23-Armée de terre : Ligne Maginot (7)

La Corse

Les troupes chargées de la défense de Corse sont assez peu nombreuses en dépit d’une menace italienne évidente.

L’infanterie y déploie le 173ème RI, régiment de tradition issue du régiment Royal Corse, régiment bientôt renforcé par le 4ème bataillon du 28ème régiment de tirailleurs tunisiens puis successivement par le 4ème bataillon du 7ème régiment de tirailleurs marocains ainsi que les sixième bataillons des 3ème et 141ème régiments d’infanterie alpine.

L’artillerie est représentée en Corse par le groupement autonome d’artillerie coloniale de Corse (GAACC) bientôt complété par la 111ème batterie du 355ème RA qui allait former le coeur du 13ème groupe du 363ème Régiment d’Artillerie Lourde de Position.

Le génie est représenté en Corse par la 16ème compagnie mixte du 7ème régiment du génie

A la mobilisation en septembre 1939, le 4ème bataillon du 7ème RTM est remplacé par la 363ème demi-brigade d’infanterie alpine à quatre bataillons, la 363ème DBIA étant chargée de la défense du sud de l’île, défense renforcée par une série de casemates baptisés «Ligne Mollard» du nom du commandant des troupes chargées de la défense de la Corse.

Le secteur nord est occupé par le 373ème régiment d’infanterie alpine également connu sous le nom de 373ème DBIA, unité mobilisée sur place avec sept bataillons, la 373ème DBIA étant appuyée par la 18ème compagnie du 28ème RTT qui arme les ouvrages fortifiés alors que le 150ème régiment régional réduit à un bataillon devient le 150ème BR.

En décembre 1939, la 373ème DBIA, les bataillons d’instruction des 3ème et 141ème RIA et le 4ème bataillon du 7ème RTM sont redéployés sur le Continent.

La cavalerie est représentée sur l’île de Beauté par le 43ème Escadron de Mitrailleuses et engins du 10ème régiment de Dragon formé à la mobilisation à Maestrello. A terme, il est prévu qu’un ou plusieurs bataillons de chars de combat soient déployés sur l’île.

Le 15 octobre 1939 en pleine guerre de Pologne, les différentes unités d’artillerie présentes en Corse sont fusionnés en un 92ème RA qui devient groupement en janvier 1940.

 La Tunisie

La défense de la Tunisie contre une éventuelle attaque italienne est assurée notamment par la Région Fortifiée du Sud-Tunisien (RFST) officiellement créée le 1er mars 1940.

Dans le secteur est, on trouve le 5ème régiment de tirailleurs sénégalais (5ème RTS) qui dispose de trois bataillons (1er à Mareth, 2ème à Sadria et 3ème à Zarat). En septembre 1939, il est intégré à la 88ème DIA mais en mars 1940, il est affecté à la RFST comme régiment de mitrailleurs de position.

Dans le secteur ouest, nous trouvons le 32ème régiment de tirailleurs tunisiens (32ème RTT) qui lui aussi dispose de trois bataillons, le 1er à Aïn Tounine, le second à Gouabsia et le troisième à Toujane.

La défense de Gabès est assurée par le 35ème Régiment de Tirailleurs Algériens (35ème RTA) créé spécialement au printemps 1940. Il est appuyé par le 3ème bataillon du 1er régiment étranger d’infanterie.

La défense des avancées est assurée par la 1ère Demi-Brigade d’Infanterie Légère (1ère DBIL) qui dispose de deux bataillons d’infanterie légère, les 1er et 12ème BIL.

La cavalerie dispose du 4ème Régiment de Spahis Tunisiens alors que des unités supplétives sont également déployés dans cette région comme le goum motorisé de Tunisie, les 1er et 2ème groupe mixte du sud-Tunisien.

L’artillerie est représentée par le 380ème régiment d’artillerie d’Afrique et le 388ème régiment d’artillerie de position de Tunisie.

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22-Armée de terre : armement et matériel (88) ordre de bataille (22)

6ème Division Légère Mécanique

La création à Orange le 7 mars 1943 de la 6ème Division Légère Mécanique (6ème DLM) est marquée par deux premières.

La première nouveauté c’est que c’est la première DLM créée ex-nihilo sans partir d’une Division de Cavalerie existante.

La seconde nouveauté c’est qu’elle marque l’introduction d’une nouvelle organisation à deux brigades légères mécaniques autonomes, organisation sur laquelle les cinq premières DLM vont être réorganisées et que deux autres seront ultérieurement créées.

Enfin, on pourrait ajouter une troisième différence c’est que cette 6ème DLM sera la seule déployée dans le Sud du pays, en enfant perdu sous la direction du commandant de l’Armée des Alpes qui dispose là ainsi d’une capacité chars.

Sa mission peut être défensive notamment en cas d’attaque amphibie italienne (pour tourner les puissants ouvrages de la Ligne Maginot alpine) mais également offensive.

La 6ème Division Légère Mécanique est organisée selon le schéma suivant :

-Un état-major divisionnaire

-Un régiment de découverte, le 2ème régiment de cuirassiers

Somua S-40

Somua S-40

-11ème Brigade Légère Mécanique avec un régiment de chars, le 4ème régiment de dragons et un régiment de dragons portés le 9ème RDP accompagnés et appuyés par le 11ème groupe de canons d’assaut, le 11ème escadron antichar porté, le 11ème escadron antiaérien porté et le 11ème groupe de reconnaissance.

-12ème Brigade Légère Mécanique avec un régiment de chars, le 11ème régiment de Chasseurs à cheval (RCch) et un régiment de dragons portés, le 10ème RDP accompagnés et appuyés par le 12ème groupe de canons d’assaut, le 12ème escadron antichar porté, le 12ème escadron antiaérien porté et le 12ème groupe de reconnaissance.

-70ème Régiment d’Artillerie de Division Légère Mécanique (70ème RADLM)

-Le 6ème bataillon du génie avec trois compagnies de sapeurs mineurs portés et une compagnie d’ouvriers de pont.

-Deux compagnies de transmission (une compagnie téléphonique et une compagnie télégraphiste)

-Une compagnie automobile de quartier général

-Une compagnie automobile de transport

-Un bataillon sanitaire divisionnaire

-Un groupe d’exploitation divisionnaire

-Un escadron de réparations divisionnaire, le 17ème ERD rattaché administrativement au 4ème dragons.

Commandement des Forces de Défense de la Corse (CFDC)

Ce commandement installé à Ajaccio à été créé officiellement le 17 mars 1942. Le titulaire de ce poste est un général de corps d’armée qui en temps de paix fait office de gouverneur militaire pour la Corse bien que l’île de Beauté ne soit pas à proprement à parler une région militaire, la Corse dépendant de la 9ème région militaire de Marseille.

En temps de paix, sa mission principale de commander les travaux, de préparer la future mobilisation et en temps de guerre, de commander les troupes chargées de la défense de la Corse.

En raison du relief, la défense est décentralisée avec un Secteur Nord et un Secteur Sud, chaque secteur étant armé par un régiment d’infanterie :

-Le Secteur Nord est armé par le 373ème régiment d’infanterie alpine appelé également la 373ème demi-brigade d’infanterie alpine (373ème DBIA) qui aligne pas moins de sept bataillons associé à des équipages d’ouvrages. Il bénéficie également du soutien du 3ème régiment de mitrailleurs.

-Le Secteur Sud est armé par le 173ème régiment d’infanterie alpine (173ème RIA) qui à la mobilisation devient la 173ème Demi-Brigade d’Infanterie Alpine avec pas moins de six bataillons, les trois bataillons du temps de paix se dédoublant. Ils sont associés à des équipages d’ouvrages. Il bénéficie du soutien du 5ème régiment de mitrailleurs.

En ce qui concerne l’artillerie, le 92ème Régiment d’Artillerie de Montagne (92ème RAM) issu du Groupement Autonome d’Artillerie de Corse (GAAC) dont les moyens étaient fournis par le 2ème Régiment d’Artillerie Coloniale.

Il dispose de deux groupes de 75mm (1er à Bastia et 2ème à Bonifaccio) et deux équipés de canons de 155C (3ème à Ajaccio et 4ème à Porto-Vecchio) ce qui permet d’armer les Secteurs Nord et Sud de deux groupes soit six batteries et vingt-quatre canons.
A la mobilisation en septembre 1948, l’artillerie en Corse est renforcée avec le 363ème Régiment d’Artillerie Lourde Portée qui dispose de deux groupes de 155L équipé d’un total de vingt-quatre canons de 155mm GPF-T. Il est basé à Ajaccio et maintenu comme régiment de réserve à la différence du 92ème RAM.

En ce qui concerne la cavalerie, le 43ème Escadron de Mitrailleuses et d’Engins du 10ème régiment de dragons activé en 1939 et dissous à la démobilisation n’est pas reconstitué et la composante cavalerie du CFDC est composé de deux unités :

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40, monture du 30ème BCC

-Le 30ème Bataillon de Chars de Combat (30ème BCC) équipé de 45 Renault R-40  toujours en service en septembre 1948. Il est stationné à Bastia

-Le Groupement Motorisé de Corse (GMC) est une unité équivalente aux GRDI avec  douze chars légers Hotchkiss H-39 et huit automitrailleuses de découverte Panhard AMD  178 à canon de 25mm. Il est stationné à Ajaccio.

On trouve également des unités de génie et des transmissions, de l’intendance et du service de santé ainsi qu’un régiment de pionniers de Corse chargé de travaux d’aménagement et de fortifications.

Suite au déclenchement du second conflit mondial, la défense de la Corse en première ligne face à l’Italie est nettement renforcée avec l’envoi de la 3ème Division Marocaine (2ème régiment de tirailleurs marocains et 21ème régiment de zouaves) et de la 27ème Demi-Brigade de Chasseurs Alpins (87ème, 91ème et 95ème BCA), prémices à l’envoi éventuel du reste de la 17ème DI sans parler de l’envoi d’autres divisions si l’île devait être attaquée où servir de base un assaut contre la Sardaigne où l’Italie péninsulaire.