Argonaute est mis sur cale le 12 novembre 1950 lancé le 15 juin 1952 et mis en service le 8 janvier 1953

Les deux Y4 sont commandés aux Anciens Chantiers Dubigeon. Ils sont baptisés Henri Poincaré et Pasteur.

-Le Henri Poincaré est mis sur cale le 6 septembre 1950 lancé le 12 janvier 1952 et mis en service le 8 juin 1952

-Le Pasteur est mis sur cale le 12 octobre 1950 lancé le 4 mars 1952 et mis en service le 17 août 1952

Commande de juin 1951

Six sous-marins type Z4 sont donc commandés en juin 1951. Leur construction est confiée à l’Arsenal de Cherbourg et aux Anciens Chantiers Dubigeon, les chantiers normands étant jugés trop proche de l’Allemagne. Comme leurs devanciers, ils reprennent les noms des sous-marins type Redoutable désarmés au cours de la décennie 1940.

-L’Ajax est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 8 juillet 1951 lancé le 30 décembre 1952 et mis en service le 7 mai 1953

-Le Poncelet est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon le 4 septembre 1951 lancé le 5 janvier 1953 et mis en service en juillet 1953

-L’Archimède est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 17 septembre 1951 lancé le 12 février 1953 et mis en service le 15 septembre 1953

-Le Fresnel est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon le 21 novembre 1951 lancé le 2 mars 1953 et mis en service en septembre 1953

-L’Acheron est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 12 janvier 1953 lancé le 23 décembre 1954 (soit après la fin de la guerre) et mis en service en octobre 1954

-L’Actéon est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon le 8 février 1953. Quand s’achève la guerre en septembre 1954, le sous-marin est quasiment achevé. Lancé le 8 octobre 1954, il est achevé seulement en 1956 comme sous-marin expérimental.

Navires-ateliers

Si les navires à voile nécessitaient assez peu d’entretien, l’apparition de la propulsion vapeur eut pour conséquence un alourdissement conséquent de la charge de travail des équipages qui parfois étaient dépassés par l’ampleur de la tache.

D’où l’idée de spécialiser des navires dans l’entretien. C’est l’apparition du navire-atelier, le premier exemple en France étant le Foudre, un croiseur porte-torpilleur qui fût également utilisé comme porte-hydravions.

Elle est remplacée dans cette mission par un ancien paquebot allemand, le Phoenica datant de 1894  Saisi par les russes lors du conflit russo-japonais, il est utilisé sous le nom de Kronstadt comme navire-atelier.

Il se réfugie avec le reste de la flotte blanche en 1921 à Bizerte. Réquisitionné puis acheté, il est rebaptisé Vulcain, ce navire est utilisé jusqu’à sa mise en réserve en 1933. Il est condamné en 1937 puis vendu à la démolition en décembre 1938, laissant la marine nationale sans navire-atelier dédié quand éclate la guerre de Pologne.

Il y avait bien le bâtiment de soutien aux sous-marins Jules Verne qui de temps en temps rendaient des services aux bâtiments de surface mais il avait déjà fort à faire avec les sous-marins dont les nécessités d’entretien étaient encore plus grandes.

En dépit de l’expansion de la flotte tant de combat que de soutien, aucun navire-atelier n’est commandé ni même acheté et quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, aucun navire spécialisé n’équipe la marine nationale qui doit se contenter de la transformation hâtive de navires marchands.

Cette solution montre rapidement ses limites. La campagne de Norvège à provoqué des pertes sensibles mais aussi à endommagé de nombreux navires. L’utilité du navire-atelier saute aux yeux des marins français pour réparer les avaries de combat, stabiliser un navire comme on stabilise un patient avant de véritables réparations dans un Arsenal ou un chantier parfaitement outillé.

Le programme de guerre de janvier 1949 finance ainsi la construction de deux navires ateliers qui reprennent la coque et le système propulsif des cargos de type Commission, ces deux navires étant baptisés Vulcain et Héphaïstos et construits à Saint-Nazaire, le premier aux ACL et le second aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët.

-Le Vulcain est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Saint Nazaire le 12 avril 1949 lancé le 8 juin 1950 et mis en service le 4 septembre 1950

-L’Hephaïstos  est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët le 4 juin 1949 lancé le 2 octobre 1950 et mis en service le 8 février 1951

Pétroliers-ravitailleurs d’escadre

Quand éclate le second conflit mondial, la marine nationale dispose de 23 pétroliers dont 6 PRE _Pétroliers Ravitailleurs d’Escadre_ dont la mission exclusive est de ravitailler les escadres et les groupes occasionnels en mazout et au mouillage en munitions, pièces détachées, vivres et autres fournitures.

En dépit de cette flotte assez confortable, la marine nationale obtient la commande de deux autres PRE quasi-identiques aux six en service, des navires baptisés La Dordogne et La Durance.

-Le PRE La Dordogne est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers Maritimes du Sud-Ouest & de Bacalan Réunis sis à  Bordeaux le 8 juillet 1949 lancé le 12 septembre 1950 et mis en service le 8 janvier 1951.

-Le PRE La Durance est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde de Bordeaux le 8 septembre 1949 lancé le 1er décembre 1950 et mis en service le 12 mars 1951

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18-Bases et arsenaux (2)

B-Arsenal de Cherbourg

Historique et présentation

Plan général du site de Cherbourg

Plan général du site de Cherbourg

Du 14ème au 19ème siècle, on ne compte plus les affrontements entre la marine française et la marine britannique. Ces affrontements avaient pour cadres principaux l’Atlantique, la Méditerranée et la Manche. Pour permettre à une flotte de combattre, il faut des bases et côté français, c’est là que le bas blesse.

En effet, si dans l’Atlantique et en Méditerranée, la Royale dispose de bases bien équipées, ce n’est pas le cas de la Manche.

La principale explication est d’ordre géographique. Sur la côte Atlantique, le site de Brest à presque été façonné par la nature pour devenir une base avec une rade très vaste fermée par un goulet étroit qui met hors de portée de la flotte ennemie une escadre qui s’y abrite et en Méditerranée, Toulon est une baie certes plus ouverte que Brest mais qui peut abriter une puissante escadre et qui est assez facile à défendre.

Les côtes de la Manche n’offrent pas ce genre d’abris ce qui handicape la marine française alors que de son côté, la Royal Navy bénéficie de bases bien outillées à Plymouth et à Portsmouth.
Le premier véritable projet d’un port militaire à Cherbourg remonte au XVIIème siècle sous la plume de Vauban mais ce projet ne voit finalement pas le jour sous le règne de Louis XIV. Son arrière-petit-fils Louis XV reprend ce projet qui devient urgent. En 1738, une descente anglaise (un raid) à ravagé le port de commerce à peine achevé.

C’est Louis XVI qui va donner l’impulsion décisive en adoptant un projet ambitieux d’une rade artificielle fermée par des digues _elles aussi artificielles_ entre Querqueville et l’île Pelée. Les travaux sont lancés au début de la décennie 1780 mais la Révolution en raison de guerre incessantes retardèrent considérablement les travaux qui ne furent achevés qu’en 1813.

Les travaux portèrent également sur le port en lui même pour y créer un Arsenal à l’abri des attaques anglaises. Un premier bassin à flot est inauguré en 1813 par l’impératrice Marie Louise, un bassin de 292m de long sur 236m de large et 16m de profondeur, communiquant avec l’avant port par une écluse de 20m de long.

Les travaux sont pour ainsi dire continus. En 1814, les travaux pour un nouveau bassin à flot sont entamés par l’Empire. Ce bassin est inauguré en 1825 par Louis, duc d’Angoulême, dauphin de la couronne de France qui le baptise ce nouveau bassin du nom de son père.

Ce bassin Charles X mesure 290m de long sur 228m de large et 18m de profondeur. Il est d’abord équipé de quatre cales mais au début des années trente, elles sont remplacés par deux formes de radoub de 215m de long sur 36m de large.

En 1836 sous la monarchie de Juillet sont lancés les travaux pour un nouveau bassin à flot à l’ouest des deux premiers bassins.

Bien plus grand que les précédents avec ses 420m de long, ses 200m de large et ses 18m de profondeur, il est inauguré en 1858 par le couple impérial et reçoit naturellement le nom de bassin Napoléon III.

Ce bassin dispose de deux cales de 150m de long et d’une forme de radoub de 200m de long sur 24m de large.

Ajoutons à ce panorama la présence dans l’enceinte du port de commerce de la Forme du Hornet longue de 248m, large de 35m et profonde de 8m.

Comme toutes les bases existantes, Cherbourg bénéficie de nombreux travaux au cours de la décennie 1940. Ces travaux sont cependant assez peu visible. Si la Forme du Hornet est allongée (260m) et élargie (38m), le reste des travaux entrepris sont peu spectaculaires.

Les ateliers sont modernisés, les capacités de levage sont augmentées aussi bien dans les formes de radoub et que dans les cales de construction et un dépôt de carburant souterrain est construit sur la rive ouest de la petite rade, étant accessible dans la petite rade mais également dans la grande rade.

Les défenses côtières

En septembre 1939, la place de Cherbourg dispose de défenses impressionnantes quoi que majoritairement assez anciennes.

-la Batterie du Castel-Vendon située à cinq kilomètres de Cherbourg disposait encore de quatre canons de 164mm modèle 1893/96 mais au printemps 1941, les deux tourelles doubles de 340mm semblables à celle du Cap Cépet sont inaugurées, ces deux tourelles formant la batterie Tourville.
La défense rapprochée est assurée côté terre par deux PO (Petits Ouvrages) équipés d’un canon de 47mm et d’une mitrailleuse de 7.5mm. Le projet d’installer des canons antiaériens et des pièces médianes pour défendre côté mer n’est finalement pas menée à bien.

-La batterie d’Anfreville implantée à 8km à l’ouest dispose de trois canons de 164mm modèle 1893/96. Elle est appuyé par le fort de Querqueville armé de deux canons de 75mm pour éclairer la batterie et de quatre canons de 120mm utilisés pour l’instruction.

-Le Fort de Chavagnac est un ilot détaché couvrant la passe ouest et dispose en septembre 1939 de quatre canons de 100mm modèle 1889 modifié 1897 et de deux canons de 75mm modèle 1897.

-Le Fort de l’ouest à l’extremité occidentale de la Grande Digue dispose de quatre canons de 100mm modèle 1889 modifié 1897.

-Le Fort Central (Grande Digue) dispose de quatre canons de 138mm modèle 1910 alors que ses homologues Fort de l’Est et fort de l’ile Pelée disposent de quatre canons de 100mm modèle 1889 modifié 97.

A l’est, nous trouvons la batterie des Capelains qui dispose de 3 canons de 164mm modèle 1887 modifié 1893 semi-mobiles, la batterie de Breteville haut à l’est de la précédente dispose de quatre canons de 240mm modèle 1884 modifié 1901.

Des bastions assurent la défense rapprochée de l’Arsenal au cas où une flotte ennemie aurait neutralisé les forts de la Grande Rade, un cas de figure qui devient de plus en plus improbable au fur et à mesure des avancées.

Si les installations d’entretien sont peu modifiés, les défenses de Cherbourg sont soigneusement toilettées pour s’adapter aux nouvelles menaces.

La grande rade est fermée par trois digues : la digue de Querqueville, la digue du Large ou grande Digue et la digue de l’Est, le tout protégé par des fortifications qui sont totalement remis à niveau entre 1942 et 1946.

-Le Fort de Querqueville qui disposait de deux canons de 75mm et de quatre canons de 120mm est modernisé avec quatre canons de 130mm modèle 1919 en remplacement des pièces citées plus haut.

-Le Fort de Chavagnac remplace ses canons de 100mm et de 75mm par deux canons de 164mm modèle 1893 modifié 1896 jadis installés au Castel-Vendon. Quatre canons de 90mm modèle 1926 en affûts doubles sous masques sont installés, des pièces aptes au tir antiaérien comme au tir contre terre et en mer. Des pièces d’artillerie antiaériennes légères (six canons de 25mm) et des mitrailleuses sont également installées.

-Le Fort de l’ouest qui disposait en septembre 1939 de quatre canons de 100mm modèle 1889 modifié 1897 reçoit quatre canons de 130mm sur affûts simples sous masque, six canons de 25mm antiaériens et des mitrailleuses de 7.5mm.

Le Fort Central conserve ses quatre canons de 138mm modèle 1910 mais reçoit également deux canons de 90mm modèle 1939 en un unique affût double.

Le Fort de l’Est qui disposait en septembre 1938 de quatre canons de 100mm modèle 1889 modifié 1897 reçoit quatre canons de 138mm issus des Courbet désarmés ou des Bretagne transformés. Il reçoit également deux canons de 90mm modèle 1939 en un affût double.
Le Fort de l’île Pelée reçoit en 1943 quatre canons de 152mm modèle 1931 issus du Richelieu (réarmés avec des canons de 130mm à double usage), quatre canons de 90mm modèle 1939 en deux affûts doubles, des canons de 25mm antiaériens et des mitrailleuses.

Son action est relayée par une batterie annexe implantée sur la digue de l’Est (ou digue de Collignon) qui disposait de quatre canons de 100mm modèle 1889/97 qui sont remplacés en 1945 par quatre canons de 130mm d’un modèle inconnu. Cet ouvrage dispose également de six canons de 25mm antiaériens, de mitrailleuses de 7.5mm et de plusieurs canons antichars de 47mm.

La défense rapprochée de l’Arsenal est assurée par trois bastions armés en septembre 1948 de deux canons de 75mm modèle 1897, de quatre mitrailleuses de 7.5mm et de deux canons de 47mm.

Côté terre, il est prévu la construction d’ouvrages de sécurisation, des blockhaus légers pouvant permettre à une garnison de tenir quelques jours.

La défense antiaérienne de la place de Cherbourg est assurée par la 2ème Batterie Anti-Aérienne de Marine (2ème BAAM) qui dispose de six canons de 90mm modèle 1939 en encuvement en béton et de six canons de 25mm Hotchkiss en affûts simples. Cette défense pourrait si nécessaire être renforcée par la D.A.T.

Navires stationnés en septembre 1948

Peu de navires sont stationnés dans le port haut-normand, Cherbourg restant un port de travaux et de ravitaillement et non une véritable basse opérationnelle. En septembre 1948, les navires suivants sont basés :

-Chasseurs de sous-marins CH-5 et CH-6

-Remorqueur de haute mer Sanglier

-Remorqueur côtier Barfleur  Roule Crocus

-Aviso-hydrographe Amiral Mouchez

-Navire hydrographe Goeland

-Gabares Girafe Fidèle Entrainante

16-Navires auxilaires (9)

G-Les inclassables : bâtiment-cible, voiliers-école et navires hydrographiques

Goelettes-écoles Etoile et Belle Poule

Bien que la voile appartient désormais à l’histoire de la marine de guerre, l’école de la voile pour la formation des marins est jugée indispensable ce qui explique la commande dans un lot complémentaire à la tranche 1930 de deux goélettes.

-L’Etoile est mise sur cale aux Chantiers navals de Normandie à Fecamp lancée le 7 juillet 1932 et mise en service en 1932

-La Belle Poule est mise sur cale  aux Chantiers navals de Normandie à Fecamp lancée le 8 février 1932 et mise en service en 1932.

Ces deux goelettes sont basées à Brest pour les élèves officiers de l’école navale.

Caractéristiques Techniques des goélettes-écoles

Déplacement : 225 tonnes Longueur hors tout 37.50m largeur 7.20m tirant d’eau 3.50m

Propulsion : 425 m² de voilure et un moteur Sulzer de 125ch

Performances : vitesse sur moteur 6 noeuds rayon d’action 1500 miles nautiques à 8 noeuds autonomie : 10 jours

Armement : aucun

Equipage : 20 membres d’équipage et 30 élèves

Ces deux goélettes sont complétés par le cotre Mutin basé à Saint Servan près de Saint Malo au sein de l’école de pilotage.

-Le Mutin est commandé aux chantiers Florimond Guignardeau des Sables d’Olonnes le 10 novembre 1926. Il est mis en service le 19 mars 1927 et toujours en service en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : lège 40 tonnes standard 57 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 33m longueur à la flottaison 21m maitre bau 6.35m tirant d’eau 3.40m tirant d’air 21m

Propulsion : 240 m² de voilure et un moteur diesel Baudoin de 112ch

Performances : vitesse maximale 6 noeuds distance franchissable 585 nautiques

Equipage : 12 hommes

Transport de littoral Golo

Pour remplacer le vieux transport Loiret, la marine nationale fait financer à la tranche 1931 un petit cargo officiellement appelé transport de littoral.

-Le Golo est mis sur cale aux Forges et Chantiers de Gironde (FCG) à Bordeaux en 1932 lancé le 8 juillet 1933 et mis en service en 1934.

Basé Toulon jusqu’en décembre 1939, il est redéployé en janvier 1940 à Bizerte pour soutenir la 6ème Escadre Légère effectuant du cabotage entre Tunis, Bizerte, Gabès et Sfax.

Du 5 février au 15 mars 1941, il est échoué au bassin n°1 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour un grand carénage destiné à une remise en état complète. Après des travaux complémentaires, il est armé pour essais le 26 mars, sortant pour essais le 27 mars puis pour remise en condition du 29 mars au 5 avril 1941.

Du du 3 mai au 15 juin 1944, le Golo subit un nouveau grand carénage en étant échoué dans le bassin n°2 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 1er juillet, sortant pour essais le 2 juillet puis pour remise en condition du 4 au 12 juillet 1944.

Le 24 septembre 1946, le Golo appareille en compagnie du croiseur léger Emile Bertin, des torpilleurs légers de la 3ème DT ( L’Alsacien Le Breton Le Corse et Le Tunisien), des contre-torpilleurs de la 11ème DCT (Mogador Volta Hoche) et du pétrolier Mékong pour une série une longue série d’exercice du 24 septembre au 2 octobre 1946.

Ils font escale à La Valette du 3 au 6 octobre pour se ravitailler en munitions et en vivres auprès du Golo qui les soutes vides regagna Bizerte pour un nouveau chargement. Le croiseur léger, les torpilleurs légers et les contre-torpilleurs reprennent la mer le lendemain pour un exercice de défense aérienne à la mer du 7 au 12 octobre au large de la Tunisie.

L’Emile Bertin fait ensuite escale à Patras du 13 au 16 octobre pendant que les torpilleurs légers et les contre-torpilleurs sont à Zanthe. Le 17 octobre, l’escadre française se réunit à la mer pour se ravitailler en carburant auprès du Mékong avant de gagner Le Pirée où ils font escale du 21 au 25 octobre avant un exercice avec la marine grecque jusqu’au 30 octobre quand les navires français sont à Thessalonique jusqu’au 5 novembre.

La compagnie de débarquement de l’Emile Bertin et des détachements des différents navires rendent hommage à l’Armée d’Orient en déposant une gerbe devant le monument aux morts. Il reprend la mer pour une escale à Istanbul du 6 au 10 novembre puis à Iskenderun du 13 au 17 novembre et à Beyrouth du 20 au 24 novembre. Après un exercice avec la DNL, la petite escadre fait escale à Haïfa en Palestine mandataire du 30 novembre au 3 décembre avant de rentrer à Bizerte le 7 décembre 1946.

Le Golo subit un nouveau grand carénage en étant échoué dans le bassin n°3 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah du 5 février au 14 mars 1947 pour une remise en état complète. Il est armé pour essais le 24 mars, sortant pour essais le 25 mars et pour remise en condition du 27 mars au 2 avril 1947.

Il était toujours en service en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques du transport de littoral Golo

Déplacement standard : 2239 tW

Dimensions : longueur hors tout 89.75m largeur 13.50m tirant d’eau 4.76m

Propulsion : deux moteurs diesels dévellopant 1850ch et entrainant deux hélices

Vitesse maximale 12.5 noeuds

Armement : deux canons de 75mm modèle 1897, deux canons de 37mm et deux mitrailleuses de 8mm, ces deux dernières armes étant remplacées par six canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en trois affûts doubles.

Equipage : 80 officiers et marins

Transports côtiers

En septembre 1939, la marine nationale dispose encore de quatre navires de type Jacques Coeur mais aucun n’est utilisé comme patrouilleur. Le Champlain est un transport frigorifique, les Coetlogon et Forfait sont des transports côtiers et le Hamelin est un ravitailleur d’aviation.

Le Champlain est désarmé le 17 septembre 1942 puis vendu à la démolition, les Coetlogon et Forfait sont désarmés en juin 1941 et cédés à la marine marchande. Le Hamelin est désarmé le 5 janvier 1943 puis vendu à la démolition.

Aviso hydrographe Amiral Mouchez

Navire hydrographe financé la tranche 1932, l’Amiral Mouchez est également conçu pour servir d’aviso en cas de conflit. Sa construction est attribuée à l’Arsenal de Cherbourg plus habitué à construire des sous-marins que des navires de surface.

-L’Amiral Mouchez est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg en 1934 lancé le 3 août 1936 et mis en service en 1937.

Basé à Cherbourg, il sert durant la guerre de Pologne d’aviso en recevant deux canons de 100mm et des grenades ASM. A l’issue du conflit, il redevient au printemps 1940 aviso en perdant son armement.

A l’été 1948 alors que le conflit est plus une question de temps qu’autre chose, l’Amiral Mouchez est de nouveau armé, recevant un canon de 100mm modèle 1932 à l’avant, quatre canons de 37mm Schneider modèle 1941 en affûts simples et des grenades ASM pour mener des missions d’escorte au profit du trafic littoral Cherbourg-Le Havre-Boulogne-Calais et Dunkerque.

Caractéristiques Techniques de l’amiral Mouchez

Déplacement : standard 719 tW

Dimensions : longueur 62m largeur 10,30m tirant d’eau 3,35m

Propulsion : un moteur diesel Sulzer de 800ch

Vitesse maximale : 12 noeuds

Armement : (1939) deux canons de 100mm et des grenades ASM (1948) un canon de 100mm, quatre canons de 37mm en affûts simples et douze grenades ASM

Equipage : 81 officiers et marins

Bâtiment cible L’impassible

Si la flotte de l’Atlantique bénéficie du cuirassé Voltaire échoué sur la presqu’ile de Rhuys pour servir de cible de tir, la flotte de la Méditerranée ne bénéficie pas de ce luxe. On envisagea bien de faire de même avec l’Océan (ex-Jean Bart) mais l’ancien cuirassé coula à quai avant même qu’une décision définitive soit prise.

A la tranche 1936 est cependant financé la construction d’un bâtiment cible baptisé L’Impassible. Il va certes servir pour quelques écoles à feux de «routine» mais va surtout être utilisé depuis Toulon pour tester les nouveaux obus et les nouvelles torpilles soit comme cible mobile soit au mouillage pour tester l’impact militaire de certains charges.

-L’Impassible est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient en 1938 lancé le 17 juin 1939 et mis en service le 4 juillet 1940. Il est basé à Toulon.

Déplacement standard : 2410 tonnes Dimensions : longueur hors tout 100m largeur 12m tirant d’eau 4m Puissance propulsive : 10000ch Vitesse maximale : 20 noeuds

14-Navires légers (38) Corvettes classe La Malouine (7)

La Lyonnaise

-La Lyonnaise est mise sur cale aux chantiers navals Smith’s Dock de Middlesborough le 4 mars 1943 lancée le 4 janvier 1944 et mise en service le 12 août 1944.

La 25ème corvette de classe La Malouine quitte son chantier constructeur le 16 août pour rallier Dakar, son port d’attache. Elle fait escale à Brest du 21 au 25 août, à Casablanca du 29 au 31 août avant de rallier Dakar le 6 septembre 1944.

Le 11 décembre 1944, la corvette L’Oranaise arrive à Dakar. Son arrivée permet l’activation de la 7ème DEO en attendant les corvettes La Sablaise et La Servanaise qui doivent la compléter.

La 7ème DEO basée dans la capitale de l’AOF à pour mission de traquer les submersibles dans l’Atlantique Sud et dans le Golfe de Guinée mais également d’assurer des missions d’escorte atlantique notamment depuis Fort de France et Cayenne.

Du 5 septembre au 22 octobre 1947, la 25ème corvette de classe La Malouine est échouée dans la forme n°2 du port de Dakar, une forme qui semble écraser la corvette puisque la forme de radoub mesure 260m de long et 30m de large pour pouvoir si nécessaire soutenir un cuirassé de classe Alsace en opérations dans la région mais également pensée pour l’après guerre et le radoub de navires marchands dont la taille ne cessait d’augmenter.

Après des travaux complémentaires à quai, la corvette est armée pour essais le 3 novembre 1947, sortant pour essais le 4 et le 5 novembre puis pour remise en condition du 7 au 21 novembre, la corvette reprennant un service courant le 22 novembre.

Le 5 septembre 1948, la corvette La Lyonnaise était en patrouille anti-sous-marine au large de Dakar en compagnie de La Sablaise.

L’Algéroise

-L’Algeroise est mise sur cale aux chantiers navals Harland & Wolff de Belfast le 7 juillet 1943 lancée le 15 avril 1944 et mise en service le 20 novembre 1944.

Affectée à Dunkerque, la corvette quitte son chantier constructeur le 22 novembre, fait escale à Cherbourg du 24 au 27 novembre avant de rallier Dunkerque le 28 novembre 1944, ralliant l’Escadre Légère du Nord (ELN) où il est placé hors rang en attendant la mise en service de L’Aixoise.

Le 13 janvier 1945, la corvette L’Aixoise arrive à Dunkerque ce qui permet donc l’activation de la 8ème DEO, cette division devant mener des missions de lutte ASM en Manche et mer du Nord ainsi que des escortes de convois notamment ceux transportant les troupes britanniques appelées à se déployer sur le Continent.

Le 12 août 1947, la corvette L’Algéroise quitte Dunkerque pour Cherbourg afin de subir son premier grand carénage. Elle est échouée dans le bassin n°2 de l’Arsenal de Cherbourg du 15 août au 1er octobre 1947 pour une remise en état générale et une mise à jour des radars et de l’Asdic.

Après des travaux complémentaires à quai, la corvette est armée pour essais le 15 octobre, effectuant ses essais réglementaires les 16 et 17 octobre puis sa remise en condition du 19 au 31 octobre, la corvette ralliant Dunkerque le 1er novembre 1947.

Le 5 septembre 1948, la corvette était en patrouille anti-sous-marine dans le détroit du Pas de Calais en compagnie de l’Aixoise.

L’Oranaise

-L’Oranaise est mise sur cale aux chantiers navals Harland & Wolff de Belfast le 7 juillet 1943 lancée le 15 avril 1944 et mise en service le 20 novembre 1944.

Elle quitte l’Ulster le 22 novembre, fait escale à Brest du 25 au 28 novembre pour charger des munitions, recompléter sa cambuse et ses soutes à carburant avant de reprendre la mer, faisant une brève escale à Casablanca du 2 au 4 décembre avant d’arriver à Dakar le 11 décembre 1944.

Son arrivée permet l’activation de la 7ème DEO qu’elle forme avec son sister-ship La Lyonnaise en attendant les corvettes La Sablaise et La Servanaise.

La 7ème DEO basée dans la capitale de l’AOF à pour mission de traquer les submersibles dans l’Atlantique Sud et dans le Golfe de Guinée mais également d’assurer des missions d’escorte atlantique notamment depuis Fort de France et Cayenne.

Du 25 octobre au 2 décembre 1947, la corvette est échouée dans le bassin n°1 du port de Dakar pour une remise en état complète et une mise à jour de ses radars et de l’Asdic.

Après des travaux complémentaires à quai, l’Oranaise est armée pour essais le 16 décembre, sortant pour essais les 17 et 18 décembre puis pour remise en condition du 20 décembre 1947 au 2 janvier 1948.

Le 5 septembre 1948, l’Oranaise est à quai à Dakar et se prépare à assurer des patrouilles anti-sous-marines et des escortes de convois.

L’Aixoise

-L’Aixoise est mise sur cale aux chantiers navals Harland & Wolff de Belfast le 12 août 1943 lancée le 21 mai 1944 et mise en service le 5 janvier 1945.

Elle quitte Belfast le 7 janvier 1945, fait escale à Cherbourg du 9 au 12 janvier avant de rallier Dunkerque le lendemain.

Son arrivée permet l’activation de la 8ème DEO qui doit encore accueillir ses sister-ships La Quimperoise et La Cherbourgeoise.

Cette division devant mener des missions de lutte ASM en Manche et mer du Nord ainsi que des escortes de convois notamment ceux transportant les troupes britanniques appelées à se déployer sur le Continent.

Le 23 janvier 1948, la 28ème corvette de classe La Malouine quitte Dunkerque pour rallier Cherbourg le lendemain 24 janvier 1948. Il est échoué au bassin n°3 26 janvier au 3 mars 1948 pour un grand carénage.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 18 mars, sortant pour essais les 19 et 20 mars puis pour remise en condition du 22 mars au 3 avril 1948. Il quitte Cherbourg le 4 avril pour rallier Dunkerque en fin de journée.

Le 5 septembre 1948, la corvette était en patrouille anti-sous-marine dans le détroit du Pas de Calais en compagnie de l’Algéroise.

14-Navires légers (32) corvettes classe La Malouine (1)

J-Corvettes classe La Malouine

La corvette HMS Myositis de classe Flower

La corvette HMS Myositis de classe Flower

Avant-propos

Surprise durant le premier conflit mondial par les sous-marins, la marine britannique si elle à oublié la tactique du convoi (rappelée par la marine nationale),  à anticipé un grand besoin en escorteurs en construisant des chalutiers et des destroyers légers mais également de corvettes dont la coque est inspirée de celle d’un baleinier, une coque taillée pour l’Atlantique Nord.

La France est rapidement intéressée par ce modèle de navire qui à l’avantage d’être équipé d’origine d’un Asdic. Des négociations sont rapidement entamés entre Paris et Londres pour construire dans les chantiers britanniques des corvettes à armement français.

Cela aboutit sur la commande de quatre corvettes à la tranche 1938bis complémentaire ou 1938ter (12 avril 1939) suivit de dix-huit navires supplémentaires dans le cadre du décret du 11  novembre 1939.

A ces vingt-deux navires s’ajoutent dix autres navires, des versions améliorées financées au tranches 1941 (quatre) et aux tranche 1944 (six) du programme naval, ces trente-deux navires remplaçant les chalutiers équipés d’Asdic construits aux Etats Unis et auraient du remplacer les Cancalaise/Ajacienne sans le déclenchement du second conflit mondial.

Ces trente deux navires sont baptisés La Malouine La Bastiaise La Dieppoise La Paimpolaise La Remoise La Dunkerquoise La Versaillaise L’Antillaise La Nimoise La Calaisienne La Calvaise La Troyenne La Rennaise La Rochellaise La Agenaise La Paloise La Parisienne La Rouennaise La Messine, La Nancéenne, La Strasbourgeoise La Lilloise La Caennaise La Clermontoise La Lyonnaise L’Algéroise L’Oranaise L’Aixoise La Sablaise La Quimperoise La Servannaise et La Cherbourgeoise.

Ces trente-deux navires vont au final être tous construits en Grande Bretagne avec un armement français généralement mis en place à Brest par les ouvriers de l’Arsenal de Brest voir ceux de Cherbourg ou de Lorient.

Comme les aviso-dragueurs, les trente-deux corvettes vont former des divisions appelées DEO ou Division d’Escorte Océanique avec l’Atlantique comme principal terrain de jeu même si La Malouine et ses soeurs pointeronr également le bout de leur étrave en Méditerranée.

-1ère DEO (Brest) : La Malouine La Dieppoise La Remoise  et La Versaillaise

-2ème DEO (Casablanca) : La Bastiaise La Paimpolaise La Dunkerquoise et L’Antillaise

-3ème DEO (Lorient) : La Nimoise La Calvaise La Rennaise et L’Agenaise

-4ème DEO (Brest) : La Calaisienne La Troyenne La Rochelaise et La Paloise

-5ème DEO (Fort de France) : La Parisienne, La Messine La Strasbourgeoise et La Caennaise

-6ème DEO (Diego-Suarez) : La Rouennaise La Nancéenne La Lilloise et La Clermontoise

-7ème DEO (Dakar) : La Lyonnaise L’Oranaise La Sablaise et La Servannaise

-8ème DEO (Dunkerque) : L’Algeroise L’Aixoise La Quimperoise et La Cherbougeoise.

La Malouine

-La Malouine est mise sur cale aux chantiers navals Smith’s Dock de Middlesborough le 13 novembre 1939 lancée le 21 mars 1940 et mise en service le 5 novembre 1940.

La corvette qui son chantier constructeur le lendemain pour rallier Brest où elle arrive le 8 novembre 1940, intégrant hors rang le groupement de surveillance de la flotte de l’Atlantique.

Le 19 mars 1941, la corvette La Dieppoise arrive à Brest. Son arrivée permet l’activation de la 1ère Division d’Escorte Océanique.

En cas de conflit, cette division (qui doit encore accueillir les corvettes La Remoise  et La Versaillaise) doit assurer l’escorte de convois BCD/DCB (Brest Casablanca Dakar/Dakar Casablanca Brest) et d’éventuels convois transatlantiques pour livrer du matériel commandé et/ou fabriqué aux Etats Unis voir de très hypothétiques troupes américaines.

Du 3 septembre au 15 octobre 1943, La Malouine est échouée dans le bassin n°4 au Salou pour son premier grand carénage. Elle y subit une remise en état complète, une modernisation de sa DCA (canons de 37mm à la place des mitrailleuses de 13.2mm) et de son électronique embarquée.

Armée pour essais le 1er novembre 1943, elle sort pour ses essais réglementaires du 2 au 4 puis pour sa remise en condition du 6 au 20 novembre 1943.

Elle subit un nouveau grand carénage en état échoué au bassin n°3 du 7 décembre 1946 au 17 janvier 1947 pour une remise en état complète, les seuls travaux de modernisation concernant l’électronique.

Après des travaux complémentaires à quai, la corvette est armée pour essais le 1er février 1947, réalisant ses essais réglementaires du 2 au 5  puis sa remise en condition du 7 au 17 février 1947 date à laquelle il peut reprendre ses missions.

Quand l’Allemagne bombarde la Norvège  le 5 septembre 1948, décision est prise de riposter par l’envoi d’un corps expéditionnaire. Aussitôt, des troupes prévues à cet effet, convergent vers Brest pour embarquer à bord de cargos et de paquebots réquisitionnés dont l’escorte rapprochée doit être assurée par la 1ère DEO.

La Bastiaise

-La Bastiaise est mise sur cale aux chantiers navals Smith’s Dock de Middlesborough le 18 novembre 1939 lancée le 8 avril 1940 et mise en service le 12 décembre 1940.

La deuxième corvette de sa classe quitte Middlesborough le 14 décembre, se ravitaille à Brest le 17 décembre pour rallier Casablanca où elle arrive le 22 décembre 1940 au matin, étant placé hors rang au sein du groupement de surveillance de l’Atlantique en attendant la mise en service de La Paimpolaise. L’arrivée de cette dernière à Casablanca le 14 avril 1941 permet l’activation de la 2ème DEO.

Cette division (qui doit encore l’accueillir La Dunkerquoise et L’Antillaise ) doit à la fois participer à la sécurisation du détroit de Gibraltar et protéger les convois BCD/DCB voir d’éventuels convois transatlantiques «Sud» entre Fort de France et Casablanca.

Le 2 janvier 1944, la corvette La Bastiaise quitte Casablanca pour Dakar afin de subir son premier grand carénage. Arrivé dans la capitale de l’AOF le 6 janvier, il est échoué dans le bassin n°1 du 10 janvier au 21 février pour une remise en état complète plus la modernisation de la DCA et de l’électronique du bord.

Après des travaux complémentaires à quai, elle est armée pour essais le 7 mars 1944, sortant pour essais du 8 au 10 puis pour remise en condition du 12 au 22 mars. Il quitte Dakar le 23 mars pour rallier Casablanca le 27 mars 1944 au matin.

La Bastiaise va subir au printemps 1947 son deuxième grand carénage. Le 3 avril 1947, elle quitte Casablanca pour rallier Dakar le 7. Elle est échouée dans le bassin n°1 du 11 avril au 30 mai pour une remise en état complète.

Après des travaux complémentaires à quai, elle est armée pour essais le 9 juin, effectuant ses essais réglementaires du 10 au 12 puis sa remise en condition du 14 au 28 juin. Elle quitte Dakar le 29 juin pour rallier Casablanca le 4 juillet 1947.

Le 5 septembre 1948, La Bastiaise était en patrouille de surveillance au large du détroit de Gibraltar et informée des bombardements allemands et du début de la guerre, elle rallie Casablanca pour se ravitailler et se tenir prête à toute éventualité.

La Dieppoise

-La Dieppoise est mise sur cale aux chantiers navals Smith’s Dock de Middlesborough le 23 mars 1940 lancée le 30 septembre 1940 et mise en service le 14 mars 1941.

La corvette quitte Middlesborough le 17 mars pour rallier Brest deux jours plus tard, son arrivée dans le port du Ponant permettant l’activation de la 1ère DEO.

En cas de conflit, cette division (qui doit encore accueillir les corvettes La Remoise qui arriva fin mai 1941  et La Versaillaise) doit assurer l’escorte de convois BCD/DCB (Brest Casablanca Dakar/Dakar Casablanca Brest) et d’éventuels convois transatlantiques pour livrer du matériel commandé et/ou fabriqué aux Etats Unis voir de très hypothétiques troupes américaines.

Du 11 avril au 30 mai 1944, la Dieppoise est échouée au bassin Tourville pour son premier grand carénage où elle subit une remise en état complète plus une modernisation de son électronique et de sa DCA.

Après des travaux complémentaires à quai, elle est armée pour essais le 15 juin 1944, sortant pour essais du 16 au 18 puis pour remise en condition du 20 juin au 3 juillet 1944, date à  laquelle il est de nouveau déclaré disponible.

Avant le début du second conflit mondial, La Dieppoise va subir un deuxième grand carénage. Du 7 mai au 15 juin 1947, elle va être échoué dans le bassin Tourville pour une remise en état complète qui se poursuit ensuite à quai.

Armée pour essais le 1er juillet 1947, elle réalise ses essais réglementaires du 2 au 4 puis sa remise en condition du 6 au 17 juillet, date à laquelle elle est de nouveau disponible.

Quand l’Allemagne bombarde la Norvège  le 5 septembre 1948, décision est prise de riposter par l’envoi d’un corps expéditionnaire.

Aussitôt, des troupes prévues à cet effet, convergent vers Brest pour embarquer à bord de cargos et de paquebots réquisitionnés dont l’escorte doit être assurée par la 1ère DEO.

La Paimpolaise

-La Paimpolaise est mise sur cale aux chantiers navals Smith’s Dock de Middlesborough le 23 mars 1940 lancée le 7 octobre 1940 et mise en service le 5 avril 1941.

La corvette quitte son chantier constructeur le 7 avril 1941, se ravitaille à Brest le 10 pour pouvoir rallier Casablanca le 14 avril, permettant l’activation de la 2ème DEO avec son sister-ship La Bastiaise.

Cette division (qui doit encore l’accueillir La Dunkerquoise et L’Antillaise ) doit à la fois participer à la sécurisation du détroit de Gibraltar et protéger les convois BCD/DCB voir d’éventuels convois transatlantiques «Sud» entre Fort de France et Casablanca.

Le 6 mai 1944, la corvette quitte Casablanca pour subir son premier grand carénage à Dakar. Elle arrive sur place le 10 mai et est échouée au bassin du 15 mai au 30 juin pour une remise en état complète plus la modernisation de l’électronique et de la DCA

Après des travaux complémentaires à quai, elle est armée pour essais le 9 juillet, sortant pour essais du 10 au 12  puis pour remise en condition du 14 au 28 juillet. Elle quitte Dakar le 1er août pour rallier Casablanca le 5 août 1944 et reprendre son service habituel.

Le 23 mai 1947, la corvette quitte Casablanca pour rallier Dakar le 27 mai afin de subir son premier grand carénage. Elle est échouée dans le bassin n°1 du 1er juin au 15 juillet pour une remise en état complète.

Après des travaux complémentaires à quai, La Paimpolaise est armée pour essais le 26 juillet, effectuant ses essais à la mer du 27 au 29 juillet puis sa remise en condition du 1er au 15 août. Elle quitte Dakar le 17 pour rentrer à Casablanca le 21 août 1947.

Quand éclate le second conflit mondial le 5 septembre 1948, La Paimpolaise est à quai à Casablanca. Elle est mise en alerte mais n’appareille pas immédiatement.

13-Sous-marins (33) sous-marins classe Aurore (1)

M-Sous-marins de moyenne patrouille classe Aurore

De nouveaux sous-marins pour la marine nationale (bis)

Pour renouveler une flotte sous-marine qui vieillissait rapidement, l’amirauté décide de poursuivre sur le modèle choisit après le premier conflit mondial à savoir des sous-marins de grande patrouille plus proches désormais des 2000 que des 1000 tonnes et des sous-marins de moyenne patrouille qui de 600 passaient à 800 tonnes.

Partant des Argonaute, l’ingénieur du Génie Maritime Paoli dessina des submersibles de 800 tonnes qui par rapport à leurs devanciers affichaient les améliorations suivantes :

-Immersion opérationnelle plus importante passant de 80 à 100m

-Armement offensif plus important (canon de 100mm et 9 tubes lance-torpilles)

-Appareil d’écoute et optiques améliorées.

Un premier sous-marin baptisé Aurore est financé à la tranche 1934. Il est suivi par quatre autres submersibles financés à la tranche 1937 (La Créole La Bayadère La Favorite L’Africaine), quatre autres submersibles sont financés à la tranche 1938 (L’Astrée L’Andromède L’Antigone L’Andromaque).

Deux submersibles sont financés par la tranche 1938bis (L’Artemis L’Armirde) et ces deux sous-marins sont suivis par quatre autres sous-marins financés à la tranche 1938ter (Hermione Gorgone Clorinde Cornelie)

Le 24 juin 1939, un décret autorise la construction d’un sous-marins pour remplacer le Phenix perdu en Indochine. Le modèle choisit est le Y4, une version tropicalisée du Y3. Il reprend le nom du sous-marin perdu au large de Cam-Ranh Le 29 décembre 1939, un nouveau décret finance la construction de douze submersibles qui seront du type Y4.

L’Aurore

L'Aurore

L’Aurore

-L’Aurore est mis sur cale à l’Arsenal de Toulon le 1er septembre 1936 lancé le 26 juillet 1939 et mis en service le 20 juin 1940.

Il est d’abord affecté hors rang au sein de la 5ème escadrille qui regroupe tous les sous-marins de moyenne patrouille de la 1ère flottille de sous-marins (1ère FSM).

La mise en service du sous-marin Créole en mars 1942 permet l’activation de la 26ème DSM qui est bientôt rejointe par La Bayadère (mai 1942) et  L’Antigone (janvier 1943).

Le 12 juillet 1943, la 26ème DSM est renuméroté 13ème DSM.

Du 7 juillet au 24 août 1943, le sous-marin L’Aurore est échoué au bassin n°4 du Castigneau pour son premier grand carénage, le premier «800 tonnes» subissant une remise en état complète.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 7 septembre 1943, exécutant ses essais réglémentaires du 8 au 10  puis sa remise en condition du 12 au 26 septembre 1943.

Du 1er au 13 juillet 1945, l’Aurore participe à l’exercice «Némo» en compagnie de son compère L’Antigone mais également des sous-marins Le Glorieux et Le Tonnant (1ère DSM) La Réunion et Crozet (3ème DSM).

Du 18 au 23 février 1946, l’amiral Ollive, grand-amiral de la Flotte et commandant chef de la marine nationale passe une inspection des capacités du cuirassé Richelieu et du porte-avions Joffre, les sous-marins L’Aurore et La Bayadère servant de plastron pour l’entrainement ASM des torpilleurs d’escadre et du porte-avions.

Du 15 août au 1er octobre 1946, le sous-marin Aurore subit son deuxième grand carénage sur le slipway du Mourillon. Armé pour essais le 8 octobre, il exécute ses essais réglementaires les 9 et 10 octobre avant sa remise en condition du 12 au 22 octobre. Il participe ensuite avec l’Antigone à un entrainement anti-sous-marin des contre-torpilleurs Marceau et Kléber (12ème DCT).

Du 3 au 12 octobre 1947, le sous-marin Aurore sert de plastron aux torpilleurs d’escadre Rapière et Hallebarde, les trois navires ralliant Toulon le lendemain 13 octobre 1947. Il enchaine ensuite par un entrainement ASM au profit des contre-torpilleurs Marceau Desaix et Kléber de la 12ème DCT.

Quand éclate le second conflit mondial, l’Aurore est à la mer depuis une semaine pour une patrouille. Informé des bombardements allemands, il reçoit l’ordre de se tenir prêt à attaquer les lignes de communications italiennes.

La Favorite
-La Favorite est mise sur cale aux Ateliers et Chantiers de Seine-Maritime du Trait le 29 juillet 1938 lancé le 3 septembre 1941 et mis en service le 12 août 1943 à Cherbourg.

Il quitte Cherbourg le 13 août 1943 en compagnie de La Gorgone et de l’aviso-dragueur Commandant Dominé pour rallier Toulon. Les trois navires font escale à Casablanca du 18 au 21 août avant de rallier Toulon le 25 août 1943.

L’arrivée de ces deux sous-marins permet l’activation de la 19ème DSM qu’ils forment avec leur sister-ship L’Astrée. Cette division est complétée en octobre 1943 par la mise en service du sous-marin L’Africaine.

Du 12 au 20 janvier 1944, le sous-marin La Favorite accompagné de L’Astrée participe à l’entrainement anti-sous-marin du croiseur léger Chateaurenault et notamment de ses hydravions Dewoitine HD-731.

Du 13 au 21 mars 1945, les sous-marins La Favorite et L’Astrée participent à l’entrainement anti-sous-marine des contre-torpilleurs Turenne et Du Guesclin.

Du 5 au 15 janvier 1946, il participe toujours avec l’Astrée à l’entrainement anti-sous-marin du cuirassé Alsace et de ses deux torpilleurs d’escadre.

Du 5 septembre au 20 octobre 1946, le sous-marin La Favorite est échoué sur le dock-flottant de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour son premier grand carénage destiné à lui offrir une remise en état complète.

Armé pour essais le 2 novembre 1946, il sort pour essais du 3 au 5 novembre et pour remise en condition du 7 au 21 novembre, ralliant Toulon le 24 novembre 1946. Il effectue sa première patrouille post-carénage du 1er au 20 décembre 1946.

Du 1er au 9 juillet 1948, il participe à un exercice ASM avec le cuirassé Bourgogne et ses torpilleurs d’escadre.

Le 5 septembre 1948, le sous-marin est à la mer pour une patrouille au large de la côte orientale de la Corse et reçoit l’ordre de pister les navires de la Regia Marina.

La Créole
-La Créole est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand du Havre le 29 août 1938 lancée le 8 juin 1940 et mise en service le 5 mars 1942 à Cherbourg.

Il quitte le port bas-normand le 6 mars 1942 en compagnie de l’aviso Somme, les deux navires faisant escale à Casablanca du 13 au 18 mars 1942 avant de rallier Toulon le 22 mars dans la soirée.

Son arrivée permet l’activation de la 26ème DSM qu’il forme avec son sister-ship L’Aurore en attendant l’arrivée de L’Antigone et de la Bayadère. Le 12 juillet 1943, la 26ème DSM est renumérotée 13ème DSM alors qu’elle à atteint son format définitif à quatre submersibles.
Du 8 au 15 septembre 1943, le sous-marin La Créole participe à l’entrainement du croiseur lourd Suffren et plus précisément de ses hydravions embarqués.

Du 10 avril au 30 mai 1945, le sous-marin La Créole est échoué dans le bassin n°4 du Castigneau pour son premier grand carénage. Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 12 juin, sortant pour essais du 13 au 15 juin puis pour remise en condition du 17 au 30 juin 1945.

Du 14 au 21 mai 1947, il participe à l’entrainement ASM des contre-torpilleurs Marceau Desaix et Kléber de la 12ème DCT en compagnie de son compère La Bayadère mais également d’avions et d’hydravions basés à terre.

Du 21 au 21 août 1947, il participe à l’entrainement anti-sous-marin du contre-torpilleur Gerfaut servant de plastron indocile alors que le contre-torpilleur servait de cible rapide aux torpilleurs du sous-marin.

Du 1er juin au 15 août 1948, le sous-marin La Créole est échoué au bassin Vauban n°6 pour son deuxième grand carénage. Armé pour essais le 20 août, il exécute ses essais officiels les 21 et 22 août puis sa remise en condition du 24 août au 4 septembre.

A peine rentré à Toulon, il se ravitaille aussitôt en carburant, vivres et munitions pour pouvoir appareiller pour sa première patrouille de guerre ce qu’il fait dans la nuit du 5 au 6 septembre 1948.

La Bayadère

-La Bayadère est mise sur cale aux chantiers Auguste Normand le 29 août 1938 lancée le 4 juillet 1940 et mise en service le 10 mai 1942.

Affecté à la 26ème DSM, il quitte Cherbourg le 11 mai 1942 en compagnie de l’aviso-dragueur Commandant Dominé pour rallier Toulon, les deux navires faisant escale à Casablanca du 18 au 21 mai avant d’arriver dans le Var le 25 mai 1942.

La Bayadère désormais sous-marin de la 13ème DSM sort en compagnie de l’Antigone du 29 septembre au 6 octobre 1943 pour l’entrainement ASM des contre-torpilleurs Guépard Lion et Bison de la 2ème DCT.

Du 1er juin au 17 juillet 1945, le sous-marin La Bayadère est échoué au bassin n°4 du Castigneau pour son premier grand carénage. Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 27 juillet, effectuant ses essais officiels du 28 au 30 juillet puis sa remise en condition du 1er au 15 août 1945.

Du 7 au 11 octobre 1945, La Bayadère relaie le croiseur lourd Henri IV dans une mission de surveillance des Baléares où la présence de nombreux navires italiens laissait craindre la possible installation d’une base navale italienne.

Du 18 au 23 février 1946, l’amiral Ollive, grand-amiral de la Flotte et commandant chef de la marine nationale passe une inspection des capacités du cuirassé Richelieu et du porte-avions Joffre, les sous-marins L’Aurore et La Bayadère servant de plastron pour l’entrainement ASM des torpilleurs d’escadre et du porte-avions.

Du 14 au 21 mai 1947, il participe à l’entrainement ASM des contre-torpilleurs Marceau Desaix et Kléber de la 12ème DCT en compagnie de son compère L’Aurore mais également d’avions et d’hydravions basés à terre.
Le 16 août 1948, La Bayadère est échoué au bassin Vauban n°6 pour le deuxième grand carénage de sa carrière. Ce grand carénage censé duré jusqu’au 7 octobre est accéléré par le déclenchement du second conflit mondial. Armé pour essais le 8 octobre, il effectue essais et remise en condition jusqu’au 17 octobre date à laquelle il est déclaré disponible.

13-Sous-marins (31) sous-marins classe Jean Autric

K-Sous-marins classe Autric (Rolland Morillot mod.)

La tranche 1947 autorise la construction de quatre nouveaux sous-marins de grande patrouille inspirés des Rolland Morillot mais qui tirent la leçon de l’utilisation des 1800 tonnes dont les premiers ont déjà 4-5 années de service actif.

L’architecture générale reste la même mais le kiosque est redessiné pour améliorer son hydrodynamisme. Les optiques et l’appareillage d’écoute est modifié.

Au niveau de l’armement, il conserve le dispositif de tubes lance-torpilles imaginé pour La Martinique et les sous-marins suivants mais au niveau de l’artillerie, le canon de 100mm est remplacé par un canon de 130mm et l’affût double de 25mm par un affût double de 37mm.

Les quatre sous-marins sont baptisés du noms de sous-marins allemands récupérés après le premier conflit mondial qui portaient des noms de marins français morts durant la «der des ders».

-Le Jean Autric est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) sur leur site du Havre le 4 juin 1947 et lancé le 12 septembre 1948 pour une mis en service prévue en septembre/octobre 1949.

-Le Jean Corre est mis sur cale à l’Arsenal de Cherbourg le 4 octobre 1947 pour un lancement prévu en décembre 1948 et une mise en service prévue en octobre 1949

-Le René Audry est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand du Havre le 4 octobre 1947 pour un lancement prévu en décembre 1948 et une mise en service prévue en octobre 1949

-Le Trinité Schillemans est mis sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon le 8 décembre 1947 pour un lancement le 14 janvier 1949 et une mise en service en janvier/février 1950

Caractéristiques Techniques de la classe Autric

Déplacement : surface 1900 tW en plongée 2507 tW

Dimensions : longueur 102.80m largeur 8.44m Tirant d’eau 5.4m

Propulsion : deux moteurs diesels Sulzer de 6500ch et deux moteurs électriques de 1300ch deux hélices

Performances : vitesse maximale 21 noeuds en surface 9.5 noeuds en plongée Rayon d’action 4000 miles nautiques à 12 noeuds Immersion : 100m

Armement : un canon de 130mm modèle 1932 avec 150 obus, un affût double de 37mm, 13 tubes lance-torpilles de 550mm (4 tubes à l’étrave et trois plate-formes orientables triples)

Equipage : 75 officiers et marins