Grande Bretagne (27) Porte-Avions (2)

Porte-avions HMS Eagle

Course aux armements en Amérique Latine

Colonisée par l’Espagne et le Portugal (les apports néerlandais, britanniques et français sont mineurs, négligeables), le sous-continent sud-américain se libère au début du dix-neuvième siècle sous l’impulsion d’hommes comme Simon Bolivar.

Ce dernier espère maintenir l’unité de la majorité des anciennes colonies espagnoles mais les différences sont déjà trop fortes et des Etats-Nations émergent rapidement des vice-royautés espagnoles.

Ces Etats-Nations sont rapidement rivaux et des guerres éclatent. Qui dit guerres dit armement essentiellement terrestre mais également naval.

Le cuirassé Minas Gerais de la marine brésilienne

Le cuirassé Minas Gerais de la marine brésilienne

En 1905, le Brésil commande trois cuirassés de classe Minas Geraes, des cuirassés de type dreadnought armés de dix canons de 305mm en cinq tourelles doubles.

BB Classe Rivadivia Argentine

Cette commande entraine celle de l’Argentine avec deux cuirassés de classe Rivadivia (navires commandés aux Etats-Unis, seuls cuirassés exportés par Washington avec un cuirassé exporté en Turquie) puis celle en 1910 de deux cuirassés par le Chili, les Valparaiso (rebaptisé ensuite Almirante Lattore) et Almirante Cochrane, deux navires de type superdreadnought armés de dix canons de 343mm en cinq tourelles doubles.

 

Quand le premier conflit mondial éclate en août 1914, seul le premier est achevé. Réquisitionné par la Royal Navy, il va y servir sous le nom de HMS Canada jusqu’en 1920.

Quand au second, il va être transformé en porte-avions sous le nom de HMS Eagle.

Le cuirassé chilien Almirante Lattore

Le cuirassé chilien Almirante Lattore

Carrière opérationnelle

Le HMS Eagle

Le HMS Eagle

-Le HMS Eagle (94) est mis sur cale sous le nom d’Almirante Cochrane aux chantiers Armstrong Whitworth de Newcastle-upon-Tyne le 20 février 1913 lancé le 8 juin 1918. La construction à été suspendue en octobre 1919 à un moment où le Chili était prêt à le racheter quitte à ce que le navire soit achevé en cuirassé.

Les travaux reprennent dès le mois de novembre 1919, les essais commencent en février 1920 mais la mise en service n’est prononcée que le 26 février 1924 en raison d’une mise au point délicate.

Affecté en Méditerranée jusqu’en mai 1926, il effectue une brève incursion à Hong Kong avant de revenir en Méditerranée jusqu’en 1930. Il subit une refonte en Grande-Bretagne de 1931 à 1933 avant de retourner en Asie où il reste jusqu’en 1935. Il est à nouveau en Extrême-Orient à partir de juin 1937, affecté à la China Station.

Il participe à la guerre de Pologne dans l’Océan Indien, assurant des missions de présence contre les raiders allemands.

Le conflit terminé, le porte-avions retourne en Grande-Bretagne pour un grand carénage qui l’immobilise à Portsmouth de février 1940 à avril 1941. Il est de retour en Extrême-Orient en juin et va rester déployé jusqu’à son désarmement survenu le 4 mars 1946.

Il rentre en Métropole en juin 1946. Placé en réserve, il est condamné en janvier 1947 et démoli à Rosyth entre mars et juin 1947.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 21630 tonnes pleine charge 26000 tonnes

Dimensions : longueur 203.5m largeur 29m tirant d’eau 7.5m

Propulsion : 4 turbines à engrenages : deux Brown-Curtis à haute pression et deux Parsons basse-pression alimentées par 32 chaudières Yarrow développant 50000ch et actionnant 4 hélices

Performances : Vitesse maximale : 25 noeuds Distance Franchissable : 4000 miles nautiques à 18 noeuds

Protection : ceinture de 51 à 76mm pont des hangars 25mm bouclier 25mm

Armement : 9 canons de 152mm (6inch) Mark XVII en neuf affûts simple, 4 canons de 102mm (4inch) Mark XVI en quatre affûts simples, 16 canons de 40mm Bofors et 13 mitrailleuses . Au cours de la refonte de 1940/41, le porte-avions remplace ses canons de 152mm et de 102mm par huit canons de 120mm, la DCA légère est désormais composée de seize canons de 40mm Bofors.

Installations d’aviation Pont d’envol de 198.75m de long sur 29.25m relié aux hangars par deux ascenseurs axiaux, le hangar supérieur mesurant 121.92m de long sur 10m de large et 6.10m de haut (dimensions du hangar inférieur inconnues)

-Ascenseur avant en T (14m de long sur 13.70m de large) et ascenseur arrière rectangulaire (14m de long sur 10m de large)

-Une bosse permet l’arrêt des avions mais ce système inefficace est rapidement abandonné au profit des brins d’arrêt.

-Pas de catapulte

Groupe aérien : L’Eagle embarquait environ 24 appareils avant guerre : des avions de reconnaissance Fairey IIIF, des chasseurs Hawker Nimrod et Hawker Osprey.

A la déclaration de guerre, il n’embarquait plus que 18 avions torpilleurs Fairey Swordfish, appareils qui sont renforcés en juin 1940 par trois chasseurs Gloster Sea Gladiator puis en décembre 1940 par 2 bombardiers en piqué Blackburn Skua.

A la fin de sa carrière, le groupe aérien se compose de huit Grumman Martlet (un chasseur américain plus connu sous le nom de Wildcat), six Fairey Swordfish de torpillage, de reconnaissance et d’observation et quatre Douglas Dauntless de bombardement en piqué.

Equipage : 834 hommes : 660 pour la conduite du navire et 174 pour le groupe aérien.
Porte-avions HMS Hermes

Le HMS Hermes en 1920

Le HMS Hermes en 1920

Le premier porte-avions conçu comme tel

Après un porte-avions disposant de deux pont d’envol séparés par le bloc-passerelle (Furious) et un porte-avions à pont d’envol continu (Argus), les britanniques acquièrent une confortable expérience.

Parmi le retour d’expérience figure la gestion des opérations de vol. Le besoin de superstructures se révèle crucial. Un ilot à tribord est nécessaire également pour l’évacuation des fumées, les cheminées horizontales ne se révélant pas aussi efficaces qu’espéré.

Après les tests sur l’Argus avec un ilot en toile, les nouveaux porte-avions britanniques (Eagle et Hermes) reçoivent un ilot asez imposant notamment pour le premier.

Si le premier est une conversion comme le Furious et l’Argus, le second est le premier porte-avions mis sur cale comme tel, titre de gloire qu’il dispute avec le japonais Hosho.

Carrière opérationnelle

-Le HMS Hermès (95) est mis sur cale aux chantiers Armstrong Whitworth de Newcastle-upon-Tyne le 15 janvier 1918 lancé le 11 septembre 1919 mais les travaux sont suspendus jusqu’en janvier 1920 date à laquelle il est remorqué à l’Arsenal de Devonport pour être achevé et mis en service en janvier 1923.

Il est déployé en Méditerranée en alternance avec l’Eagle jusqu’en 1926 quand il rallie Hong Kong pour une campagne anti-piraterie. De novembre 1927 à mars 1928, il subit un grand carénage en métropole. Il va alterner carénages et déploiements en Extrême Orient jusqu’en juin 1937 quand il rentre en Métropole pour être mis en réserve.

Réarmé en septembre 1939, il participe à la protection du trafic commercial dans l’Atlantique puis dans l’Océan Indien jusqu’à la fin du conflit.

Après un carénage en métropole de juin 1940 à mars 1941, le porte-avions léger est déployé à Aden pour servir de navire de présence. Ses missions sont multiples : présence, police coloniale contre les remuantes tribus arabes, protection du trafic commercial…. .

Désarmé le 4 septembre 1946, le HMS Hermes rentre en métropole en décembre où il est mis en réserve. Rebaptisé Commander Edward Dunning, il sert de porte-avions d’entrainement au profit des jeunes pilotes de la FAA, les navires d’entrainement notamment le porte-avions ainsi que les croiseurs HMS Emerald et Vindictive formant un Training Squadron stationné à Portsmouth.

Quand le second conflit mondial éclate le 5 septembre 1948, le vieux porte-avions va servir de transport d’avions notamment ceux de la RAF destinés à être déployés en Norvège.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 10850 tonnes pleine charge 13000 tonnes

Dimensions : longueur 182.3m largeur 21.4m tirant d’eau 5.7m

Propulsion : turbines à engrenages Parson alimentées par six chaudières Yarrow dévellopant une puissance totale de 40000ch et entrainant deux hélices.

Performances : vitesse maximale 25 noeuds distance franchissable 6000 miles nautiques à 18 noeuds

Protection : ceinture 51-76mm pont des hangars 25mm bouclier 25mm

Armement : 3 canons de 120mm (4.7 inch) MkVIII en affût simples associés à 6 canons de 140mm (5.5inch) BL mark 1 eux aussi en affût simples. Deux affûts quadruples de 12.7mm et 6 canons de 20mm embarqués en 1934.

Après sa refonte de 1940/41, le porte-avions dispose de huit canons de 102mm en affûts doubles, de huit canons de 40mm Bofors en affûts doubles et de six canons de 20mm Oerlikon en affûts simples.

Installations aéronautiques/Groupe aérien

-Deux ascenseurs axiaux en T reliant le hangar au pont d’envol

-Brins d’arrêts longitudinaux puis transversaux.

-L’Hermes reçut également une bosse à l’arrière du pont d’envol pour freiner les appareils avant leur appontage mais ce système se révéla inefficace et fût démonté

Le groupe aérien pouvait se composer de 20 appareils mais au fil du temps il fût réduit à 15 voir même 12 appareils.

Juste avant son désarmement, il embarquait quatre Grumman Martel, six Fairey Swordfish et deux Douglas Dauntless.

Equipage : 660 officiers et marins pour la conduite du navire et 40 hommes pour le groupe aérien
Porte-avions classe Courageous

Des croiseurs de bataille transformés

Le bouillant amiral Fisher était un leader charismatique, débordant d’idées pour sortir la Royal Navy d’une certaine léthargie. La domination de la marine britannique était tellement écrasante que la marine de Sa Gracieuse Majesté ressemblait parfois à la Belle au Bois Dormant.

Après avoir rayé des registres des navires impropres au combat (“too old to fight too slow to run away”), le nouveau premier lord de l’Amirauté impose la turbine et fait triompher deux concepts de navire de combat, l’un en maturation (le cuirassé à artillerie monocalibre) et l’autre issu de son imagination (le croiseur de bataille).

Sur le plan géostratégique, l’amiral anglais eut l’idée de frapper l’Allemagne au cœur en débarquant sur les côtes de la mer Baltique une armée russe associée à des contingents anglais pour atteindre le plus rapidement possible Berlin situé à seulement 80km de cette Mare Nostrum germanique.

Pour cela il fallait des navires de transport, d’appui et de combat, des navires de ligne adaptés à une mer aux eaux peu profondes. D’où la commande de trois croiseurs de bataille légers baptisés Courageous Glorious et Furious, les deux premiers furent armés de quatre canons de 381mm en tourelles doubles, le second de deux canons de 457mm (18 pouces) en tourelles simples.

Ces navires n’étaient pas achevés quand le projet fût définitivement abandonné en 1916 suite à la fois au départ de Fisher de l’Amirauté ainsi que de l’échec de l’opération des Dardannelles, une opération stratégiquement censée mais menée de façon déplorable.

Sans réelle affectation, ces trois navires auraient du avoir une carrière brève si il n’avait pas été décidé de les transformer en porte-avions. Si le Furious le fût sans contrainte extérieure, ses deux demi-frères Courageous et Glorious le furent pour éviter une démolition inévitable avec les limitations du traité de Washington de 1922.

Carrière opérationnelle

Le HMS Courageous

Le HMS Courageous

-Le HMS Courageous est mis sur cale aux chantiers Armstrong Whitworth de Newcastle-upon-Tyne le 18 mars 1915 lancé le 5 février 1916 et mis en service le 4 novembre 1916.

Il participe à quelques opérations du premier conflit mondial dont la seconde bataille d’Heligoland avant d’escorter la Hochseeflot de ses ports allemands à Rosyth puis à Scapa Flow (21 novembre 1918).

Pour se conformer au traité de Washington, décision est prise de le transformer en porte-avions comme son sister-ship Glorious. Le Courageous fût ainsi transformé à Devonport à partir de 1924, sa remise en service ayant eu lieu en mai 1928.

Il est ensuite affecté en Méditerranée jusqu’en 1930 quand il retrouve la flotte de l’Atlantique (redevenue Home Fleet en 1932) en remplacement de l’Argus.

Quand la guerre de Pologne éclate, le Courageous est affecté à la Channel Force, une force chargée de protéger les côtes anglais mais surtout de traquer les raiders et sous-marins allemands.
Le 17 septembre 1939 alors qu’il croisait avec quatre destroyers dans le sud-ouest de l’Irlande, il est torpillé par le U-29 qui lance trois torpilles. Deux font mouches et le navire coule en quinze minutes, emportant 519 marins dont le commandant.

Cette attaque plus celle manquée du U39 sur l’Ark Royal le 14 septembre, conduit la Royal Navy à retirer ses porte-avions des missions de lutte ASM.
Le nom de Courageous sera repris par l’un des deux porte-avions de classe Malta modifié commandé dans le cadre du programme de guerre.

Le HMS Glorious en 1938

Le HMS Glorious en 1938

-Le HMS Glorious est mis sur cale aux chantiers navals Harland & Wolff de Belfast le 1er mai 1915 lancé le 20 avril 1916 et mis en service en janvier 1917.

Tout comme son sister-ship Courageous, il participe avec le Repulse à la seconde bataille de la baie d’Heligoland, un engagement mineur du premier conflit mondial.

Anticipation sur l’avenir, il reçoit des plate-formes sur ses tourelles de 15 pouces pour pouvoir mettre en oeuvre des chasseurs mais cette solution qui ne plait guère aux canonniers n’à aucun avenir.

Après avoir escorté la flotte de haute mer allemande à Rosyth puis à Scapa Flow, le Glorious devient navire-école de canonnage à la Gunnery School de Devonport avant de devenir navire-amiral de la Reserve Fleet.

Pour échapper aux chalumeaux des démolisseurs, le Glorious est transformé en porte-avions entre 1924 et 1929, le HMS Glorious étant remis en service dans sa nouvelle configuration le 10 mars 1930. D’abord équipés de deux ponts d’envols, il ne dispose plus que d’un après la refonte de 1934/35.

Affecté en Méditerranée, il est impliqué dans une collision avec le paquebot français Florida (SGTM) à soixante miles de Gibraltar le 1er avril 1931. Les deux navires s’en sortent mais il y à trente morts dont 29 pour le paquebot.

Après la refonte ayant supprimé le deuxième pont d’envol, le porte-avions retourne en Méditerranée. Durant la guerre entre l’Italie et l’Ethiopie, Londres et Rome sont à deux doigts d’entrer en guerre, le capitaine de vaisseau Lister, commandant du porte-avions propose un raid contre Tarente pour frapper la flotte italienne mais cette solution audacieuse et risquée n’est pas retenue par le gouvernement britannique.

Durant la guerre de Pologne, il opère en Méditerranée et dans l’Océan Indien pour traquer le Graf Spee (qui avait coulé un pétrolier britannique au large du Mozambique alors colonie portugaise) mais sans succès.

Le conflit terminé, il retourne en Méditerranée, subissant un grand carénage à Gibraltar de septembre 1940 à juin 1941, une remise en état complète, une modernisation de sa DCA et l’installation d’un radar de veille aérienne.

Il va rester déployer en Méditerranée jusqu’à son désarmement prononcé le 14 septembre 1945 à Malte. Il rallie sans son groupe aérien la Métropole, arrivant à Portsmouth (après des escales à Gibraltar du 18 au 21 septembre, à Lisbonne du 22 au 25 septembre, à La Corogne du 27 au 30 septembre) le 4 octobre 1945.
Mis en réserve, il est condamné le 8 septembre 1947 puis vendu à la démolition à un chantier néerlandais.

Privé de propulsion, il est remorqué jusqu’à sa destination à savoir Rotterdam. Quittant Portsmouth le 12 octobre 1947, il est pris trois jours plus tard dans une violente tempête à la hauteur de Douvres.

La remorque casse et avant que les remorqueurs ne parviennent à reprendre l’ancien porte-avions en remorque, une voie d’eau provoque son naufrage. L’épave retrouvée en 1975 repose à 135m de profondeur en un seul tenant.

Le nom de Glorious est repris par un porte-avions de type Malta modifié commandé dans le cadre du programme de guerre.

Caracteristiques Techniques
Déplacement : standard 22500 tonnes pleine charge 26500 tonnes
Dimensions : longueur hors tout 239.6m longueur entre perpendiculaires : 224m largeur 27.6m
tirant d’eau : 8.5m
Proulsion : Quatre turbines à engrenages Parson alimentées par 18 chaudières Yarrow à petit tube dévellopant une puissance totale de 91195ch (67 MW)et actionnant quatre hélices.
Performances : Vitesse maximale : 30.5 noeuds Distance franchissable : 5860 miles à 16 noeuds
Protection : ceinture de 25 à 76mm pont du hangar 25 à 76mm
Armement : 16 canons de 120mm (4.7 inch) MkVIII en 16 affût simples et 3 affûts octuples Pom-Pom (2 Pdr).

L’armement évolue jusqu’à son désarmement, le nombre de canons de 120mm est réduit à 12 et le nombre d’affûts

Pom-Pom augmente, deux affûts quadruples s’ajoutant aux trois affûts octuples.
Installations aéronautiques :
Les Courageous disposent de deux hangars superposés long de 167.6m reliés au pont d’envol par deux ascenseurs axiaux. Deux catapultes sont également installées à l’avant.
Groupe aérien
Les Glorious embarquent 48 appareils. Parmi les appareils embarqués figurent le Fairey Swordfish, le Gloster Sea Gladiator, le Farey Flycatcher, le Blackburn Ripon, le Blackburn Sea Skua et le Fairey IIIF.
Peu avant son désarmement, le groupe aérien se composait de douze chasseurs Grumman Martlet, de seize Fairey Swordfish de torpillage, de reconnaissance et d’observation (TSR : Torpedo Scouting Reconnaissance), quatre Fairey Fulmar de chasse à long rayon d’action et de huit Douglas Dauntless de bombardement en piqué.
Equipage : 1216 officiers et marins

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Grande-Bretagne (21) Artillerie et Systèmes d’Armes (3)

4.7 Inch QF Mark VIII (canon de 120mm modèle 1918)

4.7 Inch Mark VIII à bord du cuirassé HMS Rodney

4.7 Inch Mark VIII à bord du cuirassé HMS Rodney

Ce canon de 4.7 pouces soit 120mm est mis au point pour équiper notamment les cuirassés de classe Nelson et les croiseurs de bataille de classe Glorious.
Ce canon de 40 calibres tire des obus de 22.68kg à une distance maximale de 14780m en tir surface (site : +45°) et de 9750m en tir AA. L’affût MkXII pèse 12561kg et peut pointer en site de -5° à +90° (à raison de 10° par seconde) et en azimut sur 360° (à raison de 10° par seconde).
Les Nelson disposaient de six canons en affûts simples alors que les Glorious en configuration porte-avions embarquaient seize pièces.

Ces canons étaient toujours en service en septembre 1948 sur les Nelson, le projet de remplacer ses canons par d’autres pièces plus modernes (de même calibre ou d’un calibre approchant) n’ayant pas abouti.
4.7 Inch QF Mark IX et XII (canon de 120mm modèle 1930)

4.7 Inch QF Mark IX

4.7 Inch QF Mark IX

Ces deux modèles de canons fort similaires vont équiper la majorité des destroyers britanniques construit durant la période séparant le premier du second conflit mondial (1918-1948). Ces canons sont du type Quick Fire, remplaçant sur les destroyers des canons type Breech Loader.
Le Mk IX associé à l’affût simple CP Mk XIV va équiper tous les destroyers construits durant la période 1918-1948 au moins jusqu’aux Tribal qui eux disposaient de canons Mk XII _guère différents des Mark IX_ installés en affûts doubles CP Mk XIX.
Le canon de 120mm Mark XII équipe désormais les destroyers à partir donc des Tribal. La classe J reçoit comme les classes A à I quatre canons (cinq pour les chefs de flottille) en affûts simples sous masque.
Après une classe K quasi-identique à la classe J, la classe L est marquée par un armement composé pour quatre d’entre-eux de trois tourelles doubles de 120mm (les quatre recevant huit canons de 102mm en quatre tourelles doubles).
Ce choix de canons de 102mm aux excellents performances antiaériennes mais aux capacités antisurface plus discutables ne fût pas jugé pertinent car les classes suivantes (M à Q) retrouvèrent leurs trois tourelles doubles de 120mm qui furent modifiées et devenues Dual-purpose sous le nom de Mark XIX* puis de Mark XX.
Ce canon de 47 calibres (longueur du tube : 5.640m) tire des obus de 22.7kg à une distance maximale de 15520m (+40°) à raison d’une cadence de tir maximale de dix coups à la minute. La capacité en munitions des destroyers m’est inconnue.
4.5 Inch QF Mk II, III et IV (canon de 114mm modèle 1935)

4.5 Inch QF Mark II à bord du HMS Renown

4.5 Inch QF Mark II à bord du HMS Renown

Ces différents modèles de canons sont mis au point au court des années trente dans le but initial d’équiper les nouveaux porte-avions (Ark Royal et suivants) d’un armement polyvalent aussi efficace contre les avions que contre l’assaut de bâtiments de surface.
Le choix de ce calibre était la réponse à l’échec d’un canon de 130mm et qu’avec 38kg, le projectile complet de 114mm semblait avoir atteint une limite qu’on ne pouvait dépasser celle des servants appelés à manipuler au combat ces projectiles. Les différents modèles sont assez proches, les différences étant peu nombreuses.
Ces canons équipèrent en premier le HMS Ark Royal considéré comme le premier porte-avions moderne de la Royal Navy. Il va équiper ensuite tous les porte-avions blindés de la marine de Sa Gracieuse Majesté à l’exception des Colossus qui ne disposaient que d’une DCA légère.
Il va également équiper les cuirassés refondus (Queen Elisabeth, Revenge, Repulse et Renown), toujours en affûts doubles mais également certains navires en affûts simples notamment les destroyers du programme de guerre.
Ce canon de 45 calibres (longueur du tube : 5.538m) tire des obus de 38kg (projectile de 26kg plus douze kilos pour la charge propulsive à une distance maximale de 18970m en tir antisurface et de 12500m en tir antiaérien à raison de douze coups à la minute (quatorze coups pour les affûts simples des destroyers du programme de guerre).
L’emport de munitions varie naturellement en fonction des navires. Les porte-avions embarquent 400 projectiles par canon tous comme les cuirassés alors que les destroyers en embarqueront 250 par affût double soit 750 obus de 114mm.
L’affût double RP Mark II _seul en service en septembre 1948_ pesait 46 tonnes, permettant aux canons depointer en site de -5° à +80° à raison de 20° par seconde et en azimut sur 150° de part et d’autre de l’axe à raison de 15° par seconde.
Au cours du conflit, un canon Mark V fût mis au point. Spécifiquement conçu pour la lutte antiaérienne, il tirait des obus munis de fusées de proximité. L’affût simple et double (RP Mark 10 pour le premier, RP Mark 50 pour le second) étaient capables de pointer en site jusqu’à +85°.
En septembre 1950, la Royal Navy prit la décision de faire du 114mm le calibre standard de ses destroyers, abandonnant le 102 et le 120mm.
Ce canon de 114mm à aussi été utilisé par l’armée de terre pour la défense antiaérienne territoriale.
4 Inch QF Mk IV, XII et XXII (canon de 102mm modèle 1904 et 1918)
Le canon de 4 pouces (102mm mais officiellement 101.9mm) était l’un des canons antiaériens les plus usités par la marine de Sa Gracieuse Majesté. Plusieurs modèles anciens et modernes étaient utilisés en septembre 1939 comme en septembre 1948.
Le premier modèle utilisé était le QF Mark IV qui apparait en 1913 quand le croiseur Foresight est réarmé. Il est ensuite utilisé par les destroyers et les flottilla leaders. Ce modèle Mark IV génère des versions dérivées (Mark XII XII* et XXII) adaptées à une utilisation à bord des sous-marins qui sont à l’époque plus des torpilleurs submersibles qu’autre chose.
Ces canons étant encore en service en septembre 1939 mais également en septembre 1948 même si ce modèle était en voie d’extinction. Durant le second conflit mondial, c’était l’arme de prédilection des navires marchands et des croiseurs auxiliaires.
Ce canon de 40 calibres (longueur du tube : 4.080m) tire des obus (séparés pour le Mk IV, encartouchés pour les autres modèles) de 14kg (21 ou 23kg en comptant la charge propulsive) à une distance maximale de 10.590m (+30°) à raison de treize coups par minute.
Les affûts simples pesaient 3 à 5 tonnes selon les modèles, permettant de pointer en site de -10 à +20 ou 30° et en azimut sur 360° sauf pour les affûts destinés aux sous-marins qui ne pouvaient pointer que sur 120° de part et d’autre de l’axe.
4 Inch QF Mark V (canon de 102mm modèle 1914)

4 Inch QF Mark V à bord du HMS Nelson

4 Inch QF Mark V à bord du HMS Nelson

Si le canon de 102mm Mark IV était un canon utilisant des obus séparés (BL), le Mark V fût conçu d’emblée comme un canon utilisant des munitions encartouchées.
Ce choix répond à une volonté de l’Amirauté britannique d’améliorer la cadence de tir des canons de ces destroyers, cadence qui pouvait faire la différence dans un combat nécessairement rapide et brutal.
Introduit d’abord comme canon anti-surface (Low Angle), le Mark V va ensuite être utilisé comme canon antiaérien dès la fin du premier conflit mondial. Il devint pour ainsi dire le canon antiaérien longue portée standard de la marine britannique. Ce canon à aussi été exporté en Argentine.
A noter qu’une version dérivée baptisée Mk XV ne fût pas produite en grande série en raison d’une cadence de tir trop faible pour être efficace.
Ce canon de 45 calibres (longueur du tube : 4.590m) tire des obus de 14 (explosif) ou 15 kg (semi-perforants (poids du projectile complet 24 ou 25kg) à une distance maximale de 14590m (+45°) en tir antisurface et de 8763m en tir antiaérien (+80°) à raison de 10 à 15 coups par minute (9 coups seulement pour la version Mark XV).
Les affûts pèsent 5 à 7 tonnes, permettant aux canons de pointer en site de -10° à +30° pour les premiers et de -5° à +85° pour les derniers modèles. En azimut, le canon peut pointer sur 360° avec naturellement des sécurités pour éviter les tirs fratricides. La dotation en munitions est de 150 à 250 coups par canon.
4 Inch BL Mk IX et X (canon de 102mm modèle 1916)
Le premier cuirassé à artillerie mono calibre ne disposait que d’un faible armement secondaire, des canons de 76mm anti-torpilleurs. Un vrai débat opposa les partisans d’une artillerie secondaire vigoureuse de ceux partisan d’une artillerie secondaire limitée au strict nécessaire.
L’amiral Fisher était de ceux-là, estimant que le canon de 102mm était suffisant pour contrer toutes les menaces qui ne nécessitaient pas l’utilisation de l’artillerie principale.
A l’époque, deux modèles existaient, le QF Mark V et le BL Mark VIII, deux modèles qui avaient leurs qualités et leurs défauts. Avec un pragmatisme tout anglo-saxon, les britanniques prirent le meilleur des deux armes pour crééer le 4 Inch BL Mk IX qui équipa les croiseurs de bataille de classe Renown et Courageous.
Ces canons furent également utilisés sur les corvettes de classe Flower qui récupérèrent les canons des unités désarmées tout comme des navires auxiliaires ou appartenant à la catégorie de la “poussière navale”.
Si le Mark IX fût conçu et construit pour la Royal Navy, le Mark X désignait un modèle de canon conçu pour les cuirassés de défense côtière de classe Nidaros qui furent réquisitionnés par la Royal Navy.
Ce canon de 45 calibres (longueur du tube : 4.590m) tire des obus de 10kg (poids du projectile : 14kg) à une distance maximale de 12344m (+30°) à raison de 10 à 12 coups par minute.

L’affût triple T. MkI pèse 18.8 tonnes en ordre de combat et peut pointer de -10° à +30° en site et sur 360° en azimut. La dotation en munitions était généralement de 150 coups par canon.

L’affût simple CP I pèse 4.79 tonnes et les performances en élévation et rotation sont identiques à celles de l’affût triple
Aucun nouveau modèle de canon de 4 pouces n’est développée, la Royal Navy préférant réduire le nombre de ces calibres en se focalisant sur le 4.5 pouces soit 114mm.
Artillerie légère (12.7mm à 76mm)

3 inch QF HA Mark I II III IV (canon de 76mm modèle 1913)

Canon de 76mm (3 Inch)

Canon de 76mm (3 Inch)

Ce canon est le premier canon antiaérien mis au point à cette fin pour la Royal Navy. Sa carrière est courte sur les grandes unités car il est remplacé après le premier conflit mondial par un canon de 4 pouces.
Il est néanmoins encore en service en septembre 1939 sur les sous-marins légers et sur certains destroyers qui remplacent souvent une plate-forme lance-torpilles. Néanmoins en septembre 1948, seuls les sous-marins sont encore armés de ce canon.
Ce canon de 45 calibres (longueur du tube : 3.420m) tire des projectiles de 12.8kg (poids du projectile : 5.67kg) à une distance maximale de 9970m en tir antisurface et de 7160m en tir antiaérien à raison de 12 à 14 coups par minute.
Durant le second conflit mondial, un projectile plus lourd de 7.94kg augmentait la portée en tir antisurface à 11810m et le tir antiaérien à 4790m.
L’affût simple pèse 2862kg et permet aux canons de pointer en site de -10 à 90° pour les navires de surface, de -10 à +40° pour les sous-marins, l’affût permettant de pointer en azimut sur 360° La dotation en munitions varie selon les navires de 150 à 250 coups par pièce.
Au cours du conflit, un nouveau canon de 3 pouces est développé mais ceci est une autre histoire.
6 pounder QF (canons de 57mm)
-Plusieurs modèles de canons de 6 livres (environ 57mm) sont en service en septembre 1939.
-Le 6-pdr 10cwt QF Mark I est utilisé comme les autres modèles principalement sur les navires légers et les navires auxiliaires. Ce canon de 47 calibres (longueur : 2.679m) tire des projectiles de de 2.85kg à une distance maximale de 10330m (+45°) à raison de 18 coups par minute. L’affût double utilisé également par la défense côtière permettait aux canons de pointer en site de -10° à +80° et en azimut sur 360°. Dotation en munitions inconnue.
-Les autres modèles aux caractéristiques et aux performances similaires sont les 6-pdr 8cwt QF Mark I et II 6 pdr 6 cwt QF Mark I et II et 3 pdr Hotchkiss QF Mark I et II
Canons antiaériens légers
-Dès le premier conflit mondial, la Royal Navy utilise des canons automatiques de petit calibre, le premier d’entre-eux est le 2-pdr QF Mk II plus connu sous le nom de Pom-Pom. La version améliorée appelée Mark VIII fait entrer définitivement le terme Pom-Pom dans le langage courant.
Ce canon fût le canon antiaérien léger principal de la marine britannique jusqu’au second conflit mondial, canon utilisé sur des affûts octuples Mark VIA, des quadruples Mk VII*P et des simples Mk VII* Mk VIII* et Mk XVI.
Il servait également d’arme principale sur les navires légers comme les vedettes et certains auxiliaires.

Affût quadruple "Pom-Pom"

Affût quadruple « Pom-Pom »

Le 2nd QF Mk VIII était un canon de 39 calibres tirant des projectiles de 0.765kg à une distance maximale de 6220m en tir anti-surface et de 3960m en tir antiaérien à raison de 140 coup par minute.
Quand le conflit mondial éclate, les performances du « Pom-Pom » sont en passe de devenir insuffisantes. Aussi la marine britannique décide de passer commande auprès de la firme Bofors de canons de 40mm et de la firme Oerlikon des canons de 20mm, les seconds devant remplacer les mitrailleuses de 7.7 et de 12.7mm.
Les Bofors et les Oerlikon vont être utilisés sur tous les navires, grands et petits, de combat et de soutien sur des affûts simples, doubles et quadruples en attendant des modèles sextuples et octuples.
-Des mitrailleuses sont également utilisés pour la défense antiaérienne, des mitrailleuses calibre 7.7 et 12.7mm en affûts doubles sur les navires légers, quadruples pour les navires plus importants.