Mitteleuropa Balkans (144) Yougoslavie (32)

Chars

Renault FT

BORNA KOLA RENO M.17

Surnommé le «char de la victoire», le Renault FT (et non FT-17 comme on l’écrit parfois) peut être considéré comme un char canonique car il fixe l’organisation générale d’un char moderne avec le moteur à l’arrière, la tourelle au centre et le pilote à l’avant, les chars s’éloignant de ce concept étant peu nombreux.

Produit en masse (4516 exemplaires), il va équiper l’armée française et ses alliés, participant aux offensives finales de l’été 1918 aboutissant à l’armistice de Rethondes.

Dans l’immédiat après guerre un certain nombre d’exemplaires sont cédés à des pays étrangers ce qui permet à nombre d’entre-eux de faire connaissance avec le char et dévelloper des unités motomécaniques en fonction bien entendu de leurs ambitions et de leurs moyens.

La Yougoslavie va recevoir ses Renault FT dès 1922, des chars connus à Belgrade sous la désignation de BORNA KOLA RENO M.17. Cinquante six exemplaires ont été livrés dont une partie dans un modèle amélioré, le modèle 1928 (BORNA KOLA RENO M.28).

Les livraisons ont été réalisées en trois lots, huit FT (trois char-mitrailleurs et cinq char-canon) en 1922, des FT et des M.28 (Renault FT avec suspension Kergresse dit Renault-Kegresse) entre 1928 et 1930 (28 exemplaires répartition entre les deux modèles inconnue) et vingt FT non pas donnés mais vendus en 1935.

Ces chars vont permettre aux yougoslaves de prendre leurs marques dans le domaine des chars de combat mais il faudra attendre 1936 pour que soit créé le premier bataillon de char de combat, un bataillon de trois compagnies à trois pelotons de cinq chars soit quarante-cinq véhicules en ligne.

A la mobilisation du 30 août 1948, ce sont deux compagnies de quinze exemplaires qui vont être mises sur pied soit trente chars en ligne, les seize restants étant stockés mais parés à être remis en ligne dès que le besoin se fera sentir.

Néanmoins on peut se demander l’utilité de tels chars totalement dépassés à part peut être le réconfort psychologique au profit de l’infanterie.

Face aux allemands et aux italiens, les deux compagnies indépendantes vont faire leur maximum mais comme ils ne pouvaient combattre les autres chars, les Borna Kola Reno se contentaient de viser l’infanterie ennemie mais cette dernière était bien armée pour se défendre contre la petite merveille de Louis Renault.

Très vite le haut-commandement yougoslave renonce à les envoyer au massacre et les survivants sont enterrés comme blockhaus mobiles.

Quand la Campagne de Yougoslavie se termine il restait huit chars en service, chars capturés par les croates et les allemands. En très mauvais état ces véhicules sont ferraillés, l’acier à blindage étant récupéré pour produire des camions blindés pour transporter à l’abri des troupes lors des opérations anti-partisans.

Le Renault FT ou Borna Kola Reno M.17 était un char léger d’appui d’infanterie pesant 6.5 tonnes (6.7 tonnes pour le char-canon) mesurant 4.95m de long pour 1.74m de large et 2.14m de haut. Motorisé par un moteur en essence Renault installé à l’arrière, il pouvait atteindre une vitesse maximale de 7 km/h sur route et 6km/h en tout-terrain avec une distance franchissable variante de 35 (tout-terrain) à 66km (route).

Il était progégé par un blindage variant de 6 à 16mm avec 6mm pour le haut de la caisse, 8mm pour le toit de la tourelle et 16mm pour les autres endroits de la caisse.

Le pilote était installé à l’avant et le commandant/tireur était installé au milieu, manœuvrant une mitrailleuse ou un canon en tourelle, la mitrailleuse étant soit la Hotchkiss modèle 1914 de 8mm ou la MAC modèle 1931 de 7.5mm (3600 cartouches), le canon étant un canon de 37mm de 21 calibres semi-automatique modèle 1918 avec 237 projectiles, la tourelle pouvant pointer sur 306° en azimut et sur -20° à +35°.

Le Renault-Kegresse ou Borna Kola Reno M.28 était un char léger d’appui d’infanterie pesant 6.4 tonnes mesurant 4.50m de long pour 1.82m de large et 2.25m de haut. Motorisé par un moteur en essence Renault installé à l’arrière, il pouvait atteindre une vitesse maximale de 16 km/h sur route avec une distance franchissable variante de 160km sur route.

Il était protégé par un blindage variant de 6 à 22mm avec 6mm pour le haut et le fond de la caisse, 8mm pour le toit de la tourelle et 16 ou 22mm (16mm pour les côtés de la caisse, pour l’arrière de la caisse et 22mm pour le mantelet du canon et pour la tourelle sauf le toit).

Le pilote était installé à l’avant et le commandant/tireur était installé au milieu, manoeuvrant une mitrailleuse ou un canon en tourelle, la mitrailleuse étant la MAC modèle 1931 de 7.5mm (3600 cartouches), le canon étant un canon de 37mm de 21 calibres semi-automatique modèle 1918 avec 237 projectiles, la tourelle pouvant pointer sur 306° en azimut et sur -20° à +35°.

Renault R-35

BORNA KOLA RENO M.40

Au début des années trente le char léger français standard est encore le vénérable Renault FT alias le «char de la victoire» autant dire une antiquité militaire. De plus sur le plan quantitatif la flotte souffrait d’une usure et d’un vieillissement important qui rendait peu probable la mobilisation de la totalité du parc en cas de guerre.

Un programme pour un char léger de 6 tonnes à deux hommes, 40mm de blindage et armement mixte (canon et mitrailleuses) est officiellement lancé le 2 août 1933. A ce programme répondent Renault, Batignolles-Châtillon, Hotchkiss, FCM (Forges et Chantiers de la Méditerranée), APX et Delaunay-Belville.

Le concours lancé le 2 août 1933 est modifié le 22 mai 1934 aboutissant à la construction de prototypes par tous les constructeurs sauf Delaunay-Belville.

La firme de Billancourt propose un char biplace de 11 tonnes armé d’un canon de 37mm SA modèle 1918 (le même que le FT) et une mitrailleuse. Le prototype va être testé à partir d’août 1934 et adopté le 25 juin 1936 sous le nom de char léger modèle 1935R tout comme ses concurrents FCM et Hotchkiss, les futurs FCM-36 et Hotchkiss H-35.

Quand éclate la guerre de Pologne, pas moins de dix-sept bataillons de chars de combat sont équipés de Renault R-35 soit un total de 765 chars, le total étant porté à 900 chars au printemps 1940, à l’apogée de la puissance des forces armées françaises avant que la démobilisation ne soit enclenchée pour soulager une économie en souffrance. A cela s’ajoute des véhicules en réserve et d’autres véhicules déployés dans l’Empire.

Un certain nombre de chars ont également été exportés essentiellement pour des raisons diplomatiques, cinquante envoyés en Pologne en juillet 1939, quarante envoyés en août-septembre 1939 en Roumanie et cent en Turquie en février et en mars 1940. Un deuxième lot aurait du être envoyé à la Pologne mais il va équiper le voir le 68ème BCC. La Yougoslavie va également recevoir cinquante-quatre exemplaires.

La production cesse à la fin du mois d’avril quand le R-40 prend le relais. Au total 1460 chars sont sortis des chaines de montage.

Après la démobilisation, quatorze bataillons de chars de combat restent stationnés en métropole avec ce Renault R-35 soit un total de 630 chars en service.

A ces chars s’ajoute ceux déployés dans l’Empire au sein des 62ème et 66ème BCC stationnés au Maroc et au sein du 64ème BCC stationné en Algérie soit un total de 135 chars auxquels s’ajoutent les deux BCC du Levant, portant le total à 225 chars.

Cela nous donne un total de 855 chars plus les 190 chars exportés et 120 utilisés pour l’expérimentation, les tests, l’instruction soit un total en ligne en France de 975, le reliquat soit 295 étant stockés.

Ces stocks vont servir à rééquiper la section de chars de Madagascar (huit blindés en ligne plus six en réserve soit un total de quatorze véhicules) ainsi que les deux compagnies de chars d’Indochine soit un total de trente chars en ligne plus quinze en réserve soit un total de quarante-cinq blindés sortis des stocks.

Cela nous laisse donc un total dans les stocks de 236 Renault R-35. Ce nombre va en réalité augmenter car un certain nombre de bataillons vont remplacer ces blindés par des chars plus modernes, ne laissant que trois BCC équipés de Renault R-35 soit un total en ligne de 135 chars, laissant un stock confortable de 631 exemplaires.

Du moins officiellement car en toute discrétion, un bataillon à été livré à l’armée portugaise (45 chars + 21 en réserve) et un autre à l’armée espagnole (45 chars +21 en réserve) soit un total corrigé de 599 chars disponibles plus les 120 cités soit 719 chars.

Ces chars vont participer au second conflit mondial durant la phase initiale de la mobilisation en attendant la disponibilité de chars plus modernes comme le FCM-42 et l’AMX-44 même si durant le conflit certains BCC remplaceront leurs chars légers par des canons d’assaut peut être plus modernes et surtout mieux adaptés ce qui avait également l’avantage de réserver la production des chars aux divisions blindées [NdA en 1952 les DLM et les Divisions Cuirassées ont été rebaptisées et uniformisées]).

La Yougoslavie va donc recevoir au printemps 1940 cinquante-quatre Renault R-35 connus là bas sous la désignation de BORNA KOLA RENO M.40 (char de combat modèle 1940).

Ils vont remplacer au sein de l’unique bataillon de chars yougoslave de l’époque les Renault FT soit trois compagnie de quinze chars soit 45 blindés en ligne et neuf chars en réserve.

Quand est créée la brigade mécanisée ce bataillon aurait du logiquement intégrer la seule véritable unité motomécanique de l’armée yougoslave mais pour une raison que l’on ignore ce bataillon est resté indépendant et n’à pas rejoint les deux bataillons équipés de Hotchkiss H-39.

Ce bataillon va naturellement participer à la Campagne de Yougoslavie opérant essentiellement contre les allemands avec des résultats plutôt encourageants.

Ce qui fit l’efficacité de ce bataillon c’est que son chef de corps, le commandant Simonovic obtint de le conserver comme entité constituée au lieu de le disperser par petits paquets au profit d’une compagnie ou d’un bataillon.

Ce bataillon va opérer en Slovenie, freinant pendant deux jours l’avancée allemande. Le bataillon évitait l’engagement des chars allemands bien plus nombreux pour s’attaquer à l’infanterie.

Quelques chars sont perdus et quand le bataillon se repli il ne possède plus que 39 chars sur les 45 du début, les six perdus l’ayant été sous les coups de l’ennemi (deux), par panne sèche (un) et par panne mécanique (trois). Les quatre derniers blindés récupérés par les allemands seront remis en état et transférés à l’armée de l’Etat indépendant de Croatie.

Les combats en Croatie sont nettement plus meurtriers et quand le bataillon se replit sur la montagneuse et touffue Bosnie il ne possède plus que 24 chars. L’unité est soudée, expérimentée mais l’usure des véhicules et des hommes va la rendre moins efficiente.

A la fin de la campagne de Yougoslavie le bataillon n’est plus que l’ombre de lui même avec seulement 5 chars encore en état de combattre. Leurs équipages ont au moins la satisfaction de franchir la frontière greco-yougoslave en unité constituée.

Ces cinq chars sont cependant à bout de force et leurs équipages doivent se résoudre à les abandonner. Oui mais pas intacts. Avec l’aide d’unités du génie grec ils vont les rendre totalement inutilisables. Évacués les preux du commandant Simonovic peuvent espérer reprendre le combat dans des meilleurs conditions. Ils vont intégrer la 1ère division blindée et en fournir parmi les meilleurs éléments.

Sur les cinquante-quatre Renault R-35 livrés par la France à la Yougoslavie, trente-deux ont été irrémédiablement détruits ne laissant que vingt-deux en état ou du moins réutilisables après réparations.

Les allemands qui ont capturé la quasi-totalité du parc (seuls quatre ont échappé leur convoitise car pris par les italiens) vont remettre en état douze chars ce qui ajouté aux seize permettra à l’armée croate de disposer d’une composante blindée utilisée contre les partisans. Résultat à la fin du conflit tous les BORNA KOLA RENO M.40 avaient été détruits.

Le BORNA KOLA RENO M.40 était un char léger d’appui d’infanterie biplace de conception et de fabrication française pesant 10.6 tonnes, mesurant 2.04m de long pour une largeur de 1.87m et une hauteur de 2.13m.

Motorisé par un moteur Renault 4 cylindres de 85ch (à 2200 tours/minute), il pouvait atteindre 20km/h sur route et 11km/h en tout terrain et franchir 138km sur route (mais seulement 80km en tout-terrain).

Il était protégé par un blindage dont l’épaisseur variait de 10 à 45mm. On trouvait du moins ou plus protégé le fond de la caisse (10mm), le toit de la tourelle (12mm), le toit de la caisse (14mm), l’avant, les côtés et l’arrière de la caisse plus le mantelet du canon ainsi que les côtés et l’arrière de la tourelle (40mm) et enfin le face avant de la tourelle (45mm).

L’armement se compose d’un canon de 37mm semi-automatique SA-18 puis SA-38 avec 58 projectiles et d’une mitrailleuse de 7.5mm MAC modèle 1931 avec 2400 cartouches, les deux armes solidaires pouvant pointer en site de -16° à +20° et en azimut sur 360°

BORNA KOLA RENO M.42 (Hotchkiss H-39)

Le Hotchkiss H-39

Le char léger Hotchkiss H-39 était une évolution du Hotchkiss H-35 (appelé officiellement char léger modèle 1935H), un char issu du même concours que le Renault R-35 et le FCM-36 à savoir le concours destiné à remplacer les vénérables Renault FT.

Par rapport à ces deux compères, il va aussi être choisit par la cavalerie alors qu’il ne s’agit pas d’une Automitrailleuse de Combat (AMC) mais d’un char de soutien d’infanterie. D’ailleurs anecdote savoureuse, l’infanterie va être servir après la cavalerie !

Ce choix à été imposé à la cavalerie qui ne pouvait disposer de suffisamment de Somua S-35. Le petit char de chez Hotchkiss n’était absolument pas adapté aux missions demandées aux DLM (Divisions Légères Mécaniques) mais il n’y avait pas d’autres véhicules disponibles.

400 exemplaires ont été construits mais le char souffre de nombreux problèmes (moteur trop peu puissant, performances médiocres en tout terrain notamment), exemplaires répartis entre l’infanterie (90), la cavalerie (292) et les dépôts et les écoles.

Dès juillet 1942 , la cavalerie est parvenue à se débarasser de ce «vilain petit canard» qui allait donner naissance à défaut d’un magnifique cygne d’un char nettement mieux adapté à la guerre telle qu’elle s’annonce en l’occurrence le char léger modèle 1935H modifié 1939 ou plus simplement le H-39.

La firme de Levallois en région parisienne à donc remis l’ouvrage sur le métier. Le nouveau char reprenait la ligne générale mais apportait de nombreuses modifications comme un moteur plus puissant, un canon long capable de lutter contre des chars ennemis et une queue passe-tranchée qui lui donnait une meilleure aisance en terrain difficile.

Il est adopté fin 1938 et comme son devancier va équiper l’infanterie (ce qui était attendu) et la cavalerie (ce qui l’était moins).

En ce qui concerne les infanterie il va équiper des BCC (Bataillon de Chars de Combat) dont certains vont intégrés les nouvelles Divisions Cuirassées.

La cavalerie va l’utiliser au sein de la 3ème DLM en attendant la livraison de suffisamment de Somua S-35 ou S-40 mais surtout au sein des GRDI (Groupement de Reconnaissance Divisionnaire) ainsi que le Groupement Motorisé de Corse.

Le char à été exporté d’abord à dose homéopathique, trois à la Pologne et deux à la Turquie puis de manière plus massive avec deux bataillons pour l’armée polonaise en France (90 chars), trois bataillons à la Grèce (135 chars), deux pour les Pays Bas (90 chars) deux à la Yougoslavie (90 chars) et 32 pour la Grande Bretagne qui les utilisa pour perfectionner ses chars Cruiser à défaut de les utiliser comme véhicules opérationnels.

Pour l’anecdote durant la guerre un véhicule sera utilisé pour une opération de propagande destiné à célébrer l’alliance franco-britannique, un H-39 peint entièrement en bleu/blanc/rouge, le drapeau français sur la caisse, l’Union Jack sur la tourelle. Ce char est aujourd’hui exposé au musée de Bovington.

Au final le Hotchkiss H-39 va être produit à 1640 exemplaires jusqu’en mai 1947 quand la chaine de montage fermée mais pour peu de temps car dès le mois de septembre 1947, elle va à nouveau fabriquer ce char à faible cadence (huit chars par mois) pour permettre un équipement rapide des GRDI/GRCA de mobilisation, la cadence passant à douze chars par mois dès le mois de juin 1948.

La Yougoslavie à donc reçu 90 chars en 1942 soit deux bataillons ce qui en théorie ne lui laissait aucun volant de fonctionnement. Seulement voilà Belgrade conscient que l’acquisition de nouveaux chars sera peut être difficile pour de multiples raisons est bien décidée à faire durer le parc le plus possible. Ces chars ont été baptisés BORNA KOLA RENO M.42.

C’est ainsi que les deux bataillons de la brigade mécanisée étaient organisé en un peloton de commandement et de soutien, trois pelotons de huit chars et un peloton de transmissions soit quarante-huit chars en ligne, laissant quarante-deux véhicules en réserve.

Ces véhicules vont être mobilisés au printemps pour former sept compagnies de marche de six véhicules. Il semble qu’il à été envisagé de créer un troisième bataillon de char et de l’intégrer à la brigade mécanisée mais cela ne s’est pas fait probablement faute de temps et de personne compétent.

Quand éclate l’opération MARITSA qui marque le début de la Campagne de Yougoslavie, la brigade mécanisée dépend de la Réserve Stratégique en compagnie des 4ème et 6ème divisions d’infanterie. Ces trois unités sont stationnées en Serbie de façon à pouvoir se porter soit sur le front nord/nord-ouest ou sur le front nord/nord-est.

Les sept compagnies de marche sont dispatchées sur la frontière pour renforcer les troupes déployées notamment face aux allemands.

Ces compagnies sont les premières à être engagées. Elles sont rapidement étrillées car souvent composées de jeunes pilotes et de jeunes chefs de char tout juste sortis des écoles au point qu’un officier serbe parlera d’un nouveau massacre des Innocents tant celui lui fendait le cœur de voir ces jeunes soldats pleins d’allant être envoyés dans une mission sans espoir.

La brigade mécanisée est engagée à partir du 17 juillet 1949 pour couvrir le repli des troupes yougoslaves défendant la Croatie.

Elle va mener de brutales attaques pour couvrir le repli de l’infanterie dans de bonnes conditions et les allemands surpris de voir une unité comparable à leurs Panzerdivisionen toutes proportions gardées furent d’accord décontenancés avant de se reprendre.

La brigade mécanisée est parvenue cependant à rester une unité constituée jusqu’à la fin de la campagne même si en passant en Grèce elle ne possédait plus que douze chars en ligne, tous en piteux état.

Ces chars furent repliés sur la péninsule du Péloponnèse où ils vont assurer la défense des aérodromes contre des coups de main allemands aux côtés de H-39 grecs ayant survécu à la Campagne de Grèce. Ils ont été ferraillés à la fin de la guerre, trop usés pour d’être un usage quelconque.

Sur les quarante-deux chars des compagnies indépendantes seulement douze ont survécu, reprennant du service dans l’armée croate pour huit d’entre-eux. Quatre furent détruits et quatre capturés par les partisans communistes qui les réarmèrent avec un canon de 57mm fourni par les britanniques, ces chars formant un peloton engagé dans l’opération WELCOME/BIENVENUE.

Sur ces quatre chars, deux furent détruits, un perdu lors d’un franchissement du Danube en mars 1956 et le dernier préservé dans le musée de la guerre de Belgrade.

Le char léger modèle 1935 H M. 39 était un char léger d’appui d’infanterie biplace pesant 12 tonnes, mesurant 4.22m de long pour 1.85m de large et 2.133m de haut. Propulsé par un moteur Hotchkiss 6 cylindres de 120ch il pouvait atteindre la vitesse maximale de 36.5km/h sur route et franchir environ 150km. Protégé par 40mm de blindage au maximum, il disposait d’un canon de 37mm semi-automatique modèle 1938 avec 95 projectiles et une mitrailleuse MAC-31 de 7.5mm alimentée à 2200 cartouches.

M-24 Light Tank Chaffee

Les chars de l’époque étaient vite périmés. Cela concernait bien entendu les chars légers qui plus encore que les chars moyens et les chars lourds souffraient d’un faible blindage et d’un armement qui posait de menus problèmes : fallait-il un simple armement d’autodéfense ou un armement plus puissant au risque de chercher le combat alors qu’il faudrait esquiver, éclairer et renseigner.

Les américains avaient mis au point un char léger le M-2 mais vite obsolète il fût remplacé par le M-3 Stuart qui n’était pas parfait.

Tout en dévellopant le M-5 (un M-3 à canon de 57mm) les américains s’interrogèrent sur le char léger idéal, un char qui représenterait un bon compromis entre vitesse, armement et protection.

Avec le M-5 comme bon char léger interimaire, les américains ont pu prendre leur temps et étudier de multiples configurations en terme d’armement, de suspension et de blindage.

Deux prototypes sont commandés officiellement en septembre 1946 et livrés début 1947 pour une batterie complète de tests aboutissant à son adoption en janvier 1948 sous le nom de M-24 Light Tank. Pour rendre hommage à un partisan des divisions blindées, il est baptisé Chaffee.

Il va progressivement remplacer le duo M-3/M-5 au sein des divisions blindées, des divisions d’infanterie mais aussi au sein des divisions aéroportées où faute d’avion disponible, les chars étaient convoyés en planeurs.

750 M-24 sont produits suivis par 2500 M-24A1, 1250 M-24A2 et 750 M-24A3 portant la production totale à 5250 exemplaires.

Ce véhicule à été employé au combat sur tous les théâtres d’opération qu’il s’agisse du Pacifique, de l’Asie du Sud-Est, de la Chine, de la Méditerranée, de l’Europe occidentale et de l’Europe du Nord.

Outre la reconnaissance, le Chaffee à été utilisé pour l’appui de l’infanterie, la protection de convois dans des zones peu sures. Comme souvent, un véhicule à été utilisé au delà du périmètre initial ayant présidé à sa conception sans compter la mise au point de nombreuses variantes.

Durant le second conflit mondial, outre les Etats-Unis, le char fût utilisé par la Grande-Bretagne, l’URSS, la Chine, la France, la Belgique, les Pays-Bas et la Yougoslavie.

La Yougoslavie va choisir ce char léger pour équiper le bataillon de reconnaissance de la division blindée et celui des quatre divisions d’infanterie. Ces bataillons étaient organisés en une compagnie de commandement et de soutien, une compagnie de chars légers et deux compagnies d’autos blindées.

La compagnie de char dispose de trois pelotons de cinq M-24 plus un pour le commandant de compagnie et un deuxième pour son adjoint soit dix-sept chars par bataillon.

Avec cinq divisions concernées, la Yougoslavie à pu aligner 85 Chaffee plus un certain nombre de véhicules destinés à l’entrainement. Ces véhicules vont opérer comme le font les unités de reconnaissance en phase offensive à savoir éclairer, renseigner et flanquer. Ils vont parfois assurer le soutien de l’infanterie quand la situation s’y prêtait voir l’escorte de convois dans des zones encore insécures.

Ce char léger est resté en service dans l’armée yougoslave jusqu’en 1970 étant remplacé par un char amphibie de conception et de fabrication soviétique, le PT-76.

Le M-24 Light Tank Chaffee était un char léger de reconnaissance de conception et de fabrication américaine pesant 18.37 tonnes.

Mesurant 5.56m de long pour 3m de large et une hauteur de 2.77m, il était propulsé par deux moteurs Cadillac de 220ch lui permettant d’atteindre la vitesse maximale de 65km/h et de franchir 160km sur route. Son blindage varie entre 15 et 38mm et son armement était composé d’un canon de 75mm M6 avec quarante-huit coups, une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2HB avec 440 coups, deux mitrailleuses Browning de 7.62mm avec 3750 coups. Son équipage était composé de cinq hommes (commandant, tireur, pourvoyeur, conducteur, aide-conducteur).

M-4 Sherman

Si aujourd’hui les américains sont capables de produire un char moderne et puissant cela n’à pas toujours été le cas.

Non seulement les premiers chars utilisés par les américains furent britanniques et français mais en plus le dévellopement fût entièrement stoppé ou peu s’en faut durant la période 1919-1939 («Rethondes-Coblence»).

Voilà pourquoi l’entrée en guerre des américains en septembre 1939 était non pas impossible mais hautement improbable.

Il va falloir du temps pour qu’un char fiable et performant tout est relatif soit mis sur pied sous la forme du M-4 Medium Tank Sherman, un brave et honnête char qui ne paye pas de mine et qui si il fait partie du camp des vainqueurs n’à jamais eu l’aura d’un Renault G-1, d’un Cromwell, d’un Panther ou même d’un T-34.

Avant le M-4, il y eu le M-3, un char vite déclassé par les progrès techniques et qui souffrait non seulement d’un blindage boulonné potentiellement très dangereux et surtout d’un armement dual avec un canon de 75mm en sabord et un canon de 37mm en tourelle, une configuration en vogue dans les années vingt et trente mais qui était désormais totalement obsolète.

Comme l’ont compris les français et les britanniques, le canon principal devait être en tourelle pour une polyvalence maximale. Les américains s’orientèrent donc vers ce choix. Le projet est lancé au printemps 1943 mais le développement est lent car il n’y à aucune urgence.

Le char mis au point dispose d’un moteur essence, d’un blindage plus important et d’un canon de 75mm en tourelle, canon inspiré de celui utilisé par le M-3. Il est officiellement adopté en février 1945 sous le nom de M-4 Medium Tank avec comme surnom Sherman du nom d’un général nordiste de la guerre de Sécession.

1050 M-4A1 sont produits suivis de 3500 M-4A2, 9000 M-4A3 à canon de 76mm, 7500 M-4A4, 550 M-4A5, 250 M-4A6 et 150 M-4A7. Aux 22000 exemplaires produits aux Etats-Unis s’ajoutent 1200 exemplaires produits au Canada, 750 en Australie et 600 en Inde sans oublier les variantes spécialisées. On arrive au chiffre impressionant de 27500 exemplaires.

Sur les 22000 Sherman produits aux Etats-Unis, 18500 ont été utilisés par l’US Army, 1500 par l’USMC et 2000 cédés à des pays étrangers au titre du prêt-bail.

Outre les Etats-Unis, le M4 Sherman à donc été utilisé par le Canada, l’Australie, la Grande-Bretagne (à titre de test), la Pologne, la Tchécoslovaquie (unités en exil), la Belgique, les Pays-Bas, Argentine, Brésil, Autriche (après guerre), Chili, Cuba, Danemark, Egypte, Ethiopie, Grèce, Inde,Iran,Italie (après guerre), Japon (après guerre), Mexique, Nouvelle-Zélande, Norvège, Pakistan,Oman, Paraguay, Uruguay, Pérou, Ceylan, Vietnam, Yougoslavie, Portugal, Afrique du Sud et Turquie.

Ces pays ont utilisé soit des chars neufs ou des chars ex-américains, la réduction de la force blindée une fois le conflit terminé permettant à de nombreux pays de récupérer des chars à vil prix. Côté américain, le Sherman à été retiré du service en 1962.

La Yougoslavie va acquérir le Sherman pour équiper sa division blindée. Ce choix est loin de faire l’unanimité au sein de la 1ère division blindée yougoslave, certains officiers serbes francophiles militants pour le Renault G-1R alors que d’autres rêvaient du Cromwell britannique.

Le gouvernement en exil ne voulant pas trop dépendre des franco-britanniques, le choix du Sherman était dans la logique des choses. Petite consolation pour les francophiles et les anglophiles, le modèle choisit est le M-4A3 à canon de 76mm plus efficace que le canon de 75mm d’origine.

Le Sherman va équiper les deux régiments de chars de la division, chaque régiment disposant d’un état-major régimentaire, d’un escadron d’éclairage et d’appui et de trois escadrons de char, chaque escadron disposant de quatre pelotons de cinq chars Sherman ce à quoi il faut ajouter un char pour le chef d’escadron soit vingt et un blindés par escadron.

Aux 63 chars des unités de combat va s’ajouter deux chars pour le commandant du régiment et son adjoint soit 65 chars par régiment et 130 pour l’ensemble de la division ce qui fait dire à certaine que la 1ère DB yougoslave est plus une brigade qu’une division. Des projets de renforcer le nombre de chars ont été étudiés mais aucun n’à été mené à bien probablement faute de ressources humaines.

Au total la Yougoslavie à reçu 24 M-4A1 pour l’entrainement et 164 M-4A3 pour équiper les unités opérationnelles soit un total de 188 chars de ce type, chars qui vont être remplacés en 1962 par des T-34/85.

Le M-4 Medium Tank Sherman était un char moyen de conception et de fabrication américaine pesant 30.3 tonnes en ordre de combat, mesurant 5.84m de long pour 2.62m de large et pour une hauteur de 2.74m.

Propulsé par un moteur Continental R975 de 400ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 40 à 48km/h et franchir 193km.

Son blindage variait selon les endroits entre 38 et 75mm et son armement était cimposé d’un canon de 76mm M-1 avec 55 puis 71 coups, une mitrailleuse Browning M-2 de 12.7mm avec 300 coups et deux Browning M-1919A4 avec 4750 coups. L’équipage était composé de cinq hommes (chef de char, tireur, chargeur, conducteur et aide-conducteur).

Italie (64) Regio Esercito (14)

Le Regio Esercito Italiano dans le second conflit mondial (3) Les différentes opérations

Avant-propos

Quand le second conflit mondial éclate, l’Italie est de loin le belligérant le moins bien préparé à un conflit qui s’annonce long et compliqué. Les raisons sont nombreuses, des raisons structurelles comme des choix douteux du régime fasciste qui semble avoir fini par croire sa propre propagande, une sorte d’auto-intoxication.

Lire la suite

22-Armée de terre : armement et matériel (96) ordre de bataille (30)

Théâtre d’Opérations d’Afrique du Nord (TOAFN)

Préambule : la situation géopolitique

Durant la décennie 1940, la situation géopolitique de l’Afrique du Nord est la suivante :

-Le Maroc est un protectorat français et espagnol

-L’Algérie est une colonie française, la seule véritable colonie de peuplement de notre Empire

-La Tunisie est un protectorat français

-La Libye est une colonie italienne sous le nom d’Africa Septentrionale Italiana (ASI)

-L’Egypte est un protectorat britannique.

Alors que les premiers mouvements autonomistes et indépendantistes émergent dans ces pays au sein des élites indigènes (dont la promotion est favorisée par Paris et Londres en vue d’une lointaine et hypothétique décolonisation), l’Afrique du Nord est le théâtre de rivalités entre puissances coloniales, rivalités pouvant alimenter un futur conflit voir même le déclencher.

-Au Maroc, la partie sous protectorat espagnol à joué un rôle clé dans la victoire des troupes nationalistes. Sans les troupes marocaines, les nationalistes auraient eu bien du mal à triompher des forces républicaines.

La guerre terminée, certains nationalistes rêvent d’un Maroc tout entier sous protectorat espagnol ce qui pousse la France à moderniser les forces défendant la partie sous protectorat français.

-En Algérie, les menaces extérieures sont inexistantes. Il y à bien des actions de groupes irréguliers et de bandes d’insoumis. En dépit de ces faibles menaces extérieures, les troupes déployées dans notre seule colonie de peuplement sont modernisées à la fois pour faire face à des menaces intérieures mais également pour pouvoir mener des opérations extérieures.

-La Tunisie est le protectorat français le plus menacé car partageant une frontière avec la colonie italienne d’Afrique Septentrionnale Italienne sans oublier la proximité de la Sicile et des petites îles de Pantelleria et de Lampedusa.

Elle est donc la «colonie» où les renforcements sont les plus importants avec une sérieuses modernisation des unités déployées et la mise sur pied de la 1ère Division Légère de Cavalerie (1ère DLC).

Le 14 mars 1944 est mis sur pied le Théâtre d’Opération d’Afrique du Nord (TOAFN) qui à sous son commandement toutes les forces françaises stationnées au Maroc, en Algérie et en Tunisie.

Son commandant est un général d’armée et à son autorité trois commandements, le COMMAR (Commandement Militaire Maroc), le COMMAL (Commandement Militaire Algérie) et le COMFAT ou Commandement des Forces Armées de Tunisie, des commandements chargés de la préparation en temps de paix et du commandement en temps de guerre.

Commandement Militaire Maroc (COMMAR) (Casablanca)

-Infanterie

-Situation en septembre 1939

On trouve trois divisions d’infanterie stationnées dans le royaume chérifien :

-1ère Division Marocaine : 1er, 2ème et 7ème régiments de tirailleurs marocains

-2ème division marocaine : 2ème et 4ème régiments étrangers d’infanterie 3ème régiment de tirailleurs sénégalais.

-3ème division marocaine : 3ème régiment étranger d’infanterie, 21ème régiment de zouaves et 6ème régiment de tirailleurs sénégalais.

On trouve également des régiments indépendants, le 1er régiment de zouaves, le 4ème régiment de tirailleurs marocains et le bataillon autonome d’infanterie coloniale.

-Evolution

Suite à la démobilisation, le dispositif au Maroc est allégé et réorganisé avec l’évolution suivante :

-La 1ère Division Marocaine aligne deux régiments de tirailleurs marocains avec le 1er et le 7ème RTM, le 2ème RTM étant dissous

-La 2ème Division Marocaine aligne le 2ème régiment étranger d’infanterie et le 4ème régiment étranger d’infanterie, le 3ème régiment de tirailleurs sénégalais étant dissous.

-La 3ème Division Marocaine est elle dissoute mais si le 21ème régiment de zouaves et le 6ème régiment de tirailleurs sénégalais sont dissous, le 3ème REI est préservé, étant déployé dans le Sud marocain.

-Le 4ème régiment de tirailleurs marocains est dissous

Ultérieurement, le dispositif au Maroc est renforcé par une 4ème DLI (Division Légère d’Infanterie) qui dispose de trois régiments avec le 3ème Régiment d’Infanterie Légère d’Afrique, le 1er et le 6ème Régiment Etranger d’Infanterie.

Quand éclate le second conflit mondial, en septembre 1948, le COMMAR dispose des moyens d’infanterie suivants :

-La 1ère Division Marocaine (1ère DM) est envoyée en métropole

-La 2ème Division Marocaine (2ème DM) avec les 2ème et 4ème Régiments Etrangers d’Infanterie

-La 3ème Division Marocaine (3ème DM) est réactivée avec le 2ème régiment de tirailleurs
marocains et le 21ème régiment de zouaves et envoyée en Corse

-4ème Division Légère d’Infanterie : 21ème RILA, 1er et 6ème régiments étrangers d’infanterie
-1er régiment de zouaves

-Bataillon autonome d’infanterie coloniale

-Chars et Cavalerie

-1er régiment de chasseurs d’Afrique qui reste partiellement motorisé, sa motorisation complète prévue ne fût pas réalisée en raison du déclenchement du second conflit mondial

-2ème régiment de spahis marocain

-3ème régiment de spahis marocains

-8ème régiment de spahis algériens

Ces trois régiments reste en configuration montée sans que leur motorisation n’ait semble-t-il été envisagée

-2ème Régiment Etranger Cavalerie : régiment monté puis régiment motorisé à partir du printemps 1947 pour appuyer le 3ème REI dans le Sud marocain. C’est un régiment comparable aux régiments de découverte avec AMD.

-Une compagnie montée saharienne transformée en compagnie portée sur véhicules tout terrain avec quelques AM-39 Gendron-Somua.

-Deux Bataillons de Chars de Combat, les 62ème et 66ème B.C.C équipés de Renault FT remplacés rapidement par des Renault R-35.

-On trouve également deux Groupements de Reconnaissance de Division d’Infanterie (GRDI), le 80ème GRDI accompagnant la 1ère Division Marocaine et le 89ème GRDI accompagnant la 3ème Division Marocaine, ce dernier disposant d’AMD 178 Panhard, les chars légers prévus n’étant pas encore livrés en septembre 1948 quand la division rallie la Corse.

-Artillerie

-Le 63ème régiment d’artillerie d’Afrique de Fès à cinq groupes de 65 ou de 75mm intègre après la démobilisation la 1ère Division Marocaine. La 1ère DM devant en temps de guerre être déployée en Europe, elle est progressivement portée aux standards européens en terme d’équipement. Il est ensuite rebaptisé 64ème RAD.

-Le 64ème régiment d’artillerie d’Afrique de Casablanca à cinq groupes de 65 ou de 75mm reste indépendant.

-Régiment (ex-groupement) d’artillerie coloniale du Maroc (RACM) intégré ultérieurement à la 2ème Division Marocaine.

-2ème Régiment Léger d’Artillerie d’Afrique (2ème RLAA) intégré à la 4ème Division Légère d’Infanterie

-Génie et unités de soutien

-La 1ère DM dispose du 43ème bataillon du génie, la 2ème DM du 44ème BG et le 56ème BG pour la 4ème DLI

-31ème régiment du génie

22-Armée de terre : armement et matériel (24)

Renault D1

Renault D1

Renault D1

Genèse

Bien qu’étant pour l’époque un excellent char, le Renault FT n’est pas exempt de défauts notamment un manque de mobilité stratégique. D’où le lancement peu après la fin du conflit de différentes études destinées à remédier à ce problème.

C’est ainsi que vingt-neuf Renault FT sont transformés en Renault NC-1 par l’installation de propulseurs Kergresse, une partie d’entre-eux participant à la pacification du Rif.

Cette expérimentation est suivie par d’autres, aboutissant notamment au NC-2 qui n’est pas commandé par l’armée française mais connait un succès d’estime à l’étranger puisqu’un exemplaire est vendu à la Suède, un deuxième à la Pologne et surtout vingt-trois exemplaires au Japon.

Ces derniers exemplaires connus sous le nom de NC-3 vont aboutir au char Renault D1 qui peut donc être considéré comme un descendant du Renault FT même si contrairement à son illustre ancêtre, il est triplace et non biplace, un troisième homme étant embarqué pour servir aux transmissions.

Ce Renault D1 est l’aboutissement d’un programme lancé par la demande du STCC (Section Technique des Chars de Combat)  de janvier-février 1927 réclamant un char dérivé du type NC mais mieux protégé et mieux armé puisqu’il doit embarquer un canon de 47mm et une mitrailleuse et non un canon ou une mitrailleuse comme le FT ou les NC.

Baptisé dans un premier temps char NC modifié 1928, il est ensuite baptisé D1. Le prototype est intensivement testé en 1928-1929, son adoption officielle datant d’octobre 1929, la production des 160 exemplaires ayant lieu entre 1931 et 1934 pour une réception s’échelonnant d’octobre 1931 à mai 1935.

Cette production ne sera pas poursuivie, un projet d’achat par la Belgique n’aboutissant pas, le plat-pays se tournant vers des modèles plus légers.

Situation de ce char en septembre 1939

Quand éclate la guerre de Pologne, le char D1 n’équipe aucune unité en métropole, seulement huit chars s’y trouvent dans les dépôts en l’occurence quatre à l’Ecole des Chars de Combat (ECC) de Versailles et trois  au Centre Pratique de Tir et d’Instruction des Chars de Combat (CPTICC).

Les seules unités équipées le sont en Tunisie en l’occurence trois bataillons de chars de combat, les 61ème, 65ème et 67ème BCC soit un total de 135 chars (45 par bataillon) plus dix-sept en école et dans les dépôts.

Ces trois bataillons ont été mis sur pied non pas la mobilisation mais en temps de paix pour permettre aux forces stationnées en Tunisie de répondre aux gesticulations italiennes, le régime mussolinien considérant la Tunisie comme une terre irrédente.

Le 61ème BCC à ainsi été créé à partir du 508ème RCC de Lunéville et envoyé en Tunisie en mars 1938, le 65ème BCC à été créé à partir du 510ème RCC de Nancy et envoyé en Tunisie en avril 1938 alors que le 67ème BCC à été créé à partir du 507ème RCC de Metz et envoyé en Tunisie en janvier 1939.

Ces chars sont remplacés entre mars et octobre 1945 par l’AMX-42, un char léger biplace à canon de 47mm SA modèle 1937. Les chars D1 retirés du service sont pour la plupart feraillés mais une poignée d’exemplaires (une vingtaine) ont été préservés pour l’instruction.

Caractéristiques Techniques du Renault D1

Poids total : 14 tonnes

Dimensions : longueur 4.706m (5.30m avec la queue passe tranchée) largeur 2.18m hauteur 2.50m (caisse 1.50m)

Motorisation : un moteur Renault 4 cylindres développant 74 ch à 2000 tours minutes. Boite à six vitesse + une marche arrière. Réservoir de 165 litres d’essence

Vitesse maximale 18.56 km/h Pente 60% Autonomie : 120km

Blindage : 30mm maximum

Armement : un canon de 47mm semi-automatique modèle 1934 en tourelle alimentée à 112 obus accompagné par une mitrailleuse MAC modèle 31 de 7.5mm. Une mitrailleuse identique est installée en caisse, ces deux armes disposant au total de 4500 cartouches.

Equipage : 3 hommes avec un chef de char en tourelle, un mécanicien pilote et un radio-télégraphiste en caisse

Renault R-35

char léger modèle 1935R dit Renault R-35

char léger modèle 1935R dit Renault R-35

Genèse

Avec plus de 3000 chars légers FT maintenus en service à l’issue du premier conflit mondial, il est évident que le dévellopement d’un char léger plus moderne est tout sauf une priorité surtout qu’un éventuel dévellopement se heurte à de nombreux écueils : budgets limités, pacifisme de l’opinion et opposition totale au char léger d’un sommité comme le général Estienne.

Au début des années trente, il devient évident que les FT sont totalement incapables de mener un conflit moderne, leur remplacement devient de plus en plus nécessaire. Un programme pour un char léger de 6 tonnes à deux hommes, 40mm de blindage et armement mixte (canon et mitrailleuses) est officiellement lancé le 2 août 1933. A ce programme répondent Renault, Batignolles-Châtillon, Hotchkiss, FCM (Forges et Chantiers de la Méditerranée), APX et Delaunay-Belville.

Entre-temps, l’inspecteur général de l’infanterie, le général Duffieux à tiré la sonnette d’alarme «[Les FT] ne peuvent plus _il faut le proclamer franchement_ être utilisés , en attendant mieux que comme chars d’accompagnement de l’infanterie, derrière des chars plus rapides, plus blindés, mieux armés, capables de reconnaître et d’attaquer. Ils ne peuvent être que très inférieurs en face d’un ennemi qui par la force des choses (NdA : il s’agit de l’Allemagne) n’aura que des chars modernes. Leur remplacement rapide s’impose à bref delai».

Le concours lancé le 2 août 1933 est modifié le 22 mai 1934 aboutissant à la construction de prototypes par tous les constructeurs sauf Delaunay-Belville.

La firme de Billancourt propose un char biplace de 11 tonnes armé d’un canon de 37mm SA modèle 1918 (le même que le FT) et une mitrailleuse. Le prototype va être testé à partir d’août 1934 et adopté le 25 juin 1936 sous le nom de char léger modèle 1935R tout comme ses concurrents FCM et Hotchkiss.

Situation en septembre 1939 et évolution ultérieure

Quand éclate la guerre de Pologne, pas moins de dix-sept bataillons de chars de combat sont équipés de Renault R-35 soit un total de 765 chars, le total étant porté à 900 chars au printemps 1940, à l’apogée de la puissance des forces armées françaises avant que la démobilisation ne soit enclenchée pour soulager une économie en souffrance.

-Le 1er BCC conserve ses Renault R-35 jusqu’en septembre 1946 quand ils sont remplacés par des Renault R-40 plus efficaces

-Le 2ème BCC conserve ses Renault R-35 jusqu’en mars 1947 quand ils sont remplacés par des Renault R-40.

-Les 3ème et 5ème BCC  eux conservent ses Renault R-35 jusqu’en août 1948, des chars qui sont néanmoins modernisés avec le canon de 47mm SA modèle 1935 en remplacement du canon de 37mm SA modèle 1918, leur donnant un punch supplémentaire et salvateur.

-Le 6ème BCC était à l’origine un bataillon de réserve qui est pérennisé après la démobilisation et qui conserve ses Renault R-35 jusqu’en mars 1947 quand ils sont remplacés par des Renault R-40.

-Les 9ème et 10ème BCC conservent leurs Renault R-35 respectivement jusqu’à l’automne 1945 et au printemps 1946 quand ils sont remplacés par des FCM-42.

-Le 11ème BCC est un bataillon de réserve mis sur pied comme nous l’avons vu avec des vénérables Renault FT qui sont remplacés fin 1939 par des Renault R-35 toujours en service en août 1948 avec un canon de 47mm SA modèle 1935.

-Le 12ème BCC conserve ses Renault R-35 jusqu’en mars 1942 quand ses engins à bout de souffle sont remplacés par des Renault R-40 qui équipent encore le bataillon en août 1948.

-Le 16ème BCC est équipé de Renault R-35 jusqu’à la fin 1941 quand ils sont remplacés par des Renault R-40.

-Le 17ème BCC est équipé de Renault R-35 jusqu’en mars 1942 quand il les remplace par des Renault R-40 qui équipent toujours le bataillon en août 1948 avec un canon de 47mm SA modèle 1935.

-Le 20ème BCC équipé de Renault R-35 les remplace à partir de juin 1943 par des Renault R-40  toujours en service en août 1948 mais avec un canon de 47mm SA modèle 1935.

-Le 21ème BCC est équipé de Renault R-35 mais ce bataillon de réserve est dissous en août 1940 et son matériel stocké.

-Le 22ème BCC est équipé de Renault R-35 et ce jusqu’en septembre 1942 quand ils sont remplacés par des Hotchkiss H-39 jugés plus efficaces qui équipent toujours le bataillon en août 1948.

-Le 23ème BCC est équipé de Renault R-35 mais ce bataillon de réserve est dissous et son personnel démobilisé en août 1940, son matériel étant stocké.

-Le 24ème BCC est équipé de Renault R-35 jusqu’en mars 1944 quand ce bataillon reçoit des FCM-42 dont il dispose toujours en septembre 1948.

-Le 32ème BCC équipé à la mobilisation de Renault FT, reçoit ensuite des R-35 mais cela ne l’empêche pas d’être dissous et son personnel démobilisé en juin 1940.

-Les 34ème, 35ème, 39ème et 43ème BCC équipés de Renault R-35 sont dissous et leur personnel démobilisé en juin 1940

Un 44ème BCC est créé au printemps 1940 avec des Renault R-35 mais ces chars sont rapidement remplacés par des Hotchkiss H-39, ce bataillon intégrant à sa création la 4ème Division Cuirassée.

On trouve également des R-35 dans les dépôts avec un maximum de 98 chars à la fin du mois de septembre (dont 39 à l’ECC et 10 au CPTICC), six chars d’instruction dans les bataillons de mobilisation (40ème, 44ème et 48ème BCC, seul le 44ème étant transformé sur R-35, les deux autres l’étant sur R-40), soixante chars sont disponibles à l’ERGM (Entrepôt de réserve générale du matériel) installé à Gien dans le Loiret et six en réparation.

Le Renault R-35 équipe également des unités dans l’Empire avec deux compagnies du 62ème BCC stationné au Maroc et deux bataillons stationnés au Levant, les 63ème et 68ème BCC, un rééquipement d’opportunité avec pour le 68ème, des chars initialement destinés à la Pologne.

Un certain nombre de chars ont également été exportés essentiellement pour des raisons diplomatiques, cinquante envoyés en Pologne en juillet 1939, quarante envoyés en août-septembre 1939 en Roumanie et cent en Turquie en février et en mars 1940. Un deuxième lot aurait du être envoyé à la Pologne mais il va équiper comme nous venons le voir le 68ème BCC.

La production cesse à la fin du mois d’avril quand le R-40 prend le relais. Au total 1460 chars sont sortis des chaines de montage.

Après la démobilisation, quatorze bataillons de chars de combat restent stationnés en métropole avec ce Renault R-35 soit un total de 630 chars en service.

A ces chars s’ajoute ceux déployés dans l’Empire au sein des 62ème et 66ème BCC stationnés au Maroc et au sein du 64ème BCC stationné en Algérie soit un total de 135 chars auxquels s’ajoutent les deux BCC du Levant, portant le total à 225 chars.

Cela nous donne un total de 855 chars plus les 190 chars exportés et 120 utilisés pour l’expérimentation, les tests, l’instruction soit un total en ligne en France de 975, le reliquat soit 295 étant stockés.
Ces stocks vont servir à rééquiper la section de chars de Madagascar (huit blindés en ligne plus six en réserve soit un total de quatorze véhicules) ainsi que les deux compagnies de chars d’Indochine soit un total de trente chars en ligne plus quinze en réserve soit un total de quarante-cinq blindés sortis des stocks.

Cela nous laisse donc un total dans les stocks de 236 Renault R-35. Ce nombre va en réalité augmenter car un certain nombre de bataillons vont remplacer ces blindés par des chars plus modernes, ne laissant que trois BCC équipés de Renault R-35 soit un total en ligne de 135 chars, laissant un stock confortable de 631 exemplaires.

Du moins officiellement car en toute discrétion, un bataillon à été livré à l’armée portugaise (45 chars + 21 en réserve) et un autre à l’armée espagnole (45 chars +21 en réserve) soit un total corrigé de 599 chars disponibles plus les 120 cités soit 719 chars.

Ces chars vont participer à la mise sur pied de BCC de mobilisation, treize (sur quinze, les deux autres recevant des FCM-36)  recevant ces chars soit un total de 585 chars qui ne vont équiper ces BCC que le temps que des chars plus modernes soient disponible en l’occurence le R-40 _dont la production avait été relancée pour équiper six bataillons_, le FCM-42 pour quatre et l’AMX-44 pour cinq autres.

Cela n’empêcha pas le R-35 d’être en ligne en métropole avec trois BCC, le 11ème BCC intégré au groupement de bataillons de chars 501 et placé sous l’autorité de la 1ère Armée, le 3ème BCC intégré au groupement de bataillons de chars 503 et placé sous l’autorité de la 3ème Armée et le 5ème BCC intégré au groupement de bataillons de chars 509 et placé sous l’autorité de la 9ème Armée.

En ajoutant les BCC d’outre-mer (225 + 69 = 294) et les chars placés dans les dépôts pour l’écolage et les essais (75), on trouve un total de 504 Renault R-35 en service et 1089 disponibles.

Caractéristiques Techniques du char léger modèle 1935R

Poids total : 11 tonnes

Dimensions : Longueur totale 4.02m Largeur totale 1.85m Hauteur totale 2.13m (1.37m sans tourelle)

Motorisation : un moteur Renault 447 4 cylindres développant 85ch à 2200 tours/minute alimenté par 166 litres
Vitesse maximale : 20 km/h  Pente : 75%  Autonomie : 130km  

Blindage : 40mm maximum

Armement : (configuration initiale) un canon de 37mm SA modèle 1918 puis SA38 alimenté à 100 obus et une mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm approvisionnée à 2400 cartouches (configuration modernisée) un canon de 47mm SA35 alimenté à 90 obus et une mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm approvisionnée à 2400 cartouches

Equipage : un mécanicien pilote et un chef de char, le premier en caisse et le second en tourelle

22-Armée de terre : armement et matériel (23)

H-Chars léger

Préambule

Par sa présence sur les Champs Elysées lors du défilé de la victoire du 14 juillet 1919, le Renault FT symbolise le «char de la victoire» et conforte l’idée qu’un char léger peut tout aussi bien faire la différence qu’un char plus lourd, mieux armé et mieux protégé.

Il s’en ait fallu de peu pour que ce ne soit pas le cas car les premiers chars français étaient tout sauf léger, le Saint Chamond pesant 23 tonnes et le Schneider 13.5 tonnes contre seulement 6.5/6.7 tonnes pour le Renault FT.

Les déficiences techniques et un baptême du feu désastreux sur le Chemin des Dames en avril 1917 entraina le déclassement de ses chars au profit de la petite merveille conçue par Louis Renault et le général Estienne qui pourtant défendait un char plus lourd et ne cessa jusqu’à sa mort en 1936 de défendre le char moyen/lourd au point d’être vent debout contre le remplacement du Renault FT, combat qu’il finit par perdre.

Au milieu des années trente, le remplacement du Renault FT se pose et un nouveau programme est lancé, aboutissant au Renault R-35 et au Hotchkiss H-35 puis à leurs versions améliorées, les Renault R-40 et les Hotchkiss H-35 mod.39.

D’autres chars légers vont également être mis en service au sein de l’arme des chars de l’infanterie en l’occurence le char D1 _issu du Renault NC, version améliorée du FT_ mais encore le remarquable FCM-36 _blindage laminé soudé et moteur diesel_ .

Suite à la révolution Villeneuvienne, le char léger n’est pas pour autant condamné même si le «Général Tornade» était un disciple du général Estienne. Il le maintien en ligne mais pour un rôle limité au soutien rapproché de l’infanterie au sein des BCC ainsi que des missions de reconnaissance au sein des DC et des DLM.

De nouveaux modèles de chars légers voient le jour au cours de la «fausse guerre» (1940-1948) en l’occurence l’AMX-42 et 44 ainsi que les FCM-42 et 44, des chars légers puissamment armés avec un canon de 47mm.

Bien que la cavalerie n’ait jamais possédé de chars légers mais des automitrailleuses de reconnaissance (AMR), ces petits blindés armés de mitrailleuses vont bien sur figurer dans cette rubrique, la fusion des chars de l’infanterie et de la cavalerie au sein d’une Arme Blindée-Cavalerie voyant les unités de cavalérie s’équiper en terme de chars légers des même chars que les DC en l’occurence les produits FCM et AMX.

Renault FT

Renault FT en version canon avec un canon de 37mm SA modèle 1916

Renault FT en version canon avec un canon de 37mm SA modèle 1916

Préambule

C’est à l’été 1916 que nait l’idée chez Louis Renault d’un char léger. A la différence des futurs Saint Chamond et Schneider, l’idée n’est plus de franchir les tranchées mais d’y plonger et d’en ressortir, bref de coller au terrain, de suivre l’infanterie ce qui aura sur le plan technique et tactique de sérieuses répercussions.

Un an plus tard, la situation de l’armée française est grave. L’échec du Chemin des Dames à provoqué des mutineries qui réprimées démontre que le temps des offensives sanglantes pour gagner quelques centaines de mètres sont révolues. Le général Pétain le résume par cette formule postérieure «J’attends les américains et les chars».

Première véritable guerre industrielle de l’histoire, il faut produire vite de grandes quantités de chars et dans ce domaine, le char léger est nettement plus rapide à produire qu’un char moyen ou un char lourd.

Il est d’abord prévu 300 chars Schneider, 300 chars Saint Chamond, 200 chars FCM (type 1A) et 2400 chars mitrailleurs Renault. A l’automne, les Schneider et Saint Chamond sont passés par les oubliettes, le FCM 1A n’est encore qu’au stade du prototype (stade qu’il ne dépassera pas), laissant seul le char Renault.

Seulement si Renault est une entreprise aux moyens industriels importants, elle ne peut sortir des milliers de chars en quelques mois. Un véritable conglomérat industriel va être mis sur place, mobilisant toutes les ressources de l’industrie automobile et de la sidérurgie, voyant l’alliance contre nature mais imposée par l’état des grands rivaux que sont Renault et Berliet, Schneider et Saint Chamond.

L’ultime réunion de concertation à lieu le 19 octobre 1917 et permet de répartir la commande entre Renault (700 chars), Berliet (800 chars), Somua _filiale de Schneider_ (600 chars) et Delaunay-Belville (280 chars). Sachant que Renault à déjà reçu la commande de 1150 chars, le total des chars légers commandés est donc de 3530 exemplaires qui doivent être tous livrés en juillet 1918.

Bien entendu ce calendrier est hautement irréaliste et ne sera pas tenu d’autant que de nouvelles commandes porte le programme à 4000 chars avec 2000 chars à canon de 37mm, 1100 chars mitrailleurs, 300 chars TSF et 600 chars à canon de 75.

Au printemps 1918, la question du char FT se double d’une question interallié. En vue des offensives prévues en 1918 et 1919, on cherche à standardiser les flottes de chars en mettant au point un nombre réduit de modèles.

Si pour le char lourd c’est le MkVIII Liberty qui est sélectionné, pour le char léger, c’est la petite merveille de Billancourt (qui rappelons à fixé la structure orthodoxe du char de combat _pilote à l’avant, tourelle au milieu et moteur à l’arrière_) qui est choisit pour équiper l’armée britannique et l’armée américaine.

Début mai 1918, une commande supplémentaire de 635 chars est passée portant le total à 4635 chars Renault FT. Cette commande est suivie de commandes régulières pour éviter une rupture de la chaine de fabrication. On parle à l’époque de livrer entre 500 et 1500 chars légers à la Grande Bretagne.

Ces commandes régulières _une idée du ministre de l’Armement Louis Loucheur_ sont d’une remarquable clairvoyance car suite aux succès remportés par le char léger, le GQG (Grand Quartier-Général) demande le 16 septembre 1918 3000 chars supplémentaires (1050 chars canons et 1950 chars mitrailleurs) à livrer au plus tard le 1er juin 1919.

Parallèlement, on espère produire le char Renault aux Etats-Unis avec pas moins de 6000 exemplaires dont 1200 rien que pour la France mais aucun Renault américain ne sera livré à la France.

En ce qui concerne la production, 1036 chars ont été livrés au 30 juin 1918. La cadence s’accélère alors avec l’entrée en ligne des autres constructeurs. C’est ainsi qu’à la fin du mois de septembre 1918, 2731 chars ont été livrés.

Les cadences sont ensuite ralenties par des problèmes d’approvisionnement ainsi que la nécessite de réparer les chars retournés par les armées.

Quand survient l’Armistice du 11 novembre 1918, 7800 chars Renault FT ont été commandés répartis entre Renault (3940), Berliet (1995), Somua (1135) et Delaunay-Belville (700) mais «seulement» 3246 ont été réceptionnés, 627 devant l’être d’ici le 30 novembre alors qu’au total 5260 constructions ont été engagées.

Se pose la question de la poursuite ou non de la fabrication. Si le GQG estime qu’avec 3500 exemplaires ses besoins sont couverts, pour Louis Loucheur, il est improbable pour des raisons industrielles et sociales _en un mot politiques_  de stopper brusquement la fabrication.

Un temps, il espère poursuivre la fabrication jusqu’à 4900 exemplaires mais sur l’insistance de Clemenceau, le nombre sera ramené à 4516 exemplaires dont 3187 exemplaires sortis d’usine avant la fin du premier conflit mondial.

Sur ces 4516 chars (plus un char du souvenir produit en juillet 1920), un certain nombre ont été cédés aux alliés. Avant la fin du conflit, 247 chars (sur 3187 à l’époque) ont été cédés aux alliés en l’occurence, 231 aux Etats-Unis, 12 à la Grande Bretagne et 4 à l’Italie.

La paix revenue, des chars sont cédés à l’étranger. C’est ainsi que novembre 1918 au 1er juillet 1919 sont cédés 12 chars à la Grande Bretagne, 30 à la Finlande, 1 exemplaires à l’Espagne et pas moins de 120 à la Pologne soit un total de 410 chars cédés sur un total de 4517 chars produits, laissant à la France théoriquement 4107 chars.

D’autres chars ayant été ultérieurement cédés à certains pays étrangers, la France ne dispose plus en décembre 1921 «que» de 3588 chars légers destinés à armer 27 bataillons répartis au sein de neuf Régiments de Chars de Combat plus 5 à 600 chars de réserve.

Au 31 décembre 1934, on trouve encore 3499 Renault FT en service même si tous sont loin d’être opérationnels, 30% doivent être cannibalisés pour permettre à la flotte de fonctionner soit tout de même plus de 1000 chars hors service.

Situation en septembre 1939 et son évolution

Quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939, le petit Renault FT est loin d’avoir tiré toute sa révérence même si ses jours sont comptés.

A l’époque, il équipe encore les Bataillons de Chars de Combat (BCC) du temps de paix (Afrique du Nord, Levant), les BCC mis sur pied à la mobilisation à partir des RCC qui deviennent des centres mobilisateurs, des unités indépendantes dans l’Empire ou rattachées aux unités régionales sans oublier un rôle de char de dépannage.

Aux armées, pas moins de huit bataillons disposent chacun de 63 chars Renault FT :

-le le 11ème bataillon affecté au groupement de bataillons de chars 502 de la 4ème armée reçoit au printemps 1940 des Renault R-35 en remplacement du «char de la victoire»

-le 18ème bataillon affecté au groupement de bataillons de chars 516 de la 8ème armée reçoit ultérieurement des Renault R-40

-le 29ème bataillon affecté au groupement de bataillons de chars 513 de la 3ème armée reçoit ultérieurement des Renault R-40

-Le 30ème bataillon affecté au groupement de bataillons de chars 520 de la 3ème armée reçoit ultérieurement des Renault R-40

-Le 31ème bataillon affecté au groupement de bataillons de chars 501 de la 5ème armée reçoit ultérieurement des Renault R-35

-Le 33ème bataillon affecté au groupement de bataillons de chars 518 de la 9ème armée reçoit ultérieurement des Renault R-40

-Le 36ème bataillon affecté au groupement de bataillons de chars 506 de la 8ème armée reçoit ultérieurement des Renault R-40

-Le Bataillon de chars des troupes coloniales reste équipé de Renault FT et est dissous avant son réarmement en véhicules modernes.

On trouve également des chars en instruction, dans les dépôts et les écoles (350 chars), dans les bataillons de manoeuvre (des bataillons mobilisés avec des Renault FT et une poignée de chars modernes en attendant que la livraison suive la mobilisation) (315 chars).

Des chars Renault FT sont affectés aux régiments régionaux pour assurer la défense locale. Au total 192 chars sont répartis en quarante-huit sections de quatre FT 17/31 :

-Les 12ème et 514ème régiments régionaux disposent de quatre sections de chars FT soit seize blindés.

-Les 92ème, 131ème et 142ème régiments régionaux disposent de trois sections de chars FT soit douze blindés

-Les 28ème, 31ème, 41ème, 53ème, 68ème, 77ème,81ème, 157ème, 171ème, 181ème et 216ème régiments régionaux disposent de deux section de chars FT soit huit blindés

-Les 51ème, 91ème, 111ème, 132ème, 143ème, 158ème, 162ème, 203ème et 206ème régiments régionaux disposent d’une seule section.

Ces régiments régionaux étant dissous à la démobilisation, la majorité des Renault FT les équipant vont être feraillés mais certains seront encore en service en septembre 1948 assurant la protection des aérodromes contre les raids de parachutistes.

A la différence de la métropole, les B.C.C déployés dans l’Empire existent dès le paix et eux aussi disposent de Renault FT.

C’est ainsi que le 64ème BCC déployé en Algérie dispose de 45 chars, que le 66ème BCC et une compagnie du 62ème BCC disposent d’un total de 60 chars, que le 63ème BCC disposent de deux compagnies équipées de Renault FT et que 35 chars sont stockés en dépôts ou dans les écoles.

Suite à la démobilisation et avant même celle-ci, le Renault FT est progressivement retiré du service actif, étant dépassé même dans l’Empire. les 62ème et 66ème BCC stationnés au Maroc et le 64ème BCC stationné en Algérie troquent ainsi leurs Renault FT contre des Renault R35 tout comme les 63ème et 68ème BCC stationnés au Levant.

On trouve également des chars FT dans les possessions outre-mer, une section est déployée à Madagascar, une compagnie est déployée à Hanoï, une compagnie est déployée à Saïgon, un détachement motorisé équipé de Renault FT est déployé en Cochinchine, deux sections sont déployés à Tien-Tsin et une compagnie à Shanghai.

La section déployée à Madagascar remplace en 1947 ses Renault FT par des Renault R-35 tout comme les compagnies de chars légers déployées en Indochine, renforçant le Groupement Mécanisé Colonial (GMC) . Les Renault FT  déployés en Chine restent en service.

A noter également que des Renault FT ont été utilisés durant la guerre de Pologne comme chars de servitude selon une note de l’état-major générale datée du 15 novembre 1939 en l’occurence trois pour le dragage de mines, deux pour le transport de ponts Bourguignon et un pour les pionniers.

Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, seule une infime poignée de Renault FT sont encore en service mais aucun en métropole, y compris pour les taches de servitude ou de défense des aérodromes contre un raid de parachutistes.

Pour les taches définies plus haut, une version spécifique du char équipant le bataillon à été mis sur pied sauf pour les bataillons équipés d’ARL-44 où ce sont les B1bis détourellés qui sont chargés du dépannage. Pour la défense des aérodromes, l’armée de l’air à récupéré des AMR de l’ABC tandis que les régiments régionaux moins nombreux et moins puissants qu’en septembre 1939 ne disposent pas à la mobilisation de chars.

Ecorché d'un Renault FT armé d'une mitrailleuse de 8mm Hotchkiss modèle 1914

Ecorché d’un Renault FT armé d’une mitrailleuse de 8mm Hotchkiss modèle 1914

Caractéristiques Techniques du Renault FT

Poids total : (char-mitrailleur) 6.5 tonnes (char-canon de 37mm) 6.7 tonnes

Dimensions : longueur 4m (5.10m avec la queue passe tranchée) largeur 1.74m hauteur 2.14m

Motorisation : un moteur Renault 4 cylindres développant 35 ch à 1300 tours minutes. Boite à quatre vitesse + une marche arrière. Réservoir de 96 litres d’essence

Vitesse maximale 7.8 km/h, environ 2 km/h en terrain varié Pente 45° Autonomie : 8 heures
Blindage : tourelle blindée à 22 et 16mm, parois verticales 16mm parois obliques 8mm plancher 6mm

Armement : (char-mitrailleur) une mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914 de 8mm avec 4800 coups en 50 bandes articulées de 96 cartouches ou un canon de 37mm semi-automatique avec 237 obus. Certains Renault FT mitrailleurs ont été réarmés avec une mitrailleuse Darne de 7.5mm.

Equipage : 2 hommes (mécanicien pilote et chef de char tireur).

21-Armée de terre (38)

A l’issue de la démobilisation, sur les cinquante et un bataillons mis sur pied, les vingt-trois bataillons d’active sont maintenus, étant affectés pour certains aux DC, les autres étant affectés (mais non intégrés) aux sept divisions d’infanterie motorisées et aux dix divisions d’infanterie du Nord-Est soit un total de dix-sept BCC. Les groupements de B.C.C sont dissous.

En retirant neuf bataillons affectés aux DC, il reste quatorze BCC ce qui nécessite le maintien en ligne de quatre bataillons de réserve, les 6ème, 11ème et 13ème BCC, le 30ème BCC ralliant la Corse avec des Renault R-40 en remplacement de ses Renault FT.

Le bataillon de chars de forteresse (51ème BCF ex-BCC) remplace ses FCM F2 par des FCM F1.

Les bataillons de chars de combat déployés en Afrique du Nord (non compris dans le total de 51) restent déployés au Maroc (62ème et 66ème BCC) en Algérie (64ème BCC) et en Tunisie (61ème 65ème et 67ème) mais leur équipement évolu, les Renault FT sont remplacés par des R-35 ou des R-40, les chars D-1 sont remplacés par des AMX-42 plus légers mais plus moderne. Au Levant, les 63ème et 68ème BCC conservent leurs R-35.

Il est prévu à la mobilisation que les groupements de B.C.C soient reconstitués, huit groupements de quatre bataillons, un par armée à l’exception de la 5ème armée ou armée des Alpes qui ne disposait que comme unité de chars que de la 6ème D.L.M. .

Entre septembre 1940 et août 1948, l’équipement des Bataillons de Chars de Combat évolue de la façon suivante :

-1er BCC : Il conserve ses Renault R-35 jusqu’en septembre 1946 quand ils sont remplacés par des Renault R-40 plus efficaces. Il est rattaché en temps de paix à la 10ème Division d’Infanterie.

-2ème BCC : Il conserve ses Renault R-35 jusqu’en mars 1947 quand ils sont remplacés par des Renault R-40 plus efficaces. Il est rattaché à la 11ème DI/DIM.

-3ème BCC : Il conserve ses Renault R-35 jusqu’en août 1948, des chars modernisés avec le canon de 47mm SA35 en remplacement du canon de 37mm SA18. Il est rattaché à la 13ème DI.

FCM-36 descendant d'un camion

FCM-36 descendant d’un camion

-4ème BCC : Il conserve ses FCM 36 jusqu’en juin 1948 quand il est remplacé par le FCM-42, une version améliorée de ce char avec notamment un canon de 47mm SA35. Il est rattaché à la 14ème DI.

-5ème BCC : Il conserve ses Renault R-35 jusqu’en août 1948, des chars modernisés avec le canon de 47mm SA35 en remplacement du canon de 37mm SA18. Il est rattaché à la 19ème DI.

-6ème BCC : bataillon de réserve, il est pérennisé après la démobilisation et conserve ses Renault R-35 jusqu’en mars 1947 quand ils sont remplacés par des Renault R-40. Il est rattaché à la 21ème DI.

-7ème BCC : Il conserve ses FCM 36 jusqu’en juillet 1948 quand ils sont remplacés par le FCM-42, une version améliorée de ce char avec notamment un canon de 47mm SA35. Il est rattaché à la 23ème DI

-8ème BCC : Équipé de B1bis, affecté à la 2ème Division Cuirassée

-9ème BCC : Il conserve ses Renault R-35 jusqu’à l’automne 1945 quand il les remplace par des FCM-42. Il est affecté à la 36ème DI.

-10ème BCC : Il conserve ses Renault R-35 jusqu’au printemps 1946 quand ils sont remplacés par des FCM-42. Il est affecté à la 42ème DI.

-11ème BCC : bataillon de réserve, il est mis sur pied avec des vénérables Renault FT qui sont remplacés fin 1939 par des Renault R-35. Survivant à la démobilisation, il conserve ses R-35 jusqu’en août 1948, des chars modernisés avec le canon de 47mm SA35 en remplacement du canon de 37mm SA18. Il est rattaché à la 43ème DI.

-12ème BCC : Il conserve ses Renault R-35 jusqu’en mars 1942 quand ses engins à bout de souffle sont remplacés par des Renault R-40 qui équipe encore le bataillon en août 1948. Il est rattaché à la 1ère Division d’Infanterie Motorisée.

-13ème BCC : régiment de réserve, mis sur pied avec des Hotchkiss H-35 de piètre qualité, il le remplace début 1942 par des Hotchkiss H-39 qui équipent encore le B.C.C quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948. Il est rattaché à la 3ème Division d’Infanterie Motorisée.

-14ème BCC : équipé de Hotchkiss H-39, il intègre la 2ème Division Cuirassée

-15ème BCC : équipé de B1bis, il intègre la 2ème Division Cuirassée

-16ème BCC : équipé de Renault R-35, il les remplace fin 1941 par des Renault R-40 plus modernes et plus efficaces. Il est rattaché à la 5ème Division d’Infanterie Motorisée.

-17ème BCC : équipé de Renault R-35, il les remplace en mars 1942 par des Renault R-40 qui équipent toujours le bataillon en août 1948. Il est rattaché à la 9ème DIM.

-18ème BCC : équipé de Renault FT, ce bataillon si la guerre s’était prolongé aurait été rééquipé avec un char plus moderne mais il est dissous en juin 1940

-19ème BCC : seul bataillon équipé de chars moyens D2, il intègre fin 1940 la 4ème Division Cuirassée

-20ème BCC : équipé de Renault R-35, il les remplace à partir de juin 1943 par des Renault R-40 plus modernes dont il dispose toujours en août 1948. Rattaché à la 12ème DIM.

-21ème BCC : équipé de Renault R-35, ce bataillon de réserve est dissous en août 1940, son matériel stocké.

-22ème BCC : équipé de Renault R-35, ce bataillon reçoit en septembre 1942, des Hotchkiss H-39 jugés plus efficaces qui équipent toujours le bataillon en août 1948. Il est rattaché à la 15ème DIM.

-23ème BCC : équipé de Renault R-35, ce bataillon de réserve est dissous et son personnel démobilisé en août 1940, son matériel stocké.

-24ème BCC : équipé de Renault R-35, ce bataillon reçoit en mars 1944, des FCM-42 dont il dispose toujours en septembre 1948 et avec lesquels il assure le soutien de la 25ème DIM.

-Les 25ème et 26ème BCC équipés de Hotchkiss H-39 sont intégrés à la 1ère Division Cuirassée

-Le 27ème BCC équipé de Hotchkiss H-39 intègre la 2ème Division Cuirassée

-La 28ème BCC équipé de B1bis intègre la 1ère Division Cuirassée

-Le 29ème BCC équipé de Renault FT est dissous et son personnel démobilisé en juin 1940

-Le 30ème BCC équipé à la mobilisation de Renault FT reçoit à l’été 1940, des Renault R-40 et rejoint Bastia et la Corse pour en renforcer la défense.

-Le 31ème BCC équipé de Renault FT est dissous et son personnel démobilisé en juillet 1940

-Le 32ème BCC équipé à la mobilisation de Renault FT, reçoit ensuite des R-35 mais cela ne l’empêche pas d’être dissous et son personnel démobilisé en juin 1940.

-Le 33ème BCC équipé de Renault FT est dissous et son personnel démobilisé en juin 1940

-Le 34ème BCC équipé de Renault R-35 est dissous et son personnel démobilisé en juin 1940

-Le 35ème BCC équipé de Renault R-35 est dissous et son personnel démobilisé en juin 1940

-Le 36ème BCC équipé de Renault FT est dissous et son personnel démobilisé en juin 1940

-Le 37ème BCC équipé de chars B1 puis B1bis intègre à sa création la 1ère Division Cuirassée

-Le 38ème BCC équipé de Hotchkiss H-35 est dissous et son personnel démobilisé en juin 1940

-Le 39ème BCC équipé de Renault R-35  est dissous et son personnel démobilisé en juillet 1940

-Le 40ème BCC équipé de Renault R-40  est dissous et son personnel démobilisé en septembre 1940

-Le 41ème BCC équipé de B1bis intègre la 3ème Division Cuirassée à sa création

-Le 42ème BCC équipé de Hotchkiss H-39 intègre la 3ème Division Cuirassée à sa création

-Le 43ème BCC équipé de Renault R-35  est dissous et son personnel démobilisé en juillet 1940

-Le 44ème BCC équipé de Renault R-35 puis de Hotchkiss H-39 intègre la 4ème Division Cuirassé à sa création.

-Le 45ème BCC (ex-Bataillon de Chars de la Gendarmerie) équipé de Hotchkiss H-39 intègre la 3ème Division Cuirassée à sa création

-Le 46ème BCC équipé de B1bis intègre dès sa création la 4ème Division Cuirassée

-Le 47ème BCC équipé de B1bis intègre dès sa création la 4ème Division Cuirassée

-Le 48ème BCC équipé de Renault R-40  est dissous et son personnel démobilisé en juillet 1940

-Le 49ème BCC équipé de B1bis intègre dès sa création la 3ème Division Cuirassée.

-Le 50ème BCC qui devait être créé avec des chars légers n’est finalement pas mis sur pied

-Le 51ème BCC devenu ensuite le 51ème BCF reste maintenu en ligne avec sept FCM 2C en attendant l’arrivée de FCM F1 plus modernes même si beaucoup d’officiers s’interrogent sur l’utilité de chars aussi lourds.

A l’issue de la démobilisation, on trouve donc dix-sept BCC stationnés en métropole et un en Corse, quatorze étant équipés de Renault R35, deux étant équipés de FCM 36, un équipé de H-35 et un équipé de R-40.

En Afrique du Nord et au Levant, les bataillons encore équipés de Renault FT reçoivent des R-35 (conservés par les 63ème et 68ème), nombre de R35 étant des véhicules issus des stocks de métropole.

Entre septembre 1940 et août 1948, l’équipement des BCC évolue grandement, de nouveaux modèles de chars sont mis en service. Peu avant la mobilisation, les dix-huit BCC déployés en métropole et en Corse sont équipés de Renault R-40 pour huit d’entre-eux, de FCM-42 pour cinq bataillons de chars de combat, de Renault R-35 pour trois d’entre-eux et enfin de Hotchkiss H-39 pour les deux derniers.

Huit bataillons de quartier général sont mis sur pied entre juin 1941 et juin 1943, huit bataillons de trente-quatre B1ter, version améliorée du B1bis.

Ces bataillons numérotés 70 à 77 sont encore équipés de ces chars en septembre 1948 même si le remplacement de ces chars par des ARL-44 était prévue.

Quinze B.C.C sont mis sur pied à la mobilisation en août/septembre 1948, des bataillons sont numérotés 18ème BCC, 21ème BCC, 23ème BCC, 29ème BCC, 31ème au 36ème BCC, 38ème BCC, 39ème BCC, 40ème BCC, 43ème BCC et 48ème BCC, des bataillons équipés à la mobilisation de R-35 et de FCM-36 qui sont rapidement remplacés par des R-40 pour six bataillons, par des FCM-42 pour quatre BCC et par des AMX-44 pour les cinq derniers.

Cela nous donne un total de quatorze bataillons équipés de R-40, neuf bataillons équipés de FCM-42, de trois bataillons équipés de Renault R-35, de deux bataillons Hotchkiss H-39 et de cinq bataillons équipés d’AMX-44 soit trente-trois bataillons déployés en métropole (un en Corse et trente-deux sur le continent).

A l’issue de la démobilisation, sur les cinquante et un bataillons mis sur pied, les vingt-trois bataillons d’active sont maintenus, étant affectés pour certains aux DC, les autres étant affectés (mais non intégrés) aux sept divisions d’infanterie motorisées et aux dix divisions d’infanterie du Nord-Est soit un total de dix-sept BCC. Les groupements de B.C.C sont dissous.

En retirant neuf bataillons affectés aux DC, il reste quatorze BCC ce qui nécessite le maintien en ligne de quatre bataillons de réserve, les 6ème, 11ème et 13ème BCC, le 30ème BCC ralliant la Corse avec des Renault R-40 en remplacement de ses Renault FT.

Le bataillon de chars de forteresse (51ème BCF ex-BCC) remplace ses FCM F2 par des FCM F1.

Les bataillons de chars de combat déployés en Afrique du Nord (non compris dans le total de 51) restent déployés au Maroc (62ème et 66ème BCC) en Algérie (64ème BCC) et en Tunisie (61ème 65ème et 67ème) mais leur équipement évolu, les Renault FT sont remplacés par des R-35 ou des R-40, les chars D-1 sont remplacés par des AMX-42 plus légers mais plus moderne. Au Levant, les 63ème et 68ème BCC conservent leurs R-35.

Il est prévu à la mobilisation que les groupements de B.C.C soient reconstitués, huit groupements de quatre bataillons, un par armée à l’exception de la 5ème armée ou armée des Alpes qui ne disposait que comme unité de chars que de la 6ème D.L.M. .

Entre septembre 1940 et août 1948, l’équipement des Bataillons de Chars de Combat évolue de la façon suivante :

-1er BCC : Il conserve ses Renault R-35 jusqu’en septembre 1946 quand ils sont remplacés par des Renault R-40 plus efficaces. Il est rattaché en temps de paix à la 10ème Division d’Infanterie.

-2ème BCC : Il conserve ses Renault R-35 jusqu’en mars 1947 quand ils sont remplacés par des Renault R-40 plus efficaces. Il est rattaché à la 11ème DI/DIM.

-3ème BCC : Il conserve ses Renault R-35 jusqu’en août 1948, des chars modernisés avec le canon de 47mm SA35 en remplacement du canon de 37mm SA18. Il est rattaché à la 13ème DI.

-4ème BCC : Il conserve ses FCM 36 jusqu’en juin 1948 quand il est remplacé par le FCM-42, une version améliorée de ce char avec notamment un canon de 47mm SA35. Il est rattaché à la 14ème DI.

-5ème BCC : Il conserve ses Renault R-35 jusqu’en août 1948, des chars modernisés avec le canon de 47mm SA35 en remplacement du canon de 37mm SA18. Il est rattaché à la 19ème DI.

-6ème BCC : bataillon de réserve, il est pérénisé après la démobilisation et conserve ses Renault R-35 jusqu’en mars 1947 quand ils sont remplacés par des Renault R-40. Il est rattaché à la 21ème DI.

-7ème BCC : Il conserve ses FCM 36 jusqu’en juillet 1948 quand ils sont remplacés par le FCM-42, une version améliorée de ce char avec notamment un canon de 47mm SA35. Il est rattaché à la 23ème DI

-8ème BCC : Equipé de B1bis, affecté à la 2ème Division Cuirassée

-9ème BCC : Il conserve ses Renault R-35 jusqu’à l’automne 1945 quand il les remplace par des FCM-42. Il est affecté à la 36ème DI.

-10ème BCC : Il conserve ses Renault R-35 jusqu’au printemps 1946 quand ils sont remplacés par des FCM-42. Il est affecté à la 42ème DI.

-11ème BCC : bataillon de réserve, il est mis sur pied avec des vénérables Renault FT qui sont remplacés fin 1939 par des Renault R-35. Survivant à la démobilisation, il conserve ses R-35 jusqu’en août 1948, des chars modernisés avec le canon de 47mm SA35 en remplacement du canon de 37mm SA18. Il est rattaché à la 43ème DI.

-12ème BCC : Il conserve ses Renault R-35 jusqu’en mars 1942 quand ses engins à bout de souffle sont remplacés par des Renault R-40 qui équipe encore le bataillon en août 1948. Il est rattaché à la 1ère Division d’Infanterie Motorisée.

-13ème BCC : régiment de réserve, mis sur pied avec des Hotchkiss H-35 de piètre qualité, il le remplace début 1942 par des Hotchkiss H-39 qui équipent encore le B.C.C quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948. Il est rattaché à la 3ème Division d’Infanterie Motorisée.

-14ème BCC : équipé de Hotchkiss H-39, il intègre la 2ème Division Cuirassée

-15ème BCC : équipé de B1bis, il intègre la 2ème Division Cuirassée

-16ème BCC : équipé de Renault R-35, il les remplace fin 1941 par des Renault R-40 plus modernes et plus efficaces. Il est rattaché à la 5ème Division d’Infanterie Motorisée.

-17ème BCC : équipé de Renault R-35, il les remplace en mars 1942 par des Renault R-40 qui équipent toujours le bataillon en août 1948. Il est rattaché à la 9ème DIM.

-18ème BCC : équipé de Renault FT, ce bataillon si la guerre s’était prolongé aurait été rééquipé avec un char plus moderne mais il est dissous en juin 1940

-19ème BCC : seul bataillon équipé de chars moyens D2, il intègre fin 1940 la 4ème Division Cuirassée

-20ème BCC : équipé de Renault R-35, il les remplace à partir de juin 1943 par des Renault R-40 plus modernes dont il dispose toujours en août 1948. Rattaché à la 12ème DIM.

-21ème BCC : équipé de Renault R-35, ce bataillon de réserve est dissous en août 1940, son matériel stocké.

-22ème BCC : équipé de Renault R-35, ce bataillon reçoit en septembre 1942, des Hotchkiss H-39 jugés plus efficaces qui équipent toujours le bataillon en août 1948. Il est rattaché à la 15ème DIM.

-23ème BCC : équipé de Renault R-35, ce bataillon de réserve est dissous et son personnel démobilisé en août 1940, son matériel stocké.

-24ème BCC : équipé de Renault R-35, ce bataillon reçoit en mars 1944, des FCM-42 dont il dispose toujours en septembre 1948 et avec lesquels il assure le soutien de la 25ème DIM.

-Les 25ème et 26ème BCC équipés de Hotchkiss H-39 sont intégrés à la 1ère Division Cuirassée

-Le 27ème BCC équipé de Hotchkiss H-39 intègre la 2ème Division Cuirassée

-La 28ème BCC équipé de B1bis intègre la 1ère Division Cuirassée

-Le 29ème BCC équipé de Renault FT est dissous et son personnel démobilisé en juin 1940

-Le 30ème BCC équipé à la mobilisation de Renault FT reçoit à l’été 1940, des Renault R-40 et rejoint Bastia et la Corse pour en renforcer la défense.

-Le 31ème BCC équipé de Renault FT est dissous et son personnel démobilisé en juillet 1940

-Le 32ème BCC équipé à la mobilisation de Renault FT, reçoit ensuite des R-35 mais cela ne l’empêche pas d’être dissous et son personnel démobilisé en juin 1940.

-Le 33ème BCC équipé de Renault FT est dissous et son personnel démobilisé en juin 1940

-Le 34ème BCC équipé de Renault R-35 est dissous et son personnel démobilisé en juin 1940

-Le 35ème BCC équipé de Renault R-35 est dissous et son personnel démobilisé en juin 1940

-Le 36ème BCC équipé de Renault FT est dissous et son personnel démobilisé en juin 1940

-Le 37ème BCC équipé de chars B1 puis B1bis intègre à sa création la 1ère Division Cuirassée

-Le 38ème BCC équipé de Hotchkiss H-35 est dissous et son personnel démobilisé en juin 1940

-Le 39ème BCC équipé de Renault R-35 est dissous et son personnel démobilisé en juillet 1940

-Le 40ème BCC équipé de Renault R-40 est dissous et son personnel démobilisé en septembre 1940

-Le 41ème BCC équipé de B1bis intègre la 3ème Division Cuirassée à sa création

-Le 42ème BCC équipé de Hotchkiss H-39 intègre la 3ème Division Cuirassée à sa création

-Le 43ème BCC équipé de Renault R-35 est dissous et son personnel démobilisé en juillet 1940

-Le 44ème BCC équipé de Renault R-35 puis de Hotchkiss H-39 intègre la 4ème Division Cuirassé à sa création.

-Le 45ème BCC (ex-Bataillon de Chars de la Gendarmerie) équipé de Hotchkiss H-39 intègre la 3ème Division Cuirassée à sa création

-Le 46ème BCC équipé de B1bis intègre dès sa création la 4ème Division Cuirassée

-Le 47ème BCC équipé de B1bis intègre dès sa création la 4ème Division Cuirassée

-Le 48ème BCC équipé de Renault R-40 est dissous et son personnel démobilisé en juillet 1940

-Le 49ème BCC équipé de B1bis intègre dès sa création la 3ème Division Cuirassée.

-Le 50ème BCC qui devait être créé avec des chars légers n’est finalement pas mis sur pied

-Le 51ème BCC devenu ensuite le 51ème BCF reste maintenu en ligne avec sept FCM 2C en attendant l’arrivée de FCM F1 plus modernes même si beaucoup d’officiers s’interrogent sur l’utilité de chars aussi lourds.

A l’issue de la démobilisation, on trouve donc dix-sept BCC stationnés en métropole et un en Corse, quatorze étant équipés de Renault R35, deux étant équipés de FCM 36, un équipé de H-35 et un équipé de R-40.

En Afrique du Nord et au Levant, les bataillons encore équipés de Renault FT reçoivent des R-35 (conservés par les 63ème et 68ème), nombre de R35 étant des véhicules issus des stocks de métropole.

Entre septembre 1940 et août 1948, l’équipement des BCC évolue grandement, de nouveaux modèles de chars sont mis en service. Peu avant la mobilisation, les dix-huit BCC déployés en métropole et en Corse sont équipés de Renault R-40 pour huit d’entre-eux, de FCM-42 pour cinq bataillons de chars de combat, de Renault R-35 pour trois d’entre-eux et enfin de Hotchkiss H-39 pour les deux derniers.

Huit bataillons de quartier général sont mis sur pied entre juin 1941 et juin 1943, huit bataillons de trente-quatre B1ter, version améliorée du B1bis.

Ces bataillons numérotés 70 à 77 sont encore équipés de ces chars en septembre 1948 même si le remplacement de ces chars par des ARL-44 était prévue.

Quinze B.C.C sont mis sur pied à la mobilisation en août/septembre 1948, des bataillons sont numérotés 18ème BCC, 21ème BCC, 23ème BCC, 29ème BCC, 31ème au 36ème BCC, 38ème BCC, 39ème BCC, 40ème BCC, 43ème BCC et 48ème BCC, des bataillons équipés à la mobilisation de R-35 et de FCM-36 qui sont rapidement remplacés par des R-40 pour six bataillons, par des FCM-42 pour quatre BCC et par des AMX-44 pour les cinq derniers.

Cela nous donne un total de quatorze bataillons équipés de R-40, neuf bataillons équipés de FCM-42, de trois bataillons équipés de Renault R-35, de deux bataillons Hotchkiss H-39 et de cinq bataillons équipés d’AMX-44 soit trente-trois bataillons déployés en métropole (un en Corse et trente-deux sur le continent).

21-Armée de terre (25)

Aux côtés de l’aristocratique cavalerie, nous trouvons «la roture», l’arme des chars de l’infanterie qui en septembre 1939 n’est à peine âgée que de vingt ans, un gamin à côté de l’immémoriale cavalerie qui pouvait à bon droit se réclamer de l’antique chevalerie.

En attendant la création ou du mois la concrétisation des divisions à base de chars, les principales unités de chars sont les bataillons de chars de combat.

Le 23 août 1939 en vertu de décisions antérieures, les douze régiments de chars de combat sont dissous pour donner naissance à des bataillons de chars de combat.

Les état-majors des régiments dissous forment autant de centres mobilisateurs auxquels s’ajoute un treizième créé ex-nihilo.

Vingt-trois bataillons de chars de combat d’active voient le jour. Devenus autonomes, ils prennent des numéros n’ayant rien à voir avec leur ancien régiment (1er au 5ème BCC, 7ème au 10ème BCC, 12ème BCC, 14ème au 17ème BCC, 19ème BCC, 20ème BCC, 22ème BCC, 24 au 28ème BCC, 37ème BCC).

Char de forteresse ou de percée FCM 2C

Char de forteresse ou de percée FCM 2C équipant une unique unité, le 51ème BCC

A ces vingt-trois bataillons d’active s’ajoutent seize bataillons mis sur pied avec des réservistes (6ème, 11ème, 13ème, 18ème, 21ème, 23ème, 29ème à 36ème, 38ème et 39ème bataillon), le 51ème BCC équipés de monstrueux FCM 2C et le bataillon de char des troupes coloniales (BCTC).

D’autres bataillons sont mis sur pied au printemps 1940. Certains de ces bataillons vont ainsi former les Dcr mais la plupart vont renouveler leur équipement (notamment ceux équipés de Renault FT) en restant attachés au soutien de l’infanterie, formant des groupements rattachés aux armées mobilisées depuis septembre 1939.

Char lourd B1bis

Char lourd B1bis

Le nombre de bataillons va au final atteindre cinquante et un avec deux nouveaux bataillons de chars lourds B1/B1bis _à la base des quatre Dcr_ portant leur nombre à huit (soit deux par division), un bataillon de chars d’intervalle FCM 2C, un bataillon de chars moyens D2 et quarante et un bataillons de chars légers.

A l’issue de la démobilisation, sur les cinquante et un bataillons mis sur pied, les vingt-trois bataillons d’active sont maintenus, étant affectés pour certains aux DC, les autres étant affectés (mais non intégrés) aux sept divisions d’infanterie motorisées et aux dix divisions d’infanterie du Nord-Est soit un total de dix-sept BCC.

En retirant neuf bataillons affectés aux DC, il reste quatorze BCC ce qui nécessite le maintien en ligne de trois bataillons de réserve, les 6ème, 11ème et 13ème BCC, le 30ème BCC ralliant la Corse avec des Renault R-40 en remplacement de ses Renault FT.

Le bataillon de chars de forteresse (51ème BCF ex-BCC) remplace ses FCM F2 par des FCM F1.

Renault R-35

Renault R-35

Les bataillons de chars de combat déployés en Afrique du Nord (non compris dans le total de 51) restent déployés au Maroc (62ème et 66ème BCC) en Algérie (64ème BCC) et en Tunisie (61ème 65ème et 67ème) mais leur équipement évolu, les Renault FT sont remplacés par des R-35 ou des R-40, les chars D-1 sont remplacés par des AMX-42 plus légers mais plus moderne. Au Levant, les 63ème et 68ème BCC conservent leurs R-35.
Ultérieurement sont mis sur pied huit bataillons de quartiers général numérotés 70 à 77ème BCC, des bataillons équipés de B1ter et qui constituent une réserve mobile utile en cas d’assaut ou cas de combat défensif, le B1ter bien que moins efficace que l’ARL-44 restant un engin redoutable si il est bien employé.

La mise sur pied de deux nouvelles Divisions Cuirassées entraine la création de huit nouveaux BCC numérotés de 50 à 57, les 50ème, 52ème, 54ème et 56ème étant équipés d’ARL-44, les 51ème, 53ème, 55ème et 57ème disposant comme monture du Renault G1.

Prototype de l'ARL-44

Prototype de l’ARL-44

En cas de guerre, il est prévu de créer quinze nouveaux bataillons de chars de combat portant leur nombre à quarante, ces quarante bataillons devant former normalement des groupements à l’échelle du corps d’armée ou de l’armée, chaque groupement devant disposer de deux à quatre B.C.C mis à la disposition des Divisions d’Infanterie pour leur fournir une capacité antichar et un punch supplémentaire et bienvenu.

On trouve également deux brigades cuirassées, les 1ère et 2ème brigades qui annoncent les divisions cuirassées de réserve qui doivent disposer dans un premier temps une demi-brigade à deux bataillons de chars lourds équipés de B1bis et une demi-brigade à deux bataillons de chars légers équipés de Hotchkiss H-39 en attendant un char spécifiquement conçu pour ce rôle sans oublier deux bataillons de chasseurs portés (issus des chasseurs à pieds ou créer spécifiquement pour ce rôle), un régiment d’artillerie motorisé et un groupe de canons d’assaut pour soutenir les chars au plus près.

Un groupement cuirassé regroupe ces deux brigades qui deviennent début 1940 des divisions. Il doit à la fois servir d’organe de commandement et de servir d’organe de formation et d’aguerrissement. Il est à l’origine du Corps d’Armée Cuirassé qui lui succède en décembre 1941, un C.A.C qui se dédoubla en deux C.A.C, la mise en œuvre de six DC étant des plus compliqués et manquant de souplesse.