15- Pétroliers et Ravitailleurs Rapides (1)

15°) PÉTROLIERS ET RAVITAILLEURS RAPIDES

En guise d’avant propos……

Après la rame et la voile, la navigation à pleinement profité de l’apparition de la propulsion mécanique avec la machine à vapeur alimentée par le charbon qui avait certes un fort pouvoir calorifique mais avait un certain nombre d’inconvénients : une masse importante, un ravitaillement très long et des panaches de fumées facilement repérables à l’horizon.

D’où la décision de passer au mazout issu du pétrole dont les premiers gisements ont été découverts au milieu du 19ème siècle notamment par le Dr Drake à Titusville aux Etats-Unis même si ce n’est qu’au début du vingtième siècle que les marines de guerre vont passer au pétrole.

L’Europe est cependant handicapée par l’absence de sources d’approvisionnement sous son contrôle, les principaux gisements étant avant le premier conflit mondial situés en Roumanie, au Mexique et au Texas.

Cela nécessite donc des navires spécialisés dans leur transport, des navires logiquement appelés pétroliers qui apparaissent dans la Royale en 1909. Il faut cependant reconnaître que la France n’est guère pressée d’adopter la chauffe au mazout puisqu’elle dispose de ressources charbonnières encore abondantes.

Si on prend l’exemple des cuirassés, les Courbet ne seront jamais totalement transformés pour chauffer au mazout et les Bretagne ne le seront que dans les années trente, près de vingt ans après les Queen Elisabeth de la Royal Navy alors que la Grande Bretagne possède elle aussi des réserves charbonnières intéressantes.

Le pétrolier qui avait commencé comme un simple cargo transportant des barils de pétrole devient peu à peu un navire équipés de soutes adaptées au transport de ce liquide visqueux, noirâtre et hautement addictif.

La nécessité de ravitailler les navires à la mer en carburant mais également en munitions, en vivres et pièces détachées entrainera la transformation des pétroliers qui deviendront de véritables ravitailleurs de combat.

Quand éclate la guerre de Pologne, la marine nationale dispose de quatorze pétroliers, une flotte assez ancienne puisqu’elle comporte des pétroliers de seconde main (Rhône Garonne Dordogne Loire et Odet) et des pétroliers acquis neufs mais construits souvent après le premier conflit mondial (Loing Mékong Niger Elorn Var et Nivôse), de simples transports pétroliers encore bien incapables de mener des ravitaillement à la mer.

Cette situation est cependant amenée à s’améliorer car plusieurs navires sont en construction à savoir les quatre pétroliers ravitailleurs d’escadre de classe La Seine et les six ravitailleurs rapides de classe L’Adour même si seulement cinq sont sur cale (L’Adour Lot Tarn Charente La Saône), les autres étant au stade de l’approvisionnement.

A ces dix navires vont s’ajouter ultérieurement quatre pétroliers-caboteurs de 2500 tonnes financés aux tranches 1943 (Rance Lèze) et  1944 (Ardèche et Blavet) ainsi que deux pétrolier-ravitailleurs d’escadre (PRE) financés à la tranche 1944 (Le Rhône et La Garonne).

Anticipant sur le conflit à venir, des pétroliers de la marine marchande doivent également être réquisitionnés, certains navires étant partiellement financés par la marine nationale et disposant de certaines prédispositions pour le ravitaillement à la mer et l’installation d’armes (canons et mitrailleuses).

Des travaux d’infrastructures sont également menés. Les dépôts de Brest, de Lorient, de Toulon,  et de Bizerte sont agrandis et modernisés. D’autres dépôts sont aménagés à Beyrouth, Saïgon, Cam-Ranh, Nouméa, Papeete Mers-El-Kébir mais également à Gabès.

La marine nationale et la marine marchande vont travailler de concert à améliorer l’approvisionnement pétrolier du pays.

Des terminaux pétroliers sont ainsi construits à  Dunkerque, au Verdon, à Fos sur Mer et à Arzew, ce dernier servant à transférer en métropole le pétrole brut du Sahara algérien qui est raffiné à Fos sur Mer.

C’est le seul terminal à travailler majoritairement avec du pétrole «national», Dunkerque travaillant essentiellement avec du pétrole mexicain et texan alors que Le Verdon préfère du pétrole venu du Venezuela.

A-Les premiers pétroliers de la marine nationale

Le Rhône

Le Rhône, premier pétrolier de la marine nationale

Le Rhône, premier pétrolier de la marine nationale

-Le Radioléine est mis sur cale aux Chantiers de Normandie (appartenant à la Société Anonyme des Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët) du Grand-Quevilly le 15 juillet 1909 et lancé le 26 mars 1910.

La coque est remorquée à Saint-Nazaire pour recevoir ses machines puis effectuer ses essais. Après quelques opérations commerciales, le Radioléine est acquis par la marine nationale en décembre 1910 où il est rebaptisé Rhône.

Quand éclate la guerre de Pologne, le Rhône est basé à Brest, ravitaillant les navires en rade de Brest mais effectuant également des transports de mazout et de diesel entre le port pétrolier du Verdon et les dépôts pétroliers de Lorient et de Brest.

Le Rhône est désarmé le 30 septembre 1941 et condamné le 7 octobre 1941. La coque est remorquée à Landevennec où elle y était toujours en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques du pétrolier Rhône

Déplacement : standard 2781 tW pleine charge 8860 tonnes avec 4400 tonnes de port en lourd

Dimensions : longueur hors tout 112.47m longueur entre perpendiculaires 106.70m largeur 13.78m tirant d’eau 7.06m en charge

Propulsion : une machine alternative 3 cylindres alimentées par deux chaudières cylindriques Du Temple dévellopant 2100ch et entrainant une hélice

Performances : vitesse maximale 11 noeuds distance franchissable 8160 miles nautiques à 8,5 noeuds

Capacités : 22 citernes dont 4 citernes d’été totalisant 5994 mètres cubes + une cale à marchandise de 218 mètres cubes

Armement (1940) : un canon de 100mm et deux mitrailleuses de 8mm

Equipage : trois officiers et 57 officiers mariniers et QMM.

La Garonne

La Garonne

La Garonne

En 1912 est construit à Sunderland un pétrolier baptisé Lucellum. Le 18 février 1913, décision est prise d’acheter un deuxième pétrolier. C’est le Lucellum qui est choisit, ce pétrolier livré en décembre 1913 est rebaptisé Garonne.

En juin 1940, il est basé à Lorient servant de base mobile de ravitaillement en attendant que les citernes enterrées soient inaugurées (septembre 1942). Il est désarmé le 4 octobre 1941 et remorqué comme brise-lames à la pointe de l’Espérance, brise-lames équipé de pièces de DCA en septembre 1948.

A noter que le 4 décembre 1945, le contre-torpilleur Vautour victime d’un blocage de barre entre en collision avec l’ancien pétrolier La Garonne. Les dégâts sont cependant limités des deux côtés.

L’ancien pétrolier y était toujours en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques de La Garonne

Déplacement : standard 3533 tW pleine charge 11250 tonnes 7262 tonnes de port en lourd

Dimensions : longueur hors tout 120.08m largeur 15.48m tirant d’eau 5.80m lège 8.25m en charge

Propulsion : une machine alternative à triple expansions alimentée en vapeur par deux chaudières cylindriques dévellopant 2740ch et entrainant une hélice

Performances : vitesse maximale 11 noeuds distance franchissable 5100 miles nautiques à 9.5 noeuds

Capacités : 16 citernes répartis en huit tanks pout un total de 8035 mètres cubes (6942 t) deux pompes de 150 tonnes par heure et cinq mats de charge de 3 tonnes

Armement : deux canons de 100mm modèle 1898 et deux mitrailleuses de 8mm installés en 1939 mais débarquées dès juillet 1940.

Equipage : 6 officiers et 57 hommes (officiers mariniers, quartiers maitres et matelots)

La Dordogne
Le 5 août 1914, l’attaché naval français à Londres achète le pétrolier San Isodoro de l’Ango-Mexican Petroleum Cie, pétrolier rebaptisé Dordogne.

Ce pétrolier neuf va être utilisé durant le premier conflit mondial pour ravitailler les ports français depuis les Etats-Unis avant de passer l’entre-deux-guerre à charger du pétrole brut en mer Noire mais également depuis Curacao dans les Caraïbes.

Mise en réserve spéciale en février 1935, La Dordogne est réarmée début mai 1937, subissant une révision générale. Connaissant des problèmes récurrents de chaudières, la marine qui manque de pétroliers, décide de changer les chaudières à l’automne 1939.

Basé à Bizerte au sein de la 4ème puis de la 6ème Escadre Légère, il doit ravitailler les navires basés en Tunisie à flot faute de système de ravitaillement à la mer, La Dordogne étant jugée trop ancienne pour le recevoir. Elle va également assurer des transports pétroliers entre Batoum et Bizerte et entre Haïfa et Bizerte.

Il devait être  désarmé début 1942 mais il sera prolongé jusqu’à la mise en service du Mayenne en mars 1943. Il est désarmé le 7 avril 1943 et va servir de ponton au dépôt pétrolier de Gabès. Ce ponton sert de stockage additionnel au dépôt à terre.

Victime d’une voie d’eau, l’ancien pétrolier Dordogne coule le 7 mai 1947. La coque est relevée, rapidement réparée et remorquée en haute mer pour servir de cible à l’aéronavale, l’ancien pétrolier Dordogne encaissant une torpille et quatre bombes avant de sombrer dans la Mare Nostrum.

Caractéristiques Techniques du pétrolier Dordogne

Déplacement : standard 7333 tW pleine charge 24000 tonnes 15160 tonnes de port en lourd

Dimensions : longueur hors tout 168.35m longueur entre perpendiculaires 161.54m largeur 20.30m tirant d’eau 5.80m lège 9.15m en charge

Propulsion : une machine alternative à 4 cylindres alimentée en vapeur par 4 chaudières cylindriques dévellopant 4000ch et entrainant une hélice

Performances : vitesse maximale 11 noeuds rayon d’action inconnu

Capacités : 12 tanks (15778 mètres cubes et 14520 tonnes) plus 8 tanks d’été (2104 mètres cubes et 1839 tonnes) et une soute alimentaire

Armement : deux canons de 155mm puis deux canons de 100mm

Equipage : 6 officiers et 83 hommes (officiers mariniers, quartiers maitres et matelots)

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13-Sous-marins (16) sous-marins classe Argonaute (2)

L’Amphitrite

L'Amphitrite

L’Amphitrite

-L’Amphitrite (Q-159) est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand du Havre le 8 août 1928 lancé le 20 décembre 1930 et mis en service le 8 juin 1933.

En septembre 1939, le sous-marin Amphitrite forme la 18ème DSM en compagnie des sous-marins Méduse Oréade et Psyché, division qui dépend de la 2ème escadrille, la composante sous-marine de la 6ème Escadre basée à Oran pour participer notamment à la sécurisation du détroit de Gibraltar.

La réorganisation de septembre 1940 affecte la 18ème DSM et donc le sous-marin Amphitrite à la 2ème flottille de sous-marin, la composante sous-marine de la 4ème escadre dont l’antre et la moderne base de Mers-El-Kébir.

Du 16 mai au 30 juin 1941, il est échoué sur le dock flottant pour sous-marins pour un grand carénage destiné à le remettre totalement en état. Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 12 juillet 1941.

Il réalise ses essais officiels du 13 au 15 juillet et sa remise en condition du 17 au 31 juillet, ralliant Mers-El-Kébir le lendemain 1er août. Il effectue sa première patrouille post-carénage du 8 au 18 août 1941.

Du 25 avril au 3 mai 1943, il participe avec son compère Méduse à l’entrainement ASM des contre-torpilleurs Vauban Valmy Verdun de la 4ème DCT. L’Amphitrite enchaine par un entrainement ASM avec le contre-torpilleur Vauban du 2 au 13 août 1943.

Du 10 au 30 janvier 1944, l’Amphitrite est de nouveau échoué sur le dock flottant de Mers-El-Kébir pour un petit carénage. Armé pour essais le 6 février 1944, il exécute ses essais officiels les 7 et 8 février et sa remise en condition du 10 au 20 février, effectuant sa première patrouille post-carénage du 25 février au 6 mars 1944.

Du 11 au 22 février 1945, l’Amphitrite accompagné par l’Oréade participe à l’entrainement ASM des contre-torpilleurs Aigle Albatros et Gerfaut (5ème DCT) pour ce qui est le dernier exercice de ce sous-marin.

Mis en position de complément le 14 juin 1945, l’Amphitrite est désarmé le 30 juin 1945 et condamné le 7 juillet 1945 sous le numéro Q-159. Il est remorqué à Toulon le 4 septembre 1945 et confiés aux bons soins du DNM et y était toujours le 5 septembre 1948.

L’Antiope
-L’Antiope (Q-160) est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Seine-Maritime (ACSM) du Trait le 28 décembre 1928 lancé le 18 août 1931 et mis en service le 12 octobre 1933.

En septembre 1939, l’Antiope forme la 16ème DSM en compagnie de ses compères Orphée Amazone et Sibylle, division qui dépend du préfet maritime de la 1ère région (Premar I) avec Cherbourg comme port d’attache.

Du 6 juillet au 9 septembre 1940, le sous-marin Antiope est échoué dans le bassin n°3 de l’Arsenal de Cherbourg pour un grand carénage. Après une période d’entretien à flot, il est armé pour essais le 20 septembre, exécutant ses essais officiels les 21 et 22 septembre puis sa remise en condition du 24 septembre au 5 octobre, rentrant à Cherbourg le lendemain 6 octobre 1940. Il effectue sa première patrouille post-carénage du 16 au 26 octobre 1940.

La réorganisation de septembre 1940 rattache temporairement la 16ème DSM à la 5ème Escadre puisque la division de l’Antiope devant à terme intégrer une future Escadre de la Manche et de la Mer du Nord. Elle est basée à Cherbourg.

Le 17 mars 1942, un décret du ministre de la Marine créé officiellement l’Escadre Légère du Nord (ELN) dont la base est Dunkerque. La 16ème DSM quitte Cherbourg le lendemain et rallie Dunkerque à l’aube le 19 mars 1942.

Du 15 au 22 novembre 1942, les sous-marins Antiope et Amazone participent à l’entrainement ASM des contre-torpilleurs Kersaint et Cassard de la 8ème DCT.

Du 17 au 26 juin 1943, l’Antiope et le Sibylle participent à un nouvel entrainement ASM avec les deux contre-torpilleurs de la 8ème DCT.

Du 9 au 15 octobre 1943, la 16ème DSM au complet participe à un entrainement commun avec la 8ème DCT (Kersaint et Cassard) ainsi que la 3ème (Panthère Lynx Tigre) et de la 6ème DCT (Vautour Milan Epervier) venues de Brest.

Du 20 octobre au 30 novembre 1943, le sous-marin Antiope est échoué au bassin Tourville de l’Arsenal de Brest pour un nouveau grand carénage.

Après une période de travaux complémentaires, il est armé pour essais le 10 décembre 1943. Il réalise ses essais officiels les 11 et 12 décembre et sa remise en condition du 14 au 28 décembre, rentrant à Dunkerque le 29 décembre. Il effectue sa première patrouille post-carénage du 6 au 17 janvier 1944.

L’année suivante, l’Antiope va participer à l’exercice franco-britannique «Entente Cordiale 45» en compagnie des sous-marins  Pasteur Ajax et Sibylle mais également des cuirassés Gascogne et Alsace; du porte-avions Painlevé, des contre-torpilleurs de la 6ème DCT (Vautour Milan Epervier), ainsi que du pétrolier-ravitailleur La Seine (sans oublier les torpilleurs d’escadre d’escorte).

L’exercice «Entente Cordiale 1945» commence le 5 mai 1945 et s’achève le 15 mai, le tout au large des Shetlands, les sous-marins français et leurs homologues britanniques attaquant Scapa Flow le 11 mai 1945.

Mis en position de complément le 7 juillet 1945 en même temps que l’Amazone, l’Antiope est officiellement désarmé le 16 juillet 1945 puis ramené à Cherbourg le 21 juillet 1945 où il est condamné sous le numéro Q-160.

Le 8 mars 1946, il est pris en remorqué pour être ramené à Brest (DNA-Landevennec) mais une voie d’eau oblige le remorqueur à couper la remorque. Avant même que le remorqueur ne passe une nouvelle remorque, le Q-160 s’enfonce et sombre au large de Saint-Malo.

L’Amazone
-L’Amazone (Q-161) est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Seine-Maritime (ACSM) le 14 janvier 1929 lancé le 28 décembre 1931 et mis en service le 12 octobre 1933.

En septembre 1939, l’Amazone forme la 16ème DSM en compagnie de ses compères Orphée Antiope et Sibylle, division qui dépend du préfet maritime de la 1ère région (Premar I) avec Cherbourg comme port d’attache.

Du 10 septembre au 14 novembre 1940, le sous-marin Amazone est échoué au bassin n°3 de l’Arsenal de Cherbourg pour un grand carénage. Après une période de travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 24 novembre 1940.

Les essais officiels ont lieu du 25 au 27 novembre et sa remise en condition du 29 novembre au 10 décembre, l’Amazone effectue sa première patrouille post-carénage du 17 au 27 décembre 1940.

La réorganisation de septembre 1940 rattache temporairement la 16ème DSM à la 5ème Escadre puisque la division de l’Antiope devant à terme intégrer une future Escadre de la Manche et de la Mer du Nord. Elle est basée à Cherbourg.

Le 17 mars 1942, un décret du ministre de la Marine créé officiellement l’Escadre Légère du Nord (ELN) dont la base est Dunkerque. La 16ème DSM quitte Cherbourg le lendemain et rallie Dunkerque à l’aube le 19 mars 1942.
Du 15 au 22 novembre 1942, les sous-marins Amazone et Antiope participent à l’entrainement ASM des contre-torpilleurs Kersaint et Cassard de la 8ème DCT.

Du 9 au 15 octobre 1943, la 16ème DSM au complet participe à un entrainement commun avec la 8ème DCT (Kersaint et Cassard) ainsi que la 3ème (Panthère Lynx Tigre) et de la 6ème DCT (Vautour Milan Epervier) venues de Brest.

Du 1er décembre 1943 au 22 janvier 1944, l’Amazone est échoué au bassin Tourville de l’Arsenal de Brest pour un grand carénage.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 3 février. Les essais officiels de l’Amazone ont lieu les 4 et 5 février et sa remise en condition du 7 au 21 février, date de son retour à Dunkerque. Il effectue sa première patrouille post-carénage du 1er au 12 mars 1944 en mer du Nord.

Mis en position de complément le 7 juillet 1945 en même temps que l’Antiope, l’Amazone est officiellement désarmé le 24 juillet 1945. Remorqué à Cherbourg, le sous-marin est condamné sous le numéro Q-161 le 12 août 1945.

Mouillé en grande rade de Cherbourg, il est ensuite transféré au DNA à Landevennec le 14 avril 1946 et y était toujours en septembre 1948.

L’Atalante

L'Atalante

L’Atalante

-L’Atalante est mis sur cale aux chantiers Schneider de Chalons sur Saône le 17 août 1928 lancé le 5 août 1930 et mis en service le 18 septembre 1934.

En septembre 1939, l’Atalante appartient à la 17ème DSM, division formée avec les sous-marins Aréthuse Vestale et Sultane, la 17ème Division de Sous-Marins formant la 6ème escadrille avec la 20ème DSM (Turquoise Rubis Saphir Nautilus) qui avec la 5ème escadrille (9ème 10ème et 11ème DSM) forme la 4ème flottille qui dépend de la 4ème région maritime même si elle est régulièrement mise à disposition pour emploi au profit de la 4ème Escadre Légère.

Du 20 novembre au 2 décembre, la 17ème DSM au grand complet participe à un exercice commun avec la 11ème DCT (contre-torpilleurs Milan Bison Aigle) et la 12ème DCT, les neuf navires faisant escale à Tunis du 3 au 8 décembre avant de rentrer à Bizerte le lendemain 9 décembre 1940.

La réorganisation décidée en septembre 1940 intègre la 17ème DSM au sein de la 3ème flottille de sous-marins qui regroupe tous les sous-marins de la  6ème Escadre Légère.

Du 16 octobre au 30 novembre 1941, le sous-marin Atalante est échoué sur le dock flottant pour sous-marins de l’Arsenal de Sidi-Abdalah pour un grand carénage.

Après des travaux complémentaires à quai, l’Atalante est armé pour essais le 12 décembre 1941, réalisant ses essais officiels du 13 au 15 décembre et sa remise en condition du 17 au 31 décembre, effectuant sa première patrouille post-carénage du 8 au 18 janvier 1942.

Le 11 novembre 1943, l’Atalante participe à une revue navale sur le lac de Bizerte en compagnie des sous-marins L’Arethuse Turquoise et Nautilus.

Du 18 au 27 novembre 1944, les sous-marins L’Atalante et La Vestale de la 17ème DSM participent à l’entrainement ASM des contre-torpilleurs Vauquelin Chevalier Paul et Tartu (7ème DCT).
Du 1er janvier au 12 février 1945, le sous-marin L’Atalante est échoué sur le dock flottant de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour un grand carénage.

Après des travaux complémentaires à quai, il est armé pour essais le 23 février, réalisant ses essais officiels les 24 et 25 février et sortant pour remise en condition du 27 février au 7 mars 1945. Il réalise sa première patrouille post-carénage du 15 au 25 mars 1945.

Du 11 au 18 octobre 1945, l’Atalante et l’Arethuse de la 17ème DSM participent à l’entrainement ASM de la 10ème DCT. La 17ème DSM réduite aux sous-marins Atalante Vestale Sultane participe ensuite à l’entrainement ASM de la 12ème DCT (Marceau Desaix Kléber) et ce du 13 au 18 novembre et du 20 au 25 novembre 1945.

Du 29 mars au 5 avril 1946, la 17ème DSM participe à l’entrainement ASM de la 5ème DCT et de la 1ère DT au large des côtes du Levant.

Mis en position de complément le 17 avril 1946, l’Atalante est officiellement désarmé le 28 avril 1946. Condamné le 7 mai 1946 sous le numéro Q-162. Il est remorqué le 14 juin 1946 à Toulon et mouillé au Bregaillon jusqu’au 24 juin 1948 quand il est vendu à la démolition et démantelé par un chantier naval toulonnais.

13-Sous-marins (15) sous-marins classe Argonaute (1)

E-Sous-marins de 630 tonnes classe Argonaute

En guise d’introduction

La première guerre mondiale à laissé de profondes traces en France à la fois matérielles, humaines (plus d’un million de morts) et morales. Le pacifisme est une force prégnante dans l’opinion tout comme est prégnant la volonté de sanctuariser le territoire national vis vis de l’Allemagne au premier abord mais plus généralement de toutes les menaces visant la Métropole voir l’Empire.

La défense des côtes bénéficie donc de crédits qui ne sont pas forcément investis dans la réalisation de fortifications pour protéger nos ports. Point en effet de Ligne Maginot navale pour protéger Brest, Toulon, Lorient, Cherbourg.

A quoi on servit ces crédits alors ? Eh bien tout simplement à financer de manière «détournée» des navires supplémentaires et notamment des sous-marins dont les seize sous-marins de classe Argonaute.

Dérivés des sous-marins précédents, le financement des Argonaute est repartit entre le contingent 1926 (Argonaute Aréthuse Diane Meduse), 1927 (Amphitrite Antiope Amazone Atalante), 1928 (Orphée Oréade Orion Ondine II) et 1929 (Psyché Vestale Sibylle Sultane), tous construits comme leurs prédecesseurs par l’Industrie. A noter que les sous-marins du contingent 1926 n’ont pas reçu de numéro Q…… .

L’Argonaute

L'Argonaute

L’Argonaute

-L’Argonaute est mis sur cale aux chantiers Schneider de Chalons sur Saône le 19 décembre 1927 lancé le 23 mai 1929 et mis en service le 1er juin 1932.

Quand la guerre de Pologne éclate en septembre 1939, l’Argonaute appartient à la 19ème DSM qu’il forme avec les sous-marins de classe Sirène Sirène Naïade et Galatée. Cette division dépend du préfet maritime de la 3ème région (Premar III).

Lors de la réorganisation de septembre 1940, l’Argonaute reste intégré à la 19ème DSM mais cette division est transférée à la 5ème escadrille (5ème ESM) qui regroupe tous les «600 tonnes», tous les sous-marins de moyenne patrouille de la 1ère FSM, la composante sous-marine de la 2ème escadre.

Du 1er août au 7 septembre 1941, l’Argonaute est échoué sur le dock flottant de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour un grand carénage.

Armé pour essais le 18 septembre, il exécute ses essais réglementaires du 19 au 21  puis sort pour sa remise en condition du 23 septembre au 7 octobre. Rentrant à Toulon le 10 octobre, il effectue sa première patrouille post-carénage du 15 au 25 octobre 1941

Le 25 septembre 1942, le sous-marin Galatée est désarmé ce qui entraine la dissolution de la 19ème DSM, laissant l’Argonaute hors rang pendant près de dix huit mois au cours duquel il enchaine les patrouilles à un tel rythme que son dernier commandant dira qu’il connaissait par cœur les fonds du Golfe de Gênes.

Alors que son désarmement était prévu en septembre 1944, une avarie au retour d’une patrouille entraine sa mise en position de complément le 14 mars 1944. L’Argonaute est officiellement désarmé le 31 mars 1944.

Condamné le 5 avril sous le numéro Q-26-1, l’ex-Argonaute est remorqué au Bregaillon et confié au DNM le 6 avril 1944. Il y est stocké jusqu’au 14 mai 1947 quand il est vendu à la démolition et démantelé par un chantier de démolition marseillais.

L’Aréthuse

L'Aréthuse à la mer

L’Aréthuse à la mer

-L’Aréthuse est mis sur cale aux chantiers Schneider de Chalons sur Saône le 6 janvier 1928 lancé le 8 août 1929 et mis en service le 14 juillet 1933.

Quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939, le deuxième sous-marin du contingent 1926 est affecté à Bizerte au sein de la 17ème DSM qu’il forme avec ses sister-ships Vestale Sultane Atalante.

Cette division est l’une des deux DSM de la 6ème escadrille de sous-marin qui dépend de la 4ème flottille de sous-marins qui est la composante sous-marine de la 4ème escadre légère.

La réorganisation de septembre 1940 ne change pas grand chose pour l’Arethuse si ce n’est que désormais la 17ème DSM qui dépend toujours de la 6ème escadrille est désormais placée sous le commandement de la  3ème flottille de sous-marins, composante sous-marine de la 6ème Escadre Légère.

Du 20 novembre au 2 décembre 1940, les quatre sous-marins de la 17ème DSM effectue un exercice commun avec la 11ème DCT et la 12ème DT,  les neuf navires faisant escale à  Tunis du 3 au 8 décembre avant de rentrer à Bizerte le 9 décembre 1940.

Du 8 septembre au 15 octobre 1941, l’Arethuse est échoué sur le dock flottant pour sous-marin de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour un grand carénage.

Après des travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 26 octobre, sortant pour ses essais officiels du 27 au 29  puis pour sa remise en condition opérationnelle du 31 octobre au 11 novembre, le sous-marin effectuant sa première patrouille post-carénage du 16 au 26 novembre  avec pour cadre le canal d’Otrante.

Du 13 avril au 2 mai 1942, l’Arethuse et La Vestale participent à l’entrainement ASM du contre-torpilleur Mogador et des torpilleurs légers de la 12ème DT.

Le 12 février 1943, il participe un exercice avec le croiseur léger Emile Bertin, le torpillant après qu’il ait mouillé ses mines, deux torpilles sont tirées contre le croiseur.

Le 11 novembre 1943, il est mouillé au milieu du lac de Bizerte pour une revue navale à laquelle participent les sous-marins L’Atalante, Turquoise et Nautilus.

Décidément fort actif, l’Arethuse participe aux manoeuvres «Harmattan» du 12 mai au 10 juin 1944, ces manoeuvres destinées à répondre à des exercices imposants en Libye italienne voyant L’Aréthuse, La Vestale, Le Saphir et le Nautilus participent à deux exercices ASM.

Du 12 au 28 septembre 1944, l’Arethuse et son compère La Sultane participe à un exercice commun avec des unités de la 2ème Escadre à savoir les croiseurs lourds Algérie Dupleix et Henri IV et des unités de la 4ème Escadre en l’occurence les sous-marins Artémis et Amirde.

Du 15 novembre au 30 décembre 1944, l’Arethuse est échoué sur le dock flottant pour le dernier grand carénage de sa carrière. Armé pour essais le 7 janvier 1945, il exécute ses essais officiels du 8 au 10 janvier puis sa remise en condition du 12 au 22 janvier 1945. Il effectue sa première patrouille post-carénage du 30 janvier au 12 février.

Du 11 au 18 octobre 1945, l’Arethuse et son compère l’Atalante participent à l’entrainement ASM des contre-torpilleurs de la 10ème DCT.

Mis en position de complément le 17 novembre 1945, l’Arethuse est officiellement désarmé le 1er décembre 1945.

Condamné le 12 décembre 1945 sous le numéro Q-26-2 (26 : année de financement et 2 deuxième navire du contingent), il reste mouillé sur le lac de Bizerte jusqu’au 7 juin 1947 quand vendu à la démolition, il est remorqué à un chantier de Tunis qui commence le démantèlement le 12 juin et le termine le 5 juillet 1947.

Le Diane

-Le Diane est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand du Havre le 4 janvier 1928 lancé le 13 mai 1930 et mis en service le 1er septembre 1932.

En septembre 1939, le troisième sous-marin du contingent 1926 appartient à la 14ème DSM en compagnie des sous-marins Danae Ariane et Eurydice, cette division basée à Oran dépendant de la 6ème escadre créée quelques semaines plutôt pour participer à la sécurisation des approches du détroit de Gibraltar en coopération avec les britanniques.

La réorganisation de septembre 1940 voit la 14ème DSM migrer de quelques kilomètres, étant redéployée à Mers-El-Kébir, intégrant la 2ème flottille de sous-marin, composante sous-marine de la 4ème Escadre.

Du 21 janvier au 30 mars 1941, le sous-marin Diane est échoué pour grand carénage sur le dock flottant de Mers-El-Kébir.

Après une période de travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 12 avril, réalisant ses essais officiels du 13 au 15 avril puis sa remise en condition du 17 avril au 1er mai. Il réalise sa première patrouille post-carénage du 2 au 12 mai 1941.

Le désarmement du Danaé en janvier 1943 entraine automatiquement la dissolution de la 14ème DSM, le Diane restant hors rang jusqu’à son désarmement prévu pour l’automne 1944.

Pour lui permettre de tenir jusqu’à cette période, il subit un petit carénage sur le dock flottant du 5 au 30 juin 1943, effectuant ses essais officiels les 7 et 8 juillet puis sortant pour remise en condition du 10 au 20 juillet, effectuant sa première patrouille après travaux du 27 juillet au 5 août 1943.

Du 21 au 27 août, juste avant d’entamer une nouvelle patrouille, il sert de plastron pour l’entrainement anti-sous-marin du contre-torpilleur Valmy de la 4ème DCT.

Mis en position de complément le 12 septembre 1944, le Diane est officiellement désarmé le 25 septembre et condamné le 2 octobre 1945 sous le numéro Q-26-3. Remorqué à Toulon le 2 novembre 1945, il est confié aux bons soins du Dépôt Naval de la Méditerranée (plus connu sous le nom de cimetière naval du Bregaillon) et y était toujours un certain 5 septembre 1948.

La Méduse
-La Méduse est mis sur cale aux chantiers Auguste Normand du Havre le 1er janvier 1928 lancé le 26 août 1930 et mis en service le 1er septembre 1932.

En septembre 1939, le sous-marin Méduse forme la 18ème DSM en compagnie des sous-marins Amphitrite Oréade et Psyché, division qui dépend de la 2ème escadrille, la composante sous-marine de la 6ème Escadre basée à Oran pour participer notamment à la sécurisation du détroit de Gibraltar.

La réorganisation de septembre 1940 affecte la 18ème DSM et donc le sous-marin Méduse à la 2ème flottille de sous-marin, la composante sous-marine de la 4ème escadre dont l’antre est la moderne base de Mers-El-Kébir.

Du 31 mars au 15 mai 1941, le sous-marin Méduse est échoué sur le dock flottant pour sous-marins pour un grand carénage. Après une période de travaux complémentaires à flot, il est armé pour essais le 25 mai.

Ses essais officiels ont lieu du 26 au 28 mai et sa remise en condition du 30 mai au 11 juin, le sous-marin Méduse effectuant sa première patrouille post-carénage du 18 au 28 juin avec pour cadre les côtes espagnoles.

Du 25 avril au 3 mai 1943, il participe à l’entrainement ASM de la 4ème DCT (Valmy Verdun Vauban classe Guépard) en compagnie de son compère Amphitrite. Il enchaine par un entrainement anti sous-marin particulier au profit du Vauban et ce du 16 au 23 août 1943.

Mis en position de complément le 6 juin 1944, il est désarmé officiellement le 21 juin et condamné le 4 juillet 1944 sous le numéro Q-26-4. Il est provisoirement mouillé dans la base de Mers-El-Kébir en attendant qu’il soit transféré à Toulon.

Le 7 septembre 1944, l’ex-Méduse est secoué par une violente explosion qui déclenche un incendie vite incontrôlable. Un remorqueur réussit à éloigner l’épave infernale jusqu’à la haute mer où elle est détruite par les batteries côtières. L’enquête révélera que l’explosion avait été causée par le non dégazage d’un réservoir, les vapeurs s’étant enflammées suite à un pic de chaleur.