Mitteleuropa Balkans (210) Slovaquie (4)

La Crise des Sudètes et la Deuxième République Tchécoslovaque

La Crise des Sudètes et la capitulation de Munich

Carte linguistique de la Tchécoslovaquie en 1930.

Comme nous l’avons vu plus haut les allemands n’ont jamais accepté l’intégration à la Tchécoslovaquie estimant qu’ils devaient soit rejoindre l’Allemagne ou alors la République d’Autriche (ex-République Allemande d’Autriche).

La région s’agite donc ce qui pose de sérieux problèmes au gouvernement de Prague car cette région frontalière avec l’Allemagne doit accueillir un système fortifié comparable à la Ligne Maginot.

Ouvrage fortifié tchécoslovaque

Voilà pourquoi le gouvernement tchécoslovaque va d’abord tenter de calmer le jeu pour éviter que la région n’explose.

En face certains font preuve de bonne volonté, les partis dominant jusqu’en 1935 étant les chrétiens-sociaux, les sociaux-démocrates et les agrariens. On trouve même de nombreux communistes. Certains de ces partis appuient même le gouvernement de Prague, plusieurs allemands des Sudètes sont ministres. Nous sommes donc loin des allemands opprimés et martyrisés que décrivait la propagande nazie pour justifier ses actions.

L’arrivée au pouvoir des nazis change clairement la donne. En 1933 le gouvernement tchécoslovaque interdit deux partis allemands. En riposte Konrad Henlein met sur pied le Front Patriotique des Allemands des Sudètes qui devient en 1935 le Parti des Allemands des Sudètes (Sudetendeutche Partei SdP) pour pouvoir participer aux élections. Pour une première c’est une réussite puisqu’il remporte 44 sièges faisant de ce parti le deuxième derrière le parti Agrarien mais le premier en nombre de voix.

En 1937 le gouvernement tchécoslovaque cherche toujours à calmer le jeu alors que Henlein aiguillonné et soutenu par Berlin ne cesse de jeter de l’huile sur le feu.

L’Anschluss réalisé le 12 mars 1938 aggrave la situation puisque la frontière germano-tchécoslovaque s’accroit encore rendant encore plus sensible le maintien du «quadrilatère bohémien» dans l’Etat tchécoslovaque.

Le 24 avril 1938 le SdP publie un programme en huit points pour la mise en place d’un territoire allemand autonome. Ce programme est clairement rédigé pour être inacceptable pour le gouvernement tchécoslovaque, pousser ce dernier à la faute et justifier une intervention militaire allemande.

A la mi-mai 1938 des mouvements de troupes ont lieu côté allemand ce qui pousse Prague à ordonner une mobilisation partielle de son armée. Détail intéressant la mobilisation se passe dans le calme y compris dans la région des Sudètes.

En juin 1938 sous la pression de Londres, Prague accepte les revendications de Henlein mais ce dernier cherche à tout prix le conflit.

Le 12 septembre 1938 lors d’un discours tenu au Congrès du NSDAP à Nuremberg Hitler appelle les Sudètes à se révolter contre le gouvernement tchécoslovaque. Des émeutes éclatent ce qui pousse Prague à décréter la loi martiale. Henlein et ses proches doivent fuir en Allemagne. Le parti allemand des sudètes est interdit le 16 septembre 1938.

Pour éviter la guerre mais pas le déshonneur, les alliés occidentaux proposent la réunion d’une conférence qui se tient à Munich en présente de l’Allemagne, de l’Italie, de la France et de la Grande-Bretagne mais ni de la Tchécoslovaquie ni de l’URSS.

Moscou propose une assistance militaire à la Tchécoslovaquie (NdA dont on peut douter de l’efficacité en raison des purges qui frappent la RKKA) mais à condition que la France en fasse autant.

Il faudrait cependant obtenir l’accord de la Pologne et/ou de la Roumanie pour faire transiter des troupes soviétiques. Si Bucarest est ouverte à la discussion (en dépit de solides contentieux frontaliers avec l’URSS), Varsovie refuse catégoriquement.

Détail qui n’en est pas un, la France ne fait aucunement pression sur son allié polonais pour le pousser à accepter un transit de troupes soviétiques moins de vingt ans après la guerre entre les deux pays.

Suite à deux jours de conférence (29 et 30 septembre 1938), un accord est signé. Il fait consensus en France et en Grande-Bretagne où les munichois sont majoritaires. En France les communistes votent contre la ratification de l’Accord ce qui provoque la fin officielle du Front Populaire.

Chamberlain acclamé à sa descente d’avion déclare «ramener la paix pour notre temps» alors que Daladier persuadé d’être hué à sa descente d’avion au Bourget pour avoir tant concédé et si peu obtenu est stupéfait d’être acclamé.

Dans sa voiture il aurait déclaré selon la légende «Les cons si ils savaient…..» ce qui à moins de prestance que la célèbre phrase de Churchill «Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre», phrase qui visiblement et comme beaucoup de bons mots historique n’à jamais été dite sous cette forme.

Benes démissionne le 5 octobre 1938, les tchèques sont expulsés des territoires occupés par les allemands. Les tchèques se sentent légitimement trahis et plus grave les franco-britanniques sortent gravement discrédités ce qui à sans nul doute contribué au rapprochement germano-soviétique.

En Allemagne cet accord fait capoter un coup d’état militaire anti-nazi qui aurait du être déclenché dès le début du conflit que tout le monde pensait imminent.

Selon le texte des Accords de Munich, l’évacuation des territoires débute dès le 1er octobre et doit s’achever le 10. Aucune destruction ne sera admise, les conditions de l’évacuation devant être in fine déterminés par une commission composée de membres des pays signataires.

Cette commission déterminera également les régions soumises à plébiscite qui seront entre-temps occupées par des troupes internationales (NdA A ma connaissance cela n’à pas eu lieu).

Une commission internationale fixera les frontières définitives du nouvel état et dans un délai de six mois les territoires pourront être exclus ou transférés.

Dans un délai de quatre semaine tout allemand des Sudètes qui le souhaitera pourra être libéré des unités militaires et policières d’un Etat dont il n’est plus citoyen. Les prisonniers politiques doivent être libérés dans ce delai.

Les nouvelles frontières sont garanties (sic) par Paris et Londres, Berlin et Rome feront pareil quand la question des minorités polonaises et hongroise sera réglée (re-sic). Si le problème n’est pas réglé dans un délai de trois mois, une nouvelle conférence internationale se réunira.

Le 21 octobre 1938 les allemands des Sudètes deviennent officiellement citoyens du Reich.

Les Allemands des Sudètes avaient également leurs cousins orientaux, les Allemands des Carpathes présents en Slovaquie depuis le XIIIème siècle à une époque où les rois de Hongrie cherchaient des spécialistes pour développer leur royaume et notamment dans le domaine de l’extraction minière.

Très vite les populations germanophones forment des groupes puissants au sein des villes de la région, élites qui ne sont pas aussi homogène que cela puisqu’on trouve des catholiques, des juifs et des protestants.

Durant la période de la 1ère République Tchécoslovaque plusieurs partis ethniques représentent les intérêts des allemands. La rivalité naturelle entre partis n’empêche pas la mise sur pied de listes communes pour profiter à plein du système proportionnel. Force est néanmoins de constater que l’électorat germanophone est extrêmement volatile.

Lors des élections législatives de 1935, le Karpathendeutschen Partei (Parti des allemands des Carpathes) fait liste commune avec le SdP ce qui permet à ce parti d’obtenir un siège à la Chambre et un autre au Sénat.

En 1938/39 lors de la mise en place de l’Etat slovaque autonome, le parti centriste (Zentrum Deutsche Partei) et le KdP sont remplacés par le Deutsche Partei. Le 26 octobre 1938 un secrétariat d’Etat pour les intérêts du groupe national allemand en Slovaquie est mis sur pied. Les allemands des Carpathes ont deux puis trois sièges au parlement slovaque.

Durant la Pax Armada les relations entre le gouvernement slovaque et sa minorité allemande sont empreintes d’une profonde méfiance puisque cette population est considérée comme une cinquième colonne allemande et rappelle la sujetion de l’Etat slovaque à Berlin.

A plusieurs reprises des affrontements opposent la police slovaque à des manifestants slovaques germanophones. Cela ne va jamais très loin, Berlin rappelant très vite que la Slovaquie n’existe comme Etat indépendant que parce qu’ils le veulent bien.

Durant le second conflit mondial les allemands de Slovaquie s’engagent massivement dans l’armée slovaque, combattant notamment sur le front de l’est. Contrairement à la propagande du régime nazi, ils ne sont pas montrés forcément meilleurs que les autres populations de la Slovaquie.

Avec l’avancée de l’Armée Rouge, les allemands de Slovaque vont fuir vers l’ouest ou pour certains vers le sud, préférant être capturés par les alliés occidentaux que par les soviétiques.

Expulsés de Slovaquie sauf rares exceptions (personnes ayant résisté, conjoint de «slovaque de souche» ou travailleur qualifié) ils se sont réinstallés en Bavière où ils forment un groupe d’influence très bien organisé pour défendre une mémoire que la Slovaquie indépendante hésite à reprendre à son compte tant elle paraît positive pour certains côtés mais problématiques pour beaucoup d’autres.

La Deuxième République Tchècoslovaque

Ce nom de Deuxième République Tchécoslovaque est un nom d’usage car officiellement le pays continue d’être gouverné selon la constitution de 1920 mais comme le pays à perdu une bonne partie de son territoire et devient indéfendable face à une offensive allemande on considère que du 1er octobre 1938 au 15 mars 1939 la Tchécoslovaquie à connu sa deuxième république.

Emil Hacha

Le président Edouard Benès démissionne le 5 octobre 1938. Il est remplacé par un président par interim le général Jan Syrovy qui passe le relais à Emil Hacha élu le 30 novembre 1938.

La Bohème et la Moravie ont perdu 38% de leur superficie, la Hongrie à annexé 11882km² à la frontière slovaque et en Ruthénie (1er accord de Vienne).

Le gouvernement tchécoslovaque fait face à un afflux de réfugiés et à l’agitation des slovaques ce qui impose l’envoi de renforts militaires à l’est.

Le 6 octobre 1938 un accord est trouvé pour transformer la Tchécoslovaquie en république fédérale avec un gouvernement slovaque autonome avec à sa tête Josef Tiso.

Aux élections du 18 janvier 1939 le Parti du Peuple Slovaque reçoit 98% des voix et en février Hitler accorde son soutien à un Etat slovaque indépendant probablement moins par sympathie pour les slovaques que pour faire pression sur Prague mais aussi sur Budapest.

Le 22 février 1939 Josef Tiso propose de déclarer l’indépendance. Emil Hacha décrète la loi martiale, l’armée tchécoslovaque intervient le 9 mars, Tiso étant destitué.

Le 14 mars 1939 Tiso soutenu mais aussi pressé par les allemands déclare la Slovaquie indépendante. Légaliste il à demandé un vote du parlement, un vote fait dans un contexte difficile avec rumeurs (des fake news dirions nous aujourd’hui) et des pressions.

Parallèlement Emil Hacha est convoqué à Berlin. Hitler menace le pays d’une intervention militaire, d’un bombardement sur Prague. Le président tchécoslovaque qui sait ne pouvoir résister, qui sait que les alliés occidentaux ne bougeront pas cède mais contrairement à la légende il n’aurait fait ni malaise ni crise cardiaque.

Le 15 mars 1939 les allemands entrent en Tchécoslovaquie sans résistance ou presque.

A notre connaissance nous ne trouvrons qu’un exemple de résistance armée, un affrontement qui à lieu à Ostrava la Bataille des Casernes de Cajanek mais ce combat n’à été provoqué que parce que les allemands ont coupé les communications avant que l’ordre de ne pas résister soit envoyé au 8ème régiment d’infanterie.

Le commandant des soldats tchécoslovaques, le capitaine Karel Pavlik parviendra à gagner la France à rejoindre l’armée tchécoslovaque en exil et combattra durant la Campagne de France, recevant la Légion d’Honneur et la Médaille Militaire à titre posthume.

La Tchécoslovaquie après à peine vingt ans d’existence disparaît avec une Slovaquie indépendante et un protectorat de Bohème-Moravie.

En octobre 1939 Edouard Benès forme à Londres un gouvernement en exil qui est reconnu par les alliés comme le seul gouvernement tchécoslovaque légitime. Il reviendra à la libération du pays en 1954 mais la Troisième République Tchécoslovaque sera très éphémère mais ceci est une autre histoire.

Le 15 mars l’Ukraine Subcarpathique proclame son indépendance mais aussitôt les hongrois occupent la région.

Les allemands mettent la main sur une puissante industrie militaire qu’ils vont faire tourner à leur profit. Ils récupèrent aussi les précieux stocks de l’armée tchécoslovaque ce qui compensera nombre de carences d’une armée qui n’à commencé sa remontée en puissance officiellement qu’à partir de 1935.

L’armée de terre récupère 2175 canons, 469 chars, 500 pièces de DCA, 43000 mitrailleuses, 1.09 million de fusils, 114000 pistolets, des millions d’obus et de projectiles divers. De quoi équiper ou rééquiper plusieurs divisions d’infanterie voir des Panzerdivision, plusieurs de ces unités recevant des chars tchécoslovaques.

22-Armée de terre : armemet et matériel (73) ordre de bataille (7)

9ème Armée

La 9ème Armée est déployée à l’est de la 1ère armée entre Fourmies et Sedan et doit elle aussi participer à la manoeuvre Dyle-Breda en se portant sur la Meuse avec pour mission de la tenir en liaison avec les forces belges notament les chasseurs ardenais.

Comme la 1ère armée, elle dispose de trois corps d’armée à deux divisions plus une division d’infanterie de forteresse, la 102ème DIF chargée avec ses unités à tenir fermement la frontière franco-belge pour permettre un éventuel repli des trois corps d’armée de manoeuvre.

La 9ème armée dispose comme les autres d’unités qui lui sont directement rattachées avec quatre régiments de pionniers (402ème, 403ème, 445ème et 481ème régiments de pionniers), les 9ème et 19ème compagnies de garde du quartier général, le 482ème régiment de pionniers détaché à la 102ème DIF.

Elle dispose également du groupement de bataillons de chars n°509 avec le 5ème BCC (45 Renault R-35 modernisés), le 16ème BCC (45 Renault R-40), le 29ème BCC (45 Renault R-40) et le 39ème BCC (Renault R-40), ces deux derniers étant des bataillons de mobilisation.

-La 3ème brigade de spahis est rattaché directement à l’état-major de la 9ème armée mais peut être mis à disposition pour emploi à l’un des trois corps d’armée.

On trouve également une unité de DCA en l’occurence le 9ème Groupe Anti-Aérien de Campagne (9ème GAAC) disposant d’un état-major, d’une batterie hors rang et de quatre batteries, deux batteries équipées de canons de 75mm et deux batteries équipées de canons de 37mm Schneider, canons remorqués par des véhicules tout-terrains Laffly.

-Dans le domaine du soutien, on trouve des unités dépendant de l’artillerie (parc de réparations d’artillerie n°9, parc de réparation des équipages et des ferrures n°9, le parc de réparation automobile n°9, le parc d’essence et ingrédients d’armée n°9 et le parc de munitions d’armée n°9).

-On trouve également des unités du génie notamment trois bataillons de sapeurs mineurs, des compagnies d’électromécaniciens ou un parc de génie d’armée. Les transmissions sont représentées par le 809ème bataillon de sapeurs télégraphistes d’armée et le 824ème parc de transmissions d’armée.

Le train dispose de quatre compagnies automobiles et d’une compagnie hippomobile pour le transport et le soutien sanitaire; l’intendance déployant une compagnie de ravitaillement en viande, deux détachements et une section de transport tout comme le service de santé qui dispose de plusieurs unités spécialisées pour l’évacuation et le traitement des blessés.

La gendarmerie dispose d’une force prévôtale avec notamment deux compagnies pour assurer l’ordre et la gestion des prisonniers.

L’armée de l’air déploie au profit de la 9ème armée, un groupement d’aviation (GRAVIA-IXA) et des Groupes Aériens d’Observation (GAO) plus spécifiquement destinés à l’éclairage des trois Corps d’Armée.

Le Groupement d’Aviation de la 9ème Armée dispose des moyens suivants :

Bréguet Br700C2, l'un des chasseurs biplaces de l'armée de l'air

Bréguet Br700C2, l’un des chasseurs biplaces de l’armée de l’air

-1ère Escadre de Chasse (1ère EC) stationnée à Laon-Couvron avec trois groupes et douze     escadrilles équipés d’Arsenal VG-33 (neuf escadrilles sur douze) et de Bréguet Br700C2     (trois escadrilles su douze) soit un total de 108 chasseurs (81 monomoteurs et 27 bimoteurs).

-Un groupe de bombardiers en piqué, le GB II/40 équipé de Loire-Nieuport LN-430 stationné à Villers-Les Guise.

-Un groupe de bombardement d’assaut, le GBA I/51 stationné lui aussi à Villers-Les Guise
équipé de Bréguet Br691 et Br693

Lioré et Olivier LéO 451 de l'armée de l'air

Lioré et Olivier LéO 451 de l’armée de l’air

-Un groupe de bombardement moyen, le GB III/12 équipé de Lioré et Olivier Léo 451 quitte sa base du temps de paix à Persant Baumont pour rejoindre sa base du temps de guerre, la base aérienne d’Athiès où il cohabite avec le GAO-504.

-Un groupe de reconnaissance tactique, le GR III/35 stationné sur la base aérienne d’Attigny     équipé de Bloch MB-176 où ils cohabitent avec  les avions du GAO-521.

Le GRAVIA IX-A dispose de 108 chasseurs (81 Arsenal VG-33 et 27 Bréguet Br700C2), de 27 bombardiers en piqué Loire-Nieuport LN-430, de 27 avions d’assaut Bréguet 691/693, de 27 Lioré et Olivier Léo 451 et de 36 Bloch MB-176 soit un total de 225 avions.

A ce total peut s’ajouter les trois GAO de la 9ème armée, le GAO 503 qui dispose de  huit Bloch MB-175, de douze Dewoitine D-720 et de quinze ANF-Mureaux ANF-123, le GAO 504 qui dispose de  huit Bloch MB-176, de douze Dewoitine D-720 et de quinze ANF-Mureaux ANF-123 et du GAO 521 qui dispose de huit Bloch MB-175, de douze Dewoitine D-720 et de quinze ANF-Mureaux ANF-123 soit un total de 16 Bloch MB-175, 8 Bloch MB-176, 36 Dewoitine D-720 et 45 ANF-Les Mureaux ANF-123 soit un total de 105 appareils.

Le total d’appareils disponibles pour la 9ème armée est donc de 330 appareils.

-La force de manoeuvre de la 9ème Armée est composée de trois Corps d’Armée à deux divisions d’infanterie, le 3ème CA formé par la 3ème région militaire (Rouen), le 4ème et le 21ème CA étant mis sur pied par la 4ème région militaire (Nantes).

-3ème Corps d’Armée

-Comme les autres Corps d’Armée, le 3ème CA dispose d’unités qui lui sont directement rattachés :

-Le 603ème régiment de pionniers

-Le 3ème Groupement de Reconnaissance de Corps d’Armée (3ème GRCA) mis sur pied par le CMC n°20 d’Alençon équipé de chars légers Hotchkiss H-39 et d’automitrailleuses puissantes AM modèle 1940P.

-102ème Régiment d’Artillerie Lourde Automobile/à Tracteurs (102ème RALA/RALT) avec  deux groupes de 105mm (Schneider modèle 1936) et deux groupes de 155mm (GPF-T).

-361ème Régiment d’Artillerie Lourde Portée avec trois groupes, deux groupes de 105  équipés de 105L41 de l’Etablissement de Tarbes et un groupe équipé de 155GPFT.

-Des unités du génie, des transmissions, du train

-503ème Groupe Aérien d’Observation détaché par l’armée de l’air et équipé de huit Bloch MB-175 de reconnaissance armée, de douze Dewoitine D-720 de coopération et de quinze ANF-Mureaux ANF-123 d’observation et de réglage de tir soit un total de trente-cinq appareils.

-La 5ème Division d’Infanterie Motorisée (5ème DIM) est une unité d’active dont l’état-major est installé en temps de paix à Caen qui dispose de trois régiments d’infanterie de ligne (8ème, 39ème et 129ème RI), deux régiments d’artillerie (le 11ème RAD et le 211ème RALD), de la 605ème batterie divisionnaire antichar, du 605ème bataillon de défense antiaérienne, du 17ème bataillon du génie et de diverses unités de soutien.

Il bénéficie également du soutien du 1er Groupement de Reconnaissance de Division d’Infanterie (1er GRDI) équipé de chars légers FCM-42 et d’automitrailleuses puissantes AM modèle 1940P.

-La 18ème Division d’Infanterie est une unité de mobilisation, plus précisément de série A composée de jeunes réservistes c’est à dire d’anciens conscrits libérés récemment de leur engagement.

Cette division dispose de trois régiments d’infanterie de ligne (66ème, 77ème et 125ème RI), de deux régiments d’artillerie (19ème et 219ème RALD), de la 618ème batterie divisionnaire antichar, du 618ème bataillon de défense antiaérienne, du 70ème bataillon du génie et de diverses unités de soutien.

Il bénéficie également du soutien du 30ème Groupement de Reconnaissance de Division d’Infanterie (30ème GRDI) qui doit disposer de chars légers FCM-42 et d’automitrailleuses de découverte AMD 178 à canon de 47mm en attendant de recevoir des automitrailleuses puissantes.

A sa mobilisation, il reçoit des Hotchkiss H-39 sortis des stocks en attendant la disponibilité de FCM-42 neufs. Il reçoit des AM modèle 1940P dès la mi-septembre.

21-Armée de terre (10)

Régiments d’infanterie type Nord-Est motorisé

Généralités

Après un temps où l’organisation d’un régiment de ce type était légèrement différente d’un régiment de type Nord-Est, les régiments motorisés rejoignent l’organisation décrite ci-dessus mais avec une différence de taille : le régiment est totalement motorisé avec ses propres véhicules organiques ce qui lui permet d’être particulièrement mobile.

Dans le détail

Le groupe de combat

Le groupe de combat est l’unité élémentaire de l’infanterie. Au plan tactique, le groupe de combat de se subidivse en deux demi-groupes, le demi-groupes de fusiliers et le demi-groupe de voltigeurs, le premier étant l’élément feu et le second étant l’élément mouvement.

Le groupe de combat dispose d’un véhicule, un Laffly S-20 TL-12 qui comme son nom l’indique peut embarquer douze hommes, un chauffeur et onze hommes du groupe de combat, un remorque à deux roues pouvant servir au transport de l’équipement.

Le groupe de combat dispose donc de onze hommes. Sur le plan de l’armement, tous les hommes possèdent un pistolet automatique, leur arme de base auxquels s’ajoutent donc neuf fusils MAS-36 ou MAS-40, un fusil-mitrailleur modèle 1924/29 et deux pistolets mitrailleurs MAS-38 ou MAT-42.

Chaque groupe de combat est désigné au sein de la section par les lettres A,B  ou C.

La section de combat

Chaque section se compose de trois groupes de combat et d’un «groupe» de commandement avec l’officier commandant, d’un sous-officier adjoint, d’un agent de transmissions, d’un observateur et d’une équipe lance-grenades avec trois binômes de lance-grenades de 50mm soit dix hommes.

Si les trois binômes lance-grenades disposent dans les RI des DIM d’un Laffly V 15T, les autres membres du groupe de commandement sont transportés dans un Laffly S 20TL sauf l’agent de transmission qui dispose d’une moto side-car lui permettant de transporter l’observateur ou un passager pour une liaison.

La compagnie de combat

L’effectif de la compagnie de combat est d’environ quatre officiers et cent quatre-vingt hommes et celle-ci s’organise en une section de commandement et quatre sections de combat.

La section de commandement dispose d’un groupe de commandement avec treize hommes, d’un groupe de ravitaillement avec douze hommes et deux véhicules, un véhicule d’allègement qui remorque la cuisine roulante.

Le groupe de commandement dispose comme véhicule d’un Laffly S 20 TL de commandement, d’un camion d’allègement et de deux motos pour les liaisons

La section de commandement dispose également d’un groupe de mortiers de 60mm avec deux pièces servies par huit hommes, chaque pièce étant transportée par un Laffly V15T.
Tous les hommes de la section de commandement disposent d’un pistolet automatique, d’un pistolet mitrailleur pour les servants de mortier et les chauffeurs, d’un fusil pour les autres soit un total de 34 hommes, 34 pistolets automatiques, 10 pistolets mitrailleurs et 24 fusils.

La section de combat dispose donc d’un groupe de commandement et de trois groupes de combat tel que nous venons de le voir.

La compagnie d’accompagnement

Comme son nom l’indique cette unité accompagne les unités de combat en lui fournissant l’appui-feu nécessaire pour ses missions qu’il s’agisse de mortiers, de mitrailleuses ou de canons antichars.

Elle est organisée en une section de commandement, quatre sections de mitrailleuses et une section d’engins.

Section de commandement

Elle se compose d’un  groupe de commandement avec un groupe du capitaine (huit soldats et un sergent chef de groupe) et un groupe de ravitaillement avec quatre véhicules et quinze hommes.

Le groupe de commandement dispose d’un Laffly S 20 TL pour le commandement et de deux motos  pour les liaisons.

Le groupe de ravitaillement dispose de quatre camions tout-chemin

Section de mitrailleuses

La compagnie d’engins dispose de quatre sections de ce type toutes organisées de la même façon à savoir deux groupes de deux pièces.

Chaque groupe dispose donc de deux équipes de deux pièces, chaque équipe disposant d’une camionette Hotchkiss (Laffly) W15T pour le transport des pièces, des servants et des munitions.

Le sergent-chef et le mitrailleur mécanicien utilisent un tracteur léger Latil M71

Section d’engins

L’aspirant qui commande la section d’engins dispose d’un Latil M71 comme véhicule de commandement, les deux agents de transmission qui l’accompagne disposant de deux motos side-car.

Le groupe mortiers de 81mm dispose d’un Latil M71 pour le chef de groupe et son adjoint, chaque mortier de 81mm disposant d’une chenillette Renault UE transportant l’arme et les munitions et les servants, chaque chenillette disposant d’une remorque.

La mise en service du mortier de 120mm entraine l’apparition d’une troisième chenillette Renault UE pour transporter la réserve de munitions. Néanmoins à partir de septembre 1943, le groupe mortier de 120mm disposait le plus souvent de deux tracteurs d’artillerie 6X6 Latil M7.

Le groupe antichar est équipé de deux canons de 25mm, chaque pièce mise en œuvre par cinq hommes avec un sergent-chef de pièce, un caporal tireur, un chargeur, deux pourvoyeurs et un conducteur tous armés d’un mousqueton puis d’un fusil.
Conformément à la décision de motoriser toutes les unités antichars, le groupe antichar disposera à partir de la fin 1940 de deux chenillettes Renault UE pour le remorquage des pièces, le transport des munitions et des servants, ultérieurement remplacés par des Latil M7 T1.

Ultérieurement, dans les unités métropolitaines, le canon de 25mm est remplacé par un canon de 47mm plus apte à contrer les chars allemands.

Au niveau des munitions, la compagnie d’accompagnement dispose de 5362 cartouches par mitrailleuses, 150 coups par mortier de 81mm réduit ensuite à 120 par mortier de 120mm et 156 obus de 25mm par canon, nombre réduit à 140 obus de 47mm.

Bataillon d’infanterie

Le bataillon d’infanterie est organisé en un état-major, une section de commandement, trois compagnies de combat et une compagnie d’accompagnement.

L’état-major comprend onze hommes avec le chef du bataillon, le capitaine adjudant-major, un officier de renseignement, un médecin-lieutenant ou sous-lieutenant, un sergent secrétaire, un secrétaire, trois cyclistes, un mototyclistes et un chauffeur automobile.

Le commandement est assuré depuis un Laffly S20 TL-12 modifié pour le commandement, trois vélos, une moto side-car et un camion d’allègement.

La section de commandement dispose d’un groupe de transmission (un adjudant et vingt hommes), d’un groupe de ravitaillement avec un adjudant-chef, un adjudant et une dizaine de conducteurs, un groupe sanitaire avec un médecin auxiliaire, quatre infirmiers et seize brancardiers.

Le groupe de transmission dispose d’un véhicule de commandement Laffly S20 TL, de deux véhicules radios et de deux motos

Le groupe de ravitaillement dispose d’un V15R de commandement (adjudant-chef et adjudant) et de huit camions pour le ravitaillement.

Le groupe sanitaire dispose de quatre véhicules sanitaires Laffly S20 TL adaptés à leur usage.

La compagnie régimentaire d’engins

La CRE est aux bataillons ce que la compagnie d’accompagnement est aux compagnies de combat, une réserve d’appui-feu pour la manoeuvre.

La section de commandement dispose d’un adjudant, de quatre sous-officiers  et de vingt hommes (un sous-officier chargé du renseignement, un sous-officier des équipages, trois agents de transmissions, deux observateurs, deux télémétreurs, un motocycliste et un cycliste).

Sur le plan des véhicules, le principal véhicule est un Laffly S20 TL auxquels s’ajoute un camion d’allègement, un Laffly V10 pour les deux observateurs et les deux télémétreurs, une moto side-car, un vélo soit un quatre véhicules.

-La CRE dispose également de trois sections antichars équipées de canons de 25mm. Chaque section dispose d’un Laffly V10 de commandement, de neuf Latil M71 pour le remorquage des canons de 25mm (ainsi que le transport des servants et des munitions) et trois chenillettes Renault UE transportant les munitions.

Comme au sein de la compagnie d’accompagnement, les canons de 25mm de la CRE sont progressivement remplacés par des canons de 47mm modèle 1937 ou modèle 1939.

-Le groupe de mortiers de 81mm dispose d’un sous-officier et d’un télémétreur et surtout de deux pièces servies par un caporal et sept servants auxquels s’ajoutent deux conducteurs.

Au plan des véhicules, on trouve un Laffly V10 de commandement (le sous-officier et le télémétreur) et deux Laffly W 15 T qui transporte le mortier, les servants et les munitions.

La compagnie de commandement

Cette compagnie dispose de douze officiers et deux cents hommes. Elle est organisée en une section de services, une section d’état-major, une section de transmissions, une section de pionniers et une section d’éclaireurs motocyclistes.

La section d’éclaireurs motocyclistes _seul réel élément de combat de la compagnie_ est placée sous le commandement direct du chef de corps. Elle dispose d’un officier, de trois sous-officiers, quatre caporaux et dix-huit éclaireurs.

La section est divisée en deux groupes de deux escouades de quatre éclaireurs avec un fusil-mitrailleur et trois mousquetons remplacés ensuite par un fusil (quand l’unité à laquelle elle était rattachée recevait le tant attendu MAS 36).

Dans les régiments d’infanterie motorisés type NE, tout le personnel de la section est sur moto side-car.

Et pour finir le régiment……… .

Le RI motorisé type Nord-Est commandé par un colonel dispose de trois bataillons d’infanterie, d’une compagnie de commandement, d’une compagnie régimentaire d’engins et d’une compagnie hors-rang (six officiers et deux cent hommes). Le régiment d’infanterie dispose au final de 80 officiers et environ 3000 hommes.

Liste des régiments d’infanterie type Nord-Est motorisés

On trouve à l’été 1939, les régiments d’infanterie type Nord-Est motorisés suivants :

-La 1ère division d’infanterie motorisée (Lille) dispose de trois régiments d’infanterie motorisée, le 1er RI de Cambrai, le 43ème RI de Lille et le 110ème RI de Dunkerque.

-La 3ème division d’infanterie motorisée (Amiens) dispose de trois régiments d’infanterie motorisée, le 51ème RI d’Amiens, le 67ème RI de Soissons et le 91ème RI de Mézières.

-La 5ème division d’infanterie motorisée (Caen) dispose de trois régiments d’infanterie motorisée, le 8ème RI de Cherbourg, le 39ème RI de Rouen et le 129ème RI du Havre.

-La 9ème division d’infanterie motorisée (Bourges) dispose de trois régiments d’infanterie motorisée, le 13ème RI de Nevers, le 95ème RI de Bourges et le 131ème RI d’Orléans.

-La 12ème division d’infanterie motorisée (Chalons sur Marne) dispose de deux régiments d’infanterie motorisée, le 106ème RI de Chalons sur Marne et le 150ème RI de Verdun.

-La 15ème division d’infanterie motorisée (Dijon) dispose de trois régiments d’infanterie motorisée, les 4ème RI d’Auxerre, 27ème RI de Dijon et le 134ème RI de Châlons sur Saône.

-La 25ème division d’infanterie motorisée (Clermont-Ferrand) dispose de trois régiments d’infanterie motorisée, le 38ème RI de Saint-Etienne, le 92ème RI de Clermont-Ferrand et le 121ème RI de Montluçon.

On trouve donc au début de la guerre de Pologne, vingt régiments d’infanterie motorisés et non 21, la 12ème DIM disposant du 8ème régiment de zouaves. Les RI type Nord-Est motorisés qui sont complètement motorisés passent de vingt à vingt-deux avec la motorisation de la 11ème DI de Nancy (qui dispose d’une demi-brigade de chasseurs à pied).