9-Croiseurs légers (8)

D-Croiseurs légers classe La Galissonnière

Le croiseur léger La Galissonnière en 1936

Le croiseur léger La Galissonnière en 1936

Avant-propos

Dans l’entre-deux-guerre la politique navale française est orienté toute entière vers un conflit contre l’Italie. Les motifs de friction ne manquent pas entre Paris et Rome notamment avec l’arrivée de Mussolini au pouvoir qui réclame l’annexion de terres considérées comme irrédentes : Nice, la Savoie, la Corse, la Tunisie et Djibouti.

Une véritable rivalité navale oppose la Royale à la Regia Marina et aux réalisations italiennes s’opposent les réalisations françaises et inversement. L’absence de construction de cuirassés reportent la rivalité dans les unités légères qu’il s’agissent des contre-torpilleurs et des croiseurs.

Les constructions navales françaises et italiennes sont également influencées par les traités navals de l’entre-deux guerre. Le traité de Washington de février 1922 identifie un croiseur comme un navire d’un tonnage maximal de 10000 tonnes et d’une artillerie principale d’un calibre maximal de 203mm.

Commence alors une course au croiseur lourd qui remplace la course au cuirassé antérieure et bien vite les limites sont atteintes par les différentes marines sans parler de l’agacement de la marine britannique qui se désole de ne pouvoir en construire suffisamment pour ses besoins.

Un nouveau traité est signé le 22 avril 1930 à Londres. Il définit deux catégories de croiseurs, la catégorie A («Heavy Cruiser» pour les marines américaines et anglaises; «Croiseur de 1ère classe» pour la marine nationale) qui comprend des croiseurs dont l’artillerie principale est d’un calibre compris entre 155 et 203mm et la catégorie B («Light Cruiser» ou «Croiseur de 2ème classe») qui comprend d’un navire d’un tonnage supérieur à 1850 tonnes Washington et dont l’artillerie est comprise entre 130 et 155mm.

La France avait anticipé le traité de Washington en construisant trois croiseurs dit spécialisés qu’il s’agisse du croiseur mouilleur de mines Pluton, du croiseur école Jeanne d’Arc et du croiseur léger Emile Bertin.

Ce dernier va servir de base aux premières études lancées dès la promulgation du traité de Londres en avril 1930. Une série de notes est échangé entre juin 1930 et juillet 1931. Les caractéristiques du projet sont ainsi définies :

-Déplacement : 8214 tonnes métriques (7720 tonnes Washington)

-Longueur : 172m entre perpendiculaires

-Propulsion : 4 lignes d’arbres et 4 chaudières

-Vitesse maximale : 31 noeuds

-Autonomie : 3000 miles nautiques à 18 noeuds

-Armement : 9 canons de 152mm en trois tourelles triples (deux avant et une arrière) 4 canons de 90mm en deux plate-formes doubles, 8 canons de 37mm, 8 mitrailleuses de 13.2mm, 6 tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes triples

-Protection : ceinture de 105mm pont blindé de 38mm
-Aviation : 4 hydravions d’1.6 tonnes (deux en hangar, un sur le pont et un sur la catapulte)

Comme on le voit, les caractéristiques techniques des nouveaux croiseurs sont en retrait par rapport à l’Emile Bertin. On recherche moins la performance pure que l’endurance.

Les nouveaux croiseurs de 2ème classe ont une forme de coque inspirée de l’Emile Bertin et du croiseur lourd Algérie mais à la poupe ronde en cul de poule, les La Galissonnière préférèrent une poupe carrée rendue nécessaire par l’utilisation d’un tapis flottant pour récupérer les hydravions. Cela leur valu le surnom de «culs carrés».

Le projet est donc définitivement validé en juillet 1931. Deux navires sont financées au budget 1931 et quatre autres au budget 1932. Ils sont baptisés en octobre 1931 (La Galissonnière et Jean de Vienne) et en décembre 1932 (La Marseillaise, Chateaurenault puis Georges Leygues, Gloire et Montcalm), la construction étant répartie entre six chantiers différents, les deux premiers étant construits par les Arsenaux et les quatre autres par les chantiers privés, «L’industrie» comme on disait à l’époque.

La Galissonnière

Le La Galissonnière peu avant son lancement

Le La Galissonnière peu avant son lancement

Il est mis en chantier le 27 octobre 1931 et mis sur cale le 15 décembre 1931 à la cale du Point au Jour. Il est lancé le 18 novembre 1933. Il est armé pour essais le 20 mars 1935.

Le La Galissonnière effectue sa première sortie à la mer le 24 mai et réalisé son essai de présentation en recette le 13 juin avant un passage au bassin jusqu’au 19 juin. Les essais officiels ont lieu du 20 juin au 14 juillet 1935 avant un passage au bassin et au quai d’armement pour démontages et vérification du 15 juillet 1935 au 15 janvier 1936.

Armé définitivement le 1er janvier 1936, il subit les essais de tirs le 17 janvier 1936 avant de subir les derniers travaux de mise au point. La clôture d’armement est prononcée le 1er avril, le croiseur effectuant ensuite sa traversée de longue durée, faisant escale à Beyrouth (3 mai 1936), Oran (15 au 17 mai) et Quiberon (20 au 24 mai).

Il est de retour à Brest le 25 mai et subit alors les visites de garantie du 1er juin au 1er septembre 1936. Admis au service actif le 29 octobre 1936, le nouveau fleuron des forces légères françaises appareille de Brest le même jour direction Toulon où il arrive le 11 novembre 1936 après une mission de présence au large de l’Espagne en pleine guerre civile.

A son admission au service actif, il forme une division baroque avec les croiseurs lourds Duquesne Tourville et Suffren, la 3ème DL devenue 3ème DC le 12 avril 1937.

L’arrivée de deux croiseurs légers entrainent une réorganisation des divisions de croiseurs de l’Escadre de la Méditerranée le 2 novembre 1937. La 1ère DC se compose désormais des croiseurs lourds Algérie Dupleix Foch et Colbert, la 2ème DC se compose désormais des croiseurs lourds Duquesne Tourville et Suffren et enfin la 3ème DC composée des croiseurs légers La Marseillaise (Amiral) Jean de Vienne et La Galissonnière.

A l’été 1939, la 3ème DC quitte Toulon pour Bizerte afin de faire pression sur les italiens dont on ignore à l’époque les desseins. Le 1er juillet 1939 est formée la 4ème escadre composée de la 3ème DC et de contre-torpilleurs. Au printemps 1940, la 3ème DC devient 2ème DC en raison du choix de donner des numéros pairs aux divisions de croiseurs légers et des numéros impairs aux divisions de croiseurs lourds

Suite à d’importants mouvements de la Regia Marina au printemps 1940 avec notamment quatre convois fortement escortés en direction de la Libye, un dispositif de surveillance des côtes tunisiennes est mise en place avec l’aide d’avions et d’hydravions basés à terre, de poste de guets alors qu’au large les unités de la 6ème Escadre Légère sont chargés de la surveillance hauturière.

Ce dispositif lourd et contraignant, inspiré de celui mis en place durant la Guerre d’Espagne voit la 2ème DC patrouiller dans un triangle Malte-Tunisie-frontière libyenne, les trois croiseurs se relayant jusqu’au 25 septembre 1940 quand ce dispositif est allégé puis supprimé le 31 décembre 1940.

La Galissonnière est ainsi à la mer du 25 mai au 16 juin (avec escale à La Valette du 2 au 5 juin) avant de renter à Bizerte le 18 juin. Après une période d’entretien à flot du 19 au 30 juin, il sort pour essais et remise en condition du 1er au 12 juillet avant une nouvelle mission de surveillance du 15 au 30 juillet puis du 2 au 17 août.

Après une période d’indisponibilité du 18 août au  5 septembre, le croiseur léger ressort avec son sister-ship Jean de Vienne pour un entrainement au combat de nuit du 7 au 15 septembre puis un entrainement à la défense aérienne à la mer du 18 au 27 septembre.

Rentré à Bizerte le 29 septembre 1940, La Galissonnière effectue une ultime mission de surveillance du 8 au 21 octobre avant de faire escale à La Valette du 22 au 27 octobre puis à Alger du 30 octobre au 5 novembre, rentrant le 7 novembre à Bizerte.

La Galissonnière sort pour entrainement au tir dans le sud de la Tunisie du 12 au 25 novembre, plusieurs obus de 152mm s’approchant dangereusement de la ligne Mareth à la grande fureur de l’armée de terre qui pesta contre «ces cochons de marins».

Le croiseur léger effectue ensuite un entrainement au combat de nuit du 30 novembre au 7 décembre avec des tirs réels d’obus de 152mm et des lancements de torpilles simulés. Il rentre à Bizerte le 9 décembre 1940. Le croiseur léger sort encore pour un entrainement en solitaire du 12 au 22 décembre, rentrant à Bizerte le 25 décembre 1940 et restant au port jusqu’à la fin de l’année.

Le 7 janvier, la 2ème DC sort au grand complet, le Jean de Vienne navire-amiral de la 6ème EL étant le premier navire à embouquer le canal reliant le lac de Bizerte à la mer suivit par La Galissonnière _navire-amiral de la division_ et par La Marseillaise.

Les trois croiseurs font escale à Mers-El-Kebir pour se ravitailler du 10 au 12 janvier (même si les travaux de la base sont loin d’être encore achevés), franchit le détroit de Gibraltar puis gagne Brest où la division arrive le 16 janvier 1941.

La 2ème DC retrouve la 4ème DC composée des croiseurs légers Gloire Montcalm et Georges Leygues. Les deux divisions vont manoeuvrer ensemble et avec une partie des contre-torpilleurs basés à Brest en l’occurence la 2ème DCT au complet (Jaguar Chacal et Léopard) et une partie seulement des 8ème DCT (Le Triomphant et Le Malin, l’Indomptable étant indisponible pour grand carénage) et 10ème DCT (Le Fantasque seul disponible, le Le Terrible étant en travaux à flot et L’Audacieux subissant une indisponibilité accidentelle).

Les six croiseurs et les six contre-torpilleurs appareillent de Brest le 18 janvier pour un exercice en mer d’Iroise. Tout commence par un exercice de combat antisurface, les contre-torpilleurs attaquant les croiseurs puis les croiseurs tentant d’intercepter des torpilleurs cherchant à gagner La Manche (18 au 25 janvier).

Après un ravitaillement auprès du pétrolier Nièvre mouillé en baie de Douarnenez (26 au 29 janvier), la 2ème DC se retrouve à attaquer la 4ème DC et les contre-torpilleurs avant que la 2ème DCT, La 8ème DCT et le 10ème DCT ne s’allie aux croiseurs «tunisiens» contre les croiseurs «brestois» (30 janvier au 9 février).

Après un mouillage en rade de Brest jusqu’au 16 février, la 2ème DC quitte la Bretagne, fait escale à Lorient du 18 au 21 février, à Saint-Nazaire du 22 au 25 février, à Hendaye du 27 février au 1er mars, à Lisbonne du 3 au 7 mars, à Casablanca du 9 au 12 mars, franchit le détroit de Gibraltar le 14 mars avant de rentrer à Bizerte le 18 mars 1941.

A noter que lors de l’escale nazairienne est signée la charte de parrainage entre le croiseur et la ville de Rochefort sur Mer, ville natale du marquis de la Galissonnière.

Le croiseur léger La Galissonnière débarque ses munitions le 23 mars, vidange ses soutes le 25 mars avant d’être échoué dans le bassin n°1 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah du 27 mars au 14 novembre 1941 pour un grand carénage initialement prévu en septembre……….. 1939.

La coque est grattée et repeinte, les hélices sont changées. La catapulte un temps menacé est finalement conservé. Un premier radar de veille surface est installé tandis que la DCA est modernisée : les 8 mitrailleuses de 13.2mm en quatre affûts doubles sont remplacés par huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 en quatre affûts doubles et douze canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en six affûts doubles.

Remis à flot, il est à quai pour des travaux complémentaires du 15 novembre au 12 décembre avant essais à la mer du 13 au 22 décembre puis remise en condition du 26 décembre au 11 janvier 1942.

Le croiseur La Galissonnière quitte Bizerte le 15 janvier 1942 pour un entrainement au polygone de Rufisque. Il fait escale pour se ravitailler à Casablanca du 21 au 23 janvier avant d’arriver à Dakar le 26 janvier. Il s’entraine et règle ses canons du 29 janvier au 19 février avant une escale à Port-Etienne du 21 au 27 février. Il rentre ensuite à Bizerte le 4 mars 1942.

Après une période de travaux à flot pour tirer les leçons de cette école à feu intensive du 5 au 12 mars, le croiseur léger ressort pour un entrainement en solitaire du 15 au 25 mars.

Le 7 avril 1942, la 2ème DC amputé du Jean de Vienne alors en croisière en Amérique du Sud  sort en compagnie de l’Emile Bertin pour une série d’exercices : défense aérienne à la mer (7 au 18 avril), combat de nuit (21 au  27 avril), attaque et escorte de convois (30 avril au 7 mai) et surveillance maritime (12 au 22 mai), les trois croiseurs rentrant à Bizerte le 25 mai 1942.

La Galissonnière et La Marseillaise sort ensemble du 7 au 17 juin pour un exercice de combat de nuit dans le Golfe de Gabès, haut lieu d’entrainement pour la 6ème escadre légère. Après une escale à Sfax du 18 au 23 juin, les deux croiseurs subissent un entrainement à la défense aérienne à la mer du 24 juin au 2 juillet avant de gagner le Levant pour une mission de présence, une façon de répondre à l’escale d’un croiseur léger italien,  le Raimundo Monteccucoli et de deux destroyers à Rhodes quelques jours auparavant.

Les deux croiseurs légers font escale à Lattaquié du 6 au 12 juillet, à Beyrouth du 13 au 17 juillet avant de manoeuvrer avec le croiseur léger Duguay Trouin, navire-amiral de la DNL du 18 au 27 juillet 1942 avant une escale à Haïfa du 28 juillet au 2 août, à Alexandrie du 4 au 7 août avant de rentrer à Bizerte le 14 août 1942.

Du 22 août au 2 septembre, La Galissonnière sort pour entrainement avec l’Emile Bertin puis après un mouillage en solitaire dans le golfe de Gabès jusqu’au 10 septembre, le croiseur léger, navire-amiral de la 2ème Division de Croiseurs reprend la mer pour un entrainement en solitaire du 11 au 28 septembre avec ravitaillement à la mer auprès du pétrolier Mékong avant une escale à La Valette du 29 septembre au 3 octobre avant un retour à Bizerte le 6 octobre 1942 à l’aube.

Le 12 octobre 1942, La Galissonnière sort pour un entrainement au combat de nuit avec La Marseillaise, entrainement qui à lieu jusqu’au 17 octobre avant une escale à Sfax du 18 au 25 octobre.

Les deux croiseurs quittent le port du sud tunisien le 26 octobre à  l’aube pour un entrainement en compagnie de la 3ème DT qui tente de les intercepter du 27 octobre au 4 novembre 1942 mais apparemment sans succès. Après une escale commune à La Valette du 5 au 10 novembre, les deux croiseurs et les quatre torpilleurs rentrent à Bizerte le 12 novembre 1942.

Le 14 novembre 1942, alors que l’Emile Bertin est immobilisé suite à un incendie, la 2ème DC toujours réduite à La Galissonnière et à La Marseillaise embouque le canal reliant le lac de Bizerte pour gagner la mer Méditerranée.

Il ne sont pas seuls puisque suivent la 11ème DCT (Mogador et Volta) et la 3ème DT au complet avec les torpilleurs légers  L’Alsacien Le Breton Le Corse et Le Tunisien.

Le premier exercice est un affrontement entre deux groupes  occasionnels. Du 15 au 23 novembre, le groupe Marseillaise (croiseur léger La Marseillaise et 11ème DCT) affronte le groupe Galissonnière (croiseur léger La Galissonnière et 3ème DT), chaque groupe étant à tour de rôle une escadre ennemi cherchant à forcer les accès au  golfe de Gabès ou à bombarder Sfax.
Après un ravitaillement à Sfax auprès de deux pétroliers civils réquisitionnés (le Mékong était à l’époque indisponible) du 24 au 27 novembre, les deux groupes s’entrainent avec l’aide de l’aéronavale et de l’armée de l’air à la défense aérienne à la mer et ce du 28 novembre au 8 décembre 1942.
Après un nouveau ravitaillement à Sfax du 9 au 11 décembre, les deux croiseurs légers, les deux contre-torpilleurs et les quatre torpilleurs légers effectuent un exercice de bombardement littoral dans le Golfe de Gabès du 12 au  20 décembre avant de rentrer à Bizerte le 22 décembre et d’y passer le reste de l’année à quai.
Le 17 décembre 1942, le Jean de Vienne avait quitté le bassin n°1 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah après plus de cinq mois de travaux entamés le 2 mai après son périple sud-américain. Après des travaux à quai du 18 décembre 1942 au 4 janvier 1943, le croiseur léger est armé pour essais le 5 janvier.
Il sort du 7 au 12 janvier pour essais en solitaire avant d’effectuer sa remise en condition en compagnie de son sister-ship La Galissonnière alors que La Marseillaise  à remplacé le Jean de Vienne dans le processus de grand carénage (26 décembre 1942 au 5 juin 1943).
La remise en condition du croiseur léger à lieu du 14 au 25 janvier 1943 avant une période complémentaire de travaux à flot jusqu’au 2 février date à laquelle le Jean de Vienne est (enfin selon certains) disponible.

La 2ème DC sort  le 7 février 1943 pour accueillir au large de Bizerte le contre-torpilleur Hoche. Construit à Nantes, le puissant contre-torpilleur complète la 11ème DCT composée du Mogador et du Volta.

Le contact est pris le 8 février, les deux croiseurs légers et le contre-torpilleurs manœuvrant ensemble jusqu’au 13 février quand ils retrouvent à Sfax les Mogador et Volta. Après un entrainement de la 11ème DCT (15 au 18 février), la 11ème DCT va affronter la 2ème DC du 21 au 27 février avant que les deux divisions ne rentrent ensemble à Bizerte le 1er mars 1943.

Après une période d’entretien à flot jusqu’au 21 mars, La Galissonnière sort pour essais du 22 au 25 mars avant un entrainement en solitaire du 27 mars au 5 avril puis en compagnie du Jean de Vienne revenu d’une déploiement au Levant du 7 au 21 avril, les deux croiseurs rentrant à Bizerte le 25 avril 1943 après une escale à Tunis du 22 au 24 avril.

Du 27 avril au 10 mai 1943, le navire-amiral de la 2ème DC sort pour entrainement aviation en l’occurence l’amarinisation de deux Dewoitine HD-731 qui remplacent avantageusement les deux Loire 130 qui équipaient jusque là le croiseur léger. Il rentre à Bizerte le 12 mai 1943.

Après une sortie du 14 au 22 mai pour entrainer les défenses côtières du secteur de Bizerte en servant de plastron pour des tirs simulés et/ou charges réduites, le croiseur léger participe le 30 mai à une cérémonie qui fait de lui le navire-amiral de la 6ème escadre légère en remplacement de l’Emile Bertin qui rentre en grand carénage.

Le lendemain 1er juin, la 2ème DC (croiseurs légers La Galissonnière et Jean de Vienne) quittent Bizerte et participent du 2 au 12 juin 1943 à une partie des importantes manoeuvres menées par les 2ème et 4ème escadre depuis le 17 mai et jusqu’au 4 juillet. Les deux croiseurs rentrent à Bizerte  le 15 juin.

Alors que le Jean de Vienne est indisponible pour une avarie (15 juin au 5 juillet), la Galissonnière va participer à la remise en condition de La Marseillaise.

Ce dernier avait été échoué au bassin du 26 décembre 1942 au 5 juin 1943 et subit une période de travaux à quai jusqu’au 20 juin quand il subit une semaine d’essais à la mer jusqu’au 27 juin avant un stage de remise en condition en compagnie de La Galissonnière du 30 juin au 15 juillet, date à laquelle il est disponible.

Après une période d’indisponibilité pour permettre à l’équipage de prendre quelques permissions (15 juillet au 5 août), le navire-amiral de la 6ème EL sort pour essais du 7 au 15 août puis pour remise en condition en compagnie du Jean de Vienne et de La Marseillaise du 17 au 30 août avec notamment un spectaculaire tir de nuit dans le golfe de Gabès des 27 canons de 152mm de la division qui tirent un total de 270 obus de 152mm et des obus de 90mm. La 2ème DC rentre à Bizerte le 3 septembre 1943.

La Galissonnière sort pour un entrainement en solitaire entre Tunis et Bizerte du 12 au 18 septembre avant une escale à Mers-El-Kebir du 19 au 22 septembre puis à Ajaccio du 23 au 27 septembre avant de rentrer à Bizerte le 30 septembre 1943.

Du 4 au 12 octobre, les croiseurs légers La Galissonnière et La Marseillaise sortent pour entrainement en compagnie de la 3ème DT.

Les deux croiseurs et les quatre torpilleurs légers sont ensuite rejoints le 14 octobre par le Jean de Vienne pour une escale commune à Sfax jusqu’au 18 octobre quand la 2ème DC et la 3ème DT appareillent pour une série d’exercice : défense aérienne à la mer du 18 au 22 octobre, ravitaillement à la mer le 23 octobre, combat de nuit du 24 au 27 octobre, escorte et attaque de convois du 29 octobre au 5 novembre. Ils rentrent tous à Bizerte le 9 novembre.

Le 11 novembre 1943 pour le vingt-cinquième anniversaire de l’armistice à lieu une revue navale sur le lac de Bizerte, le résident général de Tunisie, Hugues de Puylaurent passe en revue à bord du croiseur La Galissonnière, le reste de la 2ème DC, la 3ème DT, les 7ème et 11ème DCT ainsi que plusieurs sous-marins1.

Un défilé militaire à lieu également en ville avec des unités de l’armée de terre et des détachements des navires de la 6ème Escadre Légère y compris l’Emile Bertin alors en grand carénage. L’armée de l’air survole la ville avec les avions basés en Tunisie.

Après une période d’indisponibilité du 13 novembre au 2 décembre, le croiseur léger sort pour essais du 3 au 9 décembre puis pour remise en condition du 12 au 22 décembre avant de passer la fin de l’année à quai.

La première sortie de l’année 1944 à lieu du 7 au 15 janvier quand la 2ème DC au complet sort pour un entrainement suivit d’une escale à La Valette du 16 au 24 janvier puis d’un déploiement dans les mandats libanais et syriens. La division est à Lattaquié en Syrie du 27 au 30 janvier puis à Beyrouth au Liban du 2 au 7 février avant de rentrer à Bizerte le 10 février 1944.

Du 14 février au 2  mars, les croiseurs de la 2ème DC par roulement participe à la remise en condition de l’Emile Bertin après son grand carénage. La Galissonnière sert de nounou du 14 au 21 février avant que le Jean de Vienne ne prenne sa place du 22 au 28 février avant que La Marseillaise ne boucle la boucle du 29 février au 2 mars.

Ce même jour, l’Emile Bertin redevient navire-amiral de la 6ème Escadre Légère et La Marseillaise devient navire-amiral de la 2ème DC en remplacement du croiseur léger La Galissonnière qui va entrer en grand carénage.

Le croiseur léger La Galissonnière est échoué dans le bassin n°3 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah le 7 mars pour essentiellement des travaux de maintenance avec grattage et peinture de la coque, changement des hélices, retubage des chaudières, remplacement de plusieurs diesels-alternateurs.

Les canons de 152mm et de 90mm sont retubés, les pièces légères de DCA sont changées et des radars plus modernes installés. Un temps, on envisagea de débarquer la catapulte mais au final elle fût conservée.

Remis à flot le 12 septembre 1944, le croiseur léger subit des travaux complémentaires à quai au cours duquel un incendie se déclare, incendie vite maitrisé mais qui retarde la fin des travaux qui n’ à lieu que le 7 octobre au lieu du 30 septembre.

Armé pour essais le 9 octobre 1944, le La Galissonnière sort pour essais du 10 au 17 octobre puis du 19 au 24 octobre avant d’entamer sa remise en condition en compagnie du Jean de Vienne qui doit entré en carénage au printemps prochain.

La mise en condition à lieu du 27 octobre au 12 novembre au large de la Tunisie avant une école à feu commune à Rufisque. Les deux croiseurs légers quittent Bizerte le 14 novembre, font escale à Mers-El-Kebir pour se ravitailler le 17 novembre avant d’arriver à Dakar le 23 novembre.

Le stage à lieu du 24 novembre au 12 décembre avant de rentrer en Tunisie le 23 décembre après une escale de ravitaillement à Mers-el-Kebir le 18 décembre. Le 24 décembre, Le croiseur La Galissonnière redevient navire-amiral de la 2ème DC en remplacement du croiseur La Marseillaise.

La première sortie de l’année 1945 à lieu du 5 au 17 janvier pour une série de manoeuvres en compagnie de ses deux sister-ships. Les trois croiseurs vont s’entrainer au combat de nuit, au lancement de torpilles, à l’utilisation de leur hydraviation, à la défense aérienne à la mer. La division fait ensuite escale à Sfax du 18 au 23 janvier puis à Alexandrie du 25 janvier au 1er février.

Les trois croiseurs légers vont manoeuvrer avec des unités de la Mediterranean Fleet basés au pays des Pharaon du 2 au 12 février avant une nouvelle escale à Alexandrie du 13 au 18 février. La 2ème DC fait ensuite escale à Beyrouth du 20 au 25 février avant de rentrer à Bizerte le 28 février.

Le 5 mars 1945, le croiseur léger, navire-amiral de la 2ème DC sort pour un entrainement en solitaire jusqu’au 13 mars quand il retrouve à  la mer La Marseillaise (le Jean de Vienne s’apprête à entrer en carénage _en l’occurence du 20 mars au 4 septembre 1945_) pour un entrainement commun jusqu’au 21 mars quand les deux croiseurs font escale à La Valette du 22 au 28 mars avant de rentrer à Bizerte le 1er avril 1945.

Après une période d’entretien à flot du 2 au 14 avril 1945 (changement de la catapulte), La Galissonnière sort pour entrainement en compagnie de la 3ème DT. Tout commence par une simulation de combat antisurface du 20 au 27 avril avant un exercice de combat de nuit du 28 au 30 avril.

Après un ravitaillement en baie de Gabès (où un dépôt pétrolier à été aménagé pour ne pas immobiliser inutilement un pétrolier) les 1er et 2 mai, le croiseur léger et les quatre torpilleurs légers subissent les foudres de l’armée de l’air dans un grand exercice de défense aérienne à la mer du 3 au 8 mai non sans casse puisque certains passes sont réalisées avec des munitions réelles : l’Alsacien est endommagé par une bombe de 100kg et quatre avions sont abattus. Inutile de vous dire que les responsables ont pris un sacré savon………. .

Après un exercice d’interception du croiseur léger par les torpilleurs du 10 au 17 mai, le croiseur léger et les torpilleurs affrontent du 19 au 27 mai 1945, la 11ème DCT (Mogador Volta Hoche) avant que le croiseur léger, les trois contre-torpilleurs et les quatre torpilleurs légers ne rentrent à Bizerte jusqu’au 28 mai.

Le croiseur léger La Galissonnière reste à Bizerte à quai ou au mouillage jusqu’au 24 juin quand il ressort pour entrainement avec le croiseur léger La Marseillaise jusqu’au 1er juillet quand les deux croiseurs mouillent en baie de Gabès pour un ravitaillement.

Ils sortent très tôt le 2 juillet sur alerte, un hydravion ayant signalé un navire suspect qui est en réalité le pétrolier Mékong qui jouait le rôle d’un croiseur auxiliaire ennemi. Le croiseur auxiliaire échappe dans un premier temps aux deux croiseurs avant d’être intercepté le 4 juillet au large de Bizerte où il est «coulé». Les trois navires rentrent à Bizerte le même jour.

Après une période d’indisponibilité pour entretien à flot et permissions de l’équipage jusqu’au 27 juillet, Le croiseur léger La Galissonnière sort pour essais du 28 juillet au 4 août avant une remise en condition en compagnie de son sister-ship La Marseillaise et du contre-torpilleur Mogador du 6 au 24 août 1945.

La Galissonnière sort pour un entrainement en solitaire du 27 août au 7 septembre avant une escale à Sfax du 8 au 12 septembre avant de rentrer à Bizerte le 15 septembre.

Le Jean de Vienne à donc subi du 20 mars au 4 septembre 1945 un grand carénage avec passage au bassin n°3 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah. Après une période de travaux à quai jusqu’au 21 septembre, le croiseur léger subit ses essais réglementaires du 23 au 28 septembre avant remise en condition du 29 septembre au 15 octobre en compagnie de ses deux sister-ship. La 2ème DC rentre au complet à Bizerte le 21 octobre après une escale à La Valette du 16 au 19 octobre 1945.

Les croiseurs légers La Galissonnière et Jean de Vienne sortent de Bizerte le 27 octobre et gagnent Mers-El-Kebir le 30 octobre. Du 1er au 9 novembre, elle vont servir de plastron aux défenses côtières du secteur d’Oran qui ont été totalement modernisées pour assurer une défense efficace de la base de la 4ème escadre ainsi que du port d’Oran à proximité qui est parfois utilisé par la marine.

Après un ravitaillement en carburant le 10 novembre, les deux croiseurs légers embarquent des hommes et du matériel pour la base aéronavale/station navale d’Ajaccio-Aspretto et quittent l’Afrique du Nord le 12 novembre pour la Corse où ils arrivent à l’aube le lendemain 13 novembre.

Le matériel débarqué, ils s’entrainent au large des îles Sanguinaires du 15 au 18 novembre avant une escale à Bonfiacio du 19 au 23 novembre suivi d’un retour à Bizerte le 26 novembre 1945 à l’aube.

Du 7 au 15 décembre, la 2ème DC sort au complet pour un exercice de combat antisurface suivit d’une escale à Sfax du 16 au 22 décembre avant de rentrer à Bizerte le 24 décembre et de rester au port jusqu’à la fin de l’année.

Après une période d’entretien à flot du 2 au 15 janvier, le navire-amiral de la 2ème DC, le croiseur léger La Galissonnière sort pour un entrainement à la défense aérienne à la mer du 17 au 21 janvier avant de retrouver le lendemain à Sfax son sister-ship La Marseillaise.

Après trois jours d’escale (22 au 25 janvier), les deux croiseurs manœuvrent ensemble du 26 janvier au 4 février avant un ravitaillement à Gabès le 5 février suivit d’une mission de présence au large du Levant du 7 au 27 février (escales à Lattaquié du 12 au 15 février et à Beyrouth du 20 au 22 février) avant de rentrer à Bizerte le 2 mars 1946.

Alors que le croiseur léger La Marseillaise est entré en grand carénage (bassin n°3  12 mars au 17 septembre 1946), les croiseurs légers La Galissonnière et Jean de Vienne sortent pour entrainement du 14 au 23 mars 1946.

En escale à Sfax du 24 au 29 mars, les deux croiseurs légers y retrouvent le 30 mars les contre-torpilleurs de la 7ème DCT (Vauquelin Tartu et Chevalier Paul) pour un exercice en commun. Tout commence par un affrontement entre les deux divisions du 1er au 7 avril avant un ravitaillement au dépôt pétrolier de Gabès (8 et 9 avril).

Du 10 au 16 avril 1946, La Galissonnière prend la tête de la 7ème DCT pour tenter d’intercepter le Jean de Vienne qui simulait un raider cherchant à intercepter des navires marchands et du 18 au 25 avril, c’est La Galissonnière qui devient le «méchant» poursuivit par le Jean de Vienne et les contre-torpilleurs. La 2ème DC et la 7ème DCT rentrent à Bizerte le 27 avril 1946.

Du 4 au 15 mai 1946, le croiseur léger La Galissonnière sort pour un entrainement au combat de nuit en solitaire avant une escale à Sfax du 16 au 19 mai. Reprenant la mer le lendemain 20 mai, le croiseur léger retrouve la 3ème DT pour un entrainement en commun du 21 mai au 2 juin avant que tout le monde rentre au bercail le 4 juin 1946.

La Galissonnière sort pour un entrainement de défense aérienne à la mer du 10 au 16 juin 1946 suivit d’un entrainement au bombardement littoral dans le désert tunisien du 17 au 25 juin avant de rentrer à Bizerte le 28 juin.

Après une période d’indisponibilité du 29 juin au 15 juillet (entretien et permissions de l’équipage), le croiseur léger sort pour essais du 16 au 21 juillet avant un entrainement en compagnie du Jean de Vienne du 22 au 31 juillet. Ils rentrent à Bizerte le 10 août après une escale à La Valette du 2 au 8 août.

Après un exercice d’appareillage sur alerte le 13 août, La Galissonnière ressort pour un entrainement en solitaire du 20 au 28 août puis avec le Jean de Vienne du 30 août au 5 septembre  1946.

Du 9 au 21 septembre, la 2ème DC (La Galissonnière et Jean de Vienne) sortent en compagnie de la 3ème DT pour participer à la remise en condition de l’Emile Bertin qui sortait de grand carénage et qui le 22 septembre redevient navire-amiral de la 6ème Escadre Légère en remplacement du contre-torpilleur Mogador qui avait assuré l’intérim.

Le 17 septembre, le croiseur léger La Marseillaise quitte le bassin n°3 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah où il venait de passer six mois. Après une période de travaux à quai jusqu’au 2 octobre, le croiseur léger sort pour essais du 3 au 10 octobre avant d’entamer sa remise en condition.

Les croiseurs légers La Galissonnière et Jean de Vienne après un exercice de combat du 27 septembre au 3 octobre 1946 retrouvent leur congénère à la mer le lendemain 4 octobre pour douze jours d’entrainement intensif jusqu’au 16 octobre. Après un ravitaillement en baie de Gabès le 17 octobre, la division s’entraine jusqu’au 5 novembre avant de rentrer à Bizerte le 8 novembre 1946.

La 2ème division de croiseurs sort au complet du 12 au 25 novembre avant une nouvelle croisière en direction du Levant, toujours dans le but de maintenir la pression sur l’Italie qui occupait le Dodécanèse.

Quittant Bizerte le 27 novembre, les trois croiseurs embouquent le canal de Bizerte (dans l’ordre : Jean de Vienne, La Galissonnière et La Marseillaise), contournent le cap Bon puis traversent le bassin oriental de la Méditerranée à grande vitesse jusqu’à Lattaquié où ils font escale du 2 au 8 décembre. Ils sont ensuite à Beyrouth du 9 au 15 décembre, à Haïfa du 16 au 19 décembre, à Alexandrie du 21 au 26 décembre avant de rentrer à Bizerte le 30 décembre 1946.

Les croiseurs légers La Galissonnière et Jean de Vienne sortent pour entrainement du 5 au 17 janvier avant une escale à Sfax du 18 au 23 janvier. Retrouvant à la mer le croiseur léger La Marseillaise le 24 janvier, la division au complet manoeuvre au large de la Tunisie jusqu’au 10 février, rentrant à Bizerte le 13 février 1947.

Après deux courtes sorties d’entrainement en solitaire (17 au 23 février et 27 février au 4 mars), le croiseur léger cède son pavillon de navire-amiral à son sister-ship Jean de Vienne pour entrer en grand carénage.

Après avoir vidangé ses soutes et débarqué ses munitions, le croiseur léger est échoué dans le bassin n°3 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah le 15 mars 1947 pour une véritable remise en état et une modernisation.

La coque est grattée, sablée et repeinte, les hélices changées, les chaudières retubées, les locaux-vie sont modernisés. L’électronique est remise à niveau, les canons sont retubés et la DCA renforcée avec douze canons de 37mm Schneider modèle 1941 en trois affûts quadruples et seize canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en huit affûts doubles. La catapulte est maintenue alors que les plans d’origine prévoyaient son débarquement.

Le croiseur léger est remis à flot le 13 septembre 1947 avec quelques jours de retard puis remorqué au quai d’armement pour des travaux complémentaires jusqu’au 27 septembre quand il est armé pour essais.

Après des essais au point fixe les 28 et 29 septembre, La Galissonnière sort pour essais du 30 septembre au 12 octobre avant une escale à Tunis du 13 au 18 octobre. Le 19 octobre, il retrouve dans la capitale du protectorat son sister-ship Jean de Vienne pour remise en condition.

Quittant Tunis le 20 octobre, les deux croiseurs manœuvrent au large des côtes de l’Afrique du Nord jusqu’au 29 octobre quand ils font escale à Mers-El-Kébir pour ravitaillement et ce jusqu’au 31 octobre. Reprenant la mer, les deux croiseurs légers vont gagner le polygone de tir de Rufisque pour entrainement au tir.

Ils arrivent à Dakar le 7 novembre 1947 et s’entrainent au polygone de Rufisque du 9 au 27 novembre avant une escale à Port Etienne du 29 novembre au 3 décembre avant de reprendre la mer pour une escale de ravitaillement à Mers-El-Kébir le 7 décembre puis de rentrer à Bizerte le 10 décembre 1947.

Le 12 décembre, La Galissonnière redevient navire-amiral de la 2ème DC et sort deux fois pour entrainement à savoir du 13 au 18 décembre et du 20 au 26 décembre 1947 en compagnie du Jean de Vienne.

La première sortie de la 2ème DC au complet à lieu du 5 au 15 janvier quand les trois croiseurs légers s’entrainent dans le sud tunisien en compagnie des sous-marins Aber Wrach et Tromelin et de l’armée de l’air qui tente de couler les trois croiseurs qui font mieux que se défendre.

Après une escale à Sfax du 16 au 19 janvier, les trois croiseurs légers retrouvent à la mer les torpilleurs légers de la 3ème DT mais également de la 1ère DT ( Le Fier L’Agile L’Entreprenant Le Farouche) venue de Toulon pour un entrainement du 20 janvier au 2 février avant un mouillage dans le Golfe de Gabès pour ravitaillement et repos jusqu’au 9 février 1948.

Les trois croiseurs et les huit torpilleurs légers vont ensuite s’entrainer au combat de nuit du 10 au 15 février avant de gagner le Levant pour une escale à Lattaquié (18 au 21 février), à Tartous (22 au 25 février) , à Beyrouth (26 février au 2 mars), Haïfa (4 au 7 mars) avant de rentrer à Bizerte le 11 mars 1948.

Alors que le Jean de Vienne entre en grand carénage (bassin n°3 15 mars au 8 août 1948), le croiseur léger La Galissonnière reste lui toujours aussi actif, sortant avec son sister-ship La Marseillaise du 21 mars au 4 avril suivit par une série d’escales à l’étranger : La Valette du 5 au 9 avril, Le Pirée en Grèce du 12 au 15 avril, Thessalonique du 17 au 21 avril, à Istanbul du 23 au 26 avril, à Beyrouth du 29 avril au 3 mai avant un retour à Bizerte le 7 mai 1948.

Après une période d’entretien à flot du 12 mai au 15 juin, le croiseur léger sort pour essais du 16 au 20 juin avant une remise en condition opérationnelle du 21 juin au 2 juillet 1948. La Galissonnière sort pour un entrainement au combat de nuit du 4 au 13 juillet puis un entrainement de défense aérienne à la mer du 15 au 22 juillet.

Après une période d’indisponibilité (permissions de l’équipage) du 23 juillet au 7 août, le croiseur léger passe dès le 8 août aux effectifs de guerre. Il sort pour une mission de surveillance des côtes libyennes du 12 au 27 août, rentrant à  Bizerte le 30 août 1948. Il reste ensuite au mouillage dans le lac de Bizerte, en alerte prêt à appareiller en compagnie de son sister-ship La Marseillaise.

Publicités

6-Cuirassés et croiseurs de bataille (9)

Le Clemenceau

Le projet initial du Clemenceau

Comme nous avons pu le voir, à l’annonce de la construction des Richelieu et des Jean Bart, l’Italie riposta en annonçant la construction de deux autres cuirassés de type Littorio baptisés Roma et Impero. La France passa ensuite commande de deux autres cuirassés à la tranche 1938bis mais seul le premier baptisé Clemenceau sera un type Richelieu.

Le 2 décembre 1937, le chef d’état major de la marine nationale, le vice-amiral Darlan demanda au Service Techniques des Constructions Navales (STCN), une étude pour les nouveaux cuirassés.

Le STCN dessina trois catégories d’études appelées «A» «B» et «C», les variantes A étant armées de deux tourelles quadruples de 380mm concentrées à l’avant, les variantes B étant armées de deux tourelles quadruples de 380mm (une avant et une arrière) et les variantes C de trois tourelles triples de 380mm.

Le 19 mars 1938, le vice-amiral Darlan sélectionna la variante A2 pour le troisième cuirassé de classe Clemenceau. Il s’agissait d’un navire armé de deux tourelles quadruples de 380mm concentrées à l’avant, de quatre tourelles triples de 152mm (deux arrières axiales et deux latérales juste en arrière du bloc passerelle), de six affûts doubles de 100mm modèle 1937 et une DCA légère devant être composé de six affûts doubles ACAD (Affût Contre-Avions Double) modèle 1935 et neuf affûts quadruples de 13.2mm. Les installations d’aviation étaient identiques à celles du Richelieu.

-Le Clémenceau est mis sur cale dans la forme n°4 du Salou le 17 janvier 1939, jour où la coque du Richelieu à été mise à flot.

Les travaux sont suspendus le 28 septembre 1939 en raison de la mobilisation générale qui perturbe l’Arsenal de Brest et la nécessité d’accélerer l’achèvement du Richelieu. Les travaux reprirent le 6 décembre 1939 mais ne s’accélèrent qu’à partir du printemps 1940 quand le gros du travail sur le Richelieu était achevé.

L’élément central de la coque est mis à flot le 17 décembre 1940 et aussitôt remorqué et échoué dans le bassin n°9 du Laninon pour recevoir les éléments avant et arrière sans parler des travaux sur le bloc-passerelle.

Le Clemenceau est mis à flot le 15 septembre 1941 alors achevé à environ 75%. Mouillé en rade-abri, il reçoit son armement et certains équipements radars.

A la différence des Richelieu et Jean Bart qui disposent un temps d’un armement secondaire mixte avec des canons de 152 et de 100mm, le Clemenceau dispose dès son achèvement de dix tourelles doubles de 130mm à double usage.

Il va également recevoir certains des premiers affûts ACAD modèle 1935 en l’occurence six et douze canons de 25mm Hochkiss modèle 1939/40 en six affûts doubles.

Il est armé pour essais le 12 septembre 1942. Après des essais au point fixe du 15 au 27 septembre, il repasse au bassin du 29 septembre au 4 octobre 1942 avant d’entamer ses premiers esssais à la mer, une première campagne de trois semaines ayant lieu sur la base des Glénans et dans le Golfe de Gascogne (7-28 octobre 1942).

Après des travaux au mouillage jusqu’au 5 novembre, il effectue une deuxième campagne d’essais à la mer du 7 au 22 novembre 1942 avant une nouvelle période au bassin du 28 novembre 1942 au 15 janvier 1943.

Le 18 janvier 1943, il appareille  pour une école à feu à Rufisque. Il arrive à Dakar le 25 janvier et entame dès le lendemain son école à feu, école qui dure jusqu’au 21 février 1943.

Il repart de Dakar le 23 février pour rentrer à Brest le 28 février 1943. Il passe au bassin pour travaux du 2 au 25 mars 1943. La clôture d’armement est prononcée le 8 avril 1943 et le Clemenceau appareille pour sa traversée de longue durée.

Il quitte Brest le 15 avril, fait escale au Verdon le 20 avril, à Lisbonne du 22 au 27 avril, le président du conseil Antonio de Oliveira Salazar visitant le navire le 23 avril, le président de la République le général Oscar Carmona faisant de même le lendemain.

Le cuirassé après ravitaillement auprès d’un pétrolier affrété traverse l’Atlantique à bonne vitesse (25 noeuds de moyenne), arrivant à Rio de Janeiro le 4 mai après huit jours de mer. Mouillé dans la baie de Rio, il est ouvert au public du 5 au 8 mai avant de reprendre la mer, manoeuvrant pendant trois jours avec la marine brésilienne avant de mettre cap sur Buenos Aires, le navire faisant escale dans l’estuaire du Rio de la Plata du 13 au 18 mai.

Le 19 mai _jour prévu de son appareillage pour Dakar_, une violente tempête éclate et secoue rudement le Clemenceau malgré ses 40000 tonnes bien tassées. Plusieurs amarres se rompent et le navire s’échoue sur un banc de sable. Le navire se remet à flot naturellement. Passant au bassin à Buenos Aires, les dégâts sont limités et ne remettent pas en cause la suite de sa TLD. Le cuirassé appareille de Buenos Aires le 23 mai 1943 pour une semaine de manoeuvres avec la marine argentine notamment le cuirassé Rivadivia (qui sera désarmé en 1944) avant de traverser l’Atlantique à partir du 30 mai et arriver à Dakar le 8 juin 1943.

Il passe au bassin pour réparer les avaries causées par l’échouage de Buenos Aires du 10 au 24 juin (légère déformation du bordé) avant de reprendre la mer le 27 juin direction Casablanca où il arrive le 4 juillet 1943 pour cinq jours d’escale. Reprennant la mer le 9 juillet, il arrive à Toulon le 13 juillet.

Ouvert au public à Toulon du 14 au 21 juillet, le cuirassé est indisponible pour des travaux complémentaires du 22 juillet au 12 août, sortant pour d’ultimes essais de navigation et de tir du 13 au 27 août, rentrant à Toulon le lendemain 28 août. A noter que durant cette sortie, il est accompagné de ses torpilleurs d’escadre Rapière et Hallebarde

La commission d’armement sort à bord du cuirassé du 30 août au 7 septembre puis du 9 au 14 septembre, donnant un avis favorable à son admission au service actif.

Le 15 septembre 1943, le cuirassé Clémenceau est admis au service actif au sein de la Flotte de la Méditerranée formant la 3ème DL avec son sister-ship Richelieu.

Cette division est intégrée au Groupement de Ligne de la 2ème escadre composé également de la 1ère DL (croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg).

La première sortie opérationnelle du nouveau cuirassé français à lieu du 16 au 24 septembre, une série d’exercices destinés à roder l’équipage encore novice du cuirassé. Après une escale à Bastia du 24 au 28 septembre, le cuirassé subit un entrainement de défense aérienne à la mer du 29 septembre au 9 octobre. Après une escale à Nice du 10 au 15 octobre, le cuirassé rentre à Toulon le 17 octobre dans la soirée.

Le Clemenceau quitte à nouveau Toulon le 21 octobre pour les salins d’Hyères où il mouille du 22 au 27 octobre avant de rentrer à Toulon le lendemain, 28 octobre 1943.

Le Richelieu et le Clemenceau sortent pour entrainement le 2 novembre 1943. Il ne sont pas seuls, appareillant avec le contre-torpilleur Marceau, la 5ème DCT composé des contre-torpilleurs  Aigle Albatros Gerfaut et le ravitailleur rapide L’Adour. La petite escadre manoeuvre dans le Golfe du Lion jusqu’au 12 novembre quand les cuirassés, leurs torpilleurs d’escorte, les contre-torpilleurs et le ravitailleur font escale à Marseille jusqu’au 18 novembre.

Du 19 au 27 novembre, les contre-torpilleurs tentent d’intercepter les cuirassés qui protégeaient le ravitailleur avant un ravitaillement à la mer le 28 novembre. Après un exercice de défense aérienne à la mer du 29 novembre au 4 décembre, les cuirassés font escale à Ajaccio avec leurs torpilleurs, le ravitailleur à Calvi et les contre-torpilleurs à l’Ile-Rousse et ce du 5 au 11 décembre. Ils rentrent tous à Toulon le 13 décembre 1943.

Le Clemenceau sort pour entrainement en compagnie de ses deux torpilleurs d’escadre, les Rapière et Hallebarde du 17 au 23 décembre et du 26 au 30 décembre, rentrant à Toulon le 31 décembre, à temps pour fêter le passage à la nouvelle année à quai à Toulon.

Alors que le Richelieu est en grand carénage à Brest, le Clemenceau va s’entrainer intensivement, le plus souvent en solitaire mais avec parfois d’autres unités de la 2ème escadre.

Le 2 janvier 1944 est signée la charte de parrainage entre la ville de la Roche sur Yon _préfecture du département de la Vendée_ et le cuirassé, Georges Clemenceau étant issu de ce département.

Après une sortie au large de Toulon du 4 au 12 janvier 1944, le Clemenceau quitte Toulon le 15 janvier 1944 pour une Ecole à feu Rufisque. Il fait escale à Mers-El-Kébir du 17 au 21 janvier, débarquement du matériel envoyé par la DCAN de Toulon à son établissement de Mers-El-Kébir.

Reprennant la mer, il franchit le détroit de Gibraltar le 24 janvier et fait escale à Casablanca du 25 au 28 janvier, appareillant ce jour pour Dakar où il arrive le 1er février 1944. Ayant connu plusieurs problèmes techniques, il est mis au bassin du 2 au 17 février pour inspection et réparations.

Remis à flot, il subit une période d’essais à la mer du 18 au 21 février 1944 avant de reprendre l’entrainement. Après un entrainement de base du 22 février au 2 mars, le cuirassé réalise son Ecole à feu du 4 mars au 2 avril.

Après une nouvelle escale à Dakar du 3 au 7 avril 1944, le cuirassé et ses deux torpilleurs d’escadre appareillent pour rentrer à Toulon mais par petites étapes comme on disait au Grand Siècle puisqu’ils font escale à Port-Etienne du 8 au 12 avril, à Casablanca du 14 au 20 avril, à Gibraltar du 21 au 25 avril, à Mers-El-Kébir du 28 avril au 2 mai avant de rentrer à Toulon le 4 mai 1944.

Après une période d’entretien à flot du 5 mai au 7 juin, le Clemenceau sort pour essais du 8 au 12 juin avant remise en condition avec ses torpilleurs d’escadre du 14 au 30 juin 1944.

Le cuirassé et ses torpilleurs d’escadre sortent le 5 juillet 1944 pour un exercice en compagnie de la 1ère Division de Torpilleurs composés des torpilleurs léger Le Fier L’Agile L’Entreprenant et Le Farouche.

Après un exercice de navigation de combat jusqu’au 12 juillet, le cuirassé et ses torpilleurs d’escorte quittent seuls la rade de Villefranche pour échapper aux torpilleurs légers qui tentent de les intercepter entre le Continent et le Cap Corse, cet exercice ayant lieu du 13 au 19 juillet avant une escale à Bastia du 20 au 24 juillet.

Le cuirassé et les six torpilleurs gagnent Ajaccio le 26 juillet où ils retrouvent la 10ème DCT composée des contre-torpilleurs Le Terrible Le Triomphant et L’Indomptable, division appartenant à la 4ème Escadre et donc venus de Mers-El-Kébir.

Du 27 juillet au 4 août, le cuirassé et les deux torpilleurs d’escadre couvrent l’attaque des torpilleurs légers contre les contre-torpilleurs simulant des navires rapides tentant de gagner Toulon avant que le cuirassé ne change de camp pour la revanche du 6 au 13 août. Après une escale à Mers-El-Kébir du 15 au 21 août, le cuirassé et les six torpilleurs appareillent pour rentrer à Toulon le 23 août 1944.

Après une période d’indisponibilité du 24 août au 12 septembre 1944, le Clemenceau sort pour essais du 13 au 17 septembre avant remise en condition du 18 septembre au 5 octobre, rentrant à Toulon le 13 octobre après une escale à Nice du 6 au 11 octobre.

Le Clemenceau sort pour entrainement aviation du 15 au 22 octobre, effectuant soixante-quatre catapultages et autant de récupération de ses deux Dewoitine HD-731.

Rentré à Toulon le 23 octobre, le cuirassé sort pour un entrainement au combat de nuit du 27 octobre au 3 novembre avant une escale à Nice du 4 au 11 novembre, la compagnie de débarquement du cuirassé défilant dans la ville à l’occasion de la commémoration de l’Armistice.

Il reprend la mer le 12 novembre pour un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 20 novembre destiné à entrainer les cannoniers du cuirassé, les équipes de lutte contre les avaries mais également les unités de l’armée de l’air basées en Corse. Après une escale à Ajaccio du 21 au 25 novembre, le cuirassé rentre à Toulon le 27 novembre 1944.

Le Clemenceau et ses torpilleurs d’escadre Rapière et Hallebarde sortent pour un entrainement ASM du 6 au 15 décembre 1944.

Les sous-marins Fresnel et Acheron  avaient appareillé le 5 décembre pour tenter d’intercepter le cuirassé et les torpilleurs d’escadre qui devaient se rendre à Bizerte en évitant l’interception. Les sous-marins pouvaient compter sur les avions et les hydravions de l’armée de l’air basés en Afrique du Nord alors que le cuirassé ne pouvait user que de ses deux Dewoitine HD-731.

Le cuirassé arrive à Bizerte le 16 décembre  pour quelques jours d’escale. Il repart le 20 décembre pour rentrer à Toulon le 23 décembre et rester à quai jusqu’à la fin de l’année.

Le Clemenceau sort pour la première fois de l’année 1945 par une école à feux du 7 au 17 janvier puis après une escale à Nice du 18 au 21 janvier s’entraine au combat antisurface du 22 janvier au 2 février,date de son retour à Toulon.

Après ravitaillement à Toulon le 11 février, le Clemenceau part le lendemain avec ses deux torpilleurs d’escadre pour Rufisque et une école à feux.

Il fait escale à Casablanca du 16 au 18 février avant de gagner Dakar où il arrive le 22 février. Son entrainement au tir à lieu du 24 février au 12 mars. Quittant Dakar le 13 mars, le Clemenceau et ses deux anges gardiens rentrent à Toulon le 21 mars après une escale de ravitaillement à Mers-El-Kébit le 19 mars 1945.

Le Clemenceau sort du 24 mars au 8 avril 1945 en compagnie de son sister-ship Richelieu et de la 6ème DC pour un entrainement combiné dans le Golfe du Lion avec entrainement au combat de nuit et exercice de défense aérienne à la mer, exercices qui sont suivis d’une escale à Marseille du 9 au 12 avril. Reprennant la mer, ils s’entrainent au combat antisurface du 13 au 22 avril avant de rentrer à Toulon le 27 avril après une escale à Bastia du 23 au 26 avril 1945.

Le Clemenceau sort  nouveau pour une école  feux du 4 au 14 mai avant de rentrer à Toulon pour préparer un nouvel exercice mais victime d’une avarie, il est indisponible du 16 mai au 7 juin

Après son indisponibilité accidentelle (avarie de chaudière), le Clemenceau sort pour essais du 8 au 12 juin avant d’aller mouiller aux salins d’Hyères du 13 au 17 juin. Reprennant la mer le lendemain 18 juin, le cuirassé se ravitaille en route auprès du pétrolier-ravitailleur Liamone et cingle en direction de Bizerte où il fait escale du 22 au 27 juin, mouillant au milieu du lac.

Reprennant la mer, il fait escale à Sfax du 28 juin au 2 juillet avant de traverser la Méditerranée orientale en direction de Beyrouth où il arrive le 7 juillet, accompagné de ses deux torpilleurs d’escadre et du pétrolier-ravitailleur La Mayenne.

Le cuirassé et ses deux torpilleurs manoeuvrent en compagnie de l’aviso-colonial La Grandière, navire-amiral de la DNL. Du 9 au 15 juillet, les quatre navires subissent un entrainement DAM avant de se ravitailler auprès de La Mayenne qui ses soutes vides cingla vers Haïfa en compagnie de la Grandière pour recompléter ses soutes.

Durant cet intermède (16 au 20 juillet), le cuirassé et les deux torpilleurs s’entrainèrent au combat de nuit avant de retrouver le pétrolier-ravitailleur et l’aviso pour un ravitaillement à la mer le 21 juillet suivit par un exercice de combat antisurface du 22 au 31 juillet.

Le Clemenceau fait ensuite escale à Alexandrie du 1er au 8 août, rentrant à Toulon le 18 août après escale à Bizerte du 12 au 15 août 1945. Il est indisponible (permissions de l’équipage) jusqu’au 4 septembre 1945.

Il sort pour essais et entrainement du 8 au 21 septembre avant d’enchainer par une Ecole à feu à Rufisque. Pour cela, il ne regagne pas Toulon, étant ravitaillé par le pétrolier-ravitailleur La Saône qui va l’accompagné jusqu’à Dakar.

Les quatre navires franchissent le détroit de Gibraltar le 27 septembre et arrivent à Dakar sans aucune escale le 3 octobre 1945. Après une semaine d’escale pour remettre le navire en état _la mer ayant causé quelques dégâts_, le cuirassé effectue une première école à feux du 11 au 21 octobre suivit d’une nouvelles escale de représentation à Dakar du 22 au 25 octobre.

Il reprend la mer le lendemain, effectuant un exercice DAM du 26 octobre au 4 novembre avant un ravitaillement à la mer au prèst de La Saône le 5 novembre. Du 6 au 10 novembre, le cuirassé et ses torpilleurs s’entrainent au combat de nuit avant de rentrer à Dakar pour les commémorations du 11 novembre 1945.

Le cuirassé et ses torpilleurs d’escortent effectuent une deuxième Ecole à feux du 12 au 27 novembre avant de regagner Dakar pour une ultime escale jusqu’au 1er décembre 1945 date de son appareillage de Dakar pour rentrer à Toulon. Il fait escale à Casablanca du 4 au 7 décembre, rentrant à son port d’attache le 11 décembre 1945.

Après une période d’entretien à flot du 12 au 25 décembre, le Clemenceau sort pour essais du 26 au 31 décembre 1945, attendant la nouvelle année pour reprendre l’entrainement.

La première sortie de l’année à lieu du 5 au 15 janvier 1946, un entrainement à la navigation de combat suivit par un mouillage aux salins d’Hyères du 16 au 22 janvier. Il rentre à Toulon le lendemain 23 janvier.

Le Clemenceau quitte à nouveau Toulon le 27 janvier 1946 pour un entrainement aviation. Du 27 janvier au 5 février, il entraine ses deux Dewoitine HD-731. Il gagne ensuite Ajaccio pour une escale du 6 au 9 février 1946. Il reprend la mer pour une école à feux du 10 au 21 février avant de rallier Toulon le lendemain 22 février 1946. Il va alors se préparer à un premier déploiement outre-mer

Le cuirassé Clemenceau appareille de Toulon le 14 mars 1946 pour l’Océan Indien, accompagné par deux torpilleurs d’escadre, retrouvant le Colbert _venu de Brest_ au sud de la Sardaigne, le cuirassé fait escale à Bizerte le 19 mars à Alexandrie le 22 mars, franchit le canal de Suez les 23 et 24 mars et arrive à Djibouti le 29 mars, mouillant à l’extérieur du port en raison de son tirant d’eau important.

Il y retrouve le croiseur lourd Tourville et l’aviso colonial Savorgnan de Brazza mais point le Lamotte-Picquet qui est victime d’une très grave avarie de propulsion le 12 janvier 1946 (deux chaudières ont explosé faisant huit morts, les turbines ont été soumises à des surpression et les lignes d’arbre désaxées font vibrer le navire), si grave qu’il à été désarmé le 2 février 1946.

Le Clemenceau reprend la mer avec le Tourville, le Colbert, l’aviso colonial et les deux torpilleurs d’escadre et fait escale à Aden du 2 au 4 avril avant de reprendre la mer direction Diego Suarez où la petite force navale arrive le 7 avril 1946, la traversée étant l’occasion de manoeuvrer pour entrainer les équipages.

Les deux torpilleurs se séparent alors du groupe et gagne La Réunion, faisant escale à Port-des-Galets du 9 au 11 avril puis à l’Ile Maurice du 14 au 17 avril, retrouvant en mer le cuirassé et les deux croiseurs lourd le 18 avril.

Un temps, il fût envisagé de rentrer à Toulon par le cap de Bonne Espérance et le détroit de Gibraltar mais au final, il est décidé de rapatrier la coque de l’ex-croiseur léger Lamotte-Picquet en métropole et comme le plus court chemin passe par le canal de Suez……… .

Le Tourville fait brièvement escale le 25 avril pour ravitailler, laissant la force navale venue de métropole passer 24h de plus soit jusqu’au 26 avril. Ils franchissent le canal de Suez le 3 mai avec le Colbert (qui rentrera ensuite à Brest dans la foulée) remorquant la coque du Lamotte-Picquet, faisant escale à Bizerte le 8 mai puis rentre à Toulon le 13 mai 1946. Le Tourville lui était rentré à Diego-Suarez le 2 mai 1946.

Le Clemenceau est indisponible du 17 mai au 7 juin 1946 pour entretien et permissions de l’équipage, sortant pour essais du 8 au 10 juin et stage de remise en condition du 11 au 30 juin.

Après une escale de ravitaillement à Toulon le 1er juillet, le Clemenceau se rend dans l’Atlantique pour exercice en compagnie de ses deux torpilleurs et du pétrolier ravitailleur Liamone, la série d’exercices ayant lieu du 5 au 15 juillet avant une escale à Lisbonne du 16 au 21 juillet.

Reprennant la mer le 22 juillet, le cuirassé manoeuvre dans le Golfe de Gascogne dans un exercice anti-sous-marin avec le sous-marin Ouessant et ce du 24 juillet au 4 août quand le cuirassé franchit le goulet et retrouve son berceau, son chantier constructeur en l’occurence Brest pour une longue escale au cours de laquelle il est ouvert au public.

Il reprend la mer le 13 août 1946, subit un entrainement de défense aérienne à la mer du 14 au 22 août avant une escale au Verdon, le port maritime de Bordeaux du 23 au 26 août. Il relâche ensuite à Gibraltar du 29 août au 2 septembre avant de rentrer à Toulon le 5 septembre 1946.

Du 8 au 30 septembre 1946, il participe au stage de remise en condition de son sister-ship Richelieu avant d’appareiller le 2 octobre pour Dakar pour une école à feu en compagnie de son grand frère. Les deux cuirassés se tirent joyeusement la bourre du 9 au 21 octobre 1946 avant de rentrer à Toulon le 29 octobre 1946.

Si le Richelieu est en petit carénage du 5 novembre 1946 au 9 janvier 1947, le Clemenceau reste en service jusqu’à la disponibilité de son ainé, effective le 2 février 1947.

Le Richelieu en petit carénage, le Clemenceau va rester déployé dans le bassin occidental de la Méditerranée, une façon de faire pression sur l’Italie. Il n’en oublie pas pour autant l’entrainement enchainant les exercices.

Le Clemenceau est ainsi en mer pour un entrainement au combat de nuit du 7 au 10 novembre, un entrainement à la défense aérienne à la mer du 12 au 21 novembre, un entrainement au combat antisurface du 24 novembre au 4 décembre et un entrainement aviation du 7 au 17 décembre avant de passer la fin de l’année à Toulon (18 au 21 décembre, 25 au 31 décembre) et aux salins d’Hyères (21 au 24 décembre). Le cuirassé Clemenceau sort pour la première fois de l’année 1947 du 2 au 7 janvier pour un entrainement de base suivit par un ravitaillement à la mer auprès du PRE (Pétrolier-Ravitailleur d’Escadre) La Saône le 8 janvier.

Les soutes pleines, il enchaine par un exercice de défense aérienne à la mer du 9 au 13 janvier puis des simulations de bombardement littoral contre les défenses du secteur de Toulon du 14 au 22 janvier. Il termine ce cycle d’entrainement par un entrainement aviation du 24 janvier au 5 février avant de rentrer à Toulon le lendemain, 6 février 1947.

Le Richelieu étant de nouveau disponible, le Clemenceau débarque ses munitions et est échoué au bassin Vauban n°8 le 12 février 1947 pour entamer son premier grand carénage.

Echoué au bassin jusqu’au 16 octobre 1947, le cuirassé subit d’abord une remise en état complète avec grattage, sablage et peinture de la coque, changement des hélices, retubage et rebriquage des chaudières, changements des pièces de turbines défectueuses.

Les deux catapultes sont débarquées, démontées, inspectées et remontées, les locaux-vie sont remis en état, l’électronique du bord amélioré mais assez peu de modifications concernent l’armement, le renforcement de la DCA légère un temps envisagé n’est pas jugé prioritaire.

Remis à flot le 16 octobre, le Clemenceau subit une période complémentaire de travaux à quai du 17 octobre au 16 novembre. Armé pour essais le 17 novembre, il sort pour roder le nouveau matériel du 18 au 27 novembre 1947 avant de réaliser sa remise en condition opérationnelle du 30 novembre au 12 décembre, mouillant aux salins d’Hyères du 13 au 20 décembre avant de rentrer à Toulon le 21 décembre 1947.

Il commence l’année 1948 comme il avait terminé l’année 1947 par un entrainement de base dans le golfe du Lion du 4 au 15 janvier. Après s’être ravitaillé à Toulon le 16 janvier, il quitte le Var le 17 janvier, fait escale à Mers-El-Kébir du 19 au 22 janvier, à Casablanca du 25 au 30 janvier avant d’arriver à Dakar le 4 février 1948.

L’Ecole à feux du Clemenceau à lieu du 7 au 12 février quand elle est interrompue par une avarie d’une tourelle de 380mm (la I). Après travaux menés par l’établissement DCAN de Dakar du 13 au 20 février, l’Ecole à feux peut reprendre sans problèmes le 21 février, s’achevant le 14 mars quand le cuirassé s’amarre dans le port de Dakar pour une escale  du 15 au 22 mars.

Le cuirassé et ses deux torpilleurs d’escadre quittent Dakar le 23 mars, font escale à Gibraltar du 28 mars au 2 avril avant de rentrer à Toulon le 5 avril 1948.

Le Clemenceau sort à nouveau pour entrainement du 10 au 21 avril, mouillant à Ajaccio pour entrainer la flottille 24C basée à Aspretto du 22 au 27 avril. L’entrainement aviation à lieu du 28 avril au 7 mai avant que le cuirassé ne gagne Bizerte où il fait escale du 8 au 15 mai.

Reprennant la mer le lendemain 16 mai, le cuirassé effectue une croisière de présence en Méditerranée orientale, croisière marquée par une escale à Iskenderun du 21 au 25 mai, à Lattaquié du 27 mai au 2 juin, Beyrouth du 3 au 7 juin, Haïfa du 9 au 12 juin, Alexandrie du 14 au 17 juin, Bizerte du 20 au 24 juin avant de rentrer à Toulon le 28 juin 1948.

Après une période d’indisponibilité pour entretien à flot et permissions de l’équipage du 29 juin  au 19 juillet 1948, le cuirassé sort pour essais du 20 au 23 juillet avant de reprendre l’entrainement courant dans le Golfe du Lion du 25 juillet au 8 août 1948.

Rentrés à Toulon le 9 août 1948, le Clémenceau et ses deux torpilleurs d’escorte passent au régime de guerre le 15 août puis sortent pour entrainement du 16 au 23 août puis du 26 août au 2 septembre, étant à quai aux appontements du Milhaud un certain 5 septembre 1948.

Caractéristiques Techniques de la classe Richelieu

Richelieu

Déplacement : standard officiel 35000 tonnes standard réel 37250 tonnes charge normale 40927 tonnes  pleine charge 44698 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 247.85m (entre perpendiculaires) 242.00m largeur : 33.08m tirant d’eau (charge normale) 9.22m (pleine charge) 9.90m

Propulsion : 4 turbines à engrenages Parson réparties en une salle des machines avant et une salle des machines arrières, alimentées par six chaudières Sural dévellopant 155000ch et entrainant quatre hélices

Performances :  vitesse maximale : 32 noeuds distance franchissable : 9500 miles nautiques à 15 noeuds 3450 miles nautiques à 30 noeuds.

Protection : ceinture principale 330mm bulkhead avant 355mm bulkhead au dessus du pont blindé intermédiaire 233mm pont blindé supérieur au dessus des soutes à munitions 170mm pont blindé supérieur au dessus des machines 150mm pont blindé intermédiaire 40/50mm (100mm au dessus des hélices et 150mm au dessus des lignes d’arbre)

Bloc passerelle : face avant et latérales 340mm arrière 280mm toit 170mm tube de communication 160mm

Tourelles quadruples de 380mm : face avant 430mm faces latérales 300mm toit 170 à 195mm face arrière 270mm (T.I) et 260mm (T.II) barbettes au dessus du PBS 405mm barbettes en dessous du PBS 80mm

Tourelles de l’artillerie secondaire : face avant 130mm côtés et toit 70mm face arrière 60mm barbette 100mm

Electronique : un radar de veille aérienne, un radar de veille surface, deux radars de conduite de tir

Armement : 8 canons de 380mm modèle 1935 en deux tourelles quadruples concentrées à l’avant, 20 canons de 130mm modèle 1932 en dix tourelles doubles modèle 1936 (six latérales, quatre axiales), 12 canons de 37mm en six affûts doubles ACAD modèle 1935 et 16 canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en huit affûts doubles

Aviation : deux catapultes à la poupes pour deux à quatre hydravions

Equipage : 1569 officiers et marins

Jean Bart

Déplacement : standard 42806 tonnes charge normale 46500 tonnes pleine charge 48950 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 247.85m (entre perpendiculaires) 242.00m largeur : 35.54m tirant d’eau (charge normale) 10.04m (pleine charge) 10.69m

Propulsion : 4 turbines à engrenages Parson réparties en une salle des machines avant et une salle des machines arrières, alimentées par six chaudières Sural réparties en une salle des chaudières avant et une salle des chaudières arrière dévellopant 155000ch et entrainant quatre hélices quadripales

Performances :  vitesse maximale : 32 noeuds distance franchissable : 9500 miles nautiques à 15 noeuds 3450 miles nautiques à 30 noeuds.

Protection : ceinture principale 330mm bulkhead avant 355mm bulkhead au dessus du pont blindé intermédiaire 233mm pont blindé supérieur au dessus des soutes à munitions 170mm pont blindé supérieur au dessus des machines 150mm pont blindé intermédiaire 40/50mm (100mm au dessus des hélices et 150mm au dessus des lignes d’arbre)

Bloc passerelle : face avant et latérales 340mm arrière 280mm toit 170mm tube de communication 160mm

Tourelles quadruples de 380mm : face avant 430mm faces latérales 300mm toit 170 à 195mm face arrière 270mm (T.I) et 260mm (T.II) barbettes au dessus du PBS 405mm barbettes en dessous du PBS 80mm

Tourelles de l’artillerie secondaire : face avant 130mm côtés et toit 70mm face arrière 60mm barbette 100mm

Electronique : un radar de veille aérienne, un radar de veille surface, deux radars de conduite de tir

Armement : 8 canons de 380mm modèle 1935 en deux tourelles quadruples concentrées à l’avant, 20 canons de 130mm modèle 1932 en dix tourelles doubles modèle 1936 (six latérales, quatre axiales), 12 canons de 37mm en six affûts doubles ACAD modèle 1935 et 16 canons de 25mm en huit affûts doubles

Aviation : deux catapultes pour deux (temps de paix) à quatre hydravions (temps de guerre)

Equipage : 1569 officiers et marins

Clemenceau

Déplacement : standard 35000 tonnes charge normale 40750 tonnes pleine charge 44800 tonnes

Dimensions : longueur : (hors tout) 247.80m (entre perpendiculaires) 242m largeur : 33.08m tirant d’eau : (charge normale) 9.18m (charge maximale) 9.92m

Propulsion :  4 turbines à engrenages Parson réparties en une salle des machines avant et une salle des machines arrières, alimentées par six chaudières Sural réparties en une salle des chaudières avant et une salle des chaudières arrière dévellopant 155000ch et entrainant quatre hélices quadripales

Performances : vitesse maximale : 32 noeuds distance franchissable : 9500 miles nautiques à 15 noeuds 3450 miles nautiques à 30 noeuds.

Protection : ceinture principale 330mm bulkhead avant 355mm bulkhead au dessus du pont blindé intermédiaire 233mm pont blindé supérieur au dessus des soutes à munitions 170mm pont blindé supérieur au dessus des machines 150mm pont blindé intermédiaire 40/50mm (100mm au dessus des hélices et 150mm au dessus des lignes d’arbre)

Bloc passerelle : face avant et latérales 340mm arrière 280mm toit 170mm tube de communication 160mm

Tourelles quadruples de 380mm : face avant 430mm faces latérales 300mm toit 170 à 195mm face arrière 270mm (T.I) et 260mm (T.II) barbettes au dessus du PBS 405mm barbettes en dessous du PBS 80mm

Tourelles de l’artillerie secondaire : face avant 130mm côtés et toit 70mm face arrière 60mm barbette 100mm

Electronique : un radar de veille aérienne, un radar de veille surface, deux radars de conduite de tir

Armement : 8 canons de 380mm modèle 1935 en deux tourelles quadruples concentrées à l’avant, 20 canons de 130mm modèle 1932 en dix tourelles doubles modèle 1936 (six latérales, quatre axiales), 12 canons de 37mm en six affûts doubles ACAD modèle 1935 et 16 canons de 25mm en huit affûts doubles

Aviation : aucune installation prévue dans un premier temps mais au final, il reçoit les mêmes installations que ses sister-ship même si elles sont moins bien intégrées et moins bien abouties.

Equipage : 1569 officiers et marins