21-Armée de terre (73)

Les groupes de canons d’assaut

Une longue génèse

La stabilisation du front sur 700km de la mer du Nord à la frontière suisse fit entrer le premier conflit mondial dans la boue des tranchées. A l’horreur des charges suicidaires en pleine campagne succéda l’horreur de la boue, des poux, des charges meurtrières à travers les barbelés sans parler des gaz de combat.

Dès 1915, on chercha à percer ce front notamment du côté allié. Les couteuses offensives françaises en Artois, en Champagne et sur le Chemin des Dames, anglaises sur la Somme et allemandes à Verdun balayèrent les illusions des bélligérants sur la possibilité de rompre d’un seul coup le front.

Se posait ensuite la question de l’exploitation de la percée. La cavalerie espéra retrouvera un rôle majeur mais le terrain bouleversé des tranchées rendait illusoire l’exploitation. C’est alors qu’apparu le char d’assaut avec le succès que l’on sait.

Dès le début se pose la question de l’appui des chars par l’artillerie. Les pièces fixes installées loin à l’arrière vont vite être hors de portée. D’où l’idée de créer une artillerie mobile. Deux écoles s’affrontent : l’une préconise l’utilisation de tracteurs caterpillars pour remorquer les pièces en terrain difficile, l’autre d’utiliser des éléments mécaniques du Renault FT pour créer de véritables canons d’assaut.

Cette deuxième école connu une réalisation très partielle avec le Renault FT muni d’un canon de 75mm qui assurait l’appui aux sections de chars équipées de mitrailleuses et de canons de 37mm, les projets d’embarquer un canon de 75 ou de 105mm monté sur un chassis de Renault FT ne dépassa le stade du prototype.

Les essais sont arrêtés en 1924 mais l’idée ressurgit en 1932 sous la forme d’un char de protection destiné à appuyer le char D1, projet qui ne débouche sur aucune réalisation concrète car le char B1 à  échappé aux fourches caudines des conférences du désarmement.

Deux écoles vont s’opposer, celle de l’arme des chars de l’infanterie et celle de la cavalerie, les besoins des deux armes ne se recoupant pas forcément, la cavalerie privilégiant comme toujours la vitesse alors que pour l’infanterie, la protection est une donnée nettement plus fondamentale.

Contrairement à une idée reçue, les années trente sont fertiles en recherches techniques et tactiques de toute sorte. Hélas les budgets ne suivent pas (tout comme l’industrialisation si elle avait eut lieu) et les projets inachevés s’accumulent comme l’autocanon de cavalerie Garnier-Renault ou l’autocanon Renault ACG-2.
Sous l’impulsion du général Weygand qui avait créé la Section Technique des Matériels Automobiles de Combat (STMAC),l’infanterie et la cavalerie s’influencent mutuellement, l’infanterie étudiant un temps l’adoption du Somua S-35, Somua proposa un dérivé de l’AMC pour le programme du char de 20 tonnes (qui allait aboutir ultérieurement au Renault G1), le projet de Somua donnant naissance au Sau40.

Le canon d'assaut ARL V-39

Le canon d’assaut ARL V-39

Il faut en fait attendre la fin des années trente pour qu’apparaisse donc le canon d’assaut à la française sous la forme du Somua Sau40 et de l’ARL V-39, ce dernier étant dérivé du BDR, un candidat au programme qui allait donné naissance au Renault G1, deux véhicules partageant la même bouche à feu en l’occurence le canon de 75mm APX de 30 calibres, le premier devant équiper les DLM, le second les Divisions Cuirassées.

Il est dans un premier temps prévu un groupe de canons d’assaut par DLM puis deux, les Divisions Cuirassés suivant le même parcours.

Suite à la réorganisation des divisions mécanisées de l’armée de terre, les deux groupes de canons d’assaut intègrent les brigades légères mécaniques et les brigades cuirassées, chaque brigade disposant de son groupe de canons d’assaut.

La mise en service des Renault G1 et des ARL-44 à canon de 75 et de 90mm aurait du avoir raison des canons d’assaut mais ces véhicules sont maintenus en service pour assurer l’appui rapproché des dragons portés.

Chaque groupe dispose d’un véhicule de commandement _un Sau40 ou un ARL V-39 équipé d’un canon factice, seule la présence de plus d’antennes radios trahissant son rôle véritable_ et de trois batteries de quatre pièces.

A ces treize véhicules s’ajoutent par batterie, deux ravitailleurs d’artillerie type Lorraine 37L, deux motos de liaison  Chaque groupe dispose donc de 29 véhicules et de 81 hommes

Les groupes de canons d’assaut prennent comme numéro celui de leurs brigades. Les DLM ayant la primauté de l’ancienneté, elles reçoivent les premiers numéros, les DC les suivant immédiatement.

Somua Sau 40

Somua Sau 40

-La 1ère DLM dispose ainsi des 1er et 2ème groupes de canons d’assaut

-La 2ème DLM dispose des 3ème et 4ème groupes de canons d’assaut

-La 3ème DLM dispose des 5ème et 6ème groupes de canons d’assaut

-La 4ème DLM dispose des 7ème et 8ème groupes de canons d’assaut

-La 5ème DLM dispose des 9ème et 10ème groupes de canons d’assaut

-La 6ème DLM dispose des 11ème et 12ème groupes de canons d’assaut

-La 7ème DLM dispose des 13ème 14ème groupes de canons d’assaut

-La 8ème DLM dispose des 15ème et 16ème groupes de canons d’assaut.

-La 1ère Division Cuirassée dispose des 17ème et 19ème groupes de canons d’assaut.

-La 2ème Division Cuirassée dispose des 18ème et 20ème groupes de canons d’assaut.
-La 3ème Division Cuirassée dispose des 21ème et 23ème groupes de canons d’assaut.

-La 4ème Division Cuirassée dispose des 22ème et 24ème groupes de canons d’assaut.

-La 5ème Division Cuirassée dispose des 25ème et 27ème groupes de canons d’assaut.

-La 6ème Division Cuirassée dispose des 26ème et 28ème groupes de canons d’assaut.

En septembre 1948, il existe donc vingt-six groupes de canons d’assaut alignant un total de 338 canons d’assaut (26 véhicules de commandement et 312 canons d’assaut stricto sensu) avec répartition égale entre le Somua Sau40 et l’ARL V-39.

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21-Armée de terre (29)

4ème Division Légère Mécanique (4ème D.L.M.)

La 4ème Division Légère Mécanique est la transformation de la 2ème Division de Cavalerie, une division mixte devenue une division entièrement motomécanique. Elle est organisée à l’origine de la façon suivante :

-Un état-major de division

-7ème brigade légère mécanique avec un état-major de brigade, un régiment de découverte _le 5ème régiment de cuirassiers_ et un régiment de dragons portés, le 3ème régiment de dragons portés.

-8ème brigade légère mécanique avec un état-major de brigade et deux régiments de chars, les 8ème régiment de dragons et le 18ème régiment de chasseurs

-Le 73ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain (RATTT) appelé également RADLM

Le 31ème régiment de dragons et le 2ème groupe d’automitrailleuses sont dissous.

-40ème batterie antichar divisionnaire

-1023/405ème batterie antiaérienne

-41ème escadron antichar divisionnaire

-14ème escadron de réparation divisionnaire rattaché au 8ème régiment de dragons

-Trois compagnies de sapeurs mineurs portés, les 1er, 2ème et 3ème compagnies du 40ème bataillon du génie. Une 4ème compagnie assure le franchissement des coupures humides.

-Une compagnie télégraphique, une compagnie radio et un détachement colombophile

-Une compagnie automobile de quartier général

-Une compagnie automobile de transport

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

-Un groupe sanitaire divisionnaire

La 4ème D.L.M est réorganisée entre mars et juin 1945 selon le modèle de la 6ème Division Légère Mécanique  :

-Un état-major de division

-Un régiment de découverte, le 5ème régiment de cuirassiers

-7ème brigade légère mécanique avec un état-major de brigade, un régiment de chars le 8ème régiment de dragons, un régiment de dragons portés, le 3ème régiment de dragons portés, le 7ème groupe de canons d’assaut, le 7ème escadron antichar porté, le 7ème escadron antiaérien porté  et le 7ème groupe de reconnaissance avec un peloton de commandement et trois pelotons de quatre AMX-42.
-8ème brigade légère mécanique avec un état-major de brigade, un régiment de chars le 18ème régiment de chasseurs (à cheval), un régiment de dragons portés le 7ème régiment de dragons portés, le 8ème groupe de canons d’assaut, le 8ème escadron antichar porté, le 8ème escadron antiaérien porté et le 8ème groupe de reconnaissance avec un peloton de commandement et trois pelotons de quatre AMX-42.

-73ème régiment d’artillerie de division légère mécanique (73ème RADLM)

-14ème escadron de réparation divisionnaire rattaché au 8ème régiment de dragons

-quatre compagnies du génie formant bataillon

-deux compagnies de transmission (le détachement colombophile est supprimé

-Deux compagnies du train (compagnie automobile du QG et compagnie automobile de transport)

-Un bataillon sanitaire divisionnaire

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

Au niveau de l’équipement, les deux régiments de chars de la division sont transformés sur Somua S-45 entre février et septembre 1947.

5ème Division Légère Mécanique (5ème DLM)

La 5ème Division Légère Mécanique est issue de la transformation de la 3ème Division de Cavalerie , une division mixte devenue une division entièrement motomécanique. Elle est organisée à l’origine de la façon suivante :

-Un état-major de division

-La 9ème brigade légère mécanique dispose d’un régiment de découverte _le 11ème régiment de cuirassiers_ et d’un régiment de dragons portés, le 2ème régiment de dragons portés.

-La 10ème brigade légère mécanique dispose de deux régiments de chars, le premier étant le 6ème régiment de dragons et le deuxième le 4ème régiment de hussards

Le 12ème régiment de chasseurs et le 3ème groupe d’automitrailleuses sont dissous

-72ème régiment d’artillerie de DLM

-50ème batterie divisionnaire antichar

-1024/405ème batterie antiaérienne

-51ème escadron antichar divisionnaire

-15ème escadron de réparation divisionnaire rattaché au 8ème régiment de dragons

-Trois compagnies de sapeurs mineurs portés, les 1er, 2ème et 3ème compagnies du 41ème bataillon du génie. Une 4ème compagnie assure le franchissement des coupures humides.

-Une compagnie télégraphique, une compagnie radio et un détachement colombophile

-Une compagnie automobile de quartier général

-Une compagnie automobile de transport

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

-Un groupe sanitaire divisionnaire

La 5ème DLM est réorganisée selon le nouveau modèle entre septembre 1945 et février 1946 et est désormais organisée de la façon suivante :

-Un état-major de division

-Un régiment de découverte, le 11ème régiment de cuirassiers

-9ème brigade légère mécanique avec un état-major de brigade, un régiment de chars _le 6ème régiment de dragons_ , un régiment de dragons portés _le 2ème régiment de dragons portés_ , le 9ème groupe de canons d’assaut, le 9ème escadron antichar porté, le 9ème escadron antiaérien porté et le 9ème groupe de reconnaissance équipé d’un peloton de commandement et de trois pelotons de quatre FCM-44.

-10ème brigade légère mécanique avec un état-major de brigade, un régiment de chars_le 4ème régiment de hussards_, un régiment de dragons portés _le 8ème régiment de dragons portés_,  le 10ème groupe de canons d’assaut, le 10ème escadron antichar porté, le 10ème escadron antiaérien porté et le 10ème groupe de reconnaissance équipé d’un peloton de commandement et de trois pelotons de quatre FCM-44.

-72ème régiment d’artillerie de DLM équipé de canons de 75mm TAZ modèle 1939 et d’obusier de 105mm court modèle 1935B

-15ème escadron de réparation divisionnaire rattaché au 8ème régiment de dragons

-quatre compagnies du génie formant bataillon

-deux compagnies de transmission (le détachement colombophile est supprimé

-Deux compagnies du train (compagnie automobile du QG et compagnie automobile de transport)

-Un bataillon sanitaire divisionnaire

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

Les deux régiments de chars de la 5ème Division Légère Mécanique sont transformés sur Somua S-45 entre octobre 1947 et juin 1948.