17-Aviation Navale (1)

17°) L’AVIATION NAVALE

Cocarde de l'Aviation Navale

Cocarde de l’Aviation Navale

Avant-propos

Si on retient souvent le nombre de cuirassés pour mesurer l’expansion de la Royale entre 1939 et 1948 (sept navires de ligne dont seulement deux modernes en service en 1939, treize cuirassés modernes en service en septembre 1948), l’aéronavale est sûrement l’arme qui connait la plus grande expansion qu’elle soit quantitative ou qualitative.

En 1939, l’aéronavale est le parent pauvre d’une flotte où domine les surfaciers qui ne croient pas au porte-avions comme l’amiral Darlan. Elle dispose d’avions et d’hydravions souvent dépassés, les appareils modernes se faisant rares et n’étaient pas exempts de défauts.

Le porte-avions Béarn

Le porte-avions Béarn

Son unique porte-avions le Béarn est par sa lenteur bien incapable d’accompagner les rutilants croiseurs et contre-torpilleurs et un transport d’hydravions baptisé Commandant Teste ne vaut pas un véritable «pont plat».

La transformation est donc spectaculaire puisque quand éclate le second conflit mondial, l’Aviation Navale dispose de trois porte-avions d’escadre, deux porte-avions légers avec des groupes aériens modernes et bien entrainés.

A terre, des avions de patrouille maritime et des avions antinavires se chargent de surveiller les approches de nos bases et de nos ports, aidés en cela par des hydravions bien plus modernes que ceux utilisés pour la guerre de Pologne.

1-Evolution générale de l’Aviation Navale

A-Organisation

Plaque à la mémoire de Jean Lartigue apposée au ministère de la Marine lors de sa mort dans un accident d'avion en 1968

Plaque à la mémoire de Jean Lartigue apposée au ministère de la Marine lors de sa mort dans un accident d’avion en 1968

En septembre 1939, l’Aéronautique Navale est dirigée par le contre-amiral Lartigue qui porte le titre de Chef du Service Central de l’Aéronautique Navale. Il est responsable de la formation, de l’entrainement et de la préparation opérationnelle des différentes escadrilles.

Les escadrilles basées à terre qu’elles soient équipées d’avions ou d’hydravions sont placées sous l’autorité de l’amiral préfet maritime commandant la Région Maritime où l’escadrille est stationnée via un officier supérieur (généralement un capitaine de vaisseau) qui porte le titre de Commandant de l’aéronautique de la ……. région»

En septembre 1939, il existe quatre régions maritimes : la 1ère dont le préfet est installé à Cherbourg, la 2ème dont le préfet est installé à Brest, la 3ème dont le préfet est installé à Toulon et la 4ème dont le préfet est installé à Bizerte. Une 5ème région maritime sera activée à Lorient.

Les rares formations détachées outre-mer, aux Antilles, en Océanie ou en Indochine dépendent du vice-amiral ou du contre-amiral commandant les forces navales françaises, cet officier supérieur disposant d’un officier aéronautique.

Les escadrilles du Béarn et du Commandant Teste dépendent elles du commandant de l’escadre tout comme les escadrilles de l’hydraviation embarquée appelée également Aviation d’Escadre.

Il existe également des formations de support, des sections d’entrainement, de liaison, de servitude dépendant soit d’une école soit des bases aéronavales.

Le nombre de formations augmente durant la guerre de Pologne avec la mobilisation des réservistes et l’activation des bases auxiliaires pour disperser les forces afin d’augmenter leur rayon d’efficacité et pour éviter qu’un raid aérien chanceux n’ampute l’aéronavale d’une part importante de ses maigres moyens.

L’unité de base est l’escadrille qui dispose normalement de douze appareils en ligne plus un volant de fonctionnement de quatre à six appareils. Unité autonome, l’escadrille dispose de ses propres mécaniciens et reçoit à la mobilisation un détachement de protection (pièces légères de DCA et fusiliers marins)

Plusieurs escadrilles forment une flottille, ces flottilles sont soient spécialisés ou alors comme c’est le cas du Béarn et du Commandant Teste polyvalentes.

Cette dernière configuration ne tarde pas à disparaître  avec la mise à terre du groupe aérien du Béarn puis son démantèlement pour permettre la montée en puissance des flottilles du Joffre et du Painlevé. La situation est identique pour la flottille du Commandant Teste qui est mis à terre au début du conflit, le transport d’hydravions effectuant des missions de transport d’avions avant d’être transformé en navire-atelier pour l’Indochine.

Les hydravions embarqués sur les cuirassés et les croiseurs forment des groupements d’Aviation d’Escadre, groupements qui ont une base géographique et spécialisée. Ces groupements sont informels, les détachements à bord des croiseurs et des cuirassés étant pleinement intégrés à l’équipage du bâtiment.

Les sections de support dépendent soit des écoles soit des bases aéronavales, cette situation ne change pas avec la déclaration même si ces unités montent en puissance avec le rappel des réservistes et l’incorporation de jeunes recrues.

Les unités sont identifiées par un code alphanumérique à deux caractères pour les unités basées à terre et de trois caractères pour les unités embarquées. Les chiffres pairs sont réservés aux unités déployées au dessus de l’Atlantique et les chiffres impairs aux unités déployées au dessus de la Méditerranée.

Les unités dépendant des préfets maritimes disposent donc de deux chiffres et d’une lettre : le premier chiffre désigne la région maritime (1 à 4), la lettre la spécialité (S pour Surveillance C pour chasse B pour bombardement T pour torpillage……) et le deuxième chiffre le rang de l’unité.

Les sections de surveillance déployées aux Antilles et à Tahiti reçoivent le préfixe 5 puis celui de 8 en octobre 1939 quand ces deux sections deviennent des escadrilles et que deux nouvelles formations sont créés à Dakar et à Tripoli.

Les flottilles sont désignées par un code alphanumérique de trois caractère : le F de flottille, un chiffre désignant le rang et une lettre de spécialité (A pour aviation embarquée, H pour hydraviation embarquée………..)

En février 1940, l’Aéronautique Navale réduit la voilure suite à la fin deux mois plus tôt de la Guerre de Pologne. Des unités sont dissoutes ou mises en sommeil, les réservistes démobilisés et un grand nombre de bases auxiliaires sont désaffectés ou rendu à leur usage civil antérieur.

Il faut cependant attendre septembre 1940 pour voir la mise en œuvre d’une véritable réorganisation de l’Aéronautique Navale.

Le 15 septembre 1940, le contre-amiral Lartigue est promu au grade d’amiral. Il cesse d’être commandant de l’Aéronautique Navale pour devenir commandant de l’Aviation Navale. Il dépend directement du Grand Amiral de la Flotte, François Darlan.

Son état-major installé à Paris à  autorité sur des commandements régionaux dirigés par des contre-amiraux. Ces commandements régionaux sont chargés de la préparation opérationnelle des unités et de leur soutien logistique. Ils sont au nombre de…… :

-Commandement Nord de l’Aviation Navale (CNAN) (QG Cherbourg Chantereyne) : ce commandement est chargé d’appuyer la marine en Manche et en mer du Nord. Son rôle va clairement s’accroitre avec la création prévue d’une escadre de la Manche et de la Mer du Nord (future ELN).

-Commandement Atlantique de l’Aviation Navale (CAAN) (QG Lanvéoc-Poulmic) : ce commandement est chargé d’appuyer la flotte de l’Atlantique et devrait avoir fort à faire si la marine allemande se lance comme durant le premier conflit mondial dans la guerre sous-marine à outrance.

-Commandement Nord-Méditerranée de l’Aviation Navale (CNMAN) (QG Hyères-Le Palyvestre) : ce commandement doit appuyer les unités de la 2ème Escadre de la Flotte de la Méditerranée basées à Toulon.

-Commandement Sud-Méditerranée de l’Aviation Navale (CSMAN) (QG Karouba) : ce commandement est chargé d’appuyer les unités de la 6ème Escadre Légère basée à Bizerte et celles de la 4ème Escadre basée dans la nouvelle base de Mers-El-Kébir.

-Commandement du Levant de l’Aviation Navale (CLAN)  (QG Tripoli du Liban) : ce commandement assure l’appui de la Division Navale du Levant (DNL) chargée de la défense des mandats syriens et libanais.

-Commandement Antilles-Guyane de l’Aviation Navale (CANGAN) : ce commandement assure l’appui des Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA) encore modestes à l’époque mais qui comme les autres forces de souveraineté ne vont pas tarder à prendre du muscle.

-Commandement AEF de l’Aviation Navale (CAEFAN) : ce commandement de taille fort réduite assure le soutien des forces navales françaises déployées dans l’Océan Indien depuis Djibouti et Diego-Suarez.

-Commandement Pacifique de l’Aviation Navale (CPAN) : ce commandement est l’un des plus grands géographiquement parlant puisque concernant aussi bien la Nouvelle Calédonie que la Polynésie.

-Commandement Indochine de l’Aviation Navale (CIAN) : comme son nom l’indique, ce commandement assure l’appui aérien des Forces Navales  en Extrême Orient (FNEO).

Pour leur emploi, ils sont mis à la disposition des différentes escadres et/ou flottes, l’amiral de la flotte, le vice-amiral ou le contre-amiral disposant d’un adjoint commandant les unités déployés dans sa zone de responsabilité.

Après plusieurs hésitations, on décide de regrouper les escadrilles en flottilles «régionales», une flottille étant (théoriquement) rattachée à une base. Ces flottilles portent des numéros impairs pour la Flotte de l’Atlantique et des numéros pairs pour la Flotte de la Méditerranée

En octobre 1940, la désignation des escadrilles est également changé pour simplifier la désignation et donner plus de libéralité.

Désormais les escadrilles sont désignés par un chiffre ou un nombre avec une lettre de spécialité : E pour exploration, C pour chasse, B pour bombardement, T pour torpillage, R pour reconnaissance…… .

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6-Cuirassés et croiseurs de bataille (9)

Le Clemenceau

Le projet initial du Clemenceau

Comme nous avons pu le voir, à l’annonce de la construction des Richelieu et des Jean Bart, l’Italie riposta en annonçant la construction de deux autres cuirassés de type Littorio baptisés Roma et Impero. La France passa ensuite commande de deux autres cuirassés à la tranche 1938bis mais seul le premier baptisé Clemenceau sera un type Richelieu.

Le 2 décembre 1937, le chef d’état major de la marine nationale, le vice-amiral Darlan demanda au Service Techniques des Constructions Navales (STCN), une étude pour les nouveaux cuirassés.

Le STCN dessina trois catégories d’études appelées «A» «B» et «C», les variantes A étant armées de deux tourelles quadruples de 380mm concentrées à l’avant, les variantes B étant armées de deux tourelles quadruples de 380mm (une avant et une arrière) et les variantes C de trois tourelles triples de 380mm.

Le 19 mars 1938, le vice-amiral Darlan sélectionna la variante A2 pour le troisième cuirassé de classe Clemenceau. Il s’agissait d’un navire armé de deux tourelles quadruples de 380mm concentrées à l’avant, de quatre tourelles triples de 152mm (deux arrières axiales et deux latérales juste en arrière du bloc passerelle), de six affûts doubles de 100mm modèle 1937 et une DCA légère devant être composé de six affûts doubles ACAD (Affût Contre-Avions Double) modèle 1935 et neuf affûts quadruples de 13.2mm. Les installations d’aviation étaient identiques à celles du Richelieu.

-Le Clémenceau est mis sur cale dans la forme n°4 du Salou le 17 janvier 1939, jour où la coque du Richelieu à été mise à flot.

Les travaux sont suspendus le 28 septembre 1939 en raison de la mobilisation générale qui perturbe l’Arsenal de Brest et la nécessité d’accélerer l’achèvement du Richelieu. Les travaux reprirent le 6 décembre 1939 mais ne s’accélèrent qu’à partir du printemps 1940 quand le gros du travail sur le Richelieu était achevé.

L’élément central de la coque est mis à flot le 17 décembre 1940 et aussitôt remorqué et échoué dans le bassin n°9 du Laninon pour recevoir les éléments avant et arrière sans parler des travaux sur le bloc-passerelle.

Le Clemenceau est mis à flot le 15 septembre 1941 alors achevé à environ 75%. Mouillé en rade-abri, il reçoit son armement et certains équipements radars.

A la différence des Richelieu et Jean Bart qui disposent un temps d’un armement secondaire mixte avec des canons de 152 et de 100mm, le Clemenceau dispose dès son achèvement de dix tourelles doubles de 130mm à double usage.

Il va également recevoir certains des premiers affûts ACAD modèle 1935 en l’occurence six et douze canons de 25mm Hochkiss modèle 1939/40 en six affûts doubles.

Il est armé pour essais le 12 septembre 1942. Après des essais au point fixe du 15 au 27 septembre, il repasse au bassin du 29 septembre au 4 octobre 1942 avant d’entamer ses premiers esssais à la mer, une première campagne de trois semaines ayant lieu sur la base des Glénans et dans le Golfe de Gascogne (7-28 octobre 1942).

Après des travaux au mouillage jusqu’au 5 novembre, il effectue une deuxième campagne d’essais à la mer du 7 au 22 novembre 1942 avant une nouvelle période au bassin du 28 novembre 1942 au 15 janvier 1943.

Le 18 janvier 1943, il appareille  pour une école à feu à Rufisque. Il arrive à Dakar le 25 janvier et entame dès le lendemain son école à feu, école qui dure jusqu’au 21 février 1943.

Il repart de Dakar le 23 février pour rentrer à Brest le 28 février 1943. Il passe au bassin pour travaux du 2 au 25 mars 1943. La clôture d’armement est prononcée le 8 avril 1943 et le Clemenceau appareille pour sa traversée de longue durée.

Il quitte Brest le 15 avril, fait escale au Verdon le 20 avril, à Lisbonne du 22 au 27 avril, le président du conseil Antonio de Oliveira Salazar visitant le navire le 23 avril, le président de la République le général Oscar Carmona faisant de même le lendemain.

Le cuirassé après ravitaillement auprès d’un pétrolier affrété traverse l’Atlantique à bonne vitesse (25 noeuds de moyenne), arrivant à Rio de Janeiro le 4 mai après huit jours de mer. Mouillé dans la baie de Rio, il est ouvert au public du 5 au 8 mai avant de reprendre la mer, manoeuvrant pendant trois jours avec la marine brésilienne avant de mettre cap sur Buenos Aires, le navire faisant escale dans l’estuaire du Rio de la Plata du 13 au 18 mai.

Le 19 mai _jour prévu de son appareillage pour Dakar_, une violente tempête éclate et secoue rudement le Clemenceau malgré ses 40000 tonnes bien tassées. Plusieurs amarres se rompent et le navire s’échoue sur un banc de sable. Le navire se remet à flot naturellement. Passant au bassin à Buenos Aires, les dégâts sont limités et ne remettent pas en cause la suite de sa TLD. Le cuirassé appareille de Buenos Aires le 23 mai 1943 pour une semaine de manoeuvres avec la marine argentine notamment le cuirassé Rivadivia (qui sera désarmé en 1944) avant de traverser l’Atlantique à partir du 30 mai et arriver à Dakar le 8 juin 1943.

Il passe au bassin pour réparer les avaries causées par l’échouage de Buenos Aires du 10 au 24 juin (légère déformation du bordé) avant de reprendre la mer le 27 juin direction Casablanca où il arrive le 4 juillet 1943 pour cinq jours d’escale. Reprennant la mer le 9 juillet, il arrive à Toulon le 13 juillet.

Ouvert au public à Toulon du 14 au 21 juillet, le cuirassé est indisponible pour des travaux complémentaires du 22 juillet au 12 août, sortant pour d’ultimes essais de navigation et de tir du 13 au 27 août, rentrant à Toulon le lendemain 28 août. A noter que durant cette sortie, il est accompagné de ses torpilleurs d’escadre Rapière et Hallebarde

La commission d’armement sort à bord du cuirassé du 30 août au 7 septembre puis du 9 au 14 septembre, donnant un avis favorable à son admission au service actif.

Le 15 septembre 1943, le cuirassé Clémenceau est admis au service actif au sein de la Flotte de la Méditerranée formant la 3ème DL avec son sister-ship Richelieu.

Cette division est intégrée au Groupement de Ligne de la 2ème escadre composé également de la 1ère DL (croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg).

La première sortie opérationnelle du nouveau cuirassé français à lieu du 16 au 24 septembre, une série d’exercices destinés à roder l’équipage encore novice du cuirassé. Après une escale à Bastia du 24 au 28 septembre, le cuirassé subit un entrainement de défense aérienne à la mer du 29 septembre au 9 octobre. Après une escale à Nice du 10 au 15 octobre, le cuirassé rentre à Toulon le 17 octobre dans la soirée.

Le Clemenceau quitte à nouveau Toulon le 21 octobre pour les salins d’Hyères où il mouille du 22 au 27 octobre avant de rentrer à Toulon le lendemain, 28 octobre 1943.

Le Richelieu et le Clemenceau sortent pour entrainement le 2 novembre 1943. Il ne sont pas seuls, appareillant avec le contre-torpilleur Marceau, la 5ème DCT composé des contre-torpilleurs  Aigle Albatros Gerfaut et le ravitailleur rapide L’Adour. La petite escadre manoeuvre dans le Golfe du Lion jusqu’au 12 novembre quand les cuirassés, leurs torpilleurs d’escorte, les contre-torpilleurs et le ravitailleur font escale à Marseille jusqu’au 18 novembre.

Du 19 au 27 novembre, les contre-torpilleurs tentent d’intercepter les cuirassés qui protégeaient le ravitailleur avant un ravitaillement à la mer le 28 novembre. Après un exercice de défense aérienne à la mer du 29 novembre au 4 décembre, les cuirassés font escale à Ajaccio avec leurs torpilleurs, le ravitailleur à Calvi et les contre-torpilleurs à l’Ile-Rousse et ce du 5 au 11 décembre. Ils rentrent tous à Toulon le 13 décembre 1943.

Le Clemenceau sort pour entrainement en compagnie de ses deux torpilleurs d’escadre, les Rapière et Hallebarde du 17 au 23 décembre et du 26 au 30 décembre, rentrant à Toulon le 31 décembre, à temps pour fêter le passage à la nouvelle année à quai à Toulon.

Alors que le Richelieu est en grand carénage à Brest, le Clemenceau va s’entrainer intensivement, le plus souvent en solitaire mais avec parfois d’autres unités de la 2ème escadre.

Le 2 janvier 1944 est signée la charte de parrainage entre la ville de la Roche sur Yon _préfecture du département de la Vendée_ et le cuirassé, Georges Clemenceau étant issu de ce département.

Après une sortie au large de Toulon du 4 au 12 janvier 1944, le Clemenceau quitte Toulon le 15 janvier 1944 pour une Ecole à feu Rufisque. Il fait escale à Mers-El-Kébir du 17 au 21 janvier, débarquement du matériel envoyé par la DCAN de Toulon à son établissement de Mers-El-Kébir.

Reprennant la mer, il franchit le détroit de Gibraltar le 24 janvier et fait escale à Casablanca du 25 au 28 janvier, appareillant ce jour pour Dakar où il arrive le 1er février 1944. Ayant connu plusieurs problèmes techniques, il est mis au bassin du 2 au 17 février pour inspection et réparations.

Remis à flot, il subit une période d’essais à la mer du 18 au 21 février 1944 avant de reprendre l’entrainement. Après un entrainement de base du 22 février au 2 mars, le cuirassé réalise son Ecole à feu du 4 mars au 2 avril.

Après une nouvelle escale à Dakar du 3 au 7 avril 1944, le cuirassé et ses deux torpilleurs d’escadre appareillent pour rentrer à Toulon mais par petites étapes comme on disait au Grand Siècle puisqu’ils font escale à Port-Etienne du 8 au 12 avril, à Casablanca du 14 au 20 avril, à Gibraltar du 21 au 25 avril, à Mers-El-Kébir du 28 avril au 2 mai avant de rentrer à Toulon le 4 mai 1944.

Après une période d’entretien à flot du 5 mai au 7 juin, le Clemenceau sort pour essais du 8 au 12 juin avant remise en condition avec ses torpilleurs d’escadre du 14 au 30 juin 1944.

Le cuirassé et ses torpilleurs d’escadre sortent le 5 juillet 1944 pour un exercice en compagnie de la 1ère Division de Torpilleurs composés des torpilleurs léger Le Fier L’Agile L’Entreprenant et Le Farouche.

Après un exercice de navigation de combat jusqu’au 12 juillet, le cuirassé et ses torpilleurs d’escorte quittent seuls la rade de Villefranche pour échapper aux torpilleurs légers qui tentent de les intercepter entre le Continent et le Cap Corse, cet exercice ayant lieu du 13 au 19 juillet avant une escale à Bastia du 20 au 24 juillet.

Le cuirassé et les six torpilleurs gagnent Ajaccio le 26 juillet où ils retrouvent la 10ème DCT composée des contre-torpilleurs Le Terrible Le Triomphant et L’Indomptable, division appartenant à la 4ème Escadre et donc venus de Mers-El-Kébir.

Du 27 juillet au 4 août, le cuirassé et les deux torpilleurs d’escadre couvrent l’attaque des torpilleurs légers contre les contre-torpilleurs simulant des navires rapides tentant de gagner Toulon avant que le cuirassé ne change de camp pour la revanche du 6 au 13 août. Après une escale à Mers-El-Kébir du 15 au 21 août, le cuirassé et les six torpilleurs appareillent pour rentrer à Toulon le 23 août 1944.

Après une période d’indisponibilité du 24 août au 12 septembre 1944, le Clemenceau sort pour essais du 13 au 17 septembre avant remise en condition du 18 septembre au 5 octobre, rentrant à Toulon le 13 octobre après une escale à Nice du 6 au 11 octobre.

Le Clemenceau sort pour entrainement aviation du 15 au 22 octobre, effectuant soixante-quatre catapultages et autant de récupération de ses deux Dewoitine HD-731.

Rentré à Toulon le 23 octobre, le cuirassé sort pour un entrainement au combat de nuit du 27 octobre au 3 novembre avant une escale à Nice du 4 au 11 novembre, la compagnie de débarquement du cuirassé défilant dans la ville à l’occasion de la commémoration de l’Armistice.

Il reprend la mer le 12 novembre pour un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 20 novembre destiné à entrainer les cannoniers du cuirassé, les équipes de lutte contre les avaries mais également les unités de l’armée de l’air basées en Corse. Après une escale à Ajaccio du 21 au 25 novembre, le cuirassé rentre à Toulon le 27 novembre 1944.

Le Clemenceau et ses torpilleurs d’escadre Rapière et Hallebarde sortent pour un entrainement ASM du 6 au 15 décembre 1944.

Les sous-marins Fresnel et Acheron  avaient appareillé le 5 décembre pour tenter d’intercepter le cuirassé et les torpilleurs d’escadre qui devaient se rendre à Bizerte en évitant l’interception. Les sous-marins pouvaient compter sur les avions et les hydravions de l’armée de l’air basés en Afrique du Nord alors que le cuirassé ne pouvait user que de ses deux Dewoitine HD-731.

Le cuirassé arrive à Bizerte le 16 décembre  pour quelques jours d’escale. Il repart le 20 décembre pour rentrer à Toulon le 23 décembre et rester à quai jusqu’à la fin de l’année.

Le Clemenceau sort pour la première fois de l’année 1945 par une école à feux du 7 au 17 janvier puis après une escale à Nice du 18 au 21 janvier s’entraine au combat antisurface du 22 janvier au 2 février,date de son retour à Toulon.

Après ravitaillement à Toulon le 11 février, le Clemenceau part le lendemain avec ses deux torpilleurs d’escadre pour Rufisque et une école à feux.

Il fait escale à Casablanca du 16 au 18 février avant de gagner Dakar où il arrive le 22 février. Son entrainement au tir à lieu du 24 février au 12 mars. Quittant Dakar le 13 mars, le Clemenceau et ses deux anges gardiens rentrent à Toulon le 21 mars après une escale de ravitaillement à Mers-El-Kébit le 19 mars 1945.

Le Clemenceau sort du 24 mars au 8 avril 1945 en compagnie de son sister-ship Richelieu et de la 6ème DC pour un entrainement combiné dans le Golfe du Lion avec entrainement au combat de nuit et exercice de défense aérienne à la mer, exercices qui sont suivis d’une escale à Marseille du 9 au 12 avril. Reprennant la mer, ils s’entrainent au combat antisurface du 13 au 22 avril avant de rentrer à Toulon le 27 avril après une escale à Bastia du 23 au 26 avril 1945.

Le Clemenceau sort  nouveau pour une école  feux du 4 au 14 mai avant de rentrer à Toulon pour préparer un nouvel exercice mais victime d’une avarie, il est indisponible du 16 mai au 7 juin

Après son indisponibilité accidentelle (avarie de chaudière), le Clemenceau sort pour essais du 8 au 12 juin avant d’aller mouiller aux salins d’Hyères du 13 au 17 juin. Reprennant la mer le lendemain 18 juin, le cuirassé se ravitaille en route auprès du pétrolier-ravitailleur Liamone et cingle en direction de Bizerte où il fait escale du 22 au 27 juin, mouillant au milieu du lac.

Reprennant la mer, il fait escale à Sfax du 28 juin au 2 juillet avant de traverser la Méditerranée orientale en direction de Beyrouth où il arrive le 7 juillet, accompagné de ses deux torpilleurs d’escadre et du pétrolier-ravitailleur La Mayenne.

Le cuirassé et ses deux torpilleurs manoeuvrent en compagnie de l’aviso-colonial La Grandière, navire-amiral de la DNL. Du 9 au 15 juillet, les quatre navires subissent un entrainement DAM avant de se ravitailler auprès de La Mayenne qui ses soutes vides cingla vers Haïfa en compagnie de la Grandière pour recompléter ses soutes.

Durant cet intermède (16 au 20 juillet), le cuirassé et les deux torpilleurs s’entrainèrent au combat de nuit avant de retrouver le pétrolier-ravitailleur et l’aviso pour un ravitaillement à la mer le 21 juillet suivit par un exercice de combat antisurface du 22 au 31 juillet.

Le Clemenceau fait ensuite escale à Alexandrie du 1er au 8 août, rentrant à Toulon le 18 août après escale à Bizerte du 12 au 15 août 1945. Il est indisponible (permissions de l’équipage) jusqu’au 4 septembre 1945.

Il sort pour essais et entrainement du 8 au 21 septembre avant d’enchainer par une Ecole à feu à Rufisque. Pour cela, il ne regagne pas Toulon, étant ravitaillé par le pétrolier-ravitailleur La Saône qui va l’accompagné jusqu’à Dakar.

Les quatre navires franchissent le détroit de Gibraltar le 27 septembre et arrivent à Dakar sans aucune escale le 3 octobre 1945. Après une semaine d’escale pour remettre le navire en état _la mer ayant causé quelques dégâts_, le cuirassé effectue une première école à feux du 11 au 21 octobre suivit d’une nouvelles escale de représentation à Dakar du 22 au 25 octobre.

Il reprend la mer le lendemain, effectuant un exercice DAM du 26 octobre au 4 novembre avant un ravitaillement à la mer au prèst de La Saône le 5 novembre. Du 6 au 10 novembre, le cuirassé et ses torpilleurs s’entrainent au combat de nuit avant de rentrer à Dakar pour les commémorations du 11 novembre 1945.

Le cuirassé et ses torpilleurs d’escortent effectuent une deuxième Ecole à feux du 12 au 27 novembre avant de regagner Dakar pour une ultime escale jusqu’au 1er décembre 1945 date de son appareillage de Dakar pour rentrer à Toulon. Il fait escale à Casablanca du 4 au 7 décembre, rentrant à son port d’attache le 11 décembre 1945.

Après une période d’entretien à flot du 12 au 25 décembre, le Clemenceau sort pour essais du 26 au 31 décembre 1945, attendant la nouvelle année pour reprendre l’entrainement.

La première sortie de l’année à lieu du 5 au 15 janvier 1946, un entrainement à la navigation de combat suivit par un mouillage aux salins d’Hyères du 16 au 22 janvier. Il rentre à Toulon le lendemain 23 janvier.

Le Clemenceau quitte à nouveau Toulon le 27 janvier 1946 pour un entrainement aviation. Du 27 janvier au 5 février, il entraine ses deux Dewoitine HD-731. Il gagne ensuite Ajaccio pour une escale du 6 au 9 février 1946. Il reprend la mer pour une école à feux du 10 au 21 février avant de rallier Toulon le lendemain 22 février 1946. Il va alors se préparer à un premier déploiement outre-mer

Le cuirassé Clemenceau appareille de Toulon le 14 mars 1946 pour l’Océan Indien, accompagné par deux torpilleurs d’escadre, retrouvant le Colbert _venu de Brest_ au sud de la Sardaigne, le cuirassé fait escale à Bizerte le 19 mars à Alexandrie le 22 mars, franchit le canal de Suez les 23 et 24 mars et arrive à Djibouti le 29 mars, mouillant à l’extérieur du port en raison de son tirant d’eau important.

Il y retrouve le croiseur lourd Tourville et l’aviso colonial Savorgnan de Brazza mais point le Lamotte-Picquet qui est victime d’une très grave avarie de propulsion le 12 janvier 1946 (deux chaudières ont explosé faisant huit morts, les turbines ont été soumises à des surpression et les lignes d’arbre désaxées font vibrer le navire), si grave qu’il à été désarmé le 2 février 1946.

Le Clemenceau reprend la mer avec le Tourville, le Colbert, l’aviso colonial et les deux torpilleurs d’escadre et fait escale à Aden du 2 au 4 avril avant de reprendre la mer direction Diego Suarez où la petite force navale arrive le 7 avril 1946, la traversée étant l’occasion de manoeuvrer pour entrainer les équipages.

Les deux torpilleurs se séparent alors du groupe et gagne La Réunion, faisant escale à Port-des-Galets du 9 au 11 avril puis à l’Ile Maurice du 14 au 17 avril, retrouvant en mer le cuirassé et les deux croiseurs lourd le 18 avril.

Un temps, il fût envisagé de rentrer à Toulon par le cap de Bonne Espérance et le détroit de Gibraltar mais au final, il est décidé de rapatrier la coque de l’ex-croiseur léger Lamotte-Picquet en métropole et comme le plus court chemin passe par le canal de Suez……… .

Le Tourville fait brièvement escale le 25 avril pour ravitailler, laissant la force navale venue de métropole passer 24h de plus soit jusqu’au 26 avril. Ils franchissent le canal de Suez le 3 mai avec le Colbert (qui rentrera ensuite à Brest dans la foulée) remorquant la coque du Lamotte-Picquet, faisant escale à Bizerte le 8 mai puis rentre à Toulon le 13 mai 1946. Le Tourville lui était rentré à Diego-Suarez le 2 mai 1946.

Le Clemenceau est indisponible du 17 mai au 7 juin 1946 pour entretien et permissions de l’équipage, sortant pour essais du 8 au 10 juin et stage de remise en condition du 11 au 30 juin.

Après une escale de ravitaillement à Toulon le 1er juillet, le Clemenceau se rend dans l’Atlantique pour exercice en compagnie de ses deux torpilleurs et du pétrolier ravitailleur Liamone, la série d’exercices ayant lieu du 5 au 15 juillet avant une escale à Lisbonne du 16 au 21 juillet.

Reprennant la mer le 22 juillet, le cuirassé manoeuvre dans le Golfe de Gascogne dans un exercice anti-sous-marin avec le sous-marin Ouessant et ce du 24 juillet au 4 août quand le cuirassé franchit le goulet et retrouve son berceau, son chantier constructeur en l’occurence Brest pour une longue escale au cours de laquelle il est ouvert au public.

Il reprend la mer le 13 août 1946, subit un entrainement de défense aérienne à la mer du 14 au 22 août avant une escale au Verdon, le port maritime de Bordeaux du 23 au 26 août. Il relâche ensuite à Gibraltar du 29 août au 2 septembre avant de rentrer à Toulon le 5 septembre 1946.

Du 8 au 30 septembre 1946, il participe au stage de remise en condition de son sister-ship Richelieu avant d’appareiller le 2 octobre pour Dakar pour une école à feu en compagnie de son grand frère. Les deux cuirassés se tirent joyeusement la bourre du 9 au 21 octobre 1946 avant de rentrer à Toulon le 29 octobre 1946.

Si le Richelieu est en petit carénage du 5 novembre 1946 au 9 janvier 1947, le Clemenceau reste en service jusqu’à la disponibilité de son ainé, effective le 2 février 1947.

Le Richelieu en petit carénage, le Clemenceau va rester déployé dans le bassin occidental de la Méditerranée, une façon de faire pression sur l’Italie. Il n’en oublie pas pour autant l’entrainement enchainant les exercices.

Le Clemenceau est ainsi en mer pour un entrainement au combat de nuit du 7 au 10 novembre, un entrainement à la défense aérienne à la mer du 12 au 21 novembre, un entrainement au combat antisurface du 24 novembre au 4 décembre et un entrainement aviation du 7 au 17 décembre avant de passer la fin de l’année à Toulon (18 au 21 décembre, 25 au 31 décembre) et aux salins d’Hyères (21 au 24 décembre). Le cuirassé Clemenceau sort pour la première fois de l’année 1947 du 2 au 7 janvier pour un entrainement de base suivit par un ravitaillement à la mer auprès du PRE (Pétrolier-Ravitailleur d’Escadre) La Saône le 8 janvier.

Les soutes pleines, il enchaine par un exercice de défense aérienne à la mer du 9 au 13 janvier puis des simulations de bombardement littoral contre les défenses du secteur de Toulon du 14 au 22 janvier. Il termine ce cycle d’entrainement par un entrainement aviation du 24 janvier au 5 février avant de rentrer à Toulon le lendemain, 6 février 1947.

Le Richelieu étant de nouveau disponible, le Clemenceau débarque ses munitions et est échoué au bassin Vauban n°8 le 12 février 1947 pour entamer son premier grand carénage.

Echoué au bassin jusqu’au 16 octobre 1947, le cuirassé subit d’abord une remise en état complète avec grattage, sablage et peinture de la coque, changement des hélices, retubage et rebriquage des chaudières, changements des pièces de turbines défectueuses.

Les deux catapultes sont débarquées, démontées, inspectées et remontées, les locaux-vie sont remis en état, l’électronique du bord amélioré mais assez peu de modifications concernent l’armement, le renforcement de la DCA légère un temps envisagé n’est pas jugé prioritaire.

Remis à flot le 16 octobre, le Clemenceau subit une période complémentaire de travaux à quai du 17 octobre au 16 novembre. Armé pour essais le 17 novembre, il sort pour roder le nouveau matériel du 18 au 27 novembre 1947 avant de réaliser sa remise en condition opérationnelle du 30 novembre au 12 décembre, mouillant aux salins d’Hyères du 13 au 20 décembre avant de rentrer à Toulon le 21 décembre 1947.

Il commence l’année 1948 comme il avait terminé l’année 1947 par un entrainement de base dans le golfe du Lion du 4 au 15 janvier. Après s’être ravitaillé à Toulon le 16 janvier, il quitte le Var le 17 janvier, fait escale à Mers-El-Kébir du 19 au 22 janvier, à Casablanca du 25 au 30 janvier avant d’arriver à Dakar le 4 février 1948.

L’Ecole à feux du Clemenceau à lieu du 7 au 12 février quand elle est interrompue par une avarie d’une tourelle de 380mm (la I). Après travaux menés par l’établissement DCAN de Dakar du 13 au 20 février, l’Ecole à feux peut reprendre sans problèmes le 21 février, s’achevant le 14 mars quand le cuirassé s’amarre dans le port de Dakar pour une escale  du 15 au 22 mars.

Le cuirassé et ses deux torpilleurs d’escadre quittent Dakar le 23 mars, font escale à Gibraltar du 28 mars au 2 avril avant de rentrer à Toulon le 5 avril 1948.

Le Clemenceau sort à nouveau pour entrainement du 10 au 21 avril, mouillant à Ajaccio pour entrainer la flottille 24C basée à Aspretto du 22 au 27 avril. L’entrainement aviation à lieu du 28 avril au 7 mai avant que le cuirassé ne gagne Bizerte où il fait escale du 8 au 15 mai.

Reprennant la mer le lendemain 16 mai, le cuirassé effectue une croisière de présence en Méditerranée orientale, croisière marquée par une escale à Iskenderun du 21 au 25 mai, à Lattaquié du 27 mai au 2 juin, Beyrouth du 3 au 7 juin, Haïfa du 9 au 12 juin, Alexandrie du 14 au 17 juin, Bizerte du 20 au 24 juin avant de rentrer à Toulon le 28 juin 1948.

Après une période d’indisponibilité pour entretien à flot et permissions de l’équipage du 29 juin  au 19 juillet 1948, le cuirassé sort pour essais du 20 au 23 juillet avant de reprendre l’entrainement courant dans le Golfe du Lion du 25 juillet au 8 août 1948.

Rentrés à Toulon le 9 août 1948, le Clémenceau et ses deux torpilleurs d’escorte passent au régime de guerre le 15 août puis sortent pour entrainement du 16 au 23 août puis du 26 août au 2 septembre, étant à quai aux appontements du Milhaud un certain 5 septembre 1948.

Caractéristiques Techniques de la classe Richelieu

Richelieu

Déplacement : standard officiel 35000 tonnes standard réel 37250 tonnes charge normale 40927 tonnes  pleine charge 44698 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 247.85m (entre perpendiculaires) 242.00m largeur : 33.08m tirant d’eau (charge normale) 9.22m (pleine charge) 9.90m

Propulsion : 4 turbines à engrenages Parson réparties en une salle des machines avant et une salle des machines arrières, alimentées par six chaudières Sural dévellopant 155000ch et entrainant quatre hélices

Performances :  vitesse maximale : 32 noeuds distance franchissable : 9500 miles nautiques à 15 noeuds 3450 miles nautiques à 30 noeuds.

Protection : ceinture principale 330mm bulkhead avant 355mm bulkhead au dessus du pont blindé intermédiaire 233mm pont blindé supérieur au dessus des soutes à munitions 170mm pont blindé supérieur au dessus des machines 150mm pont blindé intermédiaire 40/50mm (100mm au dessus des hélices et 150mm au dessus des lignes d’arbre)

Bloc passerelle : face avant et latérales 340mm arrière 280mm toit 170mm tube de communication 160mm

Tourelles quadruples de 380mm : face avant 430mm faces latérales 300mm toit 170 à 195mm face arrière 270mm (T.I) et 260mm (T.II) barbettes au dessus du PBS 405mm barbettes en dessous du PBS 80mm

Tourelles de l’artillerie secondaire : face avant 130mm côtés et toit 70mm face arrière 60mm barbette 100mm

Electronique : un radar de veille aérienne, un radar de veille surface, deux radars de conduite de tir

Armement : 8 canons de 380mm modèle 1935 en deux tourelles quadruples concentrées à l’avant, 20 canons de 130mm modèle 1932 en dix tourelles doubles modèle 1936 (six latérales, quatre axiales), 12 canons de 37mm en six affûts doubles ACAD modèle 1935 et 16 canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en huit affûts doubles

Aviation : deux catapultes à la poupes pour deux à quatre hydravions

Equipage : 1569 officiers et marins

Jean Bart

Déplacement : standard 42806 tonnes charge normale 46500 tonnes pleine charge 48950 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 247.85m (entre perpendiculaires) 242.00m largeur : 35.54m tirant d’eau (charge normale) 10.04m (pleine charge) 10.69m

Propulsion : 4 turbines à engrenages Parson réparties en une salle des machines avant et une salle des machines arrières, alimentées par six chaudières Sural réparties en une salle des chaudières avant et une salle des chaudières arrière dévellopant 155000ch et entrainant quatre hélices quadripales

Performances :  vitesse maximale : 32 noeuds distance franchissable : 9500 miles nautiques à 15 noeuds 3450 miles nautiques à 30 noeuds.

Protection : ceinture principale 330mm bulkhead avant 355mm bulkhead au dessus du pont blindé intermédiaire 233mm pont blindé supérieur au dessus des soutes à munitions 170mm pont blindé supérieur au dessus des machines 150mm pont blindé intermédiaire 40/50mm (100mm au dessus des hélices et 150mm au dessus des lignes d’arbre)

Bloc passerelle : face avant et latérales 340mm arrière 280mm toit 170mm tube de communication 160mm

Tourelles quadruples de 380mm : face avant 430mm faces latérales 300mm toit 170 à 195mm face arrière 270mm (T.I) et 260mm (T.II) barbettes au dessus du PBS 405mm barbettes en dessous du PBS 80mm

Tourelles de l’artillerie secondaire : face avant 130mm côtés et toit 70mm face arrière 60mm barbette 100mm

Electronique : un radar de veille aérienne, un radar de veille surface, deux radars de conduite de tir

Armement : 8 canons de 380mm modèle 1935 en deux tourelles quadruples concentrées à l’avant, 20 canons de 130mm modèle 1932 en dix tourelles doubles modèle 1936 (six latérales, quatre axiales), 12 canons de 37mm en six affûts doubles ACAD modèle 1935 et 16 canons de 25mm en huit affûts doubles

Aviation : deux catapultes pour deux (temps de paix) à quatre hydravions (temps de guerre)

Equipage : 1569 officiers et marins

Clemenceau

Déplacement : standard 35000 tonnes charge normale 40750 tonnes pleine charge 44800 tonnes

Dimensions : longueur : (hors tout) 247.80m (entre perpendiculaires) 242m largeur : 33.08m tirant d’eau : (charge normale) 9.18m (charge maximale) 9.92m

Propulsion :  4 turbines à engrenages Parson réparties en une salle des machines avant et une salle des machines arrières, alimentées par six chaudières Sural réparties en une salle des chaudières avant et une salle des chaudières arrière dévellopant 155000ch et entrainant quatre hélices quadripales

Performances : vitesse maximale : 32 noeuds distance franchissable : 9500 miles nautiques à 15 noeuds 3450 miles nautiques à 30 noeuds.

Protection : ceinture principale 330mm bulkhead avant 355mm bulkhead au dessus du pont blindé intermédiaire 233mm pont blindé supérieur au dessus des soutes à munitions 170mm pont blindé supérieur au dessus des machines 150mm pont blindé intermédiaire 40/50mm (100mm au dessus des hélices et 150mm au dessus des lignes d’arbre)

Bloc passerelle : face avant et latérales 340mm arrière 280mm toit 170mm tube de communication 160mm

Tourelles quadruples de 380mm : face avant 430mm faces latérales 300mm toit 170 à 195mm face arrière 270mm (T.I) et 260mm (T.II) barbettes au dessus du PBS 405mm barbettes en dessous du PBS 80mm

Tourelles de l’artillerie secondaire : face avant 130mm côtés et toit 70mm face arrière 60mm barbette 100mm

Electronique : un radar de veille aérienne, un radar de veille surface, deux radars de conduite de tir

Armement : 8 canons de 380mm modèle 1935 en deux tourelles quadruples concentrées à l’avant, 20 canons de 130mm modèle 1932 en dix tourelles doubles modèle 1936 (six latérales, quatre axiales), 12 canons de 37mm en six affûts doubles ACAD modèle 1935 et 16 canons de 25mm en huit affûts doubles

Aviation : aucune installation prévue dans un premier temps mais au final, il reçoit les mêmes installations que ses sister-ship même si elles sont moins bien intégrées et moins bien abouties.

Equipage : 1569 officiers et marins

6-Cuirassés et croiseurs de bataille (7)

D-Cuirassés classe Richelieu

Des «35000 tonnes» pour la marine nationale

Comme je l’ai mentionné dans l’introduction, la marine nationale à été reconstruite dans l’optique d’un conflit méditerranéen contre l’Italie de Mussolini qui revendiquait la Savoie, le comté de Nice, la Corse, la Tunisie et Djibouti.

Les deux pays se marquèrent à la culotte, construisant une flotte réglée sur l’autre, l’apparition d’un navire chez l’un délenchant aussitôt la riposte chez l’autre. Les deux pays se dôtèrent ainsi d’unités légères très rapides et peu endurantes, bien armées mais peu protégées.

Comme la France, l’Italie fût autorisée à construire deux cuirassés durant la «battleship holiday» pour remplacer notament le Leonardo da Vinci qui avait explosé en 1916 et qui relevé n’avait jamais été réparé. Elle fût autorisé également à reconstruire ses cuirassés de type Cavour, travaux qui seront réalisés dans les années trente.

La Regia Marina fût comme la Royale soucieuse de ne pas gâcher ce contingent de 70000 tonnes et de nombreux projets se succédèrent. Le projet le plus abouti fût un cuirassé rapide de 23000 tonnes filant à 28/29 noeuds armé de six canons de 381mm en trois tourelles doubles.

Rapidement, les demandes supplémentaires des amiraux italiens (vitesse plus importante, protection renforcée, armement principal de six canons jugé trop faible) rendit ce projet intenable. L’apparition du Dunkerque _réponse française au Deutschland_ poussa les italiens à réagir.

Le cuirassé Littorio fût à l’origine de la construction des trois Richelieu

Après la reconstruction des Conte di Cavour en octobre 1933, les italiens décidèrent de voir les choses en grand et le 11 juin 1934, l’agence de presse Stefani annonça la construction de deux cuirassés de 35000 tonnes.

Ces navires baptisés Littorio et Vittorio Veneto furent mis sur cale le 28 octobre 1934 respectivement aux chantiers Ansaldo de Gênes et aux Chantiers Réunis de l’Adriatique de Trieste lancés respectivement le 22 août et le 25 juillet 1937 et admis au service actif  respectivement le 6 mai et le 28 avril 1940.

C’était d’élégants navires déplaçant 35000 tonnes, mesurant 237m de long sur 32.9m de large plus un tirant d’eau de 10.5m, une vitesse maximale de 30 noeuds et un armement composé de 9 canons de 381mm en trois tourelles triples (deux avant et une arrière), 12 canons de 152mm en quatre tourelles triples, 12 canons de 90mm antiaériens en affûts simples et 20 canons de 37mm (8 affûts doubles et 4 affûts simples).

La réponse française fût immédiate. Le 26 juillet 1934 soit deux semaines après que les caractéristiques des cuirassés italiens fussent rendues publiques et seulement huit jours après la mise en chantier du Strasbourg (qui sera mis sur cale en novembre), le Conseil Supérieur de la Marine démandèrent que le STCN étudie un nouveau modèle de cuirassé suivant quelques lignes directrices :

-Déplacement de 35000 tonnes

-Un armement principal composé de huit ou neuf canons d’un calibre de 380 à 406mm

-Un armement secondaire polyvalent

-Une protection composée d’une ceinture blindée de 360mm, d’un pont blindé supérieur 160mm, d’un pont blindé intermédiaire de 40mm et d’une protection sous marin semblable à celle des Dunkerque

-Vitesse de 29.5/30 noeuds

Le design original des cuirassés de classe Richelieu

Le 27 novembre 1934, le STCN présenta au Conseil Supérieur de la Marine six projets qui avaient pour point commun leur déplacement standard (35000 tonnes), leurs dimensions (247m de long sur 33m de large), une ceinture blindée de 360mm et des ponts blindés de 160 et 40mm d’épaisseur et le calibre de l’armement principal : 380mm et celui de l’armement secondaire : 130mm.

Le Conseil Supérieur de la Marine sélectionna le projet 1 le 14 avril 1935 mais à peine sélectionné ce projet fût modifié non pas au niveau de l’armement principal mais au niveau de l’armement secondaire, l’artillerie de 130mm étant jugée trop faible pour un cuirassé de ce tonnage.

Après une configuration mixte (canons de 130mm plus dédiés au combat antisurface et canons de 75mm antiaériens), on poursuivit sur la voie de l’armement secondaire polyvalent avec cinq tourelles triples de 152mm et une DCA légère qui devait être composée de 12 canons de 37mm en six affûts doubles ACAD modèle 1935 (Affût Contre-Avions Double).

Les plans définitifs furent soumis et acceptés par le ministre de la Marine François Pietri le 14 août 1935, le parlement ayant voté le 30 mars 1935 une nouvelle tranche du statut naval de 1924 (non voté mais servant de cadre directeur) prévoyant la construction de deux cuirassés de 35000 tonnes baptisés Richelieu et Jean Bart et de deux torpilleurs d’escadre de type Le Hardi, les Fleuret et Epée.

A la suite de l’annonce de la construction des Richelieu et des Jean Bart (construction attribuée respectivement à l’Arsenal de Brest et aux ACL de Saint Nazaire), l’Italie riposta par la commande en 1938 de deux nouveaux Littorio, des navires baptisés Roma et Impero. La réponse française ne se fit par attendre, la Royale obtenant la commande de deux autres cuirassés rapides à la tranche 1938 bis mais seul le premier baptisé Clemenceau sera un Richelieu, le quatrième baptisé Gascogne sera d’un modèle différent et au final unique.

Le Richelieu

Le cuirassé Richelieu à Dakar en 1940 lors de ses premiers tirs d’artillerie à Rufisque

-Le Richelieu connu à l’origine sous le numéro de PN196 est mis en chantier dans le bassin n°4 au Salou le 22 octobre 1935 à peine trois semaines après que la coque du Dunkerque eut été mise à l’eau depuis cette forme.

Les travaux sont menés sans priorité jusqu’au début 1937 en raison de problèmes sociaux (grèves) et de la mauvaise volonté britannique, nos amis d’outre-manche ne «sachant toujours pas que Napoléon est mort» (Paul Cambon). Les travaux s’accélèrent alors.

Le 17 janvier 1939 au matin, l’élément de coque principal quitte le bassin du Salou après avoir pris contact avec l’élément liquide la veille. La cérémonie terminée, le bassin est vidé et les tains nettoyés pour permettre la mise sur cale du troisième cuirassé de la classe (financé à la tranche 1938bis) et baptisé Clémenceau.

Le Richelieu est rééchoué dans le bassin n°8 et les éléments de coque avant et arrière sont soudés à la partie principale de la coque. Le navire est mis à flot le 15 janvier 1940 et armé pour essais le 25 mars 1940.

Les essais à la mer ont lieu du 30 mars au 15 avril 1940 avant un passage au bassin pour démontages et modifications jusqu’au 4 mai 1940 quand il reprend la mer pour un deuxième phase d’essais à la mer jusqu’au 25 mai 1940.

Le 8 juin 1940, le cuirassé appareille pour le polygone de Rufisque, jettant l’ancre à l’extérieur du port de Dakar (en travaux mais encore trop étroit pour accueillir un tel mastodonte).

Il effectue une importante école à feu jusqu’au 15 juillet, tirant 160 obus de 380mm contre la terre et en mer et 450 obus de 152mm contre la mer et la terre, le tir antiaérien se révéla impossible.

A noter qu’à l’époque, le polygone de Rufisque (toujours utilisé par la France en 2011 même si son emprise à été largement réduite) est loin d’être prêt. Tout juste a-t-on aménagé des cibles de tirs ainsi que des postes de sécurité pour empêcher des civils de s’installer. Ce n’est qu’en 1944 que ce complexe de tir unique sera pleinement opérationnel.

Il repart de Dakar le 18 juillet 1940 et arrive à Brest le 27 juillet. Devant l’impossibilité de modifier rapidement les canons de 152mm, l’Amirauté décide de prendre des décisions radicales en débarquant les tourelles latérales de 152mm pour les remplacer par six affûts doubles de 100mm en provenant du cuirassé Lorraine (quatre) et de la batterie du Niolon à Marseille (deux) en attendant que suffisamment de canons de 130mm soient disponible pour remplacer les canons de 100 et de 152mm.

Le Richelieu est au bassin n°8 pour travaux du 4 août au 18 novembre 1940 pour démontages, modifications, peinture ainsi que l’installation du nouvel armement secondaire redevenu mixte par la force des choses. Il effectue ensuite ses essais à la mer jusqu’à la fin de l’année.

Le 4 janvier 1941, il appareille pour sa traversée de longue durée, faisant escale à Cherbourg du 7 au 9 janvier, au Havre du 11 au 13, à Dunkerque du 15 au 17, à Anvers du 19 au 21, à Rotterdam du 23 au 25 janvier, à Bergen du 28 janvier au 2 février, à Aberdeeen du 5 au 8 février, à Douvres du 13 au 15 février, à Southampton du 19 au 21 février avant un retour à Brest le 23 février 1941.

Après quelques menus travaux, l’avitaillement en carburant et en munitions, le Richelieu quitte Brest le 1er mars 1941 pour rejoindre son port d’attache : Toulon. Il fait escale à Bordeaux du 2 au 4 mars, à Lisbonne du 5 au 7 mars, Casablanca du 9 au 11 mars avant d’arriver à Toulon le 14 mars.

Le 15 mars 1941, le Richelieu est admis au service actif, affecté à la Flotte de la Méditerranée avec Toulon pour port-base.

En attendant l’admission au service actif du Clemenceau (avec lequel il formera la 3ème DL), le Richelieu intègre le Groupement de Ligne de la 2ème escadre de la Flotte de la Méditerranée, groupement qui se compose également à l’époque de la 1ère DL (croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg) et de la 5ème DL (cuirassés Provence et Lorraine).

La première sortie du nouveau fleuron de la flotte de ligne française à lieu du 21 au 28 mars pour un entrainement au combat antisurface, le Richelieu effectuant une spectaculaire école à feu dont les photos et le film sont souvent utilisées pour montrer la puissance de notre marine d’avant guerre. Il fait escale à Bastia du 29 mars au 5 avril, à Ajaccio du 6 au 10 avril avant de rentrer à Toulon le lendemain 11 avril 1941.

Le Richelieu sort à nouveau pour un entrainement de son détachement aviation du 20 au 27 avril, mouillant aux salins d’Hyères du 28 avril au 3 mai avant d’enchainer par un entrainement de défense aérienne à la mer du 4 au 11 mai. Il rentre à Toulon le 17 mai après une escale à Marseille du 12 au 16 mai 1941.

Après une période d’entretien à flot du 17 mai au 12 juin, le cuirassé sort pour essais du 13 au 18 juin avant un stage de remise en condition du 20 juin au 2 juillet, le cuirassé faisant escale à Bastia du 3 au 7 juillet et à Nice du 8 au 11 juillet, rentrant au port le lendemain 12 juillet

Le 14 juillet 1941, il participe à une revue navale au large de Toulon, le président Tardieu passant en revue les unités de la 2ème Escadre en rade des Vignettes à bord du cuirassé.

Le 20 juillet 1941, le Richelieu quitte Toulon en compagnie de ses torpilleurs d’escadre Corsaire et Flibustier pour une école à feux au large de Rufisque. Les trois navires font escale à Casablanca du 20 au 23 juillet avant d’arriver à Dakar le 27 juillet, l’école à feux occupant les trois navires du 28 juillet au 12 août avant que le cuirassé et les deux torpilleurs ne quittent Dakar le 14 août, se ravitaillant à Casablanca le 18 août avant de rentrer à Toulon le 22 août.

Le Richelieu est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 23 août au 5 octobre,sortant pour essais du 6 au 9 octobre avant remise en condition du 11 au 25 octobre, le cuirassé et ses deux torpilleurs d’escadre faisant escale à Nice du 26 au 30 octobre puis à Marseille du 1er au 4 novembre, rentrant à Toulon le lendemain 5 novembre 1941.

Le Richelieu sort en compagnie de ses torpilleurs d’escadre pour une école à feux du 12 au 19 novembre, ses canons de 380mm donnant de la voix tout comme les canons de 152mm et les canons de 100mm.

Après une escale à Marseille du 20 au 24 novembre, le cuirassé cingle vers l’Afrique du Nord, faisant escale à Alger du 25 au 28 novembre, à Bône du 29 novembre au 2 décembre, à Tunis du 4 au 7 décembre, à La Valette du 9 au 12 décembre, à Bastia du 14 au 17 décembre avant de rentrer à Toulon le lendemain 18 décembre et de préparer une longue croisière en Amérique Latine.

Le 7 janvier 1942, il appareille pour une mission de représentation en Amérique du Sud, territoire où l’influence française était présente mais était également rudemment concurrencée par celles de l’Italie et de l’Allemagne, Paris craignant que Rio de Janeiro, Buenos Aires ou Santiago ne basculent dans le camp de l’Allemagne ou de l’Italie.

Pour montrer le pavillon de façon convainquante, la France rassemble un groupe occasionel composé du cuirassé Richelieu, du croiseur léger Jean de Vienne (venu pour l’occasion de Bizerte), des torpilleurs d’escadre Corsaire et Flibustier et du pétrolier Elorn, chargé de ravitailler les navires de combat.

La Division Navale Française (DNF) quitte Toulon le 7 janvier 1942 sous le commandement du contre-amiral François de Penvers, faisant escale à Casablanca le 13 janvier avant de traverser l’Atlantique, arrivant à Rio de Janeiro le 21 janvier. Ouverts au public, les cinq navires remportent un très grand succès auprès des brésiliens qu’il s’agisse de simples visites ou de réceptions.

La DNF repart le 28 janvier direction Montevideo où elle fait escale du 29 janvier au 5 février 1942 avant de gagner le même jour Buenos Aires où la division reste mouillée jusqu’au 17 février 1942 quand elle appareille pour Valparaiso au Chili, arrivant à destination le 1er mars après une escale de deux jours les 20 et 21 février à Port Stanley, l’Elorn connaissant quelques ennuis mécaniques.

La DNF fait escale dans la principale base chilienne du 17 au 29 mars 1942 avant une brève escale à Callao au Pérou du 30 mars au 2 avril puis à Guyaquil (Equateur) du 5 au 7 avril.

Elle franchit le canal de Panama le 9 avril et après une escale de ravitaillement à Fort de France les 14 et 15 avril, elle rentre à Toulon le 25 avril, le Jean de Vienne rentrant ensuite à Bizerte le 28 avril 1942. La DNF est dissoute le lendemain. Le Richelieu passe au bassin du 5 mai au 22 juin pour se remettre d’un tel périple.

Néanmoins, les ingénieurs du STCN sont satisfaits que le cuirassé n’à connu aucune grave avarie durant cette circumnavigation autour du sous-continent sud-américain surtout que durant plusieurs périodes assez longues, le contre-amiral De Penvers à lâché les chevaux pour voir ce que le cuirassé avait dans le ventre, des pointes à 33 noeuds sont ainsi enregistrées au large de Valparaiso..

Il sort pour essais du 23 juin au 2 juillet avant un stage de remise en condition du 3 au 21 juillet. Il est indisponible pour permissions d’été jusqu’au 17 août. Il reprend la mer pour entrainement du 18 au 30 août et du 2 au 12 septembre 1942.

Durant cette dernière sortie, une délégation de la ville de Luçon sort à bord du navire, la ville vendéenne étant devenue marraine du cuirassé, Armand Jean du Plessis de Richelieu ayant été évêque de Luçon.

Après s’être ravitaillé en carburant à Toulon le 13 septembre, il quitte le Var le lendemain, 14 septembre pour Rufisque et un nouvel entrainement au tir. Il fait escale à Casablanca du 18 au 23 septembre, manquant d’aborder un paquebot espagnol lors de sa manoeuvre de sortie du port.

Arrivé à Dakar le 27 septembre, il mouille dans le bassin principal du port jusqu’au 1er octobre, entamant alors son entrainement au tir, entrainement de près de trois semaines jusqu’au 23 octobre avec le tir de 92 obus de 380mm, de 240 obus de 100mm et de 180 obus de 152mm sans oublier la DCA légère qui s’entraine face aux avions de l’armée de l’air.

Après une nouvelle escale à Dakar du 24 au 31 octobre, le fleuron de la flotte appareille le lendemain 1er novembre pour une nouvelle escale à Casablanca du 5 au 8 novembre puis une seconde escale à Gibraltar du 9 au 12 novembre. Il quitte le Rocher le lendemain 13 novembre pour rentrer à Toulon le 17 novembre 1942.

Il sort à nouveau pour entrainement du 27 novembre au 7 décembre, faisant escale à Nice du 8 au 12 décembre avant un entrainement à la navigation et au combat de nuit jusqu’au 17 décembre quand il arrive à Bastia pour une escale qui s’achève le 22 décembre quand il appareille pour rentrer à Toulon le lendemain 23 décembre et rester à quai jusqu’à la fin de l’année.

Le cuirassé subit un petit carénage du 12 janvier au 18 mai 1943, passant au bassin à Toulon du 20 janvier au 14 avril (bassin Vauban n°8). Il débarque toute son artillerie secondaire (six affûts doubles de 100mm et trois tourelles triples de 152mm) et toute sa DCA légère, recevant en remplacement  des canons de 100 et de 152mm, dix tourelles doubles de 130mm modèle 1936.

Ces tourelles sont installées en trois groupe : un groupe axial de quatre tourelles à l’arrière et deux groupes latéraux de trois tourelles. La DCA légère se compose désormais de douze canons de 37mm en six affûts doubles de 37mm ACAD modèle 1935 et seize canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en huit affûts doubles.

A l’origine, sur les Richelieu, deux affûts devaient été installés latéralement entre les deux tourelles de 380mm tandis que les quatre autres auraient été installées entre les tourelles de 152mm latérales.

L’installation de trois tourelles doubles de 130mm entraine une modification de leur installation sur un passerelle un pont au dessus. Les affûts doubles de 25mm sont installés sur le bloc-passerelle et derrière le pare-lame.   Des radars sont montés et les installations d’hydraviation sont modernisées avec une catapulte plus puissante. Il sort pour essais du 21 au 27 mai au large de Toulon avant une escale à Marseille du 28 mai au 1er juin.

Il est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 2 au 30 juin, sortant pour essais du 1er au 3 juillet et pour remise en condition du 5 au 19 juillet, date de son retour à Toulon. Le Richelieu est à nouveau à la mer pour entrainement du 26 juillet au 4 août, du 11 au 20 août et du 27 août au 12 septembre au large de Toulon alternant écoles à feux, exercices de défense aérienne à la mer et de combat antisurface.

Le cuirassé sort pour entrainement du 21 au 30 septembre 1943 avant une escale à Alger du 1er au 5 octobre. Reprennant la mer, il subit un entrainement à la défense aérienne à la mer du 6 au 15 octobre avant une escale à Tunis du 16 au 21 octobre. Il rentre à Toulon le surlendemain 23 octobre 1943.

Le Richelieu et le Clemenceau sortent pour entrainement le 2 novembre 1943. Il ne sont pas seuls, appareillant avec les torpilleurs Corsaire Flibustier Rapière Hallebarde, le contre-torpilleur Marceau, les contre-torpilleurs  Aigle Albatros Gerfaut de la 5ème DCT et le ravitailleur rapide Adour.

La petite escadre manoeuvre dans le Golfe du Lion jusqu’au 12 novembre quand les cuirassés, leurs torpilleurs d’escorte, les contre-torpilleurs et le ravitailleur font escale à Marseille jusqu’au 18 novembre.

Du 19 au 27 novembre, les contre-torpilleurs tentent d’intercepter le cuirassé qui protégeait le ravitailleur avant un ravitaillement à la mer le 28 novembre. Après un exercice de défense aérienne à la mer du 29 novembre au 4 décembre, le cuirassé fait escale à Ajaccio, le ravitailleur à Calvi et les contre-torpilleurs à l’Ile-Rousse et ce du 5 au 11 décembre. Ils rentrent tous à Toulon le 13 décembre 1943. Il sort à nouveau pour entrainement en solitaire du 20 au 26 décembre 1943 puis du 4 au 9 janvier 1944.

Le 15 janvier 1944, il décharge ses munitions et appareille pour Brest afin de subir son premier grand carénage, marquant ainsi son retour dans son chantier constructeur près de quatre ans après son départ.

Arrivant le 22 janvier, il échoué dans le bassin n°8 du Laninon le 24 janvier et immobilisé jusqu’au 2 octobre 1944 quand il quitte le bassin n°8 pour être remorqué dans la rade-abri pour des travaux complémentaires.

Durant ce premier grand carénage, la coque est grattée, sablée et repeinte, les hélices sont remplacées, les turbines inspectées et remise en état, les chaudières retubées. Les locaux-vie sont entièrement remis en état, des radars installés, les installations d’hydraviation un temps menacées sont maintenues étant vues comme un complément au radar.

Il est armé pour essais le 18 novembre 1944, subissant ses essais à la mer du 21 novembre au 3 décembre avant une période de modification à Brest jusqu’au 12 décembre quand le cuirassé reprend la mer pour sa remise en condition qui à lieu dans le Golfe de Gascogne jusqu’au 24 décembre, passant la fin d’année à Brest.

Il reprend la mer le 2 janvier 1945 pour remise en condition au large de l’Afrique Occidentale Française (AOF).

Arrivé à Dakar le 7 janvier, il est en escale jusqu’au 11 janvier quand commence une très intense remise en condition qui commence par une première école à feu jusqu’au 22 janvier quand il passe au bassin jusqu’au 27 janvier pour inspection et réparations.

Remis à flot, il subit des essais de pure formalité jusqu’au 30 janvier quand il reprend son entrainement par un entrainement aviation du 1er au 12 février, multipliant lancement et récupération de ses Dewoitine HD-731 qui affrontent les avions de l’Aviation Navale et de l’armée de l’air.

Après une deuxième école à feu du 15 au 27 février, le cuirassé quitte l’AOF le 1er mars 1945, fait escale à Casablanca du 4 au 7 mars avant de gagner Toulon le 14 mars 1945.

Le Richelieu sort à nouveau du 24 mars au 8 avril en compagnie de son sister-ship Clemenceau et de la 6ème DC pour un entrainement combiné dans le Golfe du Lion avec entrainement au combat de nuit et exercice de défense aérienne à la mer avant une escale à Marseille du 9 au 12 avril.

Reprennant la mer, elles s’entrainent au combat antisurface du 13 au 22 avril avant de rentrer à Toulon le 27 avril après une escale à Bastia du 23 au 26 avril 1945. Il sort à nouveau pour entrainement en solitaire (même si il est accompagné par ses deux torpilleurs d’escorte) du 30 avril au 7 mai 1945.

Le Richelieu participe à un exercice de défense aérienne à la mer au large du Cap Corse du 17 au 22 mai 1945 en compagnie du porte-avions Joffre qui simula des raids d’avions torpilleurs Latécoère Laté 299 contre le cuirassé et ses deux torpilleurs d’escadre, appuyés également par des bimoteurs Lioré et Olivier Léo 451 basés à Calvi-Sainte Catherine. Il rentre à Toulon le 23 mai pour se ravitailler.

Il effectue ensuite une tournée de représentation en Afrique du Nord, appareillant de Toulon le 24 mai, direction Casablanca où il arrive le 29 mai. Son escale de trois jours se prolonge jusqu’au 5 juin en raison de problèmes de chaudières. Il repart le lendemain, 6 juin 1945, direction Tanger où sa présence est peu goûtée par les autorités espagnoles.

Tanger est certes une ville internationale mais enclavée dans le Maroc Espagnol. A l’annonce d’une manifestation phalagangiste contre la venue du cuirassé, le commandant du Richelieu menace de mettre à terre sa compagnie de débarquement ce qui à un effet dissuasif à moins que cela ne soit les canons de 380mm pointés sur la base de l’armée de terre espagnole toute proche……… .

Après deux jours dans le port de la ville internationale, le Richelieu reprend la mer le 9 juin, arrivant à Mers-El-Kebir le 13 juin pour trois jours au mouillage. Il est à Alger du 17 au 21 juin, à Philippeville du 23 au 26 juin, Bizerte du 30 juin au 4 juillet avant de rentrer en métropole, faisant une brève escale à Ajaccio le 9 juillet avant de rentrer à Toulon le lendemain, 10 juillet.

Il est indisponible (entretien et permissions d’été de l’équipage) du 15 juillet au 27 août avant de sortir pour essais du 28 au 31 août et pour remise en condition du 2 au 12 septembre en compagnie de ses torpilleurs d’escadre Corsaire et Flibustier.

Après une escale à Bastia du 13 au 17 septembre, il reprend la mer pour un entrainement au combat de nuit du 18 au 23 septembre puis après ravitaillement auprès de l’Adour, un entrainement à la défense aérienne du mer du 24 septembre au 4 octobre, rentrant à Toulon le 10 octobre après une escale à Nice du 5 au 9 octobre.

Le Richelieu quitte Toulon le 15 octobre 1945 pour un nouvel entrainement en Méditerranée occidentale, accompagnée cette fois par le croiseur léger Chateaurenault (classe De Grasse) et la 5ème DCT (Aigle Albatros Gerfaut)

Tout commence par un entrainement DAM (Défense Aérienne à la Mer) jusqu’au 21 octobre, le cuirassé, le croiseur léger et les contre-torpilleurs étant assaillis par l’aviation basée à terre. Après un ravitaillement à Ajaccio-Aspretto les 22 et 23 octobre, les cinq navires effectuent un entrainement au combat de nuit du 24 au 30 octobre avant une escale à Marseille du 31 octobre au 2 novembre.

Reprennant la mer, ils s’entrainent à la lutte ASM, les contre-torpilleurs assurant un ratissage au large du cap Corse contre les sous-marins Venus Iris Pallas de la 15ème DSM qui tentaient du 3 au 10 novembre une embuscade contre le cuirassé et le croiseur léger qui participent à la traque en utilisant leurs hydravions. Après une escale à Nice du 11 au 15 novembre, le Richelieu, le Chateaurenault et la 5ème DCT rentrent à Toulon le 17 novembre 1945.

Le premier «35000 tonnes» de la Royale sort à nouveau pour entrainement du 25 au 30 novembre pour servir de plastron de luxe aux défenses côtières du secteur de Toulon notamment la batterie du cap Cépet récémment modernisée.

Après un rapide passage à Toulon pour ravitailler, le Richelieu repart le 2 décembre 1945 pour un exercice baptisé «Austerlitz» en compagnie du croiseur léger De Grasse.

Le cuirassé et le croiseur s’entrainent d’abord au combat de nuit du 2 au 9 décembre puis après ravitaillement auprès du pétrolier Sèvre (ex-Nivôse), les deux navires vont manoeuvrer au large du Maroc, de part et d’autre des Colonnes d’Hercules et ce du 13 au 21 décembre. Après une escale à Casablanca du 22 au 25 décembre, les deux navires rentrent à Toulon le 27 décembre 1945.

Le Richelieu effectue une sortie d’entrainement avec ses deux torpilleurs d’escadre du 2 au 9 janvier avant de subir un petit carénage du 17 janvier au 8 février 1946.

Après des essais à la mer du 9 au 12 février, le Richelieu embarque à Toulon l’amiral Ollive, nouveau Grand Amiral de la flotte (il à succédé à l’amiral Esteva en poste de 1942 à 1945 mais qui à démissionné pour raison de santé) et son état-major pour une inspection des capacités du porte-avions Joffre.

Le porte-avions manoeuvre accompagné par le cuirassé Richelieu mais également par le cuirassé Provence _le garde du corps du porte-avions_ du 18 au 23 février, l’amiral de la flotte passant à bord du porte-avions les 21 et 22 février avant de remonter à bord du cuirassé pour une conférence au sommet en Grande Bretagne.

Durant ces cinq jours, il à assisté à des exercices de défense aérienne à la mer, de lancement et d’appontage, de simulations de bombardements en piqué, de torpillage et de lutte ASM. Il à même décollé et apponté à bord d’un CAO-600. Le cuirassé après un bref ravitaillement à Toulon, appareille le 24 février, franchit le détroit de Gibraltar le 1er mars, fait escale à Brest le 6 mars avant d’arriver à Southampton le 8 mars puis de prendre le train en direction de Londres afin de converser avec les autorités de la Royal Navy.

Le cuirassé reprend la mer le 9 mars 1946, fait escale sur l’île de Wight le 11, à Douvres le 13 mars, à Chatham le 15 mars où il rembarque l’amiral Ollive et son état-major qu’il débarque au Havre le 19 mars 1946.

Le cuirassé rentre ensuite à Toulon, faisant escale à Cherbourg du 25 au 27 mars, à Saint-Nazaire  du 29 mars au 1er avril 1946, à bordeaux du 2 au 6 avril, à Casablanca du 8 au 13 avril avant d’arriver à Toulon le 15 avril.

Après une période d’indisponibilité jusqu’au 30 avril, le Richelieu sort pour essais du 2 au 7 mai avant remise en condition en compagnie du croiseur léger Guichen du 9 au 23 mai. Ils rentrent tous les deux à Toulon le 27 mai après une escale à Nice du 24 au 26 mai 1946.

Le Richelieu sort pour entrainement aviation du 1er au 12 juin avant une escale à Alger du 13 au 18 juin, enchainant par un exercice de défense aérienne à la mer du 19 au 27 juin, faisant escale à Ajaccio du 28 juin au 2 juillet avant de rentrer à Toulon à l’aube le 4 juillet 1946.

Le Richelieu est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 5 au 26 juillet, sortant pour essais du 27 au 30 juillet et pour remise en condition du 1er au 16 août, en même temps que ses torpilleurs d’escadre, les trois navires rentrant à Toulon le lendemain 17 août.

Après une nouvelle période d’entretien à flot du 22 août au 2 septembre, il sort pour essais à la mer du 3 au 7 septembre avant un stage de remise en condition du 8 au 30 septembre 1946 en compagnie de son sister-ship Clemenceau.

Les deux cuirassés et leurs quatre torpilleurs d’escadre quittent Toulon le 1er octobre, font escale à Casablanca du 4 au 6 octobre avant d’arriver à Dakar le 9 octobre pour  une nouvelle école à feu à Rufisque du 9 au 21 octobre 1946. Après une escale à Dakar jusqu’au 23 octobre, le Richelieu rentre à Toulon le 28 octobre 1946.

Après une période d’indisponibilité jusqu’au 10 novembre, le Richelieu sort pour essais du 12 au 17 novembre avant une remise en condition du 19 novembre au 2 décembre. Le Richelieu sort à nouveau pour entrainement du 7 au 18 décembre et du 21 au 28 décembre, passant la fin de l’année à quai à Toulon.

Il commence l’année 1947 par un entrainement aviation du 5 au 15 janvier avant une escale à Nice du 16 au 20 janvier. Il ressort pour un entrainement à la défense aérienne à la mer du 21 au 31 janvier, rentrant à Toulon le lendemain 1er février.

Le 5 février 1947, des émeutes anti-françaises frappent la ville d’Iskenderun, l’ancienne Alexandretta du temps de la domination française faisant quatre morts. La marine nationale décide d’effectuer une démonstration de force pour mettre la pression sur le gouvernement turc qui se montrera d’abord réticent à réprimer ses émeutes.

Le Richelieu appareille en compagnie du porte-avions Joffre, du cuirassé Provence et de cinq torpilleurs d’escadre le 7 février 1947 (Le Richelieu étant accompagné du seul Flibustier, le Corsaire étant en grand carénage), arrivant sur zone le 12 février et y restant jusqu’au 27 février pour de nombreux exercices. Après une escale à Beyrouth du 28 février au 3 mars 1947, il rentre à Toulon le 7 mars 1947. Après une période d’entretien à flot du 8 mars au 4 avril, le Richelieu sort pour essais du 5 au 9 avril avant un stage de remise en condition en compagnie du croiseur léger Chateaurenault et du torpilleur d’escadre Corsaire du 12 au 30 avril 1947.

Le Richelieu et le Corsaire sont rejoints à Nice le 1er mai par le Flibustier qui «remplace» le Chateaurenault qui est rentré à Toulon dès le 1er mai pour un grand carénage. Après trois jours d’escale jusqu’au 4 mai, le Richelieu, le Corsaire et le Flibustier sortent pour remise en condition du Flibustier du 5 au 21 mai 1947, les trois navires rentrant le lendemain 22 mai à Toulon.

Le Richelieu quitte Toulon le 30 mai pour une Ecole à feu à Rufisque en compagnie de ses deux torpilleurs d’escadre. Les trois navires font escale à Casablanca du 3 au 7 juin avant d’arriver à Dakar le  11 juin 1947.

L’Ecole à feu à lieu du 13 juin au 1er juillet, le cuirassé tirant des obus de 380mm et de 130mm sans parler de sa DCA légère qui se montra efficace aussi dans le tir antisurface, les torpilleurs d’escadre eux tirant des obus de 130mm, des obus de 37mm ainsi que plusieurs torpilles.

Le Richelieu et ses deux torpilleurs d’escadre quittent Dakar le 2 juillet, font escale à Casablanca du 5 au 7 juillet avant de rallier Toulon le 11 juillet 1947.

Il participe le 14 juillet 1947 à une revue navale en présence du président de la République, Paul Reynaud qu’il enmène ensuite en Algérie, appareillant de Toulon le 15 juillet direction Alger où il arrive le 17 juillet. Il est ouvert au public jusqu’au 23 juillet 1947 quand il rembarque le président de la République pour le ramener à Toulon le 25 juillet.

Après une période d’indisponibilité du 2 août au 14 septembre 1947 pour les permissions d’été, le cuirassé appareille pour une école à feu à Rufisque, quittant Toulon le 16 septembre, faisant escale à Casablanca le 20 septembre pour se ravitailler avant d’arriver à Dakar le 23 septembre.

L’Ecole à feu commence le 25 septembre mais le 27 septembre, le canon de 380mm II (tourelle I) explose tuant ou blessant les servants de la demi-tourelle (bilan final : 9 morts et 24 blessés graves).

Le cuirassé regagne Dakar le 29 septembre où les corps sont débarqués et transportés en France. Les restes du canon sont enlevés et la brèche obturée. L’enquête montrera que les gargousses utilisées étaient défectueuses, générant une pression trop importante pour les canons.

Le cuirassé arrive à Brest le 7 octobre 1947 et est en travaux jusqu’au 17 décembre, ce terrible accident étant mis à profit pour un passage au bassin pour changer les hélices, retuber les chaudières, améliorer la conduite de tir et le champ de tir de l’artillerie légère antiaérienne. Le Richelieu est en essais à la mer du 19 au 31 décembre avant d’appareiller pour Toulon le 4 janvier 1948, rentrant dans son port d’attache le 12 janvier 1948.

Le Richelieu quitte Toulon le 21 janvier pour un entrainement au combat de nuit jusqu’au 29 janvier quand le cuirassé jette l’ancre à l’entrée du port de Bastia pour une escale jusqu’au 4 février. Il reprend la mer pour un entrainement à la défense aérienne à la mer au large du cap Corse du 5 au 17 février 1948. Il rentre à Toulon le 23 février après une escale à Nice du 18 au 22 février.

Il sort à nouveau le 2 mars 1948 en compagnie de la 6ème DC (croiseurs légers De Grasse Chateaurenault Guichen), de la 9ème DCT composé des contre-torpilleurs Le Fantasque L’Audacieux et Le Malin et du pétrolier Elorn.

La petite mais puissante escadre commence par un entrainement à la défense aérienne à la mer du 2 au 12 mars avant une escale à Nice du 13 au 17 mars. Le Richelieu appareille le premier dans la nuit du 17 au 18 mars avec pour mission de rallier Alger en échappant aux croiseurs légers et aux contre-torpilleurs (L’Elorn lui gagne Mers-El-Kébir pour recompléter ses soutes et servir de base mobile de ravitaillement).

Au cours de six joutes successives (18-21 mars, 23-26 mars, 28-30 mars, 1er au 4 avril, 6 au 9 avril et 11 au 15 avril), le Richelieu est intercepté à trois reprises mais coulé une fois sous les coups des torpilles et des obus des croiseurs et contre-torpilleurs.

Après une escale de ravitaillement auprès de l’Elorn à Mers-El-Kébir du 17 au 22 avril, le cuirassé accompagné des contre-torpilleurs appareille pour un exercice à double détente contre les croiseurs légers qui devaient rallier Bizerte. L’exercice qui à lieu du 24 avril au 4 mai et se termine par une escale à Bizerte du 5 au 12 mai 1948. Tous les navires rentrent à Toulon le 15 mai 1948.

Après une période d’entretien à flot du 18 mai au 12 juin, le Richelieu sort pour essais du 13 au 17 juin avant un stage de remise en condition du 18 au 30 juin. Le 3 juillet 1948, il quitte Toulon pour une nouvelle Ecole à feu à Rufisque.

Après une escale à Casablanca du 7 au 10 juillet, le cuirassé arrive à Dakar le 14 juillet. L’Ecole à feu à lieu du 17 au 30 juillet. Après une nouvelle escale à Dakar du 31 juillet au 3 août, il reprend la mer avec ses torpilleurs d’escadre et rentre à Toulon le 12 août 1948.

Le 20 août, le cuirassé Richelieu est armé aux effectifs de guerre, recevant une peinture plus discrète avec des consignes de discrétion lumineuse maximale. Il sort pour amarriner les réservistes et les rappelés du 21 au 30 août, faisant escale à Nice du 31 août au 3 septembre, rentrant à Toulon le 4 septembre 1948.

Alors qu’il devait sortir pour une école à feux destiné notamment à tester de nouveaux obus super-lourds, l’annonce de l’attaque allemande sur le Danemark et la Norvège entraine l’annulation de l’essai, le cuirassé recomplétant ses soutes en carburant, vivres et munitions et se tenant prêt à appareiller en cas de menace italienne, le Richelieu étant en alerte à 6h.