17-Aviation navale (33)

Escadrille 21T

Cette escadrille est créée le 21 juin 1947 sur la base de Lann-Bihoué prêt de Lorient en même temps que la 11ème flottille d’aviation navale (11ème FAN), le groupe aérien du porte-avions léger Henriette de France

La principale mission de ce porte-avions est l’appui des croiseurs et des contre-torpilleurs de la 3ème Escadre Légère, appui qui passe par la fourniture d’une capacité de reconnaissance lointaine et une ombrelle aérienne contre l’aviation ennemie voir un appui-feu avec notamment la 21T et ses six Latécoère Laté 299-5.

Du 25 juin au 12 août 1947, l’escadrille 21T participe avec le reste de la 11ème FAN à un entrainement aviation intensif entre Casablanca et Dakar avant de rentrer à Brest le 19 août.

Après la traversée de longue durée du 24 septembre au 29 novembre, la 21T sort à nouveau pour entrainement du du 25 au 30 décembre 1947 et du 4 au 12 janvier 1948.

Du 12 au 18 février 1948, elle participe à l’exercice «Centaure» avec les croiseurs de la 3ème Escadre Légère  puis enchaîne par deux entraînements organisés du 27 février au 12 mars 1948 et du 29 avril au 8 mai dans le Golfe de Gascogne avant de terminer par un entrainement au large de Dakar du 16 mai au 2 juin.

Le porte-avions Henriette de France subissant un petit carénage du 10 juin au 5 août, la 21T comme le reste de la 11ème FAN s’entraine depuis la terre avant de retrouver leur plate-forme opérationnelle à partir du 12 août pour remise en condition puis entrainement jusqu’au 4 septembre.

Suite à l’attaque allemande sur la Norvège et le Danemark, les alliés décident de riposter, voulant à tout prix éviter une Norvège sous la botte allemande.

L’Henriette de France reçoit pour mission de couvrir le convoi transformant le corps expéditionnaire franco-polonais à Rosyth pour rejoindre les troupes anglaises prévues pour cette riposte terrestre. L’escadrille 21T va assurer une mission de patrouille anti-sous-marine tout en se préparant à sa future mission d’assaut en Norvège.

Escadrille 22T

Pour renforcer les capacités de l’aéronavale depuis Dakar, décision est prise de créer une flottille mixte regroupant hydravions et avions.

L’escadrille 5R équipée de Loire 130 étant la seule unité basée en AOF, décision est prise de créer en  cette année 1947 plusieurs escadrilles dont une escadrille de douze hydravions torpilleurs Bloch MB-481

Cette unité créée officiellement le 12 septembre 1947 va assurer la protection du port de Dakar  contre un possible raid antisurface mais également contre les sous-marins opérant au large de la capitale de l’AOF.

Au 5 septembre 1948, l’unité qui dispose de douze hydravions (tous du lot d’origine) multiplie les patrouilles anti-sous-marines au large de Dakar pour protéger les convois partant de ce port et ralliant Casablanca, Le Verdon et Brest.

Escadrille 23T

En mars 1947 est créée  la 23ème escadrille de torpillage (23T) équipée de huit hydravions torpilleurs Bloch MB-481. Comme les autres unités de la 11ème flottille d’hydravions, cette escadrille est basée à Cam-Ranh.

Sa mission est d’appuyer les FNEO et compenser la probable infériorité des forces navales françaises contre les japonais en menant de nuit un raid surprise contre les forces japonaises.

En septembre 1948, le nombre d’avions à été porté à douze avec l’arrivée de douze appareils démontés. Si quatre d’entre-eux sont montés et utilisés par la 23T, les huit autres sont montés mais stockés à Than-Son-Nut comme réserve d’attrition.

Escadrille 24T

En avril 1947 est activée la 24ème escadrille de torpilleurs qui reçoit comme équipement douze bombardiers-torpilleurs Lioré et Olivier Léo 456.

Bien qu’intégrée à la 12ème flottille d’aviation navale, la 24T est basée à Haïphong avec une double mission : l’attaque à la torpille d’une force navale ennemie pénétrant dans le Golfe du Tonkin et l’appui des troupes au sol défendant le Tonkin et notamment la ligne Haïphong-Hanoï appelée Ligne Doumer.

En septembre 1948, l’unité est toujours basée dans le grand port du nord de l’Indochine et à l’annonce des raids allemands sur la Norvège et le Danemark, les douze bombardiers-torpilleurs sont dispersés pour éviter qu’un raid surprise japonais ne neutralise d’un coup l’unité.

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15-Pétroliers et ravitailleurs rapides (10)

Le Liamone

-Le Liamone est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) de Dunkerque le 4 avril 1940 lancé le 15 janvier 1942 et mis en service le 10 mars 1943 à Cherbourg son port d’armement.

Il quitte Cherbourg le 12 mars 1943, charge du mazout, du gazole et du matériel à Brest le 13 mars puis reprend la mer le 15.

Le Liamone fait escale à Casablanca du 20 au 23 mars avant de rallier Toulon le 28 mars 1943, intégrant la 2ème Escadre pour soutenir notamment les cuirassés et le porte-avions Joffre comme le 21 mars 1945 quand il ravitaille successivement le Provence, le Joffre et leurs quatre torpilleurs d’escadre ou encore le 29 août 1945.

Du 16 au 22 septembre 1945, le Provence sert de plastron au groupe aérien du Joffre, étant ravitaillés à plusieurs reprises par le Liamone. Les cinq navires font escale à Tunis du 23 au 27 septembre avant de tous rentrés à Toulon le 29 septembre 1945.

Du 26 février au 7 avril 1946, Le PRE Liamone est échoué dans le bassin Vauban n°7 pour son premier grand carénage. Outre une remise en état complète, il reçoit un radar et un complément de DCA. Armé pour essais le 15 avril, il sort pour essais les 16 et 17 avril puis pour remise en condition du 19 au 30 avril 1946.

Le 5 mai 1946, le PRE Liamone quitte Toulon en compagnie du cargo rapide Tlemcen et des contre-torpilleurs Desaix Marceau et Kléber (12ème DCT) pour un entrainement de division délocalisé à Dakar et dans le Golfe de Guinée.

Les cinq navires arrivent le 15 mai 1946 à Dakar. Après quelques jours de relache pour réparer le matériel et reposer les hommes, la 12ème DCT entame son cycle d’exercice par une école à feux du 18 au 21 mai avant d’enchainer par un exercice de défense aérienne à la mer du 23 au 27 mai puis un exercice de défense et d’attaque de convois du 29 mai au 5 juin au cours duquel le Tlemcen et le Liamone sont alternativement protégés par deux contre-torpilleurs et attaqué par le troisième.

Après une nouvelle escale à Dakar du 6 au 9 juin, les trois contre-torpilleurs accompagnés du cargo et du pétrolier ravitailleur quittent la capitale de l’AOF le 10 juin puis rallient Abidjan le 15 juin après un transit marqué par une série d’exercices.

Alors que le Tlemcen est mouillé dans la lagune pour servir de base mobile, la 12ème DCT et le pétrolier-ravitailleur reprennent la mer pour une nouvelle série d’exercice ayant pour thème la protection d’un cargo rapide et ce du 17 au 25 juin. La petite escadre fait ensuite escale à Conakry du 27 au 30 juin, à Libreville du 2 au 6 juillet et à Pointe-Noire du 8 au 11 juillet.

Ils rallient le Tlemcen au large d’Abidjan le 14 juillet et les cinq navires entament le transit retour en direction de Toulon, faisant escale à Dakar du 17 au 20 juillet, Casablanca du 24 au 27 juillet avant de rallier Toulon le 1er août 1946.

Le 8 septembre 1947, le pétrolier-ravitailleur d’escadre Liamone quitte Toulon en compagnie des contre-torpilleurs Bayard Du Guesclin Turenne (2ème DCT) Aigle Albatros Gerfaut (5ème DCT) pour un entrainement de division au large du Levant. Les six contre-torpilleurs effectuent ainsi la traversée sans escale Toulon-Beyrouth, étant ravitaillés deux fois par le PRE avant d’arriver à destination le 16 septembre 1947.

Le cycle d’entrainement commence le 19 septembre par une école à feu qui s’achève le 27 septembre 1947. Après une escale à Lattaquié du 28 septembre au 1er octobre, les deux divisions s’affrontent dans un exercice de défense et d’attaque de convois, convoi symbolisé par l’aviso colonial La Grandière et le pétrolier-caboteur Ardèche, les deux divisions assurant tour à tour la défense et l’escorte du convoi sans parler des périodes où les deux divisions sont recomposées.

Après un ravitaillement auprès du Liamone le 10 octobre, les deux divisions de contre-torpilleurs effectuent un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 20 octobre quand ils rallient le port de Beyrouth.

La 2ème et la 5ème DCT accompagnés du PRE quittent le Levant le 25 octobre, relachent à Bizerte du 30 octobre au 4 novembre avant de rentrer à Toulon le 7 novembre 1947 au matin.

Le 5 septembre 1948, le pétrolier-ravitailleur Liamone était à quai à Toulon, en entretien. Il accélère sa remise en condition pour être prêt à mener des missions de guerre.   

Le Rhône

-Le Rhône est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) sis à Bordeaux le 12 septembre 1944 lancé le 12 mars 1946 et mis en service le 4 octobre 1946 à Brest son port d’armement.

Affecté en Indochine, il quitte Brest dès le 1er octobre soit avant sa mise en service pour rallier son port d’attache. Il traverse l’Atlantique à bonne vitesse, se ravitaillant à Fort de France le 9 octobre et arrivant à l’entrée du canal de Panama le 12 octobre. Il franchit le canal interocéanique les 13 et 14 octobre.

Après un bref ravitaillement à Balboa le 15 octobre avant de traverser le Pacifique direction Pearl Harbor où ils font escale du 19 au 21 octobre avant de reprendre leur route, faisant escale à Guam du 26 au 28 octobre, à Subic Bay du 5 au 8 novembre avant de rallier Cam-Ranh le 11 novembre 1946.

Du 13 au 30 novembre 1946, Le Rhône est échoué dans la forme n°1 de l’Arsenal de Cam-Ranh pour inspection et travaux après une longue traversée. Il sort pour essais les 1er et 2 décembre puis remise en condition du 4 au 10 décembre 1946.

Du 4 au 20 février 1947, Le PRE Le Rhône participe à la remise en condition du croiseur lourd Tourville en compagnie du croiseur léger Duguay-Trouin.

Le 24 février, un incident frontalier oppose des légionnaires français à des soldats thaïlandais pour quelques arpents de terre disputés entre la France et la Thaïlande. La France bien décidée à ne pas se laisser se marcher sur les pieds décide d’effectuer une démonstration navale.

Dès le lendemain, une petite escadre appareille de Cam-Ranh, escadre composée des croiseurs Tourville et Duguay Trouin ainsi que du PRE Le Rhône, bientôt rejoints par l’aviso colonial Amiral Charner venu de Saïgon pour une démonstration dans le Golfe de Thaïlande, démonstration à laquelle ne répond pas la marine thaïlandaise.

Cette démonstration s’achève le 4 mars quand les trois navires français mettent cap sur Cam Ranh où ils arrivent le 7 mars 1947, l’amiral Charner lui ralliant Saïgon.

Du 23 octobre au 15 novembre, le pétrolier-ravitailleur d’escadre Le Rhône soutien le croiseur lourd Tourville pour une mission de surveillance dans le Golfe de Thaïlande, relayé par des avions et des hydravions pour pister les unités de la marine thaïlandaise.

Du 24 février au 6 mars 1948, Le Rhône sort pour un entrainement en compagnie du porte-avions léger Alienor d’Aquitaine, du croiseur léger Duguay-Trouin et du croiseur lourd Tourville.

Le 5 septembre 1948, Le Rhône est à quai à Cam-Ranh, s’apprêtant à sortir pour des exercices communs à tous les navires des FNEO.

La Garonne

-Le Garonne est mis sur cale aux Forges et Chantiers de Gironde (FCG) le 4 octobre 1944 lancé le 4 avril 1946 et mis en service le 12 novembre 1946 à Brest, son port d’armement.

Affecté à Diego-Suarez, il quitte Brest le 15 novembre, font escale à Casablanca du 20 au 23 novembre, franchit les colonnes d’Hercules le 24 novembre pour pénétrer en Méditerranée.

La Garonne fait escale à Bizerte du 28 au 30 novembre, est à Alexandrie du 5 au 8 décembre avant de franchir le canal de Suez les 9 et 10 décembre. Il est à Djibouti du 15 au 18 décembre avant de rallier Diego-Suarez le 26 décembre 1946.

Bien que classé PRE, La Garonne va servir autant de ravitailleur rapide pour les navires des FNAEF mais également de transport pétrolier, chargeant à Adaban (Iran) et à Basrah (Irak) du mazout et du gazole pour alimenter les dépôts de Djibouti et de Diego-Suarez.

Le 24 août 1948, il quitte Diego-Suarez en compagnie de la corvette La Rouennaise pour rallier Adaban afin de charger du mazout pour les dépôts de Diego Suarez. Les deux navires arrivent à destination le 2 septembre, chargeant du mazout les 3 et 4 septembre, appareillant dans la nuit du 4 au 5 septembre pour rentrer à Diego Suarez le 14 septembre 1948.

Caractéristiques Techniques des PRE de classe La Seine

Déplacement : standard 8490 tW pleine charge 21200 tonnes 14800 tonnes de port en lourd

Dimensions : longueur hors tout 160m longueur à la flottaison 158m longueur entre perpendiculaires 153m largeur 22m tirant d’eau 9m pleine charge

Propulsion : deux groupes de turbines Parson alimentées par trois chaudières dévellopant 14750ch entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 18 noeuds (14 noeuds en service courant) rayon d’action inconnu

Electronique : un radar de navigation

Capacités : douze citernes pour le transport de mazout (huit citernes), de gazole (deux citernes), de carburant aviation (deux citernes) soit 12000 tonnes de mazout, quatre soutes pour vivres et pièces détachées (170 tonnes au total).

Le ravitaillement à lieu à couple avec quatre postes pour combustible et un en flèche. Deux grues de 25 tonnes pour le transfert à couple et à flot de charges lourdes.

Armement : deux canons de 100mm modèle 1925 et huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 en quatre affûts doubles. Des mitrailleuses de 7.5mm sont embarquées au moment de l’entrée en guerre.  

Equipage : 140 officiers et marins

15-Pétroliers et Ravitailleurs Rapides (8)

La Charente

Le ravitailleur rapide La Charente

Le ravitailleur rapide La Charente

-La Charente est mise sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime (ACSM) sis au Trait (Seine-Maritime) le 4 mai 1939 lancé le 12 mai 1941 et admis au service actif le 25 août 1942 à Cherbourg où les ouvriers de la DCN ont assuré des travaux complémentaires, sa mise au point et ses essais.

Il quitte le port bas-normand le 26 août 1942 et rallie Brest en fin de journée, étant affecté au groupement de soutien de la Flotte de l’Atlantique où il doit assurer le ravitaillement à la mer des navires de la 1ère Escadre mais également de la 3ème Escadre Légère.

Du 15 août au 5 octobre 1945, il est échoué dans le bassin n°3 de l’Arsenal de Brest pour son premier grand carénage, subissant une remise en état complète et une modernisation de son système RAM et de sa DCA.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 26 octobre, sortant pour essais les 27 et 28 octobre puis pour remise en condition du 30 octobre au 9 novembre 1945.

Du 8 au 22 mars 1946, le cuirassé Gascogne et les torpilleurs d’escadre Durandal et Dague effectue un entrainement intensif en mer d’Iroise, soutenus par La Charente qui les ravitaille en mer. Il effectue la même chose avec le cuirassé Normandie du 1er au 12 mars 1947.

Le 13 août 1948, il est échoué dans le bassin n°3 de l’Arsenal de Brest pour un nouveau grand carénage censé s’achever début novembre. Le début du second conflit mondial accélère les travaux au bassin qui s’achève avec dix jours d’avance sur le planning initial soit le 30 septembre 1948.

Il est armé pour essais dès le 5 octobre, effectuant une journée d’essais le 6 octobre puis sa remise en condition du 7 au 15 octobre 1948, date à laquelle il peut enfin participer aux opérations de guerre.

La Mayenne

Le ravitailleur rapide La Mayenne dans une livrée originale appliquée peu après le début du conflit

Le ravitailleur rapide La Mayenne dans une livrée originale appliquée peu après le début du conflit

-La Mayenne est mise sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime (ACSM) sis au Trait (Seine-Maritime) le 21 septembre 1939 lancé le 4 octobre 1941 et mis en service le 14 mars 1943 à Cherbourg son port d’armement.

Il quitte la Normandie le 16 mars, charge carburant et munitions à Brest le 17 mars puis reprend la mer le 18 mars, direction Bizerte son port d’attache.

Il fait escale à Casablanca du 23 au 25 mars, franchit quelques heures plus tard les colonnes d’Hercules avant de pénétrer en Méditerranée. Le ravitailleur rapide arrive à Bizerte le 31 mars 1943, son arrivée permettant le désarmement du vieux pétrolier Dordogne.

Il intègre la 6ème Escadre Légère et va principalement assurer le ravitaillement des navires de cette force dont le rôle principal est en temps de guerre de couper les lignes de communications entre l’Italie et sa colonie libyenne.

Le 20 novembre 1943, le ravitailleur rapide La Mayenne quitte Bizerte en compagnie des contre-torpilleurs Mogador Volta et Hoche pour un entrainement de division au large de Dakar où les quatre navires arrivent le 28 novembre. L’exercice à lieu du 1er décembre 1943 au 10 janvier 1944.

Les quatre navires quittent Dakar le 13 janvier, relâchent à Casablanca du 17 au 20 janvier avant de rentrer à Bizerte le 25 janvier 1944.
Le 22 juin 1945, le cuirassé Clemenceau arrive à Bizerte, mouillant au milieu du lac jusqu’au 27 juin date à laquelle il appareille pour faire une nouvelle escale à Sfax du 28 juin au 2 juillet. Le cuirassé de classe Richelieu n’est pas seul, étant accompagné des torpilleurs Rapière et Hallebarde et donc de La Mayenne.

La petite escadre quitte la Tunisie le 2 juillet pour traverser la Méditerranée direction Beyrouth où elle arrive le 7 juillet 1945.
Le cuirassé Clemenceau et ses deux torpilleurs manœuvrent en compagnie de l’aviso-colonial La Grandière, navire-amiral de la DNL.
Du 9 au 15 juillet 1945, les quatre navires subissent un entrainement DAM avant de se ravitailler auprès de La Mayenne qui ses soutes vides cingla vers Haïfa en compagnie de la Grandière pour recompléter ses soutes.
La Mayenne arrive à Haïfa le 17 juillet en compagnie de l’aviso-colonial et recharge aussitôt ses soutes en mazout. Le plein terminé le 18 au soir, le ravitailleur rapide quitte la Palestine mandataire le 19 dans la journée et retrouve le cuirassé et les deux torpilleurs le 21 juillet pour un ravitaillement à la mer, la Rapière ouvrant le bal suivit du Clemenceau avant que la Hallebarde ne termine ce cycle.
L’entrainement se poursuit et s’achève par un entrainement au combat antisurface du cuirassé (22 au 31 juillet), la petite escadre faisant escale à Alexandrie du 1er au 8 août avant de rallier Bizerte le 12  août, le cuirassé et ses deux torpilleurs repartant le 15 pour Toulon.

Le 12 février 1946, le ravitailleur rapide La Mayenne quitte Bizerte en compagnie de la 11ème DCT pour un nouvel entrainement de division au large de Dakar où les quatre navires arrivent le 19 février. A noter que durant le transit, les quatre navires sont régulièrement attaqués par les avions de l’armée de l’air et de l’aéronavale basés en Algérie et au Maroc.

L’entrainement à lieu du 24 février au 12 avril, le ravitailleur rapide La Mayenne ravitaille à plusieurs reprises les contre-torpilleurs, recomplétant ses soutes en puissant dans les réservoirs de la zone militaire du port de Dakar.

La Mayenne aurait du accompagner les contre-torpilleurs dans une mission de présence en Afrique Noire mais il est victime d’une avarie le 15 avril. Il passe au bassin du 18 avril au 5 mai pour inspection et réparations sommaires, un grand carénage étant prévu à l’issue de cette mission. Il sort pour essais du 6 au 8 mai puis reste à Dakar, effectuant de petites sorties au large de Dakar.

Le 24 mai 1946, il retrouve la 11ème DCT avec il quitte Dakar le 27 mai pour rallier Bizerte sans escale le 6 juin 1946.

Du  9 juin au 7 août 1946, La Mayenne est échoué au bassin n°4 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour son premier grand carénage.

Outre une remise en état complète, il reçoit plusieurs radars. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 28 août, sortant pour essais du 29 au 31 août puis pour remise en condition du 2 au 12 septembre 1946.

Le 30 janvier 1947, le ravitailleur rapide La Mayenne quitte Bizerte et ravitaille en mer les contre-torpilleurs Chevalier Paul et Tartu de la 7ème DCT avant de servir de plastron pour un exercice d’escorte et d’attaque de convois (1er au 8 février). La Mayenne va ensuite ravitailler à plusieurs reprises les deux contre-torpilleurs lors d’un exercice de synthèse mené du 10 au 27 février 1947.

Le 8 janvier 1948, le ravitailleur rapide quitte à nouveau Bizerte en compagnie de la 11ème DCT pour un nouvel entrainement au large de Dakar où ils arrivent le 18 janvier.

Après une école à feux du 21 au 25 janvier, les trois contre-torpilleurs effectuent un entrainement à la défense aérienne à la mer du 27 janvier au 2 février, protégeant le pétrolier La Mayenne des assauts de l’armée de l’air et de l’Aviation Navale.

La 11ème DCT enchaine par un entrainement au combat antisurface du 4 au 11 février, un entrainement au mouillage de mines du 13 au 16 février et un entrainement ASM du 18 au 23 février contre le sous-marin Agosta.

Après un exercice de synthèse du 25 février au 5 mars, les trois contre-torpilleurs et les ravitailleurs rapides quittent Dakar le 7 mars en compagnie de l’Agosta qu’ils escortent jusqu’à Brest où les quatre navires arrivent le 15 mars.

Les trois contre-torpilleurs et le ravitailleur rapide quittent Brest le 16 mars, relâchent à Casablanca du 20 au 23 mars avant de rentrer à Bizerte le 28 mars 1948.

Le ravitailleur rapide La Mayenne était à Gabès le 5 septembre 1948 et reçoit l’ordre de rallier Bizerte pour préparer les missions de soutien aux actions de la 6ème Escadre Légère.

La Baïse

Le ravitailleur rapide La Baïse

Le ravitailleur rapide La Baïse

-La Baïse est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime (ACSM) sis au Trait  le 30 mai 1940 lancé le 14 juillet 1942 et mis en service le 15 janvier 1944 à Cherbourg son port d’armement.

Affecté à la 4ème Escadre avec Mers-El-Kébir comme base, le sixième et dernier ravitailleur rapide de classe L’Adour quitte la Normandie le 17 janvier, charge des munitions, du mazout et du gazole à Brest le 18 janvier puis quitte Brest le 19 janvier, fait une escale à Casablanca du 23 au 25 janvier avant de rallier Mers-El-Kébir le 28 janvier 1944.

Le 17 août 1946, La Baïse quitte Mers-El-Kébir en compagnie du croiseur de bataille Strasbourg et de ses torpilleurs d’escadre Lansquenet et Fleuret.

Au large de l’Espagne, il fait sa jonction avec le croiseur lourd Suffren et le croiseur léger Chateaurenault venus de Toulon. La petite escadre manoeuvre avant une escale à Casablanca le 24 août, escale suivit d’une traversée de l’Atlantique direction Fort de France où elle arrive le 2 septembre 1946.

Elle fait escale à Pointe à Pitre du 7 au 12 septembre, Kingston (Jamaïque) du 14 au 17 septembre, Veracruz (Mexique) du 19 au 22 septembre, La Nouvelle Orléans du 25 au 28 septembre, Miami du 30 septembre au 3 octobre 1946 avant de traverser l’Atlantique faisant escale à Dakar le 7 octobre 1946

Si le Strasbourg et ses deux torpilleurs d’escadre rentrent alors à Mers-El-Kébir, les deux croiseurs et La Baïse poursuivent cette croisière par un déploiement dans le Golfe de Guinée. Ils quittent Dakar le 11 octobre, font escale à Abidjan du 13 au 17 octobre, à Bioko (île de la Guinée Espagnole) du 19 au 21 octobre, à Libreville du 22 au 25 octobre, Abidjan à nouveau du 28 octobre au 2 novembre, Dakar du 4 au 8 novembre, à Casablanca du 11 au 14 novembre avant de rentrer à à Mers-El-Kébir le 18 novembre 1946.

Du 22 février au 2 mai 1947, il est échoué dans le bassin n°2 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour son premier grand carénage. Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 17 mai, sortant pour essais du 18 au 20 mai puis pour remise en condition du 22 mai au 2 juin 1947. Il quitte Bizerte le 3 juin et rentre à Mers-El-Kébir le lendemain 5 mai 1947.

Le 29 octobre 1947, La Baïse quitte Mers-El-Kébir en compagnie des croiseurs légers Latouche-Treville, Gambetta et Condé de la 8ème DC.

Après un exercice de défense aérienne à la mer du 29 octobre au 5 novembre, les trois navires se ravitaillent auprès du Ravitailleur Rapide le 6 novembre, les quatre navires faisant escale à Casablanca du 8 au 12 novembre 1947.

Reprenant la mer, les trois croiseurs se livrent à une série de joutes antisurfaces du 13 au 20 novembre au large des côtes du Maroc et de l’AOF avant de faire escale à Dakar du 21 au 24 novembre.

Les trois croiseurs effectuent une école à feux du 25 novembre au 7 décembre 1947 au polygone de Rufisque avant de faire à nouveau relâche à Dakar du 8 au 11 décembre. Ils repartent le 12 décembre, font escale à Casablanca avec La Baïse du 16 au 18 décembre avant de rentrer à Mers-El-Kébir le 22 décembre 1947.

Le 5 janvier 1948, le ravitailleur rapide La Baïse quitte Mers-El-Kébir en compagnie des contre-torpilleurs Le Terrible Le Triomphant et L’Indomptable (10ème DCT) et les torpilleurs légers  Kabyle Tonkinois Sakalave Bambara (2ème DT) pour un entrainement au large de Dakar où le groupe occasionnel arrive le 15 janvier 1948.

Durant les écoles à feux, La Baïse sert de ravitailleur mais s’entraine également en solitaire avant de soutenir les deux divisions dans leurs duels antisurface du 5 au 12 février avant une escale du groupe occasionnel à Dakar du 13 au 15 février 1948.

Du 17 au 24 février, la 10ème DCT affronte la 2ème DT qui escortait la Baïse dans un entrainement à l’escorte et à l’attaque de convois. Les rôles sont inversés du 26 février au 5 mars quand la 2ème DT cherche à détruire le pétrolier protégé par les trois contre-torpilleurs.

Ce cycle d’entrainement s’achève par un entrainement à la défense aérienne à la mer commun du 7 au 14 mars puis un entrainement au raid amphibie du 15 au 19 mars, la 2ème DT protégeant la 10ème DCT qui attaquait le port de Dakar.

La 10ème DCT, la 2ème DT et le pétrolier-ravitailleur La Baïse quittent Dakar le 22 mars, relachent à Casablanca du 27 au 30 mars avant de rentrer à Mers-El-Kébir le 4 avril 1948.

Le 5 septembre 1948, La Baïse était à quai à Mers-El-Kébir.

Caractéristiques Techniques de la classe Adour

Déplacement : standard 4500 tW pleine charge 12125 tonnes 5000 tonnes de port en lourd

Dimensions : longueur hors tout 132m longueur entre perpendiculaires 124.75m largeur 16.36m tirant d’eau : 6.40m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenage Parson alimentées en vapeur par deux chaudières Penhoët dévellopant 5200ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale théorique 15 noeuds (14 noeuds en pratique) rayon d’action 6600 miles nautiques à 8 noeuds 5500 miles nautiques à 10 noeuds

Electronique : au cours de leur premier grand carénage ou ultérieurement, les ravitailleurs rapides  reçoivent un radar de navigation

Capacités : les Adour peuvent transporter 6200 mètres cubes de fret et les capacités des soutes à pétrole sont de 5600 tonnes. Deux mats de charge de 5 tonnes à l’avant, trois de 12 tonnes sur le mat arrière et deux de 5 tonnes sur la dunette. Un système de ravitaillement à couple avec un poste tribord et un poste babord.

Armement : deux canons de 100mm modèle 1925 et quatre mitrailleuses de 13.2mm en deux affûts doubles. En 1948, les canons de 100mm sont toujours là mais les mitrailleuses de 13.2mm ont été remplacés par six canons de 37mm modèle 1941 en trois affûts doubles

Equipage : 6 officiers et 82 hommes en temps de paix 6 officiers et 103 hommes en temps de guerre

14-Navires légers (38) Corvettes classe La Malouine (7)

La Lyonnaise

-La Lyonnaise est mise sur cale aux chantiers navals Smith’s Dock de Middlesborough le 4 mars 1943 lancée le 4 janvier 1944 et mise en service le 12 août 1944.

La 25ème corvette de classe La Malouine quitte son chantier constructeur le 16 août pour rallier Dakar, son port d’attache. Elle fait escale à Brest du 21 au 25 août, à Casablanca du 29 au 31 août avant de rallier Dakar le 6 septembre 1944.

Le 11 décembre 1944, la corvette L’Oranaise arrive à Dakar. Son arrivée permet l’activation de la 7ème DEO en attendant les corvettes La Sablaise et La Servanaise qui doivent la compléter.

La 7ème DEO basée dans la capitale de l’AOF à pour mission de traquer les submersibles dans l’Atlantique Sud et dans le Golfe de Guinée mais également d’assurer des missions d’escorte atlantique notamment depuis Fort de France et Cayenne.

Du 5 septembre au 22 octobre 1947, la 25ème corvette de classe La Malouine est échouée dans la forme n°2 du port de Dakar, une forme qui semble écraser la corvette puisque la forme de radoub mesure 260m de long et 30m de large pour pouvoir si nécessaire soutenir un cuirassé de classe Alsace en opérations dans la région mais également pensée pour l’après guerre et le radoub de navires marchands dont la taille ne cessait d’augmenter.

Après des travaux complémentaires à quai, la corvette est armée pour essais le 3 novembre 1947, sortant pour essais le 4 et le 5 novembre puis pour remise en condition du 7 au 21 novembre, la corvette reprennant un service courant le 22 novembre.

Le 5 septembre 1948, la corvette La Lyonnaise était en patrouille anti-sous-marine au large de Dakar en compagnie de La Sablaise.

L’Algéroise

-L’Algeroise est mise sur cale aux chantiers navals Harland & Wolff de Belfast le 7 juillet 1943 lancée le 15 avril 1944 et mise en service le 20 novembre 1944.

Affectée à Dunkerque, la corvette quitte son chantier constructeur le 22 novembre, fait escale à Cherbourg du 24 au 27 novembre avant de rallier Dunkerque le 28 novembre 1944, ralliant l’Escadre Légère du Nord (ELN) où il est placé hors rang en attendant la mise en service de L’Aixoise.

Le 13 janvier 1945, la corvette L’Aixoise arrive à Dunkerque ce qui permet donc l’activation de la 8ème DEO, cette division devant mener des missions de lutte ASM en Manche et mer du Nord ainsi que des escortes de convois notamment ceux transportant les troupes britanniques appelées à se déployer sur le Continent.

Le 12 août 1947, la corvette L’Algéroise quitte Dunkerque pour Cherbourg afin de subir son premier grand carénage. Elle est échouée dans le bassin n°2 de l’Arsenal de Cherbourg du 15 août au 1er octobre 1947 pour une remise en état générale et une mise à jour des radars et de l’Asdic.

Après des travaux complémentaires à quai, la corvette est armée pour essais le 15 octobre, effectuant ses essais réglementaires les 16 et 17 octobre puis sa remise en condition du 19 au 31 octobre, la corvette ralliant Dunkerque le 1er novembre 1947.

Le 5 septembre 1948, la corvette était en patrouille anti-sous-marine dans le détroit du Pas de Calais en compagnie de l’Aixoise.

L’Oranaise

-L’Oranaise est mise sur cale aux chantiers navals Harland & Wolff de Belfast le 7 juillet 1943 lancée le 15 avril 1944 et mise en service le 20 novembre 1944.

Elle quitte l’Ulster le 22 novembre, fait escale à Brest du 25 au 28 novembre pour charger des munitions, recompléter sa cambuse et ses soutes à carburant avant de reprendre la mer, faisant une brève escale à Casablanca du 2 au 4 décembre avant d’arriver à Dakar le 11 décembre 1944.

Son arrivée permet l’activation de la 7ème DEO qu’elle forme avec son sister-ship La Lyonnaise en attendant les corvettes La Sablaise et La Servanaise.

La 7ème DEO basée dans la capitale de l’AOF à pour mission de traquer les submersibles dans l’Atlantique Sud et dans le Golfe de Guinée mais également d’assurer des missions d’escorte atlantique notamment depuis Fort de France et Cayenne.

Du 25 octobre au 2 décembre 1947, la corvette est échouée dans le bassin n°1 du port de Dakar pour une remise en état complète et une mise à jour de ses radars et de l’Asdic.

Après des travaux complémentaires à quai, l’Oranaise est armée pour essais le 16 décembre, sortant pour essais les 17 et 18 décembre puis pour remise en condition du 20 décembre 1947 au 2 janvier 1948.

Le 5 septembre 1948, l’Oranaise est à quai à Dakar et se prépare à assurer des patrouilles anti-sous-marines et des escortes de convois.

L’Aixoise

-L’Aixoise est mise sur cale aux chantiers navals Harland & Wolff de Belfast le 12 août 1943 lancée le 21 mai 1944 et mise en service le 5 janvier 1945.

Elle quitte Belfast le 7 janvier 1945, fait escale à Cherbourg du 9 au 12 janvier avant de rallier Dunkerque le lendemain.

Son arrivée permet l’activation de la 8ème DEO qui doit encore accueillir ses sister-ships La Quimperoise et La Cherbourgeoise.

Cette division devant mener des missions de lutte ASM en Manche et mer du Nord ainsi que des escortes de convois notamment ceux transportant les troupes britanniques appelées à se déployer sur le Continent.

Le 23 janvier 1948, la 28ème corvette de classe La Malouine quitte Dunkerque pour rallier Cherbourg le lendemain 24 janvier 1948. Il est échoué au bassin n°3 26 janvier au 3 mars 1948 pour un grand carénage.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 18 mars, sortant pour essais les 19 et 20 mars puis pour remise en condition du 22 mars au 3 avril 1948. Il quitte Cherbourg le 4 avril pour rallier Dunkerque en fin de journée.

Le 5 septembre 1948, la corvette était en patrouille anti-sous-marine dans le détroit du Pas de Calais en compagnie de l’Algéroise.

6-Cuirassés et croiseurs de bataille (7)

D-Cuirassés classe Richelieu

Des «35000 tonnes» pour la marine nationale

Comme je l’ai mentionné dans l’introduction, la marine nationale à été reconstruite dans l’optique d’un conflit méditerranéen contre l’Italie de Mussolini qui revendiquait la Savoie, le comté de Nice, la Corse, la Tunisie et Djibouti.

Les deux pays se marquèrent à la culotte, construisant une flotte réglée sur l’autre, l’apparition d’un navire chez l’un délenchant aussitôt la riposte chez l’autre. Les deux pays se dôtèrent ainsi d’unités légères très rapides et peu endurantes, bien armées mais peu protégées.

Comme la France, l’Italie fût autorisée à construire deux cuirassés durant la «battleship holiday» pour remplacer notament le Leonardo da Vinci qui avait explosé en 1916 et qui relevé n’avait jamais été réparé. Elle fût autorisé également à reconstruire ses cuirassés de type Cavour, travaux qui seront réalisés dans les années trente.

La Regia Marina fût comme la Royale soucieuse de ne pas gâcher ce contingent de 70000 tonnes et de nombreux projets se succédèrent. Le projet le plus abouti fût un cuirassé rapide de 23000 tonnes filant à 28/29 noeuds armé de six canons de 381mm en trois tourelles doubles.

Rapidement, les demandes supplémentaires des amiraux italiens (vitesse plus importante, protection renforcée, armement principal de six canons jugé trop faible) rendit ce projet intenable. L’apparition du Dunkerque _réponse française au Deutschland_ poussa les italiens à réagir.

Le cuirassé Littorio fût à l’origine de la construction des trois Richelieu

Après la reconstruction des Conte di Cavour en octobre 1933, les italiens décidèrent de voir les choses en grand et le 11 juin 1934, l’agence de presse Stefani annonça la construction de deux cuirassés de 35000 tonnes.

Ces navires baptisés Littorio et Vittorio Veneto furent mis sur cale le 28 octobre 1934 respectivement aux chantiers Ansaldo de Gênes et aux Chantiers Réunis de l’Adriatique de Trieste lancés respectivement le 22 août et le 25 juillet 1937 et admis au service actif  respectivement le 6 mai et le 28 avril 1940.

C’était d’élégants navires déplaçant 35000 tonnes, mesurant 237m de long sur 32.9m de large plus un tirant d’eau de 10.5m, une vitesse maximale de 30 noeuds et un armement composé de 9 canons de 381mm en trois tourelles triples (deux avant et une arrière), 12 canons de 152mm en quatre tourelles triples, 12 canons de 90mm antiaériens en affûts simples et 20 canons de 37mm (8 affûts doubles et 4 affûts simples).

La réponse française fût immédiate. Le 26 juillet 1934 soit deux semaines après que les caractéristiques des cuirassés italiens fussent rendues publiques et seulement huit jours après la mise en chantier du Strasbourg (qui sera mis sur cale en novembre), le Conseil Supérieur de la Marine démandèrent que le STCN étudie un nouveau modèle de cuirassé suivant quelques lignes directrices :

-Déplacement de 35000 tonnes

-Un armement principal composé de huit ou neuf canons d’un calibre de 380 à 406mm

-Un armement secondaire polyvalent

-Une protection composée d’une ceinture blindée de 360mm, d’un pont blindé supérieur 160mm, d’un pont blindé intermédiaire de 40mm et d’une protection sous marin semblable à celle des Dunkerque

-Vitesse de 29.5/30 noeuds

Le design original des cuirassés de classe Richelieu

Le 27 novembre 1934, le STCN présenta au Conseil Supérieur de la Marine six projets qui avaient pour point commun leur déplacement standard (35000 tonnes), leurs dimensions (247m de long sur 33m de large), une ceinture blindée de 360mm et des ponts blindés de 160 et 40mm d’épaisseur et le calibre de l’armement principal : 380mm et celui de l’armement secondaire : 130mm.

Le Conseil Supérieur de la Marine sélectionna le projet 1 le 14 avril 1935 mais à peine sélectionné ce projet fût modifié non pas au niveau de l’armement principal mais au niveau de l’armement secondaire, l’artillerie de 130mm étant jugée trop faible pour un cuirassé de ce tonnage.

Après une configuration mixte (canons de 130mm plus dédiés au combat antisurface et canons de 75mm antiaériens), on poursuivit sur la voie de l’armement secondaire polyvalent avec cinq tourelles triples de 152mm et une DCA légère qui devait être composée de 12 canons de 37mm en six affûts doubles ACAD modèle 1935 (Affût Contre-Avions Double).

Les plans définitifs furent soumis et acceptés par le ministre de la Marine François Pietri le 14 août 1935, le parlement ayant voté le 30 mars 1935 une nouvelle tranche du statut naval de 1924 (non voté mais servant de cadre directeur) prévoyant la construction de deux cuirassés de 35000 tonnes baptisés Richelieu et Jean Bart et de deux torpilleurs d’escadre de type Le Hardi, les Fleuret et Epée.

A la suite de l’annonce de la construction des Richelieu et des Jean Bart (construction attribuée respectivement à l’Arsenal de Brest et aux ACL de Saint Nazaire), l’Italie riposta par la commande en 1938 de deux nouveaux Littorio, des navires baptisés Roma et Impero. La réponse française ne se fit par attendre, la Royale obtenant la commande de deux autres cuirassés rapides à la tranche 1938 bis mais seul le premier baptisé Clemenceau sera un Richelieu, le quatrième baptisé Gascogne sera d’un modèle différent et au final unique.

Le Richelieu

Le cuirassé Richelieu à Dakar en 1940 lors de ses premiers tirs d’artillerie à Rufisque

-Le Richelieu connu à l’origine sous le numéro de PN196 est mis en chantier dans le bassin n°4 au Salou le 22 octobre 1935 à peine trois semaines après que la coque du Dunkerque eut été mise à l’eau depuis cette forme.

Les travaux sont menés sans priorité jusqu’au début 1937 en raison de problèmes sociaux (grèves) et de la mauvaise volonté britannique, nos amis d’outre-manche ne «sachant toujours pas que Napoléon est mort» (Paul Cambon). Les travaux s’accélèrent alors.

Le 17 janvier 1939 au matin, l’élément de coque principal quitte le bassin du Salou après avoir pris contact avec l’élément liquide la veille. La cérémonie terminée, le bassin est vidé et les tains nettoyés pour permettre la mise sur cale du troisième cuirassé de la classe (financé à la tranche 1938bis) et baptisé Clémenceau.

Le Richelieu est rééchoué dans le bassin n°8 et les éléments de coque avant et arrière sont soudés à la partie principale de la coque. Le navire est mis à flot le 15 janvier 1940 et armé pour essais le 25 mars 1940.

Les essais à la mer ont lieu du 30 mars au 15 avril 1940 avant un passage au bassin pour démontages et modifications jusqu’au 4 mai 1940 quand il reprend la mer pour un deuxième phase d’essais à la mer jusqu’au 25 mai 1940.

Le 8 juin 1940, le cuirassé appareille pour le polygone de Rufisque, jettant l’ancre à l’extérieur du port de Dakar (en travaux mais encore trop étroit pour accueillir un tel mastodonte).

Il effectue une importante école à feu jusqu’au 15 juillet, tirant 160 obus de 380mm contre la terre et en mer et 450 obus de 152mm contre la mer et la terre, le tir antiaérien se révéla impossible.

A noter qu’à l’époque, le polygone de Rufisque (toujours utilisé par la France en 2011 même si son emprise à été largement réduite) est loin d’être prêt. Tout juste a-t-on aménagé des cibles de tirs ainsi que des postes de sécurité pour empêcher des civils de s’installer. Ce n’est qu’en 1944 que ce complexe de tir unique sera pleinement opérationnel.

Il repart de Dakar le 18 juillet 1940 et arrive à Brest le 27 juillet. Devant l’impossibilité de modifier rapidement les canons de 152mm, l’Amirauté décide de prendre des décisions radicales en débarquant les tourelles latérales de 152mm pour les remplacer par six affûts doubles de 100mm en provenant du cuirassé Lorraine (quatre) et de la batterie du Niolon à Marseille (deux) en attendant que suffisamment de canons de 130mm soient disponible pour remplacer les canons de 100 et de 152mm.

Le Richelieu est au bassin n°8 pour travaux du 4 août au 18 novembre 1940 pour démontages, modifications, peinture ainsi que l’installation du nouvel armement secondaire redevenu mixte par la force des choses. Il effectue ensuite ses essais à la mer jusqu’à la fin de l’année.

Le 4 janvier 1941, il appareille pour sa traversée de longue durée, faisant escale à Cherbourg du 7 au 9 janvier, au Havre du 11 au 13, à Dunkerque du 15 au 17, à Anvers du 19 au 21, à Rotterdam du 23 au 25 janvier, à Bergen du 28 janvier au 2 février, à Aberdeeen du 5 au 8 février, à Douvres du 13 au 15 février, à Southampton du 19 au 21 février avant un retour à Brest le 23 février 1941.

Après quelques menus travaux, l’avitaillement en carburant et en munitions, le Richelieu quitte Brest le 1er mars 1941 pour rejoindre son port d’attache : Toulon. Il fait escale à Bordeaux du 2 au 4 mars, à Lisbonne du 5 au 7 mars, Casablanca du 9 au 11 mars avant d’arriver à Toulon le 14 mars.

Le 15 mars 1941, le Richelieu est admis au service actif, affecté à la Flotte de la Méditerranée avec Toulon pour port-base.

En attendant l’admission au service actif du Clemenceau (avec lequel il formera la 3ème DL), le Richelieu intègre le Groupement de Ligne de la 2ème escadre de la Flotte de la Méditerranée, groupement qui se compose également à l’époque de la 1ère DL (croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg) et de la 5ème DL (cuirassés Provence et Lorraine).

La première sortie du nouveau fleuron de la flotte de ligne française à lieu du 21 au 28 mars pour un entrainement au combat antisurface, le Richelieu effectuant une spectaculaire école à feu dont les photos et le film sont souvent utilisées pour montrer la puissance de notre marine d’avant guerre. Il fait escale à Bastia du 29 mars au 5 avril, à Ajaccio du 6 au 10 avril avant de rentrer à Toulon le lendemain 11 avril 1941.

Le Richelieu sort à nouveau pour un entrainement de son détachement aviation du 20 au 27 avril, mouillant aux salins d’Hyères du 28 avril au 3 mai avant d’enchainer par un entrainement de défense aérienne à la mer du 4 au 11 mai. Il rentre à Toulon le 17 mai après une escale à Marseille du 12 au 16 mai 1941.

Après une période d’entretien à flot du 17 mai au 12 juin, le cuirassé sort pour essais du 13 au 18 juin avant un stage de remise en condition du 20 juin au 2 juillet, le cuirassé faisant escale à Bastia du 3 au 7 juillet et à Nice du 8 au 11 juillet, rentrant au port le lendemain 12 juillet

Le 14 juillet 1941, il participe à une revue navale au large de Toulon, le président Tardieu passant en revue les unités de la 2ème Escadre en rade des Vignettes à bord du cuirassé.

Le 20 juillet 1941, le Richelieu quitte Toulon en compagnie de ses torpilleurs d’escadre Corsaire et Flibustier pour une école à feux au large de Rufisque. Les trois navires font escale à Casablanca du 20 au 23 juillet avant d’arriver à Dakar le 27 juillet, l’école à feux occupant les trois navires du 28 juillet au 12 août avant que le cuirassé et les deux torpilleurs ne quittent Dakar le 14 août, se ravitaillant à Casablanca le 18 août avant de rentrer à Toulon le 22 août.

Le Richelieu est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 23 août au 5 octobre,sortant pour essais du 6 au 9 octobre avant remise en condition du 11 au 25 octobre, le cuirassé et ses deux torpilleurs d’escadre faisant escale à Nice du 26 au 30 octobre puis à Marseille du 1er au 4 novembre, rentrant à Toulon le lendemain 5 novembre 1941.

Le Richelieu sort en compagnie de ses torpilleurs d’escadre pour une école à feux du 12 au 19 novembre, ses canons de 380mm donnant de la voix tout comme les canons de 152mm et les canons de 100mm.

Après une escale à Marseille du 20 au 24 novembre, le cuirassé cingle vers l’Afrique du Nord, faisant escale à Alger du 25 au 28 novembre, à Bône du 29 novembre au 2 décembre, à Tunis du 4 au 7 décembre, à La Valette du 9 au 12 décembre, à Bastia du 14 au 17 décembre avant de rentrer à Toulon le lendemain 18 décembre et de préparer une longue croisière en Amérique Latine.

Le 7 janvier 1942, il appareille pour une mission de représentation en Amérique du Sud, territoire où l’influence française était présente mais était également rudemment concurrencée par celles de l’Italie et de l’Allemagne, Paris craignant que Rio de Janeiro, Buenos Aires ou Santiago ne basculent dans le camp de l’Allemagne ou de l’Italie.

Pour montrer le pavillon de façon convainquante, la France rassemble un groupe occasionel composé du cuirassé Richelieu, du croiseur léger Jean de Vienne (venu pour l’occasion de Bizerte), des torpilleurs d’escadre Corsaire et Flibustier et du pétrolier Elorn, chargé de ravitailler les navires de combat.

La Division Navale Française (DNF) quitte Toulon le 7 janvier 1942 sous le commandement du contre-amiral François de Penvers, faisant escale à Casablanca le 13 janvier avant de traverser l’Atlantique, arrivant à Rio de Janeiro le 21 janvier. Ouverts au public, les cinq navires remportent un très grand succès auprès des brésiliens qu’il s’agisse de simples visites ou de réceptions.

La DNF repart le 28 janvier direction Montevideo où elle fait escale du 29 janvier au 5 février 1942 avant de gagner le même jour Buenos Aires où la division reste mouillée jusqu’au 17 février 1942 quand elle appareille pour Valparaiso au Chili, arrivant à destination le 1er mars après une escale de deux jours les 20 et 21 février à Port Stanley, l’Elorn connaissant quelques ennuis mécaniques.

La DNF fait escale dans la principale base chilienne du 17 au 29 mars 1942 avant une brève escale à Callao au Pérou du 30 mars au 2 avril puis à Guyaquil (Equateur) du 5 au 7 avril.

Elle franchit le canal de Panama le 9 avril et après une escale de ravitaillement à Fort de France les 14 et 15 avril, elle rentre à Toulon le 25 avril, le Jean de Vienne rentrant ensuite à Bizerte le 28 avril 1942. La DNF est dissoute le lendemain. Le Richelieu passe au bassin du 5 mai au 22 juin pour se remettre d’un tel périple.

Néanmoins, les ingénieurs du STCN sont satisfaits que le cuirassé n’à connu aucune grave avarie durant cette circumnavigation autour du sous-continent sud-américain surtout que durant plusieurs périodes assez longues, le contre-amiral De Penvers à lâché les chevaux pour voir ce que le cuirassé avait dans le ventre, des pointes à 33 noeuds sont ainsi enregistrées au large de Valparaiso..

Il sort pour essais du 23 juin au 2 juillet avant un stage de remise en condition du 3 au 21 juillet. Il est indisponible pour permissions d’été jusqu’au 17 août. Il reprend la mer pour entrainement du 18 au 30 août et du 2 au 12 septembre 1942.

Durant cette dernière sortie, une délégation de la ville de Luçon sort à bord du navire, la ville vendéenne étant devenue marraine du cuirassé, Armand Jean du Plessis de Richelieu ayant été évêque de Luçon.

Après s’être ravitaillé en carburant à Toulon le 13 septembre, il quitte le Var le lendemain, 14 septembre pour Rufisque et un nouvel entrainement au tir. Il fait escale à Casablanca du 18 au 23 septembre, manquant d’aborder un paquebot espagnol lors de sa manoeuvre de sortie du port.

Arrivé à Dakar le 27 septembre, il mouille dans le bassin principal du port jusqu’au 1er octobre, entamant alors son entrainement au tir, entrainement de près de trois semaines jusqu’au 23 octobre avec le tir de 92 obus de 380mm, de 240 obus de 100mm et de 180 obus de 152mm sans oublier la DCA légère qui s’entraine face aux avions de l’armée de l’air.

Après une nouvelle escale à Dakar du 24 au 31 octobre, le fleuron de la flotte appareille le lendemain 1er novembre pour une nouvelle escale à Casablanca du 5 au 8 novembre puis une seconde escale à Gibraltar du 9 au 12 novembre. Il quitte le Rocher le lendemain 13 novembre pour rentrer à Toulon le 17 novembre 1942.

Il sort à nouveau pour entrainement du 27 novembre au 7 décembre, faisant escale à Nice du 8 au 12 décembre avant un entrainement à la navigation et au combat de nuit jusqu’au 17 décembre quand il arrive à Bastia pour une escale qui s’achève le 22 décembre quand il appareille pour rentrer à Toulon le lendemain 23 décembre et rester à quai jusqu’à la fin de l’année.

Le cuirassé subit un petit carénage du 12 janvier au 18 mai 1943, passant au bassin à Toulon du 20 janvier au 14 avril (bassin Vauban n°8). Il débarque toute son artillerie secondaire (six affûts doubles de 100mm et trois tourelles triples de 152mm) et toute sa DCA légère, recevant en remplacement  des canons de 100 et de 152mm, dix tourelles doubles de 130mm modèle 1936.

Ces tourelles sont installées en trois groupe : un groupe axial de quatre tourelles à l’arrière et deux groupes latéraux de trois tourelles. La DCA légère se compose désormais de douze canons de 37mm en six affûts doubles de 37mm ACAD modèle 1935 et seize canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en huit affûts doubles.

A l’origine, sur les Richelieu, deux affûts devaient été installés latéralement entre les deux tourelles de 380mm tandis que les quatre autres auraient été installées entre les tourelles de 152mm latérales.

L’installation de trois tourelles doubles de 130mm entraine une modification de leur installation sur un passerelle un pont au dessus. Les affûts doubles de 25mm sont installés sur le bloc-passerelle et derrière le pare-lame.   Des radars sont montés et les installations d’hydraviation sont modernisées avec une catapulte plus puissante. Il sort pour essais du 21 au 27 mai au large de Toulon avant une escale à Marseille du 28 mai au 1er juin.

Il est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 2 au 30 juin, sortant pour essais du 1er au 3 juillet et pour remise en condition du 5 au 19 juillet, date de son retour à Toulon. Le Richelieu est à nouveau à la mer pour entrainement du 26 juillet au 4 août, du 11 au 20 août et du 27 août au 12 septembre au large de Toulon alternant écoles à feux, exercices de défense aérienne à la mer et de combat antisurface.

Le cuirassé sort pour entrainement du 21 au 30 septembre 1943 avant une escale à Alger du 1er au 5 octobre. Reprennant la mer, il subit un entrainement à la défense aérienne à la mer du 6 au 15 octobre avant une escale à Tunis du 16 au 21 octobre. Il rentre à Toulon le surlendemain 23 octobre 1943.

Le Richelieu et le Clemenceau sortent pour entrainement le 2 novembre 1943. Il ne sont pas seuls, appareillant avec les torpilleurs Corsaire Flibustier Rapière Hallebarde, le contre-torpilleur Marceau, les contre-torpilleurs  Aigle Albatros Gerfaut de la 5ème DCT et le ravitailleur rapide Adour.

La petite escadre manoeuvre dans le Golfe du Lion jusqu’au 12 novembre quand les cuirassés, leurs torpilleurs d’escorte, les contre-torpilleurs et le ravitailleur font escale à Marseille jusqu’au 18 novembre.

Du 19 au 27 novembre, les contre-torpilleurs tentent d’intercepter le cuirassé qui protégeait le ravitailleur avant un ravitaillement à la mer le 28 novembre. Après un exercice de défense aérienne à la mer du 29 novembre au 4 décembre, le cuirassé fait escale à Ajaccio, le ravitailleur à Calvi et les contre-torpilleurs à l’Ile-Rousse et ce du 5 au 11 décembre. Ils rentrent tous à Toulon le 13 décembre 1943. Il sort à nouveau pour entrainement en solitaire du 20 au 26 décembre 1943 puis du 4 au 9 janvier 1944.

Le 15 janvier 1944, il décharge ses munitions et appareille pour Brest afin de subir son premier grand carénage, marquant ainsi son retour dans son chantier constructeur près de quatre ans après son départ.

Arrivant le 22 janvier, il échoué dans le bassin n°8 du Laninon le 24 janvier et immobilisé jusqu’au 2 octobre 1944 quand il quitte le bassin n°8 pour être remorqué dans la rade-abri pour des travaux complémentaires.

Durant ce premier grand carénage, la coque est grattée, sablée et repeinte, les hélices sont remplacées, les turbines inspectées et remise en état, les chaudières retubées. Les locaux-vie sont entièrement remis en état, des radars installés, les installations d’hydraviation un temps menacées sont maintenues étant vues comme un complément au radar.

Il est armé pour essais le 18 novembre 1944, subissant ses essais à la mer du 21 novembre au 3 décembre avant une période de modification à Brest jusqu’au 12 décembre quand le cuirassé reprend la mer pour sa remise en condition qui à lieu dans le Golfe de Gascogne jusqu’au 24 décembre, passant la fin d’année à Brest.

Il reprend la mer le 2 janvier 1945 pour remise en condition au large de l’Afrique Occidentale Française (AOF).

Arrivé à Dakar le 7 janvier, il est en escale jusqu’au 11 janvier quand commence une très intense remise en condition qui commence par une première école à feu jusqu’au 22 janvier quand il passe au bassin jusqu’au 27 janvier pour inspection et réparations.

Remis à flot, il subit des essais de pure formalité jusqu’au 30 janvier quand il reprend son entrainement par un entrainement aviation du 1er au 12 février, multipliant lancement et récupération de ses Dewoitine HD-731 qui affrontent les avions de l’Aviation Navale et de l’armée de l’air.

Après une deuxième école à feu du 15 au 27 février, le cuirassé quitte l’AOF le 1er mars 1945, fait escale à Casablanca du 4 au 7 mars avant de gagner Toulon le 14 mars 1945.

Le Richelieu sort à nouveau du 24 mars au 8 avril en compagnie de son sister-ship Clemenceau et de la 6ème DC pour un entrainement combiné dans le Golfe du Lion avec entrainement au combat de nuit et exercice de défense aérienne à la mer avant une escale à Marseille du 9 au 12 avril.

Reprennant la mer, elles s’entrainent au combat antisurface du 13 au 22 avril avant de rentrer à Toulon le 27 avril après une escale à Bastia du 23 au 26 avril 1945. Il sort à nouveau pour entrainement en solitaire (même si il est accompagné par ses deux torpilleurs d’escorte) du 30 avril au 7 mai 1945.

Le Richelieu participe à un exercice de défense aérienne à la mer au large du Cap Corse du 17 au 22 mai 1945 en compagnie du porte-avions Joffre qui simula des raids d’avions torpilleurs Latécoère Laté 299 contre le cuirassé et ses deux torpilleurs d’escadre, appuyés également par des bimoteurs Lioré et Olivier Léo 451 basés à Calvi-Sainte Catherine. Il rentre à Toulon le 23 mai pour se ravitailler.

Il effectue ensuite une tournée de représentation en Afrique du Nord, appareillant de Toulon le 24 mai, direction Casablanca où il arrive le 29 mai. Son escale de trois jours se prolonge jusqu’au 5 juin en raison de problèmes de chaudières. Il repart le lendemain, 6 juin 1945, direction Tanger où sa présence est peu goûtée par les autorités espagnoles.

Tanger est certes une ville internationale mais enclavée dans le Maroc Espagnol. A l’annonce d’une manifestation phalagangiste contre la venue du cuirassé, le commandant du Richelieu menace de mettre à terre sa compagnie de débarquement ce qui à un effet dissuasif à moins que cela ne soit les canons de 380mm pointés sur la base de l’armée de terre espagnole toute proche……… .

Après deux jours dans le port de la ville internationale, le Richelieu reprend la mer le 9 juin, arrivant à Mers-El-Kebir le 13 juin pour trois jours au mouillage. Il est à Alger du 17 au 21 juin, à Philippeville du 23 au 26 juin, Bizerte du 30 juin au 4 juillet avant de rentrer en métropole, faisant une brève escale à Ajaccio le 9 juillet avant de rentrer à Toulon le lendemain, 10 juillet.

Il est indisponible (entretien et permissions d’été de l’équipage) du 15 juillet au 27 août avant de sortir pour essais du 28 au 31 août et pour remise en condition du 2 au 12 septembre en compagnie de ses torpilleurs d’escadre Corsaire et Flibustier.

Après une escale à Bastia du 13 au 17 septembre, il reprend la mer pour un entrainement au combat de nuit du 18 au 23 septembre puis après ravitaillement auprès de l’Adour, un entrainement à la défense aérienne du mer du 24 septembre au 4 octobre, rentrant à Toulon le 10 octobre après une escale à Nice du 5 au 9 octobre.

Le Richelieu quitte Toulon le 15 octobre 1945 pour un nouvel entrainement en Méditerranée occidentale, accompagnée cette fois par le croiseur léger Chateaurenault (classe De Grasse) et la 5ème DCT (Aigle Albatros Gerfaut)

Tout commence par un entrainement DAM (Défense Aérienne à la Mer) jusqu’au 21 octobre, le cuirassé, le croiseur léger et les contre-torpilleurs étant assaillis par l’aviation basée à terre. Après un ravitaillement à Ajaccio-Aspretto les 22 et 23 octobre, les cinq navires effectuent un entrainement au combat de nuit du 24 au 30 octobre avant une escale à Marseille du 31 octobre au 2 novembre.

Reprennant la mer, ils s’entrainent à la lutte ASM, les contre-torpilleurs assurant un ratissage au large du cap Corse contre les sous-marins Venus Iris Pallas de la 15ème DSM qui tentaient du 3 au 10 novembre une embuscade contre le cuirassé et le croiseur léger qui participent à la traque en utilisant leurs hydravions. Après une escale à Nice du 11 au 15 novembre, le Richelieu, le Chateaurenault et la 5ème DCT rentrent à Toulon le 17 novembre 1945.

Le premier «35000 tonnes» de la Royale sort à nouveau pour entrainement du 25 au 30 novembre pour servir de plastron de luxe aux défenses côtières du secteur de Toulon notamment la batterie du cap Cépet récémment modernisée.

Après un rapide passage à Toulon pour ravitailler, le Richelieu repart le 2 décembre 1945 pour un exercice baptisé «Austerlitz» en compagnie du croiseur léger De Grasse.

Le cuirassé et le croiseur s’entrainent d’abord au combat de nuit du 2 au 9 décembre puis après ravitaillement auprès du pétrolier Sèvre (ex-Nivôse), les deux navires vont manoeuvrer au large du Maroc, de part et d’autre des Colonnes d’Hercules et ce du 13 au 21 décembre. Après une escale à Casablanca du 22 au 25 décembre, les deux navires rentrent à Toulon le 27 décembre 1945.

Le Richelieu effectue une sortie d’entrainement avec ses deux torpilleurs d’escadre du 2 au 9 janvier avant de subir un petit carénage du 17 janvier au 8 février 1946.

Après des essais à la mer du 9 au 12 février, le Richelieu embarque à Toulon l’amiral Ollive, nouveau Grand Amiral de la flotte (il à succédé à l’amiral Esteva en poste de 1942 à 1945 mais qui à démissionné pour raison de santé) et son état-major pour une inspection des capacités du porte-avions Joffre.

Le porte-avions manoeuvre accompagné par le cuirassé Richelieu mais également par le cuirassé Provence _le garde du corps du porte-avions_ du 18 au 23 février, l’amiral de la flotte passant à bord du porte-avions les 21 et 22 février avant de remonter à bord du cuirassé pour une conférence au sommet en Grande Bretagne.

Durant ces cinq jours, il à assisté à des exercices de défense aérienne à la mer, de lancement et d’appontage, de simulations de bombardements en piqué, de torpillage et de lutte ASM. Il à même décollé et apponté à bord d’un CAO-600. Le cuirassé après un bref ravitaillement à Toulon, appareille le 24 février, franchit le détroit de Gibraltar le 1er mars, fait escale à Brest le 6 mars avant d’arriver à Southampton le 8 mars puis de prendre le train en direction de Londres afin de converser avec les autorités de la Royal Navy.

Le cuirassé reprend la mer le 9 mars 1946, fait escale sur l’île de Wight le 11, à Douvres le 13 mars, à Chatham le 15 mars où il rembarque l’amiral Ollive et son état-major qu’il débarque au Havre le 19 mars 1946.

Le cuirassé rentre ensuite à Toulon, faisant escale à Cherbourg du 25 au 27 mars, à Saint-Nazaire  du 29 mars au 1er avril 1946, à bordeaux du 2 au 6 avril, à Casablanca du 8 au 13 avril avant d’arriver à Toulon le 15 avril.

Après une période d’indisponibilité jusqu’au 30 avril, le Richelieu sort pour essais du 2 au 7 mai avant remise en condition en compagnie du croiseur léger Guichen du 9 au 23 mai. Ils rentrent tous les deux à Toulon le 27 mai après une escale à Nice du 24 au 26 mai 1946.

Le Richelieu sort pour entrainement aviation du 1er au 12 juin avant une escale à Alger du 13 au 18 juin, enchainant par un exercice de défense aérienne à la mer du 19 au 27 juin, faisant escale à Ajaccio du 28 juin au 2 juillet avant de rentrer à Toulon à l’aube le 4 juillet 1946.

Le Richelieu est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 5 au 26 juillet, sortant pour essais du 27 au 30 juillet et pour remise en condition du 1er au 16 août, en même temps que ses torpilleurs d’escadre, les trois navires rentrant à Toulon le lendemain 17 août.

Après une nouvelle période d’entretien à flot du 22 août au 2 septembre, il sort pour essais à la mer du 3 au 7 septembre avant un stage de remise en condition du 8 au 30 septembre 1946 en compagnie de son sister-ship Clemenceau.

Les deux cuirassés et leurs quatre torpilleurs d’escadre quittent Toulon le 1er octobre, font escale à Casablanca du 4 au 6 octobre avant d’arriver à Dakar le 9 octobre pour  une nouvelle école à feu à Rufisque du 9 au 21 octobre 1946. Après une escale à Dakar jusqu’au 23 octobre, le Richelieu rentre à Toulon le 28 octobre 1946.

Après une période d’indisponibilité jusqu’au 10 novembre, le Richelieu sort pour essais du 12 au 17 novembre avant une remise en condition du 19 novembre au 2 décembre. Le Richelieu sort à nouveau pour entrainement du 7 au 18 décembre et du 21 au 28 décembre, passant la fin de l’année à quai à Toulon.

Il commence l’année 1947 par un entrainement aviation du 5 au 15 janvier avant une escale à Nice du 16 au 20 janvier. Il ressort pour un entrainement à la défense aérienne à la mer du 21 au 31 janvier, rentrant à Toulon le lendemain 1er février.

Le 5 février 1947, des émeutes anti-françaises frappent la ville d’Iskenderun, l’ancienne Alexandretta du temps de la domination française faisant quatre morts. La marine nationale décide d’effectuer une démonstration de force pour mettre la pression sur le gouvernement turc qui se montrera d’abord réticent à réprimer ses émeutes.

Le Richelieu appareille en compagnie du porte-avions Joffre, du cuirassé Provence et de cinq torpilleurs d’escadre le 7 février 1947 (Le Richelieu étant accompagné du seul Flibustier, le Corsaire étant en grand carénage), arrivant sur zone le 12 février et y restant jusqu’au 27 février pour de nombreux exercices. Après une escale à Beyrouth du 28 février au 3 mars 1947, il rentre à Toulon le 7 mars 1947. Après une période d’entretien à flot du 8 mars au 4 avril, le Richelieu sort pour essais du 5 au 9 avril avant un stage de remise en condition en compagnie du croiseur léger Chateaurenault et du torpilleur d’escadre Corsaire du 12 au 30 avril 1947.

Le Richelieu et le Corsaire sont rejoints à Nice le 1er mai par le Flibustier qui «remplace» le Chateaurenault qui est rentré à Toulon dès le 1er mai pour un grand carénage. Après trois jours d’escale jusqu’au 4 mai, le Richelieu, le Corsaire et le Flibustier sortent pour remise en condition du Flibustier du 5 au 21 mai 1947, les trois navires rentrant le lendemain 22 mai à Toulon.

Le Richelieu quitte Toulon le 30 mai pour une Ecole à feu à Rufisque en compagnie de ses deux torpilleurs d’escadre. Les trois navires font escale à Casablanca du 3 au 7 juin avant d’arriver à Dakar le  11 juin 1947.

L’Ecole à feu à lieu du 13 juin au 1er juillet, le cuirassé tirant des obus de 380mm et de 130mm sans parler de sa DCA légère qui se montra efficace aussi dans le tir antisurface, les torpilleurs d’escadre eux tirant des obus de 130mm, des obus de 37mm ainsi que plusieurs torpilles.

Le Richelieu et ses deux torpilleurs d’escadre quittent Dakar le 2 juillet, font escale à Casablanca du 5 au 7 juillet avant de rallier Toulon le 11 juillet 1947.

Il participe le 14 juillet 1947 à une revue navale en présence du président de la République, Paul Reynaud qu’il enmène ensuite en Algérie, appareillant de Toulon le 15 juillet direction Alger où il arrive le 17 juillet. Il est ouvert au public jusqu’au 23 juillet 1947 quand il rembarque le président de la République pour le ramener à Toulon le 25 juillet.

Après une période d’indisponibilité du 2 août au 14 septembre 1947 pour les permissions d’été, le cuirassé appareille pour une école à feu à Rufisque, quittant Toulon le 16 septembre, faisant escale à Casablanca le 20 septembre pour se ravitailler avant d’arriver à Dakar le 23 septembre.

L’Ecole à feu commence le 25 septembre mais le 27 septembre, le canon de 380mm II (tourelle I) explose tuant ou blessant les servants de la demi-tourelle (bilan final : 9 morts et 24 blessés graves).

Le cuirassé regagne Dakar le 29 septembre où les corps sont débarqués et transportés en France. Les restes du canon sont enlevés et la brèche obturée. L’enquête montrera que les gargousses utilisées étaient défectueuses, générant une pression trop importante pour les canons.

Le cuirassé arrive à Brest le 7 octobre 1947 et est en travaux jusqu’au 17 décembre, ce terrible accident étant mis à profit pour un passage au bassin pour changer les hélices, retuber les chaudières, améliorer la conduite de tir et le champ de tir de l’artillerie légère antiaérienne. Le Richelieu est en essais à la mer du 19 au 31 décembre avant d’appareiller pour Toulon le 4 janvier 1948, rentrant dans son port d’attache le 12 janvier 1948.

Le Richelieu quitte Toulon le 21 janvier pour un entrainement au combat de nuit jusqu’au 29 janvier quand le cuirassé jette l’ancre à l’entrée du port de Bastia pour une escale jusqu’au 4 février. Il reprend la mer pour un entrainement à la défense aérienne à la mer au large du cap Corse du 5 au 17 février 1948. Il rentre à Toulon le 23 février après une escale à Nice du 18 au 22 février.

Il sort à nouveau le 2 mars 1948 en compagnie de la 6ème DC (croiseurs légers De Grasse Chateaurenault Guichen), de la 9ème DCT composé des contre-torpilleurs Le Fantasque L’Audacieux et Le Malin et du pétrolier Elorn.

La petite mais puissante escadre commence par un entrainement à la défense aérienne à la mer du 2 au 12 mars avant une escale à Nice du 13 au 17 mars. Le Richelieu appareille le premier dans la nuit du 17 au 18 mars avec pour mission de rallier Alger en échappant aux croiseurs légers et aux contre-torpilleurs (L’Elorn lui gagne Mers-El-Kébir pour recompléter ses soutes et servir de base mobile de ravitaillement).

Au cours de six joutes successives (18-21 mars, 23-26 mars, 28-30 mars, 1er au 4 avril, 6 au 9 avril et 11 au 15 avril), le Richelieu est intercepté à trois reprises mais coulé une fois sous les coups des torpilles et des obus des croiseurs et contre-torpilleurs.

Après une escale de ravitaillement auprès de l’Elorn à Mers-El-Kébir du 17 au 22 avril, le cuirassé accompagné des contre-torpilleurs appareille pour un exercice à double détente contre les croiseurs légers qui devaient rallier Bizerte. L’exercice qui à lieu du 24 avril au 4 mai et se termine par une escale à Bizerte du 5 au 12 mai 1948. Tous les navires rentrent à Toulon le 15 mai 1948.

Après une période d’entretien à flot du 18 mai au 12 juin, le Richelieu sort pour essais du 13 au 17 juin avant un stage de remise en condition du 18 au 30 juin. Le 3 juillet 1948, il quitte Toulon pour une nouvelle Ecole à feu à Rufisque.

Après une escale à Casablanca du 7 au 10 juillet, le cuirassé arrive à Dakar le 14 juillet. L’Ecole à feu à lieu du 17 au 30 juillet. Après une nouvelle escale à Dakar du 31 juillet au 3 août, il reprend la mer avec ses torpilleurs d’escadre et rentre à Toulon le 12 août 1948.

Le 20 août, le cuirassé Richelieu est armé aux effectifs de guerre, recevant une peinture plus discrète avec des consignes de discrétion lumineuse maximale. Il sort pour amarriner les réservistes et les rappelés du 21 au 30 août, faisant escale à Nice du 31 août au 3 septembre, rentrant à Toulon le 4 septembre 1948.

Alors qu’il devait sortir pour une école à feux destiné notamment à tester de nouveaux obus super-lourds, l’annonce de l’attaque allemande sur le Danemark et la Norvège entraine l’annulation de l’essai, le cuirassé recomplétant ses soutes en carburant, vivres et munitions et se tenant prêt à appareiller en cas de menace italienne, le Richelieu étant en alerte à 6h.