17-Aviation navale (64)

Commandement Nord-Méditerranéen de l’Aviation Navale (CNMAN) (Hyères-Le Palyvestre)

2ème flottille d’hydravions

Escadrille 2R (Hyères-Le Palyvestre) : douze Consolidated Catalina.

Escadrille 4R (Hyères-Le Palyvestre) :  douze Lioré et Olivier C40.

Escadrille 4T (Hyères-Le Palyvestre): douze Latécoère Laté 299-7.

Total : douze Consolidated Catalina, douze Lioré et Olivier C40 et douze Laté 299-7 soit un total de trente-six appareils (24 hydravions et 12 autogires)

12ème flottille d’hydravions

-Escadrille 6T (Aspretto) : douze Latécoère Laté 299-7.

-Escadrille 23E (Aspretto) : douze Bréguet Br790

-Escadrille 24C (Aspretto) : douze Dewoitine HD-780
Total : douze Laté 299-7, douze Bréguet Br-790 et douze Dewoitine HD-780 soit un total trente-six hydravions

4ème flottille d’hydravions :

Escadrille 2B (Berre) : douze Bloch MB-481 de reconnaissance, de bombardement et de torpillage.

Escadrille 4B (Berre) : douze Bloch MB-481 de reconnaissance, de bombardement et de torpillage.

Escadrille 6R (Berre) : douze Bréguet Br790

Escadrille 2E (Berre) : douze Potez-CAMS 143.

Escadrille 20E (Berre) : six  Latécoère Laté 612.

Total :vingt-quatre Bloch MB-481, douze Bréguet Br790, six  Latécoère Laté 612 et douze Potez-CAMS 143 soit un total de 54 appareils

2ème flottille d’aviation navale

Escadrille 6B (Fréjus-Saint Raphaël) : douze Bloch MB-175T de reconnaissance et d’attaque maritime.

Escadrille 2C (Fréjus-Saint Raphaël) : douze Dewoitine D-551.

Escadrille 12E (Fréjus-Saint Raphaël) : douze CAO-700M.

Escadrille 8T (Fréjus-Saint Raphaël): seize Lioré et Olivier Léo-456.

Total : douze Bloch MB-175T, douze Dewoitine D-551, douze CAO-700M et seize Lioré et Olivier Léo-456 soit un total de cinquante-deux appareils

6ème flottille d’aviation navale (Hyères-Le Palyvestre) (porte-avions Joffre)

-Escadrille 12R : neuf CAO-610 utilisés pour l’observation et secondairement pour l’attaque et le torpillage.

-Escadrille 6C : escadrille de chasse équipée de huit Dewoitine D-790.

-Escadrille 8C : escadrille de chasse équipée de huit Dewoitine D-790.

-Escadrille 16B : escadrille de bombardement équipée de neuf LN 420.

-Escadrille 2T : escadrille de torpillage équipée de six Latécoère Laté 299-5.

-Une Section d’Entrainement et de Servitude à terre pour entrainement et liaison avec quatre NA-57 et deux Dewoitine D-720M

Total : neuf CAO-610, seize Dewoitine D-790, neuf LN-420, six Latécoère Laté 299-5, quatre NAA-57 et deux Dewoitine D-720M soit un total de quarante-six appareils

Escadrille Ecole de la Méditerranée (Cuers-Pierrefeu) :

Elle est composée de quatre Loire 130, de quatre Bréguet Bizerte et des deux prototypes du Dewoitine HD-730 soit un total de dix appareils soit un total le 31-08-1948 de douze appareils

Groupement d’hydraviation de la Méditerranée :

Au 31 août 1948, le GH-Med dispose de 28 Dewoitine HD-731 repartis entre les cuirassés Richelieu Clemenceau Alsace Flandre et Provence, les croiseurs lourds Suffren Dupleix Algérie Saint Louis Henri IV Charlemagne ainsi que les croiseurs légers De Grasse Chateaurenault Guichen.

-Section d’Entrainement de Berre : quatre CAO-30

-Section d’Entrainement et de servitude d’Hyères : six CAO-30, six NA-57 et deux Dewoitine D-720 soit un total de quatorze appareils

-Section d’Entrainement et de servitude d’Aspretto : deux CAO-30

-Section d’Entrainement de Saint Mandrier : deux CAO-30

Le CNMAN dispose au 05-09-1948 de 286 appareils (164 hydravions, 12 autogires et 110 avions)

Commandement Sud-Méditerranéen de l’Aviation Navale (CSMAN) (Arzew)

8ème flottille d’aviation navale (Alger-Maison Blanche)

-Escadrille de chasse 14C : douze Dewoitine D-520.

-Escadrille de reconnaissance maritime 22E : douze CAO-700M.

-Escadrille de bombardiers-torpilleurs 16T : douze Lioré et Olivier Léo 456.

Total : douze D-520, douze CAO-700M et douze Lioré et Olivier Léo 456 soit un total de trente-six appareils

6ème flottille d’hydravions (Port-Lyautey) :

Escadrille 8B : douze Bloch MB-481.

Escadrille 4E  : douze Potez-CAMS 143.

Escadrille 10E : huit Potez-CAMS 141.

Total : douze Bloch MB-481, douze Potez-CAMS 143 et huit Potez-CAMS 141 soit un total de trente deux appareils

8ème flottille d’hydravions (Karouba) :

Escadrille 8R :  douze Bréguet Br790. Appareils toujours en service le 31 août 1948

Escadrille 10T : douze Latécoère Laté 299-7. Appareils toujours en service le 31 août 1948

Escadrille 6E : huit Potez-CAMS 143. Appareils toujours en service le 31 août 1948

escadrille 8E : douze Bréguet Br790. Appareils toujours en service le 31 août 1948

Total : vingt-quatre Bréguet Br790, douze Latécoère Laté 299-7 et huit Potez-CAMS 143 soit un total de 44 appareils

10ème flottille d’hydravions (Arzew) :

-Escadrille 14E : douze Potez-CAMS 141.

-Escadrille 12T : douze Bloch MB-481.

-Escadrille 14R : douze Consolidated Catalina.

Total : dix Potez-CAMS 141, douze Bloch MB-481 et douze Consolidated Catalina soit un total de trente six hydravions

4ème flottille d’aviation navale (Sidi-Ahmed) :

-Escadrille 4C : douze Dewoitine D-551.

-Escadrille 16E : douze CAO-700M de patrouille maritime.

-Escadrille 10B : douze Bloch MB-175T.

-Escadrille 12B : seize Lioré et Olivier Léo456

Total : douze Dewoitine D-551, seize CAO-700M, seize Bloch MB-175T et seize Lioré et Olivier Léo 45- soit un total de cinquante-deux appareils

10ème flottille d’aviation navale (Arzew et porte-avions Commandant Teste)

-Escadrille 16C : neuf chasseurs Bloch MB-159M.

-Escadrille 18C : neuf chasseurs Bloch MB-159M.

-Escadrille 22C : neuf chasseurs Bloch MB-159M.

-Escadrille 16R : six CAO-610.

-Escadrille 18R : six CAO-610.

-Escadrille 18T : huit Latécoère Laté 299-5.

-Escadrille 20T : huit Latécoère Laté 299-5.

-Escadrille 18B : neuf Loire-Nieuport LN-420.

-Escadrille 20B : neuf Loire-Nieuport LN-420.

-Section de servitude et d’entrainement basée à terre avec huit Morane-Saulnier MS-474, version embarquée du MS-472, deux D-720M et deux SO-30

Total : 27 Bloch MB-159M, 12 CAO-610, 16 Latécoère Laté 299-5, 18 Loire-Nieuport LN-420, 8 Morane-Saulnier MS-474, 2 Dewoitine D-720 et 2 SO-30 soit un total de 84 appareils

Groupement d’hydraviation d’Afrique du Nord  :

-Escadrille des Hydravions de Tunisie (EHT) : huit Dewoitine HD-731 basés à Karouba pour les croiseurs de la 6ème Escadre Légère (croiseur léger mouilleur de mines  Emile Bertin croiseurs de 7600 tonnes La Galissonnière Jean de Vienne La Marseillaise)

-Escadrille des Hydravions d’Algérie (EHA) : seize hydravions Dewoitine HD-731 basés à Arzew pour les cuirassés Bretagne Bourgogne et Jean Bart, les croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg ainsi que les croiseurs légers Latouche Treville, Gambetta et Condé.

Total : vingt-quatre hydravions Dewoitine HD-731

-Section d’Entrainement de Karouba : deux CAO-30

-Section d’Entrainement de Sidi-Ahmed : 8 MS-472 et deux Martin 167F soit un total de dix appareils

-Section d’Entrainement et de Servitude d’Arzew : quatre CAO-30, quatre Morane-Saulnier MS-472 et quatre Dewoitine D-720 soit un total de douze appareils

Le CSMAN dispose de 332 appareils (142 hydravions et 190 avions)

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17-Aviation navale (52)

Dewoitine HD-731

Dewoitine HD-731

Dewoitine HD-731

Le Loire 130 était à peine en service que déjà on s’interrogeait sur son futur remplacement. L’appareil était également prévu pour remplacer les derniers Gourdou-Lesseure à bord des croiseurs légers.

Comme nous l’avons déjà vu, il fallait à l’époque en matière d’aviation avoir deux ou trois coups d’avance et anticiper le remplacement d’un appareil dès sa mise en service.

Dewoitine proposa tout d’abord le HD-730 mais ce projet ne dépassa pas le stade du prototype et la firme d’Emile Dewoitine intégrée depuis 1936 dans la SNCAM (Société Nationale des Constructions Aéronautiques du Midi) lança un nouveau projet, dérivé du précédent, le HD-731, un hydravion de forme similaire mais aux capacités nettement accrues. Les deux prototypes en question servant d’hydravions-école au sein de l’EEM à Cuers-Pierrefeu.
Deux prototypes furent commandés en janvier 1941, le Dewoitine HD-731 n°1 effectuant son premier vol le 11 mars 1941 et le second _assez proche de la configuration de série_ décollant pour la première fois le 5 juin 1941.

Quatre appareils de présérie sont commandés le 17 septembre 1941 et livrés en novembre 1941 pour des essais intensifs.

Les essais révèlent un certain nombre de difficultés qui sont finalement résolues en juin 1942, la marine passant commande le 7 septembre 1942 de 76 appareils, cette première commande étant honorée en décembre 1942 et août 1943.

Cette première commande est suivie d’une seconde en septembre 1944 pour 38 appareils destinés à alimenter un volant de fonctionnement, ces appareils étant livrés entre novembre 1944 et avril 1945.

Le stock de réserve ayant diminué suite à des pertes au sein des unités de première ligne, une nouvelle commande de 38 appareils est passée en octobre 1946, commande honorée entre janvier et mai 1947.

Quand éclate le second conflit mondial le 5 septembre 1948, une nouvelle commande de 40 appareils à été passée à la SNCAM pour anticiper sur les inévitables pertes au cours du conflit.

-Le Groupement d’Hydraviation de l’Atlantique (GH-ATL) remplace courant 1943 ses Loire 130 par douze Dewoitine HD-731 qui sont embarqués à bord du cuirassé  Jean Bart, des croiseurs lourds Foch et Colbert et des croiseurs légers Gloire Montcalm et Georges Leygues.

Le nombre augmente l’année suivante avec la mise en service en 1944 du cuirassé Gascogne qui dispose lui aussi de deux Dewoitine HD-731. Ce n’est ensuite qu’en 1946 que deux autres appareils rejoignent le GH-ATL en l’occurence deux du Lorraine après sa reconstruction.

Un an plus tard, au 31 décembre 1947, ce groupement dispose de dix-huit Dewoitine HD-731. Si les deux HD-731 du Jean Bart ont suivit le sister-ship du Richelieu et du Clemenceau à Mers-El-Kébir,deux autres appareils appartenant au cuirassé Normandie sont venus les rejoindre tout comme deux appareils utilisés par le croiseur-école Jeanne d’Arc en remplacement des Loire 130 usés jusqu’à la corde.

La situation est identique au 31 août 1948, aucun nouveau navire «porte-hydravions» n’ayant rejoint  la 1ère Escadre ou la 3ème Escadre Légère.

-Le Groupement d’Hydraviation de la Méditerranée (GH-MED) dispose au 31 décembre 1944 de 24 Dewoitine HD-731 embarqués deux par deux à bord des cuirassés Richelieu et Clemenceau, des croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg, les croiseurs lourds Algérie Suffren Dupleix Saint Louis Henri IV et les croiseurs légers De Grasse Chateaurenault et Guichen.

La mise en service en 1945 du cuirassé Alsace et celle du Provence (après reconstruction) permet au GH-MED d’ajouter à sa flotte quatre Dewoitine HD-731 portant le nombre de ces hydravions d’observation à vingt-huit.

Le 31 décembre 1946, le Groupement d’Hydraviation de la Méditerranée (GH-MED) dispose de vingt-six hydravions d’observation Dewoitine HD-731 répartis repartis entre les cuirassés Richelieu Clemenceau Alsace et Provence, les croiseurs lourds Suffren Dupleix Algérie Saint Louis Henri IV Charlemagne ainsi que les croiseurs légers De Grasse Chateaurenault Guichen.

Cette réduction s’explique par le départ à Mers-El-Kébir des croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg (soit quatre hydravions de moins) et la mise en service du croiseur lourd Charlemagne soit l’arrivée de deux hydravions type HD.731.

L’année 1947 voit l’arrivée au sein du GH-MED de deux nouveaux Dewoitine HD-731, ceux du cuirassé Flandre admis au service actif le 7 décembre 1947 et formant la 5ème division de ligne avec son sister-ship Alsace.

Ce GH-MED est subdivisé à partir du 1er juin 1948 en trois groupes : HS-1 pour les cuirassés (10 appareils), HS-2 pour les croiseurs lourds (12 appareils) et HS-3 pour les croiseurs légers (6 appareils), ces groupements étant purement informels pour favoriser entretien et administration puisqu’en mer les détachements avia font partie de l’équipage du navire et dépendent du commandant du bâtiment.

Au 31 août 1948, le GH-MED dispose toujours de 28 Dewoitine HD-731. En comptant le taux d’attrition, ce sont au total 34 appareils qui ont été utilisés.

-Le Groupement d’Hydraviation d’Afrique du Nord (GH-AFN) regroupe les hydravions des 4ème et 6ème Escadre Légère.

Le 10 mars 1943, le cuirassé Bretagne reconstruit est remis en service à Mers-El-Kébir au sein de la 4ème Escadre. Il arrive en Algérie avec à bord les deux premiers Dewoitine HD-731 du GH-AFN.

A l’automne 1945, le GH-AFN remplace les Loire 130 des croiseurs de la 2ème DC et les GL.832HY de l’Emile Bertin par huit Dewoitine HD-731. Deux autres appareils rallient Arzew à bord du croiseur léger Latouche-Treville.

L’année 1946 marque un tournant pour le GH-AFN. En effet, le nombre d’hydravions devient plus important à Arzew qu’à Karouba. L’hydrobase tunisienne abrite ainsi huit hydravions Dewoitine HD.731 destinés aux quatre croiseurs légers de la 6ème Escadre Légère alors que l’hydrobase algérienne dispose désormais de dix Dewoitine HD.731.

Aux quatre déjà présents (cuirassé Bretagne et croiseur léger Latouche-Treville) s’ajoute ceux du croiseur léger Gambetta mis en service en juillet 1946 et ceux des croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg qui quittent Toulon pour Mers-El-Kébir, la 2ème Escadre pour la 4ème.

Cela entraine la création d’une escadrille des hydravions de Tunisie (EHT) et d’une escadrille des hydravions d’Algérie (EHA).

Ce déséquilibre s’accentue au cours de l’année 1947. L’EHT reste bloquée à huit Dewoitine HD-731 pour les croiseurs légers Emile Bertin  La Galissonnière Jean de Vienne et La Marseillaise alors que l’EHA passe à quatorze hydravions du même modèle pour les cuirassés Bretagne et Jean Bart, les croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg ainsi que les croiseurs légers Latouche Treville, Gambetta et Condé. Conséquence logique : le 1er septembre 1947, le QG du GH-AFN est transféré de Karouba à Arzew.

Au 31 août 1948, le Groupement d’Hydraviation d’Afrique du Nord (GH-AFN) dispose de 24 Dewoitine HD-731, l’EHA ayant reçut deux autres appareils, ceux du cuirassé Bourgogne (classe Alsace).

Au total, en comptant les appareils réformés pour usure et ceux perdus par accident, le GH-AFN à utilisé 30 Dewoitine HD-731.
Le Dewoitine HD-731 équipe également l’Escadrille des Hydravions d’Indochine (EHI) disposant de quatre Dewoitine HD-731 qui sont embarqués à bord du croiseur lourd Tourville et du croiseur léger Duguay-Trouin. Le nouvel hydravion embarqué est aussi l’hydravion du croiseur léger Primauguet à raison de deux appareils arrivés à Diego Suarez au printemps 1947.

Au 5 septembre 1948, l’Aviation Navale à reçu un total de 152 appareils plus 40 appareils encore en commande. 76 appareils ont été mis en ligne et 18 perdus ce qui réduit le stock de 76 à 58 appareils.

Caractéristiques Techniques du Dewoitine HD-731

Type : hydravion biplace d’observation embarqué

Poids : à vide 1500kg en charge 2150kg  

Dimensions : Envergure 12.60m Longueur 10.45m Hauteur 3.10m

Motorisation : un moteur Béarn 6E de 450ch entraine une hélice bipale

Performances : vitesse maximale 300 km/h Autonomie 980km Plafond 5500m

Armement : deux mitrailleuses de 7.5mm Darne dans les ailes alimentées à 720 cartouches chacune et une mitrailleuse identique en poste arrière avec 850 cartouches

Bréguet Bizerte

Bréguet 521 Bizerte

Bréguet 521 Bizerte

En 1932, l’Aéronautique Navale lança un appel d’offre pour un hydravion d’exploration à long rayon d’action. Bréguet proposa le Bréguet Br530 Saigon qui était lui même issu du Bréguet Calcutta, version produite sous licence du Short Calcutta.

Devenu le Bréguet Br521 Bizerte, cet appareil effectua son premier vol le 11 septembre 1933 et fût déclaré vainqueur de la compétition même si comme d’habitude, son opposant, le Loire 70 fût également commandé.

-L’Escadrille E-1 basée à Berre dispose au 1er septembre 1940 de huit Bréguet Br521 Bizerte. A la mobilisation, elle est redéployée à Port-Lyautey au Maroc pour couvrir les convois Brest-Gibraltar-Casablanca-Dakar.

Elle intègre le 15 septembre 1940 la 6ème flottille d’hydravions qui regroupe au sein du CSMAN les hydravions basés à Port-Lyautey. Elle devient au mois d’octobre l’escadrille 4E avec toujours le même équipement. Les six Bréguet Bizerte encore en service sont remplacés en avril/mai 1945 par douze Potez-CAMS 143 quadrimoteurs

-L’Escadrille E-2 est déployée à l’été 1939 à Cherbourg-Chantereyne avec sept Bréguet Bizerte. Elle devait être déployée à Karouba mais finalement, elle rejoint Lanvéoc-Poulmic. En février 1940, le nombre d’appareils passe à douze suite à la dissolution de l’escadrille E-9.

L’Escadrille E-2 intègre la 3ème flottille d’hydravions le 15 septembre 1940, l’escadrille E-2 devenant le 1er octobre, l’escadrille 1E avec toujours Lanvéoc-Poulmic comme base.

Au printemps 1945, les dix appareils encore en service (un appareil perdu en mer _équipage disparu présumé mort_ et un appareil usé, réformé et cannibalisé) sont remplacés par douze quadrimoteurs Potez-CAMS 143, version améliorée du Potez CAMS-141.
-L’Escadrille E-3 est basée à l’origine sur l’Etang de Berre avec six Bréguet Bizerte mais elle est redéployée à la mise septembre 1939 à Karouba en remplacement de l’escadrille E-2 qui avait finalement rejoint Lanvéoc-Poulmic.

A partir du 15 septembre 1940, elle intègre la 8ème flottille d’hydravions et le 1er octobre, elle est renumérotée escadrille 6E, recevant au passage trois nouveaux Bréguet Bizerte.

En décembre 1945, les huit Bréguet Bizerte survivants (un appareil usé avait été réformé et cannibalisé en septembre 1944) sont remplacés par huit Potez-CAMS 143 plus modernes et plus efficaces.

-L’Escadrille E-5 basée sur l’Etang de Berre dispose en septembre 1939 de sept hydravions de type Bréguet 521 Bizerte.

Le 15 septembre 1940, elle intègre la 4ème flottille d’hydravions et en octobre 1940, elle est renumérotée escadrille 2E avec neuf Bréguet Bizerte comme équipement, les missions ne changeant pas.

Trois appareils sont perdus lors d’une utilisation opérationnelle intense : un perdu en mer (équipage disparu), un écrasé à terre près de Marseille (équipage sauf) et un autre ayant capoté à l’amerrissage sur l’étang de Berre (équipage sauf).

Au printemps 1945, les six Bréguet Bizerte survivants sont remplacés par douze Potez-CAMS 143 quadrimoteurs aux performances meilleures que le Bizerte.

-L’Escadrille E-9 créée le 15 octobre 1939 avec cinq Bréguet Bizerte prélevé sur les quatre autres unités. Unité du temps de guerre, elle est dissoute en février 1940, ces appareils sont confiés à l’escadrille E-2.

Au total, l’Aviation Navale à reçu 38 appareils type Bréguet Bizerte. 8 appareils ont été perdus et trente encore disponibles après leur retrait du service. Si 12 sont immédiatement feraillés après cannibalisation car trop usés pour servir d’appareils de réserve, 18 sont encore disponibles et quatre réutilisés par l’Escadrille Ecole de la Méditerranée (EEM) de Cuers-Pierrefeu, ces quatre appareils étant toujours en service en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques du Bréguet 521 Bizerte

Type : hydravion multiplace de surveillance à long rayon d’action

Masse à vide : 9470kg en charge 14669kg maximale au décollage 16600kg

Dimensions : longueur 20.48m envergure 35.18m hauteur 7.50m

Motorisation : trois moteurs radiaux Gnome-Rhone 14Kirs de 671ch

Performances : vitesse maximale 243 km/h vitesse de croisière 200 km/h distance franchissable 2100km plafond opérationnel 6000m

Armement : 5 mitrailleuses de 7.5mm Darne et 300kg de bombes

Equipage : 8 hommes (deux pilotes, un mécanicien, un radio, un mitrailleur et un navigateur)

17-Aviation navale (51)

Lioré et Olivier H-43

Lioré et Olivier H-43 sur une catapulte du Commandant Teste

Lioré et Olivier H-43 sur une catapulte du Commandant Teste

A une époque où l’industrie aéronautique française est encore largement artisanale, il est difficile pour la marine (comme pour l’armée de l’air) de confier la construction d’un appareil à un seul constructeur. D’où l’habitude de commander un appareil qui n’avait pourtant pas triomphé au concours pour lequel il avait postulé.

Comme ce fût le cas avec le Loire 70 _qui avait perdu face au Bréguet Bizerte_, le Loire 130 vit également son concurrent, le Lioré et Olivier H43 être produit en série et comme le Loire 70, cet appareil ne connu pas le succès escompté par son constructeur.

Le Lioré et Olivier H-43 effectua son premier vol le 4 décembre 1934 mais la mise au point fût tellement longue et les modifications tellement nombreuses que ce n’est qu’en juillet 1939 que l’appareil pu entrer en service. 20 exemplaires étant commandés par la marine, exemplaires qui équipèrent deux unités.

-Quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939, l’escadrille E-7 est équipée de six hydravions d’exploration Loire 70.

Cet appareil qui connait d’importants problèmes techniques est interdit de vol le 12 février 1940 après deux accidents. L’escadrille est faute de mieux rééquipée avec huit Lioré et Olivier H43 à l’origine prévue pour l’escadrille 3S5.

Le 15 septembre 1940, l’escadrille E-7 intègre la 8ème flottille d’hydravions qui regroupe tous les hydravions basés à Karouba (hors ceux rattachés aux croiseurs de la 6ème EL) et un mois plus tard en octobre 1940, l’escadrille E-7 devient escadrille 8E.

En juin 1941, l’escadrille 8E est transformée sur Bréguet Br790, recevant douze hydravions pour remplacer six Lioré et Olivier H43, appareils qui sont aussitôt feraillés qui ne seront pas regrettés par leurs équipages.

-En septembre 1939, l’escadrille 3S1 est basée à Hyères-Le Palyvestre avec pour équipement des Gourdou-Lesseure (deux GL.810, trois GL.811, neuf GL.812 et deux GL.813) qui n’étaient plus de première jeunesse. Elle ne tarde pas à se redéployer à Saint Mandrier pour assurer la protection des approches maritimes de Toulon.
A l’issue de la guerre de Pologne, l’escadrille est transformée sur Lioré et Olivier H43, un hydravion monoplan bi-flotteur à l’esthétique et à l’aérodynamisme douteux mais il n’y à pas de meilleur appareil disponible pour le moment.

A partir du 15 septembre 1940, l’escadrille 3S1 intègre la 2ème flottille d’hydravions qui regroupe les hydravions basés dans la région de Toulon, la 3S1 retrouvant à cette occasion son ancienne base de Hyères-Le Palyvestre. Un mois plus tard, en octobre 1940, l’escadrille 3S1 devient l’escadrille 2R.

Le 12 juin 1941, le personnel de l’escadrille 2R rallie Les Mureaux où ils prennent en charge douze Consolidated PBY-2 Catalina qui vont avantageusement remplacer les H43 qui sont retirés du service et feraillés.

Caractéristiques Techniques du Lioré et Olivier H-43

Type : hydravion triplace de surveillance

Poids : à vide 1760kg en charge 3375kg

Dimensions : Envergure 16.00m Longueur 11.00m Hauteur 3.85m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 9Vb de 650ch

Performances : vitesse maximale 222 km/h distance franchissable 850km plafond opérationnel 6200m

Armement : deux mitrailleuses de 7.5mm

Bréguet Br790

Bréguet Br790

Bréguet Br790

En 1937, la marine nationale lança un programme pour un hydravion de patrouille côtière. La firme Bréguet proposa le Br790 Nautilus, un hydravion à coque à hélice propulsive, une configuration identique à celle du Loire 130 que le nouvel appareil doit remplacer pour les unités à terre.

Deux prototypes sont commandés en 1938 et le premier d’entre-eux effectue son premier vol à l’été 1939 à Biscarosse, le second modifié avec un fuselage allongé 30cm participant aux essais officiels en février 1940.

Une première commande est passée par la marine en août 1940 pour 54 appareils qui sont livrés entre octobre 1940 et mars 1941.

Une deuxième commande est passée en juin 1942, les vingt-sept appareils livrés entre septembre et décembre 1942 servant à constituer un volant de fonctionnement tout comme une troisième commande en juin 1945 avec vingt-sept appareils qui sont livrés entre septembre et décembre de la même année.

Une dernière commande est passée en septembre 1946 pour vingt-quatre appareils, douze devant être mis en ligne et douze alimentant le parc de réserve, les  appareils en question étant livrés entre octobre 1946 et avril 1947.

Quand la guerre éclate en septembre 1948, Bréguet venait de recevoir une nouvelle commande de 45 appareils pour anticiper sur les futures pertes.
-L’Escadrille 8R basée à Karouba au sein de la 8ème FH est la première unité à recevoir le nouvel hydravion de surveillance. Elle reçoit ses six premiers appareils le 13 décembre 1940 suivis des six autres le 15 janvier 1941.

L’escadrille 8R rejoint Karouba début février 1941 avec son plein équipement soit douze hydravions qui multiplie les patrouilles dans le détroit de Sicile et dans le bassin oriental de la Méditerranée. Elle participe également à de nombreux exercices avec la 6ème escadre légère.

Ces douze appareils sont encore en service le 31 août 1948 même si sur les douze appareils, trois sont des appareils de remplacement. A partir du 1er septembre 1948, ils mettent en place une série de patrouilles de surveillance et de lutte anti-sous-marine au large des côtes tunisiennes.

-L’Escadrille 8E reçoit le Bréguet Br790 en juin 1941, les douze hydravions remplaçant six Lioré et Olivier H43.

Ces appareils vont opérer principalement au profit de la 6ème Escadre Légère, étant les yeux des croiseurs Emile Bertin La Galissonnière Jean de Vienne et La Marseillaise sans oublier au profit des autres unités. Ils menaient des missions de surveillance ainsi que de nombreux exercices en solitaire ou avec les unités de la 6ème EL.

L’escadrille 8E est toujours équipée de cet appareil le 31 août 1948, trois appareils de l’unité étant des appareils de remplacement venus de métropole. Ils vont participer à des missions de surveillance au large de la Tunisie.

-L’Escadrille 3R basée à Lanvéoc-Poulmic remplace ses Loire 130 par huit Bréguet Br790 en juillet 1941.

Les Bréguet Br790 sont toujours en service en août 1948, l’unité ayant perdu deux appareils par accident, appareils remplacés, l’escadrille 3R disposant de huit appareils le 31 août 1948, nombre porté à partir du 5 septembre à douze appareils par apport d’appareils neufs et de réservistes.

L’escadrille 3R va mener des patrouilles permanentes dans le Golfe de Gascogne pour couvrir les convois Dakar-Casablanca-Brest.

-L’Escadrille 6R  basée sur l’Etang de Berre et équipée de douze Loire 130 est transformée en août 1943 sur douze Bréguet Br790

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948, trois des douze étant des appareils de remplacement. A partir du 1er septembre 1948, l’escadrille 6R met en place une patrouille permanente au large de Toulon, couvrant la navigation dans la région puis à partir du 5 septembre 1948 reçoit pour mission de couvrir les convois entre l’Afrique du Nord et la métropole.

-L’Escadrille 1R basée à Cherbourg-Querqueville avec pour équipement huit Loire 130. Quand elle est transformée sur dix Bréguet Br790 en septembre 1943, elle ne disposait plus que de six Loire 130.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 même si trois des dix appareils de l’unité ont remplacé des appareils accidentés et trop endommagés pour être réparés à un coup raisonnable.

Le 1er septembre 1948, l’unité reçoit l’ordre de maintenir des patrouilles permanentes au large de Cherbourg et de l’estuaire de la Seine. Ce dispositif est maintenu en raison du conflit en mer du Nord qui pourrait déborder en Manche.
-L’Escadrille 23E est créée en septembre 1947 sur la base d’Aspretto au sein de la nouvelle 12ème flottille d’hydravions qui regroupe tous les appareils de ce type basés sur l’île de Beauté. Cette nouvelle escadrille est équipée de douze Bréguet Br790.

Quand les tensions deviennent palpables en Europe, Marine Corse décide de disperser ses forces pour réduite leur vulnérabilité. C’est ainsi qu’une partie de l’escadrille 23E reçoit l’ordre de rallier Porto-Vecchio sur la côte orientale de l’île pour mieux surveiller la mer Tyrrhénienne et désengorger Aspretto.

Six hydravions arrivent le 3 septembre mais les installations sont encore loin d’être opérationnelles bien que l’équipage du ravitailleur Sans Reproches plus des unités du génie de l’armée de terre y mettaient tout leur coeur.

Cela n’empêche pas les Bréguet Br790 de mener des patrouilles intensives avec la menace potentielle de la chasse italienne à partir du 5 septembre 1948.

Au 5 septembre 1948, la marine nationale à reçu 132 appareils et 45 sont encore en commande. Un total de 66 appareils ont été mis en ligne et 14 perdus lors d’exercices. Cela laisse un stock de 52 appareils.

Caractéristiques Techniques du Bréguet Br790 Nautilus

Type : hydravion triplace de surveillance côtière

Poids : à vide 2700kg en charge 3600kg

Dimensions : Envergure 17.00m Longueur 13.00m Hauteur 4.00m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 12Xirs 12 cylindres de 720ch entrainant une hélice tripale

Performances : vitesse maximale 310 km/h à 2100m distance franchissable 900km plafond opérationnel 6000m

Armement : deux mitrailleuses de 7.5mm Darne dans les ailes avec 800 cartouches chacune, une mitrailleuse Darne de 7.5mm en poste arrière avec 950 cartouches. Deux bombes de 75kg sous les ailes.

17-Aviation navale (30)

Escadrille 6T

L’Escadrille 3S6 est une unité de mobilisation créée le 30 août 1939 sur la nouvelle base aéronavale d’Aspretto près d’Ajaccio. Comme souvent, son équipement ressemble à un inventaire à la Prévert avec neuf Levasseur PL.15, deux GL.812 et un Loire 130.

Cette situation est heureusement provisoire puisqu’elle reçoit en décembre 1939 douze hydravions torpilleurs Latécoère Laté 298 avec pour mission de s’attaquer à la navigation au large de la Sardaigne. Comme souvent cette mission de torpillage se double de missions de surveillance et de lutte anti-sous-marine.

Le 15 septembre 1940, elle intègre la 2ème flottille d’hydravions et quelques semaines plus tard, en octobre 1940, elle devient l’escadrille 6T.

En septembre 1947, pour faciliter et rationnaliser commandement et soutien logistique est créée la 12ème flottille d’hydravions qui regroupe toutes les unités d’hydravions basées à Aspretto. Jusque là seule, la 6T est rejointe par une escadrille de surveillance (la 23E) et une escadrille de chasse (la 24C).

Parallèlement à cette réorganisation, l’escadrille 6T remplace ses Latécoère Laté 298 (neuf appareils encore opérationnels, trois appareils ayant perdus en l’espace de dix-huit mois suite à des accidents aux causes diverses) par douze Latécoère Laté 299-7.

A partir du 1er septembre 1948, ces appareils participent aux patrouilles de surveillance des approches d’Ajaccio, allant parfois jusqu’au détroit de Bonifaccio au sud voir le cap Corse au nord.

Escadrille 7T

L’escadrille T3 est créée à Balaruc sur l’Etang de Thau en septembre 1939 au moment de la mobilisation mais rapidement, elle et ses dix-huit Latécoère Laté 298 de torpillage (et secondairement de lutte ASM) rejoignent Cherbourg-Chantereyne et la 1ère région maritime.

En février 1940, cette unité décidement nomade est transférée à la 2ème région maritime avec Lorient-Lann Bihoué comme nouvelle base.

Le 15 septembre 1940, elle intègre la 5ème flottille d’aviation navale, étant la seule unité de la 5ème FAN, la B5 étant en sommeil, faute d’appareils disponibles. Le 1er octobre 1940, l’escadrille T3 devient l’escadrille 7T.

Courant de l’année 1942, l’escadrille 7T quitte la 5ème flottille d’aviation navale pour rejoindre la 3ème flottille d’hydravions même si elle reste basée à Lorient-Lann Bihoué.

En octobre/novembre 1946, les douze Latécoère Laté 298 survivants sont remplacés par douze Latécoère Laté 299-7 qui reprennent les missions de leurs prédecesseurs : surveillance maritime, torpillage et lutte anti-sous-marine.

Le 2 septembre 1948, l’escadrille 7T passe aux effectifs de guerre et renforce sa présence au dessus du Golfe de Gascogne alors qu’on parle d’un possible déploiement dans les Orcades pour soutenir notre allié britannique………. .

Escadrille 8T

A l’origine de l’escadrille 8T, figure l’escadrille HB-1, l’unité de torpillage de la flottille du Commandant Teste équipée de dix-sept Latécoère Laté 298, escadrille basée à Saint Mandrier quand le transport d’hydravions est à quai.

Ayant perdu un appareil (crash à l’amerrissage, équipage quitte pour un bain forcé), c’est avec seize Laté 298 que l’escadrille HB-1 intègre la 4ème flottille d’hydravions (15 septembre 1940) avant de devenir quinze jours plus tard (1er octobre), l’escadrille 8T.

En novembre 1941, décision est prise de transformer l’unité d’hydravions en unité d’avions terrestre en l’équipant de seize bombardiers-torpilleurs Lioré et Olivier Léo 456.

Une fois sa transformation achevée, l’unité est transferée de la 4ème FH à la 2ème FAN et de Saint Mandrier, elle rejoint Fréjus-Saint Raphaël.

Ces appareils étaient toujours en service en septembre 1948 même si sur les seize du début, seuls onze étaient encore présents, trois ayant été perdus au cours d’exercices et deux réformés suite à une usure prononcée et à la découverte de faiblesses structurelles rendant le vol à basse altitude dangereux.

Escadrille 9T

Le 12 mars 1942, sur la base aéronavale de Djibouti, arrivent douze hydravions bimoteurs Bloch MB-481 venus de métropole après un vol en plusieurs étapes.

Décollant de l’hydrobase des Mureaux _annexe de la BAN d’Orly_, ils ont fait étape sur l’Etang de Berre, à Karouba, à Alexandrie et à Suez avant d’arriver à Djibouti. Six d’entre d’eux ne font cependant que passer.

Leur arrivée marque la naissance de l’escadrille 9T qui renforce les capacités militaires françaises dans la région, ces bimoteurs pouvant servir à la surveillance maritime, au torpillage, au bombardement naval et terrestre ainsi qu’à la lutte anti-sous-marine.

Ces six appareils sont toujours en service le 1er septembre 1948 même si la perte d’un appareil à Arta en septembre 1947 nécessita l’envoi d’un appareil complet en renfort de la métropole, quatre autres étant envoyés démontés par cargo, remontés sur place et utilisés comme appareils de réserve.

A partir de ces dates, les hydravions bimoteurs de la 9ème escadrille de torpillage vont maintenir une présence quasi-permanente au dessus de la mer Rouge.

Escadrille 10T

A l’origine de cette escadrille figure l’escadrille HB-2, une unité de torpillage créée en septembre 1939, basée sur l’Etang de Berre quand le Commandant Teste était à quai à Toulon.

Equipée de dix Latécoère Laté 298, elle va se spécialiser dans la lutte ASM. Elle rallie Saint Mandrier début novembre mais devant l’enconbrement de l’hydrobase, la décision est prise d’envoyer l’unité en Tunisie à Karouba où elle arrive le 15 décembre 1939……. .

Rattachée le 15 septembre 1940 à la 8ème flottille d’hydravions, l’escadrille HB-2 devient le 1er octobre 1940, l’escadrille 10T avec douze Latécoère Laté 298 dont les équipages sont donc aussi bien formés à l’attaque à la torpille qu’à la lutte anti-sous-marine.

En janvier 1947, la 10T dispose de huit Latécoère Laté 298 encore en état de vol (quatre appareils réformés pour usure, l’unité ayant au total utilisé 17 Laté 298 depuis septembre 1940) quand elle est transformée sur Latécoère Laté 299-7 dont douze exemplaires sont utilisés par l’unité.

En septembre 1948, l’unité est toujours stationnée à Karouba et se prépare à ses futures opérations de guerre : patrouilles anti-sous-marines et attaques à la torpille.

17-Aviation navale (21)

Escadrille 8E

Loire 70 en vol

Loire 70 en vol

En septembre 1939 est basée à Karouba l’escadrille E-7 équipée de six Loire 70, l’hydravion qui avait perdu la compétition contre le Bréguet Bizerte mais que la marine avait commandé pour se garder une roue de secours et ne pas trop dépendre d’un constructeur.

Cet appareil qui connait d’importants problèmes techniques est interdit de vol le 12 février 1940 après deux accidents. L’escadrille est faute de mieux rééquipée avec huit Lioré et Olivier H43 à l’origine prévue pour l’escadrille 3S5.

Le 15 septembre 1940, l’escadrille E-7 intègre la 8ème flottille d’hydravions qui regroupe tous les hydravions basés à Karouba (hors ceux rattachés aux croiseurs de la 6ème EL) et un mois plus tard en octobre 1940, l’escadrille E-7 devient escadrille 8E.

En juin 1941, l’escadrille 8E est transformée sur Bréguet Br790, recevant douze hydravions pour remplacer six Lioré et Olivier H43, appareils qui sont aussitôt feraillés qui ne seront pas regrettés par leurs équipages.

Ces appareils vont opérer principalement au profit de la 6ème Escadre Légère, étant les yeux des croiseurs Emile Bertin La Galissonnière Jean de Vienne et La Marseillaise sans oublier au profit des autres unités. Ils menaient des missions de surveillance ainsi que de nombreux exercices en solitaire ou avec les unités de la 6ème EL.

L’escadrille 8E est toujours équipée de cet appareil le 31 août 1948, trois appareils de l’unité étant des appareils de remplacement. Ils vont alors participer à des missions de surveillance au large de la Tunisie.

Escadrille 9E

Cette escadrille est activée en septembre 1942 avec douze CAO-700M pour remplacer la 5B/12R au sein de la 3ème flottille d’aviation navale basée à Lanvéoc-Poulmic. Elle est chargée de missions de surveillance et de patrouille maritime dans l’Atlantique et dans le Golfe de Gascogne en coopération avec le 7E basée à Lann-Bihoué prêt de Lorient.

Un appareil perdu en mars 1945 à l’atterrissage (deux morts et trois blessés) et un deuxième est réformé en septembre 1947 suite à des fragilités structurelles au niveau des bâtis moteurs 2 et 3, ces deux appareils étant promptement remplacés.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 et vont se relayer pour notamment couvrir les convois atlantique sans oublier la traque des sous-marins et d’éventuels croiseurs auxiliaires allemands.

Escadrille 10E

Le 7 juin 1941 est activée à Port Lyautey au sein de la 6ème flottille d’hydravions (6ème FH), l’escadrille 10E qui reçoit comme équipement huit hydravions Potez-CAMS 141 ce qui permet au CSMAN d’augmenter son rayon d’efficacité et d’efficience en Méditerranée pour des missions de surveillance générale et l’appui aux unités de la flotte en Méditerranée comme dans l’Atlantique.

Ces appareils (six du lot d’origine et deux de remplacement arrivés respectivement en septembre 1946 et avril 1947) sont encore en service le 31 août 1948 et à partir du 1er septembre 1948, l’escadrille reçoit l’ordre de surveiller les côtes du Sud-marocain et de tendre jusqu’à Dakar pour couvrir une voie de navigation de convois, la voie DCB (Dakar-Casablanca-Brest).

Escadrille 11E

Bloch MB-175T

Bloch MB-175T

Le 12 janvier 1943 est activée à Lanvéoc-Poulmic l’escadrille 11E, une escadrille de reconnaissance et d’attaque maritime équipée de douze Bloch MB-175T.

Ces bimoteurs inaugurent le concept de reconnaissance armée imaginé par certains officiers de marine.

Ils imaginent des avions patrouillant un secteur donné avec des bombes en soute et sous les ailes pour mener si nécessaire des attaques d’opportunité, compensant le handicap des CAO-700M qui doivent souvent attendre le décollage des bombardiers-torpilleurs Lioré et Olivier Léo 456M  pour attaquer la cible repérée en essayant si possible de continuer à pister le navire sans se faire repérer.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 même si ils bénéficient d’améliorations constantes, inaugurant le concept du radar aéroporté _même si les premiers modèles sont encore peu fiables_ et l’emploi de roquettes air-sol. Deux appareils du lot d’origine ont été perdus et remplacés par des appareils issus des stocks.

Au 5 septembre 1948, les Bloch MB-175T de l’escadrille 11E sont mis en alerte, l’Amirauté envisageant leur redéploiement en Grande Bretagne pour opérer en mer du Nord contre les convois chargés d’amener les troupes et leur ravitaillement.

17-Aviation navale (20)

Escadrille 4E

Basée sur l’Etang de Berre, l’escadrille d’exploration E-1 équipée de huit Bréguet Bizerte est redéployée au moment du déclenchement de la guerre de Pologne à Port-Lyautey pour couvrir les convois Brest-Gibraltar-Casablanca-Dakar.

Elle intègre le 15 septembre 1940 la 6ème flottille d’hydravions qui regroupe au sein du CSMAN les hydravions basés à Port-Lyautey. Elle devient au mois d’octobre l’escadrille 4E avec toujours le même équipement.

Ces appareils sont remplacés en avril/mai 1945 par douze Potez-CAMS 143 quadrimoteurs qui donnent un punch supplémentaire à l’unité qui reçoit comme mission principale la couverture des approches du détroit de Gibraltar contre les navires de surface et les sous-marins qui voudraient venir mettre le bazar en Méditerranée.  Un appareil est perdu en septembre 1947 et si l’équipage n’est que blessé, l’appareil est irrécupérable.

Ces douze appareils sont toujours en service le 31 août 1948, l’unité menant une patrouille permanente à l’ouest du détroit de Gibraltar dès le 1er septembre, une patrouille qui prend une autre saveur à partir du 5 septembre 1948.

Escadrille 5E

Le 12 juin 1941 est activée sur la base aéronavale de Cherbourg-Querqueville l’escadrille d’exploration 5E avec pour équipement six Potez-CAMS 141, des hydravions d’exploration à long rayon d’action permettant à l’unité de rayonner jusqu’au détroit du Pas de Calais.

En septembre 1946, les six Potez-CAMS 141  (deux appareils de réserve ayant remplacé deux appareils perdus en capotant à l’amerissage, l’équipage étant récupéré secoué mais indemne) sont remplacés par six Potez-CAMS 143, version améliorée du -141.

Ces appareils sont toujours en service en septembre 1948 et à partir du 5 septembre 1948 vont multiplier des patrouilles de surveillance en Manche et en mer du Nord en se ravitaillant à Dunkerque ou à Calais-Marck.

Escadrille 6E

En août 1939, l’escadrille d’exploration E-3 est basée sur l’Etang de Berre avec six hydravions Bréguet Bizerte. A la mobilisation liée à la guerre de Pologne, elle rallie Karouba en remplacement de l’escadrille E-2 initialement prévue.

Le 15 septembre 1940, elle intègre la 8ème flottille d’hydravions qui regroupe les hydravions basés à Karouba près de Bizerte pour appuyer notamment la 6ème Escadre Légère.

Elle est renumérotée 6E en octobre 1940. Le nombre de Bréguet Bizerte est porté à neuf appareils.
En décembre 1945, les huit Bréguet Bizerte survivants sont remplacés par huit Potez-CAMS 143 plus modernes et plus efficaces. Un appareil est perdu en mars 1948 et immédiatement remplacé.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 et entament à partir du 1er septembre 1948 un dispositif de patrouilles permanentes au large de Tunisie.

Escadrille 7E

Le CAO-700M est la version de patrouille maritime du bombardier CAO-700

Le CAO-700M est la version de patrouille maritime du bombardier CAO-700

Le 7 décembre 1941 est activée à Lann-Bihoué au sein de la 5ème flottille d’aviation navale, l’escadrille 7E équipée de douze avions de patrouille maritime CAO-700M, de puissants quadrimoteurs.

Cette unité est chargée de sanctuariser le Golfe de Gascogne et de pousser le plus loin possible dans l’Atlantique pour couvrir les convois et traquer raiders et sous-marins allemands.

Deux appareils sont perdus jusqu’au 31 août 1948, un en mer (équipage porté disparu présumé mort) et un à terre à l’atterrissage, l’équipage étant blessé mais l’appareil irrécupérable est cannibalisé pour fournir des pièces détachés. Les appareils perdus sont promptement remplacés.

A partir du 31 août 1948, les douze CAO-700M vont se relayer pour maintenir une patrouille permanente dans le Golfe de Gascogne.

17-Aviation navale (17)

Escadrille 6R

En septembre 1939, existe la flottille F1H rattachée au transport d’hydravions Commandant Teste qui va rapidement cessez d’être une base d’aviation pour être un transport d’avions.

La F-1H _dissoute en janvier 1940_ disposait de l’escadrille HS1 basée à Saint Mandrier avec un total de dix-huit Loire 130. Ces dix-huit hydravions sont dispersés entre Saint Mandrier (huit), Aspretto (cinq) et l’Etang de Thau (cinq) pour couvrir Port-Vendres.

Cette escadrille HS1 est rattachée à partir du 15 septembre 1940 à la 4ème flottille d’hydravions, étant redéployé avec «seulement» douze Loire 130 pour des patrouilles de surveillance et de lutte anti-sous-marine sur l’Etang de Berre au nord de Marseille. Un mois plus tard, en octobre 1940, l’escadrille HS1 devient l’escadrille 6R.

En août 1943, les Loire 130 sont remplacés par douze Bréguet Br790 pour assurer des patrouilles de surveillance et de lutte anti-sous-marine. Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948, trois des douze étant des appareils de remplacement.

A partir du 1er septembre 1948, l’escadrille 6R met en place une patrouille permanente au large de Toulon, couvrant la navigation dans la région puis à partir du 5 septembre 1948 reçoit pour mission de couvrir les convois entre l’Afrique du Nord et la métropole.

Escadrille 7R

La Section de Surveillance des Antilles devient le 17 septembre l’escadrille 8S2. Basée à Fort de France, elle est équipée d’un Gourdou-Leseurre GL.811, de deux GL.812 et d’un GL.813.

Chargés de la protection des Antilles contre les sous-marins et contre les raiders, elle reste pendant de nombreuses années la seule unité de l’aéronavale dans la région.

Devenue escadrille 7R en octobre 1940, elle reçoit un équipement moderne en août 1942 quand  les Gourdou-Lesseure sont remplacés par six Loire 130C bien plus efficaces. Ces hydravions cohabitent avec le Potez 452 attaché au Bougainville même si l’embarquement de l’hydravion est de plus en plus rare.

Potez 452

Potez 452

Courant 1943, les Potez 452 des avisos coloniaux basés à Fort de France et à Cayenne sont remplacés par deux Loire 130C. La 7R passe donc à huit hydravions dont un détaché à Cayenne.

Ces appareils sont toujours en service le 31 août 1948 même si deux des sept appareils «martiniquais» étaient des appareils de remplacement, leurs deux prédécesseurs ayant été usés par le climat et une utilisation intensive.

Dès le 5 septembre 1948, les hydravions de la 7R vont multiplier les patrouilles pour traquer d’éventuels raiders allemands.

Escadrille 8R

Le 1er septembre 1939, l’escadrille 4S1 est l’escadrille d’active de surveillance de la 4ème région maritime (Premar IV). Basée à Karouba, elle est équipée de neuf CAMS 55.2 et trois CAMS 55.10.

Le 15 septembre 1940, elle intègre la 8ème flottille d’hydravions qui regroupe les hydravions basés à Karouba prêt de Bizerte avant de devenir l’escadrille 8R en octobre 1940 avec toujours des CAMS 55 en service.

Le 13 décembre 1940, les six premiers Bréguet Br790 destinés à la 8R arrivent à l’hydrobase des Mureaux pour être pris en charge par leurs équipages. Durant un mois, ils forment leurs équipages et leurs collègues encore sans «montures», les six autres Bréguet n’arrivant aux Mureaux qu’à la mi-janvier.

L’escadrille 8R rejoint Karouba début février 1941 avec son plein équipement soit douze hydravions qui multiplie les patrouilles dans le détroit de Sicile et dans le bassin oriental de la Méditerranée. Elle participe également à de nombreux exercices avec la 6ème escadre légère.

Ces douze appareils sont encore en service le 31 août 1948 même si sur les douze appareils, trois sont des appareils de remplacement. A partir du 1er septembre 1948, ils mettent en place une série de patrouilles de surveillance et de lutte anti-sous-marine au large des côtes tunisiennes.

Escadrille 9R

En septembre 1939, la Section de Surveillance de Tahiti basée à Fare-Ute prêt de Papeete devient l’escadrille 8S5 mais son équipement ne bouge pas avec un CAMS 37.11 et de deux CAMS 55.1.

Véritable escadrille de souveraineté, elle devient en septembre 1940, l’escadrille 9R ne dispose plus à la fin de 1941 que de deux CAMS 55.1, le CAMS 37.11 ayant été réformé.

Les CAMS 55.1 sont remplacés en 1942 par quatre Latécoère 298 utilisés comme hydravions de surveillance et non comme hydravions torpilleurs. Ces appareils ayant appartenu à la 2T avant sa transformation sur CAO-700M sont toujours en service le 31 août 1948.

Escadrille 10R

L’escadrille 8S4 est activée à Tripoli du Liban en septembre 1939 avec un Lioré et Olivier H242 réquisitionné, une mesure transitoire en attendant l’arrivée en unité de six Loire 130 prévus par le plan de mobilisation.

Le 5 février 1940, six Loire 130 arrivent en vol et amerrissent au large de Tripoli du Liban après un long périple. Partis de l’Etang de Berre, ils ont fait escale à Aspretto en Corse, à Bizerte, à La Valette, à La Sude, à Larnacca avant d’arriver à destination pour permettre à l’escadrille 8S4 d’atteindre son format définitif.

En octobre 1940, l’escadrille qui dépend du CLAN (Commandement Levant de l’Aviation Navale) devient l’escadrille 10R, continuant sa mission de surveillance des eaux côtières libanaises et syriennes contre une menace venant essentiellement du Dodécanèse alors sous souveraineté italienne.

Cette escadrille dispose toujours de six Loire 130 le 31 août 1948 même si deux appareils du lot d’origine ont du être remplacé, l’un ayant été perdu en mer et l’autre ayant capoté lors d’un amerrissage.

Dès le 1er septembre 1948, les Loire 130 effectue des patrouilles de surveillance au large des côtes libano-syriennes en coopération avec les autres avions du CLAN notamment les avions de patrouille maritime CAO-700M.