Mitteleuropa Balkans (117) Yougoslavie (5)

La Yougoslavie dans le second conflit mondial

La Yougoslavie en guerre : une courte mais héroïque résistance

Situation politique et militaire de la Yougoslavie en septembre 1948

Le 5 septembre 1948 ce que de nombreuses personnes redoutaient se produit : l’Europe bascule dans la guerre.

Cette fois tout le monde est certain, cette guerre n’allait pas durer trois mois mais partait pour plusieurs années, presque six pour être exact avec à la clé des dizaines de millions de morts et des milliards de francs, de dollars et de livres sterling de dégats.

La Yougoslavie est dans une situation très inconfortable. Elle n’est ni pro-alliée (malgré l’accord le 14 septembre 1945) ni pro-Axe, elle cherche une troisième voie en maintenant une forme de neutralité.

Neutralité ne veut pas dire faiblesse puisque dès le 30 août 1948 le gouvernement de Pierre II ordonne la mobilisation générale officiellement pour préserver «la paix et la neutralité dans la région».

Cette mobilisation se passe bien. Le plan rédigé en 1930 et révise à plusieurs reprises (la dernière fois en 1947 avec l’influence de la MMFY) est bien exécuté. Il y à des incidents dans quelques régions mais dans l’ensemble les croates et les slovènes acceptent de rejoindre les casernes et de renforcer l’armée royale yougoslave.

En septembre 1948 le roi Pierre II est officiellement au pouvoir depuis six ans, sa majorité et la fin de la régence de son oncle Paul. Ce dernier à quitté le pays en septembre 1943 et partage sa vie entre la Grande-Bretagne, la France (Riviera) et l’Amérique du Sud.

Paul de Yougoslavie

Il rejoint le pays en août 1948 pour offrir ses services. Il est nommé officiellement inspecteur général des forces armées yougoslaves et en pratique il est le commandant en chef de l’armée yougoslave ce qui est critiqué par une partie de l’opinion qui estime que le jeune roi (25 ans) devait imiter son grand père Pierre 1er en 1914 oubliant à cette occasion que le roi serbe déjà âgé avait confié le rôle effectif à son fils Alexandre.

Ce choix n’est pas forcément heureux moins en raison d’une éventuelle l’incompétence de l’ancien régent (ce n’est pas Napoléon mais ce n’est pas un ignare en matière militaire) que parce qu’il ne s’entend pas avec le commandant en chef officiel, le général Dusan Simovic, ancien premier ministre. Il y aura donc comme on dit de la friture sur la ligne, une mésentente sur la stratégie à suivre.

Dusan Simovic

La mobilisation se passe bien comme nous l’avons vu. Il y à néanmoins des lacunes sur le plan de l’équipement notamment en matière de chars et d’armes automatiques.

Renault R-35. Avec le Hotchkiss H-39 il était le char majeur de l’armée yougoslave

L’armée de terre yougoslave aligne à sa mobilisation vingt-huit divisions d’infanterie, deux divisions d’infanterie de montagne, trois divisions de cavalerie et une brigade mécanisée regroupant une bonne partie des chars de l’armée royale yougoslave. On trouvait également des unités de forteresse, de garde-frontières, d’artillerie et de génie.

Rogozarski IK-3

L’armée de l’air yougoslave dispose d’environ 500 appareils plus ou moins modernes de différents origines (françaises, britanniques, italiennes, allemandes et même yougoslaves).

Le conducteur de flottille Dubrovnil

La marine yougoslave est une Green Water Navy, une marine essentiellement composée d’unités légères (destroyers, torpilleurs, vedettes lance-torpilles), de quelques sous-marins, une marine à l’équipement assez ancien, les moyens ayant manqué pour renforcer une marine qui aurait de toute façon du affronter une marine italienne puissante.

Sur le plan stratégique l’armée yougoslave souhaite conserver l’intégrité totale du territoire national mais il s’agit plus d’un vœux pieux qu’autre chose. Elle à cependant aménagé des positions fortifiés aux frontières pour freiner l’assaillant qu’il soit italien, allemand, hongrois voir roumain ou bulgare.

Contrairement à ce qu’à écrit la propagande à l’époque il ne s’agit par d’une «Ligne Maginot Slave» mais d’une série de positions tactiques avec blockhaus de campagne disposant de canons et de mitrailleuses, de tranchées, de barbelés et de champ de mines.

Ces dispositifs seront renforcés jusqu’en juillet 1949, les yougoslaves informés par des officiers amis des leçons tirées de la campagne de France ayant compris l’importance de la profondeur du dispositif pour casser l’énergie cinétique des offensives blindées. Ils manqueront néanmoins de temps pour appliquer ce retour d’expérience et surtout manqueront d’une ou plusieurs unités motomécaniques pour contre-attaquer et éviter de s’enfermer dans une défensive stérile.

Les yougoslaves tentent de s’entendre avec la Grèce et souhaite le déploiement de troupes grecques dans le Vardar Macédonien. Athènes décline estimant ne pas avoir suffisamment de troupes pour une telle mission. Elle est de toute façon engagée contre les italiens qui ont attaqué depuis l’Albanie dans l’espoir de mener une guerre parallèle.

Belgrade n’à pas plus de succès avec les alliés occidentaux. Ces derniers sont fortement engagés sur le front français et ne peuvent guère divertir de troupes pour une véritable aventure militaire car sans le dire trop ouvertement Paris et Londres doutent des capacités de la Jugoslovenska vojska pour résister suffisamment longtemps pour permettre l’arrivée dans le sud de la Serbie de troupes capables de soutenir les divisions yougoslaves encore opérationnelles.

Le gouvernement de Belgrade comprend très vite qu’il sera seul face au minimum à une offensive italienne ou au pire face à une offensive combinée germano-italo-hongroise (voir pire).

Quand l’Axe attaque la Yougoslavie (opération MARITSA) l’ordre de bataille de l’armée de terre yougoslave est le suivant (NdA il s’agit d’une version simplifiée, la version détaillée sera présentée dans la partie concernant l’armée de terre).

En 1949 l’armée yougoslave était toujours équipée à la française, les projets de changement d’équipement n’ayant pas aboutit faute de temps, faute de moyens et peut être faute de volonté ou de scepticisme sur l’utilité de changer l’uniforme alors qu’il y à bien d’autres priorités comme la modernisation de l’armement individuel, de l’artillerie et des armes collectives de l’infanterie.

La Jugoslovenska vosjka déploie ses forces en groupes d’armées, armées et divisions, l’échelon corps d’armée n’existant pas essentiellement parce que l’armée yougoslave manque d’officiers compétents pour faire fonctionner à la fois des états-majors de groupes d’armées, d’armées et de corps d’armées.

Le 1er Groupe d’Armées couvre la frontière avec l’Italie et celle avec l’Autriche. C’est elle qui à priori va recevoir le choc principal même si certains officiers yougoslaves estiment qu’il ne faut pas écarter un assaut par la Hongrie pour ainsi foncer rapidement sur Belgrade et déstabiliser tout le pays.

Il comprend la 1ère Armée disposant de la 1ère, de la 7ème et de la 10ème DI ainsi que la 2ème Armée qui aligne la 17ème, la 24ème et la 30ème DI. A ces six divisions s’ajoutent pour chaque armée des moyens d’appui (artillerie, reconnaissance aérienne) et de soutien ainsi qu’en réserve de groupes d’armée la 1ère division de cavalerie et la 1ère division de montagne.

Le 2ème Groupe d’Armées couvre la frontière avec la Hongrie. Son rôle est donc crucial pour protéger la capitale Belgrade.

Il comprend la 4ème Armée disposant de trois divisions d’infanterie (27ème, 40ème et 42ème DI) alors que la 7ème Armée dispose des 32ème, 36ème et 38ème DI. A ces six divisions s’ajoutent pour chaque armée des moyens d’appui (artillerie, reconnaissance aérienne) et de soutien ainsi qu’en réserve de groupes d’armée la 3ème division de cavalerie et la 2ème division de montagne.

Le 3ème Groupe d’Armées couvre le sud du pays contre une éventuelle offensive italienne depuis l’Albanie que Rome a occupé puis annexé au printemps 1939.

Elle comprend la 3ème Armée qui dispose de trois divisions d’infanterie (13ème, 15ème et 25ème DI) alors que la 8ème Armée (ex-3ème Armée territoriale) comprend les 5èmes, 20ème et 46ème DI. A cela s’ajoute des unités d’appui, de soutien ainsi qu’une division d’infanterie en réserve générale, la 22ème DI.

La 5ème Armée indépendante couvre la frontière que la Yougoslavie partage avec la Roumanie et la Bulgarie. Elle aligne les 8ème, 9ème, 34ème et 50ème DI ainsi que la 2ème division de cavalerie.

La 6ème Armée indépendante déployée à cheval sur la Serbie et la Bosnie Herzegovine doit servir de réserve opérationnelle immédiate pour se porter à l’aide de l’un des groupes. Elle comprend trois divisions d’infanterie (3ème, 49ème et 14ème DI) plus trois régiments indépendants de cavalerie (49ème, 75ème et 94ème régiments) ainsi que des unités d’appui et de soutien

La Réserve Stratégique comprend les deux dernières divisions d’infanterie (4ème et 6ème DI) ainsi que la 1ère brigade mécanisée.

Sur le papier ces moyens sont importants mais ils ne doivent pas faire illusions. Les divisions d’infanterie yougoslave manquent souvent d’entrainement et l’armement pourrait être meilleur même si il n’est pas aussi obsolète que raconté.

Cela s’ajoute la question nationale. Malgré une politique de promotion des nationalités aux postes de responsabilités, le gouvernement yougoslave qui a du mal à se débarrasser de son tropisme serbe craint une défaillance des unités croates et slovènes.

Ce qui est certain c’est qu’en l’absence d’une garantie ferme des alliés occidentaux peu de généraux yougoslaves se pensent capables de repousser une attaque combinée de l’Allemagne, de l’Italie voir de la Hongrie.

Les plus optimistes espèrent tenir suffisamment longtemps pour que Paris et Londres revenant sur leur répugnance initiale ne se décident à voler au secours des yougoslaves.

La Yougoslavie au combat

Face à ce déploiement imposant sur le papier, l’Axe germano-italo-hongrois décide de mobiliser des moyens conséquents. Il s’agit d’aller vite et de neutraliser la péninsule balkanique, d’en faire une zone sous total contrôle de l’Axe pour éviter que les alliés n’utilisent ce territoire pour frapper le flanc de la future opération BARBAROSSA.

Il faut en effet le répéter encore et toujours : l’opération MARITSA n’à pas été décidé en urgence pour sauver Mussolini de sa débâcle militaire grecque mais était prévue et planifiée par les allemands.

Panzerkampfwagen Panzer IV

Les allemands ne déploient pas moins de douze divisions, trois divisions blindées (1ère, 5ème et 12ème Panzerdivisionen), une division d’infanterie de montagne (1. Gebirgjäger Division), une division parachutiste (3. Fallschitmjäger Division) et sept divisions d’infanterie (3ème, 9ème, 14ème, 25ème, 31ème, 35ème DI + la 5. Leichte Division).

Les italiens déploient six divisions dépendant de la 2ème Armée, armée disposant de deux corps d’armées à deux divisions, les deux dernières divisions dépendant directement de l’Armée comme réserve stratégique.

C’est ainsi que le 5ème Corps d’Armée dispose de la 3ème division alpine «Julia» et la 5ème DI «Cosseria» alors que le 7ème Corps d’Armée dispose de la 14ème DI «Isonzo» et la 17ème DI «Pavia». La 47ème DI «Bari» ainsi que la 48ème DI «Taro» sont en réserve d’armée.

Enfin les hongrois sont de la partie avec leur 3ème Armée qui aligne pas moins de neuf divisions d’infanterie réparties en trois corps d’armée. Le 1er Corps d’Armée comprend les 16ème, 21ème et 25ème DI, le 2ème CA engerbe les 17ème, 22ème et 26ème DI alors que le 3ème CA à sous son commandement les 18ème, 24ème et 27ème DI.

Potentiellement ce sont donc 21 divisions ennemies qui vont attaquer un nombre inférieur de Grandes Unités (G.U) yougoslaves. De plus les allemands vont mobiliser trois divisions blindées, un type d’unité que ne possède pas l’armée de terre yougoslave, la brigade mécanisée était bien plus faible qu’une Panzerdivision.

Les yougoslaves vont choisir une défense élastique s’appuyant sur les coupures humides, les obstacles offerts par le relief et des lignes fortifiées aménagées durant la Pax Armada.

Les Tcheniks vont commencer dès l’opération Maritsa à mener des opérations de guérilla, tuant par exemple dans l’œuf certaines mutineries dans des unités croates et slovènes. Leur harcèlement va ressusciter la peur du franc-tireur chez les troupes allemandes pour le plus grand malheur des populations civiles qui paieront lourdement les attaques qui ont été magnifiées par la propagande mais dont l’impact militaire a été limité.

Le 7 juillet 1949 4h45 l’opération MARITSA est déclenchée. Les allemands sont les premiers à attaquer avec un barrage d’artillerie comme durant le premier conflit mondial et des frappes aériennes.

Fallschirmjager

Les parachutistes de la 3. Fallschirmajger sont largués non en bloc (par exemple sur Zagreb) mais par petits paquets pour tenter déstabiliser le dispositif yougoslave avec des résultats contrastés montrant encore une fois que le largage de parachutistes est très aléatoire.

Les troupes yougoslaves encaissent même si il y a des mouvements de panique et de découragement devant une telle puissance de feu. Il y a quelques cas de mutineries et de refus de combattre mais dans l’ensemble le haut-commandement yougoslave (à majorité serbe) est agréablement surpris par la résistance et la résilience des unités de recrutement slovène ou croate.

Difficile de connaitre la ou les causes de cette résistance. Nul doute que la politique libérale de Pierre II et auparavant du régent Paul ont permis à une partie des slovènes et des croates d’avoir envie de se battre pour un pays qui pour beaucoup leur paraissait étranger.

Les italiens attaquent quelques heures plus tard mais pour le Jour J de l’opération MARITSA ils se contentent de reconnaissances armées auxquelles les yougoslaves ripostent de manière féroce.

Les hongrois vont attaquer le 8 juillet 1949 ce qui aurait pu compliquer la tâche des yougoslaves mais les troupes magyares ne montrent guère d’ardeur au combat, étant probablement persuadés que leur offensive serait une promenade militaire.

Les combats sont violents à terre comme en l’air même si très vite l’armée de l’air yougoslave va perdre le contrôle de l’espace aérien au profit de la Luftwaffe et de la Regia Aeronautica. Elle parviendra à tenir plus longtemps face à la MKHL (armée de l’air hongroise).

En dépit d’un grand courage, les troupes yougoslaves doivent rapidement se replier sur les montagnes de Bosnie mais cette retraite est méthodique.

Les grandes villes tombent les unes après les autres, Lubjana tombe dès le 10, Zagreb le 14 et dès le lendemain des oustachis proclament l’indépendance de la Croatie. Cette déclaration va accélérer la désagrégation des unités de recrutement croate au point que les dernières unités venant de cette région seront désarmées.

Certaines unités croates cacheront soigneusement leur origine pour ne pas être désarmées et continuer la lutte.

Le 16 juillet une partie de la marine yougoslave se mutine. Certains navires parviennent à quitter les ports de Split et de Kotor pour rallier la Crète puis l’Egypte.

Le 17 juillet Belgrade tombe aux mains des hongrois. La ville à été dévastée par de nombreuses attaques aériennes menées par les allemands.

Les combats perdent en intensité. Non seulement les allemands, les italiens et les hongrois doivent retrouver leur second souffle mais en plus la logistique peine à suivre. De leur côté les yougoslaves sont au bord de l’effondrement.

L’invasion italo-germano-hongroise se poursuit de manière inexorable, les yougoslaves continuant de se battre. Le 9 août les troupes hongroises et bulgares font leur jonction.

Les bulgares n’ont pas participé directement à l’opération MARITSA mais vont occuper la partie bulgarophone de la Macédoine.

Les allemands de leur côté se sont arrêtés dans le sud de la Serbie, les italiens opérant au Monténégro qu’ils considèrent comme leur pré-carré.

Les dernières troupes yougoslaves passent en Grèce à l’automne 1949 mais déjà dans les territoires occupés par les italiens, les allemands, les hongrois et les bulgares des mouvements de résistance plus ou moins spontanées commencent à tendre des embuscades voir à attaquer des personnels isolés (voir la partie «résistance et collaboration»).

D’autres vont faire le choix de la collaboration, opérant aux côtés des allemands, des italiens, des hongrois et des bulgares pour participer aux sinistres opérations de nettoyage avec son lot de massacres et d’exactions.

Les troupes yougoslaves épuisées vont rallier la Crète puis l’Egypte pour permettre la reconstitution d’une véritable armée capable de participer à la libération de l’ancien Royaume des Serbes, Croates et Slovènes.

Italie (64) Regio Esercito (14)

Le Regio Esercito Italiano dans le second conflit mondial (3) Les différentes opérations

Avant-propos

Quand le second conflit mondial éclate, l’Italie est de loin le belligérant le moins bien préparé à un conflit qui s’annonce long et compliqué. Les raisons sont nombreuses, des raisons structurelles comme des choix douteux du régime fasciste qui semble avoir fini par croire sa propre propagande, une sorte d’auto-intoxication.

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Allemagne (45) Armée de Terre (2)

Organisation des différentes unités

Division d’infanterie (Infanterie-Division)

-Après la mobilisation, l’armée de terre allemande dispose de soixante-treize divisions d’infanterie, trente-deux d’active et quarante et une issue de la mobilisation.

-Les trente-deux divisions d’active sont dans l’ensemble de bonnes unités bien entrainées et bien équipées. Il y à cependant des différences avec des unités motorisées et des unités qui ne le sont pas.

-En septembre 1948, douze divisions sont motorisées complètement en l’occurrence les 1.ID 4.ID 9.ID 10.ID 14.ID 15.ID 19.ID 16.ID 20.ID 22.ID 214.ID et 5. Leichte Division.

Les autres ne le sont que partiellement avec un groupe de reconnaissance motorisé, une compagnie antichar motorisée et un régiment d’artillerie lourde (canons de 150mm) motorisé. Quelques éléments du génie sont également motorisés.

Pour ce qui est des quarante-un divisions de mobilisation (25.ID à 68.ID), l’immense majorité des divisions sont partiellement motorisées mais les 30.ID, 32.ID, 34.ID et 40.ID sont totalement motorisées.

Sur le plan de l’organisation, il n’y à peu de différences, toutes les divisions d’infanterie sont organisées de la même façon, seules les Leichte Division étant différentes.

-Un état-major

-Un groupe de reconnaissance divisionnaire

-Un groupe logistique (ravitaillement et maintenance)

-Trois régiments d’infanterie à trois bataillons, chaque bataillon disposant de trois compagnies de fusiliers, une compagnie de mortiers et une compagnie antichar. Les Leichte Division ne disposent que de deux régiments.

-Un régiment d’artillerie à trois groupes de trois batteries (Abteilungen I,II et III) équipée chacune de quatre obusiers de 105mm soit un total de trente-six pièces.

A la mobilisation en septembre 1939, un quatrième groupe issu d’un régiment lourd intègre le régiment, ce groupe étant organisé en trois batteries de quatre obusiers de 150mm.

Suite à la démobilisation, les divisions maintenues en ligne garde leur régiment d’artillerie (Artillerie-Regiment) dans cette configuration de guerre, les régiments lourds étant reconstitués dans la Réserve Générale avec le groupe non intégré à un A-R et d’autres unités mises sur pied ultérieurement.

-Un bataillon de canons d’assaut équipés de Stug III.

-Un détachement de transmissions

-Un bataillon du génie (une compagnie pour les Leichte Division)

-Un groupe antichar (motorisé quelque soit le type de division)

-Un groupe d’observation d’artillerie

-Un détachement de santé

Division de montagne

-La Deutsche Heer dispose de trois divisions de montagne déployées dans le sud-Est de l’Allemagne et placés sous l’autorité du VIIème Corps dépendant de l’Armée du Sud-Est dont l’état-major est installé à Dresde. Deux de ces divisions vont participer à l’opération Weserübung. Ces divisions sont organisées de la façon suivante :

-Un état-major

-Un groupe de reconnaissance divisionnaire

-Un groupe logistique (ravitaillement et maintenance)

-Deux régiments d’infanterie à trois bataillons, chaque bataillon disposant de trois compagnies de fusiliers, une compagnie de mortiers et une compagnie antichar.

-Un régiment d’artillerie à trois groupes équipés de canons de montagne de 75mm de conception tchèque, le 7.5cm Gebirgkanone 15

-Un détachement de transmissions

-Une compagnie du génie
-Un groupe antichar

-Un groupe d’observation d’artillerie

-Un détachement de santé

Panzerdivision

-Les divisions de chars ou PanzerDivisionen sont mises en place au milieu des années trente à la même époque que les Divisions Légères Mécaniques (D.L.M) françaises.

-Les trois premières Panzer-Division sont mises sur pied en novembre 1935, la 1. PzD est créée à partir de la division légère, ex-3ème division de cavalerie, les 2. et 3. PzD étant créées ex-nihilo.

-La 4. PzD est créée le 10 novembre 1938 par transformation en division de la 7. Panzer Brigade et si la 5. PzD est créée ex-nihilo, les quatre Panzerdivision suivantes sont créées par transformation des Leichte Division (divisions légères) qui n’avaient pas donné satisfaction durant l’invasion de la Pologne. Les divisions légères créées ultérieurement étaient  des unités d’infanterie n’ayant aucun lien avec les divisions dont nous allons parler maintenant.

La 6. PzD est créée le 6 octobre 1939 par transformation de la 1. Leichte Division, la 7.PzD est mise sur pied le 18 octobre 1939 par transformation de la 2. Leichte Division, la 8.PzD est créée le 16 octobre 1939 par transformation de la 3. Leichte Division.

La 9. PzD est crée le 3 janvier 1940 par transformation de la 4. Leichte Division qui elle même était issue de la Schnelle Division (division rapide ou division d’urgence) de la Bundesheer, l’armée de terre autrichienne absorbée par la Deutsche Heer suite à l’Anschluss en octobre 1938.

-Paradoxalement, la 10. PzD est mise sur pied le 10 avril 1939 avec des éléments de deux divisions d’infanterie motorisées, les 20.ID et 29.ID.

-Comme pour les DLM françaises, la configuration des PzD à évolué avec le retour d’expérience et les inévitables tatonements liés à la nouveauté.

-Leur configuration originelle voyait ces divisions organisées en un état-major, une brigade blindée à deux régiments de chars, une brigade de reconnaissance, un régiment de fusiliers, un bataillon motocycliste à cinq compagnies, un groupe de reconnaissance motorisé, un détachement antichar, un groupe motorisé d’artillerie, des unités du génie et un détachement motorisé de transmissions.

-Initialement, il était prévu de passer de dix à vingt PanzerDivision mais au final, seulement deux nouvelles PzD sont mises sur pied. La 11.PzD est mise sur pied en janvier 1942 et la 12.PzD en juin 1945 après la fin de la guerre civile. Le projet de créer les 13. et 14.PzD n’aboutit pas avant le début du conflit.

-Les PanzerDivision nouvelle génération voient le jour à partir de septembre 1945. Outre le retour d’expérience, il faut ajouter un processus similaire côté français et l’arrivée de chars plus puissants (Panther et Tigre).

-Résultat, quand démarre le second conflit mondial, les PanzerDivision sont organisées de la façons suivante :

-Un état-major divisionnaire

-Un groupement logistique autonome

-Un groupe de reconnaissance motorisé (une compagnie motocycliste, une compagnie d’auto-blindées, une compagnie lourde équipés de chars légers Lynx et une compagnie d’appui _canons antichars et antiaériens_)
-Une brigade de chars (état-major, deux régiments de chars équipés de Panzer V Panther, de Panzer III ou de Panzer IV, un bataillon d’artillerie d’assaut, un bataillon de grenadiers d’assaut, une compagnie antichar et une compagnie antiaérienne)

-Une brigade de grenadiers (état-major, deux régiments de grenadiers, une compagnie motocycliste, une compagnie antichar et une compagnie antiaérienne),

-Un régiment d’artillerie autopropulsé équipé de Wespe et de Hummel

-Un bataillon motorisé du génie

-Un détachement de transmissions.

-A noter qu’en temps de guerre, deux bataillons de chars lourds équipés de Panzer VI Tigre renforcent la division.

-Ces unités apparaissent plus puissantes que les DLM ou les DC françaises mais elles ne sont pas exemptes de «défauts» avec notamment une moindre grande intégration du couple chars/infanterie, la présence de deux bataillons de chars lourds uniquement en temps de guerre ce qui peut rendre leur utilisation moins efficiente qu’envisagée.

-La reconnaissance et l’éclairage divisionnaire dépend d’un groupe alors que les Divisions Légères Mécaniques et les Divisions Cuirassées utilisent un régiment complet.

-Elle est cependant supérieure au niveau de l’artillerie avec des obusiers autopropulsés de 150mm supérieurs au canons automoteurs de 105mm des DC et des canons tractés des DLM.

-De toute façon comme on le dit souvent, seule l’épreuve du feu permettra de vérifier si telle organisation est supérieure à telle autre.

Brigades du génie (Pioniere-Brigade)

-Les manœuvres d’avant guerre ont montré l’utilité du génie pour aménager le terrain et franchir les cours d’eau. La recherche de la vitesse et de la bataille décisive impose un tempo élevé aux opérations. Hors de question de ralentir parce qu’un cours d’eau ou un fossé antichar stoppe les chars.

D’où la création au printemps 1946 de quatre brigades du génie destinées au combat, au déminage et au franchissement des coupures humides.

Ils doivent également pouvoir remettre en fonctionnement des installations ferroviaires, utiliser les systèmes de communication ennemis voir remettre en route des centrales électriques.

Chaque brigade est organisée de la même façon :

-Un état-major

-Un groupe logistique

-Un régiment de minage/déminage

-Un régiment de sapeurs

-Deux régiments de franchissement

Régiments d’artillerie lourde et d’artillerie spéciale

-Outre les régiments d’artillerie intégrées aux divisions, l’artillerie allemande disposent de régiments indépendants, des unités d’artillerie lourde pouvant effectuer une préparation d’artillerie comparable au premier conflit mondial ou d’obtenir la percée.

-Chaque corps d’armée (onze Armee-Korps et quatre Panzer-Korps) disposent d’un régiment d’artillerie lourde équipés de canons de 150mm de deux modèles soit le Krupp Schwere Feldhaubitze 18 ou encore le Rheinmettall Kanone 18.

Ces quinze régiments sont chargés d’appuyer les différentes divisions placées sous le commandement des corps, c’est l’équivalent de l’ALCA ou Artillerie Lourde de Corps d’Armée (ALCA) pour la France.
-Ces régiments d’artillerie sont organisés en un état-major, une batterie hors-rang pour le soutien logistique, une batterie d’observation et de réglages de tir et quatre groupes de deux batteries de six canons soit un total de trente-six pièces par régiment.

-Ces régiments sont issus des régiments lourds existants en septembre 1939 et qui avaient été scindés en deux, un groupe rejoignant un régiment léger endivisionné et l’autre groupe restant en réserve.

-Leurs effectifs ont été complétés par des batteries mises sur pied par les nouveaux régiments d’artillerie divisionnaire à quatre groupes.

A ces régiments s’ajoute l’équivalent français de la Réserve Générale, des régiments placés sous le contrôle direct de l’OKH qui peut les utiliser à discrétion soit pour renforcer un Corps d’Armée ou déclencher le feu de Wotan en concentrant le maximum de bouches à feu.

-En septembre 1948, il existe seize de ces régiments équipés de différents canons allant de 170 à 356mm soit une amplitude supérieure à la France même si la majorité des régiments sont équipés de canons de 170mm et de mortiers de 210mm (treize), deux recevant des canons de 240mm et un troisième équipé d’obusiers de 356mm.

-La Heer dispose également d’une artillerie lourde sur voie ferrée (ALVF). Si les canons de 150 et de 170mm mis en service en 1936 en réutilisant d’anciennes pièces navales avaient été ferraillés, des pièces plus lourdes les avaient remplacés.

-Deux régiments d’artillerie sur voie ferrée (Eisenbahn) sont opérationnels en septembre 1948. Ils sont équipés de canons de 280mm K5 et de canons de 400mm K6, une version terrestre des canons de 406mm des cuirassés de type Hidenburg. Des projets de mortiers lourds de 520mm et de canons de 800mm (!) ne se sont pas concrétisés avant le conflit.

-Des lance-roquettes sont également en service au sein de l’artillerie allemande. Appelés officiellement Nebelwerfer (faiseur de fumées), ils étaient officiellement censés créer des nuages fumigènes pour masquer le franchissement d’un cours d’eau ou l’avancée des troupes au sol mais en réalité, il s’agissait d’un lanceur de roquettes sol-sol à stabilisation par rotation.

Cette arme dans sa version 150 (Wurfgranate 41) et de 210mm (Wurfgranate 21) n’avait pas d’équivalent dans les armées alliées qui y furent confrontés en Norvège, une confrontation douloureuse.

Malheureusement pour les allemands et heureusement pour les alliés, deux exemplaires de Wurfgranate 21 avec des projectiles furent capturés à Tromso au cours d’une furieuse contre-attaque française.

Ces lanceurs furent aussitôt embarqués dans un hydravion direction la Grande-Bretagne où leur évaluation accéléra le développement d’un lance-roquettes franco-britannique appelé LRM (Lance-Roquettes Multiples) ou Multiple Rocket Launcher (MRL), un nom officiel remplacé par le mot famillier d’Orgue.

Parallèlement, des roquettes plus grosses furent mises au point en l’occurrence des Wurfkörper de 280 et 320mm installés dans des battis en bois montés sur des véhicules, les ancêtres de nos LRM actuels montés sur châssis chenillé ou sur camions.
Ces armes équipaient douze Wurfgranate Abteilung organisés en une batterie de commandement et de soutien, une batterie hors rang et trois batteries de douze lanceurs remorqués ou motorisés.

Transmissions

-Dépendant de l’Inspektion der Nachrichten, les unités de transmissions allemandes sont majoritairement intégrées aux unités de combat.

-Néanmoins, il existe plusieurs bataillons de transmissions indépendants (quatre en l’occurrence) chargés des transmissions stratégiques entre les troupes sur le front et l’arrière. Ce nombre doit doubler à la mobilisation.

Soutien

-La guerre moderne, la guerre industrielle impose une logistique très importante. Le temps où les armées pouvaient vivre sur le pays est terminé.

-Il faut du carburant pour les chars et les véhicules blindés, des munitions, des médicaments et des vivres, des pièces détachées pour les véhicules. Cette tache d’approvisionnement et de ravitaillement (Versorgung) est assurée par les troupes d’approvisionnement (Nachschubtruppen), «le train des équipages» (Kraftfahrparktruppen) et les Verwaltungstruppen (cuisiniers, boulangers….).

La maintenance est assurée par les Feldzeugtruppen (armuriers, mécaniciens, garagistes) alors que les soins sanitaires et vétérinaires dépendent respectivement des Sanitättruppen et des Veterinärtruppen.

Outre les unités divisionnaires, on trouve des unités de soutien de niveau brigade, des unités destinées à founir un soutien à des corps d’armée ou des armées.

Elles sont chargées des dépôts de l’arrière, de l’acheminement du ravitaillement jusqu’au niveau divisionnaire où le groupement logistique prend le relais.

Chaque corps d’armée dispose d’une brigade de soutien (Versorgung-Brigade) chargé aussi bien du ravitaillement que de la maintenance, du soutien sanitaire et vétérinaire. Ce système parfait sur le papier se heurtera rapidement à de graves difficultés car sous-dimensionné par rapport aux besoins.

Grands tacticiens mais piètres stratèges, les allemands pensent en guerres courtes ce qui les incitent à négliger voir mépriser la logistique bien moins noble que le combat.

Feldgendarmerie

Pour assurer la circulation et l’ordre dans les arrières, la Heer dispose d’une police militaire appelée Feldgendarmerie.

Cette force à pour origine la période napoléonienne. Suite à la campagne catastrophique de 1806, la Prusse entreprit de profondes réformes et créa une force calquée sur la gendarmerie française appelée Feldgendarmerie.

Cette force était composée d’anciens fantassins et d’anciens cavaliers _notamment pour l’encadrement_ ce qui permettait en partie de contourner les effectifs limités par Napoléon 1er (80000 hommes) puisque les Feldgendarmes étaient considérés comme du personnel militaire bien que payé en temps de paix par le ministère de l’Intérieur.

En temps de guerre, la moitié des effectifs étaient rattachés à l’armée pour les taches décrites plus haut.

La Feldgendarmerie disparu en 1918, la République de Weimar ne disposant d’aucune police militaire. Il faut attendre l’arrivée des nazis pour voir la renaissance de la Feldgendarmerie.

Outre le maintien de l’ordre et la sécurité, elle était chargée de la circulation et des enquêtes en liaison avec les autres forces de police de l’Etat nazi avec lesquelles les relations n’étaient pas toujours cordiales.

Chaque division disposait d’un détachement de Feldgendarme dépendant du commandant de la division et chaque corps d’armée d’un bataillon. Une réserve opérationnelle de quatre régiments existait également.